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ATTENTION
A « EL FANDI » !!!
1er
Juin : « Toreria et Pundonor ! ». Ah… j’avais
oublié « Garra ! » Le « gnac ! », la
rage de vaincre, de tout bousculer ; l’envie de se surpasser,
encore et encore. En un mot… tous ce que n’ont pas démontré, hier,
nos onze « héros », nous laissant « des bleus à l’âme »…
Les Sénégalais se sont battus et ont gagné, très
justement. Et la présence de Zidane n’y aurait rien changé.
Pas à dire, quatre ans, ça use… et pas que
les souliers ! A voir les regards perdus de nos « matadors »,
on peut se demander si on ne va pas répéter le « et un, et deux,
et trois…zéro ! », mais à l’envers : Sénégal,
Uruguay, Danemark… Trois matches, trois bides ! Falto garra !
Hier, suite à ce triste épisode, le Bourse a baissé ! Vous rendez
vous compte ? J’imagine que nos grands politiques ont rentré leur
rogne, et se sont précipités, par téléphone, fax ou mail, pour
adresser leur message de compassion et encouragement à nos champions déchus
et déçus… « Pas grave ! », mais « On
compte quand même sur vous ! », cachant mal un « N’allez
pas, « en plus ! », nous mettre le moral de la France, à
zéro ! »
Il y a du en avoir, de ces messages… beaucoup
plus que du côté de Choisy, où on portait en terre Jenny, Anaëlle et
Maeva, cette mère et ses deux filles, victimes de toute la saleté, de
toute la bêtise, de toute la vulgarité de notre société actuelle…
Elles attendaient simplement, sagement, un bus, à Vitry… la mort les a
prises, là, horriblement, inutilement ! Combien de messages, hier,
au mari, au papa ? Le nôtre, sûrement… le vôtre aussi, on
l’espère. Que verguenza ! Bon Dieu, si vous existez… pourquoi ?
Le monde continue, et roule, comme un ballon de
foot… Et les hommes avancent, chacun à sa manière. Il y a ceux
« qui fonctionnent », ceux « qui traficotent » et
au milieu, ceux qui essaient de se battre, sincèrement… On ne sait qui
est le plus heureux. Mais on sait « qui en bave le plus ! »
C’est ainsi ! Peu importe ! « Palante ! »
Un qui ne se pose pas de
questions, et « donne tout »… David Fandila « El Fandi ».
Attention à celui là! Cela fait un moment que nous les surveillons.
Certes, c’est un volcan, un tourbillon… Un athlète, champion de ski,
qui défonce les portes… Oui oui ! Mais on n’oublie pas qu’il
avait « scié » la Maestranza de Séville, le jour de sa présentation
de novillero… grâce au temple de sa muleta.
Depuis, il fallait gagner, gagner, gagner…
L’alternative, avec un bras cassé… Pas mal, non ! Neuf sorties a
hombros consécutives, à Granada ! Pas rien ! Et puis l’actuacion
de Séville, en Avril, pour arriver à sa première sortie à la San
Isidro, pour la confirmation d’alternative. Bien sûr, Antonio Ferrera a
ouvert « la grande porte », mais regardez bien… Avec
« d’autres toros », le Fandi n’est pas loin.
Hier, 31 mai 2002, David Fandila « El Fandi »,
torero « explosif » (pas pour rien qu’il es de Grenade) a
« indulté », gracié un toro de Daniel Ruiz, grâce à la
douceur, au temple, à l’expression artistique de sa muleta… Il a été
« très bien ! ». C’est là une surprise, pour
certains. Bien entendu, à côté… la garra ! Cape, banderilles…
à fond !
El Juli était dans la plaza ! On connaît
son célèbre quite de « la Lopecina » qui nous fit hurler de
peur et d’admiration, le jour de son alternative, à Nîmes. On savait
que le Fandi avait été le seul à le reprendre, avec bonheur. Hier, il a
donné un quite par « lopecinas », mais…à genoux !
Torero bouillant, vibrant, spectaculaire et
sympathique, le Fandi a une grande marge de progression. Hier, il a
franchi une nouvelle étape. Demain dimanche, il est à Madrid…
Attention à El Fandi !
31 Mai : Granada
– 7ème de la Feria du Corpus – Lleno : Les vétérinaires
ont refusé toute la corrida de Santiago Domecq, et la moitié de celle de
Daniel Ruiz. Vaya ! Il est donc sorti un « patchwork »,
composé de 2 Jose Luis Pereda (1et 3èmes), faibles et sans race ; 1
de la Dehesilla (le 2ème), invalide ; et 3 Daniel Ruiz,
les 4, 5èmes, très faibles ; et le sixième, extraordinaire.
Formidablement mis en valeur par le Fandi, ce toro a été gracié. Il
s’appelle « Cortesano », N°31- 595 kgs.
Paco Ojeda (Palmas aux deux) n’a rien
pu faire devant le premier, laissant quelques petits, très petits
souvenirs de ce qu’il fut, face au quatrième.
El Juli (Palmas et ovation) a sombré
devant la tristesse de son premier adversaire, et s’est ressaisi, face
au cinquième : Bonne faena, en particulier sur main gauche. Mais il
ne tua pas.
El Fandi (Palmas – Deux oreilles et rabo,
symboliques) ne put rien, face au faible troisième. Par contre, il alluma
deux feux d’artifice, devant le fameux « Cortesano » :
Le premier avec cape et banderilles : Véroniques à genoux, quite
par lopecinas « de rodillas » ; Banderilles tonitruantes,
devant donner la vuelta, après les trois poses… Le second, surprenant
pour certains… à la muleta. Faena débutée les deux genoux en terre,
vibrante. Puis, la muleta se calme, se ralentit, se fait douce. Bien,
bien, le Fandi ! Le toro est remarquable ! Les cris fusent, la pétition
enfle… Le mouchoir orange tombe : Indulto !
Grand triomphe du Fandi,
dont il faut surveiller la marche en avant. Il ne sera jamais un « De
Paula », mais… Toreria, pundonor et… garra ! |
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MADRID : « LA PRESSE »…DE
MAUVAISE HUMEUR.
1er Juin :
La corrida de la Presse a été un énorme fiasco. Cette « corrida
concours », non officielle, pour laquelle l’association de la
Presse avait relancé le prix au meilleur lidiador, et au meilleur toro, a
sombré dans la grisaille, le ciel chargé, le bochorno.
D’entrée, les toros de Victorino Martin et de
Juan Pedro Domecq ont été refusés
par les vétérinaires, pour manque de présence. Et les ganaderos ne les
ont pas remplacés. Que croyaient ils donc ? Qu’ils allaient lidier
« à Palavas » ? Le toro de Samuel Flores était armé
tellement brocho qu’il en louchait ! Que croyait donc Don Samuel ?
coller à Las Ventas, un toro « pour Dax », quand Madrid a
toujours dans le souvenir les Samuel Flores de la Bienfaisance 91, pour le
mano a mano entre Ortega Cano et Cesar Rincon.
Du coup, le public de
Madrid est arrivé en rogne, et s’en est pris à tout ce qui bougeait,
en particulier à Eloy Cavazos et à Enrique Ponce. Ils ont été odieux,
à divers degrés, et pour différentes raisons.
Eloy Cavazos est une figure du Toreo,
qu’on le veuille ou non. Il ne cherchait rien ! Pas de millions
dont il est replet ! Pas de contrats ! Pas de place dans l’escalafon.
Rien d’autre que faire ses adieux, dignement, rien moins qu’à la
monumental de Madrid, avec « le toro de Madrid ». Cela méritait,
pour le moins, le respect, mais aussi, peut-être, une ovation, en fin de
paseo. Par ailleurs, s’il est aficionado, le public de Madrid connaît
la forme de toréer du sympathique mexicain. Il ne fallait donc pas
s’attendre à « de longues séries de longues passes »,
templées, profondes. Alors, pourquoi lui en vouloir de faire ce qu’il a
fait depuis son alternative, en 1966 ? Manque de sensibilité ;
manque de respect. Mal ! Madrid.
Pour Enrique Ponce, c’est une autre raison,
toute simple : il fallait « lui faire payer » les trois
oreilles du 24 mai… tout simplement. Alors, on a sorti la mauvaise foi
et l’indifférence. Comme, de plus, il y avait « en face »
le public « clavelero », la jetset, il était facile de se
moquer et de tout contrer, en bloc, même lorsque Enrique était « bien »,
compte tenu des circonstances, et des toros.
Public de Madrid, dur,
changeant, parfois bien injuste. Cependant il est, « Madrid ».
On peut, dans une même semaine, l’adorer et le haïr… Jose Tomas, qui
a frôlé la mort, avant hier à Grenade (le piton du toro l’a pointé
longuement, en pleine poitrine, alors qu’il était à terre, sans défense)
a su « le retourner ». C’est l’exploit de la Feria 2002 :
Entrer sous les sifflets... sortir en triomphe.
A la fin, tout le monde a pris l’apéro en
compagnie du Roi, mais au retour, il devait y a voir quelques grimaces
dans la soupe. Bien entendu, les deux trophées en compétition n’on pas
été attribués.
31 Mai – MADRID (Las
Ventas) – Corrida de la Presse – 21ème de la San Isidro – Llenazo
– Temps gris, lourd, pesant : La corrida n’a jamais décollé.
Les lidias se sont déroulées, ternes et monotones. A part le toro d’Alcurrucen,
magnifique et brave, le reste de la corrida fut un triste défilé de
« sans race » et de « sans forces ». Le public
s’est mis en boule, faisant retourner au corral le Samuel Flores, qui
eut le bon goût de faiblir, dès sa sortie. Problème : le Carmen
Borrero de remplacement, ne valait guère mieux.
Eloy Cavazos (Palmas – Silence) a vu chacune
de ses interventions, ponctuées de quolibets et "d’invitations"
à retourner dans son pays natal. Muy mal, Madrid. Virevoltant, devant le
toro d’Aldeanueva (589kgs), noble mais soso et juste de forces, le
mexicain toréa court et pieds joints, tuant très mal. A noter le
molinete d’ouverture, la trinchera qui suivit, et la regiomontana, passe
de sa création. C’était « avant hier » ! - Il fit ses
adieux devant le toro « Cupletero », de Los Bayones (571kgs),
qui ne valait pas grand chose. Le brindis à Madrid était éloquent. Il
fit ce qu’il put, et ce fut bien insuffisant. Galère.
Enrique Ponce (Ovation ponctuée de
sifflets – Silence) A été bien devant le toro d’Alcurrucen (514 kgs).
Cependant, la facilité et la maestria qui ont triomphé, le 24 mai, ont
été contestées, hier. Bons passages, de face, notamment, et une grande
série de naturelles, à un toro qui change souvent de rythme au cours du
trasteo. Pinchazo et estocade ! Madrid se divise – Une fois le
Samuel Flores, rentré avec perte et fracas, sortit un Carmen Borrero (531
kgs), faible, soso, sans aucune transmission. Le public était en rogne,
et Ponce ne put retourner la tortilla.
Miguel Abellan (Ovation –
Applaudissements, après un avis) a très bien toréé
avec le capote. Solide, varié, notamment dans les quites par
gaoneras, puis chicuelinas combinées avec des tafalleras, conclues
d’une demie, à genoux. Il aguanta beaucoup le toro de Guadalest
(523kgs) qui lui mit une voltereta angoissante, au moment de la troisième
entrée à matar. Pris, repris au sol, secoué longuement, Abellan
« est en caoutchouc ». Quelle chance ! – Le sixième
est un Agustina Lopez Flores, incroyablement armé en larges guidons de
course, qui vire au dangereux. Toro manson, qui charge « à coups de
tête ». En face, la vaillance, vaine.
Un toston… et les efforts des hommes, pour
rien… Carton rouge aux ganaderos !
Ce samedi : Troisième
de Rejoneo, (sans Hermoso de Mendoza !) : Toros de Julio de la
Puerta, pour Luis Domecq, Andy Cartagena, Sergio Galan. |
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LE
SCANDALE TELEVISE DE TOLEDE
1er
Juin : Inacceptable ! Complètement honteux, et justifiant
absolument les arguments des « Antis ». La corrida télévisée
hier, en directe depuis Tolède, est une pièce de plus, versée à la
condamnation sans appel d’une Fiesta qui n’a plus rien de « Brava » :
Des toros qui chutent lourdement, qui rampent lamentablement ; un
troisième, qui se couche, moribond, suppliant, et qu’on relève, pour
que le « matador » l’estoque… un piton qui « recule »
de dix centimètres… Une honte totale, à laquelle personne ne peut
souscrire.
Hier, l’aficionado que je suis, a détesté
« en bloc »: le spectacle, le président, les toreros, en
particulier monsieur Rivera Ordoñez, incapable de mettre l’épée, mais
insultant le toro, lors de la sacro sainte interview « d’après
faena »…J’ai détesté la Télévision Espagnole, qui ne
transmet rien, ou si peu, depuis les grandes ferias, et massacre la
Fiesta, depuis les plazas de vilaine catégorie. Bien sûr… A nous les
sous sous ! No Señor ! No es asi !
Le public n’a pas brûlé la plaza… sont
vraiment sympas, les toledanos !
Manuel Diaz « El Cordobes » sort à
hombros pour avoir coupé deux oreilles « de risa »… Señor,
por favor !
