L'ACTUALITÉ TAURINE
(février 2002)

 

PACO OJEDA : UNE CONFIRMATION QUI POURRAIT BIEN « CONFIRMER »…

    1er Février : Coiffé d’une casquette de rappeur, Paco Ojeda est arrivé à Mexico, et, bien entendu, toute la presse lui est tombée dessus. Classiques paroles de « gran ilusion »… Toréer à la Monumental de Mexico ! Le rêve de toujours… Hombre ! depuis 1979, année de l’alternative, n’y avait il pas occasion de ? A 46 ans, venir à la Mejico, alors que le corps « aguante » comme il peut, et que le toréo a changé, pourrait paraître une sorte de défi personnel frisant le suicide professionnel…

     Les mexicains « ne verront pas » Paco Ojeda, de la même façon que les jeunes aficionados n’ont pas vu Manuel Benitez « El Cordobes », lorsqu’il est revenu, en 79, et à plus forte raison, les années suivantes. Ils ont vu une pâle copie, suante et ravinée, faussement ébouriffée, à l’exultation artificielle, faisant le grand écart avec la facilité d’un désossé du Moulin Rouge, mais pétant une durite au moindre geste inopiné.
     Ils n’ont pas vu « El Cordobes », ce génie au sourire aussi grand que toute la plaza, qui mettait le feu à coup de « manivelazos », avec la cape, de mantazos, de trapazos, de rodillazos, et plein d’autres « zos » encore, y compris de fantastiques « muletazos », tirés templadisimos, avec un incroyable poignet, de fer et velours, et une ceinture de jonc. El Cordobes était un génie… et Mexico, comme Madrid, comme Séville, comme Nîmes et Bayonne, ont vécu ses coups « de gueule torera »…
     Paco Ojeda a été un génie comparable au Benitez… Il fut un Cordobes, classique, alliant le toreo reposé au défi « corps à corps », coup par coup, au ras du piton, enchaînant d’incroyables muletazos, le corps droit comme un poteau, respecté par un toro aimanté par la muleta, complètement dompté… Les années 83/84 auraient pu le couronner « Roi du Monde »… Mais il y eut plusieurs hésitations, liées à une personnalité complexe, qui freinèrent sa courbe de météore, estompèrent la force qu’il pouvait exercer sur le mundillo. Pourtant, après la tragédie de Paquirri, dont il avait précipité la baisse auprès des aficionados, Ojeda alterna les entrées et sorties, les coups de blues, au fond de sa finca d’Olivenza, les moments d’incroyable splendeur, à Malaga, Salamanca, au Puerto ou encore, à Ronda. Il divisait les opinions, mais quand il était « en Paco Ojeda », tous les publics entraient en communion… Il suffit de se souvenir des deux derniers toros, un certain 29 septembre 1985, à Nîmes, quand, blessé à la main par son premier, il revint, sous les chandelles, mettre le feu à la plaza. Personne ne pouvait résister à ces moments là, quel que soit le toro, quel que soit le concept qu’a chacun, du Toreo.
     Depuis, le grand Paco a navigué, à pied, à cheval, en voiture. A plusieurs reprises, on annonça son retour. Il s’y essaya même, une fois, à Dax… Amoureux fou des chevaux, il se hissa au sommet de l’escalafon rejoneador… puis, soudain, vendit tous ses fiers destriers.
     Quel Ojeda les mexicains vont ils voir ? Un génie, ou un ersatz ? Ils vont voir un torero de 46 ans, au corps un peu épais, qui va essayer de leur imposer un toreo « sui generis », dont il a encore le secret. Et ils attendent cela. Cependant, les deux corridas de Lima, suivies avec tendresse par un public conquis, n’ont pas complètement rassuré l’aficionado, et l’admirateur passé. Paco Ojeda devra assumer le poids de son passé, et peu de publics, basés sur « ce qui a fait, qu’il était Ojeda » n’accepteront le moindre soubresaut, le moindre pasito atras. Et, à Lima, il y en eut quelques uns… Ce qui, entre parenthèses, est tout à fait normal.
     "Quel Ojeda" les mexicains vont ils découvrir ? Quelle répercussion la corrida de dimanche aura t’elle sur la prochaine réapparition du torero de Sanlucar, au plus haut de la prochaine temporada européenne ? Cela pourrait avoir de grosses conséquences, dans un sens ou dans un autre… Certes, les chroniques murmurent qu’il est fort comme un tigre, et qu’on lui a vu faire des choses incroyables, au campo… Ya, Ya ! Mais “no es lo mismo!”
    
La sérénité du toreo, pratiquement seul dans une plaza de tienta, ne peut se comparer à la tension provoquée par un combat à outrance, sous 40 ou 20000 paires « d’yeux-loupes ».  Et c’est, encore une fois, tout à fait normal, logique, humain…
     Que va a pasar ? Un toro de Teofilo Gomez lui donnera t’il, miraculeusement, la possibilité d’exprimer quelque coup de génie. On le souhaite à tous. Mais, franchement, on peut en douter. Le pire serait qu’il laisse tout le monde, indifférent.
     Le pire, serait que cette confirmation d’alternative… confirme ! 

 

PONCE… TEMPORADA PLANIFIEE.

     1er Février : Enrique Ponce va lever le pied. Normal ! Après dix temporadas consécutives, « à plus de cent », et tout en haut de l’affiche, le Valenciano va réduire le régime, mais pas le statut, ni les ambitions. Soixante cinq corridas, environ, pour 2002, dont une quarantaine sont déjà signées, dans les plus grosses ferias. Sevilla, Madrid, Pamplona, Bilbao seraient déjà « faites »…
     En attendant, sans faire beaucoup de bruit, Enrique Ponce est aux deux affiches de l’Anniversaire de la Mexico, le 3 et 5 février. Dans le contexte houleux qui a présidé au montage de l’événement, ce n’est pas un mince exploit. Ensuite, deux contrats en province, et le retour en Espagne, le 12 février. Le torero de Chiva participera alors à trois gros festivals, le 17 à Alméria, le 24 à Jaen, et le 28, au Puerto. Puis, la grande bagarre débutera Olivenza, au premier week end de Mars, aux côtés d’Ojeda et du Juli. Castellon et Valencia suivront, avec cette «espina clavada », dans sa Valence natale : aucun triomphe, depuis presque trois ans… A rectifier !
     Temporada « carrée », clairement planifiée pour un Enrique Ponce, au plus haut de sa trajectoire torera, et qui nous en promet encore de belles…
     Après…le destin et le toro ont aussi leur mot à dire. Que haya suerte !

 

PONCE… TEMPORADA PLANIFIEE.

     1er Février : Enrique Ponce va lever le pied. Normal ! Après dix temporadas consécutives, « à plus de cent », et tout en haut de l’affiche, le Valenciano va réduire le régime, mais pas le statut, ni les ambitions. Soixante cinq corridas, environ, pour 2002, dont une quarantaine sont déjà signées, dans les plus grosses ferias. Sevilla, Madrid, Pamplona, Bilbao seraient déjà « faites »…
     En attendant, sans faire beaucoup de bruit, Enrique Ponce est aux deux affiches de l’Anniversaire de la Mexico, le 3 et 5 février. Dans le contexte houleux qui a présidé au montage de l’événement, ce n’est pas un mince exploit. Ensuite, deux contrats en province, et le retour en Espagne, le 12 février. Le torero de Chiva participera alors à trois gros festivals, le 17 à Alméria, le 24 à Jaen, et le 28, au Puerto. Puis, la grande bagarre débutera Olivenza, au premier week end de Mars, aux côtés d’Ojeda et du Juli. Castellon et Valencia suivront, avec cette «espina clavada », dans sa Valence natale : aucun triomphe, depuis presque trois ans… A rectifier !
     Temporada « carrée », clairement planifiée pour un Enrique Ponce, au plus haut de sa trajectoire torera, et qui nous en promet encore de belles…
     Après…le destin et le toro ont aussi leur mot à dire. Que haya suerte !

 

HERMOSO : CEST BIEN BEAU…LE MEXIQUE.

     2 Février : On se disait bien que, prince du Rejoneo en Europe, Pablo Hermoso de Mendoza devait bien avoir « un petit plus » d’intérêt à s’en aller, avec famille, armes et bagages sous le bras, passer pratiquement six mois au Mexique, loin de sa Navarra querida. Les diverses pérégrinations qui ont accompagné le conflit Herrerias – Arranz  ont délié certaines langues, soulevé certain voile obscur, pour aboutir à une vérité comme une cathédrale : Pablo Hermoso de Mendoza se fait, au Mexique, "les… éperons en or !"
     La publicité, on le sait, est partout. Tout le monde en veut, tout le monde en croque ! Même les arbitres du foot, traditionnellement « neutres », seront autorisés à porter quelque riche slogan sur leur classique maillot noir. Una verguenza, mais c’est ainsi !
     Côté « toros », cela marche bien, également. Mais cela marche un peu plus dignement, dans la mesure où  « le costume reste limpio ! ». Certes, le Juli apparaît partout en photo, flanqué d’un slogan vantant tel ou tel produit, telle ou telle marque de bière, telle ou telle société. Cela ne choque pas, car bien souvent, la photo est magnifiquement torera, et la publicité, proprement positionnée, ne gêne aucunement le plaisir qu’on a devant un grand muletazo, ou un énorme coup d’épée. De la publicité honnête et aficionada, même si cela rapporte… una millonada.

     Dans les années 85/90, un torero « de par en bas », Luis Reina, essaya bien de compenser par la pub, le manque de revenus résultant de sa timide carrière. Pendant des mois, la presse et l’aficion discutèrent tranquillement de son projet : mettre de la pub sur le costume de lumières. Son intention était de composer un message en « lentejuelas de oro », en paillettes d’or, parmi la décoration de sa taleguilla, ou de sa chaquetilla. Un homme sandwich « de luxe », en quelque sorte. Il alla au bout de son projet, sortant au ruedo dans un costume bleu ciel et or, luxueusement brodé de la marque japonaise « Akaï »… L’histoire ne dit pas combien il toucha pour cet accoutrement sacrilège, mais par contre, elle s’arrêta très vite. Une tentative « bridée », en quelque sorte. Depuis, on ne parla plus de Reina, ni de pub sur les trajes de luces, et c’est très bien ainsi. N’est ce pas ?
     Cela me rappelle une dessin de Canito, je crois, dans un « Digame » d’antan, faisant allusion aux premières pubs sur les burladeros : On y voit un banderillero aux costume élimé, détalant, complètement paniqué, devant un toraco de muy mala leche... A quelques mètres, planqués derrière un burladero, les copains suivent sa fuite éperdue, l’encouragent et le pressent. Et sur le burladero, cette première pub : « Avec Iberia…vous y seriez déjà ! »
     Depuis, la pub a orné certains burladeros, mais on en est un peu revenu. Bien ! Le ruedo doit être « limpio »… ne pas oublier qu’il s’y déroule un drame.

     Mais… « voilà t’y pas » qu’elle revient « au galop », cette maudite Pub, avec le cavalier Pablo Hermoso de Mendoza ?
     Il ne s’y est pas encore risqué en Europe, parce qu’il sait bien qu’ici… « Cuidado ! ». Par contre, et c’est pour cela qu’il fait si longue campagne chez les Aztèques, le Navarrais a trouvé grand moyen de rentabiliser son art et sa personnalité, indiscutables, en se transformant en «cavalier électrique », sonnant beaucoup et ne trébuchant jamais…
     Que Mendoza ait passé un mirifique accord avec la société de Téléphonie Mexicaine « Telmex », (à près de 40000 dollars par corrida, dit-on), ne choque pas du tout. Grand bien lui fasse. Ou « on coince » un peu, c’est lorsque l’on apprend que ses rejones de castigo, une fois plantés, déroulent leur classique drapeau, frappé du slogan « Telmex », que le rejoneador promène triomphalement autour du ruedo, « sous vos applaudissements… ! » Cela, oui, nous choque, comme il choquerait, j’imagine, nombre d’entre vous, si demain, monsieur « le Beau », venait à brandir dans un de nos ruedos, un fanion aux couleurs de « Canal + », surtout en ce moment ! S’y risquera t’il ? Réponse sous peu…

     En tous cas, Pablo Hermoso de Mendoza, en ne pouvant pas entrer dans les combinaisons de « l’anniversaire mexicain », a probablement perdu, outre une bataille, quelques cerises de plus, sur le gâteau « Telmex ». Et les actionnaires doivent faire la moue…
     Mais au fond… ça lui fait un bon coup de pub !  

