L'ACTUALITÉ TAURINE
(du 11 au 20 Février 2003)

LA MER EST MAUVAISE, EN CE MOMENT…

     11 Février : Le mundillo taurino est un monde de passion, à tous les étages. Dans les gradins, la division des opinions est de mise, et c’est bien normal, chacun ressentant chaque instant de la Tauromachie, selon ses propres sentiments, ses propres valeurs. Dans le ruedo, plus que nulle part ailleurs, puisque chacun exprime sa tauromachie, selon ses propres vibrations, ses propres inspirations. Dans les bureaux des empresas, logiquement, puisque chacun veut donner un grand spectacle, en gagnant un maximum de fric, tous en en déboursant… un minimum. Ben tiens !
     Et… au milieu de tout cela, faisant le ciment entre toutes ces réactions souvent épidermiques…  la Presse, spécialisée ou pas, qui met son grain de sel et veut parfois s’ériger en « principal protagoniste ».
     Au total… une belle bande de fous furieux qui se retrouvent, parfois, pour de très grands moments de pure émotion, comme dimanche à Bogota, mais aussi, souvent, pour être acteurs ou témoins de quelques basse œuvres...
     La mer est vraiment mauvaise, en ce moment…

     A Mexico, va falloir que le Président Chirac et son Ministre des Affaires Etrangères s’y mettent, et nous organisent un nouveau Marcoussis ! Au fait… il reste du champagne ? La-bas, c’est déjà la guerre, et même les casques bleus n’y pourront rien…
     Chaque année… mais vraiment chaque année, Rafael Herrerias, traditionnellement appelé « le bouillant » empresario de la Monumental de Mexico, fait des siennes… Et chaque année, il a de gros problèmes avec l’autorité fédérale. Mais cette fois… dur, dur !
     Carlos Mendoza, président de la commission taurine du District Fédéral de Mexico a fait demande officielle que soit retirée à Rafael Herrerias sa licence d’organisateur de corridas, pour de motifs divers et variés, qui traduisent le caractère emporté, vindicatif et rebelle, du patron de la plus grande plaza du monde : Outre le fait qu’il n’écoute rien, ne respecte aucune règle, il a été, entre autre, jusqu’à insulter des présidents, à ses yeux incompétents, et aurait même menacé de mort "certaines huiles" qui, à ces mots… se seraient liquéfiées.
     Du coup… on veut sa peau, et on en met les moyens, mais non pas dans la rue, face à face, le colt à la main, comme chez Sergio Leone… non, sur le tapis vert, dans des bureaux bien climatisés. Pas fous, los de la comision !
     Herrerias, (qui n’aime pas le champagne !), se retrousse la moustache, et balaie toutes ces arguties d’un grand geste de sa large main (vaut mieux se planquer ! ça fait du vent !) : « Pure jalousie, surtout quand les choses marchent bien ! Qui sont donc ces messieurs ? Dois-je dire l’argent qu’ils m’ont détourné ? Dois-je parler des novilleros qu’ils m’ont imposés ? Dois-je moi aussi faire des révélations ? Ce sont des inutiles, des néfastes et des stupides… » (Fieu ! Les voilà habillés pour l’hiver !) Et de continuer : «Peut-être que j’ai insulté quelque juez incompétent, sur un juste moment de colère. Quant à les menacer de mort… je n’ai vraiment pas le temps pour cela ! » Vaya !
     Cette nouvelle escarmouche arrive après une saison relativement intéressante, à la Mexico, notamment après les grands succès de David Silveti et de la corrida anniversaire. On sait l’intention de l’Empresa de poursuivre et prolonger la saison… On murmure son projet de répéter le cartel des grands vétérans, qui fit si grand résultat, il y a un mois, et peut-être, de donner un mano a mano Silveti – Zotoluco… Bref, l’imagination ne manque pas, et les risques à prendre, non plus. Du coup, Rafael Herrerias lâche un dernier « S’il veulent ma peau, qu’ils y viennent ! Ou, je peux, aussi leur céder la plaza, un moment, on verra ce qu’il en feront… »
     Bon ! A Mexico, il y a souvent du vent. Là… c’est « force 7 ! »

     Autre lieu, autres mœurs ! A Madrid, dans les colonnes de l’ABC paraît aujourd’hui un article intitulé « De la grandeur à la bassesse ! ».
     Sous la signature de monsieur Zabala de la Serna, il fustige l’Empresa Casas – Paton, qui a montré tant de grandeur et belles idées, au moment de poser sa candidature à la gestion de Las Ventas, mais n’a pas hésité à user de la plus basse vengeance, en n’engageant pas Cesar Jimenez à la Feria de Castellon, sous prétexte qu’il les avait lâchés, cet hiver. On ne reviendra pas sur l’anecdote…
     Il est bien sympa, le petit monsieur… Mais il ne devrait pas oublier deux choses : l’une « Que chacun est patron chez soi ! Et si cela ne convient pas, c’est le public qui ne vient pas. Deux : Que cela s’est toujours fait ! Et que l’histoire regorgent de vétos, secrets ou en plein jour, de telle ou telle empresa à tel ou tel torero (ou à ses mentors), pour telle ou telle vacherie qu’on leur aurait faite…
     Monsieur Zabala ne connaît-il donc pas "la réponse du berger à la bergère" ? Par ailleurs, faudrait il rappeler quelque manœuvre frôlant le carton rouge, quand le Morante « se tomba » du cartel de septembre, à Séville, il y a trois ans ?
     « De la grandeur à la bassesse ! »… facile à dire et à écrire !
     Ne pas oublier que s’il n’était pas « le fils de son père »… monsieur Zabala de la Serna n’aurait probablement pas l’occasion de parler de bassesse… et encore moins, de grandeur !
     Je sens que Navalon va encore faire du bruit…sous peu !

     Grandeur et bassesses, de même entre les « syndicats » représentant les matadors, et ceux des subalternes, au sujet de l’argent des « Festivals bénéfiques, ou caritatifs ». Beaucoup de choses pas très claires, les uns et les autres s’accusant mutuellement de quelques coups, sous la ceinture.
     On sait que le syndicat des banderilleros et autres subalternes, exige des ses adhérents, qu’il soient payés, lorsqu’ils se produisent avec leur maestro, dans un festival. Et de dénoncer que certains renoncent d’entrée, à ces émoluments, mais également que des maestros leur imposent de reverser illico leur salaire au bénéfice du festival. A partir de là, tout y passe : Des faux festivals aux entraînements « déguisés », dont seuls sont bénéficiaires les matadors et les organisateurs… Bref ! du peu reluisant, qui gâche un peu cette entame de temporada…
     Là, également, la mer est bien mauvaise ! Mais, c’est de saison !

 

MEXICAN NEWS…

     11 Février : Il se passe toujours quelque chose, au Mexique…

     Ainsi, Pablo Hermoso de Mendoza triomphe, en province, mais connaît quelques durs moments. Le cavalier navarrais vient de toréer deux corridas, à Morelia et Teziutlan, avec une blessure envainada à la cuisse, reçue il y a quatre jours, en la plazita de Zitacuaro. Valiente, señor !

    Dans cette même corrida de Teziutlan, Leopoldo Casasola a passé un sale moment. En entrant à matar, il alla donner de la tête… dans le frontal du toro. A priori, c’est le toro qui l’avait plus solide. Complètement sonné, le petit mexicain en perdit plusieurs dents… Pobre !

     Autre blessure rare, mais qui est arrivé à de grandes vedettes, parfois avec de longues et douloureuses conséquences : El Zotoluco s’est blessé avec son épée, samedi, lors de son mano à mano avec le Juli, en plaza de Mexicali (une oreille, chacun). La pointe a fait des dégâts à l’intérieur de la jambe gauche, juste au dessus de la cheville. Quelques problèmes de tendons, mais surtout, une infection qui s’est déclarée, dimanche soir. Le Docteur Vazquez Bayod l’a aussitôt traitée, en force, et le Zotoluco devrait reprendre l’épée, « avec précaution », en fin de semaine.
     On se souvient que même mésaventure, mais en plus grave, était arrivée à Sebastian Palomo Linares, en 1968, en plaza de Malaga…

     Toujours à Mexico, capitale : On connaît le cartel de dimanche prochain, qui risque de réaliser l’exploit de mettre dans la plaza, moins de monde que dimanche dernier. « El Conde », qui se voit répété, Carlos Rondero et Ignacio Garibay, face à un lot de Vaca Hermanos (Cela ne s’invente pas !).
     Cette ganaderia, propriété des frères Pedro et Jose Vaca Elguero, fera sa présentation  à la Mexico. 

 

COMME UN "PAUVRE" MERCREDI…

     12 Février : Peu de « grandes nouvelles » dans notre petit monde… Rien de bien important, à côté de ce qui va nous tomber sur la tête…
     Après les révélations fracassantes des USA, quant aux preuves contre l’Irak, toutes droit pompées de la thèse d’un étudiant britannique (pratiquement mot pour mot), ne voilà t’il pas que nous tombe, vraiment « à pic », le message enregistré de Ben Laden, comme s’il avait été dicté par… la bonne « bouche » !
     Bien entendu, personne ne croit à la disparition du chef terroriste, dans ses montagnes d’Afghanistan, et il fallait bien qu’il réapparaisse un jour… Mais là, on n’a plus qu’a lui donner un drapeau, pour lancer la grande course à Bagdad…
     Pendant ce temps, nos chers représentants à l’Assemblée vont se battre d’importance, pour savoir comment faire pour ne pas respecter la vraie démocratie, lors des prochaines élections.
     Le seul endroit où l’on pouvait encore dire son opinion… les urnes.
     Cependant, ayant écoeuré tout le monde, au point que l’on ne va même plus faire son de voir civique, nos chers politiques vont décider que même s’il y en a que trois qui vont voter… autant que cela fasse une majorité. Donc… un seul bulletin possible, ou presque. Cela s’appelle… une dictature ! Une dictature « soft », « cool », « descafeinada »… mais une dictature quand même !
     Pero bueno ! On a le régime que l’on se cherche ou que l’on mérite… Donc ! Motus !

     Vous voyez donc que dans de telles circonstances, notre petit mundillo « à nous » n’est que minuscule planète perdue dans un monde qui tourne à l’envers, ou pour le moins… « pas très droit » !

