L'ACTUALITÉ TAURINE
(Mars 2002)

 

TEMPORADA 2002 : LES PREMIERS FEUX…

     1er Mars :  C’est parti ! La saison a vraiment débuté, en Espagne.
     Certes, plusieurs mini ferias avaient essuyé les plâtres, comme Valdemorillo qui, malheureusement est presque tombée au rang d’anecdotique. Certes, Nîmes a fêté, un peu tôt, sa Primavera. Mais il reste à « régler le tir ».
     La temporad a débuté, vraiment, hier, « Dia de Andalucia »… Elle ne s’arrêtera pas avant Octobre, avant Jaen.
     Le monde peut bien basculer, les canons tonner, les politiques s’entre dévorer en souriant, les cyclistes continuer à se piquer, les toreros eux, n’auront que leurs armes : Cape, muleta, épée, d’une part…. Technique, courage, « ilusion » et… duende, pour certains d’entre eux, de l’autre.
     Les picadors chemineront au pas lourd de leurs bottes d’acier. Les banderilleros distribueront des bisous, ou plus si affinité, aux aficionadas de rencontre. Une fille dans chaque port ! Une belle dans chaque feria… Le mozo de espada, continuera à « faire la silla », comme on le lui a appris… mais il devra prendre un peu plus de temps pour faire les comptes…Euro oblige ! Le chauffeur continuera inlassablement à nettoyer son pare-brise… C’est ainsi !
     L’apoderado multipliera les abrazos et les coups de fil, en faisant ses calculs… et quelques caprices. Le revistero aura acheté un nouveau calepin, et Cano, le photographe...de nouvelles lunettes ! 
     Et tout ce joli monde déambulera, le portable à l’oreille, en tuant le temps… avant le premier paseo, le premier toro, la première grosse feria…Tous, ils bavarderont, avec un air faussement confiant et tous « muy ilusionados »… Pendant ce temps, dans la semi obscurité de sa chambre d’hôtel, le matador attendra aussi, la tête pleine de questions, du style « Serai-je le même que l’an passé ? » ; « Pourrai je encore faire face aux jeunes qui poussent fort ? » ; « Est-ce que l’épée, la maldita espada, va mieux fonctionner ? », et ils pensent, et ils pensent, et le temps n’avance pas vite…
     Le calendrier est immuable. Tout à l’heure, à Madrid, Olivenza ou Castellon, la porte des cuadrillas, s’ouvrira, et avant d’entrer sur le sable, on en caressera la bois… « Que todo salga bien ! Que haya mucha suerte pa todos ! Surtout pour nous ! » 
     La saison est partie. Rien ne l’arrêtera. Faite de triomphe d’apothéoses et de rudes défaites, elle écrira une nouvelle histoire « d’hommes et de toros », sans se préoccuper des mauvais vents, sauf ceux qui soulèvent les capes… et les jupes des filles.
     Toreros, de toutes classes et catégories, ils mettent un point d’honneur à être là, rasés de frais, magnifiquement habillés de lumières, pleins de superbe et pourtant si fragiles… Que haya suerte, señores ! et « vraiment », para todos ! »

     Début de saison, hier, avec le grand festival du Puerto Santa Maria. Abellan a coupé un rabo, et le Morante a gâché un faenon, avec l’épée. A Cabra, première télévisée, et première corrida « écroulée », ou croulante.
     Ce soir, le festival de Cordoba est télévisé sur la deuxième de Tve. Demain, Olivenza ! Après demain dimanche, Madrid ouvre ses portes et Castellon de la Plana ouvre le bal des grandes ferias… On vous le dit : C’est parti !

     28 Février – Puerto Santa Maria – Festival au profit des familles d’enfants handicapés d’Andalousie – Media plaza, malheureusement : Le festival a été marqué par la grande prestation de Miguel Abellan, en dernière position, coupant tous les trophées à un grand novillo de Guadalest à qui on donna vuelta al ruedo. Autre sommet, la grande faena (que Mundotoro qualifie de « bellisima ») du Morante de la Puebla, hélas gâchée avec l’épée. Au bilan final :
     Fermin Bohorquez coupe les deux oreilles d’un toro de son fer.
     Ortega Cano : Deux oreilles d’un toro de Martelilla
     Enrique Ponce : Deux oreilles d’un Marquis de Domecq
     Vicente Barrera : Ovation, devant un sobrero de Fuente Ymbro
     Javier Conde : Palmas, avec un Manolo Gonzalez
     Morante de la Puebla : Ovation, devant un bon Torrestrella
     Miguel Abellan : Deux oreilles et la queue d’un magnifique novillo de Guadalest (Vuelta al toro)

     28 Février – Cabra (Cordoba) – Corrida du « Dia de Andalucia » - Arène quasi pleine -  Corrida télévisée sur canal Andalucia :  Un public de fête qui s’ébroua gentiment et laissa passer un lot des frères Tornay, bien noble et bien faible. Dire que l’on applaudit follement un desplante à genoux, devant un toro…à genoux, veut tout dire.
     Malgré ce, on retiendra, le bon toreo classique et sobre du Finito de Cordoba. Applaudissements et une oreille – De même la grande vibration retrouvée du Cordobes. Une et deux oreilles – Enfin, la grande facilité technique et une sorte d’envie retrouvée, de Francisco Rivera Ordoñez. Oreille, par deux fois.

    28 Février – Cazalla de la Sierra (Séville) : A noter le très bonne sortie d’un torero qui reste une promesse, attendant son tour : Luis Vilches. Hier, il a essayé de faire regretter à l’Empresa de Séville sa « non inclusion » dans les cartels de la Feria d’Avril. Il y est magnifiquement parvenu, coupant trois oreilles à une corrida bien inégale de Gabriel Rojas. Actuacion « a mas », avec d’excellents moments, en particulier sur main gauche. Un torero à suivre, à découvrir.
     A ses côtés, Pepe Luis Vazquez et Victor Puerto ont un peu patiné. Applaudissements et silence.

 

LA TELE REPREND DU SERVICE…

     1er Mars : Enfin quelques nouvelles, devant l’écran vide de toros.
     Chez nous « Canal plus » veut faire des économies de bout de chandelle en supprimant les toros, mais a du engager huit secrétaires pour ouvrir le courrier de protestation. « Mécier beaucoup, monsieur ! »

     En Espagne, « Tendido Cero » reprend avec nouvelle grille, nouvelle durée, nouvel horaire, nouvelles séquences ! La seule chose qui ne change pas: le présentateur ! Au fond, on s’en plaindra pas trop !
     « Tendido Cero » reprendra le Jeudi 7 Mars. On le retrouvera, tous les jeudis, sur la Deuxième de TVE, de 18 à 19 heures. En principe, ces horaires seront respectés. (On prie les coureurs cyclistes de toutes les épreuves précédant la diffusion de notre programme taurin hebdo préféré, de « doubler la dose », pour arriver à l’heure ! Siouplaît !)

     La Télévision nationale, première chaîne, attaque ses retransmissions en direct, aujourd’hui, 1er Mars, depuis la plaza de Los Califas, à Cordoue, pour le festival en faveur de la lutte contre le Cancer. 17 heures, en principe. (Allumez quand même avant et servez vous un coca ! Patience ! On ne sait jamais ! »). Au Cartel : Finito de Cordoba – Julio Aparicio - Canales Rivera – Jose Luis Moreno – Davila Miura, encadrant les novilleros Jose Luis Dorado et Manolo Martinez. Novillos de ganaderias différentes.
     A priori, il n’y aurait pas de corridas diffusées en direct des Fallas de Valencia. On avait pourtant parlé du 14 Mars.

     Côté « Via Digital », on aura, en direct de San Sebastian, les demi finales et la finale du Vème concours des Novilleros, ainsi que les deux corridas de luxe qui les accompagneront. Tout cela se déroulera les 22, 23, 24 puis 30 et 31 Mars.
     Via Digital ne retransmettra rien de Castellon, ni de Valencia.
     Pour ce qui est de Séville, « wait and see ! » comme on dit à Gibraltar, car, depuis qu’un commando de Marine a débarqué « sur la mauvaise plage », tous les pêcheurs andalous ont appris le British… Ozu !

 

TERTULIA…AVANT OLIVENZA !

     2 Mars : Les aficionados savent ce qu’est une tertulia…
     Debout ou attablés derrière un fino et une assiette de tapas, on écoute, on échange, on discute… Sur quoi ? Sur tout, à condition que ce soit de toros… De la corrida qu’on vient de voir, de la temporada passée, de la future feria. Des fois, on bifurque d’un coup vers le rugby ou le foot, quelquefois la politique, mais si peu… 
     Les échanges peuvent être vifs, mais ils sont toujours corrects, et finissent souvent autour d’un verre, entre deux éclats de rire et un « Tu sais, je ne suis pas loin d’être d’accord avec toi ! »…
     Ce qui frappe, quels que soient les opinions : la convivialité et la bonne éducation. Aussi, quand on regarde ceux qui prétendent vouloir nous gouverner, nous montrer le chemin, et quand on entend les mots qu’ils utilisent, on a envie de leur dire : « Mais venez donc assister à une tertulia, à Bayonne, à Nîmes ; à Dax, Mont de Marsan, Arles ou Béziers. Mais venez donc, et vous verrez qu’on peut se chamailler, « batailler », comme on dit, sans pour cela « parler gras » ou lancer des insultes à l’adversaire du moment, parce qu’il ne pense pas comme vous ».
     A cet ancien ministre qui accuse l’autre bord de « remuer la merde » ; A cette ancienne ministre, toute verte, qui exhorte ses troupes pâlissantes d’un brutal « On se met au boulot, oui ou merde ? »… vient s’ajouter une qualificatif, susurré par le porte parole des grands « Y’a qu’à ! » de droite, au sujet du livre que vient de sortir, hier, le premier « Y’a qu’à ! » de gauche : Ce monsieur au sourire aussi amidonné que le col de sa chemise, a déclaré devant micros et caméras, qu’il a trouvé l’ouvrage « très chiant ! »…
     Pourquoi, encore une fois, se prêter à tant de vulgarité, alors que cette vulgarité est la base même du non respect, premier pas vers la violence qu’on veut soit-disant combattre ? Comment allons nous, ensuite, rabrouer les moutard de neuf ans qui vous sort, tout de go : « La maîtresse, elle est vraiment chiante ! Elle n’arrête pas de remuer la merde ! Maman, tu me donnes mon joint, oui ou merde ? »      Vraiment, le monde politique… « devient t’chiant » !
     Dans les tertulias, on n’est pas d’accord, et on se le dit ! Pourtant, malgré de rudes empoignades verbales, on n’utilise guère les anathèmes et les vulgarités faciles. Tout simplement parce que l’on parle de gens qui se sont joués la peau, ou vont se la jouer…
     Vous, messieurs, mesdames « qu’on nomme grands ! », que vous jouez-vous ? Un peu de gloriole ? votre bon profil à la télé ? un bout de « tapis rouge » ? S’il vous plaît, respectez le monde, et respectez vous… Alors, peut-être voterons nous pour le plus « respectable »…

     Tertulia d’avant feria… d’avant “mini feria” d’Olivenza! Trois spectacles, trois événements qui vont, peut-être, préfigurer ce que sera 2002…
     Allez ! on en parle, en trois phrases ! Sur l’estrade, au micro, un quidam qui ramène sa science, ou un aficionado qui dit franchement ce qu’il pense. (Ici, on est plutôt du « deuxième tonneau » !) Dans la salle, une foule de quidams, aficionados tout aussi respectables, qui écoutent, sourient ou froncent les sourcils, et demandent la parole… (Ici, vous avez notre Email ! allez y franco !). On y va !

