| RONALDO
- PONCE : HISTOIRES D’HOMMES… |
 |
1er
Juillet : Soirée d’émotion ! De cette émotion qui vous
serre le cœur, qui vous fait encore croire en l’Homme. A ce moment, on
se fout du froid et de la pluie de Juillet. On se moque du Smic que l’on
ne veut pas « pousser », alors que tout augmente… On se
moque des singeries cravatées de ceux qui ont endetté la France et
l’on trompée, encore une fois, « trente cinq heures durant »…
Que voulez-vous, ce n’est pas encore demain que l’on rasera gratis…
Hier soir, on se foutait de tout, du loft, des gays, et des autres calamités…
Hier soir, on était tout simplement heureux ! Ces dames, parce que
« ce bon dieu de mondial de foot est enfin terminé ! »,
et nous, parce que les meilleurs ont gagné. Les Brésiliens remportent
« une cinquième coupe » … Y Olé ! Devant, derrière,
ils furent les meilleurs, presque sans y toucher. Et pour une fois, le Brésil
a un grand goal. Que bueno ! Victoire de l’inspiration mais aussi
de la rigueur.
Et puis… victoire d’un homme. Maudit, blessé autant dans son amour
propre que dans son corps, Ronaldo a remporté hier une victoire éclatante
sur son destin. Il avait disputé la finale 98 « complètement dans
le cirage », suite à cet obscur malaise, à trois heures du match.
Puis le trou noir, et les blessures à répétition. Plus personne ne
croyait qu’il reviendrait…
Hier, Ronaldo a prouvé au monde que « Quand
on veut, on peut ! » Certes, on n’y arrive peut-être pas
tout seul, et c’est pour cela qu’il a eu ce grand geste d’inviter le
professeur Saillant, qui l’a remis sur pieds, et de quelle façon !
Chapeau, messieurs ! Cette belle histoire, humaine, est un exemple
pour nous tous… Et, en triomphant ainsi, Ronaldo et ses compagnons ont
mis du soleil dans les cœurs, qu’ils battent en bord de Garonne, ou au
fond des favelas. Muy bonito !
Un autre moment, un grand moment pour ceux qui ont eu la chance de
l’entendre : Enrique Ponce, hier soir à « Clarin »…Une
émotion comparable à ce moment historique où Curro Romero annonça, en
direct, sa retirada du toreo.
Grand moment de radio, grand moment de
tauromachie… grand moment d’humanité, tout simplement. Enrique Ponce
a frôlé la mort, et il en a parlé, simplement, sincèrement, disséquant
ses sentiments et ses émotions, avec douceur et la même clairvoyance que
lorsqu’il « invente » un toro. Cet homme-là est vraiment,
à tous points de vue, « un Numéro 1 »…
Tant d’efforts, pendant tant d’années,
auraient pu s’arrêter là, sur le sable de la plaza de Leon, ou encore
dans cette ambulance qui l’amenait sur Madrid. Dieu, quel qu’il soit,
ne l’a pas voulu, et les hommes non plus. Et, qui que nous soyons, que
nous aimions ou pas son toreo, on est vraiment heureux du retour de Ponce
« parmi les vivants »… (Au fait, allez donc revoir son site,
il a été refait – Voir à rubrique :« Autres liens –
Toreros »).
Tout cela pour dire que
les grands, les « vrais grands », pas les PDG de
multinationales assassines, nous aident aussi à avancer, parce qu’ils
savent souffrir, aussi, comme des « tout petits »… Et ce
mois de Juin en est un incroyable exemple: A la liste des toreros blessés
de ces deniers jours (Ponce, Tomas, Juan Mora, et Rivera Ordoñez, qui en
a pour plus d’un mois) est venu s’ajouter, hier, le nom d’un grand
rejoneador : Joao Moura.
Hier, en plaza de Barcelone, le cavalier
portugais s’est donné un coup terrible à l’œil gauche, avec une
banderille. Les nouvelles sont contradictoires… On sait qu’il a été
opéré ; on sait qu’il est en clinique, mais la presse diverge sur
les conséquences, certains parlant d’une possible perforation
oculaire… Il faut attendre.
Cruel mois de Juin, celui des « ferias faciles » et des toros
dits « miniatures »…Que nenni ! Lorsque sort le toraco
de Madrid, on se méfie, et on va au combat, presque « prêt à
l’accident ». C’est toujours lorsque la tension se relâche un
peu qu’arrivent les plus gros accidents… Regardez l’Histoire et ses
statistiques : De Manolete, à Linares, jusqu’à Paquirri, à
Pozoblanco ! De Paco Camino, à Aranjuez, au Yiyo, en plaza de
Colmenar !
Cruel mois de Juin, pour si peu de résultats. La
Feria de Burgos est un énorme fiasco, ganadero et torero. De même,
Alicante. Algesiras est passée, comme elle devait passer… Seule,
Badajoz… et encore. Cruel mois de Juin, cruelle transition…
Un mois de juin qui s’est terminé « en
vrille », dans la grisaille générale. Peu de triomphe, et encore
moins de caste… Si l’on y ajoute « pluie et froid », on a
des corridas suspendues, à Soria et Teruel… et d’autres qui auraient
mieux fait de l’être :
30
Juin - MADRID (Las Ventas) – 1/5ème de plaza –
Froid et vent: Corrida de quatre fers… Il était prévu un lot du Cura
de Valverde. Les vétérinaires en approuvèrent quatre, à sortir en 1,
4, 5 et 6èmes. Hélas, le lot fut très faible, et le premier fut changé
par un de Los Derramaderos, tandis que les deux suivants portaient le fer
de Juan Perez Tabernero, et Maria Lourdes Martin de P.T. Tout cela… pour
rien. Corrida impossible, dont seul émerge le quatrième, qui chargea, tête
basse.
Dinastia (Silence – Vuelta) eut la
chance de toucher ce toro : Vaillant au capote, vibrant aux
banderilles, le colombien ne put totalement convaincre, à la muleta, mais
poussa une grosse épée, al encuentro. Dans les gradins, où il y avait
plus de Japonais que « d’ayatollahs du 7 », on applaudit son
tour d’honneur.
Aucune option possible pour Andres Sanchez
et Diego Urdiales. Venir à Madrid, s’habiller de lumières et
d’espoir, pour se fracasser devant des gradins vides…Bof !
30
Juin – BURGOS – Dernière de Feria – ¾ de plaza – Soleil
froid, et vent : Corrida mixte, et corrida grise. Les toros de Jose
Luis Marca ont fortement déçu « en tout ». Seuls, les deux
du rejoneo… et encore !
Pablo Hermoso de Mendoza était dans un
jour « sans ». Son premier tarda à se coucher, et l’ovation
alla à son cheval « Albaicin », le nouveau roi du toreo
« a dos bandas ». Par contre, le navarrais se montra gris,
devant le quatrième. Le public, froid et frigorifié, garda silence.
Victor Puerto commença bien, et finit mal.
Vibrant devant son premier, il se moqua complètement du monde au cinquième.
Silence et Bronca
Miguel Abellan ne put rien devant son
premier, totalement arrêté, mais « inventa » le sixième,
mettant toute sa vaillance à secouer une indicible soseria. Grosse épée
et la dernière oreille de la feria.
30
Juin – ALGESIRAS – Dernière de Feria – Petit entrée – Du
vent : Les Concha y Sierra avaient de la gueule, mais manquaient de
tout, en particulier de race et de force. Seul le premier fit illusion.
Juan Jose Padilla a triomphé, coupant une
oreille à chacun de ses adversaires. Très vibrant face au premier, un
toro très sérieux et très armé : Largas serrées, troisième
paire de banderilles super, et début « à genoux ». Le public
pardonna une épée, tombée.
Jose Luis Moreno donna vuelta à la mort
du cinquième, pour de bonnes naturelles, en début de faena. Puis, le
toro s’éteint. Le torero, aussi.
Daniel Duarte entendit deux ovations. Très
bien à la cape, il fit le meilleur toreo de la tarde, mais tua « fatal ».
Un avis au sixième.
30
juin – ZAMORA – ¾ de plaza : Corrida de Montalvo, bien présentée,
mais sans grande race.
Finito de Cordoba est passé (Applaudissements et
silence) – El Cordobes a coupé au deuxième, la seule oreille du jour,
en faisant beaucoup de tapage – Leandro Marcos fit les meilleures choses
de la tarde, mais… no remato ! Ovation, chaque fois.
30
Juin – LA BREDE (France) - ¾ de placita : Mansada totale de
Sepulveda. Francisco Marco, qui relevait de sa blessure de Tolosa (16
juin), et Juan Bautista, ne purent rien faire, luttant en vain contre
quatre « tristes ».
Quand le toro ne charge pas, c’est le Fandi qui
charge ! Le granadino a mis tout ce qu’il avait,
coupant une oreille de chaque toro. A revoir, en d’autres
circonstances…
30
Juin – BARCELONA – Rejoneo : Triste corrida où les toros de
Galache ont été mal présentés et ont donné piètre jeu. Le quatrième
était de Peralta, à peine meilleur. Les hommes
ont beaucoup galopé, en vain.
De fait, on se souviendra de cette course, à
cause des accidents qui arrivèrent à Joao Moura et Diego Ventura. Grave,
le premier, le cavalier portugais se donnant un coup terrible à l’œil
gauche, en posant une banderille courte au premier de la tarde. Hémorragie,
sale impression. Le torero a été immédiatement emporté vers une
clinique ophtalmo de la capitale catalane, dont on sait qu’elle possède
d’éminents spécialistes en la matière. Cependant on craint…
Diego Ventura s’est fracturé un
doigt, en tuant le 4ème. Partit à l’infirmerie, et
en revint pour toréer le dernier. En mano a mano, Andy Cartagena et Diego
Ventura entendirent plus de silences que de bravos.
30
Juin – SEVILLA – Novillada – ½ plaza : Mansada sans présentation
ni race « des héritières » d’Antonio Ordoñez (lisez :
son épouse Pilar, et sa fille Belen). Seul le deuxième a transmis
quelque moment d’émotion, mais… Le quatrième a été remplacé par un sobrero d’El Serrano,
qui ne releva pas le tableau.
Javier Solis coupa l’oreille du jour, plus pour
du toreo « enlevé », que de profondeur. Silence au quatrième.
El Ciento, de Valencia, et Emilio de Justo, au
toreo agitanado, n’ont pas convaincu.
Blessure du banderillero Curro Javier :
cornada « légère », de 10 cms, à la cuisse gauche.
30
Juin – TARASCON (France) -
¾ de Plaza : Novillada très sérieuse et astifina de François André.
Le meilleur : le premier. Le cinquième se tua en rematant violemment
dans un burladero. Remplacé par un du même fer.
Novillada compliquée dont Jarocho tira de bonnes
choses (Ovation et Vuelta) – Julien Lescarret fit face, mais aurait
souhaité une autre despedida de novillero (Ovation et silence) – Très
vaillant, Julien Miletto mit
la pression et coupa, au sixième, la seule oreille du jour. |
| |
|
"A DEUX
PAS" DE PAMPLONA…
2
Juillet : Alors… vous êtes prêts ? Les tenues blanche,
immaculées (pour le moment…) sont elles bien rangées, là ? Une
pour chaque jour, n’oubliez pas. Puis, le foulard et la ceinture…
rouge sang… Ca y est, vous voilà parfait pamplonica… Manquent plus
que les espadrilles. N’allez pas me mettre des tennis ou des baskets !
Des espadrilles, de Navarre ou d’Hasparren… et non pas « made in
Taiwan »… Après cela, le journal et les dernières nouvelles…
Pour le moment, Pamplona est calme, ou plutôt…
on sent quelque chose ! Dans les ateliers des services techniques de
la Ville, on entend un gros remue ménage, percé de grands coups de
marteaux : on est en train de préparer « le vallado »,
cette assemblage de grosses poutres de bois, que l’on monte chaque nuit,
pour l’encierro du lendemain, et que l’on démonte, tel un énorme
meccano, une fois le cortège passé. Et cela, huit fois de suite.
Dans les corrales del Gas, six corridas sont déjà
arrivées, en plus de la novillada et de la corrida de Rejones. Déjà,
certains se sont fait remarquer : Un toro de Torrestrella, du nom de
« Ermitaño », a tué un cabestro, hier, au débarquement.
Coup de corne au poumon. La corrida de Don Alvaro est impressionnante de
trapio et d’armures. Le Capea, également a débarqué les siens. Rien
de monstrueux ! 540kgs de moyenne. Par contre, il espère que la
corrida tiendra debout, et vient « a por el premio ! ». Il vient
pour remporter le trophée de la Feria.
