|
VICTOR
PUERTO ET LE TOREO DES ANNEES 2000...
|
1er
Octobre : On ne peut plus parler de hasard... L’actuacion de
Victor Puerto, hier, en plaza de Séville, a sauvé du désastre une feria
de San Miguel, par ailleurs marquée par l’émotion des adieux d’Espartaco.
Deux corridas, deux catastrophes intégrales au niveau ganadero, au point
que les toreros sont sortis « sans illusion », sans espoir de
triompher. On sait que de multiples tentatives pour changer la corrida de
Nuñez del Cuvillo avaient, malheureusement, avorté. D’autre part, l’Empresa
ne semblait pas avoir retenu la leçon signée Gavira, l’an passé,
répétant l’erreur de la programmer à nouveau, pour un résultat
similaire... casi peor !
|

|
Heureusement,
il y avait Victor Puerto. Blessé à Logroño, le 22 septembre, le
manchego voulait à tout prix finir sa temporada à Séville, après être
passé par Pozoblanco. Sept jours, à peine, après sa méchante blessure
dans la nouvelle plaza de La Ribera, Puerto signe un exploit important :
S’habiller de lumières, par deux fois, et, pour un peu, ouvrir la Porte
du Prince, à Séville. Rien moins...
Avec
son teint mat et ses cheveux noirs bien frisés, on le dirait venu d’Amérique
du Sud. Son toreo vibrant, fleuri, parfois « bien populeux »
divise les aficionados. Ajoutez à cela une propension à discuter avec le
tendido, à multiplier les adornos, les desplantes, les regards coquins
... Bueno ! Un torero populaire que d’aucun qualifieront de
« vulgar, y pegapases.. » Une sorte de Curro Giron qui ne
banderilles pas...
Oui
mais voilà, le Victor Puerto « horripilant » à Pozoblanco,
s’est envoyé deux mansos, en faisant preuve d’une formidable toreria,
en plaza de Séville, sous le regard de la Télé, mettant au gardes à
vous l’aficion et toute la critique taurine. Un torero courageux,
serein, qui pense devant le toro, cimentant sa stratégie sur un courage
sans affectation... pas mal, non ?
L’an
passé, Puerto avait remonté une pente, bien savonnée en 1998, par les
madrilènes. Partout, on avait reconnu le sérieux et la qualité d’un
Victor Puerto transfiguré. Madrid en avait éét le témoin, et Séville,
en fin de saison, l’avait consacré « promesse 2001 », après
une grande actuacion à la San Miguel.
Cette
saison avait fort bien débuté, avec un gros succès aux Fallas, devant
une grande corrida de Torrestrella. A Séville, quelque grand moment de
toreo, puis... Madrid n’avait rien donné et, peu à peu, il semblait
que le torero revenait aux errances passées, toréant bien, certes, mais
avec de gros clins d’oeil, bien appuyés, au tendido... Les oreilles
tombaient, mais une partie du public ronchonnait. Pueblerino...
Cependant,
Logroño confirma le courage de Victor Puerto, son sens de la
responsabilité et sa toreria. Blessé, il resta dans le ruedo, s’y
planta jusqu’à en terminer avec son adversaire, coupant une oreille de
grand poids.
Séville vient donc de confirmer le talent et
le courage de ce torero qui symbolise un peu « la Tauromachie de années
2000 », qui, plus que jamais, doit s’adapter à un public « multi
cartes », et surtout à un toro qui, à 90%, présente plus de défauts
que de qualités. Deux tactiques
peuvent alors se mettre en place : On attend que sorte « le bon »...
et on peut attendre longtemps. Ou alors, on s’adapte et on tire de
chacun le plus possible, en utilisant tous les moyens, y compris quelques
artifices bien démago, pour satisfaire le public. Victor Puerto a su
s’aligner sur cette voie, mais ne laissant jamais passer l’occasion de
faire le toreo de qualité, le Toreo de toujours... Séville vient de le
confirmer, le plaçant ainsi en bonne position pour la saison 2002.
30 Septembre – Sevilla – 2ème de la San Miguel – 2/3 de
plaza – Soleil revenu : Corrida imbuvable d’Antonio Gavira.
Concours de mansedumbre, au cheval, aux banderilles, à la muleta. De présentation
inégale mais correcte, les six toros ont fait assaut de « manque de
tout »... Cela débuta en catastrophe, avec un premier que l’on
dut rentrer, à cause de sa faiblesse. Puis les mansos défilèrent, un à
un, sans rémission. Le quatrième se coucha avant l’estocade, le cinquième
gagna le concours du « plus manso, tu meurs ! ». Quant au
dernier, il ajouta à sa triste panoplie, un autre qualificatif :
Dangereux...
Les toreros ont fait ce qu’ils ont pu...
Finito s’est fait serrer par le premier bis, dès les premiers muletazos...
ce fut vite réglé. Le quatrième, soso, arrêté, ne lui permit rien.
Deux silences, aussi désabusés que le torero – Même verdict pour
Caballero qui donna des passes et des passes, probablement destinées à
préparer « la prochaine série »... Pas d’engagement, pas
d’idées. Bien triste, tout ça – Et puis, Victor Puerto qui, d’entrée,
se signale par un quite de bonnes chicuelinas, au deuxième toro. Vista,
toreria, ganas ! Cette volonté se confirmera entièrement face à
deux toros totalement différents, auxquels le matador saura s’adapter
totalement : Faena de temple, de grande qualité, face à son
premier. Séries courtes, puissantes et galbées, closes de remates sérieux
et toreros. Bonne estocade et une oreille qui en valait presque deux, tant
les choses s’étaient faites parfaitement, avec la tête et le coeur. Le
sixième était une carne dangereuse, et Puerto l’attaqua « à
coups de dents », lui vola dans les plumes et lui arracha une
oreille, à la fin d’une faena de porfia, dans le berceau des cornes,
sans presque pouvoir donner une passe, mais laissant le toro « comme
une carpette ». Poderoso, Puerto ! Oreille par deux fois,
oreilles totalement méritées ; oreilles qui symbolisent bien la
tauromachie des années 2000, et l’un de ses meilleurs interprètes :
Victor Puerto.
30 Septembre – Granada – Corrida de la Fête le La Virgen de las
Angustias – Casi lleno : Grande et bonne corrida de Salvador Domecq
« El Torero ». Encastée. Premier et sixième, superbes.
Monumentale journée d’Enrique Ponce qui,
si nécessaire, confirme son rang de Maréchal 2001. Quatre oreilles à
l’issue d’une formidable prestation où se mêlèrent la technique,
bien sur, mais aussi l’inspiration, l’abandon, la plus pure expression
artistique et un grand courage. Faenon devant «Osito », son
premier, qui le prit méchamment dans une naturelle. Ponce revint pour
deux muletazos qui « punirent le toro », puis ce fut « des
tonnes de caresses »... Faena profonde, parfaite, close d’un gros
coup d’épée. Le Valenciano allait confirmer sa monumentale prestation
devant « Vellutero », le quatrième, devant lequel il fallut
montrer plus de fermeté. Là aussi, l’épée fut d’airain. Deux
oreilles et le public... fou ! – El Juli, peut être un peu complexé,
a voulu tout faire pour contrer Ponce. Tout et trop vite. Oreille chaque
fois, mais... – El Fandi sort a hombros de sa plaza pour la quatrième
fois, en quatre corrida. Spectaculaire, vibrato à fond, banderilles en
bataille, il patina un peu avec le troisième, mais mit le feu à la plaza,
face à l’excellent dernier. Deux oreilles et tout le monde sur les épaules,
mais... sur les lèvres, un seul nom : Ponce !
30 Septembre – Ubeda – 2ème de Feria – ½ plaza :
Toros de Téofilo Segura, bien présentés, mais de comportement inégal
– Triomphe de Juan Jose Padilla qui coupe une oreille de chaque
adversaire – Luis Francisco Espla obtient un trophée de son deuxième
toro, le local Carnicerito de Ubeda coupant une oreille de son premier.
30 Septembre – Corella – ¾ de Plaza : Toros de Hato Blanco, qui ont
donné bon jeu – Morante de la Puebla coupe une oreille de son premier.
A signaler que le Morante va, encore, changer d’apoderado. Fin de
contrat avec Camara. On ne renouvelle pas. Morante à besoin de
quelqu’un qui lui permette d’être « a gusto »... Oui,
mais, jusqu’à quand, cette recherche ? – Eugenio de mora remplaçait
Jesulin. On le vit puissant et torero. Oreille, chaque fois, et « a
hombros » - De son côté, Francisco Marco, navarrais chez lui,
coupa un trophée du dernier.
30 Septembre – Las Rozas (Madrid) – ¾ de plaza : Corrida de
Valdeolivas qui a fait son devoir, sans plus – Triomphe de Jesus Millan,
avec trois oreilles – Encabo et Rafael de Julia coupent un trophée,
chacun.
30 Septembre – Madrid (Las Ventas) – ¼ de plaza : Présentation de
la ganaderia del « Trincherazo ». Novillos très bien présentés,
mais qui firent concours de mansedumbre, certains, champions de la fuite
éperdue – Carlos Gallego fit preuve de grande volonté, arrachant
deux bonnes séries de derechazos. Ovation, chaque fois – Serafin Marin
eut un lot impossible. Applaudissements de maigre consolation – Bon succès
pour Martin Quintana qui fit preuve de grand métier et de fermeté, face
au cinquième qui répétait durement une charge bien désordonnée.
Oreille et, après Arnedo, un « gros week end », pour Martin
Quintana
30 Septembre – Algemesi - Dernière
de la Feria des novilladas : Ganado infumable de Maria Luyis
Dominguez Perez de Vargas. Seul, le premier permit quelques fantaisies –
Anton Cortes et Javier Valverde ne purent rien, sortant sous de
applaudissements de consolation – Unique succès, unique oreille pour
Andy Cartagena.
La feria terminée, le grand jury s’est réuni et
les trophées 2001 sont les suivants :
-
Meilleure ganaderia : Sanchez Arjona
- Meilleur Novillero : Cesar Jimenez
- Meilleur
Rejoneador : Alvaro Montes.
30 Septembre – Arnedo – 4ème de Feria – Casi lleno :
Terrible novillada, lourde, dure, de Juan Valenzuelo. Une vraie corrida de
toros – Les trois novilleros ont eu beaucoup de mérite – La palme à
Reyes Mendoza, qui fit preuve de métier et de courage. Vuelta à chaque
« toro » - Julien Lescarret se montra lui aussi courageux,
face à deux costauds retords. Vuelta au cinquième – Luis Rubias
s’est joué la peau face au deux pires. Deux avis et un avis,
respectivement ; silence et ovation. Vraiment mal payé !
|
|
|
|
QUAND ON DIT QUE CELA PEUT ALLER « TRES VITE »...
2 Octobre :
Bruits de crise... Bruits de guerre ! Dans le ciel bleu, six
longues traînées de réacteurs filent à toute vitesse, bien parallèles,
bien droites. Chasseurs, bombardiers ? Allez donc savoir... Mais
leurs sillages et leur vitesse ne disent rien de bon. Cela peut aller
« très vite », maintenant. Là bas, des « assassins
d’idéal » vont payer. Hélas d’autres aussi, pacifiques,
humbles travailleurs, paieront un probable lourd tribut à la folie des
hommes, quelle que soit leur peau, quelle que soit leur religion.
Chez nous, on prépare les élections... A
grands coups de démagogie, « nos grands Ayatollahs à nous »,
vont nous abreuver de chiffres et de satisfecit. Les verts vont nous faire
le coup de « Bonne Maman » et, malgré un chômage qui reprend
néfaste vigueur, « on » va nous dire que tout va bien, et
l’on va encore colmater quelques brèches à coups d’emploi-jeunes et
de contrats « emploi consolidé »... Ainsi, les médecins
pourront revenir dans les quartiers, bien protégés par des «gorilles
amateurs », de tous âges, payés trois francs six sous. Ce n’est
pas ça ! dira le politique... mais en fait, c’est ça ! En
France, il y a des quartiers où la police, où les pompiers, où tout ce
qui représente un certain ordre, ne peuvent mettre les pieds... Qui
accepte cela ? Combien de temps encore ? Qui, enfin, fera
« le grand tri » ? Le bon grain, et il y en a beaucoup,
de l’ivraie... Il y en a « un peu », mais elle gâche
tout... Alors, qui ?
