|
« IL » VENAIT D'AILLEURS... « IL »
Y EST REPARTI...
2 Juin :
Elle court, elle court, la maladie d’amour... Elle fait des ravages.
L’idolâtrie qui entoure quelques grands, n’a
t’elle pas, en proportion, fait plus de ravages dans leurs rangs, que
quelque lèpre dans la foule du tiers monde ? Qu’ils soient acteurs
ou actrices adulés, chanteurs pop vénérés, écrivain génial, cela
finit souvent mal. Elevé au rang de demi dieu, l’homme finit par le
croire, flotte un moment entre béatitude et caprices, et finit par
exploser dans une dernière arabesque d’étoiles... De Marilyn à
Morrison ; d’Hémingway à Kurt Kovein, il ont tous tutoyé les étoiles,
et se sont brulés à leur lumière.
José
Tomas a « pété un plomb », hier, en plaza de Madrid... Il a,
volontairement, laissé sonner les trois avis, refusant de descabeller le
cinquième toro d’Adolfo Martin. Comme à Salamanque, l’an passé, il
a picoté sans conviction, a écouté deux sonneries, et s’est retiré
à la troisième, le visage fermé, les yeux ailleurs...
Un scandale maximum, au cours de la corrida la
plus attendue de la feria, en présence de tout le gratin, taurin,
politique, monde du spectacle, et sous les yeux d’un grand roi. Comme à
Salamanque, Jose Tomas a « craché sur la foule » et sur son
costume de lumières... Un fait inexplicable qui ne devait avoir que deux
sorties : La prison, comme pour Curro, en 1967, en pleine San Isidro...
ou l’hôpital psychiatrique, le temps de « refaire surface »...
De fait, il ne s’est rien passé de tout cela.
Qulques cris, quelques coussins, une proposition de sanction et la foule,
hébêtée, est repartie vers son quotidien... 17 morts en Israel, une
famille royale assassinée par un des siens, au Népal.... une catastrophe
par ci, un viol par là... la triste routine. Alors, qu’un torero
millionnaire se paie la figure du bon peuple... vous me direz un peu...
Pues no ! Ce qui s’est passé hier en
plaza de Las Ventas est comparable à ce qui se passe dans les classes de
nos lycées, les cages de nos escaliers, les rangées de nos cinémas...
Le cynisme, la provocation gratuite, l’education à la décadence, la
culture niveau zéro, l’honneur aux abonnés absents... On peut,
aujourd’hui, se moquer de tout et de tous, et toucher beaucoup de
millions, pour cela. On aurait pu penser qu’un homme vêtu de torero échapperait
à tel syndrôme... bien, non.
Qui est responsable ? Le torero lui-même,
personnage curieux, qui mêle les envolées lyriques aux vulgaires
platitudes... Entre « Lac des Cygnes » et « Loft Story »...
Entre du Wagner et du Zebda ..... entre du Shakespeare et du « Robins
de bois »... Une énigme !
Regard doux et sourire équivoque, il va, refusant de parler, refusant
qu’on le filme... Perdu dans ses pensées, il erre, entre la muleta et
la canne à pêche, entre le McDo et les ors de ses costumes toreros.
Qui est responsable ? Ses mentors, sans
nulle doute, qui ont perçu cette curieuse personnalité et l’exploite,
la presse comme un citron... Pris au piège l’an passé par les caprices
d’un torero perdu et d’un apoderado haineux, José Tomas a dépassé
leurs prétentions et leur cynisme. Une situation qui ne peut avoir
qu’un seul résultat... le suicide, professionnel, pour le moins.
Qui est responsable ? Le public, la Presse,
le Système... Jose Tomas est un grand torero ! Il le fut ces dernières
années. Il était la synthèse du toreo de classe, de courage et d’esthétique...
Il faisait le toreo que tout aficionado rêve de pouvoir faire « de
salon ». Mais tout cela a basculé... Le public en a fait un nouveau
Manolete, et lui, l’a cru. Celui qui avançait la muleta, allait
chercher le toro, le templait jusqu’à « loin derrière la jambe »,
enchaînant ainsi huit passes, là où tous les autres ont du mal à en
lier trois... ce Tomas-là, a complètement changé pour se transformer en
un « Don Tancredo du XXIème siècle » poteau planté au
milieu de la plaza, citant d’un bout de muleta, de derrière la jambe
opposée, tirant des muletazos invraisemblables, souvent accrochés,
bousculés... Il vole, mais revient, l’air absent, « complètement
serein », disent certains, et reprend son débat avec l’iraisonable.
Et nous, publics de 2001, nous applaudissons cela. Et la presse le chante !
Et, bien sûr, les organisateurs, les empresas s’enchantent... Certes,
parfois, et même souvent, cela fonctionne bien, et la faena devient
symphonie... Il n’en a pas l’air plus heureux pour autant...
Qui est responsable de ce qui s’est passé,
hier à Madrid. Le torero seul ? Si oui, cynisme complet et donc,
quelques jours au violon, histoire de redonner quelque goût du respect.
Se sentant impuissant devant le toro, voyant venir le gros échec, il préfère
le scandale et organise sciemment la mystérieuse débandade. Si c’est
cela....mal asunto.
Les seuls organisateurs et mentors sont ils
responsables ? Ils font leur boulot, et, comme ils l’ont « monté »,
ils le laisseront choir, un jour, tel un pauvre ère.
Le public est il responsable ? En partie
oui... et la presse qui a provoqué cette « Tomasitis »,
faisant que le peuple est accouru voir « le gladiateur qui mange les
lions », et l’a porté au rang de divinité, à chaque bouchée...
Plus dure sera la chute.
Hier, Jose Tomas s’est professionnellement
« suicidé », en plaza de Madrid. Certes, il continuera sa
route et fera le paseo, aujourd’hui, à Nîmes. Mais attention, les
choses changent vite et les ovations tournent rapidement aux quolibets.
Les princes ont fermé leurs portes, et il sera dur de les rouvrir...à
moins d’un perpétuel rendez vous avec la mort, « dans ou hors »
du ruedo... Décidément oui : « Hier, le torero venu
d’ailleurs ... y est retourné »...et nous ne pouvons pas le
suivre.
1er
Juin 2001 – Madrid (Las Ventas) – 20ème de la San
Isidro – 15ème corrida d’abono – No hay billetes avec
une revente « de scandale » - Chaleur extrême. La corrida,
par veto de Joselito et Jose Tomas, n’était pas télévisiée – La
corrida d’Adolfo Martin était considérée comme la course « d’espanto »,
devant laquelle deux figurones faisaient le geste de s’aligner. Tout à
leur honneur, à première vue. En fait, « le geste » est une
des plus grandes « estafadas » de toute l’Histoire de la San
Isidro... Les bilans et commentaires de la Feria 2001 seront terribles...
Corrida mal présentée, les trois premiers,
inacceptables à Madrid, indignes. Corrida faible, sin casta. Une totale déception,
deux toros se sauvant par miracle, les trois et cinquième... et encore,
sur leur seule corne gauche. Corrida scandale, malgré sa platitude ;
corrida à oublier bien vite...et pourtant, corrida inoubliable.
Joselito fit quelque effort face au premier, soso,
court de charge. Quelque effort, mais pas un de plus. Silence. Devant le
quatrième, il se montra, presque avec raison, beaucoup plus expéditif.
Re-silence-
| Jose Tomas était attendu comme un dieu. Vêtu de
rouge et or, il « vogua » dans le ruedo, comme venu
d’ailleurs. Son premier le désarma, au capote, mais il se reprit bien
dans un quite au delantal, clos d’une grande et lente demie véronique.
La faena fut de « comme ci, comme ça ! », alternant deux
bonnes passes et trois enganchones, le public gardant un silence
dubitatif. Quand sort le cinquième « Lagartijo », de 507 Kgs,
qui n’avait rien d’un Barabas, Jose Tomas « flotte » déjà,
au capote, trébuchant sur le sable. Quelque chose ne va pas. Le toro est
faible, mais le diestro débute par durs doblones, un genou à terre... |
 |
Le
toro a une bonne corne gauche, on le voit immédiatement. Jose Tomas
desssine deux premières naturelles, bonnes... une autre, enganchada. Puis
viennent « les démons de la Tomasitis » : comme un palo,
le diestro essaie de rester là et d’enchaîner. La muleta derrière, il
essaie mollement, et chaque passe est une torchonnade. On murmure, on espère
sur deux naturelles correctes. Rien n’arrive, ou plutôt, l’inattendu,
l’inacceptable. Jose Tomas pique quatre fois, sans conviction et met un
pinchazo hondo. Sonne le premier avis. Arrivent, picotés doucement,
quatre descabellos. Ronde violente des subalternes, mais deuxième avis.
Le torero met un nouveau descabello, les capes volent. Il aurait le
temps... mais il attend et se retire. Le troisième avis retentit. Jose
Tomas, visage totalement inexpressif, rentre au callejon et s’appuie à
la barrière. Le roi reste de marbre, le public explose. Bronca
monumentale et jet de coussins...Le torero n’est plus là. Scandale
majeur. En d’autres temps, il serait immédiatement sorti entre deux
gardes...
Miguel Abellan a été « en torero »,
d’honneur, de chair et de sang. Bonne faena face à son premier,
potable, qui va lui mettre une vilaine voltereta, avec blessure de 15 cms
à l’arrière de la cuisse. Tuant vite et un peu bas, Abellan coupe une
oreille, justifiée, et s’en va vers l’infirmerie. Roué de coups, la
jambe bandée, comme l'’n passé, avec les Garcigrande, Abellan revient
au sixième, après le grand scandale. Le toro ne vaudra pas l’héroïque
sortie. Manso réservon, il prendra même le torero, pour quelques
erraflures et courbatures de plus. Miguel Abellan, fortement ovationné
quittera Las Ventas, « en torero », alors que « les
serpents sifflaient sur d’autres têtes... ». Bien triste, tout ça...
|
|
|
|
LA PRESSE... A BRAS RACCOURCIS...
Après
la scandaleuse sortie de José Tomas, le revues et journaux regorgent
aujourd’hui de commentaires douloureux ou sulfureux... Cependant, tous
arrivent à la même conclusion : Cela devait arriver...
« Ridiculement rigide, grotesquement
pompeux, marchant comme s’il était en lévitation. Tout cela pour une
faena « fuera de cacho », perpétuellement accrochée, sans
aucun lien... « El Pais » |
 |
Zabala
de la Serna, dans ABC, fait allusion au « Vol au dessus du nid de
coucous », et parle de l’incrédulité de ses collègues lorsqu’il
pensa tout haut « il ne va pas le tuer... »
Juan Posada, matador, écrit dans « La
Razon » : «Jose Tomas, cynique, permet que sonnent les trois
avis ». Plus loin : « On ne peut accepter l’attitude de
Jose Tomas, attendant les trois avis, avec le même cynisme qui offensa le
public de Salamanque, l’an passé »...
