L'ACTUALITÉ TAURINE 
(Juin 2001)

« IL » VENAIT D'AILLEURS... « IL » Y EST REPARTI...

     2 Juin : Elle court, elle court, la maladie d’amour... Elle fait des ravages.
     L’idolâtrie qui entoure quelques grands, n’a t’elle pas, en proportion, fait plus de ravages dans leurs rangs, que quelque lèpre dans la foule du tiers monde ? Qu’ils soient acteurs ou actrices adulés, chanteurs pop vénérés, écrivain génial, cela finit souvent mal. Elevé au rang de demi dieu, l’homme finit par le croire, flotte un moment entre béatitude et caprices, et finit par exploser dans une dernière arabesque d’étoiles... De Marilyn à Morrison ; d’Hémingway à Kurt Kovein, il ont tous tutoyé les étoiles, et se sont brulés à leur lumière.
     José Tomas a « pété un plomb », hier, en plaza de Madrid... Il a, volontairement, laissé sonner les trois avis, refusant de descabeller le cinquième toro d’Adolfo Martin. Comme à Salamanque, l’an passé, il a picoté sans conviction, a écouté deux sonneries, et s’est retiré à la troisième, le visage fermé, les yeux ailleurs...
     Un scandale maximum, au cours de la corrida la plus attendue de la feria, en présence de tout le gratin, taurin, politique, monde du spectacle, et sous les yeux d’un grand roi. Comme à Salamanque, Jose Tomas a « craché sur la foule » et sur son costume de lumières... Un fait inexplicable qui ne devait avoir que deux sorties : La prison, comme pour Curro, en 1967, en pleine San Isidro... ou l’hôpital psychiatrique, le temps de « refaire surface »...
     De fait, il ne s’est rien passé de tout cela. Qulques cris, quelques coussins, une proposition de sanction et la foule, hébêtée, est repartie vers son quotidien... 17 morts en Israel, une famille royale assassinée par un des siens, au Népal.... une catastrophe par ci, un viol par là... la triste routine. Alors, qu’un torero millionnaire se paie la figure du bon peuple... vous me direz un peu...
     Pues no ! Ce qui s’est passé hier en plaza de Las Ventas est comparable à ce qui se passe dans les classes de nos lycées, les cages de nos escaliers, les rangées de nos cinémas... Le cynisme, la provocation gratuite, l’education à la décadence, la culture niveau zéro, l’honneur aux abonnés absents... On peut, aujourd’hui, se moquer de tout et de tous, et toucher beaucoup de millions, pour cela. On aurait pu penser qu’un homme vêtu de torero échapperait à tel syndrôme... bien, non.
     Qui est responsable ? Le torero lui-même, personnage curieux, qui mêle les envolées lyriques aux vulgaires platitudes... Entre « Lac des Cygnes » et « Loft Story »... Entre du Wagner et du Zebda ..... entre du Shakespeare et du « Robins de bois »...  Une énigme ! Regard doux et sourire équivoque, il va, refusant de parler, refusant qu’on le filme... Perdu dans ses pensées, il erre, entre la muleta et la canne à pêche, entre le McDo et les ors de ses costumes toreros.
     Qui est responsable ? Ses mentors, sans nulle doute, qui ont perçu cette curieuse personnalité et l’exploite, la presse comme un citron... Pris au piège l’an passé par les caprices d’un torero perdu et d’un apoderado haineux, José Tomas a dépassé leurs prétentions et leur cynisme. Une situation qui ne peut avoir qu’un seul résultat... le suicide, professionnel, pour le moins.  
     Qui est responsable ? Le public, la Presse, le Système... Jose Tomas est un grand torero ! Il le fut ces dernières années. Il était la synthèse du toreo de classe, de courage et d’esthétique... Il faisait le toreo que tout aficionado rêve de pouvoir faire « de salon ». Mais tout cela a basculé... Le public en a fait un nouveau Manolete, et lui, l’a cru. Celui qui avançait la muleta, allait chercher le toro, le templait jusqu’à « loin derrière la jambe », enchaînant ainsi huit passes, là où tous les autres ont du mal à en lier trois... ce Tomas-là, a complètement changé pour se transformer en un « Don Tancredo du XXIème siècle » poteau planté au milieu de la plaza, citant d’un bout de muleta, de derrière la jambe opposée, tirant des muletazos invraisemblables, souvent accrochés, bousculés... Il vole, mais revient, l’air absent, « complètement serein », disent certains, et reprend son débat avec l’iraisonable. Et nous, publics de 2001, nous applaudissons cela. Et la presse le chante ! Et, bien sûr, les organisateurs, les empresas s’enchantent... Certes, parfois, et même souvent, cela fonctionne bien, et la faena devient symphonie... Il n’en a pas l’air plus heureux pour autant...
     Qui est responsable de ce qui s’est passé, hier à Madrid. Le torero seul ? Si oui, cynisme complet et donc, quelques jours au violon, histoire de redonner quelque goût du respect. Se sentant impuissant devant le toro, voyant venir le gros échec, il préfère le scandale et organise sciemment la mystérieuse débandade. Si c’est cela....mal asunto.
     Les seuls organisateurs et mentors sont ils responsables ? Ils font leur boulot, et, comme ils l’ont « monté », ils le laisseront choir, un jour, tel un pauvre ère.
     Le public est il responsable ? En partie oui... et la presse qui a provoqué cette « Tomasitis », faisant que le peuple est accouru voir « le gladiateur qui mange les lions », et l’a porté au rang de divinité, à chaque bouchée... Plus dure sera la chute.
     Hier, Jose Tomas s’est professionnellement « suicidé », en plaza de Madrid. Certes, il continuera sa route et fera le paseo, aujourd’hui, à Nîmes. Mais attention, les choses changent vite et les ovations tournent rapidement aux quolibets. Les princes ont fermé leurs portes, et il sera dur de les rouvrir...à moins d’un perpétuel rendez vous avec la mort, « dans ou hors » du ruedo... Décidément oui : « Hier, le torero venu d’ailleurs ... y est retourné »...et nous ne pouvons pas le suivre.

  1er Juin 2001 – Madrid (Las Ventas) – 20ème de la San Isidro – 15ème corrida d’abono – No hay billetes avec une revente « de scandale » - Chaleur extrême. La corrida, par veto de Joselito et Jose Tomas, n’était pas télévisiée – La corrida d’Adolfo Martin était considérée comme la course « d’espanto », devant laquelle deux figurones faisaient le geste de s’aligner. Tout à leur honneur, à première vue. En fait, « le geste » est une des plus grandes « estafadas » de toute l’Histoire de la San Isidro... Les bilans et commentaires de la Feria 2001 seront terribles...      
     Corrida mal présentée, les trois premiers, inacceptables à Madrid, indignes. Corrida faible, sin casta. Une totale déception, deux toros se sauvant par miracle, les trois et cinquième... et encore, sur leur seule corne gauche. Corrida scandale, malgré sa platitude ; corrida à oublier bien vite...et pourtant, corrida inoubliable.
     Joselito fit quelque effort face au premier, soso, court de charge. Quelque effort, mais pas un de plus. Silence. Devant le quatrième, il se montra, presque avec raison, beaucoup plus expéditif. Re-silence-

 
     Jose Tomas était attendu comme un dieu. Vêtu de rouge et or, il « vogua » dans le ruedo, comme venu d’ailleurs. Son premier le désarma, au capote, mais il se reprit bien dans un quite au delantal, clos d’une grande et lente demie véronique. La faena fut de « comme ci, comme ça ! », alternant deux bonnes passes et trois enganchones, le public gardant un silence dubitatif. Quand sort le cinquième « Lagartijo », de 507 Kgs, qui n’avait rien d’un Barabas, Jose Tomas « flotte » déjà, au capote, trébuchant sur le sable. Quelque chose ne va pas. Le toro est faible, mais le diestro débute par durs doblones, un genou à terre... 

     Le toro a une bonne corne gauche, on le voit immédiatement. Jose Tomas desssine deux premières naturelles, bonnes... une autre, enganchada. Puis viennent « les démons de la Tomasitis » : comme un palo, le diestro essaie de rester là et d’enchaîner. La muleta derrière, il essaie mollement, et chaque passe est une torchonnade. On murmure, on espère sur deux naturelles correctes. Rien n’arrive, ou plutôt, l’inattendu, l’inacceptable. Jose Tomas pique quatre fois, sans conviction et met un pinchazo hondo. Sonne le premier avis. Arrivent, picotés doucement, quatre descabellos. Ronde violente des subalternes, mais deuxième avis. Le torero met un nouveau descabello, les capes volent. Il aurait le temps... mais il attend et se retire. Le troisième avis retentit. Jose Tomas, visage totalement inexpressif, rentre au callejon et s’appuie à la barrière. Le roi reste de marbre, le public explose. Bronca monumentale et jet de coussins...Le torero n’est plus là. Scandale majeur. En d’autres temps, il serait immédiatement sorti entre deux gardes...
     Miguel Abellan a été « en torero », d’honneur, de chair et de sang. Bonne faena face à son premier, potable, qui va lui mettre une vilaine voltereta, avec blessure de 15 cms à l’arrière de la cuisse. Tuant vite et un peu bas, Abellan coupe une oreille, justifiée, et s’en va vers l’infirmerie. Roué de coups, la jambe bandée, comme l'’n passé, avec les Garcigrande, Abellan revient au sixième, après le grand scandale. Le toro ne vaudra pas l’héroïque sortie. Manso réservon, il prendra même le torero, pour quelques erraflures et courbatures de plus. Miguel Abellan, fortement ovationné quittera Las Ventas, « en torero », alors que « les serpents sifflaient sur d’autres têtes... ». Bien triste, tout ça...

 

LA PRESSE... A BRAS RACCOURCIS...

