L'ACTUALITÉ TAURINE
(janvier 2002)

 

« SI LES HOMMES SONT BONS… »

     1 Janvier 2002 : « Feliz Año Nuevo ! » A tous, à toutes, une grande année 2002.
     Qu’il soit « dans le pré » ou ailleurs, le bonheur « en bloc » n’existe pas. Il est fait de multiples moments, chauds et sereins, où tout à coup on se dit « Qu’est-ce que je suis bien ! » Alors, à tous, à chacun et chacune, je souhaite, au nom de l’équipe de « toros2000.com », de nombreux moments comme cela. Et si vous les vivez ensemble, main dans la main, mejor !

     « L’année sera bonne, si les hommes sont bons » une simple phrase de Froissart, qui dit tout. Nous sommes maîtres de notre destin, en grande partie. Libre à nous de tendre la main au lieu de poser une bombe, ou d’appuyer sur une gâchette. Libre à nous de sourire, de laisser passer, de dire « Bonjour ! S’il vous plaît ! Merci ! », au lieu de défier l’autre du regard, et, « au bluff », de lui griller toutes les priorités…
     Libre à nous de préférer le bon et le beau, le vrai et l’honnête, le blanc et le bleu du ciel…
     Le monde est « tourneboulé » de Palestine en Argentine, et les sables de plusieurs déserts s’envolent aux fumées des bombes. L’Histoire avance, à grands soubresauts… Nous n’y pouvons rien. Possible ! Entre les pétroliers et les marchands de canons, ils se sont arrangés pour nous gâcher la vie, à 35 heures par semaine, ou à plus… C’est ainsi ! Il faut quand même avancer…
     « Querer es poder », dit toujours un jeune Colombien, futur Nobel de la Paz… « Vouloir, c’est pouvoir », et cela commence dans notre maison, notre entreprise ; dans la rue, le couloir de notre immeuble… La paix du monde se construit dans l’ascenseur, chaque jour, quand deux regards se croisent, qui ne se méprisent pas, qui ne se méfient pas, et qui se disent, simplement : « Bonjour ! Ca va, pour vous ? Tant mieux ! ».
     La bonne année commence comme cela…
     Je vous souhaite donc à tous, beaucoup de ces regards-là.

 

CALI : ANTOINE ET SEBASTIEN…

     1er Janvier : Ils ont du faire une de ces javas… Imaginez un peu : Antonio Ferrera touche le gros lot, et gracie le quatrième toro. Auparavant, Sebastien Castella a toréé comme un ange. Avouez qu’il y a de quoi «s’en prendre une bonne ! »…
     La septième corrida a réconcilié tout le monde. Sans atteindre la qualité du lot de Cesar Rincon, la corrida, pur Santa Coloma, d’Ernesto Gonzalez Caicedo, a permis aux toreros de donner libre cours à leur personnalité artistique. Antonio Ferrera est, on le sait, un tourbillon qui effraie parfois, mais dont on ne peut qu’admirer l’envie de triompher, d’autant que tout à coup, allez savoir pourquoi, le typhon se calme, laissant place à un doux zéphyr, qui se met à toréer lentement, templado, cadencioso… Une vraie énigme.
     Sebastian Castella est tout en finesse, tout en dentelle. Sa voix est fluette, sa muleta caresse le toro. Si le sort veut qu’un bicho sorte « en artiste », le toreo devient orfèvrerie. C’est ce qu’a démontré, et de quelle façon, Sebastien Castella, aux Caleños, comme il l’aurait fait à Séville ou à Madrid. Espérons que ce faenon lui ouvrira maintes portes pour 2002.
     La feria de Cali bat son plein… Adulé, le vendredi ; « haï », le samedi… David Luguillano est tombé du cartel de « la corrida du Toro » où il était engagé, ce soir. C’est l’albeceteño Sergio Martinez, qui le remplacera…

     31 Décembre – Cali (Colombie) – 7ème de Feria – 2/3 de Plaza – Beau temps, venteux : La corrida de Don Ernesto Gonzalez Caicedo est sortie, basse, de tête réduite, et légère (470, 446, 498, 460, 480, 444 Kgs).  Cependant, la corrida est sortie « en el tipo », quatre toros donnant du jeu, parfois extraordinaire, comme le quatrième, qui fut gracié, tandis que cinq et sixième terminèrent mansos rajados, sans aucune option de triomphe.
     Antonio Ferrera a fait exploser Cañaveralejo. On se doutait bien que « s’il touchait un toro… ». Ce triomphe est primordial, dans la mesure où son apoderado, Luis Alvarez, « lui a fait » une intense campagne colombienne, et, à n’en pas douter, les publics de Manizales, Medellin, Bogota, verront arriver avec bienveillance, le triomphateur de Cali. Oreille du premier, un peu généreuse, à cause de l’estocade défectueuse, mais récompensant la puissance aux banderilles et de bons moments avec la muleta, devant un toro faible, mais qui tirait des coups de tête dans tous les sens (tornillazos). Puis sortira le quatrième, « Cañonero », N°13 (!) – 460 Kgs – un toro qui va aller a mas et permettre à Ferrera de se relâcher totalement, après avoir levé le public avec les palos. Toro de bandera, et toreo de lenteur, de mando, de totale domination. Chapeau ! Au moment où  Ferrera allait prendre l’épée, le public, debout, réclama l’indulto qui fut accordé au brave canonnier. Comme quoi, le N°13… Deux oreilles symboliques et vuelta de frénésie, en compagnie du ganadero .
     Le public avait déjà eu l’occasion de vibrer, de hurler d’admiration, de sauter de joie. Et c’est à un français qu’il devait cette saine émotion : Face au deuxième de la tarde, Sebastian Castella a monté un faenon de très haute ligne artistique, toréant avec douceur, majesté, en quelques centimètres de terrain. Le Toreo de toujours ! Enorme faena qui restera dans l’histoire de cette feria, quoiqu’il advienne. Certes, « Florido » était « torito », mais les deux oreilles, accordées après une bonne estocade, resteront le souvenir d’un fabuleux moment de pureté torera. Face au cinquième, totalement arrêté, il n’y avait rien à faire, sinon être « limpio ». Ovation et, en fin de corrida, la sortie à hombros, par « la grande porte de cristal », en compagnie de Ferrera et du ganadero.
     Le colombien « Guerrita Chico » n’eut pas la même chance au sorteo. On le vit très volontaire face à son premier, dont il manqua la mort, écoutant un avis et beaucoup de silence. La tarde lui échappa définitivement, quand le sixième « se mit en grève », dès la sortie. Silence et « mala suerte total ! »

     Ce 1er Janvier, la corrida, dite « du Toro » : Six matadors et rejoneador feront le paseo, face à du ganado de « Fuentelapeña », (souche Pinto Barreiros et Samuel Flores) de don Abraham Dominguez. Le cartel torero sera le suivant : Sebastian Vargas – Antonio Ferrera – Sebastien Castella – Rafael de Julia – Sergio Martinez (qui remplace David Luguillano) – et le cavalier Fernando Lopez. Hier, on ne savait par qui sera remplacé Ramiro Cadena, blessé samedi…)

 

LA GUEULE DE BOIS…

     2 Janvier : Normal !  Un peu partout, on s’est levé avec la bouche pâteuse et les idées en vrac… Comment voulez-vous, alors, que l’on attaque l’Euro, dans cet état-là ?
     La tête pleine des vapeurs d’alcool et des fumées des dernières voitures qui finissent de brûler, on plonge  tout de go dans une ère nouvelle. Avouez qu’il y a de quoi patauger un brin… Alors, on va acheter sa baguette et son journal avec ses derniers pauvres francs, on rentre à la maison en se jurant de « manger léger », et… on verra bien demain.
     Oui mais voilà, demain… c’est aujourd’hui, et il va falloir s’y mettre ! Donc, où que vous soyez, imaginez vous que vous faites un voyage à l’étranger, et que vous payez avec la monnaie du coin… et ne cherchez pas autre chose. Ne pensez pas « Combien cela fait il, en francs ? », sinon, vous êtes mal embarqués… Et, même si cela a augmenté… que pourra t’on y faire ?
     Nous, aficionados, on a peut-être un avantage ou deux… D’abord, (et cela ravira les antis qui nous prennent pour des hordes de sauvages avinées), on supporte mieux la gueule de bois. Chaque feria s’accompagnant maintenant de tascas, casetas et autres bodegas, imaginez un peu  l’entraînement que l’on a. Complètement carbonisés le week end a Nîmes, Mont de Marsan ou ailleurs, maltraitant la sévillane en hurlant « et viiiiva Españaaaaaaaa ! », les aficionados sont à leur poste, le lundi , impeccablement vêtus et rasés de près. Oui, oui !
    
L’autre avantage que nous avons, c’est que nous voyageons plus que la plupart de nos concitoyens. Il est bien rare qu’un aficionado n’ait pas envie, au plus vite, d’aller voir les toros, ailleurs. Donc, un tour en Espagne profonde, et puis l’enhardissement total : Un tour au Mexique, en Equateur ou en Colombie… Alors, pas de problème pour passer du franc à la peseta, du dollar au peso… Donc, pas de difficulté, à priori, pour nous, qui nous trouvons embarqués pour une nouvelle terre… l’Europe. Et, en plus, on a de la chance… elle est taurine !
     Bonne année donc à vous, aficionados ! Que lo pasen bien ! Et puis, tant qu’on y est, Bonne Année, aussi, à ceux qui ne sont pas aficionados. C’est tout à fait de leur droit, et on ne les en respectera que plus, s’ils nous le disent avec un vrai sourire, sans juger, et sans vouloir bannir, interdire, condamner… D’ailleurs, n’en déplaise à « certaines alliances » biscornues… Il n’y a rien à juger !
     « Allez en Paix, de par 2002, et mettez-vous vite à l’Euro ! » Tout d’abord, parce que l’on ne peut faire autrement (C’était au jour du référendum qu’il fallait y penser !)… Puis ensuite, parce que c’est « quand vous irez chez les voisins »… que vous aurez la bonne surprise !

 

CALI : LA GUEULE DE BOIS  (suite)

     2 Janvier : Là, c’est vraiment la gueule de bois. On est passé en 2002 au rythme de la salsa, en trinquant à l’aguardiente… et hier, il faisait 32° à l’ombre. Alors, imaginez un peu ! Même les toros allaient de travers ! « Hips ! Feliz Año Nuevo ! Que este muy bien! »
     La corrida, dite « du toro », justement, n’a rien donné, sinon ce que l’on savait déjà : Qu’Antonio Ferrera est un bullidor qui sait se mettre le public dans la poche, mais qui ne doit pas rester longtemps dans le même endroit, car on y voit vite quelque défaut… Que Sebastien Castella est un fin torero, mais un peu fragile, qui coince un peu lorsqu’il faudrait passer la surmultipliée… Que Rafael de Julia est propre, mais sans sel… Reste le jeune d’Albacete, Sergio Martinez, qui, hier encore, a su démontrer un toreo de classe et une tête privilégiée. Il est la révélation de Cali, et il faut espérer qu’on lui donnera sa chance par « en terre d’Euro ». C’est à peu près tout ce qui reste de ce premier de l’an colombien, que l’on devra vite oublier, du moins sur le plan taurin.
     La feria de Cali continue, avec l’entrée en lisse des grosses pointures, en particulier le Juli, qui fait, ce soir, son premier paseo à Cañaveralejo. Voir comment vont le recevoir les colombiens, puisqu’il y a peu, avaient couru quelques rumeurs sur le fait qu’il avait cassé la tirelire, devenant le propriétaire de la plaza de Cali. Cela avait provoqué quelques mouvements d’humeur, vite éteints par un radical démenti. Pero bueno !

