L'ACTUALITÉ TAURINE
(Septembre 2002)

BAYONNE : LES GRANDS « QUITES » DU JULI !
Gros fracaso de Jose Tomas and co...

    1er Septembre : Hier, Julian Lopez, « El Juli » a coupé trois oreilles en plaza de Bayonne. Mais, ce qu’il a fait de mieux : Quatre grands quites :
     Un, à l’Aficion Bayonnaise ; Deux : au ganadero. Trois : à l’Empresa . Quatre : à Jose Tomas, son ex « concurrent N°1 »…

   Il y a des après-midis comme cela ! On s’en va, confiants, à la plaza, en repensant à la phrase de Jean Cau : « Etre aficionado, c’est croire au Père Noël, tous les jours, sur les coups de cinq heures du soir »

      Ce qu’il avait oublié, le bon Jean, c’est que parfois « Le Père Noël est une ordure ! », et la fois suivante, il nous transforme tous en petits enfants, éblouis aux mille feux de son sapin…
     Tout ça pour dire que des milliers de spectateurs sont sortis, hier, en jurant qu’ils ne voulaient plus voir Jose Tomas à Bayonne… Hombre ! On a dit cela d’Ordoñez, de Camino, de combien d’autres… Il a suffi ensuite que le dit condamné fasse un tabac dans « une feria qui compte », et…

     Hier, la corrida est sortie « chunga », de bout en bout, parce qu’aux ordres d’un torero, un ganadero « a collé » à Bayonne, une corrida imprésentable, qui l’a ramenée « vingt ans en arrière ».
     Chunga ! Mal partie ! Mal foutue ! La corrida débuta par « un hommage à Claude Pelletier ». Hombre ! Vaya homenaje ! On a du mal à comprendre qu’à cinq minutes du paseo, alors que des hommes sont à côté, et vont se jouer la peau (quel que soit le trapio des toros), on puisse installer un piano à queue au milieu du ruedo, et entendre deux probables virtuoses du bel canto « exécuter » de probables grands morceaux, qui avaient leur place à l’Opéra, ou au Châtelet, mais probablement pas dans une arène, en jour de corrida.
     « Aqui, se muere de verdad ! », et l’on respecte cela.
     S’il y avait hommage à monter, il était simple. Claude Pelletier, grand critique taurin et « grand Bayonnais », trop tôt disparu, un matin de 1993, avait un ami, parmi tant d’autres. Celui-ci était son dentiste. Il est aussi musicien reconnu. Il s’appelle Jean-Joseph Vignes.
     En son honneur et souvenir, l’ami Jean-Jo  a composé, avec ferveur, un pasodoble taurino qu’il baptisa « El Alto », du surnom donné à Claude, et dont ils signait ses reseñas.
     Mais, Bon Dieu ! n’y avait il pas moyen, « avant le paseo », de faire l’annonce qui fut faite, et faire jouer ce pasodoble « en l’honneur du grand », par l’Harmonie Bayonnaise ? Non ?
     A n’en pas douter, la ferveur en eût été toute autre, l’émotion de ses amis « et cordiaux ennemis », à son zénith. Même Jose Tomas, peut-être, aurait levé un noir sourcil…
     A n’en pas douter, l’ovation aurait secoué l’arène, au salut, en piste du compositeur. Là, on restait « taurins » !  Et à n’en pas douter, « le grand », là-haut, nous aurait murmuré quelques mots… Au lieu de cela… Bref !
     Oh, bien sûr, on joua le pasodoble, plus tard, presque en catimini, au moment où le ciel se faisait noir, et que la mauvaise humeur s’installait…à tous les étages.

     Qu’aurait il dit, « le Grand » ? Il se serait gratté la gorge, et serait parti d’une de ses chevauchées oratoires qui ont fait trembler plus d’un Temple….
     Qu’aurait il dit, « le Grand » ? Il aurait dit que monsieur Juan Pedro Domecq à envoyé à Bayonne « une sardinade du Portugal »… et que Bayonne l’a acceptée.
     Il aurait dit qu’à tout prendre, il avait préféré la finale des non piquées, le matin, parce que les Santafé Marton ont un moteur qui nous éviterait le ridicule en Formule Un, et que le petit Alberto Aguilar, élève de l’Ecole de Madrid, mérite cent fois sa victoire…
     Il aurait dit, que Monsieur Jose Tomas est un « sinverguenza de première », mais qu’il irait quand même le voir, la prochaine fois… parce que nous sommes tous trop masos, trop bons, ou trop…
     Il aurait dit que Finito a joué les incompris, parce que Bayonne n’a pas mordu à ses minauderies… et il aurait dit, également, que le Juli, complice ou pas de cette soudaine décadence, a fait face, et s’est plié en quatre pour sortir le corrida de l’ornière.
     A force de technique, de rage et de talent, le Juli a fait « un énorme quite » à Bayonne, au ganadero… et à Jose Tomas ! En effet, si elle n’avait pas attendu avec sympathie, la sortie « a hombros » du Juli, la plaza Bayonnaise aurait probablement fait « une autre sortie » à Jose Tomas.
     Asi que… « Viva El Juli ! mais, n’empêche que… » 

     N’empêche que nous nous sommes "tous" faits rouler… Mais par qui ? A vous de voir ! A vous de dire ! Mais je sais, moi, ce qu’il aurait dit, « le Grand » !

     31 Août – BAYONNE – Plein total – Ciel chargé de noires menaces : Six « toros » de Parladé, pur Juan Pedro Domecq, élevés au Portugal.
     Présentation pour le moins décevante, dans une arène qui se dit « toriste » : Les trois premiers furent indignes, et deux autres à peine « tolérables ». Au milieu de cet « envoi », un cinquième toro, grand, haut, lourd, correctement armé… qui paraissait « le père » des autres. Bien sûr, « il dénotait »… Bien sûr, il fit du bruit, le matin au sorteo ! Bien sûr, il tomba sur Jose Tomas… On devine la suite. Pour ce qui est du comportement, corrida faible et noblona, à part le cinquième qui vira au « court méchant ». Finito de Cordoba toucha les bons. Juli fit des merveilles avec deux tristes. Quant à Jose Tomas.
     Finito de Cordoba ( Avis et salut, refusé par le public – Oreille protestée, refusant de donner vuelta) a très longuement « fait passer » le premier « chiquitin » (460 kgs) qui se cachait derrière deux cornes respectables. Des passes et ses passes, sans se croiser, sans se sentir. Du tendido tombe un « Que emocion ! » qui résume tout.
     Le Finito reçut agréablement le bon quatrième (487 kgs), le fit peu piquer, et débuta très bien la faena, par doblones et un superbe remate. Entre ces moments fugitifs, très toreros, et l’estocade tombée, aux effets immédiats, le « Fino » de Cordoue distribua, à cent à l’heure, un monton de passes, dont l’ensemble doit s’appeler: Faena. Forçant l’attitude, oubliant toute quiétude,  toute profondeur, le Finito ne donna que pâle image du torero qu’il peut être… Une partie du public demanda l’oreille que l’autre repoussa, furieusement. Pas facile d’être président !
     Jose Tomas (Silence – Grosse bronca) arrivait d’Almeria, couvert de gloire, et passablement moulu (voir Almeria – 30 août). Cela n’excuse en rien une attitude totalement déplorable, méprisant le public, le toro, le costume qu’il porte. Une demie véronique, à son premier, un animal de 485 kilos, pas très grand, pas très haut, pas très armé, et faible ! Une faena de dizaines de passes « en silence », la muleta accrochée, la moue dégoûtée, les sourcils en accent circonflexe. Final en une vilaine demie, horizontale, un pinchazo, encore plus vilain, et une quasi entière, desprendida.
     Quand sortit le cinquième, un colorado de 548 kgs, on se dit « Tiens ! que fait il là, celui-là ? » Jose Tomas le savait, et indiqua rapidement ses intentions. Dansant au capote devant les charges courtes et rebrincadas du cornu, Tomas lui fit mettre une méchante rouste en trois puyazos rechargés. La suite : vingt trapazos de défense, bien décidé à en finir au plus vite. Cela tarda un peu, et Jose Tomas, logiquement, en entendit de belles !
     Julian Lopez « El Juli » (Oreille – Deux oreilles) terminait hier un mois d’août, où il n’eut « qu’un jour de RTT », juste avant Bilbao. Le Juli s’est comporté en figura responsable, essayant de donner au public toute raison d’applaudir, sinon d’admirer.
     Il mit, face au coloradito troisième (480 kgs) le volume et le relief que le toro n’avait pas : Delantales au capote, bon quite par chicuelinas, tiers de banderilles « enlevé », quoique sans grands sommets. La faena commença en douceur, prit de l’ampleur dans le toreo fondamental, en prenant garde à ne pas trop baisser la main, se terminant par une séance de plusieurs enchaînements « à bout portant », à l’endroit et à l’envers, qui firent dresser le tendido. Vaya tio ! A l’épée, on s’en doute, il « fondit » sur le toro, et l’oreille fut des plus méritées.
     Après la débâcle Tomasista, Julian Lopez  ne laissa pas passer l’occasion « d’en remettre une couche », face au sixième (481 kgs). Le toro sortit broncote, le désarmant deux fois au capote.  La faena commença un peu heurtée, essayant de bousculer la soseria du bicho. Mais les deux dernières minutes valurent le déplacement et la patience : « rentrant » littéralement, dans le toro, le Juli enchaîna d’incroyables muletazos, cités à bout portant, frappant la corne de sa cuisse. Deux minutes de « furie torera », de caste pure. Grosse entrée a matar, pour une entière, suivie d’un descabello rageur, juste sous les yeux de Jose Tomas. Deux oreilles pour l’un ; bronca pour l’autre…

     Corrida décevante ! Cela peut arriver, mais Bayonne devra tirer les enseignements de cette triste journée, qui entame partie d’un crédit si durement acquis et mérité.

     Une chance de desquite : La double journée de ce 1er Septembre:
          Les San Martin, ce matin, avec Bautista, Valverde et Lescarret.
          Les Victorino Martin, ce soir, lidiés par Meca, Le Cid et Robleño.

 

DANS LES AUTRES RUEDOS… FLASH

     1er Septembre : La feria d’Almeria s’est terminée sur une grosse corrida du Marquis de Domecq, tandis que Palencia débutait avec une petite déception, signée Adolfo Martin.
     Chez les coletudos, on notera le bon succès de Cesar Rincon, au festival de Benasal, patrie de Manolo Moles.
     On notera également la grave blessure du banderillero Joao Santos, en plaza de Pedrajas de San Esteban. Cornada dans le rectum, pour subalterne de la cuadrilla de Nuno Velasques.

     En Almeria, face à une corrida bien présentée de la ganaderia «Marques de Domecq » Antonio Ferrera àa très bien toréé le deuxième, et formidablement banderillé le cinquième, se faisant durement accrocher au deuxième envoi : Lésion au pied gauche, en attente d’examen radio. Il tua mal et perdit deux oreilles – Javier Castaño s’accrocha « limpiamente », comme la veille, et coup l’oreille du jour à un sobrero remplaçant le sixième, alors que personne ne l’avait protesté. Erreur de la présidence. Pepin Liria toucha le mauvais loto.

    A Palencia, la première de Feria vit le torero local El Millonario couper une oreille pour une grande estocade au premier. De son côté, Fernando Robleño se montra brillant et valeureux, devant le troisième, coupant également un trophée. Encabo donna vuelta au cinquième. La corrida d’Adolfo Martin sortit, correctement présentée, mais un peu faible et sosa.