 

MADRID SE CALE SUR 2002…

     2 Février : L’empresa madrilène a révélé le calendrier de la saison 2002 en plaza de Las Ventas. Pas de grandes nouveautés, mais des dates à marquer en rouge, dans vos agendas.

La temporada débute le 3 mars, avec un festival hommage à Manuel Vidrié, l’un des génies du Rejoneo, grand précurseur  du toreo à cheval actuel. Todo un Señor ! Todo un caballero !
     Au cartel, deux cavaliers et quatre matadors : Joao Moura et Leonardo Hernandez vont toréer deux novillos d’Alcurrucen et Julio de la Puerta. Puis, Curro vazquez, avec un novillo du Capea – Ruiz Miguel et un Torralta – Pepe Luis Vazquez, avec un Torrestrella – Julio Aparicio, devant un de Daniel Ruiz. Le résultat finacier du festival sera versé aux œuvres. On sait la part prépondérante que prend Manuel Vidrié, à l’organisation du traditionnel Festival de Chinchon.

    On poursuivra, chaque dimanche, par des novilladas, exception faite des dimanches des Rameaux et de Pâques (24 et 31 Mars)

     La feria de la Comunidad se déroulera du 29 Avril au 2 Mai. On sait déjà que la corrida Goyesque affichera un mano a mano Espla/ Encabo.

     La San Isidro déroulera son feuilleton du 11 mai, au 7 Juin : 28 Jours de toros, mais on ne sait pas encore combien, « de toston » ?

     La Corrida de Bienfaisance aura lieu le 13 Juin. On murmure que l’organisation propose aux toreros : « Qui veut s’y mettre ? Et si vous vous y collez, apportez vos toros… » Il est vrai que les dernières éditions ont été tellement décevantes que…

    La Feria d’Automne fermera le ban, en deux étapes : 4, 5, 6 ; puis 11, 12, 13 Octobre.

     Ainsi donc, « la Grande Dame », sera « le juge de Paix » d’une saison qui pourrait bien s’annoncer « chaude »…
     A n’en pas douter, il va être intéressant de suivre les négociations préalables à la San Isidro, en particulier celles liées à Jose Tomas… On lisait dans un hebdo taurin qu’il était de mode, actuellement, de tirer à boulets rouges sur Tomas, et que c’était bien facile… Hombre ! Faut dire qu’en peut de temps, le « Samouraï » en a fait quelques unes qui ne pouvaient que lui revenir dans la figure… Et ce n’est pas fini : Viendra t’il a Madrid, après ce qui s’est passé en juin dernier ? Dans quelles conditions, et comment cela se passera t’il ? Le public va t’il rester coi, devant celui en qui il avait mis tant d’espoir, et qui l’a si vilainement laissé tomber ? Certes, cela va se préparer dans les despachos… mais c’est dans le ruedo que cela se règlera vraiment. Jose Tomas le sait, et c’est pour cela qu’il entre très vite, dans la temporada : Olivenza, Castellon, Valencia…
     Il faut remonter la pente. Maintenant…a t’il toujours la force et la flamme ? L’Amérique semble ne pas avoir apporté les résultats escomptés. C’est le moins que l’on puisse dire. Mais bon… il suffit de trois capotazos et cinq naturelles…  A suivre…

 

WEEK END « AMERICAIN »…

     2 Février: Des choses importantes se préparent, et l’aficionado pourra suivre l’actualité centrée sur la Colombie et le Mexique.

     A Medellin, aujourd’hui, samedi 2 : Troisième corrida de la Temporada en plaza de la Macarena. Face à des Santa Coloma et Murubeños de « La Carolina », Manolo Caballero et Eugenio de Mora donneront l’alternative au 127ème matador Colombien. Il s’appelle Francisco del Campo, est né en 77, a débuté en 97, et a suivi les cours de l’Ecole Taurine de Cali, en 97 et 98. Afincado à Medelin, il arrive à l’alternative avec un bagage de quelques 40 novilladas, dont la moitié, en piqué. Sera ce suffisant ?
     A Bogota, demain, dimanche 3, on prévoit un lleno. Finito de Cordoba, Manolo Caballero et Alejandro Gaviria prendront des toros d’Achury Viejo.

     Au Mexique, Juli torée ce soir à Torreon ; et Ponce, à Merida, dans le Yucatan. Mais, de fait, tous les feux sont braqués sur la Monumental de Mexico, qui ouvrira, demain, les festivités de son 56ème anniversaire…Paco Ojeda confirme son alternative, et Ponce fera le premier des deux « paseos d’or », en deux jours. Cette corrida sera une sorte d’apéritif, avant le grand événement que tout le monde attend (presque trop) : La corrida de mardi, jour anniversaire, qui réunira les quatre grandes vedettes de cette saison mexicaine : Ponce et Juli pour l’Espagne ; Zotoluco et Polo Casasola, pour le Mexique.
     Bien sûr, manquera Pablo Hermoso de Mendoza… mais, pour le moment, l’histoire s’arrête là… Pub !

 

DE "LA BONNE EDUCATION"…

     3 Février : Au début était prévu un autre titre, plus…dominical. Mais en écoutant la revue de presse, à la radio, ne voilà t’il pas que l’on a pu entendre « la reseña » d’une réunion pré-électorale, où un ancien premier ministre s’est laissé aller à quelques vulgarités, qui sont aujourd’hui de bon ton, pour fustiger les basses manœuvres de « ceux d’en face »….
     Vraiment, « s’il y a quelque chose à remuer… », ce n’est pas cette… « fange-là », mais bien au contraire, cette espèce de caste, presque de secte, en « non-voie de disparition », qui nous envahit de ses tristes essais pour « faire peuple », tous les cinq ou sept ans, puis, une fois engrangés les bulletins, se retire dans ses tours d’ivoire, et la joue au « Monseigneur »…
     Vraiment, à l’aube d’une campagne présidentielle, le simple peuple que nous sommes, qui avance chaque jour, le mieux qu’il peut, n’a pas besoin de ces tristes sires, qui monopolisent micros et caméras, pour se jeter à la tête, tout ce qu’il trouvent de plus plat, de plus petit, de plus bas… pour se mettre « à notre portée ! »
     Bien triste, tout cela ! Et ce n’est que le début… A qui le prochain bon mot qui sonne bien faux ?
     D’autant plus triste que « dans notre monde à nous », règnent le plus souvent la bonne éducation et la franche convivialité… Bien sûr, il y a des rancoeurs, quelques jalousies, quelque regards bien torves. Mais, en général, le mundillo, de chaque côté de la barrière, "sait se tenir"…
     Il n’est que de voir l’Assemblée Générale d’une des meilleures Peñas de l’hexagone, « La Peña Taurine Côte Basque », de Bayonne, qui s’est déroulée, hier soir, dans un cadre magnifique et la plus conviviale des ambiances.
     487 Membres, dont la moitié de femmes… Qui dit mieux ?  Des activités multiples, allant des voyages à Jerez, Salamanca ou Madrid, aux formidables soirées du vendredi, où l’on parle « toros », autour d’un bon repas concocté sur place, en passant par l’Ecole de Sévillanes, ou les cours d’Espagnol… Que bueno !
     Partout, de vrais sourires, de vraies poignées de mains. Oh, bien sûr, il y a toujours le râleur de service qui vient faire son show. Cela fait partie du monde associatif... Mais, cette minute folklorique n’entame en rien le sourire et l’activité « ensemble », l’envie de construire « ensemble », de sourire à la vie et à l’Aficion, « ensemble » !
     Jolie réunion de cette Peña, bien Bayonnaise, née un soir de 1975, aux tonitruantes envolées de Claude Pelletier. Lui qui savait si bien « exploser quelques rognes », savait également garder la bonne éducation, faisant appel à quelque citation littéraire, assénée au bon moment… juste quand il commençait à perdre patience. Et il la perdait souvent. C’est là qu’il frisait le génie.
     Que ce soit en 1975, ou en 2002, ces beaux messieurs qui devisent, le petit doigt en l’air, feraient mieux de prendre leçon de nos Clubs et Peñas, où démocratie et bon vivre sont de mise.
     Qu’ils prennent aussi leçon d’éducation, auprès de professionnels de l’arène. Souvent d’origine modeste, il sont, du grand torero au plus obscur des puntilleros, d’une remarquable éducation, qui traduit, simplement, cette qualité qui manque et manquera toujours à nos « cravatés » : La Noblesse !
     Allez, donc, messieurs « remuer la m… ! » entre vous, mais pas chez nous !  Partagez vous le Monde, peut-être... mais vous n’aurez pas nos âmes.
     Et c’est très poliment qu'ici, on vous le dit…

     Hier, samedi, on a fourbi les armes, à Mexico. Paco Ojeda a toréé beaucoup au campo, ces deux derniers jours, pour « se faire au toro mexicain ».
     Le Juli a mis le feu dans la nuit de Torreon, coupant les deux oreilles d’un dernier toro del Colmenar. De son côté, Ponce a pinché, en plaza de Merida, où il se présentait. Pas polis, les gens du Yucatan : ils n’étaient que 3000, pour venir accueillir le Valenciano. Les toros de Torrevieja sont mal sortis, et seul Leopoldo Casasola a pu tirer quelque épingle de ce mauvais jeu.

     En Colombie… « tres cuartos de lo mismo » ! Medellin a vécu une bien triste troisième corrida. Le Toros ont tout mis par terre. Le public a, semble t’il, montré la grande bonne éducation colombienne (mais oui !) à l’égard de Eugenio de Mora, qui a touché les deux bons, mais semble les avoir laissés passer.

     Aujourd’hui, l’actualité se portera sur Mexico, et Bogota, où Manolo Caballero cherchera la chance qui lui a fait défaut, hier, à Medellin.

     2 Février – Medellin (Colombie) – 3ème corrida – 7000 personnes environ : Corrida de présentation bien moyenne, de La Carolina. De plus, le comportement fut négatif, la plupart sortant sans aucune race, tirant à manso, partant vite « a tablas ». Pouah !
     Manolo Caballero ne put que se montrer volontaire face au mauvais lot. Premier «rajado » ; second, manso. De plus, il tua mal. Aviso à l’un, et silence, à l’autre – Eugenio de Mora n’arriva pas à templer, les charges des deux « moins mauvais ». Quelques espoirs sur la main droite, et « tout par terre », au moment de la gauche. Il y eut un petit couac, devant le  bon cinquième : Voyant le torero patiner, le public se mit à scander « Toro ! Toro ! », pour bien signifier que le toro était, de loin, supérieur à l’homme. Après une estocade défectueuse, le président s’emmêla les idées et les mouchoirs, ordonnant une vuelta posthume pour le toro, totalement hors de propos – Le jeune colombien Francisco del Campo prenait l’alternative. Il donna, au premier, la seule vuelta du jour. Bonne volonté, mais rien de bien nouveau, au soleil du toréo Colombien.
     Les prochains rendez-vous à Medellin : Ce dimanche, pour une novillada ; vendredi, pour un grand festival, bénéfique ; et samedi, pour la quatrième corrida du cycle : Toros de Garzon Hermanos, pour Cesar Camacho, Manolo Caballero et El Califa. 