Dans les bureaux de l’Empresa, c’est une
autre fièvre. On ne s’inquiète pas de la taquilla : La plaza sera
pleine, tous les jours, y compris pour la novillada… Et il y aurait
25000 places, igual ! Non ! ce qui inquiète : « Par
qui va t’on remplacer Ponce et Rivera Ordoñez.
Enrique Ponce devait toréer les 7 et 13 Juillet ;
Rivera, le 10. Pour ce dernier, pas de problème pour trouver un remplaçant.
Il n’y a aucune corrida, ce jour-là. Pour ce qui est du 13 Juillet, on
pourrait presque parier que le Fandi peut se voir proposer un deuxième
contrat. Ses résultats d’après San Isidro, et "son probable succès de
la veille", peuvent permettre ce pari.
Par contre, le problème se pose, pour le
dimanche 7 : Par qui remplacer Ponce, face aux Marquis de Domecq ?
Il y a sept corridas « de postin », ce jour-là, et Barcelone
doit aussi remplacer Jose Tomas. Tous les « ténors » sont
pris… La Casa de la Misericordia va t’elle ouvrir à un jeune ?
Si oui… on pense à Cesar Jimenez, qui vient de connaître deux succès,
à Burgos et Teruel… Pour le reste, les possibilités sont limitées.
Cela peut aller d’un David Luguillano à un deuxième contrat pour
Francisco Marco, navarrais et triomphateur 2000. Ainsi, « on ne
sortirait pas de casa »… A suivre !
Pamplona prépare « sa folie »
annuelle… Des centaines de milliers d’étrangers vont débarquer dans
ses rues, et des millions de litres de clarete ou de bière, se déverser…
en maintes « tuyauteries »… Musique, pétarades, « furie
en blanc et rouge »,
percées de traits noirs, quand passent les toros…
San Fermin ! Feria mythique ! Messe païenne… C’est dans
cinq jours ! |
| |
|
BURGOS
QUI S’ETEINT… TERUEL QUI CLIGNOTE !
2
Juillet : Il a fallu attendre le dernier jour, à Burgos, pour enfin
s’enthousiasmer sur un lot de toros. Peu importe qu’ils soient
« novillos » ! Il y a eu, enfin, de vrais adversaires,
face à ces hommes qui veulent être toreros.
Pendant ce temps, Teruel ouvrait sa feria. Rien
à voir avec les « grands rendez vous »… Cependant, avant
Pamplona, il est bon d’y aller respirer l’air d’Aragon, à deux pas
de la Navarre où, dans six jours… ça va chauffer. Hier, on a donné la
corrida que la pluie avait suspendue, dimanche. Antonio Ferrera y a
triomphé, se préparant, déjà, à mettre le feu aux San Fermines.
1er
Juillet – BURGOS - Novillada de clôture – Moins d’1/4 de Plaza :
Excellente novillada de Montealto, bien présentée, solide, pleine de
noblesse encastée. Les six novillos ont été ovationnés à l’arrastre.
Les novilleros auraient pu « couper plus »,
s’il n’y avait pas eu « crise de l’acier ». Jarocho, en
particulier, a perdu des points au descabello : Ovation, après un
avis, et une oreille – Triomphateur de la tarde, Santiago Manciño, de
la Linea de la Concepcion : Bon concept du toreo et grosse faena au
cinquième. Ovation et deux oreilles – Venu d’Herrera, près de Séville,
le jeune Herrerita se bat et coupe une oreille au sixième, fermant ainsi,
avec succès, une feria de Burgos qui ne passera pas à la postérité.
1er
Juillet – TERUEL – 1ère corrida de Feria – ½ plaza :
Corrida renvoyée la veille, à cause de la pluie et du froid (et quand il
fait froid à Teruel, pardon !!). corrida de La Palmosilla, bien inégale
de comportement, mais correctement présentée, pour cette plaza.
Antonio Ferrera continue, alternant toreo vibrant et filigranes. Deux
oreilles au premier, avec des muletazos très « relâchés ».
Ovation au quatrième – Davila Miura passa dans la grisaille. Le nord ne
lui va guère. Silence partout – Cesar Jimenez remplaçait Rivera Ordoñez,
confirmant la bonne impression laissée à Burgos : Ovation et
oreille au dernier, après un avis. |
| |
|
L’INFIRMERIE
SE VIDE…
2
Juillet : Après l’hécatombe de cette dernière quinzaine, les
nouvelles sont meilleures et les équipes médicales vont pouvoir respirer
un peu… en principe.
Enrique Ponce doit sortir aujourd’hui ou
demain. Le grand susto passé, tout est rapidement revenu dans l’ordre,
et le moral, comme l’appétit, sont au beau fixe. Maintenant… a
descansar. On pensera « toros », plus tard.
Juan Mora, autre blessé d’importance, a
beaucoup souffert, ces dernières heures. Mais la cornada suit son évolution
normale et il ne devrait pas y avoir de problème. Maintenant, c’est au
niveau « de la tête » que cela va se passer. Après Jaen, un
nouveau coup de corne, au même endroit…cela fait gamberger...
Autres bonnes nouvelles : Joao Moura ne
perdra pas son œil. Sorti de clinique, hier soir. Pas de conséquences,
à priori.
De son côté, Rivera Ordoñez a passé des
examens poussés : Il n’y a pas de fracture du coude, et par
ailleurs, le ligament interne du coude n’est pas sectionné, mais écrasé. Donc, pas d’opération, mais une
attente, avec le bras immobilisé. Réapparition souhaitée : le 21,
à Barcelone.
Par ailleurs, Paco Ojeda a vérifié qu’il
n’y avait rien de cassé, au niveau de son épaule, très douloureuse.
Le Sanluqueño pourrait reprendre l’épée, dans dix jours. |
| |
|
APRES LA
BATAILLE…LA GUERRE!
3
juillet : "L’été taurin" est là…Les autoroutes sur
lesquelles on naviguait, en pleine nuit,
à des vitesses vertigineuses, vont se remplir de touristes « multicartes »
qui vont transformer "ces grandes descentes" en slalom spécial. On n’a
pas fini de rager ! "Mais pousse toi donc! On est
pressés!"…
Dans les lourdes camionnettes, les chauffeurs écarquilleront
les yeux, dans le petit matin, bercés par quelques mélopées flamencas
et les ronflements de leur précieuse cargaison. Heureusement, le
matador est devant, avec l’apoderado… Coche rapide, confortable… Il
aura pu dormir un peu, lui... Mais là, derrière, c’est une bande de six
pirates, tous bien sympa au demeurant, mais qui prennent leurs aises,
« dès le vingtième kilomètre… » Et quand on en a 800 à
faire ! |
 |
Fini, les trajets tranquilles. La corrida est à peine terminée
que l’on s’enfile dans la camionnette et « fouette cocher ! »
Juillet est déjà un entraînement à ce que
l’on va vivre en Août et Septembre. Pour le moment, cela peut encore
aller : Teruel, Pamplona, Mont de Marsan, Valencia, Santander, Tudela…
Cela peut encore aller. Mais après… l’enfer ! La guerre !
« On ne va pas se plaindre, on l’a cherché,
on l’a voulu ! » Chacun se met alors à réfléchir, et se
retrouve en début mars ! Le matador n’a que cinq contrats !
« S’il passe au travers », on reste tout l’été « assis
à la maison ».
Alors, on va à la bataille… on sert au mieux le
maestro ! Il tient entre ses mains, le destin de tout une équipe…
Cela tient à si peu: Un toro qui s’éteint, un pinchazo de trop !
« Maldita sea ! Con lo buen matador que es el cabron! »
Et puis, cette apothéose que l’on espérait,
mais à laquelle on croyait à demi, car on a tellement beau jeu de dire
que ce monde est injuste… Le matador a gagné une, deux, trois batailles :
Sevilla, Madrid, Granada ! Depuis, l’apoderado s’est acheté un
nouveau carnet et un portable tout neuf, "bi-bandes", pour signer deux fois
plus de dates !
Dans la cuadrilla, on sourit: « Je vous
l’avais bien dit… ». Un peu plus loin, le chauffeur fait briller
son pare brise, en révisant sa géographie… « Vaya ! Eso va
a ser la guerra ! » Et il murmure : « Mais comment
je vais faire ? Dax, et le lendemain Puerto Santa Maria, puis San
Sebastian, Barcelone, Bilbao…Tout cela en cinq jours ! Estan locos !
Ils sont tous fous ! »
Après les batailles, les grosses escarmouches de printemps, c’est la
guerre de tranchées. Elle va durer tout l’été. Partout, il va falloir
se justifier, se montrer « tel qu’à Madrid, à la Télé ! »
Durant deux mois, le torero va devoir confirmer son statut de
nouvelle figura, chaque jour, dans chaque plaza… Peu importe les
volteretas, les coups, les bleus… il faudra tenir et « se
justifier » partout.
14 corridas en Juillet, 25 en Août et tout
autant en Septembre ! De quoi pâlir un peu ! Alors, le regard
se lève au ciel, en quête du doux regard de la vierge « qui fera
le voyage avec nous ».
« Bueno … Al Toro ! Suerte pa todos…et surtout pour
nous ! » C’est à peu près ce que doivent « se »
murmurer tous les toreros de postin qui, dans quelques jours, vont se
lancer dans « le grand circuit ». Il ont gagné trois
batailles… c’est maintenant, la guerre ! Dans cinq jours…
Pamplona ! Cchhhhtttttt … puuuum !
Je vous dis… « La Guerre » a
commencé ! |
| |
|
FERIA D'ALBACETE 2002
3
juillet : Traditionnelle feria de Septembre, en plaza d’Albacete,
révélée
il y a 48 heures, par l’Empresa Martinez Uranga. Du 8 au 17 Septembre,
elle présentera 7 corridas, deux novilladas piquées et une de Rejoneo.
Les cartels en sont les suivants :
Dimanche 8 Septembre : Novillos de Apolinar
Soriano, pour Jose Manuel Samos, Javier Perea, Miguel Angel Franco
Lundi 9 Septembre : Novillos de Los Chospes,
pour Matias Tejela, Andres Palacios, David Galan
Mardi 10 Septembre : Toros de Murteira
Grave, pour Pepin Liria, Juan Jose Padilla, Luis Miguel Encabo
Mercredi 11 Septembre : Toros de Los
Derramaderos, pour El Cordobes, Miguel Abellan, Sergio Martinez
Jeudi 12 Septembre – Rejoneo : Toros de
Flores Tassara, pour Leonardo Hernandez, Fermin Bohorquez, Luis Domecq,
Pablo Hermoso de Mendoza, Andy Cartagena, Diego Ventura.
Vendredi 13 Septembre : Toros de Luis
Algarra, pour Luis Francisco Espla, Antonio Ferrera et El Fandi
Samedi 14 Septembre : Toros de Torrestrella,
pour Enrique Ponce, Manolo Caballero et Anton Cortes
Dimanche 15 Septembre : Toros du Capea, pour
Finito de Cordoba, Jose Tomas et El Juli
Lundi 16 Septembre : Toros de Daniel Ruiz,
pour David Luguillano, Manolo Caballero, El Juli
Mardi 17 Septembre : Toros de Nuñez del
Cuvillo, pour Rivera Ordoñez, Jose Tomas et Abraham Barragan. |
| |
|
PAMPLONA :
« CHUPINAZO -3 »
4
juillet : Cela commence à chauffer, du côté d’Iruña, ou de
Pamplona, comme vous préférez ! Les bars on embarqué des
cargaisons de bière, de vin rosé à 18°, et… deux packs d’orangeade !
Dans deux jours, l’ouverture officielle :
«Chittttttttt, poum ! Viva San Fermin ! Vivaaaaaaaa ! »
Et ce sera parti pour sept jours pleins de totale folie, de convivialité
« un poil alcoolisée » et d’images en blanc et rouge, pas
toujours ragoûtantes, mais toujours fortes et uniques.
Et puis… et surtout, on parlera « Toros » !
La Feria commence vraiment dimanche, avec le premier encierro et la
corrida du Marquis de Domecq. A tout seigneur, le vin d’honneur !
Mais auparavant, on aura couru une novillada qui promet, demain vendredi,
et une corrida de Rejoneo, où les gorges vont se nouer : Pablo
Hermoso de Mendoza va faire une dernière bise, à « Cagancho »,
en public, dans sa plaza de Pamplona. Gageons qu’il y aura d’autres
bisous, tranquillement, là-bas, au campo. On imagine ce que sera
l’ovation à ce cheval génial, qui a levé tant de plazas, de par le
monde. A tous coups, au milieu de tant de vinasse, il y aura quelques
gouttes d’eau salée, quelques larmes… Les adieux de « Cagancho »,
à Pamplona, ça va être quelque chose !