     A Calahorra, Enrique Ponce coupe la seule oreille de la journée, devant une corrida d’Atanasio qui est sortie « inégale en tout ». Rivera Ordoñez et Morante, dans des registres différents, ont été applaudis.

     En plaza d’Almazan, près de Soria, les toros de Justo Nieto ont vu Miguel Abellan reprendre l’épée, après sa blessure de Bilbao. Corrida correctement présentée, mais un peu faible.
     Cordobes et Abellan coupent deux oreilles à un toro, et Jose Ignacio Ramos obtient un trophée, chaque fois…

 

L’EPEE DU CID SAUVE BAYONNE
Deux oreilles et la queue d’un Victorino, pour le diestro de Salteras.

     2 Septembre : A 19 heures, ce premier dimanche de septembre, tout était normal : Meca avait beaucoup trépigné, devant un  Victorino « modèle 2002 ». Le Cid avait montré que l’on pouvait toréer un Victorino, « sans trépigner », mais, comme tant de fois, avait tout perdu avec l’épée… Deux oreilles perdues, comme tant de fois… Donc, tout était normal !
    Une heure après, l’extraordinaire, le fameux, l’inoubliable secouaient la plaza de Bayonne : Manuel Jesus « El Cid » montait un faenon à un cinquième toro, manso au cheval, mais très mobile, très pronto et noble à la muleta. 
     Faena qui amena le public au plus haut degré de l’enthousiasme, devant « une œuvre d’art, face à un Victorino ». 

     Faena conclue d’un énorme volapié qui tomba le noble animal. Apothéose qui met la chair de poule : Deux oreilles et la queue, que certains protestèrent, et vuelta au toro, superfétatoire, comme le fut la vuelta du mayoral, invité par un matador submergé de joie et d’émotion.

     Pourquoi donc la protester, cette récompense suprême ? « El Cid », sévillan de Salteras, venait de conjuguer "le plus que parfait", tant à la cape qu’à la muleta. Et, alors que l’on craignait un énième désastre à l’épée, alors que l’on se préparait à compter tristement les pinchazos, le Cid plongea une énorme coup d’épée, dont le toro sortit moribond. Pourquoi donc refuser son plaisir, et protester un « super trophée » que le sévillan aurait coupé dans n’importe quelle plaza d’Espagne, Madrid et Séville exceptées ? 
     Hier, Bayonne a été témoin d’un des très grands moments qui feront l’Histoire de la temporada 2002. Un moment qui, d’un coup, efface les turpitudes de la veille. Un moment qui, d’un coup, rend à la plaza son rang et sa grandeur.
     « Un moment » qui fait de Victorino Martin, encore une fois, le protagoniste de la Fiesta. Ses toros, le premier excepté, eurent grande présence, et cette fois, ce fut une grande Victorinada, avec toute la puissance, la pression, le danger qu’elle suscite.

     Le matin, le public avait beaucoup renâclé sur les cornes des San Martin. On sait que les toros de Chafick sont du pur Santa Coloma, donc, astigordos y cornicortos, souvent brochos et engatillados. Mais là, effectivement, on peut avoir des doutes, même s’il fut démontré que les toros ont violemment "tapé". Le quatrième en particulier, dont le piton droit  se démolit complètement, au point d’en saigner. 
     Afeitado ? « Arregaldo », avant ? Allez donc savoir… 
     Corrida mal ou peu armée, mais corrida sérieuse, encastée, dont les trois toreros furent les protagonistes, « à divers degrés » :
     Très torero et très bien Javier Valverde, à ses deux toros. Sans un bajonazo au deuxième, il sortait a hombros. Toreo sobre, sérieux, très « du fond de Salamanca ».
     Très bien Juan Bautista Jalabert, qui toréa superbement le bon premier, et se laissa aller à quelque inutile provocation, face au quatrième, en réponse à de méchants quolibets, isolés, tombés du tendido. Jean Baptiste a fait le toreo « de classe »… point donc n'était besoin de  verser dans un rôle qui ne lui va pas. La deuxième vuelta au quatrième, fut « de pure provoc», tout comme la façon, très insistante, de regarder la palco « dans les yeux », pour voir s’il accordait l’oreille ou non. Hombre, le torero avait besoin d’un gros succès et d’une sortie « a hombros ». Certes ! Mais il savait, mieux que personne que son estocade al recibir, bien portée, « sortait » sur le côté, et que le président ne pouvait décemment pas lui accorder une oreille, alors qu’il l’avait refusée à Valverde, pour un précédent bajonazo…
     Quant à Julien Lescarret, il tomba sur le mauvais lot, et le troisième lui mit une terrible voltereta, triplée, quadruplée, le garçon volant longuement sur les cornes, comme fétu de paille. Se relevant, sans mal apparent, Julien s’épuisa vite et perdit tout influx, se révélant totalement impuissant à l’heure du descabello. Les avis tombèrent, un à un, et le torero, qui n’en n’avait compté que deux, jeta un regard perdu à ses espoirs fracassés. « C’est le métier qui rentre, Julien ! » sembla lui dire le tendido. Triste, bien sûr, mais…palante !

     Grande journée de toros, hier, à Bayonne ! De ces journées qui marquent la mémoire et confortent l’Aficion. « Croire au Père Noël », écrivait Jean Cau… Il avait raison et, hier soir, repartis pour deux ou trois ans d’Aficion, je suis sûr que beaucoup ont rêvé de futures apothéoses… Tiens ! Je suis même sûr que certains ont « vu » Jose Tomas couper deux rabos, à une corrida « cinqueña », et « armée comme ça ! »… a que si ?

     1er Septembre – Matin – BAYONNE – une grosse ½ plaza - Matinée agréable:
     Toros de San Martin (Pepe Chafick), très inégaux de trapio, et mal armés, pour la plupart. Toros qui sortirent au galop, rematant fort aux burladeros. Le troisième sortit « comme une torpille », à cent à l’heure. Corrida encastée, mobile, un poil faible. Les Santa Coloma allèrent deux fois au cheval, fort correctement, permettant aux toreros « de se piquer » aux quites. A la muleta, Juan Bautista toucha le bon lot, et Lescarret fut le plus mal servi.
     Juan Bautista (Une oreille – Pétition et deux vueltas) toréa magnifiquement le premier. Toro de trapio réduit, qui prit deux piques en venant de loin. Jalabert l’avait bien reçu de cape, par véroniques, chicuelinas et demie à genoux. Grand chic ! Faena très calme, très limpia, à un toro un peu faible, que le torero sut maintenir, avant d’aller « a mas », terminant par de bons muletazos de face et une bonne entière, contraire.
     Le quatrième fut protesté pour une corne droite très abîmée. Bautista le toréa « a placer », malgré les protestations d’un petit secteur de la plaza. Longue faena, au cours de laquelle Bautista répliqua du regard et de la parole, aux contestataires. Bonne faena, terminée par un recibir, bien porté, mais hélas « atravesado » et ressortant sur le côté. L’oreille fut justement refusée, par le palco, et Juan Bautista donna une grande vuelta qu’il jugea bon de doubler, sous des opinions qui se divisèrent.
     Javier Valverde (Vuelta – Oreille) s’est montré torero responsable, fort, serein, tout au long de la matinée. Deux faenas solides, s’adaptant aux conditions de ses adversaires, corrigeant les défauts, toréant magnifiquement sur main gauche, et ne faisant concession aux galeries que de trois redondos inversés, très bien tirés et quelques manoletinas, au cordeau. Actuacion très sérieuse, d’un torero qui va monter, et faire parler de lui, probablement « très vite » (Sa Feria de Salamanca est là, tout près !) Une épée « très caida » lui fit perdre l’oreille de son premier. Par contre, il porta une demie, très puissante, au cinquième, dont il coupa un juste trophée.
     Julien Lescarret (Trois avis et applaudissements – Un avis et applaudissements) a connu la noire malchance d’un mauvais sorteo, et, surtout la terrible déconvenue de prendre trois avis à un toro. 
     Le troisième le prit très vilainement, et très longuement, le jeune torero en sortant « sonné », mais reprenant le combat, comme si de rien n’était. A l’heure de l’épée, les forces l’abandonnèrent et le descabello fut un désastre.
     Pareille mésaventure faillit bien lui arriver face au costaud sixième, qu’il reçut par un farol à genoux. Toro parado, soufflant comme une forge, court dans ses demi charges, auquel Julien Lescarret mit une une épée atravesada, après deux entrées, qui ne fit  aucun effet. Le cauchemar recommença, au descabello. Suerte negra et plus de forces… Il va falloir « muscler tout cela, cet hiver ! »

     1er Septembre – Soir – BAYONNE – Lleno de No hay billetes - Grand beau temps, enfin, mais un peu de vent.
     Corrida de Victorino Martin, sérieuse mais de présence très inégale. Premier et troisième sortirent petits, mais « se tapant » avec les cornes. Deux et six, noirs, minces de culata, mais hauts et armés veletos. Le quatrième était « un tio », de respect. Le cinquième, le seul vrai cardeno, sortit « en Victorino ». 
     Corrida sérieuse, dure, mais exploitable : Meca toucha le mauvais lot, et ne put l'améliorer.  Robleño finit par comprendre les siens, après avoir longtemps piétiné. Très décidé, Le Cid démontra que l’on peut toréer des Victorino, « très redressé » et « con gusto ». Au vu du triomphe torero, face au cinquième, le public demanda la vuelta de « Gamberro », en ayant oublié qu’il avait été manso au cheval. Pero bueno !
     Stéphane Fernandez Meca (Vuelta, après pétition minoritaire – Ovation) voulut faire mentir le premier, le mettant de loin au cheval, et le toréant vibrant mais nerveux et très « courbé » au capote. Faena brindée à Charles Forgues, pour « les grandes choses, faites dans cette plaza, sous son impulsion ». (Exact!) Faena qui tourna court, le diestro se montrant bullidor, rageur, amoncelant les suertes à un toro qui ne prenait pas le muletazo en entier. Meca pincha et mit une entière, attendant avec moult gestes et vociférations la chute du bicho. Gagnerait, peut-être, à plus de sobriété.
     Le quatrième était "un tio", très bien présenté, très armé, « y con muy mala leche ». Meca ne put lui donner la larga à genoux, entière, sous peine de se faire emporter. Toro qui fit un peu penser au quatrième de Mont de Marsan, sauf qu’il était deux fois plus grand… Faena de demi passes, à la défensive, à un toro de demi charges, très offensives. Lo mato, y en paz !
     El Cid (Vuelta – Deux oreilles et la queue) a été formidable au capote, toute l’après midi : Grandes véronique, « echando el capote », lançant la cape devant, captant la charge du toro, la tirant à lui, et chargeant la suerte. Demi véroniques et reboleras de grand impact. Chicuelinas au quite, très droites, très « toréées ». Muy bueno. 
     Le Cid eut deux toros distincts : un premier encasté, violent. Un toro qui peut manger le torero « tout cru » si celui ci ne s’impose pas, dès le début. Le Cid l’entreprit avec force, technique et grande décision. Puis, sans se soucier des retours secs et des regards du bicho, par dessus la muleta, le torero enchaîna les séries, finissant par toréer « erguido » et très « limpio ». Faena « a mas », terminée par d’élégants doblones et des desplantes sobres, mais dominateurs. Deux oreilles en vue ! Hélas, trois pinchazos précéderont la lame définitive, et le Cid ne pourra que donner « une grande vuelta ».
     Le cinquième sortit fort, « en Victorino ». Le Cid l’accueillit par de grandes véroniques, prélude à... une symphonie muletera. Le toro est manso déclaré, au cheval, mais se déplace bien au deuxième tiers. Sans douter un instant, Manuel Jesus « El Cid » va brinder au public, et débuter, main droite et plein centre, un « Faenon »... Toreo majuscule, à un toro qui vient avec grande alegria, et qui répète sa charge. Un peu gazapon ou andarin, le « Gamberro » va devenir un grand collaborateur (mais sans innocence) devant le talent euphorique d’un diestro totalement libéré, tirant sur les deux côtés, de longues passes très templées, très profondes, closes d’immenses pases de pecho. Faena qui alla crescendo, dans l’expression artistique, se terminant par de formidables adornos, pures images du toreo sevillano, lorsqu’il est profond. Grande, immense faena de grosse répercussion, forcément, dans tout le monde taurin. 
     A l’heure de l’épée, on craignait… Dans le callejon, totalement transporté, Jose Antonio del Moral murmurait un très affectueux « Si no lo matas, te mato ! ». Et le Cid partit pour le coup d’épée de sa vie, celui qui effaça, d’un coup, tout ceux qui lui ont fait perdre tant de trophées, tant de triomphes. Estocade aux effets immédiats et un séisme dans les gradins: On exige immédiatement les deux oreilles, et l’on bataille pour le rabo. Le troisième mouchoir tombe enfin. Certains protestent (Alla ellos !) 
     Dans l’euphorie, on réclame la vuelta  pour le toro. Tombe le bleu ! Bueno ! Toro important à la muleta, mais… manso au cheval ! Peu importe, le Cid, en pleurs, donne une vuelta de feu, à laquelle il invite le mayoral de Victorino…
     Un coeur généreux, par dessus le marché. Qu’il vive mille ans !
     Fernando Robleño (Avis et ovation aux deux) est un diestro de taille réduite, mais de cœur « gros comme ça ! ». Il toréait sa première Victorinada, et mit du temps à comprendre ses deux adversaires. Voulant prendre de loin, son premier, il fut obligé de réduire les distances, essuyant désarmés et enganchos, avant de trouver le bon rythme. Pinchazo et entière contraire.
     Faena de grand mérite au sixième, qui mesurait ses charges et le toisait, par dessus la muleta. Robleño s’accrocha, le cita longuement avant de "laisser la muleta" en fin de passe, réussissant deux grosses séries, à droite, closes de bons pechos. Il essaya la même stratégie, à gauche, mais le temps s’était enfui, et la patience du public, aussi. Ce fut un peu laborieux, au descabello, mais l’ovation fut sincère, et ce torero sera revu ici, avec plaisir, la saison prochaine.

