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TEMPORADA
2002 : LES PREMIERS FEUX…
1er
Mars : C’est parti !
La saison a vraiment débuté, en Espagne.
Certes, plusieurs mini ferias avaient essuyé les
plâtres, comme Valdemorillo qui, malheureusement est presque tombée au
rang d’anecdotique. Certes, Nîmes a fêté, un peu tôt, sa Primavera.
Mais il reste à « régler le tir ».
La temporad a débuté, vraiment, hier, « Dia
de Andalucia »… Elle ne s’arrêtera pas avant Octobre, avant
Jaen.
Le monde peut bien basculer, les canons tonner,
les politiques s’entre dévorer en souriant, les cyclistes continuer à
se piquer, les toreros eux, n’auront que leurs armes : Cape,
muleta, épée, d’une part…. Technique, courage, « ilusion »
et… duende, pour certains d’entre eux, de l’autre.
Les picadors chemineront au pas lourd de leurs
bottes d’acier. Les banderilleros distribueront des bisous, ou plus si
affinité, aux aficionadas de rencontre. Une fille dans chaque port !
Une belle dans chaque feria… Le mozo de espada, continuera à « faire
la silla », comme on le lui a appris… mais il devra prendre un peu
plus de temps pour faire les comptes…Euro oblige ! Le chauffeur
continuera inlassablement à nettoyer son pare-brise… C’est ainsi !
L’apoderado multipliera les abrazos et les
coups de fil, en faisant ses calculs… et quelques caprices. Le revistero
aura acheté un nouveau calepin, et Cano, le photographe...de nouvelles
lunettes !
Et tout ce joli monde déambulera, le
portable à l’oreille, en tuant le temps… avant le premier paseo, le
premier toro, la première grosse feria…Tous, ils bavarderont, avec un
air faussement confiant et tous « muy ilusionados »… Pendant
ce temps, dans la semi obscurité de sa chambre d’hôtel, le matador
attendra aussi, la tête pleine de questions, du style « Serai-je le
même que l’an passé ? » ; « Pourrai je encore
faire face aux jeunes qui poussent fort ? » ; « Est-ce
que l’épée, la maldita espada, va mieux fonctionner ? », et
ils pensent, et ils pensent, et le temps n’avance pas vite…
Le calendrier est immuable. Tout à l’heure, à
Madrid, Olivenza ou Castellon, la porte des cuadrillas, s’ouvrira, et
avant d’entrer sur le sable, on en caressera la bois… « Que todo
salga bien ! Que haya mucha suerte pa todos ! Surtout pour nous ! »
La saison est partie. Rien ne l’arrêtera.
Faite de triomphe d’apothéoses et de rudes défaites, elle écrira une
nouvelle histoire « d’hommes et de toros », sans se préoccuper
des mauvais vents, sauf ceux qui soulèvent les capes… et les jupes des
filles.
Toreros, de toutes classes et catégories, ils
mettent un point d’honneur à être là, rasés de frais, magnifiquement
habillés de lumières, pleins de superbe et pourtant si fragiles… Que
haya suerte, señores ! et « vraiment », para todos ! »
Début
de saison, hier, avec le grand festival du Puerto Santa Maria. Abellan a
coupé un rabo, et le Morante a gâché un faenon, avec l’épée. A
Cabra, première télévisée, et première corrida « écroulée »,
ou croulante.
Ce soir, le festival de Cordoba est télévisé
sur la deuxième de Tve. Demain, Olivenza ! Après demain dimanche,
Madrid ouvre ses portes et Castellon de la Plana ouvre le bal des grandes
ferias… On vous le dit : C’est parti !
28
Février – Puerto Santa Maria – Festival au profit des familles
d’enfants handicapés d’Andalousie – Media plaza, malheureusement :
Le festival a été marqué par la grande prestation de Miguel Abellan, en
dernière position, coupant tous les trophées à un grand novillo de
Guadalest à qui on donna vuelta al ruedo. Autre sommet, la grande faena
(que Mundotoro qualifie de « bellisima ») du Morante de la
Puebla, hélas gâchée avec l’épée. Au bilan final :
Fermin Bohorquez coupe les deux oreilles d’un
toro de son fer.
Ortega Cano : Deux oreilles d’un toro de
Martelilla
Enrique Ponce : Deux oreilles d’un Marquis
de Domecq
Vicente Barrera : Ovation, devant un sobrero
de Fuente Ymbro
Javier Conde : Palmas, avec un Manolo
Gonzalez
Morante de la Puebla : Ovation, devant un
bon Torrestrella
Miguel Abellan : Deux oreilles et la queue
d’un magnifique novillo de Guadalest (Vuelta al toro)
28
Février – Cabra (Cordoba) – Corrida du « Dia de Andalucia »
- Arène quasi pleine - Corrida
télévisée sur canal Andalucia :
Un public de fête qui s’ébroua gentiment et laissa passer un
lot des frères Tornay, bien noble et bien faible. Dire que l’on
applaudit follement un desplante à genoux, devant un toro…à genoux,
veut tout dire.
Malgré ce, on retiendra, le bon toreo classique
et sobre du Finito de Cordoba. Applaudissements et une oreille – De même
la grande vibration retrouvée du Cordobes. Une et deux oreilles –
Enfin, la grande facilité technique et une sorte d’envie retrouvée, de
Francisco Rivera Ordoñez. Oreille, par deux fois.
28
Février – Cazalla de la Sierra (Séville) : A noter le très
bonne sortie d’un torero qui reste une promesse, attendant son tour :
Luis Vilches. Hier, il a essayé de faire regretter à l’Empresa de Séville
sa « non inclusion » dans les cartels de la Feria d’Avril.
Il y est magnifiquement parvenu, coupant trois oreilles à une corrida
bien inégale de Gabriel Rojas. Actuacion « a mas », avec
d’excellents moments, en particulier sur main gauche. Un torero à
suivre, à découvrir.
A ses côtés, Pepe Luis Vazquez et Victor Puerto
ont un peu patiné. Applaudissements et silence.
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LA TELE
REPREND DU SERVICE…
1er
Mars : Enfin quelques nouvelles, devant l’écran vide de toros.
Chez nous « Canal plus » veut faire
des économies de bout de chandelle en supprimant les toros, mais a du
engager huit secrétaires pour ouvrir le courrier de protestation.
« Mécier beaucoup, monsieur ! »
En Espagne, « Tendido Cero » reprend
avec nouvelle grille, nouvelle durée, nouvel horaire, nouvelles séquences !
La seule chose qui ne change pas: le présentateur ! Au fond, on
s’en plaindra pas trop !
« Tendido Cero » reprendra le Jeudi 7
Mars. On le retrouvera, tous les jeudis, sur la Deuxième de TVE, de 18 à
19 heures. En principe, ces horaires seront respectés. (On prie les
coureurs cyclistes de toutes les épreuves précédant la diffusion de
notre programme taurin hebdo préféré, de « doubler la dose »,
pour arriver à l’heure ! Siouplaît !)
La Télévision nationale, première chaîne, attaque ses retransmissions
en direct, aujourd’hui, 1er Mars, depuis la plaza de Los
Califas, à Cordoue, pour le festival en faveur de la lutte contre le
Cancer. 17 heures, en principe. (Allumez quand même avant et servez vous
un coca ! Patience ! On ne sait jamais ! »). Au
Cartel : Finito de Cordoba – Julio Aparicio - Canales Rivera –
Jose Luis Moreno – Davila Miura, encadrant les novilleros Jose Luis
Dorado et Manolo Martinez. Novillos de ganaderias différentes.
A priori, il n’y aurait pas de corridas diffusées
en direct des Fallas de Valencia. On avait pourtant parlé du 14 Mars.
Côté
« Via Digital », on aura, en direct de San Sebastian, les demi
finales et la finale du Vème concours des Novilleros, ainsi que les deux
corridas de luxe qui les accompagneront. Tout cela se déroulera les 22,
23, 24 puis 30 et 31 Mars.
Via Digital ne retransmettra rien de Castellon,
ni de Valencia.
Pour ce qui est de Séville, « wait and see ! »
comme on dit à Gibraltar, car, depuis qu’un commando de Marine a débarqué
« sur la mauvaise plage », tous les pêcheurs andalous ont
appris le British… Ozu ! |
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TERTULIA…AVANT
OLIVENZA !
2 Mars : Les
aficionados savent ce qu’est une tertulia…
Debout ou attablés derrière un fino et une
assiette de tapas, on écoute, on échange, on discute… Sur quoi ?
Sur tout, à condition que ce soit de toros… De la corrida qu’on vient
de voir, de la temporada passée, de la future feria. Des fois, on
bifurque d’un coup vers le rugby ou le foot, quelquefois la politique,
mais si peu…
Les échanges peuvent être vifs, mais ils
sont toujours corrects, et finissent souvent autour d’un verre, entre
deux éclats de rire et un « Tu sais, je ne suis pas loin d’être
d’accord avec toi ! »…
Ce qui frappe, quels que soient les opinions :
la convivialité et la bonne éducation. Aussi, quand on regarde ceux qui
prétendent vouloir nous gouverner, nous montrer le chemin, et quand on
entend les mots qu’ils utilisent, on a envie de leur dire :
« Mais venez donc assister à une tertulia, à Bayonne, à Nîmes ;
à Dax, Mont de Marsan, Arles ou Béziers. Mais venez donc, et vous verrez
qu’on peut se chamailler, « batailler », comme on dit, sans
pour cela « parler gras » ou lancer des insultes à
l’adversaire du moment, parce qu’il ne pense pas comme vous ».
A cet ancien ministre qui accuse l’autre bord
de « remuer la merde » ; A cette ancienne ministre, toute
verte, qui exhorte ses troupes pâlissantes d’un brutal « On se
met au boulot, oui ou merde ? »… vient s’ajouter une
qualificatif, susurré par le porte parole des grands « Y’a qu’à ! »
de droite, au sujet du livre que vient de sortir, hier, le premier
« Y’a qu’à ! » de gauche : Ce monsieur au
sourire aussi amidonné que le col de sa chemise, a déclaré devant
micros et caméras, qu’il a trouvé l’ouvrage « très chiant ! »…
Pourquoi, encore une fois, se prêter à tant de
vulgarité, alors que cette vulgarité est la base même du non respect,
premier pas vers la violence qu’on veut soit-disant combattre ?
Comment allons nous, ensuite, rabrouer les moutard de neuf ans qui vous
sort, tout de go : « La maîtresse, elle est vraiment chiante !
Elle n’arrête pas de remuer la merde ! Maman, tu me donnes mon
joint, oui ou merde ? » Vraiment, le
monde politique… « devient t’chiant » !
Dans les tertulias, on n’est pas d’accord, et
on se le dit ! Pourtant, malgré de rudes empoignades verbales, on
n’utilise guère les anathèmes et les vulgarités faciles. Tout
simplement parce que l’on parle de gens qui se sont joués la peau, ou
vont se la jouer…
Vous, messieurs, mesdames « qu’on nomme
grands ! », que vous jouez-vous ? Un peu de gloriole ?
votre bon profil à la télé ? un bout de « tapis rouge » ?
S’il vous plaît, respectez le monde, et respectez vous… Alors, peut-être
voterons nous pour le plus « respectable »…
Tertulia d’avant feria… d’avant “mini feria” d’Olivenza! Trois
spectacles, trois événements qui vont, peut-être, préfigurer ce que
sera 2002…
Allez ! on en parle, en trois phrases !
Sur l’estrade, au micro, un quidam qui ramène sa science, ou un
aficionado qui dit franchement ce qu’il pense. (Ici, on est plutôt du
« deuxième tonneau » !) Dans la salle, une foule de
quidams, aficionados tout aussi respectables, qui écoutent, sourient ou
froncent les sourcils, et demandent la parole… (Ici, vous avez notre
Email ! allez y franco !). On y va !
« Olivenza 2002 » est elle importante ? Non, si l’on
parle de cette gigantesque aventure pleine de rebondissements qu’est une
temporada taurine. Oui, si l’on tient compte du fait qu’en trois
spectacles vont se mettre en place, là, sur le sable, les gros défis de
la saison… Laissons la « presse du cœur » faire ses
minauderies, et restons « en aficionados » ! Deux
corridas et une novillada. C’est peu, et cela se passe dans une arène
de troisième catégorie. Pas de quoi hisser le grand foc !