 

MEXICO: ENRIQUE PONCE FROLE LE PARADIS…
Paco Ojeda confirme…

     4 Février :  L’année 2002 sera celle de tous les combats, en France et en Espagne. Ici, les hommes politiques, on le voit, ne reculeront devant rien pour devenir « Calife, à la place du Calife ». Bon !
     Là, sur la planète « Toros », les discussions, négociations iront bon train, certes. Il y aura quelques coups tordus, les uns, cherchant à évincer les autres…sur le tapis vert. C’est ainsi qu’Enrique Ponce ne sera pas au cartel d’Olivenza, après neuf ans de bons et loyaux services. Ok ! Mais, à l’heure du paseo, et quand sortira le toro, on verra les masques tomber, les silhouettes se redresser, ou, au contraire, se ratatiner. Les costumes toreros brilleront de mille feux, ou se terniront soudain, trempés de mauvaises sueurs…
     2002 va être terrible, pour certains hommes politiques… Il en sera de même pour certains toreros. Préparez vos mouchoirs…

     Hier, 3 Février, deux diestros ont « confirmé », dans l’immense ruedo de la Monumental de Mexico. Enrique Ponce « a frôlé le paradis », montant un immense faenon et manquant « le rabo » d’un pinchazo… De son côté, et on le craignait, Paco Ojeda a aussi confirmé… Certes volontaire, mais balourd et ne pouvant rester quieto…il a été sifflé, le jour de sa confirmation. C’était, malheureusement, prévisible. Et ce n’est pas fini.
     Certains auront fait la grimace : Juli, devra serrer d’un cran « los machos », mardi. Faisant le paseo aux côtés du Zotoluco et d’un Ponce au zénith, sans parler de son copain Casasola, qui va collectionnant les succès, Juli devra démontrer, une fois de plus, « qui est le patron »… Les autres ne seront pas forcément d’accord…
     Au coin de leur fax, ou de leur mail… José Tomas et Joselito auront aussi sursauté : « Ce bon dieu d’Enrique a encore réussi son coup ! Il avait commencé en sourdine, au Mexique. Il aurait pu continuer comme ça… mais non ! Il a encore fallu qu’il se fasse remarquer… Nous énerve !  Et en plus, il est bien fichu de « rematar », mardi… Maldita sea !»
     « Grosse temporada » en perspective, pleine d’émotion, de rebondissements et, surtout, de drames humains. Ojeda passera t’il la mi-saison ? Tomas remontera t’il « le vuelo » ? Juli aura t’il l’appui inconditionnel du public, malgré le scandale qui entoure sa famille, (le traitement « infligé » à sa grand mère faisant grand bruit dans les chroniques de « la télévision rose » ? Que feront les autres ? Profiteront ils du « combat des chefs », pour « marquer leur territoire », et, à leur tour, vouloir la place du Calife ?  Réponse, passionnante, dans très peu de temps…

     Hier, Mexico a vécu un moment de rêve, avec Enrique Ponce. A n’en pas douter, Jose Antonio del Moral aura fait ample moisson de superlatifs, et c’est bien ainsi… A Bogota, ciel gris, toros gris, toreros ternes… De fait, c’est à Medellin qu’il fallait aller. La novillada est magnifiquement sortie, et un artiste s’est révélé : Andres de los Rios.

     3 Février – Mexico – Plaza Monumental – 14ème corrida de la Temporada Grande (1ère de l’Anniversaire) – Près de 30000 spectateurs – Beau temps avec du vent : Avant la corrida, une grande banderole, dépliée sur la barrière : « Señor Lopez Obrador ! Nous, les enfants, on continuera à aller à la plaza ! ». Sous entendu « Vous le politicard vert, occupez vous donc de vos laitues, et laissez nous choisir d’aller ou pas, aux corridas ! »
     Huit toros de Téofilo Gomez, correctement présentés (483, 523, 507,493, 501, 491, 492, 500Kgs) qui se sont montrés braves au cheval, nobles à la muleta, en particulier les 3,4 et 8èmes.   
     Paco Ojeda (bleu nuit et or), a confirmé son alternative devant le toro « Bienvenido », N°69- 483 Kgs- cardeno claro. On l’a vu très volontaire, mais ne réussissant pas « à rester quieto », ce qui ne laisse d’inquiéter, pour la suite des événements. Sans l’assassiner, la critique souligne qu’il n’a pas compris le toro mexicain. Quatre pinchazos et une verticale basse. Aviso et sifflets. Il ne sera pas mieux, face au sixième, écoutant une forte division d’opinions. La sortie ne sera pas de celles que l’on garde dans « la malle des souvenirs »…

   Enrique Ponce (corinthe et or) a "frôlé le paradis"… Deux oreilles à son premier toro, « Quinito », de 507 kgs, un magnifique exemplaire à qui l’on donna vuelta posthume. Aurait, peut-être mérité plus… Formidable au capote, Ponce fut grandiose à la muleta : Temple, cadence, lenteur majestueuse,  inspiration artistique… tout y était. Seul un petit pinchazo, bien porté, lui a coûté ce rabo qu’il n’a pas encore coupé, à la Mejico. Grande, immense faena du valenciano, dans ce ruedo qui l’a pourtant vu faire tant de grandes choses… 

 Face au septième, plus compliqué, Ponce a sortit le courage et la rage de vaincre. Il pincha, et donna une vuelta que certains protestèrent un peu. On imagine ce qu’a été la sortie à hombros de Ponce, qui nous prépare un autre probable « gros coup », pour mardi.
     Armillita Chico (aubergine et or) n’a pas pu. Palmas et pitos pour le vétéran mexicain qui a toujours quelque geste isolé « très torero », mais ne tien plus la distance, tant physiquement que moralement.
     Rafael Ortega (rouge et or) a été l’honnêteté et l’engagement personnifiés. Recevant son premier à portagayola, banderillant brillamment, il se montra digne de ce cartel, coupant une juste oreille à son premier adversaire. Vaillance également, face au dernier, qui lui valut grande ovation et salida a hombros, antiréglementaire mais fort applaudie, en compagnie d’Enrique Ponce.

     3 Février – Bogota (Colombie) – 3ème de la Temporada Grande – plus d’un ¾ de plaza – Temps gris et froid : Corrida fort décevante d’Achury Viejo. Présentation moyenne (447, 448, 480, 470, 461, 510 Kgs) et comportement bien triste : Faible, sin casta, sin raza… nada. Seul le troisième se sauve un peu. Catastrophe consommée avec le quatrième qui se coucha et que l’on dut puntiller sur place.
     Finito de Cordoba laissa flotter les rubans. Mal servi, il fit un pâle effort et renonça, un peu vite au gré des bogotanos, qui le sifflèrent. Pitos à l’un ; bronca à l’autre, qui fut achevé, à mi faena – Manolo Caballero joua « technique », face au seul toro potable : temple et douceur. Au bilan, la seule oreille de la tarde. Palmas au cinquième – Alejandro Gaviria confirmait son alternative : On le vit décidé, devant son public. Vuelta, au toro de la cérémonie, et palmas, au sixième. En un mot, une corrida qu’on oubliera au plus vite…

    3 Février – Medellin (Colombie) – Novillada de feria – ½ Plaza : Très bon lot de Rocha Hermanos – Grosse prestation, toute en finesse et expression artistique d’Andres de los Rios : Quatre oreilles – Deux oreilles pour Francisco Aures, plus en vaillance – Juan Pablo Perez fut dépassé par le premier, mais a coupé deux oreilles au dernier, au prix d’une cornada.

 

QUI AIME BIEN …CHATIE BIEN!

     5 Février : On connaît tous le proverbe…  « Qui aime bien, châtie bien ! ». Bon ! Y’a vraiment de quoi faire, en ce moment…
     Quand on assiste à cette lamentable empoignade de gamins qui ont, paraît il, vocation et compétence à gouverner un pays, c’est à dire, à décider de notre avenir… on a envie de sortir le martinet. Malheureusement, ce ne sont plus des gamins…  Affligeant spectacle que ce premier débat politique télévisé, hier soir, où dominèrent l’intolérance, la mauvaise éducation, la prétention et la bêtise… Triste premier acte de cette présidentielle, « politique spectacle » sans une once de vérité, de sincérité, de classe… Qui peut suivre ces déplorables bergers ? Certes, « les deux ténors » ne sont pas encore entrés en lisse… Mais, à voir leurs « poissons pilotes » qui les assassinent d’importance, aujourd’hui, mais reporteront sur eux leur vote, après-demain, on peut craindre que le débat ne s’élève pas bien haut… Triste premier acte d’une tragédie grecque où personne ne mourra, ce qui est déjà à un résultat… Rideau !

     « Qui aime bien, châtie bien… » On aime beaucoup Paco Ojeda. Nous avons la chance de connaître son passé, son génie. Les mexicains, non ! Aussi, c’est sans pitié qu’ils commentent la triste actuacion du sanluqueño, dimanche dans le monumental ruedo de la capitale.
     Cela aurait pu être un accident, faute à « pas de chance », faute à un lot de toros adverse… Malheureusement, il semble bien que non… A en juger les épithètes, le problème est ailleurs, et confirme bien les craintes que nous avions, et dont nous avons parlé, ici, il y a quelques jours…
     « Fuera de forma, pasado de kilos, fuera de recursos. Estuvo a punto de provocar una bronca, a causa de su incompetencia notoria ». Terrible verdict du quotidien « Ovacion » : « Hors de forme, encombré de kilos en trop, sans recours ; Il fut sur le point de provoquer un incident public, à cause de son incompétence notoire ! » Ayyy ! De son côté, « La Jornada » enfonce le clou : « Sin aficion, sin recursos, sin sitio… » Sans aficion, sans recours, hors du coup ! Dur, dur !
     On laissera planer le doute, soulignant que le toro mexicain « est différent », et que Paco Ojeda n’a pas eu le temps de s’y acclimater… Dans ce cas, le désastre tournera à la faute de stratégie, à l’erreur « politique »… Mais, on n’y croit qu’à moitié. L’homme est trop sincère pour avoir joué le coup aux dés… Il a voulu, c’est certain… mais il n’a pas pu ! La tête et le cœur ne commandent plus les pieds qui bougent, jambes qui tressaillent, les bras qui hésitent…
     Qui aime bien, châtie bien… Il n’est que de lire la reseña de Jose Antonio del Moral, pour se rendre compte à quel point « Paco Ojeda… ya no es Paco Ojeda ! » Aussi, on va attendre quelque temps, un mois, « trois ou quatre dates… » Mais, de continuer ainsi, le grand Paco Ojeda, celui qui aurait pu marquer l’Histoire, devra reconsidérer ses décisions, et penser à d’autres aventures, s’il veut continuer à marcher « tête haute », dans les grand rues de l’histoire taurine ! Et nous serons les premiers à l’y saluer, chapeau bas…

     A l’opposé, « le festival » signé Enrique Ponce, à subjugué le public et la critique. Le torero Valenciano a souligné son émotion, considérant cette faena comme une des meilleures, à Mexico… mais pas « la » meilleure. Aussi, à n’en pas douter, il va essayer de se dépasser, aujourd’hui, lors de la grande corrida anniversaire, lors de ce débat qui, avouons le, « a une autre gueule » que le triste cartel affiché hier soir sur Antenne 2…
     Enrique Ponce, encadré du Zotoluco et des deux jeunes : le Juli, dieu à 18 ans, et Leopoldo Casasola, prince consort mexicain…
     Les toros seront de Xajay et Reyes Huerta. Les deux ganaderos ont amené cinq toros chacun. Ils ont pour noms : « Santi » - « Inolvidable » - « Amigo » - « Por siempre » - « Pato », pour ceux de Xajay. Du côté Reyes Huerta, le noms sonnent bien, également : « Rey de Oro » - « Cinco Estrellas » - « Ramonias » - « Simpatias » - « Diamantino ». Quel est celui qui marquera l’Histoire ? Qui le fera briller ? Réponse demain… y que haya suerte ! « Feliz Cumpleaños, la Mexico ! »

 

VALDEMORILLO COMMENCE DANS LE DESORDRE…

     5 Février : La première feria du calendrier espagnol (pour le moment, on laisse Ajalvir, pour anecdotique) a débuté hier dans la confusion. Valdemorillo va présenter trois novilladas et trois corridas. On espère qu’elles se dérouleront autrement, et auront un autre résultat que cette novillada d’ouverture.
     Au bilan, un ordre inversé dans les sorties, et un dénominateur commun, chez les cornus : Flojedad ! La faiblesse totale, des pattes. Ca commence… 
     Les torileros se trompent et sortent en premier, celui qui portait le numéro trois. Derrière son burladero, le chef de lidia se dit « Tiens ! il ne ressemble pas à ce que m’ont décrit mes gens ! Z’ont déjà fait la troisième mi temps, ou quoi ? » A deux pas, le troisième torero s’exclame « Hé… mais c’est le mien ! » Alors, on sursaute, on croise les regards… on serre les fesses ! A la porte du chiquero, les torileros sifflotent, en regardant ailleurs… Bon, allez ! Ca fait pas très sérieux, mais c’est pas bien grave ! Faudra simplement réapprendre à compter pour demain ! 1, 2, 3, 4, 5, 6… Bieeeen !

