L'ACTUALITÉ TAURINE
(du 21 au 31 Octobre 2004)

   

MADRID… MADRID… MADRID !!! (Deuxième partie)

     21 Octobre : Madrid, capitale d’Espagne ! « Las Ventas », capitale, cathédrale du Toreo…Et cela ne doit pas sortir de là !
     Madrid doit révéler ou ratifier, confirmer ce qui a été révélé ailleurs. C’est le rôle qu’elle jouait, avant, du temps de Don Livinio ! C’est le rôle qui doit être le sien, et c’est pour cette raison qu’elle doit être « grande plaza de temporada ».
     Aujourd’hui, hors San Isidro et Automne, ce sont les cars de Japonais qui viennent "voir mourir les vaillants". Aujourd’hui, l’empresa « no cuida la fiesta », ne la « soigne pas », n’en fait pas la promotion, n’aide en rien ceux qui « veulent être toreros ». On essaie « de faire quelques chose », pour la San Isidro, et le reste du temps, « on remplit le cahier des charges », en essayant de ne pas perdre trop d’argent… Peu importe qui vient ! Peu importe avec quel ganado ! Peu importe quel soit le résultat.

     Dans un récent jadis, moins de quarante ans, prenons 1967, Madrid bouillait, tout au long de l’année. Sans entrer dans le détail, voyez plutôt : 16 corridas, pour la San Isidro ! Des corridas « extraordinaires », sous forme d’événementiels : La Bienfaisance, bien sûr ! Mais aussi la Corrida de la presse, totalement hors feria ; une Goyesca ; Une corrida spéciale, en faveur de la lutte contre le cancer (Curro Romero, face à six toros) ; Plusieurs novilladas « de postin », tout au long de la saison, dont plusieurs où les trois novilleros sortirent « a hombros » (Voir archives : 19 Mars, 25 Juillet 1967) ; La répétition, plusieurs fois de suite des novilleros triomphateurs (Carnicerito, Tortosa, Macareno…) ; La naissance de « parejas », de duos toreros, comme Luguillano et El Puri (plus tard viendront Andres Vazquez et Andres Hernando ; ou en l’été 70, Calatraveño et Carnicerito de Ubeda, qui rempliront la plaza, en septembre)…
     En 1967, la temporada s’ouvrit le 5 mars, avec Gregorio Lalanda, Carnicerito de Ubeda et le venezolano Adolfo Rojas, devant un lot de Maribañez. Il se coupa trois oreilles, et Lalanda donna une vuelta. La plaza était pratiquement pleine. En novillada d’ouverture, le 5 Mars !!! Rojas fut répété trois fois, au cours de la saison, et Carnicerito quatre, dont un mano a mano matinal, improvisé, pendant la San Isidro.
     Le 28 Septembre, à plaza pleine, Adolfo Rojas, Macareno et Fernando Tortosa sont « énormes » devant une grande novillada de Castillejo, à un point tel que les trois novilleros et les deux mayorales donnent vuelta en fin de tarde.
     C’est l’année où Curro Romero refuse de tuer un toro, en pleine San Isidro. Après une nuit au poste, il refait paseo le lendemain, et sort a hombros, en compagnie de Diego Puerta, Paco Camino et le mayoral de Benitez Cubero.
     C’était l’époque des vaillants exploits dominicaux d’Emilio Oliva père, de Rafael Chacarte, du Caracol et de tant d’autres.
     En ce temps là, Madrid vivait la Fiesta Brava. Madrid « était » la Fiesta Brava !

     Une nouvelle empresa est elle capable, demain, de recréer ce climat, « d’imaginer », d’innover, de faire que chaque dimanche, il y ait « quelque chose  à voir »? quelque chose qui produise « ce runrun ! », comme disent les Espagnols, cette tension, cette attente, cette passion qui précèdent les grands évènements?
     Un seul homme est capable « d’essayer de faire cela » ! Il s’appelle Simon Casas. Il l’a déjà prouvé, à Valencia, notamment, lorsqu’en 1985, il monta de grandes Fallas, avec notamment, « dans la même feria », en une matinale improvisée, la répétition en mano a mano des deux novilleros triomphateurs en début de semaine, qu’étaient Carmelo et Chicuelo de Albacete…  Si l’on ajoute à cela, les trouvailles comme les becerradas du dimanche matin, gratuitement ouvertes aux gamins de la ville… c’est cela « faire la promotion de la Fiesta », c’est cela, « créer l’Aficion ! »
     Soyons clairs : Ici, « on ne roule pas pour Casas » ! Il a ses qualités et des milliers de défauts, comme tous, mais il est un de ceux qui peu « réveiller Madrid », parce qu’il peut lui communiquer sa passion. S’il en est un autre… qu’on nous le montre !
     « Otro loco genial », soit dit avec beaucoup de respect, Victorino Martin, pour ce qui est du plan ganadero….  

     Une chose est certaine, qui ne se serait jamais vue, auparavant : le cas de Fernando Cruz !
     Un novillero qui coupe quatre oreilles en quatre paseos à Las Ventas, et qui n’est pas « en haut » de l’Escalafon novilleril, comme le furent en leur époque Carnicerito, Macareno, Tortosa, De Fabra, Chanito…  « Ca », c’est la faute à Madrid !
     Un novillero qui fait ce qu’il a fait à Las Ventas, « a voltereta par oreille », que l’on ne répète pas, auquel on ne donne pas une alternative « « de lujo », et que l’on ne place pas dans d’autres plazas, au point que « matador de toros » en Mai, il ne puisse faire son premier paseo « chez lui, en Espagne », dans l’obscure plaza de Huescar, avant le 23 Octobre… ça, c’est la faute à Madrid !
     Et comme lui… muchos !

     A l’heure où la Fiesta est si basse, attaquée de tous côtés, sans force, sans honneur parfois; à l'heure où la cabaña brava est en difficulté (faiblesse, descastamiento, épidémies), où le « casting » novillero est bien maigre, pour l’unique raison que l’on ne fait aucune promotion des nouvelles valeurs… Madrid aura un rôle essentiel, dans les mois, dans les années qui viennent. Et ceux qui, du côté de la Comunidad, de l’empresa ou du public, n’ont pas compris cela, provoqueront la perte inéluctable, de la Fiesta Brava toute entière…
     Pour que la Fiesta fonctionne, il faut que Madrid rayonne ! Il faut qu’à Bilbao, Zaragoza ou Valencia, on puisse aller voir « les deux qui viennent de triompher trois fois, à Madrid !!! »
     Cela veut dire, imagination, passion, goût du risque !
     Cela veut dire « Aficion ! »

     Dans trois mois, la plaza Monumental de Madrid aura une nouvelle empresa, une nouvelle équipe dirigeante… Par pitié, et pour la fiesta toute entière… qu’on ne se trompe pas !!

 
   

DANGER... POUR LA TEMPORADA 2005

     21 Octobre : L’épidémie de « Lengua azul » est en train de se propager par tout le sud de l’Espagne. Après six grandes zones ganaderas d’Andalousie, c’est maintenant l’Extrémadure et Castille la neuve qui sont touchées. Plus un ovin, un caprin… ni un bovin ne peuvent en sortir. Et cela… pendant un an !
     Si cela se confirme, la temporada 2005 va connaître de grosses difficultés à monter ses ferias, et les ganaderos seront condamnés à lidier leurs lots de l’année, uniquement dans les zones frappées par cette dure quarantaine… Ainsi, par exemple, toutes les ramas Domecq, mais aussi, Victorino Martin, lui-même, qui se verra privé d’un coup de tout le marché français, par exemple, ainsi que des grandes ferias dont il est le principal protagoniste : Madrid, Bilbao etc…
     Pour le moment, l’épidémie en est là… mais demain ?
     Espérons que les zones de Salamanca et Madrid en échapperont, car pour le moment, elle sont, avec le Portugal, les seules zones où l’on pourra puiser, l’an prochain…
     En 2005 : Ventorrillo pour tous !... pour l’instant !   

 
   

MADRID… MADRID… MADRID !!! (Troisième partie)

     22 Octobre : Pour que Madrid « reste Madrid », et Las Ventas, « la Cathédrale du Toreo », il faut qu’elle ait un public à la hauteur de son prestige. Or, ce n’est pas le cas. Pourtant, certains éléments laissent quand même penser qu’il suffirait de peu pour arriver à « un juste milieu », sans pour autant éliminer la vraie personnalité du public de las Ventas.

