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FATIGUE !!!
21 Août – Vous allez me dire « Ce n’est pas cela que l’on attend de
vous ! On préfère « le positif, la fête, l’ambiance, la bataille, les
petits potins et les grandes querelles ! »
Je vous répondrai : « Pour cela… allez voir les sites
« en face ». Trop occupés à se battre petitement, tout petitement entre
eux, ils en oublient de parler des toros… et des hommes. Mais au fond,
ils ont peut-être raison… La « Société » est ainsi !
Pourtant, ici, même si l’on aime « batailler », par la
force des choses, nous préférons rester « à notre niveau », et parfois, on
nous pardonnera de gros coups de fatigue !
Hier, bien sûr, nous regardions la corrida de San Sebastian, à la
télévision…
Une corrida de plus… mais une corrida dont on est
sortis « crevés », malgré l’agréable compagnie, le salon confortable et
l’apéro superbe (vous pouvez inverser les adjectifs, vous arriverez au
même bonheur).
Une corrida « chunga », mal foutue, où les toros et les
hommes se sont ligués pour nous rendre tristes et désabusés.
Une corrida où l’on a passé son temps « à maudire
tout », en vrac : Maudire le réalisateur avec ses gros plans sur la lame
de l’épée, au moment de l’estocade, à croire qu’il avait été soudoyé par
le matador, pour occulter la trajectoire de l’attaque ; Maudire ces
commentateurs lamentables qui arriveraient à endormir une portée de
ouistitis, en exactement deux secondes trois dixièmes ; Maudire la dame,
là-en bas, dans le callejon, qui écoute le Juli expliquer en quoi le toro
était difficile, et lui pose, en guise de question suivante « Alors, le
toro était difficile ? » (Pero por favor, Señora, quitese de alli ! que la
necesitan en su cocina !!!!); Maudire ce premier toro de Jandilla, qui se
met à trembler sur place, à chavirer, à chalouper… Ne lui manquait plus
que le voix traînante, embrumée, pour s’écrier… « T’en veuuuux ? Maldita
sea !
Et pendant ce temps, Jose Luis Marca qui sourit de
toutes ses fausses dents !
Mais avant tout… maudire « la mala suerte » ! Maudire
la malchance d'un torero!
Antonio Barrera, qui débuta très bien la corrida, a
ouvert, ce 20 Août, à San Sebastian, un nouveau tome de la collection
« Plus de poisse, tu meurs ! », qui en compte déjà « au moins » quatre
vingt trois…
Le Sévillan avait été très très bien en son début de
faena, au deuxième de la tarde. Puis le toro avait dit que « je ne veux
plus », et Barrera avait du conclure. L’oreille, pourtant n’était pas
loin, mais l’estocade fut du genre « ignoble », par pure malchance :
Entière, très basse, et au moins cinquante centimètres en arrière de
l’arrière… Quelle poisse !
Le temps de dire à la dame, dans le callejon, que cette
tarde était « fondamentale » pour relancer sa carrière, Barrera alla se
lancer à genoux, pour une larga au cinquième de la tarde. A peine relevé,
un lance au delantal (où l’on ne conduit pas la charge du toro) et, au
second, c’est le tampon, brutal, dramatique. Le bicho serre à gauche, et
sa tête va chercher le haut du corps torero. Un derrote sec, et Barrera,
sous l’impact, est catapulté vers la barrière, qu’il franchit, dans un
ultime effort qui n’a pas du arranger le tableau clinique.
Aussitôt, on sent que c’est grave. Le garçon, lucide,
serein, dit à ceux qui le portent « qu’il sait être touché, que quelque
chose le brûle, et que cela a craqué, là dedans ! » Une heure après, le
verdict était sans appel, malheureusement : Cornada, au niveau de la
poitrine, et surtout… fracture de la clavicule droite ! »
« C’est paaaaas vraiiiii ? »
On voit chaque année, mille volteretas, mille tampons,
dont on se demande « comment » ils peuvent en sortir indemnes. Mais
Barrera… à chaque fois qu’un toro le touche, il lui fait très mal ! Et
encore une fois, les longs couloirs des cliniques, et les journées de
rééducation, loin des plazas… Maudit destin !
On dit que le Juli a été bien ! C’est vrai qu’il a été bien, en
particulier aux quatre et cinquième : Colocacion, toque ! Superbe !
Pourtant, cela paraît tellement facile de la part de ce surdoué… et puis…
il attaque tellement de côté, avec l’épée ! C’en est… « fatiguant ».
Quant à Gallo, il fait « son » toréo, quel que soit le
toro… Hombre ! Cela a un certain mérite, mais au bout de trois séries..
« on est crevés ! »
A la fin de la corrida, on s’en est jeté un dernier
(verre d’eau !) et, après quelques commentaires désabusés sur la corrida,
soudain tous les yeux s’allumèrent d’un coup : « Tu as vu, à Tendido Cero,
les archives sur Manolo Vazquez, et son début de faena, à Madrid ? » Tu
m’étonnes !
Et vous.. l’avez-vous vu ?
Non ? Je vous plains !
Vous devez être… bien fatigués !
20 Août – SAN SEBASTIAN – 7ème corrida de Feria –
Télévisée en direct – ¾ de plaza : Six toros de Jandilla (et un sobrero du
même fer) de présentation, de forces et de comportement très inégal.
Beaucoup de cornes se sont astillées, au cours de la lidia. Toros
« changeants », désagréables les trois premiers, et plus « constants » les
autres. On gardera la qualité du sixième, dans un ensemble de Jandilla
« éminemment » décevant.
A signaler que le premier, sans aucun choc apparent, se
mit à trembler et tituber, après trois courses et autant de capotazos. Un
attitude des plus « étrange », encore une fois, que l’on devra rajouter au
long cortège des comportements « inexplicables »… et inexpliqués, du toro
de combat contemporain !
Du fait de sa grave lésion à la main droite, Cesar
Rincon est remplacé par Antonio Barrera, et El Juli passe chef de lidia,
assurant très bien, quoique discrètement, ce rôle.
El Juli (Ovation – Une oreille – Grande ovation)
a été très bien, dans une actuacion « a mas », où il démontra son immense
capacité technique, son intelligence lidiadora, son courage.. et son
aficion.
Il « se chauffa », devant le médiocre premier, andarin,
reponiendo mucho, con cabeceo… Bref, une carne ! Par contre, il
« inventa » le quatrième, un toro sérieux, qui « marchait », soso, la tête
très en haut. Le Juli le laissa faire, patiemment, le temps de deux
séries, muleta haute.. Puis il décida que « cette fois, c’est moi qui
commande ! », et peu à peu, le toro se rendit à son rythme, à sa distance,
à sa hauteur de muleta. A la fin… un petit chien ! San Sebastian exigea le
trophée, et Tudurri, « l’austère » président, ne put que le concéder
derechef.
Julian Lopez en aurait probablement obtenu « une de
plus », au cinquième, également très bien conduit… mais il y eut deux
descabellos de trop. Et c’est là que le bât blesse, où le bas plisse !:
Grand torero, Juli « truque » systématiquement ses estocades : Le « Julipié »
(volapié à la mode du Juli) fonctionne à merveille : Exactement la même
chose que le rincon d’Ordoñez, mais… « en haut » ! Ya es algo ! Un petit
pas de côté, une attaque en demi cercle, et une lame qui s’enfonce « à
bloc », et en haut du morillo. « En haut », mais toujours de côté ! Por
que sera ?
Antonio Barrera (Ovation et cogida) ne put
toréer son premier, au capote. Manso fuyard, le toro arriva à la muleta,
avec vingt charges fortes et « de noble mansedumbre ».
Barrera débuta superbement par gros doblones et joli
pecho, puis deux séries de droitières, « al compas », citées de loin, « muy
toreras ». A gauche, « cela menaça dur », dès la deuxième naturelle, mais
le sévillan y revint vaillamment. Le toro n’était déjà plus le même, et
Barrera enclencha quatre précieux ayudados avant de monter l’épée. Hélas,
l’estocade fut horrible : Très très en arrière, et très basse. Malchance,
plus que volonté affichée de « contourner l’obstacle ». C’est ainsi que
l’on perd « l’oreille du renouveau ». Pourtant, Barrera a été très bien,
avec ce toro. Très bien !
Ensuite… voir plus haut !
La guigne, la poisse, le triste et sale destin, encore
une fois : Le cinquième l’accroche méchamment, sur le deuxième lance,
pieds joints, après la larga à genoux. Choc! Callejon! Evacuation!
Grimace! Infirmerie! Porte close!
Le parte facultativo dit : Cornada en haut thorax, en
sa partie infra claviculaire, de 10 cms de long et 5 de profondeur, qui ne
semble pas affecter le poumon. De plus, fracture de la clavicule droite.
La saison est finie, encore une fois, pour le brave
torero sévillan, vraiment marqué par un sort trop contraire.
Eduardo Gallo (Ovation – Une oreille) peut faire
ici, ce qu’il veut. Il est « dans son jardin » (Ne pas oublier que sa
famille paternelle et son enfance « sont d’ici ». Sa très grave cornada de
Badajoz ne semblent pas avoir affecté son moral de « grand vaillant moitié
endormi ». Quelle que soit la charge du bicho, (deux toros très
différents, ce jour) Gallo reste là, et donne de nombreuses passes, dont
chacune ressemble à la précédente. Pourtant, le geste est calme, les pieds
sont bien à plat sur le sable, la muleta défile… Mais à la fin, aucune
émotion, et aucun souvenir.
Il a été « bien » ! Oui… il a été « bien » |
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DANS LES AUTRES PLAZAS DU SAMEDI…
Fandi triomphe à Malaga et Rivera fait la lidia complète, à Antequera.
21 Août : La Feria de Malaga s’est terminée, et San Sebastian « ferme »,
ce soir, sur la Victorinade ! Pourtant, aussitôt Bilbao allume ses grands
feux, bientôt suivie d’Almeria.
Ferias différentes : Almeria, aussi chatoyante et
généreuse que Bilbao est grise et austère… Pourtant y défilent les mêmes
toreros, et les deux plazas sont régies par la même Empresa. C’est ce que
l’on appelle « La Fiesta todos terrenos » Mais au fond, pourquoi s’en
plaindre ? Il y a de la place pour tout le monde.
A Malaga, le Fandi a coupé cinq oreilles en deux
courses. A n’en pas douter, il est forcément le triomphateur de la feria.
Pourtant, il est loin d’y avoir fit le meilleur Toreo. Côté « faena »,
tout le monde parle de Salvador Cortes. Du coup, vu les cogidas et lésions
en chaîne, le Sévillan va beaucoup toréer. Cela commence ce jour, à
Bilbao, où il remplace Serafin Marin.
Avec ses paires de banderilles, ses courses à reculons et ses exploits
musclés, El Fandi est en train de mener le classement général du toreo. Ce
n’est pas nouveau ! Cela fait trois ans que seules des cogidas et des
lésions l’ont empêché d’endosser le définitif maillot jaune. Pourtant,
même si l’on ne peut qu’admirer son entrain, sa force et sa généreuse
sympathie, on en restera bien dubitatif sur l’état de l’escalafon actuel,
qui est mené par un « athlète », même s’il est torero. Où sont les figuras
du "Toreo de Toujours"?
Hier, Fandi a coupé, à Malaga, mais s’est fait « passer
dessus » alors qu’il voulait arrêter un toro, à la course en arrière, la
main sur le frontal. Loin de s’arrêter, le toro a accéléré, montrant à
l’homme que, « quand même… ce n’était qu’un homme ! » Pas de mal,
heureusement, et, cinq minutes après, David Fandila lui montrait... « qui
était le Fandi ! »
A Antequera, on a donné la traditionnelle corrida
Goyesca de la Feria Real. On attendait Manzanares padre, ou Espartaco. En
fait, c’est Rivera Ordoñez qui fit le spectacle : Lidia complète, au
troisième : Capote, pique, banderilles, muleta et épée. Ouf ! Quelle
santé !
A Ciudad Real, le Cid est sorti a hombros… d’une
corrida scandaleusement faible, de « Las Monjas ». On ne vous fera pas le
coup des toros « comme des bonnes sœurs de charité »...
