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ILS NE
VEULENT PAS « ETRE TOREROS »...
2
Juillet : « Le voilà encore qui grogne... » direz vous.
Jamais content ! Bien sûr que si. Heureux de la vie, du ciel bleu et
des oiseaux. Cependant, faut bien voir une chose : Les novilleros
d’aujourd’hui fonctionnent comme des « figuras d’hier ».
Bien habillés, ils défilent « muy toreros », et toréent
parfaitement, mais déjà sans cette flamme qui habitaient, (et qui
habitent encore, on l’espère), ceux qui voulaient « être toreros »...
A Roquefort, comme ailleurs, de jeunes hommes ont
toréé « presque parfaits », puis sont repartis vers une
autre plaza... Les chroniques
disent qu’ils auraient du « être bien mieux, avec leur novillos »...
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Pendant ce temps, à trois cents kilomètres plus
bas, un vieux monsieur s’habillait de lumières, à la poursuite de son
rêve : « Etre Torero ». Lui qui est, définitivement,
« Figura del Toreo » ; lui qui a derrière lui, des
centaines et centaines de toros estoqués ; lui qui a les poumons
« goudronnés » de tonnes de nicotine... Ese Señor, avec un
grand S, à 69 ans, rêve encore d’ « Etre torero ! ».
Son nom : « Antoñete »... |
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Aujourd’hui, dans le ruedo comme dans la rue,
les jeunes « pasan de todo »... et dans un vieux recoin
de l’Histoire, le vieux maestro vient murmurer, le souffle au bords des
lèvres... « Vous avez raison, profitez de la vie, du ciel bleu, des
oiseaux et du doux regard des filles... Mais « être torero »,
ce n’est pas ça... Etre « en torero », c’est vouloir être
le meilleur, devant chaque toro, dans chaque plaza, jusqu’à son dernier
souffle »... A ver si se enteran !
Hier, dimanche 1er juillet 2001, le
maestro « Antoñete » a porté ce que l’on souhaite être
« son dernier coup d’épée ». Ce fut un pinchazo, peu
glorieux, mais qui inspire à la fois admiration et rage rentrée... Voir
qui est capable de le convaincre de s’arrêter ? Por favor !
1er
Juillet – Burgos – 9ème de feria – media plaza :
Une corrida qui faillit entrer tragiquement dans l’histoire. Elle
restera une triste anecdote, d’autant que les toros lidiés ne passeront
pas à la postérité : Cinq de Jose Luis Marca, sans race et présentés
« douteux », et un de La Laguna, sorti en quatrième – Antoñete
donna quelques bonnes naturelles et attaqua, le souffle court, avec l’épée.
Ce fut un pinchazo, dont il sortit désarmé, en danger. Arrivé au
burladero, le maestro subit un grave malaise cardio respiratoire qui
laissa tout le monde en état de choc. Rapidement emporté vers
l’infirmerie, puis l’Hôpital General Yagüe, Antoñete a été réanimé,
assisté au plan respiratoire et mis en observation. Dorénavant, l’Académie
lui interdit de se mettre devant un toro... Suivra t’il cette
recommandation ? A voir. « Au cas où »... on notera que
ce toro, présumé dernier de la longue carrière du Maestro Antonio
Chenel « Antoñete » s’appelait « Colino », de
Jose Luis Marca. Mais, à n’en pas douter, il faudra, un jour, « changer
d’éphéméride », car « pitillo tras pitillo », Antoñete
continuera de rêver « en torero »... – Victor Puerto dut
prendre trois toros.. Il sut mêler plusieurs styles, et coupa deux
oreilles au sixième – Abellan se montra volontaire, mais l’oreille
coupée au cinquième ne passera pas de la simple anecdote. Ce
jour, à Burgos, un torero aurait pu mourir, là, sous les caméras
de « Canal plus »... Histoire
des temps modernes !
1er
Juillet – Algesiras : Dernière de Feria – Media plaza :
Corrida de Manolo Gonzalez et Sanchez Dalp. Quatre toros intéressants,
mais la présentation fut par trop inégale – Ortega Cano donna quelques
détails (ovation et applaudissements après avis) – Jesulin de Ubrique
se montra particulièrement brillant, dans son style actuel, mais agrémenté
de son desplante à genoux, dos au toro. Oreille chaque fois et la seule
sortie « a hombros » de toute la feria – Rivera Ordoñez
« flotta » devant son premier, mais mit toute la gomme, face
au dernier : Trois largas, delantales, début à genoux et de bonnes
séries templées. Hélas, à l’habitude, il pincha beaucoup... (Palmas
et ovation).
1er
Juillet - Soria : plus de ¾ de Plaza : Double triomphe
de Joselito qui, décidemment, attaque très fort la deuxième mi temps de
la temporada. Triomphe ganadero, tout d’abord, avec trois bons toros
lidiés, dont l’un, sorti sixième fut honoré de la vuelta posthume. Il
s’appelait « Cachito » - 568Kgs. Les trois autres étaient
de Martin Arranz, et sont mal sortis – Joselito « matador »
se montra excellent face au premier, dont il coupa les deux oreilles,
sortant « en double triomphe », après avoir règlé son
compte au quatrième, en silence – Finito fut à son affaire devant le
cinquième. Toreo « fino », averc une oreille à la clef –
Le grand bonhomme de la tarde a été Manolo Caballero, en net regain de
forme. Grosse faena, mais carence à l’épée. Curieux, lui qui est un
des plus réguliers : l’estocade ou la demie, tendue, en arrière,
n’a pas fonctionné.Oreille chaque fois, avec un avis au dernier. Mais,
voilà qui est intéressant : Joselito et Caballero reprennent,
enfin, du poil de la bête...
1er
Juillet – Teruel –1ère de Feria – plus de media
plaza : Toros d’Adolfo Martin, dans la ligne des précédentes
sorties, c’est à dire, vilains, mal armés et de comportement douteux
– Tato a été très bien, prenant trois toros , se montrant « torero »
sur chaque intervention : Silence, ovation et oreille au sixième,
qu’il estoqua en place de Padilla – Juan Jose Padilla se montra décidé
avec cape et banderilles. Faena musclée, mais cogida et cornada légère
en portant l’estocade : 10 cms cuisse droite. Cela fait trois, pour
Padilla, cette année... Beaucoup. La cuadrilla donna vuelta – Alberto
Ramirez fut en torero fino, presque translucide (Applaudissements et
ovation)
1er
Juillet – Madrid – 1/3 de plaza : Quatre toros de Julio de la
Puerta, presque nobles, mais sans caste. Un manso d’Astolfi, sorti
troisième ; et un toro del Sierro, en quatrième, débutant manso,
mais s’améliorant au fil des muletazos – Manolo Sanchez n’écouta
que silence et quelques bravos, après un avis, au quatrième. On lui doit
les bonnes naturelles de la tarde – Malchance pour Javier Vazquez, qui
toucha le mauvais lot (Applaudi chaque fois) – Deux gros coups d’épée
de Jose Ignacio Ramos (Ovation et silence, respectivement).
1er
Juillet – Arles – ¼ d’arène : On célébrait le 50ème
anniversaire de la ganaderia de Tardieu. La corrida est sortie « très
sérieuse », et solide. Elle alla 19 fois à la pique, en styles
divers, et posa le problèmes que posent les toros de combat – Miguel
Rodriguez se fit prendre par le premier, recoudre un testicule par le
chirurgien, et revint toréer le quatrième pour terminer en vuelta al
ruedo. Une journée bien remplie. Ouille ! – Jose Manrubia se
montra vaillant, prenant deux volteretas devant son premier. Oreille et
ovation – Alfonso Romero fut le triomphateur de la journée, toréant
avec goût. Il coupa une oreille de chaque toro.
1er
Juillet – La Brède (Gironde) – ¾ de placita - « Ambiance
champêtre » : (De notre correspondante) Trois toros de
Jalabert, un de Los Bayones et deux novillos de Jalabert – Tout ce monde
est sorti « aimable », et justes de forces – Antonio Ferrera
et Francisco Marco coupent une oreille, Julien Lescarret fait « un
trophée », chaque fois. Mais, bon ! On pense à Marquitos,
qui, en quelques jours va passer de la corrida « aux champs »,
à la « bouilloire de Pamplona », avec des toros présentés
« en proportion »... Un certain changement...
1er
Juillet au matin – Roquefort des Landes – Media plaza : (De
notre correspondant) Grande et bonne novillada de Javier Perez Tabernero,
bien présentée et encastée. Excellents, les 4et 5ème –
Deux vueltas pour Lescarret qui parut « trop facile ». Aurait
il déjà « tout vu » ? On souhaite que non, pour lui...
et pour nous – Cesar Jimenez semble déjà « la star »
qu’il ne sera jamais. Tout bien, parfait, et au final, aucun souvenir :
Ovation et vuelta (Lescarret et Jimenez tuèrent mal) – Julien Miletto
se comporta en novillero rageur faisant un réel « gros effort ».
Oreille devant le troisième, et applaudissements face au dernier,
« le garbanzo du matin » !
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AU SECOURS ! ! !
3 Juillet : « Je suis pour la baisse de l’essence »
dit le ministre. « Aaaaah bon ? » disent les conducteurs
en dressant l’oreille.. « Il va donc baisser les taxes ! ».
Eh bien non... « Je vais faciliter l’installation des stations
dites « de grande surface »
et favoriser « à bloc » la concurrence, de façon à
ce qu’ils se bagarrent bien entre eux, voire s’entretuent en cassant
les prix, mais moi... je garde mes taxes. Pt’être même bien que je
vais les augmenter un peu. Na ! Du style, « un peu » pour
ceux qui sont à 39h, et « un peu plus » pour ceux qui sont à
35... Faut être logique ». Levée de boucliers ! Etat, le perpétuel
incompris ! « Les pauvres! Ils ne se rendent donc pas compte
que c’est pour leur bien »
C’est à peu près ce qu’ils doivent
penser, du ministre au dernier des secrétaires du Ministère Espagnol de
l’Agriculture, suite au tollé provoqué par la soudaine décision
d’interdire à la commercialisation et consommation toute viande issue
d’un animal « muerto a estoque », dans le cadre de la
bagarre contre la maladie dite de la vache folle. Du coup, du haut en bas
de l’escalafon des organisateurs de spectacles, on a sortit les
calculettes et... horreur ! On arrête tout ! Du coup, les
professionnels qui travaillent « dans l’ombre des costumes de lumières »,
(mozos de espada, ayudas, etc), prévoient une telle baisse des
spectacles, majeurs et mineurs, que le peu de cheveux qui leur restent sur
la tête se dressent bien haut. Tout le monde se met à hurler de concert et, déjà,
des menaces de grève plannent, comme autant de doutes... Chacun y va de
sa démonstration, chacun proteste de sa bonne foi.. mais tous prévoient
des jours terribles pour la Fiesta
Brava... C’est simple, ils ressemblent
à ...l’affiche de la Feria de Ceret. A croire qu’en bords de
Pyrénées, on avait prévu
le coup !
