L'ACTUALITÉ TAURINE
(Mai 2002)

SOUS LE MUGUET, LA HAINE…

     1er Mai 2002 : On peut, ici, parler « Toros »... et on ne devrait presque ne parler « que de  Toros »… Mais, comme on l’a dit tant de fois, on ne peut dissocier les Aficionados, des hommes et des femmes qu’ils sont tous ; des pères et mères de famille qu’ils sont, tous ; des citoyens, que nous sommes, tous… Trop de choses graves se passent dans ce pays, pour que l’on se cache derrière un burladero  d’indifférence.

     Depuis le 21 Avril, date que certains considèrent plus grave que des plus terribles de notre histoire, nous sommes embarqués dans un cortège de haine et d’outrances qui ne peut qu’engendrer, demain, des divisions et de terribles rancoeurs.
     La France est malade de sa propre culpabilité ! Pour cacher sa faute, elle multiplie les « C ‘est pas moi, c’est l’autre », poussant au maximum l’insulte, la haine aveugle, le « vrai » racisme. Et cela ne peut avoir qu’une conséquence : un fossé qui va encore s’écarter, entre les simples, les pacifiques, les discrets, les responsables… et ceux qui, trop incultes ou trop désinvoltes, veulent « tout avoir sans rien payer », « tout régenter, dans le moindre effort », bien exploités par des petits malins « bien cravatés » qui s’en mettent « pleins les fouilles », en toute démocratie !
     Soyons clairs : Il est plus facile de voler que de gagner son pain, à la sueur de son front. Il est plus facile de dormir jusqu’à midi, que de se lever matin. Il est plus facile de faire des fautes « d’aurtograffe » que de se casser la tête à faire accorder le participe passé avec l’auxiliaire « avoir ». Il est plus facile d’inventer quelque dialecte barbare, plutôt que d’essayer de s’exprimer dans un français correct. Il est plus facile de « hurler en masse », d’invectiver, d’insulter, plutôt que de dialoguer, d’argumenter, face à face, de respecter son adversaire, quel qu’il soit, et de le terrasser par la sagesse, la technique, le courage… (Ce que font… les toreros !)  
     La France, par la lâcheté de nombreux politiques qui ont préféré « marginaliser » plutôt que « combattre, politiquement », se trouve aujourd’hui à un carrefour de son histoire. D’impressionnants cortèges, chargés d’une électricité et d’une fièvre qui n’ont rien de « démocratiques », quoiqu’on en disent, vont déambuler aujourd’hui, risquent de s’entrecroiser, se heurter, s’affronter. Les médias, « un état dans l’Etat », font tout, pour cela…
     Alors nous avons peur… mais pas la peur de tous. Nous ne disons pas « crève, charogne ! » comme nous l’avons vu. Nous ne parlons encore moins de « bœuf borgne », comme sur une radio d’audience nationale… Nous ne jetons pas l’anathème sur 20% de nos concitoyens…
     Ce qui nous fait peur… c’est demain ! C’est cette victoire que d’aucuns appelleront « de la République, de la Démocratie, du Peuple »… et qui ne sera, en fait, que la victoire des insolents, des irresponsables, des indifférents. Demain, contre qui défilera t’on ? Contre l’escroc ? Contre le « Supermenteur » ? Contre qui d’autre, après demain ? Quel diable trouvera t’on pour cacher nos bassesses et nos lâchetés ? Pourra t’on encore, longtemps, abrutir les gens avec des « rave parties » ou des « loft stories » ? Quel « dépénalisation » trouvera t’on, encore, pour cacher notre impuissance et notre manque de courage ?
     C’est dimanche que cela se passe ! Comme cela « aurait du se passer » le dimanche 21 avril. Pas la peine de hurler « si j’avais su ! ». Si, en toute responsabilité, en toute « démocratie », les français avaient accompli leur devoir électoral, depuis dix ans, et si la gent politique avait combattu les idées adverses, par l’argument, les réformes et les réussites… il est des choses et des personnes, dont on ne parlerait plus, aujourd’hui.
     Alors… criez moins, et votez plus !
     Alors, messieurs qu’on nomme grands, « discourez moins », et écoutez plus ceux qui travaillent et ceux qui « essaient » de vivre une vie simple, honnête, respectueuse des hommes et des biens…
     Demain, faites bien attention… Pendant que des milliers de français hurlent des insanités, d’autres se taisent, écoutent et s’impatientent. Il n’est que d’entendre certains messages quand « les auditeurs ont la parole »… A force d’outrances, on pourrait bien arriver au résultat contraire à celui escompté. Et cela, oui, serait un drame.
     Ce qui doit prévaloir… ce qui aurait du prévaloir, c’est le calme, la sagesse, et la responsabilité de chacun. Ce qui doit prévaloir, c’est le respect de tous. Ce qui doit prévaloir, c’est le vote, en connaissance de cause, et en toute liberté. Des gens sont morts, pour cela…

     Je m’excuse auprès de ceux qui n’attendent ici, que des nouvelles taurines. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre, et nous vous en remercions. Mais vous le savez, depuis toujours, cette chronique taurine mêle le quotidien « de tous les jours », au purement taurin. Parce qu’avant d’être aficionados, nous sommes des êtres humains qui vivons, aimons, souffrons.
     Aussi, vous ne serez pas étonnés que nous soyons un peu inquiets de tout ce qui se passe, comme vous, peut-être, et… qu’avec vous, peut-être, en ce 1er Mai, nous souhaitions à tous de trouver, sous tant de haine… un brin de muguet.

 

MADRID : COMMUNAUTE, LA BIEN NOMMEE…

     1er Mai : En échauffement de sa feria de San Isidro, Madrid va donner, sur quatre jours, sa mini feria de La Comunidad. Des raisons historiques, tout d’abord… tout le monde, ou presque, ayant entendu parler du 2 de Mayo; des raisons pratiques, ensuite, car il faut vérifier que tout est en ordre pour les trente jours qui suivent : Les gens sont à leur place, les clarines sonnent justes, les portes ne grincent pas et les chevaux marchent droit. Dans son chiquero, Florito, qui risque d’avoir du boulot, cette année, a mis tous ses cabestros « à l’EPO », et lui même revoit ses stratégies pour battre, cette année, le temps record à rentrer un toro protesté. Ce sera dur, mais c’est « le champion » toutes catégories. Cette année, peut-être arrivera t’il à « rentrer » un toro... avant qu’il ne sorte !

     Pour ce galop d’essai… trois novilladas encadrant une goyesque, qui aura lieu le… 2 de Mayo. Normal ! La corrida Goyesca verra s’affronter Espla, le chouchou de Las Ventas, et Luis Miguel Encabo, que l’on peut baptiser « l’ex futur chouchou » de Las Ventas. En Face, du Nuñez et de l’Alcurrucen.

     C’est du côté des novilladas que les regards convergent : Chaque jour, un point de gros intérêt. Cet après midi, Leandro Marcos fera ses adieux de novillero, à Madrid. Dimanche, ce sera Séville : présentation et despedida. Le 13 Mai, ce sera l’alternative, à Valladolid.
     Curieux torero que Leandro Marcos: Esthétique avant tout, parfois très profond, quelquefois « un peu léger », souvent décevant. Et pourtant, on ne peut s’empêcher de suivre ses évolutions, et se dire que le toro donnera « plus d’importance » à ce qu’il fait. L’accompagneront Jarocho, dont on surveillera l’épée, et Andres Palacios qui eut ici, quelques détails, en début de saison. Les novillos seront de Garcigrande. Entre parenthèses… donc ( Domingo Hernandez a déjà lidié 6 corridas de Garcigrande, cette année. C’est à dire 28 toros, en deux mois et demi. Pas mal. On peut parier sur vingt cinq corridas, cette année. Résultat…)

     Le 3 Mai, un gros cartel, avec Reyes Mendoza, et la présentation de Salvador Vega. Cuidado con este ! Mais, bien sûr, l’élément majeur sera la nouvelle parution à Madrid de Javier Valverde. Il peut devenir « torero de Madrid », d’autant que Las Ventas aura encore en mémoire le fracaso (il faut appeler les choses comme elles sont) de Cesar Jimenez, dimanche dernier. Valverde, vrai, puissant, lidiador et courageux, ne fait pas dans la fioriture, encore moins dans la dentelle. Madrid l’a vu ainsi et le « poussera », chaque fois que le garçon « met la jambe », et la laisse… Les novillos du Ventorrillo, cependant, inquiètent un peu. (Il est cependant sorti un bon lot, en festival, il y a peu)

     Le 4 Mai, on suivra la novillada du Puerto San Lorenzo, qu’affronteront Martin Quintana, connu ici; Luis Rubias, et surtout Matias Tejela, qui a fait, en mars, une bonne présentation, et dont tous ont souvenir de la bonne faena, face à un super Fuente Ymbro, aux Fallas de Valencia…

     Madrid, "Feria de la Comunidad"... pour l'Aficion, "en bonne communauté"!

 

1er MAI : « ON TRAVAILLE !»

     Avouez qu’on est autrement que les autres… Alors que tous célébrons la fête du travail… « en ne f… rien », les toreros, eux, s’enfilent leur bleu "de lumières", se serrent les machos, et s’en vont pointer, à Palavas ou Aire sur Adour. Valientes!

     A Palavas, ce sera « le retour du chevelu ». Que l’on ne s’y trompe pas, tout cela est dit avec un immense respect. Ne pas oublier quand même, que l’on surnommait Manuel Benitez, « El Melenas » ! Donc, pas d’injure.
     La sourire est aussi grand que la plaza, la tignasse est plus clairsemée, et surtout, blanche comme farine, et l’on ne peut éviter quelque tristesse en feuilletant le dernier recueil de Lucien Clergue, qui reprend les photos des années 60/65, années Cordobes, et y ajoute des clichés du « Melenas 2000 »… Et là, le grand écart est douloureux (pour nous, mais pas pour lui, apparemment !)
     « El Cordobes », le vrai, l’unique, revient donc, cet après midi, dans « sa » plaza de Palavas. Il y défilera, flanqué de Denis Loré et Sebastian Castella. Avant hier, hier et… demain ! Les toros seront des frères Tornay.

     En Plaza d’Aire sur Adour, corrida de Palha… Le ganadero, empresa de la plaza, aura à cœur, on l’espère, de rectifier « quelques points obscurs », (pour ne pas dire « quelques pointes ! ») dans ses programmes passés. Que haya suerte !
     Au cartel : El Fundi, "guerrier de toujours" qui doit déjà penser à « la tia » de Pablo Romero, Partido de Resina, qui l’attend à Madrid, pour l’ouverture de la Saint Isidore. (Allez donc faire un tour du côté de www.las-ventas.com !) ; Juan Jose Padilla, torero de facultés physiques (même s’il s’est coupé les pattes !) et Luis Miguel Encabo. Il devrait y avoir de grosses explications, aux banderilles. Côté muleta… c’est une autre histoire !

     Voilà donc, à peu près, comment se présente la journée…

     On reviendra sur l’analyse des cartels de Dax, tout à fait intéressants.
     On reviendra également sur la feria d’Aguascalientes, où Morante a coupé une oreille forte, mais surtout, a mis « un recibir », ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps.
     Juli est en tournée au Mexique, toréant avec le Zotoluco, qui rencontre de grosses difficultés à entrer dans les cartels, y compris de Pamplona… Dommage, et injuste ! Pour le moment, seule la France reconnaît ses mérites. 

 

« ON » S’EN FELICITE…

     2 Mai : Avouez que la langue française a, parfois, de drôles de circonvolutions oratoires… Par exemple, le « Je m’en félicite ! » Celle-là, elle vaut le détour.
     Juché sur une tribune, devant des centaines de personnes attentives, des caméras épiant ses moindres gestes, un homme politique commente les erreurs de ses adversaires d’un jour, mais copains de toujours, et passe rapidement sur leurs réussites, (justement celles qu’il n’a pas eu le courage ou l’envie d’entreprendre), en se faisant le quite d’un convaincu « …et je m’en félicite ! ». En général, c’est suivi d’un « mais… » qui en dit long sur le suivant « il y a mieux à faire ! » Ben, tiens !
     Donc, suivant à la lettre cette « gymnastique politico oratoire », on dira « qu’on se félicite » que tout ce soit bien passé, hier, dans les rues de France, « mais… », que c’est dimanche prochain que cela se joue. Ni avant, ni après… Quoique !
     Après… on n’a pas fini d’entendre des « Je m’en félicite ! », mais au moins, en principe, « la gauche » sera repartie à gauche ; « la droite », à droite ; et les bambins… à la maternelle ! Ainsi donc, tout se remettra en place… en bonne cohabitation ! Et certains, déjà… s’en félicitent !