     Après la scandaleuse sortie de José Tomas, le revues et journaux regorgent aujourd’hui de commentaires douloureux ou sulfureux... Cependant, tous arrivent à la même conclusion : Cela devait arriver...
      « Ridiculement rigide, grotesquement pompeux, marchant comme s’il était en lévitation. Tout cela pour une faena « fuera de cacho », perpétuellement accrochée, sans aucun lien... « El Pais »

     Zabala de la Serna, dans ABC, fait allusion au « Vol au dessus du nid de coucous », et parle de l’incrédulité de ses collègues lorsqu’il pensa tout haut « il ne va pas le tuer... »
     Juan Posada, matador, écrit dans « La Razon » : «Jose Tomas, cynique, permet que sonnent les trois avis ». Plus loin : « On ne peut accepter l’attitude de Jose Tomas, attendant les trois avis, avec le même cynisme qui offensa le public de Salamanque, l’an passé »...
     Le chroniqueur de « mundotoro » s’indigne : « Qu’aillent le voir les philisophes, les psychiatres, les psychologues, et tous ceux dont la profession commence par psy. Mais moi, je ne vais plus le voir. On ne m’y prend plus »...
     Petit bémol, chez Juan Pedro Domecq qui, malgré tout, dans un édito, écrit « Moi, je continuerai à aller le voir ! » : « Il a eu un coup de folie. C’est la seule explication, avec en plus les conséquences d’un « montage de fous », avec pour résultat un scandale majeur, un jour d’une exceptionnelle attente, à plaza llena, malade de la Tomasitis et en présence du Roi ».
De son côté, Jose Antonio del Moral a le triomphe modeste et sobre, d’autant qu’à Nîmes, son ami et torero préféré Enrique Ponce....

 

ENRIQUE PONCE GRACIE « SON 25ème » EN PLAZA DE NIMES...

     Extraordinaire moment dans le cadre historique du grand cirque Nîmois. Les consuls et « tous les romains » ont assisté, avec plus de 17000 personnes, au moment magique : l’indulto, la grâce d’un grand toro, des mains d’un grand torero. Il s’appelle « Descarado » - N°9 – un burraco de 475 kgs, de Don Victoriano del Rio. Sorti quatrième, il tomba entre les mains d’un immense torero, Enrique Ponce, que les bons toros choisissent pour qu’il sauvent leur vie, fasse briller leur bravoure, leur grande noblesse. 24 Toros devaient déjà leur sort à Ponce, qui avait su si bien les mettre en valeur... « Descarado » est le 25ème ...et tout une ville danse. Que Bueno !

     1er Juin – Nîmes : 2ème de Feria – Beau temps, mais beaucoup de vent : Excellente corrida de Victoriano Del Rio. : Trois bons, un exceptionnel, deux plus compliqués. Le quatrième prit deux bonnes piques, et répéta ses charges, mêlant sa bravoure à une grande noblesse. Ponce, qui n’avait pu briller au capote, à cause du vent, s’enivra de toreo dans une faena de 16 minutes, mêlant avec la plastique qu’on lui connaît, le toreo à l’envers, à l’endroit, mettant en valeur la moindre qualité du toro. Déjà des cris, déjà des mochoirs demandaient l’indulto. Le maestro vint y joindre sa prière. « Descarado » est le premier toro grâcié en France, en corrida formelle. L’ovation, comme l’émotion furent immense, quand le toro repartit, vivant et glorieux, vers la grande porte de la sérénité. Enrique Ponce, radieux, vint ajouter deux oreilles « symboliques, à celle qu’il avait déjà obtenue du premier. Superbe ! Enhorabuena, Torero !
     El Juli se battit comme un diable, coupa l’oreille de son premier, voulut contrer le triomphe de l’Ancien, face au cinquième, mais bafouilla son descabello. Quand à Juan Bautista, entre le mauvais sorteo et le vent, il « passa » en demi teinte... 
Grand, grand triomphe du beau et vrai toreo, face à un magnifique adversaire. Une page de plus à l’Histoire Taurine...

 

VIC FEZENSAC... AUX ARMES !

     2 juin : La Feria de Vic débute aujourd’hui. Aux Armes... Ici, point de Jose Tomas, pourtant, il y aussi quelques fous furieux...soit « naturels », soit remontés à la bière ou au « petit jaune ». Poco importa, Vic, la Fiesta ; Vic, la Feria ; Vic : Le toro... Chaque année , une fièvre ; chaque année, une ferveur...
      Corrida de Fernando Peña, ce samedi. Au cartel, Victor Puerto « da la cara », accompagné de Padilla et Juan Bautista. Dans le ruedo réduit, les toros paraissent plus grands, les distances plus courtes. Padilla devra mesurer ses courses, Puerto, ses cris. Quand à Jean Baptiste, il se doit de pousser un contr ut !

Vive Vic ! et  « Que haya suerte pa todos ! »

 

« J’AI PAYE... J’AI LE DROIT... »

     3 Juin : «Pues, no Señor ! Ce n’est pas parce que vous avez payé que vous avez le droit d’invectiver, d’insulter, de huer celui qui, dans des circonstances difficiles, se comporte en professionnel, quand il ne peut toréer comme vous le rêvez.
     No señor, vous n’avez pas le droit d’être injuste parce que, pour quelques euros, un bout de papier coloré vous permet de vous asseoir tranquillement sur le ciment de Vic Fezensac, ouvrant chaque année, les robinets d’adrénaline, et vous donnant l’occasion de décharger toute la tension, l’agressivité, la haine qui vous habitent, et vider « cette petite lâcheté » que vous démontrez chaque jour, au boulot, dans la rue, à la maison... Non, vous n’avez pas le droit... »
     Voilà pourquoi certains, dont je suis, ne veulent plus « aller à Vic ». Alli salen toracos... Dans cette plaza, on sort des toros impressionnants, dans des conditions incroyablement difficiles, en particulier, de par la taille du ruedo. Bien ! On respecte. Cela implique, de la part du public, une connaissance de la lidia, un respect des hommes, une tolérance (mot à la mode), en un mot une réelle Aficion...  Mais çà.....
     Hier, les micros de Radio France, et les commentaires d’André Viard et Pierre Arnouil, répercutaient fidèlement le triste comportement d’une majorité de braillards qui se donnaient le droit de brâmer des insanités, alors que dans le ruedo, les hommes se montraient toreros et professionnels... « Allez donc « lidier » votre épouse, monsieur ! A ver si tiene huevos ! ».
     Bien entendu, on vous recevra « à bras ouverts », à Vic, à Dax ou Bayonne, à Mont de Marsan ou en toute plaza de toros qui se respecte, mais à condition de vous y comporter en aficionado et en citoyen... Ne pas connaître tous les secrets de la corrida est normal. Qui peut se vanter de cela ? Absolument personne...  Alors, un peu de retenue et de « bonne éducation », un peu de respect pour ceux qui sortent d’une chambre d’hôtel, sans jamais savoir s’il vont y revenir...
     La question qui demeure... Les organisateurs ont ils conscience que ce « public » est devenu leur « fond de commerce » ?  Vic voit il qu’il mise, systématiquement, sur ceux qui viennent « se soulager la haine », comme d’autres viennent « s’encanailler », à Nîmes ? Est ce une tradition ? Est ce un souhait ? Joue t’on volontairement sur les bas instincts, pour remplir le tiroir caisse ? On ne peut le croire. Cependant, entre les échos sonores et les détails de l’affiche, force est de constater que le doute qui s’est installé depuis quelques années, chemine doucement vers une certitude...

     2 Juin – Vic Fezensac – 1ère de Feria – Lleno : Toros de Fernando Peña, bien présentés, solides sur leurs pattes, astifinos de pitones. Toros difficiles, mansos, à part le troisième. Le toraco cinquième sauta au callejon et le sixième y jetta de nombreux regards. Mobilité désordonnée, puis retenue et « regards en dessous », au cours des faenas. Seul, le troisième, bien que loin d’être ideal, permit au torero de se livrer totalement. Les autres impliquaient technique, professionalisme, efficacité lidiadora.
      Juan Jose Padilla n’alla pas à portagayola et certains s’en offusquèrent (ils « avaient payé »...). Le Jerezano se montra volontaire et technique, brillant aux banderilles, efficace à la muleta, mais peu glorieux avec l’acier. Il entendit « division » à l’un, et « aplausos », à l’autre.
     Victor Puerto se montra « torero » toute la tarde. Sobre, sûr de son placement, clair dans sa tête, Puerto ne sculpta aucune oeuvre d’art, mais tailla deux trasteos d’une élégante justesse technique, face à deux clients qui refusèrent les fioritures. Victor Puerto « se puso alli », en particulier face au cinquième. Des gradins tombaient des « Eso no es torear ! »... Vous avez raison « Don Cabron ! »... Eso es lidiar... y lidiar es torear !. Victor Puerto tua en plusieurs voyages et les opinions de divisèrent.
     Juan Bautista toucha le seul potable de la tarde, et, en lui mettant la muleta devant, puesta, en ne le laissant jamais douter, il battit au troisième une bonne faena que le public suivit avec ferveur. L’estocade tomba un peu trop. Est ce la raison pour laquelle le président  se donna le droit de refuser une oreille que tout le public réclamait à grands cris ? On ne sait. Juan Bautista donna grande vuelta. Cela se compliqua un peu face au sixième qu’il fallut lidier et estoquer, sans espoir de succès.

     Ce dimanche : « Double session »...

     Le matin : Corrida de San Martin, pour Zotoluco, Jose Luis Moreno et El Renco.
     Ce soir : Les Albaserrada, pour Richard Milian, Jose Ignacio Ramos et Antonio Ferrera.

 

ANTONIO FERRERA FAIT EXPLOSER NIMES...

      Voilà qui est bon pour le moral, et pour toutes les taquillas du Sud Ouest, cet été.
     Antonio Ferrera, adulé des Français, n’arrivait pas « à marquer le but définitif »... Partout, on vantait sa force de caractère, sa vista, ses qualités athlétiques, son sens de la communication avec le gradin et une grande facilité lidiadora. Mais, à chaque fois, il manquait « le dernier point », celui qui transformait l’interrogation en un « ohh » d’admiration. Hier, Ferrera est sorti par la porte des Consuls, avec trois oreilles et un rabo coupés aux remuants Palhas... Même si le dernier trophée est un peu généreux, il n’en reste pas moins que le triomphe est réel. Asi que...

     2 Juin – Nîmes – 3ème corrida de Feria : Toros de Palha  très inégalement présentés, mais donnant à la course un intérêt permanent. Caste souvent, mobilité toujours. Quatre toros furent  importants, et l’on donna vuelta au sixième. Seul le quatrième fut « malo ».
     Fernandez Meca se montra torero en pleine maturité. Le public demanda longuement l’oreille du premier, que le palco refusa, écoutant bronca. Meca donna une vuelta sous l’ovation générale. Face au quatrième, « a lidiar, y en paz ! ». Le public applaudit les efforts du Français – Pepin Liria resta peut-être, un peu « en dedans ». On ne trouva pas en lui cet engagement total qui fit vibrer la Maestranza, il y a peu. « La tête » déjà à Madrid, peut-être...  Silence à l’un, applaudissements à l’autre – Antonio Ferrera fut un typhon, « un toro parmi les toros », coupant une oreille au troisième, il mit le feu à la plaza, face au dernier. Excellent à la lidia, bondissant aux banderilles, on le vit brillant à la muleta, alternant le vibrant et le « reposé », le classique et le baroque. Deux oreilles et la queue ... Bon ! C’est Nîmes, c’est la feria du renouveau.... Mettons  trois « grosses oreilles » et c’est bien ainsi. Un réel triomphe.