Du coup, on ne peut que dire : Vive la corrida, en France !
Même s’il arrive que des courses « sortent mal », on
n’arrivera jamais, souhaitons le, à cette terrible pantomime de Tolède.
Seul petit intérêt : Il faut attendre,
encore un peu, le Califa. Il a progressé, au capote, et certaines choses,
au sixième, disent que « cela peut revenir ». A voir, lundi,
à Madrid.
Dans les autres plazas, on ne s’est pas tapé
sur les cuisses, non plus… Le Finito de Cordoba a coupé une oreille en
trois courses, chez lui, pour la Feria de Cordoue. Pas quoi se relever la
nuit… Enfin !
31
Mai – Tolède – Corrida télévisée – ¾ de plaza : Toros
de Montalvo, correctement présentés, mais horriblement faibles,
probablement malades, les trois premiers. Le troisième se coucha, sur le
côté, par trois fois, au cours de la « faena »… Noblesse générale,
avec un tout petit peu de piquant, chez le cinquième. Les quatre et sixièmes
permirent un semblant de faena.
Manuel Diaz « El Cordobes »,
est bien sympa, bien éduqué, bien sincère. Deux derechazos coulés, une
cogida, sans mal. Bien peu, pour deux oreilles au quatrième. Non ?
On dit qu’il est sorti a hombros. Pas honte ?
Rivera Ordoñez a distribué des passes,
la moue dubitative, et a pinché beaucoup (souvent, en haut). Pas une
raison pour traiter le toro de « cabron », même « con
todos mis respetos ». Ovation et applaudissements.
El Califa n’a pu que tristement constater les
dégâts, au troisième, demandant qu’on puntille le toro. Il aurait du
repartir direct, à l’hôtel. De bonnes choses au sixième, dont il
coupe une oreille, potable.
31
Mai – Cordoba – 6ème de Feria de la Salud –
Plein : Triste corrida des Frères Tornay.
Finito de Codoba joue les infirmiers à l’un,
et donne deux naturelles à l’autre. On l’applaudit – Jose Luis
Moreno se bat avec le cinqueño, sorti deuxième, et coupe l’oreille du
cinq, pour de bonnes naturelles – Morante « ne se réveille pas »
devant le troisième, et soupire trois véroniques, au dernier. Bof !
Silence et applaudissements.
31
Mai – Talavera de la Reina – Casi lleno :
Corrida « made in » Lozano. Bonne corrida d’Alcurrucen,
pour les toreros « de la Casa », en mano a mano :
Manolo Caballero : Ovation – Deux oreilles
– Ovation
Eugenio de Mora : Ovation – Deux oreilles
– Oreille. |
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FERIA DE MALAGA 2002
On a révélé
les affiches de la prochaine feria de Malaga, rectifiées, du fait de la
cogida de Joselito. La Feria se déroulera du 9 au 19 Août, comptant 14
spectacles, dont 11 corridas, une de Rejoneo, et deux novilladas, dont un
mano a mano nocturne, entre Salvador Vega et Manzanares Junior.
Les cartels sont les suivants:
Vendredi
9 août : Toros de Manolo Gonzalez, pour Enrique Ponce, Manuel
Caballero et Morante de la Puebla
Samedi 10 août : Toros de Victoriano del Rio pour Rivera Ordoñez,
Victor Puerto et El Juli
Dimanche 11 août : Course de rejoneo : Toros de Viento Verde,
pour Luis Domecq, Hermoso de Mendoza et Sergio Galan
Lundi 12 août : Toros de Daniel Ruiz, pour Ortega Cano, Finito de
Cordoba et El Juli
Mardi 13 août : Toros de « El Torero », pour Enrique
Ponce, Finito de Cordoba et Eugenio de Mora
Mercredi 14 août : Toros de Nuñez del Cuvillo, pour Victor Puerto,
José Tomas et Miguel Abellan
Jeudi 15 août : Toros de Hermanos Astolfi, pour Rivera Ordoñez,
Antonio Ferrera et Miguel Abellan
Vendredi 16 août : Toros de Zalduendo, pour Paco Ojeda, José Tomas,
et Morante de la Puebla
Vendredi 16 août(en nocturne) : Novillada de Cayetano Muñoz, pour
Joselito Ortega et Manuel
Escribano
Samedi 17 août : Toros de Ana Romero, pour Fernando Camara, Pepin
Liria, et Jose Luis Moreno
Samedi 17 août (En nocturne) : Novillada de « Toros de la
Plata », pour Salvador Vega et José Maria Manzanares Jr.
Dimanche 18 août : Toros de Guardiola, pour Eduardo Davila Miura, El
Cid et Antonio Barrera
Lundi 19 août : Toros de Peñajara, pour Juan José Padilla, Antonio
Ferrera et El Fandi |
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LES
FESTIVALS « DE LUMIERES »
2
Juin : On a beau dire et
beau faire… cela ne s’arrange pas. Certes, on fait la guerre à l’afeitado,
ou on essaie… Certes, des vétérinaires prennent la mouche, comme
l’autre jour, à Granada… mais aujourd’hui, on ne se cache plus, et
l’on s’arrange pour transformer en shows, vêtus « de lumières »,
de véritables festivals que l’on devrait toréer en costume campero…
au prix d’un festival.
Hier, au moins trois « corridas » se
sont ainsi déroulées, traînant lamentablement au sol, telle une
serpillière, l’image de la corridas de toros.
A Cordoue, Manuel Benitez s’est coupé la
coleta, se permettant, à 66 ans, d’estoquer un toro, sans utiliser la
muleta. Beaucoup de mérite, certes, car même un becerro peut faire très
mal. Mais quand même… Cordoba est une plaza de première. Ce fut hier,
une cour de patronage, où l’on galope, on gesticule, on fait le grand
écart, devant des chèvres anorexiques. Pues, no !
En plaza de Haro, en terre de Rioja, on a sorti
des toros tout petits, tout mignons. Peut-être les organisateurs
pensaient ils que le vin aidant, arrosant un bon déjeuner, les
aficionados allaient ils voir « double trapio » chez les
Victoriano del Rio. Pues, no !
Mais on a encore trouvé mieux: La corrida mixte !
Deux toros pour un rejoneador, deux toros pour un matador, et deux
novillos pour une jeune promesse. Allez donc vous y retrouver! Le
toro de rejon est légalement afeité, mais celui du matador, l’est plus
encore. Comme le toro du matador d’alternative est de format réduit…
le novillo sort, tel un moustique…
Tout cela est très légal, très bien monté…
Hier, à Tolède, se déroula un de ces « montages ».
Ce fut un fiasco de première, un des toros perdant un piton… avant de
sortir au ruedo, au moment où on lui piquait la devise, dans le chiquero.
Vaya !
Alors… une simple question : « Jusqu’à
quand ? »
1er
Juin – Cordoba – 7ème de la Feria de La Salud –
Un peu plus de media plaza (!) :
Manuel Benitez a, paraît il, fait ses adieux. En fait, il s’est
coupé la coleta, en Espagne. Mais il semble décidé à répéter le
show, en France et en Amérique du Sud.
Six toros, puisqu’il faut les appeler ainsi de
Maria Jose Barral. De festival.
Manuel Benitez « El Cordobes »,
vêtu de blanc et or, a fait un grand show… devant une demi arène. Il
fit ses adieux, devant le toro « Potrero », coupant les deux
oreilles et la queue, avec la complicité d’un président tout acquis à
sa cause. Deux véroniques à la cape, un brindis à toute la famille
(Martine et les grands enfants), présente à la barrera, comme dans un
festival ; puis une faena « de toutes les couleurs »,
alternant le sérieux, comme trois naturelles « au poignet magique »,
et le plus loufoque, tels les sauts de grenouille et le desplante, où
tout « grince un peu ». Pour conclure, dans la folie
collective, Manolo jette la muleta, cadre et se lance sur le toro, qui ne
fait rien. Estocade entière et... la grande orgie : Deux oreilles et
la queue, deux vueltas, dont la deuxième, en courant un deux cents mètres
« en rond ». Final « par grand écart », au
centre. Bueno ! Bien triste, tout cela !
Juan Mora réapparaissait, après sa
terrible cornada de Jaen, en octobre dernier. Il fut sérieux, artiste. Hélas,
« l’ambiance » n’était pas aux naturelles « profondes,
longues et templées ». Oreille
au quatrième.
Reyes Mendoza prenait l’alternative.
Moment terriblement émouvant pour ce jeune qui a vécu, à quatorze ans,
l’enfer du cancer. Moment terriblement émouvant, pour ce fils qui
brinda son toro au ciel, d’où le regardait sa mère, récemment
disparue. Le toro « Airoso » - N°12 – 520 Kgs, ne valait
pas grand chose. Par contre, le jeune matador fut brillant devant le
dernier, coupant deux oreilles et sortant a hombros, avec « l’Historique »
Manuel Benitez « El Cordobes ».
1er
Juin – Haro – Llenazo – Chaleur : La corrida de Victoriano
del Rio était vraiment « de festival », surtout les trois
premiers toros. Sans trapio, sans pitones, sans forces. Le lot de Ponce
montra grande noblesse. Seul le sixième fit preuve de caste.
Enrique Ponce "se promena", toréant
templé, lié, profond et « au ralenti ». Oreille au quatrième.
Antonio Ferrera réapparaissait, après la
cornada de Vic. Il fit "un festival", aux banderilles, « mettant
un bain » au Juli. Par contre, il tua mal. Palmas et Vuelta.
El Juli ne se força guère, face au
troisième. Par contre, tombant sur le sixième, encasté, Julian Lopez
donna de grandes naturelles, et tua fort. Deux oreilles pour un
Juli, chaque jour "plus muletero". A confirmer, lundi, à
Madrid.
1er
Juin – Toledo – Corrida mixte : Deux oreilles pour Pablo
Hermoso de Mendoza, professionnel, devant deux de Sanchez Cobaleda – Le
Morante de la Puebla est mauvais, devant deux Buenavista, l’un d’entre
eux sortant, la corne cassée. Palmas et pitos – On a refusé les
novillos de Garcigrande (comment devaient ils être ?), pour
Manzanares hijo. A la place, deux de Los Bayones. Oreille à chaque toro.
Hermoso de Mendoza et Manzanares sont sortis a
hombros. Grand bien leur fasse ! |
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MADRID : DU REJONEO, AU
GALOP…
2 Juin : Les
revisteros s’accordent sur deux choses : Le public du rejoneo
n’est pas le même que pour les corridas formelles. Hier, la foule qui a
rempli Las Ventas a réclamé les oreilles à grands cris, mais sans
sortit les mouchoirs. Du coup, le président Sanchez, qui n’en n’est
pas à un manque de sensibilité près, n’a pas accordé les trophées.
Deuxième constatation : Quand ne torée pas
Hermoso de Mendoza, le rejoneo n’a plus le même attrait, quelle que
soit la qualité des cavaliers en lisse. Hier, ce furent de grandes
galopades, mais en fait, il y eut bien peu de "vrai toreo, à
cheval".
Dernière des trois corridas de Rejoneo, et, bien
entendu, un plein impressionnant. Côté spectacle, Luis Domecq a été
remarquable. Cela fait un an que le drame s’est abattu sur les frères
Domecq, et depuis, ils subissent le sort contraire, avec toreria. Il y a
un an, l’odieux attentat, contre leurs chevaux. Puis, la terrible chute
de son frère Antonio, dont on a que peu de nouvelles…
Certes, quand vient le malheur, il vaut mieux être
riche. Mais… la douleur n’a ni portefeuille, ni carnet de chèque…
Dernière corrida de
rejoneo, avant « la
grande ligne droite »… Le Fandi, cet après midi ! Le Juli,
qui doit « faire un coup », demain ! Ferrera qui revient,
mardi ! Les corridas de Palha et Jose Escolar, avec Juan Bautista et
Fernandez Meca, mercredi et jeudi… La feria se terminera par « la
Famille Martin » ! Après une San Isidro où beaucoup de toros
ont brillé, Adolfo, et surtout Victorino, devront « faire la différence »…
Semaine passionnante.
1er Juin –
MADRID – 22ème de Feria – Rejoneo – Llenazo :
Cinq toros de Julio de La Puerta et un de Viuda de Flores Tassara, sorti 6ème.
Luis Domecq fut remarquable de
classicisme, de sérénité et de toreria. Sa meilleure actuacion, à
Madrid. Il aurait du couper l’oreille du premier. Grande ovation, après
pétition, et silence.
Andy Cartagena a montré deux facettes.
Bouillant, puis beaucoup plus calme, face au cinquième. Laissant le
« spectaculaire avant tout », Cartagena s’est montré
remarquable, mais tua mal. Ovation, à l’un et « grande vuelta »,
au cinquième.
Sergio Galan fut « au dessous ».
Faisant beaucoup toucher ses chevaux, il ne parvint pas à convaincre tout
à fait. Ovation et silence, après neuf descabellos, au sixième.
Ce soir : Quatre toros de Gerardo Ortega ont été refusés, remplacés
par quatre de Sepulveda. Au cartel, Pepin Liria, qui doit sauver sa
temporada, encore une fois, à Madrid ;
Jose Luis Moreno, qui a bien toréé, à Cordoba ; et « El
Fandi », auteur d’une semaine époustouflante, à Grenade, et
triomphateur, hier, à Sanlucar, où il a coupé quatre oreilles à une
bonne corrida de Arucci.
