L'ACTUALITÉ TAURINE
(Décembre 2002)

REPRISE DES CHRONIQUES QUOTIDIENNES DE PATRICK BEUGLOT, SAMEDI 7 DECEMBRE - (Durant une courte période, la page sera réactualisée, chaque jour, à midi) - Merci de votre compréhension et fidélité.
 

UN DOUBLE « COUP DE CHAPEAU »… ET ALLONS-Y !

     7 Décembre: « Ah, ce que l’on est bien chez soi ! » Je vous salue, et remercie… ceux qui sont encore là. Il est vrai que quelques gros problèmes techniques n’ont pas permis aux compagnons de travailler comme souhaité… et souhaitable. On ne peut leur en vouloir, mais… nous avons failli à cette règle ici instituée : l’Actualité, au jour le jour. Aussi, au nom de tous, je vous prie d’excuser cette « malheureuse période de silence ».

     "Double" coup de chapeau ! disais je, et vraiment très mérité :
     Tout d’abord, à la « corporation » des chirurgiens, des infirmières et aides-soignantes, de France et de Navarre.
     Ces gens-là sont admirables ! Il est des chirurgiens qui vous emporteraient sur la lune « sans fusée », tant ils donnent confiance et sérénité. Quant « aux filles », elles sont toutes « à croquer ». Le seul problème est que la nécessité de rentabilité est telle, aujourd’hui,  dans les cliniques, qu’on n’a même plus le temps de leur courir après, dans les couloirs. A peine vous a t’on enlevé « un petit bout de vous », auquel vous teniez quand même, que vous voilà dehors, clopinant maladroitement au milieu des « aïe ! » et des « ouille ! »
     Et c’est là qu’intervient « le deuxième coup de chapeau » ! Il s’adresse, et « bien bas ! » aux toreros. A tous les toreros.
     Comment ces types-là sont ils faits ? De que métal ? De quel bois ? Nous nous plaignons, des semaines durant, après une petite « boutonnière », savamment découpée « selon les pointillés », quand ces lascars qui prennent de véritables coups de hache, bien sale et mal affûtée, se font recoudre, se relèvent, et courent comme des lapins, trois jours après, ou presque.
     Dernier « lapin » en date : Antonio Ferrera. Blessé jeudi à Quito, en estoquant son toro, il décide de supporter sa douleur, 24 heures durant, parce qu’il veut toréer sa deuxième corrida, vendredi, n’acceptant de se faire hospitaliser et opérer, qu’après avoir coupé deux autres oreilles. De quoi « ces types-là » sont ils donc faits. Aïe ! Ouille !

     Allons-y donc, pour une nouvelle période d’actualité quotidienne, tant taurine que… « de tous les jours » !
     Cela ne s’est guère arrangé ! Entre les bombes qui éclatent partout, les grèves qui font plus de mal que de bien, les couacs sociaux politiques, les fous du volant, qui sont en fait que de tristes égoïstes, même « à 40 à l’heure », on a du mal à naviguer…
     Et quand on veut naviguer, c’est pour s’engluer dans le mazout ! Saleté ! Le regard des gens de Galice fait peine à voir. Une fois de plus, la gestion des catastrophiques marées noires est victime de la complicité politico économique de tous… Quant à nous, en bords de terre Basque, nous le voyons venir, ce titre : « Pâques au tison ; Noël… au goudron ! ». Maldita sea !

     Allons-y donc ! Un petit « avis à la population », cependant : « L’Académie » ayant recommandé « la grasse matinée », la page sera réactualisée, chaque jour, vers midi… pendant trois semaines environ. Puis, rendez vous « à l’aube » dès le 1er janvier 2003.

     Je remercie vraiment tous ceux qui m’ont envoyé des mails. Pas à dire, il y a des vrais gentils ! Alors, à tous, un grand bonjour, un grand merci ! Aux Chirurgiens et à leurs équipes, un grand bravo ! Et aux toreros, un grand « Suerte ! »
     Et Allons-y !!!!

 

L’ACTUALITE… EN QUELQUES POINTS !

     7 Décembre : Bien entendu, la plus grande partie de l’actualité se centre sur l’Amérique, centrale, et du Sud.

     A Mexico, Enrique Ponce a fait un tabac, le 24 Novembre, coupant deux oreilles à un bon toro de Teofilo Gomez, tandis que Jorge Gutierrez en faisait de même, mais sous quelques protestations, et que le jeune Alejandro Amaya laissait poindre des détails de très grande classe, perdus dans une malchance noire au sorteo. Pour les amateurs de statistiques et autres éphémérides, Alejandro Amaya a confirmé son alternative devant le toro « Mano Negra » - N°89 – 470 Kgs – Berrendo – de Téofilo Gomez. Il fut ovationné, et donna une vuelta, au sobrero septième qu’il offrit en supplément. Torero à suivre.

     Le dimanche suivant, 1er décembre, on attendait la présentation à La Monumental, et la confirmation du « tourbillon » Fandi. Il est venu, a confirmé… mais s’est planté ! Certes, malchance au sorteo ! Certes, une grande bonne volonté ! Mais, certes… une actuacion très inégale, pleine de grande vaillance, un peu brouillonne. Confirmation d’alternative « mexicaine », devant le toro « Caramelo » - 527 kgs – entrepelado- de Xajay. Silence partout, pour le Fandi. Après la dernière sortie en plaza de Madrid, ce revers pourrait bien avoir quelques conséquences.
     De fait, c’est « le parrain », Zotoluco qui a mis le feu : Deux oreilles au toro « Almendrito », et grosse sortie a hombros de la Monumental ; De son côté, le témoin, Rafael Ortega ne put qu’affronter vaillamment le plus mauvais lot.

     Et la saison continue, à la Mejico. Profitant de son triomphe, Ponce a bien confirmé qu’il ne viendrait pas, le 22 décembre, préférant préparer Noël à la maison. Fandi, quant à lui ne sera pas là, le 15, comme prévu, mais reviendra en janvier.
     Ce dimanche, l’entrée sera pauvre, car du fait da quelque soucis de "contratacion" avec Joselito, le cartel est modeste : Toros de Rancho Seco, pour Rodriguez Santos, à cheval ; Alfredo Gutierrez et Fermin Spinola.
     En parlant « d’entrées », on ne peut dire que les corridas font grandes recette, actuellement à la Monumental : Un tiers de plaza, le 17 novembre, pour la confirmation de Ferrera ; Deux tiers, pour la présence de Ponce, le 24 ; Demi-arène, pour la venue du Fandi, diamnche dernier… Demain : Un petit quart ?

     L’actualité, c’est aussi le Pérou ! Là, c’est clair : Les entrées sont catastrophiques. Instabilité politique, économique, sociale, et donc… no va nadie a la plaza ! Ajoutons à cela l’absence de toreros nationaux, et le Christ de Lima « ne fait pas de miracles » !
     Demain, la dernière de feria, qui réunit le Fandi et les deux meilleurs de la Feria. « Faite » pour le torero granadino, la feria risque de lui échapper, car, en deux courses, un torero a mis tout le monde « au garde à vous », et risque bien de remporter, demain, le fameux scapulaire d’Or.
     Ce torero : Cesar Jimenez. Premier triomphe « d’art et d’émotion », le 24 novembre : Grande présentation, grande faena, et une terrible voltige, en estoquant le dernier toro du Real de Saltillo. A se faire tuer net, décapiter, écarteler, hacher menu ! Par quel miracle s’en sort il ? Dieu existe vraiment, et est un grand aficionado. Enorme triomphe et sortie a hombros, la tête en sang.
     Dimanche dernier, Jimenez revient, triomphe à nouveau (deux oreilles à un de San Mateo) et devient le « Cesar » du Pérou. Demain, il jouera la finale, avec le Fandi et le troisième qui n’est autre que Vicente Barrera, torero adulé à Lima. La corrida sera de Juan Manuel Roca Rey.

     L’actualité, c’est enfin l’Equateur : La feria de Quito. Au bilan de cette grande feria en Equateur : "Mitad, mitad !"
     Le 30 novembre, la première de feria vit un Joselito râlant comme un pendu, parce que son matériel était bloqué à l’aéroport (C’est le Juli qui lui prêta le sien). La corrida de Huagrahuasi manqua de race et de forces. Joselito : de bons détails et quelques bravos - El juli se battit devant un lot désespérant : bloqué, son premier et « de mala uva », le cinquième - Du coup, c’est le national, Cruz Ordoñez qui touche le meilleur de la tarde, le sixième. Si l’on y ajoute le chauvinisme logique, on obtient une oreille pour l’équatorien.

     Le 1er décembre, le festival, hommage à Manolo Cadena, voit un faenon de Damaso Gonzalez, face à un novillo de Santa Rosa. Triomphe total du vétéran albaceteño, qui peut revenir quand il veut.

     Le 2 Décembre, Cesar Jimenez, le visage totalement méconnaissable, suite à la voltige de la veille à Lima, se présente et fait un tabac : Elégance, temple, toreria. Grosse oreille au troisième, et nouvelle voltige, au dernier qu’il tua mal - Joselito se montra irrégulier, bougon. « No se acoplo », et tua mal – Juan Pablo Diaz bénéficia des largesses de son public, mais se montra loin de la classe des collègues espagnols : Bonne volonté brouillonne, bullidora ; vaillance banderillera.. y poco mas. La corrida de Cobos « se dejo ».

     Mardi 3 décembre : Abellan décide d’inviter les copains à banderiller, avant qu’ils ne le fassent eux-mêmes, et l’obligent à se ridiculiser. Il le fera, vaillamment, mais « inégalement ». Pour le reste : « ca la mi teux ! » avec l’acier – Juli monte un faenon au deuxième de Mirafuente. Complet en tout, et torerisimo ! Deux oreilles. Il repartait pour un triomphe à son second, mais… deux pinchazos – El Fandi fit de tout, brillant aux palos, et toréant très bien le sixième. Oreille.

     Mercredi 4 décembre : Excellente novillada de Huagrahuasi. Six novillos à emporter à la maison! Les toreros ont coupé une oreille, chacun : Diego Rivas a coupé au deuxième, mais « l’a laissé passer »… Salvador Vega a touché les deux plus racés, compliqués. On le vit bien au capote, notamment dans le quite « de la media luna » (gaonera, le capote plié en deux). Un peu inégal en qualité – Miguel Angel Perera fit preuve d’une grande envie de toréer avec classe, lenteur, majesté. Il y parvint, parfois. La novillada offrait d’autres possibilités.

    Jeudi 5 Décembre : Corrida de Santa Rosa. Antonio Ferrera débute « crispé et crispant ». Le public n’accroche pas. Par contre, il va créer l’émotion devant son second, banderillant spectaculairement, toréant avec ferveur, et se faisant prendre en portant l’estocade : cornada de trois centimètres de profondeur, à la cuisse droite. Deux oreilles. – Fandi connut de durs passages aux banderilles, face à deux « tordus » qui n’avaient pas vu le film, et voulaient le gagner de vitesse. Le garçon s’accrocha, muleta en main, et coupa une oreille – Carlos Yanes, torero équatorien, se montra sobre et adroit. Temple, fermeté, notamment devant son premier dont il obtint une oreille. Par contre, il manqua « un peu » son estocade au suivant : Epée de travers « au milieu » du dos !

     Hier, vendredi 6 Décembre (ouf !): très bonne corrida composée de trois de Triana (1,2,6ème) et trois de Huagrahuasi. Bonne qualité, en général. Oreille par deux fois, pour un Espla, très facile et toujours aussi malin, même sous ces latitudes… - Oreille par deux fois, pour un Ferrera, vaillant et torero, malgré sa blessure restée ouverte. Il attendit la fin de ce deuxième contrat pour se faire hospitaliser et opérer. « Idiot… mais, Chapeau ! »- Juan Pablo Diaz se maintint à la hauteur des circonstances : Oreille et vuelta.