Et pourtant, dans chacun de ses trois spectacles,
se joue quelque chose… un espoir d’horizon plus bleu, (ou, à
l’inverse, quelques noirs nuages) ; une illusion retrouvée ;
quelque promesse (ou, à l’inverse, la confirmation de quelque
crainte)… La presse taurine mondiale, ne s’y trompe pas, qui a les
yeux fixés sur le week end d’Olivenza, point de départ d’une
importante temporada 2002…
Voyons donc, en une courte tertulia, les points
d’interrogation (ou d’exclamation) d’Olivenza :
Ce samedi 2 Mars : Corrida de Torrealta, pour Paco Ojeda, Finito de
Cordoba et le Juli.
Soyons clairs, tous les toros viendront « a
modo », pour vedettes en plaza de troisième… Cependant, on espère
qu’il n’y aura pas trop d’exagération (sinon, encore des « admonestations »,
encore « des blâmes » !). Ce qu’il faudra suivre :
race et forces. C’est la grande question 2002.
Paco Ojeda revient. C’est la grande inconnue,
mais on ne peut franchement penser qu’il sera, en Espagne, autre qu’il
n’a été, cet hiver au Pérou et au Mexique. Empâté, empoté… La
presse a été très dure, à Mexico. Ici, le public va exiger beaucoup,
et risque d’être féroce. On espère chanter un grand retour, mais
franchement, on peut en douter.
Finito de Cordoba est fortement grippé. Sera
t’il là ? Hier, il s’est abstenu de toréer le Festival de
Cordoue, et s’est fait représenter par sa belle épouse, le soir, à la
remise du trophée « Manolete » 2001. S’il fait le paseo,
Finito devra asseoir définitivement la grande catégorie de son toreo,
classique, sobre et techniquement artistique, face au baroque d’Ojeda,
et au « toreo champagne », du Juli.
Julian Lopez ouvre « le feu 2002 ».
De fait, il ne l’a jamais éteint. Revenant du Mexique et de Colombie où
il fait un tabac, le jeune a
un peu « mal au cou », mais il est affûté et va tout défoncer.
A suivre, cette année : de réels progrès à la muleta : Plus
d’ampleur, plus de lenteur… presque du toréo artistique.
Demain matin, dimanche 3 Mars : Novillada de Torrealta, pour Nuno
Velasques, David Galan et Jose Mari Manzanares.
Le jeune portugais pourra t’il jouer sa carte
et marquer la corrida de son souvenir ? Si les deux autres se
plantent, oui ! David Galan est une espèce de nouveau typhon qui
sait parfois se calmer. On veut en faire la vedette 2002. Pour le moment,
le moins que l’on puisse dire, c’est que ce nouveau « 100000
volts » devrait viser quelqu’économie d’énergie.
L’événement sera la présentation en Espagne,
en novillada piquée, du Fils de Jose Mari Manzanares. On sait que Nîmes
a joué un bon tour à Olivenza, lui piquant « la première piquée »,
mais on sait également qu’en deux novilladas, le jeune a montré
quelques promesses, mais n’a pu les tenir. La presse attend la novillada
d’Olivenza, avant de lâcher quelques épithètes. Le jeune le sait, son
papa aussi. Petite inquiétude, on espère que les Torrealtas ne seront
pas du même tonneau que ceux de Nîmes.
Demain après-midi, dimanche 3 Mars : Corrida de Juan Pedro Domecq,
pour Joselito, Jose Tomas et Morante de la Puebla.
Trois toreros, trois questions : Joselito
revient il avec une ambition retrouvée, et décidé à marquer la saison
de son empreinte ? Sa fin de temporada 2001 et Quito, semblent arguer
dans ce sens… Cependant, l’hiver est passé, et à la chaleur du doux
foyer, peuvent fondre les bonnes résolutions… On le verra très vite :
Ou Joselito « erre et boude »,
ou « il est à tout », essaye tout, en torero. Alors, on peut
penser que l’on va se régaler, cette année.
Jose Tomas revient, après une saison 2001 très
discutable, et très discutée… Pour arranger le tout, « l’Amérique »
a été un vrai fracaso… Depuis, on ne l’a plus vu. Que nous réserve
t’il ? Suffira t’il de trois muletazos « verticaux »,
sans bouger un cil, pour relancer la Tomasitis ? A ver lo que pasa !
Ce qui est certain : Jose Tomas est, cette année, face à son
destin…
Morante de la Puebla a fait un caprice, et se
retrouve « hors de Séville ». Olivenza est une opportunité
de faire regretter à l’aficion et à la presse, de ne pas l’avoir
soutenu dans ses prétentions, face à son ennemi de toujours, Eduardo
Canorea. Il a monté un faenon, l’autre jour au Puerto, mais à mal tué.
Il faut à tout prix qu’il coupe, et « avec la manière »,
à Olivenza, et Valencia. Sinon… Eduardo avait raison…
Demain soir, on dansera, ou on se lamentera: "Olivenza,
Olivenza… morne pleine !"
Mais rassurez-vous… Lundi, la politique sera
toujours aussi puante, mais… il y aura d’autres tertulias ! |
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ILLUMBE…
LA GRANDE LIGNE DROITE
2
Mars : Le Vème concours international des Novilleros de San
Sebastian n’a pas encore « vraiment débuté »… Des jeunes
se sont produits et ont fait leur maximum, mais « l’étincelle »
n’a pas eu lieu…
Cette étincelle devrait se produire sur les deux
dernières novilladas « éliminatoires » : celle de ce
samedi 2 Mars, et celle de samedi prochain.
Cruel dilemme, aujourd’hui : rester au chaud et regarder « France
Angleterre » à la Télé… ou « aller se peler » à
Illumbe, pour faire le point sur Cesar Jimenez, qu’encadreront le
mexicain Fabian Barba et cette autre promesse qu’est Ivan Garcia, face
à une novillada de Fuente Ymbro, dont on sait la qualité… Difficile,
non ! Que feriez vous, vous ?
Samedi prochain, on suivra Leandro Marcos, Javier
Valverde et Julien Lescarret, devant des novillos d’Ana Bohorquez (ref :
14 Juillet, l’an passé, à Bayonne)
Les novilleros toréent
tous bien, maintenant. Bien sûr, « ils s’emmêlent un peu les
muletazos », parfois, et c’est bien ainsi. Hier, par exemple, au
festival de Cordoue, les deux jeunes ont souffert, mais « la ilusion »
était là, et, malgré les difficultés, ils se sont montrés « en
toreros »…
Tous, ils toréent bien. Mais ce que l’on
attend, c’est celui qui torée mieux, avec « sello propio »,
cette personnalité, ce style qui lui est propre, le sentiment qu’il
nous transmet… Celui là, on le cherche, et quand on croit l’avoir
trouvé, on court derrière pour revivre cette sensation…
Cesar Jimenez est il « le grand » de
demain ? Beaucoup le disent… Lui doit se le répéter tous les
jours, devant sa glace… Bueno ! C’est pas le tout, faudra le
prouver et essayer de faire l’unanimité.
Triomphateur d’Arnedo 2001, ayant bien débuté
2002 à Nîmes, Jimenez va devoir ce qualifier pour la finale d’un trophée
qui lui est destiné… sur le papier. Il lui a échappé, l’an passé,
très clairement. Cette année, les challenges sont lourds, des six
novillos en unico espada, à Madrid, à l’alternative, le 9 mai, à Nîmes.
Cesar Jimenez doit marquer un gros coup en plaza d’Illumbe, et cela
commence… cet après midi. Cela peut être passionnant.
Donc, « France-Angleterre », au magnétoscope,
ce soir… avec un bon grog !
Pour revenir au festival
d’hier, télévisé en direct de Cordoba, on dira simplement que les
absences du Finito, grippé, et d’Aparicio, pour des raisons plus
obscures, n’ont pas empêché un nombreux public d’aller apporter son
aide à la lutte contre le Cancer. Les
toreros ont essayé de faire au mieux, mais les toros ne leur ont guère
facilité les choses.
Bon toreo de Juan Carlos Garcia et Jose Luis
Moreno, face à deux novillos de La Quinta et Fuente Ymbro, muy buenos.
Les épées sont tombées un peu bas, mais on était en festival :
Oreille à chacun – Canales Rivera a donné un bon quite par navarras,
puis s’est planté, dans tous les sens du terme, devant un faible de
Jaralta. Pour arranger le tout, deux épées « traversantes »…
Ovation, quand même – Davila Miura s’est fait peur devant un manso
violent de Morilla. Rien à faire d’autre qu’à parer les coups et
« essayer » de ne pas s’enfuir. Applaudissements –
Triomphe d’Anibal Ruiz, qu’on avait appelé en début d’après midi,
pour remplacer Aparicio. Face à un Victoriano del Rio de presque six ans,
« suraffeité », même pour un festival (admonestation !),
le jeune fit feu de tous bois, alternant le sincère et le « gros
trompe l’œil ». Pinchazo et une entière « à la vapeur »,
pour deux oreilles « bien festivalières » - Les deux
novilleros du coin, Manuel Martinez et Andres Luis Dorado, ont mis toute
leur bonne volonté pour venir à bout d’un Roman Sorando et d’un
autre de La Castilleja. Ont encore du travail, mais sont pleins « de
ilusion ! »! Et c’est le principal.
Ahh ! A propos… « Allez, la France ! » |
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OLIVENZA :
CE QUE L’ON POUVAIT CRAINDRE…
3
Mars : En tauromachie, il n’y a pas de miracle. Quelquefois, la
rencontre d’un grand toro et d’un homme tout à coup rasséréné et
inspiré, provoque une émotion qui peut friser le paroxysme. Exemple :
La rencontre d’Espartaco, avec le toro « Facultades », en
85, à Séville. Un toro et une faena qui allaient changer la vision que
beaucoup avaient du blond torero d’Espartinas.
Mais en général, le toro met chacun à sa
place. Ceux qui sont « en haut » n’y sont pas par hasard. Y
parvenir est très dur ; s’y maintenir l’est encore plus… Y
revenir relève du surhumain.
Paco Ojeda a effectué son retour, hier, dans le
grand bain des ruedos espagnols. Il l’a fait
« chez lui », à deux pas de sa finca… et pourtant,
il n’a rencontré que le froideur d’un public qui chercha vainement
« le Paco » qui, il y a 15 ans, dressait les foules sur le
tendido.
A 46 ans, Ojeda tente un « come back »
bien risqué. Sa dernière époque de matador de toros n’avait guère été
convaincante, excepté en de rares occasions. Son retour, pour une sortie,
à Dax, avait laissé plus d’un aficionado, dubitatif. Le Sanluqueño était
alors parti vers les folles galopades du Rejoneo, où il s’était fait
une place, tout en puissance. Tout à coup, il s’était arrêté, avait
vendu tous ses chevaux, et, de plus en plus, le rumeur prenait corps :
« Paco Ojeda va reprendre l’épée ».
Ceux qui le connaissions et l’aimions, ne pûmes
nous empêcher de pâlir un brin… La crainte était double :
Premièrement, le torero avait changé, physiquement. Déjà lourd, à sa
grande époque, bâti comme un troisième ligne, Ojeda
avait beaucoup « forci », au long de ces années… et
le public d’aujourd’hui accepte mal des silhouettes enveloppées, même
si elles sont « géniales »… Deuxièmement, et le principal :
Le toreo a changé. Le « bout portant » n’est plus de mise,
depuis qu’en 1991, un petit indien s’est mis « à vingt mètres »,
et a donné toutes ses chances au toro… Il s’appelait Cesar Rincon, et
il a précipité le départ d’un Ojeda qui, par ailleurs, avait de plus
en plus de mal à « rester là »…
2002 : Ojeda décide de revenir. On respecte
cela, mais on frémit. Comment le sanluqueño parviendra t’il à refaire
ce qu’il ne pouvait plus faire, avant sa retraite ? Comment y
parviendra t’il, dix ans après, alors que le toreo a changé, que l’escalafon
est empli de toreros en forme et au sommet de leur art?
Comment Paco Ojeda pense t’il convaincre un public qui viendra retrouver
les émotions passées ? Ce sera très dur… De plus, il lui faudra
retrouver « son toro »… et ce sera « encore »
plus dur.
Hier, Paco Ojeda est revenu. Les jeunes ont coupé
les oreilles, et lui s’est démené, laborieusement. La corrida est
sortie mauvaise, et l’on a noté les efforts du torero. Le crédit reste
donc « entre ouvert ». Cependant, on a senti quelque
essoufflement, en fin de première faena, et des gestes trop ostentatoires
pour montrer « qu’il n’avait pas changé ! », devant
son deuxième adversaire. Un peu comme pour se convaincre lui-même… A
part à la cape, le public n’a pas retrouvé l’Ojeda de ses
souvenirs… Comme on pouvait le craindre.