Pour le moment, les formalités, comme avant le Mondial de foot, les Jeux
Olympiques ou le Tour de France… Tandis que Jan Ullrich se fait choper
aux amphétamines sur une route d’entraînement, les vétérinaires révisent
les effectifs et dictent quelques exclusions d’office. Ainsi, quatre des
sept toros du Capea ont été « rechazados », refusés, pour
cause de « p’tites têtes ! ». De même, un Santiago
Domecq et un novillo de Miranda de Pericalvo.
Autre constatation, les poids moyens sont
raisonnables, presque à la baisse, comme à Madrid : Ainsi, la
corrida la plus lourde « était », celle du Capea : 562
kgs de moyenne. La suivent, dans l’ordre : Marquis de Domecq
(553kgs) ; Jandilla (534) ; Torrestrella (527) ; Santiago
Domecq (523). Et la plus « légère », devinez… Cebada Gago :
495 kgs de moyenne. Cependant, on sit bien que cela ne veut rien dire.
Tout dépend de « la caisse » du toro, du « type »,
de sa morphologie naturelle, héritée de sa haute lignée.
Les Miura sont arrivés. Nul doute qu’ils vont
faire exploser la bascule. Et puis, bien entendu, les femmes se faisant
toujours attendre (mais si, mais si !) les toros de Dolores Aguirre
ne sont pas encore là.
Côté
« Toreros », on connaît le nom de celui qui fera le premier
remplacement d’Enrique Ponce, dimanche, face aux Marquis de Domecq. On
savait que la date était difficile, vu que toutes les figuras toréaient…
L’Organisation a choisi Luis Miguel Encabo, dernier vainqueur de la San
Isidro, avec une grande prestation, face aux Victorinos. Vu les
circonstances, ce n’est pas un mauvais choix, même si « ce
n’est pas Ponce ». Le cartel complet sera donc le suivant :
Toros de la Ganaderia « Marques de Domecq », pour Espla, Liria
et Encabo. En grosse perte de vitesse, Pepin Liria, très aimé à
Pamplona, doit s’accrocher ferme, pour relancer la machine. A moins que,
plus ou moins volontairement, il arrive à préférer sa famille et le
golf. On ne pourrait l’en blâmer. Ce guerrier mérite bien quelque
repos. Mais, s’il est le même, et veut continuer, c’est à Pamplona
qu’il faut donner l’assaut, et deux fois de suite. Sinon… mal asunto !
Pendant ce temps, les peñas s’organisent, repeignent les banderoles,
inventent de nouvelles chansons, cherchent de nouveaux gags, de nouveaux
slogans, et font ample moisson de farine et chocolat en poudre, les deux
incontournables compléments aux restes du « marmitako », que
l’on a balancés sur le tête des voisins. Entrés « immaculés »
(en principe !), les jeunes bambocheurs sortiront de la plaza, comme
des guerriers Maoris…mais beaucoup plus sales ! C’est San Fermin !
Vivaaaaaa !
Au fait, allez donc voir le site : www.websanfermin.com
que viennent de sortir les Peñas de Pamplona. Plus de cinquante personnes
ont participé, bénévolement et amoureusement, à sa construction. Un
vrai délice !
Ala ! Felices fiestas de San Fermin !Garçon...
une orangeade! |
| |
PAMPLONA
- SAN FERMIN 2002
Vendredi 5 Juillet :
Novillos de Miranda de Pericalvo, pour Matias Tejela, Salvador Vega, David
Galan.
Samedi 6 Juillet :
Rejoneo : Toros de Murube, pour Fermin Bohorquez, Luis Domecq,
Pablo Hermoso de Mendoza
Dimanche 7 Juillet :
Toros de Marques de Domecq, pour Luis Francisco Espla,
Pepin Liria, Luis Miguel Encabo.
Lundi 8 Juillet :
Toros de Cebada Gago, pour Pepin Liria, Victor Puerto, Francisco Marco.
Mardi 9 Juillet :
Toros de Santiago Domecq Bohorquez, pour Miguel Abellan, Davila Miura,
Antonio Barrera.
Mercredi 10 Juillet :
Toros du Capea, pour le remplaçant de Rivera Ordoñez, El Juli, Francisco Marco
Jeudi 11 Juillet :
Toros de Jandilla, pour Zotoluco, Eugenio de Mora et El Juli
Vendredi 12 Juillet :
Toros de Dolores Aguirre, pour Juan Jose Padilla, Antonio Ferrera et
El Fandi
Samedi 13 Juillet :
Toros de Torrestrella, pour le remplaçant de Enrique Ponce, Victor Puerto et Antonio
Ferrera
Dimanche 14 Juillet :
Toros de Miura, pour Zotoluco, Stéphane Fernandez Meca et Juan Jose
Padilla.
Les corridas de 9 et 12 Juillet seront retransmises en direct sur la chaîne
nationale ; les autres, sur Via Digital.
|
| |
|
LES
VENDANGES DE NIMES !
4
Juillet : Les cartels de « Septembre à Nîmes » viennent
de sortir.. Bof ! Les vendanges semblent maigres. Y a t’il eu gel,
cette année, ou « attaque de mildiou » ? Toujours est il
que la feria est réduite en nombre de spectacles, et repose sur un gros
cartel, cher, tandis que « l’on se rattrape » sur les trois
suivants.
Simon Casas nous avait habitués à mieux. Mais
il a aussi déclaré que, "le Printemps" ayant été brillant,
mais peu rentable, il fallait jouer « sur la distance », et
donc sagesse garder. Pour ce qui est des coups de génie et des grandes
envolées…on attendra un peu. On fait confiance.
La feria des Vendanges 2002 présentera donc, du 13 au 15 septembre, les
quatre cartels suivants :
Vendredi 13 Septembre : Toros du Pilar, pour
Paco Ojeda, El Juli et Cesar Jimenez
Samedi 14, au matin : Rejoneo, avec Andy
Cartagena, Diego Ventura et Rafi Durand, face à du ganado de le Condesa
de Sobral.
Samedi 14 Septembre au soir : Toros du
Partido de Resina (Pablo Romero), pour Fernandez Meca, Zotoluco, Fernando
Robleño
Dimanche 15 Septembre : Toros de Manolo
Gonzalez, pour Denis Loré, Antonio Barrera et Sebastien Castella. |
| |
|
LES
ENJEUX DE PAMPLONA…
5
Juillet : Le Tour de France débute demain… La « Grande
Boucle », mythique, a du mal à reprendre ses esprits, après les
orages qui l’ont secouée, ces dernières années. Les anciens parlent
des « Tours » d’antan, avec des trémolos dans la voix.
« Ca, c’était quelque chose ! » Ils oublient de dire
que les grandes figures d’hier étaient peut-être aussi « chargées »
que nos champions actuels…mais, chtttt!
Aujourd’hui, la Fédération de Foot, relativement hypocrite, va
« démettre » de ses fonctions, l’entraîneur qui a mené
les bleus au désastre que l’on sait. Au lieu de trancher dans le vif,
d’entrée, elle a joué les « demi teintes », en accordant
au sélectionneur national, un temps de réflexion lui permettant de faire
face aux responsabilités qu’elle ne voulait pas prendre. Quelle réflexion ?
Quelle responsabilités ? Un tel désastre, une telle honte, nécessitent
forcément une sanction sans appel. Alors, assez de simagrées, de parts
et d’autres, avec, encore une fois, des millions d’euros, qui font
osciller la balance entre devoir et honneur. Una verguenza total !
Mais au fond, monsieur le sélectionneur a raison de défendre son beefteak,
puisqu’il y a un contrat, et que pendant ce temps, la pub continue à
vanter les bleus…
Dans « la planète du Toro », certes existent le magouilles,
les montages, les hontes à peine cachées… Cependant, « El que
vale ! » (celui qui vaut quelque chose) finit toujours par émerger.
Et, contrairement à ces étoiles filantes de la chanson ou parfois du
sport, « celui qui vaut » va devoir, jour après jour,
confirmer sa valeur, conforter son statut… et chaque fois, en se jouant
la vie…
Ca, c’est un autre challenge ! Ca, c’est un autre
pundonor ! Et il n’y a pas assez de millions pour payer cela.
Quand on regarde bien... On hurle au scandale
devant les cachets de tel ou tel torero vedette… Mais, qu’y a t’il
de comparable avec le salaire mensuel d’un footballeur, et de tous les
contrats Pub qui l’entourent ?
Dénoncé, avili par des programmes de
« Télévision poubelle », comme celui « d’Antena Tres »,
l’autre jour, le monde taurin, avec ses turpitudes, est beaucoup plus
« honorable » que celui de ces nouveaux riches « qui
jouent à la baballe ! », et ne sont même pas capables de
demander pardon à ceux qui ont tellement cru en eux qu’ils ne se sont
pas aperçus qu’on leur crachait dessus… Parce qu’au fond, n’est
ce pas de cela qu’il s’agit ?
On en deviendrait presque violent !
Pamplona débute aujourd’hui, par une novillada de grand luxe où Matias
Tejela et Salvador Vega vont se tirer la bourre, tandis que le public va
soutenir le Fils d’Antonio Jose Galan, en souvenir de celui qui les
avait fait bondir, en 73 : Quatre oreilles et une queue, devant les
Miura… Cela ne s’oublie pas, même si le ton a baissé, plus tard.
Demain samedi, les cavaliers feront escorte à
« Cagancho », en un dernier adieu navarrais.
Puis, ce sera « la Feria ». Dimanche,
première corrida, premier encierro. On imagine la foule !
Pamplona est un col « hors catégorie »,
dans la grande boucle de la temporada. Avec Séville, Madrid et Bilbao,
elle est un des sommets de la saison taurine… Les toreros s’y préparent
mentalement, avec « la boule au ventre, et la gorge sèche ».
Si l’on y ajoute cette ambiance si particulière qui transforme une arène
gigantesque en « demi cour des miracles », vociférant, éructant,
blasphémant à loisirs, on se demande « comment ils font »,
pour ne pas courir très vite et très loin… Pamplona est ainsi !
Les toreros y sont préparés…
Après les désastres de Valencia et Séville, Madrid a sauvé les espoirs
puisqu’un bon nombre de toros ont permis à la feria San Isidro 2002, de
presque poursuivre le rêve aficionado: Un toro "de verdad",
face à un torero "de verdad". Pamplona confirmera t’elle ou, au
contraire, précipitera t’elle l’aficionado dans un nouveau
scepticisme ? Les deux dernières Sanfermines n’ont pas été
brillantes, au plan ganado. C’est un des gros challenges de la Feria 2002.
Du côté des hommes, deux groupes : Ceux
qui doivent « mettre un coup de cymbale » et redresser la
barre ; et ceux qui doivent profiter de Pamplona pour confirmer
qu’ils arrivent, et vont envoyer du monde « au placard ».
En tête du premier groupe : El Juli. Certes, il n’est pas en
danger… cependant le gros échec de la San Isidro, conjugué à
l’arrivée de deux toreros qui tirent presque dans le même registre
(celui de « la vibration ») fait que le Juli doit « reprendre
le manche » et dire à tous qui est le patron. Et c’est à
Pamplona qu’il peut le faire… qu’il doit le faire. Ce ne sera pas
facile. Les dernières sorties le montrent sans le rayonnement habituel. A
n’en pas douter, le Juli arrivera à Pamplona « le sabre entre les
dents » ! Un énorme effort en perspective...
Beaucoup plus délicates sont les situations de
Pepin Liria, Padilla, Zotoluco et même Victor Puerto.
Pepin Liria flotte un peu, cette année. Madrid
l’a vu, presque « sin ilusion » ! Très aimé, ici, le
murciano fut, par trois fois consécutives, le triomphateur de la San
Fermin. Il a donc « crédit ouvert ». Cela suffira t’il pour
relancer la machine ? Un gros challenge pour Pepin Liria… s’il a
décidé de se maintenir.
Juan Jose Padilla semble avoir également baissé
la garde. Séville le vit se sauver à peine, mais Madrid fut un total
naufrage… A Pamplona, on le recevra à bras ouverts : Sa
blessure de l’an dernier, face au Miura, force le respect et la
sympathie. Les deux courses où il est engagé feront forcément bouillir
la marmite : La télévisée, avec Ferrera et Fandi, puis la Miurada.
Padilla devra batailler sec, mais peut s’en sortir.