Ce ne serait pas gentil, pour les Bonnes Soeurs!
Mais…
20 Août - MALAGA – Dernière corrida de feria – plaza
pleine : Quatre toros de Santiago Domecq ; Un de Ana Maria Bohorquez et Un
de Escribano Martin, sorti 6ème. L’ensemble fut « très inégal »
et limité en tout.
Enrique Ponce : Ovation, après un avis et Une
oreille – Toréa très joliment le quatrième.
El Fandi : Une oreille, avec deux vueltas, et
Une oreille – Se fit renverser sans mal, par son premier, dans un jugueteo
en arrière, après un violin. Pas de bobo !
Salvador Vega : Silence partout – Mal servi, ne fit
rien… et pincha.
20 Août - ANTEQUERA – Corrida Goyesca – Plein : Deux
toros de Benjumea (1 et 3), trois de Gavira et un Nuñez del Cuvillo (6ème).
Ensemble sans grande classe.
Jose Mari Manzanares : Silence et Ovation
Espartaco : Une oreille et Ovation
Rivera Ordoñez : Deux oreilles et Palmas –
Vibrant et spectaculaire, toute la tarde : Piqua le troisième, et
banderilla ses deux toros. Muy decidido y torero!
20 Août - CIUDAD REAL – Plus de ½ plaza : Corrida
horriblement faible de Las Monjas. Le cinquième s’écroula en début de
faena, et il fallut le puntiller sur place. La corrida ne se termina pas
en émeute, uniquement grâce au Cid. Bien ! Enfin... façon de parler!
Jesulin de Ubrique : Palmas et Une oreille
El Cordobes : Une oreille et Silence.
El Cid : Une oreille de chacun – Toréa et tua
bien.
20 Août- BILBAO – Ouverture de l’Aste Nagusia 2005 – Rejoneo
– Plus de ¾ de plaza – Mauvais temps : Pluie et vent : Toros de Murube,
très bien présentés et noblones, mais sans grande race. Les 2 et 6èmes
furent les meilleurs.
Luis Domecq : Vuelta et Ovation – Bien, mais fit
blesser son cheval « Lince ».
Pablo Hermoso de Mendoza : Ovation aux deux –
Mal servi. Remarquables passages, avec « Chenel ».
Andy Cartagena : Ovation et une oreille –
triomphe explosif », avec « Manili » et « Quito », en vedettes. |
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FERIA DE BILBAO - Aste Nagusia 2005
Samedi 20 Août – Rejoneo :
Toros de Murube, pour Luis Domecq, Pablo Hermoso de
Mendoza et Andy Cartagena.
Dimanche 21 Août :
Toros du Marquis de Domecq, pour Uceda Leal, Serafin
Marin et Luis Bolivar
Lundi 22 Août :
Toros de Torrealta, pour Matias Tejela, Miguel Angel
Perera et Eduardo Gallo
Mardi 23 Août :
Toros de Torrestrella, pour Enrique Ponce, El Fandi et
Jose Maria Manzanares hijo.
Mercredi 24 Août :
Toros du Puerto Santa Maria, pour Enrique Ponce, El
Juli et Antonio Barrera
Jeudi 25 Août :
Toros du Ventorrillo*, pour El Juli, Salvador Vega et
Ivan Fandiño (alternative)
Vendredi 26 Août :
Toros de Alcurrucen, pour Cesar Rincon, El Cid et
Sébastien Castella
Samedi 27 Août :
Toros de Victorino, pour El Fundi, Luis Miguel Encabo
et El Cid.
Dimanche 28 Août :
Toros de Cebada Gago, pour Pepin Liria, Jose Ignacio
Ramos et Juan Jose Padilla |
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DU SOLEIL ET DES LARMES…
Indultos de deux toros
Cornada d’Enrique Ponce.
Antonio Barrera « a eu de la chance »
22 Août – Comment résumer une journée aussi intense, aussi riche en
événements de toutes sortes ? Il faudrait dix chroniques ! Mais le temps
presse et le voyage attend… Voyage court mais rendez vous précis ! - « Pas
de blague ! Soyez à l’heure ! » qu’il sont dit ! - Alors… au vol, des
impressions, des sentiments, de anecdotes, des résultats…
« Un sacré dimanche ! » digne d’être souligné de « sang et or ! » Le sang
des braves, l’or du triomphe au soleil de la Fiesta Brava !
Hier, Enrique Ponce s’est fait surprendre, en
débutant, trop facilement peut-être, sa faena au premier toro du Torreon,
en plaza du Puerto Santa Maria. Cornada très douloureuse et qui saigna
beaucoup, au mollet droit. Le pronostic est grave, et, à dix jours du
double rendez vous Bayonnais, il est à craindre que…
Hier, on a appris que dans son malheur, Antonio Barrera a eu une
immense chance :
Samedi, le cinquième Jandilla le percute, à hauteur de
poitrine, lors du deuxième delantal… Le torero est emporté, se plaignant
doucement. On sait qu’il a « une cornadita en el pecho », un petit coup de
corne, à la poitrine… mais surtout, que sa clavicule droite est cassée.
Hier, après une nuit d’intenses souffrances, le torero
n’a pu être opéré d’une double fracture de cette clavicule, mais surtout,
les examens et scanners réalisés ont démontré que Barrera a eu beaucoup de
chance : c’est la clavicule, qui a détourné le piton. Sans elle, on
parlerait peut-être « d’autre chose », aujourd’hui… Comme quoi, le Destin
maudit fait parfois bien les choses.
Antonio Barrera reste hospitalisé à la clinique Quiron,
de San Sebastien, où il sera opéré, dans le courant de la semaine. Pour le
moment, il est vivant ! Dieu soit loué !
San Sebastian… Puerto Santa Maria!
Curieusement, ces deux plazas, cadre de ces deux accidents, témoins
de ces deux souffrances, sont aussi à l’origine des deux grandes nouvelles
de la journée.
A San Sebastian, en plaza d’Illumbe, Juan Jose Padilla
a eu la chance de tomber sur un grand toro de Victorino Martin, qu’il a
toréé « de maravilla », jusqu’à en obtenir la grâce.
Au Puerto, c’est le Jesuli de Torrecera, auteur d’une
grande faena, qui a « sauvé la vie » d’un très bon toro du Torreon.
A Illumbe, ce fut grande fête, car ce « moment »
sauvait la feria toute entière.
Au Puerto, Cesar Rincon, matador blessé, à la main
plâtrée, mais ganadero heureux, serait dans ses bras un modeste torero,
qui se montra parfait, dans la lidia de ce toro.
A San Sebastian, le toro s’appelait « Muroalto », et
au Puerto, « Liviano ». Ils sont les deux héros du jour.
Pour le reste.. heurs et malheurs d’un dimanche « muy taurino ».
A Madrid, le petit Rafaelillo fait son premier
paseo de l’année, et monte une faena remarquable, coupant une « grosse
oreille ».
A Ciudad Real, où l’on n’est pas à un scandale
près, Rivera Ordoñez et le Morante tombent du cartel, pour des raisons
différentes et probablement hautement discutables (en particulier pour le
torero de La Puebla). Du coup, la course se transforme en un mano a mano
entre Victor Puerto et Sébastien Castella, et les deux diestros coupent un
sac d’oreilles.
A Bilbao, Luis Bolivar poursuit son dur
apprentissage, et coupe une oreille au seul Marquis de Domecq
« potable », de la journée.
En plaza d’Almeria, la feria a également débuté,
par une novillada où a brillé ce novillero « d’un autre âge », du nom de
Torres Jerez, qui vient de surprendre tout le monde en triomphant de fort
belle façon, le 14 Août à Madrid. Le feria verra à la fois, sa despedida
de novillero et son alternative…
Et puis.. la France !
Julien Miletto a obtenu gros triomphe, en plaza
de Saint Gilles, tandis que Denis Loré, encore une fois, a prouvé
qu’il mériterait un autre rang. A suivre de très près ce Julien Miletto,
qui, ne pouvant pas s’ouvrir les portes en son pays, vient de faire une
énorme impression, en Colombie, mettant Cali et Pereira « bocabajo ». A un
point tel que la Famille Rincon va lui donner un coups de main.
A St Sever, par contre, ce fut le revers de la
médaille : Une tarde très dure pour Camille Juan, qui se fait prendre par
trois fois, et revient au combat, avant de se rendre à la douleur. La
novillada de Mercedes Perez Tabernero est mal sortie.
Ainsi la journée s’est teintée de « Soleil et de sang », tour à tour.
Dans une temporada bien mièvre, émaillée de mille
problèmes (et ce n’est pas fini !) ce 21 Août sera une des plus fertiles
en événements. Qui s’en plaindrait ?
A ce soir, pour les détails de la journée. |
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ALMERIA – Feria de La Virgen del Mar 2005
Dimanche 21 Août – Novillada :
Novillos de Joselito et Martin Arranz pour Torres
Jerez, Julio Benitez « El Cordobés » et Cayetano Rivera Ordoñez
Lundi 22 Août :
Toros de Victorino Martin, pour Pepin Liria, Miguel
Abellan et El Cid.
Mardi 23 Août :
Toros de El Ventorrillo, pour Rivera Ordoñez, El Juli
et Eduardo Gallo.
Mercredi 24 Août:
Toros de Santiago Domecq pour Cesar Rincon, Salvador
Vega et Torres Jerez (alternative)
Jeudi 25 Août – Corrida mixte :
Deux toros de Los Espartales pour Pablo Hermoso de
Mendoza, et quatre de Zalduendo, pour Enrique Ponce et Ruiz Manuel.
Vendredi 26 Août :
Toros de El Torero, pour El Fandi, Matias Tejela et
Miguel Angel Perera.
Samedi 27 Août :
Toros de San Martin pour Finito de Cordoba, Morante de
la Puebla et Jose Maria Manzanares (fils) |
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BILBAO : A QUAND LA RELEVE ?
23 Août : Que se passe t’il donc ?
A Bilbao, non moins de trois toreros doivent d’ores et
déjà être remplacés, libérant quatre postes, pour la Semana Grande
Bilbaina. (Sans oublier Serafin Marin, déjà remplacé, dimanche)
Ces trois diestros sont Cesar Rincon, qui, la main
plâtrée, rage de ne pouvoir faire le paseo « des madrilènes », le 26 (Rincon,
Cid, Castella, les trois triomphateurs de la San Isidro, face aux
Alcurrucen); Enrique Ponce, touché dimanche au Puerto Santa Maria,
(forfait aujourd’hui et demain, respectivement devant les Torrestrella et
Puerto San Lorenzo) ; et enfin Antonio Barrera, victime d’une énième
blessure, samedi, à San Sebastian, prévu lui aussi pour demain, devant les
toros du Puerto.
Quatre postes, dans trois cartels « de lujo », devant
des toros dits « de garantie ».
Normalement, ce devrait être « une aubaine » pour
quelque jeune loup qui ne manquerait pas « d’enfoncer le clou », et « rematar »
sa feria, gagnant ainsi un grand nombre de bons points à valoir pour le
tableau d’honneur final.
Et là… on reste pantois !
C’est le désert !
L’empresa a beau se retourner, virer, revirer… elle ne
trouve pas « le » jeune qui pourrait avantageusement remplacer son
brillant aîné. Du coup, ils s’y mettent à deux, aujourd’hui, pour
remplacer Ponce : Padilla et Andy Cartagena ! Il faut « au moins cela »,
pour faire un peu oublier le diestro de Chiva, adoré ici.
Et qui, demain ? On parle de… Rivera Ordoñez, adulé des
dames vizcaïennes, mais peu prisé des aficionados Bilbainos, d’autant
qu’un certain tiers de banderilles à forte connotation politique, avait
consommé le divorce, il y a quelques années…
Qui pour les deux autres postes ?
Déjà Salvador Cortes a remplacé Serafin Marin,
dimanche. Cependant sa malchance au sorteo ne pourrait justifier une
redite… ou signifierait que l’an prochain le Sévillan passerait en la Casa
Chopera (ce qui ne serait pas surprenant !).