Dans quelques jours, ce sera Castellon ! On
sera en feria, et les choses peuvent se compliquer. Il faut attendre et,
tout en respectant l’homme et ses courageux efforts, lui dire de rester
« en Ojeda », c’est à dire « ne tromper personne, à
commencer par soi-même »…
2
Mars – Olivenza – Plaza pleine – Temps mitigé, très frais :
Grosse attente et beaucoup de visages connus dans le public. Au premier
rang, Don Jaime de Marichalar, à qui les toreros brindèrent faena. On
aperçoit également Jesulin de Ubrique, Cristina Sanchez, Oscar Higares…
La corrida est sortie mauvaise. Deux des
Torrealta sont remplacés par des Guadalest, sortis 1 et 3ème.
Corrida moyennement présentée, mais falta de raza, sans grande force,
tournant au compliqué. Seul, le deuxième donna un peu de jeu, tant au
cheval qu’à la muleta du Finito.
Vêtu de rouge et or, Paco Ojeda reprit l’épée,
devant le toro « Jaradero », de Guadalest. Il le fit trop
piquer, et alterna le bon et le très mauvais, dans une ambiance très
froide. En fin de faena, le sanluqueño se mit dans son sitio, et
s’essouffla quelque peu. Trois pinchazos et une basse. Silence dans les
tendidos. Le meilleur de son actuacion : sa réception de cape, au
quatrième, par amples véroniques en chargeant la suerte. Puis ce fut une
faena en deux temps : première partie, toréant très despatarrado,
le compas exagérément ouvert, et en fin de trasteo, un dramatique effort
pour montrer qu’il était resté le même. Pinchazo et deux
descabellos. On l’ovationna, et on le respecte, pour le moment. Il faut
attendre…
Finito de Cordoba a été très bien face au bon
deuxième. Faena technique et très pure, en particulier sur la main
gauche. Pinchazo et une entière. Une oreille. Par contre, le cinquième
le fit patiner, le cordouan renonçant à l’attaquer. Mauvais final en
deux piqûres, un trois quarts de lame et trois descabellos. Deux avis et
palmas.
El Juli n’a rien pu faire face au mauvais
Guadalest, sorti en remplacement d’un Torrealta qui n’y voyait guère.
Le torero fit de vains efforts, terminant sous l’ovation. Le sixième ne
valait guère mieux. Le Juli sortit la hargne, la caste que le toro
n’avait pas, et partit à l’assaut, poussant l'adversaire dans ses derniers
retranchements. Grosse estocade, pour une oreille, avec pétition de la
deuxième.
Premier round perdu « aux points », par Paco Ojeda. Il y a des
excuses. Les prochains rendez vous seront d’une importance vitale. Ojeda ne peut se
permettre d’arriver « mal », à Séville.
Olivenza, aujourd’hui, 3 mars : Double session, avec la présentation
de Manzanares Junior, ce matin, et le début de saison de Jose Tomas, ce
soir, encadré de Joselito et Morante de la Puebla. |
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ILLUMBE : UN VRAI
NOVILLERO…
3
Mars : Avant dernière novillada éliminatoire, hier, au concours de
San Sebastian. Novillada très intéressante de Fuente Ymbro. Des toros très
bien présentés, solides sur leurs pattes, mobiles, nobles sans
innocence, pour peu qu’on veuille se mettre devant et faire les choses
« bien »… Novillada qui a permis aux hommes de s’exprimer.
Encore fallait il qu’ils en soient capables…
La « vedette » du cartel était Cesar
Jimenez. Pour dire les choses clairement, il a connu un fracaso total,
pour une raison essentielle, toujours la même : Il « se
regarde » toréer, et se trouve très beau. Du coup, il ne
s’impose pas au toro, reste sur la marge, et finit par se mettre en
danger. Avec l’épée, fatal !Ceci, conséquence de cela.
Cependant, comme il semble s’installer une « Jimenitis », on
applaudit chacun de ses gestes.
Ivan Garcia a coupé l’oreille du dernier, un
formidable novillo, du nom de « Marques », plein de bravoure
et de noblesse. Le novillero n’en profita que partiellement, alternant
de bons muletazos, avec d’autres bien plus approximatifs. Une oreille à
un novillo qui en offrait deux. Cela dit, Garcia se montra facile au
capote, vibrant aux banderilles, et tueur « habile ». A son crédit,
l’attention qu’il porte à la lidia de ses compagnons. Il fut très
rapide à se lancer au quite sur deux cogidas de ses collègues. Muy bien !
Reste le troisième homme, le modeste, « l’étranger » !
Il est mexicain, il s’appelle Fabian Barba… et il est le vrai
triomphateur de la tarde. Planta torera, courage serein, « pensant »
bien, devant le toro, Barba s’est comporté un vrai novillero qui dit :
« Je veux être torero ! Je vous montre sincèrement ce que je
sais faire et je fais le mieux possible ». Touchant deux novillos
différemment compliqués, le Mexicain perdit des trophées à cause de
l’épée, quoiqu’attaquant haut et droit. Bien au capote, avec de très
bonnes choses à la muleta, en particulier des pechos tournés sur l’épaule
contraire, Fabian Barba mérite totalement une qualification pour la suite
des débats, et l’on espère que le « politiqueo » ne va pas
lui jouer quelque mauvais tour. Enhorabuena, torero !
2
Mars – San Sebastian (Plaza d’Illumbe) – 4ème
Novillada éliminatoire du Vème concours international des Novilleros –
1/3 de plaza : Bonne novillada de Fuente Ymbro, très bien présentée,
avec un quatrième qui fut un toraco impressionnant. Les novillos se sont
montés mobiles, preste à la pique, et loin d’être des anges à la
muleta. Le meilleur, et de loin, fut le sixième, terminant plein de
noblesse.
Dans les cuadrillas, les deux picadors de Jimenez
ont été en bons professionnels et le Chano a du saluer, pour deux paires
de banderilles « de las suyas ».
Fabian Barba
reçut le premier, un peu distrait, par deux faroles à genoux, de
bonnes véroniques, au centre, et une grande demie. Surprise ! Le
quite, « muy mejicano » résulta incomplet, auquel répliqua
Jimenez par chicuelinas et tafalleras bien combinées. Le toro arrive un
peu tardo, à la muleta. Très bon début du mexicain en deux longues séries
de derechazos bien tirés, bien templés, clos de grosses passes de
poitrine. Re surprise ! Passant sur main gauche, le torero se fait
terriblement serrer dans la première naturelle. Il essaie de rectifier ce
défaut, revient à droite et s’impose à nouveau. Retour à gauche
et… terrible cogida, le torero étant méchamment chargé au sol. Se
relevant sans se regarder, Barba va terminer très sereinement, sur la
corne droite, alternant le sérieux et l’adorno de bon goût.
Soigneusement préparé, un pase de pecho, en demi cercle, « de
cartel ». L’oreille est amplement gagnée. Hélas, il y aura deux
pinchazos, dans le haut, et une presque entière, en avant et verticale.
Un avis et bonne ovation, respectueusement saluée.
Le quatrième l’impressionna un peu au capote,
et on le comprend. Haut, puissant, bien armé, le novillo se montra un
patron brutal en début de lidia. Malmenant le picador, il fut
insuffisamment piqué, le président prenant la coupable initiative de
sonner trop tôt le changement. Catastrophe aux banderilles, le toro
prenant le dessus. Début de faena bien bousculé, le toro se montrant
noble, mais terriblement bronco, avec un méchant coup de tête, en fin de
muletazo. Fabian Barba va l’affronter très courageusement, parvenant même
à tirer plusieurs muletazos de qualité. Valiente ! Un pinchazo
hondo, dans le haut, et une entière, faisant bien la suerte, mirent fin à
ce vrai combat qui méritait une autre récompense qu’une ovation et un
nouveau salut au tiers. Très très bien, le mexicain Fabian Barba.
Cesar Jimenez se montra brillant au capote, à la
réception du deuxième. La demie fut une estampe, mais le désarmé qui
suivit en réduit l’effet. Début très spectaculaire et torero, les
deux genoux en terre : sept muletazos, soit par le haut, soit toréant
vraiment la charge du bicho. On le pense parti vers la grande faena. Celle
ci ne viendra pas. On
assistera à une suite de muletazos, parfois bons, parfois courts, parfois
accrochés… Il faudra, en fin de trasteo, deux passes inversées et deux
pechos enchaînés pour refaire
surface. Trois molinetes et une final à genoux, précédant un abaniqueo
trop long et trop théâtral. Pinchazo et un bajonazo très laid
traduisent le manque de domination de Jimenez qui se fera prier avant de
venir saluer l’ovation.
Le cinquième, colorado bizco, sera bien toréé
de cape. On attend un desquite… on aura... une grosse catastrophe. Jimenez
débute au centre par une passe changée dans le dos, doublée. C’est très
beau quant le torero reste, vertical, impavide… Ca l’est beaucoup
moins quand le torero se tortille pour éviter le toro. Certes on le
comprend, mais « queda feo ! ». La faena sera une suite
de passes rapides, souvent brouillonnes parce que le torero « ne pèse
pas » sur le toro, n’impose rien. Final en débandade, accrochage
et catastrophe à l’épée. Un avis et une bordée d’applaudissements
percés de quelques sifflets. Grosse déception.
Ivan Garcia donna de bonnes véroniques au troisième,
sur le côté gauche. Bien au quite, par navarras et serpentina. Au
banderilles, inégal mais poderoso, face à un toro qui arrive « à
fond ». Le muletero sera volontaire, débutant par bons doblones.
Faena batailleuse et inégale, face à un toro qui marche et « regarde
un peu » le torero. Epée entière, en arrière et tombée,
provoquant une mort immédiate, avec deguello. Ovation et salut au tiers.
Le blond novillero eut le mérite d’aller
« a mas », devant le magnifique dernier de Jandilla.
Banderilles vibrantes et un début de faena qui aurait, peut-être, eu plus
d’effet par le haut, car les doblones
firent un peu fléchir le novillo. Heureusement, le bicho reprit du
souffle et se mit à charger droit, humiliant, sans donner un seul coup de
tête. Garcia s’en aperçut enfin, donnant de bonnes passes, trop isolées.
Coup d’épée « à la vapeur » et longue agonie de bravoure
du grand novillo. Oreille fort applaudie, mais un petit regret, car le
toro méritait mieux.
Fin de ce quatrième épisode, avec un grand souvenir, de pureté et de
courage : Fabian Barba.
"Ah! A propos... Monterazo au XV de France! "
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DANS LES
AUTRES PLAZAS…
3 Mars : Deux
corridas et un festival ont marqué l’actualité, hier, loin derrière
Olivenza et San Sebastian. A Leganes, la corrida de bienfaisance à rempli
les gradins, mais pas la boîte aux souvenirs. Du côté de Murcia, les toreros
ont coupé un sac d’oreilles , mais
il y avait "moins d’un quart d'entrées". En fin, en plaza
d’Algesiras, les toreros se sont régalés, et l’actuacion du Cordobes,
« le vrai », a été estompée par l’indulto d’un novillo
de Yerbabuena par son patron, Ortega Cano.
2
Mars – Leganes (Madrid) – Corrida au bénéfice « de los niños
de la calle en Argentina » - Plaza pleine : Corrida très discrètement
présentée de Fernando Peña. Comportement très inégal, tirant à manso.
Manuel Diaz « El Cordobes », à la tête
de cette bonne œuvre, a eu toutes les faveurs du public. Il fit de tout,
et très vite. Ovation et deux oreilles, transformées en deux oreilles et
la queue, l’espace d’une photo. Bon cœur, mais coquin ! –
Rivera Ordoñez a toréé en professionnel et tué en catastrophe.
Multiples pinchazos et descabellos au cinquième. Deux avis étant tombés,
le troisième approchant, Fran « péta un cable », et puntilla
lui même, le bicho encore debout. Il s’y prit à plusieurs reprises, au
milieu du scandale. Rivera Ordoñez recevra une amende, pour cette
attitude bien peu réglementaire – Miguel Abellan fit du spectacle au
dernier, coupant deux oreilles « de gala ».
2
Mars – Caravaca de la Cruz (Murcia) – Corrida mixte - Moins d’un
quart de plaza : Deux novillos de Julio de la Puerta pour le cavalier
Joao Moura, qui coupe quatre oreilles.
A pied, trois toros d’Alcurrucen et un de
Daniel Ruiz, pour Eugenio de Mora (ovation et deux oreilles et rabo), et
Alfonso Romero (Deux oreilles et deux oreilles et rabo).