Zotoluco est respecté en France : Ses
triomphes de Nîmes et Arles sont indiscutables. Il en est autrement, en
Espagne. Certes, on reconnaît le professionnel, mais on ne l’aime pas.
A cet égard, le comportement de Madrid fut évident : Même s’il a
laissé passer le toro d’adolfo Martin, à la San Isidro, il fut loin
d’être aussi mauvais que tous ont bien voulu le dire, ou l’écrire.
Depuis…rideau ! A Pamplona, on est habitué à le voir devant des
Miuras « plus hauts » que lui, et il est triomphateur de la
dernière feria. Pour cette raison, deux contrats cette année, dont un en
compagnie de son copain Juli, devant des toros un peu plus « consensuels ».
Il doit être bon, sinon, il ne reviendra pas en Espagne, l’an prochain.
Victor Puerto joue aussi une grosse carte :
Il n’était pas au Fallas, et passa « à travers » Castellon,
Séville et Madrid. Ou il reste dans son statut actuel de « bon
animateur » en plaza de deuxième catégorie, ou il confirme les
ambitions de l’an 2000. Pamplona dictera verdict…
Dans le deuxième groupe, trois toreros, essentiellement, qui vont vouloir
« tout défoncer » : Antonio Ferrera et El Fandi, avec,
à un degré moindre, Antonio Barrera.
Les deux premiers sont favoris pour
la course au trophée de la Feria. Vu les indisponibilités de Ponce et
Rivera Ordoñez, il semble probable que l’on doublera le Fandi. Il a le
profil du torero de Pamplona, et pour le moment, il marche « à fond »
(même s’il eut une journée « sans », hier à Teruel).
Donc, Ferrera et Fandi vont se défoncer, en particulier le 12, puisque la
corrida est télévisée en direct. Attention à ses deux là, le raz de
marée qu’ils sont en train de monter risque de balayer plusieurs
toreros précédemment cités…
Pour ce qui est d’Antonio Barrera, on est étonné
que la Casa Chopera n’a pas eu "la force" de le faire toréer
plus que deux fois, jusqu’à la fin juin, alors que ses deux prestations
de Séville et Madrid furent des plus honorables… Pamplona est un enjeu
très important pour lui, (comme Eauze le sera, dimanche, pour ce qui est
du marché français…). A suivre donc, ce torero qui devrait séduire
les Pamplonicas, car il est vaillant et ne manque pas de toreria.
Tels sont les enjeux principaux de « Pamplona
2002 ». Il y en a d’autres…
En attendant, « un respeto » pour tous ceux qui vont
s’habiller de lumières, ces prochains jours, dans la marmite Pamplonica.
« Felices Fiestas, y que Dios reparta
suerte ! » |
| |
|
MANSADA
DE BALTASAR IBAN, A TERUEL
5
juillet : Bof ! Nîmes avait donné quelque espoir, en ce qui
concerne les « Baltasar Iban 2002 » : Six toracos, pour
Antonio Ferrera. Puis, Madrid avait mis un « gros bémol ».
Hier, Teruel a sonné le glas : mansada, avec, en plus des cornes… « asi,
asi ! ». Une autre « illusion » qui s’envole…
4
Juillet – TERUEL – 2ème de Feria – Media plaza :
Toros de Baltasar Iban, corrects de trapio, lourds mais mal armés (sospechosos
de pitones) et mansos faibles. Les trois premiers furent des calamités.
Luis Miguel Encabo a été « précieux dans
la lidia », mais n’a pu dépasser une sobre efficacité.
Applaudissements et silence.
El Renco, l’alicantino a tiré son épingle du
jeu, à la surprise générale. Très vaillant devant un premier toro
« bien manso », on le vit calme et adroit devant le bronco
cinquième. Tuant bien, il coupe une oreille chaque fois, et sort a
hombros.
El Fandi a connu un « jour sans » !
Vaillant, vibrant, brouillon, il toréa « à cent à l’heure »,
tant avec cape que muleta ; banderilla sans grande réussite ;
et tua mal… Vuelta et vuelta, quand même, mais… |
| |
|
« TRANQUIIIIIILLE !
A L’AIIIIIIISE !
Alternative de Julien Lescarret, demain, à
Eauze.
6
juillet : Au fait, avez
vous vu la finale du Loftstory ? Non ? Moi non plus ! Mais
on m’a raconté ! Eh oui ! « Tranquille ! A
l’aise !!!!! »
Alors, comme ça, sans même toréer, Tomas
triomphe… Tranquille, lui ! Attention, on ne parle pas de Jose
Tomas, qui se remet de ses blessures de Badajoz, et pourrait
réapparaître le 22, à Mont de Marsan.
Non, le triomphateur du Loft, s’appelle Thomas !
C’est « le mâle » de la saga ! Enfin… façon de
parler ! Et puis, il y a Karine, qui est au flamenco ce que « la
deuch est à la formule un… ».
Alors Karine ! Heureuse d’avoir gagné ?
« Traiinnquiiiiille ! A l’aiiiiiise ! » - Ah bon !
Mais maintenant, vous allez pouvoir donner libre cours à vos projets ?
« Traiinnquiiiiille ! » - Ah oui ! Vous allez ouvrir
une école de flamenco, je crois ?
« A l’aaaiiise ! » - Ah, bon ! Et euh…
c’est vraiment bien que votre victoire tombe au moment de
l’anniversaire de la mort du Camaron de la Isla ? « De
quiiiii ? »
La France est tranquille, à l’aise ! Quand on voit qu’à ce
ramassis de demeurés, on fait un triomphe, on se dit que "vraiment…
on ne méritait pas de passer le premier tout au mondial !" Toujours
est il que la langue française s’est enrichie de deux nouvelles
expressions complémentaires : « Tranquille ! A l’aise ! »
Au moins, on ne mourra pas idiots… quoique !
Ainsi, comme Cyrano, en variant le ton, certains
pourraient décliner la désormais « incontournable
exclamation » :
« Alors, monsieur Raffarin… la France ? »-
« Trôônnquîîîlle, ààà l’aaaîîîse ! ».
Bon ! Et vous, Roland Courbis… cette
mise ne examen ? « Je vais t’en mettre une, moi, de mise en
examen, « traiinquiiille, eh ! »
Tiens, ben justement, en parlant d’examen…
« Et ce bac, Monsieur Jack Lang ? » -« Ecouteeeez !
Je ne suis plus ministre, et d’aucun le regrette… maiiiiis, en tant
que député fraîchement et brillamment parachuté, je vous dirai
simplement qu’après tous les efforts que le précédent gouvernement et
moi-mêêêême avons déployés, les résultats du
baccalauréat 2002 sont à la hauteur de nos ambitions… A
l’aise ! Notre jeunesse est vraiment digne d’éloges,
porteuse de toutes nos valeurs. D’ailleurs Thomas et Karine en sont le
plus beaux exemples… Tranquille ! » Merci, monsieur le Min…
monsieur le député ! A bientôt, monsieur le Ministre ! –
« Et comment! A l’aise, oui ! »
Et vous, Julien Lescarret ? – « Ben moi…
pas tranquille ! »
Et combien on le comprend. Loin de toutes ces
balivernes où la vulgarité n’a pas de fond, un jeune français
contemple, dans le pénombre de sa chambre, les ors du costume qu’il
portera, demain. Dans le petit ruedo d’Eauze, il deviendra « matador
de toros »… De Pouly à Christian « Nimeño » il
relira dans sa mémoire les pages de notre histoire taurine. Et demain,
c’est lui, qui y ajoutera une page.
Demain, la plazita d’Eauze, qui porte le nom de
Nimeño, sera pleine. Il n’y a plus de billet, dit on. Oh, quelque
revendeur doit bien pouvoir vous en céder un petit bout…
On voudrait bien espérer un ciel d’azur…
Mouaiiis ! Emportez quand même un imper ! On est en juillet!
Pour le moment, la concentration et un peu
d’inquiétude… Et c’est bien normal ! « Comment vont
sortir les toros ? Comment je serai ? Y a t’il vraiment une
différence entre novillo et toro ? Le toro pèse t’il vraiment
plus, dans la muleta ? Ceux que j’ai pris, « a puerta cerrada »
m’ont donné cette impression là… »
Matador de toros ! Un titre à porter avec gravité et honneur !
Demain, Julien Lescarret laissera de côté, peut-être définitivement,
cet air de collégien qui va jouer au torero… Demain, comme dirait la
pub « Tu seras un homme, mon fils ! ». Demain, le virage
sera complet, difficile, et rien ne sera plus comme avant… Demain, on
entre dans la cour des grands et il faudra s’y faire respecter…
D’ailleurs, des noms s’approchent, comme autant de compagnons des
futures empoignades : bien sûr, Meca et Barrera, demain, mais également
Davila Miura et Abellan, à Mont de Marsan ; Ferrera et Juli, à Dax ;
Bautista et Valverde, à Bayonne…. Hombre !!
Demain, la France comptera un matador de toros de
plus. Cette fois encore, il est du Sud Ouest. A la gravité du toreo de
Rafael Cañada, Julien Lescarret répond « légèreté, spontanéité,
fraîcheur… »
Lescarret « voit vite » les toros. Il
sait ce qu’il peut leur faire. Que cela réussisse ou pas est une autre
histoire. Sa cape peut être profonde ou virevoltante. A la muleta, il
sait les secrets du Temple. Les progrès sont évidents. Ce qui est
certain, c’est que les efforts déployés par celui qui, hier encore, était
un gamin, et par son entourage, l’amènent aujourd’hui à… « l’alternative ».
Et ça… ce n’est pas rien !
On respecte beaucoup, et on salue bien bas !
Qu’en sera t’il de Julien Lescarret, matador
de toros ? Nul ne le sait ! Bien sûr, on craint beaucoup, mais
il faut jouer sa carte à fond, dans un monde où l’injustice est
parfois patente, mais où l’on s’aperçoit en définitive, que
« celui qui vaut », émerge toujours, même s’il met des années
à y parvenir.
Asi que… Bon courage, Julien Lescarret !
« Tranquille ! », comme dirait l’autre… Ne rêve pas
le Toreo, fais-le, en accord avec ce que tu as en face !
Et « con esa verdad por delante », tu
seras un monsieur... Matador!! » …A l’aise !
7 Juillet – Eauze : Alternative de Julien Lescarret, des
mains de Stéphane Fernandez Meca, en présence d’Antonio Barrera,
devant des Salvador Domecq. |
| |
|
PAMPLONA :
IL NE SUFFIT PAS D’ETRE LE FILS DE SON PERE…
6
juillet : « Silence et silence »… Maigre bilan pour
celui qui aurait du faire exploser Pamplona! Cependant, on le voyait
venir… cet échec.
Hier, dans la plaza où son père a signé ses
plus grands exploits, triomphant avec une blessure encore ouverte,
estoquant des monstres en se jetant dessus, sans muleta, subjuguant la
foule bigarrée des peñas, mais aussi de l’ombre BCBG… David Galan a
donné la piètre image d’un « clown électrique », faisant
passer à cent à l’heure des novillos incrédules devant tant de
nervosité et de vulgarité. Pour un peu, le toro se serait arrêté, et
lui aurait doucement tapé sur l’épaule : « Eh, petit…
tranquiiiille ! » On aurait pu croire que Pamplona allait
passer outre ces excentricités,
et faire un triomphe « au fils d’Antonio Jose Galan ». Pues
no ! Il est vrai que pour cette novillada d’ouverture, les Peñas
n’étaient pas là, et le public, bien sage et un peu froid, a su
valoriser les bonnes choses faites à d’excellents novillos, mais n'a
pas mordu au reste..
Les outrances, la folie furieuse, ce sera pour demain… Aujourd’hui, le
Chupinazo ! Viva San Fermin… en espérant que la décision du Juge
Baltasar Gaston ne donne pas l’occasion à certaines « sympathies
politiques » de s’exprimer complètement et brutalement. On espère
ne pas avoir à revivre certaines mauvaises heures de 1978…
Dans un autre ordre d’idée, on observera avec
intérêt et même, peut être, avec un œil coquin la trentaine de
membres (pas tous) de l’association PETA (« Personnes pour l’Etique
dans le Traitement des Animaux ») qui manifestent dans les rue de
l’encierro… tout nus !
Il y a des hommes, il y a des femmes… On se
demande s’il feront l’encierro, demain, et … comment pourra t’on
leur faire un quite ? Peut-être San Fermin partagera t’il son
manteau, sans que Saint Martin en prenne ombrage !
Pamplona est prête ! La fête va
exploser… avec ses pétarades, ses fou-rires et ses engueulades.