     1er Janvier – Cali (Colombie) – 8ème corrida de Feria – 2/3 de plaza – Chaleur intense – Public de festayres :  La corrida de Fuentelapeña est très mal sortie : Inégale en poids – 560, 484, 510, 468, 478, 526 et un sobrero de 514 Kgs – et inégale en comportement : du soso au manso, sans grandes forces et d’aucune race. Le septième, burriciego (gueule de bois !) fut changé pour un Juan Bernardo Caicedo, muy bueno.
     Corrida de six matadors et un rejoneador, qui toréent gratos pour l’empresa… C’est la tradition de la Corrida du toro. En fait, c’est la corrida « de l’Empresa »…
     Sebastian Vargas ne put rien  face à un gros bloc de marbre, et tua mal. Silence
     Antonio Ferrera mit la vapeur dans les trois tiers, tua d’un bajonazo, et coupa une oreille qui complète sa feria, mais n’ajoute rien à sa gloire.
     Sebastien Castella toréa propre, mais froid et distant. Son épée « ressortant », il perdit un probable trophée.
     Rafel de Julia tua également « fatal », après un trasteo bien léger. Silence
     Sergio Martinez se montra torero, avec beaucoup de volonté et de vérité. Tuant également mal, il entendit une ovation.
     Guerrita chico, invité de dernière heure, pour remplacer Cadena, se montra excellent avec la cape, face à un toro qui trompa tout le monde. La suite dut beaucoup plus hésitante, face à un toro parado. Silence.
    
Le Rejoneador Fernando Lopez devra revoir quelques cours, en particulier sur la façon de ne pas se faire toucher les chevaux. Mato fatal. Silence. Ouf! Vaya toston!

     Ce 2 Janvier, au cartel de la 9ème : Toros d’Ambalo (du Juan pedro Domecq), pour Diego Gonzalez (torero fino de Cali, mais piètre matador) ; Victor Puerto, qui espère plus de chance que l’autre jour, et El Juli, qui entre dans la feria.

 

CALI : « IL » N’A VRAIMENT PAS BESOIN DE CELA…

     3 Janvier : « Lorsque l’on signe un contrat au Juli, c’est avec les problèmes que cela engendre « avant la corrida »… C’est en ces mots que le responsable de l’organisation de Cali a commenté le retard de trois heures, lors du sorteo de la corrida d’Ambalo, hier, à Cañaveralejo, parce que les représentants du prodige espagnol ont, encore une fois, fait un gros caprice…
    Cette fois, c’est allé assez loin, puisque le ganadero avait amené neuf toros, dont un, pour le festival de ce soir. Un torito de 436 kgs que le staff du Juli voulait faire entrer dans la corrida, à la place d’un costaud, de 528 Kgs. Trois heures durant, Don « Papa Juli » et ses sbires ont tapé du pied, trépigné, menacé, afin que l’on repèse le petit toro, au cas où il aurait repris quelques grammes après le réveillon (comme nous tous !) et qu’on le fasse entrer dans la corrida. Trois heures durant, les organisateurs ont résisté, et, à la fin, le toro prévu pour le festival est resté « festivalero », et l’autre est resté dans le lot prévu. Non, mais des fois ! 
     Et devinez à qui le sort a t’il attribué le « tio » ? Au Juli, bien sûr ! Et devinez qu’en a t’il fait, le Juli ? Il lui a monté « un tabaco », et lui a coupé deux oreilles. Et, presque chaque fois, cela se passe ainsi… Il y a un lio dans les corrales à l’heure du sorteo, et cinq heures après, le garçon « prend ce qui sort », et le plie en quatre…
     A n’en pas douter, le Juli est un phénomène. Cependant, comme beaucoup l’ont fait avant, il devrait faire attention à sa réputation. Lui qui, pour quelques euros, a renoncé à une communication importante, notamment via internet, devrait « cuidar » son image, au lieu de passer pour un capricieux, à cause de ceux qui le représentent  « en civil ». Il n’a vraiment pas besoin de cela, d’autant que dans la plaza, on le voit résoudre les problèmes, en vrai torero. Cali vient démontrer, encore une fois que la tauromachie se fait « dans la plaza », et non, à l’ombre des despachos ou des corrales. A ver si se enteran, los del Juli !
     Cela dit, Cali a vécu hier une corrida mémorable, et pour la première fois, la plaza s’est remplie jusqu’au toit. Quatre des toros d’Ambalo ont donné du jeu, faisant honneur au ganadero Pepe Estela, récemment disparu.
     Et puis… Victor Puerto s’est montré totalement inspiré, relâché… totalement torero. Deux faenas qui ont levé le public ; quatre oreilles et des spectateurs qui sont sortis en toréant dans la rue, pegando muletazos aux voitures qui passaient… Une apothéose pour Puerto, qui part pour triomphateur de la feria. Ajoutez à cela le triomphe du Juli au dernier… et vous avez une corrida mémorable, qui avait pourtant bien mal commencé.
     2 Janvier – Cali (Colombie) – 9ème de Feria – Llenazo : Six toros de Ambalo, de présence inégale (454, 444, 467, 492, 464 et…528 Kgs). Le dernier a surpris par son poids, son trapio et son jeu. Quatre toros ont été ovationnés à l’arrastre, et l’on a donné vuelta posthume au deuxième de la tarde. On leur a coupé six oreilles.
     Diego Gonzalez a été dépassé par les événements. Touchant les deux plus compliqués (permanent mystère du tirage au sort), le jeune colombien n’a pu que faire face, comme il le pouvait. Un premier toro manso rajado ; un deuxième « avec la tête au plafond »… en fait, rien qui ne pouvait l’aider à triompher. Le caleño écouta silence et ovation, respectivement.

      Triomphe d’apothéose de Victor Puerto. N’ayant pu s’exprimer lors de sa première sortie, Puerto mit, hier, tout son talent, son intelligence, sa technique et son inspiration, à toréer « en maestro », donnant à ses faenas une verticalité, un rythme, un « señorio », qui a laissé le public sur le …flanc. Debout, hurlant des « torero ! torero ! » à l’unisson, le public a vibré tout au long de ses deux faenas, et lui a fait couper quatre oreilles. Faena crescendo face à son premier, qui alla « a mas », en même temps que le diestro. Brindé à Eduardo Estela, débuté par six statuaires sans bouger d’un cil, suivi de passes, changées dans le dos, le trasteo se déroula, seigneurial, fait de technique et de relâchement total. Grande faena, avec d’énormes naturelles, toutes de lenteur, clôturée d’un trois quarts de lame, efficace. Deux oreilles, indiscutables, et vuelta posthume au toro « Alsaciano » (curieux qu’un « alsacien » aille briller en Colombie !). Le cinquième avait une grosse tendance aux barrières, mais Victor Puerto, sûr de sa technique, et très inspiré ce 3 Janvier, alla l’y dénicher pour lui imposer une faena variée, faisant jouer à fond le vibrato, et provoquant le délire dans les gradas. Epée entière, et deux oreilles à nouveau.
     El Juli a un peu patiné devant son premier. Le toro ne valait pas grand chose, et … passer après le faenon de Puerto ! Le madrilène toréa sur les deux côtés, proprement, mais sans étincelle. Ovation. Sortit enfin le sixième, « Vericueto », de 528 Kgs, très bien présenté et « muy toro ». Piqué au vif par les quatre oreilles à Victor Puerto, le Juli se redressa, mit toute sa race dans la bagarre et triompha totalement : Spectaculaire au capote, en particulier dans les lopecinas du quite ; vibrant aux banderilles ; torerisimo à la muleta, enchaînant sur place, les séries sur les deux côtés, avec un aguante stupéfiant. Grosse demie-épée et deux oreilles, se joignant à la sortie « a hombros » de Victor Puerto et du ganadero d’Ambalo. Le public est sorti radieux. Que bueno.

     Ce soir, 3 Janvier, on fait la fête : Festival avec, face à des toros de fers différents : David Luguillano, Victor Puerto, El Gino, El Califa, El Juli et Guerrita chico.

 

CESAR JIMENEZ, « A LA CASA PATON »…

     3 Janvier : Ou… de l’ingratitude des toreros. Une fois de plus. Cesar Jimenez, ce jeune et beau novillero, très cérémonieux, très « voyez donc comme je suis beau » (et il l’est, le gredin » dirait Cyrano), vient de jouer un coup bien peu élégant à celui qui lui a ouvert les portes du monde taurin, lui permettant de devenir l’une des promesses du toreo de demain, Victorino Martin, soi-même. Sans rien dire, alors qu’il venait juste de passer un moment chez le ganadero, le torero a fait téléphoner », pour dire qu’il arrêtait là les relations professionnelles, confiant désormais son avenir torero au duo Enrique Paton-Simon Casas.
     Sur le fond, il n’y a pas de problème. Cela est arrivé maintes fois, et le torero doit voir celui qui peut lui garantir les meilleurs conditions, pour monter « vite et bien »…
     Sur la forme, on peut se poser la question… Jimenez fait à Victorino « la même jugada » que lui ont faite Jose Tomas et Miguel Abellan. Une fois, ça va ! Deux fois… mais, à la troisième, le Victorino l’a mal vécu, et on peut aisément le comprendre. Comme toutes « les liquidations financières » des précédentes temporadas, n’ont pas encore été réglées, on imagine facilement comment va se dérouler l’incontournable réunion. D’ici que le ganadero se fasse accompagner par une de ses « alimañas » !  Mais, heureusement ou malheureusement, on sait bien comment tout cela finit… par un communiqué et un abrazo !
     De leur côté, les nouveaux apoderados sont clairs et limpios. Ils ont connu le torero l’an passé, lorsqu’il ont monté une opération de promotion du duo Cesar Jimenez-Ivan Garcia, et depuis, les relations étaient des plus cordiales. Le torero leur a demandé de prendre la suite, et, en confiance, le duo va préparer une grande temporada au jeune madrilène. Moments forts de la première partie 2002 : Présentation et despedida de novillero, à Madrid, pour la feria de la Comunidad ; et alternative lors de la Feria de Nîmes… Tout un programme.
     Une page qui s’ouvre pour un jeune torero, plein d’un apparent talent, mais qui ne doit pas oublier deux choses : « Le Toreo est avant tout « pundonor », et « Un torero l’est « dans la rue », autant que dans le ruedo »… Je sais, c’est ringard, c’est dépassé, mais cela vaut presque autant que le « Cesar Jimenez est un bon produit », lu, quelque part dans les chroniques…

 

ATTENTION A SEBASTIEN CASTELLA

    4 Janvier : La feria de Cali vient de souligner la qualité et l’ardeur des jeunes diestros, nouvellement arrivés « en haut de l’affiche ».
     Certes, Victor Puerto a monté un énorme triomphe ; certes, le Juli, figure consacrée, va essayer de lui ravir le sceptre. Finito de Cordoba entre, ce soir, dans la dernière ligne droite, et aura du mal à conquérir d’un coup, les caleños… à moins « qu’il nous envole » tous sur un de ces nuages dont il a le secret. Alors, rien ne peut lui résister, même pas les guerrilleros del Valle del Cauca. Quant à David Luguillano, malgré les trois oreilles coupées aux bons toros de Rincon, il semble bien que l’empresa lui ait ouvert les portes de la fuite, après le désastre du 29 décembre. De leur côté, les toreros colombiens n’ont pu que montrer grande volonté, en echange de quelque mauvais coup, tel Ramiro Cadena, blessé, ce même 29 décembre, et dont on doute du retour, aujourd’hui.

     C’est donc du côté des jeunes que viennent les satisfactions : Cali a découvert l’Albaceteño Sergio Martinez ; a confirmé la toreria un peu froide de Rafael de Julia ; a apprécié les qualités de son nouveau matador, Guerrita chico.
     Cependant, deux noms montent haut dans l’estime de l’Aficion et de la presse colombiennes : Antonio Ferrera et Sebastian Castella.
     Antonio Ferrera est actuellement le triomphateur de la feria, au nombre de buts marqués : Cinq oreilles en cinq toros, et un indulto. On connaît l’enthousiasme parfois « débordé » du jeune extremeño. A n’en pas douter, il va continuer à faire bondir les publics, à Manizales, Medellin et Bogota. C’est forcé. Revenant, glorieux de Colombie, il sera possible à son apoderado de « peser plus » sur la prochaine temporada espagnole, d’autant qu’il a « France gagnée ».
     Mais la grande satisfaction (qui n’est pas une surprise), se nomme Sebastien Castella. Enorme, le premier jour, il a un peu flotté, lors de la corrida du Toro. Mais hier soir, il a enchanté le public, lors du Festival, par un toreo de grande classe, une faena de rêve, hélas gâchée à l’épée. Certes, vous allez dire : « Oui mais.. un festival ! Un triomphe devant un torito ! » Hombre ! il n’y a pas de « torito », et, par ailleurs, bien que d’apparence fragile, Castella s’est appuyé des tios, et s’en est bien sorti. Restent l’inconstance des artistes, l’inspiration qui vient et qui va, la difficile facilité… Il faut attendre, et lui donner du toro. Castella connaît le secret du toreo artistique, de la charge ralentie, du danger presque oublié. Alors, il  peut entraîner tout le monde vers les sommets, Madrid « z’y compris »… C’est ce qui le différencie des toreros français, beaucoup plus travailleurs qu’artistes… Une vraie personnalité qui vaut la peine d’être attendue, à condition qu’on ne le gâche pas…

     La feria vogue doucement vers son final. Restent deux corridas dont la deuxième sortie du Juli, ce soir.
     Hier, en nocturne, le Festival au profit de l’Ecole Taurine de Santiago de Cali, n’a rien donné, ou presque, les toros ayant gâché en partie les bonnes volontés. Cependant, tout le monde est sortie en parlant de Castella. Que cela continue.