Tant que les bombes éclatent ailleurs,
chacun pleure un peu, puis va refaire son loto, son tiercé, et un bisou
fatigué à Bobonne ! Mais quand la menace, sourde, est là, qu’on
la soupçonne mais qu’on ne la voit pas, précisément, on se dit que
l’on a envie d’avoir de vrais chefs, courageux et sincères, même
quand il se trompent. On se dit que l’on aimerait avoir un homme à
suivre, parce qu’il est le meilleur d’entre nous. Pourquoi pas une
femme, d’ailleurs ? Au fond, non ! parce que la dernière
s’appelait Jeanne, et on lui a fait trop mal !
Enfin ! Pendant que tout se prépare,
affreux remake du « Bal de Maudits », on se pose chez nous la
grave question de savoir si, dans les circonstances actuelles (et
dans les autres aussi, d’ailleurs), la police qui vous contrôle sur la
route, aura le droit ou non d’ouvrir le coffre de votre voiture, et cela
sans vous le demander avec force « mooonsieur ! » et
autant de « s’il vous plaît ». Hombre ! Un contrôle
est un contrôle ! Celui qui n’a rien à se reprocher, n’a pas à
s’offusquer de cette « violation de domicile », toute à
fait logique, normale et... souhaitable. Curieux ça ! On parle
toujours très fort des « bavures policières », tout en
passant discrètement sur les mots « voiture volée »,
« forcé un barrage », « fuite »... etc. En quoi,
un citoyen, quelle que soit sa couleur, sa profession, sa religion ;
bon travailleur, bon père de famille ; peut il s’élever contre ce
qui est fait pour justement le protéger ? Enfin ! Les grands
« y’a qu’à ! » ont intérêt à y penser, à
l’heure de leurs traditionnelles promesses, sinon, là aussi, cela peut
aller très vite...
Au moins, dans le monde beaucoup plus réduit
« des Toros », les choses sont plus claires... et vont aussi,
parfois, très vite. L’histoire taurine est emplie de ces hommes qui, du
jour au lendemain, passent de l’ombre à la lumière, confirment d’un
coup leur qualité, leur courage. Il y a les phénomènes, ceux que l’on
explique difficilement, tellement puissants, tellement précoces, qu’on
n’a d’autre explication que le traditionnel « Il est tombé
dedans, quand il est né ! ». Exemple : Le Juli !
Exemple, bien avant et dans
un autre style : Angel Teruel, qui, en 67, arrive à l’alternative
sans novilladas économiques, et 18 piquées. Muñoz, en 74, petit Mozart
du Toreo, là bas, du côté de Triana.
Puis, il y a ceux qui « se sont
faits », lentement, courageusement, à la limite de la désespérance,
parfois, mais gardant au coeur « la petite flamme », étant
parfois les seuls à savoir que « Je suis torero ! Je serai
Figura ! ». Mérite immense ! De vrais héros qui ont su
souffrir, et savent qu’ils souffriront deux fois plus...
Un jour, soudain la porte s’ouvre. Un
toro paraît, plus grand, plus beau, plus brave, parfois plus dangereux
que les autres. Allez savoir pourquoi ! C’est « le jour ! »
Et là, cela va très vite ! Exemple, que nous connaissons tous :
Cesar Rincon ! Le 20 mai 91, il n’était rien, ou presque : un
bon petit torero colombien ! Le 22 au soir, il était un dieu, une
idole. On connaît la suite...
L’histoire vient de se répéter, en
l’espace se quatre jours. Certes, à un degré moindre ! Certes prévisible.
Cependant, un grand pas vient d’être franchi pour un tout jeune
novillero que l’on connaît bien, par chez nous... On le savait pétri
de qualités, « pourri de talent »... On râlait un peu, en le
voyant papillonner avec le toros, sans pourtant « appuyer à fond »...
Mais voilà qu’en l’espace de trois jours, en deux grandes ferias
« concours de novilleros », il vient de mettre l’escalafon
à ses pieds. Il s’appelle Cesar Jimenez. Triomphateur total d’Algemesi,
il vient de couper hier, quatre oreilles en plaza d’Arnedo, de façon
indiscutable. A n’en pas douter, il va remporter
le trophée de la Feria, le « Zapato 2001 », et dorénavant,
les chose vont aller très vite. Avec ces deux ferias en poche, Jimenez
est l’indiscutable vainqueur de la temporada. Maintenant, il va falloir
continuer, peut être se présenter à Madrid, battre le fer tant qu’il
est chaud. Puis viendra l’alternative... ni trop tôt, ni trop tard. Après...cela
peut aller très vite, dans un sens, ou dans un autre !
2 Octobre – Arnedo – 5ème
de Feria – Lleno : Novillada de Miranda de Pericalvo (vient de
Salamanque, mais puro J.P Domecq), sortie très lourde, inégalement armée.
Il y eut quelque faiblesse, mais de la grande qualité. Le deuxième fut
un garbanzo, le cinquième par contre, excellent. Le sixième était un véritable
toro.
Leandro Marcos torée formidablement, avec grande élégance,
empaque, profondeur. Hélas, il est un peu froid, et ses faenas vont
« a manos ». Il tua mal, ce qui lui fit perdre des trophées.
Oreille et vuelta, alors qu’il partait « pour trois » -
Diego Ramos, moins expérimenté, a été « un peu juste »,
face au difficile deuxième. Par contre, eut des bonnes choses devant le
bon cinquième, donnant la vuelta.
|
Cesar Jimenez a coupé quatre
oreilles. Triomphe incontestable « du savoir et du pouvoir ».
Bien à la cape, il débuta sa première faena par sept passes, toréées
les deux genoux en terre. Puis, bonnes séries sur les deux mains, hélas
gâchées par la faiblesse du novillo. Deux oreilles, normales ! Sa
prestation face au gros sixième frôlera le parfait. Le toro n’est pas
commode : Il tire quelques gañafones, tarde à charger, veut filer
« a tablas ». Le jeune maestro va corriger tout cela : il
efface les coups, attend la charge, lui barre la route de la querencia...
Savoir et pouvoir ! Faena de puissance, et pourtant de délicatesse.
Sans jamais se faire accrocher la muleta, le garçon va subjuguer le toro
.. et le public. L’épée, basse, lui fera perdre un éventuel rabo,
mais une chose est certaine : Ce 1er octobre 2001 est une
date capitale dans la biographie taurine de Cesar Jimenez. A ver lo que
pasa, ahora ! |

|
Ce
2 octobre, fin de la feria d’Arnedo. La novillada d’Adealida Rodriguez
a été refusée, en bloc, par les vétérinaires. Ce n’était pas les
toros réservés en décembre dernier. De plus, ils ont été refusés,
car trop jeunes. La novillada est donc remplacée par un lot de Santos
Alcalde. On surveillera, plus particulièrement, Javier Valverde et Matias
Tejela.
|
|
|
JOURNEE DECISIVE POUR JESULIN DE UBRIQUE
| 3 Octobre : C’est ce
matin que Jesulin de Ubrique va être opéré des graves lésions
vertébrales subies au cours de l’accident de voiture du 22
septembre, dans la nuit. On se rappelle que le torero revenait
d’une partie de chasse, et que le 4x4 Toyota, conduit par son
chauffeur, avait dérapé, effectuant plusieurs tonneaux
au cours desquels le diestro, qui n’était pas attaché,
avait été éjecté, restant bloqué sous le véhicule. Jesulin
avait été hospitalisé avec de graves lésions de deux
ordres : Un gros problème au niveau de la cage thoracique,
plusieurs côtes cassées, dont une ayant perforé un poumon. Par
ailleurs, trois vertèbres fracturées, qui, au début, ne
semblaient pas inquiéter les médecins. |

|
Depuis, une suite de communiqués contradictoires se sont succédés,
tandis que le diestro passait par différents stades, au niveau physique
et moral. Un jour, cela allait très bien et tout se remettait en place,
progressivement. Un autre, les pires rumeurs circulaient, allant jusqu’à
parler d’issue fatale.
Ce qui semble vérifié : Le blessé que l’on
avait sorti des « soins intensifs », y avait été rapidement
ramené, et l’opération des vertèbres avait été déprogrammée,
notamment à cause de la soudaine aggravation du problème pulmonaire.
L’opération des vertèbres D5,6 et 7 imposant une « entrée »
par le dos, le blessé étant couché sur le ventre, les chirurgiens ne
pouvaient intervenir tant que les lésions au niveau thoracique n’étaient
pas réduites.
Très optimistes et positifs, dans leurs premières déclarations,
les spécialistes sont aujourd’hui beaucoup plus réservés quant aux
suites de la blessure du Jesulin. Une chose est certaine : La récupération
sera très longue... On parle de six à sept mois et, surtout, on ne se
prononce absolument pas sur les possibles séquelles de cet accident et de
ces lésions.
L’opération en soi est relativement classique et de
grande sécurité, quoique toujours délicate lorsque l’on travaille à
proximité immédiate de la moelle épinière. Cependant, il reste des
inconnues au niveau neurologique, et il faudra attendre avant de se
prononcer sur l’état définitif du blessé et de son avenir
professionnel.
Soyons clair : Dans le meilleur des cas, on ne
verra pas toréer Jesulin l’an prochain. Dans le pire scénario :
le diestro de Ubrique est perdu pour le Toreo...
On ne peut donc qu’attendre, faire confiance à la Médecine,
et dire un petit mot à la Virgen del Rocio, pour qu’encore une fois,
elle se penche un peu et aille faire « un quite de plus » au
Jesulin.
Opération
programmée tôt dans la matinée, à l’hôpital
« Virgen del Rocio » de Séville.... (Et en plus, la
Virgen n’aura pas à se déplacer, elle est chez elle !) . Que haya
suerte, Jesus !
|
|
|
|
CESAR JIMENEZ, « HAUT LA MAIN »...
3
octobre : Cette fois, ce n’est pas « haut les mains ! ».
Pour une fois, on est sorti de la page « faits divers ».
D’ailleurs, la célèbre injonction tend à disparaître, puisqu’on ne
menace plus, maintenant... on tire tout de suite !
Non, non... Beaucoup plus pacifique, beaucoup plus
noble et glorieuse ... « Haut la main ! » On pourrait
dire : indiscutable, sans aucune contestation, à l’unanimité
« plus une voix ! »
Hier s’est terminée la feria d’Arnedo et le résultat
de la dernière novillada n’a rien changé au résultat final :
« Le Zapato de Oro 2001 » est remporté « haut la main »
par Cesar Jimenez, auteur d’une prestation mémorable, lundi dernier,
coupant quatre oreilles aux novillos de Miranda de Pericalvo. Le jury, qui
s’est réuni dès la dernière novillada terminée, a couronné le jeune
César, par 16 votes, devant 4 au Paulita et 1 à Martin Quintana. Côté
ganado, les Santa Coloma de la Quinta sont désignés vainqueurs, devant
les Miranda de Pericalvo.
Au bilan, on dira que la feria d’Arnedo 2001 est un
bon cru, comme l’a été celle d’Algemesi. Alors que l’escalafon
novilleril semble un peu manquer de personnalité, la qualité torera,
elle, existe bien, ce qui est à la fois rassurant, mais un peu inquiétant...
On s’explique : On torée, aujourd’hui, mieux que jamais. Avec
les écoles, avec les possibilités offertes, les jeunes toreros sont
capables d’aligner des séries de muletazos que n’auraient peut être
jamais donnés leurs illustres aînés. (A cet effet, il serait utile de
voir les archives filmées concernant Aparicio-Litri, dans les années
50). Cependant, le gros, l’énorme problème réside dans un manque
fondamental de personnalité qui fait que tout est parfait, uniforme, mais
sans sel, sans piment... Aparicio et Litri, si différents, si complémentaires,
faisaient courir les foules... Ne parlons pas du Cordobes-père (le seul,
le vrai !) ou du Palomo...