     La feria se termine demain, avec l’entrée de Robleño, pour un unique contrat. A priori, le trophée ne peut échapper à Antonio Ferrera, à moins que la qualité du Juli, ou de Jimenez, ne prévalent.

     Demain, dans cette même page, l’Actualité « Espagnole » :
    Jesulin de Ubrique « revient », en 2003 : 50 à 60 corridas… et ce n’est pas pour de l’argent : « Avec ce que j’ai, je ne pourrais pas m’acheter la moitié de l’Espagne… mais bien le quart ! » Vaya !
     Le concours pour la Monumental de Madrid : On connaîtra le gagnant… Lundi.
     La Casa « Chopera » entre sur le concours pour Zaragoza. Ainsi, elle étendrait sa suprématie sur toutes les grandes arènes du nord de la péninsule.

 

BON ANNIVERSAIRE, « MONSIEUR » CESAR !

     8 Décembre : Cesar Rincon fête aujourd’hui le 20ème anniversaire de son alternative. C’était le 8 décembre 82, en plaza de Bogota. Antoñete lui cédait le toro « Filigrana », de Vistahermosa, en présence de Manzanares. La Colombie comptait un nouveau matador de toros. Elle ne savait pas qu’elle venait de voir naître une figure du toreo.
     Dieu seul sait les efforts, les rages et les tristesses qu’aura endurés le petit bogotano… Dieu seul sait les coups reçus, « les bleus à l’âme »…
     L’Aficion, elle, lut d’un air distrait, la noticia de la cornada de Palmira… Par contre, elle se passionna pour l’explosion de Rincon en 1991 : quatre sorties a hombros de Las Ventas, la même année. Une légende nouvelle ! Une légende bien vivante… Un torerazo !
     On connaît la suite… Pétri de qualités toreras, sincère jusque dans ses échecs, Rincon tint dragée haute aux ténors de l’escalafon espagnol. Seul l’a vaincu… la maladie.

     Aujourd’hui, après une terrible traversée du désert qui, paradoxalement, est peut-être son plus grand triomphe, Cesar Rincon reprend l’épée.
     Plus de quinze festivals en Espagne ; beaucoup de campo ; des toros a puerta cerrada… Le matador se sent revivre, tout en sachant que son dur combat n’est pas terminé. « Je sais que je devrai continuer mon traitement, passer des contrôles, régulièrement… J’espère pouvoir toréer 20 à 30 corridas, l’an prochain. J’irai à Madrid, en Arles, mais je ne pourrai toréer dans toutes les ferias. On verra… mais au moins, je ne m’en irai pas avec la frustration d’avoir été vaincu par la maladie ».

     Pour le moment, Cesar est « chez lui », en Colombie, où son retour marque l’actualité de tout un pays, de tout un peuple.
     Vendredi dernier, il a toréé plusieurs becerras et un novillo, dans la finca de Juan Bernardo Caicedo, près de Bogota. Les privilégiés présents l’ont trouvé « en grande forme, mejor que nunca ! »
     Ce dimanche, Rincon fêtera « son » anniversaire, au cours d’un festival dans la plazita de Paipa, qui porte le nom de sa mère, Plaza Maria Teresa Ramirez de Rincon. Puis l’entraînement, encore et toujours, pour être au point, le 4 Janvier, pour la réapparition officielle, « vestido de luces », en plaza de Cartagena de Indias. Le diestro colombien participera ensuite aux ferias de Manizales et Medellin, puis sera la base de la temporada en sa plaza Santamaria de Bogota. Après un tour au Venezuela, ce sera le retour en Espagne, et la rentrée… probablement à Olivenza, début mars…

     On reste pantois devant le parcours de ce diestro, tout « pundonor ». Maintenant, une question se pose, et même deux :  
     Comment le public le traitera t’il, une fois passée la première ovation de bienvenue ? Et comment le torero répondra t’il à l’attente des aficionados ? »
     Quoiqu'il en soit, et même s’il ne torée pas beaucoup, Cesar Rincon sera l’un des grands centres d’intérêt de la temporada qui point à l’horizon.
     « Suerte Señor ! Y… Feliz Cumpleaños, Matador ! »

 

AMERIQUE : PONCE TERMINE BIEN… JOSELITO COMMENCE MAL.

     8 Décembre : Les deux corridas d’hier, au Mexique, ont vu Enrique Ponce terminer sa mini tournée 2002, avec une oreille en poche, tandis que Joselito entrait dans la temporada mexicaine « par la petite porte ».
     Après son triomphe de Mexico, le 24 Novembre, Ponce peut passer Noël au chaud. Par contre, Joselito court toujours après sa première oreille, de puis Zaragoza. Le madrilène doit, quand même, « régler son tir », avant son paseo, le 22 Novembre, à La Mexico. Pour le moment, après Quito, c’est un concert de « hauts et de bas », qui ne dit rien qui vaille, à l’aube de 2003, en Espagne. Attendons.

     7 Décembre – QUERETARO (Mexique) – 4ème de la Feria de Navidad – Moins d’une demi-plaza : Devant un lot compliqué de La Gloria, Jorge Gutierrez a fait le maximum, tout en sachant qu’il s’escrimait en vain. Silence et Ovation – Enrique Ponce fit preuve de son intelligence et de son habituelle technique. Ovation au deuxième, et la seule oreille de la journée, au cinquième – Alejandro Amaya ne put que réduire ses adversaires, et les tuer au plus vite. Silence partout.

     7 Décembre – PUEBLA (Mexique)  - ¾ de plaza : Beaucoup d’oreilles attribuées, dont certaine furent un peu  chahutées. Corrida de San Martin, de bon jeu.
     A Cheval, Pablo Hermoso de Mendoza a fait grande démonstration, coupant deux et une oreilles, respectivement.
     Côté matadors, Joselito n’a pu faire mieux que : Silence et quelques bravos ! – Oscar San Roman coupa un trophée à chaque adversaire – Le triomphateur de la course, avec l’appui du public, fut Ruben Ortega, qui recevait l’alternative : Oreille et deux oreilles.

 

QUITO : ANTONIO FERRERA, PLUS GRAVEMENT ATTEINT QUE L’ON NE CROYAIT.

     8 Décembre : Lors de l’opération chirurgicale qui suivi le deuxième triomphe de Ferrera, vendredi soir, à Quito, les médecins ont découvert une nouvelle trajectoire, sous cutanée, qui avait échappé à la première « reconnaissance ».
     Au bilan global de la blessure : trois trajectoires, en coup de fouet, longues, peu profondes, mais probablement très douloureuses : 5, 10 et 15 centimètres, respectivement.
     Comment Ferrera a t’il fait pour supporter cela, plus de 24 heures durant ? Où a t’il trouvé les ressources pour s’habiller, faire le paseo, banderiller, toréer… et triompher ? Allez donc savoir ! C’est toute la différence entre ces êtres incroyables, que l’on nomme Toreros, et nous…
     Antonio Ferrera a aussitôt pris l’avion pour Madrid. Retour prévu, à Cali.

     Pendant ce temps, Quito célébrait sa troisième novillada, fêtant un gros triomphe de Jesuli de Torrecera, qui a fait honneur à son « premier rang » à l’Escalafon des novilleros en 2002, en Europe.

     7 Décembre : QUITO (Equateur)  - Avant dernière de Feria – ¾ de plaza : Trois bons novillos de Santa Rosa (sortis en premiers) et trois de Campo Bravo, plus éteints.
     Jesuli de Torrecera a fait un tabac devant le premier, « Desalmado », excellent novillo de Santa Rosa. Bonne faena et grande estocade. Deux oreilles et vuelta au novillo. Le gaditano a coupé une oreille à son second, qui fut un peu protestée – Fernando Cruz se montra vaillant face à son premier, écoutant une bonne ovation. Cela se passa moins bien, face au cinquième. Silence, après avis -  Le jeune torero équatorien Jose Antonio Benitez se montra bien vert. Silence et ovation, après un avis.

     Ce dimanche 8 décembre se terminent deux grandes ferias d’Amérique du Sud : Quito et Lima. C’est vers cette dernière que tous les regards convergeront, en raison du duel que devraient se livrer Vicente Barrera, El Fandi et Cesar Jimenez. Ce dernier semble jouir de tous les pronostics. Cependant, tout dépendra des toros… et des circonstances, un nouvel attentat ayant décomposé le lot prévu, de Roca Rey.

 

« MANQUAIT PLUS QUE CA ! » (Edito court)

     9 Décembre : Le compagnon « Corrida.net » révèle aujourd’hui un « fait d’Hiver », qui ne va pas manquer de faire jaser dans tous les patios de caballos. Mais, n’étant pas « abonné », on n’a pu « approfondir », (si j’ose dire)…
     La nouvelle est la suivante : Les toreros français auraient l’intention de poser « tous nus », pour un calendrier, qui, on l’imagine, serait vendu au profit de leurs bonnes œuvres.
     Bien entendu, chacun a le droit de faire ce qu’il veut de son corps, y compris les plus grandes folies… Déjà, des commerçants, des pompiers, l’équipe de rugby de quelque village français sont entrés dans la combine, sous les sourire goguenard de certains, et « l’œil allumé » de certaines… Bon !
     Cependant, on a ici une autre opinion de ce que veut dire le mot « torero ». Et le costume de lumières implique un autre « pundonor »…de la part de celui qui prétend le porter. Quoique l’on en pense, il garde un caractère mystique, presque « sacré », qui implique une admiration sans bornes, pour ceux qui le revêtent, quel que soit leur talent, leur succès, leur avenir.
     Les toreros français, s’ils sont toreros, feraient bien de « recapacitar », car, pour trois qui vont trouver leur entreprise « sympathique », il en est un certain nombre d’autres qui vont définitivement leur fermer leur cœur, et leurs portes…
     Enfin ! Ils pourront toujours intituler leur calendrier : « De piton… a rabo ! »

 

CESAR JIMENEZ, « SCAPULAIRE D'OR » DE LIMA.

     9 Décembre : Comme on pouvait s’en douter, pour peu que la chance ébauche un sourire, Cesar Jimenez était le grand favori de la finale, hier, de la Feria du Cristo de Los Milagros, en plaza de Acho, à Lima, au Pérou. Devant une entrée encore une fois désastreuse, Fandi et Jimenez se sont disputés le trophée, en mano a mano, devant un lot inégal de Juan Manuel Roca Rey.
     On sait l’impact qu’avait causé Cesar Jimenez, lors de ses deux précédents paseos. Cette bonne impression s’était confirmée lors du Festival Pancho Fierro, à la veille de la finale, où le madrilène avait encore un fois triomphé.
     Les deux toreros sont sortis a hombros, ayant chacun coupé deux oreilles, mais les circonstances et le bilan global de la feria n’ont laissé planer aucun doute : Cesar Jimenez remporte le fameux « Scapulaire d’Or » de la Feria de Lima 2002.
     Cependant, deux petites inquiétudes : Cesar Jimenez se fait souvent prendre (encore un fois, hier, avec cornadita de 12 cms) et, d’autre part, les systématiques débuts de faena, les deux genoux en terre, risquent bien de finir par lasser le public. La temporada 2003 sera, à ces deux niveaux, capitale.