Attention au Fandi, il arrive « embalado »,
et si un toro veut bien « se bouger », il sera au grand rendez
vous de Las Ventas. |
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MADRID : RIEN D'UN KAMIKAZE !
El Fandi rate de peu la Puerta Grande
3
Juin : Cela fait quelques temps qu’on en parlait, ici :
Attention à « El Fandi » ! Bien sûr, il y en aura
toujours pour dire que « c’est facile ! »; que nous
sommes en présence du énième torero bouillonnant, presque brouillon ;
vaillant, mais tellement virevoltant que le toro n’a pas le temps de le
voir ; spectaculaire, mais à la limite du vulgaire…
A ceux là, et à vous mêmes, qui êtes plus
curieux et plus ouverts, un seul petit conseil : Allez voir, sur le
site www.las-ventas.com , une
section appelée « La tarde, tras el objetivo », c’est à
dire, la galerie photos de cette corrida du 2 Juin2002. Vous y verrez bien
sûr, les largas au capote, les paires de banderilles, le cite à genoux,
pour le dernier quiebro. Vous y verrez, de même, un torero presque
« décontracté », avant le paseo « à Madrid »…
Mais regardez bien… regardez mieux : trois muletazos.
La photo taurine ne peut pas mentir… Elle
traduit parfaitement l’état d’esprit d’un torero, son état
« intérieur », au moment ou il torée. Regardez bien le Fandi,
dans ces trois muletazos : quieta la planta, les zapatillas bien posées
à plat, sur l’arène; la muleta plana, verticale ; la jambe
contraire légèrement avancée. Regardez "la main qui ne torée
pas", simplement posée sur la hanche. Sérénité et naturel! Ces photos illustrent la toreria du Fandi,
son calme et une volonté de faire correctement les choses, insufflant même une
dose d’expression artistique, dans un toreo qui repose avant tout sur la
vaillance et les facultés physiques, surtout dans les deux premiers
tiers.
El Fandi a coupé une oreille qui a semblé
excessive à certains « ayatollahs ». Tout simplement parce
que le public a primé la totale sincérité du granadino. Et s’il
n’avait mis quatre pinchazos à son premier, on parlerait aujourd’hui
d’une sortie « a hombros » par la Porte Grande.
El Fandi est la grande révélation de la San
Isidro 2002. Avec Ferrera, ils ont mis Las Ventas « à l’envers »
et prévenu ceux du haut de l’escalafon « Attention ! nous
v’la ! ».
L’erreur serait de croire que nous sommes en présence
d’un risque-tout, d’un « kamikaze ». Bien au contraire, le
Fandi est en train de prouver qu’avec la tête...et d’autres choses,
situées plus bas, il est en train de révolutionner les deux premiers
tiers, sans oublier de surprendre, avec la muleta, comme il le fit,
l’autre jour, à Grenade.
Hier, David Fandila a peut-être écrit son nom
aux côtés de Gaona, clouant une nouvelle et historique « paire de
Madrid ».
Une seule inquiétude : Le torero est
d’une puissante constitution physique. Un garçon « bien planté »,
comme on dirait, au rugby. Pas pour rien qu’il fut champion de ski. Le
jour où un toro « le prend », il lui fera très mal…
La temporada est pratiquement faite, en France. Seule, Bayonne n’a pas
encore présenté ses affiches. Verrons-nous le Fandi ? Ce serait
bien souhaitable. Après la San Isidro, un cartel s’impose :
Padilla (même si…), Ferrera, El Fandi. (Au fait… si vous alliez voir
« notre poisson » du 1er Avril ! – voir :
Les cartels de Bayonne… Chapeau !)
Le Juli joue « beaucoup », ce soir,
à Madrid. Des grandes vedettes, il est le seul à ne pas avoir triomphé.
On ne parle pas du Finito, ni du Morante, qui n’ont pas vocation
« à commander ». Il a, depuis hier, « un problème de
plus »… Après les banderilles du Fandi, Madrid ne lui passera pas
la moindre paire « à corne passée »… Cela va être
« dur dur ! » pour le Juli, mais le torero a de la
caste… Asi que !
Cette San Isidro 2002 aura été vraiment intéressante.
Déjà, elle soulève quelque polémique, certains « sondages »
attestant que l’on a baissé le niveau « en tout »… Peut-être !
N’empêche que, maintenant, Madrid peut reprendre le rôle de « Madrid,
la que da mucho, o que quita mucho », celle qui peut donner, et peut
enlever, beaucoup.
2
Juin – MADRID – 22ème corrida de San Isidro – Casi
lleno – Grand beau, et chaud : Le public a un peu dormi, sur quatre
toros, puis s’est réveillé en sursaut… grâce à un torero, David
Fandila « El Fandi ».
Sont sortis deux toros de Gerardo Ortega (1 et 5èmes),
aussi mansos qu’ils étaient grands ; et quatre Sepulveda de Yeltes,
correctement présentés, également mansos, en divers degrés. Seul le
troisième se montra brave et noble, mais allant « a menos ».
A la bascule : 545, 540, 583, 609, 581, 565 kgs
Pepin Liria (Silence, après avis –
Silence) a connu « une feria, sans ». Gris, nerveux, le torero
de Cehegin a certes touché quatre toros mansos, au cours de cette San
Isidro, mais on l’a trouvé moins ferme que de coutume, rompant « là
où il avançait », auparavant ; prenant des précautions
inusitées… Le poids des ans « de bataille » ; le
bonheur à la maison. Normal et tellement humain! C’est peut-être pour
cela que le public ne lui en a pas trop voulu. Son premier, manso, le défia
sans cesse, mais Liria ne fit pas le pas en avant. Le quatrième, également
affichait une mansedumbre « maniable ». Liria resta souvent
« fuera de cacho », utilisant le pico, plus que de raison. Il
tua mal, et manqua son descabello, aux deux toros. Cela va se compliquer,
pour Pepin Liria.
Jose Luis Moreno (Silence – Silence) n’a
pas brillé. Curieux ! Il semble que le Cordouan soit voué aux
triomphes « des soirées d’été », quant Madrid est remplie
« d’un car » de japonais ! Par contre, lorsqu’il torée
en feria, à plaza llena, il ne laisse que peu de souvenirs. Les toros
d’hier n’étaient pas des anges : son premier se réservait, et
restait « tête en haut ». Son second tirait « gañafones
et derrotes ». Cependant, Moreno aurait du être beaucoup mieux.
El Fandi (Ovation, après un avis – Une
oreille) a mis le feu ! Madrid a vu un torero absolument décidé à
se faire une place, en utilisant son courage, sa vista, son intelligence
et des recours physiques, époustouflants. Partout présent, à la cape,
il torée debout ou à genoux, en véroniques, demies. Ne pardonnant aucun
quite, il va, par gaoneras ou navarras, et « se gagne le public ».
Aux banderilles, c’est une véritable révolution qui lève les tendidos, même
si un bâton part au sol. A la muleta, il affiche une puissance et un
calme, qui arrivent à convaincre le toro et le public. Seul point noir,
hier.. la espada. Malchance, car « il se tira » comme un lion.
Son premier toro alla a menos. On applaudit la réception au capote, signée
d’une demie, à genoux. Puis, ce fut "la grande secousse" aux banderilles,
avec la paire de la moviola, où le torero exécute un cuarteo, mais en
gagnant la tête du toro… courant à reculons !!! (essayons déjà
de le faire, sur vingt mètres, « sans toro » !) Enorme !
même si une banderille tombe au sol. Faena bien débutée, ferme mais
allurée, en rien populiste ou pueblerina. Le Fandi se montre en tous
points « torero », face à un bicho noble, mais qui a tendance
à rester « au milieu » du muletazo. Se cadrant un peu loin,
peut-être, le matador pinchera quatre fois, avec une énorme décision.
Quel dommage.
Larga à genoux, pour recevoir le sixième, un
toro qui montrera beaucoup de genio tout au long de la lidia, sans jamais
« humilier », tirant des coups de tête à la poitrine. El
Fandi va « mettre le feu » à la plaza, avec les banderilles :
Un poder a poder, une sensationnelle paire « un violin » et un
incroyable quiebro, cité genoux en terre. Las Ventas est debout ! El
nuevo « Par de Madrid ! ». Gros début de faena, par
derechazos, genoux en terre, et un énorme pecho. La faena sera une
bagarre, où le granadino arrivera à placer de bonnes naturelles,
exposant beaucoup, sans sourciller. Grosse entrée a matar, l’épée résultant
« un poil » tombée. Peu importe ! Madrid se lève, exige
l’oreille, malgré que certains se refusent à tout sentimentalisme.
Oreille « forte » ! Oreille de combat et d’honneur !
Oreille à discuter… et c’est très bien. Tout, sauf l’indifférence.
Ce soir : El Juli joue gros. Il sera accompagné du Finito (en
divorce avec Madrid) et du Califa (qui joue la survie !). En Face,
une corrida du Pilar, dont seuls, trois toros ont, pour le moment, été
approuvés ? |
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DANS LES
AUTRES PLAZAS… DE TODO, UN POCO!
Le dimanche 2 Juin a été « abondant »… Triomphateurs de la
journée : Juli, à Tolède ; Morante, à Caceres ; Padilla,
à Mauguio, où la corrida de Montalvo a été importante de présence.
Quand on voit comment ils sont sortis à Tolède… des questions se
posent vraiment. Ne va t’on pas revoir passer, tel un zéphyr, le fantôme
de la drogue… T’en veuuuuux ?
2
Juin – Barcelone – ¼ de plaza : Cinq toros de Manuel San
Roman, invalides ; et un de la Cardenilla, manso.
Pepin Jimenez ne peut rien face au premier,
faiblissime ! Par contre, face au quatrième, c’est le murciano,
qui se mit en grève. Sifflets et Silence – Andres Sanchez, le
Salmantino, coupa la seule oreille de la journée, en toréant longuement,
et bien, le cinquième. Bonnes naturelles et bon succès – Recevant le
sixième a portagayola, Miguel Angel ne put qu’être vaillant. Ovation,
par deux fois.
2
Juin – Tolède – Fin de feria del Corpus – ¾ de plaza :
Trois toros de Victoriano del Rio, mal présentés ; deux de
Garcigrande (1 et 6ème) et un du Torréon, sorti cinquième.
Julio Aparicio afficha une nervosité désespérante,
avant de se calmer soudain, et plaquer trois derechazos, de cartel.
Ovation aux deux – El Juli triomphe, coupant trois oreilles, mêlant le
spectaculaire au technique, le sincère au pueblerino. Très bien en
« fabriquant » le cinquième toro, qu’il tua fort –
Leandro Marcos toréa profond, artiste, mais tua mal. Se fit prendre, sans
mal, en toréant le sixième.
2
Juin – Caceres – Dernière de Feria – 2/3 de plaza : Toros
de La Laguna, correctement présentés, mais au comportement bien inégal.
Manolo Caballero toucha deux toros sosos et
incommodes. Mais, « à côté de cela », Caballero a un problème :
il ennuie, et semble s’ennuyer. Silence partout.
Antonio Ferrera remplaçait Jose Tomas : Très
bien au capote ; énorme aux banderilles ; Bien devant son
premier, il se joua littéralement la peau, face au cinquième, un manso
qui lui arracha le chaleco, sur un quiebro risqué. Il fut très bien,
mais ne tua pas. Oreille à l’un ; Vuelta, à l’autre
Grande tarde du Morante. Enfin ! Super au
capote, et « como los angeles », sur la première faena. On
pensait qu’il ne pourrait rien tirer du manson dernier, mais il
s’accrocha et dessina de beaux détails, tout en dominant son
adversaire. Deux oreilles et une oreille, après un avis. Le Morante
"est comme ça !" : trois jours détestables, et un jour « de ensueño ».
Tout, sauf l’indifférence. On est servi !
2
Juin – Castellon de la Plana – Corrida de Bienfaisance – ½
plaza : Toros de Pereda, dont trois de la Dehesilla (2,4,5èmes) :
Faibles, sans émotion. Le deuxième fut le pire.
David Luguillano, toréa vraiment bien, toute
l’après midi. Oubliées le manières de dandy ! Bonne faena au
premier, mais hélas, il fut « fatal », avec l’épée. Deux
ovations, après un avis, chaque fois – Vicente Barrera coupe au cinquième,
la seule oreille de la journée. On le vit torero et vaillant :
Voltereta au deuxième, mais bonne faena au cinq, bien dans sa personnalité :
sec et vertical. Palmas et une oreille – Alberto Ramirez fit tout pour
triompher. Recevant ses toros à genoux, mettant toute vaillance dans ses
faenas de muleta, le petit castellonense mit, encore une fois, tout par
terre, avec l’épée. Ovation et palmas. N’ayant plus d’apoderado,
Ramirez va vers de gris nuages…
2
Juin – Gimont – Presque plein : Toros costauds de
Guardiola Fantoni . Fernandez Meca coupe une
oreille au quatrième ; Alfonso Romero , celle du deuxième; et
Juan Bautista se montre très torero, obtenant un trophée du dernier.
2
Juin - Mauguio – Presque plein : La corrida de Montalvo est
sortie sérieuse et toréable, à divers degrés.