On arrive donc au paradoxe suivant : la qualité
est là, mais elle ne fait pas vibrer, elle ne passionne pas, elle ne
remplit pas la plaza, et donc, le futur est plutôt de couleur « gris
foncé »... Que vamos hacer ? Attendons l’arrivée du vrai génie,
qui pègue de vrais muletazos à de vrais toros, faisant hurler les hommes
et se pâmer les femmes... (ou le contraire ! On ne sait plus,
maintenant). Pas demain la veille, car aujourd’hui, même avec Jose
Tomas, ce serait plutôt « Haut les mains ! »
2
Octobre – Arnedo – Dernière de Feria – Lleno : La
novillada de Manuel Santos Alcalde est sortie faible et sans grande saveur
– Remplaçant Sergio Aguilar, le Jeune mexicain « El Jalisco »
s’est fait blesser à la main gauche, en estoquant le premier.
Douloureuse cornada à la main gauche - De ce fait, Javier Valverde dut
toréer trois toros, ne pouvant briller qu’au dernier dont il coupa la
seule oreille du jour – De son côté, Matias Tejela resta en demi
teinte : Silence et ovation.
De fait, Cesar Jimenez « avait tué » la
feria ! En deux jours, le jeune torero se voit projeté « en
haut » de l’affiche. Voyons comment va se gérer ce triomphe. On
l’exploite immédiatement ? On attend
le début 2001, faisant une grande tournée avant une alternative
de luxe, à la San Isidro ? A voir. Là aussi, les temps ont changé
et, selon les objectifs et les mentalités, les résultats peuvent être
«sonnants », ou... « trébuchants ».
|
|
|
|
MADRID...UN
AUTOMNE « SIN ILUSION »...
| 4 Octobre :
Pas terrible, le moral ! Le monde entier regarde tout à tour à
l’est et à l’ouest, comme dans une gigantesque partie de tennis...
« A ma droite, les USA et leurs petits copains qui s’engagent
« sans s’engager... ». A ma gauche, les Talibans, qui
multiplient les provocations au nom d’un Dieu qu’ils bafouent chaque
jour... ». Du coup, tout le monde fait ses réserves de sucre et de
« Bolino », sans oublier quelques caisses de « Mars »,
au cas où cela repartirait.... Mais on se fait guère d’illusions ! |
 |
En
France, Bof ! Devant la remontée du chômage, on annonce « la »
mesure qui va doper les statistiques... l’EPO de la relance ! La
solution miracle : « On augmente le nombre des CES... ces
« Contrats Emploi Solidarité » que l’on ouvre ou l’on
ferme à souhait, multipliant la précarité, le « sous emploi »,
en particulier de jeunes... Un leurre, encore plus efficace que le muleta
de Ponce...
Pendant
ce temps, on ose vous dire qu’à Lyon, les PV, dans les rues, seront
confiés à des sociétés
privées... Pendant ce temps, la Télévision dénonce, preuves à
l’appui, au point de se faire elle-même agresser, l’incroyable
omnipotence des dealers et des « multidrogués », dans le 19ème,
à Paris. Chaque jour, les habitants et les commerçants protestent, au
risque de leur peau, demandent « quand va t’on enfin « laver
cette pourriture », et « tirer la chasse » ?
Comment peut on accepter cela ? Que fait la police ? Que font,
surtout, ceux qui la mènent ? Quand va t’on enfin arrêter cette
pseudo tolérance qui n’a, de fait, qu’une seule explication : « Il
n’y a plus de place dans les prisons... ». Le « Système »
est paralysé... la Justice, muselée... Pas le temps !
Pas de place ! Alors, on libère à tour de... « bras
d’honneur » ! Sin ilusion, les français !
Pour
arranger le tout, notre Jalabert national ne va pas courir le championnat
du monde, et pourrait être remplacé, à la tête de l’équipe « de
France » cycliste, par Richard Virenque... Bien !
Effectivement, on ne pouvait trouver mieux, comme symbole, comme porte
drapeau ! Sin ilusion...
En
Espagne... « Tres cuartos de lo mismo ! » A peu près ...
du kif ! Dans les rues, il faut louvoyer entre dealers et maricones...
Pour arranger le tout, le Real Madrid de Zidane vient de prendre une raclée
à Las Palmas... Sin ilusion !
Côté
« toros »... pas mieux ! La « feria d’Automne »
de Madrid, débute demain... Rarement,
elle aura présenté si peu d’intérêt... Rarement, on se dirigera vers
Las Ventas, avec si peu « d’ilusion »... Quatre corridas,
une de Rejoneo et une novillada, sans unité, sans ligne constructrice...
Des cartels bâclés ! Sin ilusion ! C’est vraiment
l’Automne.
Qu’on
en juge :
5
octobre : Les Puerto San Lorenzo, catastrophiques cette année,
pour Finito (méprisé, ici), Caballero (plus terne que jamais !) et
Rafael de Julia qui, on l’espère passera ce nouvel examen d’entrée
à Madrid.
6
Octobre : Novillada du Ventorrillo (Voit résultats 2001 !)
pour Reyes Mendoza, Anton Cortes et Luis Vital Procuna. Rien de spécial
à attendre.
7
Octobre : Corrida de Manolo Gonzalez (si elle passe ! ) pour
Espla (Que fait il là ?), Rivera Ordoñez (le Duc, jeté aux lions !)
et Eugenio de Mora (Lui, oui !)
12
Octobre : Les Nuñez del Cuvillo (l’horreur ganadera de la
temporada 2001 ; «la » catastrophe intégrale !) pour
Mariano Jimenez, qui tente un « come back », Luis Miguel
Encabo et Alfonso Romero (le nouveau prodige de Murcia, que l’on va se hâter
de fracasser !). Malgré les toros, c’est encore le cartel
le plus intéressant, celui que l’on peut aller voir « con
ilusion ! »
13
Octobre : Caballitos ! La recette marche bien, les hommes
sont « d’honneur » et les chevaux, magnifiques. Moura,
Buendia (qui dira adieu), Hernandez et Cartagena. Bien ! Mais, au
fait... Javier Buendia n’aura t’il pas « déjà » dit
adieu, la veille, à Séville ?
14
Octobre : Don Adolfo Martin va essayer de laver les traces du
scandale de la San Isidro, en espérant que les toreros l’y aideront :
Oscar Higares. Bon ! – Jose Luis Moreno, l’éternelle fausse
promesse – Le Cid ! Celui là, oui, mérite qu’on attende...
qu’il est affiné son épée...
Total...
bien peu à se mettre sous l’aficion ! Aucun évènement, aucune
chance de vibrato... en principe ! Pero bueno... la Tauromachie a une
chose de bon : Elle n’est pas science exacte ! On ne peut pas
y truquer les statistiques ; y programmer les triomphes, par décret !
Alors pourquoi pas ? Imaginez donc que les Puerto chargent fort et
droit... que les Cuvillo sortent bien présentés, modèles de caste...
Qu’Espla nous sortent cinq naturelles liées, sans faire trois
fois le tour de la plaza ... Imaginez que Caballero baisse vraiment la
main... que De Julia se mette à citer « de verdad » ! Il
faut y croire ! On suivra donc la feria de ce triste automne madrilène
« sin ilusion », mais quand même, avec au coeur... quelqu’espoir !
En
tous cas, la bonne nouvelle nous vient des salles d’opérations !
Non celles de ce qui reste du Pentagone, mais bien des cliniques de Séville
et Granada.
Jesulin
de Ubrique a été opéré hier, trois heures durant, à l’Hôpital de
La Virgen del Rocio de Séville, par l’équipe du docteur Fernandez
Mancilla. Tout s’est bien passé. On a pratiqué une ostéosynthèse des
vertèbres fracturées, les « amarrant fermement » par des
« crochets d’acier ». Cela ne devrait pas bouger, et le
torero pourrait reprendre normalement ses activités. On prévoit une à
deux semaines d’hospitalisation, une convalescence et une rééducation
qui peuvent voisiner les quatre mois.
En
tous cas, le torero a pu bouger les membres inférieurs, et prononcer
quelques mots, la bouche bien pâteuse des restes de l’anesthésie...
Ajoutez à cela l’accent andalou et zézayant de la sierra de Ubrique...
On n’a rien compris ! Mais ce qui est sûr, c’est qu’on reverra
le Jesulin, et c’est tant mieux !
Par ailleurs, le Fandi a subi une opération du
genou droit, à l’Hôpital du Sacré Coeur de Grenade. Le docteur
Madrigal lui a reconstruit une rotule toute neuve, retendu les ligaments
et rafistolé le ménisque. Le Fandi
pourra continuer à bondir comme un cabri... mais dans quatre mois !
Imaginez qu’il traîne cette lésion depuis Mai... et que depuis, il a
rebondi dans tous les sens, à la grande joie des publics... Incroyable !
De quoi vous rendre... « la ilusion ». Enhorabuena, « les
Toubibs » et... Chapeau ! les toreros...
|
|
|
|
L’AVENIR DU MORANTE DE LA PUEBLA...
| 5 Octobre :
Encore une espantada ! Encore une pirouette ! Hier, le
Morante de la Puebla « est tombé » du cartel de la
corrida d’Ubeda, pour raison de santé : Coliques
néphrétiques. Si c’est vrai, on compatit. La colique
néphrétique est une horreur. Une des trois douleurs les plus
aigues que puisse supporter un être humain, avec la douleur de
l’enfantement et le spasme de la crise cardiaque. Ceux qui ont
vécu une des trois me comprendront. Ceux et celles qui ont
vécu « les trois » (pas en même temps, quand
même !) méritent, eux, la Légion d’Honneur... |

|
Mais
bon ! Personne n’est dupe... La colique néphrétique fait partie
de l’histoire de la Tauromachie moderne. Elle a cet avantage que, très
soudainement arrivée, elle peut disparaître très vite, le petit caillou
allant hanter « d’autres tuyauteries »... Enfin, bref !
De nombreux toreros ont allégué ce méchant diagnostic pour s’excuser
platement de ne pas se présenter, à cinq/six heures, vêtus de lumières,
dans une de ces plazas de Dios. Maintenant, si c’est « vraiment
vrai », alors on s’excuse et on compatit.
Le Morante, on le sait, est un de nos préférés.
Mais, en temps que tel, et parce qu’il est probablement un de ceux qui
fait le plus beau toreo de l’actualité, il faut bien avouer qu’il en
fait rager plus d’un. Donc, s’appuyant sur le traditionnel refrain, ou
« refran », de « qui aime bien vous en met plein la tête ! »
(faut se moderniser, un peu !), on dira simplement que
l’inconstance, l’indolence de ce torero, ont de quoi dérouter l’Aficion,
démotiver ses plus fervents « seguidores »
et surtout, l’envoyer « droit dans le mur ».
Curro Romero était un cas !
Avant lui, Cagancho en était un autre... Génial et pharaonique,
un jour, le « Gitan aux yeux verts » péguait ensuite une série
de petardos, de fracasos historiques, courant plus vite que Carl Lewis,
rattrapant la Pérec et le Virenque réunis, sans coup « fait rire »
et sans le moindre artifice, lui ! Auparavant, le Gallo, « Divin
chauve » s’il en fut, n’était pas mal non plus, dans le style
« Courage, fuyons ! ».
Mais voilà ! Les temps ont changé. A cette époque,
on pouvait se permettre quelques écarts, et, malgré la concurrence, on
survolait l’escalafon, parce que la différence se faisait toute seule,
et le moindre triomphe vous envoyait à « vingt têtes au dessus »...
Il n’en est plus de même, aujourd’hui... Un torero
doit « fonctionner » ! Horrible mot qui traduit un
« Système » essentiellement
commercial, quasi industriel, qui ne supporte que très
partiellement le « Je ne torée que lorsque je suis inspiré ! »
Le Finito de Cordoba l’a bien compris, qui va, peut-être, terminer
cette année 2001, en tête du classement. Torero de finesse, de dentelle,
de fragilité, le Finito a erré de longues années, faisant le yoyo entre
la « grande promesse », « l’inconstant magnifique ! »
et « l’indolent bellâtre »...