     Hier, dans les plazas du monde, « on se félicitera… » de la chance qu’a eue Jarocho, en plaza de Madid. Le novillo l’a pris de très vilaine façon, et c’est miracle que le cornada soit, somme toute, légère. En France, devra t’on se féliciter des « anecdotes » de Palavas et Aire sur Adour ? A Palavas, on se doutait bien que les Tornay Brothers n’allaient pas envoyer des monstres, mais quand même… A Aire sur Adour, décidément spécialiste en embrouilles, la corrida à été suspendue et renvoyée au 14 Juin, pour cause… de ruedo impraticable. Il faut dire qu’il y avait bien peu de monde à la porte. Ceux qui ne sont pas venus ont eu raison… et on s’en félicite !
     En Espagne, la lésion de Pepin Jimenez provoquera peut-être la première substitution de la San Isidro (déchirure des tendons à deux doigts de la main gauche, en plaza d’Almoguera (Guadalajara).
     Quant au Juli, il est en pleine bourre, au soleil de Mexico : Quatre oreilles et un rabo, lundi, à Tepatitlan (Vous ne savez pas où c’est?… Je ne vous félicite pas ! En fait, juste à côté d’Azcapotzalco), et hier, 1er Mai, le madrilène à rempli Aguascalientes, sortant a hombros après avoir mis le feu à la plaza.

     1er Mai – MADRID (Las Ventas) – Première novillada de la Feria de la Comunidad – Casi lleno – Un vent épouvantable.
     La novillada de Garcigrande aurait peut-être mieux servi, si les toreros avaient pu l’amener « au large ». Hélas, le vent les en empêcha, faisant payer très cher à Jarocho, l’audace de le défier. Novillada bien présentée, mais inégale (447, 503, 469, 501, 470, 468 kgs), en général mansa, sans grande complication, sauf celle de « rajarse », de réduire et soudain arrêter le combat. Le meilleur du lot, de loin, fut le second, que le torero ne put exploiter complètement.
     Jarocho (Silence – Cornada) montra une décision de tout moment. Cette décision le conduisit à tutoyer l’impossible, sans tenir compte des conditions climatiques. Et il arriva… ce qui devait arriver. Déjà au premier, après deux largas à genoux, le novillero était parti au centre, désireux d’entamer se faena « main gauche », d’entrée. Le vent et le toro se mirent vite d’accord, poussant le torero à rejoindre les abris, lui pardonnant une première audace. Hélas, cela se passa moins bien au quatrième : Jarocho  cite de loin, main gauche. Le toro s’arrache, le vent fait flamboyer la muleta, découvrant le torero. La voltige est impressionnante, la cornada… « en l’air ». Le torero est repris au sol, jambe gauche… On craint « le gros tabac ». De fait, Jarocho souffre d’une cornada de 18 centimètres, face interne cuisse gauche, qui a fait des dégâts musculaires et contusionné l’artère fémorale. Spectaculaire, mais pas trop grave. « On s’en félicite ! »
     Leandro Marcos (Ovation – Silence) débuta formidablement sa faena au deuxième, meilleur du lot. Esthétique de haut vol dans les premiers muletazos. Grande première série à droite, le torero voulant prendre du champ. La série suivante sera plus chahutée et l’enchantement, rompu. Faena « de mas a menos », avec encore quelques éclairs d’une classe indéniable. Estocade douteuse, atravesadilla, et une ovation, quand tous avions rêvé mieux. Il estoqua en silence le toro qui avait pris le Jarocho. Même sanction populaire à la mort de son second, qui, comme le torero, s’éteint rapidement.
    Andres Palacios (Silence – Silence) toucha le moins bon, faible et triste. Le torero est très jeune, un peu vert. Cependant, faute de réel sentiment et de grande envolées esthétiques, il manifesta un évident désir de « bien » faire les choses, sans perdre les pédales. Il y aura d’autres opportunités, moins venteuses.

     Ce 2 Mai (Dos de Mayo) on espère que Madrid ne résonnera d’autres explosions que celles des applaudissements du public aux exploits de Luis Francisco Espla et Luis Miguel Encabo, en mano a mano « goyesque », face à des toros de Nuñez et Alcurrucen.

     1er Mai - PALAVAS – Plus de media plaza –Temps frisquet : (de notre correspondante) Faut il appeler cela « corrida de toros » ? Hélas, oui. Le lot des frères Tornay était « à la hauteur » des circonstances. De plus, beaucoup, beaucoup de faiblesse.
     Manuel Benitez « El Cordobes » a souri plus qu’il n’a toréé. C’est ce que tous attendaient. Mais bon… il faut le faire ! Oreille au quatrième – Denis Loré s’est régalé, dans les trois tiers. En plénitude, (et on s’en félicite !) Loré a coupé quatre oreilles, confirmant sitio et grand style estoqueador, même si « se le fue la mano » à son premier – Sebastian Castella ne put que constater les dégâts, face à son premier, totalement invalide. L’oreille coupée au sixième ne marquera guère son curriculum.
     Ravi de sa journée, le Cordobes eut le geste de faire don de son costume de lumières (tabac et or), à la Ville de Palavas, qui l’a si bien accueilli. Sacré Manolo !

    1er Mai – AGUASCALIENTES (Mexique) – Feria de San Marcos – casi lleno : Corrida inégale de Real de Saltillo. Les 4 et 6èmes furent les bons ; le 3ème… le garbanzo.
     Jose Maria Luevano fut bien, toute la journée, perdant un trophée en pinchant le premier, mais coupant les deux du quatrième, toréant « largo », avec temple et personnalité.
     Fernando Ochoa toucha le mauvais lot et pincha beaucoup. Applaudissements à l’un, et deux avis, au cinquième.
     El Juli reçut une bronca pour ne pas trop s’efforcer devant « la carne » troisième. Il picota beaucoup du bout de l’épée, et les mexicains n’apprécièrent  que moyennement. Par contre, Julian Lopez sortit « toute l’artillerie » face au dernier : capote, banderilles et grosse faena à la muleta. Pinchazo et estoconazo qui n’a d’égal que le but de Raul, pour le Real Madrid. Un cañonazo ! Deux oreilles et sortie en apothéose. Este tio !

 

LE « BANDIT D’HONNEUR »...

     3 Mai : Super photo de David Colado, dans le mundotoro.com de ce jour, illustrant la corrida goyesca de Madrid : Debout sur l’estribo « à l’intérieur » du callejon, Luis Francisco Espla salue l’ovation du public, tandis qu’à deux mètres, Luis Miguel Encabo sourit.
     C’est un peu l’illustration de cette corrida du « Dos de Mayo », en plaza de Las Ventas, et de l’affection sans bornes que voue le public madrilène au diestro d’Alicante.
     Soyons honnêtes ! Tout autre torero ayant osé cette attitude bien peu académique, sinon torera, se serait fait taxer d’insolent, et l’ovation d’un coup se serait transformée en « forte division ».
     Cependant, Luis Francisco Espla, « chouchou de Madrid » y fait ce qu’il veut : ne pas fixer les pieds une seule fois, au capote, faisant passer ses toros pour « impossibles » ; transformer en cours de « science des terrains » de pâles trasteos où de rares passes bien tirées parsèment un fatras de demi trapazos ; des estocades « au pas de banderilles »… Bref, tout ce qui, chez un autre, serait sifflé, Espla en use et abuse, et cela passe… sans vaseline aucune.
     Pendant ce temps, l’autre torero s’échine à « planter les pieds », toréer « ferme et limpio »… Il peut toujours s’accrocher… en deux courses et trois clins d’yeux, Espla a résolu le problème, changé les sifflets en murmures flatteurs.
     Ajoutez à cela le costume « sui generis » et les bas blancs… Ajoutez à cela, deux ou trois courses « vistosas » aux banderilles , avec des recortes divers qui, justement, coupent l’élan trop vif du toro… et vous avez une digne actuacion du grand maître de la prestidigitation taurine, au demeurant fort sympathique. Une sorte de « bandit d’honneur », de « Cartouche des ruedos », de « Mandrin des trois tercios » ; de « Fradiavolo de la lidia »…
     Maintenant… Chapeau ! Luis Francisco Espla, depuis toujours, sait qu’il manque de « qualité torera » (son frère en avait cent fois plus). Il sait qu’il n’est pas muletero, et qu’il a du mal à « fixer les pieds ». Il sait qu’il n’est pas « grand tueur »… Alors, et depuis longtemps, il a tout suppléé par une grande intelligence, un énorme sens du spectacle, une grande psychologie du public, et la technique qu’il faut pour lidier efficacement, le mastodonte comme l’utrero. Pour cela, on puise dans les pages de « la Lidia » d’avant hier, et on innove, s’il le faut. Et ça marche…
     Luis Francisco Espla, philosophe, artiste, torero et … superlisto ! (On n’a pas dit « supermenteur », cuidado !). Madrid le sait, et l’a adopté, totalement. Pendant ce temps, les copains s’accrochent, et sourient en coin…
     Hier, feu Joaquin Vidal, qui n’est pas pour rien dans ce grand amour bien touchant, se serait régalé. Espla est venu, a dansé quelque menuet, a salué une petite ovation, de l’intérieur du callejon et s’en est reparti, tranquille, sous « leurs » applaudissements. Asi las cosas !
    
Aux côtés du « Maaaaîîîître », il convient de souligner le sérieux, le courage, la fermeté de Luis Miguel Encabo, hier à Madrid. Tuant mal, il a perdu une oreille et quelques plus fortes ovations. Mais, qu’on le veuille ou non,  Encabo a mis un repaso à l’Alicantin,… et dans les trois tiers : Capote, banderilles, muleta. Cependant, le madrilène manque de cette malice, de cette connexion avec le public, qui sont l’apanage des privilégiés. Il lui manque aussi… un physique. Cela compte ! Pas vrai, mesdames, (et certains messieurs) ? Cependant, c’est ainsi qu’on le préfère… Encabo, sans triompher, a confirmé, hier, en plaza de Madrid, qu’il est torero à prendre en compte, dans nombre de ferias.
     A noter, pendant toute la corrida, les insupportables commentaires des « costaleros » de Tele Madrid, pour qui tout était beau, ne voulant pas faire le distinguo entre un grand quite par véroniques, sur place, et un autre, dansé par navarras, sur trente mètres carrés… à un même toro. Ce n’est pas comme cela « que l’on fait aficion »… et il est bien dommage que Joaquin Bernado et Victorino Martin hijo, se prêtent à ce jeu…

     2 Mai – MADRID (Las Ventas) – Corrida Goyesca – Deuxième de la Comunidad – Llenazo – Temps changeant (de gris, froid, venteux… à venteux, froid et gris.) : Mano a mano Espla Encabo, gêné par le vent, mal servi par le ganado.
     Trois toros de Carlos Nuñez, (sortis 2, 3, 4èmes) ; Deux d’Alcurrucen (1, 5ème). Le sixième, du même fer, aurait sûrement brillé, mais se blessa dans un malencontreux puyazo pris au hasard d’un cafouillage de la lidia. Il fut remplacé par un Hermanos Lozano, qui finit par « servir », à la muleta décidée d’Encabo. Dénominateur commun : Encaste Nuñez. Présentation : Costauds, hauts et longs, armés « durs ». A la bascule : 507, 502, 581, 545, 592, 562 (le sobrero) Kgs. Les Alcurrucen ont, de loin, donné meilleur jeu que les Nuñez. En général, les toros ont mis du temps à charger, se montrant « tardos », mais « explosifs » quand ils décidaient d’y aller. Beaucoup de charges courtes, de regards et retours peu agréables. Toros « probones », au péril « sourd », difficiles « à lier ».
     Luis Francisco Espla (Silence – Ovation – Silence) avait chaussé les bas blancs et la super démagogie. Beaucoup de danse à la cape, peu de réussite aux banderilles (il ne prit pas les bâtons, au cinquième) et peu de réel engagement à la muleta. Cependant, tout est bien enveloppé, aérien, facile et intelligent. Todo un maestro. Tuant vite, sinon bien (seul le cinquième sera cafouillé, avec rapière et descabello), Espla obtiendra le plus grande respect du public madrilène, alors qu’il laisse passer le cinquième, bon toro à gauche, et aurait pu tirer mieux du troisième. A côté de cela, des navarras tourbillonnante, des rogerinas, des faroles … toute la boutique. Un maestro !
     Luis Miguel Encabo (Silence – Silence, après avis – Applaudissements, après avis) a réglé trois toros en 7 pinchazos, trois estocades dont deux défectueuses, et 4 descabellos. D’où le résultat final… qui ne traduit absolument pas le sérieux, l’engagement, la fermeté de ce torero, hier, à Madrid. A chacun de ses toros, Encabo a fait le maximum, dans les trois tiers. Il a été de tous les quites, toréant précis, pausé, esthétique… par chicuelinas, véroniques, delantales. Muy torero ! A noter une magnifique réception de cape au sixième, avant qu’il ne se blesse : Véroniques en chargeant la suerte, en « mettant les reins » ; deux demies et un remate à une main, pour une grande photo. Aux banderilles, il partit sur les deux côtés, vif et courageux, malgré  de puissantes arrancadas de ses adversaires. A la muleta, il tenta, chaque fois de faire les choses « bien », les pieds ancrés au sol, aguantant de vilains parones de ses toros, et des œillades peu amicales. Faenas difficiles, aux deux premiers toros, l’un rajado, l’autre violent. De très bonnes choses, « a mas », face au sobrero, le torero finissant même par « gustarse » sur deux derechazos « abandonnés » et un remate final par de bons doblones « génuflexés »… Muy torero ! Hélas, l’épée fut sa croix, et la froide statistique ne dira jamais combien son actuacion aura été sérieuse, honnête et torera. Muy bien, por Encabo, qui retrouvera le « Maesto Espla », le 8 Juin, face aux Victorinos.