    8 Décembre – LIMA (Pérou) – Dernière corrida de la Feria du « Cristo de los Milagros » - Demi-plaza :
     Toros de Juan Manuel Roca Rey, de présentation et de comportement très inégaux. Le deuxième manifesta beaucoup de sentido ;  bon, le troisième et excellent le dernier, que l’on honora de la vuelta posthume.
     Du fait de la cogida de Jimenez, au 2ème de la tarde, Fandi a lidié les 1, 3 et 4èmes toros, le madrilène sortant de l’infirmerie pour prendre les 5 et 6èmes.
     El Fandi (Vuelta – Deux oreilles – Silence) : Vêtu de bleu ciel et or, le granadino s’est dépensé tout l’après midi, face à un lot très irrégulier. Deux grandes paires de banderilles de la moviolza, et un violin, au premier, précédèrent une faena qui débuta brillamment, avant que le toro, noble, ne s’éteigne. Deux largas à genoux au troisième ; quiebro au centre, cité à genoux ; bonne faena, avec de très longs muletazos, à un toro noble et « con recorrido ». Final spectaculaire et bonne estocade. Deux oreilles. A ce moment, le Fandi est triomphateur, d’autant que Jimenez est blessé. Le quatrième sera reçu à genoux, par véroniques et chicuelinas. Hélas, le toro s’arrêtera complètement, et le Fandi ira vainement le citer « en tablas ».  
     Cesar Jimenez (Silence – Applaudissements – Deux oreilles) attaqua très fort, face à un premier toro qui se montra très malin et dangereux. Début de faena les deux genoux en terre, et vilaine cogida, le torero, de rouge et or vêtu, recevant une grosse estafilade de 12 cms, à la cuisse droite. A son retour de l’infirmerie, le madrilène ne put se confier devant un cinquième toro manso et fuyard. Par contre, le panorama changea complètement devant le dernier, reçu par grandes véroniques, en mettant les reins et une extraordinaire demie. La faena, encore une fois, débuta les deux genoux en terre », pour une longue série de dérechazos. Excellent toro qui alla « a mas », permettant au jeune diestro de longues séries liées, bien que les passes soient courtes et rapides. Faena de gros impact sur le public, élégamment terminée par des roblesinas, et une bonne entière. Deux oreilles, le public retourné, la sortie a hombros, en compagnie du Fandi, et au final… le Trophée de la Feria.

 

LE JULI REMPORTE LE TROPHEE DE QUITO

     9 Décembre : A peine la dernière corrida s’était elle terminée, que le jury se réunissait et dictait son verdict : Le trophée du « Cristo del Grand Poder 2002 » était attribué, à la majorité des voix au Juli, suite à sa magnifique sortie du 3 décembre, face aux toros de Mirafuente. On se souvient que le torero se montra pléthorique, coupant deux oreilles à son premier, et manquant deux autres, pour deux pinchazos.

     La dernière corrida de la feria n’a rien donné, excepté « pour l’anecdote ». Voyant que son lot ne lui permettait rien, Fernando Robleño, deuxième au cartel, demanda le sobrero. Du coup, Abellan, qui était chef de lidia, en fit de même. On lidia donc deux sobreros, au grand dam du diestro national Cruz Ordoñez, qui prit ombrage du fait que les deux espagnols annoncèrent leur décision, sans l’en informer auparavant. Le garçon faillit bien quitter la plaza, mais Abellan put le convaincre de rester, on l’imagine, en s’excusant.

     8 Décembre – QUITO (Equateur) – Dernière corrida de Feria – Lleno : Corrida très décevante, composée de trois toros de Atocha (1,4,6èmes) et trois de Campuzano Nuñez. Lot décasté, vilain, sans aucune possibilité. Par contre, le premier des sobreros de Huagrahuasi  fut le plus maniable du jour.
     Miguel Abellan (Ovation – Oreille – Oreille) se montra très volontaire et torero toute la tarde. Contrairement à la fois précédente, il tua fort bien, ce qui lui valut de couper les trophées.
    Fernando Robleño (Silence – Vuelta – Ovation) a connu une poisse terrible, à l’occasion de sa présentation à Quito. Aucune option, aucune possibilité d’aligner trois muletazos suivis. La seule sortie : La vaillance et la sincérité.
     Cruz Ordoñez ne put rien faire, lui non plus. Silence par deux fois, et une bonne rogne à la clef. Mauvaise journée, décidément.

Les trophées de la Feria de Quito 2002 :
     Trophée du « Cristo del Gran Poder » : El Juli.
     Trophée au Toro de la Feria : « Sombrito », de Campo Bravo, lidié par Antonio  Ferrera, le 5 Décembre ;
     Meilleure corrida : Carlos Manuel Cobo
     Meilleur Novillero : Jesuli de Torrecera
     Trophée à  « La Maestria del Toreo » : Luis Francisco Espla
     Trophée à la meilleure estocade : Juan Pablo Diaz.

 

MEXICO : TRIOMPHE « EN CATIMINI »

     9 Décembre : On se doutait bien que l’entrée serait « chiche », hier, à la Monumental de Mexico… mais 5000 personnes, là où on peut en loger officiellement 42000… ça fait pas beaucoup. Pour arranger le tout, il faisait froid, et il pleuvina au début. Ne manquaient plus que quelques plaques de mazout…
     Et pourtant, les absents ont eu tort. La corrida a donné du jeu, et a connu de très bons passages, notamment avec Fermin Spinola, au troisième. Deux oreilles pour le jeune mexicain, après une faena d’émotion et de toreria. Une sortie a hombros, forcément discrète, mais qui doit ouvrir d’autres perspectives au diestro aztèque, et une répétition en meilleure compagnie.

     8 Décembre – MEXICO (Plaza Monumental) – 5 à 6000 personnes – Mauvais temps : Corrida de Rancho Seco, très bien présentée, de comportement  un peu inégal, les trois premiers donnant du jeu, en particulier le troisième, qui fut honoré d’un « arrastre lento ».
     Le cavalier Rodrigo Santos coupa l’oreille du premier, après une lidia qui débuta timidement, au rejon de castigo, mais prit de l’assurance, avec les banderilles. Par contre, sa sortie fut beaucoup plus inégale au quatrième, le toro s’arrêtant rapidement. Cependant, on nota certaines suertes de son invention, comme une paire de « cortas », citées de dos, qu’il a baptisée « Santinas ». Vuelta al ruedo pour le rejoneador mexicain.
     Alfredo Gutierrez (Silence après avis – Ovation) s’est montré très volontaire devant son premier, un magnifique melocoton, malheureusement victime d’une mauvaise crampe au cours du combat. Le toro était noble, et Gutierrez le toréa avec temple et bon goût. Hélas, l’épée lui refusa le succès. Le cinquième était feo, très haut, et montrait du sentido. Le jeune diestro se battit bien, au prix d’une voltereta, réussit à le dominer, et le tua correctement. Petite pétition, et bonne ovation.
     Fermin Spinola (Deux oreilles – Silence) est tombé sur l’excellent troisième, un toro brave, fijo, avec une longue charge. Bien au capote, Spinola posa trois grandes paires de banderilles, en particulier la dernière, qui leva le public : Partant pour un poder a poder, le torero s’arrête, juste au moment de la réunion, et pose « al quiebro ». Vaya ! Grande faena, grâce à l’impétueuse charge du bicho, et la vaillance du diestro qui « se le passa très près », et tua sans bavure, le toro sortant « rodado » de l’estocade. Pétition unanime et deux oreilles que le président finit par accorder.
     Le dernier était d’un autre acabit. Très vilaine cogida, Spinola tombant mal, sur l’épaule gauche. Pas de bobo, heureusement, mais un final en cinq entrées a matar. Silence qui précéda les bravos accompagnant la sortie a hombros.

 

EN ESPAGNE: MADRID… JESULIN…ZARAGOZA… CAPEA JUNIOR…

     9 Décembre : On dirait du morse! En fait, « y a de ça ! » L’actualité de la semaine passée a eu plusieurs centres d’intérêt,  que l’on peut rapidement passer en revue :

     Madrid : A l’heure où paraîtra cette chronique, les choses seront réglées : On connaîtra, ce lundi, qui sera le futur patron de Las Ventas. Un dossier qui, certes, n’atteint pas les 11800 pages du « livre de chevet » irakien de monsieur Bush, mais qui a fait quand même couler beaucoup d’encre, depuis Septembre.
     Verdict madrilène, aujourd’hui. A priori, cela se passe entre les Lozano et Ruedo Madrileño… Mais, ce sera un probable « remake » de la Lozano Story.
     Luis Alvarez, contacté à ce sujet, semble ne pas se faire de trop grosses illusions. Par contre, il met tout son espoir et va mettre toute son aficion et sa compétence, à mener la destinée d’un jeune torero, dont il révèlera le nom, officiellement, mercredi. On ne dit rien, on respecte… mais cela doit nous faire plaisir.

     Jesulin de Ubrique a officiellement annoncé son retour, au cours d’une conférence de presse qui a réuni la presse et la jet set, « plus ou moins » taurines. Janeiro qui, on le sait, avait eu ce terrible accident de voiture, en rentrant d’une partie de chasse, le 23 septembre 2001, n’est pas totalement remis. Il devra toréer avec un corset, et les médecins n’ont pas fini de lui faire les gros yeux.
     Le torero avoue souffrir encore beaucoup, et savoir ce que peut lui coûter une mauvaise voltereta. Cependant, il revient, très sérieusement, et désire toréer entre 55 et 65 corridas. A priori, son retour aura lieu à Olivenza. On parle même d’un « unico espada ». A suivre.

     La plaza de Zaragoza a des prétendants de marque. On sait que la réhabilitation de la plaza, et de ce fait, la perte d’un grand nombre de places, ont donné lieu à la modification du contrat passé avec la Comunidad, et donc, la convocation d’un nouveau concours d’arrendamiento. Parmi les solides candidats, « La Casa Chopera », qui se présentera en société avec Ignacio Zorita (pour 15% des parts), et Angel Muñoz Gil, (pour 10%). A n’en pas douter, les jeunes Chopera, dans la lignée de leur père récemment disparu, pourraient asseoir, en Aragon, la suprématie de la grande empresa basque, sur les grandes plazas du nord.

     Pedro Moya « Niño de la Capea » ne pourra empêcher son fils d’être torero. Après avoir exigé de lui qu’il termine ses études universitaires, le torero figura salmantino va bien devoir l’aider, puisque la décision semble prise : Le fils du Capea va débuter, l’an prochain, avec picadors. A priori, Jose Cutiño est déjà sur les rangs, pour un début « por lo alto » en plaza de Olivenza, toréant avec le fils Manzanares.
     Bon ! mesdames, préparez vos loupes et vos limes à ongles… à moins que la punition « mugronaise » de 2002 ait, enfin, vraiment servi de leçon ! Peut on le croire Don Jose Mari « et fils ». Peut on l’espérer, Don Pedro… « et fils » ?

 

MADRID, DANS LA CONTINUITE…

     10 Décembre : Donc, comme on pouvait s’y attendre, les Lozano et leur empresa « Toresma II » sont reconduits à la tête de la Monumental de Las Ventas, pour deux ans, officiellement, avec possibilité de trois ans de prolongation. Voilà de quoi voir venir.
     13 ans, patrons de la première plaza d’Espagne, et du monde. Cela fait un bail. Les frères Jose Luis, Eduardo et Pablo Lozano avaient pris les rênes en 1990, à la suite de Manolo Chopera. Le grand Basque leur avait laissé un magnifique outil, que la nouvelle empresa a encore perfectionné. Sans faire une impossible unanimité, Toresma a compté sur le soutien de l’aficion, ce que n’a pas manqué de souligner, hier, Jose Luis Lozano, en remerciant le public de son appui, en particulier « ceux du 8 » et ceux « del Siete ».
     13 ans à la tête de cette immense machinerie. Des rouages bien huilés, que l’on va à peine rectifier : 85 spectacles taurins, en 2003, (dont 45 corridas, 23 novilladas et 5 corridas de rejoneo). Cela fait 4 spectacles de plus que l’an passé.
     Ce qui va légèrement changer : Toresma va « rajeunir » les cadres. Les « anciens » vont laisser le devant de la sellette à la « garde Lozano » montante, les trois fils de Pablo que l’on connaît déjà : Pablo, Fernando, qui fut matador ; et Luis Manuel, actuel apoderado Manolo Caballero et Cesar Rincon.