Oui mais voilà, le cordouan a compris qu’aujourd’hui, seul
comptait « le rendement » : donner les plus profondes véroniques,
les plus belles naturelles qui soient, ne comptait plus. Seules
importaient « las peluas », comme dit le Jesulin (qui, en
passant, se remet « super bien » de son opération), les
oreilles, los goles !. Du coup, le Finito fonctionne avec une régularité
de montre suisse, coupant les trophées à foison, et tout à coup, se relâchant
totalement et sculptant un faenon qui rappelle à ses plus fervents défenseurs,
que « non ! jé né pas changé ! ». Alors, tout le
monde est content, les apoderados, les aficionados, le torero lui même...
Le Morante n’a toujours pas compris. Il fait le plus
beau toreo qui soit, devant n’importe quel toro... Il l’a prouvé à
Madrid. Certes, il est peut être « un peu court » de tout...
Il y en a d’autres ! Le problème est ailleurs, et du coup, il se
retrouve en méchante posture, devant, encore une fois, divorcer de son
apoderado et en arriver à prétexter un petit caillou, pour s’excuser
d’un cartel de lujo où il devrait avoir grande place. Que mal !
La tauromachie moderne est tout sauf romantisme !
Et le Morante, s’il ne rectifie pas, risque de se retrouver un de ces
quatre, et même plus tôt, à « rêver le Toreo », seul, sur
quelque rive du Guadalquivir... Una pena !
Que va t’il donc se passer ? Artiste et
soñador, le Morante doit trouver un juste milieu... Il aime les sous,
comme tout le monde, et doit donc s’adapter au Mundillo actuel, tel
qu’il est, dans le ruedo, mais surtout dans les despachos et les
tendidos... Asi que ! Il va lui être difficile de trouver un
apoderado « tel qu’il le souhaite », indépendant, attentif,
aussi romantique que lui, à condition que le compte en banque multiplie
les zéros (pardon, les Euros !). Marca s’y est cassé les dents et
Camara, lui même n’a pas fait l’affaire. Qui donc s’y risquera ?
L’an passé, le torero était exactement dans la même position... Cette
année, « peor todavia ! » : Certes, le trophée de
Madrid ; certes de formidables détails, ça et là ; certes, la
malchance aux sorteos, que relatent toutes les chroniques... Mais à
l’arrivée, le « baromètre de l’Industrie taurine » est
sans appel, sans pitié : Fin septembre, il marquait
34 oreilles pour 63 toros, soient 34 sur 126 possibles !
Calculette et pourcentage... Bof !
Certes, on peut chanter la plus belle véronique
qui soit, le plus étincelant des kikirikis... « Ils ne servent pas »,
s’il ne sont pas « liés » à des dizaines d’autres
capotazos, d’autres muletazos, même moins bons... Alors, laissez nous rêver
encore un peu ! Un rêve qui va bientôt tourner au cauchemar, et
« les petits cailloux d’Ubeda », vont peut être
devenir, malheureusement, de terribles montagnes que le Morante ne
pourra plus renverser...
4
Octobre – Ubeda – 4ème de Feria – Lleno : Du
fait de l’absence du Morante de la Puebla, la corrida s’est transformée
en mano a mano entre Enrique Ponce et le Finito de Cordoba – Les quatre
toros de Los Guateles et les deux Salvador Domecq (sortis 4 et 5èmes),
n’ont pas été, on le devine, des foudres de guerre. Présence « moyenne »,
comportement moyen, caste de bon aloi. Formidable de noblesse, le sixième,
à qui l’on donna vuelta al ruedo posthume – Enrique Ponce, tel un
chef d’orchestre, joua sa grande partition 2001, où la technique et
l’élégante inspiration côtoient le parfait. Ovation – deux oreilles
– deux oreilles – Finito de Cordoba a mis plus de temps à se libérer,
parce que les deux premiers ne permettaient guère... Mais, quand « il »
s’est décidé, d’autant que le sixième était « le »
toro de la corrida... ce fut un faenon et le Cordouan coupa « tous
le trophées ». Deux oreilles et le rabo ! Au burladero, Ponce
dut rager un peu, mais cela lui passa très vite, et les deux toreros,
fondus en un grand abrazo, sortirent « a hombros »...
|
|
|
|
LA
CATASTROPHE ANNONCEE...
6
Octobre : Un titre que l’on ne devrait pas utiliser, ces jours ci.
Mais que voulez vous, la vie est ainsi, et en tauromachie comme ailleurs,
quand le vin est tiré, il faut le boire....
« Là-bas », les canons grondent déjà,
en sourdine. Des milliers et des milliers de familles, pacifiques,
respectables, fuient la future guerre et la famine... Catastrophe
humanitaire annoncée, en Afghanistan ! Et pourtant, a quelque chose
malheur est peut-être bon...
Imaginez : Là-bas, la moyenne de vie est de
41 ans... 41 ans :
presque moins que la durée de vie politique d’un ténor de la Cinquième
République... Comment
l’aurions nous su ? Ce triste épisode de l’Histoire de l’Humanité
ne va t’il pas permettre de
porter un vrai regard sur la tragédie organisée, dictée, crachée par
des fanatiques criminels ? Peut-être arrivera t’on à arracher le
voile de l’asservissement, de la vilenie, de l’esclavagisme soit
disant béni du Dieu... Peut-être qu’enfin, les femmes de là-bas,
noirs fantômes, pourront montrer leurs yeux, leur sourire, sans que cette
vérité de la nature n’inspire autre chose que du respect et de
l’admiration. Peut-être que des enfants au grands yeux hagards pourront
enfin manger à leur faim, rire, jouer, grandir en paix, apprendre à
vivre le lendemain... Aura t’il fallu pour cela que deux immenses tours
s’effondrent, et que des millions de gens, sur la terre, pleurent
pendant des mois, ou l’espace de... trois minutes... Si au moins ce désastre
et ces canons peuvent servir à cela...
A Toulouse, on essaie d’avancer comme on peut.
La catastrophe a surpris tout le monde et aujourd’hui se posent « les
questions qui fâchent ». Qui a fait ? Qui va payer ? Qui
est le responsable ? Les enquêtes vont bon train, les communiqués
volent, les « bruits divers » enflamment les peurs, les
imaginations, les basses envies, la haine. Les rumeurs, comme toujours...
Pourtant, des questions demeurent, que la presse reprend : Il y a
bien eu deux explosions, à huit secondes d’intervalle... La bande
enregistrée de la réunion d’entreprise, à des kilomètres de là, en
témoigne sans contestation. Tout le monde l’a entendue... Alors !
Qui ? Quoi ? Comment ? Une catastrophe « non annoncée »....
encore moins expliquée...
Dans ce triste univers dit « civilisé », il est d’autres
« catastrophes annoncées », heureusement bien plus bénignes,
voire plus futiles...
Le « monde taurin » est malade !
Il n’a pas besoin « d’anti », « d’Alliance »,
ni d’autres « Querelles »... Pas besoin de condamnation...
Il mourra tout seul ! Hier ont débuté les ferias de « Madrid
en Automne » et du Pilar de Zaragoza... Comme prévu dans ces pages,
le public de Las Ventas a vécu un toston de haute catégorie, orchestré
par un royale mansada du Puerto San Lorenzo. Les toreros, bien imprudents
de s’y afficher, ont payé le prix fort. Finito de Cordoba, méprisé,
brocardé dans cette plaza, n’avait pas à venir s’y ridiculiser,
alors qu’il est en tête de l’Escalafon. Manolo Caballero, une fois de
plus, laisse échapper « le » toro de la tarde, et une
occasion de plus, à Madrid. Quant à Rafael de Julia, il a « rendu »,
le triomphe de San Isidro, ne pouvant donner une passe, mais peu décidé
à « monter sur les toros »... Asi que !
A Zaragoza, la feria a débuté en douce !
Il y avait plus de monde dans la cabine téléphonique du coin, que dans
la plaza... No
hay toros ! No hay toreros ! No hay Aficion ! Comme
cela... on ne va nulle part, mais très vite ! Enfin, « demain,
il fera jour ! » comme dit l’autre... Pas sûr !
5
Octobre – Madrid (Las Ventas) – 1ère de la Feria de
Otoño – ¾ de plaza – Pluie fine : Les Puerto San Lorenzo sont
sortis avec des arguments « de poids », mais en grattant un
peu, on a eu ... ce que l’on attendait : Une mansada totale. Seul
s’est sauvé le deuxième, qui prit deux fois le fer, et finit très bon
à la muleta. Malheureusement... il tomba sur Caballero.
Finito de Cordoba a voulu jouer avec le feu
madrilène... Il a encore perdu, d’autant que Las Ventas ne peut pas le
voir. De rien n’a servi de se poser « bonito » devant le
faible premier. Silence. Le quatrième, un tonto de 619 kgs, se mit à
marcher et accrocher méchamment chaque muletazo. Le Finito plia les
cannes et entendit des sifflets. Catastrophe annoncée ! – Manolo
Caballero donna de grands espoirs, encore une fois. Il les a déçus...
une fois de plus ! Le deuxième permettait le toreo, et,
d’ailleurs, l’Albaceteño commença fort bien : Début
magnifique, en partant vers le centre ; grande série de droite et
bon pecho. De quoi se lécher les babines ! Et puis, catastrophe !
La main gauche ne va trouver ni le rythme, ni la distance.. et le toro va
en profiter. Du coup, le pico, le culito en arrière, patatras !
Adieu veaux, vaches et faena ! Bien entendu l’épée en arrière...y
nada mas ! Ovation au lieu d’une oreille, une de plus, qu’il
« devait » couper. Le cinquième était un vrai mauvais, et on
excusera le torero, même s’il ne voulut pas se battre. Silence.
Catastrophe annoncée ! - Rafael
de Julia toucha deux carnes, tristes, fades, imbuvables. Mais, un torero
qui débute, qui promet, se devait d’avoir une autre attitude que ces
regards compassés et cette façon de régler les affaires, « taurinement
correctes »... Hombre ! Monte leur dessus ! Finis, le
costume en charpie, mais fais quelque chose ! Cela s’appelle
« Ganas de ser figura » ! Cela s’appelle « Pundonor » !
Au lieu de cela , deux silences et une triste sortie... en catastrophe.
La feria continue, ce samedi, avec une novillada
« del Ventorrillo ». Non, non ! On ne dira rien !
5
Octobre – Zaragoza – 1ère de Feria - Novillada – moins
d’un quart de plaza : Cinq novillos de Bucaré, faibles et sosos.
Le quatrième était un Jandilla de Fuente Ymbro. Toro de grande qualité
que ne sut pas exploiter son matador. Dommage !
Anton Cortes, d’Albacete, lui aussi (décidément !)
a laissé passer le seul novillo potable de la tarde. Bon début par
statuaires, bonnes premières séries qui révèlent le toro et,
malheureusement, « plus rien à dire ! ». La faena partit
« a menos » et le torero se contenta de donner une fade vuelta,
quand deux oreilles et trois cortijos s’offraient à lui. Cela aurait pu
être une catastrophe, mais, comme il n’y avait personne... chhhttt !
– Salvador Vega a essayé, avec élégance, mais n’a guère brillé.
Silence partout. De même pour le Serranito, bien vert et tristement
servi. Rien, vraiment, à de mettre sous l’aficion. Dur dur !
Ce samedi : Caballitos ! En général,
les toros chargent, au Rejoneo.
5
Octobre – Zafra (Badajoz) – Arènes pleines : Toros de
Jandilla, corrects et donnant un jeu inégal, les 3,4 et 5emes étant
« des lascards »! – Enrique Ponce a tiré les mauvaises
cartes et n’a pu que se montrer « en professionnel ».