     Ce 3 Mai : Deuxième novillada de la Feria de la Comunidad : Cartel important, avec la nouvelle sortie à Madrid de Javier Valverde et la présentation de Salvador Vega, les deux promesses étant précédées de Reyes Mendoza, à la veille de son alternative cordouane. Le ganado sera du Ventorrillo. 

 

AU GRE DES VENTS MAUVAIS...

     4 Mai : Tempête sur la France… Tempête sur Madrid-Las Ventas. Chez nous, les derniers bruits de « la triste campagne » sonnent le premier tiers des futures divisions, des futures outrances. On « sauve la démocratie » comme on peut… Mais, tous ont « tellement dit » que l’on restera cois ! Quoi? Pourquoi ici ne donnons nous pas, "nous aussi", nos consignes de vote ? Tout simplement parce qu’ici, on prend les gens « pour des grands », et on les respecte. On leur dit : Pensez et votez, selon votre conscience, et non celle de ceux qui devraient l’avoir « plus mauvaise »…
     Tempête sur Madrid-LasVentas. Curieux, quand même ! Quand on lit les chroniques des décades précédentes, on n’a pas l’écho permanent de ce vent mauvais qui balaie la plaza, lève les capes et les muletas, bien plus haut que les jupes de filles, laisse les toreros à découvert, à la merci du moindre piton qui passe… Lisez Cañabate, K-Hito; parcourez les anciens « Ruedos » ou « Digame »… Ils ne parlent que très peu de « vendaval », de « viento huracanado » qui faussent toutes les données, qui mettent les toreros en danger constant… Aujourd'hui... c'est tout le temps!  Bizarre ! Les temps ont vraiment changé!
      Hier, Eole s’en est donné à cœur joie, et vraiment, il faut féliciter les toreros de s’être comportés « en héros », sans ostentation aucune, face au double danger du toro et des rafales traîtresses. On ne peut pas leur tirer notre chapeau, il s’envolerait… mais le cœur y est. Enhorabuena, señores !

     Trois toreros, trois conceptions du toreo, trois personnalités. Un « vertical », stoïque, amnoletado ! Normal, « Es de Cordoba ! ». Il s’appelle Reyes Mendoza. Un torero « macho », puissant, tête claire et cœur en haut : le Salmantino Javier Valverde, pour qui Madrid a un gros coup de cœur, totalement justifié. Enfin, Salvador Vega, de Malaga, torero de riches essences, styliste et vaillant à la fois, qui faisait son premier paseo à Madrid. En face, un lot de Ventorrillo, tout droit sorti de la Domecq family, partant dans tous les sens et finissant par se calmer un peu.
     Tour à tour, les hommes se sont illustrés : Reyes Mendoza, sans avoir l’air d’y toucher, s’est passé le premier, « très près », puis s’est un peu effiloché. Javier Valverde a écrit une nouvelle page de son histoire d’amour avec Madrid, ponctuée de pundonor et d’honnêteté. Salvador Vega a présenté, face au sixième, une « carte d’identité » qui s’est transformée en « carte de crédit ». On le reverra ici, avec grand intérêt, fin du mois, à la San Isidro.
     Sans être formidable, la deuxième novillada de la Feria de la Comunidad aura laissé de bons souvenirs, les hommes combattant avec honneur, dans des conditions très difficiles.

     3 Mai – MADRID (Las Ventas) – 2ème novillada de la Feria de la Comunidad – ¾ de plaza – Temps ensoleillé mais froid – Vent terrible, se calmant un peu, en fin de spectacle : Six novillos du Ventorrillo, bien présentés, sans « surpoids » (458, 452, 463, 508, 460, 460 kgs). Les toros sont sortis distraits, sin fijeza, durs à toréer au capote, prenant des piques « al relance », s’échappant à la morsure du fer, et repartant en rafales. Mansos au premier tiers, le quatrième excepté, qui prit deux gros puyazos en faisant tanguer l’équipage. A la muleta, les choses se clamèrent un peu, et certaines charges furent très acceptables, en particulier chez les premiers et dernier. Le quatrième raccourcit son voyage ; le deuxième gigota beaucoup, mais en chargeant droit. Les plus incommodes : Trois et cinquième. Débutée en mansada, la novillada se laissa toréer, de façon irrégulière, encore accentuée par les conditions climatiques.
     Reyes Mendoza (Ovation – Silence) se montra calme et décidé, face au premier. Le cordouan surprit tout le monde en clôturant ses véroniques de réception, par une larga à genoux. Tiens ! (Attention : Gros mérite, car ici, le torero ne « surprend plus » le toro, contrairement à la larga d’ouverture). Lidia un peu désordonnée, marquée par un gros quite de Valverde, par talaveranas de grand mérite, la cape étant secouée comme linge au soleil du mistral. Autre surprise, la faena de Mendoza : séries de muletazos, main gauche, liés, serrés, verticaux. Le toro charge et le torero, en toute sérénité, tire de bonnes séquences, parsemées de détails plus baroques. Voulant « placer » un deuxième changement dans le dos, le cordouan se découvre, tandis que le toro a hésité. La cogida est inéluctable, et se termine sans trop de bobo, heureusement : coupure à la pommette gauche, et « les côtes en long ». Hélas, le vaillant cordouan n’est pas grand tueur, et tout espoir de médaille s’envole en un pinchazo bien vilain et une entière, bien basse. Face au quatrième, Reyes Mendoza perdra peu à peu le nord, face à un toro qui deviendra tardo, pour s’arrêter définitivement. Toro et torero « a menos » !
     Javier Valverde (Une oreille – Pétition et grande ovation) a confirmé tout le bien que Madrid pensait de lui, au cours d’une actuacion très valeureuse, marquée par une terrible cogida, en estoquant son premier adversaire. On a d’abord cru à la grosse cornada, à l’aine ou au côté droits. Puis, on a pensé « fracture », en le voyant boiter bas, et ne pouvoir terminer sa vuelta. Grosse inquiétude : La San Isidro, et l’alternative sont toutes proches. De fait, un terrible coup et une probable déchirure musculaire. Soigné à l’infirmerie, la jambe fortement « strappée », Valverde reviendra et sans affectation, affrontera le cinquième. Todo un valiente.
     Avant l’accident,  Javier Valverde s’était montré torero, technicien et courageux, dans une faena, au centre, décousue par le vent, mais ferme et sans fards. Certes, il n’y eut pas de longues séries liées, coulées, templées, mais des passes puissantes, le torero imposant le trajet, clôturant de doubles pechos vibrants. Un redondo inversé signa la domination, et quatre grosses manoletinas se terminèrent par un desplante risqué, la muleta flamboyant dans le dos. Gros pinchazo, la lame se pliant, et grande estocade, le torero étant très vilainement accroché. La faena, en elle-même, n’était pas « d’oreille », mais l’émotion qu’elle provoqua et le respect qu’a Madrid, pour ce torero «totalement honnête », ont suscité une bonne pétition que le président a justement écoutée. Le cinquième n’avait qu’une envie : serrer au plus près les tables, et filer en terrains de chiqueros. Le public ovationna fortement le brindis, et Valverde s’employa au maximum face à un toro qui changea vite, tourna au court, regardant beaucoup, au fil des passes. L’estocade, en entrant bien, résulta un peu de côté, et la nouvelle pétition d’oreille fut, cette fois, refusée. Grande ovation pour un Valverde dont le cartel s’est encore renforcé.
     Salvador Vega (Avis et silence – Pétition minoritaire et grande ovation) a fait sa présentation à Madrid, face au toro « Barbero », un burraco de 463 kgs, portant le numéro 83. Peu de réussite lors de ce premier chapitre : le toro ne permet guère, et le vent n’arrange rien. Vega aura quelque geste, avec cape et muleta, mais le tout ne passera pas, d’autant que l’épée et le descabello seront bien hésitants. Quand sort le sixième, le vent s’est calmé, et Vega pourra, déjà, montrer quelques grands détails, par véroniques, un genoux à terre, closes de deux demies « toreras ». Madrid a dit « tiens ! » A la muleta, le toro arrive encasté, et Vega ne pourra complètement le dominer. Cependant, sa faeana sera pleine d’allure et de détails très artistes, débutée en doblones poderosos, un genou à terre, se poursuivant en derechazos et naturelles classiques, courant bien la main, chaque fois rematés de grands pases de pechos, ou de firmas, pieds joints, les yeux dans le tendidos.  Final par une grande série de doblones "d’adorno" et, hélas, un pinchazo suivi d’une entière, violente, puissante, mais delantera. Vega ne coupera pas d’oreille, mais on l’attendra, avec respect, le 30 mai.

     Ce soir, dernière novillada de la mini feria de la Comunidad : Martin Quintana, Luis Rubias et  Matias Tejela, face à des Puerto San Lorenzo.

 

NOUVELLES DE L’INFIRMERIE…

     4 Mai : On se souvient de la douloureuse prestation du jeune rejoneador Alvaro Montes, dimanche dernier, en plaza de Floirac. La lésion qu’il traîne, depuis plus d’un an, risque d’être beaucoup plus grave que prévu. On parle de plus d’un mois d’arrêt, et un diagnostic plus précis, en milieu de semaine. Outre une grave tendinite de l’épaule droite, viennent s’ajouter quelques graves suspicions d’arthrose, ce qui serait beaucoup plus ennuyeux pour la suite de la carrière de ce jeune cavalier qui, on l’a vu, l’an passé à Bayonne, semble plein d’avenir.

     Qu’ils soient « riches ou sans le sou », les toreros sont tous les mêmes, incorrigibles : Ils veulent forcer la nature et le temps. Les chairs encore lacérées, ils ne pensent qu’à une chose : réapparaître. C’est aussi le cas d’Enrique Ponce, qui devra reculer son retour au ruedo, pour avoir un peu brûlé les étapes. Cela ne pourra se faire, à Jerez, le 9 mai, comme prévu, mais probablement le 11 , à Valladolid, ou même le 16, en plaza de Nîmes.

     De meilleures nouvelles du côté de Pepin Jimenez, dont on pensait qu’il serait le premier absent des cartels de la San Isidro : A priori, les ligaments de deux doigts de la mains gauche ne sont pas rompus. Il n’y aura donc pas d’opération, ni de longue immobilisation. Du coup, Jimenez, tor ée aujourd’hui, à Villanueva de Perales, près de Madrid. « Sont fous, ces romains ! »

 

OJEDA INAUGURE…

     4 Mai : On surveillera du coin de l’œil la « réapparition », après s’être « esbigné » de Séville, de Paco Ojeda, aujourd’hui, à l’occasion de l’inauguration de la plaza de Miguelturra, dans la proche banlieue de Ciudad Real. 4000 places, dans le cadre d’une plaza « multifonctions » , à la mode aujourd’hui : « Fuera sol ! Fuera moscas ! ». Les compagnons seront Joselito et Finito de Cordoba, face à du ganado du Capea.