     Intéressante corrida, qui ne fut "une grande Victorinada" que grâce à un grand torero, par la taille et le talent : Manuel Jesus « El Cid »…

 

LE DIMANCHE, DANS LES AUTRES PLAZAS

     1er Septembre  - MERIDA – 1ère de Feria – Plus de ½ plaza
     Corrida de Jandilla, bien présentée, et de jeu inégal. Les meilleurs furent les 4 et 5ème, ce dernier, du nom de « Vicario », étant honoré de la vuelta al ruedo.
     Juan Mora (Ovation – Une oreille) Remplaçait Paco Ojeda. Très jolie faena au quatrième, qui le prit, heureusement sans mal. Depuis son retour, après la cogida de Jaen, Juan Mora s’est chaque fois fait accrocher, avec  pour conséquence, la cornada de Burgos.
     Finito de Cordoba (ovation  - Deux oreilles) a vite oublié sa prestation bayonnaise. Très aimé, ici, le Finito se sent « a gusto » et ne laissa pas passer l’occasion de monter un faenon à un grand toro. Toreo profond, « gustados ». bonne estocade. Les jours se suivent et ne se ressemblent pas
     El Juli (Oreille – Ovation) fit l’effort maximum au sixième, mais tua mal. Bien aux banderilles devant son premier, il coupa une oreille facile à un toro qui ne se livra jamais.

     1er Septembre – PALENCIA – 2ème de la Feria de San Antolin – ¾ de plaza : Corrida de Nuñez del Cuvillo, bien présentée, et qui donna du jeu.
     Manolo Caballero (Sifflets  - Silence avec un avis) connut une mauvaise journée. Mécanique, comme absent, il laissa passer un bon toro, et fut un peu chahuté par un public qui attendait « Le » Caballero 2002.
     Jose Tomas (Oreille – Oreille) est très apprécié, ici. Engagé deux fois au cours de cette courte feria, Tomas donna deux longues faenas, pleines de hauts et de bas. Les « hauts » parfaitement sculptés ; les « bas », passablement ennuyeux. Cependant, tuant vite, il profita de la ferveur populaire.
     Miguel Abellan (Oreille – Oreille) se montra vaillant et torero, toute la tarde. De bonnes choses, toréant très reposé, devant son premier. Par contre, il fit monter la pression, recevant le sixième par trois largas à genoux, et se faisant vilainement accrocher, en début de faena.  Très décidé, Abellan revint au combat, et donna de bonnes naturelles, avant de sortir « a hombros » de façon bien méritée.

     1er Septembre – BARCELONA – ¼ de plaza : Corrida de los Guateles, lourde, très âgée, difficile. Le quatrième est un Litri, dangereux.
     Des diestros, on retiendra les estocades de Jose Ignacio Ramos (Ovation aux deux, avec avis au premier) ; la cape de Luis Miguel Encabo (Silence aux deux) et la grande bonne volonté de Serafin Marin, non exempte de qualité torera, qui lui permit de couper au troisième, la seule oreille de la journée. Bien, également au dernier, mais… six descabellos.

     1er Septembre – MEDINA DEL CAMPO – ½ Plaza : Vilaine et mansa, la corrida de Jose Luis Marca.
     Enrique Ponce se fait applaudir – David Luguillano prend deux grosses broncas – Manolito Sanchez s’applique et coupe une oreille de chaque toro.

     1er Septembre – VALDEPEÑAS – Bonne entrée : Cinq toros de Gabriel Rojas, et un sobrero, premier, du Romeral. L’ensemble fut bien faible.
     Javier Conde coupe une oreille du quatrième – Antonio Ferrera fait un tabac : Oreille et deux oreilles et rabo – Cesar Jimenez brille également. Une oreille, par deux fois.

 

LE « GRAND BASQUE » S’EN EST ALLE….
Décès de « Don » Manolo Chopera

     3 Septembre : Il a attendu « cinq heures de l’après midi », heure traditionnellement taurine, avant que l’on invente ces maudits horaires d’Hiver ou d’Eté… Il a attendu « las cinco de la tarde », que d’autres chantèrent en un « llanto », pour faire son dernier paseo vers le ciel...
     Hier, 2 septembre 2002, est décédé à la Clinique Nuestra Señora de Aranzazu de San Sebastian, Manuel Martinez Flamarique, que nous connaissions tous comme « Manolo Chopera ». Il avait 75 ans.
     On l’appelait aussi « Le Grand »…

     En fait, j’ai l’impression de toujours l’avoir connu… Sa haute stature, sa classe naturelle et son apparente placidité ne pouvaient laisser personne indifférent.
     Depuis que nous étions gamins, Manolo Chopera a toujours fait partie de notre Aficion. Sans lui, il est probable que je serais aujourd’hui passionné de foot, de politique, de loto ou de quelque foutu « Loftstory ». Bref, en un mot, « je m’em…nuirais », comme tant d’autres de mon âge !
     D’où que je remonte, dans ma jeunesse taurine, il me semble toujours voir cette espèce de " John Wayne des callejones", géant débonnaire en apparence, redoutable homme d’affaires, mais « recto » dans ses décisions, imaginatif dans ses entreprises, fidèle en amitié, et probablement « fondamentalement bon ».
     Oh, bien sûr, nous avions parfois autant de raisons de le haïr que de l’aimer… quand une corrida sortait « en dessous de tout », ou que des chevaux ne marchaient « pas très droit », eux non plus…
     Mais l’Histoire retiendra qu’il fut un des plus grands, des plus intelligents et courageux empresas taurins, ajoutant à ces qualités fondamentales, l’Aficion a los Toros et « une poignée de main », sur laquelle on ne revient pas.

     De ce monde, il connaissait tout, parce qu’il y était tombé, à la naissance… Son grand père, Severino, avait commencé à monter des spectacles, où il produisait sa cuadra de chevaux. Puis, bien sûr, son père, Don Pablo Martinez Elizondo « Chopera » lui ouvrit une voie royale…
     Cependant, il le connaissait, ce monde taurin, par tous les bouts de la lorgnette, et même par le tout petit… Tout à tour monosabio, chauffeur, novillero, coureur d’encierro, il fit les 400 petits métiers qui peuplent la planète taurine… Puis, empresa, ganadero, apoderado… le zénith.

     Quand on regarde son curriculum, on ne s’étonne pas de la sagesse, de l’intelligence, de la science, avec lesquelles il sut « calibrer », « expérimenter », en un mot "gérer" les plazas qu’il menait, particulièrement en France : Manolo Chopera était titulaire d’une licence de Physique, de l’Université de Zaragoza, et d’un titre d’ingénieur chimiste, de l’Université de Toulouse… Saluez ! Vous avez compris maintenant à quel point il savait « doser » ses entreprises et ses défis…
     Et il en a remporté quelques uns… et des pas faciles !
     Prendre la gestion de « Las Ventas » de Madrid, en 1981, avec 4000 abonnés… et la rendre, en 1989, avec 18000 abonnés ! Pas mal ? Nous, cela nous fait râler, parce que l’on ne trouve plus un billet, pour la San Isidro, mais… pas mal !
     Voir mourir « Le Chofre »; voir s’écrouler ses deux donjons, dynamités un matin de 1973, et se dire… « je reconstruirai une plaza, à San Sebastian ! », fallait le faire, et fallait tenir, dans le contexte que nous savons…
     Il se battit, en compagnie de son ami Gregorio Ordoñez. Et quand ce dernier tomba, en 1995, sous les balles de la ETA, Manolo Chopera continua, seul, avec sa famille et une poignée d’amis qui suivaient « le Grand ». Résultat: le 11 Août 1998, on inaugurait la plaza d’Illumbe. Elle est « sa » plaza, et devra un jour, porter son nom.

     Bien sûr, la France… Bien sûr, de l’ambiance, parfois ! Bayonne, Mont de Marsan, Hagetmau… Quand cela ne marche pas, on sait qui mettre en cause. Mais « quand cela marche »… on boit le champagne et on oublie facilement qui…
     Partout, aujourd’hui, en Espagne, au Venezuela, en Colombie, en France, on se souvient, et on salue, avec respect et probable amitié…

     Dans mes souvenirs de jeune aficionado, les images d’une chambre d’hôtel, où s’habille Paco Camino… Manolo Chopera est là, discutant avec André Poublan « Monosabio » et son fidèle complice, « Don Claro ». Ils m’avaient fait une place dans leur chemin d’Aficion, et me permirent de serrer, pour la première fois, la main d’un grand Monsieur… Un geste qui se répéta, durant des années, tout naturellement… tout fidèlement.
     Puissant, retors mais droit comme une épée, Manolo Chopera laissera un souvenir indélébile dans le monde taurin. L’Aficion, quoiqu’elle en dise parfois, lui doit … beaucoup plus que cela !
     « Era todo un Señor ! » Et c’est vrai !

