L'ACTUALITÉ TAURINE
(Octobre 2002)

 

"L’HEUREUX DEPART" DE CURRO VAZQUEZ

     1er Octobre : Longue et très intéressante entrevue, dans « El Pais » du 29 Septembre : Rencontre à bâtons rompus entre Agustin Diaz Yanes et Curro Vazquez, maestro à l’ancienne, torero « de toreros », qui va faire ses adieux « définitifs », le 4 Octobre, en plaza de Vista Alegre, au cours d’une corrida, en mano a mano avec le Juli.

     Curro Vazquez : 33 ans d’alternative ; tête « privilégiée » du Toreo des années 70/80 ; le corps zébré de blessures, et avant tout : Toreria, de tous les côtés.
    Sur ce long entretien, le diestro revient sans détour sur sa carrière, ses débuts, cette fin proche…

     C’est sa deuxième retirada… La première, bien triste, eut lieu en 1994. Cette fois, c’est différent… le torero s’en va, heureux.
     « Il y a quelques années, quand je me suis retiré pour le première fois, j’étais triste. Tout le monde était triste. Cette fois, c’est différent : nous sommes tous heureux. Artistiquement, j’ai réussi « plus » que je ne le pensais En fait, je n’ai jamais voulu être le Numéro Un, parce que j’étais conscient que je n’avais pas les qualités pour l’être.
     Avant, quand j’étais gamin, je passais mon temps à parler avec mes amis, des toreros que j’admirais : Bienvenida, Ordoñez, Antoñete,  Rafael Ortega, Paula, Camino, El Viti. Maintenant, il m’arrive d’entendre la même chose, à mon sujet. Alors, je me contente de cela : qu’on me prenne en référence, qu’on me respecte, qu’on dise mon nom, de temps en temps, et qu’on dise que j’ai été un bon torero… »

    Un torero « référence », un artiste exceptionnel, pur, hermétique, fidèle à lui même et à sa conception du Toreo… Une fidélité qui lui a coûté beaucoup de sang..
     « Les cornadas influent beaucoup sur ta carrière, surtout au début. Par exemple, la blessure du jour de mon alternative, en 1969. Celle-là m’a fait très mal « dans la tête », parce que c’était « mon premier toro », et qu’il ma mis une cornada très forte, très douloureuse… Je suis parti faire l’Amérique, mais j’en avais toujours les séquelles, « dans la tête »…
     Ensuite, les autres cornadas ne m’ont pas fait le même effet. J’étais plus préparé à cela. Par exemple, la très grave de 83, à Madrid. A la clinique, je pensais que je n’allais plus toréer de ma vie. Pourtant, je reprenais l’épée un mois plus tard, et toréais mieux que jamais… »

     Petit paragraphe sur la peur, et comment un torero peut arriver à surpasser sa peur, celle du public, celle de ses compagnons, rien que pour garder son propre respect : A ce sujet, l’anecdote du toro de Peñajara, de près de 700 kilos, qui, en plaza de Madrid, accrocha Joselito, l’enleva comme fétu de paille et lui mit la terrible cornada au cou. Tous,,sur le coup, eurent peur de fatales conséquences. Curro, chef de lidia, ce jour là, calma tout le monde, s’en fut au toro… et lui coupa une oreille.
     « Il pesait plus de 700 kilos. J’ai vu Joselito voler comme une poupée de chiffon, et j’ai aussitôt pensé : « si je n’y vais pas tout de suite, après, je vais avoir du mal ! ». C’est un de ces moments où, si tu as un doute… tu ne sors plus du burladero. Et c’est à ce moment là que ressort « la race » du torero… Peut-être qu’il m’est arrivé de la laisser dormir, parfois, mais quand venaient la tragédie et des difficultés, j’étais capable d’y apporter solution… »

     On revient à la corrida du 4 octobre prochain : Curro s’habillera à l’hôtel Victoria, comme toujours. C’était l’hôtel de Manolete. Curro connaît bien cette fidélité, qui fait partie de tout son parcours taurin.
     « Depuis tout jeune, j’ai aimé « être » avec les torero. J’avais plaisir à m’entourer « d’Anciens », et  à les écouter. Tant des banderilleros, comme Michelin, Almensilla, Tito de San Bernardo, que des matadors, comme Angel Luis Bienvenida, Domingo Dominguin… A les écouter, tu apprends autant, et tu t’entraînes aussi fort que devant le carreton… C’est tout un enseignement que de parler de toros, avec ceux qui savent, et qui « transmettent des choses »…
     « Dernièrement, j’ai passé deux jours avec Rafael de Paula. A Malaga et à Huesca. Le premier soir, nous avons parlé de toros jusqu’à quatre heures du matin. Pas seulement de faenas ou de muletazos, mais aussi de « comment on doit s’habiller », de « comment conjuguer les couleurs », de la façon d’être et de marcher, dans la plaza, hors du toro…Et de tout cela, Rafael de Paula en sait plus que personne…
     Le lendemain, à Huesca, il est venu dans ma chambre, pendant que je m’habillais. Personne ne peut savoir à quel point je me suis habillé ce jour, à la perfection et a gusto. Je voulais que tout soit parfait, devant Rafael. Au point même que mon frère Jose me dit « C’est un des jours où je t’ai vu t’habiller, le plus « a gusto »… Et c’est la vérité »

     Et puis, les souvenirs, les photos, la technique… Curro Vazquez, avec Paula et Antoñete, a été de ceux qui ont le mieux toréé de cape, dans les dernières décades… Il prend le capote délicatement, sans le pincer, le froisser, les paumes des mains vers l’extérieur, comme le naturel prolongement de ses poignets.

    « J’ai toujours aimer toréer, et « toréer bien », avec le capote. C’est plus difficile qu’avec la muleta, peut-être parce que les deux mains toréent en même temps. C’est difficile à expliquer.
     Tout ce qui est « d’arrêter » le toro, et de faire "aller les bras" à son exacte vitesse, le capote « templando » sa charge brutale… çà, c’est une merveille. Les capes ne doivent pas peser trop lourd, et ne doivent pas être trop « amidonnées » ou « encollées », parce si elles sont trop raides, tu ne peux pas les « dominer », avec les poignets. Et c’est avec les poignets que l’on torée bien…
     A la muleta, cela dépend de la condition du toro. Mais dernièrement, j’ai bien toréé à gauche, alors que cela m’étais plus difficile, au début. Je me sentais « plus à l’abri », à droite. Mais, à partir de la moitié de ma carrière, je pense que j’ai toréé mieux avec la main gauche. Maintenant, celui qui a le mieux torée de la gauche, ce fut Antoñete.
     A l’épée, c’est autre chose... et le torero sourit : « Cela a toujours été mon point faible, au point qu’un jour, pour conjurer le sort, j’ai même acheté un jeu d’épées à Calatraveño, qui était un tueur sûr. Ces épées avaient aussi appartenu à Chicuelo. Mais, même ainsi… En fait, c’est « son bras » que j’aurais du acheter…
     Mais bon, je n’ai quand même pas été « un désastre »…J’ai perdu beaucoup de triomphes, surtout à Madrid, à cause de l’épée, mais j’en ai tué aussi quelques uns « bien ». Et je n’ai laissé qu’un seul toro « partir vivant ». C’était à Valencia, un 18 Juillet, au temps de Franco…
     Pour moi, la date du 18 Juillet porte malheur : Il y eut trois années consécutives, à cette même date, où les toros m’ont fait mal. Une fois, très mal, même : Une cornada, à Tijuana. J’ai passé deux mois à l’hôpital, et il y avait tant d’américains qui venaient m’y voir, qu’un peu plus et j’apprends l’anglais…

     Tijuana… le Mexique…Il suffit de prononcer ce mot devant Curro Vazquez, pour que ses yeux brillent.
     « Mexico ! J’y suis parti en 1969, et le climat taurin y était alors extraordinaire. Alfredo Leal, et ce figuron du Toreo qu’était Manolo Martinez, me confirmèrent l’alternative.
     Après la corrida, Rodolfo Gaona est venu me voir, et avec lui «Cagancho ». Imagine.. Gaona devait avoir plus de quatre vingts ans, mais il était en grande forme. Ce jour là, j’avais été « fatal », avec l’épée. Alors on demanda à Gaona ce qu’il pensais de moi. Il répondit, avec son accent mexicain, si doux : « C’est que le garçon entre « a pinchar », mais pas « a matar »… Que bueno !
     Puis j’ai souvent été avec Cagancho (surnommé « le Pharaon aux yeux verts »). C’était un ami de ma belle famille. Il vivait tout près. Il aimait de longues conversations… sans se presser.
     A Mexico, j’ai passé des moments extraordinaires, au fronton… Il y en avait un qui portait le nom d’Antonio Velazquez, et où ne venaient jouer que des toreros… Des jeunes et des Anciens, comme le Calesero, ou le Soldado. Les anciens ne jouaient pas, mais faisaient un poker. Moi, j’alternais… je jouais un peu, et allais m'asseoir à la table. Et entre chaque partie, on parlait de Toros...

     Et puis, Mexico… c’est Manolete !
     « Il est celui qui a le plus influé dans notre passion pour Mexico ! » J’ai vu, des centaines de fois, le film de sa présentation, et même maintenant, je sursaute en voyant « la » demi véronique, ou une de ses naturelles, avec cette main, si basse… Je suis toujours ému par l’ambiance, les Olés ! les « Dianas » de la Plaza Mexico. Quelle personnalité ! Mexico « est »… Manolete !

     Et la conversation s’en va, avec le soir… On parle d’argent, de sa famille, de la motivation…
     Il connut sa femme, Pati Dominguin, au début, quand il mit le feu à Vista Alegre. Elle venait le voir, et lui, sentait bien qu’il y avait quelqu’un « de spécial », dans le tendido… Et cela le motivait d’autant plus… « Devant la femme que tu aimes, devant celle qui te plaît, tu es capable de faire les efforts les plus fous… »
     Ce qui l’a aussi motivé ? Que d’autres toreros viennent le voir. Il le dit, avec humilité, les yeux baissés… Curro Vazquez a toujours été « Torero de Toreros »… Quelque chose que ressentent les Aficionados, et la critique, parce que cela n’a rien à voir avec la gloire, ou l’argent, mais quelque chose de bien plus important : Le respect de « ceux qui savent »…
     « Dans cette profession, si tu n’es pas motivé, il est très difficile de rester devant le toro. Et l’argent n’a rien à y voir… Il faut être « tonto », pour penser que l’on peut gagner de l’argent, uniquement en se mettant devant un toro… Alors !
     Bien sûr, l’argent est important, et dans cette profession comme dans toutes, il faut essayer d’en gagner un maximum… Mais, crois moi, si la profession de torero avait été « en amateur », et que personne ne touche un rond, j’aurais toréé gratuit ! »

     Le 4 Octobre 2002, Curro Vazquez va toréer sa 100ème corrida, à Madrid (83 à Las Ventas et 17, à Vista Alegre). Seul a fait mieux Antonio Bienvenida.
     Cela a commencé à Vista Alegre, et cela se terminera là-bas. Curro Vazquez se retire, heureux et content…
     Le 4 Octobre 2002, se retire « Un Torero de toreros », un torero « pour des immenses minorités »… Un Artiste ! Le dernier des « indépendants »…
     Joie pour toute la famille… Tristesse pour l’Aficion… Ce monde, décidément ne peut être parfait !

 

L’AMERIQUE S’AFFICHE…

     2 Octobre : A peine Jaen aura t’elle fermé sa plaza que les toreros prépareront valises et esportones, et passeront « le Charco » (l’océan Atlantique), à destination de la Temporada Américaine…
     Une autre ambiance, un autre stress… d’autres conditions, d’autres publics…
     On va toréer moins régulièrement, sauf pour les plus en vue… mais on va souvent prendre l’avion. Cela, on n’aime pas trop ! Surtout là-bas. Rien que de se dire : « On va toréer à Quito ! », les plus aguerris en blêmissent d’avance, car ils savent qu’avant le paseo, il leur faudra supporter un piqué entre les montagnes et un atterrissage au ras des immeubles, genre « patrouille de France ».
     Bref, on avale ce qui reste de salive, et l’on parle « toros »…

     On débutera au Pérou, avec la Feria de Lima. Les cartels sont déjà affichés ! Seuls quelques privilégiés feront le voyage. Des anciens, seul Vicente Barrera se sauve, et les Ponce, Juli et autres Finito, laissent place à El Fandi, Antonio Ferrera et Cesar Jimenez.