     4 Février – Valdemorillo – 1ère de la Feria de la Candelaria – Novillada – 34 de plaza (sur 5000) – Novillos terciados et très faibles de Guadalmena, noblotes et sin casta. Les torileros se trompent et sortent en premier, celui qui devait « faire troisième ». Petit incident qui inversa les turnos.
     Troisième du cartel, Reyes Ramon, de ce fait, toréa les premier et sixième. Il tua bas le premier qui ne l’aida en rien. Palmas. Le dernier complétait le tableau des invalides. Quelque passe isolée et un bajonazo. Palmas.
     Chef de lidia, Julio Pedro Saavedra toréa les deux et quatrième… On le vit bien, tranquille, un peu compassé. Oreille de son premier. Le quatrième était d’une lamentable faiblesse. Saavedra ne put qu’essayer de le tenir debout, après l’avoir reçu à genoux, tant à la cape qu’à la muleta…. Ovation pour le local .
     Leandro Marcos coupe une oreille de chacun et triomphe. Grand, toréant avec goût, « se regardant un peu », Marcos doit prendre l’alternative au plus vite. C’est bien léché, c’est propre, mais cela aura plus d’écho, devant le toro. Le troisième est faible, et le cinquième carrément invalide. On toréa donc à mi hauteur, alternant l’efficace douceur et le théâtral. Un triomphe qui n’ajoutera rien à sa discrète gloire.

 

BON ANNIVERSAIRE, MONSIEUR « JULI » !
Deux oreilles y rabo, à Mexico!

    6 Janvier : Que voulez-vous, c’est ainsi ! On parlera de rouleau compresseur, de typhon ; on sortira tous les qualificatifs, même les plus poussiéreux… On aura beau vouloir analyser toutes les facettes de sa personnalité torera, essayer de noircir son image par quelque triste anecdote familiale, il faudra bien se rendre à l’évidence : le « Juli » est un phénomène. Complet dans les trois tiers, vaillant au possible, plein de superbe, il est avant tout « aficionado », et porte le nom de « torero », comme on porte un étendard, en montant à l’assaut.

      Hier, à l’occasion du 56ème anniversaire de la Monumental de Mexico, Julian  Lopez  « El Juli » a triomphé totalement, coupant deux oreilles et la queue à un bon toro de Reyes Huerta. Zotoluco et le petit Casasola ont aussi participé à la fête. Seul, Enrique Ponce à du sortir en maudissant le sort. Il a tout fait, offrant même le sobrero. Mais, malchance noire. Pas la peine de jouer au loto cette semaine !
     Mexico avait bien fait les choses : La plaza était « nickel », magnifiquement décorée des traditionnels tapis de fleurs, « engalanada »… Après la messe et la bénédiction, on a découvert une statue, en l’honneur d’Eloy Cavazos. L’œuvre du sculpteur Humberto Peraza représente, à échelle naturelle, une grosse estocade de Cavazos, en ce même ruedo, le 18 Janvier 2000. Puis, on a révélé une plaque de marbre, de sept mètres de hauteur, où sont inscrits les 114 rabos, coupés en cette plaza, depuis 56 ans.
     Superbe, mais à refaire !  Hier, Monsieur « El Juli » a coupé le 115ème
     Bon Anniversaire, la Mejico ! Monterazo, Torero !
     Fabuleux prélude à la saison européenne, ce triomphe, s’il en était besoin, installe le madrilène « sur le siège d’en haut », renvoyant les autres à quelques vagues fauteuils, voire de discrets strapontins. On imagine la tête de certains, en écoutant la chronique. « Maudit gamin ! siempre se sale con las suyas ! ». Après s’être longtemps admiré dans son miroir, Jose Tomas a du exhaler un soupir ! Dieu que cela va être dur ! De leur côté, les empresas se sont pris la tête… « Il va nous le faire payer cher ! » Asi son las cosas… 

     5 Février 2002 – Mexico – (Plaza Monumental) – Grande corrida du 56ème anniversaire de la Plaza – « No hay Billetes » - Beau temps : Il y avait plus de 42000 personnes dans les gradins. Dans la rue, on faisait encore la queue, en vain. Un véritable événement, et une corrida importante : Neuf toros lidiés, cinq oreilles et un rabo ! Rafael Herrerias peut dormir tranquille. Il a tenu bon, et gagné son pari. Hermoso de Mendoza est le seul « lésé » de l’histoire, qui ne dit pas s’il avait ces deux invitations au tendido, comme promis.
     Corrida importante, bien présentée, de trapio et de cornes. Quatre toros de Reyes Huerta, sortis 1, 3, 4 et 8èmes  et cinq de Xajay, en 2, 5, 6, 7 et 9ème rang. Poids moyen de la corrida : 495Kgs. En gros, les Reyes Huerta ont été « supérieurs », et les Xajay, décevants. La palme au meilleur fut remportée par le troisième « Rey de Oro », castaño de 510 kgs, astifino, qui fut salué d’une grande ovation, pendant l’arrastre lent. Ce fut « le toro du rabo N°115 », coupé par Julian Lopez « El Juli ». A graver dans le marbre.
     El Zotoluco (vert olive et or) coupa une première oreille au toro « Armonia », de Reyes Huerta. Faena intense et vaillante, templant la bonne charge, liant les séries, terminant en artiste. Grosse oreille pour le Zotoluco, et début en fanfare. Le cinquième, « Santi », de Xajay, était plus âpre, et le mexicain se montra très valeureux, mais plus décousu. Une épée  et deux descabellos précédèrent l’octroi d’une oreille en partie contestée. Zotoluco allait renoncer, quand une grosse ovation lui imposa la vuelta.
     Enrique Ponce (rouge et or) a connu une malchance noire. Deux toros : « Tato », de Xajay ; « Simpatias », de Reyes Huerta, et pas une possibilité de lier une faena. Certes, il donna de grandes naturelles, erguida la figura ; certes, il plaqua de grands détails, ça et là…mais, impossible de construire quelque chose de compact, digne d’un bon anniversaire. De plus, le public attendait « la faena de dimanche dernier » Il se battit longuement, en vain. Avis et Palmas à chaque toro. Voyant que tout lui échappait, Ponce offrit le sobrero, un Xajay, du nom de « Compadre ». Mal lui en prit, le toro sortant aussi mauvais que les précédents. Encore un avis, le public ovationnant sa sortie. Suerte negra.
     Julian Lopez « El Juli » était vêtu de violet et or. On va voir longtemps la photo du madrilène, exhibant fièrement les deux oreilles et la queue de son premier toro, le fameux « Rey de Oro », de Reyes Huerta. Formidable au capote, en particulier dans une mise en suerte par chicuelinas marchées et une quite par gaoneras, « horrible » de serré (toute la plaza debout), le Juli banderilla « a mas », terminant par un « por dentro », à la barrière qui fit hurler le public. Faena de grande classe, affichant une totale maturité, toréant sereinement, liant des séries entières, templadisimas, sous les vivas d’un public emporté. « Vista, valor, variedad ! Les trois V du succès », les trois V de la victoire. Entrant a matar comme un mort de faim, le Juli roula le toro d’une énorme estocade, coupant immédiatement les deux oreilles. La plaza hurlait son exigence, et le président, juez de plaza, sortit le mouchoir du rabo, le vert : Deux oreilles et la queue pour El Juli, en Mexico ! Toma ya ! Le septième, malgré son nom « Amigo », de Xajay, était un sacré client. Compliqué, sournois ! El juli « lui monta dessus », se mettant entre les cornes, « faisant peur à la peur ». Il essaya tout, le public hurlant d’effroi et d’admiration. Mais ce fut impossible. Mort en trois temps et une ovation, au final. Enorme, le Juli, cette année, en plaza de Mexico.
     Leopoldo Casasola (rouge et or, con cabos negros) n’a pas démérité, loin de là. Enchâssé entre ces trois ténors, il aurait pu flotter, intimidé. Il n’en fut rien, bien au contraire. Jouant crânement sa chance, il coupa l’oreille du quatrième toro, «Por siempre », de Xajay, toréant avec vibrato, et une vaillance de tout instant. Par contre, les choses se compliquèrent, face au dernier, le plus mauvais du lot, malgré son nom de « Cinco Estrellas ». Grande ovation finale pour ce jeune diestro qui sort triomphateur des trois corridas auxquelles il a participé, dans la capitale. Si l’on ajoute à cela, malgré une blessure, de bonnes prestations en province, Leopoldo Casasola est la révélation de la saison 2001-2002, au Mexique. En outre, son amitié avec le Juli laisse à penser que Leopoldo Casasola, formé en Espagne par le matador Rafi de la Viña, va pouvoir envisager une grosse temporada 2002 en Europe.
     Heureux Anniversaire à la Grande Dame, « Plaza Monumental de Mexico » qui, hier soir, a ouvert sa grande porte à un grand torero, El Juli. Y olé !

     Dimanche prochain, pour la 16ème, on parle du cartel suivant : Manolo Mejia, Alfredo Lomeli et Alfredo Gutierrez, avec un lot de San Lucas. Une affiche qui reste à confirmer.

 

« TEQUILA  SUNRISE »… POUR EL JULI !

     7 Février :  On ne coupe pas un rabo, tous les jours, devant presque 50000 personnes… Comme dirait l’autre : « Ca s’arrose ! »… Et quand ça s’arrose, ça déborde un peu…
     La presse, surtout espagnole se fait un plaisir de relater un incident, certes regrettable, arrivé dans le nuit qui a suivi l’apothéose du Juli, à Mexico…
     Le torero est parti fêter son triomphe avec un bande d’amis. Il est probable qu’ils n’ont pas bu que du Contrex et, sur le coups de trois heurs du matin, le petit groupe s’est dirigé vers « l’Ange de l’Indépendance », monument emblématique de la capitale mexicaine, composé d’une colonne portant un archange d’or, entourée d’un imposant socle où veillent d’imposants lions de bronze… Chaque fois qu’un événement de portée nationale a lieu, que ce soit une victoire de l’équipe nationale de foot ou l’élection du dernier président, tout le monde se réunit là et fait la fête. On connaît cela en Espagne, chaque fois que le Real « nous fait un gros truc… », et on va le revivre, sous peu, grâce à « Zidané »…  Aupa el Madrid !
     Donc, vers trois heures du matin, la joyeuse équipe n’a rien trouvé de mieux que faire la java autour du monument, essayant d’escalader les historiques pierres, sans d’ailleurs que cela dérange les lions de bronze, qui restèrent « de marbre… » Cependant, on passa un peu les bornes en jetant au sol des bouteilles de verre, au milieu de cris et vociférations diverses qui finirent par alerter des chauffeurs de taxis, lesquels appelèrent la police. Du coup, l’incident devint public, et tout le monde fut emmené au commissariat. Reconnaissant le jeune triomphateur, les policiers passèrent rapidement l’éponge et le ramenèrent à l’hôtel, tandis que deux de ses copains, qui n’ont pas la chance de « s’envoyer » quelques trois cents toros dans l’année, ont du payer le pots cassés, sans pour autant finir au bloc. Bien sur, il y aura poursuite et amende, pour la forme…
     D’accord, c’est pas bien ! Cependant, on a connu pire lors de pas mal de « troisièmes mi temps », à quelque niveau que ce soit : foot, rugby, formule un, tour de France… certaines vedettes et leurs acolytes terminant les fesses à l’air, pour ne pas dire autre chose. Du Grand Stade, au dernier des petits terrains de province, ici comme ailleurs, la tension du match, l’euphorie de la victoire, la chaude convivialité, aboutissent à un général « qu’est ce qu’on s’est mis ! », arrosé de beaucoup d’alcool, entre autres…
     On en a entendu de bien bonnes, et de bien pires que la dernière du Juli.
     Cependant, c’est un personnage public et tout débordement deviendra public, d’autant qu’on aime bien « brûler ce que l’on a adoré », « dévisser les idoles »… Il est évident que cet incident, somme toute bien minime, en comparaison de ceux perpétrés en douce par « quelques grands, quelques princes », va faire les choux gras de tabloïds espagnols… La campagne actuelle menée contre le Juli, suite à quelque triste anecdote liée à des histoires de famille, va être relancée par cet « écart » mexicain… De « mauvais petit fils », le Julian va passer à « mauvais garçon »… On n’a pas fini ! La presse dite « du cœur », écrite et télévisée, ne va pas manquer de faire ample moissons de choux gras… Sont même capables d’aller interwiever les Lions mexicains ! Ouuaaah ! C’est ainsi !
     On en verra d’autres, et, certes, s’il faut censurer cette « tequila sunrise » du Juli, on peut, pour une fois comprendre et "éponger"… A 19 ans, il coupe « le 115ème rabo » en plaza monumental de Mexico … J’aimerais bien savoir comment on a fêté les 114 précédents… A tous les coups, les lions s’en souviennent…

 

BLESSURE A VALDEMORILLO…

     7 Février: Du froid, et beaucoup de vent, pour la deuxième novillada de Valdemorillo. « Pas terrible, terrible », le spectacle offert par les hommes, devant des novillos, encore une fois, faibles et de peu de classe. Seul élément pour la chronique, la blessure de Santiago Manciño, peu grave, heureusement.

