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SOUS LE
MUGUET, LA HAINE…
1er
Mai 2002 : On peut, ici, parler « Toros »... et on ne
devrait presque ne parler « que de Toros »… Mais,
comme on l’a dit tant de fois, on ne peut dissocier les Aficionados, des
hommes et des femmes qu’ils sont tous ; des pères et mères de
famille qu’ils sont, tous ; des citoyens, que nous sommes, tous…
Trop de choses graves se passent dans ce pays, pour que l’on se cache
derrière un burladero d’indifférence.
Depuis le 21 Avril, date que
certains considèrent plus grave que des plus terribles de notre histoire,
nous sommes embarqués dans un cortège de haine et d’outrances qui ne
peut qu’engendrer, demain, des divisions et de terribles rancoeurs.
La France est malade de sa propre culpabilité !
Pour cacher sa faute, elle multiplie les « C ‘est pas moi,
c’est l’autre », poussant au maximum l’insulte, la haine
aveugle, le « vrai » racisme. Et cela ne peut avoir qu’une
conséquence : un fossé qui va encore s’écarter, entre les
simples, les pacifiques, les discrets, les responsables… et ceux qui,
trop incultes ou trop désinvoltes, veulent « tout avoir sans rien
payer », « tout régenter, dans le moindre effort »,
bien exploités par des petits malins « bien cravatés » qui
s’en mettent « pleins les fouilles », en toute démocratie !
Soyons clairs : Il est plus facile de voler
que de gagner son pain, à la sueur de son front. Il est plus facile de
dormir jusqu’à midi, que de se lever matin. Il est plus facile de faire
des fautes « d’aurtograffe » que de se casser la tête à
faire accorder le participe passé avec l’auxiliaire « avoir ».
Il est plus facile d’inventer quelque dialecte barbare, plutôt que
d’essayer de s’exprimer dans un français correct. Il est plus facile
de « hurler en masse », d’invectiver, d’insulter, plutôt
que de dialoguer, d’argumenter, face à face, de respecter son
adversaire, quel qu’il soit, et de le terrasser par la sagesse, la
technique, le courage… (Ce que font… les toreros !)
La France, par la lâcheté de nombreux
politiques qui ont préféré « marginaliser » plutôt que
« combattre, politiquement », se trouve aujourd’hui à
un carrefour de son histoire. D’impressionnants cortèges, chargés
d’une électricité et d’une fièvre qui n’ont rien de « démocratiques »,
quoiqu’on en disent, vont déambuler aujourd’hui, risquent de
s’entrecroiser, se heurter, s’affronter. Les médias, « un état
dans l’Etat », font tout, pour cela…
Alors nous avons peur… mais pas la peur de
tous. Nous ne disons pas « crève, charogne ! » comme
nous l’avons vu. Nous ne parlons encore moins de « bœuf borgne »,
comme sur une radio d’audience nationale… Nous ne jetons pas l’anathème
sur 20% de nos concitoyens…
Ce qui nous fait peur… c’est demain !
C’est cette victoire que d’aucuns appelleront « de la République,
de la Démocratie, du Peuple »… et qui ne sera, en fait, que la
victoire des insolents, des irresponsables, des indifférents. Demain,
contre qui défilera t’on ? Contre l’escroc ? Contre le
« Supermenteur » ? Contre qui d’autre, après demain ?
Quel diable trouvera t’on pour cacher nos bassesses et nos lâchetés ?
Pourra t’on encore, longtemps, abrutir les gens avec des « rave
parties » ou des « loft stories » ? Quel « dépénalisation »
trouvera t’on, encore, pour cacher notre impuissance et notre manque de
courage ?
C’est dimanche que cela se passe ! Comme
cela « aurait du se passer » le dimanche 21 avril. Pas la
peine de hurler « si j’avais su ! ». Si, en toute
responsabilité, en toute « démocratie », les français
avaient accompli leur devoir électoral, depuis dix ans, et si la gent
politique avait combattu les idées adverses, par l’argument, les réformes
et les réussites… il est des choses et des personnes, dont on ne
parlerait plus, aujourd’hui.
Alors… criez moins, et votez plus !
Alors, messieurs qu’on nomme grands, « discourez
moins », et écoutez plus ceux qui travaillent et ceux qui « essaient »
de vivre une vie simple, honnête, respectueuse des hommes et des biens…
Demain, faites bien attention… Pendant que des
milliers de français hurlent des insanités, d’autres se taisent, écoutent
et s’impatientent. Il n’est que d’entendre certains messages quand
« les auditeurs ont la parole »… A force d’outrances, on
pourrait bien arriver au résultat contraire à celui escompté. Et cela,
oui, serait un drame.
Ce qui doit prévaloir… ce qui aurait du prévaloir,
c’est le calme, la sagesse, et la responsabilité de chacun. Ce qui doit
prévaloir, c’est le respect de tous. Ce qui doit prévaloir, c’est le
vote, en connaissance de cause, et en toute liberté. Des gens sont morts,
pour cela…
Je m’excuse auprès de
ceux qui n’attendent ici, que des nouvelles taurines. Vous êtes de plus
en plus nombreux à nous suivre, et nous vous en remercions. Mais vous le
savez, depuis toujours, cette chronique taurine mêle le quotidien
« de tous les jours », au purement taurin. Parce qu’avant
d’être aficionados, nous sommes des êtres humains qui vivons, aimons,
souffrons.
Aussi, vous ne serez pas étonnés que nous
soyons un peu inquiets de tout ce qui se passe, comme vous, peut-être,
et… qu’avec vous, peut-être, en ce 1er Mai, nous
souhaitions à tous de trouver, sous tant de haine… un brin de muguet. |
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MADRID :
COMMUNAUTE, LA BIEN NOMMEE…
1er
Mai : En échauffement de sa feria de San Isidro, Madrid va donner,
sur quatre jours, sa mini feria de La Comunidad. Des raisons historiques,
tout d’abord… tout le monde, ou presque, ayant entendu parler du 2 de
Mayo; des raisons pratiques, ensuite, car il faut vérifier que tout est
en ordre pour les trente jours qui suivent : Les gens sont à leur
place, les clarines sonnent justes, les portes ne grincent pas et les
chevaux marchent droit. Dans son chiquero, Florito, qui risque d’avoir
du boulot, cette année, a mis tous ses cabestros « à l’EPO »,
et lui même revoit ses stratégies pour battre, cette année, le temps
record à rentrer un toro protesté. Ce sera dur, mais c’est « le
champion » toutes catégories. Cette année, peut-être arrivera
t’il à « rentrer » un toro... avant qu’il ne sorte !
Pour ce galop d’essai…
trois novilladas encadrant une goyesque, qui aura lieu le… 2 de Mayo.
Normal ! La corrida Goyesca verra s’affronter Espla, le chouchou de
Las Ventas, et Luis Miguel Encabo, que l’on peut baptiser « l’ex
futur chouchou » de Las Ventas. En Face, du Nuñez et de l’Alcurrucen.
C’est du côté des novilladas que les regards convergent : Chaque
jour, un point de gros intérêt. Cet après midi, Leandro Marcos fera ses
adieux de novillero, à Madrid. Dimanche, ce sera Séville : présentation
et despedida. Le 13 Mai, ce sera l’alternative, à Valladolid.
Curieux torero que Leandro Marcos: Esthétique
avant tout, parfois très profond, quelquefois « un peu léger »,
souvent décevant. Et pourtant, on ne peut s’empêcher de suivre ses évolutions,
et se dire que le toro donnera « plus d’importance » à ce
qu’il fait. L’accompagneront Jarocho, dont on surveillera l’épée,
et Andres Palacios qui eut ici, quelques détails, en début de saison.
Les novillos seront de Garcigrande. Entre parenthèses… donc ( Domingo
Hernandez a déjà lidié 6 corridas de Garcigrande, cette année. C’est
à dire 28 toros, en deux mois et demi. Pas mal. On peut parier sur vingt
cinq corridas, cette année. Résultat…)
Le 3 Mai, un gros cartel, avec Reyes Mendoza, et la présentation de
Salvador Vega. Cuidado con este ! Mais, bien sûr, l’élément
majeur sera la nouvelle parution à Madrid de Javier Valverde. Il peut
devenir « torero de Madrid », d’autant que Las Ventas aura
encore en mémoire le fracaso (il faut appeler les choses comme elles
sont) de Cesar Jimenez, dimanche dernier. Valverde, vrai, puissant,
lidiador et courageux, ne fait pas dans la fioriture, encore moins dans la
dentelle. Madrid l’a vu ainsi et le « poussera », chaque
fois que le garçon « met la jambe », et la laisse… Les
novillos du Ventorrillo, cependant, inquiètent un peu. (Il est cependant
sorti un bon lot, en festival, il y a peu)
Le 4 Mai, on suivra la novillada du Puerto San Lorenzo, qu’affronteront
Martin Quintana, connu ici; Luis Rubias, et surtout Matias Tejela, qui a
fait, en mars, une bonne présentation, et dont tous ont souvenir de la
bonne faena, face à un super Fuente Ymbro, aux Fallas de Valencia…
Madrid, "Feria de la Comunidad"... pour l'Aficion, "en
bonne communauté"! |
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1er
MAI : « ON TRAVAILLE !»
Avouez qu’on est autrement que les autres… Alors que tous célébrons
la fête du travail… « en ne f… rien », les toreros, eux,
s’enfilent leur bleu "de lumières", se serrent les machos, et
s’en vont pointer, à Palavas ou Aire sur Adour. Valientes!
A
Palavas, ce sera « le retour du chevelu ». Que l’on ne
s’y trompe pas, tout cela est dit avec un immense respect. Ne pas
oublier quand même, que l’on surnommait Manuel Benitez, « El
Melenas » ! Donc, pas d’injure.
La sourire est aussi grand que la plaza, la
tignasse est plus clairsemée, et surtout, blanche comme farine, et l’on
ne peut éviter quelque tristesse en feuilletant le dernier recueil de
Lucien Clergue, qui reprend les photos des années 60/65, années Cordobes,
et y ajoute des clichés du « Melenas 2000 »… Et là, le
grand écart est douloureux (pour nous, mais pas pour lui, apparemment !)
« El Cordobes », le vrai, l’unique,
revient donc, cet après midi, dans « sa » plaza de Palavas.
Il y défilera, flanqué de Denis Loré et Sebastian Castella. Avant hier,
hier et… demain ! Les toros seront des frères Tornay.
En
Plaza d’Aire sur Adour, corrida de Palha… Le ganadero, empresa de
la plaza, aura à cœur, on l’espère, de rectifier « quelques
points obscurs », (pour ne pas dire « quelques pointes ! »)
dans ses programmes passés. Que haya suerte !
Au cartel : El Fundi, "guerrier de
toujours" qui doit déjà penser à « la tia » de Pablo
Romero, Partido de Resina, qui l’attend à Madrid, pour l’ouverture de
la Saint Isidore. (Allez donc faire un tour du côté de www.las-ventas.com
!) ; Juan Jose Padilla, torero de facultés physiques (même s’il
s’est coupé les pattes !) et Luis Miguel Encabo. Il devrait y
avoir de grosses explications, aux banderilles. Côté muleta… c’est
une autre histoire !
Voilà donc, à peu près, comment se présente la journée…
On reviendra sur l’analyse des cartels de Dax, tout à fait intéressants.
On reviendra également sur la feria d’Aguascalientes,
où Morante a coupé une oreille forte, mais surtout, a mis « un
recibir », ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps.
Juli est en tournée au Mexique, toréant avec le
Zotoluco, qui rencontre de grosses difficultés à entrer dans les
cartels, y compris de Pamplona… Dommage, et injuste ! Pour le
moment, seule la France reconnaît ses mérites. |
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« ON »
S’EN FELICITE…
2
Mai : Avouez que la langue française a, parfois, de drôles de
circonvolutions oratoires… Par exemple, le « Je m’en félicite ! »
Celle-là, elle vaut le détour.
Juché sur une tribune, devant des centaines de
personnes attentives, des caméras épiant ses moindres gestes, un homme
politique commente les erreurs de ses adversaires d’un jour, mais
copains de toujours, et passe rapidement sur leurs réussites, (justement
celles qu’il n’a pas eu le courage ou l’envie d’entreprendre), en
se faisant le quite d’un convaincu « …et je m’en félicite ! ».
En général, c’est suivi d’un « mais… » qui en dit long
sur le suivant « il y a mieux à faire ! » Ben, tiens !
Donc, suivant à la lettre cette « gymnastique
politico oratoire », on dira « qu’on se félicite »
que tout ce soit bien passé, hier, dans les rues de France, « mais… »,
que c’est dimanche prochain que cela se joue. Ni avant, ni après…
Quoique !