     3 janvier – Cali (Colombie) – Festival en nocturne – Lleno : Sept toreros, et sept toors de ganaderias différentes. Bilan minimal : Une vuelta pour Sebastian Castella. Comme lui, el Juli a mal tué.
     Victor Puerto ne put rien faire devant un Achury Viejo, arrêté et plein de mauvaises idées – El Gino passa un mauvais moment devant une « vache folle » del Paraiso. (C’est ainsi que l’a baptisée le chroniqueur) – Califa eut quelques velléités avec la cape, devant un toro de Cesar Rincon, brave au fer, mais qui s’endormit ensuite. Le Califa, aussi.
     Tout le monde se réveilla d’un coup, avec le Juli, qui invita Castella et Guerrita aux banderilles, le français se signalant par un énorme quiebro. Faena complète, vibrante de toreria, lente, rythmée. Hélas, deux pinchazos avant l’épée définitive. Il perdit un trophée assuré.
     Sebastien Castella, impeccablement vêtu d’un traje campero gris pâle, a levé le public, à plusieurs reprises. Quite « al alimon » avec Guerrita ; banderilles « à trois » et … faenon. Le chroniqueur s’envole « Castella a été comme la Tour Eiffel ! Grandiose, inspiré, poétique… » Pues vaya ! Hélas, maldita espada ! Un avis et « grosse » vuelta al ruedo.
     Guerrita Chico se battit avec une mule de Guachicono, tandis que le novillero de Manizales, Andres de los Rios, eut de très bons moments devant un bon Puerta del Hierro, mais, tua également très mal.
     Au final, un nom sur toutes les lèvres : Sebastien Castella. A suivre.

     Ce 4 Janvier, dernier cartel « de lujo » : Toros del Paraiso, de Jeronimo Pimentel, qui doivent une revanche à l’aficion Caleña, pour Finito de Cordoba (pour son seul contrat), El Juli, qui va tout essayer, et Ramiro Cadena, s’il est remis, ce qui paraît douteux. On murmure, pour le remplacer, le nom de Paquito Perlaza.

 

CALI: PARADIS ARTIFICIELS…

     5 Janvier : Non, rien à voir avec certaines poudres blanches… Simplement deux mots pour résumer le triste spectacle offert hier soir, en plaza de Cañaveralejo, par les toros du Paraiso, à l’occasion de la dernière corrida de la Feria  de Cali. Certes il reste une course, demain, mais le cycle est terminé et les trophées, déjà attribués.
     Triomphateurs retentissants de la feria précédente, les toros « du Paradis », de Jeronimo Pimentel, faisaient « doblete », cette année. Ce fut un désastre sur toute la ligne, le fond étant atteint lors du festival, où le toro del Paraiso fut même qualifié de « vache folle ». Allons bon !
     Treize toros dans la feria, et le néant, le zéro pointé. Dur coup…
     La corrida fut bien triste, le Finito se comportant comme un coquin, Juli se battant comme un chien, en vain, et Ramiro Cadena coupant une oreille « populaire »…
     Au sujet de ce dernier, une anecdote qui traduit les magouilles en tous genres qui polluent ce milieu : Ramiro Cadena prend une cornada, le 29 décembre. Les chirurgiens de la plaza estiment à huit jours son « arrêt de travail » (donc, jusqu’au 6 janvier). Ce que voyant, les responsables de la plaza engagent Paquito Perlaza, torerito super protégé, qui ne dédaigne pas jouer les vedettes, sans pour autant le démontrer totalement dans le ruedo.
     Pendant ce temps, Ramiro se remet vaillamment sur pieds, et, avec l’aval de ses propres médecins, s’estime prêt pour son contrat d’hier, aux côtés de Finito et Juli. On connaît les toreros, ils sont faits « d’un autre bois ». Par ailleurs, il est le triomphateur de l’an passé, et, faire le paseo aux côtés du Finito et du Juli… à genoux s’il le faut.
     Seulement voilà… s’appuyant sur les conclusions du parte officiel, l’empresa l’a remplacé. Cela a fait un barouf d’enfer, qui a retardé le sorteo de plusieurs heures, et cette fois, le staff du Juli n’y était pour rien… Les uns brandissaient le bulletin médical, les autres, un contrat dûment signé, il y eut « grande ambiance »… Enfin, on reprit à la fois ses esprits et le chemin de la raison, et Ramiro Cadena put aller enfiler son costume de lumières, tandis que Perlaza rangeait le sien, avec un gros regard en dessous. Cette anecdote, qui va diviser l’Aficion et la Presse colombiennes autour de l’attitude de Paquito Perlaza, illustre bien ce que l’on appelle les guerres « de despachos », les bagarres sur le tapis vert…
     Fou d’orgueil et de rage, Ramiro Cadena est sorti, et a coupé une oreille de guerrier claudiquant, mais avide de gloire. Muy bien, Torero.

     4 Janvier – Cali (Colombie) – 10 ème corrida de Feria, en nocturne -  Lleno : Totale déception provoquée par un lot imbuvable del Paraiso. Correctement présentés (484, 490, 480, 478, 490, 470 Kgs) les toros de Jeronimo Pimentel furent, à part le troisième, un lot très homogène en mansedumbre, soseria, et total manque de race, le pompon revenant au cinquième, qui fut banderillé de noir.
     Voyant cela, le Finito de Cordoba fit une moue dégoûtée, régla les affaires en prenant garde de ne tâcher son costume de sang ni de sueur, et s’en fut sous deux broncas impressionnantes. Certains disent : plus fortes encore que pour Luguillano. Hombre !
     El Juli a bataillé ferme, a essayé sous tous les angles, dans toutes les positions. Rien à faire. Silence à l’un ; palmas à l’autre. Crevé mais n’ayant rien à se reprocher, le garçon est salué par tous, pour son envie et sa conscience professionnelle.
     Ramiro Cadena « a foncé dans le tas », avec la bénédiction du public, qui était au courant du coup bas, presque consommé, le visant. Touchant « le moins mauvais », le torero se gagna les faveurs du respetable et imposa deux bonnes séries à un toro qui partait en tous sens, tête bien haute. Faena de peu de qualité, mais de valeur et d’émotion, récompensée d’une oreille. Honneur au courage et au pundonor. Et… ce fut tout, le sixième ne permettant que de ranger ses illusions perdues.

 

LES TROPHEES DE LA FERIA DE CALI

     5 Janvier : Ca ne traîne pas ! Tandis que les toreros de la dernière corrida sont encore sous la douche, le jury se réunit. Un aguardiente, et on y va !
     Le trophée du « Señor de los Cristales » à l’auteur de la meilleure faena de la Feria, est attribué à Victo Puerto, pour son faenon devant le toro « Alsaciano », d’Ambalo, le 2 janvier.
     Meilleure « prestation d’ensemble », dans la feria : Antonio Ferrera.
     Meilleur lot de Toros : « Las Ventas del Espiritu Santo », de Cesar Rincon, le 28 décembre.
     Le toro de la Feria : « Subdito », de Cesar Rincon, gracié, le 28 décembre, par David Luguillano.
     Le trophée au meilleur novillero va à Cristan Restrepo, pour sa prestation devant la grande novillada de Alhama.
     Meilleur banderillero : Ricardo Santana ; Meilleur picador : Felix Lopez (la feria n’a guère brillé, au niveau des subalternes)

     Triomphateur de la Feria de Cali 2001/2002 : Cesar Rincon, idole des colombiens, qui vient reprendre, comme ganadero, le sceptre laissé par le matador. Maintenant, il va falloir confirmer, le 11 Janvier, à Manizales ; le 26 février, à Medellin. A suivre, avec intérêt.
     Côté toreros : Victor Puerto a connu « la » grande journée. El Juli s’est totalement justifié, provoquant les deux seuls llenos de la feria. David Luguillano est monté très haut, pour couler à pic, le lendemain. Depuis, un méchant virus l’a « mis sur le flanc », et le torero revient en Espagne, devant annuler tous ses contrats. Décidément, un souvenir « mitigé » pour David.
     La grande satisfaction : Les jeunes, avec en tête, le trio  Antonio Ferrera, Sergio Martinez et Sebastien Castella. Ce dernier va remplacer Luguillano à Cartagena de Indias, tandis que Ferrera va continuer un périple colombien dont on va parler fort, à n’en pas douter.
     Sans satisfaire totalement, la Feria de Cali 2001/2002 est un bon cru, qui semble redonner quelque confiance à l’Aficion. Asi que… « Enhorabuena Cali, y hasta el año que viene ! »

 

PABLO HERMOSO : PAS DE FUMEE SANS FEU….

     6 Janvier : On sait que cela barde très fort entre Rafael Herrerias, bouillant empresa de la Monumental de Mexico, et Enrique Martin Arranz, l’ombrageux apoderado de Joselito, Jose Tomas et Pablo Hermoso de Mendoza…
     Le conflit couvait depuis plus d’un an, mais atteint son zénith, quand, par manque de communication, Arranz laissa engager Hermoso de Mendoza, le 16 décembre à la Mejico, alors que c’était matériellement impossible, le cavalier démontrant par A plus B, qu’il ne pouvait avoir ses chevaux en forme ce jour-là, alors qu’il allait toréer trois courses, cette semaine-là, avec des milliers de kilomètres de mauvaises route, entre chaque contrat. De plus, on lui avait toujours parlé du 9, et il avait composé son calendrier en fonction de cette importante sortie dans la capitale.
     Herrerias avait entendu ses raisons, et, sans lui en vouloir, avait recomposé ses carteles, tout en regardant Arranz d’un œil qui ne promettait rien de bon, d’autant que celui-ci avait tout fait pour lui imposer Joselito. De son côté, Pablo avait regretté que son apoderado ne le consulte pas, avant de décider des choses pour lui. Le cavalier fit son paseo, remplit la plaza et coupa une oreille. Nickel ! Bravo, et au revoir, à la prochaine qui sera.. le 5 Février, pour les grandes corridas de l’anniversaire de la Plaza.
     Depuis, il y avait « pibale sous caillou » (Bon, « anguille sous roche », si vous préférez, hooo !) et Rafael Herrerias attendait au coin du bois… Pendant ce temps, Jose Tomas, qui faisait les Amériques pour se redorer le blason, entre autres, patinait ferme devant des demi plazas. Il devait toréer à la Mejico, le 20 Janvier et le 3 Février. Bien évidemment, la négociation, qui se fit seulement par téléphone, capota, et Jose Tomas ne sera pas à Mexico.
     Rafael Herrerias a totalement explosé, traitant Arranz de « délinquant, lâche, menteur », et, hors micro, de probables autres noms d’oiseaux exotiques, et jurant ses grands dieux que, tant qu’il sera empresa de la monumental, pas un torero de Martin Arranz n’y mettrait les pieds… ni les sabots. Et de confirmer que Jose Tomas ne viendrait pas, mais que, suite à cette bataille, il annulait également le paseo de Pablo Hermoso de Mendoza, le 5 Février.
     Le cavalier navarrais, pour qui le Mexique est seconde patrie, puisqu’il y passe quatre mois pleins, dans un finca où il vit avec toute sa famille, est sous le choc. Il vient de faire des déclarations, reprises par tv.azteca, qui pourraient bien être le prélude à une rupture avec « la secte » Martin Arranz, comme l’a baptisée Jose Antonio del Moral, dans sa dernière chronique. Hermoso de Mendoza souligne qu’il n’accepte pas de payer les frais d’un conflit entre la Mejico et son apoderado, surtout si ce conflit est lié à d’autres toreros. Lui s’appelle Pablo Hermoso de Mendoza, il triomphe partout au Mexique, qu’il adore, et n’a aucun problème. Il souligne que, certes, les apoderados existent, mais que les contrats se font individuellement, avec les professionnels concernés. Il n’acceptera donc pas de perdre son paseo à Mexico (engagement pris avant tout autre négociation avec les autres toreros d’Arranz), parce qu’il n’a rien à voir avec les magouilles des uns et des autres…
     A n’en pas douter, on va droit vers un mur. Herrerias ne lâchera pas. Il est chez lui, et, dit-il, a des preuves de la félonie de Martin Arranz. Joselito et Tomas « sont barrés » du Mexique, et Pablo Hermoso de Mendoza doit ruminer. Au soleil, d’accord… mais ruminer quand même. Et comme on sait bien que c’est toujours à ce moment là qu’arrivent un fax, un coup de fil, ou la simple visite d’un apoderado puissant qui passait par là, par hasard… il ne serait guère étonnant qu’il y ait quelque changement, en début 2002… ce qui, au fond, ne serait pas plus mal, les chevaux respirant très mal, dans une atmosphère…sulfureuse.