     A Madrid, il y a le public « de San Isidro », et il y a les reste…
     Qu’on le veuille ou non, à Madrid comme ailleurs, le public est avant tout « torerista ». Probablement à 80%. Excepté pour les Victorinos ou les Miuras, peut-être, on va aller voir « tel torero » devant tels toros (et non la corrida d’untel ou untel, quels que soient ceux qui vont la lidier). Il n’y a pas à s’en défendre, c’est ainsi ! Ce sont les toreros qui sont taquilleros, et non les ganaderias (à part les deux pré cités).
     Mais à la San Isidro, le public est tellement varié, « brassé », moult fois changé, échangé, au cours de la même semaine, que la feria n’a pas de véritable « unité de critères », si ce n’est ceux imposés par les extrémistes du « Tendido Siete ». Connaisseurs et aficionados, ils savent que les trois quarts du public de la Feria n’y entravent « que quick », et ont beau jeu de mettre la plaza à leur botte.
     En général, ça marche !
     Cependant, en certaines occasions, leur insolence est telle, leur injustice tellement flagrante que le reste de la plaza se rebelle. Deux exemples viennent à l’esprit :
     L’extrême et odieuse dureté avec laquelle Madrid, sous la coupe du Siete, traita le Juli, lors de son "seul contre six", en 2003. Il fallut que le torero pique une rogne et se défonce totalement, au cinquième, pour que la plaza réagisse et se lève contre le Siete. L’autre exemple date de la feria passée : A force de technique et de courage, Enrique Ponce monta une vraie révolution, au point se soulever la plaza toute entière, cette fois, contre les tendido félon.

     Faire que Madrid devienne « vraiment » une plaza de temporada… « Fidéliser » le public, les mêmes spectateurs, en jouant sur l’événementiel, sur « la surprise », en créant la passion… donnerait peut-être à Madrid, cette « unité » qui en ferait "la plaza qui décide", la plaza « que da y quita »
     Actuellement, Madrid compte près de 18000 abonnés. C’est tout bonus pour l’empresa, (et la Comunidad), mais c’est fausser complètement la donne.
     18000 abonnés sur 23500 places. Mais, n’a-t-on jamais pu vérifier combien de spectacles voyait réellement, au cours de l’année, « chaque titulaire » d’un abonnement ?
     Combien voyaient tous les spectacles, durant la San Isidro ? Moins de 50%, probablement …
    Combien venaient à la plaza, chaque dimanche ? Moins de 3%, probablement…  
     Si l’on ôte de la liste les snobinards qui viennent montrer leurs dernières conquêtes, lors de la grande feria (ce qui fait les délices de la télé… et la nôtre, parfois !)… Si on enlève les abonnements multiples des grandes entreprises (et il y en a beaucoup) qui font « des cadeaux » à leurs clients, en les invitant à telle ou telle corrida de la San Isidro… Si l’on quitte les petits malins qui s’abonnent et « sous louent » leurs abonnements, au coup par coup…  Si l’on efface ceux qui font profiter la famille et les copains… Si l’on soustrait enfin les revendeurs et que l’on fait fi des perpétuels invités, y compris au callejon… on obtient un « melting pot » très mouvant, ondulant autour d’un noyau dur de 3 à 4000 spectateurs et aficionados fidèles, pas plus….

     Faire que Madrid devienne une vraie plaza de Temporada, viserait à faire augmenter « le noyau dur », au point qu’il y ait au moins « media plaza de fidèles », dans et hors la San Isidro.
     Et pour cela, il faudrait « se creuser les méninges », « surprendre le public » et… prendre des risques…
     Ainsi, en « fidélisant » grande partie du public, l’empresa pourrait travailler à faire de Madrid, ce qu’elle est, en fait : non un plaza « torista » à outrance (parce que pour être « que Torista », il faut connaître beaucoup le toro et sa lidia) ; Non un plaza « Torerista » à outrance, ce qui serait néfaste pour la Fiesta tout entière… mais une plaza « Toreista » où l’on sait apprécier les toréo adapté aux qualités et défauts d’un toro « sérieux, bien présenté, mobile et encasté ».
     Novilleros promesses ou matadors de renom ne peuvent s’exprimer que devant des toros qui chargent. Venir à Madrid, un soir d’Octobre, se fracasser sur une moruchada Del Sierro, dont on sait d’avance qu’elle sortira moruchada… et en plus, devant du ciment vide, a de quoi freiner les élans de tout homme normalement constitué. Non seulement, tout succès est impossible (à moins de pur miracle !), mais en plus, on peut prendre un mauvais coup (Confer, la blessure, dimanche dernier, du Paulita !)

     Madrid redeviendra Madrid, lorsqu’elle passionnera ses spectateurs, et qu’elle sera vraiment « l’arbitre » de la temporada, donnant de vraies chances (et non « organisant, pour remplir le cahier des charges ») ; répétant les triomphateurs ; offrant à chacun « la ilusion » de se retrouver… (Souvenez vous du duo Curro Vazquez et Antonio Porras, en 69 : Six semaines de suite, à remplir Vista Alegre. (Certes, les plazas sont différentes, mais…)
     Madrid sait avoir la passion…
     Elle l’a eue, dans les années 67/70, avec des duos de toreros modestes mais totalement sincères, comme Luguillano et El Puri, comme Calatraveño et Carnicerito, comme Andres Vazquez et Hernando. Elle a su aussi vibrer à la présentation de Robles et Capea, en 72, juste avant leur alternative.
     Madrid sait être passion exacerbée, mais aussi Justice et totale aficion. Pour cela, il faut lui rendre son unité…et non faire que 23000 personnes soient à la botte de 500… parce que les 23000 en question sont « toujours différentes », et les 500… « toujours les mêmes »…

     Il y aurait à faire, probablement… mais ce qu’il y aurait à faire irait à l’encontre « du chiffre »… au moins pour les premières années…
     Cependant, réduire la San Isidro (passer de 30 à 20) ; Monter des événements, de grandes corridas, isolées (Dia de San Jose, Pâques, Corrida de la presse, corrida Goyesca, I5 Août, 12 Octobre, sont autant d’exemples qui « ponctueraient » la saison… Répéter, systématiquement, les triomphateurs, en les payant chaque fois mieux (en particulier les novilleros) ; Monter des défis, des duels, mettre un peu de « morbo », sans que cela soit malsain, dans la programmation… En un mot : « Imaginer, surprendre et donc, peu à peu… fidéliser le spectateur », lui donner soif du prochain dimanche… 
     Pensez vous qu’avec les Lozano, le public madrilène « a eu soif » de quoi que ce soit ? Pues no ! Et cela… 15 années durant !
     Un des seuls points positifs qu’ont eus les précédents empresas, c’est de rendre au toro de Madrid, une présentation « normale » (ce qui, à Madrid, signifiera tout de même, « toujours beaucoup plus grands et armé qu’ailleurs »). C’est valable, en particulier, pour les novillos… qui restèrent des novillos, à leur poids, à leur âge… et non de véritables corridas de toros de trois ans, à 550 kgs de moyenne, comme cal s’était vu, parfois…

     Bien sûr, tout cela est bien joli, mais peut rester « un vœu pieux », si la ganaderia continue à baisser, au plan « forces, caste, race », et si les toreros continuent (novilleros compris) à traîner leur peu d’ambition, leur « On essaie ! Si cela marche, tant mieux ! Sinon, tant pis ! ».
      Ils faut qu’ils arrivent à Madrid, avec le bagage, et « l’envie de tout bouffer »…
     A cet effet, l’exemple de Cesar Rincon est remarquable : Un torero qui se présente, un soir d’Avril, « se gagne » un poste, à la Feria, y triomphe deux jours de suite, accepte un nouveau pari, pour la Bienfaisance, et « remate », en Automne. Cinq corridas toréées, quatre sorties a hombros… Et devant le toro de Madrid !
     Prêt, en avril, à refaire ses valises pour regagner tristement sa Colombie natale, Cesar Rincon, en mai… signa d’un coup soixante cinq contrats. Cela ne s’est pratiquement jamais revu, depuis…
     Madrid doit être « la Cathédral » ! « La que da… y la que quita ! »
     Pour cela, il faut des toros, des hommes, un public… et une empresa qui « ait envie » qu’il en soit ainsi…

     Ce n’est qu’une opinion : la mienne, faite après avoir beaucoup discuté avec un vieux madrilène, fidèle de Las Ventas, depuis…Pepin Martin Vazquez.   