     Au Mexique, on est un peu inquiet pour le petit Casasola, après son « tête à tête » avec un toro du Batan, en plaza de Teziutlan.
     En entrant a matar, l’épée glisse sur une banderille et le jeune diestro, déséquilibré, va donner de la tête dans le frontal du toro. Gros choc, suivi d’une voltige, avec paletazo d’importance dans les côtes, et surtout, une mauvaise chute, sur la tempe.
     Dans un premier temps, outre deux dents et des coups partout, on ne s’est pas inquiété. Mais hier, le torero ne sentait plus ses bras, et on a du le ramener d’urgence à Mexico, où le Docteur Rafael Vazquez Bayod est en train de surveiller cela, au plus près. Pas trop d’inquiétude, pour le moment, mais…

     Au Mexique, toujours, on continue à commenter les démêlés de l’empresa de Mexico avec la Commission Taurine du District Fédéral.
     Les paris sont ouverts… Certains disent que, cette fois « il » a été trop loin… D’autres de répliquer : « Il n’oseront pas le virer ! »
     La presse, évidemment, en fait ses choux gras, mais parle aussi de toros : Ainsi, au sujet du cartel de dimanche, une anecdote bien taurine. Dimanche, à la Mexico, on retrouvera Carlos Rondero, qui fut, il y a quatre ans, le protagoniste d’un gros incident : Il s’en voyait des croix, devant un gros toro de La Mision, quand des tendidos sauta un espontaneo, torse nu et passablement éméché. On essaya bien de le ceinturer, mais il manifesta un gros talent pour le débordement, qui en aurait fait probablement un bon trois-quarts aile, chez le bleus, ou ailleurs. Insaisissable ! A la fin, Carlos Rondero ne trouva rien de mieux que de l’appeler, et lui donner sa muleta. Le dieu Bacchus étant un grand aficionado practico… son fidèle élève donna quelques bons muletazos, et cela fit un beau chahut. Du coup, le garçon se retrouva « à l’ombre », et Rondero fut condamné à une long purgatoire… (Ce n’était pas les mêmes circonstances, puisque l’on avait à faire à un toro devuelto, mais… Antonio Ordoñez n’a t’il pas fait de même, à Nîmes, en 67 ou 68, avec un certain … Simon Casas ?)

     Cette corrida de dimanche risque de faire une entrée calamiteuse, du style « plus de monde dans le ruedo, que dans les gradins… mais l’Empresa le sait, et ne s’en plaint pas : « Vaut mieux des gros coups, puis, à côté, des cartels modestes, avec des nationaux. On sait qu’ils vont amener peu de monde. Mais les pseudo Figures espagnoles n’en amènent pas plus, et vous mettent sur la paille ! » Pas à dire, ce Rafael Herrerias à le sens de la formule…

     En Espagne… on chauffe doucement les moteurs ! Les ferias d’hiver, à Valdemorillo et Ajalvir n’ont rien révélé, sinon la possible projection d’Encabo, et l’éventuel réveil de Rafael de Julia. Pour le reste… conformisme !
     Bilbao a confirmé la liste des ganaderias qui sortiront à Vista Alegre, en 2003 : Des Capea, le 15 Juin, pour le 73ème anniversaire de la fondation de la ville ; Puis, à l’occasion de la grande semaine d’Août : Victorino et Adolfo Martin, San Martin, Samuel Flores, Valdefresno, Torrealta, Torrestrella et Alcurrucen. Exit Cebada et surtout… Dolores Aguirre.

     En France, Nîmes attaque vendredi sa feria de Primavera. Doux euphémisme, puisque la météo parle de neige… Couvrez vous bien!
     Gros événement, le 16, avec l’alternative d’un « gros gros » espoir de la tauromachie des années 2005 : Salvador Vega. Ese si que me gusta !
     Dans le Sud Ouest, Floirac vient d’annoncer son cartel du 18 Mai : Cesar Rincon, Antonio Ferrera et Juan Bautista, devant des Ortigao Costa. On murmure que ce sera le grand retour de Cesar dans « ses » terres du sud-ouest français. En formelle, oui ! Mais quelque chose me dit qu’on l’aura vu auparavant…à Mont de Marsan.

     La Terre, comme vous le voyez, continue de tourner…dans tous les sens !  Et, comme vous le voyez, on arrive quand même  à écrire trois ou quatre lignes… même quand on n’a rien à dire, comme aujourd’hui !
     Promis, je ne le ferai plus… quoique !

 

LE MERCREDI, CÔTE « TRIBUNE »…

     12 Février : Presque sage, aujourd’hui, la page « Toros » de la Tribune de Salamanca. Mais…
     A lire tout de même, la petite bataille que livre Alfonso Navalon,  à ceux qui maintiennent la théorie suivante : Selon l’adage du « Qui aime bien, châtie bien ! », Navalon serait un grand fan de Jose Tomas, puisqu’il le démolit consciencieusement, de la même façon qu’il démolissait Antonio Ordoñez, son torero préféré et ami, ou presque.
     Sans cheveu sur la plume, Navalon précise que le torero de Ronda fut son préféré, et de loin, entre  1950 et 60. Par contre, lorsqu’il revint, en 1965, avec les artifices et les trucs techniques empruntés à Dominguin, là, ce n’était plus la même! Et de raconter certaines anecdotes, comme celle de Pamplona, en 1968, quand le critique prétendit tout haut pouvoir "en faire autant", et qu’Ordoñez lui tendit épée et muleta. Navalon fit mine de sauter au ruedo, style « retenez moi, ou je fais un malheur ! », ce que firent ces voisins de barrera, avec le plus grand succès…
     Pour en terminer avec ce compte à régler, le revistero taille un dernier costume à Jose Tomas, et termine d'u catégorique: No estoy borracho.. y no soy maricon!" Force est de constater, vraiment… qu’il ne l’aime pas !

     Autre paragraphe sur le projet d’ériger une statue monument à Manolo Chopera, sur l’esplanade, devant la plaza d’Illumbe.
     L’idée ne choque pas, bien qu’il faudrait aussi penser à Jesus Chopera, le vrai promoteur de l’idée. Par contre, la manière de trouver les financements pour un tel monument semble un peu cavalière…
     A découvrir, aujourd’hui dans www.tribuna.net 

 

« LES AFFAIRES »…

     13 Février : Oh, je vous vois venir ! Vous êtes en train de vous dire « Ca y est… le voilà reparti à dénoncer des choses qui n’ont rien à voir avec les Toros » Et selon votre sentiment profond, vous allez penser « On va se marrer ! », ou au contraire « Pour qui se prend il ? »
     La réponse est : « Pour rien du tout ! un citoyen, comme tout le monde ! » et l’autre réponse est : « Aujourd’hui, on parle Toros, et on ne rit pas… », ou presque...

     Cela dit, les « affaires » existent aussi, et pullulent, dans le mundillo…Oh, bien sûr, elles sont moins graves qu’en d’autres sphères, et là, au moins, l’on y n’a pas besoin du « 49-3 »… Hum !
     Allez… une petite en passant : Combien de temps encore va durer cette  triste comédie, et ce supplice des épreuves d’examens universitaires à repasser, parce qu’une coquille » s’est glissée dans l’énoncé, parce que « quelqu’un a donné la réponse », au lieu de poser de poser la question… ou parce qu’une fuite a eu lieu, donnant « tout juste » à quelques poignées de privilégiés sans grands scrupules…
     Pourrait on suggérer à ces zélés et brillants fonctionnaires de l’Education Nationale, d’aller prendre quelques cours de français, ou de passer un Cap de plomberie ?
     Obliger ainsi des étudiants à repasser systématiquement des épreuves, à revivre le stress de l’avant examen, les affres « de l’après »… cela tourne au cynisme, au sadisme, à l’arbitraire et à la décadence… Le tout, dans une totale impunité.
     On pourrait également suggérer à ces « hauts responsables », qui jouent avec les nerfs des étudiants et l’argent des familles… d’aller courir le Paris-Dakar, ou quelque autre grand rallye?  Dans ces épreuves, lorsque des circonstances malencontreuses risquent de fausser le jeu, « on neutralise la spéciale », et la compétition continue sur l’ensemble du rallye. Le classement se fait donc, naturellement, sur les épreuves restantes…
     Pourquoi n’en pas faire autant, sur ces examens à « multi matières » ? N’y a t’il pas de quoi « sabrer d’abondance », dans les épreuves restantes ? Non, on préfère « s’excuser », mais remettre les gens « à la question »… Super !
     Mais« Revenons à nos … toros ! »

     A Séville, ça chauffe ! L’empresa Canorea Junior aurait décidé de ne pas compter sur Jesulin de Ubrique pour la prochaine feria d’Avril, prétextant que le torero n’était pas suffisamment remis de ses lésions, et qu’il ne risquait « de ne pas arriver à Avril », après avoir toréé quelques courses en province.
     Du coup, Pepe Luis Segura, son apoderado, pique une légitime rogne, et déclare : « C’est un véritable scandale, et une telle attitude pose un doute sur mon professionnalisme et sur celui du torero. J’ai déjà 50 corridas signées pour Jesus. Croyez vous donc que je m’amuserais à cela ? Et puis, qu’ils viennent le voir, à l’entraînement ! Qu’ils questionnent les ganaderos qui nous reçoivent pour tienter, ou estoquer des toros « a puerta cerrada ». Nous ne sommes même pas arrivés à parler d’argent, de dates, de cartels ou de ganaderias. En fait, il semble y avoir volonté déclarée de ne pas engager Jesulin, cette année… »
     Côté empresa… No coment !
     On peut comprendre le courroux de l’apoderado. Comment peut on préjuger de l’éventuel « faux engagement » d’un torero, histoire d’être au cartel, mais « probablement » décidé d’en tomber, quelques jours avant, au prétexte de "j’ai essayé, mais je ne peux pas "?
     Jesulin réapparaît à Olivenza, et toute la presse sera présente. Castellon a engagé le torero, mais Valencia qui lui avait offert deux courses, n’a pas suivi ses prétentions, au plan économique… Ca, c’est une autre affaire ! Mais préjuger ainsi que le diestro « n’arrivera pas à Mi Avril », paraît un peu cavalier… Ou alors, il y a une autre raison.
     Ce qui est certain, voilà « une affaire » dont on risque de beaucoup parler, dans les semaines qui suivent…

     Une autre, qui est plus légère et anecdotique… On a retouvé Curro Romero ! Ouf !
     Après son coup d’éclat de dimanche, le Pharaon avait disparu. On sait qu’il avait griffonné deux mots pour la presse, où il disait annuler son prochain mariage avec Carmen Tello, « pour des motifs indéterminés », puis il s’était esbigné…. La pauvre Carmen avait appris la nouvelle par la Presse, et elle ne vivait plus… Pas facile d'être la compagne d'un pharaon !
     Depuis, on se perdait en conjectures, et les bruits les plus divers couraient sur les derniers mois, « plutôt houleux » du fameux ménage…
     A Séville, on cherchait partout, on soulevait tous les tapis… Pas de Curro !
     On le disait coutumier du fait ! Parfois, il disparaissait et se réfugiait chez un copain, pouvant passer des semaines sans risquer dehors non auguste nez. Pendant ce temps, la pauvre Carmen se morfondait, dans l’appartement du torero, où elle vivait avec lui depuis des mois.
     N’y tenant plus, elle quittait , hier, cette demeure, et regagnait sa propre maison… A peine le taxi avait-il tourné le coin de la rue, que le bon Curro rentrait chez lui… Sacré Curro ! Todo un arte para lidiar !
     Ensuite, les choses, forcément, se sont arrangées. Le tendre Curro est allé visiter sa belle, et, après quelques instants de conversation… le couple a passé à la presse, un communiqué conjoint qui disait : «Nous avons décidé de laisser passer quelque temps, pour nous retrouver et réfléchir. De toutes façons, il existe entre nous, le même amour, le même cariño ! »
     Aaaaaah bon ! C’est qu’on a eu peur !
     Tout est donc bien… qui commence bien ! Car la Presse du cœur va se jeter dessus, et « les millions d’exclusive » vont tomber… bien avant le mariage ! Que bueno !