Ceret, c’est Fort Alamo ! Ceret,
c’est le dernier carré des « toristas toristas ». Imaginez
un peu : dans une plaza, grande comme un timbre poste, on fait sortir
de mammouths d’un autre âge. Grands, hauts, armés « comme ça »,
ils sortent, les toros de Céret, et font la nique à ceux de Vic... Les
toreros, un peu plus pâles que d’habitude, chaussent alors les crampons
de combat, troquent la montera contre le casque lourd. Les picadors
rembourent tout ce qui peut être rembouré, sanglent à double tour,
verrouillent toutes les écoutilles.. et se bandent les deux yeux... La
mer va être mauvaise ! Ceret des Toros... c’est Trafalgar! Et pour
annoncer le tout, « passez caisse et voyez affiche ! »
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Franchement ! Vous avez vu l’affiche de Céret ? Peu
engageante, non ? Dans un ciel d’apocalypse, un regard éperdu
fixe la trajectoire d’une épée rouillée que soutient une main
« des plus osseuses », un peu style cadavre ambulant,
tout droit sorti d’un clip de Michael Jackson, avant son dix neuvième
ravalement ...Une horreur ! On pense toujours à la
cuadrilla qui approche, dans la nuit, de la prochaine plaza. Le
pinceau des phares accroche soudain l’affiche et ... Au secours !
La camionette, toute seule, fait un demi tour digne de Jean Alési,
et s’enfuit en piaillant comme un chien dont on vient d’écraser
la queue ! A l’intérieur, les yeux hors de la tête, on
finit par se calmer, cent kilomètres plus loin... « Ozu...Vaya
zuzto ! Ezo que era ?». |
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Céret des toros... Céret de la tradition : A faire peur. Pas
à dire, c’est réussi. Cependant, on pourrait, quand même, attendre le
paseo, pour jouer au train fantôme... Cela dit, les cartels ne manquent
pas d’intérêt, bien entendu basés sur les toros et « les toros,
seuls »... Qu’on en juge :
Samedi 7 Juillet : Corrida, ou corridon, de Miura, pour Luis
Francisco Espla, un abonné ; El Renco et Fernando Robleño.
Dimanche 8 au matin, « Le »
cartel : Novillade de San Martin (Chafik) pour Sergio Aguilar, Julien
Lescarret, Cesar Jimenez. « On ne vous dit pas , les novillos ! »
Dimanche 8 Juillet : Corrida de
Barcial (Ben, bien sûr !) pour Le Bote, Miguel Rodriguez et Gomez
Escorial.
Des affiches qui restent bien dans la ligne de conduite adoptée
par Céret. On reconnaît, et on peut applaudir... Mais celui qui a peint
l’affiche... et celui qui l’a choisie... au milieu, là ! Et on
ouvre le porton. On verra alors si « seuls les Barcial »...ont
les pattes blanches ! No
puede ser !
Allez ! Suerte quand même, à « Céret des Toros
2001... »
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LES
BLESSES VONT MIEUX...
3 Juillet : Juan Jose Padilla se remet de sa cornadita de
Teruel, qui, a priori, ne remet pas en cause sa présence à Pamplona.
De son côté, « le vieux Maestro », Antonio Chenel
« Antoñete », a quitté Burgos et regagné sa sierra madrilène.
Le gros « susto » est passé... Mais cela fut « un gros
susto ! ». Cette fois, la Parque rôdait bien près, trop près,
et le matador lui même, a senti son souffle froid. Antonio Chenel
Albaladejo « Antoñete » a décidé qu’il arrêtait définitivement
de toréer. Une décision que l’on applaudit à quatre mains, tout en en
gardant huit autres pour le hisser a hombros, et lui faire passer la
« Puerta Grande » de l’Histoire du Toreo. Todo
un maestro, Señor Chenel ! Grand bon repos, au milieu
des vôtres, et, à bientôt de vous revoir « de paisano »
parler de toros, aussi bien que vous les avez toréés, « de lumières » !.
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PACO CAMINO.... UN QUI NE FAIT PAS DANS LA DENTELLE...
4 Juillet : Il fut considéré comme
l’une des grande figures des années 1960/70. Paco Camino, « le niño
sabio de Camas ». Un Figuron del toreo ! Pourri de talent,
cabochard professionnel, très amateur de sieste sur les coups de six
heures du soir, Paco Camino a drainé derrière lui des centaines
d’aficionados, suscité des tonnes d’espoir, provoqué des émotions
à foison... Un sévillan qui n’est jamais « vraiment entré »
à Séville, mais qui fut « le » torero de Madrid, l’un des
préférés des plazas du nord, avec Bilbao en tête de mât. Paco Camino
à la cape, rois des chicuelinas, données de face, le capote à mi
hauteur... Paco Camino et la muleta, citant à la naturelle et chargeant
la suerte. Paco Camino, épée en main... l’un des meilleurs, vers 1968.
L’apogée du maestro de Camas sera peut-être cette corrida de la
Bienfaisance 1970, à Madrid, où, en sept toros de sept élevages différents,
il donna un monumental cours de Tauromachie. Après cela... Apaga et
vamonos !
Depuis, le torero s’est retiré, comme
tous.. mais son âme « est » torera. Ses positions et ses
paroles restent bien campées dans le ruedo..et le talentueux cabochard
qu’il fut, ne manque pas, à l’occasion, de se lâcher sur le monde
actuel du toreo. Ainsi, il vient d’éclairer la deuxième conférence du
« Cours d’été de l’Université Rois Juan Carlos », à
Aguadulce, près d’Alméria, de quelques sorties bien senties. Jugez
plutôt :
« La faute de tout ce qui arrive
aujourd’hui, vient du toro (et donc des hommes). Quand on perd le sérieux,
on perd le toro. Mais quand le toro « est toro », on perd le
sourire ». (Bon ! A quelle époque, exactement, a t’on
commencé à « perdre » le toro ?)
De l’encaste Santa Coloma... « Si
on n’est pas forcé de devoir dominer le toro, le toreo ne vaut rien. En
plus du trapio, le toro doit avoir de la caste, de la mobilité, de la
bravoure. Sinon, il n’y a pas de toreo possible. J’aimais beaucoup le
Santa Coloma, parce que, en laissant le toro « un peu cru »,
il venait avec « grande alegria »... (Ca, c’est quand Paco
Camino avait décidé que...)
De Manuel Benitez... « El Cordobes » es
una figura ! et je
l’admire beaucoup. Il a été, dans son style, très important. De plus,
il a amené à la plaza, les mères, les enfants, même le Saint Esprit !
Et cela, c’est admirable. Il a été un grand bien pour la fiesta ».
(Et il en sait quelque chose, lui qui a souvent été « le telonero
du chevelu ». Paco Camino, à qui certains reprochaient son manque
d’ambition, a souvent toréé avec le Cordobes, profitant des toros que
l’idole avait choisis, profitant des foules omnubillées par le phénomène,
mais soudain surprises par la qualité du Camero; profitant du climat spécial
qui règnait dans unb ruedo lorsque s’y produisait Manuel Benitez. Ils
s’aimaient bien, même s’il y eut, un jour de 1965, échange de coups de poings, en plein ruedo d’Aranjuez. Ce
qui n’empêcha nullement de « sacrées soirées » ensemble, comme celle passée « en taule » à
Lima, où Paco Camino avait refusé de tuer un toro, en 1967. Rigolaient
pas, les péruviens. Pas comme les madrilènes !).
Du manque d’ambition du toreo actuel...
« Les toreros actuels n’ont pas d’ambition. On dirait des jeunes
filles. Ils s’embrassent dans le patio de caballos.. Eso
no puede ser ! »... (Vaya, En voilà un qui n’est pas
près de signer le Pacs... Nous non plus, d’ailleurs !)
De Madrid... « Les toreros
actuels ont peur de Madrid, et la fuient...
De mon époque, il en n’était pas ainsi. On y venait « à
pieds joints », même en remplacement. Quant à la Corride de
Bienfaisance, c’était un honneur d’y participer. Certains payaient, même,
pour y toréer ! » (Sévillan de Camas, Paco Camino fut
« torero de Madrid », arrivant, comme en 1969, à toréer cinq
fois, sur une « San Isidro » de 16 corridas... Pas à dire, il
sait de quoi il parle....)
Oui mais voilà... c’était hier !
Autre époque, autres moeurs !
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LE RETOUR DE JOSELITO ...
Il va falloir suivre du coin de l’oeil
les prochaines actuaciones de Jose Miguel Arroyo « Joselito ».
Se serait il soudain réveillé de la longue sieste dans laquelle il
nous a entraînés, à ses côtés ? Deux ans que son toreo est
un « zzzzzzzzz ! » permanent, quelquefois percé,
presque dérangé, par un « aaaaaah ! » de plaisir,
du style « Allons ! il a encore de beaux restes ! »
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Depuis quelques sorties, Joselito montre
une facette qui fait espérer, presque rêver. Cela a commencé à
Granada, le 16 Juin, avec le toro de Parlade. Puis, le 26, à Burgos, il a
été énorme, avec un Juan Pedro. Encore magnifique, le 29 à Ségovie.
Enfin, le 1er Juillet, il fait « carton plein »,
avec un toro de sa ganaderia. Double triomphe du matador, et du ganadero.
Mais, en regardant bien, il avait déjà montré quelques bonnes choses,
en particulier, à Madrid, devant les Pablo Romero du Partido de Resina...
Peu de choses à lui reprocher, ce jour-là... Déjà un signe !
Torero retrouvé, papa heureux (il vient de voir
arriver une petite fille à son doux foyer), Joselito dit sa sérénité,
son envie, son ambition retrouvées. Il l’attribue à « ce toro
qui sort, et te rend soudain le sitio perdu... ». N’y aurait il
pas une autre raison ? Le toreo, soudain « déTomasisé ! »,
lui laisserait il un peu de place ? La brusque dégringolade de José
Tomas, après son mauvais coup de Madrid, aurait elle donc provoqué un déclic,
du style « Et si j’en profitais pour montrer qui je suis, réellement... ».
On ne sait, mais voilà qui donne quelque piment aux jours prochains.
En tous cas, il en est un qui se frotte à
nouveau les mains... Il s’appelle Enrique Martin Arranz. Il est l’apoderado
des deux duettistes...
Joselito remonte. Jose Tomas est en bas. A
n’en pas douter, Jose Tomas remontera... ou coulera pour toujours.
Pendant qu’il se refait une santé (et « il se la refera »),
Joselito tient les rênes. Cela risque de donner un final de saison
passionnant. Ou Tomas coule, et Jose se rendort. Bon ! Ou Tomas
« relance », et Joselito continue. Ojala ! Alors...
« acaban con el cuadro ! » Ils deviennent des patrons...
qu’un seul torero actuel pourra « vouloir contrer ». Il
s’appelle Julian Lopez « El Juli ».
A suivre...
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A VILLENEUVE DE MARSAN ... TOUTE LA SUERTE DU MONDE !
4 Juillet : On apprenait, il y a
quelques jours, la nouvelle tentative de Villeneuve de Marsan, pour
relancer « sa » tauromachie : une novillada, en matinée,
le 25 Juillet.