Denis Loré : sérieux, technique et
vaillant. Ovation et une oreille – Juan Jose Padilla : plein de
verve, jouant sur tous les registres. Quatre oreilles – Swan Soto, plein
de grande bonne volonté, et de toreria. Ovation et une oreille.
2
Juin - Cordoba – Fin de Feria – Rejoneo – ½ Plaza :
Toros de Benitez Cubero – Andy Cartagena coupe une oreille chaque fois
– Bonne sortie d’Alvaro Montes, dont la santé va s’améliorant.
Deux vueltas et une oreille – Diego Ventura : Silence et ovation.
La Feria est terminée. Elle ne fut pas bonne. Le
Prix « Gran Capitan », récompensant le matador triomphateur,
n’a pas été attribué. C’est tout dire. (Précédents vainqueurs :
Jose Tomas, en 2000 et Finito de Cordoba, en 2001)
2
Juin – Granada – Fin de Feria – Rejoneo – Plein total :
Toros de Flores Tassara, buenos – Fermin Bohorquez et Luis Domecq
remportent un succès identique : Deux oreilles et une oreille –
Pablo Hermoso de Mendoza fait rugir la plaza : Deux oreilles et rabo,
et deux oreilles.
Final triomphal d’une feria triomphale, où
les toreros… et les vétérinaires, ont joué les premiers rôles. |
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LE
SOURIRE D’ENRIQUE PONCE ET JOSE TOMAS…
Madrid : Fracaso stratégique du Juli
4
Juin : Ont ils souri ? Peut-être un peu, intérieurement…
mais pas trop, et pour de multiples raisons.
Confortablement installés dans de profonds
fauteuils, à la fraîcheur de leur finca, Enrique Ponce et Jose Tomas ont
suivi la corrida de Madrid, hier, à la télévision. Triomphateurs de la
San Isidro, ils voulaient voir comment le Juli, qui leur fait la nique
depuis un bon moment, allait se sortir du guêpier de Las Ventas. Eux en
étaient sortis vivants, et en triomphe… Bien entendu, d’autres
toreros avaient explosé, comme Ferrera ou le Fandi. Pour le moment, ils
ne représentaient aucun danger… Non, le péril immédiat était ce sacré
gamin qui leur rend la vie impossible depuis trois ans, et qui était bien
capable d’effacer, d’un coup de caste, ce qu’ils avaient construit,
à dure peine : Un gros triomphe à la San Isidro.
Ponce et Tomas souriaient, mais pas trop…
Surtout Jose Tomas, car chaque mouvement, chaque respiration un peu trop
forte, lui arrachaient une grimace de douleur. Outre les souvenir de cette
corne pointée sur sa poitrine, la cogida de Granada lui a fait très mal,
physiquement.
Ils souriaient, mais pas trop… Ils savaient que
le Juli avait fracassé, l’autre jour, à cause de son choix « sabordé »,
de la corrida de Garcigrande. Ils savaient que
hier, on avait refusé huit toros du Pilar. Ils savaient qu’il en
sortirait trois, « renforcés » de trois Jose Luis Pereda.
Ils souriaient, mais pas trop… Sur les six, un
ou deux pouvaient très bien « mettre la tête », et s’ils
tombaient sur le gamin… adieu la valise !
Ils souriaient, mais pas trop… quand ils virent
le Finito laisser passer un premier grand toro. Un toro puissant et noble,
qui musela les maigres envies du cordouan. Vaya toro ! Dans les
gradins, on lui a dit de tout… Pauvre Finito ! Le divorce avec
Madrid est consommé. Ponce et Tomas souriaient… mais pas trop.
Après, ce fut une suite d’exclamations
muettes, allant d’un secret soulagement, lorsqu’ils virent leur jeune
concurrent patauger dans une ambiance terrible, où tout lui fut contesté,
sans distinction, jusqu’à deux ou trois moments d’admiration, comme
pour ces deux estocades du Juli, se jettant sur le toro, comme un désespéré.
La corrida est finie… Las Ventas résonne encore des broncas et des
insultes. A l’hôtel, le Juli doit avoir le cœur gros. Madrid ne
l’aime pas…
Un peu plus loin, avachi sur un canapé, son père
maudit secrètement sa stratégie, tout en donnant le change :
« Madrid voulait nous démolir, quoi qu’on fasse ! »
« Et ce public… impossible ! »
Le père tout puissant, apoderado capricieux, a
envoyé son fils se faire massacrer à Madrid, en l’affichant devant
deux corridas dont on sait « qu’elles passeraient mal »…
ou pas du tout. Pendant ce temps, il annonçait « le geste »
de Julian Lopez, à Bilbao, s’inscrivant à trois corridas, dont les
Victorinos. Hombre ! C’est à Madrid qu’il fallait le faire, ce
geste. Madrid n’en a cure, de Bilbao. Madrid souhaite faire un triomphe
au Juli, devant des toros dignes d’elle, et dignes de lui… et non
devant des chèvres maigrichonnes et invalides, qui se cachent derrières
des cornes, même imposantes.
Enrique Ponce et Jose Tomas sourient, mais pas trop... Le « staff »
du Juli l’a envoyé au suicide… Ils savent ce que c’est ! Ils
connaissent Madrid, en ont subi les outrances, les injustices. Le Juli a
perdu, hier, une bataille qu’eux mêmes ont perdue, et à plusieurs
reprises. Ils sourient donc… mais pas trop, car ils savent que le garçon,
fou de peine, de rage et d’orgueil, « va se venger », à
Pamplona, Bilbao ou ailleurs…
Mais, pour le moment, ils sourient : Ils ont
triomphé, et le gamin s’est planté. Va donc falloir que « le
padre de la criatura » rabaisse un peu de son caquet, et que le garçon
mette les bouchées doubles.
Le problème… c’est qu’il en est bien
capable ! Et là, ils sourient moins !
3
Juin – MADRID (Las Ventas) – 23ème Corrida de Feria – Llenazo
– Beau et chaud, avec des rafales de vent :
On a refusé huit toros du Pilar, au
reconocimiento. Trois en sont sortis qualifiés, tellement différents,
tellement opposés en tout, qu’on se demande si dans cette ganaderia, et
chez les vétérinaires, on sait ce que signifie le mot « homogénéité »…
Le deuxième était une vache maigre qui se cachait derrière
d’impressionnants pitones astifinos. Le troisième, un colorado à la tête
jeune, maigre de culata, était tellement faible, mais aussi tellement distrait,
qu’on a tous pensé à un défaut de vue… Imaginez les follon, dans
les gradins. De partout, les cris fusaient « Miaouuu ! Miaouuu ! »
« Une chèvre ! Une chèvre!” Et on en passe… Tout
cela, peut-être, parce qu’en premier, sortit « un Toraco »
impressionnant, puissant, qui débuta, manso sautant au callejon, pour
finir très noble, quoiqu’un peu collant, devant lequel Finito signa son
arrêt de mort. Mal partie, la corrida s’embarqua pour un long scandale.
Pour arranger le tout, le président Lamarca
refusa de changer le troisième. Las Ventas explosa de rage, siffla le
brindis du Juli, au roi (Simple bonne éducation, même s’il savait
qu’il ne pourrait rien faire…), et ne voulut plus rien savoir.
Le toro remplaçant, de la Dehesilla, sorti
« deuxième bis », était encore plus mal présenté. Il
provoqua un batacazo du picador de réserve, mais confirma sa mansedumbre
et son sentido, « la tête en haut ». Il fut le digne complément
du cinquième, un Jose Luis Pereda, manso, tirant d’impressionnants
coups de tête. Lot impossible, pour un Califa forcément perdu.
Les trois derniers étaient de Jose Luis Pereda.
Un désastre, seul se sauvant le sixième, qui débuta fort et brave, mais
se retint vite, à la muleta, avant de serrer les freins, définitivement.
Chez les hommes… Naufrage !
Finito de Cordoba (Bronca, après un avis
– Bronca) laissa passer un grand premier toro. Le Moises Frailes avait
sauté au callejon, et le Finito ne voulut pas se confier, au capote.
Cependant, le toro arrive fort, à la muleta et met bien la tête.
Seulement, il va « a mas », et colle un peu. Finito plaque
deux séries, courtes, de derechazos. Deux bons pechos. Cependant, il
rompt, à la troisième. L’espoir renaît en deux naturelles, avant de
naufrager totalement, dans le doute, le recul, la nervosité. L’arène
est en rogne ! Finito, qui se sait battu, « sort »
vilainement a matar, et c’est fini, après deux descabellos – Le
quatrième est un faible, qui se défend. Finito s’échappe en deux
vilains pinchazos, et va descabeller « a toro vivo ». Sentant
la menace du verduguillo, le toro donne chaque fois, un terrible coup de tête.
Le Finito, sous la bronca, en termine avec bonheur, à la troisième
tentative. Juan Serrano ne reviendra pas de sitôt, à Madrid…"La tienen con él"...
et il ne fait rien pour changer les choses.
El Califa (Silence et silence) a promené
son air boudeur sur un lot impossible. Manso con sentido, son premier ;
affublé d’un terrible hachazo, le cinquième. Court de technique, sans
grand registre, Le Califa ne put donner le change, mais pour le moins,
Madrid respecta son échec. Il n’y avait guère d’option. Il tua mal,
mais vite. Ya es algo.
El Juli (Division – Maigres
applaudissements) a reçu avec intelligence et toreria son premier toro,
dont les allées et venues, complètement désordonnées, firent penser à
un gros défaut de vue. Si l’on ajoute à cela, une grosse faiblesse que
tout le monde a vue, sauf le président, on aboutit à un scandale
majuscule, quand retentit le changement de tiers, et tombe le mouchoir
blanc… au lieu de vert. Pour comble de provocation, selon certains, le
Juli va brinder au roi, en s’excusant. La bronca est aussi injuste que
majuscule. Julian Lopez va toréer suave et très torero, un bicho devenu
noble, mais toujours faible. Deux chutes, en fin de série, qui font
hurler Las Ventas, déjà aphone. Tout lui est refusé ! Rien à
Faire. Pour comble, le Juli pinche trois fois, avant de mettre « un
estoconazo majuscule », qui roule le pauvre animal.
Le sixième relancera quelque espoir. Bien le
Juli, au capote, par véroniques et un quite « chicueliné »,
clos d’une grande demi véronique. Entre temps, Manuel Muñoz a mis un
gros puyazo, pris bravement. Le Juli banderille sur le piton gauche, avec
vaillance. La deuxième, à droite, est «à corne passée ». Troisième
paire, « por dentro », contre les barrières. Ouf !
Valiente y torero ! On croit à la faena. Le toro semble « servir »,
et le torero veut « jouer sa carte », à fond. Hélas, après
de bons doblones et une première série, on se rend compte que le Pereda
ne prend pas le muletazo, entièrement. Il sort de la suerte, ralentit,
s’arrête… C’est fini. Juli, la mort dans l’âme, lui met un
nouveau gros coup d’épée, les yeux fixés sur le garrot. Vaya estocada!
Mais...c’est fini! La bataille de Madrid est perdue.
Dans leur finca respective, Enrique Ponce et Jose
Tomas sourient… mais pas trop. Ils savent... eux !
Ce mardi : toros de Manolo Gonzalez, pour Manolo Caballero, qui doit
se réveiller, Miguel Abellan, et surtout, le retour d’Antonio Ferrera,
remplaçant Joselito. |
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MADRID :
UNE VRAIE CORRIDA DE TOROS…
Antonio Ferrera triomphe… sans « triompher ».
5 Juin : Avec tous
ses défauts, avec toutes ses fuites et ses coups de tête, la corrida de
Manolo Gonzalez a été « une vraie corrida de Toros ». Tout
simplement, parce qu’il y a eu de l’émotion ; parce que le toro
est sorti fier, combattant, solide sur ses pattes. Tout simplement parce
que le toro est sorti en « toro de combat ». Bien entendu, il
y a eu d’autres corridas, lors de la feria, et tous « étaient des
toros »… mais, à part ceux d’Alcurrucen, bien peu ont autant
montré de force, de caste, et d’agressivité.
Du coup… chacun à sa place ! Les toreros
ont été de vrais toreros, et non des infirmiers vêtus de dorures. Hier,
il ne fallait pas « mimar al toro », il fallait le tromper, le
dominer, le toréer. Pour arranger le tout, un vent terrible se mit de la
partie, rendant impossible, jusqu’au toreo « de salon ».
Chapeau donc aux matadores et aux cuadrillas, même
s’il faudra nuancer beaucoup. Chapeau
au ganadero, qui a sorti une corrida de trapio et de caste, même
si elle ne fut pas toujours bonne. Après les mésaventures sévillanes de
Manolo Gonzalez, c’est Madrid qui, par deux fois, lui fait un grand
quite : Très bonne corrida, à la dernière feria d’Automne, et
corrida « très sérieuse », hier, 4 juin 2002. « Enhorabuena,
pues », surtout après les tristes heures précédentes…avec la
corrida de la veille, dont le Juli sort « tocado ».
Et puis, il y a eu… Ferrera ! Il n’a pas triomphé, au sens où
on l’entend. Pas d’oreille, pas de Puerta Grande ; plein de
passes accrochées, de nervosité, parfois. Mais une chose est sûre :
Antonio Ferrera est sorti « a darlo todo », avec une blessure
encore fraîche, se jouant plusieurs fois la peau (beaucoup plus qu’avec
les Carriquiri), et faisant bondir Las Ventas, qui du coup, « en
fait un peu trop ». C’est normal.