     Autres affaires, venant du Mexique ! Cela ne s’arrange guère pour Herrerias, dont on dit que la plus haute autorité du District de Benito Juarez, pourrait suivre les propositions de sanction demandées par la Commission Taurine, et suspendre la licence de Rafael Herrerias, au point même que la corrida de dimanche pourrait être annulée, et le reste de la temporada, suspendu.
     On a peine à croire que l’on puisse arriver à de tels extrêmes, d’autant que la saison à la Monumental de Mexico, est un succès… qu’on le veuille ou non. Certes, les entrées ont été, pour le moins irrégulières, mais au plan artistique, on y a vu de grandes choses. Et « à qui » on le doit ? (ou... A qui le doit on?)

     Bien plus graves les allégations et la menace qui planent sur Enrique Ponce ! Par quelques sourdes manœuvres, et quelques ficelles tirées au bon moment dans les chiqueros, le diestro de Chiva n’aurait pas respecté le tirage au sort, ni l’ordre de sortie des sobreros, au cours le la corrida anniversaire du 5 Février, dont il est sorti triomphateur. 
     Cette plaisanterie, si elle se vérifie, peut lui coûter un an de suspension à la Monumental de Mexico.
     A voir ! pour le moment, on reproche au torero, et surtout à son entourage, d’avoir fait pression pour faire sortir le 4ème sobrero prévu, de Julio Delgado, ne respectant pas l’ordre établi, qui lui attribuait un toro de Reyes Huerta..
     Certes, on est loin de l’Espagne, mais cela fait « un peu » désordre, et j’en connais qui vont se frotter les mains…
     Ayyy ! Ese mundillo !

 

UN NOUVEAU ET BON TORERO, SUR LE NET…

     13 Février : On le sait fin torero ! On le surveille, depuis un moment ! Ce jeune mexicain, de Guadalajara, peut « éclater » à tout moment, pour peu que sorte un toro qui le laisse s’exprimer, dans une feria de renom.
     Disciple et protégé de David Silveti, Alejandro Amaya est une des jeunes valeurs du Toreo Mexicain. Sérieux, classique, artiste, il s’est fait en Espagne, et va bien finir par y triompher.
     Pour le mieux connaître, n’hésitez pas à parcourir le site qui vient de s’ouvrir à son nom.
     Un torero à voir « chez nous », et à suivre plus facilement, dès aujourd’hui, sur le net. Bienvenue donc au torero, et … Suerte !

     Site d’Alejandro Amaya :  www.alejandroamaya.com

 

NÎMES… EN  FEVRIER !

     14 Février :  On pourrait fredonner « A Paris, au mois d’Août », et chercher une chansonnette qui corresponde, pour Nîmes… en février. 
     A Pentecôte, c’est facile : Les rues regorgent de soleil et la plaza joue son vrai rôle de cirque romain, où des hommes viennent jouer leur vie. Dans la nuit, il n’est pas une minute qui ne soit percée d’un air de sevillana ou du rire d’une belle…  
     En février, Brrrrr ! Sous la bulle, on supporte le froid, mais dehors… que frio !  Pourtant, depuis le fameux 1990, la feria de la Primavera, est devenu passage obligé, dans le grand circuit de la temporada. Certes, elle a connu des modifications et des sautes d’humeur, mais elle est toujours là, qui draine, de toute la France, des aficionados de verdad, avides de toros et d’émotions, après le long hiver passé dans les quotidiens brumeux des hommes… normaux.

     Nous, les aficionados, nous ne sommes pas… normaux ! La semaine peut être lourde ; nous pouvons crouler sous le angoisses ou les coups du sort… il suffit que sonne un clarin, que claque un verrou et que s’ouvre un porton… bref, « il suffit que paraisse un Señor Toro », et tout s’efface, « la brume et les emmerdes… » Alors, chaque mouvement, chaque regard, chaque cri, est autant de chaleur qui coule dans nos veines, et relance l’amour à la vie, et aux autres… On est comme ça !

     Ceux qui revinrent de « la feria des mimosas » en 1990, avaient repris de l’Aficion pour 22 ans… Les voilà qui reviennent, cette année, pour recharger les accus…
     Certes, ils y en a moins. Certains sont restés sur la route, parfois définitivement. On ne les oublie pas… D’autres ont passé leur chemin… Pas le temps, pas d’argent, plus le feu sacré… 
     Et puis, la feria a perdu son lustre d’antan ! Mais elle est là, gardant tout mérite d’exister, et « se débrouillant » pour marquer la saison d’un premier événement… Tout le monde ne peut en dire autant… « Asi que.. vamonos pa Nîmes ! »

     Cette année, Simon Casas joue l’équilibre « Ganado – Toreros ». 
     Outre la corrida de Rejoneo et la novillada sin picar, on pourra suivre deux novilladas de lujo, avec pour centre d’intérêt, les novillos de la Quinta et Fuente Ymbro. Santacoloma et Jandilla –Domecq… Rien de mieux ! 
     En face, dans un escalafon novilleril qui, reconnaissons le, est un peu pâlot, ces temps-ci, des noms qui sonnent fort, comme Matias Tejela, à quelques semaines de son alternative. D’autres qui font lever les sourcils, comme Fernando Cruz, Francisco Palazon, Javier Perea, sans oublier les nationaux, en particulier Julien Miletto, qui doit passer, maintenant, « la vitesse supérieure »…

     Et puis… l’événement : L’alternative de Salvador Vega. Cela se passera dimanche après midi, et l’on espère que le soleil d’une belle tarde d’hiver, donnera au ruedo « embullé » cette couleur bien particulière qui fait briller les ors et argents des costumes, en certains endroits de l’ovale ruedo. 
     Lumière « spéciale », ambiance spéciale… On en prend plein les yeux, quand la flèche noire du toro perce l’or d’un capote, en plein rayon du soleil de février…
     On reviendra sur Salvador Vega… mais, celui-là, il va falloir le suivre ! Torero à la fois puissant et artiste, il peut faire de grandes choses, devant le toro… En tous cas, son alternative est déjà « un » des moments importants de cette temporada. A ver como arranca !
     Pour cette « première communion », le jeune Malagueño sera accompagné de deux vedettes indéniables : Un déjà vétéran, Jose Miguel Arroyo « Joselito », et un jeune loup, Cesar Jimenez.
     Est-ce le meilleur cartel, pour une alternative ? C’est "un grand cartel !" certes, on préférerait un parrain « plus confraternel »… On sait que Joselito n’est pas très porté sur les abrazos, et, montera puesta,  préfère « serrer la paluche » du petit nouveau… Mais bon ! Quant à Cesar Jimenez,  qui connaît bien Salvador Vega (Ce dernier lui a mis "quelques bains", à Illumbe), son problème sera d’un autre acabit : Ayant vilainement lâché ses mentors, cet hiver, il revient dans leur plaza…
     Décidément, ce mois de février est un peu froid…

     Feria de Primavera, annonçant un été chaud, du côté des toros… et seulement du côté de toros ! On le souhaite tous ainsi.
     « Que haya gran suerte, Nîmes ! »

     Voir la relation des toros à lidier lors de cette feria de la Primavera 2003, dans la rubrique « infos » du site www.arenesdenimes.com  .

 
NÎMES - FERIA DE PRINTEMPS 2003
    
Vendredi 14 Février, en nocturne : 
     Novillos de La Quinta, pour Francisco Jose Palazon, Jonathan Veyrunes et Javier Perea.
Samedi 15 Février, au matin : Novillada sin picar.
     Six erales de Occitania, pour Camille Juan, Ismael lopez et Alberto Aguilar
Samedi 15 Février, après-midi : 
     Novillada de Fuente Ymbro, pour Matias Tejela, Julien Miletto et Fernando Cruz.
Dimanche 16 Février, au matin - Rejoneo:
     Toros de la Condesa de Sobral, pour Joao Salgueiro, Andy Cartagena et Diego Ventura
Dimanche 16 Février, après-midi :
     Toros du Capea, pour Joselito, Cesar Jimenez et Salvador Vega, qui recevra l’alternative
 

VENDREDI… C'EST « CAMPO BRAVO » !

     14 Février : Deuxième partie du « roman – reportage », ou reportage romancé, de Jean Louis Castanet sur son boueux passage en la Ganaderia d’Eladio Vegas. Ne vous y trompez pas : En riant beaucoup de ses mésaventures, on prend un grand bol d’aficion, de savoir ganadero et d’amitié naissante entre les hommes, pudiques et honnêtes…

     Lisez « Entre espoir et amertume – Eladio Vegas »  – 2ème partie - ce vendredi, à partir de 9 heures, dans le rubrique : Campo Bravo.

 

DE L’EXCLUSION DU JESULIN…

     14 Février : Comme il fallait s’y attendre, l’exclusion des cartels de Séville de Jesulin de Ubrique, par l’Empresa Canorea, commence à susciter divers commentaires. Cependant, au vu des faits, on peut comprendre les quelques questions que peuvent se poser des empresas, à l’heure de signer, au prix d’un gros chèque, un futur contrat au torero d’Ubrique… et l’on a beau crier bien haut que tous les examens, par les plus hautes instances médicales, donnent le feu vert, on peut se poser, quand même, ces questions, sans pour autant verser dans... « le radicalisme sévillan ».

     Aujourd’hui, dans  « La Razon », Laura Tenorio relate les faits, rien que les faits : Accident de Jesulin, le 23 Septembre 2001. Gravisimo ! Hémothorax, des côtes cassées, quatre vertèbres fracturées. Le corps brisé est maintenu par deux barres d’acier qui « étayent » la colonne vertébrale, scellées par 14 crochets, du même métal. On crpoit le Jesulin à jamais perdu. Certains murmurent qu’il a demandé une pension d’handicapé.