 

MEXICO : PADILLA REVIENT « POUR LES ROIS »…

     6 Janvier : Onzième corrida de la temporada grande, ce dimanche, à la Monumental de Mejico. Ayant coupé une oreille, à l’occasion de sa présentation, Juan Jose Padilla a été rappelé, faisant le paseo, cet après midi, aux côtés de Mariano Ramos, Federico Pizarro et du rejoneador espagnol Martin Gonzalez Porras, face à des toros de Celia Barbasosa.
     A priori, la corrida n’est pas monstrueuse, les sept toros débarqués pesant 470, 495, 470, 475, 505, 510 et 515 kgs. Bien entendu, cela n’a rien à voir avec le trapio, ni « les idées ». A suivre donc.
     Par contre, encore une fois, on sourira un peu, au sujet de la tenue des « livres de ganaderias », où sont indiqués, noir sur blanc, tous les éléments concernant chaque toro, dès le jour de sa naissance. Au Mexique, c’est un peu plus « léger », semble t’il, puisque ce soir, « Jour des Rois » sortiront des toros qui ont pour nom, comme par hasard : « Gaspar », « Melchor », « Baltazar »… Que bueno ! Allez, « Feliz Año Nuevo, Mejico ! », et que les toros chargent, même s’ils ont été rebaptisés.

     Pendant ce temps, on torée dans les lointaines provinces, et on se régale. Pablo Hermoso de Mendoza chevauche et triomphe à chaque sortie, et hier, en plaza de Boca Del Rio, près de Veracruz, Cavazos et Zotoluco ont chacun coupé quatre oreilles et un rabo, à des toros de Reyes Huerta.

 

EN ATTENDANT LE « ROI PONCE »

     6 Janvier : Le bagages prêts pour s’envoler vers le Mexique, Enrique Ponce a fait, hier, un vibrant déplacement vers le Puerto Santa Maria, où une kyrielle de trophées l’attendaient, suite à la formidable saison 2001 dans la Plaza « la plus taurine d’Espagne ». N’oubliez pas… « Celui qui n’a pas assisté à une corrida au Puerto Santa Maria, ne sait pas ce qu’est une tarde de toros.. » Ce n’est pas moi qui le dis…
     Contrairement à Jose Tomas, qui a snobé une partie de clubs et peñas, suite à la saison 2000, et dont les trophées sont là, envahis de toiles d’araignée, attendant que le diestro daigne venir les dépoussiérer, Enrique Ponce a fait l’unanimité par sa gentillesse et sa disponibilité, les aficionados lui faisant grande fête. En un mot, un grand professionnel, dans la rue, comme dans le ruedo… Y una gran persona.
     Enrique Ponce fut ensuite l’invité vedette de « la Cabalgata de Los Reyes Magos, en el Puerto », puisqu’il accepta l’honneur de se vêtir de roi mage, et parcourir les rues en fêtes, sous le vivas des grands, et les yeux ébahis des enfants. Muy bien, torero.
     Dès son retour du Puerto, Ponce préparera son voyage au Mexique, où il débutera sa temporada en participant, le 18, à un festival pour le Telethon, en plaza de Zacatecas.
     Bien involontairement, du fait de son opération, cet automne, Enrique Ponce est à l’origine du conflit entre Herrerias et Arranz, qui éclata lors de la réorganistaion de la temporada, et en particulier, de la fameuse corrida du 16 décembre. Au fond… Ponce arriva au Mexique, en idole, les adversaires étant « au coin »… On a beau être gentil, cela ne doit pas déplaire. Maintenant, c’est pas le tout… va falloir se justifier... Et puis, il y a ce sacripant de Juli qui va vouloir tout casser… Mais, on ne se fait pas de soucis. Si es un torerazo !

 

2002 : CELA COMMENCE A BOUGER…

     6 Janvier : La saison 2002 commence à chauffer ses moteurs. De partout arrive des nouvelles, des dates, des noms, des projets… et des anecdotes. Ainsi :

     A Valdemorrillo, ex première feria terrible de février, où jadis sortaient des monstres, dans une portatil, sous la neige parfois, les temps ont bien changé. La feria existe toujours, mais a perdu de son charisme. Les empresas se succèdent et se battent plus contre l’administration que les éléments naturels. Ainsi, la Feria 2002 se déroulera du 5 au 10 Février, présentant trois novilladas et trois corridas. Les cartels définitifs doivent être présentés mardi, par l’Empresa Tauridia, mais, ils viennent d’être refusés par la commission municipale, qui ne les trouvent pas à son goût (N’a qu’à les faire, la commission !). Copie donc à revoir, et vite. Pour les corridas, on murmure fortement les noms, entre autres, de Juan Bautista, El Cordobes, Encabo, Jesus Millan… 
     Manuel Diaz, repartirait donc…presque de zéro ! Ne pas oublier que Valdemorillo n’est plus la feria de guerre qu’elle était, mais qu’elle a, tout de même, gardé son renom. Un triomphe peut y favoriser un un bon point pour la suite. Ne pas oublier que Victor Puerto s’est relancé, en 2000, par un gros triomphe à Valdemorillo, aux portes de Madrid.

     Il semble qu’il y a eu confirmation, hier : Le « Vème Encuentro Mundial de los Novilleros », se déroulera bien, cette année encore, en plaza d’Illumbe, à San Sebastian. Les aficionados du Sud Ouest ont eu peur, de se voir voler des passionnants week ends de Février-Mars, puis qu’il se murmurait que la compétition allait déménager vers Vista Alegre, à Madrid, qui avait passé accord avec la société mexicaine qui chapeaute le tout. Nanay ! Cela se passera « chez nous ! », aux bords de la Concha.
     A l’habitude : Cinq novilladas de sélection, deux demi-finales et la grande rencontre qui couronnera le champion, le tout étalé sur les week ends de fin Février à fin Mars. Asi que… Viva Illumbe.

     Castellon se déroulera du 3 au 10 Mars : Six corridas, une de rejoneo et une novillada (le 5 mars). Les ganaderias déjà engagées sont de : Victorino, Palha, Jandilla et Hermanos Garcia Jimenez. La corrida des cavaliers sera, à l’habitude, de Los Espartales, et la novillada, de Fuente Ymbro
     Côté toreros, on aura tous les diestros de la « casa Casas », et, la présence de paco Ojeda, qui viendra, probablement « emparejado » avec El Juli… (ce qui risque de ne durer qu’un temps). Bien entendu, Ponce sera là. On parle de Jose Tomas… mais. Probables et, coulant de source : Jesus Millan, Padilla… Barrera, pour ne pas se fermer les portes voisines de Valencia (échange de bon procédés… et de toreros).

 

ON A « REINAUGURE » CARTAGNA DE INDIAS…

     6 Janvier : C’est le président Pastrana, lui-même, qui a coupé, hier, 5 Janvier 2002, le ruban de la réinauguration de la plaza colombienne de Cartagena de Indias.
     Laissée à l’abandon depuis plusieurs années, le plaza se languissait, dans les tristes faubourgs qui marquent l’entrée d’une des plus célèbre perles d’Amérique Latine. Partagée entre le passé historique étincelant, et le futur voué au tourisme de grand luxe, Cartagena cuisait au soleil des caraïbes, et sa tauromachie foutait le camp. Cela va peut-être changer, quoique…
     On parle de 2000 millions de pesos, pour réhabiliter la plaza qui a donné hier, sa première corrida. Il y avait du monde, mais la course ne fut guère brillante…
     On attendra des jours meilleurs, en particulier à Manizales, qui commence demain.

     5 Janvier : Cartagena de Indias (Colombie) – Corrida de réinauguration – ¾ de plaza (sur 15000 places) – Mucho calor :  La corrida du Socorro est sortie bien inégale, tant en présentation qu’en comportement. En général, mansa et difficile.
     Jose Gomez « Dinastia » en est le triomphateur, coupant deux oreilles à son second adversaire, et sortant à hombros. La présence du président rehausse son triomphe – Antonio Ferrera coupe une oreille du deuxième de la corrida. (A noter que Ferrera souffrant, sera remplacé, ce dimanche, par Sebastien Castella, à Duitama) – Sebastian Castella n’a pas eu de chance, touchant le mauvais lot. Silence et palmas.

 

MEXICO : UN COUP POUR RIEN…

     7 Janvier : La saison continue, à la Monumental de Mexico. Elle avait bien débuté. Elle risque de finir dans la division, suite au conflit ouvert, entre Rafael Herrerias et Enrique Martin Arranz, respectivement empresa de la Mejico, et apoderado de Joselito, Jose Tomas et Pablo Hermoso de Mendoza (voir chronique d’hier – 5 Janvier)
     Ponce arrive, Juli de même. Les grosses cylindrées « chauffent les moteurs », et l’Aficion attend avec impatience leur premier paseo.
     Hier, la 11ème corrida de la Temporada Grande n’a rien donné, en grande partie, à cause du mauvais jeu des toros de Celia Barbabosa. Si Juan Jose Padilla s’est montré bouillant, on a également souligné son « peu de classe ». Un coup pour rien.
      Cette appréciation n’est rien à côté de la critique générale concernant le rejoneador Martin Gonzalez Porras. C’était prévisible, le public ne connaissant que Pablo Hermoso de Mendoza. Malheureusement, Porras joue les matamores, pousse de grands cris en sortant au galop de chaque suerte, mais, fait régulièrement toucher ses chevaux, ce que les mexicains, peuple cavalier, n’apprécient aucunement. Pour essayer de faire bien au tableau et de ramener une photo utile à la publicité, Porras offrit, hier, un toro de réserve, et finit par s’offrir une vuelta. Seulement, il n’y avait plus personne dans la plaza. Un coup pour rien.

     6 Janvier – Mexico (Plaza Monumental) – 11ème corrida de la Temporada – 10000 spectateurs environ – Beau temps, venteux :  La corrida a généré l’ennui. Les toros de Celia Barbabosa sont sortis correctement présentés, mais faibles, sosos, mansos, sans aucune caste. Le quatrième, très sérieux de présentation se révéla violent et court.
     Mariano Ramos se montra torero, devant le faible premier, mais tua en huit pinchazos et un bajonazo qui divisèrent les opinions, après un avis. Il se battit avec l’impressionnant quatrième, et tua bas. Autre division, mais vu les circonstances, pas si mal que cela – Federico Pizarro eut de très bonnes choses devant le deuxième qui, malheureusement, alla « a menos ». Il tua très bien, entendant la seule vraie ovation de la tarde. Le cinquième lui mit une terrible colada, au moment de la larga à genoux, le torero s’en sortant miraculeusement, en sautant la barrière. Vaillant mais « sans adversaire », Pizarro fut applaudi – Juan Jose Padilla se montra bouillant, et torero aguerri. Cependant, il ne laissa qu’une impression de torero « de quantité », plus que de qualité (ce que l’on savait déjà). Palmas, chaque fois.
     Martin Gonzalez Porras fut mauvais devant un premier toro de San Marcos, écoutant quelques bravos. Aussi décida t’il d’offrir le sobrero, de Rancho Seco, qu’il lidia, tandis que le public quittait le plaza. Le cavalier galopa en tous sens, avec beaucoup de bruit, et, content de lui, s’offrit une vuelta. « Grand bien lui fasse », semblent dire l’Aficion et la Presse mexicaines.
     Dimanche prochain, la 12ème, avec Ponce et le Juli, devant les Bernaldo de Quiros. Pour troisième, on parle du petit Casasola.