     Puis, arrivera l’Equateur, avec ses corridas « de haute altitude » qui se déroulent à midi, à cause de l’inévitable orage, chaque après midi. Il faut gérer son souffle, bien rester concentrer… et boucher ses oreilles. En effet, la plaza d’Iñaquito est en bout de piste de l’aéroport international de Quito, et aux flonflons de la fête se mêlent les rugissements des réacteurs, poussés à fond, soit pour décoller, soit pour freiner en hâte… On ne sait ce qui est le plus rassurant...
     Quito et sa feria ensoleillée, chatoyante et généreuse. Joselito en est le dernier triomphateur… Il y retournera, cette année, mais à n’en pas douter, c’est du côté de Ferrera Fandi que le équatoriens lorgneront… 

     Mais, le « plat de consistance » de la saison américaine, plus que jamais, est la Colombie : Une vraie saison, de vraies ferias, une authentique Aficion…
     La Colombie, c’est, dans l’ordre, les ferias de Cali, Manizales, Medellin et la temporada en plaza Santamaria de Bogota. Début, fin décembre. Final à la mi février. Certes, les autres pays ont « du poids », mais… sortir triomphateur de ces plazas, dont les public ont un autre niveau d’exigence, ne peut qu’aider à faire monter la cote de l’heureux élu…
     Cette année, plusieurs noms volent au vent colombien : Avant tout, Cesar Rincon et son grand retour. Un peu trop gourmant, semble t’il, il n’a pas été retenu à Cali. Par contre, on le verra, sûr, à Manizales, Cartagena, Medellin, et probablement à Bogota. A ses côtés, deux toreros fortement appréciés : Manolo Caballero et Antonio Ferrera. A voir comment seront reçus les affiches de Cali, et perçus les nouveaux arrivants. On pense, bien évidemment, au Fandi. 

     Et puis, il y le Mexique : Temporada spécifique, d’octobre à Février, tournant autour de la Plaza Monumental de Mexico, et rebondissant sur de multiples plazas de diverse consistance. Comme à l’habitude, Mexico « capitale » repose sur le forte personnalité de son empresa, Rafael Herrerias, qui promet une grande saison… comme d’habitude. A priori, certains jeunes toreros pourraient y faire grand bruit, au côté des valeurs sûres que sont Enrique Ponce, El Juli et Pablo Hermoso de Mendoza… on pense, en particulier, au Fandi, bien sûr, mais surtout  à Cesar Jimenez, qui devrait faire un tabac, au Mexique… a suivre. 

     Reste le Venezuela, qui a perdu de son « charisme taurin », tout simplement parce qu’il n’y a plus de torero « Figura », au plan national, comme le furent à leur époque les Frères Giron ou Morenito de Maracay. Aussi, Caracas a disparu, et le Venezuela se résume en des petites ferias, sans grand impact, sur le planète taurine.
     Ainsi, Valencia de Venezuela vient elle de sortir les cartels de sa prochaine « Feria de la Naranja », qui ouvrira la saison vénézuélienne… Quatre corridas, qui se dérouleront entre les 9 et 17 Novembre, et dont les combinaisons sont les suivantes :
     Samedi 9 Novembre : Corrida dite « du Torero Venezolano », avec des toros de Tierra Blanca, pour Jose Antonio Valencia, Manuel Peña « El Pino » et Cesar Vanegas.
     Dimanche 10 Novembre : Toros de La Ahumada, pour Pedrito de Portugal, Jose Luis Moreno et Otto Rodriguez.
     Samedi 16 Novembre : Toros de La Cruz de Hierro, pour un mano a mano entre Bernardo Valencia et Mari Paz Vega, qu’accompagneront les deux cavaliers Dairo Chica et Luis Augusto Rodriguez.
     Dimanche 17 Novembre : Toros del Capiro, pour Francisco Rivera Ordoñez, El Fandi et Ruben Dario.

 

POUR LE GARD…

     2 Octobre : Comme on le sait, l’empresa de Nîmes a très vite décidé de monter un gros festival taurin, au bénéfice de ceux qui, dans le Gard, ont tout perdu… parfois la vie ; souvent, des années de vie et de travail.
     En fait, il y aura deux Festivals : Le premier, le 6, à Fréjus, et celui de Nîmes, le 12 Octobre.
     Côté « Sud Ouest », si l’on peut féliciter l’initiative d’Alain Lartigue et de Floirac, on attend les propositions que les trois grandes plazas que sont Bayonne, Dax et Mont de Marsan, pourraient faire à leur public respectif, ou plus globalement, afin que « l’Aficion d’ici », apporte également son aide aux amis du Gard…
     Pour ce qui est des deux festivals annoncés, les cartels en sont les suivants :  

     Dimanche 6 Octobre – FREJUS : Manuel Benitez « El Cordobes », Jose Antonio Campuzano, El Fundi, Juan Bautista, Sebastien Castella, Marc Serrano et Patricia Pellen, combattront un lot de Juan Pedro Domecq et Peralta. 

     Pour le Samedi 12 Octobre, NÎMES vient d’annoncer les noms des toreros, et les fers que chacun affrontera.
Le cavalier Andy Cartagena prendra un toro de Luis Terron.
Puis, sortiront successivement :
Un Joaquin Barral, pour Manuel Benitez « El Cordobes »
Un Jose Luis Marca, pour Paco Ojeda.
Un Victoriano del Rio, pour Joselito.
Un toro de Casas, ou un Jimenez Indarte, pour Fernandez Meca.
Un Zalduendo, pour Javier Conde
Un Torreon, pour Juan Bautista.
Un Peralta, pour Sebastien Castella.

     On espère que tous, matadores, ganaderos, et tous les personnels de la plaza, joueront vraiment le jeu du « Festival benefico », c’est à dire, travaillant « le plus gratuit possible », à moindres frais possibles, afin qu’un maximum d’argent parvienne aux sinistrés du Gard.
     Et… bien entendu, on espère que le public suivra…

 

2 OCTOBRE : PANNE DE SERVEUR – Pour l’actualité, rendez-vous demain… en principe. Avec nos excuses.

 

SALVADOR VEGA…
"Gloria y sangre", pour la plus ferme promesse des novilleros.

     3 Octobre : Je ne vais pas vous faire le coup du « C’est la faute au progrès ! », mais vraiment, la merveilleuse invention qu’est internet est souvent « mal servie » par des serveurs qui vous font les plus beaux tours, et s’excusent "après", comme des gosses qui croient que tout est effacé, pardonné, sur un seul « je n’ai pas fait exprès ! ».
     Enfin… que peut on y faire ? Payer et se taire… Aguantar ! comme disent les toreros !Et en plus... nous sommes obligés de nous excuser!

     C’est vraiment mal tombé, hier, car cela nous aurait permis de faire un édito sur Salvador Vega. Aujourd’hui, cela ferait un peu « réchauffé » ! mais voilà un garçon sur lequel il convient de s’arrêter et de faire converger toutes nos attentes, pour 2003.
     Salvador Vega a toréé, mardi, au concours d’Arnedo. Il s’y est montré remarquable, face à une bonne novillada de Miranda de Pericalvo : trois oreilles, mais également une cornada qui aurait pu être très grave.
     Déjà pris, sans  mal, en estoquant, le malagueño se fera surprendre par un dernier arreon du novillo, au moment du descabello. Au bilan : cornada de 25 cms, de bas en haut, à la jambe droite, déchirant les muscles jumeaux. Pronostic réservé, et au minimum, quinze jours de convalo. Le torero, bien entendu, ne veut pas entendre parler de ce repos forcé, et voudra reprendre l’épée au plus tôt.
     Cornada « bête », mais page de gloire, puisque Salvador Vega remporte le fameux « Zapato de Oro 2002 », inscrivant ainsi son nom à la listes de ceux qui ont jadis gagné ce concours, et sont, depuis, devenues figuras.

     Cela fait un moment que l’on suit Salvador Vega. San Sebastian et ses concours 2001 et 2002 nous ont montré ses formidables qualités  de torero, à la fois poderoso et artiste. Une malheureuse cogida lui fit perdre la victoire, à la finale d’Illumbe, en 2001. Et, cette année, il est l’auteur d’une des meilleures faenas du « cycle d’hiver » donostierra.
     Depuis, de très grands moments de toreo, mais aussi de malchance au sorteo, en particulier à Séville. Peu importe! le nom de Salvador Vega « sonne fort », et ce n’est pas notre Sud ouest qui va s’en plaindre, ni baisser le ton : Ses deux prestations de Saint Sever en font le novillero triomphateur de la temporada française, sans doute aucun.
     A suivre donc ce jeune torero, qui doit, l’an prochain « monter encore d’un cran » et arriver à une grande alternative. Le « Zapato de Oro » d’Arnedo ne pouvait mieux tomber, pour le torero… et pour l’aficion.

     La feria 2002 s’est terminée sur ce « grand coup » de Salvador Vega, tandis que Matias Tejela, Alberto Galan et Javier Solis coupaient une oreille chacun.

     1er Octobre – ARNEDO – 5ème de Feria – Plein : Novillada de Miranda de Pericalvo, en général correctement présentés et de bon comportement.
     Matias Tejela coupe un trophée au quatrième, précédé par Alberto Galan, au troisième toro.>
     Salvador Vega a conquis la plaza, par son toreo engagé, très alluré, en deux faenas qui allèrent « a mas ». Une oreille à son premier. Le cinquième, « Rebujino », sera le toro de la feria. Vega va templer magnifiquement sa noble charge, et susciter un gros moment d’émotion au moment de la mort : Le toro le prend, sans mal, au moment de l’estocade. La blessure arrivera, sèche, violente, au moment du descabello. Dernier élan de caste ! Dernier souffle de bravoure du novillo, qui, lui aussi remportera le prix de la Feria.

     2 Octobre – ARNEDO – Dernière de Feria – ¾ de Plaza : Quatre novillos de Jimenez Indarte, très décevants « en tout », et deux sobreros de Miranda de Pericalvo : Le cinquième, très potable, et une espèce de « toraco », très grand, très vilain, très manso, sorti dernier, qui sauta plusieurs fois au callejon et finit très dangereux. Para correr !
     Ivan Garcia, vainqueur de la récente et décevante feria d’Algemesi, ne put rien faire. Silence partout -  Javier Solis, fraîchement débarqué de Mexico, où il a fait une excellente impression, n’a pas laissé passer le seul potable de la journée. Oreille au cinquième – Reyes Ramon est sorti vivant du traquenard tendu par le sixième. En soi, c’est déjà un bon succès.

 

LES TROPHEES D’ARNEDO 2002

     3 Octobre :  Les résultats de cette feria 2002 ont été évidents, et le jury du Zapato n’a pas mis longtemps à mettre « chaussure au bon pied » !
     Le palmarès de la feria d’Arnedo est donc le suivant :
     Trophée du « Zapato de Oro 2002 » : Salvador Vega
     Meilleur novillo : « Rebujino » - N°88 – de Miranda de Pericalvo, sorti cinquième, le 1er octobre, et fort bien toréé par Salvador Vega
     Meilleur banderillero : Domingo Siro, dit « Mingo »
     Le trophée au meilleur picador n’a pas été attribué (signe des temps!)

 

JOSELITO ET CURRO VAZQUEZ SE PREPARENT…

     3 Octobre : A l’ombre de leur conscience, deux toreros se préparent. Les deux ont un grand challenge à affronter, dans les jours suivants. L’un, « parce qu’il s’en va », et qu’il veut le faire « en grand torero ». L’autre, « parce qu’il revient », et qu’il veut prouver, ou « se prouver », qu’il est toujours grand torero.