     6 Février – Valdemorillo – 2ème novillada de la Feria de la Candelaria – ¾ de plaza – Frois et vent : Novillada de Marin Triguero, faible et de peu de jeu. Seuls, les trois et quatrième offrirent quelque possibilité. Le vent  et l’inexpérience des toreros n’ont pas arrangé les choses.
     Santiago Manciño se fait prendre en estoquant le troisième : grosse estafilade de 18 cms, à l’aine. Spectaculaire, mais pas grave - Du coup, Alberto Roman va lidier trois toros. No se acoplo…  Silence partout, avec en prime, un avis au sixième – Luis Rubias, d’Alicante, fut le plus puesto, le plus désireux de faire les choses comme il faut. Il tua très bien son premier, coupant une oreille, et tenta de réduire le cabeceo de son deuxième adversaire. Silence – Avant son accident, Santiago Manciño montra un toréo à vocation artistique, mais oubliant de lidier… d’où la sanction, au moment de l’épée. Une leçon à retenir.

     Ce jeudi, la feria continue avec la troisième novillada : Julio Pedro Saavedra, Matias Tejela et Reyes Ramon, face à un lot de Domingo Hernandez. 

 

SEVILLA : "LA BAGARRE" EST OUVERTE…

     8 Février :  C’est parti ! Tandis que le Mexique et l’Espagne répercutent à foison les derniers cancans relatifs à la bamboche du Juli, au soir de son triomphe à la monumental, les affaires reprennent, sur la planète « Toros ».

     Concernant le Juli, on va, bien sûr, en faire des tonnes « selon que l’on aime ou que l’on n’aime pas »… Facile !
     Les faits ont été officialisés par le juge, lui-même : « Ils ont fait du boucan ! Ils étaient un peu gais ! Le Juli n’a jamais été en état d’arrestation, et n’a jamais fait tout ce que l’on veut bien lui prêter… » Par contre, deux de ses compagnons ont été conduits au commissariat, (on parle de son mozo de espada Armando, et d’Angel Majano)  tandis que le Juli et son frère étaient reconduits à l’hôtel. Le matador revint lui-même, quelques instants plus tard, payer l’amende, recevant au passage une bonne engueulade, histoire de marquer le coup, non pour ce qu’il a fait, mais pour ce qu’il représente.
     Julian Lopez s’est montré « torero »… «Je n’ai voulu offenser personne, je n’ai manqué de respect à personne, surtout pas au Mexique ! Je m’excuse auprès de ceux qui se sentent blessés, mais je ne regrette rien. Si je « recoupe » un rabo à la Mexico… je pense que je reviendrai le fêter à « l’Angel de la Independencia »… Hombre !
     Bon ! On ne va pas en faire un plat… On voit pire, le soir d’une grande victoire au foot ou au rugby. On voit pire dans nos rues de Ferias… Donc, l’incident est clos, même si la gent « trotte menu » veut en faire des tonnes !

     Séville va devenir un nouveau champ de bataille, certes bien pacifique : On prépare les cartels de la Feria d’Avril, et déjà, ça barde !
     La feria s’ouvrira sur la corrida du dimanche de Pâques, 31 mars. Il semble que le cartel est déjà acquis… à moins que ! Projet : Ojeda, Tomas, Juli, avec des Torrealta…
     Le « à moins que.. » concerne Paco Ojeda. Tiendra t’il jusque là ? Les échos de Lima n’étaient pas flatteurs. Ceux de Mexico sont catastrophiques. Paco Ojeda va toréer à Olivenza, Castellon et Moron de la Frontera, dans les dix premiers jours de Mars. On fera le point à ce moment là. Mais il devra prouver, vite, qu’il revient  « en figura » qu’il a été, et non en gagne petit, qui vient "sucer la roue" des maillots jaunes… Déjà, une sévère campagne se lève, du côté de Salamanca… Ou Paco Ojeda rectifie le tir, ou il n’atteindra pas Pâques.
     La Feria, proprement dite, se tiendra du 5 au 21 Avril : Préferia jusqu’au 15, puis « Farrolillos » jusqu’au 21.
     L’idée de l’empresa est de mettre deux fois, chacun des ténors.
     Ainsi, le Juli serait au cartel des 12 et 18 Avril. José Tomas serait déjà positionné, le 17, mercredi de Farolillos.
     La « bagarre » a débuté hier, avec le Morante de La Puebla. A priori, les négociations sont rompues avec Canorea Junior. On sait que, depuis 2000, ce n’est pas le grand amour, entre les deux homes. On sait, par ailleurs que le Morante a choisi pour apoderado, son ami Jose Luis Peralta, qui n’a pas le poids d’un autre « apoderado-empresa ».
     Morante veut trois courses ! Canorea lui en offre deux : Le 12, corrida de préferia, avec au cartel : Joselito et Juli, face à des Victoriano del Rio ; et le 17, mercredi de Farolillos, avec Victor Puerto et Jose Tomas, face à des Juan Pedro Domecq. A priori, « dos cartelazos », dans le contexte sévillan actuel. Morante semble camper sur ses positions… Trois, ou rien !
     On le sait, le Morante est un de nos préférés… parce qu’il conjugue le toreo d’inspiration, d’esthétique, et de courage… Oui, oui ! Certains lui reprochent une certaine légèreté « côté cœur ». C’est loin d’être évident. Certaines anecdotes, sur lesquelles on pourra revenir, prouvent le contraire…
     Mais ici, seuls les faits comptent : Morante n’a pas été bien, l’an passé, à Séville. Il a mis le feu à Madrid, sur une journée de fantastique inspiration, face au toro et au public de Las Ventas. On pensait sa saison et sa carrière, totalement relancées. De fait, ce fut un long chemin rocailleux, sans autres bruits que des soupirs déçus… Il a fallu son faenon de Mexico, pour que le Morante revienne « en pouvant exiger un peu » ! Sa saison 2002 commence sous de bons hospices, en étant au cartel d’Olivenza et Valencia, mais pour Séville, « il ne doit pas pousser trop loin le bouchon »… Morante de la Puebla est obligé de toréer et de triompher à Séville. Il le sait… Canorea le sait… et l’aficion le sait. Asi que… la bagarre va être serrée.

     Le feuilleton a donc commencé… comme chaque année ! Le Juli, lui, n’en a cure : Il torée ses dernières courses, à Merida (Venezuela), Autlan de la Grana (ultime sortie au Mexique), puis Bogota (Colombie). Ensuite, on attaque la saison européenne : 112 corridas déjà prévues. On parle de Séville, de Barcelone, de Jerez, les 10 et 11 mai ; de Madrid, le 22 mai, d’une deuxième date en fin de feria, et de la Bienfaisance, le 13 Juin. Mais, d’ici là, il aura coulé beaucoup d’eau sous les ponts de Paris… et de tequila, dans les rues de Mexico…

 

VALDEMORILLO: PETITE BRADERIE !

     8 Février: La troisième novillada de la feria de Valdemorillo a donné lieu à quelques générosités présidentielles, pouvant susciter quelque confusion : Cinq oreilles concédées... mais pas de quoi se relever la nuit. La novillada s’est déroulée devant une demi entrée, et le succès est plus imputable au bon comportement du ganado, qu’aux inoubliables exploits des novilleros.

     7 Février – Valdemorillo – 3ème de Feria – Novillada – ½ plaza : Bonne novillada de Garcigrande, correctement présentée et noblona, les premier et sixième survolant le lot.
     Julio Pedro Saavedra a coupé trois oreilles, mais… Faena très sobre, bien en dessous de la qualité du premier, qu’il tua bien, quoique « tendido ». Oreille. Il fut bien, au capote, devant le quatrième qui lui mit une sale voltereta, le chargeant au sol, dans un pecho, au sortir de la première série droitière. Secoué, le torero revint à la charge, et conclut d’une autre épée horizontale. Deux oreilles – Matias Tejela s’est montré très volontaire : Quite par navarras et tafalleras à son premier ; deux largas au deuxième ; des faenas vaillantes et des épées un peu laborieuses. Une oreille à chacun – Reyes Ramon a flotté devant son premier, mansote. Silence. Il fut plus décidé, face au sixième, et monta la faena de la tarde, toréant « a mas », sur les deux mains, et finissant par des aidées de grande allure. Hélas, pinchazo, atravesada et quatre descabellos. Adieu les oreilles ! Vuelta de consolation, tandis que les copains sortent a hombros. De quoi enrager !

     Ce 8 février : Corrida de Los Bayones, pour El Fundi, Niño de la Taurina (qui réapparaît) et El Millonario.

 

LES « SEIGNEURS DES ANNEAUX »…

    9 février : Pas à dire ! "Ces américains, ils savent faire les choses…" La cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver vient de se terminer. Le grand cirque blanc résonne encore des chants et des ovations. Dans le ciel, les flammèches retombent, pacifiques, joyeuses. Mille feux d’artifice ont fait bondir les cœurs et tout là-haut, la flamme est montée au ciel, raviver les espoirs.

      Chapeau ! Bravo pour la simplicité ! Bravo pour l’humanité ! On n’a pas été chercher de lamentables chorégraphies… On n’a pas été dilapider des milliards pour inventer je ne sais quelles affreuses machines, quelles démoniaques bestioles, quelles ridicules et pathétiques ferrailles, de celles qui ont pollué nos précédentes ouvertures… Quand on ne sait pas quoi faire « avec le cœur », on invente ce qui n’existera jamais, et l’on dit « Quel talent ! ». Eh bien, non ! Le vrai, le beau, le grand, viennent de la simple vérité. Il suffit de l’accommoder des quelques feux de l’émotion… et l’on a un grand spectacle, dont chacun est heureux et fier…
     Un grand bravo, donc, à l’Amérique des cœurs ! Qu’elle-même en prenne quelque bonne leçon, et laisse de côté les ordinateurs et les calculettes avec lesquelles elle veut régenter le monde.
     Salut au drapeau étoilé qui flotte sur Salt Lake City… Il porte les stigmates d’un drame dont nous ne relèverons jamais, d’un moment de honte totale, pour la race humaine. Puisse cette flamme qui flotte sur la neige, laver un peu la laideur de certaines âmes. Puissent les champions, « Seigneurs des anneaux », en une saine compétition, aller chercher au fond d’eux mêmes… un peu d’honneur pour tous les hommes !
     « Compétition ! Combat ! Lutte pour une médaille ! »… Beaucoup refusent ces mots-là, sous prétexte d’un amalgame facile avec le mot "violence"… Cependant, il arrive que ces mêmes individus « confirment » leurs beaux principes en exploitant leurs employés, en multipliant les OPA sur les boîtes concurrentes, ou en tapant sur leurs femmes… «C’est la vie ! » disent ils.
     La vie est «compétition»…dès le berceau ! Si o no?
     Un exemple : « Les enfants qui naîtront le 1er Janvier, recevront 50 Euros ! Et leurs parents aussi ! », qu’il a dit, « le divin chauve » !  Vrai ou pas ? Alors, c'est la course: « Chérie, chérie, on est le 31, retiens-toi jusqu’à demain ! Noooooon ! » ou, encore « Bon, dis, tu te magnes ! on va rater le jackpot ! Docteur, vous pouvez pas faire quelque chose ? ». Et le docteur de répondre : « Si, si ! Mais ce sera 100 euros ! »
     Donc, s’il faut déjà se battre pour ce jour béni, imaginez la suite, à l’école, au boulot… en politique ! Le sport lui-même s’éclabousse parfois de tristes anecdotes… EPO et compagnie ! Pourtant, c’est encore là, probablement, que l’on a le plus "de vrai pundonor", au mètre carré !. Aussi, on ne peut que saluer ces hommes et ces femmes qui, en quelques secondes, vont couronner ou anéantir des heures et des heures d’entraînement, oublier leurs souffrances pour un dernier effort, surhumain…  Aux Jeux Olympiques, ils sont tous, « Seigneurs des Anneaux ». Grands Jeux, donc, à tous ces champions. « Participez », comme a dit le Baron… mais, « que le meilleur gagne ! ». Bonne chance à tous…

     Pas loin de chez nous, il y aura également « compétition »… La « Vème Rencontre Mondiale des Novilleros » débute aujourd’hui , en plaza d’Illumbe, à San Sebastian…
     Superbe bagarre entre des jeunes hommes vêtus d’or, face aux toros, face aux copains, et…face à eux-mêmes.
     Dès aujourd’hui, et sur cinq samedis, des novilleros du monde entier (Espagne, Mexique, Colombie, Portugal, France) vont « se tirer la bourre », pour décrocher une place aux doubles demi finales de 22 et 23 mars. Pour « la Médaille » finale, on verra, le 30 Mars.
     Grande idée ! Superbe plaza ! Et… cette amicale rencontre des aficions : Jeunes, anciens ! Espagnols, Français… Basques ! Superbe idée ! Grande Aficion…

     Ce samedi, on ouvre sur une novillada de "Casa de los toreros"… Au cartel : Raul Cano, Salvador Vega et le portugais Nuno Velasques. A surveiller ce dernier, et les progrès de Salvador Vega, co-vainqueur du concours 2001. Paseo à 17 Heures. Suerte pa todos !