 

APRES CALI…MANIZALES

     7 Janvier : Tandis que l’Amérique latine a les yeux fixés sur l’Argentine et les 40% de dévaluation de son peso, la Colombie espère une énième rencontre au sommet entre le Président Pastrana et Tirofijo, le chef de la guerrilla. En province, il n’est pas un jour où un attentat, une séquestration violente, une attaque sauvage, ne ravagent les espoirs de paix. Hier, c’est un bus qui a été lourdement attaqué, du côté de Cali…Cesar Rincon déclarait l’autre jour, ne même pas pouvoir se rendre, ou vivre, dans sa ganaderia, parce qu’en totale insécurité, comme la plupart de ses amis ganaderos colombiens. Tellement facile, dans ces montagnes, de monter une embuscade, et organiser « le rapt » de l’année.
     C’est donc dans ce climat que la Colombie vit sa tauromachie, et elle la vit bien, heureusement. La feria de Cali est un succès, cette année. Elle s’est terminée, hier, par une grande corrida de Guachicono, hélas, « fuera de abono ». Pendant ce temps, à Manizales, on ouvrait « la Feria del Café », et d’ores et déjà, il n’y a plus un billet pour la corrida d’aujourd’hui, première du cycle 2002, avec le Juli, au cartel. En province, parfois dans des endroits et des conditions « folkloriques », il y a eu sept corridas, hier, 6 Janvier. A Duitama, Sebastien Castella, qui avait un peu flotté, la veille, à Cartagena, a retrouvé son envie de triompher, et a coupé deux oreilles.

     6 Janvier – Cali (Colombie) – 12ème de feria (hors abonnement) – 2/3 de plaza – Chaleur intense : Très bonne corrida de Guachicono, de souche Torrestrella. Le lot est sorti léger (456, 460, 448, 466, 464, 448 Kgs), mais très bien présenté, et surtout très armé, large et astifino. La corrida s’est montrée très brave au cheval, encastée aux engaños, quatre toros étant nobles, avec beaucoup de piquant, étant fortement ovationnés à l’arrastre. On donna vuelta posthume au quatrième « Zalamero », N°58, 466Kgs. Un grand triomphe pour le ganadero.
     Côté toreros, le triomphateur total, avec trois oreilles coupées, est Sebastian Vargas, de Cucuta, (près de la frontière avec le Venezuela). Son premier fut un dur à cuire, et le torero dut faire front comme il pouvait. On ne parlera pas de toreo artistique, ici, mais de vaillance à l’état brut. De plus, l’estocade fut de grande décision, et l’oreille, justement fêtée. Vargas fut récompensé de ses efforts, touchant le quatrième, impressionnant toro, qui n’arrêta pas de charger. Bien à la cape, en un quite par gaoneras ; vibrant aux banderilles, Vargas débuta par trois passes changées, dans le dos et enchaîna de bonnes séries, sur les deux côtés, terminant par une folle estocade, le toro roulant d’un coup, tandis que le torero se relevait, après un spectaculaire vol plané. Grosse émotion et grand triomphe. Deux oreilles et sortie « a hombros », par « la Porte de Cristal ».
     Ramiro Cadena n’était pas dans son assiette. Mal remis de sa blessure et de ses efforts de l’avant veille, il fit face à une adversité « trop musclée », et, sans déroute, connut quand même, un échec. Avis et division au deuxième, et applaudissements au cinq – De même, Guerrita Chico, à peine sorti de l’alternative, se montra « un peu tendre », face à telle adversité. Silence au troisième, manso ; division, face au dernier… et un regret général : Que ce lot n’ait pas fait partie de la feria.

     6 Janvier – Duitama (Colombie) : Bonne et brave corrida de Mondoñedo. Cinq des six toros ont montré de la noblesse.
     Cesar Camacho coupa l’oreille du premier, et donna une bonne faena au quatrième, hélas gâchée à l’épée – Dinastia se montra très torero, à la fois puissant et fin technicien. Il tua mal son premier, mais coupa les deux oreilles du cinquième – Sebastien Castella remplaçait Antonio Ferrera. On le vit volontaire mais pinchauvas, devant le troisième. Par contre, il s’accrocha dur, avec le dernier, et lui arracha une faena très valeureuse, littéralement placé entre les cornes du bicho. Il entra fort, pour une estocade où le toro ne l’aida nullement, et coupa deux oreilles méritées.

     6 Janvier – Manizales (Colombie) – Novillada de Feria – 1ère du Cycle – Très bonne entrée – temps pluvieux : cinq novillos de Salento et deux de Ernesto Gutierrez. Cinq sur sept « ont servi », mais les novilleros ont beaucoup pinché, perdant de nombreux trophées.
     Le cavalier Fernando Lopez fut le triomphateur « aux points » de la session, coupant la seule oreille, pour une lidia nette et parsemée de bons détails, comme les quiebros et une paire « al violin » - Federico del Campo se montra valeureux au premier, toréant bien le quatrième, en citant de très loin. Deux vueltas al ruedo, ayant eu la malchance de « descordar », le quatrième, ce qui refroidit le public – Cristan Restrepo, triomphateur de Cali, se montra élégant et artiste. Il se fit vilainement prendre par son premier, un malin, dangereux, et finit « dans le cirage ». Par contre, on le vit très bien, très torero, face au sixième, sous la pluie…pero non mato – Andres de los Rios écouta un avis au troisième, tuant « fatal », après une faena vaillante, toréant « de uno en uno », un toro arrêté. Il toréa très bien le septième, baissant beaucoup la main… mais perdit l’oreille, le toro tardant beaucoup à tomber, après une estocade très en arrière.

     Ce 7 Janvier, la Feria del Café débute avec une corrida d’Ernesto Gutierrez, pour Cesar Camacho, Manolo Caballero et El Juli. 

FERIA DE MANIZALES

La feria de Manizales se déroulera du 6 au 12 janvier 2002. Elle comptera cinq corridas, une novillada et un festival.
Lundi 7 : Toros de Ernesto Gutiérrez pour César Camacho, Manuel Caballero et El Juli.
Mardi 8 : Toros de la Carolina pour le rejoneador Fernando López et les matadors colombiens Perla Ruiz, Alejandro Gaviria, Ramiro Cadena
Mercredi 9 : Toros de Juan Bernardo Caicedo pour Pepe Manrique, El Califa et Antonio Ferrera.
Jeudi 10 : Festival. Novillos de Ernesto Gutiérrez pour Manuel Caballero,Victor Puerto, El Califa, Eugenio de Mora, Antonio Ferrera et Ramiro Cadena.
Vendredi 11 : Toros de Las Ventas del Espíritu Santo (de César Rincon) pour Dinastía, Víctor Puerto et Eugenio de Mora.
Samedi 12 : Toros d'El Paraíso pour Finito de Córdoba, Manuel Caballero et Paquito Perlaza

 

MANIZALES : MANOLO CABALLERO, BIEN PARTI

   8 Janvier : « La Feria del Café » vient de s’ouvrir en plaza de Manizales. Il y a cinquante ans, Antonio Bienvenida y donnait le premier capotazo, à un toro de Mondoñedo. La plaza était, bien sûr, emplie jusqu’aux toits voisins, et depuis, le chaud public de Manizales accourt à la plaza, parfumant le tendido de cette douceur fruitée du café colombien. Là-bas, on l’appelle « tinto »…

     Quand on débarque a Bogota-Eldorado, on file aussitôt déguster un café, entre deux avions. Hombre ! Le café colombien, en Colombie, ça doit être quelque chose ! Mieux que le « petit noir » de chez nous, le « solo » andalou, le « capuccino » des Romains. Bref, le nec plus ultra fait café.
     Déjà, on s’attend à cette goûteuse brûlure…mais, o surprise ! le café est clair, presque comme un jus « sponsorisé par Adidas », et quand on le boit… on fait des grands yeux ! Au lieu « d’appeler les pompiers », on se laisse bercer par de douces senteurs qui suggèrent une plage de paix au soleil, la mer caraïbe venant doucement lécher les doux petons de la créature de rêve langoureusement allongée… à côté du voisin. Ouaaaaaah !
     Le public de Manizales est ainsi, plein de couleur, de chaleur, de douceur et joie de vivre. Il vient à la Feria, et veut que la fête soit belle. Plus torerista que torista, il aime que les toros chargent, et que les toreros « se lâchent ». Loin de la froide aficion Bogotana, Manizales est « à fleur de peau », et les toreros se donnent entièrement, sachant l’appui total du tendido.
     Hier, la première corrida a fêté Cesar Camacho, le torero de Boyaca, arrivé à totale   maturité, et n’en n’a pas trop voulu à un Juli mal servi et de mauvais poil, au point de bégayer de rage, l’épée en main. Quant à Manolo Caballero, triomphateur de l’an passé, il est bien parti pour doubler la mise, sortant hier, à hombros, devant répéter actuacion au grand festival nocturne du 10, et pour son deuxième contra, le 12 Janvier.

     7 Janvier – Manizales (Colombie) – 1ère corrida de le Feria del Café – No hay Billetes – Soleil au début, pluie à la fin : La corrida d’Ernesto Gutierrez Arango, ganaderia murubeña que mène aujourd’hui son fils Miguel, est sortie d’inégale présentation (470, 472, 490, 486, 570 et 544 Kgs) , mais homogène d’armures… c’est à dire, peu encornée. De la race au cheval, et de la noblesse à la muleta, pour quatre d’entre eux, les deux premiers atteignant le grade de « bobalicon », dont on ne sait s’il s’agit d’une qualité, ou d’un « presque défaut » (cela dépend d’où on se place). Quatrième et sixième firent la mauvaise tête, sans pour autant être des monstres.
     Cesar Camacho a coupé une oreille de chaque toro. On le vit en totale possession de ses moyens, calme, reposé dans son toreo. Bien à la cape, il toréa le très noble premier, comme « de salon », après avoir débuté sa faena, les deux genoux en terre. Brillant aux banderilles, en particulier dans une paire « al violin », Camacho fut excellent face au quatrième, moins candide, le toréant classiquement, puis regardant vers le tendido… Normal ; Il y eut pétition de la deuxième oreille, mais la présidence tint bon. A noter que Camacho fut promené sur les épaules, en fin de corrida, mais ne put sortir ainsi par la grande porte, car ici, il faut couper deux oreilles à un même toro pour mériter cet honneur.
     Honneur qui fut celui de Manolo Caballero qui se régala, et régala tout le monde, face à son premier toro : 14 lances au capote, dont cinq remates liés, à une main. Le feu dans la cafetière ! Faena très limpia, templée en de longues séries, le torero laissant la muleta al hocico. Longue faena sur les deux mains, et bonne estocade, d’effet immédiat. La présidence lâche aussitôt les deux mouchoirs, ce qui divise un peu la critique. Vuelta triomphale pour Caballero qui s’accrochera, devant le cinquième, un gros balourd de 570 Kgs, qui passa son temps, la tête en haut. Caballero fut « en torero », terminant applaudi.
     Grise journée pour El Juli. Grise comme son costume. Rien n’allait, et il le fit savoir, tout en se bagarrant comme un perdu. Il y a des jours comme ça : « Les copains touchent les bons toros, pendant qu’on se cogne les carnes. Maldita sea ! » Et de râler, et de cracher, et de pincher avec l’épée : Trois pinchazos, un trois quarts de lame et trois descabellos pour en terminer avec son premier qui se cala aux barrières, et pas mieux devant le maudit sixième : trois pinchazos, une presque entière bien basse… Et en plus, il pleut. Pouah ! Constatant la malchance, mais la bonne volonté hargneuse, le public de Manizales applaudit chaudement, malgré tout.