Après… on n’a pas fini d’entendre des
« Je m’en félicite ! », mais au moins, en principe,
« la gauche » sera repartie à gauche ; « la droite »,
à droite ; et les bambins… à la maternelle ! Ainsi donc,
tout se remettra en place… en bonne cohabitation ! Et certains, déjà…
s’en félicitent !
Hier, dans les plazas du monde, « on se félicitera… » de la
chance qu’a eue Jarocho, en plaza de Madid. Le novillo l’a pris de très
vilaine façon, et c’est miracle que le cornada soit, somme toute, légère.
En France, devra t’on se féliciter des « anecdotes » de
Palavas et Aire sur Adour ? A Palavas, on se doutait bien que les
Tornay Brothers n’allaient pas envoyer des monstres, mais quand même…
A Aire sur Adour, décidément spécialiste en embrouilles, la corrida à
été suspendue et renvoyée au 14 Juin, pour cause… de ruedo
impraticable. Il faut dire qu’il y avait bien peu de monde à la porte.
Ceux qui ne sont pas venus ont eu raison… et on s’en félicite !
En Espagne, la lésion de Pepin Jimenez
provoquera peut-être la première substitution de la San Isidro (déchirure
des tendons à deux doigts de la main gauche, en plaza d’Almoguera
(Guadalajara).
Quant au Juli, il est en pleine bourre, au soleil
de Mexico : Quatre oreilles et un rabo, lundi, à Tepatitlan (Vous ne
savez pas où c’est?… Je ne vous félicite pas ! En fait, juste
à côté d’Azcapotzalco), et hier, 1er Mai, le madrilène à
rempli Aguascalientes, sortant a hombros après avoir mis le feu à la
plaza.
1er
Mai – MADRID (Las Ventas) – Première novillada de la Feria de la
Comunidad – Casi lleno – Un vent épouvantable.
La novillada de Garcigrande aurait peut-être
mieux servi, si les toreros avaient pu l’amener « au large ».
Hélas, le vent les en empêcha, faisant payer très cher à Jarocho,
l’audace de le défier. Novillada bien présentée, mais inégale (447,
503, 469, 501, 470, 468 kgs), en général mansa, sans grande
complication, sauf celle de « rajarse », de réduire et
soudain arrêter le combat. Le meilleur du lot, de loin, fut le second,
que le torero ne put exploiter complètement.
Jarocho (Silence – Cornada) montra une décision
de tout moment. Cette décision le conduisit à tutoyer l’impossible,
sans tenir compte des conditions climatiques. Et il arriva… ce qui
devait arriver. Déjà au premier, après deux largas à genoux, le
novillero était parti au centre, désireux d’entamer se faena « main
gauche », d’entrée. Le vent et le toro se mirent vite d’accord,
poussant le torero à rejoindre les abris, lui pardonnant une première
audace. Hélas, cela se passa moins bien au quatrième : Jarocho
cite de loin, main gauche. Le toro s’arrache, le vent fait
flamboyer la muleta, découvrant le torero. La voltige est
impressionnante, la cornada… « en l’air ». Le torero est
repris au sol, jambe gauche… On craint « le gros tabac ». De
fait, Jarocho souffre d’une cornada de 18 centimètres, face interne
cuisse gauche, qui a fait des dégâts musculaires et contusionné l’artère
fémorale. Spectaculaire, mais pas trop grave. « On s’en félicite ! »
Leandro Marcos (Ovation – Silence) débuta
formidablement sa faena au deuxième, meilleur du lot. Esthétique de haut
vol dans les premiers muletazos. Grande première série à droite, le
torero voulant prendre du champ. La série suivante sera plus chahutée et
l’enchantement, rompu. Faena « de mas a menos », avec encore
quelques éclairs d’une classe indéniable. Estocade douteuse,
atravesadilla, et une ovation, quand tous avions rêvé mieux. Il estoqua
en silence le toro qui avait pris le Jarocho. Même sanction populaire à
la mort de son second, qui, comme le torero, s’éteint rapidement.
Andres Palacios (Silence – Silence) toucha le
moins bon, faible et triste. Le torero est très jeune, un peu vert.
Cependant, faute de réel sentiment et de grande envolées esthétiques,
il manifesta un évident désir de « bien » faire les choses,
sans perdre les pédales. Il y aura d’autres opportunités, moins
venteuses.
Ce 2 Mai (Dos de Mayo) on
espère que Madrid ne résonnera d’autres explosions que celles des
applaudissements du public aux exploits de Luis Francisco Espla et Luis
Miguel Encabo, en mano a mano « goyesque », face à des toros
de Nuñez et Alcurrucen.
1er Mai -
PALAVAS – Plus de media plaza –Temps frisquet : (de notre
correspondante) Faut il appeler cela « corrida de toros » ?
Hélas, oui. Le lot des frères Tornay était « à la hauteur »
des circonstances. De plus, beaucoup, beaucoup de faiblesse.
Manuel Benitez « El Cordobes » a
souri plus qu’il n’a toréé. C’est ce que tous attendaient. Mais
bon… il faut le faire ! Oreille au quatrième – Denis Loré
s’est régalé, dans les trois tiers. En plénitude, (et on s’en félicite !)
Loré a coupé quatre oreilles, confirmant sitio et grand style
estoqueador, même si « se le fue la mano » à son premier –
Sebastian Castella ne put que constater les dégâts, face à son premier,
totalement invalide. L’oreille coupée au sixième ne marquera guère
son curriculum.
Ravi de sa journée, le Cordobes eut le geste de
faire don de son costume de lumières (tabac et or), à la Ville de
Palavas, qui l’a si bien accueilli. Sacré Manolo !
1er Mai – AGUASCALIENTES
(Mexique) – Feria de San Marcos – casi lleno : Corrida inégale
de Real de Saltillo. Les 4 et 6èmes furent les bons ; le 3ème…
le garbanzo.
Jose Maria Luevano fut bien, toute la journée,
perdant un trophée en pinchant le premier, mais coupant les deux du
quatrième, toréant « largo », avec temple et personnalité.
Fernando Ochoa toucha le mauvais lot et pincha
beaucoup. Applaudissements à l’un, et deux avis, au cinquième.
El Juli reçut une bronca pour ne pas trop
s’efforcer devant « la carne » troisième. Il picota
beaucoup du bout de l’épée, et les mexicains n’apprécièrent
que moyennement. Par contre, Julian Lopez sortit « toute
l’artillerie » face au dernier : capote, banderilles et
grosse faena à la muleta. Pinchazo et estoconazo qui n’a d’égal que
le but de Raul, pour le Real Madrid. Un cañonazo ! Deux oreilles et
sortie en apothéose. Este tio ! |
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LE
« BANDIT D’HONNEUR »...
3
Mai : Super photo de David Colado, dans le mundotoro.com de ce jour,
illustrant la corrida goyesca de Madrid : Debout sur l’estribo
« à l’intérieur » du callejon, Luis Francisco Espla salue
l’ovation du public, tandis qu’à deux mètres, Luis Miguel Encabo
sourit.
C’est un peu l’illustration de cette corrida
du « Dos de Mayo », en plaza de Las Ventas, et de
l’affection sans bornes que voue le public madrilène au diestro
d’Alicante.
Soyons honnêtes ! Tout autre torero ayant
osé cette attitude bien peu académique, sinon torera, se serait fait
taxer d’insolent, et l’ovation d’un coup se serait transformée en
« forte division ».
Cependant, Luis Francisco Espla, « chouchou
de Madrid » y fait ce qu’il veut : ne pas fixer les pieds une
seule fois, au capote, faisant passer ses toros pour « impossibles » ;
transformer en cours de « science des terrains » de pâles
trasteos où de rares passes bien tirées parsèment un fatras de demi
trapazos ; des estocades « au pas de banderilles »…
Bref, tout ce qui, chez un autre, serait sifflé, Espla en use et abuse,
et cela passe… sans vaseline aucune.
Pendant ce temps, l’autre torero s’échine à
« planter les pieds », toréer « ferme et limpio »…
Il peut toujours s’accrocher… en deux courses et trois clins d’yeux,
Espla a résolu le problème, changé les sifflets en murmures flatteurs.
Ajoutez à cela le costume « sui generis »
et les bas blancs… Ajoutez à cela, deux ou trois courses « vistosas »
aux banderilles , avec des recortes divers qui, justement, coupent l’élan
trop vif du toro… et vous avez une digne actuacion du grand maître de
la prestidigitation taurine, au demeurant fort sympathique. Une sorte de
« bandit d’honneur », de « Cartouche des ruedos »,
de « Mandrin des trois tercios » ; de « Fradiavolo
de la lidia »…
Maintenant… Chapeau ! Luis Francisco
Espla, depuis toujours, sait qu’il manque de « qualité torera »
(son frère en avait cent fois plus). Il sait qu’il n’est pas muletero,
et qu’il a du mal à « fixer les pieds ». Il sait qu’il
n’est pas « grand tueur »… Alors, et depuis longtemps, il
a tout suppléé par une grande intelligence, un énorme sens du
spectacle, une grande psychologie du public, et la technique qu’il faut
pour lidier efficacement, le mastodonte comme l’utrero. Pour cela, on
puise dans les pages de « la Lidia » d’avant hier, et on
innove, s’il le faut. Et ça marche…
Luis Francisco Espla, philosophe, artiste, torero
et … superlisto ! (On n’a pas dit « supermenteur »,
cuidado !). Madrid le sait, et l’a adopté, totalement. Pendant ce
temps, les copains s’accrochent, et sourient en coin…
Hier, feu Joaquin Vidal, qui n’est pas pour
rien dans ce grand amour bien touchant, se serait régalé. Espla est
venu, a dansé quelque menuet, a salué une petite ovation, de l’intérieur
du callejon et s’en est reparti, tranquille, sous « leurs »
applaudissements. Asi
las cosas !
Aux côtés du « Maaaaîîîître »,
il convient de souligner le sérieux, le courage, la fermeté de Luis
Miguel Encabo, hier à Madrid. Tuant mal, il a perdu une oreille et
quelques plus fortes ovations. Mais, qu’on le veuille ou non,
Encabo a mis un repaso à l’Alicantin,… et dans les trois tiers :
Capote, banderilles, muleta. Cependant, le madrilène manque de cette
malice, de cette connexion avec le public, qui sont l’apanage des privilégiés.
Il lui manque aussi… un physique. Cela compte ! Pas vrai, mesdames,
(et certains messieurs) ? Cependant, c’est ainsi qu’on le préfère…
Encabo, sans triompher, a confirmé, hier, en plaza de Madrid, qu’il est
torero à prendre en compte, dans nombre de ferias.
A noter, pendant toute la corrida, les
insupportables commentaires des « costaleros » de Tele Madrid,
pour qui tout était beau, ne voulant pas faire le distinguo entre un
grand quite par véroniques, sur place, et un autre, dansé par navarras,
sur trente mètres carrés… à un même toro. Ce n’est pas comme cela
« que l’on fait aficion »… et il est bien dommage que
Joaquin Bernado et Victorino Martin hijo, se prêtent à ce jeu…
2
Mai – MADRID (Las Ventas) – Corrida Goyesca – Deuxième de la
Comunidad – Llenazo – Temps changeant (de gris, froid, venteux… à
venteux, froid et gris.) : Mano a mano Espla Encabo, gêné par le
vent, mal servi par le ganado.
Trois toros de Carlos Nuñez, (sortis 2, 3, 4èmes) ;
Deux d’Alcurrucen (1, 5ème). Le sixième, du même fer,
aurait sûrement brillé, mais se blessa dans un malencontreux puyazo pris
au hasard d’un cafouillage de la lidia. Il fut remplacé par un Hermanos
Lozano, qui finit par « servir », à la muleta décidée d’Encabo.
Dénominateur commun : Encaste Nuñez. Présentation : Costauds,
hauts et longs, armés « durs ». A la bascule : 507, 502,
581, 545, 592, 562 (le sobrero) Kgs. Les Alcurrucen ont, de loin, donné
meilleur jeu que les Nuñez. En général, les toros ont mis du temps à
charger, se montrant « tardos », mais « explosifs »
quand ils décidaient d’y aller. Beaucoup de charges courtes, de regards
et retours peu agréables. Toros « probones », au péril
« sourd », difficiles « à lier ».
Luis Francisco Espla (Silence – Ovation
– Silence) avait chaussé les bas blancs et la super démagogie.
Beaucoup de danse à la cape, peu de réussite aux banderilles (il ne prit
pas les bâtons, au cinquième) et peu de réel engagement à la muleta.