     Où en est Paco Ojeda ? La semaine qui vient est, pour lui, capitale :  Jerez et Nîmes. On ne rigole plus. Ou il confirme, chez lui, qu’il est vraiment revenu en toute possession de ses moyens et de « son » toreo, car le public ne voudra voir autre chose, et surtout pas une version « descafeinada » de l’ojedismo. Ou il continue à « flotter », à rompre, à « essayer de… », et la sanction sera très dure. Ce qui serait désolant. Ojeda doit frapper un grand coup à Jerez, et confirmer à Nîmes, pour l’alternative de Jimenez. Sinon…

 

« SIN TRAMPA, NI CARTON… »

     5 Mai : Quand un torero, quelque soit le résultat de la faena, « se met vraiment devant », et se joue la vie, en toute sérénité, on dit qu’il a toréé, « sin trampa, ni carton »… sans artifice aucun, et mérite le respect de tous…

     Aujourd’hui, la France vit un de ces jours importants. En toute sérénité, elle doit faire son devoir, et loin des vociférations qui, de tous côtés, ont parfois pollué les dernières semaines,  c’est en toute conscience, « sin trampa, ni carton » que chacun doit faire son devoir, et apporter, modestement mais fièrement, sa pierre à l’édifice commun. « Asi que… atarse los machos, y a votar ! ». Demain, les « si j’avais su ! » compteront encore moins que la dernière fois.
     Après… on verra bien ! A nouveau, on peindra des banderoles. A nouveau, on manifestera. A nouveau, les noms d’oiseaux bizarres voleront… On changera de nom, tout simplement ! Autrement dit… on n’est pas sortis de l’auberge ! Asi, las cosas !

     "Sin trampa ni carton!" c’est un peu le bilan de l’actuacion, hier, de Matias Tejela, en plaza de Madrid, lors de la dernière novillada de la Feria de la Comunidad. Cela faisait un moment qu’on le surveillait : au début, on parlait d’un petit novillero qui toréait « précieux », mais sans grand fond. Cependant, son début de saison 2002 atteste d’une grande qualité dans son toreo, mais également d’une bonne dose de courage. Après avoir bien tenu face au tourbillon de caste du Fuente Ymbro des Fallas de Valencia ; après avoir suscité le respect, lors de sa présentation à Madrid, en mars, Matias Tejela a obtenu un juste triomphe, hier, devant une plaza presque pleine, et sous les yeux des caméras. Triomphe d’un toreo de classe, mais aussi, triomphe de la claivoyance et du courage… Sin trampa, ni carton !

     Pour le reste, la journée taurine aura été « de mucha trampa, y de mucho carton ! »
     A Miguelturra, on a inauguré la plaza et coupé un sac d’oreilles à une corrida du Capea qui ne gagne rien de glorieux dans ce triste épisode : Des toros gordinflones, qui se traînent au sol, lamentablement, peut être à la recherche de leurs cornes perdues…
     A Guillena, près de Séville, une alternative « de clocher », où le récipiendaire patine beaucoup, mais coupe tout ce qu’il trouve, et le parrain fête ses 66 bougies en faisant le grand écart, sur le sable…
     Soyons clairs ! On admire le Cordobes des années 65. On peut encore « passer » sur des desplantes en faisant un gros bisou sur le mufle du « pseudo cornu », mais pour ce qui est du grand écart, en costume de lumières, pour montrer que l’on est encore agile… ça ne passe pas. « L’écart » est trop grand… 
    Hier, 4 mai, ce fut, partout, la grande braderie… Bien ! Il en faut, des jours comme cela ! Mais ils n’apportent vraiment rien à la Fiesta.
     Mais, n’allons pas trop bouder « leur » plaisir… Demain nous attendent trente jours consécutifs, dont vingt cinq d’ennui ou de râlerie… Madrid débute, cette semaine, qui nous amènera, tout doucement… au Mundial de foot ! Autrement dit, nos chères et tendres moitiés n’ont pas fini de ronchonner! Va falloir « doubler la tendresse », messieurs !
     En France, Nîmes « chauffe ses moteurs » ; Dax annonce de grandes choses, sur le papier ; Béziers vient de présenter, hier, une feria bien conventionnelle, et Mont de Marsan sortira ses affiches, le 17.
     Mais, tout cela… c’est pour demain.
     L’important, c’est aujourd’hui ! Alors…à vous, « sin trampa ni carton ! »

     4 Mai – MADRID (Las Ventas) – Dernière novillada de la Feria de la Comunidad – Presque plein – Soleil et froidure : On attendait la novillada du Puerto San Lorenzo. Ce fut une grosse déception, tant sur la présence que du côté comportement. Gros, san trapio, mais surtout mansos, faibles et fades. Soseria totale et le sourd danger que cela implique. En deuxième sortit un Navalrosal, très encasté, qui aurait pu faire briller un autre torero. Côté boucherie, les novillos pesèrent, « en vif » : 522, 445 (le sobrero), 459, 518, 530, 518 Kgs. Beaucoup de viande, mais peu de nerf !
     Martin Quintana (Silence, par deux fois) ne manifesta pas de grande personnalité, toréa propre, mais « en ligne », sans se croiser, sans « avancer » la muleta. Le public s’ennuya. A son actif, une bonne épée, au quatrième. Le train est passé…
     Luis Rubias (Silence aux deux) a manifesté un grand désir de plaire. Cependant, c’est du côté « qualité » que cela flanche un peu. L’encasté deuxième le mit en difficulté, et le cinquième ne se coucha qu’au sixième descabello.
     Matias Tejela (Ovation – Une oreille) s’est battu toute la tarde, alliant classe et grande décision. En un mot : Toreria ! On l’avait déjà vu dans un grand quite, au deuxième. Début de faena fort élégant, devant son burraco premier, qui accrocha vilainement le banderillero Paco Villaverde (possible fracture des deux poignets) : doblones par le bas, en gagnant du terrain. Très bonne première série de droitières et grand pecho. Toreo de classe, mais à mi hauteur, à cause de la faiblesse du novillo. A gauche, peu de charge, et donc, quelque naturelle, isolée. Grande ovation. Le sixième s’appelle « Playero ». Un nom que retiendra Matias Tejela, pour le pas important que ce toro lui aura permis de donner. Grosse vibration, d’entrée :  Réception par véroniques à genoux, suivies de nouveaux lances, debout, en marchant vers le centre où il remate d’une larga cambiada, les deux genoux en terre. Vaya !  Sans laisser le temps de respirer, mise en suerte, par chicuelinas marchées et quite par gaoneras. Faena débutée, à genoux par un cambio et trois hautes, le torero démontrant « ganas y poder ». Séries courtes, droitières, intenses mais très élégantes, variant les remates. Aguante quand le toro s’arrêta. Final par bernardinas (les manoletinas à l’envers de Joaquin Bernado) et bonne estocade, après un pinchazo. L’oreille fut accordée, justement. Un torero était passé à Madrid « sin trampa, ni carton ! »

     Fin de la « Feria de la Comunidad », et la confirmation de ce que l’on pouvait penser :
     Javier Valverde, Salvador Vega et Matias Tejela sortent valorisés, (ou revalorisé, pour le salmantino) de ce cycle madrilène. De son côté, Luis Miguel Encabo a démontré sérieux et toreria, mais également de grosses carences avec l’épée.
     Côté ganado : A suivre, Alcurrucen, qui semble revenir, un peu...
     Pour le reste : « Autant en emporte le vent… de Las Ventas ! »

 

AUTRES PLAZAS : « BENITEZ, LE DESOSSE ! »

     5 Mai : Manuel Benitez aurait il confondu le ruedo avec la scène du Moulin Rouge ?  C’est ce que l’on peut se demander en voyant le Cordobes, qui fêtait hier ses 66 ans, jouer le « Valentin le désossé », en faisant le grand écart, vêtu de lumières. Un indiscutable exploit gymnique, à cet âge… mais qui n’a qu’un rapport très lointain avec l’Art de Cuchares. Enfin !

     4 Mai – Guillena (Sevilla) - Trois quarts d’une plaza de 1950 places : Corrida de Joaquin Barral, dont il ne vaut mieux pas parler. On donna la vuelta au sixième.
     Le torero local, Jose Luis Osuna, prenait l’alternative. Né le 19 mai 1971, il débiuta en 98 et fit sa présentation à Madrid, le 14 Juillet 2000. De cette journée historique, pour lui, on retiendra une certaine facilité à la cape et l’extrême générosité de ses concitoyens, le président n’étant pas le moins « large »… Deux oreilles au toros de l’alternative, qui portait le nom de « Tontito », et, pourquoi pas, tous les trophées du sixième...
     Manuel Benitez Perez « El Cordobes » fêtait ses 66 ans. Happy birthday, Manué !!!! Fit beaucoup de bruit, mais toréa peu, trop occupé qu’il était à distribuer des bisous à tout le monde, toro inclus. Grande fête donc, pour le Cordobes, qui coupa une oreille de chaque adversaire.
     La partie « sérieuse » de la course revint à Alejandro Amaya, le mexicain, qui n’eut pas de mal à surclasser tout le monde, coupant trois oreilles, mais recevant un méchant varetazo dans la cuisse, lors de sa quatrième entrée a matar, au cinquième Barral.

     4 Mai – Miguelturra (Ciudad Real) – Inauguration de la Plaza – ¾ d’arène : Corrida lourde, parce que « trop gonflée », et très faible de la Capea Family. On peut se poser des questions sur les cornes…
     Paco Ojeda coupe deux oreilles au premier. Bien à la cape, et avec des hauts compensant « de gros bas », à la muleta. Ovation au quatrième – Les trois oreilles que coupa Joselito ne doivent tromper personne : Il promena un ennui élégant, et tua vite, sinon bien – Finito fit ce qu’il pouvait pour tenir debout ses deux adversaires : Oreille et oreille. Bueno !

     4 Mai : Victor Puerto triomphe devant des Alcurrucen, à Trujillo – Pepin Jimenez, El Bote et Uceda Leal, coupent neuf oreilles et deux rabos à une bonne corrida de Salustiano Galache, en placita de Villanueva de Perales. On donna vuelta d’honneur au 1 et 3ème toro – A Torrecampo, près de Cordoue, Sebastian Castella coupe trois oreilles à un mauvais lot de Salvador Velasco, et dans de mauvaises conditions (plaza portatil – sol détestable) .

     Ce Dimanche 5 Mai, il y aura foule de spectacles de moindre importance. C’est du côté de Séville que tous les regards convergeront, pour « le » cartel de la journée : Six novillos de Manolo Gonzalez et Sanchez Dalp, pour : Leandro Marcos (qui se présente à Séville), Cesar Jimenez, (qui prend l’alternative, dans quatre jours) et Manuel Escribano, triomphateur sans trophées de la novillada d’Avril.

 

ARMILLITA A DIT « ADIOS ! »

     5 Mai : Grosse  émotion, vendredi, en plaza d’Aguascalientes : Devant une arène remplie jusqu’au toit, Fermin Espinosa « Armillita » a fait ses adieux, confiant à son jeune fils le soin de lui couper la coleta. Né le 24 Juin 1956, Fermin aura laissé l’image d’un torero inégal, qui débuta comme un prodige, mais ne tint jamais la distance. Bien en province, et en particulier ici, à Aguascalientes, il ne put jamais confirmer ses exploits, à Mexico Capital. De ce fait, « il dura », mais…
     Sa corrida des adieux se termina en apothéose, et sa carrière est à ranger, désormais, dans quelque vieux coffre des souvenirs. A ses côtés, pour cette dernière, un Zotoluco déchaîné et un Juli, bondissant.

     3 Mai – AGUASCALIENTES (Mexique) – No hay billetes : Bonne corrida de Los Encinos, bien présentée, noble, pour ce qui est des trois derniers. Le deuxième fut un monstre, plein de hargne et de bravoure.
     Fermin Espinosa « Armillita » fut gêné par le vent, à son premier. Par contre, on le vit très torero, face au toro « Salmantino »- 530 kgs, dernier de ses 27 ans d’alternative. Oreille et grosse émotion, tandis que la musique sonnait les traditionnelles « Golondrinas »
     Zotoluco s’est battu comme un chien devant le fameux deuxième, du nom d « Urraco ». A genoux, debout, en pleine bagarre, Zotoluco coupe deux oreilles. Plus calme, plus sereine, la faena au cinquième : Deux oreilles et la queue. Après les Miuras de Séville, tout peut paraître simple, au Zotoluco.
      Juli ne put rien faire avec le troisième, mais sortit la hargne, devant le dernier. Tout y passa : cape, banderilles, muleta, épée. Deux oreilles. Il suffit de demander…
     Les trois diestros sortirent « a hombros », sous d’immenses ovations.