     Demain, Curro Vazquez dira adieu au Toreo, en « sa » plaza de Carabanchel, devenue « Palais de Vista Alegre », et en mano a mano avec le Juli, devenu Prince du Toreo.
     On a vu, il y a deux jours, que Curro se retirait, en toute sérénité et avec bonheur. On n’est pas du tout dans le même schéma que pour sa première sortie, en 1994. D’ailleurs, tout le monde l’a bien compris : cette despedida du blond torero de Jaen prend un caractère d’événement, tous les médias lui consacrant de nombreux éditoriaux et programmes spéciaux.
     De son côté, le diestro se prépare soigneusement : il vient de passer deux jours avec le Juli, à la finca de Victoriano del Rio, partageant becerras… et longues conversations. "Toreros", jusque dans les moments de silence ! Nostalgie du passé, chez Curro ! Peut-être. Nostalgie de l’enfance, chez le Juli… Allez donc savoir… 
     Demain, 4 Octobre 2002, vêtu d’un riche costume tabac et or, conçu pour cet unique et dernier paseo, Curro Vazquez « se despide » du Toreo, en prenant six toros de différents fers, en mano a mano, avec le Juli.

     Jose Miguel Arroyo « Joselito » poursuit, quant à lui, l’intense programme d’entraînement qu’il s’est fixé, en préparation de son « grand défi » : Six toros, seul, le 11 octobre, à la Feria du Pilar de Zaragoza. Tout le monde l’y attend, et l’on y prévoit plaza pleine.
     La préparation s’est déroulée en deux phases : D’abord, exercice physique, toreo de salon, becerras… Mais depuis lundi, Joselito s’entraîne « a puerta cerrada », en plaza de Leganes, où il a lidié chaque jour, quatre toros. Cela « tire un peu » du côté de la jambe, mais le sitio revient bien.
     Ce jeudi, le madrilène va répéter cette épreuve : quatre toros, « a puerta cerrada ». Si cela se passe bien, « on plie tout », et l’on se repose, jusqu’au jour de la corrida.
     Si, vraiment, Joselito fait un gros triomphe à Zaragoza, cela relèvera du grand exploit. Toréer, en solo implique une concentration, une puissance physique, un dosage de son effort, tout en veillant à un crescendo au plan artistique et émotionnel… Cela fait beaucoup de paramètres à gérer… Beaucoup ! Surtout lorsque l’on a pas toréé en public, depuis mai… Cependant, Joselito sera obligé de mettre "double turbo", car il doit, obligatoirement, "faire parler de lui" (même s'il ne coupe pas d'oreilles), afin de préparer 2003, où il ne pourra se protéger "à l'ombre de Jose Tomas"...

     Gros challenges pour Curro Vazquez et Joselito, mais… l’un s’en va, et l’autre « voudrait revenir ». 

 

HERMOSO DE MENDOZA : « OPERACION TRIUNFO ! »

     4 Octobre : Peu à peu, tous les feux vont s’éteindre sur les rampes de l’Europe Taurine. Certes, Madrid « allume » ce soir, sa dernière feria. Certes, Zaragoza brûlera les derniers cierges à La Virgen del Pilar. Ce sont les deux dernières « grandes messes ». Puis viendra Jaen, feria atypique qui voudrait rejoindre le rang des « sérieuses ».
     Mais d’ores et déjà, le rythme se réduit, les costumes ont plus de temps pour sécher… La temporada s’endort, doucement…

     Restent les éclairs, les gros challenges : Curro Vazquez et El Juli, ce soir, à Vista Alegre ; Joselito, le 11, à Zaragoza. On en a déjà parlé.
     Reste le gros, l’important challenge qu’a accepté, avec pundonor, le Fandi : Revenir à Madrid !
     Des « figuras », et des révélations de l’année, il est le seul à avoir accepté de refaire le paseo, pour la Feria d’Automne… alors qu’il peut y perdre beaucoup. Torero « révélation », et véritable triomphateur de la saison, David Fandila repasse l’examen madrilène, comme le fit, un soir d’octobre 1991, un certain Cesar Rincon… Après trois sorties a hombros de la Monumental, il avait toutes les chances de se planter, d’autant que sa saison avait été triomphale, mais fatigante. Rincon  fit le paseo « caste en avant ! », coupa les deux oreilles d’un toro diable de Moura… et ouvrit sa quatrième grande porte ! On n’a jamais fait mieux, depuis… et ce n’est pas demain la veille !
     Le Fandi s’est il inspiré de ce grand exemple? On le lui souhaite, parce que c’est l’exemple même du « Pundonor », et de « la Verguenza Torera »… Fandi est actuellement « comme cheval emballé ». Il ne peut pas être mal. De plus, le public madrilène qui l’a déjà apprécié, à la San Isidro, le suivra avec sympathie… Il ne peut pas être mal ! Rendez vous, samedi soir, avec Rivera Ordoñez et De Mora…

     Mais c’est maintenant du côté de l’Amérique, que toutes les lumières brillent… En particulier, à Mexico.
     Pablo Hermoso de Mendoza vient de débarquer, hier, avec armes et bagages, dans ce qui est « sa seconde patrie ». Armes, bagages… et famille ! En effet, le cavalier navarrais, qui part pour près de six mois, amène avec lui son épouse et ses deux enfants, Guillermo et Paula. Toute la famille se retrouve au Rancho San Javier, à San Miguel de Allende, dans le département de Guanajato. C’est de ce quartier général, que le rejoneador, idole des Mexicains, établit ses plannings, met au point ses stratégies, s’entraîne et se repose. C’est aussi là qu’ont lieu « le platicas », les interminables discussions, les négociations, avec les empresas. Bien entendu, cela se passe autour d’un verre, ou d’un bon repas. Mais Pablo Hermoso est ici « la Figura ». Il est celui qui dit « je veux ! ». Alors, quand « ceux d’en face » ne sont pas d’accord, les « platicas » durent longtemps, et les bouteilles peuvent se vider… en vain.
     L’an passé, la temporada du navarrais fut en partie gâchée par ses difficultés avec l’Empresa de Mexico Capital. Attention, l'empresario de la Monumental, n’est pas un poète ! Du coup, le conflit entre Herrerias et Martin Arranz avait eu de méchantes répercutions sur Mendoza.
     Apoderado de Joselito et Tomas, Martin Arranz avait aussi pris en charge « les intérêts » du cavalier navarrais, pour sauvegarder… les siens ! Il pouvait faire pression sur tout le monde, en utilisant l’idole. Malheureusement, cela n’a pas marché comme prévu ! Joselito et Tomas se plantèrent… et Pablo Hermoso de Mendoza ne put toréer les grandes corridas de l’Anniversaire de la Monumental Mejico, en Février.

     Cette année, autre  schéma. On a remercié la « Arranz Company », et l’on ne s’en porte pas plus mal… Sinon mieux ! Pablo Hermoso de Mendoza a rejoint les Chopera, et vient de toréer 72 corridas. Au Mexique, il est représenté par Jose Arturo Torreslanda, ami  de toujours, qui a bon contact avec tous. Déjà, de nombreuses négociations sont bien avancées, et plus de 50 corridas sont inscrites au tableau du Rancho San Javier.
     La temporada de Pablo Hermoso de Mendoza, que l’on pourrait baptiser « Operacion Triunfo 2002 – 2003 » débute demain, samedi 5, en plaza de Juriquilla : Novillada « mixte », en compagnie de Manolo Lizaro et Aldo Orozo, qui ont brillé aux novilladas de Mexico. De Mendoza va y lidier deux toros de « Las Golondrinas ». Dimanche, Ce sera Pachuca.

     A n’en pas douter, la temporada sera brillante. Même s’il arrive fatigué de la saison espagnole (où il y eut quelques petits « bas ») Hermoso de Mendoza « revit », au Mexique, s’y ressource, et en revient plus génial et plus torero que jamais. Alors…
     Pour le moment, le cavalier a le grand désir de bien préparer « les adieux de Cagancho », à la Monumental de Mexico, prévus pour le 15 décembre. Quand on a vu la despedida de Valencia, Séville, Madrid et surtout Pamplona, on imagine ce qui va se passer à Mexico. Ce sera probablement la première fois que la plaza (48000 spectateurs) sera remplie « par un cheval ». Hombre ! Cagancho est un génie, et vraiment il mérite les honneurs de la plus grande plaza du monde. Que bonito !

 
MADRID - FERIA DE OTOÑO 2002

Vendredi 4 Octobre :
     Novillos de « el Ventorrillo » pour Matias Tejela, Ivan Garcia et Reyes Ramon.
Samedi 5 Octobre :
     Toros de Alcurrucen et Carlos Nuñez, pour Rivera Ordoñez, Eugenio de Mora et « El Fandi »
Dimanche 6 Octobre :
     Toros de Adolfo Martin, pour Luis Miguel Encabo et Fernando Robleño, en mano a mano
Vendredi 11 Octobre - Rejoneo :
     Toros de Bohorquez, pour Joao Moura, Leonardo Hernandez et Andy Cartagena
Samedi 12 octobre :
     Toros du Puerto San Lorenzo, pour Frascuelo, Uceda Leal et Anton Cortes
Dimanche 13 Octobre :
     Toros de Victorino Martin, pour Luis Francisco Espla, Jose Ignacio Ramos et Manuel  Jesus « El Cid ».
     La feria sera entièrement télévisée en direct... sur Via Digital.

 

EL JULI : L’HIVER, EN PENTE DOUCE…

     4 Octobre : Au début, je voulais titrer « « El Juli : Pédale douce ! » Mais, comme « il faut faire attention ! » et que certains ont l’esprit particulièrement tordu, on restera sur ce titre « soft », qui essaie de traduire un tant soit peu, la réduction des activités de Julian Lopez  « El Juli », pour « cette période » qui nous sépare des prochaines Fallas de Valencia.

     El Juli a eu vingt ans, hier. Felicidades, Torero !
     Pour fêter cela… il a toréé. Fête coutumière, avec toute le famille, autour d’un bon repas, et, en pousse-café… quelques becerras devant lesquelles on fait les fous, ensemble. Encore fois « Happy cumpleaños, Juli ! »

     Sacré trajet que celui de « ce gosse », qui ne voit que le toro, depuis ses quatorze ans. Et que dire de son parcours « des deux côtés des océans », depuis le 18 Septembre 1998, date de son alternative à Nîmes.
     Depuis lors, quatre temporadas intenses, en Europe. Plus de cent corridas, chaque fois. Il est vedette, presque une idole, mais on ne lui pardonne rien, et il doit tout « regagner », chaque fois. Ce fut « méchamment » patent, cette année, où Séville et Madrid, en particulier, se sont montrées bien rudes, voir injustes. En France, il a gagné le cœur du Sud Est. En bords d’Atlantique, on l’admire… mais le Juli n’est toujours pas « entré », dans le Sud Ouest.
      Depuis 1998 donc, la grande compétition, en Europe ! Et, attention… D’Olivenza, en début mars, jusqu’à Jaen, en mi Octobre, en étant présent dans « toutes » les grosses ferias ! S’il vous plaît ! Ce n’est pas comme certains « que yo me sé ! »

     Et depuis 1998, à peine les lampions éteints, ici, on faisait les valises, un bisou à la maman, et direction l’aéroport ! Destination : America ! Et là, c’était la guerre ! Une nouvelle temporada, très forte... aussi forte que l'autre!
     Là bas, le Juli est une véritable idole. Donc, il était obligé d’être « à fond les manettes ! », (ou, pour ceux qui n’aiment pas ce langage… « devait donner le meilleur de lui même ! »). Mexico, l’Equateur, la Colombie, le Venezuela… Alternance avion, hôtel, plaza… « Passeport, s’il vous plaît ! » Même les toros n’avaient que vingt minutes, pour le voir !
     Quatre saisons, ainsi ! « Marathon man !!!! » Allez donc dire, après, qu’il paraît « atorado », en 2002! C’est le contraire qui ne serait pas normal…
     Oh, je vous vois venir… « Il n’a qu’à mieux gérer, et ne pas être si gourmand ! ». Ben oui ! On dit tous cela ! Cependant, on connaît la réponse : « Il y a demande, de partout ! Et quand on a ce statut, il faut répondre présent. Sinon…

     Cette fois, le Juli a décidé de couper un peu les gaz, et mettre « la pédale douce » (« Vous voyez bien ! ») : Peu de corridas, cet hiver…ouf!
     A priori, Julian Lopez « El Juli » ferait la feria de Quito, en Equateur, et irait deux fois à Bogota, en Colombie. Pour ce qui est du Mexique, terre qui l’a vu naître, artistiquement parlant, il ne s’y rendrait pas avant Janvier 2003. Sont prévus deux paseos à la Monumental de Mexico, puis quelques contrats dans les grosses plazas comme Monterrey, Guadalajara, Aguascalientes, Leon… Na mas!

