L'ACTUALITÉ TAURINE
(Avril 2002)

 

CORRIDA D’EXCEPTION… CORRIDA SANS SATISFACTION !
Fiasco de la Corrida de Pâques, à Séville.

     1er Avril : Comme souvent, on attendait trop de cette corrida…
     Depuis plusieurs mois, on en parlait comme du grand duel « au sommet » : Jose Tomas et le Juli, sous le regard du grand maître revenu, Paco Ojeda. Depuis plusieurs jours, les billets se faisaient rares et, en pesetas ou en euros « cela faisait cher du centimètre de tendido ! »
     De leur côté, les ganaderos faisaient leur maximum pour amener une corrida « digne de Séville »… mais, patatras ! Trois heures après le paseo, il ne restait plus que les yeux pour pleurer : La corrida avait été un désastre ganadero ; Paco Ojeda ne dominait plus, ni les toros ni ses jambes ; Jose Tomas avait ennuyé, élégamment ; El juli, quant à lui, avait fait le maximum, mais, encore une fois, le public Sévillan ne l’avait pas récompensé…
     La Fiesta Brava est vraiment « en de basses eaux », mais le show « must go on »… Pour combien de temps encore ?

     31 Mars – SEVILLA – Corrida du Dimanche de Pâques – No hay billetes – Grand beau temps : La corrida de Torrealta a fortement déçu. Présentation très irrégulière, du petit rond au gigantesque sobrero. A la bascule : 522, 521, 505, 592, 626, 546 kgs. Manque de race général, allant du faible et soso, jusqu’au très violent qui, tête en haut, jauge le torero et lui promet les pires ennuis.
     Paco Ojeda (Applaudissements – Sifflets) ne put rien faire, face au premier qui finit par se coucher, avant l’estocade. Le quatrième était un toro très haut, que le sanluqueño s’entêta à vouloir toréer à droite, quand le piton gauche était le meilleur. Lorsqu’il s’en aperçut, le public lui en fit reproche, et cela se termina très mal à l’épée. Il reste une corrida à Paco Ojeda pour convaincre Séville, mais hier, il a « presque » repris le chemin de sa finca…
     Jose Tomas (Applaudissements – Silence) s’est illustré en deux quites, aux toros d’Ojeda : L’un par chicuelinas ; l’autre, au quatrième, par gaoneras ultra serrées. Malgré le soutien inconditionnel d’un partie du public, Jose Tomas a passé beaucoup de temps en pauses et « moments de réflexion », devant des toros sans relief ou « a contre style », comme le cinquième, qu’il ne sut par quel bout accrocher. On retiendra quelques muletazos pieds joints, isolés, en fin de son premier trasteo. Partie du public voulut y croire, mais la déception n’en fut que plus forte. Long comme un jour sans pain, Jose Tomas a élégamment ennuyé Séville. Mais, encore abasourdie de s’être fait berner l’an passé, elle ne le reconnaîtra pas.
     « El Juli » (Ovation – Silence) s’est conduit « en figura », mais Séville ne lui a pas permis de donner une vuelta méritée, en fin de son premier combat. Ce fut un vrai combat, face à un toro violent, dangereux, qui ne baissa jamais la tête et s’appuya constamment sur le torero. Le Juli fut très ferme, dans un trasteo plein d’ardeur. Une vraie bagarre, débutée par de vrais doblones. Très clair dans ses idées et son courage, le Juli mit la muleta en avant, imposant d’impossibles muletazos à la grosse brute. Il se joua la vie, mais Séville ne voulut pas le reconnaître. Grosse entrée a matar, pour une entière trasera. Le toro ne veut pas se coucher, et menace même Sevillita. Deux descabellos finiront de l’achever et le Juli ne pourra même pas donner une vuelta,  pourtant amplement méritée. (Si Jose Tomas avait réalisé cet exploit, on parlerait aujourd’hui de deux oreilles). Le sixième s’asphyxia aussitôt, et, après un bon tiers de banderilles, Julian Lopez fut rappelé à l’ordre, chacun sachant très bien qu’il ne pourrait rien tirer de ce « puit à sec ! »
     Nada ! Nada! « Corrida de expectacion… Corrida de decepcion »… une fois de plus !

 

CORRIDAS DE PAQUES… PAS DE MIRACLE !

     1er Avril : Où que l’on se tourne, ((à part, peut-être à Grenade), les corridas du dimanche de Pâques 2002  ont généré l’ennui ou la déception. De plus, et cela devient très préoccupant, les entrées ont été « catastrophiques »…
     Seuls vainqueurs de la journée : Enrique Ponce et El Fandi : d’un côté, la toreria et la finesse ; de l’autre, l’abattage et le spectacle à tout prix. Satisfaction aussi pour Manolo Caballero : triomphe à San Sebastian. Mais « la quantité » a toujours été l’ennemie de la…!
     Chapitre "à part" mérite le Zotoluco, qui s’envoie deux Miuras en plaza d’Arles, donne deux vueltas, et déclare ainsi aux Lozano que… ne pas lui donner de toros, à la San Isidro… serait une belle vacherie!
     En résumé, le dimanche de Pâques a donné les résultats suivants :

     31 Mars : Madrid (Las Ventas) – Media Plaza : Quatre toros de Manuel Angel Millares -   faibles et décevants – et deux de Criado Holgado, sortis 4 et 6èmes. Seul, le cinquième a permis quelque lucidité.
     Fernando Cepeda plaque deux bonnes véroniques et une demie, au quatrième. Et c’est tout ! (Silence et applaudissements discrets) – Eduardo Davila Miura s’étire un peu, en quelques muletzaos, face au cinquième. (Silence et ovation) – Jesus Millan se montre très vaillant devant le troisième. En vain ! ( Ovation après un avis, et silence). Les trois toreros sont sortis applaudis. Maigre consolation.

     31 Mars : Barcelone – 1/4ème de plaza : Ciment vide, pour la première corrida de la saison. Dans le ruedo, un lot compliqué de Angel Sanchez. Beaucoup de poids, mais sans aucune race.
     Manolito Sanchez a traîné en longueur. (Silence, partout) – Juan Bautista a vainement essayé, puis a finalement laissé tomber, écoeuré. (Ovation et silence, chaque fois après un avis) – Le vainqueur de la tarde s’appelle Jose Antonio Canales Rivera, qui met la pression à ses toros (largas à genoux) et coupe l’oreille du cinquième, pour un gros coup d’épée.

     31 Mars – San Sebastian – 1/5ème de plaza – Télévisée en direct su Via Digital : Les tors de Guadalest avaient de l’allure, mais, en général le ramage ne fut pas à la hauteur du plumage. 
     Le premier trébucha, près d’un burladero et alla s’y fracasser, se cassant net le piton droit. Le président essaya de « respecter le règlement », comme il le fit si bien la veille, à l’encontre de Salvador Vega. Mais là… allez donc savoir pourquoi, il se dégonfla, et changea le toro. ! Deux poids, deux mesures! Cqfd ! (“Presidenteeee, Sinverguenzaaaa” !) – Voir chronique d’hier, en finale du concours des novilleros.
     Manolo Caballero se montre puissant, abondant, irréprochable mais ennuyeux, parce que sans surprise. Il coupe une oreille chaque fois. A noter un président beaucoup plus « généreux » que pendant tout le concours des novilleros – Victor Puerto a été intéressant avec cape et muleta, face à son premier. Bon début de faena et quelques éclairs « très toreros », tout au long de la tarde. Oreille et Applaudissements – Javier Castaño n’a pas changé. Vulgaire et sans idées, il s’accroche lourdement. De son premier combat, on ne retiendra… que le brindis à Javier Valverde, cet autre salmantino, collègue et ami, qui risque bien d’effacer son nom de l’actualité. (Ovation et applaudissements)

     31 Mars – Grenade – ¾ de plaza : On rendit un émouvant hommage à Miguel Montenegro, récemment disparu. Toros de Jose Luis Pereda, bien présentés, inégaux de comportement.
     Enrique Ponce est ovationné face au premier. Le quatrième « Manchego » est un gros dur, très encasté. Ponce va se battre et s’imposer à lui sur ce qui constitue, déjà, une des faenas du Valenciano, pour 2002. Il y en aura d’autres. Deux oreilles pour un Ponce, « a gusto, en Granada » - Javier Conde fut désastreux : Pitos et division – El Fandi sort a hombros pour la 6ème fois consécutive de « sa » plaza de Grenade : Trois oreilles, sortant tout le répertoire avec cape, banderilles et muleta. Gros abattage, devant son public.

     31 Mars – Murcia – Media Plaza : Corrida compliquée de Lagunajanda – Pepin Liria et Alfonso Romero coupent une oreille à leur second adversaire – El Cordobes  patine.

     31 Mars - Tordesillas (Valladolid) – Le désert, dans les gradins : Mauvaise corrida de Loreto Charro – David Luguillano sort de bons muletazos au quatrième. Deux oreilles -  Juan Diego donne trois grandes véroniques. Oreille au cinquième – Le mexicain Ignacio Garibay est ovationné.

     31 Mars – Aignan (France) – Casi lleno : Corrida de Fraile, sans grand fond et faible – Denis Loré coupe, au quatrième, la seule oreille du jour, toréant juste, tuant net – Cesar Camacho et Javier Vazquez ne brillent guère.

     31 Mars – Malaga : Novillos de La Plata -  Reyes Mendoza et Salvador Vega sortent « a hombros », ayant coupé une oreille à chacun de leurs adversaires. Joselito Ortega coupe un trophée au troisième de la tarde. Dans les rangs des subalternes, on note la présence de Juan Jose Trujillo, qui était, l’an passé « matador de toros »

 

ARLES : LES MIURAS, AU RENDEZ-VOUS… LE ZOTOLUCO, EGALEMENT !

     1er Avril : Dimanche de Pâques des plus intéressants en Arles, puisque la corrida de Yonnet a donné quelque satisfaction, le matin, malgré des forces mesurées, et que la Miurada a confirmé « ce climat différent » qui se crée avant, pendant et après la corrida, à chaque fois que sortent les pensionnaires de Zahariche. Corrida dure, intense, pleine de détails passionnants et déroutants, chacun selon son aficion et sa sensibilité se fixant sur la beauté sauvage des toros, leur comportement inégalable, ou les efforts des hommes, face à ces montagnes cornues.
     Hier, la Miurada a tenu ses promesses, et il est un torero qui en a fait de même : Eulalio Lopez « Zotoluco », vous savez… celui de Azcapotzalco ! Le mexicain faisait son entrée dans « la tournée européenne 2002 », et tenait à y marquer des points, d’autant que, du côté de Madrid, on ne veut pas de lui, pour la San Isidro, ce qui pourrait déclencher un petit conflit entre Espagne et Mexique. Toréant avec le cœur et la Tête, le Zotoluco a été « bien, bien ! » hier, devant les Miura, donnant deux vueltas méritées.

     31 Mars – ARLES – 5ème de Feria – Media plaza – Beau temps : (De notre correspondante) Toros d’Hubert Yonnet, bien présentés, pleins de mobilité, encastés. Le premier se casse un piton, étant remplacé par un dur, de Ramon Flores. Le troisième mit deux batacazos au piquero.
     Miguel Rodriguez se montra professionnel, mais la flamme est presque éteinte. Il tua mal. Ovation et Silence, après un avis.
     Jose Ignacio Ramos coupe, au cinquième, l’oreille de la matinée,  pour une faena aseada et un gros coup d’épée.
     El Lobo se montra vaillant et électrique. Cependant, le public l’ovationna en fin de corrida. Aficion y deseos, si que tiene.