     4 Mai – PACHUCA (Mexique) : Presque plein : Huit toros de Xalpa (de souche espagnole Parladé), qui sont sortis… mauvais.
     Un incident : Le Juli décida d’offrir le sobrero. Auparavant, Jose Maria Luevano avait également signalé cette intention. Il y eut un « gros malentendu », au sujet d’un toro du nom de « Debutante » - N°20, que le Juli obtint, au grand dam du mexicain, qui prit la mouche, et renonça à toréer. (M’étonnerait qu’ils passent les vacances ensemble, ces deux là !)
     Jose Maria Luevano donna une vuelta au premier, puis entendit bronca, au cinquième – Antonio Urrutia fit un tour d’honneur, au sixième – Morante de la Puebla, (qui a été énorme, la veille, dans un festival, à Leon) a essayé un peu, puis laissé flotter les rubans, écoutant « deux divisions des opinions » (« Unos se metian con mi padre, los otros con mi madre ! » Qui a dit cela ?) – Le Juli coupa l’oreille du quatrième, pincha le huitième, et décrocha les deux oreilles du sobrero offert. Et voilà… il suffit de demander.

 

BEZIERS 2002…

     5 Mai : Robert Margé a présenté, hier, la « Feria de Béziers 2002 » : quatre corridas, une novillada piquée, une corrida portugaise et une non piquée, du 15 au 18 Août. Feria un peu trop classique, sans grandes surprises au goût de certains.

     Les combinaisons en sont les suivantes :
     15 Août : Toros de Peralta, pour Juan Jose Padilla, Vicente Barrera, Victor Puerto
     16 Août : Toros de Parladé, pour Manolo Caballero, El Juli, Juan Bautista
     16 au soir : Corrida portugaise, avec Joao Salgeiro, Patricia Pellen et Rafi Durand
     17 Août, au matin : Novillada sin picar
     17 Août : Toros de Torrestrella, pour Enrique Ponce, Antonio Ferrera, Sebastien Castella
     18 Août, au matin : Novillada de Jalabert, pour Julien Miletto, Manuel Escribano, Antonio Caro
     18 août : Toros de Miura, pour Zotoluco, Fernandez Meca, Denis Loré.

 

ET MAINTENANT ?

     6 Mai : Enfin, la fièvre est retombée ! Enfin, les outrances se sont éteintes… pour le moment. Après les embrassades, la bagarre va commencer. Oubliés les vulgarités et les ordures, les mots « fuck ! », « crève ! » et autres « gracieusetés »… Maintenant, c’est sur les tapis verts des partis politiques que l’avenir d’un pays va se jouer… et on n’a pas fini!
     La France n’avait pas besoin de cette mascarade, pour dire "non" à ce qu’elle n’est pas, et ne sera jamais.
     « La République a gagné ! » Ca, ce sont des mots… C’est demain que nous verrons si elle a vraiment progressé. C’est demain que nous verrons si quelque chose a « vraiment » changé dans ce pays… Les « ténors », hier, ne se tenaient plus de joie, se gonflaient d’orgueil… peut-être oubliaient ils ce vers célèbre : « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ! »
     Y avait il vraiment péril ? Pas autant que certains le disaient, et tous le savions. Cependant, ainsi que le déclarait un éditorialiste : « C’est une grosse leçon de civisme ». Oui… mais il y a encore du boulot !
     Un autre péril arrive, dès aujourd’hui. Celui de la division et de la démagogie… celui de la rancœur et du « n’importe quoi pour planter les autres ! ». Enfin ! On verra bien. Le gros soupir libéré hier soir, doit laisser aujourd’hui à un geste triple : se remonter les manches, se serrer la main… et se remettre au boulot !

     Et maintenant ? A deux pas de San Isidro… à trois minutes de l’Ascension de Nîmes, le destin complique les choses : Antonio Ferrera, qui doit prendre six Baltasar Iban, comme un gladiateur dans le cirque romain, a reçu hier un vilain choc au coude gauche. Pourra t’il toréer ? Si oui, pourra t’il le faire en possession de tous ses moyens ? La décision se prendra aujourd’hui, mais, pour le moment, le torero se trouve sur un lit de douleur, le bras immobilisé.
     Et Maintenant ? Hier, Cesar Jimenez a coupé une oreille, à Séville, à une petite novillada de Manolo Gonzalez. Ce n’est ni l’énorme triomphe que chantent certains, ni le succès facile dû à l’émotion, que décrivent d’autres. Cesar Jimenez, élégamment froid devant son premier, a démontré un formidable courage, une caste indéniable, en se relevant d’une terrible cogida, à la première passe de muleta au manso cinquième. Sans se regarder, le jeune a toréé sobrement, vraiment, et bien tué. L’oreille est là, juste et « de poids ». Cela dit, Séville découvrait Jimenez, et le jeune torero l’a agréablement surprise, comme il l’a fait, dans chaque plaza, la première fois. Qu’en sera t’il, au cinquième paseo ?
     Et maintenant ? La corrida d’hier, à Madrid, a été la « répétition générale » de la San Isidro, qui commence samedi : deux heures cinquante de corrida ; dix toros dans le ruedo… pour ne pratiquement rien voir ! Non, vraiment… on n’est pas sorti de l’auberge !

     5 Mai – MADRID (Las Ventas) – Moins d’un quart de plaza – Temps horrible : Pluie, froid, vent !:  Une corrida détestable, dans des conditions détestables. Devant la désolante faiblesse des toros des frères Astolfi, le tendido 7 a, lui aussi, donné sa répétition générale, et fait changer trois toros. A la fin, la corrida se résuma en cet interminable casting : Trois toros d’Astolfi (1, 3, 4ème), deux de Criado Holgado (5 et 6ème) et un de Julio de la Puerta, sorti deuxième. L’ensemble mélangea faiblesse, mollesse, manque de race. En face, les toreros furent « en dessous », excepté Jose Luis Triviño dont on pourra qualifier de « très digne », la confirmation d’alternative.
     Mariano Jimenez a entendu deux silences. A priori, ne semble pas être revenu de sa grosse cornada de l’automne dernier, en ce même ruedo. Bonne estocade au quatrième
     Jose Antonio Iniesta (Silence et ovation) s’est fait accrocher vilainement en estoquant son premier. De même, un torero de grande qualité, mais qui n’arrive pas à « faire le pas » qui manque. Celui qui, de bon torero, le mènerait à « grand torero ».
     Jose Luis Triviño (Silence – Silence) a confirmé spon alternative devant « Desconocido », N°8, 551 kgs, d’Astolfi. Son actuacion fut très digne, faisant les choses correctement, en torero. Cependant, le bilan est bien terne : Faiblesse intense du premier, et public trempé de trois heures d’ennui, au dernier…peu de chance d’être applaudi. Cependant, un torero à revoir.

     5 Mai – ZARAGOZA – Quatrième du cycle de La Primavera – 1/3 de plaza : Le public d’Aragon est vraiment décevant. Quels que soient les efforts des organisateurs, il ne va à la plaza que pour le Pilar. Una tristeza !
     Hier est sortie une bonne corrida del Ventorrillo. Tiens ! Un élément important, après la novillada de Madrid. Très bien présentés et bons, les cinq toros de Medina ne sont pas tombés, et ont donné grand jeu, insuffisamment exploité par les toreros. En premier lieu sortit  un Gabriel Rojas, décevant. A la bascule : 511 (Rojas), 615, 578, 589, 565, 631 Kgs. Corrida très lourde, donc, mais qui « servit », en particulier le lot de Rafael de Julia. Ont été ovationnés : 2,3 et 5èmes.
     El Molinero (Ovation et silence) a connu la malchance la plus noire, au sorteo. Pas grand chose à faire devant le triste premier, de Rojas. Le quatrième est le « garbanzo » du lot de Ventorrillo. Molinero va lidier et se défendre, en torero mais sans aucune option au succès.
    Antonio Ferrera (Ovation et silence) avait, semble t’il, « la tête ailleurs ». Spectaculaire, mais trop vibrant, trop précipité, comme pressé de faire les bagages pour Nîmes. Il frisa le vulgaire, face au deuxième, qu’il tua d’un bajonazo. Le cinquième, dans un de ses sauts, inutiles et peu esthétiques qu’il donne à la sortie des banderilles, le gagna de vitesse et lui donna un terrible coup dans le coude gauche. Visiblement touché, Ferrera enleva sa chaquetilla et toréa d’une seule main. Déception, certes, mais aussi une grosse inquiétude, pour les jours qui viennent. Le torero est en clinique, le bras immobilisé. La décision sera prise aujourd’hui. Difficile de prendre six toros d’Iban… d’une main !
     Rafael de Julia (Oreille et Vuelta) semble avoir triomphé. Cependant, beaucoup s’accordent à dire qu’il fut en dessous d’un grand lot. Le troisième, en particulier, était un toro « de cortijo », de ceux qui vous permettent de signer d’un coup, trente contrats… De Julia se contenta d’être ce qu’il est : un torero classique, trop sobre, sans étincelle aucune. Et cela ne suffit plus. Loin de lui rapporter, cette actuacion risque de lui faire mal.

    5 Mai – SEVILLA – Novillada - Deux tiers d’entrée – Temps gris menaçant pluie : Cartel de luxe et, à la fin, une impression mitigée : Detallitos, na mas !
     Face à une novillada de peu de présence et de bon jeu de Manolo Gonzalez, deux toreros se sont présentés devant l’Aficion sévillane. A la porte de l’alternative, Leandro Marcos et Cesar Jimenez ont confirmé qu’ils étaient prêts pour l’Escalafon supérieur. De son côté, confrontés à des toreros de classe, Escribano a confirmé vaillance, mais aussi précipitation et vulgarité.
     Novillada terciadita de Manolo Gonzalez (444, 467, 403, 450, 447, 482 Kgs). Le troisième était imprésentable. Novillada dont le comportement fut dominé par « la soseria ». Noblesse fade et mansedumbre sans nerf. La plupart allèrent « a menos », laissant aux toreros peu de possibilité de compléter de bons débuts de faenas. Le sixième provoqua la débandade d’un cheval qui alla, par deux fois, percuter la barrière.Le picador Jose Antonio Sanchez y fut blessé au menton.
     Leandro Marcos (Ovation et Vuelta) a causé une bonne impresssion, grâce à un toreo esthétique, profond, artistique. Son premier s’éteint rapidement. C’est au quatrième que le castillan donna de grandes naturelles, le meilleur toreo de la journée. Un revistero n’hésite pas à souligner « dix naturelles, meilleures que toutes celles qui se sont données au cours de la Feria d’Avril ». Hélas, il ne tua pas « à la première ».
     Cesar Jimenez (Ovation – Oreille) « se regarda beaucoup » devant son premier, qu’il reçut par chicuelinas, au centre de l’albero. Faena débutée par six derechazos, genoux en terre. Surprise et intérêt. Mais la faena va « a menos ». Par contre, au cinquième, les Sévillans sont restés pantois devant la caste du madrilène : Le toro est manso, et percute très violemment Jimenez, à la première statuaire. On craint la grosse blessure. Le garçon s’échappe des mains secourables qui l’emportent à l’infirmerie et revient au combat. Oubliée « l’esthétique avant tout » ! Un peu dans le cirage, Jimenez va toréer « vraiment », gommant peu à peu les défauts de l’adversaire et tuant bien. Oreille indéniable et porte ouverte à un raisonnable espoir.
     Manolo Escribano (Silence – Ovation) a touché le lot « chungo ». Quatre largas à genoux pour recevoir le « moustique » troisième. Escribano poussa le vibrato, mais en vain. Il reçut le sixième à portagayola, mais son actuacion ne put décoller vraiment, à cause du toro, mais aussi parce que l’andalou était « à dix pas » derrière la classe des deux madrilènes. Et Séville garda le silence.