     En Novembre 2002, Jesus Janeiro annonce son retour aux ruedos, et ces jours ci, son apoderado affiche 50 à 60 corridas signées, ou apalabradas.
     La réapparition officielle, en plaza d’Olivenza, le 8 Mars, sera un événement « national »… Plus une chambre d’hôtel ! Plus de 200 accréditations presse ! Demasiado !
     Et pourtant ! Beaucoup de nuages en vue !
     Aucune compagnie d’assurance n’a voulu prendre le risque de couvrir le diestro, et c’est sous son entière responsabilité, que le Jesulin va risquer la voltereta, à chaque instant.
     Et la chroniqueuse de conclure : « Ce risque très élevé, compte tenu des circonstances, ne passe pas inaperçu des aficionados ni des empresaris, comme Canorea, qui ne veut pas assumer ce rôle de « sufridor », ce qui est compréhensible et humain. Jesulin est « un gran tipo » qui a commandé, plusieurs années durant, dans le Toreo.  « Il a fait l'Histoire », on s’en souvient, et on l’aime. Cependant, demain, après son retour, les choses peuvent changer…
     Des fois, dans la vie, « rester absent » est la meilleure façon de « rester présent »…dans tous les esprits »…

 

NÎMES : « PERO QUE FRIO, SEÑORES ! »

     15 Février : C’était pourtant la Saint Valentin ! Cela aurait du « rapprocher » le monde, réchauffer l’atmosphère… Pues no ! Il faisait vraiment froid, hier soir, sous « la bulle », et encore plus dans les cœurs…
     Tout le monde est resté « coincé », et la novillada n’a jamais décollé, d’autant que le ganado a fortement déçu, et que les novilleros… ne sont plus des novilleros. « Se conforman ! » Ils se conforment à ce qui sort, essaient de placer ce qu’ils savent faire… et, si cela ne marche pas, on passe à autre chose !
     Plus un, maintenant, « à se jouer les fémorales », comme on dit…
     Attention, cela n’est pas « un pousse au suicide », mais il faut bien reconnaître que « triompher à tout prix », n’existe plus. Adieu les Ostos, les Puerta, tous ces jeunes d’une autre époque qui sortaient, le couteau entre les dents, et coupaient les oreilles « como sea », terminant le costume en charpie, mais radieux, sous les bravos d’un public qui courait les revoir… Il n’y a pas de secret ! Ne pas s’étonner ensuite de les voir arriver où ils sont arrivés… Et ne pas s’étonner de voir beaucoup de nos jeunes d’aujourd’hui, "rester assis" à la maison, en rêvant des véroniqes de rêve, « en mettant la hanche, le menton dans le jabot de la chemise brodée, parfumée, et tout et tout… »
     Le toreo, c’est la guerre ! Et surtout pas en dentelles ! Si le toro ne charge pas, c’est au torero de le faire, surtout lorsqu’il est novillero… C’est ainsi qu’on réchauffe les cœurs, et l’on remplit les plazas. Sino, pues…

     La première novillada de la Feria de Primavera, à Nîmes, n’a rien donné. Et, de continuer ainsi, elle contribuera «  à prendre beaucoup »…

    14 Février – NÎMES – 1ère de Feria de la Primavera – Novillada nocturne – Media plaza – Mucho frio : (De notre correspondant à Nîmes) 
    
Ambiance glaciale et peu de résultats. Même la Peña Chicuelo est restée muette (Et ça !). Novillos de La Quinta, correctement présentés (entre 371 et 481 kgs), qui prirent 12 piques en désordre, mais ne montrèrent pas la caste, ni cette noblesse rageuse du Santacoloma, qui permettent de valoriser le torero qui s’y met vraiment. Seul le deuxième permit de bonnes choses, à droite. Cela dit… il n’était pas interdit « de leur monter dessus »…
     Francisco Jose Palazon (Silence et silence) s’est montré froid, sans grand engagement, plaçant parfois quelque bon geste, entre deux désarmés. Sobre avec l’épée, il se retira dans le silence. Cependant, on peut le revoir...en plus chaudes circonstances.
     Jonathan Veyrhunes (Salut au tiers – Silence) fit preuve de plus d’envie, étant le torero local. Sans convaincre, il s’engagea devant deux novillos compliqués, qu’il ne put dominer. Bonne estocade à son premier, qui méritait mieux.
     Javier Perea (Silence – Silence) commence bien, mais va « a menos ». Bien au capote, varié dans ses quites, il banderille avec ardeur (on a noté une bonne paire « por dentro », qui a réveillé le public), mais se montre hésitant, sans fil conducteur, dans des faenas décousues qui restent sans effet, tant sur le public que sur le toro.

     Et notre correspondant de conclure : "Entre un dîner aux chandelles et une novillada, ce vendredi soir… vous savez donc ce qu’il aurait fallu choisir".
     Oui monsieur… surtout un soir de Saint Valentin !

    Ce samedi, plus d’espoir en la deuxième novillada, « de jour », avec la sortie de Matias Tejela et Fernando Cruz, qu’accompagnera Julien Miletto, devant les Fuente Ymbro… A ver si se calienta esto!

 

WEEK-END EN COLOMBIE…

     15 Janvier : Ce n’est pas forcément le bon moment, mais ce n’est pas une raison pour laisser tomber un peuple qui désire ardemment la Paix et l’amitié entre tous. Aussi, plus il y aura de drames, là-bas, plus il faudra les aider…
     Hier, une terrible explosion a fait 18 morts et 45 blessés, à Neiva, dans le Huila. Une maison, en bout de piste de l’aéroport… Elle devait exploser plus tard, lorsque l’avion qui transportait le président Uribe, en déplacement officiel, allait atterrir, demain…  La police fouillait tout, en prévision de la visite… Se sentant découverts, les terroristes ont tout fait sauter. Terrible !
     C’est ainsi… en Colombie, et ailleurs !
     Pourtant, la vie doit continuer… et « les toros », de même !

     Ce soir, la Macarena de Medellin donnera la cinquième corrida de sa temporada. Pour le moment, l’entrée n’est guère florissante, et en vous pressant un peu, vous pouvez toucher une bonne place, sans passer par la revente.
     Au cartel : Nelson Segura, une ex-promesse du toreo Colombien ; Victor Puerto, dont il va falloir surveiller le parcours, sous la houlette de Corbacho ; et « El Fandi », triomphateur de la dernière course, toujours en quête d’un trophée dans une grande feria d’Amérique latine. Les toros seront de La Carolina.

     Demain, la plaza réouvrira, pour une novillada de Santa Barbara, pour Juan Rafael Restrepo, à cheval, et les novilleros Andres de los Rios, Juan Pablo Perez et Manolo Libardo.

     Mais, bien sûr, demain dimanche 16 Février, c’est vers Bogota et sa Santamaria que convergeront tous les regards : Deuxième paseo du Juli, avant son retour en Europe. Il sera encadré par Miguel Abellan et Ramiro Cadena, devant des toros du Paraiso.

     Aujourd’hui, on rendra un hommage à Cesar Rincon, lors d’un festival en plaza de Duitama. Au cartel, on note, aux côtés du maestro et de ses disciples colombiens, la présence des espagnols Manolo Caballero et Miguel Abellan.

     Formidable Colombie qui aurait tout pour être heureuse… si seulement…

 

SALAMANCA : LA FÊTE AUX DEUX « JAVIER »…

     15 Février : L’empresa Chopera vient de révéler, hier, le cartel de la corrida du 12 Juin, célébrant le fête de San Juan de Sahagun.
     Il y aura bien une fête, celle « des deux Javier », puisque se déroulera un mano a mano entre Javier Castaño et Javier Valverde, face à une corrida de Valdefresno.
     Voilà qui ne manque pas de piment, d’autant que les deux toreros se connaissent bien et sont copains… hors du ruedo. Chacun à ses supporters, et le retour de Javier Castaño, en fin d’année passée, après les tristes circonvolutions qui ont suivi son alternative , peuvent relancer l’intérêt pour le toreo de Salamanca.
     De son côté, Javier Valverde est une ferme promesse qui doit confirmer...en particulier son alternative, à Madrid. Certes, il aura derrière lui « la Casa Chopera », mais, tout est à construire et l’escalafon est vraiment fourni.

     Javier Castaño se prépare à fond, bien conscient que cette saison sera celle « de la dernière chance ». C’est au cours d’un de ces entraînements, qu’il a reçu une méchante cornada, hier, par une vache del Pilar : cinq centimètres dans une zone bien mal placée, juste à côté du rectum. Le genre de blessure qu’il faut surveiller de près. (On se souvient de la cornada d’Angel Teruel, similaire mais bien plus grave, qui précipita sa retraite des ruedos)

     La feria de Salamanca se déroulera du 14 au 18 Septembre, avec une corrida de Rejoneo, le 21. Toutes les ganaderias seront salmantinas.

 

NÎMES : ENFIN UN… A SUIVRE !

     16 Février : Tandis que par le monde, des millions de personnes suivaient… une idée, un sentiment, et martelaient que l’on peut et doit abattre un tyran, sans pour autant massacrer son peuple…
     Tandis que dans le concert des « Victoires de la Musique », on suivait deux ou trois jolis moments de vérité et d’émotion (Renaud, Reggiani, I Muvrini) , au milieu d’un tapis de platitudes, de vulgarités et de complice médiocrité…
     ...Nîmes, enfin, disait bien haut que : « Tenez, celui-là, il va falloir le suivre ! Il vaut le coup ! On l’avait senti, le 24 Février 2002, quand il avait fait sa première piquée, chez nous ! Mais là, hier… Chapeau ! »

     A l’aube d’une saison  où l’on a du mal à discerner « qui est le futur de la Fiesta », dans les rangs d’un bien terne escalafon novilleril, un nom vient de résonner, hier, comme un coup de cymbale : Fernando Cruz.
     Né à Madrid en 1981, ayant seulement 16 novilladas à son actif, dont la majorité en France, terre qui l’a découvert et adopté, Fernando Cruz a démontré hier, en plaza de Nîmes, la toreria, la valeur et l’ambition d’un "vrai" novillero.  Qu’il n’ait coupé qu’une oreille importe bien peu (il aurait pu en obtenir 3). C’est la manière qui compte ! « El andar en la plaza, y en la cara del toro ! » La façon d’être « en torero », tout au long de sa prestation.
     On avait remarqué de grandes qualités, l’an passé, à Nîmes, à Mugron... Parfois, le courage aveuglait un peu, et les volteretas de Villeneuve de Marsan avait fait penser à point de non retour…
     Mais voici que le novillero revient, plus puesto, plus serein, plus torero que jamais. S’il torée ainsi, avec seulement trois toros et neuf vaches toréés cet hiver… comment sera t’il, quand il aura 10 novilladas dans son baluchon ?
     Qu’on se le dise… Il y a « enfin », un novillero à suivre, cette année… Il se nomme Fernando Cruz.

     15 Février – NÎMES – 2ème novillada de la Feria de Primavera – ¾ de la plaza couverte : (De notre correspondant)
     Novillada, bien présentée et armée, de Fuente Ymbro. Sans être excellents, les Jandilla ont suscité l’intérêt constant, prenant 14 piques de manière inégale, et présentant plus de possibilités que les toreros n’ont bien voulu exploiter, en particulier Tejela. Fernando Cruz toucha le bon lot, en particulier le fameux 3ème. Mais on applaudit également les 1, 5 et 6èmes.
     Matias Tejela (Ovation – Silence) était la vedette du cartel. On le sentit nerveux, sans réel dominio, tout au long d’une prestation parsemée de quelques bons détails de classe, en particulier, avec le capote (quite par navarras, au quatrième). Pour le reste, très « perfilero », peu engagé, et tuant mal. Au bilan général, il déçut.
     Julien Miletto (Ovation, après un avis – Silence, après un avis) s’est montré plein de grande volonté, face à un lot adverse : Portagayola très serrée à son premier, suivie de grandes véroniques. Ce colorado fut bien compliqué, mais le nîmois fit face, se faisant vilainement accrocher, mais sans mal. En fin de trasteo, de bonnes droitières furent applaudies, mais hélas, il fut un peu long à l’épée. 
     Encore très honnête, face au gros cinquième (481 kgs), mais sans arriver à émouvoir. La lame au 2/3 enfoncée ne fit son effet qu’après un avis.
     A noter à ce toro, le salut au tiers de Morenito de Arles, pour deux bonnes paires de palos.
     Fernando Cruz (Oreille – Vuelta , après un avis) a clairement triomphé. Seule l’épée lui a volé une sortie « consulaire ».
     Très bon au capote, face à l’excellent troisième bicho, Cruz donna une larga à genoux, suivie de grandes véroniques. Immédiatement, il perçut les qualités du toro et monta une faena calme, sereine, donnant la distance adéquate : après deux séries droitières « a mas », on a surtout applaudi trois grosses séries de naturelles, amples, cadencées, templadisimas, bien rématées par de longs pechos tournés sur l’épaule contraire. Le public n’avait plus froid. Pinchazo, une entière en arrière et le verduguillo. Une oreille, sur deux méritées.
     Le sixième était plus compliqué, se réservant beaucoup sur la gauche. Cruz fut encore excellent au capote, et toréa, sobre, technique et serein, à la muleta. A noter encore une fois, de grands pechos bien tournés. Hélas, il perdit tout avec l’acier.