Le chroniqueur de « mundotoro »
s’indigne : « Qu’aillent le voir les philisophes, les
psychiatres, les psychologues, et tous ceux dont la profession commence
par psy. Mais moi, je ne vais plus le voir. On ne m’y prend plus »...
Petit bémol, chez Juan Pedro Domecq qui, malgré
tout, dans un édito, écrit « Moi, je continuerai à aller le voir ! » :
« Il a eu un coup de folie. C’est la seule explication, avec en
plus les conséquences d’un « montage de fous », avec pour résultat
un scandale majeur, un jour d’une exceptionnelle attente, à plaza llena,
malade de la Tomasitis et en présence du Roi ».
De son côté, Jose Antonio del Moral a le triomphe modeste et sobre,
d’autant qu’à Nîmes, son ami et torero préféré Enrique Ponce....
|
|
|
|
ENRIQUE PONCE GRACIE « SON 25ème »
EN PLAZA DE NIMES...
Extraordinaire
moment dans le cadre historique du grand cirque Nîmois. Les consuls et
« tous les romains » ont assisté, avec plus de 17000
personnes, au moment magique : l’indulto, la grâce d’un grand
toro, des mains d’un grand torero. Il s’appelle « Descarado »
- N°9 – un burraco de 475 kgs, de Don Victoriano del Rio. Sorti quatrième,
il tomba entre les mains d’un immense torero, Enrique Ponce, que les
bons toros choisissent pour qu’il sauvent leur vie, fasse briller leur
bravoure, leur grande noblesse. 24 Toros devaient déjà leur sort à
Ponce, qui avait su si bien les mettre en valeur... « Descarado »
est le 25ème ...et tout une ville danse. Que Bueno !
1er
Juin – Nîmes : 2ème de Feria – Beau temps, mais
beaucoup de vent : Excellente corrida de Victoriano Del Rio. :
Trois bons, un exceptionnel, deux plus compliqués. Le quatrième prit
deux bonnes piques, et répéta ses charges, mêlant sa bravoure à une
grande noblesse. Ponce, qui n’avait pu briller au capote, à cause du
vent, s’enivra de toreo dans une faena de 16 minutes, mêlant avec la
plastique qu’on lui connaît, le toreo à l’envers, à l’endroit,
mettant en valeur la moindre qualité du toro. Déjà des cris, déjà des
mochoirs demandaient l’indulto. Le maestro vint y joindre sa prière.
« Descarado » est le premier toro grâcié en France, en
corrida formelle. L’ovation, comme l’émotion furent immense, quand le
toro repartit, vivant et glorieux, vers la grande porte de la sérénité.
Enrique Ponce, radieux, vint ajouter deux oreilles « symboliques, à
celle qu’il avait déjà obtenue du premier. Superbe ! Enhorabuena,
Torero !
El Juli se battit comme un diable, coupa
l’oreille de son premier, voulut contrer le triomphe de l’Ancien, face
au cinquième, mais bafouilla son descabello. Quand à Juan Bautista,
entre le mauvais sorteo et le vent, il « passa » en demi
teinte...
Grand, grand triomphe du beau et vrai toreo, face à un magnifique
adversaire. Une page de plus à l’Histoire Taurine...
|
|
|
|
VIC FEZENSAC... AUX ARMES !
2 juin :
La Feria de Vic débute aujourd’hui. Aux Armes... Ici, point de Jose
Tomas, pourtant, il y aussi quelques fous furieux...soit « naturels »,
soit remontés à la bière ou au « petit jaune ». Poco
importa, Vic, la Fiesta ; Vic, la Feria ; Vic : Le toro...
Chaque année , une fièvre ; chaque année, une ferveur...
Corrida de Fernando Peña, ce samedi. Au
cartel, Victor Puerto « da la cara », accompagné de Padilla
et Juan Bautista. Dans le ruedo réduit, les toros paraissent plus grands,
les distances plus courtes. Padilla devra mesurer ses courses, Puerto, ses
cris. Quand à Jean Baptiste, il se doit de pousser un contr ut !
Vive
Vic ! et « Que
haya suerte pa todos ! »
|
|
|
|
« J’AI PAYE... J’AI LE DROIT... »
3 Juin : «Pues, no Señor ! Ce n’est pas parce que
vous avez payé que vous avez le droit d’invectiver, d’insulter, de
huer celui qui, dans des circonstances difficiles, se comporte en
professionnel, quand il ne peut toréer comme vous le rêvez.
No señor, vous n’avez pas le droit d’être
injuste parce que, pour quelques euros, un bout de papier coloré vous
permet de vous asseoir tranquillement sur le ciment de Vic Fezensac,
ouvrant chaque année, les robinets d’adrénaline, et vous donnant
l’occasion de décharger toute la tension, l’agressivité, la haine
qui vous habitent, et vider « cette petite lâcheté » que
vous démontrez chaque jour, au boulot, dans la rue, à la maison... Non,
vous n’avez pas le droit... »
Voilà pourquoi certains, dont je suis, ne
veulent plus « aller à Vic ».
Alli salen toracos... Dans cette plaza, on sort des toros impressionnants,
dans des conditions incroyablement difficiles, en particulier, de par la
taille du ruedo. Bien ! On respecte. Cela implique, de la part du
public, une connaissance de la lidia, un respect des hommes, une tolérance
(mot à la mode), en un mot une réelle Aficion...
Mais çà.....
Hier, les micros de Radio France, et les
commentaires d’André Viard et Pierre Arnouil, répercutaient fidèlement
le triste comportement d’une majorité de braillards qui se donnaient le
droit de brâmer des insanités, alors que dans le ruedo, les hommes se
montraient toreros et professionnels... « Allez donc « lidier »
votre épouse, monsieur ! A ver si tiene huevos ! ».
Bien entendu, on vous recevra « à bras
ouverts », à Vic, à Dax ou Bayonne, à Mont de Marsan ou en toute
plaza de toros qui se respecte, mais à condition de vous y comporter en
aficionado et en citoyen... Ne pas connaître tous les secrets de la
corrida est normal. Qui peut se vanter de cela ? Absolument
personne... Alors, un peu de retenue et de « bonne éducation »,
un peu de respect pour ceux qui sortent d’une chambre d’hôtel, sans
jamais savoir s’il vont y revenir...
La question qui demeure... Les organisateurs ont
ils conscience que ce « public » est devenu leur « fond
de commerce » ? Vic
voit il qu’il mise, systématiquement, sur ceux qui viennent « se
soulager la haine », comme d’autres viennent « s’encanailler »,
à Nîmes ? Est ce une tradition ? Est ce un souhait ? Joue
t’on volontairement sur les bas instincts, pour remplir le tiroir caisse ?
On ne peut le croire. Cependant, entre les échos sonores et les détails
de l’affiche, force est de constater que le doute qui s’est installé
depuis quelques années, chemine doucement vers une certitude...
2 Juin – Vic Fezensac
– 1ère de Feria – Lleno : Toros de Fernando Peña,
bien présentés, solides sur leurs pattes, astifinos de pitones. Toros
difficiles, mansos, à part le troisième. Le toraco cinquième sauta au
callejon et le sixième y jetta de nombreux regards. Mobilité désordonnée,
puis retenue et « regards en dessous », au cours des faenas.
Seul, le troisième, bien que loin d’être ideal, permit au torero de se
livrer totalement. Les autres impliquaient technique, professionalisme,
efficacité lidiadora.
Juan Jose Padilla n’alla pas à
portagayola et certains s’en offusquèrent (ils « avaient payé »...).
Le Jerezano se montra volontaire et technique, brillant aux banderilles,
efficace à la muleta, mais peu glorieux avec l’acier. Il entendit
« division » à l’un, et « aplausos », à
l’autre.
Victor Puerto se montra « torero »
toute la tarde. Sobre, sûr de son placement, clair dans sa tête, Puerto
ne sculpta aucune oeuvre d’art, mais tailla deux trasteos d’une élégante
justesse technique, face à deux clients qui refusèrent les fioritures.
Victor Puerto « se puso alli », en particulier face au cinquième.
Des gradins tombaient des « Eso no es torear ! »... Vous
avez raison « Don Cabron ! »... Eso
es lidiar... y lidiar es torear !. Victor Puerto tua en
plusieurs voyages et les opinions de divisèrent.
Juan Bautista toucha le seul potable de la tarde,
et, en lui mettant la muleta devant, puesta, en ne le laissant jamais
douter, il battit au troisième une bonne faena que le public suivit avec
ferveur. L’estocade tomba un peu trop. Est ce la raison pour laquelle le
président se donna le droit
de refuser une oreille que tout le public réclamait à grands cris ?
On ne sait. Juan Bautista donna grande vuelta. Cela se compliqua un peu
face au sixième qu’il fallut lidier et estoquer, sans espoir de succès.
Ce dimanche : « Double session »...
Le matin : Corrida de San Martin, pour
Zotoluco, Jose Luis Moreno et El Renco.
Ce soir : Les Albaserrada, pour Richard
Milian, Jose Ignacio Ramos et Antonio Ferrera.
|
|
|
|
ANTONIO FERRERA FAIT EXPLOSER NIMES...
Voilà qui est bon pour le moral, et pour toutes les taquillas du
Sud Ouest, cet été.
Antonio Ferrera, adulé des Français,
n’arrivait pas « à marquer le but définitif »... Partout,
on vantait sa force de caractère, sa vista, ses qualités athlétiques,
son sens de la communication avec le gradin et une grande facilité
lidiadora. Mais, à chaque fois, il manquait « le dernier point »,
celui qui transformait l’interrogation en un « ohh »
d’admiration. Hier, Ferrera est sorti par la porte des Consuls, avec
trois oreilles et un rabo coupés aux remuants Palhas... Même si le
dernier trophée est un peu généreux, il n’en reste pas moins que le
triomphe est réel. Asi que...
2 Juin – Nîmes – 3ème
corrida de Feria : Toros de Palha
très inégalement présentés, mais donnant à la course un intérêt
permanent. Caste souvent, mobilité toujours. Quatre toros furent
importants, et l’on donna vuelta au sixième. Seul le quatrième
fut « malo ».
Fernandez Meca se montra torero en pleine maturité.
Le public demanda longuement l’oreille du premier, que le palco refusa,
écoutant bronca. Meca donna une vuelta sous l’ovation générale. Face
au quatrième, « a lidiar, y en paz ! ». Le public
applaudit les efforts du Français – Pepin Liria resta peut-être, un
peu « en dedans ». On ne trouva pas en lui cet engagement
total qui fit vibrer la Maestranza, il y a peu. « La tête » déjà
à Madrid, peut-être... Silence à l’un, applaudissements à
l’autre – Antonio Ferrera fut un typhon, « un toro parmi les
toros », coupant une oreille au troisième, il mit le feu à la
plaza, face au dernier. Excellent à la lidia, bondissant aux banderilles,
on le vit brillant à la muleta, alternant le vibrant et le « reposé »,
le classique et le baroque. Deux oreilles et la queue ... Bon !