     « Olivenza 2002 » est elle importante ? Non, si l’on parle de cette gigantesque aventure pleine de rebondissements qu’est une temporada taurine. Oui, si l’on tient compte du fait qu’en trois spectacles vont se mettre en place, là, sur le sable, les gros défis de la saison… Laissons la « presse du cœur » faire ses minauderies, et restons « en aficionados » ! Deux corridas et une novillada. C’est peu, et cela se passe dans une arène de troisième catégorie. Pas de quoi hisser le grand foc !
     Et pourtant, dans chacun de ses trois spectacles, se joue quelque chose… un espoir d’horizon plus bleu, (ou, à l’inverse, quelques noirs nuages) ; une illusion retrouvée ; quelque promesse (ou, à l’inverse, la confirmation de quelque crainte)… La presse taurine mondiale, ne s’y trompe pas, qui a les yeux fixés sur le week end d’Olivenza, point de départ d’une importante temporada 2002…
     Voyons donc, en une courte tertulia, les points d’interrogation (ou d’exclamation) d’Olivenza :

     Ce samedi 2 Mars : Corrida de Torrealta, pour Paco Ojeda, Finito de Cordoba et le Juli.
     Soyons clairs, tous les toros viendront « a modo », pour vedettes en plaza de troisième… Cependant, on espère qu’il n’y aura pas trop d’exagération (sinon, encore des « admonestations », encore « des blâmes » !). Ce qu’il faudra suivre : race et forces. C’est la grande question 2002.
     Paco Ojeda revient. C’est la grande inconnue, mais on ne peut franchement penser qu’il sera, en Espagne, autre qu’il n’a été, cet hiver au Pérou et au Mexique. Empâté, empoté… La presse a été très dure, à Mexico. Ici, le public va exiger beaucoup, et risque d’être féroce. On espère chanter un grand retour, mais franchement, on peut en douter.
     Finito de Cordoba est fortement grippé. Sera t’il là ? Hier, il s’est abstenu de toréer le Festival de Cordoue, et s’est fait représenter par sa belle épouse, le soir, à la remise du trophée « Manolete » 2001. S’il fait le paseo, Finito devra asseoir définitivement la grande catégorie de son toreo, classique, sobre et techniquement artistique, face au baroque d’Ojeda, et au « toreo champagne », du Juli.
     Julian Lopez ouvre « le feu 2002 ». De fait, il ne l’a jamais éteint. Revenant du Mexique et de Colombie où il  fait un tabac, le jeune a un peu « mal au cou », mais il est affûté et va tout défoncer. A suivre, cette année : de réels progrès à la muleta : Plus d’ampleur, plus de lenteur… presque du toréo artistique.

     Demain matin, dimanche 3 Mars : Novillada de Torrealta, pour Nuno Velasques, David Galan et Jose Mari Manzanares.
     Le jeune portugais pourra t’il jouer sa carte et marquer la corrida de son souvenir ? Si les deux autres se plantent, oui ! David Galan est une espèce de nouveau typhon qui sait parfois se calmer. On veut en faire la vedette 2002. Pour le moment, le moins que l’on puisse dire, c’est que ce nouveau « 100000 volts » devrait viser quelqu’économie d’énergie.
     L’événement sera la présentation en Espagne, en novillada piquée, du Fils de Jose Mari Manzanares. On sait que Nîmes a joué un bon tour à Olivenza, lui piquant « la première piquée », mais on sait également qu’en deux novilladas, le jeune a montré quelques promesses, mais n’a pu les tenir. La presse attend la novillada d’Olivenza, avant de lâcher quelques épithètes. Le jeune le sait, son papa aussi. Petite inquiétude, on espère que les Torrealtas ne seront pas du même tonneau que ceux de Nîmes.

     Demain après-midi, dimanche 3 Mars : Corrida de Juan Pedro Domecq, pour Joselito, Jose Tomas et Morante de la Puebla.
     Trois toreros, trois questions : Joselito revient il avec une ambition retrouvée, et décidé à marquer la saison de son empreinte ? Sa fin de temporada 2001 et Quito, semblent arguer dans ce sens… Cependant, l’hiver est passé, et à la chaleur du doux foyer, peuvent fondre les bonnes résolutions… On le verra très vite : Ou Joselito « erre et  boude », ou « il est à tout », essaye tout, en torero. Alors, on peut penser que l’on va se régaler, cette année.
     Jose Tomas revient, après une saison 2001 très discutable, et très discutée… Pour arranger le tout, « l’Amérique » a été un vrai fracaso… Depuis, on ne l’a plus vu. Que nous réserve t’il ? Suffira t’il de trois muletazos « verticaux », sans bouger un cil, pour relancer la Tomasitis ? A ver lo que pasa ! Ce qui est certain : Jose Tomas est, cette année, face à son destin…
     Morante de la Puebla a fait un caprice, et se retrouve « hors de Séville ». Olivenza est une opportunité de faire regretter à l’aficion et à la presse, de ne pas l’avoir soutenu dans ses prétentions, face à son ennemi de toujours, Eduardo Canorea. Il a monté un faenon, l’autre jour au Puerto, mais à mal tué. Il faut à tout prix qu’il coupe, et « avec la manière », à Olivenza, et Valencia. Sinon… Eduardo avait raison…

     Demain soir, on dansera, ou on se lamentera:  "Olivenza, Olivenza… morne pleine !"
     Mais rassurez-vous… Lundi, la politique sera toujours aussi puante, mais… il y aura d’autres tertulias !   

 

ILLUMBE… LA GRANDE LIGNE DROITE

     2 Mars : Le Vème concours international des Novilleros de San Sebastian n’a pas encore « vraiment débuté »… Des jeunes se sont produits et ont fait leur maximum, mais « l’étincelle » n’a pas eu lieu…
     Cette étincelle devrait se produire sur les deux dernières novilladas « éliminatoires » : celle de ce samedi 2 Mars, et celle de samedi prochain.

     Cruel dilemme, aujourd’hui : rester au chaud et regarder « France Angleterre » à la Télé… ou « aller se peler » à Illumbe, pour faire le point sur Cesar Jimenez, qu’encadreront le mexicain Fabian Barba et cette autre promesse qu’est Ivan Garcia, face à une novillada de Fuente Ymbro, dont on sait la qualité… Difficile, non ! Que feriez vous, vous ?
     Samedi prochain, on suivra Leandro Marcos, Javier Valverde et Julien Lescarret, devant des novillos d’Ana Bohorquez (ref : 14 Juillet, l’an passé, à Bayonne)

     Les novilleros toréent tous bien, maintenant. Bien sûr, « ils s’emmêlent un peu les muletazos », parfois, et c’est bien ainsi. Hier, par exemple, au festival de Cordoue, les deux jeunes ont souffert, mais « la ilusion » était là, et, malgré les difficultés, ils se sont montrés « en toreros »…
     Tous, ils toréent bien. Mais ce que l’on attend, c’est celui qui torée mieux, avec « sello propio », cette personnalité, ce style qui lui est propre, le sentiment qu’il nous transmet… Celui là, on le cherche, et quand on croit l’avoir trouvé, on court derrière pour revivre cette sensation…
     Cesar Jimenez est il « le grand » de demain ? Beaucoup le disent… Lui doit se le répéter tous les jours, devant sa glace… Bueno ! C’est pas le tout, faudra le prouver et essayer de faire l’unanimité.
     Triomphateur d’Arnedo 2001, ayant bien débuté 2002 à Nîmes, Jimenez va devoir ce qualifier pour la finale d’un trophée qui lui est destiné… sur le papier. Il lui a échappé, l’an passé, très clairement. Cette année, les challenges sont lourds, des six novillos en unico espada, à Madrid, à l’alternative, le 9 mai, à Nîmes. Cesar Jimenez doit marquer un gros coup en plaza d’Illumbe, et cela commence… cet après midi. Cela peut être passionnant.
     Donc, « France-Angleterre », au magnétoscope, ce soir… avec un bon grog ! 

     Pour revenir au festival d’hier, télévisé en direct de Cordoba, on dira simplement que les absences du Finito, grippé, et d’Aparicio, pour des raisons plus obscures, n’ont pas empêché un nombreux public d’aller apporter son aide à la lutte contre le Cancer.  Les toreros ont essayé de faire au mieux, mais les toros ne leur ont guère facilité les choses.
     Bon toreo de Juan Carlos Garcia et Jose Luis Moreno, face à deux novillos de La Quinta et Fuente Ymbro, muy buenos. Les épées sont tombées un peu bas, mais on était en festival : Oreille à chacun – Canales Rivera a donné un bon quite par navarras, puis s’est planté, dans tous les sens du terme, devant un faible de Jaralta. Pour arranger le tout, deux épées « traversantes »… Ovation, quand même – Davila Miura s’est fait peur devant un manso violent de Morilla. Rien à faire d’autre qu’à parer les coups et « essayer » de ne pas s’enfuir. Applaudissements – Triomphe d’Anibal Ruiz, qu’on avait appelé en début d’après midi, pour remplacer Aparicio. Face à un Victoriano del Rio de presque six ans, « suraffeité », même pour un festival (admonestation !), le jeune fit feu de tous bois, alternant le sincère et le « gros trompe l’œil ». Pinchazo et une entière « à la vapeur », pour deux oreilles « bien festivalières » - Les deux novilleros du coin, Manuel Martinez et Andres Luis Dorado, ont mis toute leur bonne volonté pour venir à bout d’un Roman Sorando et d’un autre de La Castilleja. Ont encore du travail, mais sont pleins « de ilusion ! »! Et c’est le principal.

     Ahh ! A propos… « Allez, la France ! »

 

OLIVENZA : CE QUE L’ON POUVAIT CRAINDRE…

     3 Mars : En tauromachie, il n’y a pas de miracle. Quelquefois, la rencontre d’un grand toro et d’un homme tout à coup rasséréné et inspiré, provoque une émotion qui peut friser le paroxysme. Exemple : La rencontre d’Espartaco, avec le toro « Facultades », en 85, à Séville. Un toro et une faena qui allaient changer la vision que beaucoup avaient du blond torero d’Espartinas.
     Mais en général, le toro met chacun à sa place. Ceux qui sont « en haut » n’y sont pas par hasard. Y parvenir est très dur ; s’y maintenir l’est encore plus… Y revenir relève du surhumain.
     Paco Ojeda a effectué son retour, hier, dans le grand bain des ruedos espagnols. Il l’a fait  « chez lui », à deux pas de sa finca… et pourtant, il n’a rencontré que le froideur d’un public qui chercha vainement « le Paco » qui, il y a 15 ans, dressait les foules sur le tendido.
     A 46 ans, Ojeda tente un « come back » bien risqué. Sa dernière époque de matador de toros n’avait guère été convaincante, excepté en de rares occasions. Son retour, pour une sortie, à Dax, avait laissé plus d’un aficionado, dubitatif. Le Sanluqueño était alors parti vers les folles galopades du Rejoneo, où il s’était fait une place, tout en puissance. Tout à coup, il s’était arrêté, avait vendu tous ses chevaux, et, de plus en plus, le rumeur prenait corps : « Paco Ojeda va reprendre l’épée ».
     Ceux qui le connaissions et l’aimions, ne pûmes nous empêcher de pâlir un brin… La crainte était double : Premièrement, le torero avait changé, physiquement. Déjà lourd, à sa grande époque, bâti comme un troisième ligne, Ojeda  avait beaucoup « forci », au long de ces années… et le public d’aujourd’hui accepte mal des silhouettes enveloppées, même si elles sont « géniales »… Deuxièmement, et le principal : Le toreo a changé. Le « bout portant » n’est plus de mise, depuis qu’en 1991, un petit indien s’est mis « à vingt mètres », et a donné toutes ses chances au toro… Il s’appelait Cesar Rincon, et il a précipité le départ d’un Ojeda qui, par ailleurs, avait de plus en plus de mal à « rester là »…
     2002 : Ojeda décide de revenir. On respecte cela, mais on frémit. Comment le sanluqueño parviendra t’il à refaire ce qu’il ne pouvait plus faire, avant sa retraite ? Comment y parviendra t’il, dix ans après, alors que le toreo a changé, que l’escalafon est empli de toreros en forme et au sommet de leur art? Comment Paco Ojeda pense t’il convaincre un public qui viendra retrouver les émotions passées ? Ce sera très dur… De plus, il lui faudra retrouver « son toro »… et ce sera « encore » plus dur.
     Hier, Paco Ojeda est revenu. Les jeunes ont coupé les oreilles, et lui s’est démené, laborieusement. La corrida est sortie mauvaise, et l’on a noté les efforts du torero. Le crédit reste donc « entre ouvert ». Cependant, on a senti quelque essoufflement, en fin de première faena, et des gestes trop ostentatoires pour montrer « qu’il n’avait pas changé ! », devant son deuxième adversaire. Un peu comme pour se convaincre lui-même… A part à la cape, le public n’a pas retrouvé l’Ojeda de ses souvenirs… Comme on pouvait le craindre.
     Dans quelques jours, ce sera Castellon ! On sera en feria, et les choses peuvent se compliquer. Il faut attendre et, tout en respectant l’homme et ses courageux efforts, lui dire de rester « en Ojeda », c’est à dire « ne tromper personne, à commencer par soi-même »…