    31 Mars – ARLES – 6ème de Feria – No Hay Billetes – Beau temps : (De notre correspondante) Grande corrida de Miura, pour ce qui est de l’intensité.   Le troisième avait été remplacé, le matin, par un Sanchez Flores. Malheureusement, le sobrero sortit boiteux, et fut à son tour remplacé par un  frère de camada, brave, mais par la suite un peu limité de forces.
     Le poids des Miuras : 640, 550, (520, le sobrero), 580, 635, 660 kgs. Toros variopintos qui chargèrent de loin pour des piques « à la Miura », à mi hauteur en essayant de désarmer. Quelques points de faiblesse. A la muleta,  le quatrième fut le meilleur, suivi des premier et sixième, un cardeno qui provoqua batacazo. Le lot de Fernandez Meca fut compliqué.
     Zotoluco donna deux vueltas qui valent presque pour deux oreilles. Il toréa gaillardement, donnant beaucoup de distance aux toros qui vinrent de loin dans des séries de vaillance et plastique, très appréciées par le public. Heals, le mexicain tua mal, et perdit l’oreille du quatrième, pour quatre descabellos.
     Fernandez Meca passa une sale après midi. Touchant les deux compliqués, il se montrera bref, face au deuxième, qui tardera beaucoup à s’écrouler. Silence. Le cinquième est « un garbanzo de cuidado » très difficile, sur côté droit. En infériorité physique, Meca patine et doit baisser pavillon. Pitos.
     Juan Jose Padilla a "fonctionné", avec le sobrero, mais s’est accroché fort, devant le sixième, donnant de bons muletazos et entrant fort, a matar. Il y eut pétition d’oreille, mais pas majoritaire. Vuelta al ruedo.

     Ce Lundi de Pâques: Dernière "double session": Corrida de Rejoneo, ce matin.
Cette après midi: Toros de Salvador Domecq, pour Enrique Ponce, Finito de Cordoba et Juan Bautista

 

LES CARTELS DE BAYONNE... CHAPEAU!

   1er Avril : La chance... et quelques verres, ont voulu que quelque membre influent de l’organisation « hispano bayonnaise » se laisse aller à des confidences que, bien entendu, on ne peut garder pour soi, lorsque l’on est aficionado, et que la curiosité se mêle à la passion. Aussi, nul ne nous en voudra d'en faire profiter ceux qui sont « aussi fous que nous »…

      Asi que… voilà les affiches d’une saison bayonnaise qui risque de faire parler d’elle, et pour plusieurs raisons :
     14 Juillet : Novillos de Fuente Ymbro pour David Galan et Jose Mari Manzanares, en mano a mano, que précédera le cavalier Rafi Durand
     3 Août : Corrida de Rejoneo : Toros de Los Espartales, pour Pablo Hermoso de Mendoza, Gines Cartagena et Alvaro Montes
     4 Août : Corrida des Fêtes : Toros de San Martin, pour Juan Jose Padilla, Antonio Ferrera et El Fandi
     11 Août : Toros de Javier Perez Tabernero, pour Joselito, Morante de la Puebla, Cesar Jimenez
     15 Août : Toros de Jandilla pour Enrique Ponce, Jose Tomas, El Juli
     31 Août : Toros d’Atanasio Fernandez pour Enrique Ponce, Manuel Caballero, Javier Valverde
     1er Septembre, au matin : Toros de Martinez Elizondo  pour Fernandez Meca, Antonio Barrera, Javier Castaño
     1er Septembre, au soir : Toros de Victorino Martin, pour Fernandez Meca, Juan Bautista, El Juli.

     On notera : La novillada du 14 Juillet, dont le ganado a changé, suite au triomphe de Valencia – Le cartel « champagne » des toreros banderilleros, bien adapté aux fêtes. – La place faite aux jeunes, Cesar Jimenez et Javier Valverde – Le double défi de Fernandez Meca : Deux corridas, le même jour.

     Mais, les deux « énormes » évènements de la temporada tournent autour du Juli ! Le 15 août promet de faire couler beaucoup d’encre. Avec Séville, hier, et Linares, (à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Manolete), Bayonne sera la troisième plaza où Juli rencontrera Jose Tomas, face à face, cette année, (avec en plus, Ponce comme témoin. Chapeau !) Et… pour « rematar », il s’aligne devant les Victorino, comme le fit Ponce, l’an dernier. Vaya, pues ! L’affiche de Bayonne représentera le Juli, cette année… Il l’a pas volé !

     On sourira un peu en lisant le cartel de la matinale du 1er Septembre, très « mas Choperista, no se puede ! » : Ganaderia et toreros « de la casa ». On se demande même si le grand Basque n’a pas pris la buvette ! Ay ! Bayonne…
     Mais, ne boudons pas notre plaisir ! Ces cartels promettent passion, émotion, et c’est là toute l’essence de la Fiesta Brava. Asi que … Enhorabuena, Bayona !

 

MUGRON : « MONSIEUR MON FILS » NE VIENT PAS…

     1er Avril : « Ya empezamos ! » Jose Maria Manzanares, "fils de Jose Maria Manzanares", qui devait, ce jour, faire sa présentation dans le Sud ouest, en plaza de Mugron, s’est soudain senti patraque, au point de tomber du cartel. Cette blessure aussi soudaine que diplomatique, ne surprend personne, les organisateurs ayant refusé de se plier aux exigences diverses du torero et de son paternel entourage.
     Attitude des plus cavalières, d’autant que l’organisation landaise attend toujours le parte officiel qui excuse l’alicantino junior. De fait, c’est lorsque les chambres ont été décommandées, samedi, par le mozo de espadas, que l’un des premiers scandales de la saison 2002 se confirmait.
     Bravo donc al niño Jose Mari, qui commence fort bien, dans une région où son père a été reçu comme le messie, même si parfois, il s’y comporta... comme un diable.
     Les organisateurs de Mugron ont pu trouver, en Salvador Vega, un remplaçant de choix, après avoir contacté Javier Valverde, vainqueur du Concours de San Sebastian.
     Le cartel définitif es donc le suivant :
     Mugron - 16h30 – Novillos de la ganaderia Marques de Domecq, pour Ivan Garcia, Salvador Vega et Fernando Cruz
     En fin de matinée, deux becerros du Palmeral pour Ekaitz Rodriguez et Rafael Viotti, qui remplace « El Santo » 

 

ARLES : COMME DEUX POISSONS DANS L’EAU…

     2 Avril : Final de feria et impression mitigée : La feria de Pâques 2002 aura apporté de grandes satisfactions aux ganaderos français, en particulier à la maison Tardieu. Par contre, le reste fut en demi-teinte, les toreros devant faire face au manque général de race ou de force des ganaderias de renom, excepté Valdefresno, et, bien entendu Miura.
     Hier, lundi de Pâques, la ganaderia attitrée des corridas de Rejoneo, Los Espartales, a connu un triomphe important, valorisé par Pablo Hermoso de Mendoza. De leur côté, les Salvador Domecq sont allés « a menos », et seul Enrique Ponce a pu les convaincre de charger un peu.
     En ce premier avril, Pablo, le cavalier navarrais, et Enrique, le maestro de Chiva, se sont montrés au sommet de leur technique et toreria… comme des poissons dans l’eau. C’était bien le jour !

     1er Avril – ARLES – 7ème de Feria – Rejoneo – Lleno : (de notre correspondante) Grande corrida de Los Espartales, mayoral puis ganadero devant saluer et donner vuelta, invités par les cavaliers triomphateurs.
     Fermin Bohorquez resta dans la tradition cavalière des bonnes caves de Jerez. Oreille et Applaudissements.
     Pablo Hermoso de Mendoza faisait sa rentrée dans la temporada européenne. Gros coup de canon, d’entrée, avec quatre oreilles coupées, de nouveaux chevaux et ce don d’improviser magnifiquement, au mufle du toro, prouvant ainsi que le duende n’est pas l’apanage de la seule Andalousie. Quatre oreilles et un seul mot : Saluez !
     Rafi Durand a mis la spontanéité, l’entrain, la jeunesse. Oreille, chaque fois et déjà, un grand souvenir : Sortie a hombros, en compagnie du Roi Pablo.

     1er Avril – ARLES – 8ème et dernière de Feria – Llenazo : (De notre correspondante) La corrida de Salvador Domecq a montré plus de bravoure que prévu, mais est partie « pabajo »… Bonne présentation, homogène (550, 555, 535, 530, 545, 540 kgs) les toros du Torero n’ont pas été au bout, et seul un matador a pu en exprimer quelque charge. L’autre n’a pas voulu, quand au troisième, il a suivi le moral de ses toros.
     Enrique Ponce (Division – Oreille) a essayé de soutenir le faible premier, mais les quolibets ont coupé net ses efforts. Le valenciano a sorti la science et la conviction, face au quatrième, le toréant de dulce, avant de lui « monter dessus », en un final de bravades, peu habituel. Ponce voulait une oreille, et il l’obtint, malgré deux descabellos.
     Finito de Cordoba (Sifflets, après un avis – Sifflets) a réglé les affaires courantes. On le sait pourri de talent, pétri de qualités, mais … lui ne « montera jamais » sur un toro. Son premier s’arrêta vite. Son deuxième fut d’une soseria totale, et le cordouan se mit au diapason.
     Juan Bautista (Palmas – Silence) ne put que voguer au gré de la triste houle. Son premier fut le garbanzo de la corrida, et le Français ne put que fermer les débats, d’une grand estocade. Face au dernier… apaga y vamonos ! Le toro s’éteint d’un coup, le torero aussi… la Feria, de même !

     On apprenait hier, que Stéphane Fernandez Meca s’était fracturé une cheville, avec problème supplémentaire, côté ligaments. A souligner que le français a continué la lidia du « quinto malo » de Miura, dimanche, avec une cheville « en l’air »… Monterazo !
     Malheureusement, cette lésion tombe bien mal,  et prive le français de son paseo sur le sable de Séville, samedi prochain. Mala suerte !
     « Le malheur des uns, etc… », Meca sera remplacé par Luis de Pauloba.

 

MUGRON : EN QUEUE DE POISSON !

   2 Avril : Si la novillada de Mugro a, dans l’ensemble, donné satisfaction, on ne peut que souligner et condamner complètement l’attitude scandaleuse du jeune Manzanares et de son staff, à la tête duquel se trouve son père, matador qui, on le pense, n’a pas eu à se plaindre de l’Aficion française, tout au long de sa carrière. La France a toujours respecté l’homme et admiré le torero. Ici, contrairement à ce qui se disait en Espagne, l’on n’a jamais parlé de mœurs discutables, de bouteilles vides, de « torero aux hanches fleuries »…

      Aussi, on ne peut que fustiger l’attitude méprisante de ce señorito qui veut faire de son fils une figura, en trichant d’entrée, et en voulant forcer les français à passer sous le joug de ses quatre volontés. Il se trompe, et va s’en apercevoir.
     Hier, Jose Mari Manzanares fils n’était pas au cartel de Mugron, mais la plaza s’est remplie. Hier, la vedette n’a pas daigné se présenter dans le sud ouest, si les toros n’étaient pas « modelés » comme il le souhaitait… L’empresa n’a pas voulu marcher, et le ganadero, tampoco ! Pues bien ! Du coup, le torero ne vient pas, et ne prévient même pas, hors un coup de fil parlant d’un vague achuchon, lors d’une tienta. Classique ! 

     Il semble que nous avons là le premier scandale de la Temporada, et l’on souhaite que l’aficion et les autres plazas suivront la décision d’Olivier Martin de quitter Manzanares des autres cartels où il était prévu.
    Du côté de « Toros 2000 », et tant que cette véritable « queue de poisson » ne sera pas élucidée, nous ne parlerons pas de Jose Mari Manzanares, hors le résultat sec de ses prestations. C’est une question solidarité avec une Aficion et une empresa devant un parfait manque d’éducation et de verguenza torera…
     Asi que… pour le moment, Jose Mari Manzanares : Bronca y Bronca !