L’Antonio Ferrera « hystérique »,
tant de fois dénoncé ici, s’est transformé en un torero extrêmement
sérieux, concentré, qui brilla déjà très fort à Séville, et qui a
confirmé, à Madrid.
« Este Ferrera, si, nos gusta, Don Luis ! »
Ce Ferrera-là, oui, ne peut que plaire ! Et Luis Alvarez peut,
maintenant, valoriser le combat qu’il a mené avec tous, y compris le
torero, et gérer une carrière qui va décoller fort. Maintenant, une
question reste posée : Quel est « le vrai » Ferrera ?
« L’électrique, pueblerino », souvent horripilant, et
triomphant fort, de ce côté de la frontière ? … ou ce torero sérieux,
responsable qui, en trois corridas (Séville et les deux de Madrid), a
montré un classicisme et une toreria impressionnants ? A ver un poco !
La journée avait mal commencé. En écoutant la radio, une nouvelle nous
glace : « Un gamin (non un jeune homme ! un gamin !)
de 17 ans, vient de poignarder une petite de 15 ans » Interrogé, il
parle de l’influence du film « Scream », déclarant qu’il
avait décidé, depuis quinze jours, "de tuer quelqu’un!"
Dans sa chambre, on trouve les trois films de la série, des jeux videos,
de la même « philosophie », et des bouquins sur « les
serial killers »...
Señores ! Eso va « muy, pero que muy
mal ! »… On a tellement laissé aller, laissé faire, ouvert
tellement de portes, légalisé tant de vice, affiché tant de boue… que
certains esprits fragiles, en quête d’identité, ont complètement
perdu le nord. On a tellement « excusé » tant de petites
violences, que l’on se trouve, aujourd’hui, face à « la
violence », incontrôlée, incontrôlable. On a tellement dédramatisé
l’acte de presser sur une détente, ou sur une gâchette, appelée
aujourd’hui « joystick », qu’on ne fait plus la différence
entre la mort à l’écran, et cette sensation accrue, cette autre émotion,
plus forte… « plus cool ! », de tuer vraiment…
Alors, parleront « les psy », et
pleins d’autres professionnels et scientifiques, terminant en « istes ».
Alors, discourront les politicards démagos, tellement « tolérants »,
tellement faux, tellement fourbes, que plus personne ne croit en la
politique (c’est à dire : le bonne marche de la Cité) , et que
chacun « se défend comme il peut… ».
Simplement une proposition : Trois jours de
suite, à 20h30, à la télé, les trois films « Scream », et
un référendum, le dimanche suivant : « Faut il accepter cela ?
Oui ou non ? » Et, à partir de là... "las cosas en su
sitio!"
Franchement, et respectueusement, les anti taurins devraient « changer
de tercio »… On comprend tout à fait, et on accepte tout à fait,
que l’on n’aime pas le corrida. Mais, avouez qu’à l’heure où
l’on viole, dans les couloirs ou les caves, presque « par jeu »;
Quand on voit qu’on insulte, qu’on menace, gratuitement ; qu’on
joue au rodéo, la nuit, faisant hurler pneus et moteurs, au vu et su de
tout le monde, sans que personne n’agisse vraiment ; qu’on tue,
si facilement ; tout cela parce « qu’on s’emmerde »
à longueur de temps, et qu’on ne peut faire trois pas sans allumer
« un pétard », sans "rentrer dans la peau d’un autre"…
avouez qu’il y a d’autres combats à mener, pour sauver ce qui reste
d’humanité, de pundonor… sans se planquer derrière un pauvre
« Liberté, égalité, fraternité » qui n’est plus de mise,
quand une bande de salauds attaque, viole, assassine… Plus de mise !
Pero bueno ! On sort du sujet… mais peut-être pas tant que cela :
Je n’ai jamais entendu dire qu’un aficionado « a los toros »
avait voulu "se faire des sensations", en mettant « une
estocade sin puntilla » au premier quidam qui passait par là…
Tout simplement parce que nous qui sommes attaqués, parce que « nous
applaudissons » au spectacle de la mort, respectons beaucoup la vie,
de nos semblables, et aussi des animaux.
Je sais, un terrible paradoxe ! Mais, avouez
que, pour tordu qu’il soit, il semble bien moins terrible que ceux que
l’on peut lire, tous les jours, dans nos journaux, quand « les
faits divers » montent « à la une »…
Bien mal commencé, cette
journée… Heureusement, « Salio el toro ! », et en
face, des hommes ont fait ce qu’ils pouvaient… simplement. C’est
tout le symbole de la Vie, avec ses difficultés, et ce que l’on met
devant, pour les vaincre… et « rester debout » !
4
Juin : MADRID (Las Ventas) – 24ème de Feria –
Lleno – Temps gris, et beaucoup de vent : La corrida de Manolo
Gonzalez y Sanchez Dalp est sortie « très sérieuse », même
si la présentation a paru inégale. Trapio et seriedad. A la bascule :
516, 541, 540, 544, 585, 606 kgs. Deux toros, cardenos claros, gris clair,
ont crevé l’écran ! Deuxième et sixième… de vraies estampes!
Corrida extrêmement sérieuse, parce que solide sur ses pattes (deux tout
petits agenouillements, de glissade, vite rectifiés), violente, encastée,
parfois avec du genio. Corrida d’émotion, parce que forte, agressive et
compliquée. Corrida qui exigeait un engagement total, dans tous les
tiers, même quand régnait la
mansedumbre. Il y eut des premiers tiers d’émotion, comme le vrai
batacazo au picador Angel Rivas. Vrai batacazo, parce que le toro a poussé,
longuement, levé et basculé tout le monde, menaçant le piquero, au sol.
Il y eut de nombreux moments d’émotion et de danger, au point que
Carretero, lui-même, fut mis en échec. Il y eut des charges féroces,
des regards lourds de menace. Et pourtant, il y eut place à la toreria
des hommes, à la force, à la technique… et à l’honneur. Une vraie
corrida, seulement gâchée par le pire ennemi qui soit : le vent !
Celui là est vraiment « El peor toro de Las Ventas ! »
Manolo Caballero (Silence – Silence percé de
sifflets) n’a pas été bien. Certes, le vent l’a gêné
d’importance. Cependant, Caballero « fonctionne », en bon
professionnel… et ennuie tout le monde. Il y eut deux bonnes naturelles,
face au premier, un manso huidoso au début, mais qui mettait la tête, à
gauche. Caballero montra qu’il pouvait faire plus, mais se contenta de
peu. Face au manso quatrième, il fut « conservateur » et tua
mal. Feria « insulsa » d’un torero qui paraît « sans
ambition », et qui ne mérite aucunement « l’honneur »
d’être inscrit à la Corrida de Bienfaisance. Mais ça, c’est une
autre histoire…
Antonio Ferrera (Pétition et Vuelta –
Grande ovation, saluée au centre), n’a pas coupé parce qu’il a tué
bas, son premier, et en trois fois, le cinquième. Poco importa ! Son
triomphe n’a pas été aussi impressionnant que le premier. Normal !
La surprise était passée, et entre temps « 20 cms de corne »,
aussi ! Mais l’actuacion d’Antonio Ferrera, hier, à Las Ventas,
a été exemplaire de sérieux, de pundonor, de courage et de brio.
Formidable tiers de banderilles à son magnifique premier. A retenir le
jugueteo très risqué, à la fin du tercio, Ferrera gagnant à la course,
la charge très encastée du toro. Ce fut haletant, pas gagné d’avance.
Torero ! Très dur et plein de hargne, la toro, à la muleta… Il
prend le premier muletazo, puis revient avec force, et « noble
violence »… Le torero
essaiera de s’imposer, en totale honnêteté. Il n’y parviendra que
partiellement. Cependant, l’oreille était celle que mérite un combat
d’honneur, même perdu. Hélas, l’épée fut desprendida, et la pétition
minoritaire. Grosse vuelta, sous les ovations.
Autre toro violent, plus réservé, plus « attentiste »,
le cinquième. Ferrera va le banderiller spectaculairement, en particulier
dans un « por dentro » très serré, contre les barrières
(Immense mérite, même s’il est « à corne passée »), et
un quiebro, au centre, laissant venir, jusqu’au dernier moment.
Monterazo ! Très bon début de faena, doublant par le bas, changeant
de main par devant. Puis le torero tourne deux grands derechazos et un
grand pecho. Tout le monde y croit.. La deuxième série, courte, mais
bien tirée, main basse, confirme. Le torero est conscient de ce qu’il
fait, serein, valentisimo. Les
naturelles sont un peu forcées, car le toro se réserve chaque fois
davantage, et « attend » l’homme. La faena est terminée et
Ferrera attaque fort, pour une nouvelle oreille, peut-être. Hélas, deux
pinchazos précèdent une entière rapide. Madrid, qui s’est amourachée
de Ferrera, lui fait grande ovation, dignement saluée, au centre. Bien
pour Ferrera.
Miguel Abellan (Applaudissements, après
un avis – Silence) n’a pas tout à fait convaincu. Son premier toro
« le regardait » terriblement, et lui mis deux dangereuses
coladas. Gêné par le vent, le torero ne put choisir les terrains adéquats,
(en l’occurrence, au centre), et le toro « pesa » énormément,
restant maître de la situation. Le
sixième, magnifique estampe, poussa comme un brave, sur un très lourd
premier puyazo, qui se termina en batacazo féroce. Il fut le plus noble
du lot, et répondit bien, dans la première partie de la faena. Très
bons doblones, muy toreros, d’Abellan. Dans les premières séries, le
toro rechigne fort à prendre le premier muletazo, mais il répète sa
charge, une fois déclenchée. Abellan en profite, sur deux séries de
bons derechazos. Hélas, le toro « tarde » de plus en plus, et
le trasteo se termine, sur un dernier kikiriki. Media estocade pas très
nette et deux descabellos. Abellan sort de la San Isidro, sans couper.
C’est la première fois !
Ce soir, les toros de Palha, qui ont du mal à passer l’examen vétérinaire,
pour Davila Miura, Juan Bautista et Jesus Millan. |
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CARTON
ROUGE !!!
Madrid : Fracaso sur toute la ligne, de Palha
6
Juin : Que ce serait il passé, hier à Las Ventas, si "una
figura" était inscrite au cartel ? On parlerait aujourd’hui
d’une gigantesque émeute !
La ganaderia de Palha a fait son retour à la
Monumental de Madrid, après des années et des années d’absence. En
fait, elle est revenue, pour un nouveau ticket « d’années et années
d’absence » !
Tout le monde connaît le ganadero portugais, sa facilité, son charme
et… les leçons d’Aficion qu’il donne à tout le monde, que ce soit
lorsque ses toros sortent douteux à Vic ; que ce soit lorsqu’il «prend
des plazas » de France, histoire de lidier des corridas dont
personne ailleurs ne voudra ; que ce soit lorsqu’il faut « choisir »
un toro pour la corrida concours de Dax, l’an passé.
A chaque fois, le « don de communication »,
réussit à retourner la situation, mêlant le « je me sens triste
et blessé dans ma fierté », au « mais vous n’avez rien
compris. Je vais vous montrer… »
Pues bien ! Encore une fois… on a vu !
Mais on a du mal à en croire ses yeux et, au sortir de cette corrida
madrilène, on a tous pris rendez vous chez Afflelou !
Comment les vétérinaires ont-ils pu laisser passer des toros aussi mal
présentés, en plaza de Madrid, alors qu’ils ont fait toutes ces simagrées
lorsqu’une vedette était au cartel ? Comment un président n’a
t’il pas réagi, quand deux toros se sont scandaleusement astillé les
pitons, au premier burladero rencontré ? Madrid a vu défiler un peu
plus de 150 toros… et il faut chercher loin dans les reseñas pour
trouver un toro astillado. Comment Madrid a t’elle pu tolérer cela,
quand elle a été si dure avec d’autres ganaderos, qui « parlaient »
peut-être moins bien que « Monsieur Palha »?
Pour arranger le tout, la corrida (à cinq) a été
la plus grande mansada que l’on a vue à la San Isidro. Outre le problème
de la présentation, le total manque de caste est « digne
d’excommunication ». Toros qui partent dans tous les sens ;
font le tour de piqueros ; prennent un muletazo, et tout à coup, démarrent
en folles oleadas ; piquent « un coup de stromboli » et
mettent un terrible arreon, dont Dieu seul sait quel sera le résultat
final. Même Dieu y perd son latin aficionado !
Pero que moruchada !
La presse, aujourd’hui, est sans pitié !
Peut-être le ganadero enverra t’il un courrier à chaque revistero
« pour dire à quel point il est triste et blessé dans sa fierté »
et encore « Vous n’avez rien compris, je vais vous montrer »…
Pourquoi pas ? Cela peut marcher…encore une fois.
Le vent a soufflé salement, par dangereux à coups. Les toreros ont fait
ce qu’ils ont pu, avec des fortunes diverses, proportionnelles à leur
envie…
Encore une fois, on a vu fonctionner la cuadrilla
de Jesus Millan. Avec le fait que tout le monde soit sorti vivant de ce
naufrage, c’est bien la seule chose positive de cette triste journée.