C’est Nîmes, c’est la feria du renouveau.... Mettons
trois « grosses oreilles » et c’est bien ainsi. Un réel
triomphe.
|
2 Juin
– Nîmes - En matinée : Très sérieuse novillada de Jandilla
qui vit le triomphe de Julien Lescarret, sortant a hombros, après avoir
coupé une oreille de chaque adversaire. Important triomphe du jeune
landais, devant le mundillo et la presse taurine espagnole qui, on le
sait, affluent en masse, « a la feria de Nimesss ». Leandro
Marcos et Julien Miletto ne rencontrèrent pas le succès... |
 |
Ce dimanche 3 Juin :
. Corrida matinale, de Zalduendo, pour Joselito, Jose Tomas et Sebatien
Castella. On espère que Jose Tomas « se sera levé du bon pied »..
Ce soir, corrida de Adolfo Martin (qui « se
la joue », après le désastre madrilène), lidiée par Espla, Denis
Loré et Jesus Millan. (A propos, les Adolfo Martin de Madrid feront
l’objet d’examens post mortem... Algo
raro paso alli !)
|
|
|
|
A MADRID, LE CALME RETROUVE...
3 Juin : Las
Ventas résonnent encore du « scandale Jose Tomas », vendredi
dernier. Hier, la corrida de cavaliers n’a rien donné, mais la plaza
commentait encore le curieux comportement du dieu déchu. Pendant ce
temps, d’autres soulignaient la toreria et le pundonor de Miguel Abellan
dont la grande actuacion et le réel triomphe torero avaient été estompés
par le « grand scandale Jose Tomas ».
A priori, Miguel Abellan devrait se voir « récompensé » en
se voyant offrir le troisième poste à la corrida de Bienfaisance, le 14
Juin, qui se présenterait comme suit : Toros de Victorino Martin
pour Eugenio de Mora, Miguel Abellan et Rafael de Julia. Cartel intéressant,
mais, on peut craindre quand même pour la taquilla .
2 Juin – Madrid (Las Ventas)
– 3ème corrida du Rejoneo – No hay billetes : Corrida triste
et silencieuse, à cause des toros de La Laguna, médiocres. Silence
pour les frères Domecq, en solo ou en duo – Ovation pour Sergio
Galan et Diego Ventura, en individuel. Rien au dernier, al alimon. Long et
pesant. A oublier.
Ce dimanche
3 Juin : Corridon de Samuel Flores pour Pepin Liria, qui entre
dans la Feria, Davila Miura et un
Juan Bautista, avec le moral, on l’espère, après sa bonne sortie de
Vic, hier.
|
|
|
|
UNA « SALVAJADA... »
4 Juin : Dans quel monde vivons-nous ?
S’il n’y a plus aucun respect de la vie, si l’on ne pense qu’à
provoquer, salir, faire mal, alors « apaga y vamonos !»... Que
ce soit au « Kilomètre 57 » d’une nationale, ou dans le
ruedo de Vic Fezensac, on ne peut accepter les outrances, les coups de
force, les provocations, qui finissent toujours, à plus ou moins longue
échéance, par un crime ou une catastrophe...
Bien entendu, il n’y a aucune mesure
entre l’attentat du « Kilomètre 57 », et les incidents
« tartarinesques », « granguignolesques » de Vic.
Mais, accepter l’un, c’est ouvrir la porte à d’autres, de plus en
plus violents, de plus en plus aveugles, de plus en plus fous... et on
arrive, un jour, à l’irréparable, aussi vrai que « deux et deux
font... »
La foule est dangereuse. En général,
composée de braves gens, pris individuellement, mais qui deviennent
« très forts, lorsqu’ils sont plus de trois », elle roule
comme les vagues qui enflent tout à coup au vent mauvais. Alors, elle se
déchaîne, à la moindre occasion, et il suffit de peu pour l’amener à
l’irréparable.
Dans un spectacle de ce genre, où la foule est nombreuse, où les
passions s’exacèrbent, les organisateurs ont obligation de préserver
l’ordre, la sécurité des hommes et des biens. Dans une corrida, le président
a charge du bon ordre, dans la plaza, et doit être le premier à
respecter le règlement. Vêtus de lumières, les toreros... tous...
doivent aider au bon déroulement de la course, et ne pas « en
rajouter une louche », quand l’incident éclate.
Hier, à Vic Fezensac, le président
refuse une oreille pour Richard Milian. Qu’elle soit ou non méritée,
peu importe, la foule la demande à grands cris, plus qu’avec des
mouchoirs lavés bonux. La pétition est
assourdissante et règlement en main, le président doit accorder
l’oreille, qu’il ait ou non apprécié le travail du torero... Point
final... Ici, malgré les décibels, le président reste de marbre et déchaîne
l’ire des spectateurs. Durant de longues minutes, la bronca roule comme
une tempête et enfle tout à coup. Dans le ruedo, la cuadrilla de Milian
fait monter la pression et multiuplie des gestes tout à fait déplacés.
Pour finir, El Andaluz ira faire couper
une oreille du toro, la promènera autour du ruedo, et finira par la jeter
vers la présidence, dans une ultime provocation.
On peut comprendre sa réaction. En aucun
cas, on ne peut l’accepter, la cautionner. Andaluz est, doit être,
avant tout, un torero. Donc, il doit se comporter « en torero ».Et
même si l’on est généreux, même si l’on a un coeur « gros
comme ça », même si on hait l’injustice, on ne peut se laisser
aller à profiter de l’imbécilité d’une multitude, ou la provoquer,
et salir, encore une fois, son costume de lumières. Eso
no es !
Encore une fois, Vic est témoin
d’incidents inacceptables. Si l’on remonte dans le passé, on se
souviendra de cette foule, devant l’hôtel, un soir de corrida annulée,
qui menace les toreros, attaque les coches de cuadrilla, pille des malles
de matériel, laçère les capes, les costumes de lumières, hurle au
lynchage... On se souvient de cet orage, en 1971, lors de la corrida de
Murteira. La foule est là qui refuse l’évidence : Le ruedo est
totalement noyé, la suspension s’impose. Mais la bronca est telle que
la présidence fera retraite. Dans les gradins, on entend des choses comme :
« La corrida peut être arrêtée, on s’en fout. Nous, on va
chercher les fusils, et les toros, on va les estoquer, à notre façon... »
Ceci est véridique. Nous y étions. L’émeute se termina grâce à un
coup de vent qui chassa les nuages et au coup de pundonor d’un torero
qui dit « Moi, je ne quitte pas l’arène sans avoir estoqué
mes toros ».. C’est ainsi que l’ordre revint et que Ruiz Miguel
« entra » dans le coeur des français.
Hier, le président s’est lourdement
trompé et les toreros se sont vilainement comportés. Ils portent une
lourde responsabilité sur ce qui se passe, et se passera, dans les
gradins et les ruedos, aujourd’hui ou demain, à Vic ou ailleurs. La
foule est chaque jour plus imbécile, plus folle, plus haineuse, plus lâche...
A cause de ces algarades, l’escalade est inéluctable et, un jour, il y
aura une catastrophe. Un jour, par panique ou hystérique mouvement de
foule, il y aura des morts, comme dans certain stade de sinistre
souvenir...
A Vic, hier, on a encore gravi un degré
dans l’imbécilité collective. Bien entendu, cette « connerie »
ne peut qu’être condamnée. Mais cela n’est rien à côté de ce qui
s’est passé « au kilomètre 57 ».. Parce que là... ce fut
une véritable salvajada, un attentat prémédité, sauvagement perpétré.
Et même s’il ne s’agit « que d’animaux », comme diront
certains, les auteurs de cette saleté ne méritent qu’une chose :
« douze balles ! »
Samedi soir, 2 Juin, un camion roule dans
la nuit. A son bord, douze chevaux, douze pur sangs, douze athlètes,
douze « toreros »... L’après midi, « ils avaient toréé »,
aux ordres de leurs maîtres, Luis et Antonio Domecq, en plaza de Madrid.
La corrida avait été mauvaise, mais ils avaient fait leur devoir, et ils
rentraient vers Jerez, « vers la maison ».
Au Kilomètre 57, sur la route vers l’Andalousie,
il y a un restaurant, où l’équipage a l’habitude de dîner, les
soirs de longue route. Après avoir fait le tour du camion, vérifié que
les chevaux étaient bien, ne manquaient de rien, le chauffeur et le
palefrenier s’en vont se restaurer et se détendre. Ils sont
tranquillement attablés quand on entend soudain deux explosions. Des
cris, des hurlements, tout le monde se précipite. Là, à quelques mètres,
le luxueux camion brûle. A l’intérieur, douze chevaux...
Quelqu’un a jeté deux coktails molotov, deux bombes
incendiaires, et le camion est en feu...Un seul mot : « Hijoputas ! »
Tout le monde se précipite. On réussit
à ouvrir la porte arrière : deux chevaux sont sortis presque
indemnes mais affolés. Neuf bêtes sont atteintes, plus ou moins
gravement, certaines affreusement brûlées, mutilées. Il faudra achever
le dernier, « Legitimo »... Une vraie « salvajada »...
Bien sûr, qu’est la vie de quelques
chevaux, à côté des hommes, des femmes et des enfants qui meurent, assassinés chaque jour, en Israël ou en Palestine, en
Algérie ou ailleurs ? Certes ! Mais avouez que l’escalade
n’a plus de fin et que celui qui accepte la violence, le viol, des
hommes et des lois, ne peut s’étonner d’avoir un jour à constater
l’irréparable, la pure sauvagerie, qu’il a lui-même provoqués, par
sa lâcheté et par des mots comme « tolérance »,
« démocratie » « égalité » « fraternité »...
Vous
sentez vous, vous, égaux, frères, avec ceux qui imposent la violence, la
force, la menace, l’insulte et qui assassinent « même des
chevaux...» ?
Pues, yo no....
|
|
|
|
VIC FEZENSAC :
BELLE MATINEE.... TRISTE SOIREE ! ! !
3 Juin : Vic a vécu, encore une fois,
des moments tour à tour magiques et révoltants. Un mayoral qui salue, à
Vic, est un chant à la caste du toro de combat. Et s’il salue, à Vic,
il saluera, un jour, à Madrid (Dans le cas qui nous intéresse, c’est déjà
fait) .
Grande corrida encastée de San Martin,
pour la deuxième année consécutive. Les Chafik ont montré la caste, la
saine agressivité du toro de combat. Un torero les a compris, qui les
connaît bien, puis qu’il vient « en voisin », le Zotoluco
qui donne vuelta à l’un et coupe l’oreille de l’autre. Jose Luis
Moreno et Renco ont fait ce qu’ils ont pu, mais...