     Cela étant dit, la novillada de Mugron a donné un résultat mitigé, selon que l’on a l’esprit léger, positif, ou que l’on a du vague à l’âme.
     Dans le premier cas, on dira que les novillos ont permis à chacun de s’exprimer, même s’il ont eu un comportement de mansotes et de peu de race. Les toreros ont, chacun, plaqué de très bons moments, tirant le maximum de leurs adversaires.
     Si l’on est « un peu ronchons », on dira que la novillada n’a pas eu de force, et qu’a part le cinquième, elle fut un récital de soseria, face auquel les novilleros ont distribué un monton de passes, parfois bonnes, sans pouvoir « allumer » un public bien froid. Seuls cinq grands muletazos de Fernando Cruz ont fait naître ce vrai « Oléééé ! » qui vous vient du fond de l’être.
     Salvador Vega avait fait en voiture San Sebastian, Malaga, Mugron… en deux jours. On aurait été crevé, pour moins que cela. Il fut correct avec le quatrième, sans pouvoir libérer le toreo « de sentimiento » qu’il porte en lui. Ivan Garcia fait dans « l’Espartaco ». On ne lui reprochera pas ce modèle. Très propre au capote, agile aux banderilles, il baisse un peu à la muleta, et massacra de bonnes choses face aux toro de l’après midi, en catastrophant la mort. Fernando Cruz possède en lui cet « angel » qui est celui des têtes et cœurs privilégiés. Torero de Arte, qui peut vous emporter loin, sur un seul pase de pecho. A suivre, à pousser et à entraîner au carreton, pour ce qui concerne l’épée.

     1er Avril – Mugron – Lleno – Beau temps, se couvrant à la fin : Novillada du Marquis de Domecq, de présentation variée, les deux premiers faisant craindre un saldo… Après, cela s’arrangea, et la novillada sortit correctement, mais allant de mas a menos. Fusant du toril, tournant à fond, dans « le ruedo réduit », les Domecq donnèrent de gros coups dans les planches et fusèrent mal dans les capotes, broncos, distraits, ou impossibles, comme les deux de Vega. Piques bien désordonnées que n’améliorèrent pas des picadors « à la pêche ! ». Mansedumbre générale et peu de forces. A la muleta, un grand bicho, le cinquième. Troisième et quatrième répétèrent leur charges. Les deux premiers déçurent fortement.
     Salvador Vega (Silence – Oreille) s’escrima en vain avec le gros premier, bien soso. Par contre, eut de bons détails dans sa deuxième faena, totalement gauchère, mais sans pouvoir se libérer totalement.
     Ivan Garcia (Petite ovation – Silence, après avis) est très facile au capote, met de l’ambiance aux banderilles, mais baisse un peu à la muleta. Son premier lui donna un méchant coup a premier muletazo avant de fermer les gaz. Par contre, le jeune blond toréa longuement et bien le bon cinquième, avant de se faire désarmer, et de tout perdre avec épée et descabello. Dommage !
     Fernando Cruz (Vuelta – Oreille) a ravi le public, face au troisième. Gros début de faena, avec un pase de pecho monumental, suivi de deux premières séries très toreras, closes de longs pechos, bien tournés sur l’épaule contraire. Hélas, le toro baissa un peu, et cela se passa mal, épée en main. Faena plus travaillée, face au dernier, avec de bons enchaînements et un final plus heureux, avec l’acier.

 

BAYONNE : POISSON D’AVRIL…

    2 Avril : Vous avez mordu ? Non….
     Comme certains me l’ont gentiment fait savoir, les cartels que l’on a révélés ici, hier, étaient bien intéressants, peut-être, mais peu crédibles. Aussi, en regardant le calendrier, on ne pouvait que faire le rapprochement avec une tradition qui se perd… mais qu’il vaut mieux conserver, parce que pas méchante.
     Asi que, les cartels de Bayonne attendront un peu. Quant à nous, rendez vous au prochain 1er Avril !
 

LES CHEVILLES QUI ENFLENT…

    3 Avril : Curieuse coïncidence…Stéphane Fernandez Meca, qui vient de se fracturer la cheville, lors de la Miurada d’Arles, sera remplacé à Séville, par Luis de Pauloba… qui relève d’une lésion et d’une opération à la cheville droite.
     Les allusions vaseuses du titre s’arrêtent là, puisque les deux diestros sont appréciés pour leur simplicité et sincérité, autant que pour leur toreria.
     Cependant, il est probable que les toreros ont tous deux vécu cette sale impression de voir leur cheville doubler de volume, et prendre une couleur « indéfinissable », spectaculaire mais peu appréciée.

     Que mala suerte! Stéphane Fernandez Meca perd la corrida de sa présentation à Séville. C'est pas rien! Ce doit être un véritable crève cœur, tout torero rêvant de faire le paseo sur l’albero de la Maestranza.
     Le français pourrait réapparaître le 11 mai, en plaza de Ales, et donc pouvoir être présent à Madrid, pour la San Isidro, face aux toros de Jose Escolar.
     Luis de Pauloba, quant à lui, reviendra en plaza de Séville où il n’a pas toréé, depuis 1999 (et depuis 1994, dans le cadre de la Feria d’Avril). Prévu pour le 15 Août, Luis de Pauloba bénéficie d’une promesse de Canorea, au cas où se présenterait un « sustitucion ». Promesse tenue !
     On connaît le grand torero qu’est Pauloba, avec la cape. Il est, avec Cepeda et le Morante, l’un des meilleurs interprètes de la véronique. On sait aussi, la finesse de sa muleta, en particulier sur la main gauche. Cependant, on se souviendra des dizaines de succès qu’il a gâchés par sa carence, épée en main, due en partie à une lésion qui a réduit de moitié son champ de vision. Luis de Pauloba, une des promesses du toreo des années 90 vit sa carrière freinée d’un coup par une mauvaise cornada au visage. Il dut alors tout réapprendre : à marcher, à toréer…à vivre.
     Formidable courage de ce torero qui, samedi prochain, fera le paseo à Séville, en compagnie d’Alfonso Romero et Jesus Milan, face aux toros de Cuadri qu’il n’a jamais combattus. A ver si hay suerte !

 

LES CHEVILLES… ET LA TETE !

   3 Avril : On sait le scandale qu’avait soulevé la conduite de Jose Tomas, au Puerto Santa Maria, l’hiver précédent, pour son absence de dernière minute, alors que tout le monde l’attendait au Club Taurin de la ville. Ce soir là, on lui remettait le trophée de triomphateur de la Temporada 2000 au Puerto, ce qui n’était pas rien. No vino ! Il était « à deux heures de voiture ! », et il ne vint pas.
     Croyez le si vous voulez, mais Jose Tomas vient de faire le même coup, à Séville, et devant la haute… s’il vous plaît.

     On remettait l’autre soir, au restaurant Rio Grande, les 22ème Trophées Ramon Vila Arenas, récompensant les meilleurs quites de la Feria de Séville 2001.
     Ramon Vila, le fameux chirurgien de la Maestranza, qui a fait « plus d’un quite » à tout ce qui porte montera a eu l’idée, un jour, d’instaurer ce trophée à cette manifestation de grande inspiration artistique, qu’est « le quite », lors du premier tiers, mais aussi à cet acte réflexe héroïque que devient « le quite », lorsqu’il sauve, en un quart de seconde, la vie d’un homme.
     Cette année, Jose Tomas était récompensé pour deux quites « à faire hurler », lors de la feria 2001 (gaoneras et chicuelinas). Pour ce qui est du quite salvateur, c’est Jesus Sanchez «Hipolito » qui était distingué pour son intervention millimétrée lors d’une portagayola compromise de son maestro Rivera Ordoñez, face à un toro de Manolo Gonzalez, le 1er Mai dernier.
     Le banderillero était là, et la haute assemblée lui fit grande fête.
     Jose Tomas ne daigna pas venir, et envoya son picador, German Gonzalez.
     Tout en recevant dignement le subalterne, l’assistance trouva incompréhensible, et à tout dire « un peu raide », l’absence de Jose Tomas.
     Avec la classe qu’on lui connaît, le Docteur Vila « lui fit le quite », en déclarant que les matadors, aujourd’hui, avaient un calendrier aussi chargé que des ministres, et qu’il gardait les mots qu’ils avait préparés, pour le jour où il rencontrerait Jose Tomas… Pensait il à l’infirmerie de la Maestranza ? On espère que non, mais…

     José Tomas vient de se distinguer, une fois de plus, par une trouble indifférence… frisant le mépris. Ca ne tourne pas bien rond, là dedans ! Ou alors, les chevilles on tellement enflé, qu’il va falloir penser à des zapatillas orthopédiques !
     En 22 ans, un seul matador avait fait ce coup là. Il s’appelle… Jose Mari Manzanares.

 

MADRID, A L’HORIZON...

     4 Avril : A peine Séville ouvre t’elle sa Maestranza que Madrid et San Isidro pointent au proche horizon.
     Au pied  de la Giralda, le toreo est baigné de soleil, sur un sable qui donne à chaque suerte une luminosité incomparable.
     Madrid, elle, est… monumentale ! Las Ventas écrase les toreros, noie le public, donne à l’ensemble un aspect bougon, rageur, parfois tourmenté. Séville peut s’envoler sur deux trincherazos. Madrid exige beaucoup plus, même si elle est aussi capable de grands coups de cœur.
     Deux aficiones, deux sensibilités différentes, qui se détestent passionnément, mais qui se complètent admirablement…
     Séville "était" une référence, en début de chaque temporada. Madrid était « la que da y quita »…
     Séville promet beaucoup, chaque année, mais reste bien sage et « folklorise » un peu trop. La presse « du cœur » monopolise les places de choix aux kiosques à journaux de la calle Sierpes, et les vieux aficionados parfumés au Varon Dandi cherchent vainement l’écho d’un quite majestueux, ou de trois naturelles « de revolucion »… 
     Aujourd’hui, Madrid « ne donne » plus beaucoup, et n’enlève pas grand chose. Tel qu’est actuellement géré le marché taurin, c’est normal. Cependant, il arrive à Las Ventas de tout à coup s’enticher d’un torero qui a eu le courage et le talent de dessiner quelque page de vérité sur le monumental ruedo de la capitale. On se souvient, par exemple, du grand coup de cœur, amplement justifié, du public madrilène pour Cesar Rincon, en 1991...
     Le torero n’avait plus rien devant lui. Le 20 mai, il n’était qu’un bon petit torero colombien qui allait repartir vers Bogota, dignement mais sans un sou en poche. Deux jours après, il était un géant. Madrid avait su reconnaître son incontestable sincérité, et la vérité de son toreo, face à des Baltasar Iban et des Murteira… En deux jours, Madrid l’avait consacré, et le petit indien l’avait passionnément remerciée, se défonçant littéralement lors de la Bienfaisance et une quatrième fois, à la Feria de Otoño, au point que « la Catedral » lui ouvrit encore sa porte monumentale. Quatre sorties a hombros, dans la même année. Historique ! Un torero en fut capable, et Madrid aussi. C’est probablement le dernier exemple de sa soudaine grandeur…

     Séville débute demain, mais déjà, on lorgne vers Madrid et sa longue feria de San Isidro. Implacable, elle déroulera son feuilleton de grisaille  jusqu’à l’éclair soudain, qui, d’un coup, fait oublier les heures d’ennui et de mauvaise humeur.

     Demain, l’empresa madrilène révèle officiellement ses cartels, mais on en connaît déjà la plus grande partie. Aussi, reprenant l’annonce de « Mundotoro », on pourra se faire un idée de ce qui nous attend, du 11 mai au 8 juin.