Ovation au deux, avec un avis au quatrième – Rivera Ordoñez a mis le
paquet face au deuxième, bien tué. Deux oreilles. Le cinquième était
un client qui imposait prudence. Il y en eut. Silence – Trois oreilles
pour le Juli « en roue libre », c’est à dire « à
fond » ! De fait, « une placita, une corridita »,
mais tout le monde s’est bien plus amusé que « chez les
ayatollahs » de Madrid ou Zaragoza. Eh bien... tant mieux !
|
|
|
|
LA « GRANDE FETE »...
7 Octobre : « Tu parles ! ».
On se la promettait belle, hier, à Paris, à Madrid, à Zaragoza, à
Fuengirola... et beaucoup plus près ! Un match amical ouvrant une
grande page d’amitié ! Une novillada de Feria... Une grande
corrida de Rejoneo, et la présentation en novillada piquée du fils du
regretté Antonio Jose Galan, luxueusement encadrée de deux figurones del
toreo, tels que Ponce et Juli.
Oui mais voilà... Cela a mal débuté par une
panne de serveur... pas loin... chez nous ! Avez vous remarqué que
votre ascenseur tombe en panne, toujours un samedi après midi, que votre
voiture « pète une durite » toujours le dimanche, au moment
d’aller se balader en famille, et que ce maudit serveur... Bref, je ne
suis même pas sûr que cela marche, aujourd’hui. Mais bon !Les
techniciens s’affairent... Alors, allons y !
« Pour une grande fête, ce fut une
grande fête ! » Mais on ne sait pas « la fête à qui ? »...
Les footballeurs ont fait leur partie, et les algériens, malgré le 4-1,
n’ont nullement mérité. Enhorabuena, donc ! Cela dit, on a quand
même remarqué que les galopins de « Mostaganem sur Seine »
courent plus vite que les placiers, et, encore une fois, mettent le souk
(ce qui est logique !) en totale impunité, laissant des ministres
sans voix, ou assis, abasourdis, et surtout gâchent la fête... En
parlant de foot, il y a vraiment « des penalties et cartons rouges »
qui se perdent...
A Madrid, cela va mieux. Le fils de Sebastian
Cortes portait un costume de son père, et lui a emprunté de plus,
quelques gouttes « del Arte Gitano ». A Zaragoza, Andy
Cartagena a vécu un sale
moment, coincé sous son cheval, tombé contre la barrière. Peur bleue
pour tout le monde. Du côté de Fuengirola, le Fils de Galan a coupé
quatre oreilles et une queue, mais on se demande comment celui que nous
avons vu si basto, si vulgaire, à Dax et Bayonne, pourrait tout à coup
faire un toréo reposé, templé, lié... Donc,
wait and see !
6
Octobre – Madrid (Las Ventas) – 2ème de la Feria de
Otoño – petite media plaza – Temps « à la pluie » :
La novillada du Ventorrillo est beaucoup mieux sortie qu’on aurait pu le
craidre. A part le deuxième et surtout le quatrième, les novillos de
Medina ont fait leur devoir au cheval, finissant avec des possibilités
que n’exploitèrent pas les toreros, en particulier Vital Procuna qui,
hier, a fait un gros pas en arrière.
Reyes Mendoza prend une rude voltereta d’entrée,
qui lui « rouvre » une récente blessure. A n‘en pas douter,
ce coup le marquera, et le torero se montrera digne, face à un lot très
inégal, le quatrième étant un sacré client. Ovation et silence, avant
de partir vers l’infirmerie – Anton Cortes portait le costume de son père,
Sebastian Cortes, le 24 mai 1976, jour de sa confirmation d’alternative.
Costume bleu et azabache qui semble avoir gardé les effluves du toreo
gitano, toreo d’empaque, toreo de profonde élégance, tel que le
distilla Anton, face au
cinquième. Bonne faena, toreo bien léché et une oreille à la clef,
somme toute méritée – Luis Vital Procuna a eu, on ne sait plus combien
d’opportunités à Las Ventas. Certes, cela sert d’être le protégé
de Victor Mendes, mais... El toreo « no le entra »... Ses deux
prestations, aussi volontaires que malhabiles, se terminèrent en silence.
Ce soir, Espla, Rivera Ordoñez et De Mora,
devant des Manolo Gonzalez. Pas de grandes illusions à se faire. Parions,
peut-être, sur Eugenio de Mora.
6
Octobre – Zaragoza – 2ème de la Feria du Pilar –
Rejoneo – un peu plus de ½ plaza : Quatre toros de Passanha, un
cinquième qui se casse un piton, étant remplacé par un Gabriel Rojas.
Tous ont cinq ans, sauf le sobrero de Veiga Texeira, qui en a six – La
corrida se déroule à peu près bien, sans grandes envolées :
Javier Buendia, Fermin Bohorquez et Gonzalez Porras sont ovationnés, à
divers degrés. A noter que Gonzalez Porras, plus balourd et vulgaire que
jamais, se fait blesser deux chevaux – Andy Cartagena se montre
brillant, mais dans une virevolte, son cheval blanc « Guitarra »
glisse, se cabre, et s’abat sur son cavalier, le coinçant contre les
barrières. Le toro charge longuement et des secondes interminables s’écoulent.
Le cheval est dégagé, l’homme est emporté, sans connaissance. Il
reviendra, pourtant, terminant sa prestation, coupant une oreille alors
que le public en réclamait deux. Pas trop de mal, à priori pour
Cartagena, si ce n’est une probable fracture de la cheville. Dans son
malheur, un formidable coup de chance ! -
La corrida prit ensuite plus de relief, avec Diego Ventura et le
jeune Sergio Dominguez (remplaçant Moura), qui coupèrent, chacun, une
oreille.
La feria se poursuit, aujourd’hui, avec des
toros de Cebada Gago, pour Fernandez Meca, Juan Jose Padilla et Antonio
Ferrera, qui réapparaît, et joue beaucoup, dans une feria de postin.
6
Octobre – Fuengirola (Malaga) -
Lleno : Corrida mixte. Un évènement : Encadré d’Enrique
Ponce et du Juli, David Galan, le fils d’Antonio Jose Galan, récemment
disparu, fait ses premiers pas en novillada piquée, face à deux novillos
bien petits de Salvador Domecq « El Torero ». Ce fut un succès
complet, même si les chroniques ne parlent que de vibration, de vaillance, et d’estocade portée
« à la manière de Papa », c’est à dire, sans muleta, au
dernier novillote. Quatre oreilles et une queue, c’est un bon départ.
Mais le chemin est fort long, et le Toreo a changé – Ponce et Juli se
sont amusés devant quatre toritos mal présentés de Torrealta.
Ponce a gagné « 3 à 2 », et personne n’a envahi le
terrain, sauf au coup de sifflet final, pour sortir tout le monde « a
hombros »...
|
|
|
|
« TOROS 2000 »
TIENT A S’EXCUSER AUPRES DE SES LECTEURS POUR LA PANNE QUI L’A
PARALYSE DURANT CES DERNIERES 48 HEURES – (Connaissant les aléas de la
« super technique », on ne peut en rien vous promettre que
cela ne se reproduira pas...)
ESPLA,
L’ALICANTINO, EXTRAORDINAIRE DANS SON JARDIN MADRILENE...
8 Octobre : Une
journée qui marquera l’Histoire... Le 7 Octobre... 18h et des poussières,
ici ; 21 heures, à Kaboul. Le « sale boulot » a commencé.
Bloody Sunday ! La nuit, zébrée de traits blancs portant la
destruction et la mort. Que Dieu, n’importe lequel, protège les
innocents... Mais, que les traîtres, les assassins et les lâches, paient
le prix de leur vilenie. Qu’ils paient « encore plus »,
s’ils se cachent parmi des innocents...
Cette nuit percée de fureur, on la connaît ...
Il y a quelques années, déjà, en Irak... Qu’a t’on gagné ?
Que gagnera t’on ? Peut on faire « une guerre propre »
à ceux qui ne sont que haine, cynisme, barbarie fanatisée ? Depuis
le 11 septembre, la civilistation moderne a fait un grand pas en arrière...
Ne s’apprête t’elle pas à en faire un autre ? Dieu seul le
sait... et encore !
A
Madrid, pendant ce temps, Monsieur Luis Francisco Espla s’en allait
faire un tour dans « son jardin », et comme on l’aime
beaucoup, on n’a pas voulu qu’il se fatigue à marcher vers la
sortie... On l’a donc porté en triomphe... Mais cette fois, c’était
bien mérité...
Aux côtés de l’Alicantino, un autre torero a
triomphé, de façon moins spectaculaire, peut être, mais tout à fait
remarquable : Hier, 7 Octobre, à Madrid, dans une ambiance tout à
fait hostile à son encontre, Francisco Rivera Ordoñez a sauvé sa
saison, démontrant qui est peut être « fils de son père »,
et « duc », mais surtout, qu’il est « Torero ».
Et Madrid l’a totalement reconnu. Un sacré triomphe.
Du côté de Zaragoza, les Cebada Gago sont
sortis « comme les Taliban » et Padilla, qui ne possède ni
tomawak ni B52, n’a pu que baisser pavillon, écoutant les trois avis..
7 Octobre – Madrid (Las Ventas) – 3ème
de la Feria de Otoño – Casi lleno – Ciel bleu, venteux :
« Toreria » est le mot qui convient ! Luis
Francisco Espla jouit, ici, d’une telle cote d’amour, que l’on a du
mal, parfois, à supporter les ovations qui saluent son toréo « corto »,
ses artifices bien déguisés, ses pirouettes bien démago... On râle
d’autant plus que ce même public est d’une sévérité maladive avec
d’autres toreros qui ne savent plus comment faire pour s’en
gagner les grâces, sortant « atragantados », « acojonados »,
complètement paralysés de trac et de peur. A Madrid, « le vrai
toro » est dans les gradins...sauf pour Espla.
La corrida devait être de Manolo Gonzalez. En
fait, il en sortit trois (1,3 et 5ème), accompagnés de deux
frères de Carlos Nuñez (2 et 4ème). Le sixième, de
Guadalest, vint en renfort, car on avait remplacé le troisième, à deux
reprises. Corrida bien présentée, dans le type Nuñez, montrant les
qualités et défauts « de la casa ». Espla toucha le meilleur
lot, en exploitant le caste très mobile, avec grande toreria. Rivera eut
du mal avec le deuxième, mais encore plus, avec « le toro des
tendidos ». Par contre, il fut superbe avec le cinquième, un
melocoton... « de izquierdas ! » Eugenio de Mora toucha
les deux infâmes et rendit copie blanche.
Luis Francisco Espla dut saluer une grande
ovation, en fin de paseo. Discret avec cape et banderilles, face à son
premier, il débuta une faena courte, nette, précise. On commence, assis
à l’estribo, puis, on se libère par un grand pecho, après un joli
trincherazo. Trois séries, pas plus, tirées en aguantant et un gros coup
d’épée « a un tiempo »... N’en faut pas plus pour couper
une oreille et récolter « les fleurs de son jardin ». Au
quatrième, grosse intensité avec le capote et les banderilles. Le "pepillo"
est bien à la pique, et Espla quite par chicuelinas, termine par rebolera,
en calculant déjà l’angle de l’immédiate mise en suerte. Géométrique,
mathématique, sorcellerie ! Chapeau ! Aux banderilles, le grand
jeu. Vista, force physique, variété et immense toreria. Re-chapeau !
Sur sa lancée, le muletero se montrera, à la fois, ferme et léger,
aguantant la charge du Nuñez qui ira « a mas », tournant
presque au vinaigre... Faena intense, suivie « avec amour »,
close d’une entière « al encuentro ». Grosse oreille ;
gros triomphe ; salida a hombros, et rendez vous à la prochaine !