     La reconduction de la Casa Lozano, à la tête de Madrid, est elle un bien ?
     Oui, parce que leur précédente  gestion semble avoir contenté la majorité, tant au plan économique, artistique, qu’au plan « ganado ». Le « toro de Madrid » n’est plus aussi « exagéré » que par le passé, et l’on doit au Lozano d’avoir, en partie, réussi a faire comprendre à la masse, que « Trapio » ne voulait pas dire « des tonnes de viande »…
     Non, parce que tant de sagesse et de rigueur nuisent à la créativité, à l’imagination, au petit grain de folie. Madrid est et restera « une cathédrale » où, quelque soit sa religion et ses idées, chacun se découvre en entrant, et respecte le lieu. Madrid restera donc « politiquement » et « taurinement » correcte, mais ne fera pas haleter d’impatience, sursauter de surprise, bondir d’émotion…

     Les résultats du concours d’adjudication ont été révélés hier à la mi-journée. Le président du Centre des Affaires Taurines de la Ville de Madrid, Pedro Gomez Ballesteros a donné le classement, en soulignant bien que « le jury » avait attribué les points en suivant, au pied de la lettre, les conditions fixées au cahier des charges. Bien entendu, avaient prévalues l’expérience, à la tête de plazas importantes, en particulier dans les dernières années. A ce jeu-là, il est bien évident que Toresma portait déjà le maillot jaune.
     Au classement définitif, on obtenait donc les résultats suivants : Toresma II arrivait en tête, avec 79,5 points, devant « Toros Cibeles » de Justo Ojeda (74 points) ; « Ruedo Madrileño » de l’Association Cutiño et des grands noms du mundillo, comme Luis Alvarez (73,5 points) ; « Servicios Banf 2000 », de l’équipe Simon Casas (avec 73 points). Les deux derniers candidats se trouvaient à quelques longueurs, avec la Société Balaña (67 points) et celle de Paco Dorado qui fermait la marche, avec 47 points.

     Ces résultats ont suscité des réactions diverses, chez les candidats : Si Balaña a passé un communiqué de félicitations aux « reconduits », les autres « éconduits » ont un peu rué dans les brancards. On s’en doute, celui qui a fait le plus de bruit : Simon Casas, qui va déposer rien moins que quatre recours. On peut lui faire confiance, il ira jusqu’au bout. Ce à quoi Ballesteros a répondu d’une pichenette : « C’est son droit ! Qu’il le fasse ! ».
     De son côté, Justo Ojeda a également haussé le ton, en même temps que ses imposantes épaules : « On va examiner chaque détail de la décision, et on verra ce que l’on décidera ». Du côté de « Ruedo Madrileño », on se contente de murmurer qu’avec de telles pressions politiques, « il y avait peu de chance de… »

     Madrid va donc continuer « telle qu’en elle-même », avec ses hauts et ses bas « moyens », son vent et ses deux torileros gymnastes…
     La temporada 2003 a donc débuté hier, à la mi-journée, dans les bureaux de La Monumental. Jose Luis Lozano a déjà annoncé que cette nouvelle saison ouvrira par un Festival au bénéfice de ceux qui ont tout perdu, même l’espoir, à cause de la folie des hommes : les gens de Galice, ruinés par la catastrophe du « Prestige ».

     Ainsi donc se termine un des feuilletons de l’hiver, relativement mauvais, d’ailleurs, puisque beaucoup en devinaient le dénouement.
     13 ans ! « Au fait, depuis quand durent « Les feux de l’Amour » ?

 

NÎMES : FEVRIER « FRILEUX »

     10 Décembre : Vraiment, « 1990 » n’aurait pas du exister ! Cette étincelante « Feria des Mimosas 90 » reste en nos mémoires comme la référence de « la grande trouvaille » et d’un inoubliable feu d’artifice d’Aficion et de toreria.
     Depuis, les « Févriers » se sont succédés, et, sur leur lancée, des centaines d’aficionados ont mis le cap du « la Bulle ». Ils le feront encore, et on le souhaite. Mais… quelque chose est cassé. Quelque chose manque ! La feria de Février est devenue… comme Madrid : Impeccable, taurinement correcte, mais sans ce grain de folie qui faisait l’exception…

     La feria 2003 se base sur l’alternative de Salvador Vega. « On s’en félicite », comme dirait l’autre… mais on aurait préféré, pour le Malagueño, une alternative au soleil d’Avril, un jour de Farolillos, à Séville. Question de goût ! Pour le reste, deux novilladas et une de Rejoneo, encadrant une non piquée matinale…
     Pues bien…pero !
     A n’en pas douter, Nîmes doit « faire attention » et les résultats économiques de l’an passé résonnent durement à l’esprit du créateur. Il faut donc « être sage », mais, « en étant sage », on risque de décevoir un tant soi peu, et d’obtenir des résultats encore plus décevants. On ne le souhaite pas, mais  le public est versatile. Trop bien habitué, il  brûle vite ce qu’il a adoré.
     Nîmes aura t’elle donc la force de relancer son « Février » ? On le lui souhaite, ne serait ce que pour le souvenir « des rêves passés ».

La feria de Févier 2003 se présente ainsi :
     Vendredi 14 Février, en nocturne : Novillos de La Quinta, pour Francisco Jose Palazon, Jonathan Veyrunes et Javier Perea.
     Samedi 15 Février au matin : Novillada sin picar.
     Samedi 15 Février, après-midi : Novillada de Fuente Ymbro, pour Matias Tejela, Julien Miletto et Fernando Cruz.
     Dimanche 16 Février, au matin : Corrida de Rejoneo, avec des toros de la Condesa de Sobral, pour Joao Salgueiro, Andy Cartagena et Diego Ventura
     Dimanche 16 Février, après-midi : Corrida (probablement de Jandilla) pour Joselito, Cesar Jimenez et Salvador Vega, qui recevra l’alternative

 

SEBASTIAN CASTELLA : « LA TAILLE AU-DESSUS… »

     11 Décembre : Il y a deux jours, on laissait supposer un apoderamiento qui allait nous faire plaisir… Cependant, fidèle en amitié et en la parole donnée, nous avons attendu que la nouvelle soit officiellement confirmée, pour la commenter et nous en réjouir : Luis Alvarez prend en charge Sebastien Castella.
     Que dire d’autre que ceci : Un bon torero, dans les mains d’un bon apoderado.

     Sebastien Castella a, maintes fois, démontré ses qualités toreras, son sens de l’esthétique, et son courage, malgré une apparente fragilité. Cette année, le français a démontré une grande régularité, toréant 19 corridas en Europe, pour 33 oreilles obtenues. On notera que Castella a coupé, à toutes ses sorties, sauf deux : Celle de la Feria de Dax, où on le vit un peu « ailleurs », et celle de Huesca, où il ne put donner qu’une vuelta, suite à une cogida d’importance. Par contre, on soulignera les triomphes du printemps en Arles et à Nîmes ; la grosse actuacion de Mont-de-Marsan, dans des conditions difficiles ; « le bain » qu’il a mis à Ferrera, à la Feria de Béziers (selon les propres paroles de Don Luis), et le bon succès final de Floirac.
     « Sebastian Castella  réunit toutes les qualités pour être un grand, et je vais en faire une figura ! » Ainsi s’exprime Luis Alvarez, un des derniers grands apoderados indépendants, aficionado et romantique « du bon Toreo », homme d’affaires avisé, mais qui a su garder le côté « humain », qui fait tant défaut à certains.

     En parcourant son histoire, on s’aperçoit que Luis Alvarez a mené « haut », un grand nombre de toreros. Bien sûr, on citera Cesar Rincon, qui, de toutes façons, aurait fini par éclore, mais d’autres, de moindre envergure, comme le Morenito de Maracay, qui a percé, toréé, et s’est fait riche.
     Antonio Ferrera a fortement progressé, au contact d’Alvarez. Que le triomphe de Madrid lui ait tourné la tête… c’est une autre question. Toujours est il qu’il avait là un fervent défenseur, qu’il regrettera probablement, un de ces quatre…

     Pour l’instant, Sebastien Castella est au campo, toréant un maximum, dans des ganaderias de prestige. Puis, ce sera la Colombie, avec un probable « coup de cymbale », à la Feria de Cali, où le français va toréer les corridas de Mondoñedo et Cesar Rincon, en plus de la dénommée « corrida del Toro ».
     D’ores et déjà, Luis Alvarez prépare une temporada importante pour le diestro français, avec notamment, Séville et Madrid.
     Sebastian Castella passe « à la taille au-dessus »… Les cartes sont maintenant dans ses mains. A lui de jouer ! Et à Luis de distribuer!

 

EL JULI : « AMOUR, MEXICO... ET BILBAO »

     11 Décembre : Dans quel ordre on vous les sert ?
     Commençons par le « carnet rose » : La "Tribune de Salamanca" révélait, il y a quelques jours, que le Juli était amoureux, ce qui est bien normal et réjouit tout le monde.
     Le jeune prodige est, semble t’il, tombé sous le charme d’une des descendantes de la Casa Domecq, rencontrée lors d’un des  nombreux tentaderos que le Juli torée dans les diverses ganaderias du célèbre encaste.
     Coup de foudre et violons ! Superbe et qu’ils soient heureux mille ans.
     Oui mais voilà!  les patriarches de la grande maison n’ont pas trouvé le jeune homme « digne de leur blason », et s’opposeraient à cette douce liaison…
     « Tiens bon, petit ! Prends-la en croupe sur ton cheval, et emporte-la loin ! » Bref ! Du grain à moudre pour la presse dite « du cœur », et un nouveau feuilleton qui commence…

     Mexico ! Là, c’est du sérieux. On connaît maintenant les dates du Juli à la Monumental : 19 Janvier et 5 Février. Pour ces deux dates majeures, on choisira entre quatre fers : De Santiago, Bernaldo de Quiros (qui appartient au torero), Reyes Huerta et Teofilo Gomez. A priori, ce dernier monterait au cartel de la corrida anniversaire du 5 Février, qui verrait défiler : Enrique Ponce, Zotoluco, El Juli et un jeune diestro mexicain.
     Pour le 19, on parle aussi d’une corrida de Xajay. Dans ce cas, les compagnons de cartel pourraient bien être Armillita et Zotoluco.

     Bilbao ! C’est encore plus sérieux. On sait que le Juli va toréer un certain nombre de corridas de San Martin, au cours de la prochaine temporada. Cette envie soudaine vient d’une bonne faena que Julian monta à un sobrero de Chafik, lors de la dernière feria de Logroño.
     Pour confirmer cette décision, le Juli annonce qu’il prendra une corrida de San Martin, lors de la prochaine feria de Bilbao.
     A suivre de très près, avec un petit doute : Existe t’il une corrida de San Martin, avec le trapio de Bilbao ? Les santacolomeños  de Pepe Chafik  ne brillent ni par un volume important, ni par des armures amplement développées. Par contre, « casta, bravura y nobleza »… à revendre, à condition qu’ils restent « en el tipo »…
     En tous cas, on ne peut que se féliciter de cette rencontre de « deux castes », le Juli n’ayant rien à envier à la bravoure des San Martin. Que haya suerte !

 

MEXICO : FERMIN SPINOLA, DIMANCHE, « A PLAZA LLENA »

     11 Décembre : Grand triomphe, on l’a vu, du jeune Fermin Spinola, dimanche dernier, à la Monumental de Mexico. Malheureusement, un triomphe devant 6000 personnes. La faena au toro « Pastelero » de Rancho Seco est d’ores et déjà inscrite au rang des meilleures de la temporada grande… pour ceux qui l’ont vue.
     Cependant, la récompense arrive toujours, et Fermin Spinola va faire le paseo, dimanche prochain, devant 40000 spectateurs, probablement. En effet, le jeune diestro est répété, entrant dans le cartel « des adieux de Cagancho », le légendaire cheval de Pablo Hermoso de Mendoza. Corrida « pour l’Histoire », et grand moment d’émotion en perspective : Pablo Hermoso de Mendoza, donnant la vuelta à la plaza Mexico, pleine comme un oeuf, marchant à deux pas derrière son plus fidèle compagnon et si fabuleux torero. Chair de poule garantie !
     Spinola a une chance de confirmer son triomphe « a lo grande », à condition que le sorteo accompagne, et qu’il soit remis de la lésion aux cervicales qu’a provoquée une méchante voltereta par le dernier toro de dimanche passé, et pour laquelle le torero doit porter une minerve, toute cette semaine.