     2 Juin – Nîmes - En matinée : Très sérieuse novillada de Jandilla qui vit le triomphe de Julien Lescarret, sortant a hombros, après avoir coupé une oreille de chaque adversaire. Important triomphe du jeune landais, devant le mundillo et la presse taurine espagnole qui, on le sait, affluent en masse, « a la feria de Nimesss ». Leandro Marcos et Julien Miletto ne rencontrèrent pas le succès...

     Ce dimanche 3 Juin : . Corrida matinale, de Zalduendo, pour Joselito, Jose Tomas et Sebatien Castella. On espère que Jose Tomas « se sera levé du bon pied »..
     Ce soir, corrida de Adolfo Martin (qui « se la joue », après le désastre madrilène), lidiée par Espla, Denis Loré et Jesus Millan. (A propos, les Adolfo Martin de Madrid feront l’objet d’examens post mortem... Algo raro paso alli !)

 

A MADRID, LE CALME RETROUVE...

     3 Juin : Las Ventas résonnent encore du « scandale Jose Tomas », vendredi dernier. Hier, la corrida de cavaliers n’a rien donné, mais la plaza commentait encore le curieux comportement du dieu déchu. Pendant ce temps, d’autres soulignaient la toreria et le pundonor de Miguel Abellan dont la grande actuacion et le réel triomphe torero avaient été estompés par le « grand scandale Jose Tomas ».      A priori, Miguel Abellan devrait se voir « récompensé » en se voyant offrir le troisième poste à la corrida de Bienfaisance, le 14 Juin, qui se présenterait comme suit : Toros de Victorino Martin pour Eugenio de Mora, Miguel Abellan et Rafael de Julia. Cartel intéressant, mais, on peut craindre quand même pour la taquilla .

     2 Juin – Madrid (Las Ventas) – 3ème corrida du Rejoneo – No hay billetes : Corrida triste et silencieuse, à cause des toros de La Laguna, médiocres. Silence  pour les frères Domecq, en solo ou en duo – Ovation pour Sergio Galan et Diego Ventura, en individuel. Rien au dernier, al alimon. Long et pesant. A oublier.

     Ce dimanche  3 Juin : Corridon de Samuel Flores pour Pepin Liria, qui entre dans la Feria, Davila Miura et  un Juan Bautista, avec le moral, on l’espère, après sa bonne sortie de Vic, hier.

 

UNA « SALVAJADA... »

     4 Juin : Dans quel monde vivons-nous ? S’il n’y a plus aucun respect de la vie, si l’on ne pense qu’à provoquer, salir, faire mal, alors « apaga y vamonos !»... Que ce soit au « Kilomètre 57 » d’une nationale, ou dans le ruedo de Vic Fezensac, on ne peut accepter les outrances, les coups de force, les provocations, qui finissent toujours, à plus ou moins longue échéance, par un crime ou une catastrophe...
    
Bien entendu, il n’y a aucune mesure entre l’attentat du « Kilomètre 57 », et les incidents « tartarinesques », « granguignolesques » de Vic. Mais, accepter l’un, c’est ouvrir la porte à d’autres, de plus en plus violents, de plus en plus aveugles, de plus en plus fous... et on arrive, un jour, à l’irréparable, aussi vrai que « deux et deux font... »
    
La foule est dangereuse. En général, composée de braves gens, pris individuellement, mais qui deviennent « très forts, lorsqu’ils sont plus de trois », elle roule comme les vagues qui enflent tout à coup au vent mauvais. Alors, elle se déchaîne, à la moindre occasion, et il suffit de peu pour l’amener à l’irréparable.
Dans un spectacle de ce genre, où la foule est nombreuse, où les passions s’exacèrbent, les organisateurs ont obligation de préserver l’ordre, la sécurité des hommes et des biens. Dans une corrida, le président a charge du bon ordre, dans la plaza, et doit être le premier à respecter le règlement. Vêtus de lumières, les toreros... tous... doivent aider au bon déroulement de la course, et ne pas « en rajouter une louche », quand l’incident éclate.
    
Hier, à Vic Fezensac, le président refuse une oreille pour Richard Milian. Qu’elle soit ou non méritée, peu importe, la foule la demande à grands cris, plus qu’avec des mouchoirs lavés bonux. La pétition est  assourdissante et règlement en main, le président doit accorder l’oreille, qu’il ait ou non apprécié le travail du torero... Point final... Ici, malgré les décibels, le président reste de marbre et déchaîne l’ire des spectateurs. Durant de longues minutes, la bronca roule comme une tempête et enfle tout à coup. Dans le ruedo, la cuadrilla de Milian fait monter la pression et multiuplie des gestes tout à fait déplacés. Pour finir, El Andaluz ira faire  couper une oreille du toro, la promènera autour du ruedo, et finira par la jeter vers la présidence, dans une ultime provocation.
    
On peut comprendre sa réaction. En aucun cas, on ne peut l’accepter, la cautionner. Andaluz est, doit être, avant tout, un torero. Donc, il doit se comporter « en torero ».Et même si l’on est généreux, même si l’on a un coeur « gros comme ça », même si on hait l’injustice, on ne peut se laisser aller à profiter de l’imbécilité d’une multitude, ou la provoquer, et salir, encore une fois, son costume de lumières. Eso no es !
    
Encore une fois, Vic est témoin d’incidents inacceptables. Si l’on remonte dans le passé, on se souviendra de cette foule, devant l’hôtel, un soir de corrida annulée, qui menace les toreros, attaque les coches de cuadrilla, pille des malles de matériel, laçère les capes, les costumes de lumières, hurle au lynchage... On se souvient de cet orage, en 1971, lors de la corrida de Murteira. La foule est là qui refuse l’évidence : Le ruedo est totalement noyé, la suspension s’impose. Mais la bronca est telle que la présidence fera retraite. Dans les gradins, on entend des choses comme : « La corrida peut être arrêtée, on s’en fout. Nous, on va chercher les fusils, et les toros, on va les estoquer, à notre façon... » Ceci est véridique. Nous y étions. L’émeute se termina grâce à un coup de vent qui chassa les nuages et au coup de pundonor d’un torero qui dit  « Moi, je ne quitte pas l’arène sans avoir estoqué mes toros ».. C’est ainsi que l’ordre revint et que Ruiz Miguel « entra » dans le coeur des français.
    
Hier, le président s’est lourdement trompé et les toreros se sont vilainement comportés. Ils portent une lourde responsabilité sur ce qui se passe, et se passera, dans les gradins et les ruedos, aujourd’hui ou demain, à Vic ou ailleurs. La foule est chaque jour plus imbécile, plus folle, plus haineuse, plus lâche... A cause de ces algarades, l’escalade est inéluctable et, un jour, il y aura une catastrophe. Un jour, par panique ou hystérique mouvement de foule, il y aura des morts, comme dans certain stade de sinistre souvenir...
    
A Vic, hier, on a encore gravi un degré dans l’imbécilité collective. Bien entendu, cette « connerie » ne peut qu’être condamnée. Mais cela n’est rien à côté de ce qui s’est passé « au kilomètre 57 ».. Parce que là... ce fut une véritable salvajada, un attentat prémédité, sauvagement perpétré. Et même s’il ne s’agit « que d’animaux », comme diront certains, les auteurs de cette saleté ne méritent qu’une chose : « douze balles ! »
    
Samedi soir, 2 Juin, un camion roule dans la nuit. A son bord, douze chevaux, douze pur sangs, douze athlètes, douze « toreros »... L’après midi, « ils avaient toréé », aux ordres de leurs maîtres, Luis et Antonio Domecq, en plaza de Madrid. La corrida avait été mauvaise, mais ils avaient fait leur devoir, et ils rentraient vers Jerez, « vers la maison ».
    
Au Kilomètre 57, sur la route vers l’Andalousie, il y a un restaurant, où l’équipage a l’habitude de dîner, les soirs de longue route. Après avoir fait le tour du camion, vérifié que les chevaux étaient bien, ne manquaient de rien, le chauffeur et le palefrenier s’en vont se restaurer et se détendre. Ils sont tranquillement attablés quand on entend soudain deux explosions. Des cris, des hurlements, tout le monde se précipite. Là, à quelques mètres, le luxueux camion brûle. A l’intérieur, douze chevaux...  Quelqu’un a jeté deux coktails molotov, deux bombes incendiaires, et le camion est en feu...Un seul mot : « Hijoputas ! »
    
Tout le monde se précipite. On réussit à ouvrir la porte arrière : deux chevaux sont sortis presque indemnes mais affolés. Neuf bêtes sont atteintes, plus ou moins gravement, certaines affreusement brûlées, mutilées. Il faudra achever le dernier, « Legitimo »... Une vraie « salvajada »...
    
Bien sûr, qu’est la vie de quelques chevaux, à côté des hommes, des femmes et des enfants qui meurent,   assassinés chaque jour, en Israël ou en Palestine, en Algérie ou ailleurs ? Certes ! Mais avouez que l’escalade n’a plus de fin et que celui qui accepte la violence, le viol, des hommes et des lois, ne peut s’étonner d’avoir un jour à constater l’irréparable, la pure sauvagerie, qu’il a lui-même provoqués, par sa lâcheté et par des mots comme « tolérance », « démocratie » « égalité » « fraternité »...
    
Vous sentez vous, vous, égaux, frères, avec ceux qui imposent la violence, la force, la menace, l’insulte  et qui assassinent « même des chevaux...» ?  Pues, yo no....

 

VIC FEZENSAC :  BELLE MATINEE.... TRISTE SOIREE ! ! !

     3 Juin : Vic a vécu, encore une fois, des moments tour à tour magiques et révoltants. Un mayoral qui salue, à Vic, est un chant à la caste du toro de combat. Et s’il salue, à Vic, il saluera, un jour, à Madrid (Dans le cas qui nous intéresse, c’est déjà fait) .
    
Grande corrida encastée de San Martin, pour la deuxième année consécutive. Les Chafik ont montré la caste, la saine agressivité du toro de combat. Un torero les a compris, qui les connaît bien, puis qu’il vient « en voisin », le Zotoluco qui donne vuelta à l’un et coupe l’oreille de l’autre. Jose Luis Moreno et Renco ont fait ce qu’ils ont pu, mais...
    