Le soir, les Albaserrada ont déçu. Dans
le souvenir resteront quelques muletazos « a gusto » d’Antonio
Ferrera, l’épée de José Ignacio Ramos, la méchante cornada de Luis
Calvo « Juncal », au quatrième, et puis l’incident :
Face au premier Montalvo, un sobrero « qui de laisse »,
Richard Milian qui vient de saluer, pour son douzième et dernier paseo à
Vic, va toréer comme il en a l’habitude : enlevé, pimpant,
dynamique. Le public accompagne, joyeusement. Milian part pour une
estocade entière, au prix d’une voltereta et d’une cornada qui se révèlera
peu grave. Tandis que le torero part vers l’infirmerie, la foule demande
une oreille, à grands cris. On doit accorder cette oreille. C’est le règlement.
La pétition augmente, le président continue dans son entêtement. Alors
les injures, alorsd les provocations, alors les outrances. Bronca
assourdissante, de plusieurs minutes. Puis l’incident « Andaluz »,
relaté plus haut. Une oreille est promenée sous les vivas, totalement déplacés,
et finalement balancée sur la présidence... Bon ! On dira, tout
simplement : C’est Vic !
|
|
|
|
NIMES : BELLE (PETITE) MATINEE... TRISTE SOIREE ! ! !
3 Juin : Nîmes a vécu un dimanche en
demi teinte. La corrida du matin a satisfait les toreristres et déçu les
toristas. On pouvait s’y attendre. Le soir, tout le monde est sorti en
traînant les pieds, « chemin de l’apéro ! » Otra vez
sera !
Le matin, cinq toros de Zalduendo,
« de taille réduite » et bons pour le torero, et un sobrero
de Victoriano del Rio, bien présenté et excellent – Joselito s’est
montré très décidé, ce qui est un exploit, par les temps qui courent.
Oreille pour le madrilène – Jose Tomas a donné grande faena au
Victoriano. Faena droitière, templada, seigneuriale. Le torero se fait
prendre sur une naturelle, sans mal, heureusement. Final par manoletinas
et une oreille. Le cinquième sera, comme le précédent, incommode, et la
volonté du torero ne passera pas – Triomphe de Sebastien Castella qui
coupe une oreille chaque fois et sort a hombros, « à la barbe des
grands ». Muy bien por Castella, que l’on voit toujours « fragile »,
mais qui sait être ferme et torero. Il faut lui donner du temps et des
toros.
Le soir, les Adolfo Martin ont encore déçu,
plus par leur jeu que par leur présence. La terna, composée d’Espla,
Denis Loré et Jesus Millan, ne put que se montrer volontaire, à divers
degré, et professionnelle.
|
|
|
|
MADRID : PEPIN LIRIA « LA MONTA » DEVANT
UN MANSO DE SAMUEL...
Enorme Pepin Liria, hier, à Las Ventas.
Une oreille coupée, une oreille de bronze. Une des plus méritées de la
feria, coupée à un manso très agressif de Don Samuel. Manso de haut
vol, qui s’arrêta et pietinna devant le capote de Pepin, qui s’enfuit
au moindre picotazo, et arriva cru à la muleta, après « un mitin »
des banderilleros. Faena dans la querencia du toro, très agressif, très
enracé. Faena vibrante, commencée en se doublant et en gagnant le toro,
là, dans les premières passes. Au premier derechazos, un arreon et la
corne dans la poitrine. Bon ! Pepin Liria revient
à gauche et y restera. Alliant intelligence lidiadora, vaillance
lucide, toreria et sens du spectacle, Liria, au ras des planches, donnera
quatre séries de naturelles vibrantes, certaines « en coup de fouet »,
d’autres, réellement templées, longuement conduites, le tout clôturé
de passes du mépris, de firmas, en regardant le public, droit dans les
yeux . Quand le métier se met au service de la totale sincérité ,
personne ne peut résister, pas même un manso. Le public appuya
totalement le torero et hurla de joie quand Liria porta une entière
« de guerrier », évitant la corne droite... parce que ce n’était
pas son jour. Le destin est aussi aficionado. « Oreille totale !»
Oreille de joie et d’admiration ! Oreille que l’on n’a pas
besoin de quémander, ou d’aller chercher au desolladero...
Après Séville, Madrid... Un Pepin Liria,
totalement relancé, et devant quels toros : Samedi : des Palha,
à Nîmes ; Dimanche : des Samuel, à Madrid ; Lundi :
des Cebada, à Vic. Et mercredi, allez, des Conde de la Corte, à Las
Ventas. Vaya semanita de Pentecostes ! Heureusement qu’il lui reste
le mardi... pour penser aux toros !
3 Juin
– Madrid (Las Ventas) – 22ème de Feria – Grand beau,
mais du vent, du vent – Lleno total : Corridon de Samuel Flores,
grands, beaux, musclés, bien armés. Au cheval, le premier ; A la
muleta les deux de Davila Miura. Le quatrième est manso, très mobile, très
agressif. Dans l’ensemble, la corrida était très sérieuse, parfois
impressionnante, mais toréable. Des toros qu’il faut convaincre, avant
de les vaincre. Le vent a beaucoup gêné les toreros, encore une fois.
Liria,
sérieux et volontaire avec le premier qui rompit le combat à mi faena et
partit a tablas. Bon coup
d’épée un peu tendu. Au quatrième...« la monto ! »,
coupant une oreille de vrai torero. Muy bien por Pepin Liria – Davila
Miura laissa passer deux toros de triomphe. Destemplado, forcé, sans
transmission, il distribua des tonnes de passes... et ne dit rien. Gros échec,
à peine estompé par une énorme estocade à son premier, quoique perdant
la muleta, dans l’embroque. Dans sa cuadrilla, Juan Montiel fut encore
précieux, à la brega – Juan Bautista a connu une très mauvaise journée.
Deux faenas fades, sans aucune sécurité, sans aucune autorité, devant
des toros très imposants, mais semblant permettre quelque chose. Mal
asunto ! A son actif, un quite salvateur à un banderillero
poursuivi, et l’estocade au sixième.
Ce 4 Mai... Planquez vous ! Les monteviejo arrivent.
Multicolores, bas sur pattes et armés comme ça, les autres Victorinos
vont sortir, bien décidés à faire du grabuge.... En face : El
Fundi, Ramos et Padilla ont intérêt à « s’accrocher aux
branches ». Madre mia !
|
|
|
|
« MONTEVIEJO... LE TORO QU IL VOUS FAUT... »
5 Juin : « Madame, si vous
voulez faire passer à votre
mari l’envie de lancer quelque oeillade coquine à votre jolie voisine,
n’hésitez pas... Monsieur, si vous voulez vous venger de votre
inspecteur des impôts et de son zèle « article 48, rectifié 53 »...
un seul cadeau : « Monteviejo... le manso qu’il vous faut... ».
Effet garanti !
Ah, il est beau, le Monteviejo... Tout
droit sorti des poussièreuses estampes de « La Lidia », il déboule
dans la plaza, ou sur l’écran de votre télé, et tous ensemble :
« Aaaaaah ! Qu’il est beau ». En bas, dans le callejon ,
les toreros sentent leur pomme d’Adam filer derrière les oreilles
« Oju ! Vaya un tren ! »
C’est vrai qu’il est beau :
Enorme, quoique pas si lourd que ça, multicolore, il réunit tous les
mots du lexique : Berrendo en
48 couleurs, calcetero chaussé de blanc, bragado, meano, il porte souvent
au front la petite étoile blanche du lucero, dessinée entre « un
par de petacos », lisez cornes, à vous faire battre tous les
records du cent mètres, à reculons. Vaya un toraco. Il sort comme un
diable, fait trois courses et, arrivant dans la première cape, freine des
quatre fers, sautille sur place, « regatea », et part en
torpille sur la première dorure qui passe. Il est beau le manso !
Alors, au cas où l’on n’aurait pas bien vu, il en sort six du même
gabarit, six du même acabit...
Alors que Don Victorino, tranquillement
assis dans le tendido, est le seul à pouvoir avaler son bocadillo, les
toreros, en bas, suent, crachent et tempêtent. Un respeto ! Du
respect pour tous les coletudos d’hier, en plaza de Las Ventas, à part,
peut-être, pour le picador qui massacra le sixième. Un grand respect
pour Ramos et Fundi, qui, avec leurs moyens, se mirent longuement devant
les toros, banderillant brillants, leur volant quelques quarts de passes,
sans savoir s’il seraient encore vivants à la sortie.
« Ah qu’ils sont beaux, les
Monteviejo ! »... En voyant tout cela, tout en écoutant la débandade
vicoise, on se dit que l’abono de la Feria 2002 peut, d’ores et déjà,
se vendre... Amis Vicois, en un seul mot : « Monteviejo, le
toro qu’il vous faut ! »
4 Juin – Madrid (Las Ventas) – 23 ème
de San Isidro – Llenazo et grand beau temps : Fracaso ganadero
de Victorino Martin, pour la présentation, en feria, de son deuxième
fer. Six monstres , « con estampa de Barcial, y muy mala leche ! ».
Toracos qu’il fallait lidier « sur les jambes » et tuer le
mieux possible. 1,2,4 et 5ème dangereux ; 3ème
plus potable, et 6ème très encasté. Casta... oui, mais... de
laquelle ? Le sixième fut massacré à la pique par Justo Jaen, aux
ordres de Padilla. Long puyazo en plein milieu du dos, puis un « 18
trous » interminable, dans la totale passivité du maestro. Barbarie !
El Fundi a été mieux que de coutume. On
le vit ferme à la cape, brillant aux banderilles, en particulier dans une
paire « de pundonor », après un premier échec, face au
cinquième. Il se montra courageux et sincère avec muleta et épée, même
s’il ne put rient tirer de bon. « S’en tirer indemne », était
déjà, en soi, un exploit. Le public garda un silence respectueux –
Jose Ignacio Ramos s’est battu. Banderilles en force, muleta en
bataille, le torero de Burgos s’est mis devant, « y trago ! ».
Celui qu’on attend toujours, avec l’épée, se balança sans hésitation
sur le morillo : Il pincha les deux, mais mit une entière magnifique
au cinquième, écoutant la seule ovation de la journée – Padilla eut
quelques détails, à la cape au troisième, aux banderilles, avec ses
collègues. Avec la muleta.. a defenderse. Il ne voulut pas voir le sixième
qu’il refusa de banderiller, et démolit d’un metisaca « au sous
sous-sol ». Le seul moment brillant de la tarde : Tiers de
banderilles au troisième, le Fundi et Ramos étant vraiment bien, mettant
Padilla dans l’obligation d’être mieux. Le Jerezano fut « superior »,
et l’ovation, énorme. Ce fut la seule d’une tarde
à oublier bien vite.
Ce
5 Juin : Les Guardiola,triomphateurs, l’an passé, pour Victor
Puerto, Rivera Ordoñez et El Juli.
|
|
|
|
VIC :
SE ACABO LA MANSADA !