Cependant, tout est bien enveloppé, aérien, facile et intelligent. Todo
un maestro. Tuant vite, sinon bien (seul le cinquième sera cafouillé,
avec rapière et descabello), Espla obtiendra le plus grande respect du
public madrilène, alors qu’il laisse passer le cinquième, bon toro à
gauche, et aurait pu tirer mieux du troisième. A côté de cela, des
navarras tourbillonnante, des rogerinas, des faroles … toute la
boutique. Un maestro !
Luis Miguel Encabo (Silence – Silence,
après avis – Applaudissements, après avis) a réglé trois toros en 7
pinchazos, trois estocades dont deux défectueuses, et 4 descabellos.
D’où le résultat final… qui ne traduit absolument pas le sérieux,
l’engagement, la fermeté de ce torero, hier, à Madrid. A chacun de ses
toros, Encabo a fait le maximum, dans les trois tiers. Il a été de tous
les quites, toréant précis, pausé, esthétique… par chicuelinas, véroniques,
delantales. Muy torero ! A noter une magnifique réception de cape au
sixième, avant qu’il ne se blesse : Véroniques en chargeant la
suerte, en « mettant les reins » ; deux demies et un
remate à une main, pour une grande photo. Aux banderilles, il partit sur
les deux côtés, vif et courageux, malgré de puissantes arrancadas
de ses adversaires. A la muleta, il tenta, chaque fois de faire les choses
« bien », les pieds ancrés au sol, aguantant de vilains
parones de ses toros, et des œillades peu amicales. Faenas difficiles,
aux deux premiers toros, l’un rajado, l’autre violent. De très bonnes
choses, « a mas », face au sobrero, le torero finissant même
par « gustarse » sur deux derechazos « abandonnés »
et un remate final par de bons doblones « génuflexés »…
Muy torero ! Hélas, l’épée fut sa croix, et la froide
statistique ne dira jamais combien son actuacion aura été sérieuse,
honnête et torera. Muy bien, por Encabo, qui retrouvera le « Maesto
Espla », le 8 Juin, face aux Victorinos.
Ce 3 Mai : Deuxième novillada de la Feria de la Comunidad :
Cartel important, avec la nouvelle sortie à Madrid de Javier Valverde et
la présentation de Salvador Vega, les deux promesses étant précédées
de Reyes Mendoza, à la veille de son alternative cordouane. Le ganado
sera du Ventorrillo. |
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AU GRE
DES VENTS MAUVAIS...
4
Mai : Tempête sur la France… Tempête sur Madrid-Las Ventas. Chez
nous, les derniers bruits de « la triste campagne » sonnent le
premier tiers des futures divisions, des futures outrances. On « sauve
la démocratie » comme on peut… Mais, tous ont « tellement
dit » que l’on restera cois ! Quoi? Pourquoi ici ne donnons
nous pas, "nous aussi", nos consignes de vote ? Tout
simplement parce qu’ici, on prend les gens « pour des grands »,
et on les respecte. On leur dit : Pensez et votez, selon votre
conscience, et non celle de ceux qui devraient l’avoir « plus
mauvaise »…
Tempête sur Madrid-LasVentas. Curieux, quand même !
Quand on lit les chroniques des décades précédentes, on n’a pas l’écho
permanent de ce vent mauvais qui balaie la plaza, lève les capes et les
muletas, bien plus haut que les jupes de filles, laisse les toreros à découvert,
à la merci du moindre piton qui passe… Lisez Cañabate, K-Hito;
parcourez les anciens « Ruedos » ou « Digame »…
Ils ne parlent que très peu de « vendaval », de « viento
huracanado » qui faussent toutes les données, qui mettent les
toreros en danger constant… Aujourd'hui... c'est tout le temps!
Bizarre ! Les temps ont vraiment changé!
Hier, Eole s’en est donné à cœur joie,
et vraiment, il faut féliciter les toreros de s’être comportés
« en héros », sans ostentation aucune, face au double danger
du toro et des rafales traîtresses. On ne peut pas leur tirer notre
chapeau, il s’envolerait… mais le cœur y est. Enhorabuena, señores !
Trois toreros, trois conceptions du toreo, trois personnalités. Un
« vertical », stoïque, amnoletado ! Normal, « Es
de Cordoba ! ». Il s’appelle Reyes Mendoza. Un torero
« macho », puissant, tête claire et cœur en haut : le
Salmantino Javier Valverde, pour qui Madrid a un gros coup de cœur,
totalement justifié. Enfin, Salvador Vega, de Malaga, torero de riches
essences, styliste et vaillant à la fois, qui faisait son premier paseo
à Madrid. En face, un lot de Ventorrillo, tout droit sorti de la Domecq
family, partant dans tous les sens et finissant par se calmer un peu.
Tour à tour, les hommes se sont illustrés :
Reyes Mendoza, sans avoir l’air d’y toucher, s’est passé le
premier, « très près », puis s’est un peu effiloché.
Javier Valverde a écrit une nouvelle page de son histoire d’amour avec
Madrid, ponctuée de pundonor et d’honnêteté. Salvador Vega a présenté,
face au sixième, une « carte d’identité » qui s’est
transformée en « carte de crédit ». On le reverra ici, avec
grand intérêt, fin du mois, à la San Isidro.
Sans être formidable, la deuxième novillada de
la Feria de la Comunidad aura laissé de bons souvenirs, les hommes
combattant avec honneur, dans des conditions très difficiles.
3
Mai – MADRID (Las Ventas) – 2ème novillada de la Feria
de la Comunidad – ¾ de plaza – Temps ensoleillé mais froid – Vent
terrible, se calmant un peu, en fin de spectacle : Six novillos du
Ventorrillo, bien présentés, sans « surpoids » (458,
452, 463, 508, 460, 460 kgs). Les toros sont sortis distraits, sin fijeza,
durs à toréer au capote, prenant des piques « al relance »,
s’échappant à la morsure du fer, et repartant en rafales. Mansos au
premier tiers, le quatrième excepté, qui prit deux gros puyazos en
faisant tanguer l’équipage. A la muleta, les choses se clamèrent un
peu, et certaines charges furent très acceptables, en particulier chez
les premiers et dernier. Le quatrième raccourcit son voyage ; le
deuxième gigota beaucoup, mais en chargeant droit. Les plus incommodes :
Trois et cinquième. Débutée en mansada, la novillada se laissa toréer,
de façon irrégulière, encore accentuée par les conditions climatiques.
Reyes Mendoza (Ovation – Silence) se
montra calme et décidé, face au premier. Le cordouan surprit tout le
monde en clôturant ses véroniques de réception, par une larga à
genoux. Tiens ! (Attention : Gros mérite, car ici, le torero ne
« surprend plus » le toro, contrairement à la larga
d’ouverture). Lidia un peu désordonnée, marquée par un gros quite de
Valverde, par talaveranas de grand mérite, la cape étant secouée comme
linge au soleil du mistral. Autre surprise, la faena de Mendoza : séries
de muletazos, main gauche, liés, serrés, verticaux. Le toro charge et le
torero, en toute sérénité, tire de bonnes séquences, parsemées de détails
plus baroques. Voulant « placer » un deuxième changement dans
le dos, le cordouan se découvre, tandis que le toro a hésité. La cogida
est inéluctable, et se termine sans trop de bobo, heureusement :
coupure à la pommette gauche, et « les côtes en long ». Hélas,
le vaillant cordouan n’est pas grand tueur, et tout espoir de médaille
s’envole en un pinchazo bien vilain et une entière, bien basse. Face au
quatrième, Reyes Mendoza perdra peu à peu le nord, face à un toro qui
deviendra tardo, pour s’arrêter définitivement. Toro et torero
« a menos » !
Javier Valverde (Une oreille – Pétition
et grande ovation) a confirmé tout le bien que Madrid pensait de lui, au
cours d’une actuacion très valeureuse, marquée par une terrible cogida,
en estoquant son premier adversaire. On a d’abord cru à la grosse
cornada, à l’aine ou au côté droits. Puis, on a pensé « fracture »,
en le voyant boiter bas, et ne pouvoir terminer sa vuelta. Grosse inquiétude :
La San Isidro, et l’alternative sont toutes proches. De fait, un
terrible coup et une probable déchirure musculaire. Soigné à
l’infirmerie, la jambe fortement « strappée », Valverde
reviendra et sans affectation, affrontera le cinquième. Todo un valiente.
Avant l’accident,
Javier Valverde s’était montré torero, technicien et courageux,
dans une faena, au centre, décousue par le vent, mais ferme et sans
fards. Certes, il n’y eut pas de longues séries liées, coulées, templées,
mais des passes puissantes, le torero imposant le trajet, clôturant de
doubles pechos vibrants. Un redondo inversé signa la domination, et
quatre grosses manoletinas se terminèrent par un desplante risqué, la
muleta flamboyant dans le dos. Gros pinchazo, la lame se pliant, et grande
estocade, le torero étant très vilainement accroché. La faena, en
elle-même, n’était pas « d’oreille », mais l’émotion
qu’elle provoqua et le respect qu’a Madrid, pour ce torero «totalement
honnête », ont suscité une bonne pétition que le président a
justement écoutée. Le cinquième n’avait qu’une envie : serrer
au plus près les tables, et filer en terrains de chiqueros. Le public
ovationna fortement le brindis, et Valverde s’employa au maximum face à
un toro qui changea vite, tourna au court, regardant beaucoup, au fil des
passes. L’estocade, en entrant bien, résulta un peu de côté, et la
nouvelle pétition d’oreille fut, cette fois, refusée. Grande ovation
pour un Valverde dont le cartel s’est encore renforcé.
Salvador Vega (Avis et silence – Pétition
minoritaire et grande ovation) a fait sa présentation à Madrid, face au
toro « Barbero », un burraco de 463 kgs, portant le numéro
83. Peu de réussite lors de ce premier chapitre : le toro ne permet
guère, et le vent n’arrange rien. Vega aura quelque geste, avec cape et
muleta, mais le tout ne passera pas, d’autant que l’épée et le
descabello seront bien hésitants. Quand sort le sixième, le vent s’est
calmé, et Vega pourra, déjà, montrer quelques grands détails, par véroniques,
un genoux à terre, closes de deux demies « toreras ». Madrid
a dit « tiens ! » A la muleta, le toro arrive encasté,
et Vega ne pourra complètement le dominer. Cependant, sa faeana sera
pleine d’allure et de détails très artistes, débutée en doblones
poderosos, un genou à terre, se poursuivant en derechazos et naturelles
classiques, courant bien la main, chaque fois rematés de grands pases de
pechos, ou de firmas, pieds joints, les yeux dans le tendidos. Final par une grande série de doblones "d’adorno"
et, hélas, un pinchazo suivi d’une entière, violente, puissante, mais
delantera. Vega ne coupera pas d’oreille, mais on l’attendra, avec
respect, le 30 mai.
Ce soir, dernière novillada de la mini feria de la Comunidad :
Martin Quintana, Luis Rubias et Matias
Tejela, face à des Puerto San Lorenzo. |
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NOUVELLES
DE L’INFIRMERIE…
4
Mai : On se souvient de la douloureuse prestation du jeune rejoneador
Alvaro Montes, dimanche dernier, en plaza de Floirac. La lésion
qu’il traîne, depuis plus d’un an, risque d’être beaucoup plus
grave que prévu. On parle de plus d’un mois d’arrêt, et un
diagnostic plus précis, en milieu de semaine. Outre une grave tendinite
de l’épaule droite, viennent s’ajouter quelques graves suspicions
d’arthrose, ce qui serait beaucoup plus ennuyeux pour la suite de la
carrière de ce jeune cavalier qui, on l’a vu, l’an passé à Bayonne,
semble plein d’avenir.
Qu’ils soient « riches ou sans le sou », les toreros sont
tous les mêmes, incorrigibles : Ils veulent forcer la nature et le
temps. Les chairs encore lacérées, ils ne pensent qu’à une chose :
réapparaître. C’est aussi le cas d’Enrique Ponce, qui devra
reculer son retour au ruedo, pour avoir un peu brûlé les étapes. Cela
ne pourra se faire, à Jerez, le 9 mai, comme prévu, mais probablement le
11 , à Valladolid, ou même le 16, en plaza de Nîmes.
De meilleures nouvelles du côté de Pepin Jimenez, dont on pensait
qu’il serait le premier absent des cartels de la San Isidro : A
priori, les ligaments de deux doigts de la mains gauche ne sont pas
rompus. Il n’y aura donc pas d’opération, ni de longue
immobilisation. Du coup, Jimenez, tor ée aujourd’hui, à
Villanueva de Perales, près de Madrid. « Sont fous, ces romains ! » |
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OJEDA
INAUGURE…
4
Mai : On surveillera du coin de l’œil la « réapparition »,
après s’être « esbigné » de Séville, de Paco Ojeda,
aujourd’hui, à l’occasion de l’inauguration de la plaza de
Miguelturra, dans la proche banlieue de Ciudad Real. 4000 places, dans le
cadre d’une plaza « multifonctions » , à la mode
aujourd’hui : « Fuera sol ! Fuera moscas ! ».