Qui alors ? Vega ? Triomphateur l’an passé, il n’est
pas bien, cette année, malgré ce qu’en disent ses « encenseurs »
appointés.
Qui ? Perera ? Tejela ? Gallo ?
Le premier a été très bien, « dans le nord », et sa
faena d’Azpeitia marquera la saison toute entière… Mais hier, il ne se
réveilla point !
Gallo est apodéré par la Casa Chopera, et bien entendu,
il serait un des noms tout désignés pour remplacer, Barrera, par exemple,
le 24. Mais hier… Gallo fut Gallo : Une fois oui ! Deux fois non ! Trois
fois Zzzzzz ! Certes mal servi, il n’a pas été chercher le triomphe « là
où il était », aux pointes des toros, quels qu’ils soient.
Les deux autres non plus, avec moins d’excuses !
Pourtant, ils savaient que trois toreros laissaient des places, dans le
jours suivants. Ils écoutent la radio, ces gens là, et leurs apoderados
ont des portables qui marchent bien…
Oui mais voilà ! « no les interesa ! » Ca ne les
intéresse pas ! Ou alors… c’est drôlement bien imité !
Si je ne me trompe, aucun des toreros d’hier, 22 Août,
à Bilbao, ne torée, aujourd’hui ou demain, excepté le Gallo, ce jour, en
Almeria.
Franchement… aller chercher Padilla pour remplacer Ponce !!!!
Même avec le renfort « musclé » d’Andy Cartagena, ce
n’est quand même pas « la même chose », et surtout pas « un grand pas vers
le futur »
Pero sera eso !!! No les interesa ! Cela ne les
intéresse pas ! Aussi, lorsque l’on entend, dans un silence de mort, les
banderilleros, mozos et ayudas, s’écrier « Bieeeeeen ! Figura ! », depuis
le callejon, pendant que l’un ou l’autre de ces « peut-être futurs »
s’escriment à tirer des passes et ses passes, on ne peut s’empêcher de
soupirer… dubitatifs !
22 Août – BILBAO – 2ème corrida (3ème
de Feria) – Un peu plus de ½ plaza : Cinq toros de Torrealta, très bien
présentés et ne donnant guère de facilité, pour qui ne voulait pas « s’y
risquer ». Le premier, invalide, fut remplacé par un sobrero du même fer,
qui se révéla le meileur du jour. Qualité, également, chez le deuxième du
lot. Le quatrième se cassa l’antérieur gauche, et fut remplacé par un Jose
Manuel Criado, compliqué.
Matias Tejela : Ovation et Ovation avec avis –
Débuta très fort, devant le premier, tant à la cape, à genoux, qu’a la
muleta. Le toro alla « a mas » et Tejela eut de bons moments. Hélas, il ne
voulut pas passer à la taille au dessus. On va lui reprocher longtemps ce
toro (probablement autant que celui de Madrid, auquel il coupa une
oreille, au lieu des deux « offertes »)
Miguel Angel Perera : Ovation et
Applaudissements – Eut également de fort bonnes choses devant le deuxième
de la tarde, qui prenait bien le muletazo, mais le finissait « tête en
haut ». Là également, Perera ne fit pas le pari.. ne releva pas le gant !
Le cinquième, par contre, n’humilia jamais.
Eduardo Gallo : Silence aux deux – Fut le moins
bien servi pas le sort : Un premier « malin », et le dernier se mettant
« à la défensive », après avoir semé grande panique en sautant très haut,
par-dessus la barrière, atterrissant sur le burladero intérieur des
responsables « politiques » du coin. Gallo se mit devant, donna des
passes, des passes, des passes, et faillit se faire accrocher par son
premier… plus malin que lui, à priori ! |
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ALMERIA: LES VICTORINO « DU LENDEMAIN » !
23 Août – Dure à passer, la pilule ! A peine les glorieux échos de l’indulto
du dimanche s’éteignaient ils un peu (il faut bien qu’ils aillent aussi
dormir, les échos !), que tout le monde se retrouvait autour des Victorino
Martin, père et fils, dans les couloirs de l’hôtel ou de la plaza
d’Almeria.
Les deux ganaderos étaient heureux.. et courbatus !
Après le triomphe d’Illumbe, leurs épaules et leur dos « étaient bleus »,
à force d’abrazos et de grandes claques admiratives…
Pourtant, deux questions trottaient dans la tête des
professionnels de l’information : Bon ! le toro de San Sebastien, il
s’appelait « Murallon » ou « Muroalto ». Ca la fout un peu mal de chanter
les louages d’un toro gracié… alors que l’on n’a pas son nom exact ! Ca,
c’était la première question.
La seconde était à la fois plus claire et compliquée :
« Comment allait sortir la corrida de Victorino, en Almeria ?
A la première question, Victorino fils répondit sans détour : «Le toro
s’appelle « Muroalto » - N°170 – 538 kgs – Cardeno oscuro bragado.
En fait, ils se sont trompés, à l’affichage. La
confusion peut venir du fait que « sa grand-mère » s’appelait « Murallona ».
(Ah oui… et sa tantina, celle de Burgos ?) Bref, une explication qui en
vaut une autre ! En tous cas, le toro est à la finca, et le ganadero pense
le mettre « au boulot », en Décembre. « Muroalto » est de la famille des
« Murcianos », qui ont donné de grands produits, à la ganaderia.
Quant à la deuxième question, la réponse se résume en deux mots :
« Différente » et « Compliquée » .
- Et bien sûr ! Pour Victorino comme pour Sarkozy…
c’est pas tous les jours Dimanche ! Ben tiens!
22 Août – ALMERIA – 1ère corrida (2ème
de Feria) – Casi lleno : Toros de Victorino Martin, bien présentés, bien
« dans le type », qui donnèrent un jeu intéressant mais fort inégal, et
surtout, ne se livrèrent jamais à fond. En général encastés, ils se mirent
sur la défensive et cherchèrent la faille, constamment.
Pepin Liria : Une oreille et Vuelta – Mit toute
sa volonté et son métier, face à deux toros pourtant peu faciles: Le
premier attaquait durement, en « regardant » beaucoup l’homme. Liria se
montra très ferme, et le tua bien. Le quatrième était un « listo » qui
s’orienta aussitôt, cherchant l’homme et restant « tête en haut ». Liria
fut « vaillance toute ! » Certes la faena ne fut pas un modèle
d’esthétique, de douceur ni de lenteur. Pero « estuvo alli », en torero !
Miguel Abellan : Ovation et Silence – toucha deux
toros difficiles et sans possible succès. Il tua très bien le premier, et
très mal le second. Ne vit peut-être pas assez tôt, le bon côté gauche du
soso deuxième. Le cinquième, quant à lui, se montra très dangereux,
revenant sur le torero, à mi muletazo.
El Cid : Ovation aux deux – Tua mal le
troisième, qui chargeait à mi hauteur. Le sévillan fit un gros effort,
débutant « seigneurial », mais laissant couler sa faena, à mesure que le
toro se retenait. Il y eut un grand moment, au capote, face au sixième,
mais le toro s’avéra compliqué, allant rapidement « a menos » et faisant
preuve de sentido. El Cid essaya « un peu », puis dut s’arrêter.
Le public fut « avec lui », tout le temps, mais
certains soulignèrent « un changement », chez le torero vedette de la
temporada. Plus rapide, plus nerveux! Cela s'appelle: "atoramiento"! Trop
de corridas! |
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PADILLA, COMPLETEMENT « EMBALLE » !
23 Août : Attention ! Quand un cheval est emballé, on a intérêt à se
planquer ! Mais… quand c’est un Padilla !
Fort de son magnifique triomphe de San Sebastian, Juan
Jose Padilla n’est pas redescendu de son nuage, et hier, en plaza d’Astrorga,
province de Leon, le cyclone de Jerez a tout mis « patas arriba », les
quatre fers en l’air ! Il remplaçait Rivera Ordoñez, toujours endolori de
l’épaule, et n’a pas fait le voyage pour rien : « Quatre oreilles et deux
rabos ! » pour Padilla. On ne vous dira pas « comment ! », et on vous
laisse deviner la tête des deux autres : Finito et Valverde.
A signaler qu’il y avait trois toros de Miranda de
Pericalvo, dans le lot d’Astorga, et qu’on leur a coupé : cinco y un rabo !
Sacré Padillla ! Cela fait tout de même plaisir ! Du
coup, on va attendre sa sortie à Bilbao, ce jour… il pourrait bien y faire
un nouveau tabac.
22 Août - ASTORGA (Leon) – ¾ de plaza: Trois toros de
Victoriano del Rio, et trois de Miranda de Pericalvo (1,2 et 6èmes).
Finito de Cordoba : Une oreille de chacun
Juan Jose Padilla : Quatre oreilles et deux
queues.
Javier Valverde : Vuelta et Deux oreilles.
22 Août – CUENCA – Casi lleno – Toros de Miranda y
Moreno, de présence et de jeu très inégaux. Le sixième fut de loin le
meilleur.
Javier Conde : Silence et Vuelta – Fit grande
faena « de las suyas » au quatrième, mais tua mal
El Fandi : Une oreille de chacun – fonctionne
toujours bien
Cesar Jimenez : Ovation et Deux oreilles – Toréa très
bien le dernier. Quieto, long et lent. |
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BILBAO : LES MOUCHES CHANGENT D’ÂNE !
24 Août – Il fallait bien s’y attendre un jour… A force d’entendre
siffloter, sur tous les tons, en toutes les langues et en tous lieux, le
fameux « Ah ce qu’on s’em’nuie ici ! », on pouvait s’attendre à une
réaction du public. Pour les uns, cette réaction « épidermique » sera
saine, et pour d’autres… désolante ! Mais c’est ainsi… et c’est (presque)
bien fait !
Avant-hier, à Bilbao, on a vu que nos jeunes promesses ont « un peu »
déçu, par le manque de « chispa » (d’étincelle d’orgueil) ; de « rabia »
(de rage de vaincre) ; et tout simplement « de pundonor » (cet amour
propre torero qui fait que l’on sort pour « défendre sa bannière », et
planter les copains, leur voler tous le bravos)
Des minauderies, des derechazos et naturelles « avec la
main là », en se recoiffant entre chaque passe, en déchargeant très
élégamment la suerte, le public landa, celui qui paie très cher sa place,
n’en veut plus.
Qui le lui reprocherait ?
Il n’y a déjà que peu de toros, et … où sont les
toreros ?
Les férias se succèdent, savamment concoctées, bien
coordonnées entre elles, où l’on espère que telle ou telle vedette
« fera » ce qu’elle à fait… à Madrid ou Séville. Pendant ce temps, la
vedette en question arrive à l’hôtel, fourbue du voyage, rouée de quelques
coups, et avant un sommeil semi réparateur, consulte son calendrier :
« Déjà 35 faites ! restent 42… Il faut arriver au bout ! « Como sea… mais
au bout ! »
Hier, Bilbao, la public a fait triompher… exactement le contraire !
Exaspéré de tant de « Classe » que l’on attend
désespérément, il a fait la fête « à la santé », à « la force », à la
vie ! Certes, ce ne fut pas toujours « de la dentelle de Bruges », mais,
faute de grives…
Hier, Bilbao la rude, Bilbao la sévère, a fait couper
deux oreilles pour Juan Jose Padilla, le « Gargantua torero », et n’aurait
pas rechigné à lui ouvrir sa grande porte. Du coup, les Choperas qui sont
tout sauf des couillons, « le remettent » cet après midi, avec Rivera et
Vega, en remplacement de Ponce et Barrera.
Déjà inscrit au cartel final, et à moins d’un « pas
d’bol ! », Padilla va toréer trois fois, à la Feria de Bilbao 2005… Et
c’est très bien ainsi !
Sacré bonhomme, quand même!
Après sa blessure de Dax, et ce geste « de vraie rabia
torera » qu’il a eu, deux secondes après la cogida (Revenir au toro, lui
faire un quite, et demander pardon parce qu’il ne pouvait pas tenir sa
place), Padilla, à peine soigné, fila triompher, le lendemain, à Béziers.