     Le matin, la novillada non piquée avait vu le succès du jeune Ismael lopez, devant un lot compliqué d’Occitania.
     Hélas, le fait marquant de cette matinale fut la grave cogida de Camille Juan, qui fut longuement opéré d’une cornada à triple trajectoire à la cuisse, qui ne touche heureusement aucun vaisseau important.
     Terrible malchance de ce garçon qui, on le sait, avait pris une gravissime cornada, le 5 Août 2002, à la non piquée d’Hagetmau.

 

CE SOIR…SALVADOR VEGA !

     16 Février : Silhouette « blanche et argent », « canelle, ciel ou rose et or » se détachant sur le sable des plazas de Sans Sebastian, Madrid ou Bilbao, il avance vers son destin et, ce soir, va en franchir « une nouvelle porte ». Il s’appelle Salvador Vega, et ce soir, à quelque jours de ses dix-neuf ans, il sera « Matador de Toros » !

     Un enfant à rêvé, un jour, près de sa Malaga natale… et un torero est né. Il peut devenir « un grand ».
     Mélange de « poderoso » et « artista fino », Salvador Vega  a démontré ses énormes qualités toreras, et sa personnalité, en plaza d’Illumbe, lors des concours 2001 et 2002 (il aurait du gagner le premier) ; A Séville, en deux sorties qui ont séduit la Maestranza ; A Madrid, sur de grands détails, lors de la dernière feria de la Comunidad ; A Bilbao, où il dut se battre, littéralement, avec un dur lot de Guadaira; et « chez nous ! », à Saint Sever qui a eu la chance de vivre ses deux formidables prestations, en juin et août 2002, face aux grands Jandilla.
     Capeador vibrant, il pratique la larga à genoux, mais torée « pata palante », en mettant la hanche, et remate avec grande toreria, par de sculpturales demies.
     A la muleta, il attaque souvent par doblones, aussi élégants qu’efficaces, et cherche à toréer long, templé, lié, avant de « s’abandonner » sur des passes plus courtes, mais pleines d’arôme andalou. Et là… il est très torero ! 
    
Petit problème : Irrégulier à l’épée, où il attaque fort, mais "devant et tendido"… A suivre et rectifier.

     Salvador Vega : 36 novilladas, l’an passé, pour 49 oreilles et un rabo. Des actuaciones très importantes, avec, pour « colofon », le trophée du « Zapato d’Arnedo », au vainqueur de ce traditionnel et très coté « concours des novilleros » et  "Le traje de Oro", offert au meilleur novillero de la Temporada, dans le Sud Ouest Français.

     Cet après midi, un nouveau matador entre dans le grand circuit… il serait étonnant qu’il n’y joue pas grand rôle, dans les mois qui suivent.
     Que haya gran suerte, torero !

     Ce 16 Février, à Nîmes: Toros du Capea, pour Joselito, Cesar Jimenez et... l'alternative de Salvador Vega.

 

MEDELLIN : LE FANDI AURA SON « PRIX D’AMERIQUE ! »

     16 Février : Ca y est !  Le Fandi  a décroché un réel triomphe. Ce fut long à venir, et il a fallu attendre les dernières ferias. Mais, à moins d’un coup du sort, au moment des jurys, ou d’un formidable triomphe de Cesar Rincon, lors de la dernière corrida, on peut penser que David Fandila remportera le Trophée de la saison à Medellin, en Colombie.
     On sait qu’il y avait fait grande impression, le 7 Février, lors de sa présentation. Hier, il a confirmé, coupant trois oreilles, et graciant un bon toro de La Carolina.
     Certes, on ne s’étendra pas sur ses trasteos, où « vibration » et « vaillance », ont remplacé « élégance » et « temple »… Mais cela, on le savait. L’important est que la force, le courage et la sympathie soient enfin « officiellement » récompensés… Hier, dans une Colombie secouée par une multitude d’attentats sanglants, le public est enfin sorti de la plaza… en pensant à autre chose.

     15 Février – MEDELLIN (Colombie) – 5ème de la Temporada – Un peu plus de ½ Plaza :
     Très bonne corrida de La Carolina, bien présentée, brave et donnant grand jeu à la muleta. On indulta le 6ème (il y a « division » autour du nom, selon que l’on suit les chroniques : « Burlero » ou « Bulerio ») et l’on donna vuelta au 5ème (La aussi, la polémique fait rage : « Impetuoso », pour les uns ; « Accionista », pour les autres) On verra cela, plus précisément, dans quelques heures. Cependant, Medellin a vraiment vibré, devant un lot complet, à part le 3ème qui s’arrêta et partit aux barrières.
     Nelson Segura (Division - Sifflets) toréait sa première  course de la saison. Il fut en tous points dépassé par la caste de ses adversaires, et fut durement traité par ses concitoyens.
    Victor Puerto (Ovation après un avis – Deux oreilles) a fait « le plus torero » de la tarde. Très bien au capote, toréant long et templé, il perdit un trophée à son premier, en tuant mal.
     Par contre, on le vit magistral et artiste, face au grand cinquième, qu’il toréa avec sérénité, lenteur et grand empaque. Grosse faena de Victor Puerto, bien rematée à l’épée. Deux oreilles « importantes ».
    « El Fandi » (Oreille – Deux oreilles, symboliquement) a mis le feu à la plaza : Gros tiers de banderilles à son premier, suivi d’un émouvant début à genoux. A mi faena, le toro « se rajo », mais le granadino parvint à lui arracher d’émouvantes dernières passes, avant une estocade « à fond ».
     Le sixième était « une machine à charger », dont Fandi profita totalement, d’abord en quatre énormes paires de banderilles, puis en toréant  par longues séries, citées de loin, sur les deux côtés. Peut-être pas un summum de « temple », mais une faena qui transmet la joie et l’envie d’être torero. Le public ne s’y trompa nullement, ovationnant sans cesse, et réclamant la vie sauve au brave toro de La Carolina. Le président ne se fit pas prier, et le torero jeta loin son épée, simulant la mort… avec "un clavel", un oeillet.. Ne pas oublier que Medellin est la capitale des fleurs, et en particulier des orchidées… Bonito !
     Apothéose totale, les deux triomphateurs sortant a hombros, accompagnés des ganaderos Santiago Uribe (frère du président de la république) et Manuel Santiago Mejia. On imagine la soirée, à Medellin…

     Ce dimanche, il y a novillada, à la Macarena, mais c’est à Bogota que les choses seront très sérieuses : El Juli revient, avec Abellan et Ramiro Cadena, devant un lot del Paraiso.

 
DERNIERE MINUTE: VIVE "LE" MARIE!

     16 Février - 18h: Mundotoro.com vient de révéler, il y a quelques minutes... "LE MARIAGE DE CURRO ROMERO", ce matin, "entre quatre yeux", avec sa compagne Carmen Tello, dans sa villa de Séville. Seuls témoins, une douzaine d'amis, dont la Duquesa de Alba...
     Voilà un épisode de plus dans la biographie de Curro, "El Faraon de Camas".
     Il y a une semaine, il plaquait tout, fiancée et projet de noce, et disparaissait, laissant sa belle avec le coeur en point d'interrogation.
     Nouveau revirement, ce 16 Février, pour le pire et le meilleur.
     Pauvre Carmen! Ayant vécu le pire, elle peut maintenant penser au meilleur. Sacré Curro!
     En tous cas... Vive la mariée! Se lo merecio!

 

SALVADOR VEGA : UN TORERO "IMPORTANT" EST NE

     17 Février : « Maintenant, je vais devoir me gagner les corridas, une à une ! L’an dernier, je n’avais que deux novilladas signées, en début de saison… Je sais ce que c’est. La prochaine sera importante : Algesiras, le jour de l’Andalousie… »

     Il peut être heureux et « plein d’illusion »… Il se nomme Salvador Vega, et depuis hier, il est « Matador de Toros ».  On murmure qu’il serait bien placé, pour toréer une corrida, à la feria de Séville.  De son côté, Simon Casas lui aurait  promis la Pentecôte, à Nîmes. C’est bien le moindre. Dans le Sud-Ouest, on espère que personne n’attendra qu’il ait fait ses preuves, pour « le mettre » dans les grandes ferias… Il serait curieux que le « Traje de oro 2002 » reste accroché au cintre…
     Mais le jeune malagueño a raison : La « prochaine » sera de prime importance. Algesiras, le 28 Février, « Dia de Andalucia », avec Jose Luis Moreno et El Fandi. Importante… primordiale même, car la corrida sera télévisée par la chaîne Andalouse.

     Pour le moment… déguster la joie, l’émotion, et la satisfaction des choses bien faites. Sortir en triomphe, le jour de son alternative, est le rêve de tout torero. Si en plus, les copains rentrent à pied, « mejor todavia ! »
     A signaler, encore une fois, la triste coutume d’un Joselito, parrain discret, voire distant… Peu de paroles et simple poignée de main ! Bienvenu dans le monde des pros ! Asin, las cosas ! 