 
   

MADRID : LE MONDE DE NEMO…

     23 Octobre : L’empresa "Toresma 2" donne demain, en clôture de quinze en de règne sur Las Ventas, une dernière et obscure novillada.
     A la fin du festejo, il n’y aura probablement pas de pot de l’amitié ou « d’enveloppe qui circule »…
     Déjà, les Lozano ont vidé leur bureau, ont rempli des cartons… et pensent déjà à autre chose.
     Demain soir, « La Monumental de Madrid » sera… à louer !

     Quinze ans ! Cela fait un bail ! Quinze ans pendant lesquels les frères Lozano ont mené Madrid, sans partage. Quinze ans pendant lesquels ils ont réussi des choses, en ont manqué d’autres, mais quinze ans de réelle satisfaction pour La Comunidad de Madrid, au plan financier, et quinze années, on l’imagine, qui ne leur furent pas néfastes, au plan de leur propre compte en banque.
     A la fois empresas, apoderados, ganaderos, ils purent jouer sur tous les tableaux, tirer toutes les ficelles, ouvrir tous les tiroirs. Imaginez un peu lorsque Madrid présentait une corrida d’Alcurrucen, pour Cesar Rincon, Manolo Caballero et un troisième, appartenant à une autre « grosse écurie »… Les empresas engrangeaient; le ganadero « se payait »; et les apoderados qu’ils étaient « empochaient »  les commissions, tout en se garantissant des échanges, et donc des postes pour leurs toreros, dans les plazas que géraient les patrons de « l’autre écurie » en question…
     Ainsi, « leurs » toreros tournaient, et ils n’avaient pratiquement rien à négocier… seulement prendre leur commission, au passage. Que bueno ! Quinze ans comme cela ! Mais il faut bien dire qu’à leur place, d’autres « grands » en auraient fait de même… et en feront de même !

     Les Lozano quittent Madrid, et jurent leurs grands dieux que… ce n’est pas une fausse sortie. Se représenteront ils sous la forme de quelque « Toresma 3 » ? Probablement pas, car cela sentirait trop « a puchero », et le public madrilène ne laisserait pas passer.
     Alors qui ?
     Pour le moment… c’est le monde de Nemo !
     Dans cet univers doux amer, dans les profondeurs du mundillo, certains s’agitent, font des vagues, mais d’autres restent tapis dans la semi obscurité, guettant, attendant leur heure…
     Petit poisson sympa, nerveux, virevoltant… Simon Casas fait déjà feu de tous bois : Une enquête, auprès du public de las Ventas ; Un site internet « spécial Madrid », qui devrait s’ouvrir cette semaine ; l’achat d’une corrida de Cebada, pour la prochaine San Isidro ; les relations de collaboration avec les grandes empresas d’Amérique du Sud ; L’entrée dans son staff, de Ricardo Gallardo, maître de Fuente Ymbro, la ganaderia dont tout le monde voudrait s’arracher les produits…
     Chaque jour, le Nîmois allume un nouveau feu, tire un nouveau « cohete ». Un peu comme pour dire à la Comunidad : « La dernière fois, vous m’avez planté, pour d’obscures raisons, en particulier… parce que j’étais Français. Cette année, je perdrai peut-être, mais ce sera au grand jour, au vu et su de tous, chacun étant informé de ce que je proposais, et ce qu’offraient les autres… » Avouez que cela ne manque pas de gueule, et que les pontes de la Comunidad devront vraiment « être clairs » sur leur décision…

     Tapis dans les algues, attendant les courant porteurs, d’autres gros poissons laissent s’agiter le turbulent et voyant collègue…Le gros mérou flotte doucement entre deux eaux, ouvrant et fermant sa bouche, comptant les bulles d’air ! Les requins, et il y en a beaucoup, nagent en silence, leurs petits yeux glacés aux aguets de tout. En cherchant bien, on trouvera quelque anguille, tapie entre les pierres, ou une murène, affûtant sa redoutable mâchoire. Derrière un rocher, une double colonne de bulles s’élève, dont une polluée, comme sortie d’un gros cigare…Le marsouin de Galapagar et son dauphin attendent le coup de sifflet… Tous, ils sont en train de regarder s’agiter le petit poisson bleu blanc rouge…   Tous conscients de leur force, de leur férocité, ils sourient et murmurent… « trop petit, mon ami ! »
     Mais attention… « Petit poisson deviendra grand ! »

     Pour le moment, les membres de la Commission des Asuntos taurinos de Madrid ne se sont pas encore réunis, et le cahier des charges sur lequel sera basé le grand concours n’est encore que cahier vide…
     « Allo Madrid ! » Pour le moment, personne ne répond…
     Pas à dire… C’est vraiment le monde de Nemo !

 
   

BONJOUR LA CHINE !!!

     23 Octobre : A l’heure exacte où le clavier martèle ces mots, trois toreros font leur premier paseo, le premier paseo de tous les temps, en Chine.
     Il est 9h03 à Paris. Il est 15 h 03 à Shangai.
     Dans le grand stade transformé en gigantesque arène, le « spectacle » a débuté par des chants, des danses locales, et du flamenco…
     Dans les gradins, près de 25000 spectateurs on payé entre 20 et 250 dollars le droit d’assister au grand événement. La corrida est télévisée en direct. On pense que 40 à 50 Millions de téléspectateurs la regarderont…
     Dans le ruedo, Jose Ignacio Ramos, Guillermo Alban et Ivan Garcia vont lidier un encierro mexicain de « La Soledad » pesant  entre 450 et 510 kgs, qui a voyagé pendant près de 48 heures, avant de toucher le sol chinois…
     Que va-t-il se passer ?
     Comment la corrida va-t-elle sortir ? Tiendra t’elle sur ses pattes ?
     Comment les chinois vont-ils réagir ? 
     On saura tout cela au fur et à mesure… mais déjà l’on murmure que Pékin aura bientôt sa plaza de toros…
     Doit on s’en réjouir ?  

 
   

EL CUENTO DE LA CHINA

     24 Octobre : Hier, date historique, la Tauromachie est entrée… en Chine.
     Et le premier toro s’appelait « Embajador », (Ambassadeur). Avouez que le tirage au sort fait bien les choses ! 

     Cela dit, on a lidié trois toros, on les a piqués, banderillés, toréés, mais pas estoqués, les organisateurs répondant ainsi aux « recommandations » des autorités. Ainsi que l’a déclaré Gabriel de la Casa, qui a décidément plus de valeur dans les affaires, qu’il n’en avait dans les ruedos, autour des années 70, « tout s’est bien passé, compte tenu du contexte, car ici, cela change constamment ». C’est ainsi que l’on n’a lidié que trois toros, devant environ 10000 personnes, tandis que l’on fera combattre les trois autres, aujourd’hui, par les trois mêmes toreros, l’histoire ne disant pas si cela se passera « devant les mêmes spectateurs qu’hier ».
     En tous cas, payer entre 20 et 250 dollars pour trois toros, cela ressemble fichtrement à… vous voyez ce que je veux dire. De quoi… rire jaune !
     Quoiqu’il en soit, la tauromachie est entrée en Chine, comme elle le fit en son temps à Beyrouth, Erevan et compagnie. Aux hommes d’affaires de dire si « elle n’y à fait que passer », ce qui serait bien évidemment souhaitable.
     En attendant, les faits sont là : Trois toreros sont sortis hier, « a hombros » de la grande plaza du Yangpu Stadium de Shangai. Monsieur de la Casa se frotte les mimines : Il aurait « déjà », trois propositions pour un proche avenir.
     Que doit on en penser ? A vous de dire…
     Pour moi, ce n’est qu’un nouveau « Cuento de la China ». Mais ce n’est qu’une opinion.

     23 Octobre 2004 – SHANGAI  (Yangpu Stadium) – Première corrida de toros, en Chine – 10000 spectateurs (sur 12500 possibles, la capacité initiale du stade ayant été fortement réduite) – Beau temps :
     Après un préambule flamenco, le paseo a débuté à l’heure et les trois diestros ont défilé « pour l’Histoire » : Jose Ignacio Ramos (Aubergine et or), Guillermo Alban (Violet et or) et Ivan Garcia (de vert bouteille et or).
     Se sont lidiés trois toros mexicains de La Soledad, de souche Santa Coloma, correctement présentés (on l’imagine !) et qui ont donné un jeu correct. Le premier, qui restera dans les annales, s’appelait « Embajador », N°33, un petit noir de 485 kgs. Les deux autres affichaient 501 et 510 kgs, respectivement.
     Les trois toreros ont banderillé leur toro correspondant, et le plus « artistique » de la tarde a été réalisé par Ivan Garcia.
     Il n’y a pas eu de mise à mort en public : En fin de faena, les toros ont été rentrés en un corral spécial et… Pendant ce temps, les trois diestros ont donné chacun une triomphale vuelta, et sont sortis « a hombros », aussi ravis que le public, à priori.
     Ce dimanche, on aura droit à la « deuxième mi temps », dans le  Yangpu Stadium
     Comment déjà dit on : « Suerte para todos ! » en Chinois ?