Ensuite, il a beaucoup souffert de sa blessure, à Cenicientos, mais…
quelques jours après, le 21 Août 2005, à San Sebastian, le Jerezano avait
rendez vous avec l’Histoire : l’indulto du toro « Muroalto » de Victorino
Martin, en une plaza de primera, et en pleine feria Donostierra. Le gros
coup !
Depuis… imaginez ! Il vole, de nuage en nuage, se
jetant à genoux, grimaçant, suant, « éructant » un toreo « de masse » et
« à la masse »…
Et ça marche !
Pourquoi ? – Parce que les autres « ne marchent pas ! »
ou vont « à un rythme de Sénateur ! » (avec tous mes respects pour les
sénateurs !) Et qu’on l’accepte ou non… qu’on le veuille ou non, c’est
exactement pour la même raison que le Fandi est actuellement en tête de l’escalafon.
Certains (et j’en suis un peu) vont trouver cela « désolant », mais c’est
comme çà !... Et tant mieux !
Après le gros coup d’Illumbe, dimanche, Juan Jose Padilla a coupé quatre
oreilles et deux rabos, lundi, en plaza mineure d’Astorga et deux, hier… a
Bilbao ! Trois jours d’enfer ! Et attention, cela pourrait bien faire
« quatre », aujourd’hui, car Rivera ne peut pas passionner le public de
Vista Alegre, et le Juli devra être « très bien », pour « étouffer le
typhon ! »
Et au fond… pourquoi pas ?
Suerte donc, à Padilla, "pedazo" de torero!
23 Août – BILBAO – 3ème corrida - Plaza
pratiquement pleine – Temps pluvieux : Les lourdes averses du matin ont
fait qu’Andy Cartagena a du renoncer au paseo.
Sont sortis six toros de Torrestrella, très bien faits,
dont deux ont du être changés, pour grande faiblesse. Au final, quatre ont
été lidiés, très sérieusement présentés, nobles et un peu sosos. En
troisième lieu sortit un sobrero de Javier Perz Tabernero, très mauvais ;
et en cinquième, un de Loreto Charro, impossible.
Les deux premiers Domecq furent très bons, et le
dernier l’aurait peut-être été, s’il ne s’était rapidement arrêté.
Juan Jose Padilla (Une oreille – Une oreille,
avec pétition de la seconde) venait en remplacement d’Enrique Ponce. Ne
laissant pas le public « respirer » une seconde, Padilla fit de tout, « à
fond », « à bloc », et parfois… très bien. Comme il tua « comme un
ogre ! », le public marcha avec lui, souhaitant même le voir sortir a
hombros (il faut couper trois oreilles, pour ouvrir la Grande Porte, dans
les arènes Basques).
Le premier ne voulut pas respecter son courageux départ
à portagayola ! Qu’à cela ne tienne : Trois largas à genoux, au tercio !
Puis delantales, chicuelinas, quite.. tout y est passé, avant le grand
show, aux banderilles, en compagnie du Fandi. Public debout. Le toro est
bon, et Padilla lui donna une faena complète, pleine d’engagement rageur,
parfois truffée de moments « doux et lents », toréant vraiment, et faisant
les choses « bien ». Le toro, noble, lui pardonna deux fois quelque
liberté technique, mais lors de pechos enchaînés, lui rappela durement que
« on doit rester sérieux ». Dure cogida, sans mal, heureusement. Entrant a
matar « à fond », Padilla coupa un premier trophée.
Le quatrième était également noble, mais un peu plus
fade. Padilla repartit à l’assaut, banderilla brillamment, et sortit « le
vibrato », à la muleta. Le public suivit à fond, d’autant que certains
muletazos eurent de la qualité. Nouvelle estocade « entregandose », et
triomphe incontestable.
El Fandi (Une oreille – Applaudissements) a
magnifiquement toréé de muleta, son premier, noble mais hélas bien fade.
Après avoir rendu la politesse à Padilla, avec le banderilles, David
Fandila monta une longue faena, toréant « a placer » un animal qui avait
grand mal « a humiliar », à baisser la tête. Cependant, la faena alla a
mas, et l’estocade fut poussée « avec foi ». Par contre, et malgré tous
ses efforts, le Fandi ne put rien faire, devant le bœuf de 611 kgs, de
Loreto Charro.
Jose Maria Manzanares (Silence aux deux) a
touché un lot épouvantable, mais a donné les meilleurs muletazos de la
tarde.
Bien au capote, il ne put que se défendre, devant le
sobrero de Javier Perez Tabernero, dont le derrote constant lui déchira la
taleguilla et un bas, à droite. Le torero fut digne, et tua habilement. Le
sixième, de Torrestrella était noble, et promettait « un peu ». Hélas,
après un brindis au Tato, présent dans le tendido, le fils de Manzana
débuta très bien, tirant plusieurs muletazos « de classe », mais le toro
décida de couper ses élans, et la faena coula à pic, cependant très bien
conclue, avec l’épée.
Ce soir, la corrida du Puerto San Lorenzo sera lidiée par un cartel aux
trois quarts « remodelé » : Rivera Ordoñez et Juan Jose Padilla
remplaceront Ponce et Barrera, aux côtés du Juli. |
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DANS LES AUTRES PLAZAS…
24 Août – Les ferias se succèdent, en parallèle à Bilbao. Bien entendu,
Almeria occupe une place privilégiée, dans le mois d’août taurin, plus
peut-être, par la couleur, la convivialité, la générosité de son public,
que par la réelle importance de sa Tauromachie.
Hier, le Juli a « fait de tout », facilement et très
bien, devant un bon toro du Ventorrillo. Mais, tout en respectant chacun
des hommes présents devant le toro, on peut penser… qu’il n’y avait pas de
quoi se relever la nuit. D’ailleurs… on ne l’a pas fait !
23 Août – ALMERIA – 2ème corrida (3ème
de Feria) – Casi lleno : Toros du Ventorrillo, très inégaux de présence,
bons les 3ème, 6ème et surtout 2ème, très
complet. Les autres, plus ou moins décastés.
Rivera Ordoñez : Silence et Palmas – Ne s’est
pas cassé la tête, devant un lot contraire, faible, qui se défendit. Mal
lidiés, mal piqués, les toros ne permirent que « des ébauches ».
El Juli : Deux oreilles et Ovation – Toréa « a
placer », le brave et noble deuxième, se relâchant et donnant grande
profondeur à son toréo « main gauche ». Le cinquième était bien plus ardu,
et le public ne se rendit pas compte de la qualité technique du Juli.
Eduardo Gallo : Applaudissements et Une oreille
– Tua très bas son premier, clôturant mal une faena « quieta », verticale
et templée. Il répéta son trasteo, au dernier, y ajoutant quelques touches
« populistes », et tua bien, cette fois.
23 Août- CUENCA – Dernière de feria – ¾ de plaza – Quatre
toros de Luis Algarra et deux du Vellosino (sortis 1et 3), diversement
présentés, et donnant du jeu.
Pepin Liria (qui remplaçait Cesar Rincon) :
Ovation et Vuelta – Pincha beaucoup.
El Cid : Une oreille et Silence.
Anton Cortes : Une oreille de chaque toro. |
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LUIS VILCHES SEN VA… ET « ALMANCITO » AUSSI !
25 Août – La tremporada est chaque année truffée de « noticias », dont
certaines font sourire, d’autres grimacer…
« Almansito », le toro de Nuñez del Cuvillo, gracié le 24 Juillet par
Enrique Ponce, en plaza du Puerto Santa Maria, n’a pu se remettre de ses
blessures. Le brave toro vient de mourir, à la finca, après un mois « de
hauts et de bas », où la chaleur a probablement joué un rôle bien néfaste.
Triste fin, de solitude et de souffrance, pour un grand
toro. Injuste !
Plus souriant et plein de « et maintenant, quoi ? » : Luis Vilches a
décidé "de partir", et laisser tomber son apoderado 2005, Santiago Lopez.
Très mécontent, et pensant qu’il devrait toréer bien
plus, le torero d’Utrera était « à 12 corridas », au 16 Août, avec 6
oreilles coupées. On rappelle qu’il avait fini 2004, avec 20 contrats, 19
oreilles et un rabo.
Si l’on tient compte de sa maladie, fin juin, et des
contrats qu’il lui reste à honorer, (dont Bayonne et Dax), on peut penser
qu’il va toréer plus que l’an passé. Cela dit, on pouvait espérer bien
mieux, effectivement, de la part d’un apoderado qui s’était ouvert le
portes de tous les despachos, quatre années de suite, avec le Fandi.
Luis Vilches va donc finir sa saison « seul », honorant
les contrats signés, puis va essayer de trouver « le » vrai, le bon
apoderado, qui prendra vraiment ses intérêts en compte, « se battra » avec
lui et pour lui. Il le mérite ! |
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DEUX TOROS…SIX AVIS !
25 Août – Ca c’est ce qui s’appelle « ne pas faire de détails ».
Hier, en deux plazas différentes, deux toreros de renom
ont vécu ce qui, « jadis », était considéré comme la honte suprême:
recevoir les trois avis, et ne pas pouvoir tuer le toro.
Ce que l’on appelait : « Dejar vivo al toro ! »
supposait « que l’on n’avait pas pu le dominer ! ». C’était donc un échec
patent, avec la bronca correspondante, tandis que le toro rentrait vivant
au corral. (Maintenant, ce n’est plus le cas… déjà qu’on se demande s’il
est « vivant » lorsqu’il sort). Aujourd’hui, le toro est, la plupart du
temps, puntillé sur place, suppliant qu’on en finisse.
C’est un moment extrêmement désagréable, fait de
nervosité et de compassion, tant pour la bête que pour l’homme.
Personnellement, c’est vers le toro qu’iront tous mes sentiments, car je
sais trop bien que demain, le torero aura pris sa douche, fait quelques
centaines de kilomètres, dormi un brin, changé de costume, et qu’il sera
au prochain patio de cuadrilla, « tan pancho », distribuant à la cantonade
« autographes z’è bisous », comme si de rien n’était…
Le « Système » n’a que faire d’un avis de plus ou de
moins…
Hier donc, les chroniques nous rapportent qu’en plaza d’Almeria, Salvador
Vega a pris trois avis, après une bonne faena, tandis qu’à Cieza, près de
Murcia, le Finito de Cordoba, blessé par son propre descabello, laissait
sonner les trois trompettes, avant de filer à l’infirmerie… sous la
bronca.
Deux « anecdotes », dans la Temporada ! Deux
« circonstances » différentes. Mais un fait certain : Six avis en deux
toros.
Salvador Vega connaît actuellement un « vis crucis », un vrai chemin de
croix, avec l’épée et surtout le descabello. Ceux qui étaient présents à
la feria de Dax pourront malheureusement en témoigner. Certains prétendent
que le Malagueño y a perdu quatre oreilles. On ne renaudera pas trop, même
si l’on pense « qu’avec deux » (une chaque jour), c’était largement payé.
Car Salvador Vega « a perdu le Nord »...
Certes, à cause de l’épée… mais également, parce
« qu’il n’y est plus », en ce moment. Ou plutôt.. « Le Salvador Vega de
2004 » n’est plus là ! Du coup, l’épée tremble un peu, et le descabello
vise mal ! Résultat : Une « desgracia » comme celle d’hier, où la
malchance se ligue à un « bache » que l’on espère passager. Hier, Vega a
monté une faena de qualité croissante, mais son coup d’épée n’eut d’autre
effet que de rendre le toro « impossible à descabeller ». Campé,
recroquevillé, ramassé sur lui-même, sans bouger d’un souffle, le toro
« se amorcillo », et sa tête à mi hauteur empêcha tout usage du
verduguillo. On l’aurait fait tomber… « en le poussant », mais avec le
descabello.. jamais !
Mala suerte, pues ! Et un public qui n’en voulut
nullement au torero, le consolant d’une grande ovation.
A Cieza, il semble que le panorama soit bien différent.
Le Finito de Cordoba, dont on connaît les fines
manières (sauf quand il a décidé d’en user d’autres) débuta en trombe,
coupant les deux oreilles et la queue de son premier toro de Bernardino
Piriz, le meilleur de la tarde. Par contre, le cinquième ne fut pas du
genre coopératif, surtout après l’estocade, multipliant les derrotes et
hachazos, dès que la lame s’approchait.