A
qui le prochain carton ? Sera t’il vert, jaune… ou rouge ? Réponse,
ce jeudi 6 Juin, sur les coups de 15 heures 20...
L’équipe de France joue sa peau,
aujourd’hui, aux premier tour de la Coupe du Monde… Le carton jaune,
elle l’a déjà reçu, contre le Sénégal. Donc… vert, contre l’Urugay,
ou alors…
A l’Elysée, on croise les doigts :
« Pourvu qu’ils gagnent, sinon ils vont me mettre en rogne tout le
pays, et on va prendre une raclée aux élections, dimanche ! »
Carton vert, logique ! Carton rouge... qui
serait bien triste, mais ramènerait beaucoup de choses à de plus justes
proportions… Un peu comme
le carton, adressé hier, à « Monsieur Palha », par Madrid et
toute l’Aficion. A lui de choisir la couleur !
5
Juin – MADRID (Las Ventas) – 25ème de Feria – Plein
– Temps gris, froid, avec de terribles rafales de vent :
Beaucoup de monde est parti, à la mort du cinquième.
C’est très mal, car peu respectueux des hommes qui vont combattre le
sixième. Mais c’est, hélas, compréhensible, quand on pense au
monumental « toston » auquel les aficionados madrilènes ont
été conviés.
La corrida de Palha, on le sait, avait eu du mal
à passer le reconocimiento. Cinq toros «étaient passés au travers »,
et sortirent donc, accompagnés, en sixième lieu d’un Carmen Borrero
qui a eu tout le temps « d’écouter » le comportement de ses
illustres prédécesseurs, et donc, sortit manso, totalement décasté…
comme eux. Outre le fait que deux toros sur cinq étaient totalement
indignes de Madrid, de par une totale absence de trapio (Il est sorti des
novilladas bien plus charpentées que les Palhas d’hier) ; outre le
fait que deux toros se soient explosé les pitones au premier choc (On ne
dit rien, mais…), on ne peut que contempler tristement le jeu nul, de
ces cinq toros « sélectionnés » par le prestigieux ganadero
lusitanien. « Mansada total, sin paliativos ! » Un
premier qui prend un ou deux coups de folie, sur le côté droit, alors
qu’il accepte presque le muletazo, à gauche. Un deuxième, protesté,
qui coupe affreusement, aux banderilles, « encense du bonnet »
et saute dans la muleta. Un troisième, protesté, « manso de libro »
qui portait le nom prédestiné de « Politico ». Un quatrième,
qui sera le moins mauvais. Le cinquième sortira « sérieux »,
mais astillado. Un toro qui ne s’emploie pas à la pique, se montre
compliqué aux banderilles, et ne prend aucun muletazo complet. Nada !
Pour compléter le panorama, un colorado de
Carmen Borrero, aussi distrait, aussi fuyard, aussi manso, aussi décasté
que les cinq « collègues » portugais. « La solidarité
Européenne », je suppose.
Davila Miura (Silence, après avis –
Silence) a du lutter contre le vent et contre le premier toro,
foldingue… Prend un muletazo à gauche, presque suave, presque soso.
Puis, sur un pecho corne droite lui met une première oleada qui le fait
« courir beaucoup », ainsi que la cuadrilla, venue au secours.
Quelques muletazos « plus loin », une terrible colada, où la
corne fend, de haut en bas, la taleguilla du sevillan. Davila Miura s’en
sortira comme il pourra… De même, face au quatrième, face auquel il démarra
bien. Hélas, le toro « tourna court », et la faena, de même.
Davila Miura « rend », à Madrid, le triomphe de Séville.
Juan Bautista (Silence – Silence, après
un avis) reçut fort bien son premier, avec le capote. Hélas, ce sera là
son meilleur moment de la tarde. Le toro chargeait « a brincos »,
en donnant de la tête en tous sens. Le français essaya bien d’endiguer
cette charge désordonnée. En vain -
Le cinquième s’arrêta au troisième muletazo, devant un Juan
Bautista qui ne voulut pas « lui monter dessus ». Trois
vilains pinchazos précédèrent une entière caidita. Venir une seule
fois à Madrid, « pour ça », et « comme ça »…
no merecia la pena.
Jesus Millan (Silence – Palmas) a une
grande cuadrilla « a pie » : Francisco Javier Rodriguez,
(à la brega), et Jesus Arruga, (aux banderilles) sont des éléments précieux.
Rien à faire devant le « politico » démagogique troisième,
qui ne tint aucunement les promesses qu’il n’avait d’ailleurs pas
faites… Distrait, chargeant « a oleadas », et finissant par
s’arrêter, là, comme ça… Il le tua d’une tendida basse - Le garçon
se paya « un arrimon », devant le Carmen Borrero, sorti sixième,
se mettant longuement « dans les cornes » pour essayer
d’arracher un demi muletazo. Le public protesta ce dernier défi, fatigué
de tant de tristesse, de tant de grisaille et de froid.
D’ailleurs, la moitié de la plaza était déjà
devant un grog… Bien triste !
Ce soir, la première des "Made in Albaserrada"… De plus, du
Santa Coloma ! Ca va déménager ! En principe. Corrida de Jose
Escolar, qui a fait un gros triomphe, en Juillet dernier, dans cette plaza.
Pour la lidier : Stéphane Fernandez Meca, Oscar Higares et Jose
Ignacio Ramos. |
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CARTON
ROUGE !!! (Suite…)
Madrid : La corrida « galère »
7
Juin : Mince, alors ! J’espère ne pas leur avoir porté la
poisse en parlant de « carton rouge », hier ! Manquerait
plus que ça !
La France a fait « match nul » et
Thierry Henry a pris un carton rouge ! Du coup les Uruguayens sont
des pleutres et des assassins, sans parler de l’arbitre aztèque qui a
« favorisé » ses cousins d’Amérique. Hombre ! J’écoutais
une émission sur une radio « où on refait le match », tous
les soirs. S’y exprimaient plusieurs journalistes « footeux »
et un grand gardien de but, dont le chignon a fait, jadis, les beaux jours
du PSG. Et il disait simplement : « Il faut garder la raison.
Le carton rouge à Thierry est justifié, et le match a été ce qu’il
devait être. Le vrai carton rouge, c’est toute l’équipe qui l’a
pris, au match précédent… » Et on peut penser que ce
professionnel est dans le vrai…
Cela dit, l’équipe de France à relevé la tête
et s’est bien battue. Hubo garra ! Le problème, là-dedans…
c’est qu’elle est la seule, des ténors, à ne pas avoir marqué de
but. Et cela, au foot, cela ne pardonne guère… Peu importe de perdre 5
à 4, mais il faut marquer ! Mettre « deux pions » aux
danois, à condition que Barthez et ses défenseurs soient des lions,
derrière, ce ne sera pas de la tarte. Mais bon ! Ils ont relevé la
tête. Seuls quelques politicards calculateurs feront un peu la gueule
« avant le premier tour » ; d’autres feront des
calembours faciles… Il y a eu « pundonor », et cela ravive
l’espoir et la confiance. Sus aux danois !
« Carton rouge ! » au président, hier, à Madrid. La
corrida a débuté sous un déluge et le ruedo, déjà marécage, prit
vite l’allure d’une sale piscine. Le public vociféra d’importance,
avec de « fuera el palco », sans équivoque. Et il est vrai
que le commissaire Sanchez, le président au nœud papillon en a fait de
belles, au cours de cette San Isidro. Le dernière : donner le feu
vert au paseo, hier, alors que Madrid ruisselait de pluie, tout simplement
parce que les toreros voulaient toréer (deux d’entre eux n’ayant que
ce contrat là) et que l’Empresa donnait également son feu vert.
« Tu parles ! La taquilla allait produire de succulents bénéfices,
car le cartel, certes des plus honorables, n’était pas « le plus
cher ». Monsieur le Président leva donc un acte, officiel, où étaient
stipulés les desideratas de chacun, et il fit sonner le paseo.
Plaidant non coupable, monsieur Sanchez, « l’homme au nœud paps
imperméable » précise qu’au défilé, il tombait une pluie fine ;
à la 20ème minute de spectacle, c’était un vrai déluge ; à la
28ème « pleuvait plus ! ». Mieux que cela !
Vers neuf heures, il y eut du soleil Pour un peu, monsieur Sanchez passait
à la distribution de parasols et crèmes bronzantes…
Pendant ce temps, « en bas », on frôla
la tragédie, à plusieurs reprises. Devant une corrida extrêmement dure,
mansa et dangereuse, les toreros ne pouvaient confier en leurs appuis.
Plusieurs glissades dramatiques nous menèrent au bord de la tragédie.
Dieu mit le capote « imperméable », en plusieurs quites
salvateurs, et fit un sacré boulot. Ce ne sont ni Fernandez Meca, ni
Oscar Higares, ni Jose Ignacio Ramos qui me contrediront.
Pendant ce temps, le public était en rogne et
sifflait beaucoup. Trempés comme des soupes, puis transis de froid, les
spectateurs ne virent pas le péril de la corrida, se permettant même,
pour se réchauffer, d’applaudir l’arrastre du troisième, un vrai
Barrabas, le pire des toros sortis au cours de cette feria. Muy mal !
D’autant qu’ils gardèrent un silence indifférent devant l’héroïsme
de Ramos. Re « muy mal » ! Carton rouge à l’Aficion de
Madrid, et à certains « peñistas » qui confondent volontiers
le combat « au tableau noir », avec la réalité « sur
terrain glissant… ». Bref, la corrida n’aurait pas du se donner,
même si les toreros ne voulaient pas perdre « la oportunidad ».
De fait, ils couraient à la perte, ne pouvant jouer entièrement leur
chance, dans ces conditions, face à une corrida qu’ils savaient extrêmement
agressive.
Auraient ils été plus brillants, en des
circonstances plus favorables ! « Ptêt bien qu’oui ! ».
La corrida était vraiment dure, et même si elle fit preuve, à
l’instar des toros de la veille, d’une présentation irréprochable,
ce fut un mansada « de cuidado ! » à un toro près, le
sixième.
Le seul bénéficiaire, dans cette affaire :
L’Empresa, qui a bourré sa valise.
Monsieur Sanchez a gagné au loto, hier.
Imaginons qu’il y ait eu « grosse
cornada », lui aussi… aurait pu faire sa valise ! « Mucha
suerte tuvo, el tio de la pajarita impermeable ! »
6
Juin – MADRID (Las Ventas) – 26ème de San Isidro (La
corrida de la Presse étant « hors abono) – 2/3 de plaza –
Pluie, puis déluge, jusqu’au troisième toro. Ensuite, froid intense et
vent fort. Pouahhhh !:
Corrida de Don Jose Escolar Gil,
magnifiquement présentée, les trois et quatrième toros, de vrais
estampes, étant ovationnés au sortir du chiquero. Très en Albaserrada,
en Victorino, les Escolar sortirent avec violence et force, leurs cornes
acérées et très solides percutant les burladeros, leur arrachant des
esquilles à force de taper « comme des sourds ». Au premier
tiers, violence et force sauvage, dans la mansedumbre « enracée ».
Les picadors ont mis le fer, « plus trasero » que jamais (Va
« vraiment » falloir faire quelque chose ! ». Même
ainsi, la rage et le sentido n’a que peu baissé d’intensité. A la
muleta, violence, charge qui s’interrompt au niveau du mollet, remonte
direct à la poitrine. Peu importe la muleta, on « regarde »
le torero, et on part « droit dessus » ! Brrrr ! Le
troisième fut une « grenade dégoupillée » que l’on
s’est passée de main en main ! Terrible de sentido, calculateur
machiavélique, ce toro fit très peur à tout le monde, y compris à son
matador, qui fut tout simplement « admirable ». Heureusement,
le sort le récompensa en lui attribuant le sixième, de loin le meilleur
du lot, brave et presque franc, sans être pour autant, « une sœur
de la Charité » (Con respeto !)
Stéphane Fernandez Meca (Silence –
Silence) a du supporter la pluie, la rage du public et « les
vacheries » du premier toro. Cela fait un peu beaucoup pour un seul
homme, même vaillant. Il le tua vite et honnêtement, ce qui est déjà
un succès – Le quatrième était un toraco astifino. Il ne pleuvait
plus, mais le vent s’était levé, terrible. Meca fit face, mais dut
rompre, devant un toro qui coupa le terrain, alla directement au pecho,
avançant sans cesse sur le torero. Final difficile, en plusieurs entrées
à matar, bien délicates. Le français avoua ensuite « le sale
moment » passé : « Quoi que je fasse, il me voyait ! »
Tant d’efforts pour presque rien ! Le matador continuait :
« Cela ne fait rien. Cela valait la peine. J’ai mis treize ans,
pour venir à la San Isidro. S’il le faut, j’en mettrai encore
treize… pour y revenir ».
Oscar Higares (Silence – Petits
sifflets, après un avis) a toujours « bien commencé », et
mal fini. Bonnes premières véroniques, puis le grand dégingandé perd
pied et perd « le moral ». Deux toros difficiles, bien que son
premier ait donné quelqu’espoir. Toro qui paraît noble, mais soso. Il
passe à droite, mais finit le muletazo, bêtement, la tête en haut,
comme quelqu’un qui ouvre une porte et demande « y a quelqu’un ? ».