     Sage décision du Juli et de son staff. Ce garçon est un phénomène, dans tous les sens du terme. Mais "à trop tirer sur la corde…"!  Aussi, on lui souhaite de passer « a lo grande y  muy tranquilo », l’hiver de ses vingt ans… Amen ! 

 

MEXICAN NEWS !

     4 Octobre : C’est ainsi ! Il faut parler british, ici... Yes!  
     Normal! le rosbeef est revenu, libre, sur nos étals. Alors…
     Quelques petites nouvelles "de là-bas"… que l’on essaiera de vous donner, régulièrement :

     Dimanche, à la Monumental de Mexico, aura lieu la 16ème novillada de la pré-saison. Rien de très spécial, jusqu’à présent. Cette novillada aura pour centre d’intérêt Rafael Rivera, qui n’est autre que le fils de Curro Rivera, idole disparue il y a deux ans. Le garçon a des qualités, et ses deux premières prestations, à la Monumental, ont suscité un grand intérêt. Dimanche, il sera accompagné de Guillermo Martinez, et de l’espagnol Roberto Galan, face à une novillada de Marron.

     On attend, dans quelques jours, la présentation à Mexico de Matias Tejela. A n'en pas douter, le toreo du castillan devrait séduire, du côté de los Insurgentes: A la fois de poder et d'empaque! De plus, tuant bien... Cela devrait marcher.

     Jorge Gutierrez n’avait pas toréé en plaza de Mexico, l’an passé, pour raison de « gros conflit » avec le patron des arènes. Pourtant, sa dernière actuacion y avait été triomphale, et une partie du public le demandait. Mais, Rafael Herrerias "es mucho Rafael Herrerias !"  On eut donc droit au traditionnel « Moi vivant… il ne remettra plus les pieds dans ma plaza. Na ! ».
     Bon ! Il semble que les affaires s’arrangent, car Rafael Herrerias a contacté, lui-même, le torero... « para platicar », pour discuter sur d’éventuels projets communs. Il lui a même dit qu’il allait venir le voir, chez lui… La tequila doit y être bonne ! Ayyy ! Mejico !

     Leopoldo Casasola, le jeune diestro qui fut l’un des triomphateurs de la grande temporada, l’an passé, avait décidé de ne pas faire l’Europe, cette année. Donc, toreo, perfectionnement et progression. Il devrait être une des bases de la saison qui vient, et venir en Europe, en 2003.
     Pour le moment, il est déjà engagé par trois fois, en Colombie : Ferias de Manizales, Medellin et plaza de Bogota.

 

EL JULI : « SALUT, L’ARTISTE ! »
Madrid : Julian Lopez honore les adieux de Curro Vazquez

     5 Octobre : A qui doit donc s’adresser cette admirative apostrophe ? A Curro, qui s’en va ? Ou au Juli, qui reste et signe un faenon en plein Madrid ?
     « Salut, l’Artiste ! » C’est probablement ce qu’aura traduit, avec ses mots, El Juli, en brindant son dernier toro à Curro Vazquez. Le jeune connaît bien son aîné. Il en est ami, et sait la dimension qu’a parfois pris Curro Vazquez, dans le cœur de l’Aficion. Curro, hier, n’a donné que quelques « grands détails », et la presse, aujourd’hui, s’arrange pour les chanter, passant pudiquement sur de faenas incomplètes et des épées hésitantes. Pouvait il en être autrement ?
     « Salut l’Artiste ! » C’est ce que nombre d’aficionados madrilènes, et nombre de revisteros, se sont écriés, après la très grandes faena du Juli, au sixième Victoriano del Rio. Une faena où, s’inspirant peut-être des qualités de son aîné, le Juli a toréé avec une incroyable profondeur, un empaque digne des plus grands artistes. Deux oreilles et rabo pour le Juli, qui est passé, hier, 4 octobre 2002, dans la catégorie des « grands muleteros ». 
     Cela faisait un bout de temps qu’on le voyait venir : Avant, on attendait le Juli, au capote (n’avait il pas inventé plus de douze quites ?) et aux banderilles. Mais « Ferrera et Fandi » sont passés par là, et malgré ses efforts, Juli a du « amener le pavillon », cette année, devant ces deux phénomènes. Dorénavant, c’est à la muleta qu’on attendra le Juli. Si, à la caste et la technique, il ajoute la lenteur, la profondeur majestueuse et l’inspiration artistique…pues!
     Hier, le Juli a passé un nouveau cap, et cette faena le fait passer du statut de « Torero de masses », ou torero « populaire », à celui, plus envié de « torero pour Aficionados »

     Pour le reste, la corrida a été décevante, et les toros n’ont guère permis le succès. Dans les gradins, ce fut un concours de visages connus : Avant tout, la famille entière, de Curro (Son épouse, Pati Dominguin, était présente, avec leurs enfants, Curro, Alejandro, Marta et Barbara). Outre les traditionnels snobs de la gentry espagnole (pour plus de détails, se reporter à « Gente »), on rencontrait des toreros : Joselito et Adèle, son épouse ; Capea et sa famille ; l’ami Rafael de Paula ; Rivera Ordoñez, qui voyait, non loin, « son « ex future » épouse… Bref ! Beaucoup de monde, qui a vécu un moment d’émotion torera. C’était le but.
     A la fin de la corrida, son frère Antonio coupa la coleta de Curro Vazquez… Se fue «un Torero » !

     4 Octobre – MADRID – VISTA ALEGRE – ¾ de Plaza : « Pinceladas, detalles de Arte, chispazos de empaque… » autant de qualificatifs qui chantent la dernière actuacion de Curro Vazquez, 51 ans, dont 33 de « matador de toros ». « De belles ébauches, des détails d’Art, des éclairs de majesté torera… » En fait, c’est tout ce que l’on attendait de lui.
     Six toros de ganaderias distinctes, le tout inégalement présenté, et dont le comportent fut le suivant : Faible, le premier de Las Ramblas ; Très protesté pour « chico », le manso sobrero du Capea, qui remplaça le deuxième, de Daniel Ruiz, devuelto ; Encasté le toro troisième du Pilar ; Brutal, le Baltasar Iban ; Manso et réservé, le cinquième, du Capea.
     Enfin, un grand toro, sorti sixième : Noble, chargeant à fond, avec grand rythme. Ce toro, de Victoriano del Rio (sous le fer de Toro de Cortes) s’appelait « Desvan ». Sa qualité fut telle qu’une partie du public en demanda l’indulto. Il y eut un refus, mais on honora le grand toro de la vuelta posthume.
     Curro Vazquez (Palmas – Ovation – Grande ovation « à double salut ») a parsemé sa dernière tarde de formidables, quoique fugitifs, moments : Des véroniques et surtout des demies ; quelque derechazo ; un trincherazo… mais, surtout, cette façon de marcher « devant » ou « avec le toro ». Une façon qui traduit savoir, technique, courage et sens de l’esthétique torera.
     Vêtu de tabac et or, Curro Vazquez, ne put couper l’oreille que tous auraient souhaitée, d’autant qu’il tua « regular », mais chacune de ses « esquisses » fut grandement fêtée, comme il se devait.
     El Juli (Ovation – Une oreille – Deux oreilles et rabo) se présentait, en « la deuxième plaza » de Madrid. Il a un peu ramé devant le toro sobrero du Capea, fortement protesté. A force de rage et de courage, il remporta le combat avec un gros brutal de Iban. Jusque là, rien que de très banal !
     Sortit enfin « Desvan », de Victoriano del Rio. Juli « le vit » aussitôt : Très bonnes véroniques à la réception, et encore meilleures, au quite. Julian Lopez eut le geste d’inviter le sobresaliente, Saleri, qui se fit ovationner dans un quite par gaoneras. Puis, d’un sourire, Curro Vazquez fut convié au festin de noblesse : trois véroniques, « sans plus » et une demie… royale ! Les trois toreros saluèrent, dans l’émotion générale. Juli banderillera moyennement, comme tout au long de la tarde (peut-être devra t’il abandonner cette suerte !).
     Par contre, la faena va sidérer tout le monde : Juli, torero puissant, vibrant, athlétique, va se transformer en artiste complet, "s’abandonnant" totalement dans de lentes séries de naturelles, en « mettant les reins », tirant la muleta avec une formidable douceur. Grande faena, en particulier sur la main gauche, parsemée de remates très toreros. Le public est sous le charme, et arrive à demander la grâce du toro. Après un léger moment de flottement, la faena repartit, et se clôtura d’un gros coup d’épée. Deux oreilles et la queue, unanimement, et salida a hombros, aux cris, madrilènes, de « Torero ! torero ! »
     Hier, Juli a fait « un autre » pas en avant, à Vista Alegre, de Madrid. Maintenant… il faudra convaincre « Las Ventas ».

 

MADRID : MATIAS TEJELA ET IVAN GARCIA TRIOMPHENT
Les deux novilleros sortent a hombros de la première de Feria d’Automne

     5 Octobre : Certains rechignent un peu : Deux sorties a hombros, c’est un peu beaucoup ! Madrid doit garder tout son sérieux, et ce n’est pas parce que l’on est en automne que le palco doit faire tomber les oreilles, comme autant de feuilles mortes. Mais, bon….
     La feria de Otoño a débuté, hier, en plaza monumental de Madrid. La novillada n’a rien donné, dans sa première mi-temps. Puis les choses ont bougé, en particulier grâce à l’entrega de Matias Tejela, et une grande faena d’Ivan Garcia. Si les revisteros sont unanimes à chanter la faena de ce dernier, ils le sont aussi pour dire que la deuxième oreille pour Tejela est surtout due à l’émotion provoquée par une vilaine voltereta, au moment de l’estocade. Bref, il semble que le public se soit laissé aller à ses sentiments… et l’on ne peut l’en blâmer, même si les deux triomphes n’ont pas « le même poids »…

    4 Octobre – MADRID (Las Ventas) – 1ère de la Feria de Otoño – Novillada – ¾ de Plaza : Correctement présentée, la novillada del Ventorrillo n’a pas donné le jeu escompté : Sosos les trois premiers ; Parado et violent, le quatrième ; Bien meilleurs, les deux derniers.
    Matias Tejela (Silence – Deux oreilles) fit ce qu’il devait face au triste premier. Par contre, extrêmement engagé, il livra bataille au quatrième, tirant une faena de mérite à un toro arrêté, violent lorsqu’il déclenchait sa charge. Faena technique, de grande entrega.. Entrant fort, avec l’épée, le torero se fit très vilainement accrocher, au niveau de la poitrine, restant accroché un instant par la chaquetilla. Intense émotion dans le public, qui déboucha à un grande pétition, lorsque s’écroula le bicho. Matias Tejela: deux sorties « a hombros », cette année, de la Monumental de Madrid. Qui dit mieux?
     Ivan Garcia (Ovation – Deux oreilles) toréa très bien son premier, à la véronique. Moyen avec les banderilles, on le vit un peu froid, à la muleta. Mais, le toro ne transmettait rien.
     Par contre, grosse faena devant le cinquième, un castaño du nom de «Geniudo » - 490 kgs – qui fut un peu protesté par le public, au début. Faena complète, profonde, très torera. Trois grosses séries de naturelles et bonne estocade. Il n’en fallait pas moins pour couper deux oreilles, très justes, et confirmer ainsi de réels progrès, chez un Ivan Garcia, qu’il faudra peut-être regarder autrement que "comme un novillero banderillero, spectaculaire, mais léger…"
     Reyes Ramon (Silence – Ovation) aurait peut-être pu couper une petite oreille, après sa longue et inégale faena au sixième. Mais il tua mal.