 

AVANT « LA GRANDE BATAILLE »…

     7 Mai : A peine est on sorti d’un « confrontation nationale » qui fera date et qui ne sera pas « sans conséquences », que l’on repart vers une nouvelle « grande bataille ». Non pas celle des « Législatives » dont les grandes manœuvres ont déjà commencé, sous forme de grandes embrassades sur la bouche, contresignées, quand même, sur papyrus et parchemins… au cas où !
     Ce n’est pas de cette bataille là qu’il s’agit... 
     San Isidro débute, samedi.
La plus grande feria du monde se poursuivra, sans discontinuer, jusqu’au 8 Juin. Durant 29 jours, matadors, rejoneadores, novilleros et tous les professionnels qui les entourent, vont vivre l’angoisse de l’inconnu ! Que va pasar ? Après les désastres des premières ferias, Madrid sera le grand coup de poker : Où la San Isidro « sauve » ce début de saison… ou elle le condamne, définitivement. La plaza de Las Ventas et son public ne font pas dans la dentelle. On le sait. Les conditions climatiques, en général, ne sont pas là pour arranger les choses. Le monde entier a les yeux braqués sur la Monumental, et la télévision, cette année, va en rapporter chaque seconde.
     Ganaderos et « certains » toreros ont été lourdement accusés, au sortir de Séville. Les scandales de la Maestranza, déjà fort bruyants, se seraient transformés en émeute, à Madrid. Les toreros le savent ; les ganaderos, le savent ; et l’empresa ne pourra tomber dans ce piège. De son côté, le public aura « le fusil chargé »… et certains, en particulier Jose Tomas, sont déjà dans le collimateur.
     Feria « pesante », feria passionnante, la San Isidro 2002 arrive, avec son cortège de longues tardes insipides, devant une plaza pleine, quel que soit le cartel, tout à coup éclairées de moments magiques. Alors, Madrid « la râleuse », Madrid la terrible, Madrid l’injuste, devient la plus grande, la plus belle, la plus généreuse des Aficions, justifiant son statut de « Cathédrale du Toreo »…

     San Isidro 2002 – Voir le programme dans la rubrique « Cartels »

 

LES « GROSSES ESCARMOUCHES »…

     7 Mai : Avant « le grand combat » de Madrid, auront lieu deux gosses « escarmouches », que le mundillo suivra de très près : Jerez de la Frontera et Nîmes.

     Jerez débute aujourd’hui, avec une novillada de Guadalest, pour les fils Galan et Manzanares. Après la traditionnelle corrida de Rejoneo, demain, se donneront trois corridas qui permettront aux ténors de faire leur déclaration d’intentions, avant Madrid. Juli et Morante reviennent du Mexique : Le madrilène, triomphant ; l’andalou, sans grands exploits dans la besace, mais en forme. Absent volontaire de Séville, Morante n’a été touché par aucun scandale. On peut presque dire qu’il commence sa temporada à Jerez. Les autres se sont préparés, en douceur, faisant oublier les turpitudes sévillanes. Jerez sera une mise au point, avant la grande bagarre. Pour le moment, Enrique Ponce est toujours incertain. La blessure de Séville était, musculairement, plus sérieuse que l’on croit, et le valenciano veut revenir « à 100% », ce qui est tout à son honneur.

     Nîmes sera également en point de mire : Deux événements, pour l’Ascension, puis la Feria, qui suivra, de très près. Malgré son terrible coup de fouet au bras, dimanche, à Zaragoza, Antonio Ferrera va faire le paseo, demain, seul devant une corrida de Baltasar Iban, qui semble des plus sérieuses. Est ce bien raisonnable ? Les toreros nous ont habitués à ces paris « fous ». Comme des Don Quichotte modernes, ils partent au combat, sans se soucier des bleus et des bosses, en quête d’une nouvelle parcelle de gloire qu’un toro peut effacer, d’une simple pichenette. Antonio Ferrera ne veut pas laisser passer l’opportunité. Il ne veut pas, non plus, décevoir ceux qui ont accouru à son rendez-vous. Espérons simplement qu’il n’aura pas à toréer six toros… d’un seul bras. Ne pas oublier, non plus, que Ferrera a rendez vous avec Madrid, les 17 et 29 mai. Certes un peu de temps pour soigner d’éventuels bobos, mais quand même…
     Puis, l’alternative de Cesar Jimenez. Un événement qui n’aura pas d’immédiates conséquences. Cependant, ce jeune diestro, pourri de talent, suscite l’intérêt et donc, la division des opinions. Son réel succès de Séville compense la « mésaventure madrilène », et l’aficionado attendra avec passion, ses premiers pas de « Matador de Toros », faute de déjà le baptiser un peu trop tôt « figura del Toreo ». Donnons le temps au temps…
     A ses côtés, Paco Ojeda, qui suivra la San Isidro, de loin, mais qui devra jouer serré, dans « sa » plaza de Nîmes. On ne lui pardonnera pas la demi teinte… Le Juli, quant à lui, viendra, regardera, froncera le sourcil… et triomphera. Ce « sacré gamin » n’est que caste et pundonor. Il ne laissera pas passer un tel rendez vous.

     Un « pont » passionnant, donc, à la veille de Madrid ! Que haya « beaucoup de chance », para todos !

     Voir les affiches de Jerez et Nîmes, dans la rubrique "Cartels"

 

ZOTOLUCO, TRIOMPHATEUR D’AGUASCALIENTES.

     7 Mai : N’a pas fait le voyage pour rien, le diestro d’Azcapotzalco ! Cinq oreilles et un rabo, en deux corridas ! Le Zotoluco vient d’être désigné à 100% des suffrages (Aaaaah ! Mieux que…) triomphateur de la feria de San Marcos, en plaza d’Aguascalientes.
     Le moral un peu en berne, après un dur début de saison européenne où les toros et les hommes ne lui font pas de cadeaux (lisez : corridas dures et empresas méprisantes)  le N°1 mexicain est revenu sur ses terres, et a mis les choses au point : « Aqui estoy yo ! » Un message, pour le Mexique, et pour l’Espagne. Maintenant, reste à confirmer lors de son unique paseo, en plaza de Madrid. Un gros pari.

     Les trophées de la Feria d’Aguascalientes sont les suivants, après dix corridas où l’on a coupé 29 oreilles :
     Triomphateur de la Feria : Eulalio Lopez « Zotoluco ».
     Meilleure faena : Luis Fernando Sanchez, le 26 avril, à un toro de Venta del Refugio
     Meilleur lot : « Los Encinos », le 3 mai, avec un résultat d’apothéose : 7 oreilles et un rabo.
     Meilleur Toro : « Oropel » de De Santiago (de Pepe Garfias), toréé par Ignacio Garibay, le 27 Avril.

 

ANTONIO FERRERA : PILE ET FACE !

     8 Mai : Que va t’il se passer, aujourd’hui à Nîmes ? Si « les temps le permet », comme le chantent les anciens cartels, un matador va s’habiller de lumière et s’avancer, seul, dans le grand ovale du cirque romain. La tête un peu lourde de temps de responsabilité, il pensera peut-être à tous les exploits qui ont parsemé cet étrange « ruedo », au long de son histoire. De toutes ses forces, il voudra y ajouter le sien : Antonio Ferrera, seul contre six Baltasar Iban, en plaza de Nîmes.
     Un « unico espada » est un exercice très particulier. Le public arrive, prédisposé au triomphe. Il accueille et encourage le matador courageux, seul face à son défi. Cependant, « dans sa tête », le public vient voir cet artiste faire, devant six toros, ce qu’il a l’habitude de faire… devant deux. Aussi, parfois, il comprend difficilement la sagesse avec laquelle le diestro mesure son effort, gère son marathon. Parfois, le mot « demi teinte » effleure les lèvres, puis surgit un bâillement…
     Un « unico espada » est plus fait pour un torero « de tête » que « de cœur », bien que tous aient « un cœur, comme ça ! ». Six toros sont six lidias, avec des suertes adaptées à ces stratégies. Six toros : un répertoire ample et spectaculaire, afin que jamais ne retombe l’intérêt. Six toros, ce sont des faenas tranchantes, brèves, percutantes. Six toros… ce devrait être… six estocades.
     «L’unico espada » parfait fut celui de Paco Camino, à la Bienfaisance de 1970. Torero « de tête », Camino mit ce jour là, toute sa science et tout son cœur, face à six toros de diverses ganaderias (dont Miura, Pablo Romero) et, pour dessert, en régala un septième, coupant un sac entier d’oreilles.
     A l’inverse, un « unico espada » de cauchemar, fut celui de Paquirri, à la Bienfaisance de 80. Torero « de muscles et de race », le diestro de Barbate se planta, dans les grandes largeurs… tout comme il le fit, d’ailleurs, dans le même exercice, à Dax, quelques semaines avant Pozoblanco.

     Antonio Ferrera pourra t’il se donner, face à six toros, comme il en a l’habitude, face à un lot, normal ? Peut on attendre de lui, cette intensité, avec cape, banderilles, muleta… six fois de suite ? A vous de répondre.
     Les toros sont de don Baltasar ! O sea…casta ! En principe! Il est probable que le combat sera intense, violent. Ferrera devra garder tête froide, et « refroidir » son cœur. Toute l’équation est là : Mesurer son toreo, pour lidier parfaitement, au risque de décevoir ceux qui parlent « d’abordages et de castagnettes ».
     Deux autres éléments : Ferrera est il assez fort « dans sa tête », pour prendre seul, six toros ? L’autre question : Ferrera a t’il les facultés physiques, aujourd’hui, pour lidier six toros, en étant « en Antonio ferrera » ? Le coup de Zaragoza a forcément laissé des traces, et le moindre achuchon, le moindre derrote qui arrache la muleta, provoquera forcément quelque douloureux réflexe. Pourvu que cela n’arrive pas au premier toro…
     Antonio Ferrera a t’il eu raison de tenter ce coup de dés ?  On a beau chercher… on ne peut qu’en douter. L’exploit, certes, sera de poids. Mais c’est à la San Isidro qu’il faut « tout percuter »… L’exploit de Nîmes (si cela marche) n’aura de véritable écho, que si Antonio Ferrera triomphe à Madrid, les 17 et 29 Mai. Alors, on dira « Et en plus… il a pris six Baltasar Iban, l’autre jour, à Nîmes ». Sinon… il gardera l’admiration, parfois « desorbitada », des français… et guère plus.
     La corrida « pile ou face » de Nîmes, est elle une bonne préparation pour Madrid ? Hombre ! Oui, s’il triomphe complètement et sans se faire mal. Si, au contraire, il est « limite », on ne pourra parler d’une bonne préparation, physique et mentale, pour Madrid, capitale dans tous les sens du terme.
     Cela dit, « le geste » est là, et il faut le saluer, chapeau bas. On souhaite à Ferrera, toute la chance et la lucidité du monde. Pour ce qui est du cœur… pas de soucis.
     Que haya suerte, torero !

 

JEREZ : PORTE OUVERTE SUR UNE DECEVANTE OUVERTURE

     8 Mai : La Feria du Caballo 2002 s’est ouverte à Jerez de la Frontera, hier, par une novillada, dite « de lujo ». Tout le monde s’attendait à pouvoir fêter les triomphes des fils de Galan et Manzanares, face à un novillada, soigneusement sélectionnée, de Guadalest. En telonero, et sans gêner les prodiges, on avait choisi Octavio Chacon, novillero mené par Jose Luis Galloso. 
     Jerez ouvrait sa feria… les chevaux étaient magnifiques. Quant aux filles… on ne vous dit pas ! Déjà, on se voyait, à l’entrée de quelque caseta du ferial, un fino à la main, regardant passer filles et chevaux, les unes « hennissant de joie », les autres « trépignant de la croupe » (à moins que cela soit le contraire… !), dans une chaude ambiance ou les parfums se mêlent à la poussière, les rires à la guitare.
     C’est manqué ! Il faisait très froid, et l’on craignait la pluie… On avait caché les croupes sous les manteaux, et les chevaux ne piaffaient même pas. Que tristeza ! Pour arranger le tout, il n’y avait qu’un quart de plaza, et la novillada est sortie, frein à main serré. Pire encore : c’est le telonero qui a triomphé. Maldita sea ! Octavio Chacon, torée proprement, tue comme un chef, et ouvre la grande porte !  Y a des jours, comme ça.
     On attendra donc des jours meilleurs. On espère de belles choses, aujourd’hui, avec les cavaliers. Mais demain, Ponce ne pourra réapparaître. Décidément, Jerez commence mal.