Le soir, les Albaserrada ont déçu. Dans le souvenir resteront quelques muletazos « a gusto » d’Antonio Ferrera, l’épée de José Ignacio Ramos, la méchante cornada de Luis Calvo « Juncal », au quatrième, et puis l’incident : Face au premier Montalvo, un sobrero « qui de laisse », Richard Milian qui vient de saluer, pour son douzième et dernier paseo à Vic, va toréer comme il en a l’habitude : enlevé, pimpant, dynamique. Le public accompagne, joyeusement. Milian part pour une estocade entière, au prix d’une voltereta et d’une cornada qui se révèlera peu grave. Tandis que le torero part vers l’infirmerie, la foule demande une oreille, à grands cris. On doit accorder cette oreille. C’est le règlement. La pétition augmente, le président continue dans son entêtement. Alors les injures, alorsd les provocations, alors les outrances. Bronca assourdissante, de plusieurs minutes. Puis l’incident « Andaluz », relaté plus haut. Une oreille est promenée sous les vivas, totalement déplacés, et finalement balancée sur la présidence... Bon ! On dira, tout simplement : C’est Vic !

 

NIMES : BELLE (PETITE) MATINEE... TRISTE SOIREE ! ! !

     3 Juin : Nîmes a vécu un dimanche en demi teinte. La corrida du matin a satisfait les toreristres et déçu les toristas. On pouvait s’y attendre. Le soir, tout le monde est sorti en traînant les pieds, « chemin de l’apéro ! » Otra vez sera !
    
Le matin, cinq toros de Zalduendo, « de taille réduite » et bons pour le torero, et un sobrero de Victoriano del Rio, bien présenté et excellent – Joselito s’est montré très décidé, ce qui est un exploit, par les temps qui courent. Oreille pour le madrilène – Jose Tomas a donné grande faena au Victoriano. Faena droitière, templada, seigneuriale. Le torero se fait prendre sur une naturelle, sans mal, heureusement. Final par manoletinas et une oreille. Le cinquième sera, comme le précédent, incommode, et la volonté du torero ne passera pas – Triomphe de Sebastien Castella qui coupe une oreille chaque fois et sort a hombros, « à la barbe des grands ». Muy bien por Castella, que l’on voit toujours « fragile », mais qui sait être ferme et torero. Il faut lui donner du temps et des toros.
    
Le soir, les Adolfo Martin ont encore déçu, plus par leur jeu que par leur présence. La terna, composée d’Espla, Denis Loré et Jesus Millan, ne put que se montrer volontaire, à divers degré, et professionnelle.

 

MADRID : PEPIN LIRIA « LA MONTA » DEVANT UN MANSO DE SAMUEL...

     Enorme Pepin Liria, hier, à Las Ventas. Une oreille coupée, une oreille de bronze. Une des plus méritées de la feria, coupée à un manso très agressif de Don Samuel. Manso de haut vol, qui s’arrêta et pietinna devant le capote de Pepin, qui s’enfuit au moindre picotazo, et arriva cru à la muleta, après « un mitin » des banderilleros. Faena dans la querencia du toro, très agressif, très enracé. Faena vibrante, commencée en se doublant et en gagnant le toro, là, dans les premières passes. Au premier derechazos, un arreon et la corne dans la poitrine. Bon ! Pepin Liria revient  à gauche et y restera. Alliant intelligence lidiadora, vaillance lucide, toreria et sens du spectacle, Liria, au ras des planches, donnera quatre séries de naturelles vibrantes, certaines « en coup de fouet », d’autres, réellement templées, longuement conduites, le tout clôturé de passes du mépris, de firmas, en regardant le public, droit dans les yeux . Quand le métier se met au service de la totale sincérité , personne ne peut résister, pas même un manso. Le public appuya totalement le torero et hurla de joie quand Liria porta une entière « de guerrier », évitant la corne droite... parce que ce n’était pas son jour. Le destin est aussi aficionado. « Oreille totale !» Oreille de joie et d’admiration ! Oreille que l’on n’a pas besoin de quémander, ou d’aller chercher au desolladero...
    
Après Séville, Madrid... Un Pepin Liria, totalement relancé, et devant quels toros : Samedi : des Palha, à Nîmes ; Dimanche : des Samuel, à Madrid ; Lundi : des Cebada, à Vic. Et mercredi, allez, des Conde de la Corte, à Las Ventas. Vaya semanita de Pentecostes ! Heureusement qu’il lui reste le mardi... pour penser aux toros !

     3 Juin – Madrid (Las Ventas) – 22ème de Feria – Grand beau, mais du vent, du vent – Lleno total : Corridon de Samuel Flores, grands, beaux, musclés, bien armés. Au cheval, le premier ; A la muleta les deux de Davila Miura. Le quatrième est manso, très mobile, très agressif. Dans l’ensemble, la corrida était très sérieuse, parfois impressionnante, mais toréable. Des toros qu’il faut convaincre, avant de les vaincre. Le vent a beaucoup gêné les toreros, encore une fois.
   
 Liria, sérieux et volontaire avec le premier qui rompit le combat à mi faena et partit  a tablas. Bon coup d’épée un peu tendu. Au quatrième...« la monto ! », coupant une oreille de vrai torero. Muy bien por Pepin Liria – Davila Miura laissa passer deux toros de triomphe. Destemplado, forcé, sans transmission, il distribua des tonnes de passes... et ne dit rien. Gros échec, à peine estompé par une énorme estocade à son premier, quoique perdant la muleta, dans l’embroque. Dans sa cuadrilla, Juan Montiel fut encore précieux, à la brega – Juan Bautista a connu une très mauvaise journée. Deux faenas fades, sans aucune sécurité, sans aucune autorité, devant des toros très imposants, mais semblant permettre quelque chose. Mal asunto ! A son actif, un quite salvateur à un banderillero poursuivi, et l’estocade au sixième.

    Ce 4 Mai... Planquez vous ! Les monteviejo arrivent. Multicolores, bas sur pattes et armés comme ça, les autres Victorinos vont sortir, bien décidés à faire du grabuge.... En face : El Fundi, Ramos et Padilla ont intérêt à « s’accrocher aux branches ». Madre mia !
 

« MONTEVIEJO... LE TORO QU IL VOUS FAUT... »

     5 Juin : « Madame, si vous voulez  faire passer à votre mari l’envie de lancer quelque oeillade coquine à votre jolie voisine, n’hésitez pas... Monsieur, si vous voulez vous venger de votre inspecteur des impôts et de son zèle « article 48, rectifié 53 »... un seul cadeau : « Monteviejo... le manso qu’il vous faut... ». Effet garanti !
    
Ah, il est beau, le Monteviejo... Tout droit sorti des poussièreuses estampes de « La Lidia », il déboule dans la plaza, ou sur l’écran de votre télé, et tous ensemble : « Aaaaaah ! Qu’il est beau ». En bas, dans le callejon , les toreros sentent leur pomme d’Adam filer derrière les oreilles « Oju ! Vaya un tren ! »
    
C’est vrai qu’il est beau : Enorme, quoique pas si lourd que ça, multicolore, il réunit tous les mots du lexique : Berrendo  en 48 couleurs, calcetero chaussé de blanc, bragado, meano, il porte souvent au front la petite étoile blanche du lucero, dessinée entre « un par de petacos », lisez cornes, à vous faire battre tous les records du cent mètres, à reculons. Vaya un toraco. Il sort comme un diable, fait trois courses et, arrivant dans la première cape, freine des quatre fers, sautille sur place, « regatea », et part en torpille sur la première dorure qui passe. Il est beau le manso ! Alors, au cas où l’on n’aurait pas bien vu, il en sort six du même gabarit, six du même acabit...
    
Alors que Don Victorino, tranquillement assis dans le tendido, est le seul à pouvoir avaler son bocadillo, les toreros, en bas, suent, crachent et tempêtent. Un respeto !  Du respect pour tous les coletudos d’hier, en plaza de Las Ventas, à part, peut-être, pour le picador qui massacra le sixième. Un grand respect pour Ramos et Fundi, qui, avec leurs moyens, se mirent longuement devant les toros, banderillant brillants, leur volant quelques quarts de passes, sans savoir s’il seraient encore vivants à la sortie.
    
« Ah qu’ils sont beaux, les Monteviejo ! »... En voyant tout cela, tout en écoutant la débandade vicoise, on se dit que l’abono de la Feria 2002 peut, d’ores et déjà, se vendre... Amis Vicois, en un seul mot : « Monteviejo, le toro qu’il vous faut ! »
    
4 Juin – Madrid (Las Ventas) – 23 ème de San Isidro
– Llenazo et grand beau temps : Fracaso ganadero de Victorino Martin, pour la présentation, en feria, de son deuxième fer. Six monstres , « con estampa de Barcial, y muy mala leche ! ». Toracos qu’il fallait lidier « sur les jambes » et tuer le mieux possible. 1,2,4 et 5ème dangereux ; 3ème plus potable, et 6ème très encasté. Casta... oui, mais... de laquelle ? Le sixième fut massacré à la pique par Justo Jaen, aux ordres de Padilla. Long puyazo en plein milieu du dos, puis un « 18 trous » interminable, dans la totale passivité du maestro. Barbarie !
    
El Fundi a été mieux que de coutume. On le vit ferme à la cape, brillant aux banderilles, en particulier dans une paire « de pundonor », après un premier échec, face au cinquième. Il se montra courageux et sincère avec muleta et épée, même s’il ne put rient tirer de bon. « S’en tirer indemne », était déjà, en soi, un exploit. Le public garda un silence respectueux – Jose Ignacio Ramos s’est battu. Banderilles en force, muleta en bataille, le torero de Burgos s’est mis devant, « y trago ! ». Celui qu’on attend toujours, avec l’épée, se balança sans hésitation sur le morillo : Il pincha les deux, mais mit une entière magnifique au cinquième, écoutant la seule ovation de la journée – Padilla eut quelques détails, à la cape au troisième, aux banderilles, avec ses collègues. Avec la muleta.. a defenderse. Il ne voulut pas voir le sixième qu’il refusa de banderiller, et démolit d’un metisaca « au sous sous-sol ». Le seul moment brillant de la tarde : Tiers de banderilles au troisième, le Fundi et Ramos étant vraiment bien, mettant Padilla dans l’obligation d’être mieux. Le Jerezano fut « superior », et l’ovation, énorme. Ce fut la seule d’une  tarde à oublier bien vite.

 Ce 5 Juin : Les Guardiola,triomphateurs, l’an passé, pour Victor Puerto, Rivera Ordoñez et El Juli.

 

VIC : SE ACABO LA MANSADA !