     A son épouse et à ses enfants, Toros2000 adresse son salut très respectueux.

     Bon sang ne saurait mentir… Aussi, on espère que ses fils reprendront « le bâton de Maréchal »… et deviendront « grands », à leur tour.

 

FERRERA, A MERIDA… VALVERDE, A PALENCIA…

     3 Septembre : Les ferias dites  « mineures », continuent, et font le trait d’union entre la fin Août, et les grosses rencontres de Septembre : Salamanca, Albacete, Logroño…
     Déjà, on apprend que Monsieur Jose Tomas nous refait le coup de « tous les ans » : Il couperait sa temporada, le 17 septembre,  au soir de sa dernière en Albacete. Du coup, il n’irait même pas à Barcelone, le 22… allumant son feu de cheminée pour l’hiver, avec le contrat signé et les illusions en berne de ses fans ! Cela fait « vraiment » un peu beaucoup…
     En attendant, Antonio Ferrera, qui ne fait ni dans la dentelle, ni dans la philosophie orientale, vient de sortir a hombros, au nez de Ponce et Jose Tomas, hier, en plaza de Mérida…
     De son côté, Javier Valverde confirme une véritable progression. Attention à celui-là ! Salamanque allume sa feria, et Valverde pourrait bien y tirer un feu d’artifice.

     2 Septembre – MERIDA (Badajoz) – 3ème de Feria – Presque ¾ de plaza :Corrida de la Famille Pereda : trois de Jose Luis, deux de Maria Jose et un de la Dehesilla. Le sixième « Almacenado »- 495 kgs - fut un toro de grande alegria, qui permit l’apothéose de Ferrera. On lui donna « vuelta d’Honneur ». Pour ce qui est des autres, ce fut très moyen, en présentation et comportement.
     Enrique Ponce (Oreille – Ovation, après un avis) construisit patiemment une charge au premier, un petit grincheux, probon, sans une once de race. Faena « de menos à mas », terminant par enchaîner le fondamental et l’adorno. Face au quatrième, inutile porfia.
    Jose Tomas (Ovation, après un avis – Une oreille) donna de bonnes séries à son premier, qu’il tua mal. Faena « kilométrique » au cinquième, accumulant les passes, dont certaines, isolées, furent majestueuses. Bonne estocade, et oreille généreuse.
    Antonio Ferrera (Ovation après avis – Deux oreilles et la queue) mit le feu à la plaza dès que sortit « Almacenado ». Ferrera sortit tous ce qu’il avait en magasin, tant à la cape qu’aux banderilles : Quatre paires et vuelta en fin de ce deuxième tiers explosif. Faena « en deux facettes » : Le classique et le profond… admirable ! Puis l’électrique, le populaire, le « dans tous les sens ! ». On imagine les têtes de ponce te Tomas, dans le callejon. Deux oreilles et la queue, et un nouveau triomphe de ce Ferrera, qui « se paie » les figures, une à une.

     2 Septembre – PALENCIA – 3ème de la San Antolin – Casi lleno : On a respecté une minute de silence, en hommage à Manolo Chopera, qui fut, durant douze ans, l’empresa de Palencia. Quatre toros de Domingo Hernandez et deux de Garcigande. Présentation des plus moyennes, excepté chez le dernier, très armé. Pas fameux au plan comportement.
     Les trois diestros tuèrent mal leur premier adversaire.
     Finito de Cordoba (Silence – Ovation) essaya d’animer le premier. Faenita qui semble décoller, jusqu’au moment où le Finito trouve qu’il en a assez fait. Le quatrième sera le plus faible du lot. Finito va le soutenir, intercalant des suertes de profondeur et grande plastique. Mais…
    « El Juli » (Silence – Deux oreilles) mit l’énergie, la variété et l’alégria, que ses toros n’avaient pas. Ce fut le cas, en particulier au cinquième, que le Juli reçut par largas à genoux, avant de mettre le feu, avec le quite par lopecinas, et un vibrant tiers de banderilles. Faena vibrante, toréant longuement, sur les deux mains, et poussant un gros coup de rapière.
     Javier Valverde (Silence – Une oreille) fit « le toreo » de qualité de la tarde. Il se présentait à Palencia, et fit apprécier sa personnalité sobre, un courage serein, une grande lucidité. Faena un peu trop longue, face au manso premier. De ce fait, le toro « se refusa », au moment de l’épée. Par contre, il construisit un trasteo « a mas », devant le sixième, très sérieusement armé. Le public, qui apprécia son style épuré et son courage, demanda les deux oreilles, mais le président fit valoir son point de vue…

 

LE CHEMIN DE CROIX D’ANTONIO BARRERA…

    4 Septembre : L’Histoire du toreo est replète d’anecdotes et de « tranches de vie » où le mot « malchance » n’est qu’un doux euphémisme. Cependant il est rare, ces dernières années, de vivre pareille odyssée, en particulier… dans les rangs du haut.
    Pourtant, et même s’il n’était pas « dans les rangs du haut », Antonio Barrera fut l’exception qui confirme le règle. Plus de malchance, tu meurs !

    Parcours étonnant de ce sévillan qui, voyant que cela ne va pas marcher en Espagne, profite du coup de pouce d’une bonne adresse mexicaine, et ne manque pas les premières occasions offertes. Du coup, il devient, dans le nouveau monde, la vedette qu’il ne pouvait songer prétendre, en Espagne.
    L’an dernier, la Casa Chopera lui offre le possibilité de faire campagne en Europe. Le retour au bercail ! En pleine forme et empli d’espoir, Barrera débarque et se prépare, intensément.
    Sa première parution, à la Feria de Séville, face aux toros de Gerardo Ortega (Voir reseña, le 8 Avril), intéressera au plus haut point. Puis, on lui tressera des éloges, suite à sa prestation, face au Guardiola de Madrid (Voir reseña, le 23 mai) S’il avait tué, il coupait une oreille à la San Isidro.
    Après, rien jusqu’à Eauze, où un méchant del Torero lui met une première rouste, dont il sort le visage en sang.(Voir reseña, le 7 Juillet)
    Qu’importe ! Deux jours après, à Pamplona Antonio Barrera laisse tout le monde pantois d’admiration : Se sachant blessé, le torero se fait lui même un garrot, et repart à l’assaut… pour une autre voltereta. La cornada est sévère, le sang coule le long de la taleguilla et du bas rose. Au diable la douleur ! le torero donne une vuelta glorieuse, devant une Pamplona incapable d’honorer son geste héroïque, en lui accordant une oreille. C’était bien la moindre des choses, face à un tel pundonor ! (Voir reseña, le 9 Juillet)
    La convalescence est de courte durée… dix jours à peine ! Et le 21 Juillet, Barrera fait le paseo en plaza de Barcelone, face à des Hermanos Sanpedro. A la troisième passe de muleta, la corne l’enlève, et pénètre, quelques centimètres au dessus de la cornada de Pamplona.
    A l’infirmerie, le docteur Olsina s’occupe de la cornada, sans se soucier des intenses douleurs que signale le torero, un peu plus haut, au niveau de pubis…
    Barrera va connaître un mois d’enfer. La douleur ne s’atténue pas, bien que la cornada, elle, soit en bonne voie de guérison. On parle d’un retour à San Sebastian, mais en vain… Tour à tour, Barrera perd les ferias du Nord, et la France…
    Enfin, après des soins particuliers, à base d’ultrasons, aux ordres du Docteur Borrel, médecin du F.C Barcelone, Barrera réapparaît, en plaza d’Almeria… Il va y souffrir le martyre, malgré les infiltrations pratiquées avant le paseo. (Voir reseña du 27 Août)
    Le soir même, il se réunit avec ses apoderados, et décide de couper la temporada…
    La seule chose à faire : l’opération… et repartir à zéro.

    Antonio Barrera a été opéré, lundi dernier 2 septembre, à la clinique Asepeyo de San Cugat (Barcelone) d’une rupture, avec arrachement, des adducteurs mineur et moyen à la hauteur du pubis, avec en plus un problème osseux provoquant d’intenses douleurs.
    Maintenant… huit semaines de convalo ! La saison espagnole est terminée…
    Tout ça… pour ça ! Antonio Barrera avait, la semaine dernière, le moral « au ras du plancher », et l’on peut le comprendre :
    « Je ne pouvais imaginer pire temporada, même dans les plus durs cauchemars. Si au moins, j’avais perdu la saison à cause d’une grave cornada, cela aurait été « plus digne »… mais comme ça !!! Je me retrouve au point zéro ! En fait, moins que zéro ! J ‘avais gagné du crédit et de la confiance pour faire une bonne saison, et je me retrouve sans rien. Mais, cela ne sert à rien de « gamberger ». Maintenant, l’important est de se remettre sur pieds, et de repartir. Mon apoderado, Oscar Chopera, est en train de travailler pour préparer le Mexique, et j’en profite pour dire que la casa Chopera s’est magnifiquement comportée avec moi. Ce sont des grands professionnels et des « magnificas personas ».
    Antonio Barrera faisait ces déclarations au « Diario de Sevilla », le 31 Août… Quelques jours après, il était opéré, à Barcelone, au moment où Manolo Chopera s’éteignait, à  San Sebastian.

    Ombres et lumières du monde taurin… Un monde de gloire et de richesse, parfois. Un monde de souffrance, de peur, de solitude et de doute, souvent ! En un mot, un monde… profondément, terriblement humain !

 

"ARRET-MALADIE" POUR LE JULI…

     4 septembre : Julian Lopez est arrêté pour quelques jours, souffrant de coliques néphrétiques. Cet incident rénal a souvent été « l’excuse diplomatique » de certains toreros, mais s’il est réel, c’est autre chose. On sait que la colique néphrétique est foudroyante, excessivement douloureuse, mais  que l’on s’en remet vite… une fois que « le caillou » a été évacué ! Une douleur que l’on ne souhaite à personne !
     Le Juli a beaucoup souffert, lors de la corrida de Palencia… Ayant aussitôt consulté, il est mis au repos jusqu’à… jeudi ! (Nous, on en a pour quinze jours !)
     En attendant, la temporada continue, en particulier avec la feria de Palencia où Ponce et Ferrera ont fait match nul, à « une oreille partout ».

     3 Septembre – PALENCIA – 4ème de Feria – Presque ¾ de plaza : Corrida, encastée, de Buenavista. Le sixième, faible, a été remplacé par un Antonio Bañuelos, invalide.
     Enrique Ponce s’est montré très technique, face au petit premier dont il coupa une oreille. Le quatrième était manso – Francisco Rivera fit trop piquer le deuxième, et joua les routiniers. Par contre, il voulut s’accrocher, face au cinquième : trois largas et une grande demie. Hélas, le toro faiblit, et tout se limita en un silence général – Antonio Ferrera, de même, fit trop piquer son premier. Bon quiebro, mais rien de terrible à la muleta. Face au sobrero de Bañuelos, « une honte sur pattes », Ferrera multiplia les effets et coupa une oreille à un toro qu’il fallut relever… pour qu’on puisse l’estoquer. Quelle honte ! Ombres et lumières…

     3 Septembre – MERIDA – Novillada de clôture : Les novillos de Fuente Ymbro et Jandilla ont donné du jeu.
     Luis Rubias a coupé une oreille, tandis que Daniel Perea sortait « a hombros », avec deux trophées. 
     Cependant, la novillada a été marquée par la très dure cogida du jeune Miguel Murillo, en donnant une chicuelina au cinquième. Pas de cornada, mais un gros choc, au niveau de la poitrine, qui aurait pu avoir les pires conséquences. Réanimation difficile, et expédition immédiate vers un centre hospitalier mieux équipé.