     7 Mai – JEREZ DE LA FRONTERA – 1ère de la Feria del Caballo -  Novillada – Un quart de plaza – Froid pluvieux : La novillada de Guadalest est sortie « bonita de cara », manquant de race, de mobilité. Quatre des novillos se sont arrêtés. Seul le sixième a chargé, mais rebrincado, de façon très désordonée.
     Octavio Chacon coupe une oreilles à chacun, et sort par la grande porte. Bien au capote, par véroniques et chicuelinas, il toréa très proprement ses deux adversaires, s’adaptant courageusement à leur comportement, et surtout, mit deux très grosses estocades. Bon succès du torero de Galloso, qui brinda le quatrième à De Paula et Manzanares père, assis ensemble à un barrera.
     David Galan (applaudissements – ovation) fit une longue faena un peu vulgaire, à un premier novillo qui s’échappait du muletazo. Cogida en entrant à matar. Le fils d’Antronio Jose Galan débuta en trombe, face au cinquième, par quatre largas à genoux. Brindis à Don Alvaro Domecq, et guère plus, le toro se révélant noble, mais faiblissime.
     Jose Maria Manzanares fils : Silence – Oreille (« Souviens toi de Mugron ! »)

Ce 8 Mai: Corrida de Fermin Bohorquez, pour les rejoneadores Fermin Bohorquez, Luis Domecq et Pablo Hermoso de Mendoza.

 

VALENCIA : ON PREPARE LA SAN JAIME

     8 Mai : L’Empresa de la plaza de Valencia est déjà au travail, en vue de la toujours problématique Feria de Julio. On le sait, la ville pâtit de la chaleur, à cette époque, et se vide partiellement. Tout le monde qui ne travaille pas, s’en va se mettre au frais, au campo ou au bord de la mer « qu’on voit danser, le long… » etc…
     Donc, comment faire pour remplir la plaza ? Un vrai casse tête, qui semble se résoudre, depuis deux ans, grâce au travail de la précédente empresa. Cette année, il faudra mettre les bouchées doubles : Les Fallas ont été décevantes, et « le liston » de la présentation des toros a baissé. Donc, il faut reconstruire !
     La feria se déroulera du 20 au 28 Juillet. Les toros seront de Guardiola, Cuadri, Puerto San Lorenzo, Pereda, Nuñez de Cuvillo, et Las Ramblas.
     On sait qu’il y aura un cartel de banderilleros (Espla, Ferrera, Fandi) et que les toreros viendront tous « à un contrat ».
     Des figuras sont déjà positionnées : Ponce prendra, le 25 juillet, des Pereda, avec Paco Ojeda. Finito et Jose Tomas défileront ensemble, le 26, face à des Nuñez del Cuvillo. Le cartel du 27 est clos : Joselito, Vicente Barrera et Juli, avec une corrida de Las Ramblas. 

 

ALTERNATIVE TELEVISEE ?

     8 mai : C’est dans l’air ! Javier Valverde recevra l’alternative, le 12 Juin, en sa ville de Salamanca. C’est un des événements de la temporada. Rarement un torero sera arrivé, plus « prêt », à passer au rang supérieur. Par son sérieux, son courage serein, son toreo de sobriété et d’honnêteté, Javier Valverde peut rejoindre les figures du Toreo Charro, et devenir un des toreros importants des années qui viennent. Certes, les temps ont changé, mais il est bon que des hommes de cette trempe, nous ramènent à l’Histoire du Toreo. El Viti fut torero de Salamanque, de Madrid, de Séville et … de partout. Valverde peut marcher sur ses traces. Du moins, on le lui souhaite.
     Cette alternative a suscité de nombreux échos divergents : Qui sera le Parrain ? Un coup, c’est Ojeda ; l’autre coup, c’est Joselito. Pour le reste, Juli sera le témoin, et de Bañuelos seront les toros. De son côté, le jeune futur matador suit cela très simplement, avec un seul commentaire : « Peu importe le parrain. Le soir du 12 juin, je serai Matador ». L’apoderado ne dit qu’une chose : « Cela a toujours été Paco Ojeda ». La presse s’est donc fourvoyée, suite à quelque bruit de couloir mal vérifié.
     Un autre bruit qui circule, avec insistance : La corrida d’Alternative de Javier Valverde, le 12 Juin, serait télévisée, en direct. Espérons le, quoique l’on sache déjà que le lendemain, 13 Juin, la télé retransmet la Bienfaisance, à Madrid. On verra bien… (ou on ne verra rien !)
     Que Valverde soit télévisé pour son alternative serait une grande chose, (à condition qu’il y soit bien) un triomphe, à cette occasion, pouvant lui ouvrir de nombreuses portes. On le lui souhaite. Mais en attendant, il faut « encore » triompher à Madrid, le 13 Mai, devant les Santa Coloma de La Quinta.
     « Atarse bien los machos, y a ver lo que pasa, Matador ! »

 

NIMES : CE QUE L’ON POUVAIT EN ATTENDRE…

     9 Mai : Antonio Ferrera a pris, hier, six toros en plaza de Nîmes. C’est déjà un exploit en soi. Face à un lot de Baltasar Iban, dont trois étaient de grands toros, et deux autres potables, il s’est montré à la fois vibrant et retenu, gérant son effort, essayant d’apporter quelque variété à ses faenas, en particulier dans les phases d’entame, et les remates. A la cape, sûr et efficace. Aux banderilles, inégal et bondissant, le saut postérieur à la réunion devenant par trop inesthétique. On le lui reprochera, un jour. L’épée a fonctionné vite, sinon correctement. Antonio Ferrera a coupé quatre oreilles, presque cinq, sortant a hombros par la « Porte du Prince », nîmoise, dite « des Consuls ». Tout est donc pour le mieux, dans le meilleur des mondes.
     Pourtant, on ne peut parler de triomphe…
     Tout d’abord, un tel « événement » aurait du susciter plus d’engouement. Un tiers de plaza, c’est bien peu, et la météo n’en a que peu de responsabilité. C’est à la réservation que cela se passe. Les Aficionados « de loin », ont ils préféré ne venir que pour la Feria ? Nous le saurons aujourd’hui. Si la plaza est « casi llena », pour l’alternative de Jimenez, avec Ojeda et Juli, c’est que Ferrera n’intéressait pas. Si le gros trio de ce jeudi d’Ascension fait « media plaza », c’est l’empresa qui devra revoir sa copie. Dans les deux cas, Ferrera est perdant. Triompher devant une plaza « pleine de vide » n’a aucun poids, sinon celui de la légitime fierté du torero, et des souvenirs personnels de quelques 5000 personnes. Avoir servi d’appât pour un essai « Ascensationnel » était un pari bien risqué, pour un résultat bien aléatoire. D’autant qu’il n’y avait pas de « seconde chance », dans les cartels de la Pentecôte, ce qui est quand même « un peu raide »…
     Par ailleurs, Antonio Ferrera, face à une bonne corrida, n’a pu se livrer à 100%, à chaque lidia, dans chaque faena. De plus, le registre du torero fait grande illusion dans une corrida « à trois », mais reste limité, lorsqu’il s’agit de maintenir l’intérêt, deux heures durant. Ferrera est un torero d’émotions intenses, violentes, et non de longs murmures admiratifs… Il est probable que dans le public, certains auront fait la moue, d’autant que les toros « ont servi ». De fait, il ne pouvait en être autrement.
     Aujourd’hui, on ne parle de Nîmes que dans un seul des grands quotidiens espagnols, « la Razon », grâce à son correspondant local.
     Tout en saluant l’exploit, on ne peut que se demander « à qui » devait-il profiter, et si le matador n’a pas, ici, entamé un crédit que la France lui avait si généreusement ouvert.
     Plus que jamais, la solution se trouve… à Madrid, dans les semaines qui suivent. Ferrera se doit de marquer la San Isidro, sinon, « le tiers de plaza » de Nîmes lui reviendra, comme un vilain boomerang…
     Et pourtant, il coupe quatre oreilles, presque cinq, et il sort « en Consul »…

     8 Mai – NIMES – (De notre correspondante) Première de la mini feria de l’Ascension – 1/3 de Plaza – Temps détestable, avec pluie et froid : Antonio Ferrera, seul contre six  de Don Baltasar..
     La corrida de Baltasar Iban est sortie superbement présentée, sérieuse de trapio et de tête. A la bascule, un poids très raisonnable : 540, 515, 495, 495, 499, 498 kgs. (Il y avait un « Bastonito », dans le lot. Ne pas oublier que le terrible « Bastonito », de Rincon, à Madrid, pesait 501kgs). Au moral, de la caste et trois grands toros, justement ovationnés à l’arrastre : 3, 4 et 5èmes. Seuls dénotèrent un peu, les deux et surtout sixième, faibles. On regrettera que le mayoral n'ait pas été associé au succès du torero.

   Antonio Ferrera (Silence – Oreille – Oreille – Oreille – Oreille et deux vueltas – Applaudissements, après un avis et sortie a hombros par la Porte des Consuls), s’est montré, à la fois, vibrant et raisonnable. Bien au capote, sans en remettre, il a banderillé les six, les a toréés fermement, mais sans atteindre de grands sommets, et les a estoqués, habilement. A aucun moment il n’a manifesté d’inquiétude, d’impatience ou de fatigue. C’est là « un gros bon point ».

     Premier toro un peu tardo, que le torero va facilement régler, en attendant de meilleures opportunités - Le deuxième va se donner une méchante vuelta de campana. Bon tiers de banderilles terminé d’un quiebro, faena sans complètement trouver le bon tempo, et une petite oreille, après une entière – Larga à genoux, pour recevoir le troisième, brave au cheval. Festival aux banderilles et faena claire, terminée par une épée entière. Oreille nette – Le quatrième ne se laissera pas faire, au capote. Encasté, brave au cheval. Banderilles inégales, mais une paire, al violin. Le muletero fera fonctionner la tête, et coupera un oreille, juste, après une estocade dont il sort fortement bousculé –  Nouvelle larga, pour recevoir « le » toro de la tarde, le cinquième,  qui se montrera très brave sous le fer de Jacques Monnier. Toro vibrant, puissant, mobile en diable. Gros tiers de banderilles, bien que d’inégal résultat, faena vibrante, brindée à son apoderado, Luis Alvarez, débutée par deux cambios, dans le dos. Faena très engagée, en particulier main droite. Entière au deuxième voyage, et oreille avec pétition de la deuxième. Le président refuse et prend une bronca, tandis que le torero donne deux vueltas – Le sixième sera très faible, et Ferrera tentera de le maintenir, toréant suavement, au coup par coup. Cela se terminera mal au descabello, et cette conclusion gâchera un peu son plaisir, mais non l’ovation finale et la sortie a hombros.
     Madrid n’a pas de « Porte des Consuls »… mais c’est « celle là » qu’il faut ouvrir.

     Ce 9 Mai – Novillada « de la Cape d’Or », en matinée : Ganado de Joselito pour Jonathan Veyrunes, Jose Maria Manzanares, Fernando Cruz.
     Ce soir, l’alternative de Cesar Jimenez, des mains de Paco Ojeda, en présence du Juli. Les toros seront de Torrealta.

 

JEREZ : LA PLUIE, AU GALOP…

     9 Mai : Una tristeza ! Pluie et froid pour ce début de la Feria de Caballo. Le fino n’arrive pas à réchauffer les cœurs.
     Hier, corrida de Rejoneo. Le chroniqueurs regrettent l’absence d’Antonio Domecq, histoire de mettre un peu d’ambiance. Par ailleurs, certains reprochent à Pablo Hermoso de Mendoza le fait d’avoir « oublié » Jerez, dans la tournée d’adieux de « Cagancho ». Si Madrid est la « cathédrale du Toreo », Jerez est « le temple du Rejoneo », que le navarrais n’avait pas le droit d’ignorer ainsi, à l’occasion de la retirada de ce formidable « Cagancho », qui rejoint dans la légende, « Esplendida », d’Alvaro Domecq.