Outrances totales, mais parfois bien sympathiques.
La feria del Toro, proprement dite, a débuté par une grande novillada de
Miranda de Pericalvo. C’est la quatrième fois qu’elle fait
l’ouverture, et à n’en pas douter, elle sera encore du premier paseo,
l’an prochain.
5 Juillet – PAMPLONA – Novillada d’ouverture – Un peu plus
de demi plaza – Temps gris et frais : Très bonne novillada de
Miranda de Pericalvo, bien présentée, dans le type de charger (A la
bascule : 445, 456, 435, 442, 440, 440 kgs – De « vrais »
novillos). Magnifique comportement au cheval et chargeant fort aux
muletas, le quatrième excepté. « Supérieurs ! », les
deux novillos d’ouverture.
Matias Tejela (Ovation après un avis –
Oreille) a bien toréé le bon premier, mais tout perdu avec l’acier :
Demie perpendiculaire et trois descabellos. Tejela est actuellement
« embalado ». Tout lui réussit, sauf l’épée. Le quatrième
provoqua un gros derribo du picador, mais serra le frein à main, d’un
coup. Tejela se paya une longue séance de porfia, arrachant les passes,
à force « de monter sur le toro ». Entrant fort, il mit une
bonne entière qui déclencha l’octroi du seul trophée de la journée.
Salvador Vega (Ovation – Silence – Un
avis, chaque fois) a manqué un bon triomphe, en pinchant beaucoup. Son
premier était un phénomène de noblesse et de régularité dans la
charge. Le garçon régala tout le monde, en particulier sur deux séries,
main droite, très « senties ». En fin de faena, le « tres
en uno » fit lever l’ovation, et le public, déjà, sortait les
mouchoirs. Hélas… fatal avec la rapière. Un avis, au lieu de une à
deux oreilles. Le cinquième était plus compliqué, chargeant par à
coups, sans grande fixité. Vega fut vaillant, mais encore une fois,
« piqua » beaucoup…
David Galan (Silence – Silence après
avis) semble monté sur ressorts, tel Zébulon. Trop de nervosité, qui
n’a rien à voir avec « les ganas ». Le public marcha un
peu, puis finit par se désolidariser de cette constante gesticulation.
Dernier défi à la raison, le jeune tua le dernier « sans muleta »,
se jetant dans le berceau, sans autre solution que la voltereta. Hélas,
une fois l’émotion passée, le résultat de cette folie fut des plus décevants :
Media atravesada et quatre descabellos. Un avis, silence… et quelques
bleus !
Non, vraiment, il ne suffit pas d’être
« le fils de son père »… |
| |
|
D’AUTRE
PART… ET AILLEURS…
6
Juillet : La corrida télévisée de Vitoria n’a pas donné grande
chose. Le toros de Castillejo de Huebra ne furent pas des Phénix.
Entendez par là "que leur ramage fut loin de se rapporter à leur
plumage". Triste ! Comme fut triste l’entrée (Juin a été
catastrophique, dans toutes les ferias, dans toutes les plazas). Comme furent
également tristes certains comportements toreros : La
« science » d’Espla fut à deux fois mise à mal, en de
ridicules "tartarinades", après des épées déficientes. On
veut bien respecter le torero. Qu’il respecte la tauromachie, le public
… et le toro.
Padilla n’a plus "ses pattes de bandolero".
Par contre, il a une cravate qui doit lui servir de serviette lors des
repas, tant elle est large. C’est nouveau, cela vient de sortir!
Le « fajin », le ceinturon n’est
qu’une mince bande de tissus aujourd’hui cousue au bas du chaleco. Le
« corbatin » fait aujourd’hui dix centimètres de
large ! Bueno ! De plus « rouge sur rose !
Bof ! » Tout cela n’est pas bien grave, mais dénote quand
même de quelque manque de goût ou de classe. D’ailleurs, Padilla en
manque un peu trop, en ce moment…
5
Juillet – Vitoria – Corrida Bénéfique – Un tiers de plaza –
Temps gris, et quelques gouttes : Heureusement pour la caisse, la
corrida était télévisée. Sinon, vaya un desastre !
Autre déception : Les toros de Castillejo
de Huebra. Certes bien présentés (quoique surtout lourds), ils
n’ont pas su porter leurs kilos et le tout se traîna lamentablement
entre faiblesse, noblesse fade, et le défaut de marcher souvent, comme des
bœufs au labour. Seul le sixième permit de s’exprimer complètement.
Luis Francisco Espla donna beaucoup de
passes au toro d’ouverture qui, comme ses copains, se montra très
faible au premier tiers, pour tenir mieux, par la suite, tournant à
« l’andarin » ou au « gazapon ». Faisant
« donner la science », Espla fit écarter tout le monde,
après une épée tombée. On admira presque ! Mais le toro lui joua
un méchant tour, refusant de tomber, le tournant en ridicule, au point de
lui faire entendre un avis, après deux descabellos - Espla réédita son
manège, en voulant descabeller le quatrième en utilisant la montera,
poussée sur le sable, du bour de l’épée, sous le mufle du toro.
Hélas, cela ne marcha pas, et le professeur manqua même trois coups de
verduguillo. On l’applaudit mollement. A son actif, une grande deuxième
paire de banderilles au quatrième, où toute la science, là, fit grand
effet : « Cuarteo, esquive, poursuite, on gagne la cara, on
cadre, on plante, et on sort… en marchant ! » Superbe !
Jose Ignacio Ramos ne put que démontrer
son application. Peu chanceux aux banderilles, il essaya de toréer à la
cape, deux toros qui se montrèrent bien faible, d’entrée. A la muleta,
on lui applaudit deux bonnes séries au cinquième, et un bon coup
d épée, un peu bas. Une oreille.
Juan Jose Padilla eut probablement très
peur du premier, et on le comprend. On le vit très nerveux. Avis et
palmas. Par contre, il toucha le bon sixième et lui fit, à sa manière,
« la » faena du jour. Oreille, avec pétition de la seconde.
5
Juillet – Teruel – 3ème de Feria – 2/3 de plaza :
Toros de Jose Luis Osborne, très bien présentés et « pas
faciles » : 2 et 3 èmes furent dangereux. L’ensemble fut
faible.
Victor Puerto ne put rien devant le
premier, flojisimo. Aurait pu couper l’oreille du quatrième, s’il
n’avait aussi mal tué. Avis et ovation.
Uceda Leal s’accrocha fort, contre les
barrières, devant le difficile deuxième. Pas grand chose à faire, face
au cinquième. Applaudissements et silence, respectivement.
Antonio Ferrera connaît actuellement un
petit « bache », avec l’épée. La cornade de Vic, le fait
elle « réfléchir » ?
Il aurait dû couper trois oreilles, hier. Toréa «à
fond », avec le capote ; "complet" aux
banderilles; et donna de grands muletazos, en particulier au sixième. Hélas, « no los mato » ! Bilan: Applaudissements
et une oreille, seulement!
Cela reviendra…
« Tranquille !!!! » |
| |
|
PAMPLONA :
« DANS LE REGARD DE CAGANCHO »
7 Juillet : Depuis
qu’il l’a vu, pour la première fois, dans la finca de Brito Saez, il
y a plus de dix ans, Pablo Hermoso de Mendoza n’a pas arrêté de
guetter le moindre regard de son fidèle et génial compagnon « Cagancho ».
Depuis toutes ses années, le célèbre rejoneador
navarrais a partagé avec son cheval, chaque moment de toreria, au
soleil de la plaza, mais également tous ces instants « d’intimité »,
hors public, où l’homme et l’animal peuvent se dire « des mots
doux », échanger des regards de tendresse…
« Cagancho est un cheval très peureux -
disait Pablo Hermoso de Mendoza - et c’est cela qui dresse le public.
C’est comme si le cheval expliquait qu’il a peur, et qu’il se joue
vraiment la vie, en affrontant le toro. Et cette façon de communiquer émeut
la foule qui le comprend parfaitement ».
Cette capacité, ce talent, ce génie qu’a ce
cheval à communiquer avec le public, est unique
dans l’histoire du rejoneo. Unique, cette façon de raidir les
pattes, dresser les oreilles, fixer le toro, quand le cavalier le stoppe
net, à quelques pas, bien de face. Le cheval est « tendu comme un
arc », et ne quittera pas son adversaire des yeux, tant que dure la
suerte. A la sortie, il galope, joyeux, « le sourire dans les yeux »
« Cagancho » s’en va… On en est tous tristes, mais à la
fois si heureux. Après Séville ; après Madrid, le petit cheval
noir aux pattes blanches a eu un « au revoir » très simple et
très émouvant, hier, en plaza de Pamplona. Après une actuacion
exemplaire, face au troisième Murube, le cheval fut invité à donner la
vuelta avec son maître. Là, il eut bien plus peur de tous les mozos de
peñas qui voulaient, chacun, lui passer un foulard autour de
l’encolure, que de tous les toros de la terre. A la fin du tour
d’honneur, Pablo le mena au centre, lui enleva la selle, le mors, et le
fier destrier s’en alla, au trot, vers l’écurie. L’ovation fut
tonitruante; l'émotion serrait les gorges : « Cagancho »
sera le héros de cette Feria, quoiqu’il arrive.
En fin de course, Pablo Hermoso de Mendoza
devait sortir a hombros, avec quatre oreilles et un rabo dans sa besace.
Mais c’est sur le dos de « Cagancho » qu’il passa le grand
portique, et dans la pâle lumières du soir, cheval et cavalier fendirent
une foule admirative, respectueuse, étranglée de tendresse. Tous,
l’espace d’un instant ne pensaient qu’à une chose : « croiser
le regard de Cagancho ».
6
Juillet – PAMPLONA – Corrida de Rejoneo – Llenazo – Temps gris :
Les toros de Murube sont sortis nobles, mais de peu de force. Le troisième,
invalide, manso et très desmochado, a été changé, à la demande de
Pablo Hermoso de Mendoza. Sortit alors un sobrero du même fer, qui sauta
immédiatement… au callejon. Par la suite, se révéla très noble.
Fermin Bohorquez, classique et brillant, coupa
une oreille du premier, et donna une vuelta « motu propio »,
au quatrième – Luis Domecq coupa une oreille au cinquième, mais
c’est devant son premier adversaire qu’il se montra excellent, sauf au
rejon de muerte.
Mais la vedette incontestable du spectacle était
Pablo Hermoso de Mendoza, ou plutôt, le duo « Hermoso – Cagancho ».
Tout le monde savait que « le cheval – torero » allait faire
ses adieux, et l’ovation fut tonitruante lorsqu’il sortit, au tercio
des banderilles, face au troisième. La suite, on la connaît : Génial !
Pablo Hermoso de Mendoza fut très torero,
coupant quatre oreilles et même la queue du sixième. Un triomphe un poil
exagéré, mais qui cadre tellement avec ce moment historique. « Cagancho »
se fue ! mais le
rejoneador d’Estella peut compter sur ses frères « Danubio »,
« Mariachi », entre autres, pour assurer la relève.
Cependant, ne rêvons pas : Il n’y aura eu « qu’un »
Cagancho !
Ce dimanche, première corrida de la San Fermin : Toros du Marquis de
Domecq pour Espla, Pepin Liria et Luis Miguel Encabo.
Le 10 Juillet, Francisco Rivera Ordoñez sera remplacé par Manolo
Caballero. On a du mal a s’explique ce choix, l’Albaceteño n’étant
pas dans un bon moment, et par ailleurs, n’ayant jamais vraiment brillé
dans ce ruedo. Cosas
del Mundillo… |
| |
|
AILLEURS:
ENTREES CATASTROPHIQUES ET PROTESTATIONS
7 Juillet : La saison
est très dure, au plan économique. On a honte de parler des entrées,
alors que des figures sont au paseo. Imaginez trois toreros « de
postin », faisant le paseo dans un placita de province, emplie au
tiers de sa capacité… Beaucoup de choses sont à revoir dans ce marché
qui devient si cher que les empresas sont obligées d’afficher des prix
d’entrée inabordables pour le commun des mortels. Payer cher un billet
de corrida, à Séville ou Madrid, certes…
Mais, payer le même prix… à Algimia de Almonacid ! "Pues,
no voy !"
Hier, peu de public et beaucoup de mauvaise humeur. Une chose se confirme :
On admire le Juli, mais « on ne l’aime pas ». Aussi, chaque
écart de sa part déclenche la colère, quelquefois injustifiée, du
« grand public », beaucoup plus amateur des programmes
« Gente » ou « Corazon, Corazon ! », que du
Cossio et de « 6 Toros 6 ». Dur dur !