     Que dire de plus ? Ceux qui vont à Vic savent ce qu’ils vont voir. Certains ont quelqu’espoir... D’autres vont se faire une petite chaleur malsaine. Grand bien leur fasse.  Mansos dans le ruedo, mansos dans les gradins ! Muy bien ! Un filon qu’il ne faut surtout pas arrêter d’exploiter, puisque « ça marche ! ».
    
Cependant, comme une petite lumière au fond du noir tunnel, reste le souvenir des San Martin ! « Chapeau, Monsieur Chafik... Gran quite les ha hecho Ud... à los de Vic ! » Et en plus, ça rime !
    
Dernière corrida, dernière mansada, très dangereuse, celle-là, de Cebada Gago, au point que les plus braillards se mirent à raisonner un peu et à remballer leur hargne, leur bêtise. Corrida impressionante de trapio et de mauvaises idées. Pas grand chose à faire, sinon voler quelque muletazo .. y matar. Très digne Fernandez Meca qui sera fortement applaudi. Ferme, sérieux, le français, malgré sa lésion à la main gauche, mettant technique et volonté, là où toute autre expression était impossible – Liria entendit une injuste bronca, face à son premier, qu’il expédia en trois mouvements. Il reçut le cinq à genoux, et le règla en bon professionnel, devant des gradins soudain assagis. Silence – Jesus Millan fit ce qu’il put avec deux cadeaux empoisonnés. Silence partout – La seule grande ovation pour El Chano, banderillant le quatrième.

 

NIMES FINIT « EN NOIR ».

     La feria « du renouveau » s’est terminée hier sur un toro « manso manso », du nom de « Batanero » qui prend six refilonazos et  finit, banderillé de noir. Bien ! Cela fait partie de la lidia, et le public n’a pas à protester ainsi un toro, parce qu’il est « manso de libro »... Vaya aficion ! Les toreros ont été bien, Victor Puerto l’attaqua et... à la fin, donna vuelta. Vaya aficion !
    
Corrida d’Alcurrucen, très décevante. Six colorados, très inégaux de présence, et sans grand jus.Toros maniables, mais sosos, fadasses, faiblotes. Nada ! Le cinquième sautillait partout, le sixième fuyait son ombre.
    
Finito se trouva très beau, très bien. Le public le trouva très beau et très « ch...schématique ! » (Silence et bravos) – Manolo Caballero, long comme un jour sans pain. Il tua bien le cinquième (Applaudissements baillés) – Victor Puerto mit trois largas au troisième et continua à le « véroniquer » à genoux, lui gagnant du terrain. Olé ! Faena à la fois sérieuse et enlevée  pour une oreille, la dernière de cette feria qui a connu trois grands triomphateurs : Ponce, Antoni  Ferrera et surtout Victoriano Del Rio, ganadero de Madrid, qui a lidié sept toros dans cette feria, tous brillants, au point que l’un d’entre eux fut gracié. Enhorabuenissima, Señor !

 

ALLEZ DONC LES VOIR ET FAITES UNE PETITE PRIERE ! ! !

     5 Juin : Les chevaux des Domecq sont en train de passer un calvaire. Ils ne mourront pas, mais ne poseront plus jamais un sabot dans un ruedo. Allez donc les voir, ils sont en photo sur mundotoro.com. En aucun cas, il ne s’agit là de voyeurisme. Voir ces pauvres bêtes, ainsi massacrées, retourne les tripes, et en dit long sur la folie des hommes. Si vous ne nous croyez pas, allez les voir...
    
Les plus atteints ont pour nom « Airoso », « Maestro ». Ils sont sous respiration artificielle. « Deleite »et « Coqueton » souffrent de terribles brûlures, ainsi que de graves lésions aux yeux. Un spécialiste ophtalmo est venu de Paris, voir ce qu’il peut faire... « Oleo », « Napoleon », « Jabato » et « Nebli » sont à peine moins atteints. Que tristeza ! De son côté, « Marques » va bien.
    
Que pena ! Pauvres bêtes, hier si fières, si toreras ; aujourd’hui, si horriblement mutilées, sans oreilles, dépecées vivantes, les yeux brûlés. Una canallada ! Les frères Domecq sont démolis. Pas une question d’argent, bien sûr, mais simplement le coeur qui caque, devant le spectacle des ces braves compagnons des jours heureux. Una tristeza ! Un crimen !
    
Bien sûr, « ce ne sont que des bêtes ! ». Mais, allez les voir, et si vous le pouvez, faites leur une caresse, doucement...

 

L’HONNEUR D’UN TORERO... « EL JULI »

     6 Juin : Il est cinq heures du matin, Paris s’éveille, Madrid aussi. La clinique de La Fraternidad résonne de ces bruits feutrés, de cette fièvre qui accompagnent les évènements plus tragiques que d’habitude. Pourtant, dans chaque chambre, un drame se joue, plus ou moins grave, plus ou moins prévu, plus ou moins controlé. Mais aujourd’hui, les couloirs répèteront les mêmes questions : « Où il est ? », « Comment il va ? ». Des jeunes femmes, qu’elles soient malades ou infirmières, souriront leur tendresse en murmurant « Pobrecito ! » ; des mamans ébaucheront un sourire d’amour maternel... « Pobrecito ! »
    
Dans sa petite chambre, il aura passé la nuit que passent tous les toreros dont les chairs ont, tout à coup, été labourées par la corne du toro. Entre fièvre et délire, geignant de douleur et de rage, maudissant le mauvais sort, se lamentant de n’avoir pu continuer et couper les oreilles, murmurant sa soif de retour et de triomphe, il vit des moments terribles. Il les connaît déjà, il peut « les aguanter », comme le plus encastés des toros du mauvais destin. Déjà, il pense à demain...Il  est torero, il est « un torerazo ! » Son nom... « El Juli ». C’est encore un enfant, mais il est « todo un hombre ! »
    
Pour moderne qu’elle soit, la clinique de « la Fraternité » n’aura jamais l’image magnifique et taurinement romanesque du « Sanatorio de los Toreros ». Là, les odeurs de l’éther racontaient les exploits, les  moments de génie, les hauts faits d’armes de « gens du toro ». Aujourd’hui, une figure du toreo repose entre l’accidenté de la route, et l’appendicite aigüe... Liberté... Egalité... « Fraternité » !
    
Julian Lopez est tombé, hier, sur le sable de la plus grande arène du monde. Il est tombé glorieusement, blessé par un toraco de 627 Kgs, haut comme un camion. Il est tombé en toréant de la gauche, de verdad. La cuisse gauche ouverte, un morceau de chair pendant du trou béant, il essaya de se relever, de continuer. Tandis qu’on l’emportait, le public se cachait les yeux. Impression de terrible cornada. Celui qui, quelques moments avant, invectivait le torero, fut soudain la cible de la foule désarçonnée. L’angoisse imposait un coupable...
    
« El Juli », à 18 ans, est déjà  de ceux qui, dans l’histoire taurine, rejoindront les Joselito « El Gallo », Luis Miguel Dominguin... Nous ne le voyons pas ainsi, mais nos petits enfants, futurs aficionados des années 2050, le liront dans leur « Cossio électronique », tout en parlant du nouveau « Torocop » et de son épée intersidérale... « Il y a longtemps, vers 2001, il y avait un torero... On l’appelait « El Juli » ». Sidérant !
     
18 ans et tout l’honneur du Toreo ! « Chapeau, Monsieur Juli ! « Que descanse, que se ponga bueno ! » L’Histoire continue. La vôtre ne fait que commencer... »

     5 Juin – Madrid (Las Ventas) – 24 ème de Feria – No hay billletes – Beau temps – Vent : L’atmosphère est lourde. Déjà, des voix discordantes dans les tendidos. Certains miaulent  à l’apparition des taureaux... Mauvaise foi ! Mala leche ! La corrida est de présentation irréprochable : Trois Guardiola Fantoni  (1, 4 et 5ème) et trois de Guardiola Dominguez (2, 3 et 6ème). Les Villamarta sont là. Pas faciles, encastés, ils ne tomberont pas. Les « miau miau » du Tendido 7 ne sont qu’aigres diffamations de quelques « amargados de la vida »... On les plaint ! Corrida difficile, demandant technique lidiadora et courage. Si, de plus, on ajoute toreria, personnalité, on aurait pu aller vers le triomphe, en particulier avec le cinquième, excellent. Le Juli s’en allait vers un nouvel exploit, mais le sort en voulut autrement.
    
Le toro « Anglo », 627 Kgs », de Guardiola Dominguez, mit un coup d’arrêt à la corrida. Le Juli avait été presque parfait : Bien à la cape, très attentif à la lidia, il avait sauvé son picador Salvador Herrero, mal tombé à la deuxième rencontre. Au quite, le Juli avait soulevé toro et public, par de grandes tafalleras. Les banderilles, sur le piton droit - (Il n’ose pas encore « partir à gauche », dans les grandes occasions, mais cela viendra) – avaient été applaudies, sans histoire. Avec la muleta, firmeza et  intelligence. Toro « tête haute », torero « bien dans sa tête ».... Tout indiquait le succès imminent. Puis, l’horizon bleu se déchira... Dans une naturelle, la corne suivit un instant la muleta, et tout à coup, obliqua droit dans la cuisse gauche du Juli. Le piton entra, pénétra la chair, ressortant de l’autre côté, envolant le corps du jeune diestro dans une vilaine cabriole. Tout le monde hurla, sur les tendidos, devant les télés... Les mains sur la tête, au point de se sentir mal, comme le père du torero, dans le callejon. Una cornada de caballo ! Cela va si vite, et si lentement... Tous se précipitent sur le corps que vient d’abandonner, enfin, le toro. Tous au quite, tous au secours. Les collègues, les peones, le mozo de espada et, claudiquant, « El  Soro », toujours torero, qui évitera que le jeune blessé, inanimé, n’avale sa langue... Sur la cuisse gauche, un trou béant d’où s’échappent des lambeaux de soie et de chair... Sale impression ! La blessure ne saigne pas beaucoup, mais... sale impression.
    
La corrida ne s’arrête pas là, mais, le ressort est cassé, d’autant que les nouvelles n’arrivent pas vite, depuis l’infirmerie. Victor Puerto a été bien, en torero « de tête et de coeur ». Il connut son moment de gloire, face au bon cinquième : Début de faena à genoux, continuant ainsi, « toréant vraiment » trois derechazos. Puis, debout, une passe changée dans le dos. Vaya ! Hélas, la faena connaîtra un passage à vide, le toro baissant, en même temps que la superbe du torero. Les dernières séries et les adornos toreros ne permettront pas l’ultime réconciliation, et demain, on dira « Victor Puerto... Bien, mais il a laissé passer le cinquième... »
    
Rivera Ordoñez va mieux, mais... Torero au répertoire bien trop court, aux gestes bruques, à la moue peu engageante, il n’arrive pas à transmettre au tendido, cette force, cette caste, ce courage sec, que lui a transmis son père. Larga à genoux, quite un peu embrouillé, quelques naturelles bien tirées, parmi d’autres « forcées »... Difficile de s’y retrouver. Il dut prendre trois toros et le fit en torero et en vrai matador de toros. Certes, cela ne soulève pas la foule, mais son actuacion reste pleine de dignité. Attendre encore...
    