Les compagnons seront Joselito et Finito de Cordoba, face à du ganado du
Capea.
Où
en est Paco Ojeda ? La semaine qui vient est, pour lui, capitale : Jerez et Nîmes. On ne rigole plus. Ou il confirme, chez lui,
qu’il est vraiment revenu en toute possession de ses moyens et de
« son » toreo, car le public ne voudra voir autre chose, et
surtout pas une version « descafeinada » de l’ojedismo. Ou
il continue à « flotter », à rompre, à « essayer
de… », et la sanction sera très dure. Ce qui serait désolant.
Ojeda doit frapper un grand coup à Jerez, et confirmer à Nîmes, pour
l’alternative de Jimenez. Sinon… |
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« SIN
TRAMPA, NI CARTON… »
5
Mai : Quand un torero, quelque soit le résultat de la faena,
« se met vraiment devant », et se joue la vie, en toute
sérénité, on dit qu’il a toréé, « sin trampa, ni
carton »… sans artifice aucun, et mérite le respect de tous…
Aujourd’hui, la France vit un de ces jours importants. En toute
sérénité, elle doit faire son devoir, et loin des vociférations qui,
de tous côtés, ont parfois pollué les dernières semaines,
c’est en toute conscience, « sin trampa, ni carton »
que chacun doit faire son devoir, et apporter, modestement mais
fièrement, sa pierre à l’édifice commun. « Asi que… atarse
los machos, y a votar ! ». Demain, les « si j’avais
su ! » compteront encore moins que la dernière fois.
Après… on verra bien ! A nouveau, on
peindra des banderoles. A nouveau, on manifestera. A nouveau, les noms
d’oiseaux bizarres voleront… On changera de nom, tout
simplement ! Autrement dit… on n’est pas sortis de
l’auberge ! Asi,
las cosas !
"Sin trampa ni carton!" c’est un peu le bilan de l’actuacion,
hier, de Matias Tejela, en plaza de Madrid, lors de la dernière novillada
de la Feria de la Comunidad. Cela faisait un moment qu’on le
surveillait : au début, on parlait d’un petit novillero qui
toréait « précieux », mais sans grand fond. Cependant, son
début de saison 2002 atteste d’une grande qualité dans son toreo, mais
également d’une bonne dose de courage. Après avoir bien tenu face au
tourbillon de caste du Fuente Ymbro des Fallas de Valencia ; après
avoir suscité le respect, lors de sa présentation à Madrid, en mars,
Matias Tejela a obtenu un juste triomphe, hier, devant une plaza presque
pleine, et sous les yeux des caméras. Triomphe d’un toreo de classe,
mais aussi, triomphe de la claivoyance et du courage… Sin trampa, ni
carton !
Pour le reste, la journée taurine aura été « de mucha trampa, y
de mucho carton ! »
A Miguelturra, on a inauguré la plaza et coupé
un sac d’oreilles à une corrida du Capea qui ne gagne rien de glorieux
dans ce triste épisode : Des toros gordinflones, qui se traînent au
sol, lamentablement, peut être à la recherche de leurs cornes perdues…
A Guillena, près de Séville, une alternative
« de clocher », où le récipiendaire patine beaucoup, mais
coupe tout ce qu’il trouve, et le parrain fête ses 66 bougies en
faisant le grand écart, sur le sable…
Soyons clairs ! On admire le Cordobes des
années 65. On peut encore « passer » sur des desplantes en
faisant un gros bisou sur le mufle du « pseudo cornu », mais
pour ce qui est du grand écart, en costume de lumières, pour montrer que
l’on est encore agile… ça ne passe pas. « L’écart »
est trop grand…
Hier, 4 mai, ce fut, partout, la grande
braderie… Bien ! Il en faut, des jours comme cela ! Mais ils
n’apportent vraiment rien à la Fiesta.
Mais, n’allons pas trop bouder
« leur » plaisir… Demain nous attendent trente jours
consécutifs, dont vingt cinq d’ennui ou de râlerie… Madrid débute,
cette semaine, qui nous amènera, tout doucement… au Mundial de
foot ! Autrement dit, nos chères et tendres moitiés n’ont pas
fini de ronchonner! Va falloir « doubler la tendresse »,
messieurs !
En France, Nîmes « chauffe ses
moteurs » ; Dax annonce de grandes choses, sur le papier ;
Béziers vient de présenter, hier, une feria bien conventionnelle, et
Mont de Marsan sortira ses affiches, le 17.
Mais, tout cela… c’est pour demain.
L’important, c’est aujourd’hui !
Alors…à vous, « sin trampa ni carton ! »
4
Mai – MADRID (Las Ventas) – Dernière novillada de la Feria de la
Comunidad – Presque plein – Soleil et froidure : On attendait la
novillada du Puerto San Lorenzo. Ce fut une grosse déception, tant sur la
présence que du côté comportement. Gros, san trapio, mais surtout
mansos, faibles et fades. Soseria totale et le sourd danger que cela
implique. En deuxième sortit un Navalrosal, très encasté, qui aurait pu
faire briller un autre torero. Côté boucherie, les novillos pesèrent,
« en vif » : 522, 445 (le sobrero), 459, 518, 530, 518
Kgs. Beaucoup de viande, mais peu de nerf !
Martin Quintana (Silence, par deux fois)
ne manifesta pas de grande personnalité, toréa propre, mais « en
ligne », sans se croiser, sans « avancer » la muleta. Le
public s’ennuya. A son actif, une bonne épée, au quatrième. Le train
est passé…
Luis Rubias (Silence aux deux) a
manifesté un grand désir de plaire. Cependant, c’est du côté
« qualité » que cela flanche un peu. L’encasté deuxième
le mit en difficulté, et le cinquième ne se coucha qu’au sixième
descabello.
Matias Tejela (Ovation – Une oreille)
s’est battu toute la tarde, alliant classe et grande décision. En un
mot : Toreria ! On l’avait déjà vu dans un grand quite, au
deuxième. Début de faena fort élégant, devant son burraco premier, qui
accrocha vilainement le banderillero Paco Villaverde (possible fracture
des deux poignets) : doblones par le bas, en gagnant du terrain.
Très bonne première série de droitières et grand pecho. Toreo de
classe, mais à mi hauteur, à cause de la faiblesse du novillo. A gauche,
peu de charge, et donc, quelque naturelle, isolée. Grande ovation. Le
sixième s’appelle « Playero ». Un nom que retiendra Matias
Tejela, pour le pas important que ce toro lui aura permis de donner.
Grosse vibration, d’entrée :
Réception par véroniques à genoux, suivies de nouveaux lances,
debout, en marchant vers le centre où il remate d’une larga cambiada,
les deux genoux en terre. Vaya !
Sans laisser le temps de respirer, mise en suerte, par chicuelinas
marchées et quite par gaoneras. Faena débutée, à genoux par un cambio
et trois hautes, le torero démontrant « ganas y poder ».
Séries courtes, droitières, intenses mais très élégantes, variant les
remates. Aguante quand le toro s’arrêta. Final par bernardinas (les
manoletinas à l’envers de Joaquin Bernado) et bonne estocade, après un
pinchazo. L’oreille fut accordée, justement. Un torero était passé à
Madrid « sin trampa, ni carton ! »
Fin de la « Feria de la Comunidad », et la confirmation de ce
que l’on pouvait penser :
Javier Valverde, Salvador Vega et Matias Tejela
sortent valorisés, (ou revalorisé, pour le salmantino) de ce cycle
madrilène. De son côté, Luis Miguel Encabo a démontré sérieux et
toreria, mais également de grosses carences avec l’épée.
Côté ganado : A suivre, Alcurrucen, qui
semble revenir, un peu...
Pour le reste : « Autant en emporte le
vent… de Las Ventas ! » |
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AUTRES
PLAZAS : « BENITEZ, LE DESOSSE ! »
5
Mai : Manuel Benitez aurait il confondu le ruedo avec la scène du
Moulin Rouge ? C’est
ce que l’on peut se demander en voyant le Cordobes, qui fêtait hier ses
66 ans, jouer le « Valentin le désossé », en faisant le
grand écart, vêtu de lumières. Un indiscutable exploit gymnique, à cet
âge… mais qui n’a qu’un rapport très lointain avec l’Art de
Cuchares. Enfin !
4 Mai – Guillena (Sevilla) - Trois quarts d’une plaza de 1950
places : Corrida de Joaquin Barral, dont il ne vaut mieux pas parler.
On donna la vuelta au sixième.
Le torero local, Jose Luis Osuna, prenait
l’alternative. Né le 19 mai 1971, il débiuta en 98 et fit sa
présentation à Madrid, le 14 Juillet 2000. De cette journée historique,
pour lui, on retiendra une certaine facilité à la cape et l’extrême
générosité de ses concitoyens, le président n’étant pas le moins
« large »… Deux oreilles au toros de l’alternative, qui
portait le nom de « Tontito », et, pourquoi pas, tous les
trophées du sixième...
Manuel Benitez Perez « El Cordobes »
fêtait ses 66 ans. Happy birthday, Manué !!!! Fit beaucoup de bruit, mais
toréa peu, trop occupé qu’il était à distribuer des bisous à tout
le monde, toro inclus. Grande fête donc, pour le Cordobes, qui coupa une
oreille de chaque adversaire.
La partie « sérieuse » de la course
revint à Alejandro Amaya, le mexicain, qui n’eut pas de mal à
surclasser tout le monde, coupant trois oreilles, mais recevant un
méchant varetazo dans la cuisse, lors de sa quatrième entrée a matar,
au cinquième Barral.
4 Mai – Miguelturra (Ciudad Real) – Inauguration de la Plaza –
¾ d’arène : Corrida lourde, parce que « trop
gonflée », et très faible de la Capea Family. On peut se poser des
questions sur les cornes…
Paco Ojeda coupe deux oreilles au premier. Bien
à la cape, et avec des hauts compensant « de gros bas », à
la muleta. Ovation au quatrième – Les trois oreilles que coupa Joselito
ne doivent tromper personne : Il promena un ennui élégant, et tua
vite, sinon bien – Finito fit ce qu’il pouvait pour tenir debout ses
deux adversaires : Oreille et oreille. Bueno !
4 Mai : Victor Puerto triomphe devant des Alcurrucen, à Trujillo
– Pepin Jimenez, El Bote et Uceda Leal, coupent neuf oreilles et deux
rabos à une bonne corrida de Salustiano Galache, en placita de Villanueva
de Perales. On donna vuelta d’honneur au 1 et 3ème toro –
A Torrecampo, près de Cordoue, Sebastian Castella coupe trois oreilles à
un mauvais lot de Salvador Velasco, et dans de mauvaises conditions (plaza
portatil – sol détestable) .
Ce Dimanche 5 Mai, il y aura foule de spectacles de moindre importance.
C’est du côté de Séville que tous les regards convergeront, pour
« le » cartel de la journée : Six novillos de Manolo
Gonzalez et Sanchez Dalp, pour : Leandro Marcos (qui se présente à
Séville), Cesar Jimenez, (qui prend l’alternative, dans quatre jours)
et Manuel Escribano, triomphateur sans trophées de la novillada
d’Avril. |
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ARMILLITA
A DIT « ADIOS ! »
5
Mai : Grosse émotion,
vendredi, en plaza d’Aguascalientes : Devant une arène remplie
jusqu’au toit, Fermin Espinosa « Armillita » a fait ses
adieux, confiant à son jeune fils le soin de lui couper la coleta. Né le
24 Juin 1956, Fermin aura laissé l’image d’un torero inégal, qui
débuta comme un prodige, mais ne tint jamais la distance. Bien en
province, et en particulier ici, à Aguascalientes, il ne put jamais
confirmer ses exploits, à Mexico Capital. De ce fait, « il
dura », mais…
Sa corrida des adieux se termina en apothéose,
et sa carrière est à ranger, désormais, dans quelque vieux coffre des
souvenirs. A ses côtés, pour cette dernière, un Zotoluco déchaîné et
un Juli, bondissant.
3
Mai – AGUASCALIENTES (Mexique) – No hay billetes : Bonne
corrida de Los Encinos, bien présentée, noble, pour ce qui est des trois
derniers. Le deuxième fut un monstre, plein de hargne et de bravoure.
Fermin Espinosa « Armillita » fut
gêné par le vent, à son premier. Par contre, on le vit très torero,
face au toro « Salmantino »- 530 kgs, dernier de ses 27 ans
d’alternative. Oreille et grosse émotion, tandis que la musique sonnait
les traditionnelles « Golondrinas »
Zotoluco s’est battu comme un chien devant le
fameux deuxième, du nom d « Urraco ». A genoux, debout,
en pleine bagarre, Zotoluco coupe deux oreilles. Plus calme, plus sereine,
la faena au cinquième : Deux oreilles et la queue. Après les Miuras
de Séville, tout peut paraître simple, au Zotoluco.