 
   

FERNANDO CRUZ ENTRE ENFIN EN « SON » ESPAGNE

     24 Octobre : « Enfin ! » a-t-on envie de dire… Hier, 23 octobre 2004, en toute fin de saison, dans un pueblo de Granada, et grâce à l’appui du Fandi, une des plus grosses injustices de toute une temporada a pu, en partie, se réparer. En partie… En infime partie? seulement !
     Hier, Fernando Cruz, madrilène de naissance, a pu enfin se présenter en Espagne, de matador de toros.
     Il faudrait « s’en féliciter » ! Pourtant… c’est à en pleurer !
     Ainsi donc, l’un des plus brillants, des plus « toreros », des plus « valientes » novilleros de ces dix dernières années, a mis cinq mois à pouvoir enfin toréer chez lui. Cela s’est passé hier, à Huescar, loin de sa Madrid, et le torero en question se nomme Fernando Cruz.
     Ainsi donc, le fait d’avoir coupé quatre oreilles, en quatre grosses sorties à la Monumental de Madrid, ne lui aura servi de rien dans « le marché » Espagnol, pas plus que ne lui a servi son alternative « de lujo », le 28 Mai, en plaza de Nîmes. Hay que ver!
     Hier, Fernando Cruz a coupé trois oreilles, devant deux toros très compliqués, qui ont mis en évidence sa vaillance et son savoir. Est-ce pour autant que cela lui servira, par exemple à rentrer dans la feria prochaine de Granada ? Ce serait logique… Oui mais voilà : le mundillo et le « Système » étant ce qu’ils sont… 

     23 Octobre – HUESCAR (Granada) – 2/3 de plaza : Toros de Andres Ramos, remplaçant les Arcadio Albarran initialement prévus. Lot inégal, tant en présentation que comportement. Pénibles, les deux de Ruiz Manuel, Respectivement compliqué et dangereux, les 3 et 6èmes.
     Juan Jose Padilla : Deux oreilles et Deux y rabo – Mit grande ambiance.
     Ruiz Manuel : Une oreille et Applaudissements – Toucha les deux plus fades.
     Fernando Cruz : Deux oreilles – Une oreille – Très torero, devant deux toros très compliqués. Accroché sans conséquences par le dernier, brindé à la mère du Fandi..

(Passage de la Reseña parue dans « Ideal.Es », sous la plume de Maria D.Martinez)
    
En cuanto al madrileño Fernando Cruz, que hacía su presentación en España como matador de toros, significar que ha dejado vitola de torero caro y muy a tener en cuenta. Manejó con mucha torería el capote en sus dos toros y cuajó dos faenas de acusado corte artístico. Su primero no era un toro en absoluto fácil y, sin embargo, le sacó algunas series de mucha enjundia. Y con el que cerró plaza, otro burel complicado cuya muerte brindó a Trinidad Marín, madre de 'El Fandi', volvió a demostrar que, además de valor sereno, tiene las ideas muy claras, sabe hacer un toreo basado en la pureza y posee sobradas condiciones para funcionar en esta difícil profesión.

      23 Octobre – BILBAO – Novillada – ¼ de plaza : Novillos de Irmaos Vinhas, bien présentés mais sans caste. Seul le dernier donna du jeu.
     Ivan Fandiño : Ovation, après deux avis, et Ovation – Gâcha de bonnes choses, à la mort.
     Morenito de Aranda : Ovation aux deux – Quelques rares détails.
     Ambel Posada : Silence et Une oreille – De très bons moments, devant le seul réellement potable.

 
   

DIMANCHE « INTERNATIONAL »...

     25 octobre : Dites moi… que voulez vous ? Un peu de Chine ? Un peu d’Espagne ? Un peu de Mexique ? Un peu de Pérou ?
     Nous avons tout cela pour vous.
     A l’est ou à l’ouest, on a « couru toros », ce dimanche, de façons distinctes, avec des accents divers, et des résultats différents.
     Bien entendu, la « deuxième mi-temps » chinoise a été aussi « brillante » que la première. Brillante, dans le sens « clinquante », l’organisateur Gabriel de la Casa lui-même, demandant aux toreros de faire du spectacle : « Naturelles et derechazos, c’est bien, mais mieux vaut de molinetes et giraldillas ». Si l’on ajoute à cela le nombre de placards publicitaires géants, collés sur les barrières, on peut imaginer que, malgré une plaza remplie à 60%, ces jolis messieurs auront fait leur beurre...
     Déjà, les échos et les opinions divergent dans la presse espagnole : Si les uns voient cela avec sympathie, d’autres, comme « El Mundo » n’hésitent pas à sortir l’artillerie lourde, qualifiant la grande première de « charlotade ». Et au fond…

     Donc, cap à l’Ouest : Hier a débuté la feria de Lima, au Pérou, dont le principal « aliciente » sera cette année l’alternative du petit Juan Carlos Cubas, qui a longuement appris son métier devant des novillos de tous les pays (tant d’Europe que d’Amérique), et sait mêler courage et sens artistique.
     Hier, le jeune péruvien faisait ses adieux de novillero, lors de l’ouverture de la feria du Señor de los Milagros 2005, et l’on peut dire que tout s’est très bien passé pour cette première étape : Trois oreilles et salida a hombros, accompagné d’un Juan Avila, vaillant, brillant, mais bien vert.
     Au Mexique, Miguel Angel Perera a manqué sa présentation, se faisant un peu chahuter, en plaza de Guadalajara, où el Cuate a frôlé l’éventration. Pendant ce temps, Leopoldo Casasola continuait son chemin vers le haut, en plaza de Saltillo

     Et en Espagne, centre de la « Planète Toros », Madrid a fermé ses portes sur une ultime moruchada, et la Lozano company a bouclé ses bagages. Elle était là depuis 1990, et laisse donc « les affaires » à ceux qui voudront bien s’y coller…
     La novillada de clôture fut le symbole de toute la gestion Toresma : On amène les toros des copains, même s’ils ne vont pas servir, et on donne des « opportunités » qui n'en sont pas : Ainsi, offrir Madrid à un jeune qui n’a que quatre novilladas, devant un tel ganado… ne peut en aucun cas s’appeler « oportunidad ».

     Et pour finir, un petite anecdote qui manquait au personnage :
     Hier, en plaza de Hellin, près d’Albacete, on donnait corrida au profit d’Asprona, l’association caritative qui aident les enfant handicapés de Castilla La Mancha. Comme il est de coutume, les diestros brindèrent un toro aux enfants, installés dans les parties hautes des tendido. Voyant que sa montera « restait à mi chemin », Antonio Ferrera sauta la barrière, escalada la contre barrière et monta au tendido, jusqu’à remettre l’objet de son brindis, en mains propres, au gamins émerveillés.
     Pas mal, non ? Pas très élégant, au plan visuel, car on attend d’un torero qu’il soit autre chose qu’un escaladeur en costume de lumières, mais… pas mal !

     Voilà… la Terre tourne, et nous avec… à 700 kms à l’heure ! Ca décoiffe ! Pourtant, s’il y a eu « toros », au quatre coins du globe, il y a également un dénominateur commun : Entrées catastrophiques…
     Certes elle tourne, mais elle tourne bien mal !

EUROPE - ESPAGNE
     24 Octobre – MADRID
(Las Ventas) – Novillada de clôture de la saison, et de fin de « l’ère Lozano » - Un quart de plaza – Beau temps, mais avec du vent : Cinq Novillos du Puerto Santa Maria, faibles et sans race, le deuxième, seul, permettant de s’exprimer. En quatrième, un sobrero de Navalrosal.
     Miguel Angel Cañas : Silence et Vuelta -  Aurait du être mieux devant le Navalrosal, qui demandait de la distance. Lo ahogo.
     David Mora : Vuelta et Ovation – Clair triomphateur du jour, débordant d’ardeur, de ganas et qualité. Deux bonnes séries de naturelles au deuxième. Estocade. Il frôla l’oreille. 
     Jose Martin : Silence à chacun, avec un avis, à chacun – Bien trop tendre pour une telle expédition.