Le public balança, toute l’après midi, entre « palmas y silencio », Victor Puerto entendant une ovation au cinquième. En fin de corrida, le bulletin médical disait : « El Juli présente une cornada de pronostic « peu grave » et des coups « partout ». Blessure de 20 cms d’extension au triangle de Scarpa de la cuisse gauche, la corne déchirant la peau, les tissus subcutanés, et arrachant le muscle antérieur. Elle frôle les vaisseaux principaux sans les toucher. La blessure est très spectaculaire, très sale, pleine de terre et de débris divers. Opération sur place et transfert à La Fraternidad ».
    
Pronostic « menos grave », mais Le docteur Maximo Garcia Padros veille ! On attend les réactions du blessé et quelque imflammation possible. Todos toreros ! « Que se ponga bien Juli, Matador ! »

 

DEUX CHEVAUX S’EN SONT ALLES...

    Madrid – 6 juin : Hier, deux des chevaux des frères Domecq, horriblement blessés samedi soir, ont succombé à leur graves lésions. Il avaient pour nom « Maestro » et « Coqueton ». Le souffle de l’explosion, les flammes, le fumée, la chaleur, avaient brûlé leur trachée, leurs bronches.. Tout « à l’intérieur » était à vif. Les pauvres « avaient respiré la mort »... Voilà, c’est fini ! Ils sont partis « toréer les nuages », enfin en paix, loin des hommes, à la fois, « si bons et si cons... »
 

TOLOSA...AFICION Y « AMISTA... »

     Quand Juin arrive, on s’y prépare... On sait que, dans quelques jours, on se retrouvera, pour de vrais et bons abrazos, loin des faux semblants, loin des regards tordus et des mauvais sourires. Ici, « fuera mariconadas ! », les hommes sont durs et les poignées de mains font grimacer ! Mais pour une fois, en se massant les cartilages, on est vraiment heureux, contents d’être « entre amis ». Quand Juin arrive, on a rendez vous à Tolosa.

     La plaza est comme les hommes : sévère, à l’extérieur, presque « peu engageant »... Mais à l’intérieur, elle est comme « l’âme basque », quand on y est entré : solide, fière, forte et douce à la fois.
     Le soleil en éclaire les tendidos. Tout est bien rangé. La contre barrière est de blanc et vert égayée. Ils sont fièrs de leur plaza. Comme ils ont raison... ils l’ont reconstruite, presque pierre par pierre, et lui ont redonné le lustre d’antan. Maintenant, reste à lui donner cette « catégorie » que toute plaza, même de troisième, essaie d’atteindre. Alors, chaque année, en toute aficion, avec sérieux et pleins d’espoir, ils imaginent, pèsent et soupèsent le pour et le contre, cherchent dans leur mémoire, les encastes les plus favorables, les cartels les plus « redondos »... Ils ne sont pas riches, font et refont leurs calculs, la tête pleine de questions. Mais quand arrive l’heure du paseo, pour peu qu’il fasse un peu soleil et que le tendido soit bien rempli, ils sourient et vous « embrassent vraiment ». Ils sont comme ça, ceux de Tolosa, et c’est un vrai plaisir de les retrouver, en toute aficion, en toute amitié, même si l’on sait bien que la corrida ne sera pas « de las de Madrid »... Et l’on ne demande pas ça, d’ailleurs .
     Personne ne s’y est trompé, surtout pas les Peñas et clubs Taurins « du Nord », qui font le déplacement de Tolosa, pour une journée de bonne gastronomie, de bon vin et de grande amitié, toute simple, toute vraie, comme une bourrade qui accompagne le « on est content de vous voir ».

     Cette année, Tolosa reste fidèle... Le Juli vient de tomber. Dommage ! Il revenait, avec ceux qui, l’an passé, avaient donné le meilleur d’eux mêmes : Eugenio de Mora, Bautista, Abellan. C’est un coup dur. Espérons que ceux qui ont réservé ne renonceront pas.
     Tolosa, deux jours de corridas, les 10 et 24 Juin ; un grand concours de recortadores, le 17 Juin, et , tout autour de la San Juan, des animations, de la musique et de la joie dans les rues. Asi es Tolosa ! Asi de sencillo... Aficion y amistad...
     Dimanche 10 Juin : Toros d’Alcurrucen, qui avaient donné grand jeu, l’an passé, pour Abellan, Javier Castaño et le remplaçant du Juli. Y aura t’il un vétéran « devant » ? Y aura t’il « un autre jeune » ? On va le savoir très vite.
     Dimanche 24 Juin : Les Jandilla de Fuente Ymbro, pour Jesulin, qui revient à Tolosa, Eugenio de Mora, le triomphateur total de l’an passé, auteur d’un des grands moments de la présente San Isidro, et Juan Bautista, qui fut « énorme », en plusieurs moments, l’année dernière. (Voir Temporada 2000 et galeries photos 2000)

     Tolosa - Renseignements et réservation – Téléphone 00 34  616 339 894 et Fax : 00 34 943 65 51 22
     Tolosa et son site internet : http://www.geocities.com/torostolosa/indice.htm.
     On peut aussi louer à l’Office du Tourisme de Bayonne : 05 59 46 01 46

     Bon voyage ! Bonne route ! Bonnes corridas !

 

« LAISSER PASSER » UN TORO...

     7 Juin : C’est une drôle d’impression. Tout en étant très humble, sachant  qu’on n’oserait même pas « penser à faire le paseo »... Tout en gardant le plus grand respect pour le torero, on a un drôle de sentiment. On est aficionado, on a quelque connaissance, quelqu’idée de la technique... On connaît le torero en piste et ses capacités, son immense courage. Alors, quand il rentre au burladero après « la faena qu’il n’a pas faite », on a du mal à lui sourire vraiment, et même le « enhorabuena » des copains sonne faux. « Estuvo muy bien ! » essaient de se convaincre ceux qui doutent, mais ne peuvent expliquer pourquoi. Un malaise ; « des entournures » qui gênent un peu... 
    
« Estuvo muy bien ! » martellent les pros... Pourtant, on est loin du « Aayyyy señor, que bien estuvo ! ». Du coup,on s’en va, des questions plein la tête... « J’ai l’impression qu’il a été « en dessous »... Quelque chose a du m’échapper ! ».
    
Alors, on rentre et l’on s’attable. La tête encore bourdonnante, on se met à déguster le petit plat que sa femme a fait mijoter avec amour, tout en râlant un peu parce qu’on arrive à dix heures du soir, depuis 25 jours... «C’est bien bon... pourtant, il manque quelque chose ! », mais on ne peut dire quoi... Alors on se tait, on mange, et on lui fait un énorme bisou... « Que bueno ! »
« Señor Pepin Liria... allez savoir pourquoi, on a l’impression que vous avez laissé passer un toro, hier, à Madrid... mais bon, quelque chose a dû nous échapper... Alors, « Estuvo muy bien ».... 

     6 Juin – Madrid (Las Ventas) – 25 ème de la San Isidro – Plein – Beau temps : On ne retrouve plus les Conde de la Corte. Ni dans leur trapio, ni dans leurs défauts et qualités d’antan. C’est à la fois bien mieux  et « plus pire ! ». Souvenez vous... 1968 : Ordoñez confirme l’alternative de Miguel Marquez. Les deux triomphent, et de quellle manière, devant un corridon du Conde de la Corte. Du trapio à revendre, des pitons droits vers le ciel, veletos. Des « cages », imposantes, mais souvent des pattes bien faibles. On les appelait « les colosses aux pieds d’argile »... Ils sont tombés bien bas, mais remontent la pente, doucement. Ils ne tombent presque plus... ya es algo ! Cependant, les idées sont loin d’être claire, et la noblesse qu’impose le nom semble vouéé aux oubliettes... « Monsieur le Comte, vos toros sont devenus des spadassins à la solde de quelque prince noir, qui vous attendent, la nuit, au coin d’une ruelle trop noire... Pouah ! »
    
Trois du Conde de la Corte (1,3, 6ème), mansos au cheval, très difficiles à la muleta, sachant « ce qu’il laissaient derrière eux », prenant une passe, deux peut-être, essayant de planter le torero, et de vilaine façon, à la troisième. Du Sentido, et de la force. Media casta y mala leche ! Le 4ème était un remplaçant de Sanchez y Sanchez, très armé, « manso y manso »... Restent deux toros de Maria Olea, sortis 2 et 5ème. Ils sont « de la famille de Monsieur le Comte... » et lui restèrent fidèles, surtout le cinquième. Mais, manso au cheval, le deuxième arriva fort à la muleta, et , vaincu, convaincu par les doblones de Liria, se mit à venir droit et long, répétant noblement  ses charges,  déclenchant au moindre toque. Un grand toro, semble t’il... mais...
    
Mais, Pepin Liria, torero de Cehegin, guerrier décoré de mille médailles héroïques, se mit à le toréer, montrant à tous la qualité du bicho. Sa première série, quoique forcée et perfilera, mit l’eau à la bouche. Il se redressa un peu au début de la seconde, mais la termina en tire bouchon. On se dit « Nada !, c’est pour maintenant ». Une autre série, à droite, et un joli pecho... puis des naturelles, rapides, fouettées...Des applaudissements crépitent, puis baissent d’intensité... Les passes se succèdent, souvent bonnes, mais « la faena » ne vient pas... Liria tua d’une demie très tendue et d’un descabello « sans bavure ». Le public lui fit ovation, mais beaucoup se posaient la même question : « Que paso ? » Le cinquième était un « fer à repasser » ambulant, et Liria ne mit pas la vapeur. Mal à l’épée, picotant sept descabellos.
    
Oscar Higares débuta bien, et finit mal, comme souvent. Pour excuse, la sale cogida que lui infligea le toro d’ouverture, qui changea dès les premières séries, retournant sec, s’arrêtant dans la suerte, la tête aux épaules du torero. Au sortir d’une naturelle, Higares est pris, s’envole, tombe méchamment. Le toro le piétine consciencieusement et s’asseoit dessus. La suerte du rouleau compresseur ! Sonné, aplati,  roué de coups, le torero revient au combat. Rien que pour cela, admirable. Le quatrième, au sortir d’une passe, lui écrase le pied, faisant trébucher Higares qui roule et se sauve. Pas à dire, Higares, au cours de cette corrida, « n’a pas pris son pied », et nous non plus...
    