     Le cartel complet de cette septième corrida de la Grande Saison, à Mexico :
     Toros de Vistahermosa, pour Pablo Hermoso de Mendoza, Oscar San Roman, Fermin Spinola et, bien sûr, « Cagancho », qui dira adieu aux golondrinas….

 

LA SOLIDARITE DU "MONDE DU TORO"…

     12 Décembre : Joli geste mis en place par la revue Internet « Mundotoro.com » : Une grande campagne de solidarité, dont les fonds seront versés aux sinistrés de Galice, des familles entières de pêcheurs et travailleurs de la mer, d’un coup ruinés par la saleté répugnante et visqueuse que constitue… la lâcheté des hommes.
     Une fois de plus, un navire se brise, sacrifié à l’autel de l’avidité, de la cupidité, de la vilenie. Une fois de plus, les plages se teintent de noir, et les beaux oiseaux libres meurent en silence, étouffés dans la mélasse du progrès… Encore une fois, des femmes, des mères pleurent parce que leurs maris ne savent plus comment ils vont nourrir leurs enfants, demain…
     Et il s’appelait « Prestige »… Il avait le front de s’appeler « Prestige » !

     Le monde taurin est ce qu’il est, parfois aussi avide, aussi cupide, aussi vil… Pourtant, humain avant tout, jusque dans ses pires défauts, il est toujours là, au moment des grands drames. La catastrophe de Galice en apporte une nouvelle preuve.
     De toutes parts arrivent des propositions de festivals au profit des sinistrés… De grands empresaris mettent leur plaza à disposition, gratuitement…
     Oh, bien entendu, des toros vont mourir, pour qu’un peu d’argent vienne secourir ceux qui pleurent… bien entendu, les antis corridas vont bondir… mais que font ils, eux ? Que donnent ils, eux ? Que proposent ils, eux ?

     L’initiative de Mundotoro est la suivante : monter et coordonner une immense « vente aux enchères », à laquelle les plus grands acteurs du mundillo apportent des lots.
     Ainsi, la majeure partie des empresas offrent des places pour leur future feria, accompagnées d’une ou plusieurs nuits d’hôtel. Un « prix de base » est fixé, et les aficionados intéressés font monter les enchères. Par exemple, deux barreras pour la corrida de Pâques à Séville, plus la nuit : Mise en vente 300Euros… est actuellement à 500.
     Il en est ainsi pour un grand nombre de plazas, de ferias, avec des gestes plus ou moins généreux. A souligner Olivenza et son empresa Jose Cutiño. Pour cette petite feria de début de temporada, qui cultive toujours l’évènementiel, deux abonos avec deux nuits d’hôtel, débutent à 240 euros. Lorsque l’on sait qu’on y verra probablement les retours de Jesulin, Cesar Rincon et un mano a mano entre les fils de Manzana et du Capea… 
     Toutes les grandes empresas participent et font des offres, de Madrid à Murcia, de Séville à Bilbao. 25 plazas ont déjà fait des offres. Une formidable chaîne de solidarité. Du côté français, Nîmes a déjà répondu, à l’occasion de sa feria de Primavera. Enhorabuena, pues !

     Coté toreros, on n’est pas de reste. Les grandes figures, actuelles et passées, vont donner des objets, des souvenirs de leur carrière passée, et tout cela sera mis en vente aux enchères. Ainsi, Curro Romero, El Juli, Ponce, Jose Tomas, Paco Ojeda, Curro Vazquez, Morante de la Puebla, Espartaco, Rivera Ordoñez, Manzanares padre, Manolo Caballero, Cesar Jimenez ont déjà agi…

     Bien entendu, on imagine qu’il y aura une date butoir, et que les dernières semaines seront enfiévrées. Mundotoro va coordonner toute cette opération qui va se prolonger, à priori, jusqu’au 31 Janvier. De plus, Mundotoro a ouvert un compte ne banque pour ceux qui voudraient aider directement.

     Toros 2000 se fait, avec plaisir, le relais de cette opération, et invite ses lecteurs à passer sur la rubrique « autres liens », afin de voir tous les détails de l’action, et toutes les offres, sur le site www.mundotoro.com : «Macrosubasta Mundotoro – Todos con Galicia ».
     Loin des grands « Il n’y a qu’à… » et autres « faut qu’on… », les aficionados agissent simplement, humainement…Asi, las cosas!

 

« CAGANCHO » PEUT PARTIR TRANQUILLE…

     12 Décembre : L’aficion de Mexico prépare le grand événement : Les adieux de « Cagancho », dimanche, à la Monumental capitalina, la plus grande plaza du monde. Après Séville, Madrid, Pamplona, Mexico fera une dernière caresse au génial cheval de Pablo Hermoso de Mendoza. D’ores et déjà, on prépare les mouchoirs.
     Le cavalier navarrais tient absolument que cet hommage au plus fidèle compagnon de sa triomphale carrière, soit une apothéose. Aussi, outre les deux toros de Vistahermosa prévus, le rejoneador « apporte » dans ses bagages, un toro sobrero, de Pepe Garfias, au cas où les titulaires ne donneraient pas les garanties nécessaires.
     Comme à Madrid, Mendoza sortira son petit cheval noir, et, en fin de lidia, le rappellera pour ses adieux : Au centre de la plaza, il coupera quelque mèche de sa crinière, comme on le fait d’une coleta. On imagine l’émotion et la formidable ovation, au moment où le cavalier et sa légendaire monture donneront le tour d’honneur, devant près de 40000 personnes, debout.
     Puis, « Cagancho » retournera dans ses pâturages, et rejoindra ses petites copines. Son « travail » n’est pas terminé… Mais là, il s’agit presque « d’un plaisir ». Vous me suivez ?
     « Cagancho » a déjà 20 à 30 rejetons, dont plusieurs promettent beaucoup. Ainsi « Caganchin » et « Gayarre » font déjà partie de la cuadra de Pablo Hermoso de Mendoza, et pourraient bien « sortir », dimanche, à Mexico.

     Tout le monde a l’air content… sauf une personne : Rocio Rodriguez, une des 19 petites filles de « Cagancho ». En effet, cette brave dame prétend que les nouvelles générations vont croire que « Cagancho », était un cheval, et seulement un cheval… oubliant ainsi Joaquin Rodriguez « Cagancho », le célèbre pharaon aux yeux verts, l’un des grands génies du toreo « calé », célèbre pour ses arabesques gitanes… ses monumentaux coups de frousse, et les scandales qui en découlaient. Vexée, la dame qui regrette que Pablo Hermoso de Mendoza n’ait même pas contacté la famille avant de baptiser son futur phénomène à quatre pattes.. Ella avait même envisagé une action en justice…mais elle a renoncé.
     Ayyyyy! Pobre « Cagancho » !  (A vous de dire « lequel » !!!)  

 

MEXICAN NEWS…

     13 Décembre : L’actualité taurine au Mexique tourne, bien entendu, autour de la corrida de dimanche, à la Monumental de Mexico, avec la despedida de « Cagancho ». Mais il est d’autres points qui attirent l’attention de l’aficionado, comme, par exemple :

     Un Empresario « hors normes » :  Il y avait longtemps que l’on avait pas entendu parler de Rafael Herrerias, le fougueux empresa de Mexico. Lui même n’en revenait pas. Aussi, il vient de se rattraper d’un coup, en menaçant de mort le président de la plaza, Ricardo Balderas qui a fait quelques déclarations fracassantes devant la décision de l’Empresa de faire sortir un sobrero pour Alejandro Amaya, le 24 Novembre, alors que lui, Juez de Plaza, n’en avait pas donné l’autorisation !
     Hombre, à Mexico, le poste de président, appelé « Juez de plaza » est très sérieux, occupé à plein temps par un professionnel. Comme un chef dans la cuisine d’un grand restaurant, il est « le patron », et même le directeur général doit devant lui, la mettre « en feu doux » !  Bien entendu, c’est valable pour tous, sauf Herrerias, qui passe allègrement outre, les règlements, recommandations et autres courtoisies à observer envers ce personnage primordial de la Fiesta Brava.
     Le président Balderas a donc pris la mouche, déposant un acte et faisant des déclarations aigre-douces à la presse. La réplique de Rafael Herrerias a été… celle à laquelle on pouvait s’attendre… multipliée par dix : Rien moins que des menaces de mort, pour le juge félon et toute sa famille. Non mais des fois ! Cela s’est passé vendredi dernier, au cours du festival du Téléthon. Belle soirée !
     Bien entendu, Balderas a porté plainte contre Herrerias, et la Presse en fait ses choux gras. Pas trop d’inquiétude, cependant, on est habitué aux écarts du bouillant empresario, et donc, il est probable que cela se terminera autour d’un verre de vodka (cherchez l’erreur !), le caractériel personnage jurant qu’il ne recommencera plus… jusqu’à la prochaine.

    Jose Miguel Arroyo « Joselito » fera le paseo à la Mexico, le 22 décembre, en compagnie probable de Jorge Gutierrez et du jeune Juan Salvador, qui confirmera alternative, face, en principe, à un lot de Julio Cesar Delgado. Gros challenge pour Joselito, qui se doit de « mettre du monde » dans la plaza (et encore, Jorge Gutierrez devrait lui faciliter la tâche), et triompher, ou du moins, marquer son passage.
     Cela fait trois ans que Joselito navigue « entre deux eaux », dans le sillage de Jose Tomas. Celui ci n’étant plus là (en théorie), Joselito va devoir se reconstruire un rôle « d’incontournable », pour la saison 2003… Et cela commence par quelque grosse actuacion à Mexico. Après un an d’inactivité, et une tentative de glorieux come back, avec le « one man show » frustrant de Zaragoza, Joselito doit marquer des points, sinon…

     Jour férié, aujourd’hui au Mexique, avec des courses un peu partout, mais surtout en la plaza de La Luz, à Leon, département du Guanajuato : Zotoluco, qui est en train de ratifier sa place de N°1 au ranking Mexicain, défilera en compagnie de Rafael Ortega et du Fandi, face à un lot de Begoña.

 

COLOMBIE : RINCON, EN ATTENDANT CALI…

     13 Décembre : La feria de Cali va débuter dans quelques jours, le 26 décembre. Déjà, on prépare les formidables « cabalgatas » qui voient défiler des centaines de cavaliers, tous plus brillants les uns que les autres. Déjà, belles font les derniers efforts du côté « régime », afin que le fait de serrer d’un ou deux crans leur ceinture, fasse « rejaillir » encore mieux leurs territoires « inférieurs ». Déjà on fait cargaison de chaudes musiques et d’aguardiente… Bref, ça va chauffer, dans les rues, dans les cœurs… et un peu plus bas.
     En attendant, la Colombie entière prépare Noël, et la Colombie Taurine parle de Cesar Rincon. Le retour du diestro constitue un véritable événement national, et il n’est pas un média, écrit ou radiodiffusé, qui ne parle de lui.
     On a suivi avec émotion les festival de Paipa, fêtant son 20ème anniversaire d’alternative. Dans la plazita du grand hôtel « Paipa » – centro de convenciones – baptisée au nom de sa mère, quelques cinq cents invités de marque ont pu assister à une grande actuacion du torero national, revenu aux ruedos, et revenu à la vie . Deux oreilles et rabo pour Cesar Rincon, tandis que ses amis toreros « El Cali », Jorge Herrera, Jairo Antonio, Ricardo Gomez lui faisaient honneur, et qu’un novillo de Carlos Barbero était grâcié.
     Cesar Rincon ne sera pas à Cali, la seule empresa qui n’a pas accepté ses exigences au plan économique. Par contre, il y sera en tant que ganadero, puisqu’un des lots de sa ganaderia « Las Ventas del Espiritu Santo », sera lidié le 5 Janvier. On sait que Rincon, ganadero, a triomphé l’an passé à Cali, Manizales et Medellin.
     Cesar Rincon, matador, fera son retour officiel, le 4 Janvier, à Cartagena de Indias.