Francisco Rivera Ordoñez se fit houspiller
injustement par les madrilènes. On avait prévu le scénario. Que venait
il donc faire en cette galère ? Tout n’était que lazzis et
moqueries. Pourtant, il n’avait pas été si mal. Quand sortit le cinquième,
on se préparait à un nouveau lynchage. Le picador avait passé un sale
moment, mais s’était remarquablement repris, au point que le « torero-duc »
vint lui serrer la main, devant tout le monde. « Tiens ! »
se dirent les manants. Le toro, de couleur beige « melocoton »,
ne voulut rien savoir de la noblesse, et mit un terrible achuchon au
torero, dès la première passe de droite. Rivera se transforma d’un
coup, et « redevint » un torerazo, digne de tous ses parents
« figuras del toreo »... Trois séries de naturelles ont mis
la plaza par terre. Trois séries de passes de la gauche, dont certaines,
magnifiquement templées, main basse, le toro aimanté par la muleta. Muy
bien. Pour finir, quatre trincherazos torerisimos ! Toreo « court »,
mais intense. Superbe. Las Ventas a rugi ! Eh oui ! Mais ce
« cochon là » (dit avec beaucoup de respect et
d’admiration) a tout mis par terre en mettant trois épées et un
descabello. Adieu les oreilles, adieu la vuelta... Mais l’ovation fut de
gala, récompensant le meilleur toreo de l’après midi...
Eugenio de Mora a touché un lot infâme. Il
s’en est allé en silence, donnant rendez vous, peut-être, à la
prochaine San Isidro.
7 Octobre - Zaragoza – 3ème
de feria – plus de ½ plaza : Les Cebada Gago sont sortis très
difficiles. La palme de la couardise dangereuse revint au deuxième
« Palillero », que Juan Jose Padilla ne put estoquer, écoutant
les trois avis. Le toro a été puntillé, tandis qu’entraient les
cabestros. Le 4ème était un sobrero de Fuente Ymbro.
Fernandez Meca mit en valeur un sobre
professionnalisme. Mais, il en faut plus pour dérider les « Maños ».
Silence par deux fois – Très mauvaise journée pour Padilla. Mal servi,
on le vit sans grand recours devant le manso de carreta sorti deuxième.
Trois avis et division. Cela ner s’arrangea guère face au cinquième :
Silence – Antonio Ferrera ne put rien avec son premier, mais mit le feu
aux poudres avec les banderilles, face au dernier. Faena enlevée, mais à
menos. Vuelta.
7 Octobre – Hellin – Plein :Bonne
corrida de Salvador Domecq. Les trois toreros sortirent à hombros :
Ponce coupe les deux oreilles de son second adversaire ; Califa, les
deux de son premier toro. Juli met tout le monde d’accord, coupant trois
oreilles.
7 Octobre – Valencia – ¼ de plaza :
Mansada de Nazario Ibañez – Déjà remarqué aux Fallas, Oscar Sanz a
confirmé, coupant le seule oreille de la journée – Jorge Ibañez dut
maudire le ganadero dont il est, lui aussi, « le produit ».
Quelques applaudissements - Julien Lescarret tombe sur un bloc de marbre et un autre, qui
ne répète pas. Silence partout, avec un avis à son premier.
|
|
|
|
LE « PUNDONOR » NOUS VIENT D’ARAGON...
9
Octobre : Superbe geste d’Antonio Gaspar « Paulita »,
qui marque la saison en prenant une grande alternative, en sa plaza de
Zaragoza. Peut importe ce que donnera la corrida de Jeudi, au cours de
laquelle l’aragonais deviendra « Matador de Toros », des
mains de Joselito, en présence de Ponce. Le garçon aurait pu se
contenter de cette alternative « de luxe », face à des
Torrestrella. Il a fait bien plus : un grand geste, qui devint une
« chanson de Geste »... Six novillos, tous seul, pour ses
adieux à l’escalafon « inférieur ».
Avec 35 novilladas piquées à son actif, le
Paulita a fait, hier, son paseo, tout seul, a coupé deux oreilles qui
pouvaient être trois, et pris une solide raclée. Pundonor total de ce
jeune torero qu’il faudra suivre, car son concept s’appuie plus sur
l’artistique que l’habituel «Viril, mais correct » des matadors
aragonais. Mission accomplie, donc, du Paulita, qui sort « a hombros »
de ce premier défi, et revient par la porte de l’infirmerie, pour un
gros coup à la cuisse gauche. Cependant, à n’en pas douter, le jeune
sera au paseo, jeudi, pour ce premier pas vers, qui sait, une brillante
carrière. C’est du moins ce qu’attendent les aragonais, privés de
figura depuis un bon moment.
8 Octobre – Zaragoza – 4ème de Feria – Novillada
– Media plaza : Le public s’est montré froid durant la première
moitié du spectacle. Puis, vu les évènements, l’aficion aragonaise
appuya son toereo et le fit justement triompher – Cinq novillos de
« Los Maños » que l’on peut décrire comme des mansos bien
présenté et mobiles. Le cinquième fut un grand novillo qui montra une
caste débordante. Le noble quatrième, seul, permit
de « se laisser un peu aller ». Face aux autres, il fallait
fermeté, tête et coeur... ou autre chose ! Il y eut en second, un
sobrero de Fuente Ymbro, qui se révéla, encore une fois, très potable.
Paulita ne tourna jamais la tête, mit trois gros coups d’épée et
surtout, « alla a mas ». Sa prestation alla crescendo,
atteignant trois pics, trois sommets : bonne faena au quatrième,
esthétique, abandonnée, en certains muletazos – Son combat face au
cinquième, un señor toro qui le prit méchamment, le torero
l’estoquant dans un état « plus que second » - Son retour
de l’infirmerie, pour estoquer le sixième, qu’il brinda au Juli, présent
dans le callejon. Geste de torero, que ce retour au combat, malgré la
douleur ; Geste de pundonor total, d’aller au bout du défi. Geste
d’honneur que d’en faire témoin un des plus pundorosos des matadors
contemporains, Julian Lopez « El Juli »
Peu importent les trophées, mais il faut, quand
même « dresser bilan » : Ovation – Silence, avec un
avis – Applaudissements – Oreille avec un avis – Avis et grande
ovation, en partant à l’infirmerie – Oreille du dernier.
Le Paulita sortit a hombros, incompréhensiblement
accompagné du mayoral ... C’était vraiment la fête « de los maños » !
A peine descendu des épaules de ses porteurs, le torero revint à
l’infirmerie de la plaza ou il fut soigné pour un gros hématome, très
douloureux, à la cuisse gauche. Pronostic réservé... mais, à n’en
pas douter, il sera là, jeudi, pour son alternative. Il l’a bien méritée !
Ce 9 Octobre, la corrida est, en principe, télévisée – 17h30 –
Deuxième chaîne espagnole : Toros de Maria Luis Dominguez Perez de
Vargas (vont ils tenir debout ?), pour Molinero, Encabo et Rafael de
Julia.
8 Octobre – Torres de la Alameda (Madrid) – Lidia du sixième
sous des trombes d’eau : Cinq toros de Benito Ramajo de Villoria qui donnèrent bon jeu et un 4ème,
en sobrero, de Valdeolivas, « muy malo ».
Discrète alternative du vénézuelien Ramon
Guevara, qui sera oublié « sitôt douché ». Ovation et
silence – Jose Luis Triviño, le parrain, coupe une oreille à son
premier, et se bat comme il peut, avec le Valdeolivas – Abraham Barragan
est applaudi.
Exemple même d’une alternative inutile,
aboutissement de malheureux efforts et de dures souffrances. Admirable et
pitoyable à la fois. On salue, mais...
8 Octobre – Medina del Pomar (Burgos) : Toros de Peralta et
Viento Verde, difficiles – Luis Miguel Encabo est discrètement applaudi
– Davila Miura et Antonio Ferrera coupent, chacun, les deux oreilles de
leur deuxième adversaire, et sortent a hombros. Pas à dire, c’est
quand même plus facile, dans les « troisième catégorie »... !
|
|
|
|
« AFICION,
TU FOUS LE CAMP... »
10 Octobre : Où donc est passée l’Aficion de Zaragoza ? Et
que dire de celle de Valencia ? Hier, s’y déroulaient deux
corridas qui, normalement devaient y attirer, d’abord, du monde, et
ensuite, un autre comportement du public.
Feria du Pilar à Zaragoza : Une des ferias,
jadis, les plus importantes de la saison, même si elle était la dernière
de la temporada. La plaza se remplissait, le soleil l’éclairait, le
vent, souvent, la balayait ; Et, quelquefois, la pluie noyait tout le
monde. Mais.. un grog « y
un cortado ! », et cela repartait. Quand sortait « le
toro de la Jota », tout le monde frappait dans ses mains... L’Aficion
y était rude comme les steppes d’Aragon ; elle y était dure et « un
poco bruta », mais savait s’enthousiasmer, s’émouvoir...
Depuis, on a couvert la plaza. Zaragoza fut la
première à se lancer dans cette technique, si bénéfique à l’Empresa
et peut-être aux toreros (Il n’y a plus de vent), mais si néfaste,
paradoxalement, pour le spectateur, et
désastreuse pour le photographe. Du coup, tout se déroule dans
une lumière jaunâtre qui renvoie au placard ce que doit être la Fieste
brava : « Sol y moscas », même s’il peut. Zaragoza est
devenu terne, sosa, endormie...et endormante. L’émotion s’y envole,
dans les volutes des fumées de cigare.
Que dire de Valencia, qui n’est pas capable de
mettre plus d’un tiers de plaza quand torée « ses »
toreros. Valencia, la plus belle plaza d’Espagne... Valencia, la plus
ingérable. Valencia aux trois ferias : la première, prestigieuse :
Les Fallas! La deuxième, celle de Juillet : problématique ! La
troisième : inutile feria de la Comunidad. Partagée entre la ville
et le campo, l’Aficion Valenciana est incapable de se fixer, et l’Empresa
a beau se casser la tête, elle s’y cassera plutôt les dents. Un seul
aurait pu, peut être, réussir à « fidéliser les Valencianos »,
si on lui avait laissé le temps, en 80/81 : Simon Casas. Depuis...
les diverses empresas ont dit « Bonjour ! Vous allez voir ! »
et, quelque temps après : « Bon ! Cela suffit ! On a
assez perdu d’argent, on s’est suffisamment fait insulter... on se
casse ! ». Et elles partaient... quand elles ne se faisaient
pas virer.
Aficion...tu fous le camp ! La Fiesta Brava,
malade de ses toros, malade de ses Aficionados... Vaya !
Hier, deux corridas, à Zaragoza et Valencia.
Ici, un toston, dû aux jeu des toros et à la tristesse du public... là,
un triomphe, sous dix centimètres d’eau, mais sans grand monde dans les
gradins, malgré un cartel « 100% local »....
9
Octobre – Zaragoza – 5ème de la Feria du Pilar – 2/3
de plaza – Corrida Télévisée : Les Pedrajas de Maria Luisa
Dominguez Perez de Vargas sont sortis bien tristement, bien discrets de
race, bien bas de caste, bien « em..nuyeux ! » Ils sont
toujours sortis « abantos ! ». De tout temps. Mais ils se
fixaient, allaient a mas, bien souvent, mettaient « du piment »
à la lidia... et quelquefois, le feu à la plaza ! Souvenez vous de
« Comando gris » ou de « Topinero »...Autres
temps, autre moeurs. Hier ! Soseria totale, distraction coupable,
trajectoires incertaines, avec l’air de ne pas y toucher.. Seuls ,
les quatrter et sixième se sont laisser faire... mais ce furent les
toreros qui ne furent pas au rendez vous.
Le Molinero est sorti avec l’épaule gauche
« en l’air », au point qu’on lui fit une infiltration
avant de faire le paseo. Le torero parut diminué de force, d’idées et
de courage. Excusable devant le premier qui avait une idée « très
approximative » de la ligne droite, il le fut beaucoup moins lors de
sa faena au quatrième, qu’il avait bien reçu au capote.
Applaudissements et petit ovation sont un maigre bilan , pour le
triomphateur du Pilar 2000.
Luis Miguel Encabo n’est pas très harmonieux
dans son corps torero... Malheureusement, cela doit jouer un peu. Il
aurait « la gueule » de Rivera Ordoñez, il serait au plus
haut dans les charts ! Voilà un torero qui veut faire les choses
« bien », et y réussit bien souvent. On lui doit le grands
moments de la tarde, devant « deux » tristes ! Une grande
paire « por dentro », après un échec, au cinquième.