Juli ne put rien faire avec le troisième,
mais sortit la hargne, devant le dernier. Tout y passa : cape,
banderilles, muleta, épée. Deux oreilles. Il suffit de demander…
Les trois diestros sortirent « a hombros »,
sous d’immenses ovations.
4 Mai – PACHUCA (Mexique) : Presque plein : Huit toros de
Xalpa (de souche espagnole Parladé), qui sont sortis… mauvais.
Un incident : Le Juli décida d’offrir le
sobrero. Auparavant, Jose Maria Luevano avait également signalé cette
intention. Il y eut un « gros malentendu », au sujet d’un
toro du nom de « Debutante » - N°20, que le Juli obtint, au
grand dam du mexicain, qui prit la mouche, et renonça à toréer.
(M’étonnerait qu’ils passent les vacances ensemble, ces deux
là !)
Jose Maria Luevano donna une vuelta au premier,
puis entendit bronca, au cinquième – Antonio Urrutia fit un tour
d’honneur, au sixième – Morante de la Puebla, (qui a été énorme,
la veille, dans un festival, à Leon) a essayé un peu, puis laissé
flotter les rubans, écoutant « deux divisions des opinions »
(« Unos se metian con mi padre, los otros con mi madre ! »
Qui a dit cela ?) – Le Juli coupa l’oreille du quatrième, pincha
le huitième, et décrocha les deux oreilles du sobrero offert. Et
voilà… il suffit de demander. |
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BEZIERS 2002…
5
Mai : Robert Margé a présenté, hier, la « Feria de Béziers
2002 » : quatre corridas, une novillada piquée, une corrida
portugaise et une non piquée, du 15 au 18 Août. Feria un peu trop
classique, sans grandes surprises au goût de certains.
Les combinaisons en sont les suivantes :
15 Août : Toros de Peralta, pour Juan Jose
Padilla, Vicente Barrera, Victor Puerto
16 Août : Toros de Parladé, pour Manolo
Caballero, El Juli, Juan Bautista
16 au soir : Corrida portugaise, avec Joao
Salgeiro, Patricia Pellen et Rafi Durand
17 Août, au matin : Novillada sin picar
17 Août : Toros de Torrestrella, pour
Enrique Ponce, Antonio Ferrera, Sebastien Castella
18 Août, au matin : Novillada de Jalabert,
pour Julien Miletto, Manuel Escribano, Antonio Caro
18 août : Toros de Miura, pour Zotoluco,
Fernandez Meca, Denis Loré. |
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ET
MAINTENANT ?
6
Mai : Enfin, la fièvre est retombée ! Enfin, les outrances se
sont éteintes… pour le moment. Après les embrassades, la bagarre va
commencer. Oubliés les vulgarités et les ordures, les mots « fuck ! »,
« crève ! » et autres « gracieusetés »…
Maintenant, c’est sur les tapis verts des partis politiques que
l’avenir d’un pays va se jouer… et on n’a pas fini!
La France n’avait pas besoin de cette
mascarade, pour dire "non" à ce qu’elle n’est pas, et ne
sera jamais.
« La République a gagné ! »
Ca, ce sont des mots… C’est demain que nous verrons si elle a vraiment
progressé. C’est demain que nous verrons si quelque chose a « vraiment »
changé dans ce pays… Les « ténors », hier, ne se tenaient
plus de joie, se gonflaient d’orgueil… peut-être oubliaient ils ce vers célèbre :
« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ! »
Y avait il vraiment péril ? Pas autant que
certains le disaient, et tous le savions. Cependant, ainsi que le déclarait
un éditorialiste : « C’est une grosse leçon de civisme ».
Oui… mais il y a encore du boulot !
Un autre péril arrive, dès aujourd’hui. Celui
de la division et de la démagogie… celui de la rancœur et du « n’importe
quoi pour planter les autres ! ». Enfin ! On verra bien.
Le gros soupir libéré hier soir, doit laisser aujourd’hui à un geste
triple : se remonter les manches, se serrer la main… et se remettre
au boulot !
Et maintenant ? A deux pas de San Isidro… à trois minutes de l’Ascension
de Nîmes, le destin complique les choses : Antonio Ferrera, qui doit
prendre six Baltasar Iban, comme un gladiateur dans le cirque romain, a reçu
hier un vilain choc au coude gauche. Pourra t’il toréer ? Si oui,
pourra t’il le faire en possession de tous ses moyens ? La décision
se prendra aujourd’hui, mais, pour le moment, le torero se trouve sur un
lit de douleur, le bras immobilisé.
Et Maintenant ? Hier, Cesar Jimenez a coupé
une oreille, à Séville, à une petite novillada de Manolo Gonzalez. Ce
n’est ni l’énorme triomphe que chantent certains, ni le succès
facile dû à l’émotion, que décrivent d’autres. Cesar Jimenez, élégamment
froid devant son premier, a démontré un formidable courage, une caste
indéniable, en se relevant d’une terrible cogida, à la première passe
de muleta au manso cinquième. Sans se regarder, le jeune a toréé
sobrement, vraiment, et bien tué. L’oreille est là, juste et « de
poids ». Cela dit, Séville découvrait Jimenez, et le jeune torero
l’a agréablement surprise, comme il l’a fait, dans chaque plaza, la
première fois. Qu’en sera t’il, au cinquième paseo ?
Et maintenant ? La corrida d’hier, à
Madrid, a été la « répétition générale » de la San
Isidro, qui commence samedi : deux heures cinquante de corrida ;
dix toros dans le ruedo… pour ne pratiquement rien voir ! Non,
vraiment… on n’est pas sorti de l’auberge !
5
Mai – MADRID (Las Ventas) – Moins d’un quart de plaza – Temps
horrible : Pluie, froid, vent !:
Une corrida détestable, dans des conditions détestables. Devant
la désolante faiblesse des toros des frères Astolfi, le tendido 7 a, lui
aussi, donné sa répétition générale, et fait changer trois toros. A
la fin, la corrida se résuma en cet interminable casting : Trois
toros d’Astolfi (1, 3, 4ème), deux de Criado Holgado (5 et 6ème)
et un de Julio de la Puerta, sorti deuxième. L’ensemble mélangea
faiblesse, mollesse, manque de race. En face, les toreros furent « en
dessous », excepté Jose Luis Triviño dont on pourra qualifier de
« très digne », la confirmation d’alternative.
Mariano Jimenez a entendu deux silences. A
priori, ne semble pas être revenu de sa grosse cornada de l’automne
dernier, en ce même ruedo. Bonne estocade au quatrième
Jose Antonio Iniesta (Silence et ovation)
s’est fait accrocher vilainement en estoquant son premier. De même, un
torero de grande qualité, mais qui n’arrive pas à « faire le pas »
qui manque. Celui qui, de bon torero, le mènerait à « grand torero ».
Jose Luis Triviño (Silence – Silence) a
confirmé spon alternative devant « Desconocido », N°8, 551
kgs, d’Astolfi. Son actuacion fut très digne, faisant les choses
correctement, en torero. Cependant, le bilan est bien terne :
Faiblesse intense du premier, et public trempé de trois heures d’ennui,
au dernier…peu de chance d’être applaudi. Cependant, un torero à
revoir.
5
Mai – ZARAGOZA – Quatrième du cycle de La Primavera – 1/3 de
plaza : Le public d’Aragon est vraiment décevant. Quels que soient
les efforts des organisateurs, il ne va à la plaza que pour le Pilar. Una
tristeza !
Hier est sortie une bonne corrida del
Ventorrillo. Tiens ! Un élément important, après la novillada
de Madrid. Très bien présentés et bons, les cinq toros de Medina ne
sont pas tombés, et ont donné grand jeu, insuffisamment exploité par
les toreros. En premier lieu sortit un
Gabriel Rojas, décevant. A la bascule : 511 (Rojas), 615, 578, 589,
565, 631 Kgs. Corrida très lourde, donc, mais qui « servit »,
en particulier le lot de Rafael de Julia. Ont été ovationnés : 2,3
et 5èmes.
El Molinero (Ovation et silence) a connu
la malchance la plus noire, au sorteo. Pas grand chose à faire devant le
triste premier, de Rojas. Le quatrième est le « garbanzo » du
lot de Ventorrillo. Molinero va lidier et se défendre, en torero mais
sans aucune option au succès.
Antonio Ferrera (Ovation et silence) avait,
semble t’il, « la tête ailleurs ». Spectaculaire, mais trop
vibrant, trop précipité, comme pressé de faire les bagages pour Nîmes.
Il frisa le vulgaire, face au deuxième, qu’il tua d’un bajonazo. Le
cinquième, dans un de ses sauts, inutiles et peu esthétiques qu’il
donne à la sortie des banderilles, le gagna de vitesse et lui donna un
terrible coup dans le coude gauche. Visiblement touché, Ferrera enleva sa
chaquetilla et toréa d’une seule main. Déception, certes, mais aussi
une grosse inquiétude, pour les jours qui viennent. Le torero est en
clinique, le bras immobilisé. La décision sera prise aujourd’hui.
Difficile de prendre six toros d’Iban… d’une main !
Rafael de Julia (Oreille et Vuelta) semble
avoir triomphé. Cependant, beaucoup s’accordent à dire qu’il fut en
dessous d’un grand lot. Le troisième, en particulier, était un toro
« de cortijo », de ceux qui vous permettent de signer d’un
coup, trente contrats… De Julia se contenta d’être ce qu’il est :
un torero classique, trop sobre, sans étincelle aucune. Et cela ne suffit
plus. Loin de lui rapporter, cette actuacion risque de lui faire mal.
5
Mai – SEVILLA – Novillada - Deux tiers d’entrée – Temps gris
menaçant pluie : Cartel de luxe et, à la fin, une impression mitigée :
Detallitos, na mas !
Face à une novillada de peu de présence et de
bon jeu de Manolo Gonzalez, deux toreros se sont présentés devant l’Aficion
sévillane. A la porte de l’alternative, Leandro Marcos et Cesar Jimenez
ont confirmé qu’ils étaient prêts pour l’Escalafon supérieur. De
son côté, confrontés à des toreros de classe, Escribano a confirmé
vaillance, mais aussi précipitation et vulgarité.
Novillada terciadita de Manolo Gonzalez
(444, 467, 403, 450, 447, 482 Kgs). Le troisième était imprésentable.
Novillada dont le comportement fut dominé par « la soseria ».
Noblesse fade et mansedumbre sans nerf. La plupart allèrent « a
menos », laissant aux toreros peu de possibilité de compléter de
bons débuts de faenas. Le sixième provoqua la débandade d’un cheval
qui alla, par deux fois, percuter la barrière.Le picador Jose Antonio
Sanchez y fut blessé au menton.
Leandro Marcos (Ovation et Vuelta) a causé
une bonne impresssion, grâce à un toreo esthétique, profond,
artistique. Son premier s’éteint rapidement. C’est au quatrième que
le castillan donna de grandes naturelles, le meilleur toreo de la journée.
Un revistero n’hésite pas à souligner « dix naturelles,
meilleures que toutes celles qui se sont données au cours de la Feria
d’Avril ». Hélas, il ne tua pas « à la première ».
Cesar Jimenez (Ovation – Oreille)
« se regarda beaucoup » devant son premier, qu’il reçut par
chicuelinas, au centre de l’albero. Faena débutée par six derechazos,
genoux en terre. Surprise et intérêt. Mais la faena va « a menos ».
Par contre, au cinquième, les Sévillans sont restés pantois devant la
caste du madrilène : Le toro est manso, et percute très violemment
Jimenez, à la première statuaire. On craint la grosse blessure. Le garçon
s’échappe des mains secourables qui l’emportent à l’infirmerie et
revient au combat. Oubliée « l’esthétique avant tout » !
Un peu dans le cirage, Jimenez va toréer « vraiment »,
gommant peu à peu les défauts de l’adversaire et tuant bien. Oreille
indéniable et porte ouverte à un raisonnable espoir.
Manolo Escribano (Silence – Ovation) a
touché le lot « chungo ». Quatre largas à genoux pour
recevoir le « moustique » troisième. Escribano poussa le
vibrato, mais en vain. Il reçut le sixième à portagayola, mais son
actuacion ne put décoller vraiment, à cause du toro, mais aussi parce
que l’andalou était « à dix pas » derrière la classe des
deux madrilènes. Et Séville garda le silence. |
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AVANT
« LA GRANDE BATAILLE »…
7
Mai : A peine est on sorti d’un « confrontation nationale »
qui fera date et qui ne sera pas « sans conséquences », que
l’on repart vers une nouvelle « grande bataille ». Non pas
celle des « Législatives » dont les grandes manœuvres ont déjà
commencé, sous forme de grandes embrassades sur la bouche, contresignées,
quand même, sur papyrus et parchemins… au cas où !