Au cours d’une de ses première tentatives, le diestro
prit un de ces « coups d’boule » avec une telle malchance que son
descabello « lui partit en plein figure », avec la violence que l’on
imagine. Sonné, la bouche en sang, et… « refroidi », le Finito décida de
laisser sonner les trois avis, et fila vers l’infirmerie où le médecin lui
posa quelques points, avant de passer des radios, aujourd’hui, histoire de
voir si, du côté dentaire, « on en est toujours à trente deux ».
Deux histoires d’un jour ! Deux malchances ! Deux souffrances…
C’est ainsi que s’écrit l’Histoire du Toreo, faites de
douleurs et de grandes joies, parfois mêlées.
Et dire que tout le monde appelle cela.. La Fiesta !
24 Août - ALMERIA - 3ème corrida de la
Feria – 2/3 de plaza : Toros de Santiago Domecq, très inégaux de présence,
en général nobles mais faibles. Le meilleur fut le 6ème.
Francisco Torres Jerez a reçu l’alternative, devant
le toro « Amoroso » - N°34 – Un burraco de 563 kgs.
El Cid : Une oreille et Ovation, après un avis –
Remplaçait Cesar Rincon. Encore une fois, le Cid a déçu, tant dans son
toreo que dans son attitude. Il toréa, suave et à mi hauteur, son faible
premier, et construisit une charge au quatrième, plus compliqué. Faena « a
mas », terminée par des adornos et de manoletinas, pour chauffer le
public. Hélas, encore une fois, l’acier fut sa grande souffrance. Pas
d’oreille, mais un public qui l’invita très fortement à venir saluer une
grande ovation. Ce que le Cid, renfrogné, refusa, restant « terré » au
fond du callejon.
Salvador Vega : Une oreille et grande ovation,
après trois avis – Fit de grands efforts devant son premier, qui avait du
mal à charger « en continu ». Par contre, se montra des plus intéressants,
face au cinquième : Très artiste au capote, et « muy torero » dans sa
faena, empreinte de touches très personnelles, que le public applaudit à
tout rompre.
Le triomphe était là, mais le destin décida du
contraire : Après une estocade, le toro « se amorcillo », se campa sur
place, et ne bougea plus. Toutes les tentatives pour le changer de terrain
ou lui faire baisser la tête furent vouées à l’échec. « Se tapo ! » Le
temps passa, et les trois avis sonnèrent, réglementaires…
Torres Jerez : Une oreille de chaque toro, un
peu généreusement – Bon succès, (même si la fibre locale a beaucoup joué),
de ce torero « atypique », qui n’est pas sans rappeler l’aspect physique
de Paco Ojeda, « quand il arriva », même si l’Almeriense n’a pas la
personnalité du Sanluqueño.
Deux oreilles pour un toreo de cape excellent, et des
faenas non exemptes de profondeur et d’esthétique, même si le temple ne
fut pas toujours à ce premier rendez-vous avec le toro (ce qui est bien
normal et compréhensible).
Almeria a un nouveau matador de toros. Celui-ci passera
il enfin, la frontière « régionale » ? A suivre.
24 Août - CIEZA (Murcia) – 2/3 de plaza : Toros de
Bernardino Piriz, de présentation et de jeu bien irréguliers, terciaditos
et « justes de forces ». Le deuxième fut de loin le meilleur.
Jesulin de Ubrique : Silence et Deux oreilles.
Finito de Cordoba : Deux oreilles et rabo, et
Bronca, après trois avis – Blessé à la bouche et au visage par son propre
descabello, projeté par un derrote du toro, le Finito préféra laisser
passer le temps, avant de partir à l’infirmerie, où lui furent posés
plusieurs points de suture. Le public apprécia moyennement.
Eduardo Gallo : Deux oreilles et la queue, et
Une oreille. |
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BILBAO : « LA MÊME », MAIS EN PLUS FAIBLE !
Catastrophe, signée Puerto San Lorenzo.
25 Août – Vous souvenez vous de la corrida « phare » de la San Isidro ?
Celle pour qui tout le monde se battait ? Celle dont Ponce et Juli étaient
les vedettes « installées », mais dont on se demandait « Qui serait le
troisième » ? Celle qui vit l’Administration Ponce imposer un Zotoluco qui
n’avait vraiment rien à faire là ? Celle enfin, qui fut le plus gros
désastre, et le plus gros scandale, de la San Isidro 2005 ?
On parle de la corrida du Puerto San Lorenzo !
Mal présentée, faible, sans race aucune, la corrida
fut.. une catastrophe !
Et hier, 24 août, les Puerto San Lorenzo étaient à
l’affiche de Bilbao, avec au cartel initial… Enrique Ponce et Juli.
Blessés, Enrique Ponce et « l’invité » troisième, Antonio Barrera, étaient
remplacés par Rivera Ordoñez et Juan Jose Padilla, le triomphateur de la
semaine.
Et que croyez vous qu’il arriva ?
- La corrida est sortie aussi magnifique et armée, que
faible et sans race aucune. Et encore une fois, les toreros allèrent dans
le mur, certains en faisant tous les efforts, d’autres en massacrant le
toros à la pique, comme l’ordonna Rivera. Padilla fit beaucoup « de
tapage » et donna la seule vuelta du jour, tandis que le Juli fit de
vains efforts, en espérant que cela sortira un peu mieux, aujourd’hui,
avec les Ventorrillo…
"Langue Bleue oblige"… il ne nous reste, presque, que Salamanque…
Mais à Salamanque.. que reste t’il ?
24 Août – BILBAO – 4ème corrida (5ème
de Feria) – Plaza pleine – Beau temps : Six toros du Puerto San Lorenzo,
très bien présentés et armés, mais très faibles et sans race aucune,
chargeant à demi, ne se livrant jamais, ou coupant vite le moindre effort.
Deux toros furent changés : le deuxième, par un sobrero
du même fer, et le troisième, par un Ribera de Campocerrado, très grand…
et très faible.
Juan Jose Padilla (Ovation – Vuelta, après
pétition) dut mettre toute la « vibration » que les toros n’avaient pas.
Il "en fit des masses", surtout au quatrième, pour le plaisir d’un public
qui s’ennuyait profondément.
Cependant, nul ne pourra lui nier grande volonté : son
premier lui fendit la taleguilla, sur la deuxième paire de banderilles.
Début de faena, à genoux, un grand pecho, et… de la volonté « vaine ». Le
quatrième lui permit un quite par faroles inversés, un tiers de
banderilles, vaillant, et une faena « fourre tout », où il essaya de
palier à la fadeur du bicho. Du fait d’une grosse estocade, le public
demanda une oreille, qui n’aurait servi de rien.
Rivera Ordoñez (Silence, après début de bronca –
Silence, après un avis) « est passé » par Bilbao, comme s’il n’avait rien
à y faire. C’est vrai… et bien dommage !
Faisant assassiner son premier, en deux puyazos
démesurés, Rivera réédita l’exploit, avec le sobrero qui le remplaça. Déjà
fatiguée, la foule ne donna pas suite à sa colère naissante. Devant le
cinquième, « casi lo mismo », le torero ne s’éternisant pas à la muleta,
mais à l’épée : cinq pinchazos et estocade.
El Juli (Ovation et Silence) fit ce qu’il
pouvait, avec ce qu’il avait. Il réussit l’exploit de maintenir debout le
sobrero troisième, à force de « mimarlo », de le « chouchouter », tant à
la pique qu’à le muleta.
Le sixième était faible, mais ils se retournait dur,
« dans la passe ». Impossible à soumettre « par le bas », et dangereux si
l’on le laissait faire. Faena impossible! En fait, c’est le toro qui
décida d’arrêter. Pouah ! |
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BILBAO : « IL EST VRAIMENT GRAND, CE PETIT !! »
El Juli, sensationnel… et mal récompensé.
25 Août – Cela rappelait un peu sa première de Mont de Marsan… sauf que
les toros d’hier étaient deux fois plus gros, et six fois plus armés.
Autre différence : il pleuvait. Il pleuvait « comme à
Bilbao ! », vous savez, ce crachin épais, visqueux, aussi gris et triste
que la ville. Cette pluie fine que l’on appelle fièrement ici : Sirimiri.
Est ce pour cette raison que le public n’a pas osé se
mouiller la menotte pour demander les oreilles ? Ou n’a t’il rien vu ?
N’a-t-il rien perçu ?
Dans le premier cas, ce serait lamentable. Et dans le
deuxième… aussi !
Plus grave encore est l’attitude du Président Matias
Gonzalez, sorte de « César d’un jour », assis à son balcon dominant le
cirque où la plèbe s’agite et râle en vain. D’un air méprisant, Don Matias
balaie du regard et d’un geste toute pétition qui ne correspond pas à son
critère de bon aficionado. Hier, « le bon aficionado » a refusé une
oreille qui s’imposait, suite à une lidia parfaite, une faena parfaite, et
une pétition certes minoritaire, à cause de la pluie. « Don Cesar Matias »
ne daigna pas tirer son tire-jus.
De deux choses l’une : Ou il n’est pas bon aficionado,
ou, se retranchant derrière « le règlement et « lo » de la pétition
majoritaire »… il s’est conduit comme un lâche.
Cela dit, le public est grandement responsable du plus
grand « hold up » de la semaine, en demandant trop peu la récompense,
mais surtout, en n’exigeant point que le torero fasse le tour d’honneur,
même au prix d’une douche. Fallait il donc qu’ils se mouill…assent !
Hier, 25 Août 2005, Julian Lopez « El Juli » a été « superior », en plaza
de Bilbao, face à une corrida « très sérieuse » et très armée du
Ventorrillo.
Supérieur, dans sa façon de lidier et toréer son
premier, en tenant compte de tous les paramètres du toro, sans un tiron,
sans que le muleta ne soit une fois accrochée.
Supérieur dans son sitio, son aplomb, sa façon de « se
coloquer », de présenter sa muleta.
Supérieur dans son sens inné du temple, qui fait
oublier le danger de la corne.
Supérieur enfin par le courage, au service de
l’intelligence.
Souvenez vous « du cinquième toro » de Garcia Jimenez,
à Mont de Marsan. Le Juli avait été superbe, à son premier. Mais là…
Chapeau !
A Bilbao, il a été ainsi… tout le temps !
Autant le Juli de la télévisée d’Illumbe a « divisé les
opinions », autant hier, tout le monde n’a pu que saluer une actuacion
« de maestro ». Pas à dire : Il est vraiment grand, ce petit !
Hier hélas, s’est aussi confirmé le très mauvais bache dans lequel s’est
enfoncé Salvador Vega.
Certes, son premier se cassa un antérieur, mais il
laissa une pâle impression, devant le cinquième. Dans sa chronique de « La
Razon », Juan Posada, lui-même torero, utilise des qualificatifs bien peu
amènes, pour illustrer sa prestation : « Sin ilusion ! Inseguro ! Mal
colocado ! La sombra de si mismo ! Y con la espada, medroso ! » (Démotivé,
peu sûr de lui, mal placé, devant le toro. L’ombre de lui-même. Et avec
l’épée… la peur !)
Très dur, pour celui qui fut le magnifique triomphateur
de la Feria Bilbaina 2004.
Et attention ! Ce terrible verdict pourrait bien
s’appliquer, un de ces jours, à celui qui, pour le moment, arrive à donner
le change : Manuel Jesus « El Cid ». (Hier encore, le Sévillan a fortement
déçu, en plaza d’Almagro. Peut-être avait il déjà « Bilbao dans la
tête ! »)
Et un autre coup de chapeau, pour le torero « de la Terre », Ivan Fandiño,
qui recevait hier l’alternative. Le moins que l’on puisse dire est
« qu’elle fut très digne », devant deux « toracos » qui en auraient
impressionné plus d’un. Bilbao et le Pays Basque compte dans ses rangs, un
nouveau matador de toros. Reste à savoir, maintenant, s’ils vont pouvoir
« l’exporter » ?