 

VALDEMORILLO : DES ESPOIRS POUR "LE MILLIONNAIRE"…

     9 Février :  La première corrida de la feria de Valdemorillo n’a pas fait hurler d’enthousiasme… Dans sa chronique, Juan Posada parle presque « d’un agréable entraînement ». Valdemorillo aurait elle donc perdu son âme ? Elle qui, jadis, était synonyme de « corrida bagarre », avec des monstres au poil d’hiver, avec des cornes « comme ça ! » et une « pero que muy mala leche ! »…semble ronronner doucement, au gré des charges incertaines de quelque « demi-caste », aux cornes soigneusement « sélectionnées »… La corrida d’hier n’apportera rien à la gloire du Fundi, ne servira guère au come back du Taurina, et, même s’il sortit a hombros, ne risque pas de remplir plus la besace du Millonario…

     8 Février – Valdemorillo – 4ème de Feria – 1ère corrida – ¾ de Plaza – Soleil et froidure : Quatre toros de Los Bayones, trop lourds, faibles et noblotes. Les 5 et 6èmes étaient des sobreros de « Los Maños ». De fait, le dernier fut le meilleur.
     Les toreros ont banderillé ensemble les trois premiers toros : Fundi, avec métier ; Millonario, avec force et brio ; Niño de la Taurina… avec des fortunes diverses. Une paire, chaque fois… pas facile de rectifier et prendre confiance.
     Fundi a montré du métier et de la sérénité : Son premier était un noble, faible, dont il fallait vite tirer profit. Cela traîna un peu. Silence. Plus volontaire, il coupa une oreille du quatrième, un toro qui transmettait bien peu – Niño de la Taurina rappela, en certains moments, la grande promesse qu’il a été. Bons détails avec la cape, ainsi que « sur la main gauche ». Son actuacion connut quelques moments de flottement, mais il fut volontaire et devra confirmer. Oreille du deuxième. Silence avec un avis, au cinquième – Clemente Antolin « El Millonario » joua sur deux registres : Spectaculaire, vibrant, un poil pueblerino, face au troisième ; plus centré, plus reposé, dans la première partie de son deuxième trasteo, face au meilleur de la tarde. Par contre, il termina, « en mettant le feu », debout, à genoux ; à l’endroit, à l’envers…Oreille à chaque toro et sortie a hombros.

     Ce samedi : Corrida de Antonio San Roman, pour Rafi Camino, Davila Miura et Jesus Millan

 

NOUVELLES D’AMERIQUE… DE CI, PAR LA-BAS…

     9 Février : La Plaza Monumental de Mexico a t’elle à peine célébré son anniversaire, avec le succès que l’on sait, que son empresario, Rafael Herrerias repique une rogne. Cette fois, c’est l’Association Nationale de Matadors, Novilleros et Rejoneadores, présidée par Mauricio Portillo, qui y a droit. L’Empresa fulmine : « Je n’ai aucun contact avec eux, aucune collaboration ! » Puisque c’est ça, la corrida de «L’Oreille d’Or », montée chaque année à leur profit, n’aura pas lieu. Ils peuvent se la monter ailleurs… mais pas à Mexico ! » Voilà ! Et de retourner à ses fourneaux, où il concocte ses derniers cartels. On murmure que Javier Conde aurait quelque chance d’y figurer, et de confirmer ici, son alternative. Attention, Conde, s’il trouve toro à sa main, pourrait bien retourner les aztèques…

    Eulalio Lopez « Zotoluco » entre dans la grande famille des toreros ayant leur site sur Internet. Tout a fait logiquement, ce diestro, qui s’est déjà gentiment prêté à plusieurs conversations en direct avec des internautes, vient d’ouvrir une nouvelle page, électronique celle-là, de l’Histoire du Toreo Mexicain. 
     On peut aller lui faire une visite à l’adresse suivante : www.zotoluco.net. Ne pas hésiter à lui faire un petit coucou, de la part de l’Aficion Française. Se lo merece !

     La Colombie attaque son quatrième week end taurin :
     Ce samedi 9, à Medellin, plaza de La Macarena : Toors de Garzon Hermanos, pour Cesar Camacho, Manolo Caballero et El Califa.
     Demain, dimanche 10, à Bogota, plaza Santamaria : Toros de Ambalo, pour Cesar Camacho, Manolo Caballero et El Califa. (Il va vraiment y avoir de l’ambiance dans l’avion !)

    « El Juli » a pris l’avion, à Mexico ! Bon, jusque là… Oui, mais pas dans la direction prévue. Julian Lopez a filé directement sur Madrid, tombant du cartel de Merida, au Venezuela, où il était attendu hier, et restant bloqué, probablement quelques jours : problèmes de cervicales, liés çà une grosse contracture musculaire qu’il traîne depuis longtemps. On parle d’un retour au ruedos, le 12. D’autres sources indiquent : deux semaines de repos. Attention aux mauvaises langues… cet incident n’a rien à voir avec les suites de « sa virée nocturne » de Mexico. Vous voyez comment vous êtes...
     Du coup, le Juli a été remplacé hier, à Merida, par Finito de Cordoba. La corrida n’a pas souri au remplaçant, puisqu’il a pris trois avis, avec toro al corral…

    8 Février – Merida (Venezuela) – 1ère de Feria – No hay billetes (15000) – Temps gris : On se moque de l’absence du Juli : Llenazo. Temps gris, corrida grise. Mansada de quatre Rancho Grande, complétée de deux del Prado, sortis 3 et 5èmes.
     Finito de Cordoba reçut bien le premier, à la cape. Mais le toro tournera très vite au « gros dangereux qu’on ne sait par quel bout prendre ». Antonio de la Rosa y laissera une taleguilla, et Finito lui-même se verra en danger, plusieurs fois. Un pinchazo, sortant très menacé, et une sage retraite, en attentant que sonnent les trois avis, et que rentre le garbanzo, au corral. Silence. Il fit un petit effort, face au quatrième, mais tua mal. Nouveau silence – Manuel Diaz « El Cordobes », patina face à son premier, manso, mais se déchaîna, au cinquième, alternant bon toreo et « coups d’boule ! » sur le mufle de la pauvre bête. Grosse estocade et deux oreilles, promenées lors d’une vuelta sans fin -  Le local, Otto Rodriguez, fit de vains efforts, donnant quelques bonnes passes, mais tuant « fatal ». Silence par deux fois.

     Ce samedi : Toros de Jeronimo Pimentel, pour Joselito, Finito de Cordoba et Leonardo Coronado.

 

A QUAND, "LA PROCHAINE CROISADE"?
San Sebastian ouvre «en demi-teinte »

     10 Février : Rien de belliqueux dans ce titre ! Aucune velléité à partir « recasser » du Maure, d’autant que d’autres le font déjà, à coups d’embargos ou de B.52. Aucune envie d’aller récupérer quelque lieu saint, quelque graal !
     Non, Non… restons taurins. A quand, donc, la prochaine « croisade » ? Ou plutôt : « Si les novilleros "ne se croisent pas" maintenant, quand donc le feront ils ? »
     A l’heure où l’on torée mieux que jamais ; à l’heure où le maître mot est « la ligazon », quand donc arrivera un novillero qui met, avant tout, le cœur « et autres choses », rentre dans le toro, « se croise » et impose sa loi, au lieu de jouer « les bonitos », en restant sur le bord de la charge, et s’étonnant de soudain prendre un avertissement, ou pire encore, de se retrouver « sans toro » ? Si le Juli est "là-haut", c'est qu'il sait aller au combat, rentrer dans le terrain du toro, s'imposer à lui, et le mettre à sa loi.  Ce n'est pas donné à tout le monde, mais, au moins, qu'on essaie...

     S’il fallait trouver un titre à la première manche du « Concours Mondial des Novilleros », hier à Illumbe, il serait triple : « Quel plaisir de se retrouver ! » ; « Un président qui fait l’unanimité, lui ! » ou encore «Les hommes, un ton en-dessous... »
     Un grand plaisir à se retrouver. De Dax, de Bayonne et d’ailleurs, ils sont venus, presque tous là : Peñistas, organisateurs « non syndiquées », gens de la presse, aficionados... Abrazos et bons sourires ! Que bueno !  Le mois d’Août, en février.
     L’autre plaisir est l’immédiate connexion avec l’aficionado "du cru". Ce sont « des Anciens du Chofre » et, en deux minutes, un mot, une exclamation vous disent « qu’ils savent ! »…Ce sont des jeunes, qui apportent leur spontanéité, leur générosité. Ils viennent en petit groupe, bataillent entre eux, puis posent de sages questions… Ce sont ces dames qui commentent les détails de la lidia, avec quelquefois, quelque coquin sourire au bord des yeux… Cette plaza d’Illumbe est « una gozada » ! Immédiatement, on se sent chez soi, et le voisin devient un confident, naturel. C’est un des grands bons points de ces rencontres d’hiver, tout le monde s’en allant avec un « A samedi prochain ! » synonyme de « qu’on repasse un bon moment ! »
     « Un président qui fait l’unanimité ! » En voilà un qui n’a pas besoin de faire campagne ! Il fera 0,001% au scrutin universel ! Qu’est ce qu’ils lui ont mis ! 
     Cela fait trois ans qu’il trône là-haut, et trois ans que l’aficion populaire le menace de mille maux. Perdu dans son pigeonnier, il refuse la musique, mais l’ordonne en toute fin de faena ; refuse les changement de tiers, refuse les oreilles… en un mot, veut mettre beaucoup de sérieux dans la baraque. On ne peut l’en blâmer. Cependant, libre à lui, également, de faire que cela reste « une fiesta », et non une après midi, style « Séance des questions à l’Assemblée », pleine de non dits et de venin...
     « Les hommes, un ton en-dessous ! », au moins, pour deux d’entre eux. C’est un concours ! Ils sont novilleros, pleins de rage conquérante ! Alors?
     La novillada est sortie bonne, en général, posant quelques problèmes de distance, notamment. Un torero a mis cette étincelle, entrant à tous les quites, voulant s’imposera à tous, toros et public. Certes, il est « le plus toréé », mais il fut également le plus motivé, le plus « novillero »… Un autre a coupé une oreille, qui, à l’heure des sélections pour les phases finales, risque de trop peser. Cependant, Salvador Vega a dominé la tarde, perdant hélas les trophées, avec l’épée.