Ce n’est pas de cette bataille là qu’il
s’agit...
San Isidro débute, samedi. La plus grande
feria du monde se poursuivra, sans discontinuer, jusqu’au 8 Juin. Durant
29 jours, matadors, rejoneadores, novilleros et tous les professionnels
qui les entourent, vont vivre l’angoisse de l’inconnu ! Que va
pasar ? Après les désastres des premières ferias, Madrid sera le
grand coup de poker : Où la San Isidro « sauve » ce début
de saison… ou elle le condamne, définitivement. La plaza de Las Ventas
et son public ne font pas dans la dentelle. On le sait. Les conditions
climatiques, en général, ne sont pas là pour arranger les choses. Le
monde entier a les yeux braqués sur la Monumental, et la télévision,
cette année, va en rapporter chaque seconde.
Ganaderos et « certains » toreros ont
été lourdement accusés, au sortir de Séville. Les scandales de la
Maestranza, déjà fort bruyants, se seraient transformés en émeute, à
Madrid. Les toreros le savent ; les ganaderos, le savent ; et
l’empresa ne pourra tomber dans ce piège. De son côté, le public aura
« le fusil chargé »… et certains, en particulier Jose
Tomas, sont déjà dans le collimateur.
Feria « pesante », feria
passionnante, la San Isidro 2002 arrive, avec son cortège de longues
tardes insipides, devant une plaza pleine, quel que soit le cartel, tout
à coup éclairées de moments magiques. Alors, Madrid « la râleuse »,
Madrid la terrible, Madrid l’injuste, devient la plus grande, la plus
belle, la plus généreuse des Aficions, justifiant son statut de « Cathédrale
du Toreo »…
San
Isidro 2002 – Voir le programme dans la rubrique « Cartels » |
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LES
« GROSSES ESCARMOUCHES »…
7
Mai : Avant « le grand combat » de Madrid, auront lieu
deux gosses « escarmouches », que le mundillo suivra de très
près : Jerez de la Frontera et Nîmes.
Jerez débute aujourd’hui, avec une novillada de Guadalest, pour les
fils Galan et Manzanares. Après la traditionnelle corrida de Rejoneo,
demain, se donneront trois corridas qui permettront aux ténors de faire
leur déclaration d’intentions, avant Madrid. Juli et Morante reviennent
du Mexique : Le madrilène, triomphant ; l’andalou, sans
grands exploits dans la besace, mais en forme. Absent volontaire de Séville,
Morante n’a été touché par aucun scandale. On peut presque dire
qu’il commence sa temporada à Jerez. Les autres se sont préparés, en
douceur, faisant oublier les turpitudes sévillanes. Jerez sera une mise
au point, avant la grande bagarre. Pour le moment, Enrique Ponce est
toujours incertain. La blessure de Séville était, musculairement, plus sérieuse
que l’on croit, et le valenciano veut revenir « à 100% »,
ce qui est tout à son honneur.
Nîmes
sera également en point de mire : Deux événements, pour l’Ascension,
puis la Feria, qui suivra, de très près. Malgré son terrible coup de
fouet au bras, dimanche, à Zaragoza, Antonio Ferrera va faire le paseo,
demain, seul devant une corrida de Baltasar Iban, qui semble des plus sérieuses.
Est ce bien raisonnable ? Les toreros nous ont habitués à ces paris
« fous ». Comme des Don Quichotte modernes, ils partent au
combat, sans se soucier des bleus et des bosses, en quête d’une
nouvelle parcelle de gloire qu’un toro peut effacer, d’une simple
pichenette. Antonio Ferrera ne veut pas laisser passer l’opportunité.
Il ne veut pas, non plus, décevoir ceux qui ont accouru à son
rendez-vous. Espérons simplement qu’il n’aura pas à toréer six
toros… d’un seul bras. Ne pas oublier, non plus, que Ferrera a rendez
vous avec Madrid, les 17 et 29 mai. Certes un peu de temps pour soigner
d’éventuels bobos, mais quand même…
Puis, l’alternative de Cesar Jimenez. Un événement
qui n’aura pas d’immédiates conséquences. Cependant, ce jeune
diestro, pourri de talent, suscite l’intérêt et donc, la division des
opinions. Son réel succès de Séville compense la « mésaventure
madrilène », et l’aficionado attendra avec passion, ses premiers
pas de « Matador de Toros », faute de déjà le baptiser un
peu trop tôt « figura del Toreo ». Donnons le temps au
temps…
A ses côtés, Paco Ojeda, qui suivra la San
Isidro, de loin, mais qui devra jouer serré, dans « sa »
plaza de Nîmes. On ne lui pardonnera pas la demi teinte… Le Juli, quant
à lui, viendra, regardera, froncera le sourcil… et triomphera. Ce
« sacré gamin » n’est que caste et pundonor. Il ne laissera
pas passer un tel rendez vous.
Un « pont » passionnant, donc, à la veille de Madrid !
Que haya « beaucoup de chance », para todos !
Voir
les affiches de Jerez et Nîmes, dans la rubrique "Cartels" |
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ZOTOLUCO, TRIOMPHATEUR
D’AGUASCALIENTES.
7
Mai : N’a pas fait le voyage pour rien, le diestro d’Azcapotzalco !
Cinq oreilles et un rabo, en deux corridas ! Le Zotoluco vient d’être
désigné à 100% des suffrages (Aaaaah ! Mieux que…) triomphateur
de la feria de San Marcos, en plaza d’Aguascalientes.
Le moral un peu en berne, après un dur début de
saison européenne où les toros et les hommes ne lui font pas de cadeaux
(lisez : corridas dures et empresas méprisantes)
le N°1 mexicain est revenu sur ses terres, et a mis les choses au
point : « Aqui estoy yo ! » Un message, pour le
Mexique, et pour l’Espagne. Maintenant, reste à confirmer lors de son
unique paseo, en plaza de Madrid. Un gros pari.
Les trophées de la Feria d’Aguascalientes sont les suivants, après dix
corridas où l’on a coupé 29 oreilles :
Triomphateur de la Feria : Eulalio Lopez
« Zotoluco ».
Meilleure faena : Luis Fernando Sanchez, le
26 avril, à un toro de Venta del Refugio
Meilleur lot : « Los Encinos »,
le 3 mai, avec un résultat d’apothéose : 7 oreilles et un rabo.
Meilleur Toro : « Oropel » de De
Santiago (de Pepe Garfias), toréé par Ignacio Garibay, le 27 Avril. |
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ANTONIO
FERRERA : PILE ET FACE !
8 Mai : Que va t’il
se passer, aujourd’hui à Nîmes ? Si « les temps le permet »,
comme le chantent les anciens cartels, un matador va s’habiller de lumière
et s’avancer, seul, dans le grand ovale du cirque romain. La tête un
peu lourde de temps de responsabilité, il pensera peut-être à tous les
exploits qui ont parsemé cet étrange « ruedo », au long de
son histoire. De toutes ses forces, il voudra y ajouter le sien :
Antonio Ferrera, seul contre six Baltasar Iban, en plaza de Nîmes.
Un « unico espada » est un exercice
très particulier. Le public arrive, prédisposé au triomphe. Il
accueille et encourage le matador courageux, seul face à son défi.
Cependant, « dans sa tête », le public vient voir cet artiste
faire, devant six toros, ce qu’il a l’habitude de faire… devant
deux. Aussi, parfois, il comprend difficilement la sagesse avec laquelle
le diestro mesure son effort, gère son marathon. Parfois, le mot « demi
teinte » effleure les lèvres, puis surgit un bâillement…
Un « unico espada » est plus fait
pour un torero « de tête » que « de cœur », bien
que tous aient « un cœur, comme ça ! ». Six toros sont
six lidias, avec des suertes adaptées à ces stratégies. Six toros :
un répertoire ample et spectaculaire, afin que jamais ne retombe l’intérêt.
Six toros, ce sont des faenas tranchantes, brèves, percutantes. Six toros…
ce devrait être… six estocades.
«L’unico espada » parfait fut celui de
Paco Camino, à la Bienfaisance de 1970. Torero « de tête »,
Camino mit ce jour là, toute sa science et tout son cœur, face à six
toros de diverses ganaderias (dont Miura, Pablo Romero) et, pour dessert,
en régala un septième, coupant un sac entier d’oreilles.
A l’inverse, un « unico espada » de
cauchemar, fut celui de Paquirri, à la Bienfaisance de 80. Torero
« de muscles et de race », le diestro de Barbate se planta,
dans les grandes largeurs… tout comme il le fit, d’ailleurs, dans le même
exercice, à Dax, quelques semaines avant Pozoblanco.
Antonio Ferrera pourra t’il se donner, face à six toros, comme il en a
l’habitude, face à un lot, normal ? Peut on attendre de lui, cette
intensité, avec cape, banderilles, muleta… six fois de suite ? A
vous de répondre.
Les toros sont de don Baltasar ! O
sea…casta ! En principe! Il est probable que le combat sera
intense, violent. Ferrera devra garder tête froide, et « refroidir »
son cœur. Toute l’équation est là : Mesurer son toreo, pour
lidier parfaitement, au risque de décevoir ceux qui parlent « d’abordages
et de castagnettes ».
Deux autres éléments : Ferrera est il
assez fort « dans sa tête », pour prendre seul, six toros ?
L’autre question : Ferrera a t’il les facultés physiques,
aujourd’hui, pour lidier six toros, en étant « en Antonio ferrera » ?
Le coup de Zaragoza a forcément laissé des traces, et le moindre
achuchon, le moindre derrote qui arrache la muleta, provoquera forcément
quelque douloureux réflexe. Pourvu que cela n’arrive pas au premier
toro…
Antonio Ferrera a t’il eu raison de tenter ce
coup de dés ? On a beau
chercher… on ne peut qu’en douter. L’exploit, certes, sera de poids.
Mais c’est à la San Isidro qu’il faut « tout percuter »…
L’exploit de Nîmes (si cela marche) n’aura de véritable écho, que
si Antonio Ferrera triomphe à Madrid, les 17 et 29 Mai. Alors, on dira
« Et en plus… il a pris six Baltasar Iban, l’autre jour, à Nîmes ».
Sinon… il gardera l’admiration, parfois « desorbitada »,
des français… et guère plus.
La corrida « pile ou face » de Nîmes,
est elle une bonne préparation pour Madrid ? Hombre ! Oui,
s’il triomphe complètement et sans se faire mal. Si, au contraire, il
est « limite », on ne pourra parler d’une bonne préparation,
physique et mentale, pour Madrid, capitale dans tous les sens du terme.
Cela dit, « le geste » est là, et il
faut le saluer, chapeau bas. On souhaite à Ferrera, toute la chance et la
lucidité du monde. Pour ce qui est du cœur… pas de soucis.
Que haya suerte, torero ! |
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JEREZ :
PORTE OUVERTE SUR UNE DECEVANTE OUVERTURE
8
Mai : La Feria du Caballo 2002 s’est ouverte à Jerez de la
Frontera, hier, par une novillada, dite « de lujo ». Tout le
monde s’attendait à pouvoir fêter les triomphes des fils de Galan et
Manzanares, face à un novillada, soigneusement sélectionnée, de
Guadalest. En telonero, et sans gêner les prodiges, on avait choisi
Octavio Chacon, novillero mené par Jose Luis Galloso.
Jerez ouvrait sa feria… les chevaux étaient
magnifiques. Quant aux filles… on ne vous dit pas ! Déjà, on se
voyait, à l’entrée de quelque caseta du ferial, un fino à la main,
regardant passer filles et chevaux, les unes « hennissant de joie »,
les autres « trépignant de la croupe » (à moins que cela
soit le contraire… !), dans une chaude ambiance ou les parfums se mêlent
à la poussière, les rires à la guitare.
C’est manqué ! Il faisait très froid, et
l’on craignait la pluie… On avait caché les croupes sous les
manteaux, et les chevaux ne piaffaient même pas. Que tristeza ! Pour
arranger le tout, il n’y avait qu’un quart de plaza, et la novillada
est sortie, frein à main serré. Pire encore : c’est le telonero
qui a triomphé. Maldita sea ! Octavio Chacon, torée proprement, tue
comme un chef, et ouvre la grande porte !
Y a des jours, comme ça.
On attendra donc des jours meilleurs. On espère
de belles choses, aujourd’hui, avec les cavaliers. Mais demain, Ponce ne
pourra réapparaître. Décidément, Jerez commence mal.