Franchement, on souhaite à la petite cité
landaise, toute « la suerte del mundo ».Villeneuve était, jusqu’à cette année,
le rendez vous du début de saison. De partout, on accourait à son
traditionnel festival, et, durant des années, on garda en quelque coin de
la mémoire, des moments fabuleux. Qui ne se souvient de Rafael de Paula,
de Curro, de Manolo Cortes, même d’Espartaco ?. |
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Le festival terminé, tout le monde
reprenait le coche et... tchao ! Mais, pour les villeneuvois, le
travail commençait, et avec lui... les casse tête ! Forts de leur
aficion, de leur logique ambition, ils montaient une novillada, le premier
dimanche d’Août. Certes, le « grand Manolo » n’était pas
loin ; certes, les bénéfices du festival permettaient de monter
quelque cartel où toros et toreros « avaient de la gueule ».
Mais, voilà... Au fil des ans, le festival finit par coûter plus qu’il
ne rapportait. En août, les aficionados étaient tentés par d’autres
affiches, ou se réservaient pour d‘autres ferias. Adieu bénéfices,
bonjour tristesse... Et ce qui devait arriver : 2001, pas de festival
à Villeneuve.
Cependant, les villeneuvois
n’abandonnent pas et se bardent d’espoir, de bonne volonté et
d’incommensurable aficion. Monterazo ! Alors, ils descendent de
leurs échasses, réunissent
leurs quelques sous dans leur béret et se grattent la tête :
Que fait on, quand et comment ?
L’idée a jailli et, dans de telles
circonstances, on ne peut que souhaiter vivement qu’elle marche :
Une novillada, le matin du 25 Juillet. Lumineux, comme le ciel des Landes !
On est à 17 Kilomètres de Mont de Marsan
où on est « en pleine Madeleine ». Certes, c’est un
mercredi. Certes, c’est la fête et, à 11h30, on a encore du mal à
faire surface... du moins pour certains festayres. Mais il y aura toujours
plusieurs centaines d’aficionados pour aller voir « ce qui se
passe à Villeneuve ». De plus, Mont de Marsan étant télévisé
sur Via Digital, les deux derniers jours, il ne serait pas étonnant de
voir débouler à Villeneuve ... Fernando Fernandez Roman et Roberto
Dominguez, caméra sur l’épaule. Et on le souhaite, d’autant que le
cartel, quoique réduit, est de qualité : Quatre novillos de Santafé
Marton pour Julien Lescarret et Javier Valverde, en mano a mano.
Bien vu, les amis de Villeneuve. « Toda
la suerte del mundo ! »... pour ce qui pourrait bien devenir
une « nouvelle étape », un nouveau créneau, un véritable
renouveau...
Cela doit marcher, et bientôt, ce sera
« la novillada qui financera le festival... ». Que bueno !
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ATTENTION ...HUELGA A L’HORIZON...
4 Juillet : Les responsables de
toutes les associations et entités officielles représentant le « Monde
du Toro », et ses professionnels, vont se réunir, ce jour, à 14h,
dans un grand hôtel madrilène. Là, une décision va être prise... Fumée
blanche ? Fumée noire ? Nul ne le sait. En tout cas, « cela
sent le roussi »...
On pourrait bien « aller à la grève »,
ou, pour parler plus diplomatiquement, à un arrêt total de toutes les
activités liées au spectacle taurin.
Le tout est , bien entendu, lié au décret
sorti samedi, interdisant toute commercialisation de viande issue des
animaux « muertos a estoques ». Les organisateurs (surtout
ceux des spectacles mineurs) perdant de l’argent, d’entrée, vont réduire
ou annuler leurs spectacles... Du coup, tout s’enchaînera... pour tous,
et ce serait « Titanic bis ». Donc...
A la veille de Pamplona, on espère
qu’un rapide arrangement viendra calmer les esprits, car autrement...
n’y aura pas que les vaches qui seront folles !
A suivre, avec beaucoup d’attention...
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ILS N’ONT
PAS OSE...
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Juillet : En Espagne comme en France, « il est urgent
d’attendre... ». Après avoir lancé un pavé dans la mare ou mis
« le scandale dans la family » taurine, la France, via son
Ministre de l’Agriculture, déclare qu’elle va consulter le monde
professionnel taurin, sur les conclusions de l’AFSA, cette agence
scientifique chargée de préconiser les mesures pour combattre l’ESB.
C’est bien ! N’aurait il pas mieux valu les consulter « avant » ?
Cela aurait peut-être évité cette levée de boucliers, cette
panique, provoquées en Espagne, où les mesures préconisées étaient
susceptibles de ruiner toute une économie liée au toro de combat.
De plus, faire exploser cette bombe en plein
milieu de la saison, alors qu’on en avait parlé tout l’hiver, avait
de quoi « remonter » les parties intéressées, et « chauffer »
quelques esprits.
Hier, les responsables de toutes les associations
professionnelles taurines se sont réunies et ont débattu sur la question
de « Comment se faire entendre ? Plus prosaïquement, on
pourrait traduire cela par : « Comment se défendre contre les
gratte papiers ? ». Et, pour certains, la question était plus
radicale : « Comment survivre ? »
Depuis quelques jours circulaient des rumeurs de
« Cessation de toute activité », ou carrément de « grève »...
Ils n’ont pas osé. Le communiqué copié ci-dessous,
(C’est le moment de vous mettre à l’Espagnol !), stipule la
volonté de tout faire pour conforter la sécurité et la Santé publique.
Il souligne, bien entendu, le danger qu’implique la mise à éxécution
du « décret du 30 Juin » (Préjudice total, lié à une
probable diminution de 50% des spectacles taurins). Il demande à ce que
les instances officielles fassent des propositions, et leur donnent
jusqu’au 16 Juillet, avant de mettre à exécution ... d’autres
projets.
Tel est, in extenso, le
communiqué de presse, édité hier, 4 Juillet, sur les coups de 16 Heures :
Madrid, 4 de julio de 2001
Los abajo firmantes representantes de la totalidad de las Asociaciones
relacionadas con el sector taurino han celebrado hoy una Asamblea para
analizar las consecuencias derivadas del nuevo escenario planteado para la
Fiesta a partir del día 1 de julio al que se suma la publicación de la
Orden del Ministerio de Sanidad respecto a la prohibición de
comercializar la carne de reses de lidia muertas en espectáculos públicos.
Los reunidos han llegado por unanimidad a las siguientes conclusiones:
1º- Respaldamos cualquier medida tendente a garantizar la salud de los
ciudadanos.
2º- Respetamos el fin que persigue esta Orden pero consideramos que, en
caso de no ser complementada con otras actuaciones Administrativas, como
se venía haciendo hasta ahora, ocasionará un gravísimo perjuicio al
sector. Este prejuicio se puede cuantificar en la pérdida del 50 % de los
espectáculos (especialmente festejos menores, fiestas tradicionales y
espectáculos de formación) y miles de puestos de trabajo.
3º- Las Asociaciones reunidas en Asamblea, primera de estas características,
que se celebran en el mundo del toro, urgen a la Administración a
concretar soluciones inmediatas, que den estabilidad al futuro de la
Fiesta. Estas soluciones han sido reclamadas por el sector desde hace
meses especialmente desde el pasado mes de enero.
4º- Analizados todos los escenarios posibles de respuesta a la situación
en la que nos encontramos, las Asociaciones firmantes han decidido darse
de plazo hasta el próximo día 16 para recibir respuestas de la
Administración y adoptar las medidas que correspondan.
El documento está firmado por los representantes de las siguientes
asociaciones:
Unión Nacional de Picadores y Banderilleros Españoles.
Asociación Nacional de Mozos de Espadas y
Puntilleros de Españoles.
Unión Profesional de Matadores de Toros,
Novilleros, Rejoneadores y Apoderados.
Nueva Agrupación de Matadores de Toros,
Novilleros y Rejoneadores.
Unión de Criadores de Toros de Lidia.
Agrupación Española de Ganaderos de Reses
Bravas.
Ganaderos de Lidia Unidos.
Asociación Nacional de Organizadores de Espectáculos
Taurinos (ANOET).
Unión Nacional de Empresarios Taurinos Españoles
(UNETE).
Real Federación Taurina de España (RFTE).
Federación Nacional de Escuelas Taurinas.
Ils n’ont pas osé... Mais cela n’est pas fait pour nous rassurer....
16 Juillet.... On attend jusqu’au 16 juillet,
c’est à dire, au lendemain de la feria de Pamplona, qui chauffe les
moteurs aujourd’hui et demain (Novillada et Rejones), pour chanter le
fameux « Uno de enero, dos de febrero....Siete de Julio, San Fermin »
Tchin pun !
En aucun cas, la feria du Toro, de mondiale
renommée, avec les retombées économiques que l’on sait, ne pouvait se
voir annulée par quelconque mouvement du Mundillo Taurino. Donc, « on
torée la feria », mais, juste après le « Pobre de mi »...
Après le « Pobre de mi » du 14
Juillet... il y aura quelques jours « délicats ». Espérons
que les hautes instances vont se creuser un peu la tête, et faire de
saines propositions... Sinon, il y a logique inquiétude. Les
professionnels taurins n’auraient alors pas d’autres solutions qu’un
geste dur, un mouvement fort, pour marquer son inquiétude, et la désespérance
de certains de ses membres...
Qui
vivra verra... Mais, le 16 juillet nous paraît bien proche du 22... Et le
22 Juillet, c’est La Madeleine de Mont de Marsan ... Heureusement,
c’est aussi la Feria San Jaime de Valencia, où cette année, la demande
de places n’a jamais été aussi importante. Heureusement ! Ojala
se arreglen las cosas !
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LA
CORRIDA « NIMO NIMOISE »...
5
Juillet : Après une longue réunion de la Commission Taurine Nîmoise,
où ont été discutées plusieurs propositions au sujet d’une corrida
« spéciale France » à mettre en place lors de la prochaine
Feria, il a été décidé de monter un cartel réunissant trois Nîmois :
Swan Soto, Marc Serrano et Grégoire Taulère, qui prendrait
l’alternative, face à de Oliveira Irmaos.
« Décision boomerang » pour toutes
les parties... Allez ! Dans le meilleur des cas, quoi ? Un quart
d’arènes ! Bien entendu, le cartel fera partie d’un abono ;
il y aura peut-être quelque
prix populaire, et « un monton » d’invitations... Mais, au
bout du compte, cette corrida demandée à hauts cris, presque imposée,
n’aura t ‘elle pas pour résultat : de nouvelles portes qui
se ferment ?
Le monde Taurin est une énorme entreprise. Le
but en est de faire de l’argent, en mettant « les meilleurs, face
aux meilleurs ». Le résultat en est un bilan financier : Ce
que cela a rapporté doit être plus important que ce qu’il en a coûté...
C’est avant tout « professionnel »...
Alors, bien sûr, on dira « Oui, mais quand
il y a d’énormes bénéfices, on doit investir dans le futur, même à
perte... ». Certes ! Mais, il faut qu’il y ait « d’énormes
bénéfices » et que l’investissement vale le coup...
Cette corrida est elle faite pour révéler de
nouveaux talents, ou pour museler à jamais ceux qui tendent leur cou pour
qu’on le leur torde ?
Qui vivra verra... là aussi !