     9 Février – San Sebastian (Plaza d’Illumbe) – Première novillada du Mundial des Novilleros – Petite entrée : Novillada de Martelilla, très correcte de présentation et d’armures. Le trapio alla crescendo, avec un quatrième, de 471 kgs, qui fut un grand toro. A la pique, on vit une certaine tendance à contourner le cheval, à entrer en crabe, et faire beaucoup sonner les étriers. Par contre, quatrième et sixième poussèrent fort à la première. La novillada est sortie très toréable, avec une pointe de distraction et de retard à déclencher. Cependant, les hommes ont ici quelque responsabilité à n’en avoir tiré plus de rendement. Le toro de la tarde est le quatrième « Ensoñado », qui chargea « de rêve » à la muleta. Méritait beaucoup plus.
     A signaler de grandes paires de banderilles des subalternes, réunissant, cadrant et sortant en s’appuyant sur les bâtons. Au  tableau d’honneur : Martin Blanco, Salvador Jimenez, Miguel Nogueira, Venturita.
     Raul Cano – (Avis et palmas, et Oreille) - est de la Baracaldo voisine. Bien ! Déjà un point en plus ! Normal. Passablement torpe avec le capote, il fut en gros danger face au premier, et ne passa pas de vulgaire en recevant le quatrième. Par contre, il est facile muletero, quoique sans grande imagination. Première faena débutée au centre, par le haut, la montera posée sur les pieds. Séries de droite un peu sur la marge, la troisième, bien plus engagée, recevant l’assentiment général. Ne se croisant pas, il se met en danger sur la main gauche. Sans insister, Cano revient à droite et se fait secouer sur un début de pecho où le toro est resté « en dessous ». Pas de mal, heureusement. La mésaventure lui arrivera deux fois. Par contre, entrant bien, il laissera une entière en se mouillant les doigts, un peu de côté. Le toro résista bravement à la mort, recevant grande ovation, tandis que le torero était applaudi, après un avis – Raul Cano toucha le grand quatrième, qui débuta en trébuchant deux fois, mais afficha une grande noblesse que le torero n’exploita pas entièrement. Début de faena, par changée dans le dos, au centre, la faena partant rapidement sur la main gauche. Séries de naturelles, propres, mais sans la profondeur que suggérait le noble adversaire. Final de face, mais sans convaincre totalement. Par contre, encore une fois, le matador de montra « gros canonnier » et l’oreille tomba, somme toute, justement. Pourtant, ce toro méritait bien mieux.
     Salvador Vega - (Vuelta et Vuelta) - est un des trois triomphateurs du concours  2001. Il a beaucoup toréé, et met un point d’honneur à soigner le moindre détail.       Magnifique au capote, il lance loin la toile, joue remarquablement des bras, compose la figure, et sort de la suerte « en torero ». On lui a vu de grands quites, par chicuelinas, tafalleras, gaoneras, le tout souvent clôturé de grands remates à une main, debout ou un genou en terre…Superbe. Il fit peu piquer ses deux toros, qui ne lui permirent pas le relâché qui avait fortement séduit, l’an passé. Première faena à un toro réservon, qu’il fallut tirer, le diestro cherchant à allonger cette charge au maximum et lier ses passes. Un toréo appuyé sur une jambe arrière en retrait, un peu parallèle, le toro sortant parfois mal, laissant le diestro « descolocado ».        Cependant, une faena qui alla « a mas », avec en point d’orgue une grosse série droitière, muy limpia, avec double pecho. Final par vraies manoletinas, erguida la planta, et une entière en entrant bien, mais qui résulta delantera. Grosse pétition d’oreille ; refus du président ; grosse ovation pendant la vuelta 
     Vexé et stimulé par le trophée accordé à Raul Cano, Salvador Vega se jeta dans la bagarre, dès que sortit le cinquième : Trois largas à genoux, manquant de se faire écharper au troisième voyage ; grand quite par navarras et remate d’une indéniable élégance. Début de faena, les deux genoux en terre, le toro faisant une vuelta de campana, et accusant un peu le coup, par la suite. Faena torera mais sans pouvoir se relâcher. Problème de soseria du toro. Séries sur les deux mains, dont une, supérieure, à gauche, liée au double pecho. Gros accrochage au niveau de la poitrine et on revient à la bagarre, terminant par quatre molinetes à genoux. Préparée avec totale volonté, une épée entière qui, malheureusement, tombera très très bas, le toro ayant « patiné » au départ. Terriblement déçu de ce bajonazo bien involontaire, Salvador Vega perdra un trophée, et peut-être plus, mais pas la grande satisfaction du public, qui lui fera donner une nouvelle vuelta.
     Nuno Velasques – (Avis et silence, à chaque toro) - est portugais, malgré que l’affiche « l’hispanise » en Nuno Velazquez. 
    Il faut attendre, mais pour le moment, on se demande ce que l’élève de Rui Bento Vasques, « vient peindre », ici… Très vert, voulant jouer bonito, mais ne voulant pas affronter les réelles difficultés, avec la technique et la tête, le garçon a montré de bons passages, cape en mains, et une certaines élégance en début de trasteo. Hélas, il ne se croise jamais, ne s’impose nullement, et les toros en profitent. Deux faenas sur le même registre, de mas à menos. Pour sa défense : Un premier novill, problématique, qu’il faillit bien conquérir en laissant la muleta devant, à chaque fin de passe, et la volonté de recevoir le dernier, a portagayola... Mais, pour le moment, ce Velazquez-là ne peint que d’un ton : le vert.

     Samedi prochain, la deuxième : Novillos de Cebada Gago, pour Jarocho, Serafin Marin et Juan Antonio Gonzalez.

 

VALDEMORILLO : DAVILA MIURA S’EST REGALE…

      10 Février : La feria touche à sa fin, et toute la presse insiste sur une chose : des cornes absolument impresentables. Le mot afeitado est directement écrit en plusieurs chroniques. Décidément, Valdemorillo n’est plus...
     Hier, la deuxième corrida a connu le triomphe, mais surtout, le bon toreo de Davila Miura, aux portes mêmes de Madrid. Nouvel apoderado, nouvelles illusions et … trois oreilles à la clef. La vie est belle !

     9 Février – Valdemorillo – 5ème de Feria – Casi lleno – Soleil : Toros de Antonio San Roman, moyennement présentés, très mal armés. Pour ce qui est du comportement: justes de forces et noblotes en général. On donna au cinquième une vuelta qui ne s’imposait nullement. Le dernier fut le manso de la chambrée.
     Rafi Camino a promené sa mandanga toute l’après midi. Il a des gestes ; il pourrait faire cent fois mieux… mais il ne s’engage pas, reste en demi-teinte, en demi-distance, comme « un demi-sel » ! Dommage pour lui. Le public le lui fit sentir, en ne l’applaudissant que mollement, après chaque prestation – Davila Miura s’est amusé, avec le premier, lui coupant une oreille facile. Par contre, grosse faena au cinquième : toréo lent, cadencé, « gustandose ». Temple et lié. Deux oreilles, malgré un pinchazo. (Bien, pour Davila Miura. Voir s’il confirme à Castellon) -  Jesus Millan se montra un tantinet électrique. Volontaire, mais un peu brouillon, devant un lot plus compliqué, l’aragonais essuya plusieurs mauvais coups, s’en sortant miraculeusement sans mal. Volonté mal récompensée, car tuant très mal : Deux pinchazos et deux descabellos à chaque toro.

     La feria de Valdemorillo se termine aujourd’hui, avec une corrida de Valdeolivas, pour Diego Urdiales, Rafael Matute et Jose Luis Triviño.

 

AMERICA : MANOLO CABALLERO ET JOSELITO, EN EVIDENCE…

     10 Février : Hier, l’actualité se centrait, principalement, sur deux pays : Colombie et Venezuela. Si dans les rues et les campagnes, la fièvre des conflits armés les fait trembler, dans les arènes, par contre, on a baillé… Ce qui, au fond, est peut-être ennuyeux, mais bien moins dangereux..

     A Medellin, double session, entre le festival de vendredi soir et la corrida de samedi. Double session…et « double toston », à cause des toros. 
     Le festival nocturne, au profit de l’Hôpital Saint Vincent de Paul, propriétaire de la Plaza, a connu l’énorme et traditionnel succès populaire, avec la procession suivant la statue de la Vierge de la Macarena, portée par les toreros eux-mêmes, la plaza clignotant de milliers de cierges allumés. Emouvant ! Après, ce le fut beaucoup moins, les toros de Aguadulce-Zalduendo, se chargeant de tout mettre par terre. Seul et unique trophée pour Manolo Caballero, tandis que Camacho, Dinastia, Victor Puerto, le Califa (très mal) et le novillero Andres de los Rios (remplaçant Ferrera) rongent leur frein.

     Hier, la corrida fut des plus décevantes, heureusement sauvée par Manolo Caballero qui coupe deux oreilles et sort a hombros, « sans se décoiffer ».
     9 Février – Medellin (Colombie) – Plus de ¾ de plaza : Six toros de Garzon Hermanos, correctement présentés, mais manquant de caste. Seuls se sauvèrent les 1 et 5ème.
     Cesar Camacho ne put complètement convaincre devant le bon premier. Vuelta. Pas grand chose à tirer du quatrième. Ovation – Manolo Caballero a été facile, lidiador intelligent, et torero dans chaque geste. Deux faenas sans effort apparent. Ce que l’on traduit en espagnol par « pletorico ! » Oreille, chaque fois, un nouveau trophée en vue et, peut-être, le remplacement du Juli, samedi prochain, si, comme on le murmure, il « coupe » sa temporada américaine – Gros souci pour le Califa : Certes, « il ne touche pas un toro », mais on le voit très nerveux, très en dessous de tout ce qu’il a montré jusqu’à présent. Saison américaine très décevante, pour le Califa.

     Côté Venezuela... Pas mieux. La deuxième de Merida a été une mansada intégrale, que les toreros ont lidiée avec efficacité.
     9 Février – Merida (Venezuela) – 2ème de feria – Casi lleno : Cinq toros de San Jose de Bolivar, (Jeronimo Pimentel) et un 6ème de Campo Bravo. Beaucoup de mansedumbre, les toros sortant distraits, partant dans tous les sens, au premier tiers, arrivant sans race ou rajados, à la muleta.
     Joselito s’est montré calme, lidiador et bon tueur. Deux oreilles au quatrième – Finito de Cordoba s’est plus accroché que la veille. Oreille au cinquième – Leonardo Coronado s’est battu avec ses moyens, coupant également un trophée, au troisième. Mais, là aussi, on oublie bien vite.

     Ce dimanche 10 Février :
Mexico : Toros de San Lucas pour Manolo Mejia, Alfredo Lomeli et Alfredo Gutierrez. A prévoir une entrée désastreuse, pour cette 16ème de la Temporada.
Bogota (Colombie) : C’est « la revanche » de Medellin :  Cesar Camacho, Manolo Caballero et le Califa, avec une corrida d’Ambalo.
Merida (Venezuela) : Troisième de Feria – Corrida de Rejoneo.

 

DIMANCHE TORERO… AU SANTIAGO BERNABEU !

     11 Février :  En France, l’aficionado est souvent amateur de rugby. Surtout dans notre Sud Ouest. A tel point qu’il n’est pas rare que dans les peñas et clubs taurins, on parle plus du « ballon ovale » que de la dernière estocade du Juli… Normal ! Rugby, chasse, pêche, tradition… et toros ! 
     En Espagne, c’est le foot. La plupart des Aficionados al toro, sont des inchas d’un grand club, ou d’une équipe « très torera »… Jadis, à l’heure de sa grande gloire, le football sévillan se partageait les faveurs du toreo. On était souvent « du Betis »… mais « le Sevilla » avait également ses partisans… Bien sûr, les toreros du Nord se divisaient entre « Le Real » et « L’Atleti », certains osant timidement annoncer le blaugrana du « Barcelone »…
     Eh, bien entendu, l’inverse se vérifiait, également… Sans aller plus loin, on connaît la grande amitié qui unit Raul, l’avant centre du Real, et Enrique Ponce… Deux grands, parmi les grands…
     Alors, quand le dimanche est gris et que les toros sortent « à reculons », on va voir ce qui s’est passé dans le monde du ballon rond, et parfois, on assiste à des moments de formidable émotion, des exploits dignes d’une salida a hombros… Le public ne s’y trompe d’ailleurs pas, qui agite des mouchoirs blancs, comme pour demander les trophées…
     Hier, le  mythique Stade Santiago Bernabeu, de Madrid, a connu un de ces moments privilégiés : Le Real Madrid bat Las Palmas 7 à 0. Quelle dégelée !
     De ces sept buts, Morientes en a marqué cinq. Cela faisait quarante ans que ce n’était pas arrivé. Vaya ! A ses côtés, Zidane et Figo ont fait de la dentelle, servant magnifiquement le canonnier…
     Apothéose au stade Bernabeu, qui va fêter son centenaire, en juin prochain… Parmi les événements possibles, le Championnat du Monde des poids lourds, entre Lennox Lewis et Mike Tyson… organisé par Jose Luis Berrocal soi-même…

     Pourquoi donc parler de sport ? Un, parce qu’il faut s’intéresser à tout ! Deux, parce qu’il ne c’est presque rien passé, hier, dans les ruedos. Trois, parce que le sport et les toros sont parfois liés. La preuve… le Président de l’Atletico Madrid, l’ineffable Jesus Gil, a une ganaderia : Valdeolivas. Ses produits sont sortis, hier, à Valdemorillo, et allez donc savoir pourquoi… Tienen tanta mala leche como el dueño ! Ils ont aussi mauvais caractère que le patron. On pourrait dire « De mauvais poil », en permanence. Mais pour des toros, on peut le comprendre !