7
Mai – JEREZ DE LA FRONTERA – 1ère de la Feria del
Caballo - Novillada – Un
quart de plaza – Froid pluvieux : La novillada de Guadalest est
sortie « bonita de cara », manquant de race, de mobilité.
Quatre des novillos se sont arrêtés. Seul le sixième a chargé, mais
rebrincado, de façon très désordonée.
Octavio Chacon coupe une oreilles à
chacun, et sort par la grande porte. Bien au capote, par véroniques et
chicuelinas, il toréa très proprement ses deux adversaires, s’adaptant
courageusement à leur comportement, et surtout, mit deux très grosses
estocades. Bon succès du torero de Galloso, qui brinda le quatrième à
De Paula et Manzanares père, assis ensemble à un barrera.
David Galan (applaudissements – ovation)
fit une longue faena un peu vulgaire, à un premier novillo qui s’échappait
du muletazo. Cogida en entrant à matar. Le fils d’Antronio Jose Galan débuta
en trombe, face au cinquième, par quatre largas à genoux. Brindis à Don
Alvaro Domecq, et guère plus, le toro se révélant noble, mais
faiblissime.
Jose Maria Manzanares fils : Silence
– Oreille (« Souviens toi de Mugron ! »)
Ce 8 Mai: Corrida de
Fermin Bohorquez, pour les rejoneadores Fermin Bohorquez, Luis Domecq et
Pablo Hermoso de Mendoza. |
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VALENCIA :
ON PREPARE LA SAN JAIME
8
Mai : L’Empresa de la plaza de Valencia est déjà au travail, en
vue de la toujours problématique Feria de Julio. On le sait, la ville pâtit
de la chaleur, à cette époque, et se vide partiellement. Tout le monde
qui ne travaille pas, s’en va se mettre au frais, au campo ou au bord de
la mer « qu’on voit danser, le long… » etc…
Donc, comment faire pour remplir la plaza ?
Un vrai casse tête, qui semble se résoudre, depuis deux ans, grâce au
travail de la précédente empresa. Cette année, il faudra mettre les
bouchées doubles : Les Fallas ont été décevantes, et « le
liston » de la présentation des toros a baissé. Donc, il faut
reconstruire !
La feria se déroulera du 20 au 28 Juillet. Les
toros seront de Guardiola, Cuadri, Puerto San Lorenzo, Pereda, Nuñez de
Cuvillo, et Las Ramblas.
On sait qu’il y aura un cartel de banderilleros
(Espla, Ferrera, Fandi) et que les toreros viendront tous « à un
contrat ».
Des figuras sont déjà positionnées :
Ponce prendra, le 25 juillet, des Pereda, avec Paco Ojeda. Finito et Jose
Tomas défileront ensemble, le 26, face à des Nuñez del Cuvillo. Le
cartel du 27 est clos : Joselito, Vicente Barrera et Juli, avec une
corrida de Las Ramblas. |
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ALTERNATIVE
TELEVISEE ?
8
mai : C’est dans l’air ! Javier Valverde recevra
l’alternative, le 12 Juin, en sa ville de Salamanca. C’est un des événements
de la temporada. Rarement un torero sera arrivé, plus « prêt »,
à passer au rang supérieur. Par son sérieux, son courage serein, son
toreo de sobriété et d’honnêteté, Javier Valverde peut rejoindre les
figures du Toreo Charro, et devenir un des toreros importants des années
qui viennent. Certes, les temps ont changé, mais il est bon que des
hommes de cette trempe, nous ramènent à l’Histoire du Toreo. El Viti
fut torero de Salamanque, de Madrid, de Séville et … de partout.
Valverde peut marcher sur ses traces. Du moins, on le lui souhaite.
Cette alternative a suscité de nombreux échos
divergents : Qui sera le Parrain ? Un coup, c’est Ojeda ;
l’autre coup, c’est Joselito. Pour le reste, Juli sera le témoin, et
de Bañuelos seront les toros. De son côté, le jeune futur matador suit
cela très simplement, avec un seul commentaire : « Peu importe
le parrain. Le soir du 12 juin, je serai Matador ». L’apoderado ne
dit qu’une chose : « Cela a toujours été Paco Ojeda ».
La presse s’est donc fourvoyée, suite à quelque bruit de couloir mal vérifié.
Un autre bruit qui circule, avec insistance :
La corrida d’Alternative de Javier Valverde, le 12 Juin, serait télévisée,
en direct. Espérons le, quoique l’on sache déjà que le lendemain, 13
Juin, la télé retransmet la Bienfaisance, à Madrid. On verra bien…
(ou on ne verra rien !)
Que Valverde soit télévisé pour son
alternative serait une grande chose, (à condition qu’il y soit bien) un
triomphe, à cette occasion, pouvant lui ouvrir de nombreuses portes. On
le lui souhaite. Mais en attendant, il faut « encore »
triompher à Madrid, le 13 Mai, devant les Santa Coloma de La Quinta.
« Atarse bien los machos, y a ver lo que
pasa, Matador ! » |
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NIMES :
CE QUE L’ON POUVAIT EN ATTENDRE…
9 Mai : Antonio
Ferrera a pris, hier, six toros en plaza de Nîmes. C’est déjà un
exploit en soi. Face à un lot de Baltasar Iban, dont trois étaient de
grands toros, et deux autres potables, il s’est montré à la fois
vibrant et retenu, gérant son effort, essayant d’apporter quelque variété
à ses faenas, en particulier dans les phases d’entame, et les remates.
A la cape, sûr et efficace. Aux banderilles, inégal et bondissant, le
saut postérieur à la réunion devenant par trop inesthétique. On le lui
reprochera, un jour. L’épée a fonctionné vite, sinon correctement.
Antonio Ferrera a coupé quatre oreilles, presque cinq, sortant a hombros
par la « Porte du Prince », nîmoise, dite « des Consuls ».
Tout est donc pour le mieux, dans le meilleur des mondes.
Pourtant, on ne peut parler de triomphe…
Tout d’abord, un tel « événement »
aurait du susciter plus d’engouement. Un tiers de plaza, c’est bien
peu, et la météo n’en a que peu de responsabilité. C’est à la réservation
que cela se passe. Les Aficionados « de loin », ont ils préféré
ne venir que pour la Feria ? Nous le saurons aujourd’hui. Si la
plaza est « casi llena », pour l’alternative de Jimenez,
avec Ojeda et Juli, c’est que Ferrera n’intéressait pas. Si le gros
trio de ce jeudi d’Ascension fait « media plaza », c’est
l’empresa qui devra revoir sa copie. Dans les deux cas, Ferrera est
perdant. Triompher devant une plaza « pleine de vide » n’a
aucun poids, sinon celui de la légitime fierté du torero, et des
souvenirs personnels de quelques 5000 personnes. Avoir servi d’appât
pour un essai « Ascensationnel » était un pari bien risqué,
pour un résultat bien aléatoire. D’autant qu’il n’y avait pas de
« seconde chance », dans les cartels de la Pentecôte, ce qui
est quand même « un peu raide »…
Par ailleurs, Antonio Ferrera, face à une bonne
corrida, n’a pu se livrer à 100%, à chaque lidia, dans chaque faena.
De plus, le registre du torero fait grande illusion dans une corrida
« à trois », mais reste limité, lorsqu’il s’agit de
maintenir l’intérêt, deux heures durant. Ferrera est un torero d’émotions
intenses, violentes, et non de longs murmures admiratifs… Il est
probable que dans le public, certains auront fait la moue, d’autant que
les toros « ont servi ». De fait, il ne pouvait en être
autrement.
Aujourd’hui, on ne parle de Nîmes que dans un
seul des grands quotidiens espagnols, « la Razon », grâce à
son correspondant local.
Tout en saluant l’exploit, on ne peut que se
demander « à qui » devait-il profiter, et si le matador n’a
pas, ici, entamé un crédit que la France lui avait si généreusement
ouvert.
Plus que jamais, la solution se trouve… à
Madrid, dans les semaines qui suivent. Ferrera se doit de marquer la San
Isidro, sinon, « le tiers de plaza » de Nîmes lui reviendra,
comme un vilain boomerang…
Et pourtant, il coupe quatre oreilles, presque
cinq, et il sort « en Consul »…
8 Mai – NIMES –
(De notre correspondante) Première de la mini feria de l’Ascension –
1/3 de Plaza – Temps détestable, avec pluie et froid : Antonio
Ferrera, seul contre six de Don Baltasar..
La corrida de Baltasar Iban est sortie
superbement présentée, sérieuse de trapio et de tête. A la bascule, un
poids très raisonnable : 540, 515, 495, 495, 499, 498 kgs. (Il y
avait un « Bastonito », dans le lot. Ne pas oublier que le
terrible « Bastonito », de Rincon, à Madrid, pesait 501kgs).
Au moral, de la caste et trois grands toros, justement ovationnés à l’arrastre :
3, 4 et 5èmes. Seuls dénotèrent un peu, les deux et surtout sixième,
faibles. On regrettera que le mayoral n'ait pas été associé au succès
du torero.
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Antonio Ferrera (Silence – Oreille –
Oreille – Oreille – Oreille et deux vueltas – Applaudissements, après
un avis et sortie a hombros par la Porte des Consuls), s’est montré, à
la fois, vibrant et raisonnable. Bien au capote, sans en remettre, il a
banderillé les six, les a toréés fermement, mais sans atteindre de
grands sommets, et les a estoqués, habilement. A aucun moment il n’a
manifesté d’inquiétude, d’impatience ou de fatigue. C’est là
« un gros bon point ». |
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Premier toro un peu tardo, que le torero va
facilement régler, en attendant de meilleures opportunités - Le deuxième
va se donner une méchante vuelta de campana. Bon tiers de banderilles
terminé d’un quiebro, faena sans complètement trouver le bon tempo, et
une petite oreille, après une entière – Larga à genoux, pour recevoir
le troisième, brave au cheval. Festival aux banderilles et faena claire,
terminée par une épée entière. Oreille nette – Le quatrième ne se
laissera pas faire, au capote. Encasté, brave au cheval. Banderilles inégales,
mais une paire, al violin. Le muletero fera fonctionner la tête, et
coupera un oreille, juste, après une estocade dont il sort fortement
bousculé – Nouvelle larga,
pour recevoir « le » toro de la tarde, le cinquième,
qui se montrera très brave sous le fer de Jacques Monnier. Toro
vibrant, puissant, mobile en diable. Gros tiers de banderilles, bien que
d’inégal résultat, faena vibrante, brindée à son apoderado, Luis
Alvarez, débutée par deux cambios, dans le dos. Faena très engagée, en
particulier main droite. Entière au deuxième voyage, et oreille avec pétition
de la deuxième. Le président refuse et prend une bronca, tandis que le
torero donne deux vueltas – Le sixième sera très faible, et Ferrera
tentera de le maintenir, toréant suavement, au coup par coup. Cela se
terminera mal au descabello, et cette conclusion gâchera un peu son
plaisir, mais non l’ovation finale et la sortie a hombros.
Madrid n’a pas de « Porte des Consuls »…
mais c’est « celle là » qu’il faut ouvrir.
Ce 9 Mai – Novillada
« de la Cape d’Or », en matinée : Ganado de Joselito
pour Jonathan Veyrunes, Jose Maria Manzanares, Fernando Cruz.
Ce soir, l’alternative de Cesar Jimenez, des
mains de Paco Ojeda, en présence du Juli. Les toros seront de Torrealta. |
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JEREZ : LA PLUIE, AU
GALOP…
9 Mai : Una tristeza !
Pluie et froid pour ce début de la Feria de Caballo. Le fino n’arrive
pas à réchauffer les cœurs.
Hier, corrida de Rejoneo. Le chroniqueurs
regrettent l’absence d’Antonio Domecq, histoire de mettre un peu
d’ambiance. Par ailleurs, certains reprochent à Pablo Hermoso de
Mendoza le fait d’avoir « oublié » Jerez, dans la tournée
d’adieux de « Cagancho ». Si Madrid est la « cathédrale
du Toreo », Jerez est « le temple du Rejoneo », que le
navarrais n’avait pas le droit d’ignorer ainsi, à l’occasion de la
retirada de ce formidable « Cagancho », qui rejoint dans la légende,
« Esplendida », d’Alvaro Domecq.
8 Mai – JEREZ DE LA
FRONTERA – 2ème de Feria – Rejoneo – Casi lleno –
Temps pluvieux et très froid : La corrida de Fermin Bohorquez est
sortie sans race, sans mobilité, et peut-être, trop chargée : 550,
508, 520, 537, 600, 578 Kgs.