     2 Mars – Olivenza – Plaza pleine – Temps mitigé, très frais : Grosse attente et beaucoup de visages connus dans le public. Au premier rang, Don Jaime de Marichalar, à qui les toreros brindèrent faena. On aperçoit également Jesulin de Ubrique, Cristina Sanchez, Oscar Higares…
     La corrida est sortie mauvaise. Deux des Torrealta sont remplacés par des Guadalest, sortis 1 et 3ème. Corrida moyennement présentée, mais falta de raza, sans grande force, tournant au compliqué. Seul, le deuxième donna un peu de jeu, tant au cheval qu’à la muleta du Finito.
     Vêtu de rouge et or, Paco Ojeda reprit l’épée, devant le toro « Jaradero », de Guadalest. Il le fit trop piquer, et alterna le bon et le très mauvais, dans une ambiance très froide. En fin de faena, le sanluqueño se mit dans son sitio, et s’essouffla quelque peu. Trois pinchazos et une basse. Silence dans les tendidos. Le meilleur de son actuacion : sa réception de cape, au quatrième, par amples véroniques en chargeant la suerte. Puis ce fut une faena en deux temps : première partie, toréant très despatarrado, le compas exagérément ouvert, et en fin de trasteo, un dramatique effort  pour montrer qu’il était resté le même. Pinchazo et deux descabellos. On l’ovationna, et on le respecte, pour le moment. Il faut attendre…
     Finito de Cordoba a été très bien face au bon deuxième. Faena technique et très pure, en particulier sur la main gauche. Pinchazo et une entière. Une oreille. Par contre, le cinquième le fit patiner, le cordouan renonçant à l’attaquer. Mauvais final en deux piqûres, un trois quarts de lame et trois descabellos. Deux avis et palmas.
     El Juli n’a rien pu faire face au mauvais Guadalest, sorti en remplacement d’un Torrealta qui n’y voyait guère. Le torero fit de vains efforts, terminant sous l’ovation. Le sixième ne valait guère mieux. Le Juli sortit la hargne, la caste que le toro n’avait pas, et partit à l’assaut, poussant l'adversaire dans ses derniers retranchements. Grosse estocade, pour une oreille, avec pétition de la deuxième.

     Premier round perdu « aux points », par Paco Ojeda. Il y a des excuses. Les prochains rendez vous seront d’une importance vitale. Ojeda ne peut se permettre d’arriver « mal », à Séville.

     Olivenza, aujourd’hui, 3 mars : Double session, avec la présentation de Manzanares Junior, ce matin, et le début de saison de Jose Tomas, ce soir, encadré de Joselito et Morante de la Puebla.

 

ILLUMBE : UN VRAI NOVILLERO…

     3 Mars : Avant dernière novillada éliminatoire, hier, au concours de San Sebastian. Novillada très intéressante de Fuente Ymbro. Des toros très bien présentés, solides sur leurs pattes, mobiles, nobles sans innocence, pour peu qu’on veuille se mettre devant et faire les choses « bien »… Novillada qui a permis aux hommes de s’exprimer. Encore fallait il qu’ils en soient capables…
     La « vedette » du cartel était Cesar Jimenez. Pour dire les choses clairement, il a connu un fracaso total, pour une raison essentielle, toujours la même : Il « se regarde » toréer, et se trouve très beau. Du coup, il ne s’impose pas au toro, reste sur la marge, et finit par se mettre en danger. Avec l’épée, fatal !Ceci, conséquence de cela. Cependant, comme il semble s’installer une « Jimenitis », on applaudit chacun de ses gestes.
     Ivan Garcia a coupé l’oreille du dernier, un formidable novillo, du nom de « Marques », plein de bravoure et de noblesse. Le novillero n’en profita que partiellement, alternant de bons muletazos, avec d’autres bien plus approximatifs. Une oreille à un novillo qui en offrait deux. Cela dit, Garcia se montra facile au capote, vibrant aux banderilles, et tueur « habile ». A son crédit, l’attention qu’il porte à la lidia de ses compagnons. Il fut très rapide à se lancer au quite sur deux cogidas de ses collègues. Muy bien !
     Reste le troisième homme, le modeste, « l’étranger » ! Il est mexicain, il s’appelle Fabian Barba… et il est le vrai triomphateur de la tarde. Planta torera, courage serein, « pensant » bien, devant le toro, Barba s’est comporté un vrai novillero qui dit : « Je veux être torero ! Je vous montre sincèrement ce que je sais faire et je fais le mieux possible ». Touchant deux novillos différemment compliqués, le Mexicain perdit des trophées à cause de l’épée, quoiqu’attaquant haut et droit. Bien au capote, avec de très bonnes choses à la muleta, en particulier des pechos tournés sur l’épaule contraire, Fabian Barba mérite totalement une qualification pour la suite des débats, et l’on espère que le « politiqueo » ne va pas lui jouer quelque mauvais tour. Enhorabuena, torero !

     2 Mars – San Sebastian (Plaza d’Illumbe) – 4ème Novillada éliminatoire du Vème concours international des Novilleros – 1/3 de plaza : Bonne novillada de Fuente Ymbro, très bien présentée, avec un quatrième qui fut un toraco impressionnant. Les novillos se sont montés mobiles, preste à la pique, et loin d’être des anges à la muleta. Le meilleur, et de loin, fut le sixième, terminant plein de noblesse.
     Dans les cuadrillas, les deux picadors de Jimenez ont été en bons professionnels et le Chano a du saluer, pour deux paires de banderilles « de las suyas ».
     Fabian Barba  reçut le premier, un peu distrait, par deux faroles à genoux, de bonnes véroniques, au centre, et une grande demie. Surprise ! Le quite, « muy mejicano » résulta incomplet, auquel répliqua Jimenez par chicuelinas et tafalleras bien combinées. Le toro arrive un peu tardo, à la muleta. Très bon début du mexicain en deux longues séries de derechazos bien tirés, bien templés, clos de grosses passes de poitrine. Re surprise ! Passant sur main gauche, le torero se fait terriblement serrer dans la première naturelle. Il essaie de rectifier ce défaut, revient à droite et s’impose à nouveau. Retour à gauche et… terrible cogida, le torero étant méchamment chargé au sol. Se relevant sans se regarder, Barba va terminer très sereinement, sur la corne droite, alternant le sérieux et l’adorno de bon goût. Soigneusement préparé, un pase de pecho, en demi cercle, « de cartel ». L’oreille est amplement gagnée. Hélas, il y aura deux pinchazos, dans le haut, et une presque entière, en avant et verticale. Un avis et bonne ovation, respectueusement saluée.
     Le quatrième l’impressionna un peu au capote, et on le comprend. Haut, puissant, bien armé, le novillo se montra un patron brutal en début de lidia. Malmenant le picador, il fut insuffisamment piqué, le président prenant la coupable initiative de sonner trop tôt le changement. Catastrophe aux banderilles, le toro prenant le dessus. Début de faena bien bousculé, le toro se montrant noble, mais terriblement bronco, avec un méchant coup de tête, en fin de muletazo. Fabian Barba va l’affronter très courageusement, parvenant même à tirer plusieurs muletazos de qualité. Valiente ! Un pinchazo hondo, dans le haut, et une entière, faisant bien la suerte, mirent fin à ce vrai combat qui méritait une autre récompense qu’une ovation et un nouveau salut au tiers. Très très bien, le mexicain Fabian Barba.
     Cesar Jimenez se montra brillant au capote, à la réception du deuxième. La demie fut une estampe, mais le désarmé qui suivit en réduit l’effet. Début très spectaculaire et torero, les deux genoux en terre : sept muletazos, soit par le haut, soit toréant vraiment la charge du bicho. On le pense parti vers la grande faena. Celle ci  ne viendra pas. On assistera à une suite de muletazos, parfois bons, parfois courts, parfois accrochés… Il faudra, en fin de trasteo, deux passes inversées et deux pechos enchaînés pour  refaire surface. Trois molinetes et une final à genoux, précédant un abaniqueo trop long et trop théâtral. Pinchazo et un bajonazo très laid traduisent le manque de domination de Jimenez qui se fera prier avant de venir saluer l’ovation.
     Le cinquième, colorado bizco, sera bien toréé de cape. On attend un desquite… on aura... une grosse catastrophe. Jimenez débute au centre par une passe changée dans le dos, doublée. C’est très beau quant le torero reste, vertical, impavide… Ca l’est beaucoup moins quand le torero se tortille pour éviter le toro. Certes on le comprend, mais « queda feo ! ». La faena sera une suite de passes rapides, souvent brouillonnes parce que le torero « ne pèse pas » sur le toro, n’impose rien. Final en débandade, accrochage et catastrophe à l’épée. Un avis et une bordée d’applaudissements percés de quelques sifflets. Grosse déception.
     Ivan Garcia donna de bonnes véroniques au troisième, sur le côté gauche. Bien au quite, par navarras et serpentina. Au banderilles, inégal mais poderoso, face à un toro qui arrive « à fond ». Le muletero sera volontaire, débutant par bons doblones. Faena batailleuse et inégale, face à un toro qui marche et « regarde un peu » le torero. Epée entière, en arrière et tombée, provoquant une mort immédiate, avec deguello. Ovation et salut au tiers.
     Le blond novillero eut le mérite d’aller « a mas », devant le magnifique dernier de Jandilla. Banderilles vibrantes et un début de faena qui aurait, peut-être, eu plus d’effet par le haut, car les doblones  firent un peu fléchir le novillo. Heureusement, le bicho reprit du souffle et se mit à charger droit, humiliant, sans donner un seul coup de tête. Garcia s’en aperçut enfin, donnant de bonnes passes, trop isolées. Coup d’épée « à la vapeur » et longue agonie de bravoure du grand novillo. Oreille fort applaudie, mais un petit regret, car le toro méritait mieux.

     Fin de ce quatrième épisode, avec un grand souvenir, de pureté et de courage : Fabian Barba. 
     "Ah! A propos... Monterazo au XV de France! "

 

DANS LES AUTRES PLAZAS…

     3 Mars : Deux corridas et un festival ont marqué l’actualité, hier, loin derrière Olivenza et San Sebastian. A Leganes, la corrida de bienfaisance à rempli les gradins, mais  pas la boîte aux souvenirs. Du côté de Murcia, les toreros ont coupé un sac d’oreilles , mais  il y avait "moins d’un quart d'entrées". En fin, en plaza d’Algesiras, les toreros se sont régalés, et l’actuacion du Cordobes, « le vrai », a été estompée par l’indulto d’un novillo de Yerbabuena par son patron, Ortega Cano.

     2 Mars – Leganes (Madrid) – Corrida au bénéfice « de los niños de la calle en Argentina » - Plaza pleine : Corrida très discrètement présentée de Fernando Peña. Comportement très inégal, tirant à manso.
     Manuel Diaz « El Cordobes », à la tête de cette bonne œuvre, a eu toutes les faveurs du public. Il fit de tout, et très vite. Ovation et deux oreilles, transformées en deux oreilles et la queue, l’espace d’une photo. Bon cœur, mais coquin ! – Rivera Ordoñez a toréé en professionnel et tué en catastrophe. Multiples pinchazos et descabellos au cinquième. Deux avis étant tombés, le troisième approchant, Fran « péta un cable », et puntilla lui même, le bicho encore debout. Il s’y prit à plusieurs reprises, au milieu du scandale. Rivera Ordoñez recevra une amende, pour cette attitude bien peu réglementaire – Miguel Abellan fit du spectacle au dernier, coupant deux oreilles « de gala ».

    2 Mars – Caravaca de la Cruz (Murcia) – Corrida mixte - Moins d’un quart de plaza : Deux novillos de Julio de la Puerta pour le cavalier Joao Moura, qui coupe quatre oreilles.
     A pied, trois toros d’Alcurrucen et un de Daniel Ruiz, pour Eugenio de Mora (ovation et deux oreilles et rabo), et Alfonso Romero (Deux oreilles et deux oreilles et rabo).