La San Isidro 2002 se présente ainsi :

     Samedi 11 mai : Corrida de Partido de Resina (Pablo Romero). 12 Mai : Corrida de Hernandez Pla (pour ces deux courses, le cartel torero n’est pas complet)
     13 Mai : Novillada de La Quinta. Javier Valverde sera à l'affiche
     14 Mai : Toros du Ventorrillo, pour Victor Puerto, El Califa, Rafael de Julia
     15 Mai : Toros de Baltasar Iban, pour Manolo Caballero, Rivera Ordoñez, Javier Castaño
     16 Mai : Toros de Arauz de Robles pour Vicente Barrera, Uceda Leal, Alfonso Romero
     17 Mai : Toros de Carriquiri, pour Luis Francisco Espla, Antonio Ferrera et El Fandi (confirmation d’alternative)
     18 Mai : Corrida de Rejones : Mano a mano, Joao Moura et Pablo Hermoso de Mendoza
     19 Mai : à préciser
     20 Mai : Novillos de Hernandez Barrera. Jarocho sera du cartel
     21 Mai : Toros de Martelilla, pour Rivera Ordoñez, Jose Tomas, Rafael de Julia
     22 Mai : Toros de Garcigrande, pour Eugenio de Mora, Morante de la Puebla et El Juli
     23 Mai : à préciser
     24 Mai : Toros de Javier Perez Tabernero, pour Curro Vazquez, Enrique Ponce et Anton Cortes (confirmation d’alternative)
     25 Mai : Corrida de Rejones : Toros de Bohorquez, pour Leonardo Hernandez, Fermin Bohorquez et Pablo Hermoso de Mendoza.
     26 Mai : à préciser
     27 Mai : Toros du Puerto San Lorenzo, pour Finito de Cordoba, Morante de la Puebla, Alfonso Romero
     28 Mai : Toros de Alcurrucen, pour Joselito, Jose Tomas, Eugenio de Mora
     29 Mai : Toros du Conde de la Corte, pour Pepin Liria, Juan Jose Padilla, Antonio Ferrera
     30 Mai : Novillos de Roman Sorando, pour Matias Tejela, Ivan Garcia, Salvador Vega
     31 Mai : Corrida de la Presse (Hors abonnement) Six toros de fers différents, pour Eloy Cavazos, Enrique Ponce, Miguel Abellan
     1er Juin : Corrida de Rejones : Toros de julio de la Puerta, pour Luis Domecq, Andy Cartagena, Sergio Galan
     2 Juin : Toros de Gerardo Ortega, pour Pepin Liria, El Fandi (et possiblement El Cordobes)
     3 Juin : Toros del Pilar, pour Finito de Cordoba, El Califa, El Juli
     4 Juin : Toros de Manolo Gonzalez pour Joselito, Manolo Caballero, Miguel Abellan
     5 Juin : Toros de Palha : Sont probables Juan Bautista, Jesus Millan
     6 Juin : Toros de Jose Escolar : Fernandez Meca et Oscar Higares sont au cartel
     7 Juin : Toros de Adolfo Martin, pour Zotoluco, Juan Jose Padilla et Gomez Escorial
     Samedi 8 Juin : Toros de Victorino Martin, pour Luis Francisco Espla, Victor Puerto, Luis Miguel Encabo.

     Les derniers casse têtes concernent  les corridas de Pablo Romero, Hernandez Pla, Valdefresno, Guardiola et Ramon Flores. Il y aurait une troisième confirmation d’alternative : celle d’Antonio Barrera.
     On aura le temps d'analyser, de peser les chances de chacun, et les quelques trop rares défis que se lancent les figures. Celles ci prennent bien le soin de s'éviter, aidées en cela par la préoccupation de l'Empresa à équilibrer sa feria. On est loin  du temps jadis où un torero s'affichait trois ou quatre fois, et passait en revue tous les collègues... (l'un des derniers exemples: Paco Camino, à la San Isidro 1969: 5 paseos en 16 courses. Aujourd'hui: 2, en 23 courses. Bof!).
   A souligner, d'ores et déjà, Victor Puerto, qui prend les Victorinos, et le Zotoluco, à qui ont donne les Adolfo Martin, en toute dernière minute, comme si on lui faisait une fleur... Aura t'il un deuxième contrat, qu'il mériterait vraiment? Réponse, demain, à l'annonce officielle des cartels.

 

UN MEXICAIN "DORE"

     4 Avril : La dernière feria 2001, à Jaen, a révélé (ou confirmé) le talent d’un jeune mexicain, au toreo classique, profond, qui prenait l’alternative : Alejandro Amaya.
     Malheureusement, il recevait également une cornada dont il mit tout l’hiver à guérir, ne pouvant pas toréer sur ses terres mexicaines. Un coup à sombrer dans l’oubli.
     On vient d’apprendre que Paco Dorado, empresa de Cordoue, Jaen, Antequera et Algesiras, a décidé de l’apodérer, lui donnant ainsi quelque chance de « reprendre le train… ». Le "commandant" Dorado gère également les destinées artistiques de Jose Luis Moreno, Juan Carlos Garcia. Espérons qu’il pourra offrir à ce jeune mexicain les possibilités de confirmer son talent.
     Un apoderado "Dorado", pour un avenir qu'on lui souhaite..."doré"!

 

VEILLEE D’ARMES…

     5 Avril : Ca y est ! On y est ! Cette journée est à marquer d’une pierre. Choisissez la couleur !
     Que ce soit « dans le monde » en général, et dans le monde taurin, en particulier, ce vendredi rassemble des regards interrogateurs, des oreilles plus ou moins attentives, des espoirs plus ou moins déçus d’avance.
     La guerre totale plane sur le proche-orient, avec son cortège d’horreur. Nos rues vivent «de sales moments », de tristes anecdotes : On attaque un hôpital pour libérer un copain voyou… On brûle des lieux de culte, des écoles… Un homme meurt, dans la rue, mais comme une « certaine » catégorie de professionnels est en grève, son cadavre reste là, sur le trottoir, cinq heures durant… Une horreur, direz vous, et vous aurez raison ! Où donc cela se passe t’il ? Sûrement en Colombie, ou dans quelque pays sans foi ni loi… Non, non ! En France ! Ici, chez nous ! Bravo, merci !
     Pendant ce temps, la Télé nous expose le triste et bas spectacle « des 16 » qui, officiellement, briguent « le grand pavois »… ou plutôt, quelques uns de leurs représentants. Un spectacle à voir !
     Au milieu des invectives, des arguments jetés au visage, le présentateur nain essaie de récupérer un peu de « protagonismo », en coupant celui-ci ; en changeant de sujet lorsque celui-là veut développer ses idées ; en donnant la parole « à la salle », ballottée au fil des outrances… tout cela pour arriver à une vraie constatation : « On est vraiment dans la m…. ! » Et cela va continuer durant quinze jours, pour un résultat couru d’avance ! Total : un horizon du style « pot au noir », mais avec beaucoup de vent !

     Côté « Toros », ce 5 avril est aussi  une veillée d’armes. Et celle-là respire un peu plus d'honneur et de vérité...
     Aujourd’hui débute la Feria de Séville. Elle se poursuivra sans discontinuer, jusqu’au 21 (les choses sont décidément bien faites… !)

     Ce vendredi, on annonce les cartels de Madrid : Durant 29 jours, Las Ventas sera le centre du monde taurin. Les affiches sont pratiquement connues. L’Empresa Toresma en donnera les derniers détails, en fin de matinée. A priori, tout semble s’être arrangé et « ceux qui doivent y être »… y sont.
     Cependant, on sait que Manuel Diaz « El Cordobes », et Javier Conde  ne feront pas partie du cycle madrilène. Inquiétant pour un Cordobes qui confirme une prévisible dégringolade (Un cartel à Séville, absent à Madrid…). Quant à Javier Conde, son calamiteux début de saison n’engage à rien. (Il se réveillera peut-être en Août, à Malaga).
     On craignait une grosse injustice, vis à vis des « amis » mexicains. Cela semble s’être rafistolé, à grands coups de démagogie : La venue d’Eloy Cavazos est d’un goût douteux, même si le petit géant mérite beaucoup de respect (et même si la Corrida de la Presse ne fait pas partie de l’abono). On donne, du bout des lèvres, un poste au Zotoluco, mais on murmure un autre nom… Jorge Gutierrez. Curieux, et bien peu probable… Réponse, fin de matinée !

     Ce vendredi, Nîmes sera, en France, centre du mundillo. Annonce des cartels de la Feria, dans le cadre du Cinquantenaire ! Ce n’est pas rien, et, connaissant les coups de génie de celui qui mène la barque nîmoise, on peut s’attendre à quelque trouvaille « bien sonnée ».
     On sait déjà que Manuel Benitez y viendra faire le grand écart. On sait que Ponce et Jose Tomas se retrouveront à la même affiche, avec Sebastien Castella pour témoin. Il y aura des Miuras, des Victorinos… en un mot, de grandes choses.

     Donc, aujourd’hui, on souffle ! On respire un grand coup, comme avant un grand combat. Séville, Madrid, Nîmes… du pain sur la planche et de saines émotions en perspective, qui nous permettront de supporter… « l’autre » veillée d’armes. Ouf !

 

SEVILLA : ESCRIBANO, LA MITRAILLEUSE…

    6 avril : La feria de Séville a débuté hier, sous la pluie, dans le vent et le froid. Deux gros tiers d’entrée, pourtant, pour la novillada de pré feria. Au cartel, la dernière trouvaille de l’Aficion Sevillana, celui qui renverse le bon peuple et ravit les filles (à moins que ce ne soit l’inverse !) : Manuel Escribano, la huitième merveille du monde.

      N’allez  pas chercher un grand brun andalou aux yeux de braise, à la taille de jonc, qui torée comme on danse le flamenco, un soir de duende, au fond d’un obscur tablao… N’allez pas croire au nouveau Paula, à un autre Morante… Non, non ! Celui ci ressemblerait plus à un british qui a perdu sa balle de golf… Grand, blond, frisé comme un caniche, « l’air … »(comme dirait Audiard), les yeux clairs, un peu globuleux, le sourire « un poil » chevalin… il est la preuve vivante que « la gueule ne fait pas le torero ». On croyait, pourtant… Quand on voyait, jadis, vers 1965, Miguelin dans la rue, on se disait « Celui-là, il est torero ! ». Escribano fait plutôt joueur de hand, ou  champion de skate ! Pero bueno !
     Manuel Escribano fait tout, très vite, et parfois très bien : Courageux, généreux, véloce et puissant, il assène au toro une quantité de suertes, avec cape, banderilles et muleta, qui oblige le revistero a acheter un nouveau carnet à chaque novillada. Bénéficiant d’un appui populaire à la dimension sévillane, le jeune se fait applaudir à chaque intervention et aurait probablement coupé, hier, un monton de trophées, s’il n’avait pagaillé avec la rapière…
     Bon triomphe, donc, de cette nouvelle valeur, à la bourse sévillane, qui va fonctionner très fort, « là en-bas », mais devra pondérer ses élans, dès qu’il passe l’équateur de la péninsule. Le toreo, plus que jamais, demande de la mesure et de la classe…
     La novillada a confirmé le mauvais moment de Torrealta, ganaderia de prestige et de garantie. Après les échecs de Nîmes et surtout de Séville, le dimanche de Pâques, la voilà montrée du doigt, au grand désespoir de ceux qui rêvent de s’y voir affrontés.
     La feria de Séville commence mal, au plan ganadero, mais on suivra, aujourd’hui, la première corrida, dont est absent, hélas, Stéphane Fernandez Meca, avec les toros de Cuadri, qui reviennent à la feria de Séville… après 30 ans d’absence. (La dernière corrida sortit le 24 avril 1973, lidiée par Jaime Ostos, Ruiz Miguel et Santiago Lopez. Ruiz Miguel y coupa la première oreille de la feria au toro « Turronero »). Mais cela… c’était « avant hier » !