     Pour le moment, on parle du torero, de son entraînement, de son retour à la grande forme physique et aux « illusions toreras », (dans le sens espagnol du terme, c’est à dire : l’espoir de grands triomphes)
     La chanteuse Carmenza Duque vient de sortir un Cd avec un pasodoble consacré à Rincon, à son retour aux ruedos et, plus simplement, à son retour à la vie…
     Un joli geste, aussi, du diestro colombiano ! Un geste de figura ! Cesar Rincon vient d’offrir son costume de lumières « d’alternative », au jeune novillero Ramses Ruiz, qui n’est autre quel le fils du matador Alberto Ruiz « El Bogotano ». Le costume vient d’arriver de Madrid. Comme il est de tradition, on en garde jalousement secrète la couleur.
     Cesar Rincon conférera l’alternative au jeune Ramses, le 2 Février, en plaza de Bogota, sous le témoignage de Manolo Caballero, devant des toros de « El Paraiso ».

     Plus que jamais, Cesar Rincon est « la Figure » du Toreo sud américain, et cette nouvelle étape de sa vie relance totalement sa popularité, dans et hors les ruedos. Superbe !

 

FERIA DE SAN CRISTOBAL…

     13 Décembre: Fait pas forcément bon se balader en ce moment du côté du Venezuela. Cependant, la Fiesta des Toros est toujours là, comme le peu de ciment qui reste pour encore souder quelques moments de paix, et quelques bonnes volontés.
     La Feria de San Cristobal se déroulera du 22 au 26 Janvier prochain, présentant les cartels suivants :
     Mercredi 22 Janvier : Novillada de Feria
     Jeudi 23 Janvier : Toros de El Paraiso, pour Leonardo Benitez, Luis Miguel Encabo et El Fandi.
     Vendredi  24 Janvier : Toros De Rancho Grande et Del Prado, pour Vicente Barrera, Javier Conde et Marcos Peña « El Pino »
     Vendredi 24 au soir : Festival Taurin.
     Samedi 25 Janvier : Toros de « El Laurel », pour Fernando Robleño, Cesar Vanegas et Cesar Jimenez, qu’accompagnera le rejoneador Jose Luis Rodriguez.
     Dimanche 26 Janvier : Toros de Rancho grande et Del Prado, pour Leonardo Benitez, Javier Conde et El Fandi.  

 

LA DOUBLE INCONSTANCE…

     14 Décembre : Les toreros sont des êtres à part, dans tous les domaines. Fiers, braves, ils ne vivent que pour leur passion, écartant d’un air dédaigneux tout ce qui peut la freiner. La plupart savent que leur carrière sera courte, non parce qu’ils manquent de talent et qu’ils vont vite s’essouffler, mais parce que le rythme aujourd’hui imposé à une figura, ou éventuelle future figura, n’est pas comparable à ce qu’ont vécu les anciens dieux des ruedos.
     Du coup, les toreros, souvent encouragés et fortement poussés par leur famille (Ayy ! les pères des toreros !), n’ont qu’un but : Toréer au maximum, aux conditions maximum, pour s’en mettre un maximum dans les poches ! Aussi, c’est un véritable chassé-croisé auquel est invité l’aficionado, chaque hiver. Le « Ah ! ce que l’on va être bien ensemble ! » de Décembre passé, est soudain changé en un actuel « Je me casse ! », les expressions choisies pour déclarer le divorce s’adaptant, bien entendu, au langage dernier cri.

     Il y a deux façons de rompre : La classique, en toute amitié et dans l’intérêt commun. On le verra, tout à l’heure, avec Eugenio De Mora.
     Et puis, il y a la « tordue », bien basse, bien souterraine, style Padilla, l’an passé, avec Pepe Luis Segura.

     La dernière date de 24 heures : Cesar Jimenez laisse tomber Simon Casas et Enrique Paton… comme il avait laissé tomber Victorino Martin, l’an dernier.
     A peine est-il en train de rembourser le dédit sur le contrat d’apoderamiento du sorcier de Galapagar, qu’il évacue le bateau Casas, dont il restait le plus beau, « et unique », fleuron. Ayant perdu Zaragoza ; ayant perdu Juan Bautista, Alfonso Romero ; s’étant fait mal voir pour le restant de sa vie, pour ses bruyantes manifestations (parfois justifiées) autour du concours pour Las Ventas, Simon et son équipe vont devoir « se reconstruire » autour de Castellon et de Nîmes. Pas évident !

     « Je pense, avant tout à moi ! » a déclaré Cesar Jimenez. Hombre ! Pas besoin de le dire… Il est vrai que le garçon, très fier de lui, de son talent, et sûr de sa valeur, à pu penser que beaucoup de corridas toréées l’an passé, le furent « en remplacement » des blessés (Ponce – Joselito – Tomas) et que… si ses collègues n’avaient pas connu tous ces malheurs…
     Il a pu également penser que, vu le contexte qui a entouré « la bataille de Madrid », ses apoderados n’auront pas forcément bonne presse auprès des grandes empresas, en 2003, et qu’il pourrait bien en payer les pots cassés...
     Il a pu penser, en toute modestie, « qu’il mérite mieux que ça ! », et donc viser plus haut. "L’a intérêt à viser au plus haut!", car maintenant… va devoir rembourser « deux » dédits. Sacrée ardoise, en perspective. Aussi, bien que le madrilène cache pour l’instant le nom de ses futurs mentors, la logique ferait parier « à coup presque assuré » sur la Casa Lozano, la seule assez solide pour abriter… sa double inconstance.

     De leur côté, Eugenio de Mora et Pablo Lozano fils viennent de rompre bien cordialement leur relation d’apoderamiento, qui durait depuis 1997.
     Il semble y avoir une explication logique à cela… quoique !
     Comme on le sait, l’Empresa Toresma II, des frères Lozano « Seniors », vient d’être reconduite à la tête de la Plaza de Madrid. Mais, on sait également qu’il va y avoir passage de relais à l’équipe des Lozano « Juniors », qui sera constituée de Pablo, Fernando et Luis Manuel.
     Devant se donner à fond, dans ses nouvelles fonctions, Pablo Lozano junior a préféré dire à De Mora « Ecoute, je ne vais pas pouvoir te consacrer assez de temps, donc, on va arrêter là, officiellement, mais on sera toujours à tes côtés ».
     Le fait que De Mora n’ait pas connu  une grande campagne 2002 a t’il influé dans cette démarche? … puede ser ! La temporada 2003 sera délicate à négocier, et nécessitera un apoderado « à temps plein ».
     Intéressant à suivre, puisque « Luis Ma », un des autres brothers, est dans la même situation, avec en charge Manolo Caballero et Cesar Rincon. Quelle sera sa position ? Aura t’il le temps de se consacrer à ces deux ténors ? La suite le dira très rapidement.

     En tous cas, l’hiver 2002 aura été encore fertile en revirements, et le « mercato » bat son plein. La temporada 2003 promet quelques belles bagarres, dans les ruedos et les despachos, quelques belles anecdotes… et quelques beaux divorces, pour l’hiver prochain.

 

NOUVELLE PAGE A LA BIOGRAPHIE DU ZOTOLUCO.

     14 décembre : Le pauvre ! Il s’en serait bien passé, de celle-là. Malheureusement elle s’est écrite, hier, dans le ruedo de Leon, dans le département mexicain du Guanajuato : El Zotoluco vient, pour la première fois de toutes sa carrière, de prendre les trois avis à un toro. Un sale moment, malheureusement inoubliable… d’autant que, comble d’ironie, le toro s’appelait « Inolvidable ». Y’a des fois où le bon Dieu n’est pas gentil !

     Un toro qui se met à marcher sans cesse, avec une épée dans le corps, après une bonne faena… c’est une mésaventure qui est arrivée, ou qui va arriver, à tous les toreros. On essaie de courir après, le long des barrières, de le fixer, de lui pincher le mufle avec le descabello. Peine perdue, il est déjà reparti ! Maldita sea ! (Ou caramba ! en version mexicaine) Enfin, le toro s’arrête, tête en haut, amorcillado. Pendant ce temps, le préposé aux clarines joue la partition de sa vie… y se acabo.
     Trois avis pour le « Zotoluco », face au toro « Inolvidable », hier, en plaza de Leon. Le toro se coucha quelques secondes après la troisième sonnerie. Caramba !

     13 Décembre : LEON (Mexique) – Plus de ¾ de plaza – Toros de Begoña, correctement présentés. Deux ont servi ; quatre se sont arrêtés. Le quatrième ne voulut pas se coucher.
     Zotoluco (Silence – Silence, après 3 avis) s’accrocha devant le fade premier. Bonne faena au quatrième, épée entière et… le malheur que l’on sait. Pobre !
     Rafael Ortega (Ovation, après un avis – Une oreille) Touche le meilleur lot, et joue à fond son rôle de concurrent attitré au Fandi. Vaillant et vibrant, dans les trois tiers, il tire son épingle du jeu, et bat « aux points » le fougueux espagnol.
     El Fandi (Ovation par deux fois, avec pétition au sixième) s’est démené comme un beau diable, devant deux toros, style marmolillos. Pas grand chose à faire, sinon se montrer « vainement actif ». Maldita sea ! 

 

COLOMBIE : UN AUTRE CONFLIT EN VUE…

     14 Décembre : La Colombie n’en finit pas de sursauter au bruit des attentats. Hier soir, une bombe a explosé, à l’Hôtel Tequendama de Bogota, le palace où descendent les toreros. Pas de morts, heureusement.  Ayy, Colombia.
     Un autre conflit, beaucoup moins dangereux est en passe de s’ouvrir : Les subalternes et les empresas sont en train de négocier les prochaines hausses de salaires.
     A la requête des professionnels visant une augmentation de 25%, les empresas de Cali, Manizales, Medellin, Bogota et Cartagena, ont répliqué par un « 8%, pas plus ! correspondant à l’inflation ! ». Les autres sont sur le point de prendre la mouche. A douze jours de Cali… cela promet.

 

CESAR JIMENEZ : LA TRAHISON DU GOUROU !

     15 Décembre : « La Razon » répercute aujourd’hui quelques paroles de Cesar Jimenez, après sa rupture avec la maison Casas. Bien entendu, pour lui, cela s’est fait de façon amicale et civilisée. Il faut croire que le jeune torero et son entourage n’avaient pas encore lu le feuillet que signe Simon Casas dans son carnet de voyage, sur le site des arènes de Nîmes. Il est bien évident que si cela s’est passé de façon « amicale », on peut faire immédiatement entrer la Papouasie dans l’Europe des 25. (Au fond… au point où on en est !)
     Si Casas à l’élégance de ne pas trop démolir le diestro, peut-être au fond, parce qu’il garde un dernier respect pour celui qui se met devant le toro, il ne manque pas de fustiger l’entourage du jeune homme, de ce « gourou », médiocre banderillero, qui attendait l’heure de la trahison.
     Des mots forts, emportés, passionnés… Simon Casas, tel qu’en lui-même ! Et disant clairement ce que ressent tout apoderado que laisse tomber un torero, sans scrupule, après les efforts déployés, les sacrifices consentis, les couleuvres avalées…
     L’apoderado avait bien senti que quelque chose se tramait, avant le départ de Jimenez pour Lima. Il avait recommandé à son associé de surveiller « le gourou »…Dans les yeux du torero, il avait discerné comme « un voile d’inquiétude, de culpabilité »… Mais le mal était déjà fait, probablement…
     De forme amicale ? Probablement pas, surtout quand le diestro quitte un navire qui déjà, roule fort sur une mer de problèmes et d’autres déceptions…
     Cela vaut la peine d’aller un instant lire de le billet de Simon Casas. (Pour cela, cliquez à « Autres liens » - Arènes – le site « arènesdenimes.com », et « carnet de route).