A Ubrique, il y a conflit « laboral »
autour de l’industrie des peaux. Grèves, manifestations, bagarres.
Comme l’Empresa est lié au patronat, personne d’Ubrique n’a mis le
nez aux arènes… Un petit quart de plaza « venu d’ailleurs »,
pour voir Ferrera et Fandi, qu’accompagnait le frère de Jesulin.
6
Juillet – TERUEL – 4ème de Feria – Presque « casi
lleno » : La corrida del Ventorrillo fut catastrophique : Sin
casta y parada. Traduisez : des blocs de marbre !
Manolo Caballero coupe une première oreille bien
généreuse, et entend une ovation au quatrième – Eugenio de Mora sue
pour essayer de tirer trois muletazos à deux carnes. On lui applaudit la
volonté.
El Juli coupa une petite oreille du troisième.
Par contre, il mit tout le monde en rogne avec le dernier. Ce toro
renversa vilainement son picador Salvador Herrero, mettant une grosse
cornada au cheval. Voyant cela, Juli ne voulut pas le banderiller. Emeute
dans la plaza, les canettes de bière et les bouteilles de plastique
jonchant le ruedo. Juli essaya bien de rectifier le tir à la muleta et y
parvint presque, jusqu’au moment où, alors qu’il citait à genoux, le
toro décida d’aller faire un tour au loin, le laissant là, "comme
un couillon". Pobre!
Final « en queue de poisson »!
6
Juillet – UBRIQUE – ¼ de plaza : Toros de Carmen et Araceli
Perez, sans grand fond.
Antonio Ferrera « pinche » une très
bonne faena au premier. Coupe une oreille à l’autre – Victor Janeiro
obtient les deux oreilles du cinquième – Fandi marque des buts :
Quatre oreilles. « Supérieur » aux banderilles. |
|
|
|
EAUZE :
RÊVE FRACASSE… SILENCIEUSE REVOLTE
8
Juillet : Grand beau temps dans le ciel et dans les cœurs. Eauze
respirait hier « une envie d’ovation »… Un torero « d’ici »
allait recevoir l’alternative.
L’amitié et l’esprit de clocher, d’une
part… l’historique de la plaza, d’autre part, nous promettaient une
tarde « agréable »… En effet, tout le monde sait qu’il ne
sort pas à Eauze, « le toro de Madrid ou de Vic »… Et
c’est bien, ainsi… à condition que !
Le matin, une bonne demi-arène s’était régalée
avec la toreria, la franche décision et l’intelligence lidiadora du
jeune Ekaitz Rodriguez, de San Sebastian. En voilà un pour qui « Aficion
al toro » veut dire quelque chose. Ses compagnons d’un jour ont
peut être, également, l’Aficion, mais…
Le soir, donc, tout le monde se la promettait
belle. Et c’est là que tout s’est gâté…
Une alternative est un cap… De « jeune communiant », on
passe à « voltigeur de pointe » et dans quelque temps, on
sera peut-être un « vieux routier »…
Une alternative est un rêve… Quand s’échangent
les trastos, défilent les visages de tous ceux qui ont vécu ce moment
intense, la gorge un peu nouée, et qui ont mené leur chemin de gloire,
parfois jusqu’au sacrifice suprême… Joselito, Manolete, Paquirri, Yiyo, Christian “Nimeño”…
Une alternative est un orgueil, une
logique fierté. « Matador de Toros »… Cela sonne bien !
Cela veut dire que l’on rentre dans le dernier carré de ceux qui sont
capables d’attendre sereinement la charge d’un monstre cornu, bien décidé
à tailler en pièces tout ce qui se présente. Cela veut dire « muleta
dans la main gauche, épée dans la main droite, et, au milieu, le cœur ! »
Y… al toro !
Oui mais voilà, quand le toro du baptême est un
pauvre invalide qui ne peut faire trois pas sans se répandre honteusement
sur le sable… Quand il faut toute une cuadrilla, tirant par la queue,
par les cornes, pour le relever trois fois, afin que « le matador »
puisse l’estoquer… alors, le rêve se brise, l’orgueil s’en va…
on a perdu le cap.
Alors, malgré les abrazos et les belles
paroles…
Alors, malgré le costume flambant neuf, « original »,
selon certains ; (« horrible ! », diront
d’autres)…
Alors… on n’est pas encore « matador de
toros » !
Hier, Julien Lescarret a vécu
la plus décevante alternative qu’aucun matador n’aura vécue… Ne
pas pouvoir péguer une seule passe ! Tout ça… pour ça !
Vivre pour voir ça ! De quoi « péter un plomb » ;
de quoi se révolter, monter un nouveau « mai 68 », mais en
juillet, à Eauze ! Una verguenza, total !
Au lieu de cela… il n’y eut rien : rien
du côté de la Présidence, bien mal inspirée de ne pas changer ce toro
qui était sorti « derrengado ». Rien, du côté de l’Empresa,
qui aurait pu dire : « Garçon, pas de chance ! Oublions
cela, et on t’offre le sobrero ! » Rien, du côté du public
qui aurait dû pleurer sa peine, hurler sa honte, crier sa colère… Et
rien, du côté du « matador », qui se devait de piquer un
coup de rogne, de verguenza torera, de pundonor : « Je suis
matador de toros. Je ne peux accepter d’avoir vécu cela, cette honte !
Je demande le sobrero ! Je demande un vrai toro, là, maintenant ! »
Au moins, faire le geste ! A coup sûr, malgré le règlement, les
collègues auraient accepté ! Il n’y eut rien !
Révolte, peut-être… mais révolte
silencieuse, consternée…On rentre dans le callejon. On esquisse un pâle
sourire. L’empresa regarde ailleurs… « Les hirondelles
volent haut… il va faire beau ! » Le public murmure sa
tristesse… sans plus.
Rêve fracassé ! Silencieuse révolte !
Tristesse infinie.
Après, tout alla de mal
en pis ! Venu pour passer une « bonne après midi », le
public passa un sale moment, sursautant aux mauvaises intentions d’une
moruchada de Salvador Domecq, dont les mauvaises intentions étaient
n’avaient d’égal que l’imposant volume. Fuera de tipo, fuera de
todo !
Et pendant ce temps, à Ciudad Real, Caballero,
Victor Puerto et Juli, coupaient un sac d’oreilles à une corrida de…
Salvador Domecq.
Restent les efforts des
trois hommes et de leurs cuadrillas. Reste le mauvais moment passé par
Fernandez Meca, devant le terrible quatrième. Reste le sang, brave, d’Antonio
Barrera, un vaillant qui sait toréer, et tue bravement. Reste les
quelques muletazos de Lescarret, 43ème matador français,
devant le sixième, premier toro d’une carrière en point
d’interrogation …
Rêve fracassé ! Révolte silencieuse… Et
pendant ce temps, à Ciudad Real…
7 Juillet – EAUZE –
Llenazo total – Grand bleu : Six toros de Salvador Domecq, aux
« caisses imposantes », pour cinq d’entre eux. Hauts,
lourds, inégalement armés. Comportement imbécile, dangereux : Têtes
hautes, sans aucune fijeza, tirant à gauche ou à droite, violemment ;
regardant beaucoup, par dessus le leurre, par dessous, sachant ce qu’il
y avait derrière la muleta. Al bulto !
Le toro d’alternative « Astuto » -
N°13 (on n’a pas idée !)
– Sortit « bizarrement » déjà « descordinado »,
sautillant, trébuchant. Une terrible vuelta de campana fit trembler le
sol. Et le toron, horrible spectacle, ne fut plus qu’un pauvre ère,
roulant au sol, se couchant, suppliant qu’on arrête là son supplice…
De verguenza ! |
 |
Les autres ont mieux tenu. Mansos au cheval, sans
race aucune. Dangereux, alors que le public n’y prenait garde. Le quatrième
est une vraie saleté. Seul, le cinquième chargera, presque franchement.
Le dernier est un manso de libro », au cheval. Cependant, il garde
mobilité et va « a mas », à la muleta, violent dans sa
charge, voulant manger tout cru la muleta et celui qui la tenait…
Stéphane Fernandez Meca coupa l’oreille
de son premier. Heureusement qu’il est habitué à de lourdes batailles.
Le quatrième lui mit la corne sous le chaleco, et faillit lui faire un
mauvais sort. A souligner combien Meca et Barrera furent des parrains et témoins
d’alternative attentifs et amicaux, pour le nouveau matador. Muy toreros !
Antonio Barrera, la tête en sang, coupa
au cinquième, une oreille que peu demandèrent, mais qui, somme toute, était
bien méritée. Faena débutant spectaculaire, pour suivre les chemins
classiques du toreo templé et cadencé. Survint alors une très dure
cogida, le torero étant roulé au sol, prenant un gros coup de patte dans
la tête. Le front ou l’arcade en sang, Barrera repartit au combat et
tua fort. Bien, matador.
Julien Lescarret, vêtu d’un « original »
costume gris souris et or, ne put que constater la terrible invalidité du
toro de son alternative. Rêve envolé ! Il coupa une oreille bien généreuse,
face au sixième, qu’il essaya de toréer, sans pouvoir en résoudre les
problèmes. On le comprend presque, puisque nous, spectateurs bien à
l’abri, nous étions « crevés, écoeurés, fourbus, vidés… »
Rêve fracassé... Silencieuse révolte…
|
|
|
|
PAMPLONA : PEPIN LIRIA
RESOUD UNE PARTIE DU PROBLEME…
8 Juillet : Première
corrida de la San Fermin. Le matin, l’encierro a duré des heures… 7
minutes. Les toros du Marquis de Domecq ont roulé sur un sol glissant
« de bave diverse », et ont gagné la plaza, disséminés sur
le parcours, traînant un pas incertain, saoulés de cris et de coups…
Trois mozos, dont deux étrangers, en firent les frais, sans trop de
gravité, heureusement.
A l’heure du Paseo,
Madame Yolanda Barcina, Maire de Pamplona, a reçu la première grande
bronca de la Feria. On ne peut satisfaire tout le monde, surtout en cette
contrée… Alors, tandis que le soleil la vouait au diable, l’ombre lui
promit un coin de paradis, en applaudissant raisonnablement. Ambiance
tendue… mauvais présage.
Heureusement, un torero vint au quite, parvenant
en même temps à solutionner une partie de « son » problème.
Pepin Liria, on le sait, est actuellement « en basses eaux ».
L’oreille, coupée hier à Pamplona, même si elle est loin de faire
l’unanimité, ouvre un coin de crédit qu’il devra conforter
aujourd’hui, devant les Cebada… En attendant, les « Peeepin,
Peeepin, Peeepin ! » ont couvert les insultes, relancé la fête
de convivialité. C’est déjà un bon résultat.
7 Juillet – PAMPLONA
- 1ère corrida – Llenazo : Corrida impressionnante del
Marques de Domecq, avec trapio et pitones. Corrida très sérieuse :
565, 540, 515, 515, 610, 595 Kgs. Fachada, mais comportement très inégal.
Toros qui imposaient de se croiser beaucoup, d’aller les chercher, de
s’imposer.
Luis Francisco Espla a entendu « deux
silences », ce qui, à Pamplona, est un énorme exploit. Mal, démago,
truqueur. Espla n’a trompé personne. Faisant piquer lourdement ses
toros, il ne brilla même pas aux banderilles, et se libéra d’une
bronca au quatrième à cause d’un terrible achuchon du toro, au moment
de l’estocade. Le chaleco et la chemise en lambeaux, Espla eut toute la
chance du monde de ne s’en sortir « qu’avec » un gros coup
à la hanche. Ce fut le gros susto de la tarde.
Pepin Liria (Silence – Une Oreille)
a mis « la pression », toute la tarde : Larga à
genoux, face à son premier. Spectaculaire début de faena, muy torero.
Puis le toro s’éteint un peu, et trois descabellos mettent tout par
terre. Le burraco cinquième lui permit de mettre le feu au tendido des peñas :
début à genoux, bagarre un peu gigottée, bonne volonté indéniable. On
est loin du grand classicisme, mais le torero « gagne les cœurs ».
Grosse estocade, et une oreille que certains vont protester.
Luis Miguel Encabo (Ovation - Palmas) a
peut être été impressionné par le cadre de cette plaza enfiévrée. Il
sembla un peu timide, ayant du mal à développer un toreo qui prend
chaque jour plus d’envergure. Mal aux banderilles, il patina un peu,
devant le troisième, et tua mal. Il faudra le revoir. Il reviendra.