     5 Avril – SEVILLE – 1ère de Feria – Novillada – 2/3 de plaza – Mauvais temps, froid, pluvieux, venteux.
     Novillada de Torrealta, très "juste" de présentation et de trapio (poids : 463, 442, 410, 465, 437, 44 kgs). L’ensemble manifesta un désolant manque de caste et de forces. Le cinquième fut le meilleur du lot. Il aurait fallu voir le troisième sans les trois vueltas de campana qu’il se donna, au premier tiers. Gros échec pour le ganadero.
     Francisco Javier Corpas (Ovation - Silence) a touché le plus mauvais lot. Novillero, en piquée, depuis cinq ans, Corpas va recevoir l’alternative le 20 Avril en plaza d’Almendralejo, des mains du Finito et du Juli. Beaucoup de métier, un certain chic dans son toreo classique, mais peu de possibilité de s’exprimer, de transmettre une émotion quelconque. Il débuta bien, toréant son premier par véroniques à genoux, malgré une méchante rafale de vent. Son début de faena fut parfait, puis le toro, la tête dans les nuages, ne permit plus rien. Le quatrième se mit en grève après dix (bonnes) passes, et le novillero manqua sa mise à mort : Six pinchazos, cela fait un peu beaucoup.
     Manuel Escribano (Vuelta après pétition – Ovation) a reçu ses deux novillos, à genoux face au toril. La première portagayola s’est soldée par un terrible tampon, dont il sortit déchaussé, mais indemne. Varié avec le capote, essayant tous les quites, le blond torero banderilla en puissance, et dessina une faena vibrante et fournie, débutée par une passe changée dans le dos. A signaler quelques bonnes naturelles et deux grands pases de pecho. Hélas, il porta un pinchazo hondo, et voulut descabeller, ce qui refroidit les esprits.
     Portagayola « limpia », face au bon cinquième, et une nouvelle débauche de suertes, à cent à l’heure. Aux banderilles, un quiebro « al violin ». A la muleta, début à genoux, et une nouvelle faena intercalant l’abondance, frisant le vulgaire, et de grands détails de qualité. Il sait toréer, veut faire les choses « bien », mais semble encore dominé par ses nerfs, sa fougue, ses ganas… Cela peut s’arranger, d’autant qu’il bénéficie de la grande sympathie du public. Hélas, ce fut un échec avec l’épée : Six pinchazos et deux descabellos. Maldita sea!
     Juan Jose Dominguez (Silence, après deux avis – Silence) avait été pistonné pour faire sa présentation en novillada piquée. Ce fut un gros échec, le jeune paraissant « écrasé » par le cadre et les circonstances. Les quelques détails entrevus ne peuvent cacher sa verdeur et un cœur un peu léger. Un crime de l’avoir envoyé ainsi à l’abattoir. Il fut catastrophique, à la mort de son premier (quatre pinchazos, une demie et sept descabellos) et frôla les trois avis. Cela se passa un peu mieux à la mort du sixième, mais l’échec était consommé.

     Ce samedi, deuxième de pré feria : Corrida des héritiers de Celestino Cuadri, pour Luis de Pauloba, Alfonso Romero et Jesus Millan

 

MADRID : DES CARTELS CONVENTIONNELS…

     6 Avril : Pas de surprises dans les cartels de la San Isidro madrilène, annoncés hier par les frères Lozano. Seul, Manuel Diaz « El Cordobes » manque à l’appel, ainsi que Paco Ojeda. Normal pour ce qui est du Sanluqueño, qui ne peut aller se frotter à Madrid, tant qu’il n’a pas retrouvé ses repères (et ça !). Par contre, Manuel Diaz, qui a toujours été sérieux et responsable, à Las Ventas, méritait quelque place, même si son heure semble avoir passé.
     Les figuras ne veulent pas s’affronter directement…Les Ponce, Juli, Tomas se rencontreront peut-être, par hasard, dans l’ascenseur de l’hôtel… mais surtout pas dans le ruedo. Décevant !
     Autre signe des temps : A part le Fandi, qui doublera, les toreros qui confirment l’alternative n’auront « qu’une » opportunité… Dur, dur !
     A noter Antonio Ferrera, qui vient par deux fois, avec les Carriquiri et les De la Corte. Il pourrait bien causer quelques soucis aux plus huppés.
     Certains toreros n’ont plus grand chose à faire ici. D’autres auraient mérité mieux : Zotoluco, Luis Miguel Encabo, Jose Luis Moreno, El Cid.
     Pour ce qui est des novilleros, ce sera la « énième oportunidad », pour Luis Vital Procuna. Pero bueno !
     Côté ganaderias… la bouteille à la mer ! On ne parle plus aujourd’hui de toros commerciaux, ni de corridas « terrorificas ». Tous les toros de Madrid  sortent « de Madrid », du moins pour ce qui est du plumage. Côté ramage, on verra sur place !  En tous cas, les quatre derniers jours promettent quelques hauts le cœur.

Voir le programme définitif de la San Isidro, dans la rubrique : « Cartels »

     Auparavant, Madrid aura donné sa mini feria, dite « de la Comunidad » : Trois novilladas et une corrida goyesque dont les affiches sot les suivantes :
     1er Mai : Novillada de Garcigrande, pour Jarocho, Leandro Marcos et Andres Palacios
     « 2 de mayo » - Corrida goyesca : Mano a mano Luis Francisco Espla et Luis Miguel Encabo, face à trois Alcurrucen et trois Carlos Nuñez.
     3 Mai : Novillada du Ventorrillo, pour Reyes Mendoza, Javier Valverde, Salvador Vega.
     4 Mai : Novillada du Puerto San Lorenzo, pour Martin Quintana, Luis Rubias et Matias Tejela.

     Après la San Isidro, le 13 Juin, aura lieu la Corrida de Bienfaisance (qui a fait couler tant d'encre), avec des toros de Nuñez del Cuvillo. Au cartel : Manuel Caballero, Jose Tomas et Morante de la Puebla.

 

GARLIN : « MONSIEUR MON FILS »…PEUT RESTER CHEZ LUI !

     6 avril : On sait la mésaventure vécue à Mugron, il y a quelques jours : Le fils de Jose Mari Manzanares « tombe » du cartel, sans tambours ni trompettes, l’empresa ayant refusé de sortit la lime à ongles. Du coup, « Môsieur mon fils n’est pas venu ! » (voir notre titre, le 2 Avril)  La même aventure semble arriver à la même empresa de Garlin, qui cette fois, prend les devants et dit : « Môsieur votre fils… on n’en veut pas ! ».
     Donc, hier nous est arrivé un communiqué des plus clairs et concis, indiquant que l’affiche du 14 avril, à Garlin était changée.
     Ce communiqué est le suivant :  
    « Tout comme leurs voisins mugronais, les organisateurs garlinois ont subi, de l’entourage de Jose Maria Manzanares, des exigences inacceptables quant à l’intégrité des cornes du lot de Fuente Ymbro prévu pour la novillada du Dimanche 14 Avril 2002.
     Ils ont immédiatement décidé de retirer le torero du cartel et il sera remplacé, pour sa présentation dans le Sud-Ouest, par Matias Tejela, triomphateur des Fallas de Valence 2002 ».

     Saine initiative des organisateurs, en espérant que l’aficion les suivra, et remplira la plaza, comme elle le fit à Mugron, d’autant que le cartel est alléchant. Par ailleurs, on peut espérer une solidarité des autres plazas, quant à la position à adopter, face à « Môsieur, mon fils ! ». On peut espérer…
     En tous cas, il est bien dommage, pour un jeune torero « de talent et de probable grande trajectoire », de débuter ainsi ses paseos dans le sud ouest… par deux faux pas !

     Garlin - Dimanche 14 Avril : Novillos de Fuente Ymbro pour Julien Lescarret, Matias Tejela et Cesar Jimenez.

 

SEVILLE : LES CUADRI... POUR TRENTE ANS DE PLUS.

     7 Avril : Cela faisait presque trente ans qu’ils n’étaient pas venus. On les attendait, car on les avait vus sortir gaillardement à Valencia, à Madrid… Les Cuadri, en plaza de Séville : le grand retour ! Un des évènements de la Feria…
     Bon ! Et bien… ils peuvent repartir, pour trente ans !
     La corrida, super bien présentée, a été détestable, refusant de charger, certains toros montrant de réelles mauvaises intentions. En face, les toreros ont fait ce qu’ils ont pu, selon leurs moyens. Seul le petit Millan s’est accroché et a pu donner quelques détails de toreria. Pour le reste, les bravos sont rares, excepté pour les trois banderilleros de l’aragonais : Francisco Javier Rodriguez, Carlos Casanova et Jesus Arruga. Grande cuadrilla.
     A signaler que la Maestranza bénéficie d’un nouveau drainage, qui semble avoir fait ses preuves. Il pleuvait beaucoup, hier matin, mais à l’heure du paseo, sous un pâle soleil, l’ovoïde ruedo sévillan était à peu près praticable.

    6 Avril – SEVILLE – 2ème de Feria – ½ plaza – Temps froid et très venteux :
Corrida des fils de Celestino Cuadri, formidablement présentée, au point que l’on ne pense pas retrouver de trapio aussi sérieux, tout au long de la feria. Au poids : 538, 597, 572, 573, 583, 590 kgs (soit 575 de moyenne). Malheureusement, le comportement sera négatif : Toros sans race ni bravoure, réfléchissant beaucoup avant de charger, probones. Toros arrêtés, certains dangereux, comme le quatrième. Seul le troisième, « Nadador », galopa franchement au long des deux premiers tiers, et offrit un vingtaine de bonnes charges, à la muleta. Le cinquième était court, mais humiliait beaucoup. Son matador ne s’en aperçut que trop tard.
     Luis de Pauloba (Silence – Silence) remplaçait Fernandez Meca. On lui doit les grands moments de la tarde, avec le capote : trois véroniques et une demie, au toro d’ouverture. Puis, ce fut la déroute, le doute, l’échec. Gêné par le vent, sans confiance, Pauloba renonça, face au premier, et connut grande panique, face au quatrième, très dangereux que l’on pensa affublé d’un défaut de vue. Ce toro mit en grave danger le banderillero Miguel Arcos, qui faillit bien se faire clouer à la barrière. Dans les deux cas, Pauloba tua en « sortant a matar ».
     Alfonso Romero ( Silence – Silence, après un avis) se présentait à Séville. Ce fut une déception, en partie à cause des toros, mais aussi par son souhait d’attendre « le bon toro », nécessaire à son toreo. Son premier était un probon faiblote, qui se défendait à coups de tête. Il ne put lui péguer un muletazo, tuant d’une entière et de trois descabellos. Le cinquième avait quelques qualités que Romero tarda à découvrir. Il y eut trois bonnes naturelles, mais le doute reprit le dessus. Pinchazo et demie tendue et « muy caida ». Une déception.
    Jesus Millan ( Division, en saluant – Ovation, le public lui refusant la vuelta) faisait également sa présentation dans le coso du Baratillo. Son premier, le « Nadador », fut le seul potable de l’envoi. La faena débuta mal, le torero ne s’accordant pas avec les premières bonnes charges du toro. Puis vint une bonne série de derechazos, bien liés, main basse. Une autre poignée de grands muletazos firent sonner la musique et les « olés » secs, des sévillans. Hélas, un désarmé, à la première naturelle, et le toro qui s’arrête, d’un coup. Millan tentera de lui arracher quelques passes, une à une, et perdra tout à la mort, pinchant deux fois avant de mettre un vilain bajonazo. Le sixième se montrera comme les autres, ou pire : distrait, sans race aucune. Millan s’accrocha comme un lion, débutant les deux genoux en terre. Cette fois, il tua bien et le public l’ovationna, ne lui permettant pas, cependant, de donner la vuelta à laquelle il prétendait. Es que Sevilla…

     Ce dimanche 7 Avril : 3ème de Feria, en corrida de Rejoneo, si le temps le permet (la météo n’est pas bonne) : Toros de Murube, pour Fermin Bohorquez, Pablo Hermoso de Mendoza et Diego Ventura.

 

LOGRONO : ON COUVRE !

     7 Avril : La nouvelle plaza de Logroño inaugure aujourd’hui sa couverture. Avec le temps de chien qu’il fait, elle ne pouvait choisir meilleure date. Il est vrai que l’on râle un peu contre cette corrida « bien au sec », presque aseptisée, en plaza couverte. Mais, quand le ciel déverse pleurs ou ses colères… ma foi !
     Mine de rien, voilà un belle brochette d’arènes, couvertes et bien pratiques : Zaragoza, La Coruña, Leganes, Sans Sebastian, Vista Alegre, Logroño…
     Dans dix ans, plusieurs arènes les auront rejointes, probablement. Mais, dans dix ans… y aura t’il encore des toros ? A ce sujet, on s’étonne de voir que Vista Alegre, à Madrid, n’a toujours pas ouvert ses portes, cette saison… et que l’on ne voit rien à son horizon.