     De son côté, le jeune torero déclare vouloir être mené par un apoderado indépendant, qui ne soit pas empresario, ou ne fasse pas partie d’une grande maison. Ce qui exclut, à priori la Casa Lozano, à laquelle on pouvait penser. Certains murmurent le nom de Jose Luis Marca. Il est vrai que le « joli papa » de Paco Ojeda vient de larguer Miguel Abellan, comme il le fit pour d’autres, auparavant…
     « Un gourou, grand manitou » pour en chasser un autre ? A voir ! On sait que Marca se bagarre fort, mais ne fait aucun sentiment… Par ailleurs, tout est conditionné par les dernières lubies d’Ojeda : Reviendra t’il ? Remontera t’il à cheval ? Avec ce diable d’homme, nul ne sait… sauf que s’il se décide, Marca reprendra sa croisade, et ses autres toreros passeront à l’arrière plan. A suivre…

 

LE SIEGE DE ZARAGOZA : CA NE SE BOUSCULE PAS…

     15 Décembre : Ouvert le 19 Novembre, le concours pour la plaza de Zaragoza n’a pas suscité la grosse bousculade, au portillon du coso de Pignatelli.
     On « ouvre les enveloppes » lundi, et pour le moment, il y en a deux : La proposition du groupe Chopera, et celle de Justo Ojeda. Pour le reste, on sait que Simon Casas ne s’y représente pas, et l’on murmure une candidature « groupée » d’Arturo Beltran et Victoriano Valencia.

     Chopera et Justo Ojeda ! Deux candidatures « de poids ».
     On ne présente plus la casa Chopera, dont les héritiers vont continuer, à leur façon, l’œuvre de leur père.
     Justo Ojeda, quant à lui, reviendrait à ses amours, puisqu’il fut un grand empresa de Zaragoza. De plus, venant de perdre l’opportunité de Madrid, d’une manière plus ou moins nette, Ojeda se doit de repartir à l’assaut, depuis une plaza de première catégorie.

      Pour le reste, on sait… qu’il y aura du boulot. Zaragoza est une plaza « froide », avec un public « froid », et un calendrier bien incommode. Il faudra, à ceux qui viendront, des trésors d’imagination et des reins, financièrement solides. Deux raisons pour lesquelles, peut-être, on ne se bouscule vraiment pas, au portillon de Pignatelli…

 

CAGANCHO : « GALOPE LIBRE, PETIT CHEVAL… »

     16 Décembre : Cela s’est magnifiquement passé, pour « Cagancho », hier, pour ses adieux à Mexico, ses ultimes adieux à la tauromachie. Certes, on pouvait s’en douter, mais il y a tant de choses qui peuvent se produire : une cornada, une glissade, un mauvais toro, un « jour sans »…
     Pourtant, le petit cheval noir de Pablo Hermoso de Mendoza est sorti « comme s’il avait toréé, hier », plein d’alegria, de force, de toreria. En sept minutes d’actuacion, il a mis le feu à la Mejico.
     Peu importent les deux oreilles que son patron a coupées, qui furent d’ailleurs protestées, le triomphe était du génial cheval, et de lui seul.
     Le public ovationna debout, quand il fit son apparition, devant le quatrième toro, « Golondrino », de De Santiago. Ce même public se leva par quatre fois, après les banderilles posées et les « jugueteos », templant de côté, inversant la trajectoire, et laissant le toro pantois, le mufle perdu dans le crin de sa queue… Public debout, cavalier ému aux larmes.

     17 ans de vie, dont 11 ans avec son cavalier, son maître, son ami. Il est loin, le temps de la première rencontre, mais c’était pourtant hier : La feria du cheval de Golga, en 1990, au Portugal. Pablo Hermoso de Mendoza parcourt les allées de la foire. Il est tôt matin. Tout à coup, il croise le regard de ce cheval et en tombe aussitôt amoureux.
     Coup de foudre ! Quelque chose s’est passé entre les deux êtres, l’homme et le cheval. Le Navarrais va acquérir ce caballito que d’autres rejoneadores avaient déjà essayé. Mais, « il ne servait pas », disaient ils. D’ailleurs, son prix n’est pas élevé, car, de tous il est un des plus « feos », des plus vilains… Mais « quelque chose » s’était passé, entre le cheval et l’homme.
     De Mendoza le fit travailler et travailler encore. Un formidable connivence, un vrai cariño, s’installèrent entre les deux « personnages », et Cagancho laissa libre cours à sa personnalité, à son charisme, « au service » de son maître. Et c’est ainsi que, pendant 11 ans, le cheval torero galopa de par toutes les plazas du monde, soulevant l’admiration, faisant hurler de joie des foules « multicolores », tout à coup réunies dans une même tendresse.

     Mexico fut le théâtre de quelque moment inoubliable de sa magnifique carrière. Cela commença plutôt mal, puisqu’il prit, le jour de sa présentation, l’une de ses sept cornadas. Mais, on oublie vite les mauvais moments, pour se remémorer l’extraordinaire triomphe de Cagancho, le 5 Février 2000, qui permit à Mendoza de couper le 114ème « rabo », de l’Histoire de la Monumental, au toro « Preferido », de Garfias.
     Le 15 Décembre 2002 est donc une nouvelle date à inscrire à la superbe biographie du petit cheval noir aux pattes blanches : la date de sa définitive despedida des ruedos. Après Valencia, Séville, Madrid et Pamplona, Mexico la Grande vient de lui rendre un dernier hommage, vibrant et totalement mérité. Beaucoup ont pleuré, tandis que Cagancho donnait une ultime vuelta, et sortait, avec son maître, par la grande porte de la Mexico, caressé par des milliers de mains amies.
     Dorénavant, Cagancho va vivre dans la finca de Pablo Hermoso de Mendoza, en Navarre, où le cavalier va lui installer un véritable palais, ou il pourra couler des jours heureux, en compagnie de "ses femmes et ses enfants"… Et il vivra heureux ! C’est toujours comme ça que finissent les légendes…

     15 Décembre – MEXICO (Plaza Monumental) – 7ème de la Temporada Grande – 30000 personnes, environ – Grand beau temps chaud, avec du vent, sur la fin :
     La corrida de Vistahermosa, mal présentée, faible et sans race, a tout flanqué par terre. Heureusement, sortit en quatrième, un colorado de De Santiago, brave et costaud, qui permit les grands adieux de Cagancho.
     Face au premier, manso et fuyard, Pablo Hermoso de Mendoza ne put que s’escrimer en vain, en selle sur Monterrey, Albaicin, Danubio et Mariachi... Le cavalier espagnol ententit le silence, après un rejon très en arrière.
     Sortit le quatrième « Golondrino » - N°72 – 480 kgs, un colorado de « De Santiago ». avec Roncal, Mendoza l’arrêta, en trois bons rejones de castigo.
     Puis sortit « Cagancho », sous l’ovation générale d’un public soudain debout. Les bravos ne s’arrêteront plus. Comme à sa meilleure époque, Cagancho va multiplier les bravades, les courses à dos bandas, les mises en place, templant la charge du toro, de costado. Quatre banderilles, précédées et suivies de formidables exploits, à deux centimètres des cornes. Public en folie.
     Après sept minutes de rêve, Hermoso sauta à terre, en plein centre du ruedo, le toro étant à la barrière, et le précieux cheval traversa la piste au galop, vers le patio de caballos. La suite  de la lidia fut un peu obscurcie par une rejon « très tombé », après trois roses et le desplante du téléphone, à dos de Mariachi. Il y eut forte division, quand on accorda les deux oreilles, mais tout se transforma en immense clameur quand « Cagancho » refit son apparition. Au centre, le cavalier lui coupa un bout de crinière, et ce fut la vuelta, au pas, avec un petit incident : On avait mis sur la selle un coq de combat, et au cou du cheval, le drapeau mexicain. Ordre tomba soudain d’ôter immédiatement « la bandera nacional », mais l’ovation reprit de plus belle. A la fin, très ému, le cavalier ôta la selle, et le cheval génie, soudain totalement libre, s’en fut gambader vers son repos bien mérité.

     Le reste de la course fut très décevant, marqué par les efforts de Oscar San Roman (Silence et Ovation, devant un lot très faible) et de Fermin Spinola (Ovation et palmas) qui ne put rééditer la faena du dimanche précédent, mais fut très applaudi en quatre paires de banderilles, dont deux « de la moviola », à son premier.
     A signaler que le 5ème sauta au callejon, et continuant sur sa lancée, sauta également la porte ouverte pour sa sortie, surprenant deux monosabios, quelques « mètres de couloir », plus loin. Bousculade et gros susto, mais rien de grave.

     La huitième corrida, dimanche prochain, verra défiler Jorge Gutierrez, Joselito et Juan Salvador (confirmation d’alternative) face à une corrida de Santa Barbara.

 

CESAR JIMENEZ : CE SERA BIEN JOSE LUIS MARCA…

     16 Décembre : « Vous savez qui sera le prochain apoderado de Jimenez ? – « Non ! J’espère seulement que ce n’est pas un de mes amis ! » Ainsi s’exprime, ce matin, dans « la Razon », Simon Casas, qui revient sur la soudaine rupture de Cesar Jimenez.
     Une rupture qui fait mal, cela ne fait aucun doute. Plus aux tripes, au sentiment, qu’à la raison et au porte monnaie. Le nîmois n’hésite pas à montrer du doigt « le gourou » d’hier, Jose Luis Maganto, comme l’auteur de ce soudain virement, ou « revirement », puis que Jimenez avait déjà joué le même tour à Victorino Martin… au profit de Casas.

     Il se confirme que plusieurs « grosses boites », dont les Lozano, ont pris contact, mais en définitive, c’est bien Jose Luis Marca qui prend désormais en charge le futur professionnel de Cesar Jimenez. A n’en pas douter, un contrat béton, avec plein d’alinéas et d’astérisques vient d’être signé, pour un an. Maganto n’a qu’à bien se tenir…

     Simon Casa profite de cette entrevue pour préciser qu’il reste avec Nîmes et Castellon, ne postulant pas ailleurs, mais va mettre « un tel souk » juridique dans l’affaire de l’attribution de Madrid, que les Lozano vont peut-être continuer pendant deux ans, mais ne pourront jouer les prolongations…
     Tant qu’il y a du rêve, y’a de la vie !  

 

CESAR RINCON : REAPPARITION "EUROPEENNE", LE 9 MARS, A OLIVENZA…

     16 Décembre : Comme on pouvait s’en douter, Jose Cutiño, le jeune empresa d’Olivenza et Valencia ne laissera pas passer l’occasion de « créer l’événement », une fois de plus, dans sa plazita d’Extremadura: Cesar Rincon y réapparaîtra, le 9 Mars, face à une corrida de Zalduendo, et un de ses compagnons sera El Juli. Si les choses se passent bien, en Amérique, on peut même penser que Rincon sera présent aux Fallas (Cutiño oblige !)
     Cesar a déjà formé sa cuadrilla pour sa prochaine saison européenne. Elle sera composée, à pieds, de Miguel Cubero, Gustavo Garcia « Jeringua » et Manolo Belmez. A cheval, Antonio Pinilla reprendra la route avec son maestro. (Il avait dit : « Je prends ma retraite. Je n’en sortirai que si Cesar revient). Il sera accompagné d’un picador colombien, qui ne sera pas Anderson Murillo. 