Par contre, changement d’attitude à gauche, avec une terrible colada,
à la deuxième naturelle. Ouuuuyyyyy ! Du coup, Higares va baisser
la garde et tenter désespérément de mettre une série, ferme et complète.
Il n’y arrivera pas, et le public le priera vertement d’en finir.
Aburrio ! – Du cinquième combat, on ne retiendra qu’un toro
« qui se met dessous l’engaño », et menace le torero. On ne
retiendra également que les 15 descabellos, terriblement comptés à voix
haute, depuis le tendido.
Jose Ignacio Ramos (Silence – Ovation) a
été héroïque. Glissant dans la fange en recevant le troisième, il
frisa le gros accident. A peine remis, le toro lui met une colada terrible
dont il se sort par miracle. Toro de mucho sentido, qui prend trois
grosses rations de fer, mais crée la panique dans les cuadrillas, faisant
fi des capotes, allant directement al bulto. Luis Miguel Calvo, sous les
lazzis, devra vilainement prendre la fuite. Malgré ce, Ramos décide de
banderilles. Au milieu des flaques d’eau, il surprend le fauve, les deux
premières fois. Mais à la troisième, sur un « por fuera »
partant debout sur l’estribo, le toro lui met la corne à la ceinture,
remonte et lui arrache le chaleco. Miracle total ! Merci Dieu et tous
les autres ! Terrible susto, pour tous. La faena n’existera pas. Ce
sera un inévitable macheteo de défense, sobre las piernas. Logique,
recommandé, et pourtant mal perçu de certains. Grand tueur, Ramos
prendra ici de logiques précautions, ce qui ne sera pas compris de
certains, là aussi. Hombre ! L’épée définitive fut atravesada.
Mais pour le moins, il était vivant. De là à ovationner le toro à l’arrastre…
Le toro sixième fut le seul potable. Ramos
brilla au capote, tant dans les véroniques d’accueil, que les
chicuelinas du quite. Brave le toro, et chargeant fort, violent, mais
droit. Blessure légère, à l’aiselle, de Pedro Calvo, en voulant
mettre le bicho aux planches, tandis que le maestro banderillait
brillamment. Faena sérieuse, ferme, nette. Séries sur les deux mains,
sans fioritures. Bonnes naturelles liées au pecho. Torero ! Se
profilant « court », Ramos entre très bien, pour une entière
qui tombe un peu de côté. Dommage ! L’ovation sera la seule de la
soirée, mais elle accompagna également, l’unique rayon de soleil de
cette bien dure « tarde isidril ». Bravo à tous !
Ce 7 Juin : Corrida de Adolfo Martin pour Zotoluco, qui vient de
tienter chez lui ; Padilla, qui doit se faire le quite, à Madrid ;
et Gomez Escorial, qui, encore une fois, « va se jeter à la piscine ».
Portagayolas et « sustos » prévisibles. |
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L’ESPAGNE
FUT UNE FETE...
Madrid :
Triomphe ganadero d’Adolfo Martin
8
Juin: Hier, l’Espagne entière fut toute joie, toute fête… Dans toute
la péninsule, on se leva pour célébrer deux noms, commençant par
« M », comme « Merveille ». Ces deux noms :
Morientes et « Madroño I »…
Oh, bien sûr, rien à voir entre les deux !
Le premier court sur toute les lèvres tandis que résonnent encore les
trois « Goooooool ! » des commentateurs de radio,
psalmodiant les trois buts de Morientes et ses amis, qui ont fait mordre
le gazon coréen au Paraguay et à ce gros pirate de Chilavert. Du coup,
l’Espagne rêve déjà d’aller en finale de la Coupe du Monde. Et
pourquoi pas ? « Au moins, ils marquent des buts… eux !
Pas vrai, monsieur Lemerre ? »
L’autre « M », est sur toutes les lèvres, certes, mais du
petit monde réduit de la tauromachie. Il s’appelle « Madroño I »,
et a ouvert le grand bal d’Adolfo Martin, hier, à Las Ventas. Pas à
dire : A Madrid, « le cousin Adolphe » a frappé un
grand coup, en amenant la corrida la plus complète de la San Isidro (avec
celle de Valdefresno) et en faisant la nique à Victorino qui a bien
failli avaler son énorme cigare, juste avant de sortir ses toros,
aujourd’hui, pour baisser le rideau !
Pas possible ! Les cigares ont pris du
viagra, cette année ! Le cigare de Victorino n’avait plus rien
d’un bâton de chaise ! C’était presque un arbre d’hélice du
« Charles de Gaulle » (en plus sûr !).
Il était important, ce triomphe… à l’heure où l’Espagne
aficionada résonne également des tristes échos d’un programme de télévision,
jeudi soir sur Antena 3, qui n’a pas fini de faire des vagues. Pendant
deux heures, on déballa un maximum de linge sale, avec plus ou moins de
bonne foi, plus ou moins de vérité, plus ou moins de vile prétention…
Du coup, les principales associations de
professionnels ont protesté d’un communiqué conjoint, et Jose Maria
Manzanares fils en a perdu ses apoderados. En effet, son père, le grand
Manzana, a perdu une bonne occasion de se taire, en déclarant que toréer
coûtait de l’argent à son digne rejeton… Ce qui a été moyennement
apprécié par le clan de Choperitas, qui a expliqué sa gestion, en
alignant des chiffres (Manzanares hijo : entre un million et « y
medio » de pesetas par course ; cinq millions pour les deux de
Nîmes, en Février)… Bien entendu, il y a des frais, mais « le
digne fils de son digne père » aura un bilan plus que positif, en
fin d’année. Maintenant, s’il voulait bien toréer partout des
novillos limpios (voir Mugron et ses conséquences), peut-être pourrait
il toréer plus ? Au fait, pourquoi Manzanares hijo est il tombé du
cartel de Pamplona ? Toujours est il que les Choperitas ont pris la
mouche et ont dit au fils : « Ecoute, on t’aime bien, mais…
retourne chez ton père, et apprends lui les bonnes manières, si tu le
peux ! » Bref, un programme scandale qui a remué beaucoup de
« m… auvaise conscience » et qui ne va sûrement pas s’arrêter
là.
Donc, très importante, cette corrida d’Adolfo Martin…
Cependant, on peut quand même s’étonner du
manque de tolérance, voir de justice, de ce public de Madrid, si
particulier. Hier, il fallait que les toros triomphent, et quoi qu’ils
fassent, les hommes étaient sifflés, vilipendés, excepté Angel Gomez
Escorial, qui pourtant, amassa vulgarité et incapacité, tout au long de
la tarde.
Vouloir voir briller un toro…bien entendu ! Mais, pour cela,
interdire à un diestro, quelle que soit sa qualité, de faire son quite,
non ! C’est pourtant ce qui arriva à Padilla, au premier de la
soirée.
Vouloir voir triompher un toro, parce qu’il le
mérite, ne veut pas dire pour autant, « tout nier » à son
torero, au point de lui faire perdre ses moyens. Zotoluco n’a pas pu,
avec un toro très encasté, brave et noble… Il fut pourtant loin d’être
ridicule et impuissant, comme le fut en partie Padilla, devant le cinquième.
Me vient un souvenir : Séville, Avril 1974, un samedi à midi. On
donnait une corrida précédemment reportée à cause de la pluie… Toros
de Torrestrella. Diego Puerta se fait manger par le quatrième, « Abrileño »,
à qui on va donner la vuelta. Le public sévillan se leva au passage de
la noble dépouille, puis fit une ovation de consolation à « Diego
valor »…Eso es Aficion. Ne pas oublier qu’il n’y a rien de
pire que de tomber sur un « grand toro »…
A ce sujet, le chroniqueur du « Pais »
rappelle la célèbre phrase de Belmonte au jeune torero qui racontait le
faena qu’il ferait le jour où, enfin, lui sortirait un toro « vraiment
brave ». Il lui dit simplement : « Petit, prie Dieu
qu’il ne te sorte jamais un toro vraiment brave ! »
Hier, les toreros sont tombés sur des toros
encastés et braves, et le public leur a fait payer d’un coup les
turpitudes de toute la profession. Eso
tampoco es ! Et ce n’est pas cela, non plus !
Comment répliquera Victorino, aujourd’hui? A n’en pas douter, il doit
avoir un ou deux as dans sa manche. Madrid attendra et le soutiendra. Les
matadors n’ont qu’à bien se tenir, en particulier Victor Puerto, qui
torée des Victorinos, pour la première fois. On connaît ses amours
orageuses avec Madrid. Cela peut faire du bruit… grosse scène de ménage,
ou alors…
7
Juin –MADRID (Las Ventas) – 27ème de San Isidro –
Plein total – Temps « gris clair », frais, avec ce maudit
vent : On l’a senti, d’entrée de jeu : Le public a voulu
faire un triomphe aux toros, et il est vrai que ceux ci ont répondu
« Présents ! »
Corrida d’Adolfo Martin, très en
Saltillo, sans présentation exagérée, certains toros se cachant derrière
des têtes très sérieuses et des regards décidés. Au poids: 554, 538,
520, 503, 498, 587Kgs. Par contre, l’envie de charger, permanente ;
la caste, pratiquement tout le temps ; la bravoure, en particulier
chez les 3, 4, 5èmes. Et puis, un toro exceptionnel, qui sort premier, et
met tout le monde d’accord, ou presque : Il s’appelle « Madroño
I », N°38 – 554 kgs. Caste totale à la muleta, après avoir
fortement brillé au premier tiers. Caste, mais noblesse, que son matador
ne put entièrement exploiter. On donna la vuelta au toro, et on siffla
son torero. Du coup, Madrid n’eut plus d’yeux que pour les toros d’Adolfo,
même s’ils furent loin d’être à la hauteur de ce toro
d’ouverture. Tous montrait des possibilités à la muleta, mais il ne
faut pas oublier certaine faiblesse, certains regards en dessous, certaine
soseria, comme chez le dernier. En fin de corrida, on invita le Mayoral à
saluer, tandis que les cuadrillas quittaient la plaza sous de quolibets,
peu amènes.
Zotoluco (Avis et quelques sifflets,
tandis qu’on donne vuelta au toro – Sifflets) a du affronter un toro
très encasté, et un public qui en était tombé amoureux. Cela fait
beaucoup pour un seul homme. A t’il été si mal ? Non ! A
t’il été « à la hauteur du toro » ? Non !
« Madroño I » est sorti très fort,
chargeant sans grand style, dans la cape batailleuse du Mexicain. Tandis
que le picador se met en place, le toro s’échappe du burladero, fait fi
de toutes les capes, et fond sur le cheval. Grosse pique du « Legionario ».
Zotoluco « quite » par chicuelinas, et remet le toro « loin »,
à la demande du public. C’est « le » grand moment de la
corrida : le toro se fixe sur le piquero, démarre, fait un léger écart,
mais rentre dans le peto, poussant droit, avec une immense bravoure. Le
picador met peut-être là « le Puyazo » de la Feria. Superbe
spectacle d’une grande pique ! Immense ovation. Padilla veut faire
son quite. Le public rugit et lui interdit toute intervention. A nouveau
placé loin, « Madroño » s’arrache, bien arrêté par le
Legionario qui sortira sous les ovations. Trois piques, dont deux vraiment
« de brave ».
A la muleta, le Zotoluco va se retrouver avec un
toro qui attaque fort et qui répète. Le mexicain essaie de tempérer la
charge du bicho, en deux séries droitières peu convaincantes, mais
patine et se fait vilainement désarmer, à la deuxième naturelle.
Prenant sur lui, le Zotoluco revient à droite et dessine une bonne série
de derechazos, close d’un martinete et double pecho. Mais Madrid ne veut
pas le voir. Elle applaudit « du bout des lèvres ». La faena
est finie. Le Zotoluco en a pris un coup au moral. Il essaie encore, tire
trois naturelles, mais Madrid refuse. Pinchazo et estocade en deux
temps… Madrid se lève, fait honneur au grand « Madroño I »,
et siffle le mexicain qui a presque pâli.
Face au quatrième, le Zotoluco n’arrivera pas
à juguler une charge rebrincada dans son capote. Le toro est un peu
faible, mais le public l’ignore, faisant grande fête aux trois puyazos
d’Efren Acosta, à son style et son incroyable habileté : Le toro
charge ; la pique, pointée haaut « tombe », comme aimantée
par le point exact où elle doit pénétrer, tout en haut du morillo. Tout
ce passe sans violence, comme naturellement. Grande ovation au picador
mexicain. Son maestro sera moins à la fête ! Le toro est faible, de
derrière ; Il charge court, se retourne sec, et regarde beaucoup…
Zotoluco essaiera, mais ne sera jamais « a gusto ». Pinchazo,
media et descabello. Le Zotoluco a perdu la bataille de Madrid. On peut même
penser qu’il n’y reviendra pas.
Juan Jose Padilla (Sifflets, après un
avis – Petite bronca) n’est pas bien du tout, en ce moment. Certes, la
portagayola fait toujours son effet. Certes, il banderille « facile »
et spectaculaire. Mais il a du mal a garder les zapatillas en place, et a
perdu ce grain de folie qui faisait sa personnalité. Madrid l’a pris en
grippe, et le coup d’arrêt du public au moment de prendre son quite, au
premier, a du lui faire du mal. Cela dit, absence et incompréhension,
face à deux toros qui méritaient plus que cette tonne de trapazos sans
la moindre allure, sans le moindre liant. Un premier toro, (très bien
lidié par son frère Oscar Padilla), qui n’humilie pas beaucoup ;
un second qui poussera fort à la pique et chargera de même… Padilla
patinera et tuera bien mal : 7 pinchazos et quatre descabellos à son
premier. San Isidro catastrophique pour le typhon de Jerez, qui a le
souffle bien court.