(A
ce sujet, voir l’édito d’André Viard dans corrida.net de ce jour :
« Protocole compassionnel » - Edifiant)
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EMPIEZA
PAMPLONA...
5
Juillet : D’où que vous soyez, habillez vous de blanc, chaussez
« alpargatas », nouez « faja y pañuelo pamplonica. »..
et vous aurez à peu près l’air « d’un de là-bas ». De
toutes façons, amusez vous bien. Dansez, chantez... Quand au reste, vous
etes « des grands ! ». Faites attention tout de même !
Parfois, sur le coup de huit heures du matin, des toros passent tout près,
du côté d’Estafeta..
Côté toros, justement, San
Fermin débute aujourd’hui, avec une novillada. Ce spectacle « rajouté »
à la feria, rassemble plus de monde, chaque année. Et c’est tant
mieux. On y va parce « la novillada est l’avenir.. » On y va,
parce que c’est déjà la fête. On y va, par Aficion. On y va aussi...
parce que l’on n’a pas trouvé de places pour les corridas de la
Feria, et qu’on ne veut pas se faire assassiner par les reventas.
Toutes ces raisons sont bonnes, comme l’est ce
cartel novilleril qui verra, face à des novillos de Miranda de Pericalvo,
se rejouer la Finale d’Illumbe : Javier Valverde, Salvador Vega et
Cesar Jimenez.
5
de Julio... viva San Fermin !
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EAUZE,
LA TOLOSA FRANCAISE...
6 juillet : Cela commence comme un conte... « Aux
confins du Gers, il est une placita... ». A chaque retour de
Juillet, on y fait une halte amicale, pleine de fraîcheur.
Pourtant, le soleil y frappe fort, souvent.. Quelquefois, c’est un
orage qui menace. Mais toujours on retrouve cet accueil et cette
convivialité, faite de tauromachie et de bonne gastronomie. |
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Eauze, c’est un peu la Tolosa française. Comme sa collègue
de Guipuzcoa, elle s’est faite seule, à grands coups d’aficion,
et quelques rasades d’Armagnac. On y retrouve les ingrédients qui
garantissent les bons moments, que ce soit, assis à une bonne table, ou
appuyés à un burladero : Amistad y tradicion... La vieille ville
offre ses ruelles où l’on
s’attend à croiser quelque mousquetaire.. La musique est partout, avec
elle, la danse et le bon vin.
En contrebas, la plaza Nimeño II. Coquette, bien
cuidada, elle est, chaque année, le cadre d’une double journée
taurine, toute simple, sans prétention mais sans fantaisie. Ici, on
s’amuse sérieusement. Ici, on sait que les toros ne sont pas des
monstres, mais on sait également que les toreros vont mettre tout leur
talent à répondre au grand accueil qui leur est réservé.
Puis, il y a la novillada. On la dit « non
piquée ». Durant des années, les Martinez Elizondo y ont fait
grand bruit, certains méritant « un vrai bon puyazo ». Les
apprentis toreros y jettaient toutes leurs forces et les costumes de lumières
perdaient souvent quelques paillettes..
Quatre novillos, trois novilleros, le vainqueur à l’applaudimètre
ayant l’honneur d’en découdre avec le dernier. Eauze... on y a vu se
sacrées empoignades. Larmes et bosses, parfois, mais toujours, à la fin,
l’ovation et des cadeaux pour tous... L’an passé, Cesar Jimenez
faisait à Eauze des premiers pas remarqués. Il est, aujourd’hui, un
des novilleros punteros de l’escalafon.
Eauze ne manquera pas, cette année, de drainer
l’aficion de tout le sud ouest, à l’appel d’un cartel de garantie,
tant sur le plan toros que toreros. On sait à quel point Cesar Rincon ,
matador, était apprécié, ici. Cette fois, Eauze recevra Cesar Rincon,
ganadero. Ses toros du Torreon viennent de faire une grande sortie en
feria d’Alicante. Une des meilleures garanties du moment. Les toreros
engagés le savent : Victor Puerto qui traverse un petit bache avec
l’épée, mais apporte sa nouvelle image torera, mêlant le classique et
le baroque. Juan
Bautista arrivera de Tolosa, justement, auréolé d’un vrai
triomphe qui laisse tous les espoirs, après un printemps bien terne.
Javier Cataño attaquera la conquête de la France. Mené par la Casa
Chopera, il ne peut faillir. Torero à deux facettes, avec pour ligne de
conduite : temple y valor. Quelquefois un peu court, lorsque le toro
présente des difficultés techniques, Castaño peut mettre le feu,
s’arrimant comme un diable, faisant passer le toro « par un trou
de souris »... Une tauromachie qui n’est pas de tout repos, mais
qui ne laisse personne indifférent.
Le matin, la novillada verra trois jeunes, pleins
d’espoir, en découdre avec du ganado de Fernay. Jonathan Veyrunes, le
français ; Fernando Cruz, le vainqueur du bolsin de Bougue et
Fernando Oses, qui fera ses premiers pas... Trois novillos, et le quatrième
pour le plus applaudi des gamins... Que haya suerte, buen tiempo y
Armagnac pa todos !
Eauze
– Dimanche 8 Juillet – Informations
et location : 05 62 09 99 97 ou 05 62 09 99 98 |
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LA
NOVILLADA DE PAMPLONA : MATCH NUL
| C’est un peu ce que l’on
peut penser en lisant le résultat : Une oreille pour chaque
novillero. De fait, le président a encore joué les
protagonistes, en refusant la grande porte à deux toreros. Grande
novillada, cependant, avec les vainqueurs conjoints de la finale
d’Illumbe, tout trois différents dans leur personnalité torera,
mais « frères jumeaux » pour ce qui est de la volonté
de triompher : Valverde, le salmantino a confirmé son triomphe
madrilène ; Salvador Vega, le Malagueño
suit quelques traces de Morante. Quant à Cesar Jimenez, il
est torero de caste qui s’adapte à tous les terrains, à tous les
toros, à tous les publics. Ajoutez à cela de bons novillos etla
Feria de Pamplona 2001 a commencé sur les chapeaux de roue. |
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5 Juillet – Pamplona - Novillada
de préferia – ¾ d’entrée : Excellents novillos de Miranda de
Pericalvo. Issus de Domecq, Jandilla et Concha Navarro, les novillos ont
montré grande noblesse à peine troublée par quelque faiblesse –
Javier Valverde dut combattre le lot le plus ardu. On le vit ferme,
solide, toréant « muy limpio », sobrement ses deux
adversaires, en bon salmantino. Oreille du premier, après une très dure
voltereta en portant l’épée.
Vuelta au quatrième. Le président se montra extrêmement rigoureux à
son égard – Salvador Vega dessina de bons quites, et toréa en finesse,
alternant l’efficacité et la pure expression corporelle, comme le fait
Morante de la Pueble. Lui également se fit salement secouer par le cinquième,
sans mal, fort heureusement. Oreille et ovation – Cesar Jimenez fit de
tout, et le fit bien. Excellent avec la cape, notamment par quite en
navarras et tafalleras, le madrilène dessina deux faenas jouant sur
l’engagement et la variété, coupant l’oreille du troisième, et
donnant vuelta au dernier combat.
La feria, de fait, ne pouvait mieux
débuter, et... trois quarts d’entrée !
Aujourd’hui, Rejoneo, avec un certain Don Pablo
de Navarre, et demais, le premier encierro... Chupinazo ! Viva San
Fermin...Viva ! |
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PAMPLONA... LE PREMIER ENCIERRO |
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7 Juillet : « Je me présente...
Je suis un Torrestrella. On dit que je suis beau. C’est vrai que je suis
pas mal : Burraco, noir tacheté de blanc, haut, très haut, 562kgs
de muscles, armé ouvert et pointu... Pas mal. A la dehesa, les « filles »,
de loin, me regardaient avec envie. Moi, j’avais chaud au ventre... Mais
voilà... Je suis un toro de combat, un vrai samouraï... pas le droit aux
filles. Pourtant, ça doit être bon . Non ? Vous, vous pourriez
me raconter. Non plus ?
Avec huit autres copains, on nous a mis
dans un camion et on est partis, un soir. Adieu Andalousie, adieu Jerez...
Il faisait noir, on était serré, bloqué, debout dans cette cage en fer
et en bois. Dehors il faisait frais, heureusement. Il y avait un bruit
d’enfer. Le chauffeur du camion écoutait du flamenco. Ca rappelait le
pays. Des fois, il chantait avec la musique. Là, ça se gâtait un peu !
On a roulé, roulé. J’ai traversé la capitale, on est passé devant
Las Ventas, puis on a roulé encore...
Il y a trois jours que nous sommes arrivés.
J’ai vu un panneau : Pamplona ! On a beaucoup discuté, avec
les copains. Hier soir, des gens sont venus, très sérieux. Ils nous ont
regardés sous tous les angles. Un peu plus, ils seraient venus nous tâter.
Mois je me suis mis au centre, bien campé, et je les ai regardés,
hautain... « Qu’ils y viennent ! Je les essorille et les désentripaillent...
Le premier de la liste, je l’exécute avec les honneurs qu’on lui
doit...Que ceux qui veulent mourir lèvent le doigt », comme dirait
Cyrano... Qu’est ce que vous croyez, on est toro mais on a de la Culture
et des lettres. Ils m’ont regardé, à distance prudente, et ils ont
murmurés « Aprobado ». Puis, ils ont été voir les copains,
et chaque fois... « Aprobado ». On est tous « Aprobados ».
On ne sait pas pourquoi, mais on est contents... Pourtant, ils ont choisi
six d’entre nous, et leur ont donné un numéro. Moi, je préfère le
mien, 69. Je ne sais pas pourquoi... mais je préfère !
Hier soir, tard, on a fait un jogging, à
la fraîche. C’était sympa, il n’y avait personne, ou presque. On a
couru, tranquilles, pour se dégourdir les pattes. Le sol était bizarre,
dur, glissant... pas un brin d’herbe. Mais bon ! ça faisait
plaisir de bouger un peu. On est arrivés à un nouvel enclos, un peu
vieillot, un peu réduit. Il y a une grande porte, bien fermée. Voilà !
Depuis hier soir, avec mes cinq copains, on est là, on attend. Ils nous
ont amenés de compagnons. N’ont pas l’air commodes ! Ils sont énormes !
J’ai demandé à un qui il était et combien il pesait ? « Moi,
je suis un cabestro, et je fais 836kgs. C’est tout ce que tu veux
savoir, miniature ? ». Mon vieux ! Vraiment pas commode,
l’ancien. N’empêche qu’il n’est que cabestro...
Ce matin, il fait frais... On nous a réveillés
tôt. Il paraît que c’est la fête ! Hier, ils ont fait un boucan
d’enfer. Il y a eu une explosion... Juste avant, j’ai cru deviner
« Pamploneses, Pamplonesas...Viva San Fermin ! » Un
boucan ! Une clameur, de la musique.. Sympa. Ils appellent ça
« le chupinazo ». C’est l’ouverture des fêtes ! Il
paraît que c’est nous les vedettes.. les Toros ! Normal, on le mérite.
Tout à l’heure, il y a eu briefing !