 

DES NORMES "Z'ET" REGLEMENTATIONS…

     17 Décembre : Ou… d’énormes réglementations ! Demain, le gouvernement va « jouer la facilité » en sortant de nouvelles réglementations, dont on dit qu’elles vont être « radicales », sur le terrible problème de la Sécurité, ou de l’Insécurité routière. Il est vrai que les lamentables événements qui viennent d’avoir lieu, incitent à une sévérité que tout le monde ne peut qu’approuver. Est-ce une raison pour traiter tous les citoyens de « chauffards, en puissance », « d’assassins potentiels » ?
     Ainsi, peut-on mettre dans le même sac, le gars qui roule à 150, la nuit sur l’autoroute déserte, entre Carcassonne et Toulouse, et celui qui débouche d’un « cédez le passage » sur une deux ou trois voies, bondée, sans freiner, sans regarder, alors qu’il sait très bien qu’il va déporter quelqu’un sur la gauche, et provoquer un problème. Bien sûr, on freinera ! Bien sûr, on évitera le choc ! Bien sûr, on laissera passer et l’on ne dira rien, parce qu’il faut être « tolérant ». Lequel des deux sera il donc le plus dangereux ? Et lequel des deux sera t’il donc sanctionné ? 
    
Qui est le plus dangereux : Ce même gars, toujours à 150, ou le camion qui déboîte soudain, et met trois kilomètres à doubler les copains ?
     Déboîter sans clignotant ; accélérer lorsqu’on vous dépasse ; freiner à mort ou même s’arrêter dans un rond point, sous prétexte de chercher la bonne sortie… Ce n’est pas sanctionné ! Et pourtant….

     Quelle réglementation pourra t’elle soigner le mal qui ronge les 80% de notre quotidien : L’égoïsme, l’irresponsabilité liée à la totale indifférence des autres et de ce qui peut bien leur arriver… Ajoutez à cela le rythme sur lequel est réglé notre journée… et vous avez pour résultat un énorme « Pousse toi de là que je m’y mette ! ».
     Alors, on compense, on boit, on fume, et pas que de blondes ! Alors, on s’achète la dernière dont le tableau de bord est plus fourni que le cockpit d’un 747…
     Soyez déjà intraitables sur l’alcool et la drogue au volant…sur ceux qui roulent sans permis… et l’on verra bien.
     A quoi sert donc de truffer les autoroutes de capteurs et de radars, quand on sait que les accidents, en majeure partie, ont lieu sur les départementales et nationales ?
     A quoi sert « d’espionner » les conducteurs, quand on est incapable d'empêcher partir des gosses, plus ou moins défoncés, le samedi soir, à six dans une 205 ?
     En Allemagne, en Italie, dDeu sait s’ils roulent vite… mais ils savent se discipliner… s’auto discipliner. Et tant que l’on arrivera pas à cela, normes et réglementations ne serviront qu’à une chose : rentrer du fric et encore du fric, pour rembourser... la tolérance ! Rembourser les multiples « tolérances », comme ces millions qui vont partir, très normalement, pour dédommager les agriculteurs de Marcillé-Raoul, près de Rennes, dont des « raveurs » ont totalement saccagé les champs, réquisitionnés par l’Etat, pour que 20 000 tordus se défoncent à loisirs… Cet argent, et bien d’autre, aurait pu servir à "d’autres dignités ", non ?
     Donc, amis, nous voilà tous dans le même sac ! Celui des « chauffards en puissance », « des assassins potentiels ! ». Et c’est fort probable, car, au lieu de regarder la route, on va maintenant passer son temps « à épier ceux qui nous épient »…

     Tout cela pour dire que les normes et les règlements… il en faut, mais ils doivent être logiques et bien appliqués… Voyez les indultos, les toros grâciés…
     Là aussi, il y a des normes, elles sont écrites. Le mouchoir orange, d’accord, mais à certaines conditions…
     Et que constate t’on ? 14 Toros grâciés, en 2002 : Aucun dans une plaza de première catégorie ; 5 en plazas de seconde (Granada – Puerto – Linares – Cuenca et … Taragona) et 9 en plazas de « troisième », si ce n’est de quatre et cinquième.
     De ces 14 toros, reproducteurs potentiels, un a pris trois puyazos (« Gomero », de Peralta, indultado a La Linea) ; un autre en a pris deux. Quant au 12 autres toros, ils n’ont pris qu’un puyazo, voire picotazo, voire refilonazo… Par contre, ils ont tous probablement « filé doux », à la muleta, encastés ou pastueños, mais sûrement tous « noblisimos ».
     Pour autant, cela en fait il des toros exemplaires et complets ? Sur quelles règles, sur quelles normes s’est on appuyé ? A t’on vraiment grâcié un toro, ou a t’on joué l’événement, pour la gloire « perso » d’un matador, ou d’un ganadero?

     On peut prendre les problèmes du côté que l’on veut… on peut édicter les règles que l’on  veut… les réponses sont seulement : Logique, respect, amour-propre et goût du travail bien fait. En un mot, un minimum de pundonor. Et c’est aussi valable dans une plaza que… sur l’autoroute, la nuit, entre Toulouse et Carcassonne.

 

IL Y AURA BATAILLE, A CALI…

     17 Décembre : Lorsque sont sortis les cartels de la fameuse Feria de Cali, on a pu faire une espèce de moue, devant des cartels sans surprise et sans originalité, d’autant que manquaient de grandes figures comme le Juli, Ponce ; que les Colombiens n’annonçaient rien de bien nouveau, puisque Rincon lui-même n’y faisait pas l’espéré retour.

     Donc, on lisait distraitement les noms de Ferrera, Fandi, Cesar Jimenez, Robleño, qu’accompagnaient un jeune vétéran, Miguel Abellan, et un français : Sebastien Castella. Tous ces toreros, à part le dernier, déjà bien installés au rang de futurs leaders de l’Escalafon, ne pouvaient que briller et confirmer, en la plaza de Cañaveralejo, sans trop se casser la tête si cela sortait « à l’envers ».
     Seulement voilà ! Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et a même quelquefois, sauté les digues « à la torera »… Et à la veille de Cali, on s’aperçoit que plusieurs de ces jeunes et brillantes pousses ne sont peut-être pas aussi solides qu’on pouvait le croire, et qu’elles vont devoir briller « à tout prix », en Amérique, et donc, à Cali…

     Prenez Antonio Ferrera : Il est l’un des grands vainqueurs de la saison 2002 en Europe, et pourtant… il est toujours sans apoderado, après que Luis Alvarez ait jeté l’éponge, devant, disons, « la forte personnalité » du torero et de son père… On parlait de Jose Cutiño, mais il semble que cela ne soit plus d’actualité. On ne se bouscule vraiment pas, pour apodérer l’un des toreros de l’année. Que pasa ?
     Pour arranger le tout, Ferrera s’est fait amocher à Quito, et par excès de zèle, n’a pas voulu se faire opérer immédiatement d’une cornada plus sérieuse que prévu, attendant de toréer son deuxième contrat, avant de passer sur le billard. Maintenant, Ferrera a du mal à guérir, la jambe restant très enflammée, mettant en péril son entraînement, voire sa participation à Cali.
     Il y sera, bien sûr, et devra s’y donner « a revienta calderas » (a fond les manettes !), car c’est là qu’il se forgera son futur immédiat.

     El Fandi a débuté fort bien, aux Amériques. Cependant, il n’y fait pas la révolution attendue : Vaincu, à Lima ; en demi-demi teinte, à Cali ; en échec à Mexico, lors de sa présentation, le Granadino a ponctué quelques actuaciones de grands coups bien virevoltants, comme dimanche dernier, à Guadalajara. Mais ce n’est pas le « Typhon » annoncé, et à Mexico, certains lui font même la pige, banderilles en mains, comme Rafael Ortega, ou Fermin Spinola qui s’est permis de mettre deux paires de « La moviola », dimanche à Mexico.
     A Cali, il faudra se défoncer.

     Cesar Jimenez arrivera avec son nouvel apoderado (et son gourou). Certes, sa position est plus enviable : Triomphateur total, à Lima ; bien à Quito… Jimenez est, dit-on, assuré de toréer plus de 60 courses, l’an prochain ( les Chopera et Lozano ayant, paraît il assuré Marca de leurs soutien).
     Cependant, tous ces succès ont confirmé deux choses : Un toreo trop « pré étudié », et une forte propension à ses faire prendre par le toro. Imaginons la série de cogidas reçues à Lima, en tout début de saison 2003, et on en reparlera…
     Cesar Jimenez doit triompher « limpiamente », dans une des ferias d’Amérique. Pour le moment, l’émotion et l’admiration devant le courage du chaval, ont primé.

     Miguel Abellan vient de quitter Jose Luis Marca, et doit attaquer une nouvelle ère (avec les Choperitas) par un succès dans une feria importante d’outre Atlantique… Histoire de se rappeler au bon souvenir des organisateurs espagnols. De postulant à « Figura », Abellan a légèrement glissé par le bas, passant désormais au rang de « bon complément de cartel ». L’ennui, c’est qu’il y en a beaucoup… Il faudra triompher, à Cali, avec la manière, et avec l’épée.

     Quant à Robleño, on peut avoir un doute qui est le suivant : Fernando Robleño n’est il pas, avant tout, « Torero de Madrid » ?
      Torero « d’une pièce », sans grand registre ni grande grâce, il est avant tout, un combattant. Que donnera t’il, face au toro colombien, dans une ambiance de fête, et principalement de fête ?
     Sa participation a la Feria de Cali surprend, et elle ne pourra rester en demi mesure : Ou il triomphe « fort », ou on ne parlera même pas de lui…

     Puis, Sebastian Castella. Dans ce décor, il fait figure de jeune premier, un peu fragile. Ne nous trompons pas, et surtout, que les autres ne se trompent pas ! Castella est connu et apprécié des Caleños. Il est torero de finesse et de style. De plus, il arrive avec un apoderado flambant neuf, Luis Alvarez, qui va lui insuffler un moral d’acier.
     Sebastien Castella sera un de nos favoris pour le trophée de cette grande feria. Ce serait un « morceau de choix », à l’aube d’une temporada où « tout va se jouer », pour lui. Le haut de l’escalafon, ou le monton…

     En voyant ce panorama, on ne peut que se dire que « la bataille de Cali » aura bien lieu, et qu’il vaudra le coup de la suivre, au millimètre. C’est ce que nous ferons.

     Dernière nouvelle : L’empresa de Cali est en train de réfléchir au montage d’une corrida « de lujo », « hors abonnement », et en fin de Feria, servant de cadre à l’Alternative de Cristian Restrepo. A suivre ! Il y aurait du Rincon là-dessous que… Qu’en pensez vous ?

 

« HOMBRE…NON ! »

     18 Décembre : On sait que la Tauromachie comporte une part de romantisme, de « superbe », qui font de ses protagonistes, des êtres que l’on admire, que l’on respecte, quels que soient leur talent, leur courage, leur sincérité… 
     « Vouloir être torero ! » est le plus beau des rêves… qui peut rester… au niveau du rêve. Cela peut être aussi le plus dur des cauchemars.
     Cependant, deux mots doivent prévaloir : Pundonor y verdad !
     Le « Pundonor » pourrait se traduire par « panache », à la fois sur le plan technique et artistique, face au toro, et « humain », face au public… et à soi-même.
     « Verdad » se traduit par « Vérité », dans tous les bons dictionnaires du monde. A ce simple mot, n’enlevez aucune des significations… « Vérité », dans et hors les ruedos…
     Des jeunes qui veulent « être Toreros », il en est des milliers… Ceux qui y arrivent ne sont pas légions. Et quand ils y sont, la bataille est rude pour rester « en haut ». Beaucoup finissent par perdre la guerre… Ils le disent, l’avouent. On les respecte, pour cela, et on admire l