     2 Mars – Algesiras – Festival en hommage à Emilio Mera, ex mozo de espadas de Luis Miguel Dominguin – Demi plaza
     Toros de ganaderias différentes avec en vedette, l’indulto du Yerbabuena par Ortega Cano, son propriétaire et éleveur (Deux oreilles et rabo, symboliques)
     Manuel Benitez « El Cordobes » revient et coupe une oreille à un toro des frères Tornay - Ruiz Miguel en fait de même à un Jose Luis Pereda – Ovation pour Emilio Muñoz, devant un Albarran – De même pour Javier Conde, avec un Jandilla – Morante coupe une oreille à un Gavira – Deux trophées pour le novillero Jose Miguel Montoya. Le cavalier Alvaro Montes, quant à lui coupa une oreille.

     Ce dimanche 3 Mars, on suivra, bien sûr, Olivenza ; la corrida de Mexico où Pepin Liria confirmera l’alternative ; l’ouverture de Las Ventas, à Madrid, avec le festival, hommage à Don Manuel Vidrie…
     Mais l’événement sera, surtout, l’ouverture de la Feria de La Magdalena à Castellon de la Plana, avec des tors d’Alcurrucen, pour Victor Puerto, Eugenio de Mora et Miguel Abellan.
     La feria présentera six corridas, une de rejoneo et une novillada, sans discontinuer, jusqu’à dimanche prochain.

     Voir dans notre rubrique « Carteles »

 

RICARDO ORTIZ : PLUS QUE DE LA POUDRE AUX YEUX !

     3 Mars : Un titre bien triste ! Le matador malagueño, fils de Manolo Ortiz, est, on le sait, un torero de vibration, un peu bastote, qui n’hésite devant aucun recours pour triompher. 
     Hélas, la nouvelle que répercute « La Opinion » de Malaga est bien plus grave : Manolo Ortiz a été arrêté, vendredi à 16 heures, par la brigade antidrogue de la Guardi Civil, alors qu’il circulait en compagnie d’un ami, dans une voiture où l’on a découvert 200 grammes de cocaïne. A priori, on ne parle pas… que de consommation.
     Agé de 27 ans, Ricardo Ortiz rentrait du Venezuela, où il a triomphé, le 24 Février dernier. Probable dernière actuacion de ce torero dont les rêves se sont envolés en fumée, pour avoir suivi…la mauvaise ligne.

 

OLIVENZA : DEJA, UNE PREMIERE IDEE…

     4 Mars : La première étape de la temporada 2002 s’est déroulée ce week end, dans un climat pluvieux et froid qui a renvoyé à l’hôtel nombre de toreros qui s’étaient habillés « con ilusion »… Cependant, la mini feria d’Olivenza s’est déroulée, à peine perturbée par la pluie. L’événement était de taille et le public, au rendez vous : Deux llenazos et trois quarts de plaza pour la novillada matinale.
     Côté toros, il faut attendre les grandes ferias. Olivenza est de troisième catégorie et les toros y sortent de trapio réduit, et donc, peut-être, un mobilité accrue. Il y eut de tout, au cours de ces deux jours, les novillos de Torrealta sortent bien meilleurs qu’à Nîmes.
     Du côté de hommes, les « challenges » étaient importants, surtout pour Paco Ojeda, Joselito, Jose Tomas et Morante de la Puebla, sans oublier le fils de Manzanares.

     Hier soir, 3 mars, on pouvait déjà, apporter quelques précisions, et avoir une première idée de ce qui nous attend, en 2002.
     Juli et Finito ont débuté leur saison, fidèles à eux-mêmes : Batailleur, le premier, qui est « monté sur un toro », pour lui arracher un trophée ; Torero de classe, le second, qui va continuer à parsemer la saison de « moments magnifiques ».
     Paco Ojeda est revenu. On a vu, hier, que ce ne fut pas l’apothéose, loin de là. Le triomphe de ses jeunes compagnons élargit encore le fossé. Il faut attendre. Cependant, Paco Ojeda se doit d’être bien à Castellon, et marquer la feria. Et on ne parle pas d’oreilles coupées… Il doit « être bien », sinon…
     Joselito a commencé sur les pointes des pieds, parsemant ses lidias de bons détails, mais sans pousser ses machines à fond… Petite oreille à Olivenza. Là aussi, il faut attendre.
     Jose Tomas a débuté très tôt, et a triomphé. On pouvait s’y attendre. Cependant, il a triomphé « avec la manière », avançant la main, toréant plus « naturel », montrant un peu de la spontanéité perdue. Même son « détracteur premier », Jose Antonio del Moral l’a trouvé très bien au cinquième toro, qu’il a « fabriqué ». Bienvenu donc au Jose Tomas 2002, en espérant que les vieux démons ne reviendront pas le chatouiller.
     Morante de la Puebla jouait gros. Il a illuminé la tarde d’un toreo d’inspiration, tant à la muleta, que dans sa grande réception au capote, du dernier toro. Deux oreilles, en perdant deux autres à l’épée. On respire mieux, du côté de la Puebla del Rio… et ici aussi. Maintenant, il faut absolument « renverser » Valencia, aux Fallas. Le reste viendra tout seul… mais surtout, il faudra tenir, jour après jour…
     Jose Mari Manzanares Junior s’est présenté en Espagne, après le « coup pour rien » de Nîmes. Il a confirmé être « une tête privilégiée », torero à la fois artiste et vaillant. On aura encore plus d’éléments dans 48 heures, après la novillada de Feria, à Castellon.

     Bilan important, donc, de cette première manche à Olivenza. Cela dit, il ne faut rien exagérer, Olivenza est une petite plaza, avec des toros plus aptes au triomphe que dans les grandes ferias. Mais on sait également que le torero marche au mental, et qu’à la limite, peu importent « le trapio et les pitones »…Asi que…

     3 Mars – Olivenza – Novillada matinale –  ¾ de plaza -  Temps froid et pluvieux : La novillada de Torrealta est sortie bien inégale de présence. Bon comportement général, avec noblesse et un peu de faiblesse. Seul le dernier s’est montré plus compliqué.
     Nuno Velasques (Oreille – 2 oreilles) : Très bons détails de ce jeune portugais, encore un peu vert, mais qui diffère de ses prestigieux compatriotes : Il ne banderilles pas, et il est muletero. A suivre.
     David Galan (Deux oreilles - Oreille) a mis le feu, comme on s’y attendait. De bonnes choses, liant beaucoup les passes, puis le feu d’artifice, en souvenir du papa. Cela peut marcher… au début.
     Jose Mari Manzanares (Deux oreilles – Grande ovation) a conquis la plaza, l’aficion et la presse. Grand muletero, ayant le secret du « temple », et dessinant de formidables pases de pecho. Tua bien son premier. Il alla attendre le sixième « a portagayola », puis dut batailler avec le garbanzo de la matinée. Examen de passage réussi. La suite, mardi à Castellon.

     3 Mars – Olivenza – Deuxième corrida – No hay billetes – Temps pluvieux et froid : On attendait cette corrida, pleine de points d’interrogation. Ce fut un récital, et le public ne s’y trompa guère. Six oreilles coupées (il y aurait pu en avoir neuf), et deux diestros a hombros : Jose Tomas et Morante de la Puebla.
     Toros de Juan Pedro Domecq, justes de présence, de bon comportement, en général. Le quatrième se montra le plus compliqué ; le sixième « tenia sus cosas ». Le deuxième a été remplacé par un Parladé, bueno.
     Joselito (Oreille - Silence) a parsemé sa première faena de grands bons détails. Tua en deux temps. L’oreille, dit on, ne s’imposait pas. Par contre, il laissa vite tomber, face au quatrième, et certains le lui reprochèrent.
     Jose Tomas (Oreille – 2 oreilles) a réussi, avec le sourire, une bonne entrée en temporada. Faena pure au premier, mais sans ligazon. Cependant, une bonne nouvelle : Jose Tomas, comme il y a trois ans, « avance la main », va chercher loin la charge du toro, la temple et la  conduit « loin derrière la hanche ». Grandes naturelles mais épée défectueuse. Perd un des deux trophées mérités. Grande faena, construite peu à peu, face au cinquième. A force de sitio et de temple, Tomas a « fabriqué » un toro, sous les acclamations de tous. Gros coup d’épée et deux oreilles méritées, qu’il promena, tout sourire.

    Morante de la Puebla (2 oreilles – Ovation) a enchanté les plus difficiles. Faena de grande esthétique à son premier, avec des moments inimitables. Naturelles profondes, galbées, « de soie », encore rehaussées par le costume prune et noir d’azabache, à la Paula. Formidables remates et adornos lumineux. Son toreo de cape, à la sortie du sixième sera un des grands moments de la feria : Trois véroniques et deux demies « de cartel ». Bonne faena, également, à un toro moins collaborateur. Hélas, trois pinchazos et quatre descabellos… Dommage ! mais il vaut mieux que cela se passe à Olivenza.

      Jose Tomas et le Morante sont sortis en triomphe d’Olivenza, ayant fait « beaucoup plus » qu’avoir coupé des oreilles.

 

CASTELLON: MADELEINE DEBUTE EN GRIS SOMBRE

     4 Mars: Bon! La « mauvaise » est passée, on va pouvoir penser « aux bonnes » ! Digo yo !
     Catastrophe intégrale, pour cette première de la Feria de la Magdalena, à Castellon. Un ganado infumable, des toreros « qui y vont, mais qui n’y vont pas… », des pinchazos et beaucoup de baîllements. Le public s’est mis en colère a partir de la mi course, tant l’ennui était pesant. Mal comienzo ! 

     3 Mars – CASTELLON DE LA PLANA – 1ère de Feria – Un peu plus de media plaza – Mauvais temps froid : Toros de Alcurrucen, correctement présentés, mais mous, sans race, sans jus, terminant totalement éteints. Seul le premier offrit quelques vains espoirs.
     Victor Puerto (Silence après un avis -  Sifflets, après un avis) : Il devait mettre le paquet, Victor, histoire de dire au gens de la région, combien était injuste son absence de Valencia. Cela débuta fort bien avec la cape : Véroniques et quite par chicuelinas. La faena débute par un changement dans le dos. On note de bonnes naturelles et pffft ! plus de toro. Face au quatrième, ce fut long, long, et le public soupira, d’autant qu’il tua laborieusement. Valencia, sur ce coup, n’a rien à regretter.
     Eugenio de Mora (Silence – Sifflets) Premier toro trop piqué, qui trottine lourdement. Eugène baisse trop la main, et le toro dit « je veux plus ! ». Le cinquième sera plus compliqué, et le matador ne se montrera pas sous son meilleur jour.
     Miguel Abellan (Silence avec un avis – Silence) : Deux largas à genoux à son premier, qu’il brinda à Victorino Martin. Faena de mas a menos, tuant mal. Le sixième offrait peut-être quelque possibilité, mais le public « n’y était plus », après deux heurs de profond ennui.

     Ce lundi 4 Mars, deuxième de Feria: Corrida de Palha, pour Luis Miguel Encabo, Davila Miura et Jesus Millan

 

MAUVAIS TEMPS ET SUSPENSIONS

     4 Mars : Il a fait un temps de chien sur l’Espagne, et plusieurs spectacles ont été « suspendidos », ou renvoyés à date ultérieure. C’est le cas du Festival en hommage à Manuel Vidrie, qui devait ouvrir la saison à Las Ventas, de Madrid. On pense que le festival aura lieu, samedi prochain, 9 mars.
     Ont été suspendues ou renvoyées, les corridas de Sanlucar de Barrameda, de Benalmadena et de Berja, où devaient se produire Juan Bautista.
     Il y eut corridas en d’autres lieux, chaque fois marquées par le froid et la grisaille humide.

    3 Mars – Calahorra – 2/3 de plaza - Temps très froid : Toros Juan Perez Tabernero, faible et sans caste. Fue un toston !
     Finito de Cordoba ( Silence – Ovation) : Donna quelques détails de classe, puis partit soigner sa grippe.
     Manolo Caballero (Silence – Ovation) : Fit les efforts, laborieusement, mais ne put rien tirer « de puits sans eau »
     Rivera Ordoñez (Ovation – Oreille) : Se battit avec le dernier, réchauffant un peu la public transi.
     La nouvelle de la journée, va donner beaucoup de travail à la « Prensa Rosa », dite la presse du cœur (tu parles !) : Divorce confirmé officiellement entre Rivera Ordoñez et son épouse. Cela se sentait venir. 