     Ce samedi, première corrida : Trois toros d’Alcurrucen et trois Nuñez del Cuvillo, pour Rivera Ordoñez, Eugenio de Mora et El Fandi.

 

DANS LES AUTRES PLAZAS…
Timide début de Zaragoza.

     5 Octobre : La feria du Pilar ouvre ses portes. Dans une plaza de Zaragoza rénovée, dont plusieurs centaines de places ont été sacrifiées à un meilleur confort des spectateurs, la Feria 2002 promet d’être un gros succès économique. A n’en pas douter, du côté de Madrid, on lorgnera vers cette feria, dont un des patrons, Simon Casas, est le bouillant prétendant à « Las Ventas ».
     Hier, la feria a débuté par une novillada, dont le ganado, en général mansito aux premiers tiers, méritait meilleur traitement, de la part des novilleros qui, en théorie, devraient tout faire pour triompher dans une feria de cde poids. Hélas…

     4 Octobre – ZARAGOZA – 1ère du Pilar – Novillada – 1/3 de plaza : Novillada de « Los Maños », (triomphatrice, l’an passé), très sérieusement présentée, lourde et armée. En général, manso au cheval, les novillos eurent de la mobilité, et quatre d’entre eux, au moins, pouvaient être mieux exploités.
     Raul Velasco coupa la seule oreille du jour, au quatrième, pour une faena engagée, mais par trop irrégulière. Il ne s’était pas entendu avec le premier – Jarocho a été « de mas a menos », encore une fois. Son deuxième adversaire méritait mieux, semble t’il. Avis, chaque fois, avec palmas et ovation, respectivement – Fabian Barba, le mexicain, fut encore celui qui donna les meilleurs moments, quoique fugitifs, et venant après de longs préambules. Mais il ne passa pas la rampe. Silence partout, avec avis au dernier.
     Ce 5 octobre : Corrida de Baltasar Iban, pour Uceda Leal, Fernando Robleño et Ricardo Torres.
     On précisera, de même, que Salvador Vega, comme on pouvait le prévoir, ne sera pas rétablis pour le lundi 7, face aux Fuente Ymbro. L’empresa, au vu du triomphe madrilène d’hier, maintient Matias Tejela et Ivan Garcia, en mano a mano.

     4 Octobre – UBEDA – Dernière de Feria – Casi lleno : Corrida de Victoriano del Rio. Bons, les 2, 3 et 5èmes. Le 4ème se cassa une patte au début de la faena, et Ponce fut obligé de l’estoquer.
     Enrique Ponce fut bien devant le premier, mais tarda à tuer. On sait ce qu’il arriva, au toro suivant. Ovation et silence – Finito de Cordoba se montra facile torero. Sans se défoncer, il coupa une oreilles de chaque adversaire – Triomphe d’Antonio Ferrera, qui fait, respectivement, deux et une, mais prend un léger coup de corne à la joue gauche.

     4 Octobre – SORIA : On a eu très peur pour la novillera Raquel Sanchez, vilainement bousculée par le premier novillo de la tarde : Crainte du côté "cervical". Mais, à priori, ce ne serait pas trop grave. En attente d’examens plus poussés.

 

RIVERA ORDOÑEZ : LA MARCHE EN AVANT…
Bon succès, hier, à Madrid.

     6 Octobre : « Poco a poco… ! Peu à peu nous avons progressé. On a essayé d’améliorer des choses,  de gommer quelques petits défauts, et les torero a très bien accepté tout cela. Avec l’intelligence et « las ganas », c’est ainsi qu’en quinze passes, on coupe une oreille, à Madrid. Je crois qu’on reparlera de Francisco Rivera Ordoñez, en 2003. Cela peut être « sa grande année »…
     C’est en substance ce que déclarait hier Pepe Luis Segura, apoderado de Fran Rivera Ordoñez, tandis que son torero donnait une vuelta souriante, malgré les quelques protestations des « amargaos de siempre »…

     Cela n’a pas été une faena complète, parce qu’il manquait « de la répétition » au toro, mais le fils de Paquirri a été « bien bien ! » avec « Flautista », un castaño d’Alcurrucen de 584 kgs, muy serio. Et bien... à Madrid! 
     Ce qui fait plaisir, c’est le calme, la sereine toreria, la façon d’aller au toro, de s’en séparer, de se croiser, et de tirer la main. Il y eut une naturelle qui a réuni 20 000 olés. Longue, lente, templadisima ! Faena incomplète à un toro incomplet, mais toreria « sur les deux mains », et un remate de faena en trois passes, précieux, très rondeño, alternant trincherazo et une sorte de firma, jambe gauche avancée, con mucho empaque. Quel dommage que ce toro n’ait pas eu « un peu plus de moteur ». Estocade entière, volcandose ! Et oui, tout arrive…
     La pétition grossit, et l’oreille tomba… Bien entendu, on peut ne pas être d’accord, mais il y a bien longtemps que l’on avait pas vu Rivera, aussi torero, aussi serein, aussi souriant…

     Cela fait un petit moment qu’on le voyait revenir. Certes, tout n’était pas bon, loin de là, mais le torero avait envie, de nouveau. Bien entendu, la Goyesca de Ronda avait été « le » premier coup de cymbale… Puis Murcia, où il avait été très bien, mais avait mal tué. On espérait, ensuite, Séville ou Madrid. Ce fut Madrid, et c’est très bien ainsi…
     Maintenant, il faut que l’hiver « reste torero ». Il faut que la gente féminine (on n’a pas dit « les femelles ») qui l’entoure, même de loin, le laisse en paix ; Il faut que la Presse dite « du cœur » lui lâche les zapatillas… Alors, il serait bien possible que le torero nous donne quelques bonnes surprises, l’an prochain. N’oubliez pas… Paquirri mit six ans à vraiment « éclater »…

     Le reste de cette première corrida de la Feria de Otoño, à Las Ventas de Madrid, fut intéressant, mais difficile : Les toros ne donnèrent que peu de jeu, et les toreros ne furent pas inspirés, notamment le Fandi.
     Bien sûr, Madrid l’attendait… Elle l’attendait, avec moins de générosité qu’auparavant… Certes, elle ovationna une paire « al violin » et une autre, « de la moviola », mais sans pour autant « monter au plafond », comme si, dorénavant, il était normal et "courant" de poser, en extension totale, une paire de banderilles, après une course de quinze mètres « en arrière », laissant venir à soi un toraco de 500kgs, armé de deux perches, et qui vous regarde méchamment.
     Aujourd’hui, on n’ovationne plus une larga à genoux… Pffft ! Facile !
     Demain, on laissera le Fandi « s’époumoner, à reculons »… Il faudra passer à autre chose ! Pues, muy mal!
     Mal servi, le Fandi n’a pu triompher, hier, dans une Madrid qui s’est montrée bien froide à son égard. Cependant, le torero n’a pas été inspiré, et cela, dès les premières minutes de la corrida :
     Il se montra « pesado », dans un quite loupé, au premier toro de Rivera Ordoñez, auquel le président ordonna un excessif troisième puyazo.
     Puis, il se fit ovationner en faisant un quite « à reculons », trop spectaculaire, à un banderillero de Rivera. La même action, avec plus de discrétion, aurait soulevé la même ovation, mais suscité moins de murmures réprobateurs.
     Pour arranger le tout… il prend son tour de quite au toro de Mora, et, à la troisième navarra, un peu brusque… grosse vuelta de campana !
     Non vraiment, le Fandi n’ a pas eu de réussite, hier, à Madrid. Mais, pour le moins, il a fait le geste d’y venir… D’autres ne peuvent en dire autant !

     Eugenio de Mora a connu « une grise saison »… Hier, cependant, le toledano a donné de longs muletazos, alors qu’il se remettait d’une très vilaine cogida, en début de trasteo. Pas passé loin d’une oreille ! Il faut garder « crédit ouvert ».
     Corrida « entretenida » que cette première d’Automne. Maintenant, ne reste plus qu’à attendre « Le printemps de Rivera »…

     5 Octobre – MADRID (Las Ventas) – 1ère corrida de la Feria de Otoño – Casi lleno – Ciel laiteux – Pas de vent :
     On sortit trois Nuñez del Cuvillo, bien présentés, très armés, mais faibles, à divers degré ; et trois d’Alcurrucen (prévus 4, 5 et 6), très bien présentés et armés, plus solides. Le troisième Cuvillo fut rentré, pour extrême faiblesse. On « changea l’ordre » (se corrio turno) et sortit le toro d’Alcurucen. En dernier lieu, fut lâché un sobrero de Gavira, monstre de près de six ans, haut comme un building et armé comme un tank. Mais, lui aussi, pftttt ! Balando y manso…
     Deux toros de qualité : Deuxième et quatrième. Hélas… manquait « le moteur » qui leur aurait permis de répéter leurs charges.
     Rivera Ordoñez (Silence – Une oreille, un peu protestée – Un avis, chaque fois) a connu une très bonne journée : Sérieuse et torera. Son premier, bien trop piqué sur l’insistance du président, s’arrêta très vite. Manso y apagado. Rivera essaya de se croiser et tira trois bons derechazos, mais, pris à parti par des imbéciles qui veulent « que l’on lie les passes, en se croisant chaque fois », il laissa tomber, et tua mal, en trois attaques.
     Face au quatrième, d’Alcurrucen, le fils de Paquirri monta une faena qui alla « a mas ». Deux bonnes séries de droitières, et un redondo inversé suivi de doubles pechos élégants. Pourtant,  «le bon côté » était le gauche, et Fran y vint peut-être trop tard, car le toro n’avait pas grande charge. Pourtant, avec temple, douceur, mais autorité, le torero dessina plusieurs naturelles qui levèrent des « bieeeen ! » et des olés. Et pas seulement dans le callejon ! Final très torero, où le trincherazo fut roi, ainsi que le remate par devant, de grand empaque. Cette fois, Rivera Ordoñez attaqua "fort, et en haut". Bonne épée entière, qui tarde un peu. Avis, tandis que s’écroule le bicho. La pétition enfle, et les quelques protestataires ne pourront gâcher une vuelta de bonheur. Estuvo muy bien, Rivera Ordoñez.
     Eugenio de Mora (Vuelta, un peu protestée, après avis et petite pétition – Silence) s’est montré décidé et torero, devant son premier. Quite par chicuelinas et remate à un main. Le toro est faiblot, et la vuelta de campana, pendant le quite du Fandi, n’arrange rien. Bon début de faena, par le haut, et remate galbé, avant de partir au centre. De Mora cite à gauche, le toro hésite, pointe sa corne au genou du diestro, et redonne un coup, qui l’enlève méchamment. Dans la voltige, la corne a remonté et frappe au niveau des cotes. De Mora chute au sol, où le toro le recherche, et l’enlève à nouveau. Tous se précipitent. Le torero boite bas, et chancèle, le souffle coupé. Pas de cornada, apparemment. Très vaillant, Eugenio de Mora revient au toro et lui donne une faena d’intermittence, où plusieurs derechazos, lents, templadissimos provoqueront l’ovation. Faena incomplète, mais très torera, et grosse estocade, trasera, en entrant fort. La pétition est minoritaire, mais la vuelta nullement usurpée.
     Le cinquième est « un tio » qui ne permettra rien, puntéant beaucoup la muleta, dans un voyage très court. L’épée, desprendida, le roulera « comme pelote ». Spectaculaire, mais vain.
    El Fandi (Silence – Silence) n’a presque rien pu faire. Son premier fut rentré, très faible, remplacé par l’Alcurrucen qui devait sortir « en 6 ». Rien à attendre de ce magnifique charolais blanc et noir, botiblanco y coli « de même ». Superbe, pour un poster au mur de tout aficionado. Un señor toro, ensillado, armé « comme ça ! » Magnifique… mais faiblot et triste.
     Fandi cloua deux paires « à corne passée » et un violin qui leva quelques bravos. A la muleta, vulgaris ! De plus, il tua mal.
     On espérait le desquite, au sixième. Hélas, quand sortit le Gavira, un monstre de presque six ans, les illusions s’effondrèrent : Le toro était très faible, et aurait très bien pu être renvoyé. Fandi le reçut à genoux, mais ne put rien enchaîner. A retenir: une grosse première paire de banderilles, « en arrière » ; un deuxième, en « double moviola » et un quiebro, trop large dans l’écart. Bon tiers, sans plus. Le toro arriva doux et au pas, sur le côté droit. Fandi le toréa, doux et au pas, à droite ! Faena grise parce « qu’impossible émotion » ! Il tua vite, d’une desprendida, et s’en fut, devoir accompli… sans plus.