     16 Février – NÎMES – 5eme de la Feria de Primavera – Corrida de Toros – Casi lleno : (De notre correspondant)
     Toros du Capea, bien présentés et armés, mais de peu de jeu, excepté le sixième. La plupart, faibles, se sont défendus plus qu’ils n’ont attaqué. 12 piques réglementaires, mais sans grand écho. Les 2,3,4 et 5èmes toros ont été sifflés à l’arrastre.
     Joselito (Ovation – Silence) donna une faena suave, à mi hauteur, à son faible premier. Quelques détails, ça et là, mais rien de bien fameux. De plus, il tua mal : Trois pinchazos, entière et descabello.
     Très bien présenté, le quatrième fut peu piqué et laissa probablement ses dernières forces dans une vuelta de campana. Toro sans grand intérêt devant lequel Joselito ne se compliqua pas la vie. Trois quarts de lame, et à la douche ! D’autres contrats attendent, bien signés, bien au chaud.
     Cesar Jimenez (Ovation par deux fois) n’a pas eu de chance au sorteo. Il a certes fait face, avec vaillance, mais ses faenas stéréotypées risquent de lui jouer un tour, sous peu.
     Bien au capote devant son premier, bien armé : Véroniques et serpentina ovationnées. Début de faena, les deux genoux en terre, devant un toro qui va se bloquer. Le madrilène va se mettre dans son terrain, pour une porfia risquée, sans grand effet sur le public. Pinchazo et entière en arrière.
     Le cinquième sera bien piqué et Jimenez, encore une fois, débutera à genoux, mais au centre, cette fois. Toro quedado, lui aussi, auquel il faudra tirer les passes, une à une. Longue faena que le public suivit avec plus d’intérêt. Un avis, avant de prendre l’épée, pour une trasera et descabello.
     Cesar Jimenez, certes malchanceux, mais…
     Salvador Vega (Oreille – Oreille) a été « en torero », toute la tarde.
     Faena essentiellement gauchère au toro de l'alternative "Segador" - N°64 -. Brindée à son père, une faena engagée, devant un bicho bien armé. Une faena sérieuse, ferme, technique, sans se laisser accrocher la muleta. Deux bonnes séries de naturelles, précédant une entière, un peu trasera, et un descabello.
     On le retrouvera, excellent au capote, face au dernier : Grandes véroniques, en delantal, puis un gros quite par gaoneras. Montera posée sur les pieds, un cambio dans le dos, plein centre de la piste, précédent une grande série de muletazos, en mettant la ceinture. Faena « de gusto », tirant de grandes naturelles, amples et profondes, parsemées de grands adornos, comme la trinchera, la firma, témoignant d’une grande personnalité. « Sentir el Toreo ! Sentirse Torero ! » Un pinchazo et une entière, le toro tardant un peu à tomber. Une oreille, très forte, et un premier triomphe, totalement justifié, de Salvador Vega, matador de toros.

     16 Février, en matinée – NÎMES – 4ème de Feria – corrida de Rejoneo – ¾ d’arènes : Devant une bonne corrida de la condesa de Sobral, Joao Salgueiro a écouté respectivement Ovation et Silence – Andy Cartagena a coupé une oreille à chaque toro, avec pétition de la seconde, au cinquième – Diego Ventura a connu « cal y arena » : Sifflets à son premier, mais gros triomphe et deux oreilles du dernier.

 

UN DIMANCHE EN AMERIQUE…
"Grosse faena" du Juli, à Bogota.

     17 Février : On attendait « la dernière » du Juli, hier, à Bogota. Sa tournée mexicaine avait été ponctuée de malchance, à la Monumental de Mexico, avec de plus, une certaine hostilité du public capitalino, à son égard. En province, il y a avait eu « un peu de tout »… Certes des trophées, dans une relative discrétion, mais également quelques broncas.
     Vraiment, on ne pouvait pas dire que l’hiver se passait bien, pour le madrilène. Seul grand coup de soleil, la faena de Bogota, le 26 Janvier, face au toro « Talentoso » de Juan Bernardo Caicedo. Deux grosse oreilles, pour un faenon…
     Hier, le Juli revenait à la Santamaria, et y clôturait sa saison américaine. Et hier… Julian Lopez « El Juli » a encore monté une immense faena, au toro « Capitan » del Paraiso, coupant deux nouvelles oreilles et sortant à hombros d’une foule en délire.
     Bogota est vraiment une des plazas « fétiche » du Juli, puisque le jeune prodige en est le triomphateur de la temporada, pour la troisième fois consécutive…

     « Un peu plus haut… », au Mexique, on commente avec beaucoup d émotion admirative, la dernière prestation de David Silveti, samedi, en plaza de Juriquilla : Faenon à son premier, mais des facultés physiques telles qu’il ne put le tuer. Trois avis de gloire ! Devant son deuxième toro, Silveti se joua la peau, se faisant accrocher à quatre reprises, sans mal heureusement. Cette fois, il bascula une bonne entière et le public exigea les trophées, insultant d’importance le président qui n’en accorda qu’un. Décidément, la saison mexicaine se termine sous « l’impact » Silveti.
     Lors de cette corrida, Alejandro Amaya a également confirmé sa grande classe… Attention à celui-là !
     Par contre, hier, la corrida de Mexico fut un désastre pour El Conde, qui "a rendu" le succès du dimanche précédent, et Carlos Rondero, qui s’est montré bien timoré. Bon succès, par contre, d’Ignacio Garibay.

     16 Février : BOGOTA (Colombie) – 5ème de la Temporada – Casi lleno.
     Toros du Paraiso, de Jeronimo Pimentel à peine correctement présentés et bons, en général, même si les forces et la race se montrèrent « limitées ».On siffla les arrastres des 1, 3 et 4èmes, tandis que le 5ème fut largement ovationné.
     A la pesée: 479, 485, 492, 475, 446, 450Kgs
     Miguel Abellan (Silence – Pitos, après deux avis) a connu noire malchance au sorteo : Deux toros compliqués, sans race aucune, surtout le quatrième, faible et regardant « en dessous ». Abellan se montra torero, intelligent et technique, dans une première faena gauchère qui ne porta guère sur les gradins. Il s’engagea également, devant le faible quatrième, mais tua mal.
     El Juli (Ovation, après pétition – Deux oreilles) se montra très décidé devant le deuxième de la tarde, un toro compliqué qui ne se laissa faire que du côté gauche. Pinchazo et estocade, avec l’approbation du public.
     Par contre, le Juli s’est montré « monumental ! » devant le cinquième, un toro chorreado magnifique, appelé « Capitan » - n°127 – d’une formidable noblesse. Grand moment au capote ; trois paires de banderilles « a mas » et un nouveau faenon du Juli, toréant limpio et très lentement, par longues séries de naturelles très templées. Faena  « preciosa », le torero s’abandonnant totalement et faisant du toro, un véritable complice. Pour conclure, un gros coup d’épée, porté très lentement, en faisant bien la suerte. Enorme émotion et gros triomphe du Juli, dans « sa » Bogota.
    Ramiro Cadena (Silence – Une oreille) fit de méritoires efforts devant le troisième, un toro très court, impossible. Par contre, on le vit réellement « important » devant le sixième. Il n’était pas facile de passer après le succès majuscule du Juli. Cadena se montra vaillant et très ferme, toréant joliment et tuant vite. Oreille méritée.

     16 Février – MEDELLIN (Colombie) – Novillada – Media plaza : Novillos de santa Barbara, bien présentés, les meilleurs étant les trois derniers.
     Les novilleros se sont montrés très vaillants, le vent les gênant beaucoup, tout au long de la tarde.
    Juan Pablo Perez fut le triomphateur de la novillada : Une oreille à chaque novillo. Du métier et de bons moments techniques.
     Andres de Los Rios se fit secouer pas son premier. Il coupa une oreille au cinquième.
     Manuel Libardo donna vuelta à l’un et coupa l’oreille du cinquième. On le vit serein et artiste.

     16 Février – MEXICO (Plaza Monumental) – 17ème corrida de la Temporada Grande – Entrée minime (6000 personnes)
     Toros des frères Vaca, qui faisaient leur présentation : Présence très moyenne ; peu de race et encore moins de forces. Seul le troisième a sauvé la ganaderia du désastre.
    « El Conde » (Sifflets, après deux avis - Sifflets) était répété, après son succès « sans oreille », dimanche dernier. Cette fois, cela s’est mal passé : Deux toros compliqués, mais également un certain manque d’envie de la part du torero. On retiendra quelques capotazos et trois paires « al violin », devant le remplaçant quatrième.
     Carlos Rondero (Sifflé par deux fois) qui réapparaissait, après quatre ans de purgatoire, est reparti « pour quatre de plus ». Deux toros difficiles, mais un engagement trop limité de la part du torero, qui recula beaucoup, au capote, laissa sa cuadrilla mener la lidia, passa à faux avec les banderilles et ne sut par quel bout prendre la muleta. Le public le prit en grippe, d’entrée, et cela se termina en bronca.
    Ignacio Garibay (Oreille - Palmas) s’est montré à son avantage face au bon troisième, « Mexicano ». Très bien au capote, tirant trois largas à genoux et quitant par grandes chicuelinas. Très torero, en sortant à saluer au tiers son picador, Angel Juarez, auteur d’un gros puyazo, à ce toro. Enfin, artiste et engagé, à la muleta, dans une faena « a mas », alternant sur les deux mains et clôturant par de grandes passes aidées par le haut. Estocade un peu basse, mais juste succès.
     Le dernier, reservon, posa quelques problèmes, mais « Nacho » Garibay se montra très vaillant, tuant d’une entière et deux descabellos.

     Dimanche prochain, on murmure un gros cartel (Armillita, Gutierrez et Luevano, devant des Jaral de Peñas), à condition que… Rafael Hererrias ne soit pas condamné, et sa licence retirée. 

 

PREMIERE "GROSSE" CORNADA DE L’ANNEE…

     17 Février : C’est le novillero de Murcia "El Rubio"qui a « le privilège » de rentrer dans les éphémérides 2003, pour la plus triste raison qui soit : Celle de la première grosse cornada de l’année.
     Cela s’est passé en la plaza de Onda, près de Castellon. Au moment d’entrer à matar, le novillo ne suit pas la muleta, et plante le torero contre la barrière. Au bilan, deux cornadas : La première au niveau de l’anus, jusqu’à atteindre le sacrum. La deuxième entrant par l’aine gauche, et ressortant par la fesse. Cornada impressionnante, mais qui ne met pas la vie du torero en danger.
     Pour le reste, la novillada a vu triompher Paco Ramos, qui coupe quatre oreilles, tandis que le jeune espoir péruvien Juan Carlos Cubas obtient un trophée de ses deux novillos.

 

BON COMME LE PAIN…

     18 Février : Il est dans le monde qui nous entoure, loin dans les terres perdues, ou « tout près », dans la cour de notre immeuble, de ces hommes qui ont « quelque chose » dans le regard, une étincelle, une vraie lumière de bonté…  une sorte de chaleur qui fait que leur contact est différent et qu’on a grand plaisir à leur serrer la main…
     Il était des ces hommes-là…
     Je ne le connaissais que par ces brefs instants où les regards se croisent, tandis que résonne un vrai « Comment vas tu ? », comme un « j’espère, vraiment, que tu vas bien, et je suis content de te voir ! » Pourtant, j’avais l’impression de le connaître depuis toujours, d’être un des siens…
     Il était… un personnage ! On l’appelait « Pagnot », parce que son père, boulanger, avait inventé un petit pain « bien à lui », qui avait fait sa réputation et le délice des gens de Dax. 
     Grand joueur de rugby, brillant musicien  aux Calientes, Président de la Peña Taurine de Dax, il était le mayoral de la plaza, depuis pratiquement trente ans… Tout un personnage ! Un homme, tout simplement, bon comme le pain…
     Il s’appelait Alain Testevin… mais pour tous, il était « Pagnot » ! 
     Dimanche, au sortir d’un restaurant sur une île de vacances, Tenerife, son cœur a soudain dit stop… 
     Pas gentil, le cœur ! Aurait pu attendre un peu, encore ! Surtout quand on voit tant de cœurs vils, tant de « cœurs couards », tant de « cœurs charogne », qui battent, par-ci, par-là, bien « huilés » du sang des innocents… Paraphrasant Pagnol dans « Marius », que Pagnot aimait sûrement, on dira simplement « Y a des fois que le Bon Dieu n’est pas gentil ! »
     Aujourd’hui, Dax est triste et les arbres du Parc Théodore Denis sont un peu plus nus. 
     Dans le patio de caballos, il manque déjà ! Il en était un des piliers, il en était « une des âmes »… Et même quant beaucoup étaient nerveux, parce que la corrida était trop forte, ou… un peu trop "limite", il était là, jovial et rassurant. 
     Il manque à Dax, il nous manque à tous, gens de toros, gens de cœur…
     « Se nos fue un gran aficionado, y una gran persona… » 
     Après 51 ans de vraiment bons services pour les hommes et les toros… son cœur a dit "stop!"…
     Non, vraiment… pas gentil, le cœur !