2
Mars – Algesiras – Festival en hommage à Emilio Mera, ex mozo de
espadas de Luis Miguel Dominguin – Demi plaza
Toros de ganaderias différentes avec en vedette,
l’indulto du Yerbabuena par Ortega Cano, son propriétaire et éleveur
(Deux oreilles et rabo, symboliques)
Manuel Benitez « El Cordobes »
revient et coupe une oreille à un toro des frères Tornay - Ruiz Miguel
en fait de même à un Jose Luis Pereda – Ovation pour Emilio Muñoz,
devant un Albarran – De même pour Javier Conde, avec un Jandilla –
Morante coupe une oreille à un Gavira – Deux trophées pour le
novillero Jose Miguel Montoya. Le cavalier Alvaro Montes, quant à lui
coupa une oreille.
Ce dimanche 3 Mars, on suivra, bien sûr, Olivenza ; la
corrida de Mexico où Pepin Liria confirmera l’alternative ;
l’ouverture de Las Ventas, à Madrid, avec le festival, hommage à Don
Manuel Vidrie…
Mais l’événement sera, surtout, l’ouverture
de la Feria de La Magdalena à Castellon de la Plana, avec des tors d’Alcurrucen,
pour Victor Puerto, Eugenio de Mora et Miguel Abellan.
La feria présentera six corridas, une de rejoneo
et une novillada, sans discontinuer, jusqu’à dimanche prochain.
Voir dans notre rubrique « Carteles » |
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RICARDO
ORTIZ : PLUS QUE DE LA POUDRE AUX YEUX !
3
Mars : Un titre bien triste ! Le matador malagueño, fils de
Manolo Ortiz, est, on le sait, un torero de vibration, un peu bastote, qui
n’hésite devant aucun recours pour triompher.
Hélas, la nouvelle que répercute
« La Opinion » de Malaga est bien plus grave : Manolo
Ortiz a été arrêté, vendredi à 16 heures, par la brigade antidrogue
de la Guardi Civil, alors qu’il circulait en compagnie d’un ami, dans
une voiture où l’on a découvert 200 grammes de cocaïne. A priori, on
ne parle pas… que de consommation.
Agé de 27 ans, Ricardo Ortiz rentrait du
Venezuela, où il a triomphé, le 24 Février dernier. Probable dernière
actuacion de ce torero dont les rêves se sont envolés en fumée, pour
avoir suivi…la mauvaise ligne. |
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OLIVENZA :
DEJA, UNE PREMIERE IDEE…
4 Mars : La première
étape de la temporada 2002 s’est déroulée ce week end, dans un climat
pluvieux et froid qui a renvoyé à l’hôtel nombre de toreros qui s’étaient
habillés « con ilusion »… Cependant, la mini feria d’Olivenza
s’est déroulée, à peine perturbée par la pluie. L’événement était
de taille et le public, au rendez vous : Deux llenazos et trois
quarts de plaza pour la novillada matinale.
Côté toros, il faut attendre les grandes
ferias. Olivenza est de troisième catégorie et les toros y sortent de
trapio réduit, et donc, peut-être, un mobilité accrue. Il y eut de
tout, au cours de ces deux jours, les novillos de Torrealta sortent bien
meilleurs qu’à Nîmes.
Du côté de hommes, les « challenges »
étaient importants, surtout pour Paco Ojeda, Joselito, Jose Tomas et
Morante de la Puebla, sans oublier le fils de Manzanares.
Hier soir, 3 mars, on
pouvait déjà, apporter quelques précisions, et avoir une première idée
de ce qui nous attend, en 2002.
Juli et Finito ont débuté leur saison, fidèles
à eux-mêmes : Batailleur, le premier, qui est « monté sur un
toro », pour lui arracher un trophée ; Torero de classe, le
second, qui va continuer à parsemer la saison de « moments
magnifiques ».
Paco Ojeda est revenu. On a vu, hier, que ce ne
fut pas l’apothéose, loin de là. Le triomphe de ses jeunes compagnons
élargit encore le fossé. Il faut attendre. Cependant, Paco Ojeda se doit
d’être bien à Castellon, et marquer la feria. Et on ne parle pas
d’oreilles coupées… Il doit « être bien », sinon…
Joselito a commencé sur les pointes des pieds,
parsemant ses lidias de bons détails, mais sans pousser ses machines à
fond… Petite oreille à Olivenza. Là aussi, il faut attendre.
Jose Tomas a débuté très tôt, et a triomphé.
On pouvait s’y attendre. Cependant, il a triomphé « avec la manière »,
avançant la main, toréant plus « naturel », montrant un peu
de la spontanéité perdue. Même son « détracteur premier »,
Jose Antonio del Moral l’a trouvé très bien au cinquième toro,
qu’il a « fabriqué ». Bienvenu donc au Jose Tomas 2002, en
espérant que les vieux démons ne reviendront pas le chatouiller.
Morante de la Puebla jouait gros. Il a illuminé
la tarde d’un toreo d’inspiration, tant à la muleta, que dans sa
grande réception au capote, du dernier toro. Deux oreilles, en perdant
deux autres à l’épée. On respire mieux, du côté de la Puebla del
Rio… et ici aussi. Maintenant, il faut absolument « renverser »
Valencia, aux Fallas. Le reste viendra tout seul… mais surtout, il
faudra tenir, jour après jour…
Jose Mari Manzanares Junior s’est présenté en
Espagne, après le « coup pour rien » de Nîmes. Il a confirmé
être « une tête privilégiée », torero à la fois artiste
et vaillant. On aura encore plus d’éléments dans 48 heures, après la
novillada de Feria, à Castellon.
Bilan important, donc, de
cette première manche à Olivenza. Cela dit, il ne faut rien exagérer,
Olivenza est une petite plaza, avec des toros plus aptes au triomphe que
dans les grandes ferias. Mais on sait également que le torero marche au
mental, et qu’à la limite, peu importent « le trapio et les
pitones »…Asi que…
3
Mars – Olivenza – Novillada matinale –
¾ de plaza - Temps
froid et pluvieux : La novillada de Torrealta est sortie bien inégale
de présence. Bon comportement général, avec noblesse et un peu de
faiblesse. Seul le dernier s’est montré plus compliqué.
Nuno Velasques (Oreille – 2 oreilles) : Très
bons détails de ce jeune portugais, encore un peu vert, mais qui diffère
de ses prestigieux compatriotes : Il ne banderilles pas, et il est
muletero. A suivre.
David Galan (Deux oreilles - Oreille) a mis le
feu, comme on s’y attendait. De bonnes choses, liant beaucoup les
passes, puis le feu d’artifice, en souvenir du papa. Cela peut
marcher… au début.
Jose Mari Manzanares (Deux oreilles – Grande
ovation) a conquis la plaza, l’aficion et la presse. Grand muletero,
ayant le secret du « temple », et dessinant de formidables
pases de pecho. Tua bien son premier. Il alla attendre le sixième
« a portagayola », puis dut batailler avec le garbanzo de la
matinée. Examen de passage réussi. La suite, mardi à Castellon.
3
Mars – Olivenza – Deuxième corrida – No hay billetes – Temps
pluvieux et froid : On attendait cette corrida, pleine de points
d’interrogation. Ce fut un récital, et le public ne s’y trompa guère.
Six oreilles coupées (il y aurait pu en avoir neuf), et deux diestros a
hombros : Jose Tomas et Morante de la Puebla.
Toros de Juan Pedro Domecq, justes de présence,
de bon comportement, en général. Le quatrième se montra le plus
compliqué ; le sixième « tenia sus cosas ». Le deuxième
a été remplacé par un Parladé, bueno.
Joselito (Oreille - Silence) a parsemé sa première
faena de grands bons détails. Tua en deux temps. L’oreille, dit on, ne
s’imposait pas. Par contre, il laissa vite tomber, face au quatrième,
et certains le lui reprochèrent.
Jose Tomas (Oreille – 2 oreilles) a réussi,
avec le sourire, une bonne entrée en temporada. Faena pure au premier,
mais sans ligazon. Cependant, une bonne nouvelle : Jose Tomas, comme
il y a trois ans, « avance la main », va chercher loin la
charge du toro, la temple et la conduit
« loin derrière la hanche ». Grandes naturelles mais épée défectueuse.
Perd un des deux trophées mérités. Grande faena, construite peu à peu,
face au cinquième. A force de sitio et de temple, Tomas a « fabriqué »
un toro, sous les acclamations de tous. Gros coup d’épée et deux
oreilles méritées, qu’il promena, tout sourire.
| Morante de la Puebla (2 oreilles – Ovation) a
enchanté les plus difficiles. Faena de grande esthétique à son premier,
avec des moments inimitables. Naturelles profondes, galbées, « de
soie », encore rehaussées par le costume prune et noir d’azabache,
à la Paula. Formidables remates et adornos lumineux. Son toreo de cape,
à la sortie du sixième sera un des grands moments de la feria :
Trois véroniques et deux demies « de cartel ». Bonne faena,
également, à un toro moins collaborateur. Hélas, trois pinchazos et
quatre descabellos… Dommage ! mais il vaut mieux que cela se passe
à Olivenza. |
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Jose Tomas et le Morante sont sortis en triomphe d’Olivenza, ayant fait
« beaucoup plus » qu’avoir coupé des oreilles.
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CASTELLON:
MADELEINE DEBUTE EN GRIS SOMBRE
4
Mars: Bon! La « mauvaise » est passée, on va pouvoir penser
« aux bonnes » ! Digo yo !
Catastrophe intégrale, pour cette première de
la Feria de la Magdalena, à Castellon. Un ganado infumable, des toreros
« qui y vont, mais qui n’y vont pas… », des pinchazos et
beaucoup de baîllements. Le public s’est mis en colère a partir de la
mi course, tant l’ennui était pesant. Mal comienzo !
3
Mars – CASTELLON DE LA PLANA – 1ère de Feria – Un peu plus de
media plaza – Mauvais temps froid : Toros de Alcurrucen,
correctement présentés, mais mous, sans race, sans jus, terminant
totalement éteints. Seul le premier offrit quelques vains espoirs.
Victor Puerto (Silence après un avis -
Sifflets, après un avis) : Il devait mettre le paquet,
Victor, histoire de dire au gens de la région, combien était injuste son
absence de Valencia. Cela débuta fort bien avec la cape : Véroniques
et quite par chicuelinas. La faena débute par un changement dans le dos.
On note de bonnes naturelles et pffft ! plus de toro. Face au quatrième,
ce fut long, long, et le public soupira, d’autant qu’il tua
laborieusement. Valencia, sur ce coup, n’a rien à regretter.
Eugenio de Mora (Silence – Sifflets) Premier
toro trop piqué, qui trottine lourdement. Eugène baisse trop la main, et
le toro dit « je veux plus ! ». Le cinquième sera plus
compliqué, et le matador ne se montrera pas sous son meilleur jour.
Miguel Abellan (Silence avec un avis – Silence) :
Deux largas à genoux à son premier, qu’il brinda à Victorino Martin.
Faena de mas a menos, tuant mal. Le sixième offrait peut-être quelque
possibilité, mais le public « n’y était plus », après
deux heurs de profond ennui.
Ce lundi 4 Mars, deuxième de Feria: Corrida de Palha, pour Luis Miguel
Encabo, Davila Miura et Jesus Millan |
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MAUVAIS
TEMPS ET SUSPENSIONS
4
Mars : Il a fait un temps de chien sur l’Espagne, et plusieurs
spectacles ont été « suspendidos », ou renvoyés à date ultérieure.
C’est le cas du Festival en hommage à Manuel Vidrie, qui devait ouvrir
la saison à Las Ventas, de Madrid. On pense que le festival aura lieu,
samedi prochain, 9 mars.
Ont été suspendues ou renvoyées, les corridas
de Sanlucar de Barrameda, de Benalmadena et de Berja, où devaient se
produire Juan Bautista.
Il y eut corridas en d’autres lieux, chaque
fois marquées par le froid et la grisaille humide.
3
Mars – Calahorra – 2/3 de plaza - Temps très froid : Toros
Juan Perez Tabernero, faible et sans caste. Fue un toston !
Finito de Cordoba ( Silence – Ovation) :
Donna quelques détails de classe, puis partit soigner sa grippe.
Manolo Caballero (Silence – Ovation) : Fit
les efforts, laborieusement, mais ne put rien tirer « de puits sans
eau »
Rivera Ordoñez (Ovation – Oreille) : Se
battit avec le dernier, réchauffant un peu la public transi.
La nouvelle de la journée, va donner beaucoup de
travail à la « Prensa Rosa », dite la presse du cœur (tu
parles !) : Divorce confirmé officiellement entre Rivera Ordoñez
et son épouse. Cela se sentait venir.
3
Mars - Huercal Overa (Almeria) – Peu de gens dans les
gradins – Mauvais temps : Toros
de Ana Romero, qui sont sortis très encastés. Les toreros se sont bien
battus.