25 Août – BILBAO – 5ème corrida (6ème
de Feria) – Plaza pleine – Pluie fine et pénétrante : Six toros du
Ventorrillo, impressionnants de présence et d’armure. Corrida « cuajada,
seria, muy astifina ». Corrida extrêmement sérieuse, qui donna un jeu très
irrégulier mais intéressant, se par le trapio imposant qu’elle affichait.
Il y eut quelque faiblesse, et le troisième se cassa
une pezuña, en début de faena. Les quatre et cinquième ne furent pas
faciles, le sixième se montrant soso, sans caste.
David Fandiño a reçu l’alternative devant le toro « Afrodisiaco »,
N°64, un castaño bragado, de 517 Kgs . Le jeune diestro basque était vêtu
de rose très pâle et or.
El Juli (Grande ovation et bronca à la présidence,
après pétition.. minoritaire – Un oreille) Se montra magistral, impérial
devant son premier : Lidia exacte, avec des ordres précis à sa cuadrilla.
Faena « juste, exacte, millimétrée », à un toro qui manifesta quelques
hésitations. Une série, « sans l’obliger », puis la main qui se baisse et
impose, peu à peu, le trajet, la vitesse et le rythme. Faena d’une grande
sûreté et d’une précision d’horloger, sans oublier de la profondeur et du
sentiment. Peut-être le public était il trop conditionné par la pluie ?
Toujours est il « qu’il ne vit pas » la faena, et ne demanda que mollement
l’oreille, ce dont profita le président pour un caprice « légal », de
plus.
Le quatrième était un toro des plus sérieux : un toro
« de Bilbao ». Un toro qui n’offrait pas les mêmes possibilités que le
premier. Tête privilégiée du Toreo, le Juli déchiffra parfaitement chaque
qualité, chaque défaut, chaque possibilité du toro, et les exploita
grandement, avant de tuer d’une entière « trasera », à fond. Cette fois,
l’oreille tomba, mais le triomphe fut « bien chiche », en comparaison des
deux magnifiques leçons de Toreo, données ce jour par le Juli, à Bilbao.
Salvador Vega (Silence – Silence, après un avis)
a confirmé la mauvaise impression que l’on a, en ce moment. Certes il
n’eut pas de chance au sorteo : son premier se cassa un antérieur, en tout
début de faena, et il fallut abréger. Mais il se devait d’être bien mieux
devant le cinquième, même si ce grand toro, terriblement armé et gardant
tête en haut, n’offrait que des possibilités minimes. Très précautionneux,
Vega ne put montrer la moindre ébauche de qualité, et surtout, tua en
catastrophe : Bajonazo horrible, suivi de quatre pinchazos, à la sauvette.
Ivan Fandiño (Applaudissements – Ovation) a pris
une alternative très digne, n’hésitant pas à tenter tout ce qu’il savait
faire, ni « pardonner » le moindre quite.
Il reçut le toro de la cérémonie, très sérieusement
armé, par des véroniques, les deux genoux en terre, et surtout, il tua
très bien. « Entre les deux », des faenas manquant un peu de temple, mais
« se le passant près », vaillant, ferme et entreprenant. En tout état de
cause, une alternative « de grand mérite », face à deux toros « de
Bilbao ».
A signaler que le Juli remplacera Cesar Rincon, ce jour, en compagnie
du Cid et Sébastien Castella, face aux Alcurrucen. |
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DANS LES AUTRES PLAZAS…
Sébastien Castella triomphe en Almeria
26 Août – Entrant dans le cartel de la corrida mixte, à la place d’Enrique
Ponce, Sébastien Castella a fait grande impression, hier, sur le gentil
public d’Almeria, au cours de faenas vibrantes, bien « coulées », mais un
peu exemptes de lenteur et… du moindre sentiment. Il tua mal le premier,
mais coupa les deux oreilles de son second, tandis que Ruiz Manuel, le
torero de la terre, maudissait le sort, et que Pablo Hermoso de Mendoza
« bénissait », une fois de plus, « sa » trouvaille, importée du Mexique:
La corrida mixte.
Par ailleurs Fernando Cepeda a été blessé, légèrement, au scrotum, en
plaza d’Iniesta, par le premier toro de Murube. De ce fait, la corrida
s’est transformée en un mano a mano entre Javier Conde (Ovation - Une
oreille et une oreille) et Manuel Amador (Une oreille – Ovation et Deux
oreilles)
En plaza d’Almagro, le Cid a beaucoup déçu,
tandis que Fandi coupait, facilement, et que le Gallo "voulait", mais ne
pouvait pas. Manzanares père est tombé du cartel! La corrida de Domingo
Hernandez fut des plus faibles et fades.
25 Août - ALMERIA – 5ème de Feria – Corrida
mixte - Casi lleno : Deux toros de los Espartales, pour le rejoneador ;
Trois de Zalduendo (excellent le dernier), et un sobrero de Javier Perez
Tabernero, grand mais sans classe, sorti troisième.
Pablo Hermoso de Mendoza : Une et Deux oreilles
– Fit un grand show, au quatrième, avec « Chenel »
Ruiz Manuel : Ovation et Division – Pas de
chance au sorteo, et ne tuant pas son premier, devant lequel il ne fut pas
mal. Par contre, le cabeceo du cinquième ne l’inspira guère.
Sébastien Castella : Ovation et Deux oreilles –
Mit trois pinchazos avant l’estocade au troisième, auquel il avait donné
un grand quite par chicuelinas, et une bonne faena, toute droitière.
Devant le dernier, il donna beaucoup de passes, souvent en se replaçant,
mais finit «a mas », avec de bons enchaînements. Lo mejor : Les doblones,
avant l’estocade. |
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BILBAO : EN HAUT ! EN BAS !
Juli sort « relancé » de Bilbao.
El Cid joue gros, ce jour, devant les Victorinos… et la Télé
Sébastien Castella confirme.
27 Août – A peine le paseo s’était il désuni que le public fit éclater une
de ces ovations qui font chaud au cœur : « Ensririmirés », la veille, les
mains prisonnières de leurs parapluies et autre plastiques de survie, les
Bilbainos n’avaient pas sur récompenser comme il se devait, l’impeccable
actuacion du Juli. Du coup, la météo de ce jour étant bien plus aimable,
Bilbao toute entière se leva et fit une énorme ovation au madrilène, tout
rose d’émotion, qui vint saluer et fit partager ce superbe accueil, à ses
deux compagnons.
Eso es « de torero ! », et Bilbao, là, fut « grande ».
La corrida était « importante », presque primordiale. Ponce et Juli
l’avaient réclamée, mais, vu les résultats de la San Isidro, il n’avait
pas été possible de passer outre le souhait personnel de l’empresa, et les
demandes des autres diestros : Rincon, El Cid, Sébastien Castella,
triomphateurs de la San Isidro, devant les toros d’Alcurrucen, eux-mêmes
couronnés, à la Feria de Madrid.
Seulement l’homme propose, et le destin fait le reste !
César Rincon blessé, plâtré, indisponible, est obligé
de laisser sa place, et le Juli « retrouve » l’objet de tous ses désirs,
« prenant » la substitution du Colombien, après deux journées
consécutives, où il a « écrasé » Vista Alegre, de son poder et de sa
science, face « au toro de Bilbao ».
Du coup, El Cid et Castella se retrouvent avec deux
toros à lidier, et « un drôle de paroissien » à museler, voire « à
battre ».
Le premier ne chercha même pas… Et le second fit son
maximum, mais dut bien reconnaître que « Ce Juli, quand même… c’est
quelque chose ! »
La corrida d’Alcurrucen est sortie sérieuse mais inégale. Dans son
ensemble, elle manqua un peu de caste. Mais face à un lot « moyen », le
Juli a démontré toute sa maestria, faisant même peur au public « en
montant » sur le quatrième, un peu comme le faisait Ojeda, quand il
débuta.
Certes il n’a pas pu couper, parce que l’acier lui joua
un petit tour, mais pour le reste, « estuvo cumbre ».
Du coup, voilà le Juli totalement relancé, au sortir de
la Feria de Bilbao, quoiqu’il arrive lors des deux dernières corridas.
Après sa triste feria de Madrid, Julian Lopez avait « fonctionné »,
parfois très bien (ref Mont de Marsan), mais n’avait pu « marquer les
esprits ». Là, c’est réussi, et la fin de saison portera probablement son
nom.
Par contre, (et il ne s’agit nullement d’un parti pris), le Cid semble
avoir un problème. Cela fait déjà plusieurs fois qu’on le rapporte ici, et
hier, en une occasion « à ne pas manquer », le Cid a bien confirmé « qu’il
marque le pas ».
On est actuellement loin de ce torero qui, en début de
saison, « voyait tout, facile ! » Très loin !
Ayant du mal à « se fixer », à trouver le sitio, le
Sévillan « compense » à coups de bonne volonté… ou de gueule. Et lorsque
cela ne marche pas, et il le sait, le Cid s’embarque sur des registres
populaires qui ne sont pas les siens. De ce fait, les aficionados ne le
reconnaissent pas, et cela le met « en boule ».
Que se passe t’il donc ?
Quelles sont les raisons à ce « malaise » actuel ?
- Les blessures de Juin et Juillet ?
– Un « estancamiento » incroyablement soudain, comme si
le torero avait déjà « tout donné », en six mois, se retrouvant « à sec »
de clairvoyance, de technique, et même.. de décision?
– El Cid, entré dans un « système » qui ne lui convient
pas, où il torée pratiquement tous les jours, est il simplement « surbooké
de toros » ? Ce que l’on appelle « Atorado » ?
– Ou est il en train de perdre son toreo, fait de poder
et de soumission, qu’il ne peut appliquer actuellement à 80% des toros
qu’on lui offre actuellement, qui lui arrivent… « déjà soumis » ?
- Ou alors... S'est on trompé???
Tous les toreros ont eu « des baches », dont certains,
très longs. Mais rarement, « dans leur première année », après avoir
« insolemment » triomphé, à Séville et Madrid…
Ou alors… Séville et Madrid ont été « très
surévaluées », ce qui n’est pas loin d’être notre avis, lorsque l’on lit
les gens sérieux… entre les lignes.
Pour toutes ces raisons, Manuel Jesus « El Cid » se
doit de montrer sa meilleure facette », ce samedi 27 Août, devant les
Victorinos de Bilbao… et en direct à la Télévision. Un vrai triomphe
ferait taire toutes les rumeurs, tous les soupçons, de même qu’une
attitude ferme et digne, devant un lot contraire. Un demi succès les
entretiendrait. Un échec « télévisé » pourrait avoir de graves
répercussions. Le diestro le sait, et il est même possible que ce
rendez-vous vital, avec l’Aficion du monde entier, lui « mange la tête »
depuis quelques jours. De même, le « Unico Espada » du 24 Septembre, à la
San Miguel de Séville, n’est pas fait pour lui faciliter le sommeil....
Donc, ce soir, le rendez-vous est d’importance… à
plusieurs niveaux : Aficion, Torero, Ganadero… L’indulto de San Sebastian
est là, tout chaud, et Victorino aura mis un point d’honneur à « se
venger du Nord », après le gros camouflet de Pamplona…
Sébastien Castella, lui, ne se pose aucune question : il avance.
Qu’on aime ou pas son style, il y a deux choses à
reconnaître : Un courage « hors normes », notamment après la cornada de
Valencia, qui aurait « quitté le sitio » à plus d’un. Et deuxièmement, un
toreo épuré, harmonieux, certes de peu « de chispa artistique », mais qui
cadre avec les goûts du public, les « canons » de la Tauromachie actuelle
(Templar y ligar), et avec « le toro » actuel.
Si le bicho à de la charge, « lo cuaja », en liant de
superbes moments (exemple, hier, les naturelles à son premier), et si le
toro « se refuse », il lui monte « un tabaco » en le pliant en huit dans
le sens de la longueur, à force d’allers et retours, sans sourciller.
Sébastien étant un tueur « sincère », il pinche
parfois, mais tue souvent « requetebien ».
Au total : Un torero « qui fonctionne »… et va
fonctionner, au plus haut de l’escalafon. Du moins, on le lui souhaite.