 

LA SEMAINE DE TOUS LES DANGERS… POUR LES TELECOM !

     5 Septembre : Cette fois, on y est… La semaine qui vient a la particularité de réunir quatre ferias qui, sans avoir la force ni l’impact d’une San Isidro ou d’une Feria d’Abril, monopolisent l’attention des aficionados et des professionnels. Salamanca, Valladolid, Albacete, Murcia, vont « s’échanger » les cartels et les figuras. A n'en pas douter, les téléphones portables vont sonner dans tous les callejons, au grand dam de ceux qui voudraient regarder tranquillement le spectacle… « Si ! Comment cela se passe, chez toi ? « Il » a reçu une bronca ? La plaza n’est pas pleine ? O sea, otro desastre ? » et de donner ensuite un rapide bilan du début de la présente corrida.
     Pas à dire, va y avoir tant de communications en dix jours, que les Telecom vont faire un chiffre énorme, au point qu’ils pourront peut-être renflouer « ceux de France », et ainsi, on aurait pas à virer le directeur (ou, du moins, pas pour ce motif là !!!)
     De notre côté, Arles débute demain, et Dax prépare un duel qui peut avoir son importance, avant la semaine fatidique : Enrique Ponce et Jose Tomas se rencontrent , en mano a mano ! Comment seront les Zalduendo? 
     En France aussi, les portables se déchaîneront, mais plus pudiquement… Pas de quoi pavoiser en Bourse… L’action Telecom continuera de flotter.

     Salamanca, Valladolid, Albacete et Murcia. La première est de la plus haute importance, parce que terre taurine par excellence, parce que terre ganadera, parce que terre de grands toreros. Toute la semaine, les figures vont s’y croiser, et croiser le fer, soit directement, soit à distance. Enrique Ponce, El Juli et Jose Tomas devront faire bonne figure, et se serrer la main, avant le paseo. Après, c’est une autre histoire. A voir le regard que le Juli a lancé à Tomas durant le sardinade portugaise de Parladé, à Bayonne, m’étonnerait bien qu’ils passent le réveillon ensemble. Ponce est plus diplomate, plus ancien, plus maestro… Il aura un gentil sourire… et mettra quatre naturelles qui règleront l’affaire. Et s’il ne peut les mettre, no pasa nada ! 
     Enrique Ponce revient de loin, et semble bien tenir le choc du retour. Certes, depuis Antequera, il n’a coupé que peu de trophées, mais cela semble bien tourner, après avoir réglé un petit problème avec l’épée.
     El Juli tourne fort, depuis Bilbao. « L’exploit du nord » l’a remis en selle, et ce n’est pas un petit caillou de rien du tout qui va lui casser les reins. Certes, une colique néphrétique, avant la grosse semaine, n’était pas le plus recommandé…pero da igual ! Juli est fort, et Juli a faim !
     Jose Tomas est, à nouveau, le gros point d’interrogation. Où en est il donc ? « Dans quel étage erre t’il ? » Le sait il, lui même ? 
     Est il perdu, ne réussissant à surnager qu’au prix d’un effort surhumain, afin de répondre à l’idolâtrie de certains ? Ou avons nous à faire à un vrai cynique, entouré de cyniques, qui torée, vraiment, deux corridas par an, et « se fout du monde » tout le restant de la saison, imposant des lots indignes, et triomphant sur deux « biscouettes » qui rappellent justement, les deux grosses prestations précitées ? 
     Où est Jose Tomas ? Que fait Jose Tomas ? La semaine est pour lui, capitale, et à n’en pas douter, il va devoir y faire « le » gros effort. A un point tel, d’ailleurs, qu’il coupera la saison au soir du 17, à Albacete. Sa jolie responsable de communication (Allo, Olgaaaaa !) a beau s’époumoner et dire que le torero fera face à ses obligations, on sait déjà qu’il sera remplacé à Barcelone, le 22 septembre, par Fran Rivera Ordoñez. Super, la reconnaissance de « monsieur Tomas », envers une Aficion Barcelonaise qui l’a porté au plus haut. Plus dure sera la chute…
     Toujours est il que Jose Tomas se prépare une semaine de cauchemar : en effet, il va successivement rencontrer Ponce, le 8 septembre, à Dax - Juli, le 10, à Salamanca – Juli, le 12, à Valladolid – Ponce, le 13, à Valladolid – Juli, le 15, à Albacete – Ponce, le 16 à Murcia, terminant le 17, avec une corrida de… Nuñez del Cuvillo, en Albacete, avec Rivera Ordoñez et le petit Barragan… Ayyyyy !
     Sur les quatre plazas, Tomas est « très aimé » à Valladolid et Murcia. Il a aussi triomphé en Albacete. Pourtant, c’est vers Salamanque que tous les regards se porteront… et aussitôt, les portables sonneront.
     Pas à dire ! Une semaine difficile, mais bénie… pour les Telecom !

     (Voir les affiches « des quatre Ferias », dans notre section : Carteles)

 

CHOPERA : L’HOMMAGE QU’IL MERITAIT…

     5 Septembre : Manolo Chopera repose maintenant au cimetière de Polloe, à San Sebastian. Hier matin, son épouse Cecilia, ses deux garçons Pablo et Oscar, ainsi que les seuls membres de sa famille, y ont porté l’urne contenant les cendres du « Grand Basque »
     Hier soir, la cathédrale du "Buen Pastor" de San Sebastian, était pleine, pour la messe de funérailles en hommage de celui qui a été l’un des plus grands artisans de la Tauromachie des années 60 à 90. Plus d’un millier de personnes se pressaient dans les rangées, parmi lesquelles on pouvait reconnaître des visages célèbres: Toreros, ganaderos, et bien sûr, représentant du monde « empresarial », sans oublier de nombreux membres de la presse et critique taurine. 
     Parmi ces visages : Le Capea, Sebastian Palomo Linares, Manolo Cortes et les plus jeunes, comme Caballero, Abellan, Califa, Castaño à la tête d’une délégation de toreros de Salamanca. Le Juli était représenté par son père ; Ponce par Victoriano Valencia. Chez les ganaderos, la famille Domecq, les Victorino, père et fils. Le monde des empresas voyait la présence des Freres Lozano, Manolo Canorea, Jose Luis Marca… Du côté français, on reconnaissait, entre autres, Stéphane Fernandez Meca, Simon Casas, Olivier Baratchart, les responsables de Mont de Marsan... 
     Tous recueillis, tous soulignant le rôle incommensurable qu’a eu Manolo Chopera, dans la tauromachie contemporaine. Le nier serait une injustice. 
     Et cette phrase qui revenait, comme le plus beau des hommages : « Il était l’ami de ses amis… » Y eso...

 

FLASH DE RENTREE !

     5 Septembre : Les gamins sont repartis à l’école ! Pour le moment, cela sent bon le « tout neuf ! », le « tout nouveau, tout beau ! ». Pour « les emm… », on verra plus tard !

     Côté « Toros », certains préparent aussi leur rentrée :
     Le Fandi est en train de s’entraîner (en avant, en arrière !) et pense reprendre l’épée, soit samedi, à Villarejo de los Ojos, soit dimanche, à Valladolid.
     De son côté, Davila Miura reprendrait l’épée, samedi, à Villanueva del Arzobispo.
     Pour ce qui est du Juli, les médecins ne sont pas d’accord pour qu’il revienne, aujourd ‘hui, pour la corrida du centenaire, à Huelva.

     Par ailleurs, Paco Ojeda et Antonio Barrera seront absents de Nîmes : Leurs postes seront respectivement couverts, les 13 et 15 septembre par Javier Conde et … Cesar Jimenez, qui va donc toréer deux fois, en trois jours. Pas à dire, cela sert… d’être de la casa !

     (Voir les affiches de Nîmes, dans notre section « Carteles »)

 

PALENCIA ET "SON" MORANTE DE LA PUEBLA…

     5 Septembre : Allez donc savoir pourquoi, cela fait trois ans que la petite ville de Palencia, qui, avouez le, n’a rien à voir avec les villages blancs d’Andalousie, a la chance de voir un « grand » Morante de la Puebla. Hier, cela débuta fort mal, mais à la fin, le Morante "ouvrit le grand flacon", et Palencia s’en délecta, une fois de plus. Que suerte !

     4 Septembre – PALENCIA – Dernière corrida de Feria – ¾ de plaza : Corrida de Torrestrella, dont les trois premiers paraissaient très jeunots et "bien limite" ; Le cinquième était un costaud, que Jose Tomas fit « réduire » par ses piqueros. Le sixième fut rentré pour invalidité, et remplacé par un Nuñez del Cuvillo, faible et noble.
     David Luguillano (Ovation et silence) débuta fort, par deux largas à genoux. Durant sa faena, nerveuse, il fut sérieusement bousculé, se relevant avec un gros varetazo à la cuisse, et une possible entorse de la cheville droite. Il ne voulut pas voir le quatrième, et fit tout ce qu’il fallait pour que le toro ne le voie pas non plus…
     Jose Tomas (Ovation et une oreille) donna deux faenas "kilométriques", pleines de toreo « en ligne », et d’enganchones, pour, enfin, tirer quelques muletazos dignes de ce nom. Tua mal le premier, et vite, le cinquième qu’il avait fait trop piquer. Ses « fans », venus d’ailleurs lui firent couper une oreille que tout le monde avait oubliée, la vuelta terminée. Ayyyyy !
     Morante de la Puebla (Grande bronca et une oreille) a fait donner deux puyazos bien trop lourds à son premier, pour se plaindre, après, que le toro n’avançait plus. Palencia se fâcha avec « son » Morante. (Normal ! Qui aime bien etc… !) Par contre, il se laissa aller à « ressentir le Toreo », face au bon dernier : longues véroniques et faena « de total empaque », par séries courtes, intenses, closes d’adornos, comme seul il sait les sculpter… Il voulut tuer « al recibir », mais ne put porter qu’un pinchazo hondo, suivi d’un descabello. Il perdit ainsi la seconde oreille, mais, encore une fois, sortit ovationné, de « sa » plaza de Palencia.

 

LA "DERNIERE" DE JOSELITO… ET POURQUOI PAS ?

     6 septembre : Elle est bien bonne ! La rumeur s’est donc confirmée : Jose Miguel Arroyo « Joselito », blessé le 17 Juin en plaza de Nîmes, victime d’une fracture extrêmement compliquée, pourrait reprendre l’épée en lidiant directement « six toros, tout seul », en plaza de Zaragoza, là, dans un mois. La négociation est en cours, et la décision devrait se prendre rapidement, puisque l’empresa veut annoncer, mardi, les cartels de la Feria del Pilar 2002.

     On ne peut que rester abasourdi devant un tel projet.
     En même temps, on peut se dire deux choses : « Ou c’est un énième coup de bluff de la MAC (« Martin Arranz Corporation »), ou c’est du sérieux, et  là on s’inquiète, parce qu’en plus… cela pourrait bien marcher, telle qu’est la tauromachie actuelle ».