     Ce dimanche : Corrida d’Adolfo Martin pour Encabo et Robleño, en mano a mano.

 

ZARAGOZA : AVEC LE SOUVENIR D’UCEDA LEAL

     6 Octobre : En voilà un qui était pourri de talent, bourré de qualités… Hélas, il « laissa passer le train »...
     Allez donc vous mettre dans la tête des toreros ! La montée est foudroyante : l'argent, la presse, les femmes… Todo ! En cinq minutes, le petit jeune homme du fond des bas quartiers se retrouve dans une chambre « quatre étoiles », et des micros partout…De quoi se laisser aller!!!
     A t’il cru que « c’était arrivé » ? A t’il connu d’autres avatars, plus personnels ? Est il, simplement, « comme ça » ? Toujours est il que Jose Ignacio Uceda Leal est le type même du torero  « qui aurait pu voler très haut », mais qui retomba trop vite.
     Parfois, il reprend son vol royal, l’espace d’une faena, d’une tarde, comme à Madrid, pour la San Isidro, ou hier, à Zaragoza.
     Il est un torero « tout à fait récupérable ». Mais hélas, cette profession exige aujourd’hui, plus que de l’art ou du courage… de la constance ! Sans régularité, pas de carrière possible, et pas d’apoderado puissant…

     Hier, Uceda Leal a donné une grande première faena, hélas mal conclue à l’épée. L’oreille du quatrième doit compter dans les statistiques, et aider à négocier « demain »...
     Ensuite, cela dépend du torero!

     5 Octobre – ZARAGOZA – 1ère corrida de Feria du Pilar -  1/3 de plaza : Corrida très sérieuse de cinq Baltasar Iban et un sobrero de Mari Carmen Camacho, sorti sixième. Meilleur lot, de loin, pour Uceda Leal.
     On ne comprend pas comment furent faits les lots, Robleño prenant les deux « plus grands et lourds », 639 et 637 kgs. (Poids de la corrida : 591, 639, 518, 560, 637 et 506 kgs).
     Uceda Leal (Ovation – Un oreille) Reçut le premier par grandes véroniques, et quita par bonnes chicuelinas. Très torero, parcimonieux, majestueux, Uceda composa une grande première partie de faena, mais on lui  reprochera, peut-être, de ne pas avoir pris la main gauche assez tôt. Cependant, suprême élégance dans les séries de droitières. Malheureusement, « trois voyages », avec l’épée. Quel dommage !
     Larga à genoux et bonnes véroniques, au quatrième. Cette fois, la faena comportera de bonnes naturelles, et le matador conclura beaucoup mieux. Une oreille. Mais « la » faena, fut celle du premier.
    Fernando Robleño (Ovation « divisée », aux deux) s’est battu comme un chien, devant deux toros bien compliqués. Le deuxième avait cinq ans, et « connaissait » beaucoup de choses. Le cinquième se révéla impossible. De plus, il ne tua pas. A retenir, quand même : Un quite par gaoneras, et la façon de s’arrimer.
     Ricardo Torres (Silence, chaque fois) ne torée presque pas, et ne pouvait prétendre, malgré tous ses efforts, solutionner sa situation en une seule sortie. Il fut accéléré, vaillamment brouillon, et sortit totalement déçu. Une probable réorientation professionnelle s’impose…

     Ce dimanche, troisième de Feria: Corrida de Rejoneo.

 

MADRID : LA CAPE D’ENCABO, ET LA MULETA DE ROBLEÑO
Vraie corrida « de toros y toreros »…

     7 Octobre : Il faut peu de choses pour faire une grande corrida : des toros, des hommes, de l’émotion. Ensuite, qu’il y ait des oreilles ou non, peu importe, à la limite.
     Bien entendu, on est heureux quand les hommes triomphent, et l’on sourit avec eux, mais on peut aussi « partirse las manos », applaudir à s’en faire mal au main, l’espace de ces quelques instants fugaces où la beauté « efface ou enveloppe le sursaut de peur » : une demi véronique suave, sur une charge furieuse ; un quite « de secours » qui se termine en artistique fulgurance ; un torero qui sait que le bicho va lui exploser à la figure, mais qui reste là, muleta en avant, yeux écarquillés par la concentration, bouche tordue par l’effort, comme en un dernier : « Seigneur, laissez moi respirer, « il » arrive ! »
     Et quand le toro s’écroule, et que l’homme ferme les yeux, l’espace d’un instant, tout heureux d’être encore vivant, et conscient de « ne pas avoir été mal », avec ce toro… peu importent les oreilles, on a vu là un vrai torero, face à un vrai toro… et l’on en a repris pour cinq ans d’aficion.

     La corrida de Madrid, hier, fut « une de celles là » : corrida très dure, avec des toros très sérieux, très solides, très malins… et des toreros qui furent cela : de vrais toreros, de vrais matadors de toros. Pas des infirmiers de lumières. Hier, on n’a pas parlé de « mimar al toro », ni de « cuidarlo ». Hier, on a parlé de « someterlo », et surtout « aguantarlo »…C’est toute la différence entre le trapèze « avec ou sans filet ». Chapeau ! messieurs…

     Mano a mano entre Luis Miguel Encabo  et Fernando Robleño, face aux Adolfo Martin. Le public ne s’y est pas trompé, qui a rempli Las Ventas. Corrida très bien présentée, sérieuse, agressive. On était loin des « moustiques » de Victorino, vus cet été dans nos plazas. Et s’il était dans le tendido, le sorcier de Galapagar a du mâchonner son cigare, plus que le fumer, hier. Plus figure humaine, le pauvre cigare ! C’est que « l’autre » Victorino, ce diable d’Adolphe, commence à sortir des Victorinos « plus vrais » que les vrais… Cela commence à être énervant… Demandez au cigare ! Hier, dans son gradin, Victorino a du se dire : « Va falloir que je mette un peu d’EPO aux miens, pour dimanche prochain, sinon… »
     Corrida très agressive, dure de pattes, « correosa », très mobile… et avec des tonnes de regards en dessous et des coups de freins sans Abs… Mais corrida où les hommes, à force de courage et de technique, ont surmonté les difficultés, et ont presque convaincu les fauves de charger « presque long », presque droit…
     Grande corrida de toros, parce que corrida d’incertitudes et d’émotion. A tout moment, le danger, la cogida … Mais, à chaque instant, un éclair, un détail qui soulève le « hooo ! » d’admiration. En un mot… une « vraie » corrida de toros !

     Luis Miguel Encabo est « enorme! » avec le capote. Ses réceptions, ses quites, chacune de ses interventions avec le percale sont des exemples de placement, de technique, d’intelligence lidiadora, en un mot…de toreria. Très attentif, à tout moment, Encabo fut le digne successeur d’Espla, mais… en plus vrai !
     Les toros ne lui ont pas permis d’aller au bout des faenas, et l’épée n’a pas souri… mais Luis Miguel Encabo a encore avancé, hier.

     Un qui a bien failli ouvrir la grande porte, en la méritant totalement : Fernando Robleño. Il est tout petit, un peu bastote de cuerpo. Mais bon dieu ! En voilà un qui regarde les toros « droit dans les yeux », les aguante, et les force à venir droit. Superbe Robleño, avec la muleta, hier. Puissant, intelligent, formidablement courageux… Robleño ne coupe qu’une oreille, et la grande porte reste fermée. Mais, compte tenu des toros qu’il eut en face, c’est trois oreilles qu’il obtient hier… du cœur des Aficionados.
     Bien sûr, on lui trouvera des défauts… mais, Robleño a été, hier « en grand torero », dans toute l’acception du terme.

    6 Octobre – MADRID (Las Ventas) – 2ème corrida de la Feria de Otoño – Plein – Beau temps – pas de vent :
     Corrida d’Adolfo Martin, un peu inégale de présentation, mais très sérieuse, très mobile et très difficile. Pas très lourde, mais de réel trapio: 540, 491, 505, 527, 524 et 511kgs) Comme quoi!  Pas de réelle bravoure au cheval, mais de la codicia, et « des idées »… On peut parler de « mansos con casta », agressifs, avec du genio et du sentido, mais mobiles. Des toros qu’il fallait vaincre et convaincre.
     Luis Miguel Encabo (Silence – Palmas – Ovation) s’est montré royal, toute la tarde, avec le capote, que ce soit dans ses réceptions à la véronique, ou dans ses quites. Surtout la véronique sur la gauche : Quieta la planta, chargeant la suerte naturellement, meciendo el capote, templant la charge furieuse. Très bien, d’autant que ses demi véroniques sont « des meilleures de l’Escalafon actuel. Il fut "précieux", en plusieurs quites, dont un à son picador, percuté par le troisième, et en grand danger. Un « vol de cape » passa par là… et le picador se sauva ! Très précieux, aussi, dans sa façon de « montrer le toro », à l’aficionado, et à ses collègues. Encabo : Grand, à la cape.
     Après, cela se complique un peu : Banderilles faciles, mais « sans sel », sans grande esthétique, la conformation physique du torero n’aidant pas à une grande élégance. A la muleta, ses trois adversaires furent les plus revêches, en particulier son premier qui coupa d’entrée, sa charge et ses trajectoires, sur les deux côtés. Encabo essaya « le fondamental », prit deux terribles coladas, avant de se résoudre à un macheteo… qui est aussi du toreo.
     Débuta bien sa faena au troisième, mais, le toro partit « a tablas », où Encabo lui donna quelques bonnes suerte. Hélas, un « bajonazo, bien bas » mit tout par terre.
     Enorme mérite que la faena au cinquième, un toraco, un gros brutal qui prend les deux premières naturelles, mais refuse totalement la troisième. Encabo y reviendra plusieurs fois, après s’être fait dangereusement bousculer (Le destin fut au quite: la muleta en retombant, aveugle le toro, et lui cache l’homme  tombé sous ses cornes. Ouf !) Très torero et très digne, Encabo, qui va donner de grandes choses, à Madrid. C’est sûr.
     Fernando Robleño (Oreille – Grosse pétition et vuelta – Ovation, après un avis) ne put toréer de cape des toros qui déboulaient, sautaient, mettaient les cornes vers les nuages. Sans se décomposer, le torero se sortit vers le centre, cape en bas, et leur apprit « à rester là », et à se calmer un peu. C’est déjà « toréer », lidier. Et le public le vit ainsi.
     Dans un quite, Encabo lui montra le bon côté gauche du deuxième. Robleño le vit, mais choisit une autre stratégie : s’imposer, vaincre le toro, sur le mauvais côté ! Et le diable réussit totalement, avec un aguante et un courage admirables. La totale vérité du Toreo. Faena de « Aïe ! » qui se transforme en « Olé ! » tandis que le public incrédule voit le toro prendre d’intenses séries de droitières, closes de grands pases de pecho. Séries courtes, faena courte, mais pleines de totale émotion et de toreria. Entrant « à fond », Robleño met une entière qui, cependant, oblige au descabello. Oreille forte, avec pétition de la deuxième. (Si c’est une des Figuras « d’en haut », qui fait cette faena… deux oreilles, Sûr !).
     Le quatrième vient de loin : Robleño débute, très élégamment (souvenir de Diego Puerta!), et s’en va citer, à longue distance. (Souvenir de Rincon !) Le toro vient, pour deux séries où il baisse un peu de ton, tournant à soso. Robleño passe à gauche, et cela ne se passe pas bien. La faena baisse d’un ton, même si le torero revient à droite, se croisant, mettant la caste que n’a pas le toro. Estocade entière, moins « à fond » que la première, et descabello. La pétition ne passe pas la rampe. Dommage !
     Le sixième voulut aller trois fois au callejon. Toro violent, « midiendo al torero », faisant semblant, pour voir ce que va faire l’homme, puis, déclenchant violemment, en contre. Robleño va réussir à lui composer une charge, et lui donner plusieurs séries méritoires. Hélas, six pinchazos, toujours « dans le haut », et une bonne entière. La grande porte de Las Ventas restera fermée...
     Cela ne fait rien : En 2002, un matador de toros a coupé quatre oreilles, à Madrid, dont trois à la San Isidro et  à la feria d’Automne. Il s’appelle Fernando Robleño. Monterazo! Torero

 

GRAVE CORNADA DE ROBERTO GALAN, A MEXICO

     7 Octobre : La 16ème novillada  qui s’est déroulé hier, à la Monumental de Mexico, a vu la grave blessure du novillero espagnol Roberto Galan, pris par le cinquième novillo de « Marron », du nom de « Ropa Sucia ».
     Le torero l’avait reçu à genoux, et rematait un quite par tafalleras, deux demie véroniques et rebolera. Cornada sèche, la taleguilla se couvrant immédiatement de sang. On fit un garrot avec une cravate, et le torero fut évacué, malgré ses protestations.
     La blessure est grave, à la cuisse gauche, intéressant veine et artère fémorales. On attend plus de détails, et le parte facultativo définitif.
     Roberto Galan avait été le meilleur, jusqu’à présent. Devant un lot de novillos mansos ou sosos, le fils de Curro Rivera s’était montré « gris », et Guillermo Martinez, avait  connu une malchance « noire », à l’épée, écoutant deux avis.