Que dire de plus ? Ceux qui vont à Vic savent ce qu’ils
vont voir. Certains ont quelqu’espoir... D’autres vont se faire une
petite chaleur malsaine. Grand bien leur fasse.
Mansos dans le ruedo, mansos dans les gradins ! Muy bien !
Un filon qu’il ne faut surtout pas arrêter d’exploiter, puisque
« ça marche ! ».
Cependant, comme une petite lumière au
fond du noir tunnel, reste le souvenir des San Martin ! « Chapeau,
Monsieur Chafik... Gran quite les ha hecho Ud... à los de Vic ! »
Et en plus, ça rime !
Dernière corrida, dernière mansada, très
dangereuse, celle-là, de Cebada Gago, au point que les plus braillards se
mirent à raisonner un peu et à remballer leur hargne, leur bêtise.
Corrida impressionante de trapio et de mauvaises idées. Pas grand chose
à faire, sinon voler quelque muletazo .. y matar. Très digne Fernandez
Meca qui sera fortement applaudi. Ferme, sérieux, le français, malgré
sa lésion à la main gauche, mettant technique et volonté, là où toute
autre expression était impossible – Liria entendit une injuste bronca,
face à son premier, qu’il expédia en trois mouvements. Il reçut le
cinq à genoux, et le règla en bon professionnel, devant des gradins
soudain assagis. Silence – Jesus Millan fit ce qu’il put avec deux
cadeaux empoisonnés. Silence partout – La seule grande ovation pour El
Chano, banderillant le quatrième.
|
|
|
|
NIMES
FINIT « EN NOIR ».
La feria « du renouveau » s’est terminée hier sur un
toro « manso manso », du nom de « Batanero » qui
prend six refilonazos et finit,
banderillé de noir. Bien ! Cela fait partie de la lidia, et le
public n’a pas à protester ainsi un toro, parce qu’il est « manso
de libro »... Vaya aficion ! Les toreros ont été bien, Victor
Puerto l’attaqua et... à la fin, donna vuelta. Vaya aficion !
Corrida d’Alcurrucen, très décevante.
Six colorados, très inégaux de présence, et sans grand jus.Toros
maniables, mais sosos, fadasses, faiblotes. Nada ! Le cinquième
sautillait partout, le sixième fuyait son ombre.
Finito se trouva très beau, très bien.
Le public le trouva très beau et très « ch...schématique ! »
(Silence et bravos) – Manolo Caballero, long comme un jour sans pain. Il
tua bien le cinquième (Applaudissements baillés) – Victor Puerto mit
trois largas au troisième et continua à le « véroniquer »
à genoux, lui gagnant du terrain. Olé ! Faena à la fois sérieuse
et enlevée pour une oreille,
la dernière de cette feria qui a connu trois grands triomphateurs :
Ponce, Antoni Ferrera et
surtout Victoriano Del Rio, ganadero de Madrid, qui a lidié sept toros
dans cette feria, tous brillants, au point que l’un d’entre eux fut
gracié. Enhorabuenissima, Señor !
|
|
|
|
ALLEZ
DONC LES VOIR ET FAITES UNE PETITE PRIERE ! ! !
5 Juin : Les chevaux des Domecq sont en train de passer un
calvaire. Ils ne mourront pas, mais ne poseront plus jamais un sabot dans
un ruedo. Allez donc les voir, ils sont en photo sur mundotoro.com. En
aucun cas, il ne s’agit là de voyeurisme. Voir ces pauvres bêtes,
ainsi massacrées, retourne les tripes, et en dit long sur la folie des
hommes. Si vous ne nous croyez pas, allez les voir...
Les plus atteints ont pour nom « Airoso »,
« Maestro ». Ils sont sous respiration artificielle. « Deleite »et
« Coqueton » souffrent de terribles brûlures, ainsi que de
graves lésions aux yeux. Un spécialiste ophtalmo est venu de Paris, voir
ce qu’il peut faire... « Oleo », « Napoleon »,
« Jabato » et « Nebli » sont à peine moins
atteints. Que tristeza ! De son côté, « Marques » va
bien.
Que pena ! Pauvres bêtes, hier si fières,
si toreras ; aujourd’hui, si horriblement mutilées, sans oreilles,
dépecées vivantes, les yeux brûlés. Una canallada ! Les frères
Domecq sont démolis. Pas une question d’argent, bien sûr, mais
simplement le coeur qui caque, devant le spectacle des ces braves
compagnons des jours heureux. Una tristeza ! Un crimen !
Bien sûr, « ce ne sont que des bêtes ! ».
Mais, allez les voir, et si vous le pouvez, faites leur une caresse,
doucement...
|
|
|
L’HONNEUR D’UN TORERO... « EL JULI »
6 Juin : Il est cinq heures du matin,
Paris s’éveille, Madrid aussi. La clinique de La Fraternidad résonne
de ces bruits feutrés, de cette fièvre qui accompagnent les évènements
plus tragiques que d’habitude. Pourtant, dans chaque chambre, un drame
se joue, plus ou moins grave, plus ou moins prévu, plus ou moins controlé.
Mais aujourd’hui, les couloirs répèteront les mêmes questions :
« Où il est ? », « Comment il va ? ».
Des jeunes femmes, qu’elles soient malades ou infirmières, souriront
leur tendresse en murmurant « Pobrecito ! » ; des
mamans ébaucheront un sourire d’amour maternel... « Pobrecito ! »
Dans sa petite chambre, il aura passé la
nuit que passent tous les toreros dont les chairs ont, tout à coup, été
labourées par la corne du toro. Entre fièvre et délire, geignant de
douleur et de rage, maudissant le mauvais sort, se lamentant de n’avoir
pu continuer et couper les oreilles, murmurant sa soif de retour et de
triomphe, il vit des moments terribles. Il les connaît déjà, il peut
« les aguanter », comme le plus encastés des toros du mauvais
destin. Déjà, il pense à demain...Il
est torero, il est « un torerazo ! » Son nom...
« El Juli ». C’est encore un enfant, mais il est « todo
un hombre ! »
Pour moderne qu’elle soit, la clinique
de « la Fraternité » n’aura jamais l’image magnifique et
taurinement romanesque du « Sanatorio de los Toreros ». Là,
les odeurs de l’éther racontaient les exploits, les
moments de génie, les hauts faits d’armes de « gens du
toro ». Aujourd’hui, une figure du toreo repose entre l’accidenté
de la route, et l’appendicite aigüe... Liberté... Egalité... « Fraternité » !
Julian Lopez est tombé, hier, sur le
sable de la plus grande arène du monde. Il est tombé glorieusement,
blessé par un toraco de 627 Kgs, haut comme un camion. Il est tombé en
toréant de la gauche, de verdad. La cuisse gauche ouverte, un morceau de
chair pendant du trou béant, il essaya de se relever, de continuer.
Tandis qu’on l’emportait, le public se cachait les yeux. Impression de
terrible cornada. Celui qui, quelques moments avant, invectivait le
torero, fut soudain la cible de la foule désarçonnée. L’angoisse
imposait un coupable...
« El Juli », à 18 ans, est déjà
de ceux qui, dans l’histoire taurine, rejoindront les Joselito
« El Gallo », Luis Miguel Dominguin... Nous ne le voyons pas
ainsi, mais nos petits enfants, futurs aficionados des années 2050, le
liront dans leur « Cossio électronique », tout en parlant du
nouveau « Torocop » et de son épée intersidérale...
« Il y a longtemps, vers 2001, il y avait un torero... On
l’appelait « El Juli » ». Sidérant !
18 ans et tout l’honneur du Toreo !
« Chapeau, Monsieur Juli ! « Que descanse, que se ponga
bueno ! » L’Histoire continue. La vôtre ne fait que
commencer... »
5 Juin
– Madrid (Las Ventas) – 24 ème de Feria – No hay billletes –
Beau temps – Vent : L’atmosphère est lourde. Déjà, des voix
discordantes dans les tendidos. Certains miaulent
à l’apparition des taureaux... Mauvaise foi ! Mala leche !
La corrida est de présentation irréprochable : Trois Guardiola
Fantoni (1, 4 et 5ème)
et trois de Guardiola Dominguez (2, 3 et 6ème). Les Villamarta
sont là. Pas faciles, encastés, ils ne tomberont pas. Les « miau
miau » du Tendido 7 ne sont qu’aigres diffamations de quelques
« amargados de la vida »... On les plaint ! Corrida
difficile, demandant technique lidiadora et courage. Si, de plus, on
ajoute toreria, personnalité, on aurait pu aller vers le triomphe, en
particulier avec le cinquième, excellent. Le Juli s’en allait vers un
nouvel exploit, mais le sort en voulut autrement.
Le toro « Anglo », 627 Kgs »,
de Guardiola Dominguez, mit un coup d’arrêt à la corrida. Le Juli
avait été presque parfait : Bien à la cape, très attentif à la
lidia, il avait sauvé son picador Salvador Herrero, mal tombé à la
deuxième rencontre. Au quite, le Juli avait soulevé toro et public, par
de grandes tafalleras. Les banderilles, sur le piton droit - (Il n’ose
pas encore « partir à gauche », dans les grandes occasions,
mais cela viendra) – avaient été applaudies, sans histoire. Avec la
muleta, firmeza et intelligence.
Toro « tête haute », torero « bien dans sa tête »....
Tout indiquait le succès imminent. Puis, l’horizon bleu se déchira...
Dans une naturelle, la corne suivit un instant la muleta, et tout à coup,
obliqua droit dans la cuisse gauche du Juli. Le piton entra, pénétra la
chair, ressortant de l’autre côté, envolant le corps du jeune diestro
dans une vilaine cabriole. Tout le monde hurla, sur les tendidos, devant
les télés... Les mains sur la tête, au point de se sentir mal, comme le
père du torero, dans le callejon. Una cornada de caballo ! Cela va
si vite, et si lentement... Tous se précipitent sur le corps que vient
d’abandonner, enfin, le toro. Tous au quite, tous au secours. Les collègues,
les peones, le mozo de espada et, claudiquant, « El Soro », toujours torero, qui évitera que le jeune blessé,
inanimé, n’avale sa langue... Sur la cuisse gauche, un trou béant
d’où s’échappent des lambeaux de soie et de chair... Sale impression !
La blessure ne saigne pas beaucoup, mais... sale impression.
La corrida ne s’arrête pas là, mais,
le ressort est cassé, d’autant que les nouvelles n’arrivent pas vite,
depuis l’infirmerie. Victor Puerto a été bien, en torero « de tête
et de coeur ». Il connut son moment de gloire, face au bon cinquième :
Début de faena à genoux, continuant ainsi, « toréant vraiment »
trois derechazos. Puis, debout, une passe changée dans le dos. Vaya !