     Soyons clair : Avant sa blessure du 17 Juin, Joselito n’allait pas bien, n’était pas bien… Les premières ferias l’avaient vu errer de-ci, de-là, plaquant quelques détails de lumière dans un océan de grisaille… Cela faisait deux ans qu’il en était ainsi. La cogida de Nîmes l’a condamné à de longs mois d’immobilité et « d’éloignement des toros », même s’ils restaient son quotidien. Le matador est resté longtemps chez lui, entouré des siens, à voir gambader son petit bout de chou, heureux comme tout père qui se respecte. De longs mois sans toucher une muleta ou une épée. De longs mois sans penser « Comment seront les toros, demain ? » ou « Là, j’ai fait une erreur, il faut que je rectifie cela, au carreton ! ». De longs mois sans la tension, sans ce stress qui les fait tenir…
     Et l’on voudrait nous faire croire qu’il peut revenir comme cela, et prendre six toros, seul … Hombre ! Algo no va !
     Certes, Joselito est un maestro ! Certes, il est habitué à ce genre d’exploit. Il n’est que de rappeler la Bienfaisance 93, à Madrid, ou la Goyesca 96, en cette même plaza. Il n’est que de revoir les images de Valladolid… Certes, il est très aimé à Zaragoza, où il prit seul six toros, en 1994, au cours d’une corrida dantesque, où il fut sévèrement accroché, dès les premières minutes. Certes…
     Mais depuis, Joselito a connu de sévères contre performances, en « Seul contre six » : On se souviendra de San Sebastian de Los Reyes, de Malaga, de Séville, à la San Miguel 98 (corrida qui précipita sa retraite), et plus près de nous, le « one torero show » au Palacio de Vista Alegre de Madrid, en tout début 2001, où Joselito se ramassa dans les grandes largeurs et ennuya le monde…
     Et l’on veut nous faire croire que, vu tous ces éléments, un torero peut revenir ainsi et prendre six toros ?

     Le pire de tout, c’est que cela pourrait bien marcher !! Avec une plaza « a favor », et une corrida « de dulce », qu’il faut maintenir, qu’il faut « mimar », parce que noblona et faiblote, Joselito peut venir, laisser un moment ses béquilles, et prendre les six bichos, « sans se décoiffer »…

     Si cela se fait, cela voudra dire… que nous sommes tombés « encore plus bas » que nous le pensions !!!!

 

LE 5 EST PASSE… VAUT MIEUX PENSER AU 6 !!!

     6 Septembre :  Il y avait, hier, deux événements importants : La corrida du centenaire de la plaza de Huelva, et « la corrida del motin », en plaza de Aranjuez. On s’en faisait une fête… on repassera !
     Dans la première, on pensait célébrer cela « en grandes pompes », mais on ne réussit même pas à remplir une arène de 7123 places, et la corrida n’a rien donné. Du côté d’Aranjuez, à quelques kilomètres de Madrid, la traditionnelle corrida de septembre n’a réuni que « la moitié » d’une plaza de 9600 places… et n’a rien donné non plus.
     Oui vraiment, le 5 Septembre est passé, vaut mieux pensera au 6, et mettre cap au Nord Est, où Arles débute aujourd’hui, « si le temps le permet »…

     5 Septembre – HUELVA – Corrida du centenaire de la Plaza – 2/3 de plaza : Le Juli n’a pu réapparaître (cela se fera en Arles) et a été remplacé par le Finito de Cordoba.
     Trois toros de La Dehesilla et trois de Jose Luis Pereda, qui n’ont rien donné. Seul le lot d’Emilio Silvera a permis de s’exprimer.
     La seule oreille du jour pour le local, Emilio Silvera, dont on reteindra de bonnes naturelles au quatrième toro – Enrique Ponce fit de vains efforts devant « deux impossibles » – Finito ne se cassa pas la tête, mais le fit élégamment.

     5 Septembre – ARANJUEZ (Madrid) – Corrida dite « del Motin » - ½ plaza : « Desolation row… » à quelques kilomètres de Madrid, avec, au cartel, le triomphateur de la San Isidro !
     Quatre toros d’Alcurrucen, un des Lozano (6ème) et un sobrero de « Los Derramaderos »  (2ème) : Tout le monde faible et sans jeu !
     Les trois toreros ont fait ce qu’ils ont pu, recevant les ovations finales d’un public blasé. Pour le souvenir : Un grand tiers de banderilles d’Antonio Ferrera, au premier de la tarde ; et le toreo de cape, remarquable, de Cesar Jimenez. Ensuite… que voulez vous qu’ils fassent !

     Pas à dire, Joselito peut revenir demain… et "nous en faire gober" une douzaine !

 

MADRID, EN AUTOMNE…

     6 Septembre : La Feria de Otoño commence à prendre forme. Elle se déroulera comme d’habitude, en deux gros week end : les 4, 5, 6 et 11, 12, 13 Octobre : Quatre corridas, une de Rejoneo et une novillada, qui ouvrira le cycle.

     Pour le moment, les « choses sûres » sont les suivantes :
     Vendredi 4 Octobre : Novillos del Ventorrillo, pour Matias Tejela (novillero triomphateur de la San Isidro), Jose Luis Miñarro (le petit valenciano qui a fait un tabac, cet été, aux nocturnes de Via Digital) et Reyes Ramon, lider actuel de l’escalafon inférieur.
     Samedi 5 Octobre : Trois toros d’Alcurrucen, et trois de Nuñez del Cuvillo, pour Rivera Ordoñez (qui fut bien, ici, l’an passé, dans ces mêmes circonstances), Eugenio de Mora (torero « de la Casa ») et « El Fandi » (qui est la seule « vedette », actuellement, à accepter le défi madrilène . Superbe !).
    Dimanche 6 Octobre : Toros de Adolfo Martin. Actuellement, le seul « probable » est… Frascuelo.
     Vendredi 11 Octobre : Corrida de Rejoneo : Toros de Fermin Bohorquez, pour Leonardo Hernandez, Pablo Hermoso de Mendoza et Andy Cartagena.
     Samedi 12 Octobre : Toros du Puerto San Lorenzo. Anton Cortes et Fernando Robleño semblent « fijos »
     Dimanche 13 Octobre : Toros de Victorino Martin, pour Luis Francisco Espla (Le chouchou de ces dames !), Luis Miguel Encabo (triomphateur de la Victorinada de la San Isidro, et Manuel Jesus « El Cid », (imposé par Victorino, suite à son triomphe de Bayonne, et à qui l’on souhaite « la même estocade ». Que bueno !) 

 

GOYA DONNE « LE PISTOLAZO »

     7 Septembre : On pourrait voir un bandit de grand chemin, genre Curro Jimenez, dévaler les pentes de la sierra, un pistolet dans chaque main, vous savez, ces énormes pétoires qui pouvaient à tout moment "vous péter à la figure"… Mais, comme nous sommes « aux temps modernes », de ceux dont on se dit que "pour abattre un dictateur terroriste, il faut à toux prix affamer son peuple", on ne retiendra que l’image bien plus pacifiste d’une épreuve d’athlétisme, dans un de ces stades immenses, où des gens heureux vont applaudir des jeunes héros en quête d'une éphémère gloire … Qu’elle soit « de sprint » ou « de fond », la course débutera toujours par le coup de pistolet du starter. Et le starter, aujourd’hui, s’appelle Goya !
     Bon, je sais, pas besoin de toutes ces circonvolutions pour dire que la Goyesga de Ronda marque le début d’une grosse semaine, d’une importante compétition… Que voulez vous ? C’est samedi, et l’on a rallongé le quota des heures supplémentaires… alors ! 

     Ce soir, Ronda va donner sa célèbre corrida Goyesca. Créée en 1954, elle est « la » corrida de l’année que la gentry espagnole ne peut se permettre de manquer. Le spectacle est autant dans les gradins que le ruedo, du genre « Tu sais, j’étais placé à côté de la… oh, comment elle s’appelle déjà ? la pétroleuse que l’on voit toujours dans « Gente »… Ben tu sais, sans le maquillage et les sunlights, faut vraiment en avoir envie… J’aimerais la voir le matin quand elle se lève ! » No me diga !
     Ronda, c’est quand même, aussi, les Toros. Oh, en général, ils sortent « a modo », pour que la terna y puisse « rêver le Toreo »… Mais des fois, cela sort « à l’envers » Alors, on s'ennuie élégamment!
     Cette année, Fran Rivera Ordoñez, propriétaire et empresa de la plaza, a jugé bon de « se » faire un contrat, et de défiler, encadré de Curro Vazquez et « El Juli », qui fera son premier paseo à la Goyesca. Les toros seront de… Domingo Hernandez. Que croyez vous donc qu’il va arriver?  De grands détails de Curro, la grande volonté de Rivera Ordoñez et… sortie a hombros du Juli…

     En fait, Ronda donnera donc le coup d'envoi de trois ferias : Valladolid, Salamanca, Albacete… 
     Des trois, Salamanca sera la plus importante. Outre la rencontre au sommet Juli - Ponce – Tomas, on devra suivre « le challenge salmantino ». En effet, Javier Valverde y jouera « une grosse carte », et sera d’autant motivé que Javier Castaño, son copain mais concurrent salmantin, est en train de renaître de ces « jeunes cendres ». Par ailleurs, il faudra suivre l’accueil réservé au Fandi et à Antonio Ferrera. 
     Pour le moment, côté ganado, c’est la corrida de Montalvo qui a eu, au débarquement public, le meilleur accueil. Atanasio a intéressé, mais le lot du Capea a écouté des sifflets… 
     Pourtant, en terre ganadera, c’est le cartel torero qui remplit la plaza (comme partout !) : Les toros du Capea ont été sifflés… mais on ne trouve plus un billet, pour cette corrida du 10 : Finito, Tomas, Juli. On pense que celle du 9 fera aussi « No hay billetes » (Ponce, Juli, Valverde), ainsi que la corrida rejoneadora du 21. Grosses entrées prévues pour le 11(Espla, Ferrera, Fandi) et le 14 (Puerto, Tomas, Valverde).

     « Pistolazo », à Ronda… un coup «à blanc » ! 
     « Feu à volonté ! », un feu d’honneur, à Salamanca, Valladolid et Albacete… au grand plaisir des aficionados... à condition que Bush ne fasse pas donner « une autre artillerie » !!!! Quieto, Georges !

 

DAX, COURAGEUSEMENT…

     7 Septembre : Ben oui ! Que voulez-vous, il faut le dire ! Y a pas de raison ! Dax va donner, ce soir, sa troisième corrida concours ! 
     On a beau « danser Salsa », les toros restent quand même la priorité, et, après ce qu’il faut bien appeler « l’échec » de la concours 2001, on pouvait se demander si l’on allait retenter l’expérience. Dax le fait, avec courage et panache. Asi que… Monterazo !

     L’édition 2000 avait été passionnante : bien organisée, en particulier dans l’information donnée aux aficionados, et cette trouvaille du « referendum taurin », désignant le vainqueur. Quatre des six toros avaient brillé, et le Cebada avait remporté la timbale. Muy requetebien !
     En 2001, on a tous roupillé, car les toros ont imité les pilotes d’Air France…(Vous suivez ?) En sortant, on se disait : « Manque une case dans les bulletins de vote : la case « Desierto »…Prix non attribué. Pendant ce temps, un petit malin mettaient 400 bulletins au même nom et… Bref ! On pouvait penser que la formule avait vécu, d’autant que trouver des ganaderos qui jouent le jeu de la concours, en telle époque de vaches maigres, et en fin d’année, boudiouuuu !