     24 Octobre : HELLIN (Albacete) – Corrida de Bienfaisance, au profit d’Asprona – 1/3 de plaza : Quatre toros d’Alcurrucen et deux de Lozano Hermanos, en général de bon jeu. On donna vuelta au cinquième.
     Luis Miguel Encabo : Une oreille de chaque toro.
     Antonio Ferrera : Deux oreilles et Deux oreilles et rabo 
     Sergio Martinez : Une oreille de chaque toro.

AMERIQUE
     24 Octobre – LIMA
(Pérou) – Novillada d’ouverture de la Feria du Señor de los Milagros 2004 – Demi plaza : Novillos de Rafael Puga, de bonnes qualité, en particulier les trois derniers. Hélas, trop justes de force.
     Fernando Roca Rey : Silence et Sifflets – Deux réceptions a portagayola, deux débuts de faena à genoux, mais tout "de mas a menos". Gros pas en arrière.
     Juan Carlos Cubas : Deux oreilles et Une oreille – Très bon triomphe pour cette despedida de novillero. Bonne faena, variée au deuxième, très bien rematée avec l’épée. Meilleur encore face au cinquième, mais l’estocade mit du temps à faire effet. Le public réclama en vain la seconde oreille.
     Juan Avila : Silence et Deux oreilles : Vibrant, vaillant, totalement sympathique, mais un peu embrouillé et encore bien vert.

     24 Octobre – GUADALAJARA (Mexique) – Moins de ¼ de plaza : Toros du Real de Saltillo qui ne donnèrent qu’un jeu moyen. Seul le quatrième fut vraiment de qualité, les deux premiers étant exécrables.
     El Cuate : Ovation aux deux – On a longtemps craint un gros coup de corne au bas ventre, par le quatrième, mais les dégâts se limitent heureusement à une très forte contusion.
     Ignacio Garibay : Une oreille et Silence – Arracha de très vaillantes passes au deuxième.
     Miguel Angel Perera : Division et sifflets – A eu du mal à s’adapter aux difficultés. Laissa pourtant poindre de bons détails.

     24 Octobre – PACHUCA (Mexique) – Bonne entrée : Toros de Carranco, bien présentés et donnant bon jeu.
     Miguel « Armillita » : Ovation et Deux oreilles 
     Jorge Gutierrez : Une oreille de chacun.
     Zotoluco : Ovation et Ovation – Pas de chance : son premier se casse une patte et il pinche une grande faena au dernier. Pincho mucho !

     24 Octobre – SALTILLO (Mexique) – Entrée faible : Toros de Octavio Garcia « El Vergel », de bon jeu, sauf le troisième. Le dernier aurait donné du jeu s’il ne s’était cassé une patte, en début de faena.
     Jorge Hernandez Garate (Rejoneador) : Vuelta et Une oreille. Chacune de ses prestations fut conclue de belle façon par les Forcados de Mazatlan.
     Luis Ricardo Medina : Silence et Sifflets – No se acoplo.
     Leopoldo Casasola : Une oreille et Ovation – Particulièrement malheureux au sorteo, puisque touchant le plus mauvais, le troisième, devant lequel il fut vaillant et technique. Le sixième promettait beaucoup… jusqu’à l’accident. Le torero dut se contraindre à l’estoquer.

ASIE
     24 Octobre – SHANGAI
(Chine) – 2ème Corrida – Environ 9000 personnes : Trois toros de La Soledad (460, 450, 480 kgs) qui donnèrent un jeu varié. Les chevaux (locaux) étant légers et mal dressés, le picador colombiano Anderson Murillo a été renversé, dans l’angoisse générale.
      Jose Ignacio Ramos, Guillermo Alban et Ivan Garcia ont mis tout leur talent a faire du spectacle (comme les en avait priés Gabriel de la Casa) et ont donné des vueltas triomphales, sans avoir estoqués leurs adversaires.
     En fin de spectacle, les trois diestros sont sortis a hombros… de leurs cuadrillas.

 
   
LIMA  -  FERIA DU SEÑOR  DE LOS MILAGROS 2004

Dimanche 24 Octobre :
     Novillos de Rafael Puga, pour Juan Carlos Cubas (despedida de novillero), Fernando Roca Rey et Juan Avila
Dimanche 31 Octobre – 1ère corrida :
     Toros de San Simon et San Pedro, pour Luis Francisco Esplá, un torero mexicain et un autre espagnol, à désigner
Dimanche 7 Novembre – 2ème corrida :
     Toros de Roberto Puga, pour Finito de Cordoba, Sébastien Castella et Miguel Angel Perera 
Dimanche 14 Novembre : Festival en faveur du banderillero Eduardo Jorge Valdez, "El Bebe".
Dimanche 21 novembre – 3ème corrida :
     Toros de Juan Bernardo Caicedo (Colombie) pour Sébastien Castella, Matias Tejela et un troisième diestro, à désigner.  
Dimanche 28 Novembre – 4ème corrida :
Toros de El Paraiso (Colombie), pour Finito de Cordoba, Javier Conde et Juan Carlos Cubas (Alternative).
Dimanche 5 Décembre  - 5ème corrida :
     Toros de Roberto Puga, pour Matias Tejela et les deux triomphateurs de la feria.
Dimanche 12 Décembre – Novillada de promotion :
     Novillos de Aucallama, pour trois novilleros, (péruvien, colombien et mexicain), à désigner

 
   

2004: LE DEBUT DE LA DESCENTE

     26 Octobre : On n’ose dire « Le début de la fin », ou « La descente aux enfers », car nous sommes des optimistes "empedernidos", ce qui n’empêche nullement d’être… réalistes.
     La saison 2004 se termine, et les bilans vont s’amonceler. Bien entendu, les chiffres seront interprétés selon les intérêts de chacun, exactement comme par notre cher gouvernement.. ou par les Assedic. Même chose ! C’est tout juste si certains n’oseront pas un « Tout va bien ! », sans se risquer à dire « pour qui » tout va bien…
     Bien entendu, on va nous refaire le coup de « la temporada de transition », exactement comme on le fait depuis… une dizaine d’années. Un peu longue, la transition, non ?

     2004 est une mauvaise année. Très mauvaise ! Le nier serait nier l’évidence. Peut-être la France ne s’en rend elle pas encore bien compte, elle qui remplit ses plazas, en essayant de garder la ligne du sérieux et du responsable. Cependant, « l’ensemble » est en grave débandade… ce qui explique, en partie, que certains s’en aillent en quête d’ouvrir de nouveaux marchés, vers le soleil levant, par exemple…
     Cette année, les chiffres sont en baisse : 131 spectacles majeurs de moins. Mais ce n’est peut-être pas le plus grave.
     Le plus grave, c’est « la manière » dont la Fiesta perd de la force et de la crédibilité. Une manière qui, ajoutée aux conséquences néfastes d’une nouvelle épidémie, peut avoir, l’an prochain, des répercutions catastrophiques. En un mot : Cela craque de toutes parts, comme dans une mauvaise tempête. Et l'on ne sait si le bateau va tenir.
     La Fiesta est attaquée de toutes parts, et ceux qui la menacent n’hésiteront pas à vouloir élargir les brèches qu’ils ont provoquées, en 2004. C’est ainsi ! Faut dire que de notre côté, nous ne nous gênons pas pour leur donner du grain à moudre.
     Les exemples ne manquent pas, tant en Espagne qu’en France.