     Logroño inaugure donc sa « cubierta », en ce dimanche 7 avril, bien pluvieux. On se souvient que la plaza a été inaugurée le 21 septembre dernier, à l’ouverture de la San Mateo 2001. Ce jour là, Ponce, Juli et Urdiales patinèrent dans un champ de labour, face çà une corrida de Jose Luis Marca.
     Aujourd’hui, le cartel « était » de lujo : Joselito, Ponce, Juli, face à des Juan Pedro Domecq. « De lujo », il le reste, même si Enrique Ponce est obligé de déclarer forfait. Il sera remplacé par Morante de la Puebla, auteur d’une bonne faena, ici, l’an dernier. Un des rares grands souvenirs de sa temporada.
     Enrique Ponce a attendu jusqu’au dernier moment pour se retirer du cartel. Le valenciano s’est senti très mal, après la corrida de San Sebastian, le 24 mars, et cela ne s’est pas arrangé, après Arles, où il a toréé malgré son état de faiblesse. On parle d’intoxication lourde ; on parle de bouche envahie d’aphtes. Il ne faut pas rigoler avec ça. Aussi, Ponce a sagement renoncé, après avoir tenté de se remettre en forme. Séville n’est pas loin… De plus, l’aficion de Logroño ne porte pas forcément Ponce dans son cœur. Donc, même à 100%, il aurait du mettre le turbo pour les convaincre…

     Bref, en ce dimanche 7 avril 2002, bien au sec, Joselito, Morante de la Puebla et le Juli entreront dans l’histoire de la Logroño taurina, confirmant que dorénavant, on ne risque plus de prendre des trombes d’eau, en terre de « vino de la Rioja ».

 

NIMES : CINQUANTE ANS DE "FETE TAURINE"

     7 avril : Pour son cinquantenaire, Nîmes va mettre les petits plats dans les grands, et monter une Feria de Pentecôte où toros et toreros se disputeront la vedette, pour la joie de tous, du moins on l’espère.
     Simon Casas a dévoilé, vendredi, les cartels de la Feria 2002. Du mercredi 15 au lundi 20 mai, se dérouleront 10 spectacles, dont un, hors abonnement, qui sera théoriquement, le sommet du cycle Nimois.
     Sur les 10 spectacles, il y aura une corrida de rejoneo et une portugaise.

     Ce qui étonne : l’absence de novilladas.
     Ce qui étonne : la place, bien discrète, faite aux toreros de la casa, en particulier Alfonso Romero et Cesar Jimenez en corrida matinale, mais le dimanche de Pentecôte, il est vrai. L’empresa n’a elle donc qu’une confiance mesurée en Cesar Jimenez, pour ne pas le mettre avec Ponce et Morante, le dernier jour ? Cosas de tactica taurina…
     Le grand moment : Un paseo historique, entre El Cordobes « père » et Paco Ojeda. Le paseo ! Après, on verra bien ! Les Juan Pedro Domecq diront s’ils laissent ces deux ex révolutionnaires, développer le toreo qui les a fait riches. Mais les ans ne passent pas en vain. Aussi, il faudra se dépêcher de prendre les photos… au paseo. C’est la corrida « Paris-Match »…
     Le reste « normal » de la feria est de grand intérêt : Côté ganado, avec Miura, Victorino, Palha, pour les durs et la rama Domecq, pour les toros  « plus artistes ». Pour ce qui est des hommes, on peut trouver curieuse l’absence de Ferrera, d’autant qu’il prend seul six toros pour l’Ascencion. C’est peut-être  la raison. De fait, l’Empresa présente « l’Ascension » et « la Pentecôte », comme si cela faisait « un tout ». Cela peut se voir ainsi,  à condition de ne pas venir…de loin.

Les cartels de la Pentecôte, à Nîmes, sont donc les suivants :
     Mercredi 15 Mai : Toros de Miura, pour Zotoluco, Denis Loré, Davila Miura
     Jeudi 16 Mai : Toros de Juan Pedro Domecq, pour Enrique Ponce, Jose Tomas, Sebastian Castella
     Vendredi 17 Mai, en matinée et hors abonnement : Mano a mano entre M.B « El Cordobes » et Paco Ojeda, face à des Juan Pedro Domecq.
     Vendredi 17 Mai : Toros de Domingo Hernandez, pour Joselito, El Juli, Juan Bautista
     Samedi 18 Mai : Toros de Victorino Martin, pour Fernandez Meca, Juan Jose Padilla, Luis Miguel Encabo
     Samedi 18 Mai, en nocturne : Corrida portugaise.
     Dimanche 19 Mai, en matinée : Toros de Jandilla, pour Curro Vazquez, Alfonso Romero, Cesar Jimenez
     Dimanche 19 Mai, au soir : Toros de Palha, pour Luis Francisco Espla, Zotoluco, Swan Soto
     Lundi 20 Mai, en matinée - Corrida de Rejoneo : Toros de Los Espartales, pour Pablo Hermoso de Mendoza, Sergio Galan, Rafi Durand.
     Lundi 20 Mai, en soirée : Toros de Buenavista, pour Enrique Ponce, Morante de la Puebla, Miguel Abellan.

 

UN DIMANCHE « DE CHIENS »…

     8 Avril : Allez donc savoir pourquoi, les espagnols ont une expression très imagée, pour traduire la mauvaise journée, au plan climatologique : « Un dia de perros »… où les hommes et les éléments se regardent « en chiens de faïence…
     Du coup, nous avons aussi adopté « l’après-midi de chiens »… sans que ces pauvres bêtes n’y soient pour grand chose…
     Il a fait « un temps de chiens » (encore !), hier, en Espagne. La corrida de rejoneo, en plaza de Séville a été reportée au mardi 16, midi. A Madrid, pluie vent et froidure. Des spectacles ont été annulés un peu partout, au cours de ce triste week end.
     Paradoxalement, il faisait beau à Logroño, où l’on inaugurait… la couverture de la Plaza  de la Ribera. Le ciel est taquin…
     Peu de monde dans les plazas. Désolante entrée, comme d’habitude, à Madrid. Bien plus décevante encore, à Barcelone, pour un grand cartel, et la présentation de Cesar Jimenez.
     De tristes entrées, un peu partout… Mais le pompon va à Texcoco, au Mexique, où la troisième et dernière corrida de feria dut être annulée, parce qu’il n’y avait dans le tendido que… 80 entrées payantes. Au cartel : Mariano Ramos, Manolo Martinez et un certain Luis de Triana. Tout le monde est reparti à l’hôtel en se posant quelques questions sur « sa force taquillera »…

     Hier, côté toreros, deux triomphateurs : El Juli et Cesar Jimenez.
     A Logroño, le matin, Julian Lopez s’est vu remettre le Capote de paseo, trophée offert par la Comunidad de la Rioja, à l’auteur de la meilleure faena, lors de la dernière San Mateo : Cape de soie blanche, ornée des armes de la région, portant l’image de sa sainte patronne, la Vierge de Valvanera, le tout agrémenté de ceps de vignes d’or, entrelacés. On est en terre de vin, ou on n’y est pas ! Du coup, le Juli, « bon pied, bon œil », a mis le paquet et a coupé deux oreilles, mais n’est pas sorti a hombros, parce qu’il faut ici couper deux oreilles… à un même toro. « Peut-être qu’avec un gros coup de Rioja, cela aurait pu marcher… Hips ! ».
     Cesar Jimenez a fait sa présentation à Barcelone, démontrant à tous la qualité de son toreo, mais aussi cette tendance à aller « de mas a menos ». Faudra revoir cela. Le bon toreo se fait « de arriba pabajo »… mais « de menos, a mas ! ». La novillada de Jandila a été « superior ! »
     En plaza de Benalmadena, Marcos Sanchez Mejias, celui en qui on fonda tant d’espoir, dans les années 90/95, a repris l’épée, coupant deux oreilles. Voir s’il revient avec une illusion renouvelée…
     En Alicante, un festival où le président s’est montré plus radin qu’en corrida formelle. Rivera Ordoñez a banderillé, sous les ovations des belles qui veulent, toutes, jouer leur chance… mais c’est Julio Aparicio qui a sorti deux ou trois « genialidades », de derrière les fagots. Ortega Cano, qui s’était fait secouer, hier, au festival de Haro, s’en est mieux sorti.
     En plaza de Cordoba, ce fut une novillada dite « de promotion ». Personne dans les tendidos, et un festival de volteretas, peu graves heureusement. Promotion majeure pour « le sonneur de clarines », puisque le petit Dorado, qui doit tuer trois novillos entend, respectivement, trois, un et deux avis…
     Un dimanche « de chiens », vraiment...

     7 Avril – Logroño – Corrida d’inauguration de la couverture de la Plaza – Casi lleno : Cinq toros de Juan Pedro Domecq et un du Torero, remplaçant le premier toro, qui s’est brisé la patte, dans le capote de Joselito. Le Salvador Domecq sera costaud et coriace. Ceux de Juan Pedro allieront  faiblesse et mansedumbre. Seuls les 3, 4 et 6 èmes se sauveront quelque peu.
     Joselito a patiné devant le premier, mais s’est en partie rattrapé face au quatrième. Faena templée et deux épées. (Applaudissements et oreille) – La Morante de la Puebla toucha deux carnes. Il ne se força guère, face au violent deuxième, mais mit le paquet, devant le cinq : Larga à genoux, excellents détails, mais vains efforts. De plus, il tua mal. (Silence et ovation) – Le Juli se montra vibrant, intelligent et courageux. Il fit le spectacle, avec le troisième, avant de mettre un gros coup d épée. Plus calme devant le dernier. (Oreille de chaque toro)

     7 avril – Madrid (Las Ventas) – Entrée désolante – Temps « de chiens » : Novillada d’Alejandro Vazquez, bien présentée, mais faible et mauvaise. Le 2ème est un remplaçant de Felix Hernandez, un peu meilleur.
     Tomas Lopez se montrera sobre et aussi froid que le temps. (ovation et silence) – Le gaditano Curro Duarte eut quelques détails de classe avec la cape, et de bons gestes isolés, avec la muleta. « Buenas maneras »… mais silence, par deux fois – Juan de la Reina, de Tolède, mit la vibration et le courage. Peu de classe, mais la volonté de se battre.(Ovation et ovation).

     7 Avril – Barcelona –Première novillada de la saison – ¼ de plaza : Entrée désolante pour un cartel de bonne catégorie. Triste !
     La novillada de Jandilla s’est montrée excellente de caste et de noblesse. Le premier se cassa un piton, étant remplacé par un Francisco Ruiz Melendez, qui mit son torero en échec.
     Leandro Marcos, à l’habitude, voulut faire son torero de salon, et se fit manger tout cru. (Silence et silence)
     Grande présentation à Barcelone de Cesar Jimenez, qui démontra grande classe au capote, toréa magnifiquement son premier, coupant une oreille après une belle estocade, au ralenti. Le cinquième, mou, fut entrepris à genoux, le torero essayant de mettre la vibration que le toro n’avait pas. Faena de mas à menos, et échec à la mort. Ovation.
     Serafin Marin brinda sa première faena à Lucio Sandin. Hélas, il se montra très en dessous de la classe du troisième novillo. Par contre, se montra très décidé, face au dernier, bien estoqué.(Ovation, après un avis, et une oreille).
     Un des grands moments : le « pique » aux quites, entre Jimenez et Serafin Marin, au deuxième novillo. Cesar Jimenez avait toréé par tafalleras. A son tour, Marin donna de bonnes gaoneras. Piqué au vif, Cesar Jimenez répliqua par faroles inversés et rebolera. Eso se llama… « Toreria ! ». Superbe !

     7 Avril – Sevilla – Il a plu toute la matinée. La corrida de Rejoneo a été suspendue, à 15h30, et renvoyée au 16, à midi, avec le même cartel : Fermin Bohorquez, Pablo Hermoso de Mendoza et Diego Ventura, face à six de Murube.