     3 Mars  - Huercal Overa (Almeria) – Peu de gens dans les gradins – Mauvais temps :  Toros de Ana Romero, qui sont sortis très encastés. Les toreros se sont bien battus.
     Antonio Losada (Oreille – Oreille), rappelant les bons souvenirs
     Anibal Ruiz (Oreille – Oreille), tout feu, tout flammes
     Jose Olivencia (Oreille – Deux oreilles), avec caste et sincérité.

 

MEXICO : PEPIN CONFIRME, ET BARRERA PROMET…

     4 Mars : La 19ème corrida de la saison, à la Monumental de Mexico, a été marquée par trois événements, heureux ou malheureux : Le triomphe de Rafael Ortega ; la confirmation d’alternative de Pepin Liria ; le renvoi au corral de deux toros. Rien de bien spécial dans ce dernier points, sinon que le premier mit 56 minutes pour rentrer, et le second, 16 minutes… seulement. Un record !

     La nouvelle du jour : La Casa Chopera va apoderer Antonio Barrera, ce sévillan qui fait parler de lui, au Mexique, depuis trois ans. On va le voir à Séville, pour la feria, mais il est aussi fort probable que l’on suivra la nouvelle recrue des Chopera, dans les plazas du Sud Ouest. Bueno !

     3 Mars – Mexico (Plaza Monumental) – 19ème corrida de la Saison – 12000 personnes, environ – Beau temps : On attendait les « Atanasio » de Barralva. La corrida est sortie bien présentée, mais mansota, en général. Les 2 et 5èmes ont été renvoyés « pour mansos ». Les manœuvres du retour au corral ont été des plus laborieuses : 56 et 16 minutes, respectivement, pour rentrer les toros, par la porte des picadors. Meilleur toro, le cinquième bis, de la ganaderia titulaire, comme le remplaçant du deuxième.
     Antonio Urrutia (Deux avis – Sifflets) connut une journée noire. Malchance au sorteo et peu d’inspiration. Le torero sort sous les sifflets et « rend » le précédent triomphe.
     Rafael Ortega (Oreille – Deux oreilles) : S’est montré « poderoso », toute l’après midi. Complet face au cinquième bis, auquel il donna une lidia vibrante avec cape et banderilles. Plusieurs séries très templées et une épée, un peu de côté. Bon succès, mérité. 
     Pepin Liria (Ovation – Palmas) confirma l’alternative, face à « Gironcito ». On le vit vaillant et technique, mais les toros ne lui permirent guère de s’exprimer. 

 

PERSONNALITE…

     5 Mars : Le monde taurin est sans pitié. Cependant, à part en de rares exceptions, il est juste, et, qu’on le veuille ou non « Le toro met chacun à sa place ».      Certes, il y a des hommes plus protégés que d’autres, des « toreros mimados » ; certes, ceux qui ont la chance d’entrer dans une « grande maison », n’ont pas à quémander les opportunités, ni payer pour se jouer la peau. Cependant, chaque médaille, fut ce t’elle en or, a son revers, et rare est celui qui échappe au regard des hommes d’affaires… qui sont aussi, et avant tout, aficionados.
     Deux exemples :
     On vient d’annoncer, hier, l’entrée d’Antonio barrera dans la Casa Chopera. On murmure que cette manœuvre fait partie d’une stratégie visant à prendre la gestion de la Monumental de Mexico, que semble vouloir laisser un Rafael Herrerias, las de tant de combats
     Les Choperas et leurs représentants ont suivi Barrera au Mexique et au Venezuela. Ils ont détecté en ce sévillan un « quelque chose » que les autres avaient peut-être moins : il s’arrime, essaie de faire le toreo vrai, en essayant d’utiliser le moins de terrain possible. Son toreo est classique et totalement sincère.  Du coup, après Séville, la confirmation d’alternative est pratiquement sûre, à San Isidro, et « la Grande Maison » annonce déjà qu’il va beaucoup toréer, en particulier « dans nos plazas »… Entre parenthèses, cela va nous donner une idée de « l’indépendance totale » de la plaza de Bayonne… Qu’est ce qu’on parie que Barrera sera au cartel 2002, en bords d’Adour ?  Mais, au fond, pourquoi pas ? D’autant que d’ici Juillet, Antonio Barrera aura eu l’occasion de faire quelques preuves de son talent et de sa personnalité.

     Autre exemple : Les trois toreros d’hier, à Castellon ! La corrida de Palha a été intéressante, moins sauvage que l’an passé. On attendait Luis Miguel Encabo, dont on dit grand bien,depuis plus d’un an. On attendait Davila Miura, qui avait fort bien débuté, à Valdemorillo. Enfin, Jesus Millan, gros triomphateur de l’an passé, devant ces mêmes Palhas, était attendu avec intérêt...
     Ce fut un flop !  Les hommes ont toréé proprement, mais aucun n’a triomphé. Face à une corrida inégale mais toréable, ils ont accumulé les passes, parfois bonnes, mais « n’ont pas passé la rampe »… Du coup, le public, peut-être trop bien habitué, les a regardés sans chaleur, et les a même pris à parti.
     Dénominateur commun chez les trois toreros : Manque total de personnalité. Manque de ce petit plus qui fait que « Tiens, il a quelque chose ! ».
     Luis Miguel Encabo est un « laborieux introverti » qui vend mal ses qualités toreras. Davila Miura est l’exemple même du torero qui a de la qualité, mais qu’on oublie, à peine sorti de la plaza, même quand il coupe deux oreilles sous la pluie, à un vrai brave del Cuvillo, en pleine feria de Séville. Jesus Millan est en survoltage, en sur régime… Faut bien s’attendre à ce que « cela coince », à un moment…
     Les toreros d’hier, en plaza de Castellon, ont perdu une grande opportunité, à la veille de « la grande montée du col 2002 »… non parce qu’ils sont mauvais toreros, non parce qu’ils ont fracassé, mais bien parce qu’ils ne savent pas intéresser… Lastima

    4 Mars – CASTELLON DE LA PLANA– 2ème corrida de la Magdalena – Un peu plus de  media plaza – Temps froid, supportable : On attendait beaucoup de cette corrida, triomphatrice de l’édition 2001. Ce fut une déception, tant au plan « toros », que toreros.
     La corrida de Palha est sortie moins impressionnante, moins « mordante » que l’an passé. Présentation inégale, comme toujours. Corrida de « trois et trois », avec des trapios, des poids et des cornes, en échelle (502, 570, 460, 486, 573, 539 kgs). Pour ce qui est du comportement 1, 3 et 4 donnaient des possibilités, même si ce dernier était un gros brutal. Le lot de Davila Miura était le plus gênant.
     Luis Miguel Encabo (Ovation – Silence avec un avis) avait une chance de marquer un gros point, en début de saison. De fait, il est passé « au travers ». Pas grand chose à reprocher à un toreo sobre, professionnel, face au meilleur lot de la tarde. Le premier était un vilain, playero, mais brave et noble. La faena fut très propre, l’estocade fut engagée, au point de se faire déchirer la taleguilla. Pourtant, elles ne marquèrent pas les esprits. Face au quatrième qui se montra très violent, mais chargeant droit, Encabo a bien failli s’asphyxier. Nombreuses séries, à la limite de la rupture, devant les retours secs du bicho. Echec, pour Encabo, sana pour autant avoir été mal. Rien de pire que laisser les gens indifférents.
     Eduardo Davila Miura (Silence – Petite ovation) a été ferme et très sobre dans son toreo. Le deuxième avait un mauvais calamocheo ; le cinquième ne disait rien. Davila Miura fut « très professionnel »… et ne laissa aucun souvenir.
     Jesus Millan (Vuelta, après un avis – Division des opinions) n’a pas réédité l’étincelante actuacion de l’an passé. Il attaqua fort son premier, à la cape, donna quelques bonnes naturelles, et tomba dans le défaut  généralisé ce jour : la muleta atrasada. Le toro, peu convaincu, tourna court et la faena de même. La vuelta fut diversement applaudie. Le dernier prit plusieurs picotazos et puyazos « topando », percutant plus que poussant vraiment, mais offrit des possibilités à la muleta. Millan se montra mieux sur la main gauche, mais connut un incident avec un spectateur qui l’invectivait, le public, se rangeant bien sûr, du côté du râleur. La corrida se termina donc dans la division et l’ennui. Vaya !

     On apprend que la corrida des Frères Garcia Jimenez ne viendra pas, le 8 Mars. Antonio Matilla a précisé que ses toros n’ont pas pris le poids voulu, cet hiver, et que la corrida ne présente pas le trapio désiré pour Castellon. Du coup, c’est une corrida de Salvador Domecq qui  la remplacera, lidiée par Joselito, Enrique Ponce et Jean Baptiste Jalabert.

     Ce mardi 5 mars, novillada de feria, avec Cesar Jimenez, Ivan Garcia et Jose Mari Manzanares fils. Les novillos seront de Daniel Ruiz. Attention ! Cesar Jimenez ne peut se permettre de répéter la sorti de samedi, à San Sebastian (malgré ce que beaucoup en disent). Quand à Jose Mari Manzanares, il doit confirmer la grande impression donnée à Olivenza. Toute la Presse est à Castellon, et les choses deviennent très sérieuses.
     Voyons si ce jeune… a une réelle personnalité. Il semble bien que oui ! A ver ! 

 

MANZANARES : LANCEMENT REUSSI…

     6 Mars : Souvenez vous… la conquête de l’espace ! Des jours auparavant, on était en direct avec Capa Canaveral… On voyait le pas de tir, au loin. L’image de la fusée, dressée vers le ciel, formait un énorme point d’exclamation : « des hommes vont confier leur vie à ce gros cigare blanc ! »
     Puis, au jour dit, bien avant l’heure H, toutes les télés du monde braquaient leurs objectifs, et des millions de téléspectateurs retenaient leur souffle, aux derniers grains du compte à rebours. Alors, dans un formidable rugissement, la fusée se libérait et décollait, enveloppée d’une nuée incandescente… Lancement réussi ! Bravo, les gars !
     Les caméras levaient leur nez, et suivaient l’objet qui traversait les couches de l’atmosphère et filait vers l’inconnu. Il montait si vite qu’on le devinait à peine… Soudain, une grosse explosion nous faisait sursauter « mon dieu, il y a eu un pépin, ils sont morts ! » Les commentaires nous rassuraient : « La séparation du premier étage vient de se faire, impeccablement. Boulons explosifs… » Ouf ! Vaya susto !
     Et il en fut ainsi pendant des années ! Programmes « Gemini », « Apollo »… Puis arriva ce soir de juillet 1969. On était en pleine feria de la Madeleine, à Mont de Marsan. Vers 4 heures du matin, ceux qui étaient encore lucides purent voir en direct Armstrong poser le pied sur la lune… « Un petit pas pour l’homme, un pas de géant pour l’Humanité ! »
     Ensuite vint la grisaille, la torpeur, la mauvaise routine et la mort… Il y eut Apollo 13, et puis un jour, une fusée monta tout droit, quelques instants et, sous les yeux de tous, se désagrégea en trois secondes. De la jolie petite fiancée du ciel, on ne retrouva qu’un gant, sur un plage de Floride.
     Depuis, des hommes et des femmes traversent le ciel, et presque personne n’y fait plus attention. « Challenger » va et vient, installe des usine entières, là haut, au dessus de nos têtes. Des russes et des américains s’embrassent sur la bouche… et nous, nous ne dressons l’oreille que lorsque depuis Kourou nous parvient l’annonce du prochain lancement d’Ariane V, capital pour l’avenir. « Ouf ! Elle est partie. Bravo ! On est les meilleurs… » Oui, oui ! les Américains disaient aussi cela, jusqu’au jour où… la petite fiancée du ciel…