Quelques bonnes naturelles, malheureusement « inlidiables ! ..
et un super quite par chicuelinas au quatrième. Vuelta à l’un, ovation
à l’autre ... Encabo a été en torero, et il faudra en tenir compte.
– Rafael de Julia a « une gueule »... mais ne dit pas grand
chose. Son toreo est classique, copieux, mais sans grande étincelle. On
applaudit par automatisme, « classiquement », « copieusement »,
mais sans étincelle...Il a été bien face au sixième... a même coupé
une oreille ! Il n’en
parut pas plus heureux pour autant... et nous non plus ! Pendant ce
temps, l’Aficion de Zaragoza, visage fermé, repartait... comme elle était
venue !
9
octobre – Valencia – Dernier spectacle de la Feria de La Comunidad
– 1/3 de plaza : Le cartel était « totalement » local :
Juan Carlos Vera – Victor Manuel Blazquez – Angel de la Rosa. Vous ne
les connaissez pas ? Vous avez tort... et, à la fois raison. Juan
Carlos Vera promit un peu, jadis ! Angel de la Rosa promettait
beaucoup... Quant à Victor Manuel, il était un « tout terrain »,
un peu vulgar, mais plein de feu et de caste. Une vraie mascletà
Valenciana ! Hélas, le temps a fait son oeuvre... les trains sont
partis sans eux... et le public, qui hurlait parce qu’on ne les faisait
pas toréer, est aujourd’hui le premier à ne pas venir les voir...
Un tiers de cette immense plaza de Valencia,
hier, pour voir les trois Valencianos.. Pour arranger le tout, un vrai déluge,
à partir du cinquième, au point que le président vint tremper ses
escarpins dans la boue, avant que ne sorte le dernier, histoire de voir si
on poursuivait ou non la partie de « water toro » !
Toros de Bohorquez, normalement présentés, mais
faibles, en général. Bons, les 1,2 et 6èmes. Invalides les 3 et 4èmes.
Le cinquième ne voulut rien savoir - Juan Carlos Vera fut « juste
en tout » face à un lot insipide. Silence partout – Victor Manuel
Blazquez se battit comme un chien, monta sur l’impossible cinquième,
tandis que tombaient des hallebardes, et lui coupa une oreille – Angel
de la Rosa fit le toreo de qualité, au troisième, et mit l’émotion en
prenant le sixième, dans dix centimètres d’eau. Oreille, par deux
fois, et sortie a hombros... qui ne lui servira de rien !
|
|
|
|
CELUI
QUI EST « EN HAUT » N’Y EST PAS... PAR HASARD !
11 Octobre : Franchement, on ne sait plus à quel saint se vouer (le
droit, ou le gauche ?) Quoi, imaginez un peu... Le Mont Blanc est
beaucoup plus haut qu’on ne le disait... 4810,40 mètres.
On en reste abasourdis ! Et combien, en
euros ? Vous rendez vous compte ? Durant des décennies, nous,
les cancres, nous les « sans grade », nous le « près du
radiateur, au fond de la classe », étions fiers de retenir les 4807
mètres du toit de la France, et « le 1515 » de Marignan !
D’ici qu’on nous la change aussi !
|
 |
On reste « sans voix » ! 4810 mètres
et 40 centimètres... Saluez ! Voilà qui va réjouir le monde
entier, sauf l’Himalaya qui va faire un peu la gueule en voyant son
lointain concurrent « se rapprocher » dangereusement. Il lui
reste un peu de marge, mais quand même !
Voilà qui va donner à Madame la Ministre de
l’Emploi de bonnes raisons de pavoiser, en augmentant autre chose que
les CES... Pensez donc : Va falloir modifier tous les bouquins
scolaires.. (Au passage, on pourra aussi changer les francs en Euros, dans
ces problèmes de maths qui nous ont fait « tellement ch... peiner »,
dans le temps, du style « deux trains qui partent en même temps...
calculez l’âge du capitaine... » (Maintenant, ce n’est pas la même
chose... c’est : « Deux TGV
partent à la même heure, mais en retard, comme d’hab !, de
Paris et de Marseille. Un hérisson traverse la voie, à dix kilomètres
de Valence, et provoque un court circuit général. Calculez « en
Euros », le total des dédommagements hebdomadaires que devra
supporter la SNCF, sachant que le hérisson fait le même trajet huit fois
par semaine ») Ah... ! Voilà qui ne manque pas de piquant !
Va falloir changer tous les panneaux indicateurs,
tous les guides « Michelin ou autres...). De quoi créer des milliers
d’emplois ! Va falloir changer tous les questionnaires du « Quitte
ou trouble ! », du « Questions à un Champignon »
ou du « Voulez vous gagner à être connu ? » ... « 4807
mètres ! C’est votre dernier mot...Hi ! Hi ? Je suis désolé... »
4810 mètres et 40 centimètres. « On en
reste sur le... flanc ! ». Une telle précision a de quoi
« garder espoir en l’avenir ».... En sachant cela, on
mourra « peut être encore de faim », mais au moins,
instruits... Moi, c’est le « quarante centimètres » qui me
plaît... Faut quand même le
faire... D’autant qu’avec
le vent qu’il fait là-haut, y a bien longtemps que cela doit avoir
changé... 78, ou 26 centimètres ! Cela dépend de la
forme, des soucis, tout ça !
En tous cas, taisons-nous et admirons ! Au
passage, espérons que ces « chers (très chers !) chercheurs »
iront faire un tour du côté de la dune du Pyla... A tous les coups, elle
a du aussi bouger... et pas qu’en hauteur. En attendant, messieurs les
journalistes, n’en faites pas trop sur le « plus haut, plus
prestigieux, plus beau ! »... Des fois que Ben Laden viendrait
à l’entendre !
Toujours est il que « ceux qui sont en
haut... ce n’est pas par hasard ! Voyez la Longo ! 43 ans et
13 titres de championne du monde. Elle porte bien son nom ! Voyez
Arnaud Tournant : Un kilomètre arrêté en 58’’85. Imaginez !
61km/h sur un vélo. Si le FBI prend, au radar, Tournant dans un virage...
« ils lui mettent un pv ! » Et Alési ? Terrible !
On ne va plus pouvoir dire « vas-y Jeannot ! » sans bien
savoir « où ? », d’ailleurs ! Pauvre Alesi !
(tout est relatif..) Ne voilà t’il pas qu’à l’aube d’un énième
nouveau départ, il est poussé hors de la piste par un inconnu aux yeux
bridés et aux dents longues.. « Ahhhh ! le Sato ! ».
N’empêche qu’il était grand, le Jeannot, même quand il traînait un
peu trop dans les bacs à sable. Alors on lui souhaite une bonne retraite
ou une heureuse reconversion ... « Allez-y, monsieur Jean ! »
Comme le Mont Blanc, comme les champions, les toreros qui sont « en
haut », n’y sont pas « par hasard ! ». Voyez Juli !
Voyez Ponce !... et combien d’autres, qui se sont hissés en haut,
non grâce « au GPS », mais bien à des facultés personnelles
« bien accrochées ».
Cette année, il faudra parler du Finito de
Cordoba ! Il risque de finir en tête du classement 2001. Cela ne
manque pas de surprendre, car, un torero de sa trempe, qualifié « d’artiste »
et de « volontiers flamenco », a traversé la saison,
sans une égratignure, plaquant çà et là des moments toreros d’une
indéniable beauté. Ce n’est pas un hasard ! Et c’est
l’apanage des toreros ! Eux, plus que personne, peuvent dire :
« J’y suis arrivé, tout seul ! ». Peu importent les
ganaderias, dites « de luxe ». Peu importent les apoderados
puissants, ou même les toros afeités... Celui que « est en haut »
a autant, sinon plus, de chances de trouver un fort pourcentage de
« garbanzos », de « mansos huidosos » et
d’assassins, que les autres...
Asi que ! Une Marseillaise, (une
vraie...celle là !) pour le Mont Blanc, Arnaud, Jeannie et Jeannot...
mais, surtout, un sacré monterazo pour tous ces hommes qui, vêtus de
lumières plus ou moins luisantes, s’alignent au paseo, le visage plus
ou moins pâle, et s’en vont vers leur destin « tocando madera »...
10
Octobre – Zaragoza – 6ème de feria – Casi lleno
(Allez : Lleno) : La corrida fut un éventail de toros
dont les 95% étaient « souche Domecq », mais de quatre fers
différents : le 1er, de Peña de Francia (qui
portait le néfaste nom de « Avispado » (Pozoblanco ! ) ;
les 2 et 3èmes de Buenavista ; les 4 et 5èmes, de Garcia Jimenez ;
le dernier, enfin, de Victoriano del Rio. Corrida « multi cartes »,
en général, très armée, mansa à divers degrés, le dernier excepté,
très encasté.
Le Finito de Cordoba a connu une bonne journée.
S’il tue le premier, il peut sortir a hombros, avec tous les honneurs.
Son premier est un mansote, noblon mais tardo. Le cordouan va
l’attendre, l’intéresser et lui donner des séries justes, closes
d’élégantes trouvailles comme un trincherazo gaucher « de
maravilla ». Hélas, il tua mal. Ovation. Le quatrième ne
permettait pas de lier. Le Finito cisela, point par point, de grands
muletazos, alliant classe et technique. Bonne épée et une oreille bien
gagnée.
Le Juli a du maudire celui qui avait fait les
lots, et encore plus, celui qui avait « tiré la boule de papier »...Son
premier, tête haute, le regardait, menaçant. Le cinquième, à bout de
souffle « se apago », s’arrêta, crevé. Le Juli ne put que
placer des détails de courage, en particulier un grand tiers de
banderilles au cinquième. De plus, il tua mal son premier.
Applaudissements et Ovation – Jesus Millan se fit prendre dangereusement
par le troisième, éteint, mais mit toute la pression et sa verve, face
au Victoriano del Rio (un tonton de 675 Kgs, très encasté). Faena
« enlevée », vaillante, un peu populiste... Il tua vite
d’une basse, mais le bon public de chez lui réclama deux oreilles. Le
président n’en concéda, logiquement, qu’une, ce qui lui valu des
tonnes da qualificatifs « plus ou moins sympathiques ! »
La
feria se poursuit, ce jour, par la corrida de Torrestrella au cours de
laquelle le Paulita, c’est confirmé, recevra l’alternative, des mains
de Joselito, en présence d’Enrique Ponce.
|
|
|
|
LES
CARTELS DE LIMA.... QUI VA PAYER ?
11 Octobre : Il n’est un secret pour personne que le Pérou passe
par des dures heures, au plan économique. On sait les répercutions que
cette situation a généré, au plan taurin : Depuis des années, la
feria de Lima n’a plus rien de miraculeux.
On est donc quelque peu surpris de voir les
cartels 2001, avec, en haut de l’affiche : Ponce, Juli et Jose
Tomas, ce dernier ayant décidé de se refaire une santé aux Amériques,
avant de repartir, espérons le, du bon pied, en 2002, sous la houlette
d’un nouvel apoderado. « Le Samouraï chez les Aztèques ! »..
C’est le titre du grand feuilleton de l’hiver...
Malgré d’autres toreros, de second plan, un présupuesto
important pour une feria qui est loin de garantir des « no hay
billetes ! ». A ver ! Qui va payer ?
On va donc suivre avec intérêt, la prochaine Feria, en plaza de Acho,
qui se présente ainsi :
Dimanche 21 octobre :
Novillos de Juan Manuel Roca Rey pour Javier Valverde, César Jiménez et
Luis Vital “Procuna”.
Dimanche 28 octobre : Novillos de Roberto Puga pour Matías Tejela,
Leandro Marcos et Fabián Barba.
Dimanche 4 novembre : Toros de Chuquizongo pour Rafael Gastañeta, El
Califa et Alfonso Romero.
Dimanche 11 novembre : Toros de Manolo Martínez (Mexique), pour
Finito de Córdoba, José Tomás et Ignacio Garibay.