Antonio Losada (Oreille – Oreille), rappelant
les bons souvenirs
Anibal Ruiz (Oreille – Oreille), tout feu, tout
flammes
Jose Olivencia (Oreille – Deux oreilles), avec
caste et sincérité. |
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MEXICO :
PEPIN CONFIRME, ET BARRERA PROMET…
4
Mars : La 19ème corrida de la saison, à la Monumental de
Mexico, a été marquée par trois événements, heureux ou malheureux :
Le triomphe de Rafael Ortega ; la confirmation d’alternative de
Pepin Liria ; le renvoi au corral de deux toros. Rien de bien spécial
dans ce dernier points, sinon que le premier mit 56 minutes pour rentrer,
et le second, 16 minutes… seulement. Un record !
La nouvelle du jour : La Casa Chopera va apoderer Antonio Barrera, ce
sévillan qui fait parler de lui, au Mexique, depuis trois ans. On va le
voir à Séville, pour la feria, mais il est aussi fort probable que
l’on suivra la nouvelle recrue des Chopera, dans les plazas du Sud
Ouest. Bueno !
3 Mars – Mexico (Plaza Monumental) – 19ème corrida de
la Saison – 12000 personnes, environ – Beau temps : On attendait
les « Atanasio » de Barralva. La corrida est sortie bien présentée,
mais mansota, en général. Les 2 et 5èmes ont été renvoyés
« pour mansos ». Les manœuvres du retour au corral ont été
des plus laborieuses : 56 et 16 minutes, respectivement, pour rentrer
les toros, par la porte des picadors. Meilleur toro, le cinquième bis, de
la ganaderia titulaire, comme le remplaçant du deuxième.
Antonio Urrutia (Deux avis – Sifflets) connut
une journée noire. Malchance au sorteo et peu d’inspiration. Le torero
sort sous les sifflets et « rend » le précédent triomphe.
Rafael Ortega (Oreille – Deux oreilles) :
S’est montré « poderoso », toute l’après midi. Complet
face au cinquième bis, auquel il donna une lidia vibrante avec cape et
banderilles. Plusieurs séries très templées et une épée, un peu de côté.
Bon succès, mérité.
Pepin Liria (Ovation – Palmas) confirma
l’alternative, face à « Gironcito ». On le vit vaillant et
technique, mais les toros ne lui permirent guère de s’exprimer. |
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PERSONNALITE…
5
Mars : Le monde taurin est sans pitié. Cependant, à part en de
rares exceptions, il est juste, et, qu’on le veuille ou non « Le
toro met chacun à sa place ». Certes, il y
a des hommes plus protégés que d’autres, des « toreros mimados » ;
certes, ceux qui ont la chance d’entrer dans une « grande maison »,
n’ont pas à quémander les opportunités, ni payer pour se jouer la
peau. Cependant, chaque médaille, fut ce t’elle en or, a son revers, et
rare est celui qui échappe au regard des hommes d’affaires… qui sont
aussi, et avant tout, aficionados.
Deux exemples :
On vient d’annoncer, hier, l’entrée d’Antonio
barrera dans la Casa Chopera. On murmure que cette manœuvre fait partie
d’une stratégie visant à prendre la gestion de la Monumental de
Mexico, que semble vouloir laisser un Rafael Herrerias, las de tant de
combats
Les Choperas et leurs représentants ont suivi
Barrera au Mexique et au Venezuela. Ils ont détecté en ce sévillan un
« quelque chose » que les autres avaient peut-être moins :
il s’arrime, essaie de faire le toreo vrai, en essayant d’utiliser le
moins de terrain possible. Son toreo est classique et totalement sincère.
Du coup, après Séville, la confirmation d’alternative est
pratiquement sûre, à San Isidro, et « la Grande Maison »
annonce déjà qu’il va beaucoup toréer, en particulier « dans
nos plazas »… Entre parenthèses, cela va nous donner une idée de
« l’indépendance totale » de la plaza de Bayonne…
Qu’est ce qu’on parie que Barrera sera au cartel 2002, en bords d’Adour ?
Mais, au fond, pourquoi pas ? D’autant que d’ici Juillet,
Antonio Barrera aura eu l’occasion de faire quelques preuves de son
talent et de sa personnalité.
Autre exemple : Les trois toreros d’hier, à Castellon ! La
corrida de Palha a été intéressante, moins sauvage que l’an passé.
On attendait Luis Miguel Encabo, dont on dit grand bien,depuis plus d’un
an. On attendait Davila Miura, qui avait fort bien débuté, à
Valdemorillo. Enfin, Jesus Millan, gros triomphateur de l’an passé,
devant ces mêmes Palhas, était attendu avec intérêt...
Ce fut un flop !
Les hommes ont toréé proprement, mais aucun n’a triomphé. Face
à une corrida inégale mais toréable, ils ont accumulé les passes,
parfois bonnes, mais « n’ont pas passé la rampe »… Du
coup, le public, peut-être trop bien habitué, les a regardés sans
chaleur, et les a même pris à parti.
Dénominateur commun chez les trois toreros :
Manque total de personnalité. Manque de ce petit plus qui fait que
« Tiens, il a quelque chose ! ».
Luis Miguel Encabo est un « laborieux
introverti » qui vend mal ses qualités toreras. Davila Miura est
l’exemple même du torero qui a de la qualité, mais qu’on oublie, à
peine sorti de la plaza, même quand il coupe deux oreilles sous la pluie,
à un vrai brave del Cuvillo, en pleine feria de Séville. Jesus Millan
est en survoltage, en sur régime… Faut bien s’attendre à ce que
« cela coince », à un moment…
Les toreros d’hier, en plaza de Castellon, ont
perdu une grande opportunité, à la veille de « la grande montée
du col 2002 »… non parce qu’ils sont mauvais toreros, non parce
qu’ils ont fracassé, mais bien parce qu’ils ne savent pas intéresser…
Lastima
4
Mars – CASTELLON DE LA PLANA– 2ème corrida de la
Magdalena – Un peu plus de media
plaza – Temps froid, supportable : On attendait beaucoup de cette
corrida, triomphatrice de l’édition 2001. Ce fut une déception, tant
au plan « toros », que toreros.
La corrida de Palha est sortie moins
impressionnante, moins « mordante » que l’an passé. Présentation
inégale, comme toujours. Corrida de « trois et trois », avec
des trapios, des poids et des cornes, en échelle (502, 570, 460, 486,
573, 539 kgs). Pour ce qui est du comportement 1, 3 et 4 donnaient des
possibilités, même si ce dernier était un gros brutal. Le lot de Davila
Miura était le plus gênant.
Luis Miguel Encabo (Ovation – Silence avec un
avis) avait une chance de marquer un gros point, en début de saison. De
fait, il est passé « au travers ». Pas grand chose à
reprocher à un toreo sobre, professionnel, face au meilleur lot de la
tarde. Le premier était un vilain, playero, mais brave et noble. La faena
fut très propre, l’estocade fut engagée, au point de se faire déchirer
la taleguilla. Pourtant, elles ne marquèrent pas les esprits. Face au
quatrième qui se montra très violent, mais chargeant droit, Encabo a
bien failli s’asphyxier. Nombreuses séries, à la limite de la rupture,
devant les retours secs du bicho. Echec, pour Encabo, sana pour autant
avoir été mal. Rien de pire que laisser les gens indifférents.
Eduardo Davila Miura (Silence – Petite ovation)
a été ferme et très sobre dans son toreo. Le deuxième avait un mauvais
calamocheo ; le cinquième ne disait rien. Davila Miura fut « très
professionnel »… et ne laissa aucun souvenir.
Jesus Millan (Vuelta, après un avis – Division
des opinions) n’a pas réédité l’étincelante actuacion de l’an
passé. Il attaqua fort son premier, à la cape, donna quelques bonnes
naturelles, et tomba dans le défaut
généralisé ce jour : la muleta atrasada. Le toro, peu
convaincu, tourna court et la faena de même. La vuelta fut diversement
applaudie. Le dernier prit plusieurs picotazos et puyazos « topando »,
percutant plus que poussant vraiment, mais offrit des possibilités à la
muleta. Millan se montra mieux sur la main gauche, mais connut un incident
avec un spectateur qui l’invectivait, le public, se rangeant bien sûr,
du côté du râleur. La corrida se termina donc dans la division et
l’ennui. Vaya !
On apprend que la corrida des Frères Garcia Jimenez ne viendra pas, le 8
Mars. Antonio Matilla a précisé que ses toros n’ont pas pris le poids
voulu, cet hiver, et que la corrida ne présente pas le trapio désiré
pour Castellon. Du coup, c’est une corrida de Salvador Domecq qui
la remplacera, lidiée par Joselito, Enrique Ponce et Jean Baptiste
Jalabert.
Ce mardi 5 mars, novillada de feria, avec Cesar Jimenez, Ivan Garcia et
Jose Mari Manzanares fils. Les novillos seront de Daniel Ruiz. Attention !
Cesar Jimenez ne peut se permettre de répéter la sorti de samedi, à San
Sebastian (malgré ce que beaucoup en disent). Quand à Jose Mari
Manzanares, il doit confirmer la grande impression donnée à Olivenza.
Toute la Presse est à Castellon, et les choses deviennent très sérieuses.
Voyons si ce jeune… a une réelle personnalité.
Il semble bien que oui ! A ver ! |
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MANZANARES :
LANCEMENT REUSSI…
6
Mars : Souvenez vous… la conquête de l’espace ! Des jours
auparavant, on était en direct avec Capa Canaveral… On voyait le pas de
tir, au loin. L’image de la fusée, dressée vers le ciel, formait un énorme
point d’exclamation : « des hommes vont confier leur vie à
ce gros cigare blanc ! »
Puis, au jour dit, bien avant l’heure H, toutes
les télés du monde braquaient leurs objectifs, et des millions de téléspectateurs
retenaient leur souffle, aux derniers grains du compte à rebours. Alors,
dans un formidable rugissement, la fusée se libérait et décollait,
enveloppée d’une nuée incandescente… Lancement réussi ! Bravo,
les gars !
Les caméras levaient leur nez, et suivaient
l’objet qui traversait les couches de l’atmosphère et filait vers
l’inconnu. Il montait si vite qu’on le devinait à peine… Soudain,
une grosse explosion nous faisait sursauter « mon dieu, il y a eu un
pépin, ils sont morts ! » Les commentaires nous rassuraient :
« La séparation du premier étage vient de se faire,
impeccablement. Boulons explosifs… » Ouf ! Vaya susto !
Et il en fut ainsi pendant des années !
Programmes « Gemini », « Apollo »… Puis arriva
ce soir de juillet 1969. On était en pleine feria de la Madeleine, à
Mont de Marsan. Vers 4 heures du matin, ceux qui étaient encore lucides
purent voir en direct Armstrong poser le pied sur la lune… « Un
petit pas pour l’homme, un pas de géant pour l’Humanité ! »
Ensuite vint la grisaille, la torpeur, la
mauvaise routine et la mort… Il y eut Apollo 13, et puis un jour, une
fusée monta tout droit, quelques instants et, sous les yeux de tous, se désagrégea
en trois secondes. De la jolie petite fiancée du ciel, on ne retrouva
qu’un gant, sur un plage de Floride.
Depuis, des hommes et des femmes traversent le
ciel, et presque personne n’y fait plus attention. « Challenger »
va et vient, installe des usine entières, là haut, au dessus de nos têtes.
Des russes et des américains s’embrassent sur la bouche… et nous,
nous ne dressons l’oreille que lorsque depuis Kourou nous parvient
l’annonce du prochain lancement d’Ariane V, capital pour l’avenir.
« Ouf ! Elle est partie. Bravo ! On est les meilleurs… »
Oui, oui ! les Américains disaient aussi cela, jusqu’au jour où…
la petite fiancée du ciel…
Hier, Castellon de la Plana a vécu « un de ces lancements »
d’antan. Avant la novillada, la rue, les bars, les abords de la plaza résonnaient
de ce « run run », comme disent les espagnols, bien spécifique
au grands événements. Toute la presse était là, écrite, télévisée,
radiodiffusée. Comme il y a trente cinq ans, les micros et les caméras
pointaient vers un ruedo vide, quelques heures avant « el
acontecimiento »… Les minutes passaient lentement : que va
t’il donc se passer ?
Trois heures après, les fax crépitaient, les
mails fusaient comme l’éclair, les portables crachaient toute une gamme
de superlatifs, bien agencés… « Lancement réussi ! ».
Aujourd’hui, toute la presse taurine parle du
fils de Manzanares. Chacun des articles est illustré de photos qui ne
mentent pas : Il y a un torero important en ce nouveau « Jose
Mari » là.