     Par ailleurs, Pablo Hermoso de Mendoza a débuté samedi, coupant deux oreilles à un toro de Las Golondrinas, lors de la novillada mixte qui s’est déroulée en plaza de Juriquilla.
     Maintenant, le rejoneador navarrais va enchaîner les contrats, et continuer son entraînement, dans son rancho San Javier, où il a retrouvé un « Cagancho », à la retraite, « gordo y barrigon ». Sans entraînement, sans stress, le Cagancho a grossi ! Du coup, son maître va le remettre « au pas ». Il faut que le génial cheval soit au mieux, pour ses adieux à la Mejico ! 

 

ANTONIO FERRERA, TRIOMPHATEUR DU DIMANCHE
Six oreilles, un rabo et un « indulto », seul, à Zafra….

     7 Octobre : Alors que la corrida de rejoneo remplissait quasiment la plaza de Zaragoza, c’est du côté de Zafra (Badajoz) que se portait une partie des regards. Presque chez lui, Antonio Ferrera prenait seul six toros de Zalduendo, et , bien sûr, tout le monde s’attendait à un triomphe. La question était : « Combien va t’il couper ? »
     La réponse est : Six oreilles et un rabo, les trophées « suprêmes » étant symboliquement coupés au toro « Ingrato », quatrième de Zalduendo, qui porte mal son nom, car Ferrera lui a sauvé la vie, en obtenant l’indulto.
     Corrida « avec des hauts et des bas », le torero ayant de la ressource pour relancer la machine. Pour l’aider, un guitariste et un chanteur flamenco. Bof ! Et dans le callejon, Jose Mari Manzanares, et les amis de toujours. Cependant, la plaza « no se lleno », et, si la corrida est triomphale, finissant « triunfalista », elle n’apporte rien à la saison de Ferrera. Si on prend six toros…après une telle saison, ce n’est pas à Zafra qu’on doit le faire. Mais bon !

     6 Octobre – ZAFRA (Badajoz) - ¾ de plaza : Corrida, inégalement présentée de Zalduendo. Le quatrième fut un grand toro dont le matador obtint la vie sauve. Le pire fut le troisième. 1,2 et 6 furent applaudis à l’arrastre.
     Antonio Ferrera (Oreille – Ovation – Ovation – Deux oreilles et la queue, symboliquement – Oreille – Deux oreilles) a mis toute sa verve, parfois un peu brouillonne, pour maintenir l’intérêt tout au long de la tarde. Il banderilla les six, et fit grand quite à quatre d’entre eux, laissant les deux autres à un sobresaliente « de qualité », qu’est le Valenciano Jose Calvo.
     Première faena très « enlevée ». Puis, cela baisse beaucoup, avec deux toros médiocres, et Ferrera qui se fait prendre violemment, en estoquant le troisième. Le torero part à l’infirmerie, et revient, après révision, « gonflé à bloc ». C’est à ce moment que sortira « Ingrato », un grand toro, qui lui permettra de sortir tout son répertoire, dans une faena qui alla « a mas ». Le président n’hésita pas à ordonner l’indulto du bon toro.
     A partir de cet instant, ce fut l’euphorie générale, bien compréhensible.

DANS LES AUTRES PLAZAS :

     6 Octobre – ZARAGOZA – 4ème de Feria  - Corrida de Rejoneo – Casi lleno : Bonne corrida de Los Espartales. Ovationnés les 1,3 et 4èmes toros.
     Rui Fernandez, Sergio Galan, Diego Ventura et Sergio Dominguez ont coupé une oreille. Sergio Vegas et Rafi Durand ont été ovationnés.

     6 Octobre – HELLIN (Albacete) – ¾ de plaza : Très mauvaise corrida, fuera de tipo et faible, de Marcos Nuñez.
     Enrique Ponce laissa filer, devant deux carnes. Silence et ovation – Finito coupa gentiment l’oreille de son premier, mais fut sifflé d’abondance, devant le cinquième – Manolo Caballero fut le triomphateur, donnant une bonne faena devant le dernier, obtenant deux oreilles de la part d’un public qui n’avait rien vu, jusque là.

     6 Octobre – ROQUETAS DEL MAR (Almeria) – ½ Plaza : Corrida très inégale, mais toréable, de Manolo Gonzalez et consort.
     Triomphe de Juan Jose Padilla, avec quatre oreilles – El Fandi l’accompagne « a hombros », avec « une de chaque » - Luis Franciso Espla est le placide témoin de tout cela. Ovations.

     6 Octobre – MEDINA DEL POMAR  (Burgos) – Lleno : Bonne corrida del Sierro – Le Califa écouta deux silences et fila à l’infirmerie soigner une conjonctivite – Oreille de chaque dernier toro pour Rafael de Julia et Leandro Marcos.

     6 Octobre – MONTORO (Cordoba) : Bonne corrida de Guadalmena. Cordobes et Anibal Ruiz coupent deux oreilles à un toro - Victor Puerto fait « carton plein », avec quatre trophées. (Aurait mieux fait d’être « plus en verve », l’autre jour, à Séville !)

     6 Octobre – SAINT GILLES (France)  - ½ plaza : Dangereuse corrida de Robert Margé – Stéphane Fernandez Meca coupe la seule oreille du jour, au premier. Pour le reste, les hommes ont fait leur possible : Miguel Rodriguez et Jose Ignacio Ramos, applaudis.

    6 Octobre – VILLAJERO DE SALVANES (Madrid) : Grand succès du festival en hommage à Gregorio Sanchez, maestro  des années 50 et actuel reponsable de l’Ecole Taurine de Madrid.
     Face à un excellent lot de novillos du Torreon, et « à plaza totalmente llena », les anciens élèves du professeur Sanchez se sont régalés :
     Deux oreilles et la queue pour : El Bote, Oscar Higares et Miguel Abellan.
     Deux oreilles pour Uceda Leal, El Juli, Gomez Escorial, et la novillera Ana Infante.
     Très grande ambiance, et présence des ex compagnons de ruedos de Gregorio Sanchez, comme Diego Puerta, Paco Camino, El Viti… Que bueno !

 

DEVOLVER EL TRIUNFO… « RENDRE » LE TRIOMPHE…
Tejela et Garcia « rendent » à Zaragoza, le triomphe de Madrid

     8 Octobre : Dans votre courrier, il vous arrive de nous reprocher, toujours très gentiment, d’utiliser un peu trop de mots espagnols. Une personne nous a même avoué avoir été obligée d’acheter un dictionnaire. Hombre ! On s’excuse auprès d’elle, Toros2000.com tenant à rester gratuit pour les aficionados de tous pays et de toutes conditions…
     Mais, justement, si vous êtes aficionados, ou voulez le devenir, il vous faudra, peu à peu, y venir. D’ailleurs, « Aficionado », vous savez déjà ce que le mot signifie, et vous l’utilisez facilement…

     Par ailleurs, il est plus taurin, et surtout plus facile (dans le sens « économie de temps et d’espace ») d’utiliser les mots adéquats, en espagnol, plutôt que de traduire l’action qu’ils sous entendent.
     Un exemple : « En début de faena, quatre redondos, templadisimos »… est beaucoup plus facile à écrire et à lire, que : « Quatre passes en rond, de la main droite, la muleta allant à l’exacte vitesse de la charge du toro, au point qu’on aurait pu croire qu’elle la ralentissait »… Ouf ! Imaginez que le torero s’embarque sur un « tres en uno », suivi d’un « abaniqueo »  ou le lui met deux « arreones », avant le « desplante » final… Le temps que l’on vous traduise tout cela, la novillada est finie, le torero est déjà douché, une nouvelle grève du métro a débuté, et Bush est revenu, tout poussiéreux, d’Irak…
     Alors, avec un tout petit effort, et à force de lire quelques mots précis, qui reviennent souvent, et que l’on explique quand même, de temps en temps… vous arriverez au jour où, d’un air las, vous vous esclafferez : « Mais qu’est ce qu’il nous embête avec son toro roux au yeux cerclés de beige… Peut pas dire « colorado, ojo de perdiz », comme tout le monde ? »
     Alors… sans rancune ! Et n’oubliez pas : Etre aficionado, ce n’est pas facile, c’est ressentir et surtout « Apprendre, sans cesse ! Vous, comme nous ! »

     Aujourd’hui, une expression de derrière les fagots : « Devolver el triunfo ! »
     Exemple extra-taurin : Ronaldo, le génial footballeur brésilien a fait ses débuts, dimanche, devant 80000 spectateurs du Santiago Bernabeu, à Madrid. Premier match de Ronaldo, sous le maillot du mythique Real Madrid. Un triomphe total : Il rentre à la 19ème minute de la deuxième mi temps, sous une grande ovation de premier accueil… Une minute plus tard : But de Ronaldo ! Imaginez le cataclysme ! Même le Fandi n’a pas réussi a déclencher pareille explosion. Et pourtant ! Et ce n’était pas fini : Quatorze minutes passent, et deuxième but de Ronaldo. Madrid tremble sur ses bases, les reporters radios s’étouffent, Sacomano est aux urgences…
     Triomphe total de Ronaldo ! Gloire à lui ! Qu’il vive cent ans ! Allez les blancs ! Dieu que la vie est belle !!!
     Oui mais voilà, les hommes sont ce qu’ils sont ! Puis, la chance influe également…
     Va bien y avoir un dimanche où Ronaldo va se prendre les pieds dans le tapis, manquer trois buts que « même votre petit dernier » aurait marqués… Bref, la journée de poisse totale ! Et là, tout y passe :  bronca, quolibets sur son petit ventre, sans parler des commentaires haineux sur les millions amassés…  Adieu la gloire, bonjour la rancœur ! Ronaldo « habra devuelto el triunfo »… Il aura « rendu » le triomphe… et il lui faudra, presque, repartir de zéro !