Hélas, la faena connaîtra un passage à vide, le toro baissant, en même
temps que la superbe du torero. Les dernières séries et les adornos
toreros ne permettront pas l’ultime réconciliation, et demain, on dira
« Victor Puerto... Bien, mais il a laissé passer le cinquième... »
Rivera Ordoñez va mieux, mais... Torero
au répertoire bien trop court, aux gestes bruques, à la moue peu
engageante, il n’arrive pas à transmettre au tendido, cette force,
cette caste, ce courage sec, que lui a transmis son père. Larga à
genoux, quite un peu embrouillé, quelques naturelles bien tirées, parmi
d’autres « forcées »... Difficile de s’y retrouver. Il
dut prendre trois toros et le fit en torero et en vrai matador de toros.
Certes, cela ne soulève pas la foule, mais son actuacion reste pleine de
dignité. Attendre encore...
Le public balança, toute l’après midi,
entre « palmas y silencio », Victor Puerto entendant une
ovation au cinquième. En fin de corrida, le bulletin médical disait :
« El Juli présente une cornada de pronostic « peu grave »
et des coups « partout ». Blessure de 20 cms d’extension au
triangle de Scarpa de la cuisse gauche, la corne déchirant la peau, les
tissus subcutanés, et arrachant le muscle antérieur. Elle frôle les
vaisseaux principaux sans les toucher. La blessure est très
spectaculaire, très sale, pleine de terre et de débris divers. Opération
sur place et transfert à La Fraternidad ».
Pronostic « menos grave »,
mais Le docteur Maximo Garcia Padros veille ! On attend les réactions
du blessé et quelque imflammation possible. Todos toreros ! « Que
se ponga bien Juli, Matador ! »
|
|
|
|
DEUX CHEVAUX S’EN SONT ALLES...
Madrid – 6 juin : Hier, deux des chevaux des frères Domecq,
horriblement blessés samedi soir, ont succombé à leur graves lésions.
Il avaient pour nom « Maestro » et « Coqueton ».
Le souffle de l’explosion, les flammes, le fumée, la chaleur, avaient
brûlé leur trachée, leurs bronches.. Tout « à l’intérieur »
était à vif. Les pauvres « avaient respiré la mort »...
Voilà, c’est fini ! Ils sont partis « toréer les nuages »,
enfin en paix, loin des hommes, à la fois, « si bons et si cons... »
|
|
|
|
TOLOSA...AFICION
Y « AMISTA... »
Quand Juin arrive, on
s’y prépare... On sait que, dans quelques jours, on se retrouvera, pour
de vrais et bons abrazos, loin des faux semblants, loin des regards tordus
et des mauvais sourires. Ici, « fuera mariconadas ! »,
les hommes sont durs et les poignées de mains font grimacer ! Mais
pour une fois, en se massant les cartilages, on est vraiment heureux,
contents d’être « entre amis ». Quand Juin arrive, on a
rendez vous à Tolosa.
|
 |
La plaza est comme les hommes : sévère, à
l’extérieur, presque « peu engageant »... Mais à l’intérieur,
elle est comme « l’âme basque », quand on y est entré :
solide, fière, forte et douce à la fois.
Le soleil en éclaire les tendidos. Tout est bien
rangé. La contre barrière est de blanc et vert égayée. Ils sont fièrs
de leur plaza. Comme ils ont raison... ils l’ont reconstruite, presque
pierre par pierre, et lui ont redonné le lustre d’antan. Maintenant,
reste à lui donner cette « catégorie » que toute plaza, même
de troisième, essaie d’atteindre. Alors, chaque année, en toute
aficion, avec sérieux et pleins d’espoir, ils imaginent, pèsent et
soupèsent le pour et le contre, cherchent dans leur mémoire, les
encastes les plus favorables, les cartels les plus « redondos »...
Ils ne sont pas riches, font et refont leurs calculs, la tête pleine de
questions. Mais quand arrive l’heure du paseo, pour peu qu’il fasse un
peu soleil et que le tendido soit bien rempli, ils sourient et vous
« embrassent vraiment ». Ils sont comme ça, ceux de Tolosa,
et c’est un vrai plaisir de les retrouver, en toute aficion, en toute
amitié, même si l’on sait bien que la corrida ne sera pas « de
las de Madrid »... Et l’on ne demande pas ça, d’ailleurs .
Personne ne s’y est trompé, surtout pas les Peñas
et clubs Taurins « du Nord », qui font le déplacement de
Tolosa, pour une journée de bonne gastronomie, de bon vin et de grande
amitié, toute simple, toute vraie, comme une bourrade qui accompagne le
« on est content de vous voir ».
Cette année, Tolosa reste
fidèle... Le Juli vient de tomber. Dommage ! Il revenait, avec ceux
qui, l’an passé, avaient donné le meilleur d’eux mêmes :
Eugenio de Mora, Bautista, Abellan. C’est un coup dur. Espérons que
ceux qui ont réservé ne renonceront pas.
Tolosa, deux jours de corridas, les 10 et 24 Juin ;
un grand concours de recortadores, le 17 Juin, et , tout autour de la San
Juan, des animations, de la musique et de la joie dans les rues. Asi es
Tolosa ! Asi de sencillo... Aficion y amistad...
Dimanche 10 Juin : Toros d’Alcurrucen, qui
avaient donné grand jeu, l’an passé, pour Abellan, Javier Castaño et
le remplaçant du Juli. Y aura t’il un vétéran « devant » ?
Y aura t’il « un autre jeune » ? On va le savoir très
vite.
Dimanche 24 Juin : Les Jandilla de Fuente
Ymbro, pour Jesulin, qui revient à Tolosa, Eugenio de Mora, le
triomphateur total de l’an passé, auteur d’un des grands moments de
la présente San Isidro, et Juan Bautista, qui fut « énorme »,
en plusieurs moments, l’année dernière. (Voir Temporada 2000 et
galeries photos 2000)
Tolosa - Renseignements et réservation – Téléphone 00 34
616 339 894 et Fax : 00 34 943 65 51 22
Tolosa et son site internet : http://www.geocities.com/torostolosa/indice.htm.
On peut aussi louer à l’Office du Tourisme de
Bayonne : 05 59 46 01 46
Bon voyage ! Bonne route ! Bonnes corridas !
|
|
|
|
« LAISSER PASSER » UN TORO...
7 Juin : C’est une drôle
d’impression. Tout en étant très humble, sachant
qu’on n’oserait même pas « penser à faire le paseo »...
Tout en gardant le plus grand respect pour le torero, on a un drôle de
sentiment. On est aficionado, on a quelque connaissance, quelqu’idée de
la technique... On connaît le torero en piste et ses capacités, son
immense courage. Alors, quand il rentre au burladero après « la
faena qu’il n’a pas faite », on a du mal à lui sourire
vraiment, et même le « enhorabuena » des copains sonne faux.
« Estuvo muy bien ! » essaient de se convaincre ceux qui
doutent, mais ne peuvent expliquer pourquoi. Un malaise ; « des
entournures » qui gênent un peu...
« Estuvo muy bien ! »
martellent les pros... Pourtant, on est loin du « Aayyyy señor, que
bien estuvo ! ». Du coup,on s’en va, des questions plein la tête...
« J’ai l’impression qu’il a été « en dessous »...
Quelque chose a du m’échapper ! ».
Alors, on rentre et l’on s’attable. La
tête encore bourdonnante, on se met à déguster le petit plat que sa
femme a fait mijoter avec amour, tout en râlant un peu parce qu’on
arrive à dix heures du soir, depuis 25 jours... «C’est bien bon...
pourtant, il manque quelque chose ! », mais on ne peut dire
quoi... Alors on se tait, on mange, et on lui fait un énorme bisou...
« Que bueno ! »
« Señor Pepin Liria... allez savoir pourquoi, on a l’impression
que vous avez laissé passer un toro, hier, à Madrid... mais bon, quelque
chose a dû nous échapper... Alors, « Estuvo muy bien »....
6 Juin
– Madrid (Las Ventas) – 25 ème de la San Isidro – Plein –
Beau temps : On ne retrouve plus les Conde de la Corte. Ni dans leur
trapio, ni dans leurs défauts et qualités d’antan. C’est à la fois
bien mieux et « plus
pire ! ». Souvenez vous... 1968 : Ordoñez confirme
l’alternative de Miguel Marquez. Les deux triomphent, et de quellle manière,
devant un corridon du Conde de la Corte. Du trapio à revendre, des pitons
droits vers le ciel, veletos. Des « cages », imposantes, mais
souvent des pattes bien faibles. On les appelait « les colosses aux
pieds d’argile »... Ils sont tombés bien bas, mais remontent la
pente, doucement. Ils ne tombent presque plus... ya es algo !
Cependant, les idées sont loin d’être claire, et la noblesse
qu’impose le nom semble vouéé aux oubliettes... « Monsieur le
Comte, vos toros sont devenus des spadassins à la solde de quelque prince
noir, qui vous attendent, la nuit, au coin d’une ruelle trop noire...
Pouah ! »
Trois du Conde de la Corte (1,3, 6ème),
mansos au cheval, très difficiles à la muleta, sachant « ce
qu’il laissaient derrière eux », prenant une passe, deux peut-être,
essayant de planter le torero, et de vilaine façon, à la troisième. Du
Sentido, et de la force. Media casta y mala leche ! Le 4ème
était un remplaçant de Sanchez y Sanchez, très armé, « manso y
manso »... Restent deux toros de Maria Olea, sortis 2 et 5ème.
Ils sont « de la famille de Monsieur le Comte... » et lui restèrent
fidèles, surtout le cinquième. Mais, manso au cheval, le deuxième
arriva fort à la muleta, et , vaincu, convaincu par les doblones de Liria,
se mit à venir droit et long, répétant noblement ses
charges, déclenchant au moindre toque. Un grand toro, semble t’il...
mais...
Mais, Pepin Liria, torero de Cehegin,
guerrier décoré de mille médailles héroïques, se mit à le toréer,
montrant à tous la qualité du bicho. Sa première série, quoique forcée
et perfilera, mit l’eau à la bouche. Il se redressa un peu au début de
la seconde, mais la termina en tire bouchon. On se dit « Nada !,
c’est pour maintenant ». Une autre série, à droite, et un joli
pecho... puis des naturelles, rapides, fouettées...Des applaudissements
crépitent, puis baissent d’intensité... Les passes se succèdent,
souvent bonnes, mais « la faena » ne vient pas... Liria tua
d’une demie très tendue et d’un descabello « sans bavure ».
Le public lui fit ovation, mais beaucoup se posaient la même question :
« Que paso ? » Le cinquième était un « fer à
repasser » ambulant, et Liria ne mit pas la vapeur. Mal à l’épée,
picotant sept descabellos.