Après Nîmes, « où l’on devinait que… » ;
après Olivenza, « où l’on pensait vraiment que… »,
Castellon vient « de confirmer que… ». Hier, 5 mars 2002,
Jose Mari Manzanares vient d’être lancé
dans l’Histoire du Toreo. A lui, désormais, d’écrire les
pages suivantes en lettres d’or. A lui de faire que… dix, vingt ans
plus tard, micros et caméras attendent « le prochain paseo »,
sans que le public ne lève un œil glauque en murmurant « Tiens,
encore un ! », comme il le fit, pour les héros de l’espace.
Grand lancement du fils de Manzanares, hier à
Castellon, chacun chantant ses qualités, et surtout, sa personnalité.
Bien entendu, les adversaires du papa soulignent les quelques scories du
rejeton : se tord trop !; mieux à droite qu’à gauche !;
« et cette estocade bien basse au premier, pouah ! ».
C’est de bonne guerre ! Et cela continuera… Mais une chose est sûre :
« il s’est passé quelque chose, hier ! » et on en
parlera tout au long de la temporada. Jose Mari Manzanares « hijo »…
va pa figura del toreo ! », si…
5
Mars – CASTELLON DE LA PLANA – Novillada – 3ème de
Feria – Moins de media plaza : C’est l’unique échec du jour,
il y eut peu de monde. No
hay aficion al toreo bueno, sino “al morbo”. (Il n’y a pas
d’aficion pour la qualité des toreros, mais plutôt à ce qu’ils représentent,
dans la rue, dans les medias : Juli, Finito, Jesulin, Cano, Conde…
A n’en pas douter, les corridas de Rivera Ordoñez vont faire le plein,
ces temps ci. Es asi !)
Très jolie novillada de Daniel Ruiz, presque
cuatreña, frisant les 500 Kgs. Il lui manqua un poil de race pour être
une grande novillada. Noblesse générale, avec de multiples scories que
les jeunes surent corriger.
Cesar Jimenez (Ovation – Oreille) a été
facile, toréant parfaitement, mais sans passer complètement la rampe. Très
bien à la cape, il débuta sa première faena, les deux genoux en terre
au centre du ruedo. Les séries qui suivirent furent aisées et toreras,
mais ne soulevèrent pas le public. Le madrilène, peut-être trop facile,
perdit l’oreille à cause de six descabellos. Le quatrième avait prédilection
aux planches. Jimenez essaya de l’en sortir, puis accepta de l’y
rejoindre, pour un trasteo vaillant, mettant à profit les retours
naturels du manso, vers les barrières. Bonne épée et une oreille.
Mais…
Ivan Garcia (Oreille – Ovation avec un avis)
fait tout très bien et très vite. Facile avec la cape et les
banderilles, il coupa la première oreille de la journée, à un novillo
noble, un peu violent. Le torero fut volontaire, mais ne triompha pas
vraiment. Le cinquième arriva très court à la muleta, et le torero ne
fut jamais à l’aise.
Jose Mari Manzanares (Oreille – Oreille, avec pétition
de la deuxième). Vêtu de bleu indigo et or, le fils de Manzanares débuta
par une larga à genoux, « en offrant le pecho ! ». Bien
à la cape, mais sans plus. Par contre, dès les premières passes, le
muletero a conquis tout le monde : Rythme, cadence, lenteur, majesté,
empaque dans les derechazos, clôturés d’énormes passes de pecho,
« tournés » sur l’épaule contraire. A gauche, la réussite
fut moindre, mais la faena « entra » fort dans les esprits.
L’épée fut bien basse, et une des deux oreilles s’envola. Le sixième
novillo se révéla excellent. Manzanares, cette fois, se montra très bon
à la cape. Faena à laquelle manqua un peu d’unité. Ce fut la seule
petite critique. Par contre, on retrouva la cadence et cette indéniable
personnalité qui va peut-être, faire courir les foules, demain. Estocade
« dans tout le haut », cette fois, et gros triomphe. Pour son
lancement, Jose Mari Manzanares Fils s’est envolé… a hombros.
Ce mercredi : Corrida de Rejoneo. A suivre, Alvaro Montes qui rentre
dans le poker des as. Il sera encadré de Andy Cartagena, Martin Gonzalez
Porras, Diego Ventura, Sergio Galan et Rafi Durand, face à un lot de Los
Espartales. |
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SEVILLA :
TELEVISEE, QUOIQUE…
6
Mars : Les négociations entre "Dame Télévision" et l’Empresa
de Séville se sont heureusement terminées. On sait qu’il y a dix
jours, on était presque dans le mur.
Toutes les corridas de la feria de Séville
seront télévisées, sauf... la corrida du Dimanche de Pâques, et celles
des 12 et 13 Avril.
Via Digital retransmettra toutes les courses, à
partir du 7 Avril, jusqu’à la Miurada du dimanche 21. Toutes sauf les
deux mentionnées plus haut, et deux autres qui seront diffusées par la
première chaîne nationale – TVE1 : Les 11 et 16 Avril
Le 11 : Corrida de Torrestrella pour Manolo
Caballero, Victor Puerto et Davila Miura.
Le 16 : Corrida de Parlade, pour Ortega
Cano, Enrique Ponce et Manolo Caballero
Deux fois Caballero… quelle chance nous avons !
Cela dit, merci quand même, notamment à Ponce, qui se la joue « au
grand jour ».
Les corridas qui ne seront pas transmises du tout :
12 Avril : Toros de Victoriano del Rio pour
Joselito, Finito de Cordoba et El Juli
13 Avril : Corrida de Garcigrande, pour
Finito de Cordoba, Jose Tomas et Eugenio de Mora.
Sacré Finito… Enchâssé dans deux cartels de
capricieux, il en profite pour n’être jamais télévisé… Tant pis
pour lui, et tant pis pour nous!
Un Finito de Cordoba, très sèchement attaqué
dans sa bonne ville de Cordoue, suite à cette malheureuse grippe qui
l’a cloué au lit, le jour du festival contre le cancer, alors qu’il
avait toréé la veille, à Cabra, et qu’il fit paseo le lendemain, à
Olivenza. Du coup, les critiques pleuvent, et on retiendra la phrase du président
de la Tertulia Larga Cordobesa : « Nunca sera Califa del toreo,
porque nacio en Sabadell ». (Jamais il ne sera « Calife du
Toreo »… parce qu’il est né à Sabadell). Sous entendu
"Quand il est bon, il est de chez nous. Mais quand il se conduit
comme cela, c'est bien un catalan..."Toma ya… |
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CASTELLON :
PLACE A « CE JEUNE GALANT »…
7
Mars : Vraiment on
regrette presque le temps des chevaliers, des belles dames et des
intrigues de châteaux. Certes, les chevaliers n’étaient pas tous
« blancs-bleus », comme dans les films… Certes, les femmes
étaient belles, mais ne se lavaient pas beaucoup, dit on… Certes les
manants se traînaient dans quelque basse cour des miracles, assaillis de
toutes parts et crevant sous les impôts... la gabelle, le sel…
Mais… regardons, aujourd’hui : Les
princes portent beau, jouent les démocrates et les débonnaires, mais
tout le monde sursaute quand ils disent « je veux », et la met
en veilleuse quand ils disent « je prends »… Les princesses
sont plus propres, oui… enfin presque ! Jouant des cils quand elles
ne le peuvent de la croupe, elles mènent le monde, et on aime presque ça.
Les chevaliers transportent de valises de billets et jouent du portable.
Ils sont, de plus en plus « noirs »… Restent les manants que
nous sommes et « la cour des miracles », moderne, dans
laquelle nous pataugeons, laborieusement… Et puis, nous avons la TVA, la
CSG…en attendant la prochaine.
« Il exagère encore… » direz-vous.
Bon ! Vous avez l’habitude, maintenant ! Pourtant,
regardez bien : Le XIXème arrondissement de Paris est envahi d’une
horde de chenapans de 13/15 ans qui ne méritent qu’une chose : une
bonne fessée. Qui la leur donnera ?
Regardez mieux : A Medellin, « Paris a
brûlé ». Tout un quartier qu’on appelle « Paris »,
dont un morceau est parti hier, en fumée. Au bilan, on déplore 80
personnes évacuées et …15 cochons carbonisés. Cela ne vous rappelle
t’il pas nos livres d’histoire ? En page « Moyen Age »,
on voyait la ménagère au grosses épaules, balancer « les eaux usées »
dans la rue où les cochons faisaient ripaille. Lorsqu’il y avait le
feu… combien de cochons ?
La cour des miracles, en Belgique avec les
terribles affaires de mœurs… En Espagne, avec le cauchemar qui
s’approche : En une semaine, trois jeunes viennent de mourir
« d’extase »… Les pilules « qui vous montent à cent »
se distribuent comme des malabars et personne ne dit rien… « Tolérance »,
dit on, d’un air supérieur… « Lâcheté totale »,
devrions nous dire, devant ce fléau qui menace tout, qui salit tout, qui
détruit jusqu’au meilleur de nos enfants… Cauchemar ! Fléau…
qui commence « au premier pétard » ! Et vous voulez
ouvrir, légalement, cette porte vers l’enfer… Vous êtes des
assassins ! La facilité, l’habitude, le laisser aller, le laisser
faire, sont plus dangereux que ces trois volutes d’une fumée, soi
disant peu nocive…
2002… pas mieux ! Seigneurs, ou « saigneurs »,
Princesses ou putains, manants, serfs édentés… nous sommes là, et
nous avons inventé d’autres fléaux… l’amiante, les usines Ceveso,
le Loft story…
Restent… les écuyers ! On les aimait bien, au Moyen Age ! Ils
étaient souvent beaux, très adroits et très fidèles. Souvent, ils
faisaient tout le boulot, parce que leur chevalier était trop bourré
pour aller au carton. N’avaient pas le temps de faire grève, les écuyers...
Cela donnait de rudes batailles, dont le blondinet sortait souvent
vainqueur (dans les films !). Alors venait la récompense, et les
jeunes héros pouvaient « grandir d’un coup » avec quelque
princesse joliment roulée. Le jeune galant pouvait enfin connaître
« le repos du guerrier »… Aaaaah !
En 2002, on a encore des écuyers : On les trouve dans des arènes,
le soir, sur le coup de six heures. Il en est des tous âges. Certains
sont déjà des seigneurs ! D’autres, des jeunes, frêles mais
fiers cavaliers, qui partent à l’assaut de la gloire, comme leurs
anciens à la conquête de leur belle, emprisonnée dans quelque
donjon… On les appelle, les Rejoneadores.
Les seigneurs les regardent, de haut ! Les
Mendoza, les Domecq, Moura, Bohorquez… Bien installés dans leurs châteaux,
ils vont au trot assuré de leurs belles montures toreras. Des fois, le
destrier trébuche, mais c’est rare. Les écuyers, eux, galopent à
perdre haleine, multiplient les exploits, tutoient le destin chevauchant
de jeunes montures qui, parfois, doivent se dire : « Pas fou,
non ? ça passera jamais ! mais, bon, allons-y quand même»
Ils sont là, les jeunes écuyers… Les Alvaro
Montes, les Diego Ventura, les Sergio Galan… Ils arrivent au galop, en
font des tonnes, se dressent sur leurs étriers, et lancent loin leur
sombrero, le regard planté dans la multitude… Des jeunes héros, fous
d’orgueil et de fierté torera. Ils sont… les écuyers d’hier !
Et, dans les gradins, plus d’une voudrait bien devenir leur belle… A
que si, señoras ?
Hier à Castellon, la corrida de Rejoneo
a fait un casi lleno. Le cartel était réservé à des jeunes.
Seuls, le balourd Martin Gonzalez Porras (qui se fait appeler maintenant
Martin Porras, pour faire « moins lourd »), et le fringant
Andy Cartagena, faisaient figure d’anciens… Le reste du cartel était
« la vague montante » du rejoneo. Dans les gradins, ces dames
de la peña féminine de « La Rebolera » ouvraient grands
leurs beaux yeux : «Ayyy ! Que guapos son ! »…
Seraient bien reparties faire un tour du côté du Moyen Age…
Montes a pinché, Ventura a progressé, mais le
triomphateur total s’appelle Sergio Galan. Son triomphe de Castellon
doit lui ouvrir des portes. Cela faisait un moment qu’il « apuntait »…
6 Mars 2002 : Pas à dire… « L’écuyer
vient d’entrer dans le château des seigneurs… » Sergio Galan
vient d’entrer dans la cour des grands. A suivre…pour le futur !