     Dax n’a pas reculé, et veut jouer la belle ! Troisième manche, le set définitif ! Ou cela passe, ou l’on n’en parle plus.
     La bonne volonté ne peut être mise en doute. L’histoire du vote populaire « à géométrie variable » est difficilement gérable, sauf à remettre en cause l’essence même de la formule. 
     Eh bien, ils l’ont fait : cette année, il y aura un jury, et l’on connaîtra, en fin de spectacle… le résultat des courses ! Ce jury sera composé des représentants des Peñas et Clubs Taurins de la ville et de quelques aficionados réputés. Como tiene que ser !

     Cette année : Espla, qui réapparaît, Meca, qui remplace Zotoluco, et Denis Loré, auront à charge de « lucir », de faire briller six toros qui sortiront par ordre « de antiguedad ».
     Espla prendra un Hernandez Pla et un Conde de la Maza ; Fernandez Meca, respectivement, un Conde de la Corte et un Escolar Gil ; Denis Loré, quant à lui, aura à lidier le Guardiola et le dernier,de Fuente Ymbro… Curieux, ce dernier choix, dans une corrida à l’identité « dur dur ! » Mais… cuidado con el !

     Des favoris ?  « Hombre ! Los toros, como los melones son ! »… Mais risquons nous : On sort Conde de la Maza et Escolar Gil… parce que plus réputés pour leur dureté, mansedumbre ou media casta, que pour autre chose…. On doute un peu sur le Conde de la Corte… et l’on garde un tiercé « Guardiola, Fuente Ymbro, Hernandez Pla »…
     Et vous ? qu’en pensez vous ?
     Tiens ! Un petit jeu… où il n’y a rien à gagner !!! On publiera le nom de ceux qui donnent le toro vainqueur de la concours. Dernière limite pour envoyer votre mail (à mon adresse perso – voir page d’ouverture), ce samedi, 17 heures… Voyons… Allez, risquez vous. Croyez moi, c’est plus facile que de dire le score exact de « Chypre – France »…
     A propos, vraiment un gros merci pour votre fidélité et vos mails de gentillesse. Et aussi « vraiment » toutes nos excuses pour ne pouvoir y répondre… Ils sont trop nombreux, et nous sommes… « trop seuls » ! Pero de verdad, muy agradecido… (1590 pages visitées, le 2 septembre… et ce n’est pas « du pipeau » !)

     En tous cas, grande bonne chance à la concours de Dax, et aux lidiadores. Se la merecen ! Et puisqu'on y est...allez, ne soyons pas vaches..."Suerte!" aussi aux bleus! Il en ont vraiment besoin, eux!

 

« EL JULI », L’ARLESIEN… 

7 Septembre: Ce gamin-là a vraiment du chien! Combien de rabos, le Juli a t’il coupés depuis qu’il a fait son premier paseo en bords de Rhône ? Quelque chose se passe entre ce jeune gladiateur et cette formidable plaza… Aller voir le Juli en Arles, est une garantie d’émotion et d’enthousiasme… Hier encore, « ça n’a pas loupé ! »
     Curieux, cette césure entre Sud Est et Sud Ouest… Ici, en bords d’Atlantique… « le cuesta », il en coûte au Juli ! Dur de rentrer dans le public, même si Bayonne le voit triompher, même s’il sort à hombros, à Mont de Marsan, même s’il n’est jamais vraiment « entré », dans le cœur de Dax…
     Là-bas, comme fouettés par un mistral d’amitié et de bienveillance, le public et le torero respirent d’un même rythme, et conjuguent leurs émotions…
     Hier, Julian Lopez a repris l’épée en Arles, et a coupé « tous les trophées » du cinquième, entraînant avec lui dans le triomphe, un toro qui n’en méritait peut-être pas tant…
     A ses côtés, dans cette plaza, il en est un qui se transcende également, c’est Jean Baptiste. Déjà, on l’avait vu « bien, bien », à Bayonne, et on se disait que « No problem ! ça reviendra ! ». Hier, Juan Bautista a confirmé que « cela vaut le coup d’attendre…

     6 Septembre – ARLES – 1ère de la Feria « du Riz » - ¾ de plaza . (Correspondance)  La corrida de Jose Luis Pereda, correctement présentée, a déçu, parce que manquent de moteur, manquant de race… En cinquième, sortit un de la Dehesilla, toro arrêté que le Juli transforma en toro de faena, au point qu’on lui donna « vuelta al ruedo ». (Hombre, pues ! continuons ainsi). Son nom sur les plaquettes : « Tripon », N°78 – 530 kgs.
     Morante de la Puebla débuta bien, puis s’en est allé « pabajo », en même temps que ses deux adversaires. On retiendra de bons détails au capote, et quelques muletazos tirés à fond, très élégamment… Mais…pabajo ! Ovation et silence.
     El Juli a sidéré tout le monde en inventant littéralement une charge au cinquième, se mettant à bout portant, le pressant comme un citron, le transformant en « carreton mécanique », et terminant son cours par « une épée maison ». Deux oreilles et la queue. Devait on accorder « le rabo » ? Devait on donner vuelta au toro ? Attention, on parle ici d’une histoire d’amour. Donc…
     Juan Bautista a paru enfin se sentir « a gusto » devant le troisième, qu’il toréa relâché, templé, alternant le fondamental, profond, et le  brillant, mais non clinquant. Deux oreilles qui doivent lui faire un bien énorme et panser bien des plaies à l’âme… Vamos, Torero...

 

RIVERA ORDOÑEZ : « AVANT » ET « APRES »… LA GOYESCA 2002

     8 Septembre : Paquirri a mis cinq ans pour « se templer ». Novillero valeureux et vibrant, il fit des premières années de matador « en athlète du Toreo », banderillant « plus volontaire qu’académique » et maniant la muleta à une allure vertigineuse. Hors ses yeux turquoise et deux ou trois triomphes majeurs, à Séville et Barcelone, Paquirri aurait pu disparaître, au bout de six ans, ou se cantonner à un poste d’agréable segundon. Et beaucoup le considérait ainsi.
     Mais, premièrement, il avait de la caste ! Et deuxièmement, il avait le toreo dans la peau ! A un moment, cela devait sortir ! Et de fait, ce fut une explosion, d'un coup, en 71 : Madrid, Pamplona, et en particulier à la corrida des Pablo Romero de Valencia, en Juillet, lidiée en compagnie d’Antonio Ordoñez et Paco Camino (s’il vous plaît !). Ce jour-là, « le toreo lui est rentré dans la tête », et l’on vit grandir un torero « lidiador puissant », muletero honorable, et grand estoqueador. « Le moins bon » était ce que la majorité du grand public allait voir : Paquirri et ses banderilles…
     En 1980, Paquirri était le N°1, jusqu’au jour où un burraco de Torrestrella « faussa ses calculs » et lui mit une terrible voltereta, en porte du toril de la Maestranza. Cette cogida «a portagayola », jamais il ne l’oublia…
     Puis… Paquirri s’en fut, un triste soir de Septembre 84. Pozoblanco ! Un petit toro de rien… Le destin maudit.

     Quelques années après, on parla de son fils Francisco, et l’on en dit des merveilles… Fils de Paquirri, petit fils d’Antonio Ordoñez. Cela « ne pouvait manquer » ! Effectivement, l’alternative de 1995, et la triomphale feria de Séville semblaient confirmer que le fils allait débuter depuis « les sommets » où son père était parvenu : Technique, temple, esthétique même si on ne parlait pas d’art…
     Puis les années se succédèrent : Fran Rivera faisait plus parler de lui dans la presse du cœur, que dans les ruedos… Faut dire que sa mère, Carmina Ordoñez, s’y entendait pour raviver scandales et polémiques. Fran, marié à une princesse, essayait bien de donner le change, mais…
     Au bilan, une longue traversée d’un désert doré, protégée par un apoderamiento « familial », et…l’horizon tout gris. Une suite annuelle de corridas où, quelquefois, on se disait avec surprise : « Pourtant, il peut avoir de la qualité ! », comme il y a deux ans, à San Sebastian, ou à la dernière feria d’Automne de Madrid. Mais la plupart du temps, un toreo brusqué, forcé ; un registre « très court », et une épée qui fonctionne « une fois sur dix »…  le tout avec un air boudeur…

     Cette année, changement de tableau : Changement d’apoderado ! Changement de vie ! Changement « d’ilusiones », ou presque… Fran torée beaucoup plus, car Pepe Luis Segura se bat bien. Le torero répond : Plus de régularité, plus de sécurité, plus de sympathie… l’horizon se dégage.
     On dit : « feu de paille ! » Certes, il coupe les oreilles, mais son toreo n’a pas changé : « brusque, forcé, court ! »… jusqu’à « hier » !

     « Hier », 7 septembre 2002, Francisco Rivera Ordoñez a peut-être donné la meilleure faena de sa vie, toréant « a gusto », relâché, magnifiquement « templado », avec une pointe certaine d’expression artistique. Cela s’est passé « chez lui », dans le jardin de son grand père, dans la plaza de Ronda. Faenon et grosse estocade.
     Bien sûr, vous allez dire : « Ja, Ja ! Ronda, la Goyesca et ses becerros ! » Vous aurez peut-être « un peu raison », mais pas tout à fait ! Que la corrida vienne « bonita » et « préparada », c’est probable, mais elle reste une corrida (Et Juli a bien failli en faire les frais)… D’autre part, avant ce 7 septembre, Rivera Ordoñez en a rencontré « un paquet », de bonitos et preparados… mais il ne les a pas toréés…
     Le Toreo se passe probablement, à 80%, « dans la tête »… C’est « la tête » qui transmet aux jambes, aux bras… et aux c… ! Chhhttt!
     Si le torero a pu faire cela à un toro « moyen », il pourra le faire, à un grand, armé « comme ca » ! C’est dans la tête…
     Francisco Rivera a t’il "déclenché", hier, comme son père le fit, un jour de 1971 ? On le souhaite, et on va le voir très vite… Ne vient il pas à la feria d’Automne ? Jose Luis Segura a fait des miracles, cette année, et malgré la mauvaise lésion de Juin, le torero « a répondu ».
     Sans espérer de vertigineux sommets, on peut attendre une grosse saison, l’an prochain, car hier, 7 septembre 2002, à la Goyesca de Ronda, Fran Rivera Ordoñez a prouvé au monde en tier, « et à lui-même », qu’il peut…

     7 Septembre – RONDA – 46ème corrida Goyesca – No hay billetes – Mauvais temps (il a plus pendant la lidia du premier) : Cinq toros de Domingo Hernandez et un de Garcigrande, sorti premier. Corrida terciadita et « régulièrement » armée. Mais ce fut loin d’être des bonbons inoffensifs. Peu de caste et mauvaises idées. Mansedumbre générale. Une corrida comme il en sort pratiquement partout, et dont on qualifie le comportement d’un « inégal », qui veut tkut dire.
     Curro Vazquez se présentait à Ronda. Vêtu d’un « goyesco » violet et noir, il se méfia du vilain premier, mais donna, en discontinu, de très bons détails au quatrième. Cependant, aurait pu faire mieux. (Sifflets et applaudissements). A noter une anecdote : Rivera Ordoñez décida de banderiller le cinquième et alla offrir une paire au Juli. Normal ! Curro Vazquez sortit de burladero et réclama, également une paire de banderilles, s’invitant également au festin. Ce fut un peu bousculé, se faisant un peu « tutoyer » au premier passage, et laissant un palo dans le sable, au deuxième cuarteo. Mais il l’a fait !  Cependant, quand Juli rendit la politesse à Rivera, au sixième, Curro resta tranquille, au burladero. Ozu !!!!
     Rivera Ordoñez, de fraise et noir habillé, a connu une « grande tarde ». Grande et peut-être capitale. Déjà, il avait été bien, avec un premier manso, qu’il avait mal tué. Ovation, après petite pétition). Mais la surprise arriva devant le cinquième, devant lequel le fils de Paquirri toréa très relâché, très templé, lentement, sans que la corne ne touche une fois la muleta. A gusto … y con gusto ! Cette faena qui en a surpris plus d’un, se clôtura d’un grand volapié, et deux oreilles, logiques, vinrent récompenser ce  « retour » du Fils de Paquirri. A suivre, dans les prochains jours.
    El Juli a mis toute la caste que ses toros n’avaient pas. Son premier n’avait rien à dire, et Juli alla lui voler quelques passes aux barrières de pierre. On l’ovationna très fort. Aiguillonné par le triomphe de son aîné, le madrilène se mit en guerre avec le sixième, manso, en un combat de hargne, un « arrimon » du style « mais tu vas avancer, oui ? », au point de se faire très vilainement prendre dans un cite au pecho. Sans regarder son costume blanc et noir, et sans « se » regarder, le Juli reprit sa bataille et « démolit » l’adversaire, d’un énorme volapié, un poil tombé. Deux oreilles et sortie a hombros, en compagnie de Francisco Rivera Ordoñez.