     Ce 8 Janvier : Toros de La Carolina, pour Guillermo Perla Ruiz, Alejandro Gaviria, Ramiro Cadena, que précédera le cavalier Fernando Lopez. Un cartel 100% colombiano.

 

TRIOMPHE DE CESAR RINCON, A MALAGA…

     8 Janvier : Cela aurait pu être un titre « d’il y a six ans »… De fait, il s’agit d’une actualité toute autre : Hier, 7 janvier 2002, Cesar Rincon, ganadero, a encore sorti un lot très brave, dans la plaza de Malaga, au nord-ouest de la Colombie. Après Cali, le maestro-ganadero continue sur sa lancée, et on attend avec impatience le 11 Janvier, à Manizales, pour voir si l’embellie se poursuit.
     Connaissez-vous Over Jerlain Fresneda Felix ? Il est matador colombien, vibrant, bouillant, un poil fantasque… une figure. Son apodo : « Gitanillo de America ». Après 16 ans d’alternative, il toréait, hier, sa 1000ème corrida. Ce fut un triomphe, puisqu’il coupa tous les trophées du quatrième, après avoir pinché le premier. Grande fête pour ce torero de feu qui a toréé quelques 2039 toros de tous calibres, leur coupant 2381 oreilles, 16 rabos, en indultant 15, et prenant, au passage, 14 cornadas. Tout bon ou tout mauvais, le Gitanillo est sorti 686 fois, a hombros. Enhorabuena, señor.
     Beaucoup plus calme, toréant plus classique, Sebastian Vargas a ratifié, hier, son triomphe de Cali, coupant une oreille de chaque toro.

 

MEXICO : CA CHAUFFE UN PEU TROP…

     8 Janvier : Cela va trop loin dans les invectives, les injures, et, malgré tout ce que l’on peut entendre et lire sur le conflit Herrerias-Martin Arranz, il y aura forcément des conséquences. Pablo Hermoso de Mendoza vient de déclarer qu’il doit faire confiance à son apoderado, mais, qu’en aucun cas il ne peut accepter d’être le bouc émissaire dans une bagarre entre deux caractériels, sur un sujet qui ne le concerne nullement. Et de confirmer que Rafael Herrerias a la personnalité qu’on lui connaît, mais qu’il a réellement tout fait pour tout arranger, en décembre. Donc, respect, de ce côté-là.

     Le cavalier Navarrais est piqué au vif, et attend la suite des événements… Il a déclaré que l’Empresa de Mexico devra lui signifier lui même, la rupture de son troisième contrat à la Mejico, faute de quoi, il se présentera au portes de la plaza, le 5 février, avec ses chevaux.
     On note, dans les propos de Mendoza un certain agacement, très poli, mais très ferme. Il se dit : « Je suis figura ! Ici, on m’aime bien. Donc, pas question de payer les pots cassés ! Et s’il faut négocier seul, je le ferai ! »… et il a bien raison.

     Pour ce qui est de la corrida de Dimanche, à la Monumental, cela doit se décider aujourd’hui. Actuellement, seuls El Juli et les toros de Bernaldo de Quiros sont au cartel.
     Les hypothèses sont les suivantes :
     Ou Ponce entre dans le cartel, et sera accompagné de deux jeunes mexicains, qui pourraient bien être Jeronimo et Leopoldo Casasola.
     Ou Ponce est inscrit au cartel du 20, et le Juli se retrouve, dimanche, avec la totale responsabilité de remplir la Mejico, (puisque l’on parle, à ses côtés, de son ami Casasola et d’un troisième jeune mexicain, comme Alfredo Gutierrez ou Fermin Spinola). Challenge superbe, mais risqué. Wait and see… et, à demain!

 

MANIZALES : LES COLOMBIENS NE FONT PAS RECETTE

     9 Janvier : Pas besoin d’être une sorcier… Depuis que Cesar Rincon s’est retiré du toreo actif pour, d’une part, se soigner ; et par ailleurs, devenir une ganadero d’importance… c’est un peu le désert dans l’escalafon supérieur colombien. La corrida de Manizales, hier, vient le confirmer, qui a rassemblé une « grosse » demi plaza, pour une corrida entièrement « nationale ». Où que l’on regarde, on a du mal à voir pointer un digne successeur de Rincon, et cela, malgré les différentes aides, les différentes portes qu’il a ouvertes. Les anciens stagnent, et les jeunes ont du mal à « sortir ».
     Chez les « anciens », Cesar Camacho n’a jamais repris le flambeau ; Pepe Manrique n’a pas tenu ; Dinastia suit sa route, et se montre à son avantage, même en plaza de Madrid, sans pour autant montrer cette personnalité qui le mettrait « au dessus ».
     A « mi-distance », c’est le désert… Paquito Perlaza semble s’être condamné pour de multiples raisons liées à sa personnalité. Diego Gonzalez est l’éternelle promesse d’un bon torerito  artiste, un peu juste de cœur et bien piètre tueur.
     Pour ce qui est des « jeunes » : à priori, Ramiro Cadena doit confirmer. Superbe, l’an passé, il a débuté les grandes ferias par une cornada, (à Cali), ce qui n’est jamais bon pour la confiance. Gaviria semble bien timide, et Guerrita Chico est encore « trop chico » pour qu’on puisse en émettre une opinion.
     Reste un torero qui est impeccable, jusqu’à présent : Sebastian Vargas. Il n’est plus tout jeune, dans l’escalafon, mais c’est encore celui qui a montré le plus de qualité, notamment face à la grande corrida de Guachicono, qui a clos la feria de Cali. Cependant, son nom n’est pas inscrit aux prochains grands rendez vous. Aussi, à moins de quelque « substitutions », de quelque remplacement…
     Hier, la deuxième corrida de Manizales n’a pas donné grand chose, et surtout pas grand espoir à l’Aficion Colombienne.

     8 Janvier – Manizales (Colombie) – 2ème de Feria – Un peu plus de demi plaza – Chaleur : Six toros de « la Carolina » (encaste Murube), très bien présentés, qui ont mis de l’ambiance, soit parce que « très bons », comme le cinquième à qui l’on donna vuelta posthume ; soit parce que très mauvais, comme le septième, qui mit la panique dans le ruedo, « por muy manso ». Les deuxième et sixième, nobles, furent très applaudis.
     Le Rejoneador Fernando Lopez prit, en 4 et 8 ème rangs, deux bons toros de Salento. On le vit élégant, bonito, bon cavalier, mais tueur pathétique : Ovation au premier, et trois avis, le toro, lardé de rejones rentrant vivant au corral.
     Guillermo Perla Ruiz fut très superficiel face au premier, manso, qu’il tua d’une lame basse. Ovation. Par contre, on lui doit, à la cape, les meilleurs moments de la journée, face au très brave cinquième : Série de delantales très calmes, à la réception, et une grande mise en suerte, par chicuelinas et media, au millimètre. Le toro baissa un peu de rythme, malgré une charge claire, et le torero ne trouva jamais le sitio, perdant une grande occasion. Trois pinchazos au recibir, le bicho se couchant de déception. Silence pour le torero, et vuelta à la dépouille du brave.
     Alejandro Gaviria « a flotté » toute l’après midi. Bon torero, mais « qui ne rentre pas dedans », ce qui donne une impression d’inachevé, et surtout de toro « non dominé ». Il accompagne bien, la charge du toro, mais « ne la commande pas ». Cela pourrait lui valoir quelque déconvenue. Ovation face à son premier, qu’il pincha trois fois. Une oreille du sixième, qu’il toréa joliment, mais…
     Ramiro Cadena tomba sur les deux brutes de l’encierro. Il se bagarra, de façon vibrante et spectaculaire, avec le premier, sous les directives de Jose Antonio Campuzano, mais tua bien bas, ce qui « désqualifie » l’oreille attribuée. Le septième fut un manso « muy manso », qui mit la zizanie dans la cuadrilla. Seul le picador Felix Lopez se montra intraitable, au point que son collègue Anderson Murillo lui lança un clavel, depuis le callejon. Ramiro Cadena ne voulut faire face, et termina en débandade, à bajonazo limpio. Silence

     Ce 9 Janvier, 3ème corrida de la feria del Café : Pepe Manrique, El Califa et Antonio Ferrera, face aux toros de Juan Bernardo Caicedo (souche Guachicono). Autre ambiance et autre résultat, probablement.

 

MEXICO : PONCE ET JULI, DIMANCHE…

     9 Janvier : Tandis que la division d’opinions se poursuit, au sujet du conflit Herrerias Martin Arranz, dans les colonnes taurines de tous les quotidiens, l’Empresa a confirmé , hier, le cartel de la 12ème corrida de la Temporada Grande, dimanche, à la Monumental :
     Huit toros de Bernaldo de Quiros, pour Antonio Urrutia (2 oreilles, le 30 décembre), Enrique Ponce, El Juli et Leopoldo Casasola. Le lot est bien présenté, dit-on (544 kgs de moyenne). Juli est arrivé hier, et Ponce, ce mercredi.

     Pour la corrida du 20 Janvier, on pense à des toros de Teofilo Gomez, pour Jorge Gutierrez, Zotoluco et Manolo Caballero. Ce n’est pas encore officiel.
     Le 27 Janvier, Juli fera son deuxième paseo, devant des toros de Fernando de la Mora.

 

CE N'EST QU’UN AU REVOIR, LA PAIX…

     10 Janvier : Corrida « de guerre et d’émotion », hier, à Manizales : La guerre, ou du moins, une bataille, perdue par le Califa, qui prend trois avis et une tonne de coups. Emotion avec Antonio Ferrera qui, encore mal fichu, tombe la veste, comme il le fit à Dax, et assène au gens de Manizales des tonnes de suertes « tous azimuts », qui produisent l’effet habituel. Triomphe de deux oreilles.
     Pourtant, il pleuvinait, au sens propre comme au figuré. Au sortir de la plaza, le public, atterré, apprenait que le processus de négociation pour la Paix était totalement interrompu, entre le gouvernement Colombien, et la FARC, principale force guerrillera, qui, depuis des années, mène la guerre à l’Etat Colombien, sous prétexte de donner aux pauvres ce qu’elle veut prendre aux riches. Objectif très louable au demeurant, mais beaucoup moins évident sur le terrain, lorsque viennent s’y adjoindre des éléments « fumeux », en particulier son total financement par les narcotrafiquants, et donc leur protection par les soi disant défenseurs du peuple et de la paix.
     A la veille des élections, le président essayait de « gagner la paix ». Cependant, les discussions sont parties dans le mur, et, sauf un revirement total, intervenant dans les 48 heures, la Colombie va replonger dans une situation de guerre totale, bien sale, le petit peuple se trouvant pris « entre trois feux », ceux des forces armées gouvernementales, de la guerrilla et des paramilitaires, incontrôlables.
     La Colombie, terre de beauté et de douceur, va encore peindre les unes des journaux du sang de ses enfants. A moins que…ultime miracle. Avant tout, ne pas juger, ne pas automatiquement montrer du doigt un pays qui ne connaît que la guerre, depuis des décennies, mais qui, malgré tout, a su garder des valeurs que nous avons perdu depuis bien longtemps, « nous les libres, les égaux, les fraternels… »