     Hier, Castellon de la Plana a vécu « un de ces lancements » d’antan. Avant la novillada, la rue, les bars, les abords de la plaza résonnaient de ce « run run », comme disent les espagnols, bien spécifique au grands événements. Toute la presse était là, écrite, télévisée, radiodiffusée. Comme il y a trente cinq ans, les micros et les caméras pointaient vers un ruedo vide, quelques heures avant « el acontecimiento »… Les minutes passaient lentement : que va t’il donc se passer ?
     Trois heures après, les fax crépitaient, les mails fusaient comme l’éclair, les portables crachaient toute une gamme de superlatifs, bien agencés… « Lancement réussi ! ».
     Aujourd’hui, toute la presse taurine parle du fils de Manzanares. Chacun des articles est illustré de photos qui ne mentent pas : Il y a un torero important en ce nouveau « Jose Mari » là.
     Après Nîmes, « où l’on devinait que… » ; après Olivenza, « où l’on pensait vraiment que… », Castellon vient « de confirmer que… ». Hier, 5 mars 2002, Jose Mari Manzanares vient d’être lancé  dans l’Histoire du Toreo. A lui, désormais, d’écrire les pages suivantes en lettres d’or. A lui de faire que… dix, vingt ans plus tard, micros et caméras attendent « le prochain paseo », sans que le public ne lève un œil glauque en murmurant « Tiens, encore un ! », comme il le fit, pour les héros de l’espace.
     Grand lancement du fils de Manzanares, hier à Castellon, chacun chantant ses qualités, et surtout, sa personnalité. Bien entendu, les adversaires du papa soulignent les quelques scories du rejeton : se tord trop !; mieux à droite qu’à gauche !; « et cette estocade bien basse au premier, pouah ! ». C’est de bonne guerre ! Et cela continuera… Mais une chose est sûre : « il s’est passé quelque chose, hier ! » et on en parlera tout au long de la temporada. Jose Mari Manzanares « hijo »… va pa figura del toreo ! », si…

     5 Mars – CASTELLON DE LA PLANA – Novillada – 3ème de Feria – Moins de media plaza : C’est l’unique échec du jour, il y eut peu de monde. No hay aficion al toreo bueno, sino “al morbo”. (Il n’y a pas d’aficion pour la qualité des toreros, mais plutôt à ce qu’ils représentent, dans la rue, dans les medias : Juli, Finito, Jesulin, Cano, Conde… A n’en pas douter, les corridas de Rivera Ordoñez vont faire le plein, ces temps ci. Es asi !)
     Très jolie novillada de Daniel Ruiz, presque cuatreña, frisant les 500 Kgs. Il lui manqua un poil de race pour être une grande novillada. Noblesse générale, avec de multiples scories que les jeunes surent corriger.
     Cesar Jimenez (Ovation – Oreille) a été facile, toréant parfaitement, mais sans passer complètement la rampe. Très bien à la cape, il débuta sa première faena, les deux genoux en terre au centre du ruedo. Les séries qui suivirent furent aisées et toreras, mais ne soulevèrent pas le public. Le madrilène, peut-être trop facile, perdit l’oreille à cause de six descabellos. Le quatrième avait prédilection aux planches. Jimenez essaya de l’en sortir, puis accepta de l’y rejoindre, pour un trasteo vaillant, mettant à profit les retours naturels du manso, vers les barrières. Bonne épée et une oreille. Mais…
     Ivan Garcia (Oreille – Ovation avec un avis) fait tout très bien et très vite. Facile avec la cape et les banderilles, il coupa la première oreille de la journée, à un novillo noble, un peu violent. Le torero fut volontaire, mais ne triompha pas vraiment. Le cinquième arriva très court à la muleta, et le torero ne fut jamais à l’aise.
     Jose Mari Manzanares (Oreille – Oreille, avec pétition de la deuxième). Vêtu de bleu indigo et or, le fils de Manzanares débuta par une larga à genoux, « en offrant le pecho ! ». Bien à la cape, mais sans plus. Par contre, dès les premières passes, le muletero a conquis tout le monde : Rythme, cadence, lenteur, majesté, empaque dans les derechazos, clôturés d’énormes passes de pecho, « tournés » sur l’épaule contraire. A gauche, la réussite fut moindre, mais la faena « entra » fort dans les esprits. L’épée fut bien basse, et une des deux oreilles s’envola. Le sixième novillo se révéla excellent. Manzanares, cette fois, se montra très bon à la cape. Faena à laquelle manqua un peu d’unité. Ce fut la seule petite critique. Par contre, on retrouva la cadence et cette indéniable personnalité qui va peut-être, faire courir les foules, demain. Estocade « dans tout le haut », cette fois, et gros triomphe. Pour son lancement, Jose Mari Manzanares Fils s’est envolé… a hombros.

     Ce mercredi : Corrida de Rejoneo. A suivre, Alvaro Montes qui rentre dans le poker des as. Il sera encadré de Andy Cartagena, Martin Gonzalez Porras, Diego Ventura, Sergio Galan et Rafi Durand, face à un lot de Los Espartales.

 

SEVILLA : TELEVISEE, QUOIQUE…

     6 Mars : Les négociations entre "Dame Télévision" et l’Empresa de Séville se sont heureusement terminées. On sait qu’il y a dix jours, on était presque dans le mur.
     Toutes les corridas de la feria de Séville seront télévisées, sauf... la corrida du Dimanche de Pâques, et celles des 12 et 13 Avril.
     Via Digital retransmettra toutes les courses, à partir du 7 Avril, jusqu’à la Miurada du dimanche 21. Toutes sauf les deux mentionnées plus haut, et deux autres qui seront diffusées par la première chaîne nationale – TVE1 : Les 11 et 16 Avril
     Le 11 : Corrida de Torrestrella pour Manolo Caballero, Victor Puerto et Davila Miura.
     Le 16 : Corrida de Parlade, pour Ortega Cano, Enrique Ponce et Manolo Caballero
     Deux fois Caballero… quelle chance nous avons ! Cela dit, merci quand même, notamment à Ponce, qui se la joue « au grand jour ».

     Les corridas qui ne seront pas transmises du tout :
     12 Avril : Toros de Victoriano del Rio pour Joselito, Finito de Cordoba et El Juli
     13 Avril : Corrida de Garcigrande, pour Finito de Cordoba, Jose Tomas et Eugenio de Mora.
     Sacré Finito… Enchâssé dans deux cartels de capricieux, il en profite pour n’être jamais télévisé… Tant pis pour lui, et tant pis pour nous!

     Un Finito de Cordoba, très sèchement attaqué dans sa bonne ville de Cordoue, suite à cette malheureuse grippe qui l’a cloué au lit, le jour du festival contre le cancer, alors qu’il avait toréé la veille, à Cabra, et qu’il fit paseo le lendemain, à Olivenza. Du coup, les critiques pleuvent, et on retiendra la phrase du président de la Tertulia Larga Cordobesa : « Nunca sera Califa del toreo, porque nacio en Sabadell ». (Jamais il ne sera « Calife du Toreo »… parce qu’il est né à Sabadell).  Sous entendu "Quand il est bon, il est de chez nous. Mais quand il se conduit comme cela, c'est bien un catalan..."Toma ya…
 

CASTELLON : PLACE A « CE JEUNE GALANT »…

     7 Mars :  Vraiment on regrette presque le temps des chevaliers, des belles dames et des intrigues de châteaux. Certes, les chevaliers n’étaient pas tous « blancs-bleus », comme dans les films… Certes, les femmes étaient belles, mais ne se lavaient pas beaucoup, dit on… Certes les manants se traînaient dans quelque basse cour des miracles, assaillis de toutes parts et crevant sous les impôts... la gabelle, le sel…
     Mais… regardons, aujourd’hui : Les princes portent beau, jouent les démocrates et les débonnaires, mais tout le monde sursaute quand ils disent « je veux », et la met en veilleuse quand ils disent « je prends »… Les princesses sont plus propres, oui… enfin presque ! Jouant des cils quand elles ne le peuvent de la croupe, elles mènent le monde, et on aime presque ça. Les chevaliers transportent de valises de billets et jouent du portable. Ils sont, de plus en plus « noirs »… Restent les manants que nous sommes et « la cour des miracles », moderne, dans laquelle nous pataugeons, laborieusement… Et puis, nous avons la TVA, la CSG…en attendant la prochaine.
     « Il exagère encore… » direz-vous. Bon ! Vous avez l’habitude, maintenant !   Pourtant, regardez bien : Le XIXème arrondissement de Paris est envahi d’une horde de chenapans de 13/15 ans qui ne méritent qu’une chose : une bonne fessée. Qui la leur donnera ? 
     Regardez mieux : A Medellin, « Paris a brûlé ». Tout un quartier qu’on appelle « Paris », dont un morceau est parti hier, en fumée. Au bilan, on déplore 80 personnes évacuées et …15 cochons carbonisés. Cela ne vous rappelle t’il pas nos livres d’histoire ? En page « Moyen Age », on voyait la ménagère au grosses épaules, balancer « les eaux usées » dans la rue où les cochons faisaient ripaille. Lorsqu’il y avait le feu… combien de cochons ? 
     La cour des miracles, en Belgique avec les terribles affaires de mœurs… En Espagne, avec le cauchemar qui s’approche : En une semaine, trois jeunes viennent de mourir « d’extase »… Les pilules « qui vous montent à cent » se distribuent comme des malabars et personne ne dit rien… « Tolérance », dit on, d’un air supérieur… « Lâcheté totale », devrions nous dire, devant ce fléau qui menace tout, qui salit tout, qui détruit jusqu’au meilleur de nos enfants… Cauchemar ! Fléau… qui commence « au premier pétard » ! Et vous voulez ouvrir, légalement, cette porte vers l’enfer… Vous êtes des assassins ! La facilité, l’habitude, le laisser aller, le laisser faire, sont plus dangereux que ces trois volutes d’une fumée, soi disant peu nocive…
     2002… pas mieux ! Seigneurs, ou « saigneurs », Princesses ou putains, manants, serfs édentés… nous sommes là, et nous avons inventé d’autres fléaux… l’amiante, les usines Ceveso, le Loft story…

     Restent… les écuyers ! On les aimait bien, au Moyen Age ! Ils étaient souvent beaux, très adroits et très fidèles. Souvent, ils faisaient tout le boulot, parce que leur chevalier était trop bourré pour aller au carton. N’avaient pas le temps de faire grève, les écuyers... Cela donnait de rudes batailles, dont le blondinet sortait souvent vainqueur (dans les films !). Alors venait la récompense, et les jeunes héros pouvaient « grandir d’un coup » avec quelque princesse joliment roulée. Le jeune galant pouvait enfin connaître « le repos du guerrier »… Aaaaah !

     En 2002, on a encore des écuyers : On les trouve dans des arènes, le soir, sur le coup de six heures. Il en est des tous âges. Certains sont déjà des seigneurs ! D’autres, des jeunes, frêles mais fiers cavaliers, qui partent à l’assaut de la gloire, comme leurs anciens à la conquête de leur belle, emprisonnée dans quelque donjon… On les appelle, les Rejoneadores.
     Les seigneurs les regardent, de haut ! Les Mendoza, les Domecq, Moura, Bohorquez… Bien installés dans leurs châteaux, ils vont au trot assuré de leurs belles montures toreras. Des fois, le destrier trébuche, mais c’est rare. Les écuyers, eux, galopent à perdre haleine, multiplient les exploits, tutoient le destin chevauchant de jeunes montures qui, parfois, doivent se dire : « Pas fou, non ? ça passera jamais ! mais, bon, allons-y quand même»
     Ils sont là, les jeunes écuyers… Les Alvaro Montes, les Diego Ventura, les Sergio Galan… Ils arrivent au galop, en font des tonnes, se dressent sur leurs étriers, et lancent loin leur sombrero, le regard planté dans la multitude… Des jeunes héros, fous d’orgueil et de fierté torera. Ils sont… les écuyers d’hier ! Et, dans les gradins, plus d’une voudrait bien devenir leur belle… A que si, señoras ?

     Hier à Castellon, la corrida de Rejoneo  a fait un casi lleno. Le cartel était réservé à des jeunes. Seuls, le balourd Martin Gonzalez Porras (qui se fait appeler maintenant Martin Porras, pour faire « moins lourd »), et le fringant Andy Cartagena, faisaient figure d’anciens… Le reste du cartel était « la vague montante » du rejoneo. Dans les gradins, ces dames de la peña féminine de « La Rebolera » ouvraient grands leurs beaux yeux : «Ayyy ! Que guapos son ! »… Seraient bien reparties faire un tour du côté du Moyen Age…
     Montes a pinché, Ventura a progressé, mais le triomphateur total s’appelle Sergio Galan. Son triomphe de Castellon doit lui ouvrir des portes. Cela faisait un moment qu’il « apuntait »…
     6 Mars 2002 : Pas à dire… « L’écuyer vient d’entrer dans le château des seigneurs… » Sergio Galan vient d’entrer dans la cour des grands. A suivre…pour le futur !