6 Mars – CASTELLON DE LA PLANA – 4ème de Feria –
Corrida de Rejoneo – Casi lleno – Temps gris, frisquet : Corrida
de « Los Espartales », sortant distraits, mansurones mais
maniables, allant un peu « a menos ».
Martin Porras (Ovation un peu forcée), en fait
des tonnes, et fait accrocher ses montures. Demi rejon qui « descorda
al toro », qui se fiche entre deux vertèbres, et le foudroie,
vilainement paralysé. C’est considéré comme un défaut. C’est en
fait de la malchance.
Andy Cartagena (Oreille), toréa très vite, posa
un joli « Violin » et tua de pinchaezo et rejon.
Alvaro Montes (Vuelta), reçut le toro avec la
garrocha, fit tamponner ses montures, et remonta son actuacion avec les
banderilles. En contre ut, une paire « al violin », avec les
courtes. Perdit tout avec l’acier : Deux pinchazos, un medio rejon
et deux descabellos, pied à terre.
Sergio Galan (Deux oreilles) a démontré une
grande classe dans chacun de ses mouvements. On soulignera des grands
quiebros, au dos de son cheval vedette « Montoliu ». Grande
actuacion, chantée par tous, terminée d’un rejon de muerte.
Diego Ventura (Deux oreilles), alterne le
classique et le spectaculaire, ce qui porte beaucoup sur le gradin, mais
horripile un peu les puristes du rejoneo. Pinchazo et rejon.Doit pouvoir
calmer son jeu…
Rafi Durand (Palmas) s’est montré volontaire,
a beaucoup galopé, beaucoup essayé, mais peu réussi. Peut-être encore
un peu vert, pour une telle confrontation.
Ce 7 Mars, Paco Ojeda joue « très gros »… Oubliés Lima,
Mexico, même Olivenza. Il doit confirmer aujourd’hui, que son retour mérite
le respect. A ses côtés, le Juli et Alfonso Romero ne vont pas lui
laisser de facilités. La corrida sera de Las Ramblas. Que haya suerte,
Paco ! |
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DIMANCHE
A DAX : HOMMAGE DE « CEUX QUI SAVENT »…
7
Mars : Si vous êtes sur le coin, réservez votre dimanche après
midi, et filez vers
Dax. Dimanche, les Aficions à « la Fiesta
Brava », qu’elle soit landaise ou espagnole, vont se réunir pour
rendre un hommage à Jean Pierre Rachou, tué dans cette plaza, le 10 Août
2001, par la vache « Marilla », de la ganaderia Lassalle.
Jean Pierre Guillé était un combattant,
porte-drapeau de la course landaise. Champion de France des écarteurs par
trois fois, vers les années 88, il était… un torero. A 42 ans,
« Rachou » a lutté dix jours contre la camarde. Puis il est
parti, vers d’autres plazas…
Ici, on ne connaît que trop peu, la course landaise. C’est dommage,
peut-être. D’autre en parle beaucoup plus, et beaucoup mieux…
Cependant, on sait que tous ceux qui enfilent
« la veste brodée d’or », ressentent, probablement, la même
fierté, mais aussi, le même doute, la même peur… Ils sont « Toreros »,
mais ils sont avant tout des hommes. Peur du toro inconnu, ou de cette
vache qu’ils connaissent trop bien ; peur de la responsabilité ;
peur de montrer qu’ils ont peur… « Ils savent » ce
qu’ils passent, et ce qu’a du passer… leur « Ancien »...
Aussi, c’est ensemble qu’ils vont rendre
hommage à Jean Pierre Rachou, dimanche, à Dax.
Le festival se déroulera en deux parties : A 15h 30, il débutera en
course landaise, avec les compagnons, ténors de la discipline. Puis, on
laissera place à trois novillos de Samuel Flores, Nuñez del Cuvillo et
Marquis de Domecq, pour Stéphane Fernandez Meca, Swan Soto et Julien
Lescarret. Tauromachies réunies pour un grand salut…
Les toreros, « ceux qui savent »,
seront au rendez vous. A nous de l’être aussi. « Il » méritait
bien cela…
Hommage à Jean « Rachou » - Dax – Dimanche
10 Mars – 15h30 - Renseignements
au : 05 58 909 909 |
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LA
SOLITUDE DU COUREUR DE FOND…
8 mars : On imagine
le soldat de Marathon… Il dut, d’abord, se faire discret et quitter le
champ de bataille, éviter les patrouilles
et se mettre en route. Tout au long de son parcours, un espoir le
soutenait : arriver vite pour apporter la nouvelle… Certes, il
avait troqué son armure et ses bottes de combat, pour des espadrilles
sponsorisées Adidas…(cordonnier grec qui a fait quelques bonnes
affaires,depuis). Certes, c’était un champion... mais, en quarante deux kilomètres
et beaucoup de poussière, « l’a du se sentir bien seul, le
fantassin volant »...
Aujourd’hui, les athlètes sillonnent les rues
de Rome, New York, Paris, avalant 42 kms de goudron avec une facilité déconcertante,
tandis que derrière se traîne un interminable cortège d’amateurs
courageux qui, à chaque foulée, doivent se sentir de plus en plus
seuls…
Pour un torero du haut de l’escalafon, la temporada est une épreuve de
fond. Il devra calculer sa course, doser ses efforts, placer ses accélérations
aux points stratégiques, ne pas gaspiller son énergie… Ca, c’est la
théorie ! Il faut ensuite prendre soin de donner, chaque jour, dans
chaque plaza, à chaque public, « l’illusion », qu’on est
à fond, que l’on fait tout ce que l’on peut pour le satisfaire. Là
est la grande difficulté, qui se répète au fil des temporadas, pour ce
qui concerne les plus fameux. Un perpétuel challenge. Un vrai marathon
pour chaque torero ! Peu d’appelés, encore moins d’élus…
Aucune des courses ne sera similaire à une autre, et les hommes, coulés
de bronze dans leur costume de lumières, se sentiront probablement bien
seuls, parfois…
Imaginez-les, hier, dans leur chambre d’hôtel,
à Castellon…
El Juli, qui a déjà « des kilomètres et
des kilomètres dans les pattes », sait qu’on l’attend pour ce
nouveau parcours qu’il sait plus ardu. La route sera longue et il ne
peut plus surprendre. En pensant à ce qui l’attend, le Juli se dit que
« qui va piano va sano ! » et que vaut mieux commencer en
douceur… Cet après midi, « le minimum syndical », juste
comme la veille d’une RTT…
Paco Ojeda sait qu’il va courir un marathon
d’enfer. Il a fait tous les efforts, tous les exercices. Il a bien perdu
quelques kilos… mais, pour un marathon !
Le plus terrible, c’est qu’en fait, ce
marathon va se transformer en un 5000 mètres, composé d’une succession
de « 100 mètres » au sprint. Il doit convaincre ! Il
doit marquer chaque sortie d’une progression, d’un relent d’antan,
d’une trouvaille, « de celles du temps où il s’appelait
« Paco » ! »
Alfonso Romero, blond chérubin frisotté, se dit
que « les premiers mètres sont importants, s’il veut que la
course soit longue ! ». Sinon… trois petits tours de stade,
et puis s’en va ! Il connaît ses capacités, son style, sa foulée.
Il est inquiet, mais tranquille. On l’attend avec curiosité, et il ne
peut surprendre qu’en bien. Alors, il sort ses notes et il révise :
« Un, deux, trois, on inspire ! Un, deux, trois, la hanche
comme ceci, sur le derechazo ! le bras, comme cela, à la sortie du
pecho ! Toujours très torero, comme devant le miroir…Un, deux,
trois ! »
Les trois toreros enfilent leur jogging d’or, et s’en vont se
regrouper sur la ligne de départ… Il fait gris, pas chaud… On piétine
sur place !
Au coup de trompette, on s’élance vers
l’arrivée, si lointaine, de la temporada… Le torero se trouve tout à
coup, bien seul…
Hier s’est déroulée, à Castellon de la Plana, la première grande
corrida du cycle. Surprise, la plaza ne s’est pas remplie, malgré le
Juli, malgré Ojeda. Autre surprise : Juli a couru « à l’économie »,
ne plaçant un démarrage que dans le dernier « cent mètres »,
histoire de couper une petite oreille. Alfonso Romero a suivi ses note,
arrivant détaché, coupant une oreille prometteuse, « mettant la
hanche, là » et « le bras, comme cela ! ». Il a
surpris le monde, mais la presse lui reproche un certain manque de
naturel. Cela dit, il gagne la course du jour, la main… tout en haut !
Paco Ojeda a débuté comme un bolide, puis
s’est essoufflé, terminant « à la ramasse ». Il faut
attendre… il a eu quelques bonnes choses, devant un bon toro. Ce sera
dur, très dur, mais… au fond !
7
Mars : CASTELLON DE LA PLANA – 5ème de Feria –
Presque plein – Temps gris frais : La corrida de "Las Ramblas" a déçu :
Présentation bien moyenne, armures à discuter. Différents degrés de
noblesse, mais un dénominateur commun de faiblesse. Les trois et cinquième
ont été renvoyé au corral, frisant l’invalidité. Le cinquième fut
remplacé par un Fuente Ymbro qui montra du caractère. Pour la muletero :
l’excellent premier, et le sixième, hélas trop lourd (594kgs). La
corrida a déçu, se déroulant dans une espèce de ouate, qui se dilua un
peu, alors que la nuit tombait.
Paco Ojeda (Ovation – Ovation) Toucha un bon
premier qui chargea « fort et clair » dans son premier galop.
En deux grosse séries droitières, le Sanluqueño rappela, un peu,
« l’Ojeda d’hier », et on applaudit un grand pecho sur
place et un profond changement de main. On reprochera, cependant un écart
de jambes, disgracieux. Vu la silhouette, devrait toréer « plus réuni »,
plus naturel. Le panorama changea, sur le côté gauche, et la faena
s’essouffla. Deux pinchazos précédèrent une épée en arrière, et
une éventuelle oreille s’envola. Le quatrième voulut partir aux barrières.
Ojeda essaya bien de le retenir, n’y parvenant pas. Il essaya, alors, de
se mettre « dedans », n’y parvenant qu’au prix de quelques
pathétiques sursauts. Le moral en avait pris un coup, mais il n’y eut
pas de ridicule. Demie, un poil de travers et descabello. Bien seul !
El Juli (Ovation - Oreille avec avis) :
Parut absent, éteint, « en basses eaux »... Vulgaire en tout,
face à son premier : cape, banderilles, muletazos par dizaines, mais
avec un gros soupir ! Regard vide, sourire figé… N’était pas là.
2pée en arrière, certains demandant une pâle oreille, qui fut refusée.
Le cinquième était un client, et le Juli dut forcer ses feux. Mieux au
capote, « sin mas » avec les bâtons, il débuta sa faena sans
grands espoirs… Puis, au final, le jeune sortit la hargne, et se mit
« dans le toro », toréant très court, avec intensité. Cela
dura longtemps, mais réveilla un peu le public. Epée très en arrière,
et un avis pour être arrivé « après les délais ». Oreille
quand même, mais sans plus. Devra rectifier à Valencia.
Alfonso Romero (Ovation – Oreille) ne commanda
jamais devant le troisième bis, qui chargeait sans aucune fixité. Le
murciano tua d’une demie un peu de côté. Par contre, sa faena au bon
sixième a conquis le public, en surprenant plus d’un. Profondeur et
suprême élégance dans les
derechazos et sutout les naturelles. Peut-être un gros soupçon
d’affectation, d’attitude forcée (la hanche, comme ceci ! Le
bras, comme cela !)… mais, peu importe, pour le moment. Final en
aidées par le bas, genou ployé. Très bonne faena, hélas gâchée en
deux pinchazos, une épée caida et un descabello. Malgré ce, une oreille
et l’attente… de la prochaine course.
Ce Vendredi 8 Mars, la corrida sera de Salvador Domecq, remplaçant les
Garcia Jimenez. Elle sera lidiée par Joselito (adoré, ici) ;
Enrique Ponce (qui attaque son marathon 2002, et qui a deux ou trois
petites choses à dire à « la Martin Arranz Corporation »),
et Juan Bautista (qui débute sa saison espagnole, dans un "cartelazo"). Corrida importante. |
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JEREZ :
« LES CHEVAUX SONT AU DEPART… »
8
Mars : « La feria del Caballo », à Jerez de la Frontera,
est presque prête. Deux ou trois petits réglages et on annoncera les
cartels, aux alentours du 20 mars.
Cependant, pour les curieux de naissance, et ceux
de « la Peña Taurine Côte Basque », qui se préparent à un
nouveau voyage, on peut dire que la feria 2002 présentera, probablement,
les affiches suivantes :
7 Mai : Novillada piquée, avec David Galan
et Jose Maria Manzanares. Le troisième sera un jeune du coin :
Alvaro Marquez, possiblement.