On nous a donné le programme. Ce matin, cross en public. Paraît qu’il
y a beaucoup de monde, qu’il faut jouer des cornes pour se faire un
passage. Faut pas s’arrêter. Si on glisse, si on tombe, faut se
relever, et repartir. De toutes façons, on nous guidera. Il paraît
qu’au début, ça monte un peu. Ils appellent cela, « la cuesta
Santo Domingo » Une rigolade ! Puis on débouche sur une jolie
place, Mercaderes et au bout, faut faire attention... paraît qu’il y a
un gros virage, avec un mur en bois. Beaucoup s’y sont fracassés, par
le passé, à ce que nous ont dit « les cabestros ». On enfile
alors la Calle Estafeta. Il y a du monde partout.
Même à Jerez, on en a entendu parler. Un monde fou, et des jolies
filles aux balcons, paraît il. Enfin, après la Téléfonica, on prend un
couloir de bois qui arrive au tunnel. Il faut faire attention. C’est un
peu sombre, et des fois, on veut nous empêcher de passer. Ils s’y
mettent à plusieurs pour boucher la sortie. Mais, en poussant un peu...
Puis, on débouche dans la plaza...
Tout ça, on me l’a raconté.
Bon ! Je vais vous laisser, parce qu’ils ont déjà chanté
trois fois leur cantique « A San Fermin
venimos... ». Il y a un gars, juste au dessus de la porte,
avec un gros cigare. A ses côtés, une fusée de feu d’artifice. Un
gros pétard. Ils sont fous ! Vont mettre le feu quelque part. Et
puis, de toutes façons, fumer le cigare, comme ça, si tôt le matin...
c’est pas raisonnable !
Ca y est, la porte s’ouvre. J’y vais.
Je vous raconterai la suite demain. Ah !
Au fait... si c’est pas moi, ce sera un collègue ! Allez, Tchao ! »...
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HERMOSO,
A PAMPLONA.... CABALLERO, A TERUEL !
7 Juillet : Presque un proverbe :
« Beau comme un dieu, à Pamplona...chevaleresque, à Teruel ! »
En fait, c’est beuacoup plus simple... C’est tout simplement le résultat
des deux corridas de ferias d’hier. A Pamplona, Pablo Hermoso de Mendoza
a triomphé, même si les copains ont été bons ; et à Teruel,
Manolo Caballero, en regain de forme, est sorti a hombros, même si Ponce
a fait les meilleurs choses.
6
Juillet – Pamplona – Corrida de Rejones – Arènes pleines et
temps menaçant : La corrida de Murube est sortie, sans grande
personnalité. Les trois premiers furent les meilleurs. Dans l’ensemble,
les cavaliers ont été excellents, jusqu’au moment de prendre le rejon
de mort. Là, catastrophe ! - Leonardo Hernandez a été bien,
« pero no mato » (silence et ovation) – Fermin Bohorquez a
été très bien : clair, précis, toréant avec classe, puis perdant
tout avec l’acier... (vuelta et silence) – Pablo Hermoso de Mendoza
a coupé deux oreilles à la dernière minute. Heureusement !
Bien sûr, « Cagancho » était de la fête, mais aussi
« Chicuelo ». En voyant ces chevaux, magnifiques, devenus
« toreros de légende », on ne pouvait s’empêcher de penser
à leurs compagnons, là bas, les chevaux de frères Domecq, les rescapés
du massacre... On ne les verra plus. On ne pourra même plus les mettre au
soleil ! Quelle misère !
Ce samedi 7 Juillet – Première corrida
de Feria – Six toros de Torrestrella pour Pepin Liria – Victor Puerto
et El Califa. L’encierro a été très dangereux, tous les toros étant
tombés, s’étant dispersés. Quatre blessés par corne, plusieurs
politraumatisés.
6
Juillet – Teruel – ¾ de Plaza : Corrida « fofa »
de Bernardino Piriz. Les meilleurs furent les deux et cinquième bis –
Manolo Caballero toucha ces deux toros et démontra un net regain de forme
et « d’illusion » (oreille chaque fois et salida a hombros).
Reste à confirmer cela dans une plaza importante – Auparavant, Enrique
Ponce, en pleine bourre, a été très bien avec deux toros sans
envergure. Ovation et applaudissements – De son côté, Morante n’a
rien fait de transcendent, devant deux tristes sires. Quelques attitudes,
mais rien de plus. (Silence par deux fois) . |
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PAMPLONA :
« MUCHO RUIDO POCAS NUECES... »
8 Juillet : « Beaucoup de bruit
pour pas grand chose... » pourrait on dire, après la première
corrida. Les toros de Torrestrella ont fait un encierro dangereux, donnant
six cornadas, mais sortant magnifiques, encastés et nobles, pour la
plupart, lors de la première corrida du cycle sanferminero. Les toreros
ont été « très en dessous ». Mais peu importe, « la
Fiesta popular » est à son comble, avec, cependant, une connotation
politique qui est toujours de mise, ici, et toujours déplacée, car on ne
parle pas de l’avenir d’un pays entre deux pelletées de farine ou de
chocolat en poudre, et l’on n’entonne pas un éventuel hymne national,
ou nationaliste, entre « La chica yéyé » et « Paquito
chocolatero », braillés en
s’aspergeant de sangria. ou de clarete... Mais çà...
Pamplona, c’est avant tout le toro, et
avant tout l’encierro, donc, la parole au toro... Hier, il nous a donné
ses premières impressions, aujourd’hui, on continue....
|
... « Mmmmmmmuuuhhhhh, salut !
Moi je suis un toro de Manuel Millares. On est dimanche matin. J’ai pas
très bien dormi, avec ce boucan. Sont fous ! Hier, un des
Torrestrella, un burraco, m’avait dit : « je dois répondre
à une interview pour une revue taurine sur internet. Un nouveau machin !
Un journal qui va dans le monde entier, tu te rends compte... Vachement
bien ! ...et je dois parler comme cela, tous les jours. Mais, si je
ne peux pas, pour une raison ou une autre, tu me remplaces... » |
 |
Je sais qu’il est parti, hier matin, en
courant. Mais on ne l’a pas revu. Hier soir, les deux mayorales
discutaient. Le mien était soucieux. Son ami et collègue, de
Torrestrella, était satisfait. Il disait que la corrida était bien
sortie et que le burraco avait été « enorme ! ». Je ne
comprends pas très bien... Le burraco en question, qui a parlé hier, était
grand, mais faut pas éxagérer... Enorme !
Ce matin, on s’est levés tôt. Entre
les copains, on discute avec les gros boeufs, là, les cabestros... Ils y
étaient, hier, ils accompagnaient les Torrestrella. Ils nous ont raconté
que les copains ont fait du grabuge... six cornadas... Un navarrais a pris
un coup de corne à un centimètre du coeur ; une américaine a reçu
une cornada de 30 cms dans la cuisse. Que faisait elle là ? Nous,
on ne veut la mort de personne... mais, faut pas rester devant.
Ca y est, il est huit heures... Derrière
la porte, on entend du bruit . Un bruit sourd, comme un piétinement...
Ca fait trois fois qu’ils chantent la même chanson... Pourraient
changer un peu ! On entend des mots comme « Pamplona »,
« San Fermin » à qui on demande la bénédiction... C’est
bien, d’accord, mais trois fois... Enfin !
Chhhhhhheeeeeeee ! Poum !
Qu’est ce que c’est ? Sont fous ! On dirait une bombe. Bon,
d’accord, on est au Pays Basque... mais quand même ! Tiens, la
porte vient de s’ouvrir toute grande. Les cabestros s’y dirigent et nous disent de les suivre. On s’est regardés... on y va.
Au fond, je ne suis pas mécontent de me dégourdir les pattes. On était
quand même à l’étroit, ici...
Bon ! Sont bien gentils, les
cabestros, mais faudrait pas oublier que les mansos, c’est eux, mais que
les braves et les vedettes, c’est nous... Avec deux copains, on les
rattrape et on les dépasse... facile ! On ne sait pas trop ou on va,
mais il n’y a qu’à suivre la rue, une espèce de couloir qui monte un
peu. A droite, une muraille en grosses pierres. A gauche, d’abord des
palissades en bois, puis des façades de vieilles maisons un peu grises,
un peu tristes... Un monde ! Des gens partout qui se mettent à
courir.. Certains se plaquent contre les murs. Moi, je suis au milieu et
je ne m’occupe de rien.. Je fonce droit devant. Ca glisse un peu. Ca
monte et ça tire un peu, dans les jambes. Mais au fond, ça fait du bien.
Devant moi, j’ai un collègue qui semble avoir le torticolis... Il rase
le mur et tourne sa tête continuellement vers les gens qui sont là,
adossés à la muraille, se croyant dans un angle mort... Ayyy ! Il
vient d’en choper un...Ce vol ! Le gars s’est fait traîner sur
vingt mètres, accroché par sa ceinture rouge. Mon copain a été gentil,
il ne l’a pas blessé. Mais, cela ne va pas arranger son torticolis...
Je ne peux pas me retourner, ça va vite
et ça glisse. Faut faire attention où on met les sabots... Je sais que
les copains sont derrière, avec les cabestros. Il y en a un juste à côté
de moi. Il voulait être toro de combat, comme moi. « Y s’voyait déjà,
en haut de l’affiche ! », mais il n’a pas réussi. C’est
un monde très spécial, très fermé... Mais il n’est pas trop amer. Il
me racontait même qu’hier, arrivé dans l’arène, il s’est permis
d’en accrocher un et de lui mettre une rouste de première. La plaza était
pleine et a hurlé son admiration. Le gars a filé, un peu déshabillé et
penaud... Se faire accrocher par un cabestro, devant 15000 personnes...
Bof ! Il était content, mon copain le cabestro.
Ca y est... on est en haut de la côte
Santo Domingo, comme ils l’appellent. Il y a du monde partout, mais ça
dégage quand même, devant nous. Tiens, on arrive sur une grande place...
C’est beau, c’est un peu plus large. On n’a pas assez de temps pour
visiter. Ces voyages organisés, c’est bien, mais il faudrait plus de
temps...
Pousse toi, toi ! Un escogriffe vient
de me donner un coup sur la tête, avec son journal. Pas fou, non ! Moi,
j’ai fait semblant de rien... Juste un regard de côté, et un petit
coup comme ça, de la tête. Ma corne l’a envoyé bouler contre le mur.
Allez... « US, go home ! », avec le bonjour d’Ernest !
Ca va vraiment vite... ça glisse trop...
on va se foutre en l’air ! Surtout qu’on m’a dit qu’il y
avait un gros virage à droite très serré, à angle droit. Moi, les
maths, il y a longtemps que j’ai oublié... Angle droit, angle droit...ça
fait comment, ça ? Et, à droite, en plus... Moi qui suis gaucher !
Non... je le vois, il arrive, trop vite...
freine ! On va se planter... Trop tard. Je ferme les yeux... A la grâce
de Dieu ! Ayy !.... » (Il y a eu un grand bruit, et...
trou noir ! )
7 Juillet : Pamplona – 1ère corrida de la
Feria – Llenazo – Soleil – Ambiance ... : La corrida de
Torrestrella est bien sortie. Très bien présentée, elle a donné du jeu
et a été mal exploitée par des toreros qui ont plus cligné de l’oeil
vers les gradins que fait les choses avec classe. 3,4 et 5ème
ont offert leur noblesse à qui voulait tout entreprendre. Bonne corrida
d’Alvaro Domecq. Après Valencia et Séville... une bonne année.