     Pas grand chose, donc, à Valdemorillo… Du côté de Mexico, le président a volé une oreille a Manolo Mejias. Il est vrai que 4000 personnes dans la plaza, cela ne fait pas une pétition majoritaire… A Bogota, il a plu, pour changer. Mais cette fois, il a trop plu, et on a fermé, au troisième toro… Il faut donc aller du côté de Merida, au Venezuela, pour trouver un peu de soleil et quelques bonnes choses à se mettre sous la dent : Un toro grâcié et une bonne faena de celui qui devrait être « plus haut qu’il n’est » : Jose Antonio Iniesta.

    10 Février – Mexico (Monumental) – 16ème corrida de la temporada – 4000 personnes, environ – Temps gris, froid, avec du vent : On va vite oublier la 899ème corrida de l’Histoire de la Mejico… Et pourtant, la corrida de San Lucas est sortie très bien présentée, et très armée. Au premier tiers, elle fit son devoir, mais cela se gâta par la suite. Manque de race.
     Manolo Mejia se montra volontaire devant le premier, mais catastropha avec l’épée, au poit que le président lui sonna deux avis, lui « pardonnant le troisième » d’un cheveu. Peut-être le Juez de Plaza, monsieur Manuel Gameros, s’est il repenti de ses largesses ? Toujours est il que ce président bien inconstant refusa injustement une oreille demandée à grands cris par le pauvre public, après une très bonne prestation de Manolo Mejia, conclue d’une grande estocade, qui pourrait bien « l’estocade » de la Temporada…Personne n’a compris l’entêtement du palco, qui prit une bonne bronca, tandis que le torero donnait une vuelta de piètre consolation. Aujourd’hui, toute la presse « tombe » sur le président, et parle du « hold up du siècle »… Pauvre Mejia – Les deux autres diestros n’ont pu que montrer quelque bonne volonté, avec des fortunes diverses : Lomeli a été mal, récoltant avis et silence – Alfredo Gutierrez s’en sortit mieux, mais sans émouvoir pour autant…. Silence et palmas.
     Restent 6 corridas, à la Monumental de Mexico, et l’Empresa râle un peu, pour changer. Les espagnols ne veulent pas venir… On connaîtra, ce soir, le cartel de dimanche prochain : La 900ème !

     10 Février – Bogota (Colombie) – 4ème de la Temporada – casi lleno – Pluie, suivie d’une terrible averse. La corrida a été suspendue, à la mort du troisième toro. La corrida de Garzon ne semblait rien vouloir donner. Tout le monde était frigorifié, et ne pensait qu’à sortir de là.
     Cesar Camacho donna vuelta au premier – Manolo Caballero fit ce qu’il fallait pour couper une petite oreille au deuxième – El Califa continua à patauger, au sens propre, comme au figuré. Avis et palmas.
     Après cela, rideau... de pluie! On ferme...

    10 Février – Merida (Venezuela) – 3ème et 4ème de la Feria del Sol :
     Matinée de Rejoneo, avec deux oreilles pour l’espagnol Diego Ventura, et surtout une vilaine cornada au ventre du cheval «Golfo », de Leonardo Fabio Grisolia.
     En soirée, huit toros de Santa Barbara, dont le quatrième a été grâcié par Juan Jose Giron, qui essaie de perpétuer la saga des Giron, idoles du Venezuela dans les années 50/60, en particulier, avec Cesar et Curro. Jose Antonio Valencia  a coupé une oreille ; Antonio Barrera a donné une vuelta. Mais c’est Jose Antonio Iniesta qui fit « la » faena de la tarde, coupant deux oreilles qui, peut-être, lui serviront à ouvrir quelques portes. Celui là, s’il avait voulu…

    10 Février –Valdemorillo (Madrid) – Dernière de Feria – Plein – Froid :  Un toro du Trébol, pour le cavalier Miguel Garcia, qui reçut une petit ovation – Quatre toros de Valdeolivas, de Don Jesus Gil… Astifinos et très, très mansos. Pouah ! Deux sobreros de Maria Isabel Sistac de Liria, sortis 3 et 5èmes, qui donnèrent bon jeu.
     Diego Urdiales s’est battu, sans toutefois mettre le turbo. Silence partout – Triviño fit les quelques bonnes choses que lui ont permises deux bichos impossibles – Le succès a souri à Rafael Matute, qui a la particularité de tuer de la main gauche. Oreille à son premier, qu’il n’a pas totalement compris : on le vit, « trop dessus », mais également « fuera de cacho ».  Beaucoup mieux à son second, mais bafouillant son final en trois pinchazos et une entière. Malgré ce, il donna une vuelta fort applaudie.
     Se acabo la Feria... Valdemorillo "ya no es Valdemorillo"...

 

« ON Y DANSE, ON Y DANSE… »

     12 Février : Ca y est ! Après deux jours de fièvre, il va y a voir un peu plus de place dans les journaux… Un peu plus de place pour la gadoue politicarde et la temporada présidentielle…
     Vous rendez vous compte ? Le président s’est déclaré candidat à sa propre succession… comme si c’était une surprise ! Et chacun, avec force « Oooooh ! » et «Aaaaah ! » d’y aller de son commentaire, narquois ou sirupeux, selon qu’on est d’un bord ou l’autre de la rivière… Et nous, pendant ce temps… on rame ! Quel cirque ! Enfin, « il » l’a dit… il y va !
     Cependant, on se pose une question… Au milieu de tous ces responsables en communication qui échafaudent les campagnes, « spontanéisent » les artifices, exploitent la moindre symbolique, quelque chose semble avoir échappé, ce qui est normal puisque cela remonte du plus bas, du plus modeste, du plus enfantin des refrains : « Avignon, c’est loin, mais c’est beau ! »  Pour nous, Avignon… C’est le pont !  on y danse  follement, sur ce pont. On y danse en rond, « tous ensemble, tous ensemble ! ». La symbolique ne peut être plus consensuelle, plus « carrée »… « Ensemble et dans la joie ! » Et d’y ajouter… « passionnément ! »…
     Mais, là où elle en prend un coup, la symbolique… C’est que le pont d’Avignon…il est cassé, et qu’on ne peut pas aller sur l’autre rive… ! Ce qui, avouez le, la fout un peu mal, quand on parle « d’avenir et ensemble ! ». Avons intérêt à savoir nager… ! Enfin ! « Avignon, c’est loin, mais c’est beau ! »… et c’est vrai.

     Dans le monde des toros, « ça danse » aussi :

     A Séville, la fièvre monte, autour du montage de la première feria d’Avril. Gros manège autour de l’absence du Morante et de son conflit avec l’Empresa, Canorea, fils du « grand Canorea »… Morante a t’il raison ? L’empresa a t’il tort ? Tout le monde y va de son commentaire… 
     En gros, Morante a tort ! Deux corridas seulement, mais très bien placées… Le torero, lui, en demandait trois… Du coup, conflit et rupture. Il faut attendre… Séville, c’est très loin, mais c’est super beau ! Et puis…le Pont de Triana, lui…arrive de l’autre côté !
     Morante de la Puebla, conscient de quelques incompréhensions aficionadas, annonce qu’il ne fait pas de caprice, et place une contre attaque : Il prendra, seul, six toros, le 15 Août au Puerto Santa Maria. Certes, voilà qui nous fait baver, et mériterait bien un aller-retour, mais… le 15 Août, la temporada est déjà « faite » ; les positions sont déjà bien marquées, et ce qui commande : Séville, Madrid… De plus, on sait déjà, au vu des toros à lidier, que Morante devra triompher à coup sûr, au Puerto, sinon ! Six toros : Jandilla, Marques de Domecq, Torrealta, Torrestrella, Salvador Domecq, et un doute sur le dernier : Nuñez del Cuvillo, Buenavista ou Santiago Domecq… Enfin, toute une symphonie Domecq ! 
     Certes, lidier seul six toros est un exploit… mais ici, on reste dubitatif. Tant qu’à faire, « mettre un grand coup de cymbale » en début de saison, et faire ainsi rendre gorge au patron de Séville… Il faut attendre. On n’imagine pas, Séville sans le Morante.

     Un qui danse, mais moins vite, moins haut, que s’il avait réussi ce pari à la Monumental de Mexico, c’est Enrique Ponce. Le Valenciano  a coupé, dimanche, « le premier Rabo » de sa carrière, en terre mexicaine. Cela s’est passé dimanche, à Autlan de la Grana. Grosse faena, de totale harmonie artistique, face à un toro de Medina Ibarra qui portait le nom de « Maestro Fermin ». Deux oreilles et la queue, pour la première fois. Enhorabuena! Pendant ce temps, cela danse dans les despachos, sur le tapis vert… Son apoderado premier, Ruiz Palomares, est rentré en Espagne, dire sa façon de penser sur l’absence de son torero, des corridas d’Olivenza… Une petite plaza, mais qui a son importance, en tout début de saison. Jose Tomas a fait des siennes, et Ponce se retrouve dehors. Ce qui « coince un peu », c’est que l’empresa d’Olivenza est la même que celle de Valencia… Alors, « qui mène la danse ? »

     A Mexico City, on met une générale volée de bois vert au président de Dimanche : « Il a volé une oreille à Manolo Mejia ». Même l’empresa est de cet avis, qui prend la balle au bon, et invite le torero à la prochaine valse… Le cartel de la 17ème corrida de la Temporada, dimanche prochain, sera le suivant : Toros de Manolo Martinez pour le cavalier Gaston Santos, et le matadors Manolo Mejia et Javier Conde. Alli viene el bailaor ! 
     En fait, le Doctor Herrerias s’en sort bien, jouant les grands cœurs, mais occultant, de fait, son problème : Il lui reste six corridas à monter, mais les figures ne veulent plus venir. Pablo Hermoso de Mendoza dit que « Non ! » ; Zotoluco dit que « cinq fois, ce serait trop ! » ; Morante a décliné l’offre, semble t’il… 
     Bien ennuyé, le Doctor Herrerias… Devrait aller faire un tour en Avignon !

     Joli tour de piste, pour Rafael de Julia, hier, en plaza de Merida. Triomphateur de la San Isidro 2001, et de la Feria de Julio en plaza de Valencia, il se fait voler sa place « aux Fallas ». Du coup, il ne peut manquer une occasion de se faire regretter.
     11 Février – Merida (Venezuela) – 5ème corrida de la Feria del Sol – No hay billetes : Une bonne corrida du Prado. En évidence, les 3 et 6ème.
     Le local Julio Cesar Vanegas prenait l’alternative. On le vit très volontaire, avec cape et banderilles. A la muleta, il fut brillant face au sixième. Hélas, il pincha. Vuelta à chaque toro - Manuel Diaz « El Cordobes », mit sa vibrante bonne volonté habituelle, coupant un trophée à son premier.
     Triomphateur total de la corrida, et peut être de la Feria, Rafael de Julia, qui coupe trois oreilles, avec un toreo de classe, de temple et d’inspiration artistique.

     La feria se poursuit aujourd’hui, avec Joselito, le remplaçant du Juli, et Otto Gutierrez, face à un lot du Paraiso.

 

JEREZ … ON PREPARE LA FERIA !

     12 Février : L’empresa Balaña vient de présenter l’ébauche de la prochaine « Feria del Caballo », à Jerez de la Frontera. Elle aura lieu du 7 au 12 Mai, et proposera une novillada « de lujo », avec le Manzanares « Junior » et David Galan ; trois corridas de toros ; une corrida de Rejoneo ; et la traditionnelle non piquée « des écoles »…
     Corridas, les 9,10,11 Mai, avec des toros de Juan Pedro Domecq, Jandilla et Nuñez del Cuvillo. Trois corridas de luxe; neuf postes, et onze noms dans la balance : Ojeda, Juli, Finito, Ponce, Morante, Jose Tomas, Joselito, Caballero, Padilla, Rivera Ordoñez, Cordobes… Faudra choisir!
     Côté Rejoneo, le 8 mai