8 Mai : Corrida de Rejoneo - Toros de
Bohorquez, pour Luis Domecq, Fermin Bohorquez et Pablo Hermoso de Mendoza.
9 Mai : Toros de Jandilla ou Juan Pedro
Domecq, pour Joselito – Enrique Ponce – Rivera Ordoñez
10 Mai : Toros de Juan Pedro Domecq ou
Jandilla, pour Finito de Cordoba, Juan Jose Padilla et Juli.
11 Mai : Toros de Nuñez del Cuvillo, pour
Paco Ojeda, Jose Tomas – Morante de la Puebla.
12 Mai : Novillada non piquée – Ecole de
Jerez. |
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LA
« SIESTA » NACIONAL…
9
Mars : Ca va mal et ça dure ! Les temps ont vraiment changé…
et « c’est pas cool ! », comme disent quelques jeunes
vautrés dans un coin, grignotant quelque pastille « extasique ».
L’Espagne constate avec horreur le mal qu’elle s’est fait, avec
« la tolérance 100% », et aujourd’hui, elle lance des
immenses SOS, en première page de ses quotidiens, essayant de refréner,
bien trop tard, les incroyables bacchanales qui hantent ses soirées, au
vu et au su de tout le monde. L’opération « Botellon » aura
du mal à laver toute les saletés qui hantent les rues, les jardins
publics et les cimetières de la péninsule. Quant à la drogue…ça ?
Nous ferions bien d’en prendre quelque leçon,
nous, les « Liberté, Egalité, Fraternité » ! Les
adultes, cravatés et autres, n’ont pas eu le courage de dire « non ! »…
Certains ont même voté pour que la fessée soit considérée comme
« châtiment corporel »…
Qu’ils ne s’étonnent donc pas, aujourd’hui, « de se
faire cracher dessus » par des mômes de dix ans, qu’on ne peut
surtout pas appeler « gavroches »…
Sur notre pauvre planète taurine, la « Fiesta Nationale » est
bien malade… Aussi, il ne faut guère s’étonner que les plus vils, ou
les plus désespérés de ses acteurs, aillent chercher « ailleurs »
les ressources que ne leur rapportent pas leur talent, ou leur courage…
Du côté de Malaga, le fils de Manolo Ortiz est à l’ombre pour un bon
moment. Arrêté sur la route, près de Torremolinos alors qu’il allait
livrer de la coke, il est tombé dans les mailles d’un filet qui n’a
pas fini de se resserrer… En
effet, la police est allée perquisitionner dans une finca qui lui
appartenait, du côté de Coin, et a trouvé « plus de 200
grammes…. ». Avis donc à tous ceux qui veulent jouer « les
vendeurs de mort », qu’ils soient vêtus d’or ou d’argent, de
chaque côté d’une frontière qui n’existe plus… Al
final, cascan !
La « Fiesta Nationale » est bien malade, elle aussi
gangrenée par le fric facile, la magouille, le « Système »…
Installés en haut, bien à l’abri de leurs « grandes maisons »,
les vedettes monopolisent les postes dans les cartels, trustent les
contrats… Se faufiler dans ce bataillon doré (une escouade, tout au
plus) relève de l’exploit… Certains en profitent, et déambulent,
toute honte bue. D’autres y signent chaque jour de nouvelles pages de
gloire, ou « de verguenza torera ! ». Histoire de
mentalité !
Hélas, pendant ce temps, la ganaderia brava
s’enfonce dans le labyrinthe de la sélection « chimico
informatique » qui a pour but de vendre en 25 corridas par an, ce
qui pourrait ressembler à du toro de combat, mais n’est plus qu’un
mastodonte fatigué, balourd, qui ne demande qu’une chose :
« qu’on le laisse faire sa sieste, tranquille, au soleil d’Andalousie,
du centre, de Salamanque ou d’ailleurs… »
En attendant les résultats de Castellon, je tombais hier, sur une photo
d’archive dans « Aplausos » : Feria de Séville 1965 -
La corrida de Benitez Cubero est formidablement sortie, et le public,
debout, applaudit la vuelta générale : Le ganadero, son mayoral, et
les trois diestros : Curro Romero, Diego Puerta et Paco Camino…
L’image dit tout ! Les cinq hommes marchent, altiers, fiers de la
page qu’ils viennent d’écrire au grand livre de la Fiesta
Nationale… Diego Puerta a le menton barré d’un pansement, séquelle
d’une récente rouste…
Pundonor torero y ganadero ! Gloria !
Alegria ! Quand donc retrouverons nous une telle image ?
Quelle page va donc écrire la feria de Castellon
2002 ? Et, combien d’autres, comme elles, ne pourrons que soupirer
quelques heures de « Sieste Nationale » ?
La sixième corrida s’est déroulée, hier, au gré des charges hésitantes
d’un ganado pourtant « finement sélectionné », tandis
que les toreros, chacun selon sa nature ou sa mentalité, tentaient ou
s’abstenaient d’aller chercher la gloire… Seul, Enrique Ponce alla
en conquérir quelques rameaux.
La feria de Castellon 2002 est une grande déception
pour le public. Elle doit l’être encore plus pour ceux qui l’ont préparée…
Restent deux courses ! Jose Tomas arrive aujourd’hui. Victorino débarque
demain. On se demande « avec quels toros ? ». Le grand
« Don Jose » a besoin « du sien »… et Victorino
veut placer « les siens » ! On apprend que
l’embarquement « a été costaud », puisqu’un toro a été
changé, s’étant éclaté un piton, et un autre a été refusé, pour
ne pas faire le poids. Du coup, Victorino (73 ans et en rogne !)
envoie un lot de plus de 530 kgs de moyenne. Qui donc récupérera
« los de 460 » ?
Que Castellon ait un peu de chance, ces deux
derniers jours… histoire de ne pas rentrer bredouille, en baillant…
histoire de ne pas prêter le flanc aux « antis » qui vont
manifester, aujourd’hui, et qui ne dorment pas, eux…
8 Mars : CASTELLON DE LA PLANA – 6ème de Feria –
Presque plein – Beau temps frais : Corrida désespérante de
Salvador Domecq « El torero ». Bien présentée, peut-être,
mais sans aucune race, sans aucune force, sans aucun souffle. Seul, le
cinquième, un grand manso imbécile, eut la chance de tomber sur Ponce,
qui lui apprit les bonnes manières. Les autres se répandirent en plates
allées et venues, au gré des muletas fatiguées… et fatigantes.
Joselito (Silence – Silence) débute bien mal
sa saison. A Olivenza, il a ennuyé ; à Castellon il a carrément
« emm… » tout le monde. Visage fermé, boudeur, distribuant
ça et là des muletazos informes, il est passé, réglant les affaires
d’une épée rageuse, pas toujours droite. Les mésaventures mexicaines
de son apoderado et l’apparente résurrection de son collègue et néanmoins
ennemi Jose Tomas, lui auraient elles déjà mis un gros coup au moral ?
Réponse à Valencia, les 16 et 17 Mars. Jusqu’à présent, Joselito :
«Zzzzzz ! »
Enrique Ponce (Ovation après un avis – Vuelta
avec pétition majoritaire d’oreille et broncazo al usia, le tout, après
un autre avis) : Ponce s’est comporté, une fois de plus, en figura
del Toreo. Son premier s’est vite éteint. Le diestro de Chiva l’a
soutenu, avec ce toreo élégant, technique et terriblement efficace que
certains lui reprochent tant. (Préfèrent sûrement « la mandanga »
de Joselito »). Il tarda a descabeller, et perdit là quelques
bravos de plus. Le cinquième s’appelait « Ruiseñor ». Un
vrai « rossignol », qui a passé son temps à sortir
n’importe comment du moindre capotazo, fuyant le moindre cite. Personne
ne donnait un peso pour une faena devant ce gros balourd imbécile. Ponce
le laissa aller, sortant tête en haut de chaque muletazo, puis,
doucement, resserra son étreinte, régla sa charge fantasque, et lui
imposa sa loi. C’est là que s’exprime la technique, le talent, le
courage certes, du torero, mais surtout… son pundonor. Tout le monde
l’a compris ainsi, ovationnant trois naturelles liées au pecho final,
et les élégants doblones de clôture, genou ployé, muleta caresse.
Seul, le señor présidente ne l’entendit pas de cette oreille, et
refusa celle du toro, malgré pétition assourdissante…
Es igual ! Ponce a fait sa rentrée, et il tient fort la
barre.
Juan Bautista (Silence – Palmas) était vêtu
« de dulce » : Blanc et argent, avec cravate et ceinture
de soie bleu pâle… Pues bien ! Pas très guerrier, tout cela. A
part au capote où il brilla par deux fois, le français toréa « de
dulce », ne « rentra pas dedans », et se fit emporter
dans la triste fadeur de ses adversaires. Zzzzzz ! Il tua bien le
sixième. Algo es algo.
Ce samedi 9 Mars: 7ème et avant dernière de Feria. On attend Jose
Tomas devant les toros de Jandilla. Avec lui défileront Finito de Cordoba
et Alberto Ramirez. Espoir ! |
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ILLUMBE :
LA DERNIERE, ET ON ELIMINE…
9
Mars : Dernière novillada éliminatoire du concours international
des novilleros, ce soir en plaza de San Sebastian. Il y aura plus de monde
dans les gradins parce que le cartel intéresse au plus haut point, chacun
des toreros amenant ses espoirs…et ses partisans.
Face à une novillada de Anna Bohorquez, dont on
espère qu’elle tiendra debout, Leandro Marcos, de Valladolid, joli et
bon torero, lorsqu’il oublie un instant son miroir ; Javier
Valverde, un solide à l’aficion et au pundonor bien trempés, de
Salamanca ; et Julien Lescarret… « de chez nous »,
petit lutin torero, capable de coups de superbe, et devant marquer des
points dans la presse espagnole, avant sa prochaine alternative.
Puis, après la novillada… papier et crayons!
Qui passera aux demi finales ? Six postes,
pour deux manches, les 22 et 23 mars, à un toro chacun.
Les novilleros de ce jour ont une chance de plus :
on se rappelle mieux des dernières émotions, des dernières impressions,
des dernières images. Certes ! Cependant, quatre novilladas se sont
déjà déroulées, trois novilleros ont « oreille coupé » et
trois autres ont « vuelta donné »… Restent les mérites de
quelqu’autre, et puis… « le puchero », la négociation
musclée, les petites promesses « échangistes »…bref, le
« magouille blues ! »
A la demi finale devraient être présents,
d’office : Raul Cano (il a coupé une oreille, et en plus… il est
de Baracaldo !) et les deux autres qui ont coupé un trophée :
Miguel Angel Perera et Ivan Garcia, même si…
Viennent ensuite, un mexicain (on pense à Arturo
Macias) ; Salvador Vega, qui a été bien, sans couper ; Jarocho,
qui peut revendiquer… Enfin, il reste le cas Cesar Jimenez, qui va
hanter quelques esprits, dans un sens, ou dans un autre…
La meilleure façon de régler les choses, pour
« ceux d’aujourd’hui », c’est de faire « double nœud
de marin » à leurs machos et… à l’abordage !
Pendant ce temps, on surveillera d’un œil : Castellon, bien sûr,
mais aussi Moron de la Frontera, près de Séville, où Ojeda torée sa
troisième. S’il ne coupe pas, là, un sac d’oreilles…pues !
A suivre également la corrida d’Estepona,
où Luis Vilches doit encore « être bien », guettant une éventuelle
substitution à Séville, et Javier Castaño, qui fait sa rentrée dans la
temporada, après un hiver que l’on espère « de saine réflexion »…
Suerte pa todos ! |
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DIA DE
TOREO GRANDE…
10 Mars : Journée de grands moments d’inspiration torera, en
plusieurs endroits de notre planète
«à nous », la planète taurine, la seule aujourd’hui, qui
respire paix, convivialité, amitié…
Cette journée du 9 mars 2002 est marquée par
l’inquiétude et l’horreur. Le Moyen Orient est "en armes et en
larmes". Les Kamikaze modernes, filles et garçons fanatisés, se
ceignent de dynamite et vont se faire exploser dans un bar, une discothèque
ou un bus « d’en face »… Alors, irrémédiablement,
« tournez, les hélicos ! ». Les gros frelons arrivent,
tandis qu’au sol, les scarabées rampent et crachent le feu... Adieu la
Paix ! « Adieu…Dieu ! » Consternant. Révoltant…
et pourtant ... elle tourne!
« Che |