Dimanche 18 novembre : Toros de Javier Garfias (Mexique) pour Finito
de Córdoba, El Califa et Rafael de Julia.
Dimanche 25 novembre : Toros de Fernando de la Mora (Mexique) pour
Enrique Ponce, El Juli et Rafael Gastañeta.
Dimanche 2 décembre : Toros de San Martín (Mexique) pour Enrique
Ponce, José Tomás et un des toreros triomphateurs de la feria
On note l’absence du Morante, qui avait été bien, l’an passé, et de
l’un des préférés de l’Aficion péruvienne Vicente Barrera, dont on
disait, il y a peu, qu’il se retirait. A suivre.
|
|
|
| ZARAGOZA :
LES MAÑOS SE SONT « LACHES... »
12 Octobre : Il faut bien que l’on sacrifie, de temps en temps, à
ce nouveau langage, à ce nouveau vocabulaire, qu’un président « chébran »
n’hésita pas à vanter, histoire de faire « dans le vent »... Nous, la dernière garde de SLC « Salut les copains »,
on est un peu largué, et avec nos quelques lettres et nos quelques mots,
nous voilà renvoyés au rang de « presque illettrés »...
Autres temps, autres moeurs ! Avant, c’était « faites
l’amour, pas la guerre ! ». Du côté amour, cela va bien, du
moins on vous le souhaite... |
 |
Pour ce qui est de la guerre... On y est !
Et une carabinée, dans tous les domaines ! Guerre dans les airs,
dans les tranchées... Guerre économique, peut-être, bactériologique...
Guerre des communiqués. Alors, au fond, on se dit, comme jadis Robert
Lamoureux, dans les années 50/60 : «En prévoyant au maximum, en gérant
au millimètre, en faisant attention à tout, avec ma femme, on a calculé
que dans cinq ans, cinq ans exactement... on ne sera pas plus avancés que
maintenant ! ». Donc... aguantons !
Le temps roule ses volutes de fumée...
Qu’elles viennent des feux d’artifice ou du canon, elles laissent dans
le ciel une part de mystère qui nous fait chaque jour, plus petits, plus
fragiles, et font s’agiter nos mains, pour un accueil de joie... ou un
dernier adieu...
En parlant de mains, on ne peut que s’étonner
de la froideur, voir le dédain, manifesté par certain torero, parrain
d’alternative, au moment de céder les trastos « au jeune
communiant ». Hier, à Zaragoza, c’était d’autant plus
flagrant, lors de l’alternative du Paulita.
Le Jeune matador, impeccablement vêtu de blanc
et argent, immaculé, voit s’avancer vers lui son parrain, Joselito, et,
en léger retrait, Enrique Ponce, témoin de luxe. Quelle opposition entre
les deux maestros, dans l’attitude, la façon d’être, d’agir...
Joselito, la montera vissée sur la tête, prononce les quelques mots
d’usage (il faudrait savoir lesquels), exécute le traditionnel échange,
et serre la main du nouveau compagnon. On ne lui demande pas un gros
bisou, mais quand même !
A deux pas, Enrique Ponce s’est découvert et
assiste, respectueux et souriant. Quand le jeune s’approche, un bon
sourire, deux mots et un abrazo... de verdad. Attention, il est bien évident
que « face au toro, il ne lui pardonnera rien ! »,
et qu’à la première occasion, il lui mettra « un repaso »...
C’est, d’ailleurs, ce qu’il a fait. Mais en attendant, cette
bienvenue amicale doit faire chaud au coeur...
Bien entendu, chacun agit comme il
l’entend. Il n’y a, en la matière, aucune règle, et les pages des
anciennes revues, de « La Lidia » au « Ruedo »
sont pleines de photos où le parrain, montera sur le crâne, « en
serre cinq » au nouveau promu... Autre temps, mêmes moeurs !
Il est, quand même à noter que Joselito est un des seul à se comporter
de la sorte. Il aura ses raisons, que l’on devra respecter... Mais quand
même... il pourrait
« se lâcher », de temps en temps.
Ceux qui l’ont passé « bomba »
et ont fait grand bruit, c’est les quelques 11100 quidams qui
peuplaient, hier, les tendidos de la plaza de La Misericordia, à
Zaragoza. Un public qui venait assister à un grand évènement, et en
attendait d’autres. Il s’est coupé sept oreilles au cours de cette
corrida, d ‘où les trois matadors sont sortis « a hombros ».
Ambiance et émotion : Un aragonais devient « matador de toros ».
Un de plus ! Peut-être sera t’il « le bon » ! A
ses côtés, deux maestros. Du coup, on fait le fête au petit jeune ;
on tressaille d’aise sur trois muletazos du Joselito ; on hurle de
peur quand il se fait prendre ; on frise l’extase avec Enrique
Ponce , et, du coup, la fièvre
augmente jusqu’à la communion parfaite. Alors, on fait couper une dernière
oreilles « au petit », malgré l’épée bien basse, et tout
le monde sort « en volandas ». Que bueno ! Il est rare
que cela arrive en plaza de première catégorie, au cours d’une grande
feria. Cela n’en a que plus de valeur, de poids, sur la longue route, parfois
bien insipide, de la temporada. Vraiment, cela fait du bien de « se
lâcher », de temps en temps...
11 Octobre – Zaragoza – 7ème de Feria del Pilar – Casi lleno :
Il est sortis cinq toros de Torrestrella, variopintos, un peu jeunes, mais
bien présentés, en général. La corrida a montré de la qualité, les
4et 6èmes montrant quelques aspérités. Protesté pour
« chico », le cinquième, l’espace d’un instant. Puis,
« la magie Ponce » fit le reste. Sorti en troisième, un
sobrero de Martin Arranz montra de grande qualités de noblesse, mais
aussi quelque faiblesse.
C’était, pour Antonio Gaspar « Paulita »,
le grand jour. Le torero a passé l’épreuve avec bonheur, démontrant
de réelles qualités. Face au toro de la cérémonie « Pocalluvia »
- N°96 – 503 kgs - negro, on le vit très bien au capote, un peu inégal
à la muleta. Cependant, une dernière série de droite et une estocade
entière firent tomber une oreille tout à fait justifiée, dans un tel
contexte. Quand sortit le dernier toro, les collègues avaient triomphé
et attendaient qu’on ouvre « la Grande Porte ». Le public,
comme un seul homme, poussa, tira, encouragea le torero qui mit tout ce
qu’il avait, de la larga à genoux, à l’estocade finale, bien
« tombée », pour les rejoindre à la sortie. Paulita, encore
une fois excellent à la cape, est entré du bon pied dans l’Escalafon
supérieur, coupant « une oreille, chaque fois », le jour du
baptême, et bouclant une grande feria de Zaragoza 2001. Un immense
souvenir pour lui... Maintenant, commence... « la guerra » !
Joselito est très aimé, ici. Du
coup, le torero se livre complètement, mais à sa façon. Tantôt allègre,
tantôt trop cérémonieux, il sait que tout lui sera applaudi, y compris
de longues poses, entre chaque muletazo. Le premier était faible.
Joselito le reçut à genoux, et, avec le public en totale fusion, toréa
en douceur, la silhouette relâchée,
la muleta courant doucement sous le mufle du toro gris clair. Faena
longue, compassée, qui lui
valut un avis, avant de monter l’épée. Faena qui de termina dans l’émotion,
le Joselito se faisant prendre de plein fouet en donnant une manoletina.
Vilaine voltereta, le torero tombant sur les cervicales, mais se relevant
aussitôt pour un desplante hautain, face aux cornes. Torero ! Grosse
épée et une oreille méritée. Il en coupera une autre au quatrième,
qu’il brinda à la plaza, malgré les défauts affichés : tête
haute, tirant à droite et à gauche. Pas évident. Joselito débuta par
cinq passes à genoux et, encore une fois, toréa avec dédain,
s’accrochant, sans paraître faire de grands efforts, jusqu’à
l’estocade finale.
Enrique Ponce a encore donné une immense leçon
de toreria. Autorité, plastique, sentiment, telles sont les qualités
premières de sa faena au toro de Martin Arranz. Grande faena, une de
plus, où l’esthétique et l’élégance font oublier la technique et
le danger. Un faenon, plutôt droitier, précédant une énorme estocade.
Deux oreilles et une plaza explosant d’admiration. Le Valenciano allait
rééditer, face au cinquième, plus discret de présence, qu’il brinda
au Tato. Faena pleine de merveilleux détails, des doblones du début, aux
ayudados de ceinture, en final, passant par trois naturelles, citées
« en grand seigneur », la muleta pliée au bras. La demi lame,
un poil tombée, ne gâcha pas la fête... Un avis, mais un nouveau trophée,
et Zaragoza vient ajouter son nom aux plazas qui, cette année, ont vu
passer un véritable « géant du Toreo » : Enrique Ponce.
La feria se poursuit aujourd’hui, Dia del Pilar, par une corrida de
Jandilla pour Curro Vazquez, Tato et Juli, tandis que « l’Automne »
reprend, à Madrid, avec un corridon de Nuñez del Cuvillo, fuera de tipo,
et qu ‘à Séville, un cavalier s’en va, tirant sa révérence :
Javier Buendia.
|
|
|
|
LA TRAGEDIE GRECQUE... AU PLACARD !
13 octobre : Parfois on nous demande :
« Mais qu’est ce que vous trouvez, aux corridas ? C’est
toujours la même chose... » Et parfois, il faut bien le dire, on a
du mal à répondre, surtout si, comme en certaine San Isidro, « il
ne se passe rien, vingt tardes sur trente ».
Et puis, tout à coup, surgit la course
« épique », incroyable dramaturgie qui envoie au placard
les plus terribles des tragédies grecques, transformant les plus
noirs des « noirs écrivains » en aimables collègues de Tex
Avery et Walt Disney réunis....
La corrida est, à chaque fois, une
nouvelle liturgie. Certes, « les attributs sacerdotaux » sont
le mêmes, les gestes similaires, parfois répétitifs, parfois
lassants... Et pourtant, quand le toro sort, il porte en lui, dans le
regard et « les idées » beaucoup plus qu’au bout de ses
cornes, tout le drame que lui seul peut écrire, malgré le courage et la
technique des hommes, provoquant des émotions multiples qui vont, de la
plus profondes des admirations aux plus grandes terreurs. Le toro est roi.
Il écrit l’histoire. Souvent, ce ne sont que des anecdotes, quelques scènes,
souvent glorieuses. Quelquefois, un gros paragraphe, un acte tout entier.
Puis tout à coup, une pièce, bien tragique, un roman bien noir, que nul
n’aurait osé imaginer.
L’actualité récente, hélas, nous a
prouvé que les « Corneille and Co » étaient restés « bien
courts », pour ce qui est des « noirs desseins »...
Pour rester dans « le monde des toros »,
il arrive que tout à coup, la corrida devienne exceptionnelle, parce que
triomphale, parce que terriblement mauvaise, ou encore parce que se déroulant
dans des circonstances tellement
dures que l’on pressent le drame, à chaque galop du toro, à chaque pas
de l’homme.. Alors...
Alors on assiste à des moments épiques,
de ceux qui font de l’Iliade, un aimable feuilleton guimauve, genre
« Les feux de l’Aaaaamour »... Madrid est coutumier du fait.
Mais on peut vivre des tels moments aux quatre coins de la planète...
tout simplement parce que chaque toro qui sort est « comme les
vagues de la mer ! » Il n’y en a aucune qui soit semblable
aux précédentes.
Si, en plus, la météo se met de la
partie, la tragédie enfle et roule, aussi sûrement qu’au théâtre
d’Athènes. Alors, bien souvent, on finit tous « mouillés ! »,
et ce n’est pas forcément du à l’eau qui tombe du ciel...
Hier, Madrid a vécu une de ces terribles
après midis : Vent d’ouragan, pluie torrentielle, des toros
« hauts comme ça » et deux toreros gravement blessés, qui
laissent le troisième « tout seul », devant estoquer cinq
« armoires, bien pointues, et pas très amicales »... |