     Ce lundi 8 avril, le temps ne semble pas meilleur. Doivent sortir six Domecq de Gerardo Ortega, pour Antonio Manuel Punta, dont on attend peu ; Antonio Barrera, que l’on suivra avec attention. Sévillan, né le 9 février 1976, il prit l’alternative en juillet 99, avant de s’expatrier au Mexique, où il fait un tabac, toréant 43 corridas en 2001. C’est un torero extrêmement vaillant, qui plante les pieds au sol, et ne les « sort pas ». Adepte du spectaculaire, il peut intéresser certaines aficiones. Séville est un gros examen de passage. Le troisième homme sera « El Cid », très apprécié, ici, après une actuacion de grande classe, le 15 août dernier. Superbe torero… mais piètre tueur. (Hombre… se llama « El Cid » ! A ver un poco…)

 

SEVILLE : ENFIN UN QUI POURRAIT BIEN LES EMPÊCHER DE DORMIR…

     9 Avril : La Maestranza a enfin retrouvé son ciel gris bleu, ses olés « mu de Sevilla ! » et sa musique, qui démarre à la première grande naturelle, mais s’arrête au moindre achuchon.
     Hier, la corrida a duré deux heurs trois quarts, paraissant parfois lourde et désespérante, surtout quand le cinquième fut changé deux fois. Pourtant, ce fut une course très intéressante, parce que les toros étaient « hyper » sérieux de présentation ; que deux d’entre eux montrèrent de grandes qualités à la muleta ; que l’on a vu deux toreros sévillans frôler le triomphe… mais…
     …Mais on a surtout vu un torero qui revenait d’exil et jouait très gros, pour se retour en sa terre. Un jour, il était parti à Mexico, avec une toute petite valise. Il s’y est construit et, en « conquistador à l’envers », il revient chez lui pour dire : « Aqui estoy yo ! »
     « Y si que estuvo ! » Hier 8 Avril, avec un lot infâme, Antonio Barrera s’est montré formidable de vaillance, de courage serein, de technique et de toreria. Les deux ovations, humblement saluées depuis la barrière, peuvent paraître un maigre bilan. De fait, elles saluent la décision, la fierté et la force de ce torero qui risque bien d’empêcher certains de dormir…
     Antonio Barrera plante les pieds dans le sable, et ne les sort pas de là. Mais pour autant, il n’est pas « un torero suicide ». Concentré, clair dans ses idées, ferme dans ses placements et ses cites, le sévillan tire les muletazos, main très basse, obligeant le rétif à suivre sa volonté.
     Attention à Barrera ! Hier, avec le mauvais sorteo, il a vraiment été bien, arrachant de gros derechazos à son méchant premier, et faisant reculer le cinquième tris, en marchant sur lui… Ajoutez à cela une volonté de bien faire la suerte de matar… et vous pouvez avoir un « joker » important, au cours de cette temporada, pour peu que lui sorte « un toro bueno » dans une plaza importante, car, ainsi qu’il le disait hier : « J’ai essayé d’être le mieux possible, mais aucun toro ne m’a laissé « sortir mes armes », développer mon toreo ! »
     Les Chopera ne sont pas fous. Ils le surveillaient depuis un moment, et il est possible qu’encore une fois, ils aient touché un loto… et nous, de même.

     8 Avril – SEVILLA – 4ème de Feria – 2/3 de plaza – Temps nuageux, humide et froid – Corrida télévisée Via Digital :  Il est sorti 9 toros de Gerardo Ortega. Le premier se rompit une patte, dans le capote de Manuel Punta. Le cinquième se donna une terrible vuelta de campana, avant la pique. Il en sortit invalide. Le cinquième bis fait une mauvaise chute, se tordant vilainement le cou et sortant « descordinado » de l’accident. Pa dentro ! Son remplaçant fit craindre le pire, mais le président le maintint dans le ruedo.
     Corrida formidablement présentée, très emorrillada, terriblement armée, lourde : 605, 565, 545, 614, 579, 580 kgs (581 de moyenne). Toros de caractère violent, allant fort au cheval, mais sans vraiment s’employer, car manquant de race et de forces. Cependant, même avec leurs défauts, ils permirent aux toreros de s’exprimer, même quand ils étaient mauvais. Il y eut deux grands toros : le quatrième, « Feten », d’une formidable noblesse, et le sixième « Clavelillo », lui aussi, excellent pour le muletero.
     Antonio Manuel Punta (silence – Vuelta, après petite pétition) n’a rien toréé en Europe, l’an passé. Par contre, il a fait sa saison, au Venezuela. Un torero qui a de la classe, mais qui manque… de quelque chose. On ne comprend pas pourquoi il brinda son premier au public. Ce toro l’avait mis en difficulté à la cape, et seul Barrera s’était déjà distingué dans un quite par trois gaoneras risquées. Le toro était aplomado, brutal. Punta resta un moment devant, et tua mal, de quatre pinchazos et trois descabellos.
     Le quatrième le mit en difficulté au capote. 614 kilos d’agressivité, déboulant à toute vapeur… et tenant debout. Deux puyazos bien calibrés et une faena qui commence à droite, « Feten » trébuchant dans les troisièmes passes des deux premières séries. On se lamente. Noble, mais faible. Punta le laisse respirer et le prend à gauche. Miracle, le toro va « a mas », tournant à « vraiment noble », chargeant « droit et long ». Punta va l’exploiter, en partie, tirant de bonnes naturelles, terminées de grands pechos. Cependant, on pense qu’il pourrait être mieux. Il faudra attendre une grande série finale, sur la main droite, scellé d’un énorme pase de pecho, pour emporter l’adhésion finale. Malheureusement, un pinchazo précédera une entière en arrière, et l’oreille s’envolera. Vuelta pour le torero, mais grosse ovation, surtout, pour le toro, à l’arrastre. Il s’appelait « Feten »
     Antonio Barrera (Grande ovation, au tiers – Ovation, à la barrière)  a été « énorme » de valeur et de toreria. D’entrée, il lidia son premier, avec le capote, voyant qu’il ne pourrait le recevoir classiquement, pare véroniques. « Se sortant » vers le centre, le torero amena le toro où il le désirait, et le planta là, d’un remate puissant. Vuelta de campana à la sortie du deuxième puyazo, et méchanceté affichée au deuxième tiers. Débutant par un cambio dans le dos, risqué, Barrera, très décidé, très concentré, va s’imposer au toro et au public. Plantant les pieds au sol, rentrant dans le toro, il va lui imposer des muletazos, la main très basse, que le toro va prendre en renâclant et en le menaçant plusieurs fois. Y olé, torero ! Marchant sereinement devant les cornes, toréant « muy asentado », le sévillan va obliger le toro à charger, malgré les menaces et les achuchones sur les passes de sortie. Il essaya en vain la main gauche et mit toute sa volonté dans un grosse estocade, bien portée, qui tarda un peu dans ses effets. Avec un toro très dur, Antonio barrera « est entré » à Séville.
     Avant son accident, le cinquième lui permit une réception par delantales, trois reboleras enchaînées, à une main, et un pecho avec le capote, sortant désarmé. Rabia ! pero rabia torera ! Le cinquième bis permit de voir que ce n’est pas un grand artiste de la véronique. Quand au « tris » il ne permit rien, mettant d’entrée, deux vilains upercuts, à droite. Le toro prendra un gros puyazo et sortira, plantant ses cornes dans le sable. Faible, lui aussi. A la muleta, Barrera lui « rentrera dedans », mais le manso refusera le combat, se défendant sur place, ou, pire encore, reculant devant la décision du torero. Bien portée, l’épée tombera… très bas ! Accidente ! Le public ne lui en voulut point, qui le fit saluer à la barrière… en torero !
     El Cid (Silence – Vuelta) a été magnifique avec la cape, face à ses deux toros. De grandes véroniques, serrées, longues, templadisimas. A la muleta, son premier se montra très court, se défendant. Le diestro fit ce qu’il put… et ne put grand chose. Par contre, le Cid toucha le deuxième grand toro de la soirée. Ce sixième débuta très noble, eut un petit passage à vide, en milieu de trasteo, et « remonta », permettant au torero de s’exprimer avec galbe et profondeur. Bons derechazos, séries à gauche (qui est « sa main ») chaque fois closes de grandes passes de poitrine. Final par redondos inversés. On sent que l’oreilles va tomber. Hélas, l’estocade définitive et bien portée, arrivera après trois pinchazos. Pas rancunier, le public lui permit une vuelta. Mu Sevillano !
     Aux banderilles, El Alcalareño eut un geste de superbe toreria. Menacé lors  de son premier passage, au sixième, il prépara et posa une « énorme » deuxième paire, sortant « guapisimo ». Et Séville explosa…

     Ce 9 Avril, la corrida de Gavira est, paraît-il, « una tia ! ». En face, des toreros, dont on sait qu’ils ne sont pas « foudres de guerre » : Pepe Luis Vazquez, Fernando Cepeda, Davila Miura. Demain, on parlera de quelques véroniques et demies, mais aussi, probablement, de beaucoup de « Je voudrais, mais ne peux pas ! »

 

CABREL, BIGARD, ET… CEPEDA.

     10 Avril :  « Il est fou ! » se diront certains. Ca, on le sait depuis longtemps. En quoi ce titre, un peu loufoque, peut il donc avoir quelque lien avec la corrida d’hier en plaza de Séville ?
     Au moins, il a le mérite de vous faire « tendre l’oreille », et peut-être de vous faire sourire un peu…
     En fait… on va parler de toros, comme toujours, ici, et chaque jours, depuis le 18 février 2000…

     Mes amis me taquinent souvent en me demandant : « Toi qui aimes Cabrel… que penses tu de sa chanson sur la corrida ? »  Je réponds que Francis Cabrel est un malin que l’on a vu plusieurs fois dans des arènes. (Ne l’a t’on pas vu aux arènes de Bayonne, assister à une Miurada. Il avait un pied dans le plâtre)… un malin qui a des milliers de fans, dont les 80% sont sûrement contre la corrida (c’est forcé, on ne peut pas aimer la tauromachie, et être gentil !)… un malin qui « s’est fait le quite » en écrivant une chanson rigoureusement « exacte » : Si on se met à la place du toro qui sort du chiquero, on se dit exactement cela… « J’ai vu  les fanfares, les barrières et les gens, autour »…  « Ils ont refermé, derrière moi. Ils ont eu peur que je recule. Je vais bien finir par l’avoir, cette danseuse ridicule »… « Ce pantin, ce minus ! Je vais l’attraper, lui et son chapeau, les faire tourner comme un soleil… ». Hombre ! si vous étiez toro… ne penseriez vous pas cela ? surtout si vous étiez un toro de Gavira, hier, à la Maestranza, et qu’au sortir du chiquero, vous aperceviez, là bas, tremblant élégamment… l’ombre du fils de Pepe luis ?

     Hier, à Séville, le deuxième toro a mis dix minutes à sortir… Cela me fait penser au sketch qui ouvrait le spectacle de Jean Marie Bigard, en 2000, je crois. Il mimait, avec grand à propos, les différentes attitudes et pensées des toros sortant à la plaza. Selon qu’ils étaient violents ou mansos perdidos, les toros sortaient, un à un, déclenchant nos rires, mais aussi notre admiration…
     On imaginait le coin de rideau, en porte de toril. Durant quelques secondes, le noir complet. Soudain déboulait le « Bigard toro », à fond les manettes, le regard mauvais, la bave aux lèvres, les naseaux fumants, en hurlant « Où il est, le gars ?
     Regardez bien  le bronco qui déboule, fonce sur le premier burladero, et bousille l’estribo. (Planqué à deux pas, le menuisier de la plaza maugrée « Bon, c’est encore à moi ! Je vais demander une augmentation…). Et le toro, l’air mauvais, semble dire au torero « Sors un peu, si tu en as les c…apacités ! ».
     Et Bigard, de mimer ainsi plusieurs toros aux différents comportements. A la fin, comme hier à Séville, le rideau-toril reste longuement dans le noir… mais vraiment longuement (bon ! pas dix minutes, quand même !), puis seule la tête effarée du « Bigard-toro » sort, timidement, et murmure, mi effaré, mi maricon, « Ecoutez… Bernard et Robert sont sortis par là, tout à l’heure… on ne les a jamais revus… ».
     Peut-être le deuxième toro de Gavira d’hier, en plaza de Séville était il "paxé" ? Toujours est il qu’il mit presque dix minutes à sortir… Avait il donc été voir Jean Marie ? Les autres avaient ils donc entendu la chanson de Cabrel. Sûrement non… mais c’était bien imité !