Pepin Liria a fait dans le pueblerino.
Vaillant, accéléré, il a reçut le premier à genoux, et débuté sa
faena par une passe changée, à genoux, au centre. Puis, les choses se
sont compliquées, ce premier toro virant au dangereux. Encore plus accéléré
au quatrième, Liria se fit mal à la main, en l’estoquant. Bilan bien
terne : Silence par deux fois – Victor Puerto est le triomphateur,
sur le papier : Vuelta et une oreille du cinquième. En fait, il a été
très en dessous, et s’est laissé aller à des choses qu’on ne lui
connaissait pas, l’an passé, quand il remontait et qu’il était si
bien. Un peu racoleur, en ce moment. Il s’autorise la vuelta, au
premier, et coupe une oreille du cinquième qui lui en offrait deux sur un
plateau d’argent... – Le Califa donna une vuelta après quelques
naturelles données au troisième. Mais, cela ne va toujours pas. Il faut
attendre, mais il doit être beaucoup mieux le 12 juillet. D’autant
qu’il y aura la télé. Vuelta et applaudissements.
Dans l’ensemble, les toreros ont gâché une bonne corrida de
Torrestrella... Dommage !
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DANS
LES AUTRES PLAZAS...
7 Juillet - Grosse cornada en non piquée : Le jeune
Laurent Bettini « El Coco », a reçu deux cornadas « de
caballo », hier matin, lors de la non piquée de Céret. Une à l’aiselle
de 10 et 15 cms. Une autre à la cuisse, de 15 et 20 cms. On craint des
ennuis du côté du sciatique. La novillada de Merino Gil a été très
dure, presque impossible. Veyrune et Manolo Monzon ont pris trois avis.
Cela se comprend... Seul Curro Reyes a pu donner une vuelta.
7 Juillet – Céret – Première corrida – Plein :
Corrida de Miura, très bien présentée. Trois d’entre eux ont sauté
au callejon. Le quatrième s’est montré brillant. On lui a donné
vuelta d’honneur – Espla, facile et malin. Bien aux banderilles. Il
coupe l’oreille du fameux quatrième, « Gemelo » - Renco se
montre vaillant (Vuelta et silence) – Robleño se bagarre et estoque des
deux mains : le troisième de la main gauche ; le six, de la
droite. (Silence partout)
7 Juillet :
Triomphe de Ponce à Teruel : Deux oreilles du cinquième Parladé
– Abellan fait quatre oreilles et une queue, devant de Laurentino
Carrascosa, à Castro Urdia
les, Miguel Rodriguez coupe trois – A Fuente Sauco, les toreros
se sont régalés, devant des Atanasio : Quatre oreilles pour Castaño,
un rabo pour El Tato et deux oreilles por Rivera Ordoñez... Tout le monde
« a hombros ! » |
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DIMANCHE AU VERT...
| 9 Juillet : Le Gers est vraiment beau,
en début de Juillet. Les coteaux se succèdent et offrent de magnifiques
spectacles au détour de chaque virage. Seul le conducteur n’a pas le
droit au panorama. On compatit, et on essaie de décrire. De temps en
temps, une grosse propriété, un château, soulèvent un « ho »
d’admiration. Quelquefois, un chemin de terre blanche s’en va, sinuant
jusqu’à un bosquet. Tout est calme, figé de langueur . On est
bien. On se trompe de route... cela ne fait rien, il y en aura toujours
une autre pour retrouver son chemin, regagner sa destination. |
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Ici, pas de
problème, pas de lamentation ni
d’engueulades, si on a « loupé la sortie N°32 »... Ici...
tous les chemins mènent à Eauze.
Comme d’habitude, la petite cité gersoise offre sa fête de bonne
humeur et de gentillesse.. On y est bien et tout respire la paix et la
bonne humeur.
Côté toros, le programme 2001 semblait
plus modeste. Ce n’est faire injure à personne que de dire que le
cartel était moins fort que les éditions précédentes. De fait, il y
eut une bonne entrée et, malgré un certain goût d’inachevé, on peut
dire que la journée « intéressante, quoiqu’incomplète... »
La corrida fut marquée par la sortie
d’un formidable premier toro du Torreon, propriété de Cesar Rincon,
représenté à Eauze par son mayoral, bien sûr, mais également par
Felipe Lafita, ex ganadero propriétaire et ami du matador colombien.
Un grand toro. Grand toro qui eut la
malchance de sortir le premier. Toro complet, très enracé, brave en un
gros puyazo, répétant avec noblesse de longues charges, allègre et
vibrant... Un toro de vuelta al ruedo qui mit Victor Puerto au bords de
l’asphixie et confirma ses actuelles limites. Deux autres toros « permirent »
le toreo, mais, las, Puerto et Castaño furent « très en dessous ».Victor
Puerto traverse « un bache » et compense par le clinquant et
le pueblerino, le manque de profondeur, de sécurité, de cette force qui
l’ont fait revenir au premier plan. Attention, il ne serait pas étonnant
qu’il nous fasse, un de ces jours, la même crise qu’un certain jour
de 98 à Madrid. Javier Castaño n’a pas été bien. Limité sur les
plans technique et inspiration, le salmantino promena une apathie bien peu
conforme à ce qu’attend le public de la part d’un torero dit « valiente »,
et que l’on dit « grand espoir », mené par la Casa Chopera,
qui doit se poser de plus en plus de questions à son sujet. Ferait mieux
de chercher, d’ores et déjà, un nouvel apoderado...
Juan Bautista, toucha les deux « incommodes ».
Sans être pour autant des impossibles, ses toros ne permirent pas d’être
« a gusto ». Cependant, le français sortit, et de loin, le
meilleur toreo de la tarde, tirant de ses deux toros, de bonnes, et
parfois excellentes, naturelles. Hélas, la malchance à l’épée ne
doit pas cacher le problème de toujours : le falto « enfadarse »...Il
manque à Jean Baptiste cette transmission, ce don de communication avec
le public, cette alegria qui font parfois que le plaqué or paraît
« oro puro »... Alors,
quand le bon toreo surgit, il faut savoir « le vendre » et
montrer qu’on est heureux d’en être l’auteur...
Le matin, il y eut un formidable novillote
de Fernay, sorti premier. Après, cela se compliqua « un poco ! ».
Jonathan Veyrune n’eut pas de mal à être bien avec le bonbon, sans
pour autant se relâcher tout à fait – Fernando Cruz se montra très
vaillant et serein, devant un deuxième eral, très court de charge, bien
vicelard, qui le prit sèchement, pour avoir voulu « ponerse de
verdad ». L’autre Fernando, un certain Oses, amené ici par la
Casa Chopera, ne montra rien que de très vert, de très maladroit. Il
s’ent sortit indemne, ce qui en soit, est déjà un succès. Le
vainqueur de la novillada sera donc Jonathan Veyrune qui complètera sa
journée éluzate par une actuacion correcte face au bon berrendo quatrième.
Habituelle distribution des prix... et, tout le monde à l’apéro !
Décidemment, Eauze rest une de ces étape de la temporada, où l’on va
« muy a gusto », quel qu’en soit le résultat.
8
Juillet – Eauze – ¾ de Plaza – Temps agréable : Six toros
du Torreon, correctement présentés, sortant avec beaucoup d’alegria,
bravucones en une seule pique,
et diversement « nobles », à la muleta. Premier et quatrième
offrirent un gros triomphe à leur torero. Le troisième, noblissime, très
« templado » permettait un total relâchement artistique. Il y
eut un peu de soseria chez les autres et quelque peligro sordo comme cette
propension à « marcher un peu », « ne pas laisser le
torero se placer, colocarse », comme le premier de Jean Baptiste – Grand toro le premier.
Quel dommage, justement, qu’il soit sorti premier... Toro de vuelta al ruedo. Alegria totale, noblesse de grande
race. Victor Puerto fut bien... à la limite de la cassure. Alternant le
puissant et le clinquant , il ne parvint pas à se hisser à la hauteur du
toro, compensant le manque de profondeur, par le spectaculaire. Il tua
mal...entendit un avis. Mais l’échec est ailleurs ! Le Puerto de
l’an passé lui aurait monté « un tabaco ! ». Oreille
au quatrième après une faenita « très enlevée »... trop,
parfois. Faena spectacle, limite « quincaillerie »... (No
estuvo bien... a nuestro gusto) – Sérieux, Juan Bautista donna les
meilleurs naturelles de la tarde. Une bonne série à l’incommode deuxième ;
trois allant « à mas », face au cinquième. Il tua mal
ce dernier, certes... mais, le problème est ailleurs. On ne peut toréer
aussi bien, et paraître si peu heureux de le faire. A ver esa transmision
con el publico, Juan ! - Javier
Castaño promena toute la tarde, un air goguenard et cette propension à
vouloir reccourcir les distances et toréer à bout portant. Le problème
est que « quand il y est... il n’y reste plus ! ».
Limité au plan technique et idées, Castaño passa « sans peine ni
gloire », se permettant même de plier les cannes comme s’il avait
déjà « cuatro cortijos »... Muy mal, et gros nuages qui
obscurcissent l’avenir.
Journée agréable, un peu grise
cependant, mais illuminée par un magnifique toro ...
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UNE BONNE JOURNEE, EN FRANCE
A Céret,
il y eut de bonnes choses à la novillada du matin. Les San Marin se montrèrent
parfois incommodes, ou « de
muy mala leche » -Sergio Aguilar donna vuelta à son premier –
Julien Lescarret perdit quelque trophée en pinchant son premier. Cela se
passa moins bien face au cinquième – Cesar Jimenez, quoique « de
mas àa menos », coupe l’oreille du dernier.
L’après midi, final de feria, avec la
corrida de Barcial, renforcée de deux Fraile. Le deuxième fut remplacé
deux fois, le sobrero du Palmeral se démolissant dans un burladero. Gros
orage et forte pluie génêrent la corrida, mais augmenta l’émotion.
Succès du Bote, qui « surnagea » (normal !) face au
quatrième, coupant l’oreille du jour – Miguel Rodriguez essaie, à
force de sérieux, de récupérer le sitio perdu : Vuelta et ovation)
– Oscar Higares, replaçant Gomez Escorial, fut à l’habitude... entre
deux eaux. C’était de circonstance ! (Silence et sifflets)
Au Grau
deu Roi, la corrida fut des plus « sympathiques »...
Noblona corrida des frères Sampedro, commode de tête, sortant dans une
ambiance euphorique – Manuel Benitez « El Cordobes » se
montra « en pleine forme », cela veut tout dire ! (Vuelta
et deux oreilles) - Richard Milian se régala, notamment face au cinquième,
toréé « de dulce ». Quatre oreilles – Sebastien Castella
toucha le mini grbanzo troisième, mais se reprit magnifiquement, coupant
tousles trophées du dernier. Huit oreilles et un rabo... Euphorie générale.
Cela fait du bien, parfois...