Corrida importante, hier, en plaza de Vista Alegre de Bilbao. Une corrida
qui a mis un certain nombre de pendules à l’heure, en attendant ce soir,
18 heures… à la Télé !
26 Août – BILBAO – 6ème corrida (7ème
d’Abono) – Casi lleno – Temps agréable : Six toros d’Alcurrucen, inégaux
de trapio, mais sérieux et bien armés. La corrida en son ensemble, a
manqué d’un peu de caste, virant à « sosa », ou s’arrêtant. Le meilleur de
la tarde fut probablement le troisième, tandis que le Juli rendait « bon »
son lot, et que le Cid, pour une fois, touchait les deux moins potables.
El Juli (Ovation – Vuelta) a encore une fois été
« grand torero », en deux registres différents : Doux et « coulé » devant
son premier, fade, d’abord au capote, par véroniques suaves et grand quite
par chicuelinas ; puis à la muleta, tirant notamment de grandes
naturelles. L’oreille était « là », mais les trois descabellos qui
suivirent l’épée en entrant fort, mirent tout « par terre ».
Le quatrième était astifino et d’un caractère
attentiste, histoire d’essayer "d’y aller à coup sûr !" Le Juli se mit
"dessus", l’attaquant à bout portant, faisant peur à tous, au toro et au
public. Faena « d’arrimon », tirant des passes et faisant « le paron » de
Paco Ojeda, le torero « s’entourant de toro » sans rompre d’un pouce. Là
également, le trophée s’annonçait, mais il y eut « un pinchazo de trop »
et un descabello. Bilbao resta Bilbao, mais la vuelta al ruedo fut de
celles qui font date.
El Cid (Ovation – Silence) toucha certes le
mauvais lot, mais on le vit « comme écoeuré » d’avance, rageant de ne
trouver la solution, rageant de devoir rompre, rageant de cette muleta
violente, alors qu’il y a peu encore, on la disait fluide, surtout à
gauche. Tout fut rapide, il n’y eut pas de temple. Un chroniqueur le
décrit comme « periferico y frio », c'est-à-dire, « sans s’engager, et
froid ». Le Cid fit pourtant de gros efforts, plus contre lui-même que ses
adversaires et collègues. Il s’arrima devant le cinquième, mais trois
épées et autant de descabellos, cela fait un peu beaucoup.
Sébastien Castella (Ovation – Ovation, après un avis) a
été remarquable au capote, devant le troisième, un astifino qui se révéla
le meilleur de la tarde. Après de bons delantales, pieds joints, le
Français tira une faena importante, avec notamment deux grosses séries à
gauche, remarquables de fluidité. Hélas, le toro baissa de rythme, et « se
résista », après pinchazo et demi estocade. Sinon.. oreja !
Le sixième attaque « long », mais un peu rebrincado.
Castella débuta à l’estribo, puis en de bons doblones. Il donna de la
distance, permettant au toro de « régler » son arrancada. Cela faillit
bien marcher, mais la bête décida d’arrêter là. Pas de chance, mais bonne
sortie, ponctuée d’une bonne épée.
Ce soir – Corrida télévisée sur Tve1, à partir de 18 Heures :
Toros de Victorino Martin, pour El Fundi, Luis Miguel
Encabo et El Cid. |
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GESTES TOREROS…
27 Août - Hier, il y avait de nombreux festejos, de par toute la planète
taurine : En de nombreuses plazas, des hommes « ont touché le bois » du
porton de cuadrillas, au moment du paseo...
« Devant », la tête calée dans la montera, les yeux
clignant au soleil, avant de s’ouvrir tout grands en arrivant à l’ombre
des présidences, les maestros ont salué cérémonieusement, comme en une
dernière prière au destin. « Derrière », les banderilleros, bougons ; les
picadors, lointains, et.. la routine des areneros et de l’arrastre.
Partout l’ovation et le calme avant la tempête...
On a beaucoup toréé, hier, 26 Août. Certains ont coupé ! D’autres
l’auraient mérité ! Pourtant, c’est à des gestes que l’on s’arrêtera un
moment. Des gestes « muy toreros »…
En Almeria, Matias Tejela est sorti a hombros. Certains
diront qu’il a grandement triomphé. D’autres, plus raisonnables, verront
surtout la réponse d’un public, au « geste » d’un homme : Le cinquième
toro le prit en fin de trasteo, et, au moment où il se relevait, la bête
le chargea à nouveau, pour une seconde voltereta. Impressionnant ! Tejela
fit acte de vrai courage, portant à ce toro, sa seconde grande estocade de
la tarde.
A Sanlucar de Barrameda, Javier Conde « pinche » beaucoup, tandis que le
Morante se laisse aller à d’éternelles « pinceladas de arte».
Conde, totalement libéré du poids de son « Unico
espada » de Malaga, eut le pundonor de demander le sobrero : Il lui coupa
les deux oreilles et le rabo.
A San Sebastian de los Reyes, troisième plaza lointaine de Madrid, Ivan
Vicente a coupé les deux oreilles d’un Mercedes Perez Tabernero qui lui a
mis une cornada de 12 cms dans la cuisse droite.
On serra fort un garrot, et le courage du torero fit le
reste : estocade, triomphe et… infirmerie.
26 Août- ALMERIA – 7ème corrida de la Virgen del
Mar – Plaza pleine : Corrida très bien présentée et très sérieuse du
Torero. Corrida difficile, le lot se montrant inégal, avec pour commun
dénominateur, de la violence. Le quatrième fut très brave, en trois
piques.
El Fandi : Une oreille et Ovation – Se montra
varié, devant le premier, mais se fit manger, à la muleta, par le
quatrième. De plus, il le tua mal.
Matias Tejela : Une oreille de chaque toro –
Volontaire devant son premier, compliqué, qu’il estoqua fort bien. Auteur
d’un grand geste « de hombria », devant le cinquième, qui le prit deux
fois de suite. Grosse épée, et triomphe « d’homme ».
Miguel Angel Perera : Ovation et une oreille –
Se montra très ferme et vaillant, tout au long de la tarde. Il fut très
bien, au troisième, mais quatre descabellos lui coûtèrent un trophée. Très
décidé, également, devant le sixième, compliqué.
26 Août – SANLUCAR DE BARRAMEDA - Corrida Mixte – Plaza
pleine : Deux toros de Flores Tassara, pour le cavalier ; quatre de Luis
Algarra (dont le 7ème, sobrero regalado par Conde) et un de Zalduendo,
sorti 6ème.
Pablo Hermoso de Mendoza : Deux oreilles et
Ovation – A fait des « diableries », avec « Chenel ».
Javier Conde : Ovation, Ovation et Deux oreilles
et rabo du toro offert : Faena «de las suyas », et une estocade « a la
primera », enfin.
Morante de la Puebla : Une oreille de chaque
toro – D’excellentes choses à des toros peu faciles.
A signaler que l’empresa, « El Cesar », est sorti a
hombros, avec les triomphateurs du jour, en récompense à la saison qu’il
est en train de réaliser, à la tête de la plaza del Pino.
26 Août – SAN SEBASTIAN DE LOS REYES – 1ère
corrida de Feria – 1/3 de plaza : Toros de Mercedes Perez Tabernero,
corrects de présence, sosos et faibles, en général. Les 3 et surtout
4èmes, « enrazados ».
Ivan Vicente : Ovation et Deux oreilles – Bonne
faena au quatrième, avec cornada de 12 cm en haut de la cuisse droite,
face interne. Dégâts musculaires. Pronostic pas trop grave. Le torero
resta dans le ruedo jusqu’à estoquer son adversaire.
Jose Mari Manzanares : Silence aux deux – Toucha un
lot impossible
Eduardo Gallo : Une oreille et Silence – Dut
jouer les infirmiers.
26 Août – ALCALA DE HENARES - 2ème de Feria – 2/3 de plaza :
Toros de Aldeanueva, très inégaux de présence et de forces. Le 3ème
fut un invalide, que le président refusa de changer. Nobles, les 4,5 et
6èmes.
Jesulin de Ubrique : Silence et Une oreille –
Perdit quelque trophée à cause de l’épée.
El Cordobes : Une et Deux oreilles – fit de
tout, surtout du vulgaires (coups de tête sur le toro)
Rivera Ordoñez : Silence (avec bronca terrible
au président), et Silence après un avis – Fit les meilleures choses de la
tarde, au sixième : Excellents muletazos, longs, templés, gustandose.
Hélas, sept pinchazos et une entière.
26 Août – AÑOVER DEL TAJO (Tolède) – Bonne entrée : Grande
corrida d’Adolfo Martin. Très encastés les 3, 5 et surtout 6ème,
auquel fut donnée la vuelta al ruedo. Le toro s’appelait « Madroñito » -
N°43. Seule le quatrième fut « malo ».
Jose Ignacio Ramos : Ovation et Une oreille.
Luis Miguel Encabo : Ovation et Deux oreilles.
Fernando Robleño : Ovation et Deux oreilles, avec
pétition de rabo
26 Août – QUESADA (Jaen) – Casi lleno : Inégale corrida de
Campos Peña, tant dans la présence que les forces et le jeu.
Oscar Higares : Une oreille de chaque toro.
Victor Puerto : Deux oreilles et Deux oreilles
et rabo.
Carnicerito de Ubeda : Ovation aux deux. |
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BILBAO : NAVALON EN AURAIT DIT DE BELLES...
El Cid coupe une petite oreille, et El Fundi triomphe.
28 Août : Je ne sais si, ce matin, Salamanca et son campo charro se
réveillent enveloppés de brumes. Mais peut-être quelque chose a-t-il
changé…
Probablement, la vache brave qui, tous les jours,
passait sa tête par la fenêtre de la chambre de Julio Robles, pour le
saluer, a-t-elle su que son autre ami venait de mourir. Oh, à son âge,
elle en a connu des êtres chers qui s’en allaient ainsi, elle en a même
porté quelques uns, dans son ventre. Mais ces deux là, des deux hommes,
elle les aimait bien…
Hier, Alfonso Navalon est mort, soudain frappé par la Camarde. La maladie
était là, qui couvait, faisant son irréprochable « lidia ». Pourtant, sa
« faena » fut de celles que l’on veut oublier : Deux trapazos, et une
lame, basse, traîtresse.
Hier Navalon est parti, et ce matin, des aficionados
pleurent « un sacré personnage », tandis que partout sur la planète
Taurine, beaucoup se réjouiront, et certains même se paieront une coupe de
champagne, « à sa santé dans l’au-delà ! »
Ce matin, les Moles, les Fernandez Roman, même s’ils
jouent les attristés, se taperont sur les cuisses. Ce matin, les
Manzanares, les Capea, les Paco Alcade, les Palomo Linares, et tant
d’autres, matadors, ganaderos, apoderados, empresas, se lèveront d’un pied
léger, comme débarrassés d’un poids sur le cœur, qui les poursuivait
depuis tant d’années. C’est que ce « Navalon », avec ses anecdotes trop
intimes, ses attaques « au dessus » et « au dessous » de la ceinture,
sifflait plus fort sur leurs têtes que mille portées de serpents…
Hier, Alfonso Navalon est mort, emportant une partie de
ses secrets, mais nous laissant des tonnes d’anecdotes, de légendes vraies
et de fausses réalités. Des images aussi, sereines et pacifiques, comme ce
campo salmantino qu’il mettait « au-dessus du Paradis » ; mais également
dures et « rebelles », illustrant les scandales qu’il provoqua, sciemment…
Parmi ces dernières, deux qui reviennent, comme cela :
A ses tout débuts, Navalon avait été distingué par
Antonio Ordoñez, qui l’avait cherché, un soir à Valencia, et lui avait
prédit grand avenir, suite à une chronique qui lui avait plu. Les deux
hommes étaient vite devenus des compagnons de tertulia.. et de bamboche.
Pourtant grand admirateur, Navalon ne pardonnait rien à Ordoñez, et
c’était presque devenu un jeu.