     9 Janvier – Manizales (Colombie) – 3ème corrida de la Feria del café – ¾ de Plaza – Temps gris et pluvieux : Moins bien présentés, en trapio, que ceux de Cali, les Guachicono de Juan Bernardo Caicedo, purs Torrestrella, ont animé la corrida. Très armés, astifinos, ils ont eu un comportement inégal, allant du manso figé, au « brave-brave » et « noble-noble », comme le sixième, du nom de « Sevillano », pour qui le public et le ganadero demandèrent la vie sauve. La présidence refusa l’indulto, mais il y eut vuelta d’honneur.
     Pepe Manrique ne put rien face au premier, court et qui regardait beaucoup. Le torero essaya, jusqu’au moment où une grosse voltereta le fit renoncer. Applaudissements. Par contre, il laissa passer un quatrième grand toro, également brave et noble, qui demandait une autre faena que ces perpétuelles virevoltes, au coup par coup, dans tous les coins du cercle… Faena légère, qui traduit les limites d’un torero qui a, définitivement, laissé passer le train du succès. Ovation gentille, après deux coups d’épée.
     El Califa toucha les pires du pire. Face au deuxième, dangereux, il s’accrocha vaillamment, offrant son corps en pâture, mais démontrant également ses limites lidiadoras. Bien entendu, ce qui devait arriver… Après lui avoir arraché des passes suicidaires, le Califa fut obligé de finir aux barrières, et, dans un desplante à genoux, le toro le prit, le piétina consciencieusement, le laissant  roué de coups, hagard, mais vivant. Ce fut alors un total désastre à l’épée et surtout, au descabello, au point que sonnèrent les trois avis, le toro s’écroulant à la dernière sonnerie. La public, qui était près à demander les oreilles, avant cette tragédie grecque, respecta le torero défait, couvert de sang, le costume haché, qui prit aussitôt le chemin de l’infirmerie. Heureusement, à part des tonnes de bleus et un gros varetazo à l’intérieur de la cuisse gauche, pas d’autres dégâts. Ouf ! Quand sortit le cinquième, le Califa revint au charbon, décidé à laver l’affront. Hélas, le toro tourna au manso parado, et le combat cessa, Jose Pacheco recevant les applaudissements du public. « Otra vez sera ! », mais il faudrait que cela arrive vite !
     Antonio Ferrera n’est toujours pas dans son assiette. Un virus qui se ballade par là, et qu’il va bien falloir vraiment soigner, un jour. Malgré ce, le garçon a subjugué la plaza, plus par l’abondance, le rythme vertigineux qu’il imprime à son toreo, que par une réelle qualité de temple et de profondeur. Il est ainsi, et on aura du mal à le changer. Cela dit, un torero plus profond, plus templé, aurait peut être « indulté » le sixième toro.
     A peine le public était il remis des trois avis au Califa, que Ferrera lui assénait trois largas à genoux, des véroniques, des chicuelinas et un vibrant remate, en recevant le troisième. Boum ! L’émotion était là ! On continue aux banderilles : Une à corne passée, mais ensuite, la moviola et le quiebro, bien dedans ! Enorme ovation. Faena, pied  au plancher, avec tout le catalogue du « debout, à genoux ; à l’endroit, à l’envers ». On y ajoute une épée, un poil de côté, et le tour est joué : Une oreille, forte pétition de la seconde, mais le président « se la garde ». Vuelta d’enfer. Le sixième « Sevillano », se montre très brave, bien piqué par Anderson Murillo. Ferrera va se montrer magistral aux banderilles, au point qu’il dut donner vuelta, à l’issue du deuxième tiers. Gêné dans sa respiration, le torero quitta la chaquetilla et se lança dans un vibrante faena, face à un toro d’admirable et noble codicia. Faena « a mas », le public demandant l’indulto du bicho, le ganadero se joignant à la pétition. Ferrera questionna du regard la présidence, à plusieurs reprises, mais la grâce fut refusée, et le torero porta une entière tendida et un descabello. Une nouvelle oreille et grande joie de tous, l’espace d’un instant, la mauvaise nouvelle perçant la nuit tombante, pleines de vilaines images en perspective. Ce n’est qu’un au revoir, la Paix. 

 

UN MEXICAIN EN GIRONDE

     10 Janvier : L’apoderado du Zotoluco vient d’annoncer dans la presse mexicaine que le Zotoluco serait à Floirac, le 28 avril, entouré du Juli et Juan Bautista, face à une corrida de Montalvo. A confirmer. Par ailleurs, il n’y a pas eu d’accord avec Valencia, pour les Fallas. Cependant, il reste une grande chance de toréer à la San Jaime.
     Après deux saisons très honorables en Europe, le Zotoluco doit recueillir les fruits de son entrega, face à toutes sortes de ganado. Avant Floirac, bien entendu, se déroulent les ferias de Castellon, Arles, Séville, où le mentor du N°1 Aztèque espère bien voir engagé son torero.

 

JAVIER VALVERDE, VERS L’ALTERNATIVE…

     10 Janvier : Tandis que l’on se prépare à donner les cartels du concours des novilleros, en plaza de San Sebastian (Illumbe), un des novilleros révélation de 2000/2001 voit arriver l’alternative à grands pas.
     Javier Valverde, triomphateur de la San Isidro, (unique novillero à être sorti à hombros de Las Ventas, sur toute la saison passée), auteur d’un parcours remarquable de sérieux, triomphant dans toutes les plazas de catégorie, va prendre l’alternative, le 12 Juin, en sa terre salmantina, des mains de Paco Ojeda, en présence du Juli.

     Vainqueur de « la Rencontre des Novilleros 2001 », à Illumbe, ex æquo avec Salvador Vega et Cesar Jimenez, Javier Valverde sera du prochain concours, puisqu’on le verra au paseo, en compagnie de Leandro Marcos et Julien Lescarret, face à une novillada de Santiago Domecq.
     La « Vème rencontre des Novilleros », débutera le 9 février, pour se terminer fin mars : Six novilladas de sélection ; deux demi finales, avec pour base du ganado de Chopera, et la grande finale devant une novillada du Capea. Come l’an passé, le grand concours se terminera par deux corridas corridas de toros, « de lujo ». Pour le moment, pas de nouvelles de la Télévision, mais il est probable qu’elle filmera en direct les phases finales, comme l’an passé. Ojala !

 

DES FLEURS POUR « LES MIMOSAS »….

     11 Janvier :  Il y a douze ans, Simon Casas montait un coup superbe : Monter, en plein hiver, une feria de novilladas, réunissant les figures et promesses de l’escalafon novilleril, et ameuter « tout le quartier aficionado », en présentant la bombe qu’allait devenir « Tono » Chamaco. La « feria des Mimosas » était née, à Nîmes, et tous ceux qui ont eu la chance d’y assister, se souviennent encore, probablement, des sacrés moments passés avec Jesulin, Finito, le dit Chamaco, Denis Loré et la surprise majeure du cycle, Marcos Sanchez Mejias.
     Des années durant, on a espéré revivre ces émotions là, vous savez, celles qui vous fait vous retourner vers votre voisin, inconnu jusque là, et parler avec lui comme si l’on avait partagé le même pupitre, à l’école du village, quand le mot « école », avait encore quelque signification. Mais, hélas, la bulle s’était dégonflée, et, à part en de brefs éclats, l’émotion s’était envolée, dans les volutes de fumée qui envahissaient « le dôme romain caoutchouté ». A la fin, on ne parla plus de « mimosas »…
     Et puis, voilà que « la ilusion » renaît, et que les vieux grognards de 1990 lèvent un sourcil bougon. « Aaaah ! Tieeeeens ! Qu’est ce qu’il nous fait, le Simon ?  Cela nous rappelle quelque chose ». Et aussitôt, les souvenirs reviennent. Une douce chaleur vient doucement caresser notre pauvre arthrose. Pas à dire, Nîmes prépare un joli coup pour février… Pas à dire, « les mimosas » refleurissent.
     Les 22, 23 et 24 Février, la plaza de Nîmes va revivre, présentant une feria composée de deux corridas mixtes et trois novilladas de postin. Chaque spectacle présentera un grand intérêt pour l’aficionado, même si le sommet en est la double présentation du fils de Manzanares.

     Les cartels de cette feria de Primavera 2002, celle du renouveau, sont les suivants :

Vendredi 22 février, en nocturne : Corrida mixte, avec quatre toros de Mari carmen Camacho, pour David Luguillano et Juan Bautista, encadrant la présentation en piquée de Jose Mari Manzanares junior, devant deux novillos de Victoriano del Rio.
Samedi 23, en après midi : Novillada de Fuente Ymbro, pour Leandro Marcos, Cesar Jimenez et Julien Miletto.
Samedi 23 Février, en nocturne : Novillada santacolomeña de La Quinta, pour Martin Quintana, Javier Valverde et Serafin Marin.
Dimanche 24 Février, au matin : Novillada du Laget, pour Julien Lescarret, Luis Rubias et Fernando Cruz, qui fera sa présentation en novillada piquée.
Enfin, le dimanche 24 février, après midi : Deuxième mixte, avec quatre toros de Mari carmen Camacho, pour Rafael  de Julia, Alfonso Romero, qui accompagneront le deuxième paseo du fils de Jose Mari Manzanares, devant deux novillos de Torrealta.

     Certes, il y a toujours quelque chose à dire… mais qu’on les regarde comme l’on veut, ces cartels ont le mérite de créer l’événement et donner « l’espoir d’autre chose… »
     Le fils de Manzanares a fait sensation, et confirmera sûrement. Au besoin, quelque coup de pouce bien médiatique, venu du callejon, sortira des larmes aux plus blasés, du style, vuelta avec le papa, un quite al alimon ou autre chose du genre… Préparez les kleenex !
     Les sorties de Leandro Marcos, Cesar Jimenez, Javier Valverde, et Fernando Cruz seront suivies de près. On surveillera aussi les progressions des deux Julien. Quant au dernier jour, la présentation du nouveau torero de la Casa, Alfonso Romero, Rafael de Julia aidant sûrement à ouvrir quelque porte sévillane, puisqu’apodéré par la casa Canorea.
     Tout cela est de prime importance, en espérant que les Mari Carmen tiendront debout, et que les novillos confirmeront les garanties espérées…
     En tous cas, sur le papier, on repart, comme en 14 (ou en 90) et « en parlant de mimosas », Simon Casas et son staff, sur le coup, méritent… quelques fleurs.

 
LE JULI PROGRAMME SES « DEFIS 2002 »

     11 Janvier : Selon l’un des sites Espagnols que nous allons tous consulter, avant d’écrire nos chroniques, histoire de confirmer quelque bruit, vérifier quelque information, Julian Lopez « El Juli » a dévoilé, comme l’an passé, son plan de bataille pour 2002.
     Bien entendu, toréer le plus possible, et récupérer le maillot jaune au classement, qui lui a échappé, cette année, à cause des accidents de Madrid, Malaga et Bilbao.
     Mais, à côté de cela, on va, encore une fois y mettre « la manière » et se fixer des défis, déjà bien ciblés, en lieux et en temps…ce qui ne manque pas de superbe et de pundonor.
     Le Juli projette de prendre les Victorino Martin, à la San Isidro. Il s’alignera également devant des Miura, à la feria de Salamanca (surprise !), après en avoir fait de même, quelque jours avant, en plaza de Linares, en compagnie de… Jose Tomas.
     Certes, on doit tout faire pour célébrer un nouvel anniversaire de la cornada mortelle de Manolete, mais on ne peut que s’étonner de voir Tomas s’aligner avec El Juli, devant des Miura… (Quoique ! La saison est presque réglée ; Tomas se sait très aimé, à Linares ; Les Miura n’y seront pas ceux de Séville ou Pamplona… Au fond, pourquoi pas ?)
     Le Juli a, par ailleurs annoncé qui serait deux fois « aux Fallas » de Valencia, les 20 et 21 mars. Côté France, rien de spécial, pour le moment, bien que son apparente relation avec Ojeda fasse présumer de grandes choses.

 
RINCON, POUR CONFIRMATION… FERRERA, POUR CONSULTATION

     11 Janvier : La Colombie se réveille en fourbissant les armes de sa déception. La paix s’éloigne… Tous les regards se portent sur le Caguan, zone que la Guerrilla doit évacuer, dans les 48 heures, sinon…
     A Manizales, la Feria se poursuit aujourd’hui, avec la corrida de « Las Ventas del Espiritu Santo », de Cesar Rincon, attendue, on le devine, avec beaucoup d’intérêt, vu le triomphe de Cali. Pour la lidier : Dinastia, Victor Puerto et Eugenio de Mora, qui débute en Colombie. Si cela sort bien, il y a de l’indulto dans l’air, car les toreros sont capables de « lucir al toro ».
     De son côté, Antonio Ferrera a repris l’avion vers l’Espagne, victime d’un virus qui le laisse « sur les rotules », malgré cette fureur de triompher, qu’il vient encore de confirmer, il y a 48 heures. Voyage éclair sur l’Espagne, consultation, repos et bon air, avant de repartir « à la bataille », vers Medellin et Bogota (expression maladroite, mais hélas de mise, ces jours ci)

 
RINCON : APRES CALI…MANIZALES !
     12 Janvier : Cesar Rincon va pouvoir donner double prime à ses vaqueros de la ganaderia de " Las Ventas del Espiritu Santo ".
     Allez donc savoir quel esprit saint s'est mis à souffler sur cette dehesa, qui rend l'herbe et la terre, riches de bravoure et d'immense noblesse. En trois corridas, cette année, Cesar Rincon, matador adulé de tout un peuple, retiré pour les raisons que l'on sait, est en passe de devenir le ganadero triomphateur total de la temporada colombienne 2002. 