Angel Gomez Escorial (Deux avis et silence
charitable – Silence, au sixième) revenait à Madrid, après sa grave lésion
de l’an passé. On l’aime bien, ici, et on lui pardonne presque tout,
d’autant qu’il est vaillant, qu’il va à portagayola, et qu’il
donne beaucoup de passes, dont certaines « sortent » bonnes.
Le troisième d’Adolfo permettait de grandes choses, surtout sur main
gauche. Escorial le démontra, mais ne put le confirmer à son avantage.
La faena ne décolla jamais, et le public lui fit comprendre que,
vraiment, le toro « valait » plus que lui. Dur, mais vrai !
Pagaillant au descabello, le garçon, qui toréait sa deuxième corrida de
l’année, entendit deux avis – Le sixième toro semblait d’un autre
moule : beaucoup plus lourd, plus poussif, plus soso… Escorial le
passa de muleta, se mettant à l’unisson. La deuxième épée fut bien
portée… mais cette corrida ne lui permettra pas de décoller.
«Garçon ! Prie Dieu, de ne jamais tomber
sur un toro « vraiment » brave ! ».
Ce Samedi 8 Juin, dernière corrida de la San Isidro 2002: Toros de
Victorino Martin, pour Luis Francisco Espla, Victor Puerto et Luis Miguel
Encabo. |
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MADRID…
POUR LE SOUVENIR.
Un grand toro de Victorino « ferme » la San Isidro 2002
9 Juin : Madrid…
c’est fini ! Mais la vie continue. On l’attendait, cette journée
tant dans la capitale du toreo, que dans la toute nouvelle capitale… du
rugby. La seule différence, c’est que la première
savait de longue date « être la première ! ». La
seconde, ne le savait pas encore.
Les aficionados se remettaient tranquillement de
la corrida « de Don Adolfo », et attendaient la réplique de
« Don Victorino ». A Madrid, il faisait du vent, mais il ne
pleuvrait pas… Au pied de Las Ventas, professionnels et « amateurs »
se croisaient, et parlaient de ce qui pourrait bien se passer, « avec
les Victorinos »…
Le samedi matin s’était levé, pluvieux, froid, venteux, sur Biarritz.
Partout, le rouge et le blanc ! Partout, la joie et l’espoir :
Le B.O jouait la finale, ce soir, contre Agen ! Des avions, des bus
avaient déversé sur Paris une joyeuse foule multicolore, chantant et
dansant le Pays Basque, souriant aux bleus qui passaient. Pas de raisons
de les haïr, « ceux d’en face » ! On n’est pas au
foot, ici ! Ils sont d’Agen ! de chez nous ! Mais, bon !
« Qu’est-ce qu’on va leur mettre » !
A
Madrid, la journée a été plus calme, plus feutrée. La feria se termine :
29 jours de toros, et 29 jours où il s’est pratiquement toujours
« passé quelque chose ». Après Castellon, maussade, des
Fallas « éteintes », une feria de Séville, lamentable…
Madrid a sauvé la Fiesta Brava ! Elle l’a sauvé « avec des
taureaux et des hommes »…
Restait donc le dernier épisode : La
corrida de Victorino. Elle n’a pas déçu. Le public est arrivé, prédisposé,
comme de coutume. Mais « le Victorino », encore une fois a
sorti un as de sa manche : Il s’appelle « Murciano ».
On lui donna vuelta al ruedo et le public en oublia le reste de la
corrida, qui fut moyen.
A
21h30, la messe madrilène était dite… celle de Paris commençait. Dans
un fabuleux coude à coude, à égalité parfaite, trente joueurs
incendiaient le grand stade de France. Dans les gradins, tour à tour, on
hurlait, de joie, de peur, d’émotion. A la dernière seconde, la pénalité
assassine remet les deux équipes de gladiateurs, en face à face.
Terrible ! Fantastique finale ! Formidables moments télévisés.
Au milieu d’un tel baroud, un homme en jaune, qui dirige et explique,
clair et net. Bravo l’arbitre ! Et, tout à coup, tandis que les
hommes saignent du combat de titan, un coup de feu claque… mais un coup
de feu de pundonor et de paix : Drop à la dernière minute des
prolongations ! Biarritz est champion ! Biarritz est champion !
Avec ça, il est onze heures du soir ! Mais
en fait, la soirée commençait « en rouge et blanc ».
Biarritz résonnait de mille klaxons, et pour une fois, on bénissait ce
tapage nocturne. Bravo, le B.O ! sans oublier le quinze d’Agen,
valiente, torero, lui aussi. Vive Biarritz ! Chapeau, Agen. Merci à
tous.
Claude Pelletier, du haut de son ciel, aura vécu
une grande journée. Imaginez un peu : Voir un grand toro de
Victorino donner la vuelta, a Las Ventas… et ensuite, vivre la juste
apothéose de « son B.O »…
Pourtant, lui qui n’était que « Rugby et
toros » ou « Toros et rugby », sans jamais pouvoir se décider
vraiment quant à celui qui « passait devant, au score », aura
gardé, dans la journée, un moment de tendresse, celle du professeur,
celle du papa, en prenant par la main, la petite Alice, qu’on portait en
terre, du côté de Saint Sébastien sur Loire.
« Mourir à 15 ans » est dramatique.
La mort est toujours dramatique. Mais, mourir « comme ça, pour ça ! »…
Elle s’appelait Alice. Elle avait quinze ans.
Elle est morte parce qu’un gamin de dix sept ans avait fait un rêve
fou. Terrible ! Elle pouvait être la fille de chacun d’entre nous.
Et le pire, si pire il peut y avoir, c’est que ce gamin, également,
pourrait être le fils de chacun d’entre nous. Claude ! comment
expliquerais tu ça ? Prends-là avec toi,
montre lui que la vie est jolie, malgré tout, et que… en blanc,
rouge, bleu ou de toutes les couleurs, les hommes ne sont pas toujours
comme elle en aura le souvenir…
Repose toi bien, Alice. On pense à toi, nous
aussi, depuis notre petite planète des toros. Tu verras, Claude te
montrera les toros et le rugby. Alors, tu continuera a sourire, malgré
tout…
8
Juin : MADRID (Las Ventas) – 28ème et dernière de
Feria – Llenazo – Temps gris bleu, avec des pointes de vent froid.
Grande ambiance « Torista ».
Corrida de Victorino Martin, qui sort
remarquablement présentée et armée. Pourtant, il n’y a aucune exagération,
et le fameux troisième, « Murciano », sera même un peu
protesté. Madrid applaudit « à la personnalité » des toros
de Victorino. Ils sont « comme le patron », vifs, malins, le
regard sur tout. Ils réagissent avec force et insolence. Ils se
grandissent sous les défis. Corrida très encastée, brave en divers degrés.
Un toro a effacé tout le monde, « Murciano »
- N°84 – 511kgs, le troisième. Il ne fit pas une fabuleuse pelea, au
cheval, mais il se grandit sans cesse, chargea noblement, mais avec un
caractère de chien. Chien fidèle, mais chien quand même. Il se montra
terriblement vibrant, et certains même en demandèrent la vie sauve.
Encabo le fit briller, et on ovationna debout son tour de piste posthume.
(Cependant, on ne le retrouvera pas, dans les premiers Trophées de la
Feria, les jurys lui préférant « Guitarrero », d’Hernandez
Pla)
Les trois premiers furent les meilleurs, mais le
quatrième, par contre, fut « le mauvais garçon ». Au poids :
531, 510, 511, 556, 569, 566 Kgs.
Luis Francisco Espla (Pétition
minoritaire et grande ovation – Ovation) a été, à son habitude, mi
maestro, mi malin. Un grand mérite, cependant car en menant son premier
au cheval, chicuelinas marchées, l’Alicantino porte sa main à l’arrière
de la cuisse. Il banderillera son toro, avec Encabo, dessinera une faena où,
peu à peu, il découvrira et exploitera bien la grande corne gauche de
« Bodegon », puis l’estoquera d’une épée en arrière,
bien portée au recibir.(Cette estocade lui vaudra le Tophée Mayté, au
meilleur coup d’épée de la feria). Espla partira à l’infirmerie où
l’on diagnostiquera une déchirure musculaire, aussitôt infiltrée,
strappée (Et attention, cela fait très mal !). Chapeau donc au
torero qui revint à la plaza et, bien qu’en infériorité physique,
participa à la lidia, et règla le sort au quatrième, un toro « malin »,
qui coupait le terrain et « rebañaba ». Espla a été digne
et torero, comme on l’aime, en souriant
d’un air complice, et surtout… comme Madrid l’adore.
Victor Puerto (Silence – Silence, après
un avis) a perdu la bataille… de la communication. Il s’était répandu
en interviews, déclarant qu’il prenait les Victorinos pour la première
fois, et « qu’on allait voir… ce qu’on allait voir ! ».
En fait, on n’a rien vu du tout, car Victor Puerto a voulu lidier et toréer
des Victorinos, comme de autres toros, et cela n’a pas marché,
d’autant que Madrid l’attend toujours « avec le fusil ».
Pour arranger les choses, il toucha les deux moins bons. Des détails au
capote, comme la larga au
cinquième… De bons enchaînements à la muleta, mais qui ne passent pas
la rampe. Face aux Victorinos, Madrid attend le combat des braves, et non
le toreo hautain et ventajista. Echec de Puerto qui, de plus, tua mal.
Luis Miguel Encabo (Oreille – Ovation) passa
tout près du grand triomphe. Hélas, il fut un peu court, malgré de très
bons moments, face au « Murciano ». Bien à la cape, Encabo va
soigner le toro à la lidia. Deux bons puyazos pris par le Victorino qui démontre,
chaque fois, plus de classe. Magnifique tercio de quites : Encabo débute
par chicuelinas. Espla réplique par faroles. Encabo lui répondra par véroniques
et serpentina, invitant Victor Puerto qui clôt le débat par gaoneras.
Bieeeeen ! Brindis à tous.
Début de faena, direct au centre, main gauche.
Le toro arrive comme un obus, et Encabo le reçoit vaillamment. C’est
juste juste ! Faena très forte, le torero manquant de craquer à
plusieurs moments, devant les assauts vibrants du victorino. Enorme mérite
du madrilène, qui tient bien, et se montre très torero, même s’il
semble « un peu court». Epée al encuentro, un peu trop en arrière.
Le toro tarde à tomber. La clameur est immense. Oreille méritée.
Cependant, c’est le toro qu’on ovationnera le plus.
On retrouvera un bon Encabo, en début de sa
prestation face au sixième : Bien à la cape ; bien en trois
paires de banderilles. Puis, le toro se collera méchamment en début de
trasteo, avant de baisser de pied. Encabo se méfiera, essaiera un peu,
avant de renoncer. Epée en arrière. Ce n’est pas encore « le »
triomphe qui mènera Encabo « tout en haut »…
Grande tarde des Victorino ! Tarde pour l’Aficion :
« Des taureaux et des Hommes ».
Pendant ce temps, d’autres hommes « combattaient », pour le
Pays Basque. Mais ils le faisaient, en pleine lumière, et sous les vivas
de tous. Vraiment, le drapeau Basque paraissait, cette fois… encore plus
beau ! |
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PREMIERS
JURYS…PREMIERS TROPHEES !
9
Juin : A peine les derniers projecteurs se sont ils éteints sur une
Monumental de Madrid, vidée de son public « Isidril », que
différents jurys se sont réunis et ont déjà attribué leurs trophées.
Ainsi le Jury « Biarritz » a récompensé Enrique
Ponce, comme matador triomphateur de la Feria, et Victorino Martin, comme
meilleur ganadero. Il y a eu bagarre et il a fallu recompter les bulletins
de vote :
Ponce devance Ferrera « d’une courte tête »,
et Victorino a du batailler avec « Lo de Adolfo », et
Valdefrseno. |
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De son côté, le Jury du célèbre « Trophée Mayté »,
réunissant, depuis des décennies, des hautes personnalités de la
« Gentry taurine » a, lui aussi, dicté un verdict sans appel :
Triomphateur de la Feria : Enrique Ponce
Meilleure Faena : Antonio Ferrera
Meilleur Toro : « Guitarrero »,
3ème de Hernandez Pla (Lidié par « El Cid », le
12 Mai)
Meilleur Picador : « El Legionario »,
qui piqua le premier toro de Adolfo Martin.
Meilleure estocade : Luis Francisco Espla,
au premier Victorino
Meilleure paire de banderilles : Antonio
Ferrera, au cinquième de Carriquiri, le 17 mai.
Meilleur quite : Luis Miguel Encabo,
face au troisième Victorino.
Meilleur Novillero : Matias Tejela
Trophée spécial pour Eloy Cavazos, pour
l’ensemble de sa carrière.
Pour ce qui est des Trophées « Casinos de Madrid »,
c’est également « Guitarrero », le toro d’Hernandez Pla
qui est considéré comme le plus complet, tandis qu’Enri |