     6 Mars – CASTELLON DE LA PLANA – 4ème de Feria – Corrida de Rejoneo – Casi lleno – Temps gris, frisquet : Corrida de « Los Espartales », sortant distraits, mansurones mais maniables, allant un peu « a menos ».
     Martin Porras (Ovation un peu forcée), en fait des tonnes, et fait accrocher ses montures. Demi rejon qui « descorda al toro », qui se fiche entre deux vertèbres, et le foudroie, vilainement paralysé. C’est considéré comme un défaut. C’est en fait de la malchance.
     Andy Cartagena (Oreille), toréa très vite, posa un joli « Violin » et tua de pinchaezo et rejon.
     Alvaro Montes (Vuelta), reçut le toro avec la garrocha, fit tamponner ses montures, et remonta son actuacion avec les banderilles. En contre ut, une paire « al violin », avec les courtes. Perdit tout avec l’acier : Deux pinchazos, un medio rejon et deux descabellos, pied à terre.
     Sergio Galan (Deux oreilles) a démontré une grande classe dans chacun de ses mouvements. On soulignera des grands quiebros, au dos de son cheval vedette « Montoliu ». Grande actuacion, chantée par tous, terminée d’un rejon de muerte.
     Diego Ventura (Deux oreilles), alterne le classique et le spectaculaire, ce qui porte beaucoup sur le gradin, mais horripile un peu les puristes du rejoneo. Pinchazo et rejon.Doit pouvoir calmer son jeu…
     Rafi Durand (Palmas) s’est montré volontaire, a beaucoup galopé, beaucoup essayé, mais peu réussi. Peut-être encore un peu vert, pour une telle confrontation.

     Ce 7 Mars, Paco Ojeda joue « très gros »… Oubliés Lima, Mexico, même Olivenza. Il doit confirmer aujourd’hui, que son retour mérite le respect. A ses côtés, le Juli et Alfonso Romero ne vont pas lui laisser de facilités. La corrida sera de Las Ramblas. Que haya suerte, Paco !

 

DIMANCHE A DAX : HOMMAGE DE « CEUX QUI SAVENT »…

     7 Mars : Si vous êtes sur le coin, réservez votre dimanche après midi, et filez vers 
     Dax. Dimanche, les Aficions à « la Fiesta Brava », qu’elle soit landaise ou espagnole, vont se réunir pour rendre un hommage à Jean Pierre Rachou, tué dans cette plaza, le 10 Août 2001, par la vache « Marilla », de la ganaderia Lassalle.
     Jean Pierre Guillé était un combattant, porte-drapeau de la course landaise. Champion de France des écarteurs par trois fois, vers les années 88, il était… un torero. A 42 ans, « Rachou » a lutté dix jours contre la camarde. Puis il est parti, vers d’autres plazas…

     Ici, on ne connaît que trop peu, la course landaise. C’est dommage, peut-être. D’autre en parle beaucoup plus, et beaucoup mieux…
     Cependant, on sait que tous ceux qui enfilent « la veste brodée d’or », ressentent, probablement, la même fierté, mais aussi, le même doute, la même peur… Ils sont « Toreros », mais ils sont avant tout des hommes. Peur du toro inconnu, ou de cette vache qu’ils connaissent trop bien ; peur de la responsabilité ; peur de montrer qu’ils ont peur… « Ils savent » ce qu’ils passent, et ce qu’a du passer… leur « Ancien »...
     Aussi, c’est ensemble qu’ils vont rendre hommage à Jean Pierre Rachou, dimanche, à Dax.

     Le festival se déroulera en deux parties : A 15h 30, il débutera en course landaise, avec les compagnons, ténors de la discipline. Puis, on laissera place à trois novillos de Samuel Flores, Nuñez del Cuvillo et Marquis de Domecq, pour Stéphane Fernandez Meca, Swan Soto et Julien Lescarret. Tauromachies réunies pour un grand salut…
     Les toreros, « ceux qui savent », seront au rendez vous. A nous de l’être aussi. « Il » méritait bien cela…

     Hommage à Jean « Rachou » - Dax –  Dimanche 10 Mars – 15h30 -  Renseignements au : 05 58 909 909

 

LA SOLITUDE DU COUREUR DE FOND…

     8 mars : On imagine le soldat de Marathon… Il dut, d’abord, se faire discret et quitter le champ de bataille, éviter les  patrouilles et se mettre en route. Tout au long de son parcours, un espoir le soutenait : arriver vite pour apporter la nouvelle… Certes, il avait troqué son armure et ses bottes de combat, pour des espadrilles sponsorisées Adidas…(cordonnier grec qui a fait quelques bonnes affaires,depuis). Certes, c’était un champion... mais, en quarante deux kilomètres et beaucoup de poussière, « l’a du se sentir bien seul, le fantassin volant »...
     Aujourd’hui, les athlètes sillonnent les rues de Rome, New York, Paris, avalant 42 kms de goudron avec une facilité déconcertante, tandis que derrière se traîne un interminable cortège d’amateurs courageux qui, à chaque foulée, doivent se sentir de plus en plus seuls…

     Pour un torero du haut de l’escalafon, la temporada est une épreuve de fond. Il devra calculer sa course, doser ses efforts, placer ses accélérations aux points stratégiques, ne pas gaspiller son énergie… Ca, c’est la théorie ! Il faut ensuite prendre soin de donner, chaque jour, dans chaque plaza, à chaque public, « l’illusion », qu’on est à fond, que l’on fait tout ce que l’on peut pour le satisfaire. Là est la grande difficulté, qui se répète au fil des temporadas, pour ce qui concerne les plus fameux. Un perpétuel challenge. Un vrai marathon pour chaque torero ! Peu d’appelés, encore moins d’élus… Aucune des courses ne sera similaire à une autre, et les hommes, coulés de bronze dans leur costume de lumières, se sentiront probablement bien seuls, parfois…
     Imaginez-les, hier, dans leur chambre d’hôtel, à Castellon…
     El Juli, qui a déjà « des kilomètres et des kilomètres dans les pattes », sait qu’on l’attend pour ce nouveau parcours qu’il sait plus ardu. La route sera longue et il ne peut plus surprendre. En pensant à ce qui l’attend, le Juli se dit que « qui va piano va sano ! » et que vaut mieux commencer en douceur… Cet après midi, « le minimum syndical », juste comme la veille d’une RTT…
     Paco Ojeda sait qu’il va courir un marathon d’enfer. Il a fait tous les efforts, tous les exercices. Il a bien perdu quelques kilos… mais, pour un marathon !
     Le plus terrible, c’est qu’en fait, ce marathon va se transformer en un 5000 mètres, composé d’une succession de « 100 mètres » au sprint. Il doit convaincre ! Il doit marquer chaque sortie d’une progression, d’un relent d’antan, d’une trouvaille, « de celles du temps où il s’appelait « Paco » ! »
     Alfonso Romero, blond chérubin frisotté, se dit que « les premiers mètres sont importants, s’il veut que la course soit longue ! ». Sinon… trois petits tours de stade, et puis s’en va ! Il connaît ses capacités, son style, sa foulée. Il est inquiet, mais tranquille. On l’attend avec curiosité, et il ne peut surprendre qu’en bien. Alors, il sort ses notes et il révise : « Un, deux, trois, on inspire ! Un, deux, trois, la hanche comme ceci, sur le derechazo ! le bras, comme cela, à la sortie du pecho ! Toujours très torero, comme devant le miroir…Un, deux, trois ! »

     Les trois toreros enfilent leur jogging d’or, et s’en vont se regrouper sur la ligne de départ… Il fait gris, pas chaud… On piétine sur place !
     Au coup de trompette, on s’élance vers l’arrivée, si lointaine, de la temporada… Le torero se trouve tout à coup, bien seul…

     Hier s’est déroulée, à Castellon de la Plana, la première grande corrida du cycle. Surprise, la plaza ne s’est pas remplie, malgré le Juli, malgré Ojeda. Autre surprise : Juli a couru « à l’économie », ne plaçant un démarrage que dans le dernier « cent mètres », histoire de couper une petite oreille. Alfonso Romero a suivi ses note, arrivant détaché, coupant une oreille prometteuse, « mettant la hanche, là » et « le bras, comme cela ! ». Il a surpris le monde, mais la presse lui reproche un certain manque de naturel. Cela dit, il gagne la course du jour, la main… tout en haut !
     Paco Ojeda a débuté comme un bolide, puis s’est essoufflé, terminant « à la ramasse ». Il faut attendre… il a eu quelques bonnes choses, devant un bon toro. Ce sera dur, très dur, mais… au fond !

     7 Mars : CASTELLON DE LA PLANA – 5ème de Feria – Presque plein – Temps gris frais : La corrida de "Las Ramblas" a déçu : Présentation bien moyenne, armures à discuter. Différents degrés de noblesse, mais un dénominateur commun de faiblesse. Les trois et cinquième ont été renvoyé au corral, frisant l’invalidité. Le cinquième fut remplacé par un Fuente Ymbro qui montra du caractère. Pour la muletero : l’excellent premier, et le sixième, hélas trop lourd (594kgs). La corrida a déçu, se déroulant dans une espèce de ouate, qui se dilua un peu, alors que la nuit tombait.
     Paco Ojeda (Ovation – Ovation) Toucha un bon premier qui chargea « fort et clair » dans son premier galop. En deux grosse séries droitières, le Sanluqueño rappela, un peu, « l’Ojeda d’hier », et on applaudit un grand pecho sur place et un profond changement de main. On reprochera, cependant un écart de jambes, disgracieux. Vu la silhouette, devrait toréer « plus réuni », plus naturel. Le panorama changea, sur le côté gauche, et la faena s’essouffla. Deux pinchazos précédèrent une épée en arrière, et une éventuelle oreille s’envola. Le quatrième voulut partir aux barrières. Ojeda essaya bien de le retenir, n’y parvenant pas. Il essaya, alors, de se mettre « dedans », n’y parvenant qu’au prix de quelques pathétiques sursauts. Le moral en avait pris un coup, mais il n’y eut pas de ridicule. Demie, un poil de travers et descabello. Bien seul !
     El Juli (Ovation - Oreille avec avis) : Parut absent, éteint, « en basses eaux »... Vulgaire en tout, face à son premier : cape, banderilles, muletazos par dizaines, mais avec un gros soupir ! Regard vide, sourire figé… N’était pas là. 2pée en arrière, certains demandant une pâle oreille, qui fut refusée. Le cinquième était un client, et le Juli dut forcer ses feux. Mieux au capote, « sin mas » avec les bâtons, il débuta sa faena sans grands espoirs… Puis, au final, le jeune sortit la hargne, et se mit « dans le toro », toréant très court, avec intensité. Cela dura longtemps, mais réveilla un peu le public. Epée très en arrière, et un avis pour être arrivé « après les délais ». Oreille quand même, mais sans plus. Devra rectifier à Valencia.
     Alfonso Romero (Ovation – Oreille) ne commanda jamais devant le troisième bis, qui chargeait sans aucune fixité. Le murciano tua d’une demie un peu de côté. Par contre, sa faena au bon sixième a conquis le public, en surprenant plus d’un. Profondeur et suprême élégance  dans les derechazos et sutout les naturelles. Peut-être un gros soupçon d’affectation, d’attitude forcée (la hanche, comme ceci ! Le bras, comme cela !)… mais, peu importe, pour le moment. Final en aidées par le bas, genou ployé. Très bonne faena, hélas gâchée en deux pinchazos, une épée caida et un descabello. Malgré ce, une oreille et l’attente… de la prochaine course.

     Ce Vendredi 8 Mars, la corrida sera de Salvador Domecq, remplaçant les Garcia Jimenez. Elle sera lidiée par Joselito (adoré, ici) ; Enrique Ponce (qui attaque son marathon 2002, et qui a deux ou trois petites choses à dire à « la Martin Arranz Corporation »), et Juan Bautista (qui débute sa saison espagnole, dans un "cartelazo"). Corrida importante.