Oscar Higares débuta bien, et finit mal,
comme souvent. Pour excuse, la sale cogida que lui infligea le toro
d’ouverture, qui changea dès les premières séries, retournant sec,
s’arrêtant dans la suerte, la tête aux épaules du torero. Au sortir
d’une naturelle, Higares est pris, s’envole, tombe méchamment. Le
toro le piétine consciencieusement et s’asseoit dessus. La suerte du
rouleau compresseur ! Sonné, aplati, roué de coups, le torero revient au combat. Rien que pour
cela, admirable. Le quatrième, au sortir d’une passe, lui écrase le
pied, faisant trébucher Higares qui roule et se sauve. Pas à dire,
Higares, au cours de cette corrida, « n’a pas pris son pied »,
et nous non plus...
Padilla a eu deux moments toreros, face à
deux carnes. Les deux dernières paires de banderilles au troisième levèrent
des ovations et quelqu’espoir, d’autant que le Jerezano fit un joli
brindis au Juli, via les micros et caméras. Mais il fallut vite déchanter,
le toro tournant court, et le torero restant à court d’idées. Face au
sixième, le Cyclone de Jerez « souffla un peu », laissant
tomber sans autre forme de procès. A la sortie, on dit qu’un aficionado
lui en fit reproche. Les membres de sa cuadrilla ont eu, dit on, beaucoup
de mal à maîtriser la caste que Padilla n’avait pas eu dans le ruedo...
Mais ça, c’est des « on dit »...
Ce
7 Juin, corrida de Cuadri... Le Zotoluco mexicain arrivera, accompagné
d’Efren Acosta, son picador qui, une fois réglées ses affaires avec la
Justice Espagnole, pourra démontrer « el buen arte de picar un toro ».
On en a besoin. A leurs côtés : Manolito Sanchez et El Tato, qui
ont besoin de relancer « les réacteurs ».. (Petite allusion
à une reseña de Georges Dubos, en 1970, à Mont de Marsan, où il
parlait de Damaso, face aux « Cuadri réacteurs »)...
|
|
|
|
CAPTIEUX... L’OVALE ET LE ROND...
Fête du Rugby et du Toro, les 9 et 10 Juin
à Captieux... Ils ont toujours fait bon ménage, donc, pas étonnant de
les trouver « al alimon », en terre landaise.
Rugby, le Samedi, avec des anciens qui
jouent, des filles qui en décousent (« planquez vous, cela va faire
du rafut ! »), et le soir, au coin d’un petit rosé ou d’un
ricard, finale du championnat de France, sur grand écran. Convivialité,
rugby passion, aficion....Grande soirée en perspective.
Le lendemain, c’est de toros qu’il
s’agit. On remettra le « Traje de Oro 2000 » à Julien
Lescarret. Bien, mais que cela ne lui tourne pas trop la tête, « como
a otro que yo me sé »...
Puis, le soir, Novillada piquée. Un joli
cartel : Novillos de Pedres, que les aficionados du Paul Ricard, ont
distingués comme les meilleurs, l’an passé. Pour le Affronter :
Luis Vital Procuna, portugais de
haut vol, brillant à la cape, excellentissime aux banderilles, ayant fait
de gros progrès à la muleta, comme démontré à Madrid – Julien
Lescarret, « qui avance » et fort bien. Nîmes vient de lui
faire triomphe et du coup, « on passe à la taille au dessus ».
Suerte, car, quand on aime bien, on exige bien ! – En troisième,
Salvador Vega, qui se présente en France. Une méchante cogida l’a privé
du Trophée des novilladas de San Sebastian, en mars, mais, il est torero
à voir absolument. Double personnalité du Malagueño, capable de
toréer très, voire trop, technique, faisant penser un peu à l’Espartaco
des années 90 (un peu « fuera de cacho », un peu de pico, un
peu retorcido, mais, on « fait passer » 99% des toros), puis,
soudain capable de totalement se relâcher, sculptant sur place de
magnifiques et lentes arabesques.
Salvador Vega, à découvrir ou à revoir. C’est à Captieux, et
c’est pour dimanche.
|
|
|
|
EN BREF.... EN BREF.... EN BREF....
7 Juin : El Juli se remet, mais cela
prendra plus de temps que prévu. Pour le moment, intenses douleurs et
problèmes à quelque vertèbre. Ce qui inquiète : la masse
musculaire et la peau arrachées par le piton. Un greffe sera nécéssaire,
puis, il faudra reconstruire tout cela... On parle de 25 jours. Pour le
commun des mortels... un an , et encore... avec une jolie kiné !
7 Juin : Morante de la Puebla
remplace le Juli, samedi à Avila et dimanche, à Tolosa. Que bueno !
7 Juin : On parlera de la Corrida de
la Bienfaisance. Cartel modeste, quoique respectable : Encabo,
Ramirez et De Julia, face aux Victorinos de monsieur Martin... Attention,
c’est là où l’on va voir si, « hors abono », Don
Victorino est capable de remplir Las Ventas...Apostamos que no !
7 Juin : Jose Tomas va être fixé
sous peu. L’acte d’accusation est signé, et il n’est pas piqué des
vers : Refus de combattre, provocation, désobéissance à l’Autorité...
Son « coup de stromboli » du 1er Juin 2001 peut lui
coûter, en plus de quelque mépris, beaucoup d’argent, et
l’interdiction de toréer, pendant quelques heures... Après la lumière,
on passe à l’ombre... L’important est de ne pas y rester.
|
|
|
|
LES CUADRI FREINENT ACOSTA...
8 Juin : « Oui, bon... pas
terrible comme jeu de mot ! » Mais on peut le tenter,
d’autant qu’il résume assez bien la corrida d’hier, en plaza de
Madrid, où faisait sa réapparition le fameux picador mexicain, Efren
Acosta, héros de la dernière feria de Otoño.
En délicatesse avec la Justice Espagnole,
il s’était fait attendre, et avait perdu l’occasion de briller,
notamment à Séville, devant les Miura. Aux ordres du Zotoluco, Efren
Acosta revenait à Madrid, et, face aux Cuadri, « on allait voir ce
qu’on allait voir... ». La feria souffrait autant de mille puyazos
traseros, que le Giro d’Italie, de « kilos de tricherie » en
tube. Il était temps de mettre de l’ordre dans la maison !
Efren Acosta, légende vivante du « buen
arte de picar », sortit au quatrième. Comme auparavant, il cita le
toro, pointe levée au ciel. Comme auparavant, il aguanta la charge,
superbe, se campa sur ses étriers, visa... et la puya tomba au milieu du
dos. Traserisimo, le puyazo du ténor méxicain... Du style « Tu la
vises... et tu la manques ! » Dans le callejon, ou devant les télés,
les « collègues picadors » se marraient doucement et « s’en
reservaient une » à la santé du toro qui joua ce bon tour à celui
qui ne s’était privé de les brocarder, en octobre dernier. Un Cuadri
l’a ramené à plus de modestie... En somme, une sorte de « efrenazo ! ».
De fait, ce sera le point d’orgue
d’une corrida qu’on prévoyait dure, mais qui ne le fut pas, les
Cuadri sortant, pour la plupart, nobles et faibles... Décidément, on ne
sait plus à quel saint se vouer... Le grand picador « carioque »
à tout va ; les mastodontes jouent les enfants de coeur ! Le
premier de la tarde fut un grand toro, à prendre au sérieux, quand on
distribuera las prix et trophées. Son nom : « Olé-olé » !
Faut le faire ! Oui vraiment, les temps changent. Que podemos hacer ?
7 Juin
– Madrid (Las Ventas) – 26 ème de la San Isidro – La plaza ne
s’emplit pas – Tarde agéable : La corrida de Cuadri est sortie,
bien présentée mais trop lourde. Plusieurs toros furent protestés, mais
aucun ne fut changé, et c’est bien ainsi. Montrant quelque faiblesse,
les Cuadri surent « se tenir », trois d’entre eux se révélant
nobles et brillants (les 2, 4 et 5ème),
le premier « Olé-Olé », de 540 Kgs, frôlant la grande
classe.Le mauvais sort s’acharna sur El Tato qui réussit à tirer les
deux carnes, dans un même lot.
Très bon début de faena du Zotoluco,
face au grand premier. Un peu « secoué » par les
protestations du tendido rebelle, le diestro mexicain reprit le dessus et
fut remarquable, tant que dura le toro. Deux grandes séries, sur les deux
mains. Avec temple, cadence, « à fond le vibrato ».. Puis, le
torero flotta un peu, et le toro baissa de ton, tout en gardant sa grande
noblesse. Zotoluco donna encore deux grandes naturelles, mais sa faena
n’a pas décollé. Après un pinchazo et une entière basse, il salua
une ovation percée de quelque désaccord strident. Dommage. Après l’échec
de son picador, Zotoluco se montra plus fade, face au quatrième, qu’il
descendit en six passages bien bas, écoutant... le silence – Manolito
Sanchez tua bien, ce qui est rare, chez le blond de Valladolid.
Malheureusement, et une fois de plus, « apunto... pero no disparo ! ».
Toujours de bons détails, toujours quelque muletazo de haut vol, puis, on
redescend pour un triste quotidien. Silence au deuxième, division des
opinions, face au bon cinquième – Tato n’eut pas de chance au sorteo.
Le troisième, qu’il reçut magnifiquement à la véronique, finit
reservon, tête en l’air, par moment très violent. Le sixième propulsa
en l’air le picador José Benitez et faillit le mettre sur orbite... Tato esssaya bien
d’endiguer ses mauvaises intentions. Il lui en coûta un méchant vol
plané. Silence sur toute la ligne pour l’aragonais, bien mal payé de
ses efforts.
Ce 8 Juin, « l’avant dernière »,
avec les fameux toros de Doña Dolores... Grands, pointus, indisciplinés,
ils peuvent vous faire couler, ou vous emporter au ciel... A part le Juli,
les « figures », qui avaient parié sur « le geste »
de prendre « du dur », pour cette San Isidro, se sont plantées,
et de quelle façon ! Voir les « aventures de Saint Tomas... ».
Avec un seul contrat, face aux toracos de la Dolores, voici Enrique Ponce
qui fait son pari... En grande forme, plus technique, mais plus libéré
que jamais, Enrique Ponce peut « renverser » la feria. On le
lui souhaite. L’accompagneront : Juan Mora, dont on attend toujours
quelque joli mot, au milieu de grandes phrases vides, et Eugenio de Mora,
qu’on aura plaisir à voir, après sa blessure et son triomphe du 22
Mai. A rematar la Feria. Ne pas oublier que, de bon ou « mal gré »,
Eugenio de mora est le seul torero à avoir coupé deux oreilles à un même
toro, au cours de cette feria 2001. Suerte !
|
|
|
|
BAYONNE
... BAYONNE... |
 |
8 Juin : Présentation des cartels de
la saison 2001, en plaza de Bayonne. A l’heure où le soleil sera au zénith,
ou presque, la plaza de Lachepaillet écoutera avec attention, la liste de
ceux qui la feront vibrer, cet été.
Fête nationale et la corrida « en
bleu blanc rouge » - Fêtes de Bayonne et les toros « de fuego » !