 

DAX : « DESIERTO » !

     8 Septembre : Décision courageuse, mais décision normale, au dire des présents : Certes, le Guardiola « y est allé » quatre fois, mais à la fin… plus de toro ! C’est le risque, en corrida concours… Donc, aucun toro n’ayant été « complet », le jury a préféré ne pas attribuer le trophée, clôturant ainsi, par une décision sérieuse, une corrida qui ne le fut pas moins.
     Et nous, ensemble, avec notre petit concours improvisé… on est de la revue ! Ceux qui avaient voté « Guardiola » (7), sont passés tout près ! Pour le Fuente Ymbro (4)… pues no !

     En fait, les vainqueurs de cette troisième corrida concours de ganaderias, furent… deux hommes ! L’un, Fernandez Meca, dont Dax s’est totalement amourachée… L’autre, « Fritero », se montra en grand picador, face au Guardiola. L’ovation qui salua sa sortie, justifie en tous points le trophée au meilleur piquero. Superbe !
     Un autre cavalier sortit sous les bravos. Son actuacion avait été proportionnelle aux qualités et surtout défauts du sixième, mais le Sud Ouest tint à saluer comme il se devait, le prochain départ de Michel Bouix, après tant de grandes tardes données, la pique à la main.

    7 Septembre – DAX – Corrida Concours – 2/3 de plaza – Tarde agréable  - On respecta une minute de silence, en hommage à Manolo Chopera.
     Corrida concours "de ganaderias". Et donc, logiquement, elle dépend… du ganado. Pour l’édition 2002 : Présentation très sérieuse des toros, et comportement très inégal. Les quatre premiers eurent des premiers tiers intéressants. Ensuite, cela baissa de ton.
     Luis Francisco Espla joua facile devant le toro d’Hernandez Pla, très bien présenté, en pur Santa Coloma. Toro un peu soso et de peu de force. Il alla trois fois au cheval, mais… Tellement facile, Espla, qu'il ne prit pas garde et se fit méchamment bousculer, après un tiers de lame. On a craint, un moment, pour le « bas ventre », et pour le poignet. Mais il n’en fut rien, heureusement, et l’alicantino est revenu régler son affaire au Conde de la Maza, dont on pensait qu’il serait comme ses frères : con sentido. Silence et Ovation, pour un Espla qui souriait « jaune ».
     Stéphane Fernandez Meca est sorti « a hombros », en ayant coupé une oreille de chaque toro. Le public demanda fort, la seconde, après le bon recibir porté au cinquième. Bon ! Le nîmois se battit avec le Conde de la Corte (armé « como los de antes ») qui fit preuve d’un méchant caractère. Meca se montra, à son habitude, valeureux et  gladiateur movidito. Le cinquième, d’Escolar, ne permit rien au premier tiers. Par contre, Fernandez Meca sut mettre à profit une dizaine de bonnes arrancadas, toréant plus calmement et réussissant un grand final : Muleta pliée au bras, le matador calcule sa distance, se cadre, cite le toro, avance le pied, et, son corps porté en avant, « reçoit » la charge, pour une grande estocade qui, à elle seule, justifie le trophée.
     Denis Loré n’a pas eu de chance. Comme cela arrive souvent en concours, le bon toro « donne tout » au premier tiers, et ne dit plus rien, à la muleta. De ce fait, le torero « qui a besoin » d’un triomphe, s’escrime en vain. Le toro « Adanero » de Guardiola était vainqueur du concours, jusqu’à la troisième passe de muleta. Il avait pris trois grosses piques, partant de loin, poussant, restant un peu trop au peto. Fritero avait fait les choses « en toute règle », et avait reçu de grandes ovations. On demanda « le regaton », pour une quatrième charge, et le toro fonça, encore, et y donna toutes ses forces. Denis Loré essaya bien de l’alegrar, de le soutenir. Mais le toro était fini, à la deuxième statuaire. La mort dans l’âme, le nîmois dut conclure. Tristesse générale. Il fut bien au sixième, mais le Jandilla avait été décevant à la pique, et personne n’y croyait plus. Silence et quelques bravos, pour un Denis Loré qui, pour une raison ou une autre, ne passe pas la rampe en terres de Gascogne.

     Ce dimanche 8 septembre, la méteo n’est pas bonne. A ver si hay suerte ! 
     Ce matin, Serranito, mené par Rafael de la Viña, remplacera le jeune Bolivar, aux côté de Fernando Cruz, face à du ganado de Torrestrella.
     Ce soir… le mano a mano entre Enrique Ponce et Jose Tomas, devant des Zalduendo.

 

BEAUCOUP DE TOROS…HIER !

     8 septembre : Les deux premiers week end de septembre sont terribles… Corridas et novilladas partout… Trop à la fois ! Donc, forcément… « informations-flash » !!Sachez donc que :

     Pablo Hermoso de Mendoza a triomphé, hier, en Arles, mais que la plaza ne s’est pas remplie. Trois oreilles, tandis que Leonardo Hernandez fait un trophée, et que Rafi Durand est applaudi.

     La Feria de Valladolid a débuté par une novillada « de lujo », au cours de laquelle le fils de Jose Maria Manzanares a estoqué trois novillos et coupé « deux fois deux oreilles ». Les novillos étaient de La Plata. Le jeune triompha pleinement, mais sans émotion. Se fit prendre très durement par le quatrième, contre les planches, son père essayant de le tirer, par-dessus la barrera. Pas de mal, heureusement. Blessure à l’aisselle de Joselillo, qui glissa, lors d’un quite par chicuelinas.

     A Navacerrada, le novillero Ivan Romero a recçu, en banderillant un novillo de A.P, une grosse cornada qui touché l’artère fémorale de la cuisse droite. Après des premières heures alarmantes, il semble que la situation soit sous contrôle.

     A Medina del Campo, devant une mansada de Manuel Angel Millares, Miguel Rodriguez coupe trois oreilles, mais prend une cornada grave dans la cuisse droite. Oreille de chaque toro pour Vicente Barrera.

     A Malaga, il est sorti une corrida de Peralta, des mieux présentées, au cours des dernières années. Corrida sérieuse, avec trois bons toros. Le Cid a été très bien, et … a bien tué. Oreille de son premier. Une oreille aussi pour Fernando Camara, (qui toréa bien, mais « no mato ») et Curro Vivas.

     A Cintruenigo, en Navarre, La corrida de Arauz de Robles permet au Cordobes et Francisco Marco, de couper deux trophées à leur second adversaire. Uceda passe, discrètement.

     A Utiel (Valencia), Manolo Caballero a encore connu une grande tarde : Trois oreilles à une bonne corrida de Montalvo, tandis que Carrion et Califa sont ovationnés.

     A Ejea de los Caballeros, en Aragon, les toros de Los Guateles ne disent rien, sauf le cinquième. Morante lui met trois véroniques « comme les anges » et lui coupe la seule oreilles de la journée. Ponce  a une poisse noire, et le petit Jesus Millan, « de la terre », coupe une oreille de chaque.

     A Illescas, près de Tolède, la corrida de Juan Albarran est sortie difficile. Triomphe de Cesar Jimenez, avec trois oreilles, tandis que Liria coupe une au quatrième.

     En plaza de Haro (Rioja), du bon vin, mais bien peu de monde, pour une corrida, très dure, de Sanchez Ybarguen. Le colombien Dinastia coupa l’oreille du quatrième, la seule du jour. Jose Antonio Iniesta et Julien Lescarret « cumplieron ».

     A Villarubio de los Ojos (Ciudad Real), Ferrera fait un tabac : trois et rabo, tandis que Padilla coupe deux eu quatrième. Le mexicain Bricio est applaudi. La corrida d’Atanasio : Mala. Qu’a t’il donc fait au cinquième, pour couper deux oreilles et la queue ?

     A El Alamo, près de Madrid, la corrida d’Adolfo Martin est sortie « comme ça » ! Encabo, Robleño et Sanchez Vara coupent, chacun, un trophée.

     A  Villarubia del Arzobispo, Davila Miura a été ovationné pour son retour aux ruedos, mais Victor Puerto et De Mora sont sortis a hombros, coupant une oreilles à chaque toro. La corrida était de Los Bayones.

 

DAX : "DE CHAIR ET DE BOUE…"
Ponce et Tomas "toréent" sous la pluie.

     9 septembre : « Je n’y étais pas ! Donc… je me tais !  » Je ne peux que vous répercuter les informations, les observations et les sentiments d’une poignée d’amis qui eux, y étaient… et se sont mouillés… dans tous les sens du terme.

     Pas à dire, le portable, c’est vraiment un belle invention… le parapluie aussi ! Et si, malheureusement pour le Gard, ce parapluie n’a servi de rien, à Dax, par contre, il aura permis de garder quelques idées au sec.
     Ponce, miraculé de la fin Août, et Jose Tomas, éternel énigme, sont… comme nous, des êtres de chair et de sang. Nous voilà donc rassurés ! 
     Une fois pour toutes, les superlatifs  et les « emprunts aux nippons » sont à jeter aux oubliettes… Ponce et Tomas, sont « comme nous », mais avec quelque chose en plus : Ils sont « toreros » ! Pas samouraïs ! Toreros ! Et c’est pour cela qu’ils nous laissent bouche bée... Et c’est pour cette raison que nous courrons les voir, même si, parfois, l’un d’entre eux (toujours le même) nous hérisse le poil.
     Jose Tomas sortant de Bayonne… « On ne veut plus le voir ! », « Il ne f… plus les pieds ici ! » Oui, oui !! Ce même Jose Tomas sortant hier « des boues de Dax ! » : « C’est quand même un drôle de bonhomme, et un sacré torero !! »

     Que s’est il donc passé ?
     Il s’est passé que, respectant la tradition du temps gris et pluvieux qui préside souvent à la Salsa Dacquoise », ce mano a mano 2002 s’est terminée sous le déluge et dans la boue…
     Il s’est passé qu’un torero s’est montré « tel qu’en lui même », toréant avec cette intelligence et ce raffinement qui vous laissent pantois. Ce torero : Enrique Ponce, qui retrouvait « ses » arènes de Dax, après sa bien involontaire infidélité du mois d’Août.
     Il s’est passé, qu’asticoté par le triomphe de son