Padilla a eu deux moments toreros, face à deux carnes. Les deux dernières paires de banderilles au troisième levèrent des ovations et quelqu’espoir, d’autant que le Jerezano fit un joli brindis au Juli, via les micros et caméras. Mais il fallut vite déchanter, le toro tournant court, et le torero restant à court d’idées. Face au sixième, le Cyclone de Jerez « souffla un peu », laissant tomber sans autre forme de procès. A la sortie, on dit qu’un aficionado lui en fit reproche. Les membres de sa cuadrilla ont eu, dit on, beaucoup de mal à maîtriser la caste que Padilla n’avait pas eu dans le ruedo... Mais ça, c’est des « on dit »...
    
Ce 7 Juin, corrida de Cuadri... Le Zotoluco mexicain arrivera, accompagné d’Efren Acosta, son picador qui, une fois réglées ses affaires avec la Justice Espagnole, pourra démontrer « el buen arte de picar un toro ». On en a besoin. A leurs côtés : Manolito Sanchez et El Tato, qui ont besoin de relancer « les réacteurs ».. (Petite allusion à une reseña de Georges Dubos, en 1970, à Mont de Marsan, où il parlait de Damaso, face aux « Cuadri réacteurs »)...

 

CAPTIEUX... L’OVALE ET LE ROND...

     Fête du Rugby et du Toro, les 9 et 10 Juin à Captieux... Ils ont toujours fait bon ménage, donc, pas étonnant de les trouver « al alimon », en terre landaise.
    
Rugby, le Samedi, avec des anciens qui jouent, des filles qui en décousent (« planquez vous, cela va faire du rafut ! »), et le soir, au coin d’un petit rosé ou d’un ricard, finale du championnat de France, sur grand écran. Convivialité, rugby passion, aficion....Grande soirée en perspective.
    
Le lendemain, c’est de toros qu’il s’agit. On remettra le « Traje de Oro 2000 » à Julien Lescarret. Bien, mais que cela ne lui tourne pas trop la tête, « como a otro que yo me sé »...
    
Puis, le soir, Novillada piquée. Un joli cartel : Novillos de Pedres, que les aficionados du Paul Ricard, ont distingués comme les meilleurs, l’an passé. Pour le Affronter : Luis Vital Procuna, portugais  de haut vol, brillant à la cape, excellentissime aux banderilles, ayant fait de gros progrès à la muleta, comme démontré à Madrid – Julien Lescarret, « qui avance » et fort bien. Nîmes vient de lui faire triomphe et du coup, « on passe à la taille au dessus ». Suerte, car, quand on aime bien, on exige bien ! – En troisième, Salvador Vega, qui se présente en France. Une méchante cogida l’a privé du Trophée des novilladas de San Sebastian, en mars, mais, il est torero à voir absolument. Double personnalité  du Malagueño, capable de toréer très, voire trop, technique, faisant penser un peu à l’Espartaco des années 90 (un peu « fuera de cacho », un peu de pico, un peu retorcido, mais, on « fait passer » 99% des toros), puis, soudain capable de totalement se relâcher, sculptant sur place de magnifiques et lentes arabesques.
     Salvador Vega, à découvrir ou à revoir. C’est à Captieux, et c’est pour dimanche.

 

EN BREF.... EN BREF.... EN BREF....

     7 Juin : El Juli se remet, mais cela prendra plus de temps que prévu. Pour le moment, intenses douleurs et problèmes à quelque vertèbre. Ce qui inquiète : la masse musculaire et la peau arrachées par le piton. Un greffe sera nécéssaire, puis, il faudra reconstruire tout cela... On parle de 25 jours. Pour le commun des mortels... un an , et encore... avec une jolie kiné !
    
7 Juin : Morante de la Puebla remplace le Juli, samedi à Avila et dimanche, à Tolosa. Que bueno !
    
7 Juin : On parlera de la Corrida de la Bienfaisance. Cartel modeste, quoique respectable : Encabo, Ramirez et De Julia, face aux Victorinos de monsieur Martin... Attention, c’est là où l’on va voir si, « hors abono », Don Victorino est capable de remplir Las Ventas...Apostamos que no !
    
7 Juin : Jose Tomas va être fixé sous peu. L’acte d’accusation est signé, et il n’est pas piqué des vers : Refus de combattre, provocation, désobéissance à l’Autorité... Son « coup de stromboli » du 1er Juin 2001 peut lui coûter, en plus de quelque mépris, beaucoup d’argent, et l’interdiction de toréer, pendant quelques heures... Après la lumière, on passe à l’ombre... L’important est de ne pas y rester.

 

LES CUADRI FREINENT ACOSTA...

     8 Juin : « Oui, bon... pas terrible comme jeu de mot ! » Mais on peut le tenter, d’autant qu’il résume assez bien la corrida d’hier, en plaza de Madrid, où faisait sa réapparition le fameux picador mexicain, Efren Acosta, héros de la dernière feria de Otoño.
    
En délicatesse avec la Justice Espagnole, il s’était fait attendre, et avait perdu l’occasion de briller, notamment à Séville, devant les Miura. Aux ordres du Zotoluco, Efren Acosta revenait à Madrid, et, face aux Cuadri, « on allait voir ce qu’on allait voir... ». La feria souffrait autant de mille puyazos traseros, que le Giro d’Italie, de « kilos de tricherie » en tube. Il était temps de mettre de l’ordre dans la maison !
     
Efren Acosta, légende vivante du « buen arte de picar », sortit au quatrième. Comme auparavant, il cita le toro, pointe levée au ciel. Comme auparavant, il aguanta la charge, superbe, se campa sur ses étriers, visa... et la puya tomba au milieu du dos. Traserisimo, le puyazo du ténor méxicain... Du style « Tu la vises... et tu la manques ! » Dans le callejon, ou devant les télés, les « collègues picadors » se marraient doucement et « s’en reservaient une » à la santé du toro qui joua ce bon tour à celui qui ne s’était privé de les brocarder, en octobre dernier. Un Cuadri l’a ramené à plus de modestie... En somme, une sorte de « efrenazo ! ».
    
De fait, ce sera le point d’orgue d’une corrida qu’on prévoyait dure, mais qui ne le fut pas, les Cuadri sortant, pour la plupart, nobles et faibles... Décidément, on ne sait plus à quel saint se vouer... Le grand picador « carioque » à tout va ; les mastodontes jouent les enfants de coeur ! Le premier de la tarde fut un grand toro, à prendre au sérieux, quand on distribuera las prix et trophées. Son nom : « Olé-olé » ! Faut le faire ! Oui vraiment, les temps changent. Que podemos hacer ?

     7 Juin – Madrid (Las Ventas) – 26 ème de la San Isidro – La plaza ne s’emplit pas – Tarde agéable : La corrida de Cuadri est sortie, bien présentée mais trop lourde. Plusieurs toros furent protestés, mais aucun ne fut changé, et c’est bien ainsi. Montrant quelque faiblesse, les Cuadri surent « se tenir », trois d’entre eux se révélant nobles et brillants (les 2, 4 et 5ème), le premier « Olé-Olé », de 540 Kgs, frôlant la grande classe.Le mauvais sort s’acharna sur El Tato qui réussit à tirer les deux carnes, dans un même lot.
    
Très bon début de faena du Zotoluco, face au grand premier. Un peu « secoué » par les protestations du tendido rebelle, le diestro mexicain reprit le dessus et fut remarquable, tant que dura le toro. Deux grandes séries, sur les deux mains. Avec temple, cadence, « à fond le vibrato ».. Puis, le torero flotta un peu, et le toro baissa de ton, tout en gardant sa grande noblesse. Zotoluco donna encore deux grandes naturelles, mais sa faena n’a pas décollé. Après un pinchazo et une entière basse, il salua une ovation percée de quelque désaccord strident. Dommage. Après l’échec de son picador, Zotoluco se montra plus fade, face au quatrième, qu’il descendit en six passages bien bas, écoutant... le silence – Manolito Sanchez tua bien, ce qui est rare, chez le blond de Valladolid. Malheureusement, et une fois de plus, « apunto... pero no disparo ! ». Toujours de bons détails, toujours quelque muletazo de haut vol, puis, on redescend pour un triste quotidien. Silence au deuxième, division des opinions, face au bon cinquième – Tato n’eut pas de chance au sorteo. Le troisième, qu’il reçut magnifiquement à la véronique, finit reservon, tête en l’air, par moment très violent. Le sixième propulsa en l’air le picador José Benitez  et faillit le mettre sur orbite... Tato esssaya bien d’endiguer ses mauvaises intentions. Il lui en coûta un méchant vol plané. Silence sur toute la ligne pour l’aragonais, bien mal payé de ses efforts.
    
Ce 8 Juin, « l’avant dernière », avec les fameux toros de Doña Dolores... Grands, pointus, indisciplinés, ils peuvent vous faire couler, ou vous emporter au ciel... A part le Juli, les « figures », qui avaient parié sur « le geste » de prendre « du dur », pour cette San Isidro, se sont plantées, et de quelle façon ! Voir les « aventures de Saint Tomas... ». Avec un seul contrat, face aux toracos de la Dolores, voici Enrique Ponce qui fait son pari... En grande forme, plus technique, mais plus libéré que jamais, Enrique Ponce peut « renverser » la feria. On le lui souhaite. L’accompagneront : Juan Mora, dont on attend toujours quelque joli mot, au milieu de grandes phrases vides, et Eugenio de Mora, qu’on aura plaisir à voir, après sa blessure et son triomphe du 22 Mai. A rematar la Feria. Ne pas oublier que, de bon ou « mal gré », Eugenio de mora est le seul torero à avoir coupé deux oreilles à un même toro, au cours de cette feria 2001. Suerte !

 

BAYONNE ... BAYONNE...

     8 Juin : Présentation des cartels de la saison 2001, en plaza de Bayonne. A l’heure où le soleil sera au zénith, ou presque, la plaza de Lachepaillet écoutera avec attention, la liste de ceux qui la feront vibrer, cet été.
    