     Du côté des toros, il n’est plus, aujourd’hui, aucune garantie de voir une corrida « qui va charger ». Certes, les Fuente Ymbro, Jandilla et autres Ventorrillo ont fait des étincelles ; Certes, Cebada et Victorino sont toujours des corridas « à part », pleines d’intérêt, de passion. Mais pour le reste… 2004 a été le témoin de la dégringolade de Salamanca, à jamais illustrée chez nous, par l’incroyable fracaso de Dax, en Septembre ; ou du total descastamiento d’Atanasio, à Madrid ou Bayonne.
     Les toros n’ont jamais été aussi faibles, aussi dépourvus « de gnac », de caste, de race, de "motor"....
     On n’a jamais piqué aussi mal, ni aussi peu, même à Madrid. Les lidias et  les faenas n’ont jamais été aussi « semblables », calquées, recalquées, « décalquées »…

     Du côté des hommes, on ne peut pas dire que ce fut passionnant, ni qu’un torero a fait courir les aficionados, la bave aux lèvres.
     Hormis Le Cid et Salvador Vega, qui donc a vraiment intéressé ?
     Le Juli a livré un sourd combat contre lui-même et contre la terre entière. Combat dont il sort en partie vainqueur, tout en ayant perdu grande partie de sa popularité.
     Enrique Ponce, dans une temporada tronquée par la cogida de juin, en Alicante, a perdu de sa belle régularité, alternant les coups de gloire, comme Madrid, et "des coups pour rien" qui ont beaucoup troublé le public et la Presse.
     A côté de cela, ou « de ceux-là », qui ?
     L’escalafon est tellement pauvre en qualité, en variété, que pour la deuxième année consécutive arrive en tête un torero des plus médiocres, à la personnalité des plus pauvres : Cesar Jimenez. Le mundillo, le « Système » en est arrivé à un point tel qu’un torerito puisse caracoler en tête du classement, sans que les figures n'en prennent le moindre ombrage. Dramatique!

     L’autre « drame », et c’en est un : la pauvreté de l’Escalafon novilleril.
     Certes, ils savent toréer, et toréent « mieux que jamais ».
     C’est d’ailleurs peut-être cela, le drame !
     Bonne technique ! Planta torera « modèle 45, rectifié 46 » ; tous savent toréer… et toréent de la même façon. Pourtant, ce qui ne s’apprend pas, au tableau noir ; ce qui ne s’acquiert que dans la solitude, le froid en hiver, la fièvre en été, « la personnalité, les ganas « de comerse el mundo », ça… c’est fini, ou presque !
     Bien entendu, on ne peut regretter le temps des maletillas faméliques (surtout pour eux), mais avouez que l’on avait d’autres personnages, d'autres personnalités... parce que l’on avait « d’autres histoires, d’autres galères, d’autres passions… »

     Cette année, 131 spectacles de moins.
     Avec ce qui nous arrive, en particulier l’épidémie de la Langue bleue qui s’étend, on peut craindre que 2005 sera très difficile. 
     Cela pourrait même être une temporada… « de transition ».

Nous verrons tout cela dans les semaines qui suivent. Pour le moment, restons en aux seuls chiffres :
     En 2003 : 1077 corridas de toros, 695 Novilladas piquées et 462 corridas de rejoneo. Soit un total de 2234 spectacles « majeurs »
     En 2004 : 993 corridas (soient 84 de moins), 671 Novilladas (24 de moins) et 439 de rejoneo (soit 23 de moins qu’en 2003)…

     Et pourtant… ce n’est pas cela, le plus grave !

 
   

LA « LANGUE BLEUE » S’ETIRE…

     26 Octobre : Comme si la Fiesta Brava n’était pas capable de se faire assez de mal, elle-même, voici que le Nature et les éléments s’y mettent : L’épidémie de « Langue Bleue » détectée il y a peu en basse Andalousie, s’étend peu à peu à la plus grande partie de l’Espagne ganadera, au point que l’on peut, aujourd’hui, se demander vraiment comment seront montées les futures ferias, notamment en France, l’an prochain.

     Après les six zones ganaderas d’Andalousie d’abord circonscrites, ce fut l’Extremadura et Castilla la Mancha. Puis, par mesure de précaution, Valencia ferma ses portes, mettant tout le monde en quarantaine.
     La semaine dernière, on a relevé quarante cas de Langue Bleue, chez des veaux, dans la zone de Murcia. Quarantaine ! Et l’on parle de deux cas… dans le campo Charro.

     Ne nous leurrons pas, l’épidémie et les mesures qui en découlent, vont gagner toute l’Espagne ganadera. De ce fait, plus un toro ne pourra sortir de la péninsule.
     Peut-être certaines mesures « politico economico sanitaires » permettront elles de les faire voyager « entre régions », mais ils ne passeront plus la frontière… même si elle n’existe plus. 

     Combien de temps mettra t’on a éradiquer l’épidémie ?
     Combien de temps « la quarantaine » imposera t’elle, après cette fin d’alerte ?
     Quelles seront les conséquences de la « Lengua azul » sur le ganado à lidier dans les années suivantes (conséquences musculaires, notamment)?
     Comment le monde ganadero passera t’il, économiquement, cette nouvelle épreuve ?
     Autant de questions qui soulèvent un gros voile d’incertitude sur la temporada 2005… et la Fiesta toute entière.

 
   

A PÂQUES... OU A LA TRINITE !!

     26 Octobre : Optimiste et pleine d’allant, l’empresa de Séville proposerait des ponts d’or à Jose Tomas et au Morante de la Puebla, pour réapparaître, ensemble, le dimanche de Pâques, en plaza de Séville, au côté de Ponce. Cette proposition se verrait complétée de deux contrats lors de la semaine des Farolillos 2005.

     Cela nous paraît… un farol !
     Certes, Jose Tomas n’a, paraît il, jamais arrêté de toréer, de tienter. Certes, le Morante revient de Floride, en meilleure forme psychologique qu’il y était parti (On ne sait si trois ouragans successifs auront apaisé ses angoisses). Pourtant, même si tout cela serait dans la logique des choses, et Séville le cadre parfait pour le retour des deux diestros, on a du mal à croire à un tel miracle.
     Il est vrai qu’au point où nous en sommes, le retour de ces deux personnalités mettrait un peu de sel ou de piment, à une Fiesta bien fade. Tout le monde aurait à y gagner… Surtout eux !

     Qui vivra verra, à Pâques… ou à la Trinité !   

 
   

LA "TEMPORADA GRANDE" EN PLAZA DE MEXICO
Seuls les espagnols apportent la nouveauté

     27 Octobre : Hier, au cours d’une conférence de presse attendue de tous, Rafael Herrerias, le polémique empresa de la Monumental de Mexico, a officiellement dévoilé la liste des toreros et des ganaderias qui allaient composer la « Temporada Grande 2004/2005 » en la plaza « de los Insurgentes ».
     Ce casting, qu’on appelle « Elenco » sert à se faire une idée sur ce que l’on va voir, revoir ou découvrir.
     En aucun cas les cartels définitifs ne sont révélés, l’empresa se chargeant de les officialiser à la suite de chaque corrida, ce qui fait que les abonnés ne savent pas d’avance ce qu’il vont voir. Ils connaissent « la liste », mais ne savent pas dans quel ordre seront établis les cartels.
     Certes, il y a « des têtes de poule », mais on est loin d’un tableau tel « la San Isidro », par exemple, où l’on sait d’avance ce que l’on va voir, quand et qui... Le fait que l'on joue "sur toute une saison de quatre mois permet, sinon "impose" cela...

     La Grande Saison en plaza de Mexico comptera d’au moins 18 corridas, chaque dimanche, à partir du 7 Novembre.
     Déjà l’on connaît le cartel inaugural, dont la vedette sera Pablo Hermoso de Mendoza, seul rejoneador engagé, cette année, par Rafael Herrerias. Le grand Pablo, « Roi du Mexique » va encore régner sans partage… ce qui n’est jamais bon.

     Malheureusement, il semble qu’avec ce casting, la Fiesta Brava au Mexique, en prenne encore un coup.
     En effet, à part « l’événement » du 5 Décembre, où le Niño de la Capea père confirmera l’alternative du « Capea » fils, on cherche dans cette suite de noms, quels sont les toreros, les nouvelles valeurs, capables « d’amener du monde à la plaza », et de passionner une aficion Mexicaine aussi vieillissante que ses « Figuras ». La saison dernière fut des plus pauvres, au plan des entrées (à la dimension mexicaine, évidemment. Ne pas oublier que le plaza contient officiellement  42000 et quelques spectateurs), et l’on se demande quel sera le cartel, la figure, le triomphe, « la faena déclic », susceptibles de passionner à nouveau les Mariachis.
     Du côté mexicain, on retrouvera les glorieux vétérans, plus ou moins jeunes, que sont : Miguel Armillita (qui fera ses adieux), Mariano Ramos, Zotoluco, Manolo Mejia, Rafael Ortega. Puis toute une liste « d’entre deux âges », plus ou moins trop vus, et qui ne resteront vedettes… qu’au Mexique, en tête desquels Jose Maria Luevano, Jeronimo. Enfin, et ce sera l’unique « point d’interrogation et de passion » de la saison, des jeunes de projection internationale, obligés de donner « le grand pas en avant », cette année, à la tête desquels deux noms : Leopoldo Casasola et Alejandro Amaya. Le premier peut avoir un gros avenir, tandis que le second a déjà laissé passer pas mal d’opportunités, de ce côté de l’océan.
     Pour ce qui est des diestros espagnols, on retiendra les deux passages des sempiternels et irremplaçables Ponce et Juli (en surveillant du coin de l’œil comment sera reçu le fait que ce dernier ne banderille plus), puis les confirmations d’alternative de Salvador Vega, Matias Tejela, et du Capea précité. Outre ces jeunes loups aux dents plus ou moins acérées, Finito et Conde, pour l’art et l’émotion esthétique ; Caballero pour l’émotion des adieux ; Padilla, pour l’émotion « explosion ». Bof !
     Si l’on ajoute à cette escouade espagnole Cesar Rincon, empereur de Colombie, et Leonardo Benitez, le pirate Vénézuelien, on aura fait le tour…