     8 Mai – JEREZ DE LA FRONTERA – 2ème de Feria – Rejoneo – Casi lleno – Temps pluvieux et très froid : La corrida de Fermin Bohorquez est sortie sans race, sans mobilité, et peut-être, trop chargée : 550, 508, 520, 537, 600, 578 Kgs.
     Fermin Bohorquez a coupé une oreilles à chacun de ses adversaires. De gros efforts, devant des toros distraits ou arrêtés – Luis Domecq a touché le mauvais lot, et lidié sous la pluie. Bien au deuxième, mais échouant au descabello, il se battra comme un chien face au cinquième, jusqu’à lui « arracher » une oreille – Pablo Hermoso de Mendoza n’a pas eu le rendement habituel, malgré un public totalement acquis d’avance. Il échoua à la mort de son premier, mais coupa deux oreilles un peu généreuses, devant le dernier.
     Bohorquez et Hermoso de Mendoza sont sortis « a hombros », mais pour le moment, à Jerez, il pleut sur les illusions…

     Ce 9 Mai : Corrida de Jandilla pour Joselito, Rivera Ordoñez, et Davila Miura, qui remplace Enrique Ponce.

 

DE CI… PAR LA…

     9 Mai : Le mundillo résonne, chaque jour, d’anecdotes et de bruits, qui le rendent passionnant, mystérieux, ne laissant aucune place à l’ennui… Par exemple :

     Jolie coïncidence ! : Curieux ! Paco Ojeda sera le parrain des trois novilleros « de postin » qui prennent l’alternative, tout prochainement. Tout d’abord, Cesar Jimenez, aujourd’hui, à Nîmes ; Puis, Leandro Marcos, lundi prochain, à Valladolid ; Enfin, Javier Valverde, le 12 Juin, à Salamanca. Du coup, Santander a eu l’idée d’inviter les trois diestros à fêter ce « triple parrainage », au cours de sa prochaine feria de Santiago, en Juillet : Un des cartel réunira Cesar Jimenez, Leandro Marcos et Javier Valverde, face à du ganado de Charro de Llen.

     Apoderamiento « éclair » : On apprend que David Galan vient de rompre avec son apoderado, Sebastian Palomo Linares. On sait que l’ex matador s’était fait un devoir d’aider le fils d’Antonio Jose Galan, étant son apoderado officiel, depuis trois mois. Que s’est il passé ? Entre temps, Palomo a pris en mains les intérêts d’Oscar Higares. Ceci est il lié à cela ? Qui sort gagnant de cette rupture ?  Le torero, qui va chercher un vrai apoderado qui s’occupe exclusivement de lui ? ou l’apoderado qui voit que le novillero n’a pas la qualité, ni l’avenir, qu’on lui prête ? Réponse, sous peu.

     A Antoñete, le Prix "Joaquin Vidal" : Le Prix Mazzantini, attribué chaque année à un professionnel du Toreo, « qui a marqué l’Histoire », vient d’être rebaptisé « Prix Joaquin Vidal », du nom du grand revistero du « Pais », récemment disparu. Pour cette première édition du nouveau trophée, c’est Antonio Chenel « Antoñete » qui se voit distingué, pour l’ensemble de sa carrière, et la toreria qu’il porte en lui, dans et hors des ruedos. « Enhorabuena, Caballero ! Todo un torero, todo un Señor ! » 

 

HIER ET DEMAIN… LA MONUMENTAL DE MADRID !

     10 Mai : Pratiquement un mois complet de toros… Aayyy, que suerte ! On devrait pouvoir passer directement aux « quatre bonnes choses » qui résulteront de la Feria San Isidro 2002. Mais non ! Il faudra, l’une après l’autre « aguantar » les tostones et rafales de vent, pour que, tout à coup, l’étincelle, « la grande communion », se produisent et que Madrid reprenne le sceptre de « Première Arène du Monde ».
     On doit à Enrique Guarner (du quotidien mexicain « Novedades »), un joli résumé de l’histoire des différentes plazas de toros, de Madrid. A la veille de la San Isidro, cela vaut la peine de s’y arrêter, et de traduire, religieusement, son article.

     « Les premières corridas de toros, à Madrid, eurent lieu sur la Plaza Mayor, vaste espace quadrangulaire dont les limites étaient naturellement constituées par les immeubles qui la bordaient. Pour les spectacles, on installait des tribunes, et les le combat se faisait à cheval, et à la lance, les chevaliers étant aidés par leurs valets (peones). A l’époque de Philippe IV, roi aficionado, on a construit une arène de bois dans les jardins du Retiro, où eurent lieu des combats de caractère « privé », pour le roi et sa cour.
     En 1749, Philippe IV finance de ses propres deniers la construction d’une plaza de toros située entre les actuelles rues de Serrano et Claudio Coelho, où l’on donna des courses de toros au bénéfice des hôpitaux de Madrid. On y vit les exploits des Romero, Costillares, Pepe Hillo, Paquiro, Cuchares, El Tato, et les premières sorties de Lagartijo et Frascuelo. La dernieère corrida en sces lieux se déroula le 19 Juillet 1874, des toros de Manuel Garcia Puente étant lidiés par Rafael Molina et Salvador Sanchez.
     La lendemain de cette course, on démolissait la plaza, et quelques semaines plus tard, le 4 septembre 1874, on inaugurait la très belle Plaza de Madrid, que l’on a construite sur la « carretera de Aragon », c’est à dire, dans le prolongement de la calle de Alcalà. Ses plans furent dessinés par les architectes Alvarez Capra et Rodriguez Ayuso, qui utilisèrent du ciment armé et de la briquette.
     Le style mudejar de la plaza était souligné dans le bâtiment central « à double arcade », qui tenait lieu d’entrée principale. La plaza dite « de la carretera de Aragon » pouvaient recevoir 13000 spectateurs, assis en trois étages de 10 filles de tendidos, 8 de gradas et 18 palcos, respectivement. Une plaza ample et très fonctionnelle, avec 12 chiqueros, de grandes écuries, une infirmerie bien agencée, une salle pour les toreros, les bureaux de l’empresa et une conciergerie.
     Pour la corrida d’inauguration, on choisit des toros de Veragua, Garcia Puente, Lopez Navarro, Antonio Hernandez, Atanasio Martin et Miura. Pour les combattre, Manuel Fuentes « Bocanegra », Lagartijo, Frascuelo, Currito, Jose Lara « Chicorro », et Jose Machio.
    
     A la fin de la première guerre mondiale, la population de Madrid avait tellement augmenté que la plaza devint obsolète, et décision fut prise d’en construire une nouvelle.
     On pensa l’installer sur un grand monticule, proche aux terrains de La Venta del Espiritu Santo, et l’architecte chargé de l’œuvre s’appelait Jose Espeliu.
     L’arène que nous connaissons aujourd’hui est construite de ciment armé et de brique rouge, dans le style « Mozarabe ». Elle peut recevoir 23000 spectateurs, disposés en cinq files de barreras, 14 de tendidos, 14 autres de gradins hauts, et de nombreuses loges. Elle compte 10 chiqueros et de nombreuses dépendances, dont un important musée taurin, qui relate grande partie de l’histoire taurine de Madrid.
     Le ruedo de Las Ventas est de 60 mètres, et l’on construisit des barrières suffisamment hautes pour qu’aucun toro ne parvint à les sauter (Ndlr : On a eu « tout faux ! », de nombreux toros faisant chaque année un tour au callejon. On se souvient , entre autre, du toro « Niño », à la bienfaisance de 1971, qui faillit passer au tendido, cassant le bras à un spectateur de barrera).
     La corrida d’inauguration de la plaza de Las Vrentas, eut lieu le 17 Juillet 1931, avec des toros offerts par Juan Pedro Domecq, Julian Fernandez, Manuel Garcia, Concha y Sierra, Perez Tabernero, Coquilla, Conde de la Corte et Indalecio Garcia.Les toreros, qui actuèrent gratuitement,avaient pour noms : Diego Mazquirain « Fortuna », Mardcial Lalanda, Nicano Villalta, Fausto Barajas, Luis Fuentes Bejarano, Vicente Barrera, Fermin Espinosa « Armillita » et Manolo Bienvenida.
     Cependant, comme la plaza était loin d’être terminée, il fallut attendre le 21 octobre 1934 pour que se donne, vraiment, la première corrida formelle à la Monumental de Madrid, toréée par Juan Belmonte, Marcial Lalanda et Joaquin Rodriguez « Cagancho », face à des toros murubeños de Doña Carmen de Federico »…

     Puis, l’histoire continua… La guerre, les crises, le progrès… « Elle » est toujours là et bientôt, elle aussi deviendra trop petite. Du moins… pour la San Isidro !

 

L’ALTERNATIVE REVEE.

     10 Mai : « Cesar Jimenez ya es matador de Toros ! » Le jeune madrilène peut se montrer fier de son alternative, des trois oreilles coupées et de sa sortie par la Porte des Consuls. Maintenant, tout reste à faire. « Arriver, surprendre… est presque facile - disait Paquirri - L’important est de ce maintenir… ». Tous ont vécu cela.
     Cesar Jimenez est « matador de toros ». Lui reste à découvrir le grand cirque du marché taurin, des ferias où il faudra jouer des coudes, lui qui, de la tête de l’escalafon novilleril, repart de « tout en bas », dans le classement supérieur.  
     Malgré la pluie, Cesar Jimenez a vécu, hier, à Nîmes, l’alternative rêvée, bien encadré et encouragé par deux figures du toreo qui ont, elles aussi, triomphé, coupant trois oreilles à des toros corrects, sans être des foudres de guerre. D’ailleurs, très lucide, Cesar Jimenez déclarera : « J’ai combattu des novilladas plus grosses que la corrida d’aujourd’hui ! »
     A ses côtés, El Juli a triomphé. Il suffit de demander! Plus admirable, parce que plus « coûteux », l’effort de Paco Ojeda, au bord de l’implosion, qui parvint à planter les zapatillas » et retrouver une partie de son sitio d’antan. Cela s’est passé à Nîmes, dans « sa » Nîmes, et ce n’est que justice. Voyons si ce bain de jouvence a de positives répercutions, à Jerez, demain, et lundi à Valladolid.

     Le matin, Fernando Cruz a démontré son talent torero et sa caste. Il remporte la « Cape d’Or, mais se fait casser deus côtes. Quant à Manzanares hijo....
     Pendant ce temps, la France et le Sud Ouest surnageaient sous des trombes d’eau. A Biarritz, les vacanciers jouaient aux « Parapluies de Cherbourg », et à Brocas les Forges, Julien Lescarret coupait deux oreilles… en petit comité. Maldita sea !

     9 Mai – NIMES – Deuxième corrida de l’Ascension – Presque ¾ de plaza – Temps pour le moins « humide » - Pluie aux 1, 5 et 6èmes toros.
     (De notre correspondante) : Brillante alternative de Cesar Jimenez, devant un encierro de Torrealta qui lui a permis de développer son toreo. La corrida est sortie correctement présentée, quoique légère : 460, 466, 518, 484, 463, 469 kgs). Toros intéressants, manifestant tout le panel du toro de combat de l’An 2000 : Il n’y eut pas de faiblesse, mais une majorité de charges à retardement. Le meilleur fut, de loin, le sixième, tandis que le quatrième manifesta le plus de caste.
     Alternative de Cesar Jimenez (Oreille – 2 oreilles après avis et sortie a hombros, par la Porte des Consuls). Vêtu de blanc et or, le madrilène reçut par delantales, pieds joints, le toro de la Cérémonie « Corralito », N°93, un colorado de 460 kgs. Le toro se montrera noble, mais paradito. Débutant à genoux, Jimenez donnera une faena essentiellement droitière, tuant d’une estocade, et coupant une première oreille, normalita. Son triomphe au sixième, par contre, ne souffre d’aucune contestation : Avant la sortie, le jeune diestro s’en va au centre, attendant le toro « a portagayola », non pour une larga, mais pour des chicuelinas, clôturées les deux genoux en terre. Gros effet. Après un bon quite par tafalleras, le toro, du nom de « Salton », arrive noble à la muleta et Cesar Jimenez pourra dérouler un toreo de qualité, suave, lié, bien sûr débuté « deux genoux en terre » et clôturé par manoletinas. Bonne épée « a un tiempo » et deux oreilles, justes. Cesar Jimenez « ya es matador de toros »
    Paco Ojeda (Sifflets – Une oreille) a vécu l’enfer, face à son premier. Toro compliqué, peut être trop peu piqué, qui arriva difficile à sa muleta, et qu’il ne sut par quel bout prendre. La déception du public nîmois était palpable. Le quatrième lui permit un superbe « coup d’orgueil ». Toro encasté, puissant au cheval, qui chargea fort et aurait pu faire exploser le Sanluqueño. Peut être ce toro lui aura t’il « rendu le sitio », l