Fête nationale et la corrida « en bleu blanc rouge » - Fêtes de Bayonne et les toros « de fuego » !  - Fête de l’Assomption et deux corridas encadrant « l’autre » tradition taurine -  Puis, le feu d’artifice final, avec les deux courses de Septembre, authentiques cartelazos, les hommes et les toros se pertageant la grande affiche. De quoi vous laisser « baba ! ». Normal, on est à « Ba Bayonne... »
    
Bien entendu, et contrairement à certains, on ne déflorera aucun petit secret, mais d’ores et déjà, on sait que plusieurs cartels valent le déplacement. Mais chhttt, pas un mot au Roi Léon !!
    
Annoncés « entre midi et deux », les cartels seront à votre écran, le temps d’un apéro et de quelques mots d’amitié ! Santé !

Cartels annoncés : 

Samedi 14 Juillet (18 heures) : 
Novillada de Ana MARIA BOHORQUEZ pour Javier VALVERDE- Julien LESCARRET -César JIMENEZ
Dimanche 15 Juillet (18 heures) : 
Corrida de SAN MARTIN pour Richard MILIAN – Stéphane FERNANDEZ MECA - Sébastien CASTELLA
Samedi 4 Août (18 heures) : 
Rejoneo : Toros de Benitez CUBERO pour Leonardo HERNANDEZ - Pablo HERMOSO de MENDOZA - Alvaro MONTES
Dimanche 5 Août (18 heures) : 
Corrida de Cebado GAGO pour Juan Jose PADILLA - Antonio FERRERA - Francisco MARCO
Dimanche 12 Août (11 heures) : 
Novillada sans picadors de Erales de Santafé MARTON pour Curro REYES - Jonathan VEYRUNES - Manuel ESCRIBANO - David GALAN
Dimanche 12 Août (18 heures) : 
Corrida de ATANASIO FERNANDEZ pour Enrique PONCE - Juan BAUTISTA - Javier CASTANO
Lundi 13 Août (22 heures) :
L'Andalousie à cheval
Mardi 14 Août (22 heures) :
Corrida Basco-Navarraise
Mercredi 15 Août (11 heures) : 
Novillada sans picadors de Erales de Santafé MARTON pour Fernando CRUZ - Antonio RONQUILLO - Curro LUNA - Rafael VIOTTI
Mercredi 15 Août (18 heures) : 
Corrida de Javier PEREZ TABERNERO pour Manuel CABALLERO - Victor PUERTO - Eugenio de MORA
Samedi 1er Septembre (17 heures 30)  : 
Corrida de Luis ALGARRA pour Curro VAZQUEZ – Jose TOMAS - EL JULI 
Dimanche 2  Septembre (11 heures)  :
Finale des novilladas sans picadors : Erales de la Ganaderia de l'Astarac pour les deux triomphateurs du mois d'Août
Dimanche 2  Septembre (17 heures 30) : 
Corrida de Victorino Martin pour Stéphane FERNANDEZ MECA - Enrique PONCE - Miguel ABELLAN

 

ENRIQUE PONCE A FAIT SA « B.A »....

     9 Juin : Que dire d’autre ? Plutôt que d’être méchant avec la « Señora Ganadera » que l’on respecte pour sa classe et sa gentillesse, mais qui devait bien, un jour, vivre l’envers de la médaille du snobisme qui entoure ses toros... Plutôt que de faire un long compte rendu des essais voués à l’échec des toreros face à « une saleté imbuvable », on dira seulement que Enrique Ponce, « figuron dela Toreo », que Madrid doit absolument démolir d’entrée, parce qu’il est « Figuron del Toreo », est venu, a fait sa B.A, sa bonne action, comme un bon scout, et s’en est allé triompher ailleurs, faisant des gestes d’en d’autres plazas, où on le respectera, où on le laissera toréer, par exemple, à Valencia ou à Bayonne, devant les Victorino Martin....
    
Madrid a toujours « monté  les toreros », pour mieux les démolir ensuite... Seulement voilà, « il faut » venir à Madrid... Tout comme d’autres toreros du haut diu panier, Enrique Ponce a, cette année, fait le choix de passer par Madrid en s’affichant devant une corrida dure...  Un mauvais moment à passer, mais, en fin de compte, il vaut mieux cela que de se faire siffler en toréant bien un toro dit « commercial »...
    
Techniquement, un torero comme Enrique peut « s’envoyer » tous les mansos de la Dolores, (et il y en a plusieurs wagons »), et, on ne sait jamais, parmi ces moruchos, l’un pourrait tout à coup « se laisser », donnant une dimension importante au toreo du valenciano. Alors, partout on ne parlerait que « de la faena de Ponce « avec le Dolores Aguirre ». C’était un pari, comme celui de Joselito, comme celui de José Tomas...Eux aussi pensaient que peut-être, malgré la mauvaise qualité probable des Partido de Resina, ou des Adolfo Martin, il pouvait y avoir un miracle, et que peut-être, on allait parler de « la faena de Joselito, en 2001, avec le Pablo Romero », ou « du monumental moment de Tomas, devant le toro de « Don Adolfo »...
    
Ils ont parié, ils ont perdu... Surtout Jose Tomas, qui a, d’un coup, « plus que perdu », en affichant un profond mépris de sa profession et du public... Sinverguenza ! Voyons donc comment il s’en sortira. Comment traitera t’on un grand, quand on voit comment est traité un modeste... Jose Antonio Canales Rivera vient d’être condamné à une multa de 2 millions de pesetas pour avoir refusé de tuer un toro, dans une plaza de troisième catégorie... Combien pour José Tomas, à Madrid, devant le Roi et le monde entier ?  Joselito a aussi perdu, mais sans grand dommage. Il a été comme on pouvait s’attendre à le voir. Il a été « presque mieux », en particulier avec les Pablo Romero.
    
Hier, Enrique Ponce a été digne et torero. Madrid l’a sifflé, mais sans sadisme, tout en se disant... « Bon, on va un peu le mettre en boîte, mais au fond, c’est un sacré torero et même avec ces carnes, impossibles, il est drôlement bon, serein et en un mot, torero ». Alors, malgré l’ambiance, Ponce est venu, a tiré de belles lignes avec ses deux mansos et s’en est allé ailleurs...
    
Pendant ce temps, un jeune garçon de 18 ans, « torerazo » magnifique triomphateur de la San Isidro, est rentré chez lui, endolori, la cuisse gauche arrachée par un Guardiola, après avoir obligé Madrid à se découvrir devant sa toreria, son courage, sa volonté de triompher... On l’appelle « El Juli ».
    
Enrique Ponce n’a pas triomphé. On pouvait s’y attendre. Il est passé  par Madrid, qui a oublié ses gestes, et ses « gestas » (« le Sepulveda » de 94, « le Valdefresno » de 96...), et préfère le siffler, dès le paseo... Il est passe, a fait sa B.A, et s’en est allé, comme « un bon garçon », bien éduqué, et immense torero...
    
Côté ganado, la réputation surfaite des Dolores Aguirre devait un jour éclater au grand jour. C’est fait : quelle saleté ! Mansada total, en cinq épisodes, sans présentation, sans aucune classe... Ne parlons pas de caste, voulez vous... Ou alors, de media, ou de mala... muy mala !  Des espèces d’autobus balourds, qui se baladent dans tous les sens, d’un air couillon, prenant un puyazo par ci, menaçant un banderillero par là, prenant ici trois muletezos suivis, on ne sait pourquoi, avant de « pegar un arreon de mucho cuidado », là, au moment où personne ne s’y attendait. Quelle m.... ! Pour le coup, un Victoriano del Rio, remplaçant renfort, sorti deuxième, se mit au diapason...
    
Donc, la reseña de cet avant dernier festejo de la Feria de Madrid 2001, ne mérite que trois lignes, et un immense respect pour les hommes qui ont fait le paseo et ont « aguanté le temporal », chacun selon ses moyens, chacun selon sa classe : Juan Mora, en provocateur ; Enrique Ponce, en vraie figure du toreo; Eugenio de Mora, en jeune promesse sortant de blessure, qui fit ce qu’il put devant deux carnes impossibles, au prix d’une voltereta dangereuse... Reprendre l’épée dans ses conditions... un bon moyen pour perdre le sitio.... Espérons qu’il n’en sera pas ainsi et que cette corrida ne sera qu’un triste épisode, vite oublié... 
    
« Si vas a Calatayud  (o a Bilbao )...ya no vale la pena preguntar por la Dolooooores.... »

     8 Juin : Madrid (Las Ventas) – 27ème de Feria – Llenaaaaazo ! – Du vent, toujours au mauvais moment : Cinq saletés de Dolores Aguirre, hautes, destartaladas, mansos fuyards et imbéciles spadassins. Un Victoriano del Rio, sorti deuxième, qui tourne au vinaigre. Pouah ! – Juan Mora : sifflé au premier, arracha quelques muletazos sur les allées et venues du quatrième. Du coup, en profita pour faire un bras d’honneur au tendido des chèvres... Ce qu’elles n’apprécièrent pas...bèèèèèè voyons ! – Enrique Ponce : Technique, torero, même en descendant le ciquième d’une méchante atravesada. Il essaya d’intéresser, à la fois les toros et le public, et sen sortit très dignement, malgré les opinions qui, chaque fois, se divisèrent – Eugenio de Mora  ne put qu’essayer de reprendre ses marques, en rentrant de blessure, à Madrid, devant deux « impossibles ». Il se fit prendre et « finit en bambinette » (traduisez, le bas ventre pudiquement caché, grossièrement enveloppé de bandages) Cela aurait pu être beaucoup plus grave. A l’épée, « il s’est souvenu » de la dernière cornada. Espérons qu’il oubliera vite, comme nous tous, cette saleté de « non corrida »...

     Ce samedi 9, Victorino se joue la première moitié de sa peau ! La seconde, ce sera pour la Bienfaisance. Est mal barré, don Victorino : Madrid se rappelle de sa mauvaise sortie de la Feria d’Automne, ratifiée quelque jours plus tard par la catastrophe de Zaragoza.... Madrid n’a pas apprécié le Victorino de la corrida de la Presse, dont « le manque de tout » a fermé la Grande Porte au Juli, alors que, pour une fois, le grand public était prêt à l’ouvrir pour lui... Madrid a entendu parler de la provocante moruchada de Nîmes... Cela fait « un peu beaucoup »... Alors, Madrid surveillera la présentation, les forces et « la présence »... Qu’ils soient bons ou pas, ce qui importe, c’est qu’ils soient « en vrais Victorinos » ! Le sorcier de Galapagar a douze opportunités pour convaincre que « Non, « ils » n’ont pas changé !..
    
En face : Espla, pour gigoter malignement... Caballero, pour donner des muletazos, des muletazos, encore des muletazos... Uceda Leal, pour quelque éclair de classe, furtif, mais qui ravit le photographe aficionado.