Ce lundi, les Cebada Gago,
pour Pepin Liria, Victor Puerto et Francisco Marco |
|
|
|
LES CORRIDAS DU DIMANCHE :
OREILLES A FOISON…
8 Juillet : Beaucoup
de spectacles, en ce premier dimanche de Juillet. Seule, Madrid a vécu la
tristesse d’une corrida écrasée de chaleur et d’ennui. Par contre,
la journée a été marquée par une faena du Morante, à Barcelone ;
un grand nombre de trophées, en plaza de moindre calibre, et par un
nouveau triomphe de Sébastien Castella, au Grau du Roi, cette fois.
7 Juillet – MADRID
(Las Ventas) – Un quart de plaza – Chaleur épouvantable :
Heureusement, la corrida n’a duré qu’une heure et quarante cinq
minutes. Quatre toros de Los Recitales (1, 2, 3 et 6èmes) mauvais, sans
caste ; et deux de Barcial (4 et 5èmes) violents.
Canales Rivera écouta deux « divisions
d’opinions ». On retiendra sa bonne volonté, un toreo un peu
nerveux, et surtout, deux bonnes estocades.
Juan Diego, le Salmantino qui ressemble « et
veut ressembler » à Julio Robles,
confirma son alternative, face au toro « Acemilero » de Los
Recitales – 490 Kgs. A part deux capotazos et trois muletazos, il ne put
rien faire. Palmas et Division.
Jose Luis Triviño sortit au sixième les
seules passes valables et liées de la journée. A revoir. Silence et
Ovation.
7 juillet – BARCELONA
– 1/3 de Plaza : corrida de Nuñez del Cuvillo, correctement présentée
mais faible. Les 5 et 6èmes ont été remplacés par des Yerbabuena d’Ortega
Cano, mansos au cheval, mais nobles, allant à mas.
Finito de Cordoba (Division et Silence)
n’a guère fait d’efforts. Quelques bons détails au capote ;
quelques essais d’infirmier et…à la douche. Comme cela, il peut durer
dix ans.
Morante de la Puebla (Silence – Une
Oreille) toréa très bien de cape son premier, en « mettant les
reins ». Hélas, le toro baissa rapidement, et le torero fit de même.
Le cinquième débuta manso, et le Morante dut se faire « lidiador »
avant qu’artiste. Peu à peu, cependant, le toro se livra, et le matador
put enfin complètement « se lâcher » : Séries
profondes sur les deux mains, intenses, et longues naturelles. Adornos
« de Morante » ! Pinchazo,
avant l’estocade. Une oreille sur deux possibles. On a envie de
dire : « Enfin ! »
Miguel Abellan a mis de la bonne volonté, toute
la tarde. Hélas, ses efforts furent bien mal récompensés. Silence
partout.
7 Juillet – CIUDAD REAL –
Corrida de Bienfaisance – Lleno : Très bonne corrida de Salvador
Domecq
Manolo Caballero coupe les deux oreilles du
quatrième – Grande bonne tarde d’un Victor Puerto, spectaculaire et
torero. Une et deux oreilles. C’est bon pour le moral, avant Pamplona
– El Juli a multiplié les efforts. Passe moins bien auprès du public :
Une oreille, chaque fois.
7 Juillet – ESTEPONA
– Corrida Goyesca, célébrant le 5ème centenaire de la
fondation de la ville – Grande entrée :
Bonne corrida de Guadiamar, « a modo »
pour le triomphe : terciadita, noblona, flojita…
Padilla joua pour la galerie : Quatre
oreilles – Ferrera fut brillant au capote et aux banderilles, face à
son premier. Inégal et accéléré, à la muleta. Oreille. Complet au
cinquième, avec des muletazos « de mucho empaque ». Deux
oreilles et rabo – El Fandi a mis toute la vapeur, dans les trois tiers :
Vibrato, ganas, facultés physiques, verguenza torera .Total :
quatre oreilles !
7 juillet – TARRAGONA
– Bonne entrée : Toros de Brito Paez bien présentés et bons,
sauf le deuxième, manso, banderillé de noir. Le sixième, très faible,
a été remplacé par un toro de Pablo Mayoral, bueno.
El Cordobes a fait son show pour les touristes :
Trois oreilles – Uceda Leal, avec un toreo plus sévère, coupe un trophée
du cinquième – Triomphateur complet de la journée : Cesar Jimenez,
qui fait un tabac au troisième, coupant deux oreilles et la queue, et
complète sa grande journée en obtenant les deux oreilles du dernier.
7 Juillet – LE GRAU
DU ROI : Corrida inégale de Peralta. Bon triomphe de Sebastien
Castella qui semble allier cette année, la régularité à la toreria innée,
à l’inspiration. Castella arrive « à maturité », et il
est, parmi les français, « le » torero qu’il faudra suivre,
cet été. Oreille et deux oreilles, respectivement.
Denis Loré et Luis Vilches coupent une oreille à leur
second adversaire respectif. |
|
|
|
PAMPLONA :
LES DEUX CORBEAUX…
Victor Puerto coupe une « bonne » oreille
9
Juillet : Regardez bien! Ils sont là, chaque année.
Parmi la foule, au début « blanche et
bleue » du tendido sol, ils dénotent… Ils sont deux, complètement
vêtus de noir. Oh, il y en a d’autres, mais ces deux là, on les repère
facilement. Comme deux corbeaux sur un fil électrique, ils sont là,
installés sur une sobrepuerta… dos à la plaza !
Ils passent toute la corrida ainsi ! presque
toute la feria, ainsi… Dos au ruedo! Comme deux corbeaux, on les voit
jacasser, semble t’il, avec la piétaille multicolore, passablement
ravagée par l’alcool et le manque de sommeil. Tandis que tout le monde
lève les bras et hurle le « Paquito chocolatero », ils sont là,
dos à la plaza, dos au soleil, tout noirs, tête basse, maugréant
quelque sourde mélancolie…
N’allez pas leur demander la reseña de la course… Ou plutôt si !
Car ils ne se retournent que pour les moments cruciaux… une faena, une
cogida, un gros incident de lidia… Pour le reste, ils sont là, cote à
cote, bien serrés, comme deux corbeaux sur un fil. De quoi parlent ils ?
De toros ? De l’actualité ? No sé...
Peut-être parlent ils de Jose Tomas qui vient d’être condamné à
18000 Euros, pour l’histoire du toro qu’il a laissé vivant, le 18
septembre 2000, à Salamanca. Le tribunal Suprême de Justice de Castilla
y Leon a rendu verdict. « Onze bâtons» de nos anciens !
2999000 pesetas ! (Ils auraient pu dire 3 millions, mais on est en période
de soldes d’été). A l’heure du 33%, où l’on paie pour tuer deux
novillos, cela coûte quand même plus cher de refuser de les estoquer.
Et à priori, ce n’est pas fini, car Tomas récidiva
l’année suivante, on le sait, à Madrid ! Et là… les soldes
seront passées !
Peut-être parlent ils de Reina Rincon, ce jeune matador de Ciudad Real,
parti tenter la fortune au Pérou, et qui a disparu de son hôtel, depuis
le 2 Juillet. Cela sent
mauvais ! Ses deux compagnons ont donné l’alerte, et la police,
qui ne croit pas à un rapt, a tout fouillé, du moindre bouge jusqu’aux
noires morgues de hôpitaux. Introuvable !
Enlèvement ? Disparition volontaire ?
Histoire de drogue ou de femme (c’est pareil) ? Personne ne sait
rien… ou ne dit rien. Un fait divers aussi obscur que les pensées de
nos deux corbeaux…
De quoi parlent ils donc ? D’Antonio Barrera qui va faire le paseo,
« la tête lourde », aujourd’hui, à Pamplona… Il a eu de
la chance, à Eauze. Le toro aurait pu le scalper : grosse coupure,
depuis l’oreille jusqu’en haut du front, et douze points de suture.
Plus grave : la perte momentanée de la vision de l’œil droit. Et
il a continué « como si tal cosa ! ». Ces toreros sont
incroyables.
Très sympa, très posé, ce Barrera, qui mérite
plus que les Chopera lui ont donné jusqu’à présent. Pamplona, cet après
midi, est « une ligne de départ », celle d’un été où
enfin, le « Sévillano-mexicain » va toréer au niveau de son
rang. Torero classique, vaillant et « clair dans sa tête »,
du moins jusqu’au coup de sabot d’Eauze…
Peut-être parlent ils « de Wanadoo… » qui nous fait des
siennes, ce matin, et nous promet une coupure imminente, pour cause de
travaux de maintenance… Pour un peu, les deux corbeaux s’énerveraient !
Peut-être parlent ils de la corrida, tout simplement… Parce que,
regardez mieux : A Pamplona, du soleil partent parfois de grand éclairs
blancs, aveuglants… Des petits rigolos apportent des miroirs, et
balancent « des rebonds de soleil » à la figure de « ceux
de l’ombre », ou dans l’objectif des caméras de télé. Un jeu
comme un autre ! Tant qu’ils n’aveuglent pas le torero !
Regardez les, nos deux corbeaux ! Une de
leurs ailes est souvent levée… Ils sont « dos au ruedo », mais grâce à leur rétroviseur,
ils ne perdent cependant pas une miette du spectacle, et pourraient vous
raconter la corrida d’hier…
Ils vous diraient que les Cebada Gago ont fait un
bon encierro, rapide, intense, sans grosse casse. Il y avait moins de
monde que dimanche, et les courses ont parfois été fort belles, comme le
passage du N°10 de l’Aviron Bayonnais, au milieu d’Estafeta. Muy
bonito, muy limpio !
Ils vous diraient que, l’après midi,
après une terrible averse, le ciel était de plomb… et que les Cebada
ont fait planer la crainte. Corrida sérieuse, très pointue, qui a fait
planer le drame, surtout quand Pepin Liria « se la jouait »
inconsidérément.
Les « deux corbeaux vous diraient aussi
qu’il y a eu deux oreilles coupées ! L’une, très justement, par
un Victor Puerto « muy asentado » et grand tueur. L’autre,
« oreille de clocher », par Francisco Marco… tout
simplement, parce qu’il est d’ici… « Et quoaaaaa ! Il est
d’ici ! »
8
Juillet – PAMPLONA – 2ème corrida de la San Fermin –
Llenazo (19529 personnes… et deux corbeaux !) – Temps gris, lourd :
Corrida , légère mais bien faite, extrêmement sérieuse de Cebada
Gago. A la bascule : 495, 490, 510, 500, 515, 495 kgs… mais, du
trapio et des cornes pour cauchemarder un brin. La corrida ne fut pas
brave au cheval, et fit preuve de mauvais caractère. Cependant, elle
« bougea » et les matador purent s’exprimer. Le deuxième,
manso au cheval, aquerenciado a tablas, se montra noble, grâce à Victor
Puerto. Le sixième, également permit à Marco de s’exprimer. Le plus
tordu fut probablement le troisième, tandis que le lot de Pepin
Liria alla "en empirant"..
Pepin Liria (deux grosses ovations, pour deux
roustes monumentales) a fait très peur, toute l’après midi. Il savait
que l’oreille coupée hier n’avait pas convaincu tout le monde. Il
partit donc au combat, la fleur au fusil, recevant son premier à genoux,
débutant de même sa faena, sans ce soucier de la tête en haut, et du
cabeceo de ce premier colorado, très armé. Se découvrant beaucoup,
Liria va finir par se faire accrocher, recevant un coup de corne dans la
joue droite. Le visage en sang, le murciano va se la jouer, dans une
estocade dont il sort vivant, par pur miracle. Direction l’infirmerie,
dont il sortira, le visage à demi caché par un énorme pansement.
Ce n’est pas de pansement, dont on faillit
parler, en fin de la lidia du difficile quatrième. Liria se montra
terriblement vaillant, mais un peu brouillon, sans le sitio habituel. Au
moment de l’épée, une très dure cogida, le torero étant pris et
repris au sol, tandis que les capes ne pouvaient détourner le bicho, sûr
de sa prise. Seul « San Fermin » réussit le quite, et Pepin
Liria, complètement moulu mais apparemment indemne, recueillit les
ovations du respect.
Victor Puerto était malade : Grippe
et forte fièvre. Cela ne l’a pas empêché d’être exemplaire de
savoir, de courage et de toreria, face à son premier adversaire, un
colorado, manso au cheval, et qui n’avait qu’un désir… partir vers
les barrières, et n’en plus bouger. Après un bon quite par chicuelinas,
Puerto a toréé sereinement, très sérieusement, presque « pour
lui ». Faena droitière, templée, coulée, très technique mais très
« naturelle ». En fin de faena, après un essai moins évident
à gauche, Puerto laissa partir le toro vers son terrain de prédilection,
non sans avoir placé un molinete « para alegrar », et un
trincherazo « de cartel ». Bien préparée, une très bonne
estocade, et une oreille « en or ».