     Bien sûr, vous allez me dire « Attendez un peu ! Tout dépend des combinaisons… et de toros. Laissez donc faire « a divine incertitudes du destin »
     Ya ! Ya ! Vous aurez tout à fait raison…
     Et puis, on aura beau se tourner et tirebouchonner dans tous les sens… « Qui donc ? » est susceptible de passionner ? A part le retour de Jose Tomas… on a du mal à trouver !
     Cela dit, une faena de Rincon, telle que celle de Séville, au Jandilla d’avril ; Des naturelles de Tejela, en cette même Maestranza ; les envolées de Vega, comme à Bilbao ; les arabesques de Conde ou les filigranes du Finito peuvent « passer partout » et lever les mexicains… Mais pour cela, il faut que le plaza soit pleine. Or actuellement, le Mexique « n’y est plus »… ni économiquement, ni taurinement !

     Que sera donc la Temporada Grande ?
     Sur le papier, « Une suite de dimanches… », qui ponctueront notre hiver, en espérant bien qu’il y aura, chaque lundi… quelque chose à raconter.

     A Mexico, « l’Elenco » de la Temporada Grande, à la Monumental, est le suivant :
     Pour les toreros Mexicains : Armillita, Mariano Ramos, Manuel Mejia, El Zotoluco, Rafael Ortega, Humberto Flores, Marcial Herce, Jose Maria Luevano, El Zapata, El Conde, Alfredo Gutierrez, El Cuate, Jeronimo, Fermin Spinola, Jose Luis Angelino, Leoplodo Casasola, Alejandro Amaya. (Il n’y a pas eu d’accord avec Jorge Gutierrez. Par ailleurs, l’incertitude concernant la convalescence d’Antonio Barrera l’écarte du projet).
     Pour les diestros Espagnols : Enrique Ponce, El Juli  (deux fois chacun), Les Capea, père et fils (une seule fois) ; Finito de Cordoba, Javier Conde, Manolo Caballero, Matias Tejela, Salvador Vega et Juan Jose Padilla.
     Pour la Colombie, on invitera Cesar Rincon, et Leonardo Benitez représentera le Venezuela.
     Chez les cavaliers en plaza, Pablo Hermoso de Mendoza « daignera » partager avec les mexicains  Octavio Sanchez, Rodrigo Santos et Eduardo Cuevas.
     Pour ce qui est du ganado, là également, la surprise sera nulle, puisque l’on retrouvera les noms habituels de Reyes Huerta, Xajay, de Santiago, Teofilo Gomez, Fernando de la Mora, Garfias, Julio Delgado, avec le point d’orgue des San Martin, probablement avec le Juli.

     La temporada débutera le 7 Novembre, à 16h, avec un cartel « mixte » : En vedette, Pablo Hermoso de Mendoza, accompagné des deux matadors « El Conde » et Marcial Herce, lidiant respectivement, deux toros de Reyes Huerta et quatre de Vistahermosa.

     On sait que les têtes de chapitres, pour les corridas suivantes seront :
     Cesar Rincon, le 14 Novembre
     Manolo Caballero, qui fera ses adieux, le 21 novembre
     Zotoluco entrera dans la temporada, le 28 novembre.
     Le 5 Décembre, Capea confirme au Capea, devant des Teofilo Gomez.
     Le 12, Enrique Ponce fait son premier paseo.
     Padilla torée le 19 Décembre.
     El Juli attaquera le 19 Janvier 2005, et retrouvera Ponce, avec deux autres diestros mexicains, le 5 Février, pour « le Grand anniversaire ».
     L’empresa réfléchit également à un mano a mano Zotoluco – Rafael Ortega, dont on parle depuis un moment.

     Reste… la Divine Incertitude !
     Reste « le Père Noël, tous les jours de corrida, vers las cinco de la tarde », comme disait Jean Cau…
     Reste « La Mexico », ses olés, ses rages, ses « golondrinas »…
     Reste… le toro, tout simplement !

     Vous pourrez suivre, régulièrement réactualisée, la programmation de "la Mexico", en cliquant sur notre rubrique "Cartels" -  Cartels "à venir" - Amérique du Sud - Mexique.

 
   

LA FIEVRE MONTE…

     28 Octobre : Brrr ! Fait pourtant pas chaud ! Partout, la tempête balaie les côtes et l’hiver s’annonce à grandes giboulées. Pourtant… la fièvre monte
     Elle monte aux Etats-Unis, elle monte en Israël, en France aussi…
     Un nouveau président ? Un premier ministre que les siens menacent d’assassiner !
    Et chez nous, des « morpions » de cinq ans massacrent impunément une enfant de trois, dans une cour de récréation, sans que personne n’y voit rien… A la télé, se sont les junkies, « les rats de squats » qui sont les héros… On abat deux loups, et l’on en fait étalage, sans pudeur, alors que l’on sait très bien que cela ne contente personne et n’arrange en rien le problème…
     Décidément, notre monde marche sur la tête.
     Encore une fois…. point besoin d’aller montrer « les sauvages », les rustres, les primitifs, « les violents d’ailleurs », quand nous les avons chez nous…
     Mais restons taurins, seulement taurins !

     L’épidémie de « La Langue Bleue » est en train de gagner l’Espagne tout entière. Depuis hier, la région de Salamanca est touchée, et Castilla-Leon est donc aussii bouclée. Plus un toro ne sort, plus un ne rentre.
     Bientôt, l’alarme couvrira la péninsule en son entier, et tout le monde sera plongé dans les codes de réglementation sanitaire où Bruxelles, probablement, viendra ajouter quelque nouvelle norme, ou restriction. Epidémie non dangereuse pour l’homme, qui s’en prend avant tout aux ovins et caprins… Mais les bovins vont aussi trinquer !
     Que va-t-il donc se passer en début 2005 ?
     Combien de temps mettra t’on à éradiquer le maladie ?
     Une fois solutionné le problème, y aura-t-il période « de sécurité » ? Si oui, combien de temps durera t’elle ?
     Autant de questions qui doivent tourner dans la tête des ganaderos, et surtout des organisateurs, en particulier Français.

     Dans ce malheur, le destin a pourtant fait un quite : On imagine ce qu’aurait donné cette grosse alerte, au mois de Juin, par exemple. « Du jour au lendemain, plus un toro ne sort d’Espagne »… On aurait été mignons !
     Il faut attendre !
     Déjà pourtant, des empresas parlent des lots qu’ils vont lidier en début d’année, tant en France (Nîmes) qu’en Espagne (Castellon). A moins d’avoir acheté les toros en Août et les avoir mis au congélateur, on a du mal à percevoir comment ils peuvent annoncer des fers, dont certains sont « en plein dedans… »  Mais bon… sus razones tendran !
     Cela dit, la fièvre gagne, et quelles qu’en soient ses conséquences, cette nouvelle épidémie ne peut avoir que de mauvaises influences sur la Fiesta 2005… Il suffira qu’un toro fléchisse un peu plus que d’habitude pour qu’aussitôt : « Tirez la langue et dites « Meuuuuuh ! »
     Imaginez les antis… « se van a poner las botas !!! »