 

JEREZ : « LES CHEVAUX SONT AU DEPART… »

     8 Mars : « La feria del Caballo », à Jerez de la Frontera, est presque prête. Deux ou trois petits réglages et on annoncera les cartels, aux alentours du 20 mars.
     Cependant, pour les curieux de naissance, et ceux de « la Peña Taurine Côte Basque », qui se préparent à un nouveau voyage, on peut dire que la feria 2002 présentera, probablement, les affiches suivantes :
     7 Mai : Novillada piquée, avec David Galan et Jose Maria Manzanares. Le troisième sera un jeune du coin : Alvaro Marquez, possiblement.
     8 Mai : Corrida de Rejoneo - Toros de Bohorquez, pour Luis Domecq, Fermin Bohorquez et Pablo Hermoso de Mendoza.
     9 Mai : Toros de Jandilla ou Juan Pedro Domecq, pour Joselito – Enrique Ponce – Rivera Ordoñez
     10 Mai : Toros de Juan Pedro Domecq ou Jandilla, pour Finito de Cordoba, Juan Jose Padilla et Juli.
     11 Mai : Toros de Nuñez del Cuvillo, pour Paco Ojeda, Jose Tomas – Morante de la Puebla.
     12 Mai : Novillada non piquée – Ecole de Jerez. 

 

LA « SIESTA » NACIONAL…

     9 Mars : Ca va mal et ça dure ! Les temps ont vraiment changé… et « c’est pas cool ! », comme disent quelques jeunes vautrés dans un coin, grignotant quelque pastille « extasique ». L’Espagne constate avec horreur le mal qu’elle s’est fait, avec « la tolérance 100% », et aujourd’hui, elle lance des immenses SOS, en première page de ses quotidiens, essayant de refréner, bien trop tard, les incroyables bacchanales qui hantent ses soirées, au vu et au su de tout le monde. L’opération « Botellon » aura du mal à laver toute les saletés qui hantent les rues, les jardins publics et les cimetières de la péninsule. Quant à la drogue…ça ?
     Nous ferions bien d’en prendre quelque leçon, nous, les « Liberté, Egalité, Fraternité » ! Les adultes, cravatés et autres, n’ont pas eu le courage de dire « non ! »… Certains ont même voté pour que la fessée soit considérée comme « châtiment corporel »…  Qu’ils ne s’étonnent donc pas, aujourd’hui, « de se faire cracher dessus » par des mômes de dix ans, qu’on ne peut surtout pas appeler « gavroches »…

     Sur notre pauvre planète taurine, la « Fiesta Nationale » est bien malade… Aussi, il ne faut guère s’étonner que les plus vils, ou les plus désespérés de ses acteurs, aillent chercher « ailleurs » les ressources que ne leur rapportent pas leur talent, ou leur courage… Du côté de Malaga, le fils de Manolo Ortiz est à l’ombre pour un bon moment. Arrêté sur la route, près de Torremolinos alors qu’il allait livrer de la coke, il est tombé dans les mailles d’un filet qui n’a pas fini de se resserrer…  En effet, la police est allée perquisitionner dans une finca qui lui appartenait, du côté de Coin, et a trouvé « plus de 200 grammes…. ». Avis donc à tous ceux qui veulent jouer « les vendeurs de mort », qu’ils soient vêtus d’or ou d’argent, de chaque côté d’une frontière qui n’existe plus… Al final, cascan !

     La « Fiesta Nationale » est bien malade, elle aussi gangrenée par le fric facile, la magouille, le « Système »… Installés en haut, bien à l’abri de leurs « grandes maisons », les vedettes monopolisent les postes dans les cartels, trustent les contrats… Se faufiler dans ce bataillon doré (une escouade, tout au plus) relève de l’exploit… Certains en profitent, et déambulent, toute honte bue. D’autres y signent chaque jour de nouvelles pages de gloire, ou « de verguenza torera ! ». Histoire de mentalité !
     Hélas, pendant ce temps, la ganaderia brava s’enfonce dans le labyrinthe de la sélection « chimico informatique » qui a pour but de vendre en 25 corridas par an, ce qui pourrait ressembler à du toro de combat, mais n’est plus qu’un mastodonte fatigué, balourd, qui ne demande qu’une chose : « qu’on le laisse faire sa sieste, tranquille, au soleil d’Andalousie, du centre, de Salamanque ou d’ailleurs… »

     En attendant les résultats de Castellon, je tombais hier, sur une photo d’archive dans « Aplausos » : Feria de Séville 1965 - La corrida de Benitez Cubero est formidablement sortie, et le public, debout, applaudit la vuelta générale : Le ganadero, son mayoral, et les trois diestros : Curro Romero, Diego Puerta et Paco Camino… L’image dit tout ! Les cinq hommes marchent, altiers, fiers de la page qu’ils viennent d’écrire au grand livre de la Fiesta Nationale… Diego Puerta a le menton barré d’un pansement, séquelle d’une récente rouste…
     Pundonor torero y ganadero ! Gloria ! Alegria ! Quand donc retrouverons nous une telle image ?
     Quelle page va donc écrire la feria de Castellon 2002 ? Et, combien d’autres, comme elles, ne pourrons que soupirer quelques heures de « Sieste Nationale » ?

     La sixième corrida s’est déroulée, hier, au gré des charges hésitantes d’un ganado pourtant « finement sélectionné », tandis que les toreros, chacun selon sa nature ou sa mentalité, tentaient ou s’abstenaient d’aller chercher la gloire… Seul, Enrique Ponce alla en conquérir quelques rameaux.
     La feria de Castellon 2002 est une grande déception pour le public. Elle doit l’être encore plus pour ceux qui l’ont préparée… Restent deux courses ! Jose Tomas arrive aujourd’hui. Victorino débarque demain. On se demande « avec quels toros ? ». Le grand « Don Jose » a besoin « du sien »… et Victorino veut placer « les siens » ! On apprend que l’embarquement « a été costaud », puisqu’un toro a été changé, s’étant éclaté un piton, et un autre a été refusé, pour ne pas faire le poids. Du coup, Victorino (73 ans et en rogne !) envoie un lot de plus de 530 kgs de moyenne. Qui donc récupérera « los de 460 » ?
     Que Castellon ait un peu de chance, ces deux derniers jours… histoire de ne pas rentrer bredouille, en baillant… histoire de ne pas prêter le flanc aux « antis » qui vont manifester, aujourd’hui, et qui ne dorment pas, eux…

     8 Mars : CASTELLON DE LA PLANA – 6ème de Feria – Presque plein – Beau temps frais : Corrida désespérante de Salvador Domecq « El torero ». Bien présentée, peut-être, mais sans aucune race, sans aucune force, sans aucun souffle. Seul, le cinquième, un grand manso imbécile, eut la chance de tomber sur Ponce, qui lui apprit les bonnes manières. Les autres se répandirent en plates allées et venues, au gré des muletas fatiguées… et fatigantes.
     Joselito (Silence – Silence) débute bien mal sa saison. A Olivenza, il a ennuyé ; à Castellon il a carrément « emm… » tout le monde. Visage fermé, boudeur, distribuant ça et là des muletazos informes, il est passé, réglant les affaires d’une épée rageuse, pas toujours droite. Les mésaventures mexicaines de son apoderado et l’apparente résurrection de son collègue et néanmoins ennemi Jose Tomas, lui auraient elles déjà mis un gros coup au moral ? Réponse à Valencia, les 16 et 17 Mars. Jusqu’à présent, Joselito : «Zzzzzz ! »
     Enrique Ponce (Ovation après un avis – Vuelta avec pétition majoritaire d’oreille et broncazo al usia, le tout, après un autre avis) : Ponce s’est comporté, une fois de plus, en figura del Toreo. Son premier s’est vite éteint. Le diestro de Chiva l’a soutenu, avec ce toreo élégant, technique et terriblement efficace que certains lui reprochent tant. (Préfèrent sûrement « la mandanga » de Joselito »). Il tarda a descabeller, et perdit là quelques bravos de plus. Le cinquième s’appelait « Ruiseñor ». Un vrai « rossignol », qui a passé son temps à sortir n’importe comment du moindre capotazo, fuyant le moindre cite. Personne ne donnait un peso pour une faena devant ce gros balourd imbécile. Ponce le laissa aller, sortant tête en haut de chaque muletazo, puis, doucement, resserra son étreinte, régla sa charge fantasque, et lui imposa sa loi. C’est là que s’exprime la technique, le talent, le courage certes, du torero, mais surtout… son pundonor. Tout le monde l’a compris ainsi, ovationnant trois naturelles liées au pecho final, et les élégants doblones de clôture, genou ployé, muleta caresse. Seul, le señor présidente ne l’entendit pas de cette oreille, et refusa celle du toro, malgré pétition assourdissante…  Es igual ! Ponce a fait sa rentrée, et il tient fort la barre.
     Juan Bautista (Silence – Palmas) était vêtu « de dulce » : Blanc et argent, avec cravate et ceinture de soie bleu pâle… Pues bien ! Pas très guerrier, tout cela. A part au capote où il brilla par deux fois, le français toréa « de dulce », ne « rentra pas dedans », et se fit emporter dans la triste fadeur de ses adversaires. Zzzzzz ! Il tua bien le sixième. Algo es algo.

     Ce samedi 9 Mars: 7ème et avant dernière de Feria. On attend Jose Tomas devant les toros de Jandilla. Avec lui défileront Finito de Cordoba et Alberto Ramirez. Espoir !

 

ILLUMBE : LA DERNIERE, ET ON ELIMINE…

     9 Mars : Dernière novillada éliminatoire du concours international des novilleros, ce soir en plaza de San Sebastian. Il y aura plus de monde dans les gradins parce que le cartel intéresse au plus haut point, chacun des toreros amenant ses espoirs…et ses partisans.
     Face à une novillada de Anna Bohorquez, dont on espère qu’elle tiendra debout, Leandro Marcos, de Valladolid, joli et bon torero, lorsqu’il oublie un instant son miroir ; Javier Valverde, un solide à l’aficion et au pundonor bien trempés, de Salamanca ; et Julien Lescarret… « de chez nous », petit lutin torero, capable de coups de superbe, et devant marquer des points dans la presse espagnole, avant sa prochaine alternative.

     Puis, après la novillada… papier et crayons!
     Qui passera aux demi finales ? Six postes, pour deux manches, les 22 et 23 mars, à un toro chacun.
     Les novilleros de ce jour ont une chance de plus : on se rappelle mieux des dernières émotions, des dernières impressions, des dernières images. Certes ! Cependant, quatre novilladas se sont déjà déroulées, trois novilleros ont « oreille coupé » et trois autres ont « vuelta donné »… Restent les mérites de quelqu’autre, et puis… « le puchero », la négociation musclée, les petites promesses « échangistes »…bref, le « magouille blues ! »
     A la demi finale devraient être présents, d’office : Raul Cano (il a coupé une oreille, et en plus… il est de Baracaldo !) et les deux autres qui ont coupé un trophée : Miguel Angel Perera et Ivan Garcia, même si…
     Viennent ensuite, un mexicain (on pense à Arturo Macias) ; Salvador Vega, qui a été bien, sans couper ; Jarocho, qui peut revendiquer… Enfin, il reste le cas Cesar Jimenez, qui va hanter quelques esprits, dans un sens, ou dans un autre…
     La meilleure façon de régler les choses, pour « ceux d’aujourd’hui », c’est de faire « double nœud de marin » à leurs machos et… à l’abordage !

     Pendant ce temps, on surveillera d’un œil : Castellon, bien sûr, mais aussi Moron de la Frontera, près de Séville, où Ojeda torée sa troisième. S’il ne coupe pas, là, un sac d’oreilles…pues ! 
     A suivre également la corrida d’Estepona, où Luis Vilches doit encore « être bien », guettant une éventuelle substitution à Séville, et Javier Castaño, qui fait sa rentrée dans la temporada, après un hiver que l’on espère « de saine réflexion »…  Suerte pa todos !

 

DIA DE TOREO GRANDE…

     10 Mars : Journée de grands moments d’inspiration torera, en plusieurs endroits de notre planète  «à nous », la planète taurine, la seule aujourd’hui, qui respire paix, convivialité, amitié…
     Cette journée du 9 mars 2002 est marquée par l’inquiétude et l’horreur. Le Moyen Orient est "en armes et en larmes". Les Kamikaze modernes, filles et garçons fanatisés, se ceignent de dynamite et vont se faire exploser dans un bar, une discothèque ou un bus « d’en face »… Alors, irrémédiablement, « tournez, les hélicos ! ». Les gros frelons arrivent, tandis qu’au sol, les scarabées rampent et crachent le feu... Adieu la Paix ! « Adieu…Dieu ! » Consternant. Révoltant… et pourtant ... elle tourne!

     « Che