Un jour de 67, à Pamplona, Antonio Ordoñez « bricole »
un trasteo, bien lointain de sa classe torera. Assis en barrera, Navalon
s’écrie « qu’il peut en faire bien autant ». Le Rondeño l’a entendu, qui
monte sur l’estribo, lui tend la muleta et l’épée, en disant « Vaz-y ! »
Et l’image fixée sur le papier nous montre un Navalon essayant d’enjamber
les filins de la barrera, l’air de dire « Retenez moi ou je fais un
malheur ! », tandis que les voisins l’accrochent par les bras, les jambes,
les vêtements. Un peu plus bas, Ordoñez sourit, béatement...
L’autre anecdote date de 1979 : Valencia fête sa feria
de Julio, et Manzanares vient de couper deux oreilles à un toro de Cuadri.
Navalon, qui l’a méchamment dans le collimateur depuis longtemps (il
l’appelait "le torero aux hanches fleuries"), connaissant son aversion
pour la couleur jaune, ne trouve rien de mieux que de piquer à une voisine
sa veste de laine du plus rutilant jaune poussin, et de se l’installer,
devant lui, à la barrera, comme un capote de paseo. Evidemment, en
passant, Manzana s’en aperçoit, monte sur l’estribo, et l’incident éclate.
L’alicantino aurait craché : « Les oreilles, ce sont les toreros qui les
coupent, mais « çà », ce sont les merdeux comme toi qui le font! »
Evidemment, il y eut du remue ménage dans le tendido, certains s’en
prenant au journaliste, d’autres au torero. C’était le bon temps !
Grand écrivain, intelligent et suprêmement cultivé (Diplomé de Droit),
Navalon était, avant tout, un polémiste, dont les méthodes « hérissaient »
parfois, mais qui ne pouvait que convaincre l’Aficionado, parce qu’il
« voyait » le toro, il « voyait » le torero, devant et derrière la muleta,
tant à l’extérieur qu’à l’intérieur d’un costume de lumières qu’il aurait
probablement adoré porter lui-même. Ne pas oublier qu’il fut un Aficionado
practico « mu bueno ».
Certes, ses détracteurs lui reprocheront ses turpitudes
épistolaires, et se vengeront en assénant à tous que, grand pourfendeur de
« maricones, de cornudos et… d’afeitadores », Navalon, ganadero, « afeita »
beaucoup ses propres toros…
Ce à quoi il répondait : « Le Système » est ainsi ! Je
ne suis pas un « Señorito » du Sud, moi ! J’ai besoin de vendre mes toros.
Et si je veux les vendre… »
Le jeune aficionado que j’étais l’a suivi pas à pas, du « Ruedo » à « Informaciones »,
puis au « Pueblo ». Navalon y fit des ravages, admiré des uns, haï des
autres, faisant peur à tous, et créant la passion. Là où il passait, les
rotatives ne chômaient pas, et bien des « non aficionados » s’arrêtaient
également, à... la page de Navalon.
Hier est parti un « quand même » grand homme ! Un grand
homme « malgré tout ».
Hier, est surtout parti celui qui, de tous, connaissait
le mieux le toro et son combat…
Que en paz descanse, Señor ! Et que vos ennemis
reconnaissent qu’au fond… vous aviez souvent raison !
Qu’aurait il écrit, Navalon, de cette Victorinada de Bilbao ?
A coup sûr, il en aurait dit de belles !
Il aurait dit… que la corrida fut très sérieuse, mais
manqua du principal : La Transmission !
Il aurait dit que le Fundi a été « superior »,
« énorme ! » sur ces deux toros, et qu’il les a tués « comme un vrai
matador de toros ».
Il aurait dit qu’Encabo ne s’y est pas mis vraiment,
devant le cinquième, et que Corbelle, depuis sa barrera lui a fait
comprendre que… « Ce n’est pas ainsi que je peux te faire des contrats ».
Enfin, il en aurait fait quelques tonnes sur le Cid. Il
aurait probablement commencé par : « Attention ! Le Cid… faut pas y
toucher ! Sinon Sacrilège ! Enfer et Damnation ! » Puis il aurait dit
pourquoi le Cid a démontré, hier, qu’il est dans un très mauvais moment,
et qu’il ne semble même pas s’en rendre compte.
Oh bien sûr, le Sévillan a coupé une oreille, une de
plus, imméritée, après une faena « a menos », devant un toro formidable
sur le piton gauche, et une estocade très basse, qui interdisait tout
trophée.
Il aurait dit également, qu’une « première figura del
toreo », tel que l’on a baptisé le Cid, « deux jours » après son éclosion
« ne court pas », ne sursaute pas, comme il le fit, devant le sixième…
même si le toro es « un malo de verdad ! » et surtout, si la télévision
est là.
Il en aurait dit…et sa reseña aurait suscité mille
haines, mille polémiques.
Pourtant, s’il n’en était resté qu'un, à l’applaudir,
je serais celui-là !
27 Août – BILBAO – 7ème corrida – No hay billetes
– Pluie fine et plus épaisse, par intermittence : Six toros de Victorino
Martin, impressionnants de sérieux, longs et hauts, armés « dru et
solide » (On a vérifié là que, même en faisant exploser des bouts de
burladero, un piton « intact » ne s’astille pas).
Corrida de grand intérêt, même si, en valeur
intrinsèque, elle ne fut pas de grande qualité. Il a manqué de la
transmission à plusieurs toros ; Il a manqué de la caste, de la fiereza,
et un mètre de charge en plus à trois d’entre eux. Seul le troisième, sur
piton gauche, montra grande qualité. Des toros qui tardaient un peu,
venaient au pas, et « reponian », mais sans méchanceté apparente (un façon
de parler !)
El Fundi toucha les deux plus lourds, Encabo les deux
plus fades, et le Cid eut encore une fois « le gros lot », avec le
troisième. En contrepartie, le sixième était « le » garbanzo, et il en
prit grand peur.
El Fundi (Vuelta, après trop courte pétition –
Ovation) s’est comporté hier, en immense professionnel, et « vrai »,
authentique matador de toros.
Son premier joua les faiblots et coupa un peu, au
premier tiers. Fundi le piqua peu, banderilla moyen, avec Encabo, et monta
une faena « de torero lidiador », allongeant peu à peu la charge du toro,
liant des naturelles de plus en plus claires et méritoires, revenant sur
le piton mauvais, et terminant par cinq gauchères « définitives », après
un désarmé malchanceux. Puis, se cadrant bien, une estocade, à fond, dans
le haut, dont le toro « roula », après quelques capotazos. Era de oreja !
Il méritait une oreille, et une grosse ! Mais Bilbao attendait « El Cid ».
Le quatrième fut piqué très en arrière, et Fundi, seul,
banderilla moyen (sauf la troisième, bonne). Calé à la barrière, il
profita de la Télé, pour brinder à son épouse et ses deux enfants, une
faena « qui n’entra pas » dans le tendido, mais qui laissa tout le monde
taurin admiratif.
Doblones rageurs et danger sur la première série à
droite. Le toro « amaga », fait semblant, et attend que le torero se
découvre. Avec grand courage, totalement lucide ; avec grande fermeté, le
Fundi va tirer « une faena », de ce toro. Des séries de plus en plus
limpias, sur les deux côtés. Pas de la dentelle, mais du solide, du
« macho » ! A la fin, le toro vint « presque bien », au point que le Fundi
s’offrit un afarolado, avant le dernier pecho. A l’épée, un pinchazo, dans
le haut, très violent, et une nouvelle grosse estocade, impressionnante de
force et de rage.
Bilbao « ovationna », avec encore dans les mirettes,
les naturelles du Cid. Certes ce n’était pas la même chose ! Ce n’était
pas le même toro, non plus ! Hier, Bilbao a été injuste avec le Fundi :
Pour nous, une oreille de chacun (avec pinchazo inclus !)
Luis Miguel Encabo (Ovation – Silence) s’est
montré très torero, devant son premier. Hélas, il tomba sur deux toros qui
n’ont que peu « transmis » au gradin. Et comme le madrilène est lui-même
« sobre en tout », on regarda et on admira… en silence !
Le deuxième de la tarde sortit fort, et répéta avec
caste, au capote, obligeant Encabo « à se sortir » par le centre. Hélas,
le toro se mit rapidement « à tardear », permettant cependant un bon quite
par chicuelinas. Au banderilles, avec Fundi, on retiendra le sesgo por
dentro, aux barrières. La faena sera principalement droitière, devant un
toro qui retarde et se montre court. Il y aura cependant de grandes
choses, sur deux mains et un énorme pecho. Pourtant, la faena ne décolle
pas, et le torero allongea trop la sauce. Toro noblon, mais sans race, qui
tomba d’unes estocade en arrière et un peu de côté, en entrant bien.
Devant le cinquième, qui entra au cheval « topando »,
au point de faire s’emballer le cheval, (tandis que désarçonné, le picador
se pendait aux rennes, au péril de se faire marcher dessus » par 800 kgs
de « caballo y peto »), Encabo n’arriva pas à se centrer, à se décider
complètement. Le toro avait pris un gros puyazo, que certains avaient jugé
excessif, et le torero eut du mal a déchiffrer des charges irrégulières,
au pas, au trot, au soudain galop, qui le laissèrent un brin dubitatif.
Derrière la barrière, Corbelle, son apoderado semblait dire « Allez ! Faut
y aller ! » et Encabo fit un dernier effort, tirant deux bonnes
naturelles, pendant que la pluie augmentait. Pinchazo hondo ; un autre,
sans confiance, et un tiers de lame, trasero et tendido. Un descabello et
« Ouf ! Merci Aspro ! » Sueur et déception.
El Cid (Une oreille – Division) a coupé l’oreille du
troisième, pour une première « demi moitié » de faena , énorme, devant le
troisième Victorino, le meilleur de la tarde.
Le toro n’avait rien donné au capote, et le Cid s’était
logiquement, sorti vers le centre. Aux deux premiers tiers, le toro
« marche », gazapon, et ne s’emploie pas, à la pique. Alcalareño se fait
mal (claquage adducteur ?) sur la première pose, mais revient, boitillant,
et met une troisième paire « royale », en sortant à reculons. Torero !
Vêtu d’un « caca d’oie » et or, de estreno, dont il
aurait pu se passer, Le Cid débute sa faena « au centre et main gauche »,
tirant d’entrée quatre naturelles, énormes. On retrouve d’un coup, le Cid
« du rabo de Bayonne », des Victorinades 2004, de Madrid, de Nîmes.
Enorme ! La deuxième série, également de gauche, confirmera cet élan. Le
Cid, avec un Victorino, certes excellent, et la Télé pour témoin, est en
train de « reconquérir » son sceptre 2005 ». Et puis, cela baisse un peu :
la série suivante est moins coulée, le torero moins centré. Pourtant, la
dernière naturelle « en mettant la hanche » et le pecho, déchaînent
l’ovation. De nouveau la main gauche tire et « double le pecho », mais
déjà, la faena a vraiment baissé. Du coup, le Cid part à droite et subit
gros échec, avec sursaut d’insécurité. Il n’y reviendra pas, tirant, à
gauche, deux nouvelles séries de qualité décroissante. Pourtant, la
musique joue et le public applaudit tout. Il ira même jusqu’à obtenir
l’oreille, après une estocade, en arrière et… bien basse.
En un mot : Début de faena « formidable », mais dur
atterrissage : El Cid a un peu laissé passer un grand Victorino.
Au sixième, le Sévillan débute fort bien au capote,
mais un extraño le fait sursauter. Ce toro « n’en fera qu’à sa tête »,
durant un premier tiers qui ressemblera à une capea. Encabo et le Boni
essaieront de mettre un peu d’ordre, mais la sentence est définitive :
Distraido, sin fijeza, suelto, miron, « se collant » sur le Fundi qui
voulait quiter par véronique. Un cadeau !
Pourtant, un toro qu’il fallait lidier, et « montrer »
au public : « Il ne vaut rien, parce que ça et ça ! Vous voyez ? Alors, je
le prépare, je lui mets une rouste, par le bas, et je vais chercher
l’épée »
Au lieu de cela, très nerveux, avec des soubresauts de
recul, d’autant plus « vilains » que le toro ne bougeait pas à cet
instant, le Cid tira quelques trapazos, par devant, et plongea une lame,
contraire et très chanceuse, qui roula l’insolent.
Comme « knock out !  |