     Dans les toros, cela arrive souvent ! C’est pour cela que certains ne se risquent pas de revenir « vite » sur les lieux de leur récente apothéose, par peur de « Devolver el triunfo ». D’où de magnifiques et incroyables exploits, comme celui de Rincon, à Madrid, en 1991. Il ouvre la grande porte, le 21 mai. On lui propose un remplacement, pour le lendemain. Personne n’aurait accepté, par peur de « devolver el triunfo », de rendre le triomphe de la veille… Non seulement, le petit colombien a accepté, mais il a « réouvert » la Grande porte ! Deux jours d’affilée ! Et pour faire bonne mesure, deux autres corridas, la même saison, à Las Ventas, et deux nouvelles sorties a hombros… D’où, « Rincon, légende vivante ! »

     Vendredi, Matias Tejela et Ivan Garcia ont triomphé, en plaza de Madrid : deux oreilles, chacun, et sortie « a hombros »… Du coup, l’Empresa de Zaragoza, en l’absence de Salvador Vega, blessé en Arnedo, les a gardés, hier, en mano a mano. Logique ! On pouvait parier sur un triomphe, d’autant que le ganado était de Fuente Ymbro. Donc… de garantie !
     Mais voilà ! Les impondérables ! le grain de sable ! La plaza fut loin de se bien garnir, et les deux toreros, peu inspirés, se sont « ramassés » devant un lot qui, sans être formidable, permettait beaucoup plus…
     C’est ainsi que cette petite leçon, sans prétention, d’espagnol, se termine : « En Zaragoza, Tejela y Garcia devolvieron el triunfo de Madrid ! » A Saragosse, Tejela et Garcia « ont rendu » le triomphe de Madrid !  (« Ah, j’oubliais… C’est pas le tout ! Va falloir aussi vous mettre aux conjugaisons, passé simple et tout et tout… Bon courage ! »)

     7 Octobre – ZARAGOZA - 5ème de Feria – Novillada – Un gros tiers de plaza : Pourquoi le public n’est il pas venu ? Peut être parce que l’empresa n’avait engagé aucun novillero local, et que l’absence de Salvador Vega était une chance d’en voir un faire le paseo. Peut-être, tout simplement… parce qu’il n’y a pas d’Aficion, à Zaragoza, sinon celle dite « de clavel », de ceux qui viennent se montrer, ou « se faire voir », uniquement dans les grandes occasions. (C’est ainsi que l’on sait qu’il y aura « No hay Billetes » pour le solo de Joselito, le 11). Bref, poca gente, hier, en la plaza de la Misericordia.
     Autre surprise : La novillada a été un four, une triste suite de longs monologues sans imagination et sans verve… Matias Tejela et Ivan Garcia ont toréé sans flamme, et l’ennui s’est installé, à son aise.
     Les novillos de Fuente Ymbro, très correctement présentés, ont montré de la caste, mais quelques limites de forces. Certain fut peut-être incommode, mais, dans l’ensemble, ils permettaient beaucoup plus. Le sixième alla se fracasser dans un burladero, et s’y cassa une corne. Le novillo de « Los Maños » qui le remplaça, ne permit rien.
    Matias Tejela (Silence – Silence – Silence après avis) donna des centaines de passes à ses novillos, commençant froid, devant le soso premier ; sans grande envie, face au troisième ; finissant « vaincu », devant le cinquième, auquel il mit sept descabellos.
     Ivan Garcia (Ovation – Silence – Silence après avis) fit quelque illusion, devant son premier qu’il tua bien. Mit un peu d’ambiance, en banderillant les trois. Mais la mayonnaise ne prit jamais, à la muleta, et l’acier ne fut pas des plus expéditifs.
     Bref : A Zaragoza… devolvieron el triunfo de Madrid !
     Seul « mauvais » souvenir de la novillada, la double fracture des tibia et péroné à la jambe droite du banderillero Alfredo Betancourt, au cinquième novillo. Cette plaza ne porte pas chance au grand subalterne qui y avait déjà reçu une grosse cornada, dans la années 80, alors qu’il était aux ordres du Morenito de Maracay.

     Ce mardi 8 : Corrida de Nuñez del Cuvillo, pour Juan Bautista, Jesus Millan et Leandro Marcos.

 

MEXICAN NEWS…

     8 Octobre : En direct de Mexico, les dernières nouvelles…

     Le jeune novillero Roberto Galan, grièvement blessé, dimanche,  à la Monumental de Mexico, va mieux. La cornada a été très importante : Deux trajectoires de 12 et 20 centimètres, respectivement,  dont l’une arrive au fémur, et touches les veine et artère fémorales. D’où la terrible hémorragie, immédiate. Hier soir, tout était stabilisé, et le moral était au plus haut. Il faut attendre un peu, mais à priori, « le susto » est passé.

     Dimanche prochain, Matias Tejela fera sa présentation en la capitale mexicaine. Sera également du paseo, le jeune mexicain Arturo Macias, qui vient de faire temporada en Europe.

     Pablo Hermoso de Mendoza a fait un tabac, dimanche, en plaza de Pachuca : Quatre oreilles et un rabo, à deux  toros de las Golondrinas.
     Le reste de la corrida a vu l’autre rejoneador, Miguel Urquiza, « patiner » en silence. Pour ce qui est de la lidia « à pied », le lot de Cabrera n’a permis qu’un triomphe partiel de Chilolo (deux oreilles du dernier), tandis que Jorge Gutierrez offrait vainement un sobrero. Ovation aux trois. Plaza llena.

     Ce dimanche, également, « l’enfant torero » Joselito Adame, dont on dit grand bien, a pris seul six erales de diverses ganaderias, en plaza d’Aguascalientes, qu’il a pratiquement remplie. Au bilan : Ovation - Oreille – Palmas – Oreille – Oreille – Deux oreilles.

     La blessure, samedi, du jeune novillero Manolo Lizardo, en plaza de Juriquilla, va le laisser trois mois sur la touche. Fracture multiple et compliquée de la cheville droite, pour un des novilleros triomphateurs du concours Telmex.

     Le Zotoluco s’est cordialement prêté, hier, à « un chat » en direct, avec les aficionados internautes, mis en place par la chaîne Televisa.
     Sympa, le Zotoluco, qui a parlé du toro espagnol, et mis quelques points sur quelques « i ». Ainsi, il a, très poliment mais fermement, expliqué que l’Empresa de Mexico, Rafael Herrerias, ne pouvait se baser sur sa saison espagnole, pour négocier à la baisse ses contrat à la Monumental de Mexico. Vu les ganaderias qu’il a toréées, il ne pouvait « triompher a lo alto ! ». Le maestro termina sur un pudique « Je respecte son opinion, maiiiis… » (Sous entendu « Faudrait pas pousser ! »)
     Le Numéro Un mexicain a déjà 19 contrats signés, avant la fin de l’année. Mexico est en négociation. Bien entendu, il cite Ponce, Juli et Pablo Hermoso de Mendoza, et « un torero qui va mettre le feu… El Fandi »

 

COUP DE ROGNE…COUP DE GONG !
Luis Alvarez rompt toutes relations avec Antonio Ferrera.

     9 Octobre : Cette chronique est « taurine », et le restera. Cependant, tout aficionado étant « citoyen », et « citoyen du monde », on ne peut s’empêcher de jeter un œil « autour du Mundillo », et se dire qu’au fond, pour critiqué, vilipendé, haï qu’il soit, notre petit monde « à nous » est plus « limpio » que bien d’autres qui viennent lui donner leçon de tolérance et respectabilité…
     Ainsi, regardez « l’actualité de ce jour » : Un assassin, devenu prisonnier modèle, au point que des politicards et juges laxistes le font libérer, vantant les miracles de la réinsertion, multiplie les exactions et se fait prendre, en Espagne, avec dix kilos de hash. On apprend également qu’on avait occulté certains délits au cours de son incarcération, afin de ne pas nuire à son éventuelle et exemplaire libération. « Un autre homme », qu’ils disaient, les grands « y a qu’à ! », en ouvrant grand les portes. Pour un peu… « sale a hombros ! »
     Depuis, ce ne sont que mensonges, vols, trahisons à répétition. Que penseront les parents de sa petite victime, et comment se sera réouverte la terrible blessure, malgré le temps ? Que pensera son employeur, qui se dit « trahi », aujourd’hui ? Pauvre « innocent ! » Que pensera le fameux éditeur qui allait sortir le livre de « souvenirs » de l’assassin vedette ? Que penseront les autres prisonniers, criminel repentis ou non, pour qui la réussite de ce « collègue » était synonyme d’exemple et d’espoir ?
     Aujourd’hui, on brûle vive une adolescente, on égorge une rhumatologue, on viole à loisirs…
     Faut il donc que des politiques prennent d’autres coups de couteaux, pour qu’enfin, « les grands », les décideurs, les érudits… en un mot, « les exploiteurs », se rendent enfin compte que tout le monde a le même droit de vivre en paix, et que ceux qui troublent cette paix doivent en prendre « plein la tête », comme ils disent !

     Mais… il n’y pas que les assassins et les « petites frappes »… Il y a aussi le crime en cravate, le vol « en gants blancs ». Tenez : Une grande banque, dite « populaire », a décidé que vous ne pourrez faire un retrait en espèces, inférieur à 150 euros, sinon, il vous en coûtera 5 de « commission », de pénalité… Bref, elle vous piquera 33 francs, si vous voulez retirer moins de 1000 balles… Pas mal, non ? Et pendant ce temps, elle joue avec votre fric, le mien, enfin « tous ces minuscules ruisseaux qui font une formidable rivière… » où elle navigue, avec délectation. Populaire ????
     Au fait… c’est « votre » argent ! N’avez vous donc pas le droit d’en disposer comme bon vous semble ?
     De telles pratiques vont multiplier les dégâts : Des gens vont revenir au « bas de laine », et les cambriolages vont se multiplier. Avec eux, les menaces, les tortures (On n’invente rien, voyez l’actualité, et ces deux vieillards, massacrés, la semaine dernière, pour une poignée « de malditos Euros » !)  Devant les banques, on pourra voir les tire laines faire la queue, à la sortie des clients. Hombre ! « Pas moins de mille balles, chaque fois ! Que bueno ! » On peut continuer ainsi ce pauvre feuilleton… indéfiniment !
     Qui va donc arrêter cela ? Qui va donc être assez limpio, assez fort, assez droit, pour dire « Ca suffit ! La paix ! ». Ce « monsieur Propre » existe t’il ? Le coup de théâtre (prévisible) d’hier, servira t’il d’avertissement final, de dernier « coup de gong » à ceux qui confondent « tolérance » et lâcheté » ?  On n’ose y croire. Enfin !!!!

     La planète taurine sursaute parfois ! Soyons clairs, elle est souvent le reflet de la Société, et il s’y passe, quelquefois, des choses… pas « jolies jolies » ! Mais bon ! Quand le toro sort, même afeité… on se tait, et on se serre les coudes. Aqui, se muere de verdad ! 

     Hier, un apoderado a enfin osé dire « Ca suffit ! On se sépare… et pas amicalement ! » En effet, il est de coutume de voir des toreros changer de cap, des hommes d’affaires taurines laisser tomber des toreros, mais en général, cela s’annonce « avec plein de petites fleurs autour ! », chacun souriant autour du verre de l’amitié.
     Hier, Luis Alvarez, apoderado de Antonio Ferrera, depuis trois ans, a passé un communiqué à la presse, signalant qu’il cessait d’être l’empresario d’Antonio Ferrera, ce soir, 9 octobre, après la corrida de Valencia. Raisons officielles : « Total désaccord entre lui et ce groupe ingérable que forment le torero et sa propre famille ». Et d’ajouter qu’il se sépare du torero après lui avoir organisé et garanti une grande saison, aux Amériques : Pérou, Colombie, Mexique.

     Connaissant bien « Don Luis », connaissant sa trajectoire et l’ayant vu à l’œuvre, nous avons pris contact avec lui, hier soir. L’homme est sincèrement désolé, mais ferme dans ces arguments, clair dans les exemples et anecdotes qui les étayent. Depuis longtemps, on sentait bien que « cela n’allait pas ».
     Luis est « torero », et grand aficionado. Apoderado, il est tout près de son torero, qu’il s’appelle Cesar Rincon ou tout autre, plus modeste. Alvarez vit la trajectoire de son « poderdante », marche à ses côtés, se bat avec lui, pour lui.
     Voir Luis Alvarez, depuis plusieurs semaines, sagement installé derrière un burladero de callejon, tandis que son torero s’escrime… On voyait bien que…

     Il n’est pas moment, aujourd’hui, de révéler ces détails. Et ce n’est pas à nous de le faire. Peut-être, simplement, quelques dizaines de Français qui ont fait le