 
SEVILLA: LE GRAND PUZZLE...

     18 Février: En bords de Guadalquivir, le printemps fait quelques essais... Les eaux se sont soudain calmées... "Curro est marié! Ozu!". La vie est belle...
     Dans les bureaux de la Maestranza, on noircit du papier et la facture de téléphone s'allonge... L'empresa est à deux doigts de boucler les cartels de la feria d'Avril... 
     Oh bien sûr, ce n'est pas facile, et il y aura de mécontents... 
     Tenez, au hasard: Ortega Cano. Vexé que l'on ne compte pas sur lui, dans un cartel de garantie, il a demandé "les Miuras"...  Hombre! Comme s'il ne courait pas déjà assez, avec les autres...
     Pas facile de faire rentrer tout l'escalafon dans un cycle "bien carré": 16 corridas, dont deux de rejoneo, entre le 20 avril et le 4 Mai.
     Cette année, les têtes de poule seront Juli, Ponce et Morante. Derrière viendront les figures "habituelles", et des nouveaux, parmi lesquels El Cid, bien placé, qui pourrait faire grand bruit... Bien entendu, les Cesar Jimenez, Ferrera, Fandi frappent fort, à la porte de la Maestranza, d'abord... pour y rentrer, et ensuite pour en sortir "par l'autre"... La porte du Prince...
     A ce jour, les cartels se présentent ainsi... 

SEVILLA -  FERIA DE ABRIL 2003
   (Cartels en cours d'élaboration - Ceux ici inscrits "en gras" semblent confirmés)

Dimanche 20 Avril - Corrida de Pâques:
     Toros de Torrealta, pour Enrique Ponce, Morante de la Puebla et El Juli
Lundi 21 Avril: 
     Toros de Celestino Cuadri, pour El Cid et..
Mardi 22 Avril: Corrida de Rejones
Mercredi 23 avril:
     Toros de Guadalest, pour Eugenio de Mora et....
Jeudi 24 Avril:
     Toros de Manolo Gonzalez, pour Joselito, Enrique Ponce et Morante de la Puebla.
Vendredi 25 Avril:
     Toros de Juan Pedro Domecq, pour Finito de Cordoba, Davila Miura et El Juli
Samedi 26 Avril:
     Toros de El Ventorrillo, pour Antonio Ferrera, Antonio Barrera et El Fandi
Dimanche 27 avril: 
     Toros de Gerardo Ortega, pour Manolo Caballero, Rivera Ordoñez et Miguel Abellan
Lundi 28 Avril:
     Toros de Jandilla, pour Joselito, Morante de la Puebla et El Cid

Mardi 29 Avril: 
     Toros de Torrestrella, pour Rivera Ordoñez, Davila Miura et, probablement, Antonio Ferrera.
Mercredi 30 Avril: 
     Toros de Victoriano del Rio, pour Enrique Ponce, El Juli et Cesar Jimenez

Jeudi 1er Mai:
     Toros de Martin Arranz, pour Finito de Cordoba, El Fandi. (Le troisièmes serait Caballero ou Cesar Jimenez)
Vendredi 2 Mai:
     Toros de Guardiola, pour Pepin Liria, Eugenio de Mora et Victor Puerto (?)
Samedi 3 Mai:
     Toros de Cebada Gago, pour Pepin Liria, Juan Jose Padilla et...
Dimanche 4 Mai - Matin - Rejoneo:
     Toros de Bohorquez, pour six cavaliers.
Dimanche 4 Mai:
     Toros de Miura, pour Juan Jose Padilla et....

Vous pourrez suivre ces cartels, au jour le jour, dans la rubrique "Cartels"

 

« LA ILUSION ! », ET … L’ILLUSION…

     19 Février : Petite leçon de « Fran-spagnol » : Deux mots qui sonnent de la même façon, et qui pourtant ne signifient pas la même chose. Du coup, on ne peut les traduire directement sans prendre bien garde à ce que l’on dit, à quelle version on va utiliser, la française ou l’ Espagnole, sous peine de planter tout le monde…

     Le dictionnaire français nous dit pour « Illusion » : « Interprétation fausse de ce que l’on perçoit » ; ou encore : « apparence dépourvue de réalité »… Et l’on peut décliner ainsi une kyrielle de qualificatifs dont le dénominateur commun est.. « tromperie ! »

     En Espagnol, on a aussi cette définition, mais dans le monde taurin, sportif, et tout autre cadre impliquant un challenge personnel, le mot « Ilusion » traduit un immense espoir de gagner, d’être bien, de triompher.
     « Estoy con mucha ilusion ! » Ce qui veut dire  « Je suis tellement bien préparé, motivé, que j’arrive « gonflé à bloc », et j’espère triompher. Reste la chance ! Mais en tous cas, de mon côté, je mettrai tout pour réussir ! Je suis prêt ! »

     Oui mais voilà... des fois, les deux se conjuguent ensemble, et se confondent. Du coup, ça se gâte!
     Quand Enrique Ponce débarque à Mexico en disant « je vais toréer le corrida d’anniversaire « con mucha ilusion ! », on est sûr qu’il ne faut pas manquer cela… Où cela se complique, c’est lorsque sort un  toro qui n’était prévu sur la feuille de match, et que… ce n’est pas un hasard, ni une erreur du torilero !
     Du coup, la « ilusion » s’envole,  prend « une aile de plus », et devient…illusion !

     Autre petit exemple, qui ne mange pas de pain… Quand Tyrosse parle du « concours » pour la prochaine gestion de ses ovales arènes, organisé « con mucha ilusion ! »… mais qu’en même temps apparaît dans  la presse, le cartel de la corrida des fêtes 2003, le 27 Juillet (Toros de Adolfo Martin, pour Fundi, Robleño et El Cid), sous la houlette de la précédente empresa… Hombre ! Faut pas avoir le QI à 280 (chiffre qui ne fut pas égalé, hier soir sur la 6, malgré « la brillance », l’éducation et « la classe » de certains invités… Quand on parle de « QI d’une huitre », on peut se dire, en voyant et supportant la pseudo vedette installée à l’extrême gauche de votre écran… que les « huitres peuvent dormir tranquilles ! ») Hombre !donc… on se demande comment peut circuler ce cartel… alors que l’empresa qui doit le bâtir n’existe pas encore…
     « Ilusion » ou « illusion » ??

     Mais, restons dans le rêve, dans le beau, dans « le sain ! »…
     Il n’y a rien de plus beau que « La Ilusion », dans le regard d’un torero, à la veille d’un gros rendez-vous…
     Il y a cette folle espérance, mais aussi un éclair de crainte, de trac, de peur…  « Je vais y aller en mettant tout ce que je peux mettre ! », mais en même temps, ce « Con mucha ilusion ! » peut aussi traduire un fugace « Cela peut ne pas marcher… On verra bien ! » Du coup, tous les cœurs battent à l’unisson…
     Regardez Cesar Rincon ! Il est « con mucha ilusion ! », à la veille de réapparaître en Europe… Un collègue m’a dit hier, au retour de Colombie : « T’inquiètes pas pour lui ! Il est « énorme », presque mieux qu’en 91 ! ».
     Du coup, nous voilà également « con toda la ilusion del mundo »…

     Un autre exemple qu’il faut respecter, et admirer, même si on ne se fait pas d’illusions… 
     Dimanche, en plaza de Pomarez, trois toreros vont faire le paseo, face à un bétail « inconnu »… Parmi ces trois, deux français, du Sud-Ouest : Rafael Cañada et Julien Lescarret. A divers degrés, on peut dire qu’il sont en situation « délicate ». L’un essaie de sortir du fond de l’oubli ; l’autre essaie de ne pas y tomber… Pourtant, même si c’est une illusion, on ne peut s’empêcher de se dire « Venga ! vamos ! », et d’aller encore une fois, essayer de trouver cet espoir qu’ils ont, à un moment, suscité en nous… l’espoir de pouvoir applaudir, sincèrement, sans retenue, parce qu’« il » a été vraiment bien, et non parce qu’ « il » est du village d’à côté…
     Si cela marche, on en sera ravi !
     Si cela ne marche pas, pueeees...on se dira qu’on s’y attendait un peu.
     Alors, il ne restera plus qu’à rentrer chez nous, faire une caresse au chien, enfiler nos pantoufles, nous planter devant la télé, et mettre un film dans le magnétoscope : « La Grande illusion »…
     Et là au moins, on n’est jamais déçu !

 

BRUITS D’HIVER…

     19 Février : On risque d’avoir un big problème, genre « big bang », année, avec la Télé…
     On se souvient que Via Digital avait acquis la quasi exclusivité des retransmissions télévisées en direct et en intégrale des plus grandes ferias. Du coup, on pouvait, sans bourse beaucoup délier, voir tout Séville, Madrid, Pamplona, Bilbao, Logroño et quelques autres, soit chez soi, tranquillement installé sous sa parabole; soit dans les clubs et peñas, qui s’étaient tous équipés et profitaient logiquement de ces retransmissions pour décupler leur vente de fino y tapas… C’était « super sympa »…
     « Oui, mais voilà… c’était trop beau ! »
     Il semble que cette année, nous allons faire « ceinture », et dans tous les sens du terme. (Allez, entre nous… « Combien de kilos vous avez pris, aficionados fidèles, après Séville et San Isidro ? soit environ… 45 jours de toros, consécutifs », c’est à dire 45 jours… de fino y tapas ? Hummm ? »)
    
Il semble que la fusion entre les deux grands canaux privés provoque la renégociation de tous les tarifs… et que cette "super télé" ne soit pas prête a débourser selon les exigences des toreros. Du coup, si le Juli dit "Ok pour la Télé", mais c’est « 10 Kilos », mais que la télé en question n’en offre que « 5, pas plus ! »... on est bon pour la rediffusion d’une grande superproduction passionnante:  « Les feux de l’amour, à Dallas ».

     Actuellement, les feux sont tous à l’orange, et clignotent salement. On est à deux doigts de perdre les ferias télévisées en direct… Cela risque de faire drôle à beaucoup de monde… en particulier aux toreros qui renâclaient un peu, mais étaient quand même heureux de toucher le chèque…
     Réponse dans quelques jours, mais pour le moment… c’est mal parti. On ne veut même pas penser à ceux qui ont souscrit à l’abonnement, placé leur parabole sur le toit… et fait grande réserve de « Fino y tapas »...