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EN ESPAGNE : ABURRIMIENTO... ET AUTRE « FRACASO »
D’ORTEGA CANO...
9 Juillet : « Ya se acabo el
cuento ! ». Deuxième toro al corral, après trois avis, pour
Ortega Cano. On le respecte, certes, mais vraiment...il faudrait songer à
passer la main, et se montrer plus discret... Parce que, « lo de
« Gente » y « Corazon, corazon »... Bref ! On
n’a, par ailleurs, aucune nouvelle de José Tomas... Curieux, car,
presque tout le monde était « sur le pont », hier ...
8
Juillet - Pamplona – deuxième corrida – Llenazo – temps
lourd : Corrida décevante de Manuel Angel Millares, sin casta –
Espla revenait à Pamplona, après son scandale, face à « Chivito »,
le Pablo Romero de 1987. Il fit ce qu’il fallait pour se réconcilier
tranquillement avec le peñas – Encabo fit les meilleures choses, mais
ne put concrétiser – Francisco Marco se montra vainement volontaire.
Course à oublier.
Ne pas oublier que Les Cebada, sont télévisés,
ce soir sur TVE – 18h30
8
Juillet – Madrid – 1/3 de plaza : Corrida difficile de Javier
Guardiola – Confirmation d’alternative de Diego Urdiales, face à
« Testigo », N°58, de 517kgs. De fait, il fit « lo
mejor de la tarde » (ovation et silence)
- Frascuelo, le vétéran, se fit secouer par le premier, et flotta
toute l’après midi. Normal – « El Madrileño », en
recherche des succès passés se fit prendre également. Pas de reussite,
malgré les efforts. Silence pour tous.
8
Juillet – Barcelona –Bonne entrée : Corrida de cinq
Torrealta et un Sampedro Hermanos, sorti deuxième bis. Corrida noble mais
faible, très faible – Ponce, muy torero, coupe l’oreille du premier
- Finito eut de bons moments de profondeur. Oreille du deuxième
– Non remis de sa cornada, non remis de son inflammation rénale,
fievreux, El Juli mit des tonnes de volonté et d’aficion, coupant une
oreille chaque fois et sortant a hombros. Un torerazo ! Casta, mais
attention à cette santé !
8
Juillet – Estepona (Malaga) : Corrida mansa de « los
Derramaderos ». Ortega Cano débute « en opérette »,
coupant l’oreille du premier. Le quatrième est changé et le sobrero
est un manso «de cuidado ». No
pudo con él ! Panique à bord, et trois avis pour Ortega
Cano, qui voit son toro rentrer àl corral, sous la bronca – Rivera
Ordonez coupe une oreille de chacun – Miguel Angel, le local, obtient un
trophée du dernier.
8
Juillet – Puerto Santa Maria - Peu de monde et beaucoup de vent :
La corrida d’Osborne sort mal – Une vuelta, seulement pour Vicente
Barrera, tandis que Manuel Diaz et Califa « patinent vainement ». |
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PRESIDER
A PAMPLONA... ET
PRESIDER PADILLA !
10 juillet : Etre président, dans
n’importe quelle plaza de toros du monde, implique une responsabilité,
une pression, peu enviables. On se sait observé, épié. Des dizaines
d’individus attendent le premier faux pas pour « vous tomber
dessus »....Et, surtout, on a l’immense responsabilité de
plusieurs vies humaines. De vos décisions peuvent dépendre de grandes
choses, mais aussi, de grands drames.
Mais, présider à Pamplona, en Feria de
San Fermin, ça, c’est quelque chose. D’abord, il faut revêtir le
frac et porter haut de forme. Plus ridicule, on fait pas ! La plaza
est à vos pieds, peuplée de monstres cornus, sortis d’un autre âge,
comme le premier Cebada d’hier. Autour de vous, une marée humaine qui
crie, vocifère, chante, éructe... En un mot, un drôle de Pastis !
A vos côtés, deux assesseurs qui dictent leur avis et vous laissent
« tout nu », devant la vindicte populaire. Une situation peu
enviable pour les conseillers municipaux ou adjoints qui, comme il est de
tratition, montent au palco de Pamplona.
Mais, présider à Pamplona, quand torée
Padilla ... voilà qui vaut son pesant
d’asperges de Navarre ! Cet homme là
est tellement bondissant, « rebondissant », il met
tellement de coeur à l’ouvrage que 20000 personnes sont vite dans sa
poche, bien rangés. Si de plus, il se met à être complet au capote,
brillant aux banderilles, moyennement bon à la muleta et rapide à l’épée...
allez donc lui refuser une oreille ! Certes, le président est
l’autorité suprême et nul ne peut la contester.. Cependant, Pamplona
est « mucha Pamplona » et si l’on a le malheur de refuser un
trophée réclammé à corps et à cris... on
est habillé pour le restant de son mandat !
Mais les ennuis ne s’arrêtent pas là...
Il avait fallu aguanter la bronca, et l’on avait du mal à soutenir les
regards de Padilla, le « Tragabuches de l’an 2000 »... On le
voyait bien vociférer, montrer le palco d’un doigt vengeur. Mais il
fallait s’attendre à une vacherie au toro suivant.
Pamplona est arène de deuxième catégorie,
mais est considérée officiellement comme une « de première »...
Donc, deux puyazos, pour le moins.. Sort le toro de Padilla, qui prend une
grosse pique de manso, le piquero ayant su le retenir un moment. Estimant
que le châtiment est suffisant, Padilla demande ostensiblement le
changement de tiers. Bien sûr, vous refusez... Vous êtes l’autorité !
A trente mètres, Padilla vous regarde bien dans les yeux, et vous
redemande le changement, en insistant bien lourdement. Fort de votre
devoir, vous refusez... Le grand escogriffe, un mauvais rictus au coin des
lèvres, se retourne alors vers son picador, et violant sciemment votre
autorité factice, renvoie tout le monde au vestiaire, et cela, devant
19529 personnes, qui se marrent en douce. Et quand « on se marre en
douce » à Pamplona, croyez moi, cela fait du bruit...
Oh bien sûr, sans vouloir de malheur de
personne, vous êtes quand même bien heureux de le voir pincher
vilainement... Manquerait plus qu’il faille, encore, lui concéder une
oreille ! En attendant, vous avez eu l’air d’un.... ! Vous
l’avez dit.
Non, décidemment, pas facile de présider,
à Pamplona. Mais, si en plus, torée Padilla... Impossible !
9 Juillet – Pamplona – 3ème corrida de la San
Fermin – Nohay Billetes, bien sûr, et temps gris bleu, avec un peu de
vent : Corridon de Cebada Gago ! A signaler les poids :
492, 495, 490, 485, 570 et 510 Kgs... Et pourtant , un trapio
impressionnant.
Les toros ont été aussi bien présentés
qu’ils ont été « de mala uva ». Certains, armés comme
« d’une autre époque », comme le premier, ont fait passer
le frisson à chacune de leur charges. Corrida violente, mansa sans
scandale au cheval, faisant semblant de venir à la muleta, prenant un bon
muletazo, un second, puis tournant court ou s’arrêtant. Une corrida qui
regarde beaucoup le torero, par dessus la muleta. Une corrida qu’il
fallait lidier « sur les jambes » et tuer dignement. Malgré
ce, les trois matadors se sont accrochés et ont parfois brillé, même si
au bilan final, personne n’a pu gagner la bataille de Cebada Gago !
Padilla a bien failli, au deuxième, mais a rendu le triomphe face au cinq.
Pepin Liria n’a rien coupé, cette année,
dans une des ses plazas favorites. Il s’est accroché face à deux toros
d’un autre âge, les a aguantés comme il a pu, voyant les immenses
cornes du premier lui frôler le visage . Il a bien essayé quelques
derechazos, muleta puesta, face au quatrième, mais, après quelque
virulent corp à corps, a du chaque fois baisser pavillon. Le meilleur de
son actuacion : deux estocades pleines de défauts , mais
vaillamment portées. Hélas, le descabello lui joua un mauvais tour face
au premier, lui coûtant un avis. Silence et palmas pour le torero de
Cehegin qui passe à vide, dans « sa » Pamplona, mais en sort
vivant, ce qui n’est pas si mal..
Juan Jose Padilla partit « a porta
gayola » et faillit se faire couper en deux par le deuxième de la
tarde. Sans y prêter la moindre attention, le jerezano se montra brillant
au capote, dans un enchaînement vibrant de véroniques, chicuelinas et
largas cordobesas. Mise en suerte galleando, au centimètre. Chapeau !
(Il sera bien aussi, por navarras, au cinquième). Aux banderilles,
premier tiers musclé :
La moviola, le remolino et le par al violin ! Toma ya ! Le
public est aux anges. Brindis au centre, gâché par l’inopiné déboulé
du toro. Peu importe, on le prend ainsi, au centre. Le bicho paraît
vouloir servir. Padilla en profite, le temps de deux séries. Final en
aguantant la charge devenue assassine et gros coup d’épée. La pétition
est totale, mais le président mal conseillé, refuse l’oreille et a le
front de vouloir faire sortir le toro suivant, avant que Padilla ne
puisse, au moins, saluer l’ovation. Juste colère des gradins et vuelta
« un poil provoque » du Typhon de Jerez. Padilla voudra se
venger en désobéissant clairement aux ordres du président, face au
cinquième. Mal lui en prendra. Après un tiers de banderilles, encore une
fois brillant, Padilla commencera à l’estribo, confiant, valeureux,
mais peu à peu, se fera contrer, terminant par une grosse débandade à
l’épée, et une probable amende, « por desacato a la Autoridad ».
Jesus Millan d ébutait à Pamplona. On aurait dit un premier
communiant. Timidote au capote, sans grande idée directrice face à deux
mansos à la charge ultra courte, il marqua son passage par une terrible
cogida, au sortir d’un pecho, face au troisième. Pris, repris au sol,
il se fit ouvrir la taleguilla dans les grandes largeurs, au niveau de la
ceinture, et finit presque en collants. Pas de mal, heureusement, pour le
jeune aragonais, qui mérite une vraie opportunité, cette sortie lui
laissant, probablement, un goût bien amer (Palmas et Silence)
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EN
UN COMBAT DOUTEUX....
11 Juillet : « On vit une drôle d’époque »,
murmure t’on, un peu blasé... « On est dans un drôle de pays »,
pensons nous, souvent, au fond de nous mêmes, sans le dire au grand jour,
parce cela ferait trop « intolérant », voire « extrémiste »
du style de ceux qui, à un moment, portaient chemise brune..
A ver un poco... Qui donc exagère ?
Qui donc manie à la démagogie et la lâcheté à un point tel que bientôt,
un peuple tout entier ira sans but, sans illusion, refermé sur lui même,
totalement écoeuré par les petites bassesses de ses responsables chaque
jour révélées, les unes
chaque jour effacées par
d’autres encore plus scabreuses... le tout sauvegardé par une justice
que l’on ne dira plus « à deux vitesses... » ?
A deux vitesses ? Non,
non ! On a fait des progrès, on est en 2001... La Justice ...