     Et puis la fièvre monte ! Non pas « à El Paso », mais à Madrid !
     A priori, on est en train de se diriger vers un nouveau « cachondeo » dont la Commission Taurine madrilène est, et sera, la principale responsable : De façon volontaire ou non, elle retarde la parution du cahier des charges, laissant s’installer un mauvais climat de suspicion, fait de scandales, de rumeurs, de coups de gueule, de coups en dessous… Cela lui permettra d’avoir les coudées plus franches, dans quelque temps, à l’heure du verdict final, puisqu’un certain nombre de prétendants se retrouvent avec de grosse casseroles, bien lourdes à porter au moment de pousser la porte de Las Ventas :
     On sait bien que Justo Ojeda aura du mal à convaincre, après «Un été 2004, au Puerto Santa Maria ».
     Hier, c’est au tour de ce petit minet d’Alejandro Saez, patron de Valencia, dont on dit qu’il est l’un des prétendants à la coupe madrilène : Un scandale lié à la gestion de la plaza de Valencia lui tombe sur le dos, qui va faire tâche dans son curriculum d’honnête gestionnaire…
     En faisant beaucoup de bruit et dévoilant ses batteries, Simon Casas « gagne » dans le populaire, mais risque d’en hérisser pas mal, du côté des « Huiles » madrilènes…  
     Et puis, il y a ceux qui attendent, tapis dans l’ombre.
     Chez eux également, la fièvre doit monter… mais eux seuls les savent : Quelle position les Chopera  prendront ils ? Ils prétendent « attendre la parution du cahier des charges ». Tu parles !
     Et Victorino, il a beau faire semblant de rien… ça chauffe, sous le képi !
     Et puis… il va bien se passer quelque chose du côté de Martin Arranz et Joselito. L’autre jour, (voir 7 octobre), nous avancions qu’avec la réapparition de Jose Tomas, ces deux là « tiendraient le mundillo dans leurs mains »… et vous m'ôterez pas de l'idée... qu'ils en ont une, derrière la tête. Mais laquelle?

     Pas à dire… « la fièvre monte, et l’hiver s’ra chaud ! »  Brrrrr!  

 
   

FERRERA: LA RUPTURE !!

     29 Octobre : Avec l’hiver qui approche commence le long feuilleton des « désamours ».
     Comme piqués par on ne sait quel moustique, des personnages, au demeurant sympathiques, « prennent la mouche » et laissent éclater leurs rancoeurs, leur doutes. Oubliant tout, les triomphes, les bons moments, les quites providentiels, mais aussi les coups de rogne et de gueule, les mauvaises lidias, les puntillas qui relèvent le toro, les toreros « virent » des cuadrillas entières, sans bien savoir d’ailleurs si « la prochaine » sera plus brillante. Ainsi, El Fandi vient de licencier la majeure partie de son équipe,  et Javier Conde, plus radical, a viré tout le monde.
     Comme on dit.. « Sus razones tendra ! » il aura ses raisons… Mais cela fait un peu désordre.
     On parle aussi de soudain divorce chez Enrique Ponce.
     Faut il lier ces rumeurs à la part de plus en plus « envahissante » du « joli papa Victoriano », ou beau père Valencia, dans la carrière du maestro de Chiva ? Qui lo sa ? Toujours est il qu’on murmure que Franklin, son fidèle mozo de espadas, et Marianin de la Viña, banderillero de confiance, ne feraient pas partie de l’équipe 2005.
     A voir !
     Si cela peut se comprendre, de la part d’un banderillero, on peut douter de l’envie d’un valet d’épée de quitter son maître, après tant d’année « d’intimité torera ». Qui en effet, connaît le mieux un torero, sinon celui qui vit avec lui chaque instant du « avant, pendant et après » ?
     Curieuses rumeurs, et triste noticia, si elles se réalisent.

     Et puis… les coups d’éclat ! Comme un coup de tonnerre, un seul, dans un ciel pourtant presque bleu ! Chaque année, on n’y coupe pas !
     Hier vient de tomber une nouvelle qui, au fond, n’est pas si surprenante.
     En fait, un tout petit coup de tonnerre ! A peine un petit « boum ! » Presque un vent !
     Antonio Ferrera vient de se séparer de son apoderado Rafael Corbelle.
     Tiens donc ! Voilà pourtant "deux caractériels" qui étaient bien faits pour s’entendre…Non?
     En parlant de caractériels, entendons nous bien : ils le sont tous ! Mêmes les plus sereins, les plus placides, les plus cool ! y compris Ponce ! Y compris Rincon ! Y compris qui vous voulez… Et c’est normal ! Ces hommes-là se jouent vraiment la vie.

     Le cas de Ferrera, cependant, est un peu « à part » !
     On ne reviendra pas sur les brouilles avec la moitié de l’escalafon, le pseudo « veto » du Juli, et la triste anecdote de Pontevedra, lorsque le Fandi s’est cassé la cheville, en Août 2003. Antonio Ferrera n’a jamais aussi bien toréé, aussi bien fonctionné, que lorsqu’il était mené par Luis Alvarez, et même si le toreo de l’extremeño n’était pas  sa tasse de thé, « Don Luis » l’aurait fait riche !
     Seulement voilà ! C’était compter sans le caractère du torero, l’influence de l’entourage familial et toute cette somme de petits riens qui, mis bout à bout, arrivent à un gros « ras le bol » ! Luis Alvarez laissa tomber, en fin 2002, et ce ne fut absolument pas « de forme amicale », comme il est de tradition.
     2003 arriva, avec « in extremis », un nouvel apoderado, très lié à l’empresa de Madrid, aux Lozano, dont tout le monde connaît la silhouette et la sympathique (pas toujours) grande gueule : Rafael Corbelle.
     Entre aficionados, on s’est dit : « Ben mon vieux… on n’a pas fini ! », sous entendu « va y avoir de la bagarre ! »
     Solidement « sponsorisé » par l’empresa de Madrid, Ferrera toréa beaucoup, en 2003, faisant « pareja » avec le Fandi, et prenant probable ombrage des « bains » réguliers que l’autre lui mettait, banderilles en mains. On souriait beaucoup, on se donnait l’abrazo ou la main, mais « à l’intérieur »...
     A Pontevedra, le 10 août, le scandale éclata : Ferrera fait preuve de bien peu de « compañerismo », devant la blessure du Fandi ; et son apoderado, Corbelle, en remet une couche, en rajoutant à qui veut l’entendre, que le granadino fait du cinéma. (En fait, la fracture était réelle, très méchante, qui mit le Fandi « out ! » pour toute la temporada).
     Ca, le mundillo et les aficionados ne l’ont jamais oublié, et probablement jamais pardonné.
     Sur ce coup-là, Ferrera perdait « le train » du Fandi, et passait pour un torero polémique, incorrect, dangereux…

     Qu’on le veuille on non, et quoi qu’en diront ses fidèles admirateurs, 2004, pour Antonio Ferrera fut mauvais, sur toute la ligne.
     Rafael Corbelle « lui a fait » 52 corridas, mais le diestro n’a jamais pu convaincre, dans les grandes occasions : Castellon, Séville, Madrid par trois fois (merci Lozano !), et autant d’échecs. Même en des ferias moindres, comme Vitoria, où Ferrera était apprécié, le silence fut majoritaire… Seul satisfaction : Badajoz, chez lui !
     Alors, que s’est il passé ?
     On imagine que le malaise alla croissant, et que la nervosité augmenta, tant dans le ruedo qu’à l’extérieur. En Septembre, on savait que les Lozano quittaient Madrid et ne voulaient pas y revenir, malgré la prière de la Comunidad. De ce fait, Corbelle allait perdre de sa force, et Ferrera se vit en danger.
     L’inéluctable suite a éclaté hier. On laisse tomber Corbelle !
     Celui-ci semble serein, parle de rupture amicale, selon la tradition, mais… qui sait lire entre les lignes se rendra compte que le vétéran ne mâche qu’à peine ses mots : « Je suis satisfait de mon travail ! Ferrera est un torero polémique, et lui faire 52 corridas ne fut pas facile ! » Sous entendu : « Pauvre garçon, il n’a pas su profiter des opportunités, je ne peux faire plus ! »
     Exit Corbelle! y ahora que?
     Cette page tristement tournée, comme le furent celles du Juli, de « Don Luis », du Fandi… (ça fait quand même un peu beaucoup) on se demande quel nouveau « livre » Antonio Ferrera va-t-il entamer ?
     Sans l’appui de Madrid ; ayant perdu le marché français ; restant bon banderillero, mais à mille lieues du Fandi ; ayant gardé quelques éclairs de temple, de lenteur muletera, au milieu d’un « ouragan de trapazos informes », Antonio Ferrera aura du mal à remonter la pente, et convaincre qu’il fait encore partie… du futur.
     Asi van las cosas !
     Asi van los hombres.
     Asi es el toreo !  

 
   
NDLR: Toros2000 n'a pas paru, les 30 et 31 Octobre.