 

MERCREDI, « CÔTE TRIBUNE »

     19 Février : Vous commencez à y être habitués : Le Vendredi, c’est « Campo Bravo ! » et les mercredi, c’est le rendez-vous avec la page hebdo de « La Tribune de Salamanca ».

     Aujourd’hui, Navalon s’embarque sur une grande plaidoirie en défense de Jesulin de Ubrique.. Tout y passe, et certains auront les oreilles qui chauffent. Vous me direz qu’avec ce froid..
     Faisant dans l’argumentation « choc », Navalon fustige les énormes bêtises qu’a faites le petit jésus de la sierra d’Ubrique (bêtises qui a braqué contre lui nombre d’aficionados et critiques taurins), mais souligne le courage et la qualité de son toreo… Du coup, les épithètes bien choisis pleuvent sur Manzanares, Ponce, Joselito, et des phrases terribles se terminent en point d’interrogation, du style : « Avec Jesulin, avez-vous compté combien de fois il se faisait accrocher la muleta, dans toute la faena ? » et de continuer par un sarcastique « Et avec Jose Tomas, avez vous compté combien de fois il se faisait accrocher… sur un seul muletazo ? »
     Maintenant, il va être « de mode » de démolir le Jesulin, et Alfonso, défenseur de pauvres et des opprimés, n’aime pas ça.
     Cela dit… il est vrai que Jesulin ne se faisait que rarement accrocher la muleta….

     Cañamero fait un tour chez Victorino, lorsqu’il était « Salmantino », entre 1960 et 65. Il nous relate également un tentadero « a gusto », samedi dernier, au Puerto San Lorenzo, avec Espla et Damaso Gonzalez…

     Rosa Jimenez a été faire un tour « en bas », du côté de chez Pablo Romero (ex) ; Cuadri et Prieto de la Cal… Peut-être y aura t’elle rencontré un certain Jean Louis ? 
     Et pour finir, histoire d’être encore mieux dans les traces de son aîné et maître dans "l'art des vacheries", Navalon… elle en remet une grosse couche sur le tour de passe-passe de Ponce et son équipe, lors de la grande corrida de Mexico. Vous savez… lorsque « la ilusion » devint tout à coup… « illusion » ! (Si vous suivez… c’est que vous êtes dignes de revenir demain ! Merci ! Bonne journée à tous !)

     A lire, ce mercredi 19 Février, dans www.tribuna.net

 

L’AFICION DES PLAZAS COUVERTES… « SIN SOL, SIN MOSCAS ! »

     20 Février : Ce samedi débute à San Sebastian, le VIème Concours Mondial des Novilleros. 
     Pour la quatrième année consécutive, l’aficion va se donner rendez vous sur les confortables tendidos de la plaza d’Illumbe. Cette année, le concours portera le nom de « 1er Mémorial Manolo Chopera », en l’honneur de celui qui a ramené les toros à San Sebastian.
     Cinq novilladas éliminatoires et une finale, entre le 22 Février et le 29 Mars. Chaque fois, des cartels équilibrés, avec un nom qui sonne et des autres à découvrir. La compétition est ouverte, et le toro, comme toujours, dictera loi. Cependant, il est des noms que l’on va suivre avec attention, en particulier Fernando Cruz, récent vainqueur de Nîmes, « avec la manière »…

     Aujourd'hui, c’est à la plaza elle-même que nous allons nous intéresser.
     Notre siècle a sacralisé un mot : Rentabilité. En son nom, on bouleverse la nature, (qui nous le fait bien payer), on sacrifie les hommes, on déporte les espoirs…
     Forcément, le mot sacré a fait grande irruption dans le monde taurin qui, plus que jamais, est devenu « le marché taurin ». Véritables monuments trônant au milieu des villes et villages, les plazas de toros en faisaient la personnalité… Pourtant, vides et fermées, les trois quarts du temps, elles en étaient les moins rentables des bâtiments publiques.. Plazas de Ferias ou de temporadas, elles brillaient de mille feux… le temps de quelque inoubliable faena, puis somnolaient jusqu’à la saison suivante. C’est ainsi que plusieurs arènes prestigieuses annoncèrent leur déclin…  La folie des hommes fit le reste. La folie, et le besoin : Construire du logement, et encore du logement… San Sebastian en fut l’exemple typique. 
     En septembre 1973, les deux tours jumelles du légendaires Chofre étaient abattues, sagement, scientifiquement, mais définitivement. A deux pas de l’océan, de vieux aficionados donostierras pleuraient doucement leur plaza perdue. Une plaza légendaire, aussi incommode pour les spectateur que pour le torero, mais pour des raisons différentes. 
     On y était mal assis, bien serrés, mais le public y avait du talent. 
     Sur le sable gis, les toreros savaient qu’ils devaient toréer « de verdad », et qu’on les attendaient au tournant. 
     Inaugurée le 9 août 1909, en présence du roi Alphonse XIII, auquel Mazzantini brinda le premier toro (qui s’appelait « Caparrota », d’Ibarra), la vieille plaza de San Sebastian, que tous appelaient « le Chofre » vécut d’incroyables moments, d’historiques faenas, de superbes anecdotes. Sans aller plus loin, il suffisait d’y aller voir Antonio Ordoñez, et l’on était sûr qu’il allait s’y passer quelques chose. Loin de sa Ronda natale, le maestro s’y trouvait « a gusto », et l’on ne compte plus les triomphes qu’il y remporta, les grandes faenas qu’il y dessina. Jusqu’au point même d’y brinder son dernier toro, en 1971.
     La plaza du Chofre ferma définitivement ses portes, après le festival du 2 septembre 1973, toréé par El Charro, Aparicio, Litri et Antonio Ordoñez.

     Puis les années se sont écoulées. Sur la Concha, les eaux du grand océan essayaient de vite effacer les filets du sang des hommes… Le conflit Basque arriva à son apogée… Le temps passa et l’aficion s’étiola. Il devint difficile de trouver une revue taurine, à San Sebastian…

     Vinrent les années 90 et ces projets fous des plazas "couvertes". Zaragoza fut une des premières, avec son parapluie de toile. Aujourd’hui, sans être légion, elles commencent à être nombreuses. On citera, entre autres et dans le désordre, La Coruña, Leganes, Madrid Vista Alegre…pour arriver à San Sebastian et Logroño. Depuis, on murmure que Madrid Las Ventas, Bilbao, Pamplona songent à…  Chez nous, Nîmes fut la plus futée, gonflant sa bulle tout autant que son orgueil d’être la première plaza française. Les autres regardent, surveillent et font des plans. N’a t’on pas annoncé que Bayonne voulait mettre « capuchon » ?
     San Sebastian, grâce à Jesus et Manuel Chopera, grâce également au regretté Gregorio Ordoñez, a inauguré une magnifique installation, le 11 Août 1998. Ce jour là, il n’y avait pas encore de toit, mais Manzanares, Ponce et Rivera Ordoñez  ramenaient les toros à Donosti. Le 30 avril de l’année suivante, on inaugurait « la couverture », lors d’un luxueux festival bénéfique, au profit des victimes de l’ouragan Mitch.

     Impressionnante installation… 8000 mètres carrés de couverture, dont 2500 font partie de deux éléments mobiles, de 60 tonnes chacun. En dix minutes, on peut ouvrir ce « parpado » (cette paupière) et le soleil envahit un rectangle de 52 mètres sur 50, supérieur à la surface du ruedo… Si tout à coup, une averse se pointe à l’horizon, Illumbe « ferme ses paupières », y ya esta !

     Pourtant, bien qu’on y soit très à l’aise, très agréablement installés… quelque chose manque ! Même par beau temps, il n’y a plus réellement de « Sol », et encore moins de « Moscas »… 
     L’aficion, comme le bâtiment, s’est « fonctionnalisée »… 
     Comme dans un appartement, tellement étudié, tellement « fonctionnel » que vous avez tout en deux mètres carrés, la plaza attire maintenant un public « multi fonctions »…qui bien sûr, a des « multi réactions »… On va à la plaza en groupe, en bande, avec son blouson ou son manteau de fourrure. Certains, bien sûr, vont s’y faire voir. D’autres vont voir… ce qui s’y passe, comme on irait « se faire une toile », après la pizzéria… Ce n’est pas spécifique à San Sebastian. Il est probable qu’il en soit de même dans toutes les plazas couvertes. Quelque chose manque ! Trop bien installé, trop bien à l’abri, le public  « ne souffre plus », avec les hommes, en bas… et la corrida est vraiment devenu « un spectacle »…

     « Aller aux toros », c’est avant tout « savoir » que l’on va assister à quelque chose de sérieux, où des hommes vont se jouer la peau, non pour notre plaisir, mais parce qu’il en est ainsi, depuis de lustres… Cela vaut bien de prendre une douche, parfois, ou de piétiner de froid… 
     Sous la grande couverture des plazas modernes, la lumière est tout autre ; l’ambiance, également ! La prédisposition à la passion n’est pas la même…
     Regardez… Dites moi combien de souvenirs avons nous de l’immense faena du Juli, (la meilleure de sa vie)  au toro de Vista Alegre, en octobre dernier ? Pratiquement aucun. Pourtant, la presse regorge encore de photos historiques, comme le capotazo d’Ordoñez, un genoux à terre, en plaza de Séville… ou la passe haute de Cagancho, ou encore une naturelle de Paquirri, à cet ouragan de « Buenasuerte », en 1979, à Madrid…

     Les plazas couvertes étoufferont elles la réelle aficion, comme elles étouffent le vent ? Les toreros en sont heureux, mais il disent également qu’il faut « faire plus », « donner plus », pour bouger un public « couvert »…

     Une nouvelle temporada débute, samedi, à Illumbe. Le président aura changé… Le public, lui, aura t’il évolué ? On verra bien. De toutes façons, nous serions mal venus, après cinq longs mois sans toros, de cracher dans la soupe, même s’il n’y a pas de mouches… et encore moins de soleil.

 
SAN SEBASTIAN - "MEMORIAL MANOLO CHOPERA"
   VIème Concours Mondial des Novilleros

Samedi 22 Février : 
     Novillos  de Joselito et Martin Arranz, pour Jesuli de Torrecera, Jorge Ibañez et Javier Solis.
Samedi 1er Mars : 
     Novillos de « Toros de Plata », pour Paco Ramos, Fernando Cruz et Juan Carlos Cubas (Pérou)
Samedi 8 Mars : 
     Novillos de Domingo Hernandez, pour Santiago Manciño, Julien Miletto (France) et Juan Ignacio Lopez Usero.
Samedi 15 Mars : 
     Novillos de Esteban Isidro, pour Francisco José Palazon, Arturo Macias (Mexique) et Miguel Angel Perera
Samedi 22 Mars : 
     Novillos de Adelaida Rodriguez, pour Serranito, Cristian Restrepo (Colombie) et Manuel Escribano.

Samedi 29 Mars : La Finale, devant une novillada de Miranda de Pericalvo.

     Le grand concours se clôturera, le dimanche 30 Mars, par une corrida de Manolo Gonzalez, pour Enrique Ponce, El Juli et Cesar Jimenez.