« à boîte de vitesses automatique » : Celle qui punit
les faibles parce qu’elle protège les grands... enfin, les soit disant grands. Celle qui protège ceux qui, parce ce qu’ils ont peur de perdre
quelque voix, n’hésitent pas à être les princes de la démagogie, les rois des
« ouvreurs de parapluies »...
Un exemple tout simple... On interdit la
novillada de Rieumes, sous un prétexte tellement plat, tellement petit,
« à en pleurer »... mais on hésite à « faire quelque
chose » au sujet de la « Rave party » géante, prévue
pour le prochain week end, du côté d’Aubenas... La gigantesque boum techno
prévoit de recevoir 50000 zombies sur un aérodrome désaffecté,
qui deux jours plus tard, sera « à désinfecter... ».
D’un côté, il est tellement facile de
jouer sur les mots et de planter, à deux jours du spectacle, des
organisateurs qui se sont investis à fond, pour que tout soit fait dans
le respect des lois de la République et des règles que « l’on
s’impose à soit même », pour que les spectateurs soient
correctement installés et puissent suivre le spectacle qu’ils ont
choisi, en toute liberté, eux qui respectent celle des autres.
De l’autre côté, parce que la masse
d’éventuels « futurs votants » est telle qu’on ne peut se
la mettre à dos, on hésite à réglementer ce qui est la plus grande
vitrine de la décadence totale, de la déchéance morale et physique
d’une partie de notre jeunesse... Morale
parce qu’il est tellement facile de « s’inventer une
culture » et de « cracher sur toutes les tombes », sous
prétexte de « liberté, égalité, fraternité... ». Déchéance
physique, parce qu’elle conforte, à coup de décibels, à coups de
tympans martelés, à coups de pastilles ingurgitées, de pétards fumés,
de poudre aspirées ou « picouzées », cette sorte de
renoncement à cet effort de tous les jours, que l’on appelle... Dignité,
respect des autres, amour propre..
Parce que des politiques sont lâches et
totalement irresponsables, un jeune s’est tué, il y a peu, lors d’une
de ces manifestations clandestines... Cela s’appelle « non
assistance à personne en danger ». Aucune préparation, aucune règle
d’hygiène, de sécurité, respectées, alors qu’à deux pas, on va
venir « emm... » trois gamins qui veulent monter un petit
concert tout sage, un soir d’été, sur quelque place publique...
Commission de sécurité, autorisations diverses, limite du « volume
son... », limite des horaires ... Tellement facile, tellement
« petit »...
La « Rave party » est devenue
symbole de « liberté et droit à la différence.. » Parce
qu’elle s’autorise toutes les outrances, elle attire les plus basses
complicités, les plus lamentables déclarations... Cela s’appelle « Renoncement en
cravate »... Continuons
ainsi et attendons la suite... Au fond, pourquoi pas, puisque l’on va
applaudir la plus grande « rave party » qui soit, et qui
s’appelle... « Tour de France »...
Sans jeu de mot, « La boucle est bouclée... »
Enfin ! Un épisode de plus qui vient
s’ajouter à l’Histoire du monde « civilisé » !
Alors, nous, simples aficionados, nous
sommes « bien dans notre peau », et nous arrivons même à
trouver sympathique cette monumentale orgie de bonne humeur qui ne s’arrête
jamais, sur les gradins de Pamplona. Certes le bruit, certes le vin,
certes l’irrespect... Et pourtant, une totale différence... Celle qui sépare
le grand jour de la profonde nuit.... Asi que... Viva San Fermin !
Une San Fermin 2001 qui patauge un peu...
Quatre corridas, une oreille.. c’est peu ! Là aussi... renoncement ?
Les toros sont gigantesques, armés comme des trois mâts, souvent
« fuera de tipo »... Les toreros le savent et « passent »
à Pamplona , alors qu’ils devraient y venir « casser la baraque», au point de faire taire ceux qui, dans les gradins , se
« cassent la voix ». Là aussi ... les temps changent.
10 Juillet – Pamplona – 4ème corrida de la San
Fermin – Nohay billetes – Temps gris et frais : Six toros de
Jandilla, très bien présentés, terriblement armés, mais trop lourds eu
« fuera de tipo ». Les trois premiers ne pouvaient bouger,
malgré leur noblesse. Les quatrième et cinquième furent bien meilleurs.
Par contre, le sixième fut le « mauvais garçon » de la
bande.
Victor Puerto a été sérieux, laissant
au placard ses actuels « élans de pacotille ». Il tua mal le
premier qu’il avait bien toréé, tant qu’il avait duré... Ce fut
moins brillant, face au quatrième qui méritait beaucoup plus. (Silence
avec avis et palmas) – Rivera Ordoñez eut un éclair de pundonor
torero. Pris par le deuxième, sur une passe de poitrine, il alla faire
soigner une cornada de 9 cms sous l’aisselle gauche, et revint bravement,
recevoir le cinquième par deux largas à genoux. Hélas, ce fait
d’armes, qui rappelle un peu son père, ne fut qu’un éclair dans la
nuit (Silence et silence) – Javier Castaño se présentait... Présentation
et despedida... Vaillant ? Peut être... Mais alors, pourquoi ce
bajonazo descarado, au sixième ? (Silence partout) ...
Aujourd’hui...
Le Juli revient à Pamplona. L’an passé, la présentation avait été
incomplète. S’il est rétabli, le Juli devrait justifier ici la chanson
des gradins : « Con dinero y sin dinerooooo, sigo siendo el
reeeeeyyyyy ! ». Les toros seront de Santiago Domecq et les
collègues : Morante de la Puebla et Eugenio
de Mora ... Aujourd’hui, il va y avoir des oreilles...
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PAMPLONA :
« VENI,VIDI... JULI ! »
12 Juillet :
Aujourd’hui, on ne parle que de toros, promis... Quoique, on pourrait... !
Non, aujourd’hui, on ne parle que de toros.
Hier enfin, la feria de Pamplona a pris son vol, et
la plaza s’est levée « comme un seul homme », pour chanter
le « Juli-Juli ! »... Dans les gradins du soleil, une peña
avait en hâte, « internationalisé l’affaire » en
badigeonnant une banderole d’un « Juligan forever » qui
traduisait bien la cote d’amitié dont jouit le jeune prodige, à
Pamplona comme à Madrid, Séville, ou Algimia de Almonacid... El Juli est
venu, a vu ... et a coupé trois oreilles !
Julian Lopez est arrivé, a jeté un oeil ...et
programmé son « ordinateur interne » en y entrant quelques
données de base : Un public « a favor », une feria qui
stagne, des toros... grands et armés, faiblots mais mobiles... Les autres
données reposent sur trois
mots : Entrega, technique, transmission....
On pourrait penser à une « machine à
triompher »... On en est loin ! Ce Juli, qu’on pourrait
encore appeler « gamin », avec beaucoup de respect, transmet
une telle aficion, une telle « envie de toro », une telle
superbe, que tout public, connaisseur ou non, ne peut que se lever et
saluer... « Juli-Juli ! » scandaient les peñas... Mais,
plus d’un, à l’ombre, a du reprendre en silence cette joyeuse mélopée...
Entrega-Technique-Transmission ... Résultat :
Trois oreilles et une sortie royale, émouvante dans le soleil
couchant de Pamplona, le visage éclairé d’un sourire d’enfant ...
Trois oreilles et la feria
enfin lancée...
A t’on, pour autant assisté à des faenas de rêve ?
Le Juli a t’il arrêté le temps ? Non. Julian Lopez n’a pas
inversé le cours de l’Histoire... Les trois oreilles peuvent être
contestées, bien sûr... et elles le seront. Cependant, nul ne peut
contester l’envie, l’authenticité, la clairvoyance et
l’enthousiasme de ce jeune, alors qu’il a déjà tout...
Voir le Juli, citer un toro incertain, « pieds
joints » à la naturelle, alors qu’il y a juste un mois, sur cette
même position, un autre bicho lui emportait un morceau de cuisse... cela
laisse pantois. Voir le Juli partir à l’épée comme un héros d’épopée
« part au canon », a de quoi hérisser plus d’un pelage !
Entrega total !
Mais
aussi, voir le Juli être attentif à chaque moment de la lidia, aider un
subalterne à préparer le toro pour le début de faena du collègue
concurrent... voilà qui est tout simplement admirable et traduit à
merveille l’envie, l’aficion, le pundonor et le sens du devoir de
ce torero. Pundonor, toreria ...
Voilà pourquoi le Juli a coupé hier trois oreilles
à Pamplona, terre où l’on sait, mieux que quiconque, valoriser
« la verdad » devant le toro. C’est bien pour cette raison
que tout à coup, l’ombre et le soleil se sont réunis pour un « olé »
commun... Un olé qui sonnait comme un « Juli-Juli ! »
11 Juillet – Pamplona – 5ème
corrida de San Fermin – Llenazo – Beau temps frais : Les
toros de Santiago Domecq sont sortis, bien présentés, magnifiquement armés...
Une corrida « muy seria » qui, malheureusement a manqué de
forces. A ce niveau, on regrettera les limites physiques du lot de
Morante, ainsi que du magnifique sixième. Le président ne voulut pas
changer le premier... Avait il à le faire ? Oui, pour le sérieux de
la plaza. Non, car il eut fallu alors changer la moitié des toros
sortis dans toutes les ferias
actuelles. Corrida noble en général, mais incommode de par ses forces
limitées, les toros ne pouvant suivre totalement le muletazo, se défendant
à mi course, puntéant, tirant gañafones... Le sixième, seul, accepta
le long parcours que le Juli lui proposa, dans l’euphorie générale.
Morante de la Puebla montra, face à deux toros
nobles mais trop limités en force, sa propension à « toréer
bonito », à viser avant tout l’esthétique. Il faut dire que cela
lui réussit parfaitement, et que, lorsqu’un muletazo sort limpio, il résulte
« de cartel »...Le problème est que peu de toros le laissent
se libérer ainsi, parce qu’ils ne durent pas assez, parce qu’ils
passent vite à la défensive. Le Morante, n’ayant ni l’alegria ni
l’imagination du Juli, devient alors bien terne, et comme l’épée
n’est pas actuellement son fort... on obtient un silence et une petite
ovation élégamment saluée. Restent dans la rétine une demi véronique
sur chaque côté, deux grandes naturelles au quatrième, un trincherazo...
y poco mas. Morante n’a pas été mal, mais il aurait du « être
mieux » - Eugenio de Mora s’est battu. Pas facile, son premier,
qui chargeait en saccades, parfois clair, parfois violent, à mi hauteur,
sans jamais se livrer entièrement. Mora donna beaucoup de passes. Parfois
la qualité, parfois le devoir... Il ne put jamais se libérer. Faena
« de tranchée » terminée en force, la main serrant
fort le terrible piton. Ovation, après un pinchazo et une estocade
desprendida. Le cinquième, chargea soudain, impromptu, au point que le
matador dut sauter au callejon, comme on se jette à l’eau...
Sur l’inattendue cascade, De Mora se fit très mal à la main
droite, et il ne serait pas étonnant d’y constater quelque
malencontreuse fracture métacarpienne.. Le toro se montrera
difficile, et De Mora, diminué, devra en terminer d’un metisaca
et d’une entière « en bas ». Silence resp |