- Fête de l’Assomption et deux corridas encadrant « l’autre »
tradition taurine - Puis, le feu d’artifice final, avec les deux courses de
Septembre, authentiques cartelazos, les hommes et les toros se pertageant
la grande affiche. De quoi vous laisser « baba ! ».
Normal, on est à « Ba Bayonne... »
Bien entendu, et contrairement à
certains, on ne déflorera aucun petit secret, mais d’ores et déjà, on
sait que plusieurs cartels valent le déplacement. Mais chhttt, pas un mot
au Roi Léon !!
Annoncés « entre midi et deux »,
les cartels seront à votre écran, le temps d’un apéro et de quelques
mots d’amitié ! Santé !
Cartels annoncés :
Samedi 14 Juillet (18
heures) :
Novillada de Ana MARIA BOHORQUEZ pour Javier VALVERDE-
Julien LESCARRET -César JIMENEZ
Dimanche 15 Juillet (18 heures) :
Corrida de SAN MARTIN pour Richard MILIAN – Stéphane
FERNANDEZ MECA - Sébastien CASTELLA
Samedi 4 Août (18 heures) :
Rejoneo : Toros de Benitez CUBERO pour Leonardo HERNANDEZ -
Pablo HERMOSO de MENDOZA - Alvaro MONTES
Dimanche 5 Août (18 heures) :
Corrida de Cebado GAGO pour Juan Jose PADILLA - Antonio
FERRERA - Francisco MARCO
Dimanche 12 Août (11 heures) :
Novillada sans picadors de Erales de Santafé MARTON pour Curro
REYES - Jonathan VEYRUNES - Manuel ESCRIBANO - David GALAN
Dimanche 12 Août (18 heures) :
Corrida de ATANASIO FERNANDEZ pour Enrique PONCE - Juan
BAUTISTA - Javier CASTANO
Lundi 13 Août (22 heures) :
L'Andalousie à cheval
Mardi 14 Août (22 heures) :
Corrida Basco-Navarraise
Mercredi 15 Août (11 heures) :
Novillada sans picadors de Erales de Santafé MARTON pour Fernando
CRUZ - Antonio RONQUILLO - Curro LUNA - Rafael VIOTTI
Mercredi 15 Août (18 heures) :
Corrida de Javier PEREZ TABERNERO pour Manuel CABALLERO -
Victor PUERTO - Eugenio de MORA
Samedi 1er Septembre (17 heures 30) :
Corrida de Luis ALGARRA pour Curro VAZQUEZ – Jose TOMAS -
EL JULI
Dimanche 2 Septembre (11
heures) :
Finale des novilladas sans picadors : Erales de la
Ganaderia de l'Astarac pour les deux triomphateurs du mois d'Août
Dimanche 2 Septembre (17
heures 30) :
Corrida de Victorino Martin pour Stéphane FERNANDEZ MECA -
Enrique PONCE - Miguel ABELLAN
|
|
|
ENRIQUE PONCE A FAIT SA
« B.A »....
9 Juin : Que dire d’autre ?
Plutôt que d’être méchant avec la « Señora Ganadera »
que l’on respecte pour sa classe et sa gentillesse, mais qui devait
bien, un jour, vivre l’envers de la médaille du snobisme qui entoure
ses toros... Plutôt que de faire un long compte rendu des essais voués
à l’échec des toreros face à « une saleté imbuvable »,
on dira seulement que Enrique Ponce, « figuron dela Toreo »,
que Madrid doit absolument démolir d’entrée, parce qu’il est
« Figuron del Toreo », est venu, a fait sa B.A, sa bonne
action, comme un bon scout, et s’en est allé triompher ailleurs,
faisant des gestes d’en d’autres plazas, où on le respectera, où on
le laissera toréer, par exemple, à Valencia ou à Bayonne, devant les
Victorino Martin....
Madrid a toujours « monté les
toreros », pour mieux les démolir ensuite... Seulement voilà,
« il faut » venir à Madrid... Tout comme d’autres toreros
du haut diu panier, Enrique Ponce a, cette année, fait le choix de passer
par Madrid en s’affichant devant une corrida dure...
Un mauvais moment à passer, mais, en fin de compte, il vaut mieux
cela que de se faire siffler en toréant bien un toro dit « commercial »...
Techniquement, un torero comme Enrique
peut « s’envoyer » tous les mansos de la Dolores, (et il y
en a plusieurs wagons »), et, on ne sait jamais, parmi ces moruchos,
l’un pourrait tout à coup « se laisser », donnant une
dimension importante au toreo du valenciano. Alors, partout on ne
parlerait que « de la faena de Ponce « avec le Dolores Aguirre ».
C’était un pari, comme celui de Joselito, comme celui de José
Tomas...Eux aussi pensaient que peut-être, malgré la mauvaise qualité
probable des Partido de Resina, ou des Adolfo Martin, il pouvait y avoir
un miracle, et que peut-être, on allait parler de « la faena de
Joselito, en 2001, avec le Pablo Romero », ou « du monumental
moment de Tomas, devant le toro de « Don Adolfo »...
Ils ont parié, ils ont perdu... Surtout
Jose Tomas, qui a, d’un coup, « plus que perdu », en
affichant un profond mépris de sa profession et du public... Sinverguenza !
Voyons donc comment il s’en sortira. Comment traitera t’on un grand,
quand on voit comment est traité un modeste... Jose Antonio Canales
Rivera vient d’être condamné à une multa de 2 millions de pesetas
pour avoir refusé de tuer un toro, dans une plaza de troisième catégorie...
Combien pour José Tomas, à Madrid, devant le Roi et le monde entier ?
Joselito a aussi perdu, mais sans grand dommage. Il a été comme
on pouvait s’attendre à le voir. Il a été « presque mieux »,
en particulier avec les Pablo Romero.
Hier, Enrique Ponce a été digne et
torero. Madrid l’a sifflé, mais sans sadisme, tout en se disant...
« Bon, on va un peu le mettre en boîte, mais au fond, c’est un
sacré torero et même avec ces carnes, impossibles, il est drôlement
bon, serein et en un mot, torero ». Alors, malgré l’ambiance,
Ponce est venu, a tiré de belles lignes avec ses deux mansos et s’en
est allé ailleurs...
Pendant ce temps, un jeune garçon de 18
ans, « torerazo » magnifique triomphateur de la San Isidro,
est rentré chez lui, endolori, la cuisse gauche arrachée par un
Guardiola, après avoir obligé Madrid à se découvrir devant sa toreria,
son courage, sa volonté de triompher... On l’appelle « El Juli ».
Enrique Ponce n’a pas triomphé. On
pouvait s’y attendre. Il est passé
par Madrid, qui a oublié ses gestes, et ses « gestas »
(« le Sepulveda » de 94, « le Valdefresno » de
96...), et préfère le siffler, dès le paseo... Il est passe, a fait sa
B.A, et s’en est allé, comme « un bon garçon », bien éduqué,
et immense torero...
Côté ganado, la réputation surfaite des
Dolores Aguirre devait un jour éclater au grand jour. C’est fait :
quelle saleté ! Mansada total, en cinq épisodes, sans présentation,
sans aucune classe... Ne parlons pas de caste, voulez vous... Ou alors, de
media, ou de mala... muy mala !
Des espèces d’autobus balourds, qui se baladent dans tous les
sens, d’un air couillon, prenant un puyazo par ci, menaçant un
banderillero par là, prenant ici trois muletezos suivis, on ne sait
pourquoi, avant de « pegar un arreon de mucho cuidado », là,
au moment où personne ne s’y attendait. Quelle m.... ! Pour le
coup, un Victoriano del Rio, remplaçant renfort, sorti deuxième, se mit
au diapason...
Donc, la reseña de cet avant dernier
festejo de la Feria de Madrid 2001, ne mérite que trois lignes, et un
immense respect pour les hommes qui ont fait le paseo et ont « aguanté
le temporal », chacun selon ses moyens, chacun selon sa classe :
Juan Mora, en provocateur ; Enrique Ponce, en vraie figure du toreo;
Eugenio de Mora, en jeune promesse sortant de blessure, qui fit ce qu’il
put devant deux carnes impossibles, au prix d’une voltereta
dangereuse... Reprendre l’épée dans ses conditions... un bon moyen
pour perdre le sitio.... Espérons qu’il n’en sera pas ainsi et que
cette corrida ne sera qu’un triste épisode, vite oublié...
« Si vas a Calatayud
(o a Bilbao )...ya no vale la pena preguntar por la
Dolooooores.... »
8 Juin :
Madrid (Las Ventas) – 27ème de Feria – Llenaaaaazo !
– Du vent, toujours au mauvais moment : Cinq saletés de Dolores
Aguirre, hautes, destartaladas, mansos fuyards et imbéciles spadassins.
Un Victoriano del Rio, sorti deuxième, qui tourne au vinaigre. Pouah !
– Juan Mora : sifflé au premier, arracha quelques muletazos sur
les allées et venues du quatrième. Du coup, en profita pour faire un
bras d’honneur au tendido des chèvres... Ce qu’elles n’apprécièrent
pas...bèèèèèè voyons ! – Enrique Ponce : Technique,
torero, même en descendant le ciquième d’une méchante atravesada. Il
essaya d’intéresser, à la fois les toros et le public, et sen sortit
très dignement, malgré les opinions qui, chaque fois, se divisèrent –
Eugenio de Mora ne put
qu’essayer de reprendre ses marques, en rentrant de blessure, à Madrid,
devant deux « impossibles ». Il se fit prendre et « finit
en bambinette » (traduisez, le bas ventre pudiquement caché, grossièrement
enveloppé de bandages) Cela aurait pu être beaucoup plus grave. A l’épée,
« il s’est souvenu » de la dernière cornada. Espérons
qu’il oubliera vite, comme nous tous, cette saleté de « non
corrida »...
Ce samedi 9, Victorino se joue la première
moitié de sa peau ! La seconde, ce sera pour la Bienfaisance. Est
mal barré, don Victorino : Madrid se rappelle de sa mauvaise sortie
de la Feria d’Automne, ratifiée quelque jours plus tard par la
catastrophe de Zaragoza.... Madrid n’a pas apprécié le Victorino de la
corrida de la Presse, dont « le manque de tout » a fermé la
Grande Porte au Juli, alors que, pour une fois, le grand public était prêt
à l’ouvrir pour lui... Madrid a entendu parler de la provocante
moruchada de Nîmes... Cela fait « un peu beaucoup »... Alors,
Madrid surveillera la présentation, les forces et « la présence »...
Qu’ils soient bons ou pas, ce qui importe, c’est qu’ils soient
« en vrais Victorinos » ! Le sorcier de Galapagar a douze
opportunités pour convaincre que « Non, « ils » n’ont
pas changé !..
En face : Espla, pour gigoter
malignement... Caballero, pour donner des muletazos, des muletazos, encore
des muletazos... Uceda Leal, pour quelque éclair de classe, furtif, mais
qui ravit le photographe aficionado.
|
|
|
|
|