Fermin Bohorquez a coupé une oreilles à chacun
de ses adversaires. De gros efforts, devant des toros distraits ou arrêtés
– Luis Domecq a touché le mauvais lot, et lidié sous la pluie. Bien au
deuxième, mais échouant au descabello, il se battra comme un chien face
au cinquième, jusqu’à lui « arracher » une oreille –
Pablo Hermoso de Mendoza n’a pas eu le rendement habituel, malgré un
public totalement acquis d’avance. Il échoua à la mort de son premier,
mais coupa deux oreilles un peu généreuses, devant le dernier.
Bohorquez et Hermoso de Mendoza sont sortis
« a hombros », mais pour le moment, à Jerez, il pleut sur les
illusions…
Ce 9 Mai : Corrida de
Jandilla pour Joselito, Rivera Ordoñez, et Davila Miura, qui remplace
Enrique Ponce. |
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DE CI… PAR LA…
9 Mai : Le mundillo résonne,
chaque jour, d’anecdotes et de bruits, qui le rendent passionnant, mystérieux,
ne laissant aucune place à l’ennui… Par exemple :
Jolie coïncidence ! :
Curieux ! Paco Ojeda sera le parrain des trois novilleros « de
postin » qui prennent l’alternative, tout prochainement. Tout
d’abord, Cesar Jimenez, aujourd’hui, à Nîmes ; Puis, Leandro
Marcos, lundi prochain, à Valladolid ; Enfin, Javier Valverde, le 12
Juin, à Salamanca. Du coup, Santander a eu l’idée d’inviter les
trois diestros à fêter ce « triple parrainage », au cours de
sa prochaine feria de Santiago, en Juillet : Un des cartel réunira
Cesar Jimenez, Leandro Marcos et Javier Valverde, face à du ganado de
Charro de Llen.
Apoderamiento
« éclair » : On apprend que David Galan vient de
rompre avec son apoderado, Sebastian Palomo Linares. On sait que l’ex
matador s’était fait un devoir d’aider le fils d’Antonio Jose Galan,
étant son apoderado officiel, depuis trois mois. Que s’est il passé ?
Entre temps, Palomo a pris en mains les intérêts d’Oscar Higares. Ceci
est il lié à cela ? Qui sort gagnant de cette rupture ?
Le torero, qui va chercher un vrai apoderado qui s’occupe
exclusivement de lui ? ou l’apoderado qui voit que le novillero
n’a pas la qualité, ni l’avenir, qu’on lui prête ? Réponse,
sous peu.
A Antoñete, le Prix
"Joaquin Vidal" : Le Prix Mazzantini,
attribué chaque année à un professionnel du Toreo, « qui a marqué
l’Histoire », vient d’être rebaptisé « Prix Joaquin
Vidal », du nom du grand revistero du « Pais », récemment
disparu. Pour cette première édition du nouveau trophée, c’est
Antonio Chenel « Antoñete » qui se voit distingué, pour
l’ensemble de sa carrière, et la toreria qu’il porte en lui, dans et
hors des ruedos. « Enhorabuena, Caballero ! Todo un torero,
todo un Señor ! » |
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HIER ET
DEMAIN… LA MONUMENTAL DE MADRID !
10 Mai : Pratiquement
un mois complet de toros… Aayyy, que suerte ! On devrait pouvoir
passer directement aux « quatre bonnes choses » qui résulteront
de la Feria San Isidro 2002. Mais non ! Il faudra, l’une après
l’autre « aguantar » les tostones et rafales de vent, pour
que, tout à coup, l’étincelle, « la grande communion », se
produisent et que Madrid reprenne le sceptre de « Première Arène
du Monde ».
On doit à Enrique Guarner (du quotidien mexicain
« Novedades »), un joli résumé de l’histoire des différentes
plazas de toros, de Madrid. A la veille de la San Isidro, cela vaut la
peine de s’y arrêter, et de traduire, religieusement, son article.
« Les premières
corridas de toros, à Madrid, eurent lieu sur la Plaza Mayor, vaste espace
quadrangulaire dont les limites étaient naturellement constituées par
les immeubles qui la bordaient. Pour les spectacles, on installait des
tribunes, et les le combat se faisait à cheval, et à la lance, les
chevaliers étant aidés par leurs valets (peones). A l’époque de
Philippe IV, roi aficionado, on a construit une arène de bois dans les
jardins du Retiro, où eurent lieu des combats de caractère « privé »,
pour le roi et sa cour.
En 1749, Philippe IV finance de ses propres
deniers la construction d’une plaza de toros située entre les actuelles
rues de Serrano et Claudio Coelho, où l’on donna des courses de toros
au bénéfice des hôpitaux de Madrid. On y vit les exploits des Romero,
Costillares, Pepe Hillo, Paquiro, Cuchares, El Tato, et les premières
sorties de Lagartijo et Frascuelo. La dernieère corrida en sces lieux se
déroula le 19 Juillet 1874, des toros de Manuel Garcia Puente étant lidiés
par Rafael Molina et Salvador Sanchez.
La lendemain de cette course, on démolissait la
plaza, et quelques semaines plus tard, le 4 septembre 1874, on inaugurait
la très belle Plaza de Madrid, que l’on a construite sur la « carretera
de Aragon », c’est à dire, dans le prolongement de la calle de
Alcalà. Ses plans furent dessinés par les architectes Alvarez Capra et
Rodriguez Ayuso, qui utilisèrent du ciment armé et de la briquette.
Le style mudejar de la plaza était souligné
dans le bâtiment central « à double arcade », qui tenait
lieu d’entrée principale. La plaza dite « de la carretera de
Aragon » pouvaient recevoir 13000 spectateurs, assis en trois étages
de 10 filles de tendidos, 8 de gradas et 18 palcos, respectivement. Une
plaza ample et très fonctionnelle, avec 12 chiqueros, de grandes écuries,
une infirmerie bien agencée, une salle pour les toreros, les bureaux de
l’empresa et une conciergerie.
Pour la corrida d’inauguration, on choisit des
toros de Veragua, Garcia Puente, Lopez Navarro, Antonio Hernandez,
Atanasio Martin et Miura. Pour les combattre, Manuel Fuentes « Bocanegra »,
Lagartijo, Frascuelo, Currito, Jose Lara « Chicorro », et Jose
Machio.
A la fin de la première guerre mondiale, la
population de Madrid avait tellement augmenté que la plaza devint obsolète,
et décision fut prise d’en construire une nouvelle.
On pensa l’installer sur un grand monticule,
proche aux terrains de La Venta del Espiritu Santo, et l’architecte
chargé de l’œuvre s’appelait Jose Espeliu.
L’arène que nous connaissons aujourd’hui est
construite de ciment armé et de brique rouge, dans le style « Mozarabe ».
Elle peut recevoir 23000 spectateurs, disposés en cinq files de barreras,
14 de tendidos, 14 autres de gradins hauts, et de nombreuses loges. Elle
compte 10 chiqueros et de nombreuses dépendances, dont un important musée
taurin, qui relate grande partie de l’histoire taurine de Madrid.
Le ruedo de Las Ventas est de 60 mètres, et
l’on construisit des barrières suffisamment hautes pour qu’aucun toro
ne parvint à les sauter (Ndlr : On a eu « tout faux ! »,
de nombreux toros faisant chaque année un tour au callejon. On se
souvient , entre autre, du toro « Niño », à la bienfaisance
de 1971, qui faillit passer au tendido, cassant le bras à un spectateur
de barrera).
La corrida d’inauguration de la plaza de Las
Vrentas, eut lieu le 17 Juillet 1931, avec des toros offerts par Juan
Pedro Domecq, Julian Fernandez, Manuel Garcia, Concha y Sierra, Perez
Tabernero, Coquilla, Conde de la Corte et Indalecio Garcia.Les toreros,
qui actuèrent gratuitement,avaient pour noms : Diego Mazquirain
« Fortuna », Mardcial Lalanda, Nicano Villalta, Fausto
Barajas, Luis Fuentes Bejarano, Vicente Barrera, Fermin Espinosa « Armillita »
et Manolo Bienvenida.
Cependant, comme la plaza était loin d’être
terminée, il fallut attendre le 21 octobre 1934 pour que se donne,
vraiment, la première corrida formelle à la Monumental de Madrid, toréée
par Juan Belmonte, Marcial Lalanda et Joaquin Rodriguez « Cagancho »,
face à des toros murubeños de Doña Carmen de Federico »…
Puis, l’histoire
continua… La guerre, les crises, le progrès… « Elle » est
toujours là et bientôt, elle aussi deviendra trop petite. Du moins…
pour la San Isidro ! |
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L’ALTERNATIVE
REVEE.
10 Mai : « Cesar Jimenez ya es matador de Toros ! »
Le jeune madrilène peut se montrer fier de son alternative, des trois
oreilles coupées et de sa sortie par la Porte des Consuls. Maintenant,
tout reste à faire. « Arriver, surprendre… est presque facile -
disait Paquirri - L’important est de ce maintenir… ». Tous ont vécu
cela.
Cesar Jimenez est « matador de toros ».
Lui reste à découvrir le grand cirque du marché taurin, des ferias où
il faudra jouer des coudes, lui qui, de la tête de l’escalafon
novilleril, repart de « tout en bas », dans le classement supérieur.
Malgré la pluie, Cesar Jimenez a vécu, hier, à
Nîmes, l’alternative rêvée, bien encadré et encouragé par deux
figures du toreo qui ont, elles aussi, triomphé, coupant trois oreilles
à des toros corrects, sans être des foudres de guerre. D’ailleurs, très
lucide, Cesar Jimenez déclarera : « J’ai combattu des
novilladas plus grosses que la corrida d’aujourd’hui ! »
A ses côtés, El Juli a triomphé. Il suffit de
demander! Plus admirable, parce que plus « coûteux »,
l’effort de Paco Ojeda, au bord de l’implosion, qui parvint à planter
les zapatillas » et retrouver une partie de son sitio d’antan.
Cela s’est passé à Nîmes, dans « sa » Nîmes, et ce
n’est que justice. Voyons si ce bain de jouvence a de positives répercutions,
à Jerez, demain, et lundi à Valladolid.
Le matin, Fernando Cruz a démontré son talent torero et sa caste. Il
remporte la « Cape d’Or, mais se fait casser deus côtes. Quant à
Manzanares hijo....
Pendant ce temps, la France et le Sud Ouest
surnageaient sous des trombes d’eau. A Biarritz, les vacanciers jouaient
aux « Parapluies de Cherbourg », et à Brocas les Forges,
Julien Lescarret coupait deux oreilles… en petit comité. Maldita sea !
9
Mai – NIMES – Deuxième corrida de l’Ascension – Presque ¾ de
plaza – Temps pour le moins « humide » - Pluie aux 1, 5
et 6èmes toros.
(De notre correspondante) : Brillante
alternative de Cesar Jimenez, devant un encierro de Torrealta qui lui a
permis de développer son toreo. La corrida est sortie correctement présentée,
quoique légère : 460, 466, 518, 484, 463, 469 kgs). Toros intéressants,
manifestant tout le panel du toro de combat de l’An 2000 : Il n’y
eut pas de faiblesse, mais une majorité de charges à retardement. Le
meilleur fut, de loin, le sixième, tandis que le quatrième manifesta le
plus de caste.
Alternative de Cesar Jimenez (Oreille –
2 oreilles après avis et sortie a hombros, par la Porte des Consuls). Vêtu
de blanc et or, le madrilène reçut par delantales, pieds joints, le toro
de la Cérémonie « Corralito », N°93, un colorado de 460 kgs.
Le toro se montrera noble, mais paradito. Débutant à genoux, Jimenez
donnera une faena essentiellement droitière, tuant d’une estocade, et
coupant une première oreille, normalita. Son triomphe au sixième, par
contre, ne souffre d’aucune contestation : Avant la sortie, le
jeune diestro s’en va au centre, attendant le toro « a portagayola »,
non pour une larga, mais pour des chicuelinas, clôturées les deux genoux
en terre. Gros effet. Après un bon quite par tafalleras, le toro, du nom
de « Salton », arrive noble à la muleta et Cesar Jimenez
pourra dérouler un toreo de qualité, suave, lié, bien sûr débuté
« deux genoux en terre » et clôturé par manoletinas. Bonne
épée « a un tiempo » et deux oreilles, justes. Cesar Jimenez
« ya es matador de toros »
Paco Ojeda (Sifflets – Une oreille) a vécu
l’enfer, face à son premier. Toro compliqué, peut être trop peu piqué,
qui arriva difficile à sa muleta, et qu’il ne sut par quel bout
prendre. La déception du public nîmois était palpable. Le quatrième
lui permit un superbe « coup d’orgueil ». Toro encasté,
puissant au cheval, qui chargea fort et aurait pu faire exploser le
Sanluqueño. Peut être ce toro lui aura t’il « rendu le sitio »,
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