Par contre, le cinquième « regardait
beaucoup ». Un toro « miron », que Puerto reçut bien au
capote, mais devant lequel ses efforts furent moindres, semble t’il.
Silence de respect, dans l’attente de la prochaine.
Francisco Marco est de Navarre… Bien !
Ce n’est pas une raison pour lui faire des cadeaux qui vont le
desservir, plus qu’autre chose… L’oreille, coupée au sixième n’a
aucune comparaison possible avec le trophée gagné par Puerto. Certes, le
jeune donna les meilleures véroniques de la journée, mais ses faenas
furent plus volontaires qu’efficaces, et ses estocades sont parties
« en bas ». Y eso
no es ! quelle
que soit la sympathie qu’inspire le diestro ; quel que soi son mérite !
Un premier toro difficile, dangereux. Le pire du lot ! Et
comme pour consolation, le sixième « Montañista », un joli
burraco, de meilleur caractère. Francisco Marco fut propre, ferme, mais
sans génie. Quant à son estocade… pardon ! Mais au palco, il y
avait une dame, conseillère municipale de Pamplona. Alors, on donna une
oreille… « au Pamplonais »! Y
eso no es !
Ce soir, la Corrida est télévisée – 18h30 – TVE 2 . Au
cartel : Toros de Santiago Domecq, pour Miguel Abellan, Davila Miura
et Antonio Barrera. |
|
|
|
ATTENTION…COMPLICITE
D’ASSASSINAT !
Pamplona, aussi, touche le fond…
10 Juillet : La télévision espagnole a montré, hier, une fois de
plus, le terrible paradoxe de la Fiesta dite « brava » :
Un toro invalide, au regard lamentablement exténué, faisant de tragiques
efforts pour que son train arrière arrive à suivre son train avant… et
puis, quelques minutes après, la non moins tragique blessure d’Antonio
Barrera, brave parmi les braves, qui se met lui même une garrot, et
repart à la bataille, pour une deuxième voltige.
Au matin de cette triste
journée qui vit Pamplona finalement trempée de toutes les larmes du
ciel, l’encierro avait été terrible : 12 minutes et 7 secondes de
drame total. Le deuxième encierro le plus long de l’Histoire. (Le
premier dura 15 minutes, en 1959 : Un toro de Miura refusa de
rentrer, défiant tout le monde, en plein ruedo. C’est un chien de
berger qui lui fit entendre raison).
Hier, il y eut cinq cornadas. Le deuxième
encierro le plus sanglant de l’Histoire. (Le premier se déroula plus près
de nous, le 12 Juillet 1988. Ce jour-là, les Cebada Gago firent un
massacre : 6 cornadas graves).
Hier, les Santiago Domecq sont partis comme des
fous. Déjà, en haut de Santo Domingo, un citoyen eut une rapide idée de
ce qu’est "une mise en orbite". Puis la manade se décomposa, et plusieurs
toros culbutèrent, l’un d’entre eux restant un long moment étendu,
incapable de se relever seul. Quand il le fit, ce fut pour se venger de
tous ceux qui l’avaient vu dans un tel état. Pendant ce temps, un
copain, le N°52, ne trouva rien de mieux que de repartir dans l’autre
sens… Cela aurait pu faire un véritable massacre. Images dantesques de
corps désarticulés, accrochés au piton. Un mozo est pris, repris, poussé
au sol par la corne. Un autre jeune, probablement étranger, lui sauve la
vie, s’attaquant au toro « à mains nues », à coups de
poings, à coups de pieds… "El toro se acojono » !
Effaré, le toro laissa tomber et s’en fut vers d’autres clients,
moins agressifs… Incroyable ! Fou ! Héroïque !
Et le soir, on se demandait : « Que
vont ils donner, ces Santiago Domecq, qui ont fait un tel massacre ?
Comment va sortir le N°52 ? »
Pues… nada ! Ils sont sortis, vilains, mal présentés pour
Pamplona, mais « se cachant » derrière d’impressionnantes
cornes. A la limite… pas trop grave ! Ce sont des toros, et des
toros de respect. Hélas, tant de bravoure, pour certain, comme le cinquième ;
tant de noblesse, pour tous, ne peuvent faire oublier le triste spectacle,
insoutenable, de la plus complète invalidité.
Nous sommes en train de devenir des complices
d’assassinat !
Soyons clairs : Ou les professionnels de la
Fiesta trouvent, ou avouent, les causes de ce désastre, ou il n’y a
plus de tauromachie dans cinq ans. Et c’est nous, Aficionados qui
aideront à la condamner.
Pourquoi ? Parce qu’en aucun cas, on ne
peut accepter un toro comme il en sort tant, actuellement. En aucun cas, on
ne peut accepter les toros télévisés de Tolède… On ne peut accepter
ceux d’hier, pas plus qu’on ne peut accepter le toro de
l’alternative de Julien Lescarret. Ceci est une honte totale, qui fait
de nous, aficionados, les complices d’un assassinat, volontaire ou
non…
Contrairement à certains, nous n’exigeons pas
le toro gigantesque, armé comme un cuirassé… Nous exigeons un toro de
combat, normalement présenté et armé, qui tient le galop, qui bouge et
attaque…Un vrai toro de vrai combat, devant lequel de vrais braves
triomphent ou fracassent, mais avec honneur.
Alors, on a cœur de chanter haut, la louange de
ces hommes qui se jouent la vie, vêtus d’or ou d’argent, pour un peu
de gloire, pour un peu d’argent. Alors, on tolérera de regarder ces
gros capitalistes bouffis d’orgueil, fumant leur cigare, bien planqués
derrière leurs burladeros et leur compte en banque : Empresas,
apoderados, ganaderos… « gana..duros ! »
Où est l’Honneur ? Où est la grandeur du
Toreo ? Sûrement pas dans l’image de ce pauvre dieu écroulé,
suppliant qu’on le relève, ou qu’on en finisse …
Il y a des années, un ganadero a pleuré parce
que pour la première fois, un matador avait osé prendre en main la corne
d’un de ses toros… Aujourd’hui, ce sont des peones qui viennent à
plusieurs, relever le monstre déchu, en le tirant par la corne, ou par la
queue…
Et pourtant… "Il est toro de combat". Et pourtant, des hommes tombent
encore, victimes de leur courage et de leur pundonor.
Hier, Antonio Barrera a écrit une nouvelle page
de sang et d’or, au grand livre de la Toreria. On avait changé deux
fois le toro, et celui qui sortit ne valait guère mieux… vilain, les
cornes courtes et abîmées.
La faena était vaillante, un peu accrochée,
mais torera. Et survint la cogida. La répétition des images attestait de
la blessure. Tout le monde s’en rendit compte, en particulier les autres
toreros qui arrivèrent au secours du blessé. Abellan dénoua sa cravate
et voulut faire un garrot à la cuisse droite qui, déjà, dégoulinait de
sang. Avec un calme saisissant, Antonio Barrera écarta tout le monde,
prit la cravate, se la noua lui même et, sans affectation, repartit au
combat, bien décidé à estoquer son adversaire, avant de se laisser
conduire à l’infirmerie. Il se savait blessé, mais… « il
était torero, avant tout ! »
La faena se poursuivit, dans l’angoisse. Alors
que ses forces diminuaient visiblement, Antonio Barrera porta un premier
pinchazo, et une estocade dont il sortit vilainement accroché par le
ventre. Le premier au quite, El Juli, en civil, qui a bondi depuis son
burladero de callejon. Torero y compañero ! Angoisse terrible, et nouvelle admiration de tous devant cet
homme qui se relève, le costume, de estreno, (tout neuf), en lambeaux…
Là, Pamplona manqua de grandeur ! Elle qui
en connaît un rayon, pour ce qui est des actes de courage, se devait de
concéder une oreille à cet acte d’héroïsme. Il n’y avait pas eu de
faena ! Y que ? Il y avait eu un pinchazo ! « Y alors ? »
La sérénité d’un homme qui se savait blessé, a sauvé l’honneur de
la tarde, de la Fiesta Brava, et a sauvé « notre » honneur.
Cela méritait bien une oreille « en bronze » ! Surtout
quand on sait que la veille on en avait donné une à Francisco Marco,
« pour trois biscouettes et quelques mouchoirs navarrais »…
Eso no es !
Le torero passa outre, et donna une vuelta, de
vrai « honneur », avant de partir aux mains des chirurgiens.
Au bilan : Cornada à l’intérieur de la cuisse droite, avec une
trajectoire de 12 cms en profondeur, qui provoque des dégâts aux
adducteurs jusqu’à la face postérieure du fémur. Rien que cela. De
plus, une blessure superficielle (« tu parles ! ») … à
la base du pénis. Le pronostic général est « Grave ».
Grandeur et décadence de la Fiesta : Le toro déchu, mais toujours
toro, toujours dangereux… Et l’homme, qui fait ce qu’il peut,
toujours capable d’incroyables gestes, pour que survive… l’honneur
torero !
9
Juillet – PAMPLONA – 3ème corrida de la San Fermin –
Llenazo – Temps gris, pluvieux : Corrida triste, « épaisse »
dont les protagonistes furent les toros de Santiago Domecq, très inégaux
de présentation, mais très armés. La corrida entière fut terriblement
faible, presque invalide, en particulier « de los cuartos traseros »,
des trains arrière. Le troisième a été remplacé, après le deuxième
puyazo. Son remplaçant, de Manuel Angel Millares, était encore plus
faible. Nouveau mouchoir vert. Deuxième sobrero de Millares, vilain, mal
armé, qui finit par blesser Barrera. Poids de la corrida : 490, 509,
565, 515, 500, 500 kgs. Comme on peut le voir… ce n’est pas une
question de poids.
Corrida noble, très noble ; un peu sosa et
sans grande fixité. Peu à peu, les charges se raccourcirent, et chaque
lidia fut entachée de terribles fléchissements, certains toros se
retrouvant « assis », le regards vide, comme des chiots qui se
sont saoulés en jouant avec les enfants. De pena ! Le cinquième était
un brave, mais… Le sixième, toro montado, avec des cornes veletas et
astifinas, se défendit vers le haut. Une triste tarde qui finit sous des
trombes d’eau.
Eduardo Davila Miura dut tuer trois toros
du fait de la blessure de Barrera. Recevant le premier par une larga à
genoux, le sévillan toréa bien par derechazos, avant un désarmé qui gâcha
un peu la fête. Le toro, noblon et soso, baissa rapidement de rythme, et
la faena s’éteint doucement. Avec l’épée, un calvaire en sept
actes. Silence.
Bonne faena au quatrième, Davila Miura toréant
fermement, mais sans transmettre assez à des tendidos distraits. Faena
perfilera, sans personnalité, close d’une bonne estocade. Regard effaré
parce que la présidence n’accorde pas l’oreille. Pues no !
Vuelta, quand même. Le sixième est un tio, que Davila Miura affrontera
sous la pluie, tandis que se vident les gradins. Toro compliqué ;
torero vaillant et brouillon, dans la pluie et le vent. Vains efforts !
Miguel Abellan
a donné une vuelta à la mort du deuxième, abattu d’une
entière décidée, mais delantera. Le torero s’était montré excellent
dans un quite par navarras, tournant bien sur la pointe des pieds, et dans
trois séries de très bons derechazos, liées, templés, non exempts de
profondeur. Hélas, cela se compliqua à gauche, le toro accrochant trop
la muleta. C’est là qu’il perdit l’oreille. Le cinquième, reçu
par deux largas à genoux et delantales, se montra brave, mais si faible,
si faible… Terrible honte sur nous tous !
| Antonio Barrera est un vrai brave, nous
l’avons vu. Mais il est également « vrai bon torero »
qui essaie de faire les choses « bien », toréant avec
grande sérénité, tant à la cape qu’à la muleta. On dut changer deux
fois son toro, avant la blessure. Le sévillan eut le temps de toréer par
gaoneras, au capote, et de commencer sa faena, à genoux, très vaillant
et très torero. Le toro faiblard, court de charge, le serra vilainement
à gauche et c’est en revenant sur main droite où il avait brillé,
que le diesto se fit prendre. On connaît la suite. |
 |
Attention à Barrera, son courage et sa toreria
ont touché beaucoup de monde, hier. En voilà un « qui est »
torero ! Demain, il pourrait bien être « Figura ».
|