      Hier… on doit vraiment parler de Fernando Cepeda ! Cela fait des années que l’on vante trois véroniques, ici… une grande demie, là ! On parle de trois naturelles de rêve, aussitôt gâchées par une grosse reculade, à droite. L’inconstance de l’artiste… et le souvenir d’une grave cornada, par où le courage, limité, s’est enfui, un jour.
     A bientôt 38 ans, Fernando Cepeda  fait le yoyo entre espoir et nouvelle désillusion. Il a pris l’alternative en 87, à Madrid, rien moins que des mains de Paula et Manzana…
     Longtemps, il fut l’espoir de l’aficion Sévillane…jusqu’à la terrible cornada de Cordoba, en 90. Déjà, un toro lui avait fait mal, en 88, à Séville. Puis arriva une mauvaise lésion à un poignet, en 91. De fait, Cepeda n’arrêta pas de « repartir de zéro »… Aujourd’hui, il est un « vétéran » dont Jose Antonio del Moral dit qu’il ferait une grande « tête de cartel », beaucoup plus importante que quelques « vieux beaux », revenus parce qu’ils n’arrivent pas à supporter les ans qui passent… Tout à fait d’accord ! Mais voilà ! Cepeda intéresse t’il les petits jeunes ? Il est l’un des tout meilleurs, à la cape, et, s’il met une demie faena comme celle d’hier, il les enterre tous. Vaya telonero…

     La corrida de Gavira est sortie « infumable », ce qui a donné au fils de Pepe Luis l’occasion de ne pas trop suer le burnous, une fois de plus. Quant à Eduardo Davila Miura, il se battit fièrement avec le seul toro valide qui lui restait, son premier s’étant cassé la corne… au peto du cheval !

     Cabrel… Bigard… Cepeda… vous voyez bien qu’on a parlé de toros !

     9 Avril – SEVILLA – 5ème de Feria – Petit 2/3 de plaza – Soleil frais !: 
     Six toros d’Antonio Gavira, présentés « comme pour Madrid », avec du trapio et des cornes astifinas. Du poids à revendre : 550, 585, 579, 607, 569, 649 kgs – (589 de moyenne). Avec cela, un caractère de manso « en échelle » : depuis les 1et 4, imbuvables, jusqu’au cinquième, manso toréable. Les trois premiers avaient cinq ans et demi, et le sentido correspondant.
     Pepe Luis Vazquez (Silence – Silence) fit son traditionnel paseo, regarda sortir ses deux toros, les donna à lidier à ses peones, leur donna trois coups de torchon, les massacra à l’épée sans se tâcher le costume, et s’en alla rosissant sous quelques vagues coussins qui tombaient mollement. Comme ses deux toros étaient les pires… on lui dit : « A l’année prochaine ! ». Il fête ses 21 ans d’alternative. Il peut durer « 20 ans de plus »… mais non, ce serait trop fatiguant !
     Fernando Cepeda (Silence – Vuelta) ne put toréer de cape son premier toro, qui resta dix minutes dans le couloir du toril, imitant Bigard à la perfection. Quand il daigna sortir, ce fut pour montrer sa nulle qualité, et Cepeda en termina d’un pinchazo et une épée. Le cinquième déboula, brutal, et appuyant fort vers les barrières. Cepeda ne put le toréer au capote. Violent, le toro « derriba » à la troisième pique. Tout le monde par terre ! Voyant le tableau, et en faisant le bilan de la corrida, on donnait peu de chance à la faena de Cepeda. On ce trompait. C’est la fameuse incertitude de la tauromachie. Fernando Cepeda, soudain visité par quelque duende sortant de son long sommeil, se mit à toréer profond, raffiné, suave, « comme les anges… » Trois séries de derechazos « con empaque », la taille redressée, seigneurial ! La faena baissa un peu, suite à un désarmé, mais le torero retrouva sa cadence, terminant par deux trincherazos « de cartel ». Hélas, comme tant de fois, l’épée « pincha », avant d’entrer, entière. Et, comme tant de fois, l’oreille s’envola. Grosse bonne vuelta pour Fernando Cepeda, que l’on attendra, en fin de feria, avec les Cebada, et dont la faena au toro « Altanero », de Gavira, est déjà un des souvenirs de la Feria 2002. Y olé !
     Eduardo Davila Miura (Silence – Ovation) vit son premier se casser un piton, en entrant au cheval « sous un mauvais angle ». (Ou le peto était trop dur, ou le piton était « trop mou ! » Non ?). Le président Francisco Carrasco prit la bronca du jour pour refuser de changer le blessé, et le torero dut se résoudre à l’abattre, d’une entière tendue. Le dernier, de 649 kgs, pulvérisa cheval et picador, mettant en danger Agustin Navarro, tompé à découvert. Grande ouvrage de toute la cuadrilla qui brega bien, Joselito Rus se montrant supérieur, aux banderilles. Davila Miura prit une grosse colada d’entrée, et aguanta vaillamment la brutalité du toro. Faena volontaire, propre, sans grande option. Estocade contraire et tombée (vaya ! un bajonazo « de l’autre côté ») et l’ovation de son public. On n’attendait guère plus.

     Ce 10 Avril, il va y avoir du sport ! Déjà, la corrida de Marie Carmen Camacho n’est pas passée, à l’examen vétérinaire. Cinq toros rechazados. Ceux que l’on a amenés en hâte, ne valent rien, non plus. Séville, aujourd’hui, exige « le toro de Madrid »… Una barbaridad ! Il n’y a qu’un toro : Le toro « en el tipo de embestir », en fonction de la conformation correspondant à son encaste, à son identité génétique.
     Du sport...parce qu’au cartel : Pepin Liria, Antonio Ferrera et El Fandi : Un gros vaillant… deux « fous furieux »… Trois toreros !

 

MARIA… « LA DOÑA ».

     10 Avril : Hier, à une heure du matin, disparaissait, victime d’une crise cardiaque, Maria Felix, qui venait de fêter, la veille, ses 88 ans.
     Elle était la diva du cinéma mexicain. Pas une grande actrice, mais « un personnage »… qui suscita autant d’admiration que de haine, autant d’envie que de jalousie. Un cœur de feu… un corps de liane… un regard de braise… Vaya  mujer !
     Maria Felix connaissait bien le mundillo taurin. Elle le connaissait…de très près.
     Elle avait été mariée au grand compositeur Agustin Lara, qui, conquis par le faenon de Silverio Perez au toro « Tanguito », lui composa le fameux pasodoble, en 1943. Leur relation fut… orageuse.
     Maria eut « un bon contact » avec Luis Miguel Dominguin, ce qui l’amena à être souvent présente à ses corridas. C’est ainsi qu’elle assista, malheureusement, à la cogida mortelle de Manolete, le 28 Août 47, en plaza de Linares.
     Elle connut d’autres toreros, en particulier Manolo Martinez.
     Devenue plus sage, elle continua à aller aux corridas. Une de ses dernières sorties à la Monumental de Mexico eut lieu le 10 Mars 96 : Il y avait quatre toreros, dont… Denis loré. Les quatre diestros lui brindèrent un toro, et ce jour-là, « El Conde » obtint la grâce du dernier toro de Fernando de la Mora.
     Depuis, elle restait chez elle, et regardait les corridas à la télé, en fumant son éternel cigarrillo.
     Elle avait tourné 47 films, dont un paquet de navets… Mais elle était un vrai « personnage », et une grande ambassadrice du Mexique.
     Idolâtrée ou haïe, Maria Felix était…« Le Mexique », de feu et de passion… Un Mexique qui a tristement tourné, hier, une page de son Histoire.

 

VALLADOLID : LES CADEAUX DE SAINT PIERRE…

     10 Avril : Chaque année, Valladolid fête la « San Pedro Regalado ». Du coup, on monte trois corridas qui, au fil des années, prennent la même importance que la Feria de Primavera, jadis, à Zaragoza.
     Cette année, un cadeau de « trois cartelazos », qui vont monopoliser l’attention des aficionados. Toutes « les Figuras » seront à l’appel, avec, de plus, le gros événement : L’alternative de Leandro Marcos.
     Bon ! Vous allez dire : « Oui, mais… il est « léger » de cœur ! Oui mais… il fait un toreo « de espejo » ! ». Vous avez raison… mais, attendons un peu ! Son toreo peut avoir plus de force, de profondeur, avec le toro, s’il sort pastueño. Il y en a, et la majorité chargent moins fort que le novillo. Certes, il est « un peu juste », mais il faut voir. Es un torero artista ! Et s’il met un faenon dans une grosse plaza… ce peut être plus fort que Cap Canaveral, ou Kourou !  En tous cas, beaucoup l’attendront, dans les mois qui suivent.

     « San Pedro Regalado 2002 », à Valladolid… Demandez le programme !

     Samedi 11 Mai : Toros d’Alcurrucen, pour Enrique Ponce, David Luguillano, Finito de Cordoba.
     Dimanche 12 Mai : Toros du Capea, pour Joselito, Manolito Sanchez, El Juli
     Lundi 13 Mai : Toros de Garcigrande, pour Paco Ojeda, Jose Tomas, Leandro Marcos, qui prendra l’alternative. A ver lo que pasa…

 

 UNE HISTOIRE « DE LOUFS »…

     11 Avril : Que va t’il se passer, ce soir ?  Quel suspens haletant allons nous vivre, durant 80 jours ?  Quelles émotions nous réserve ce grand moment d’humanité « à nu » ? Quelles conclusions sur la vie, tirerons nous de ces grandes pensées philosophiques, dans le huit clos « tous publics », que la France entière attend, histoire de faire «in »…
     Qu’est ce donc ? Une nouvelle émission politique? Un nouveau programme télvisé, que l’on appellerait  « Penthotal », où chacun arriverait devant la caméra, après un passage obligé devant la maquilleuse, certes, mais aussi une infirmière qui lui aurait injecté quelque sérum de vérité…? Du coup, l’un parlerait avec conviction de « Paris, au temps des HLM… » ; l’autre « se lâcherait », confirmant que pour lui, « l’important n’était pas forcément la rose, mais, la victoire, coûte que coûte … en faisant voter les nouveaux nés, si c’était nécessaire… », et que… « Trotski avait du bon ! »… Pas vrai, Arlette ?
     Pues no ! Rien de cela… Ce soir débute une nouvelles histoire de loufs, télévisée en direct… ou si vous préférez, un nouvel épisode du « Loft Story »…
     Super ! Tout ce que vous ne devez pas voir, ni entendre… vous l’avez là, en direct ! Toutes les vulgarités, les bassesses, les hypocrisies du genre humain, vous les avez, bien condensées, chez vous, tous les soirs et plus, si affinité, ou… si vous avez internet. Ainsi, vous pourrez vous dire : « Au fond, je suis comme les autres, et peut-être un peu mieux ! Moi aussi, j’aimerais bien me payer la petite du quatrième… Moi aussi, j’ai des flatulences dont je suis presque fier… Moi aussi, je fais des fautes de français, et j’ignore ce qui s’est passé le 6 Juin 44 … Au fond, je ne suis pas trop mal ! Je vais continuer à regarder, parce que cela me rassure et que… cette fois, ils ont mis une caméra « même » au fond de la piscine, parce que la dernière fois, ils nous ont fait louper un épisode, « vu d’en dessous »…
     Quelle affligeante « c…bêtise » ! Si le Loft Story est le reflet de la