     En effet, après la corrida de Cali, où le toro " Subdito " fut gracié, et les autres ont chargé fort, le matador ganadero a encore triomphé d'apothéose, hier, en plaza de Manizales, sortant à hombros aux côtés des matadors Dinastia, Victor Puerto et Eugenio de Mora, qui n'ont coupé pas moins que 7 oreilles à sa corrida.
     Totalement composée d'encaste Domecq, et plus particulièrement du " Marques ", la ganaderia, montée à grands frais vers 94/95, est en train de produire des toros de corpulence moyenne, mais avec de la présence ; braves au premier tiers, et allant souvent " a mas ", avec grande noblesse. Une grande récompense pour la minutie et le cariño avec lesquels Rincon suit ses deux ganaderias, de " Las Ventas ", en colombie, et du " Torreon ", en Espagne, et un peu de baume au cœur de celui qui, avant tout, est un grand aficionado, comme il l'a démontré maintes fois, en inventant des faenas, en " fabriquant " des toros, sur lesquels personne n'aurait parié un euro.
Les résultats arrivent… Maintenant, il va falloir viser la régularité. Et ça…

     11 Janvier - Manizales (Colombie) - 4 ème corrida formelle de la Feria del Café - Casi lleno - Grand beau : Grande corrida de Las Ventas del Espiritu Santo, le ganadero, Cesar Rincon sortant à Hombros, en compagnie de Dinastia , Victor Puerto et Eugenio de Mora qui ont coupé 7 oreilles. Le délire était tel, dans le public, que l'on n'a pas empêché De Mora de passer par le " Porte Grande ", alors qu'il n'avait pas rempli la condition à cet honneur : Couper deux oreilles à un même toro.
     Six toros de corpulence moyenne (436, 496, 452, 458, 448, 470 kgs) mais bien faits, chargeant et répétant les charges, braves au cheval et nobles à la muleta, pour quatre d'entre eux (2 et 6 baissant un peu de qualité). Grand toro , le 4ème " Cocinero ", fut honoré d'une vuelta posthume.
     Dinastia fut brillant devant le premier. Torero avec cape, banderilles et muleta, il tenta un recibir, en sortant salement bousculé et très secoué. Courageusement il reparti à l'assaut pour une lame profonde, coupant une oreille. Le quatrième lui parmit de faire un toreo de classe, calme, reposé, torant " al compas " du grand toro. Il entra a matar comme un mort de faim, et coupa les deux oreilles de " Cocinero ", dont on applaudit la dépouille au cours d'une émouvante vuelta d'honneur.
     Victor Puerto tomba sur le " mauvais élève " de la classe. Avec pundonor et grande science de la lidia, Puerto s'accrocha, soumettant le toro râleur, pour finir par lui imposer sa volonté. Demi lame et une grande ovation, quand on attendait un peu plus, peut-être. La récompense vint au cinquième, toro d'une grande qualité, devant lequel Victor Puerto se laissa aller, liant des passes d'une admirable langueur, intercalant dans sa faena, des adornos de haute qualité. Le délire dans les gradins, encore accentué par une épée entière. Deux oreilles exigées et l'apothéose avec moultes vueltas.
     Eugenio de Mora toréa son premier avec grande profondeur, notamment sur la main gauche. Une oreille. Difficile challenge lui restait à réussir, quand sortit le dernier. Les copains avaient coupé cinq oreilles. Il fallait réussir à tout prix. Eugenio de Mora sortit alors la caste, et se battit totalement avec un toro plus rétif, le harcelant et lui imposant sa loi, avec grand courage. Faena " de tripes " et grande émotion, le public marchant complètement et demandant une dernière oreille.
     Trois toreros, six toros, sept oreilles et tout le monde a hombros… La vie est belle, tandis que retombent les cris de " Ceeesaaaaar ! Ceeesaaaaar ! " chantés en chœur par le bon public de Manizales.
     Ce 12 Janvier, dernière corrida, avec six toros de El Paraiso, de Jeronimo Pimentel (qui se doit de se récupérer du double faux pas de Cali), pour : Finito de Cordoba, Manolo Caballero et Paquito Perlaza.

     Avant hier, 10 janvier, dans la nuit retombaient les échos du grand festival en nocturne au bénéfice de l'Hôpital de enfants. Le lot de Ernesto Gutierrez avait monté grande qualité, et le 2ème " Silletero ", a été indulté. Le festival a été en partie gâché par des panne de lumière, qui plogèrent la plaza dans l'obscurité et " cassa " un peu le rythme du spectacle.
     Grande faena de Manolo Caballero qui coupe deux oreilles - Victor Puerto est immense, toréant de salon, jouant avec le formidable deuxième, qui sera gracié. Deux oreilles symboliques - El Califa sera très bien, mais catastrophique à l'épée. Vuelta - Eugenio de Mora ne passera pas la rampe, toréant " trop froid ", pour les colombiens. C'était le risque. Ovation - Antonio Ferrera, en conditions mineures, mais avec beaucoup de fougue, toréa pour le public, et coupa une oreille - Ramiro Cadena n'est pas remis, moralement, de la cornada de Cali, et cela se sent. Ovation.

 
MEXICO… EN ATTENDANT PONCE ET JULI

     12 Janvier : Grande ambiance pour la corrida de demain. Enrique Ponce est arrivé hier à Mexico, au milieu d'une grande ferveur populaire, de nombreux aficionados étant venus l'accueillir à l'aéroport. Le valenciano a confirmé la grande tendresse qui l'unit au Mexique, et sa volonté de venir donner le meilleur de lui même, en cette plaza.
     De son côté, Le Juli a tourné une publicité, et fait du campo, en attendant le paseo dans la plaza qui lui a tant donné, mais où il sait qu'on va tant lui demander.
     Pendant ce temps, Rafael Herrerias continue à garder sa position dans le conflit qui l'oppose à Tomas et Arranz. Malheureusement, c'est Pablo Hermoso de Mendoza qui en fait les frais : " Je n'ai pas à parler avec Pablo Hermoso de Mendoza. S'il veut venir, le 5 Février, à la Mejico, je lui donnerai avec plaisir, deux billets, pour qu'il aille s'asseoir au tendido… "
     Pas à dire… si ça s'arrange, c'est que Dieu est vraiment grand !

 
MANIZALES : MANOLO CABALLERO, " COMME UNE CATHEDRALE " !
   13 janvier : Pour la deuxième année consécutive, Manolo Caballero remporte le réplique en or de la Cathédrale de Manizales, trophée mis en compétition, lors de la grande " Feria del Café ".
     Impeccable prestation de l'albaceteño, cette année, qui coupe cinq oreilles en deux corridas, et triomphe également lors de ce que l'on peut appeler le plus beau, le plus émouvant " festival taurin bénéfique ", du monde. Imaginez un peu : La tradition invite chaque spectateur à allumer une bougie, dans la nuit, l'espace d'un immense moment de paix. 15600 petites loupiotes d'amitié et de solidarité. C'est pas Bruel aux arènes de Bayonne… c'est autre chose, et bien mieux !

     Hier, lors de la dernière corrida, les toros du Paraiso ont fait le quite à leur patron, Jeronimo Pimentel, mais au bilan final, c'est la ganaderia de Cesar Rincon qui remporte, haut la main, le trophée de la Feria. Que bueno, Cesar !
     Autres conclusions du cycle : La maturité artistique du colombien Dinastia ; l'identité définitivement " populiste ", pueblerina, d'Antonio Ferrera ; Quelques indices de retour en forme du Califa, malgré un maniement de l'épée, désastreux. Victor Puerto, quant à lui, confirme un grand moment de plénitude lidiadora.
Se acabo Manizales ! Maintenant, deux plazas alterneront les samedis et dimanche : Medellin et Bogota. La chaude Macarena et la plus froide Santamaria : deux plazas différentes, deux aficiones différentes, mais la même mains sur le cœur, chantant l'hymne nationale, à l'heure de paseo. Muy bonito !

     12 Janvier - Manizales (Colombie) - Dernière corrida de la Feria del Café - Lleno : Toros d'encaste Domecq du Paraiso, correctement présentés, sans plus (474, 437, 440, 438, 480, 436 kgs). Un poil faibles, mais très corrects au cheval et noblones à la muleta. Le sixième fut un grand toro, pour qui le public demanda, un instant, l'indulto.
     Finito de Cordoba aurait pu se secouer un peu plus face au noble premier. Un peu de soseria, pourtant, qui " contagia " le diestro. Tuant mal en trois pinchazos et une basse, le Finito entendit une division des opinions ("Unos se metian con mi madre ; otros, con mi padre ! ") Cela se passa bien mieux, face au quatrième, le cordouan se mettant vraiment à toréer comme il sait le faire quand l'envie, tout à coup, le prend. Faena de profondeur, avec de grands moments artistiques. Entière un peu basse et en arrière. Une oreille et un " Celui là, s'il voulait vraiment ! "
     Manolo Caballero a été torero complet, intelligent et grand tueur. Il ne fut pourtant pas le mieux servi. Oreille de son premier, pour une faena facile, close d'un grand volapié et d'un descabello. Le cinquième est un " rajado " qui part aux tablas, et Caballero va l'y poursuivre et lui tirer une à une, les passes qu'il avait. Peu à peu, il réussira même à lier une grande série. Un véritable exploit. Bien por Caballero ! Grosse estocade, encore une fois, et deux oreilles, qui le consacrent triomphateur du cycle.
     Paquito Perlaza se montra brillant dans un quite, face à son premier qui finit bien distrait. Rien de bon , malgré la grande bonne volonté. Tuant bas et loupant deux descabellos, Perlaza entendit le silence. Par contre, il sut se hisser à la hauteur de " Junquero ", l'excellent sixième. Faena " de toutes les marques ", débutée à genoux, intercalant de bonnes séries sur les deux mains, terminée par manoletinas. Variété et émotion, ponctuées d'un bon coup d'épée. Deux oreilles et une sortie a hombros, qui vont lui faire du bien.

 
LES TROPHEES DE LA FERIA DE MANIZALES

     13 Janvier : Dans la soirée, les différents jurys de la Feria ont rendu leur verdict, qui ne souffre aucune contestation.
Triomphateur de la Feria : Manolo Caballero
Meilleur lot de toros : " Las Ventas del Espiritu Santo ", de Cesar Rincon
Meilleur torero colombien : " Dinastia "
Meilleur subalterne : " Chiricuto "

 

MEJICO : " PLAZA LLENA ", CE SOIR !

     13 Janvier : Si vous voulez en être, dépêchez-vous ! Hier soir, il restait les 3000 billets réglementaires pour la vente au guichet, le jour de la corrida. Ce soir, la plaza sera pleine, et devant près de 43000 personnes, Ponce et Juli vont s'expliquer, avec Antonio Urrutia et le jeune Casasola, pour témoins. Les toros seront de Bernaldo de Quiros, qui, dit-on, sont bien présentés.
     La science et l'élégance d'Enrique Ponce, face à la fougue, la caste et le sens du spectacle du Juli… Cela va faire du bruit ! Bruit que vous pourrez suivre en direct, à partir d'une heure du matin (c'est là que l'on est content d'être célibataire !), sur le programme radio " El Albero " de la Cope.
Hier, le Juli toréait. On peut penser qu'il est resté, un peu, " en dedans ", tandis que Rafael Ortega donnait un vrai feu d'artifice.

     12 Janvier : Boca del Rio (Mexique) - Plaza llena : Toros de Montecristo, corrects. On donna vuelta posthume au cinquième - Manolo Mejia coupe l'oreille du premier - Rafael Ortega monte un vrai tabac, dans les trois tiers : quatre oreilles et un rabo - Le Juli fait ce qu'il faut, devant un lot irréguleir : Oreille et palmas.
Personne ne s'y trompe : C'est aujourd'hui que cela se passe ! A la monumental de Mexico. Que haya suerte.

 
VALENCIA : ON PREPARE LES FALLAS…

     13 Janvier : Déjà des bruits circulent fort, sur la préparation