L'ACTUALITÉ TAURINE
(janvier 2001)
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2001 : PREDICTIONS, PROPHETIES, PREVISIONS… 1ER Janvier 2001 : Bonne année à tous ! Des petits morceaux de joie, d’émotion et de paix, mis bout à bout, par çi par là, ce que l’on appelle pompeusement : le Bonheur. Une santé correcte, les yeux bien ouverts, le verbe clair, et le cœur plein d’amour. Voilà, en quelques mots ce que l’on peut souhaiter à chacun des habitants de notre pauvre planète. 2000 ans de progrès n’ont jamais empêché la barbarie des hommes. C’est ainsi, acceptons le. Mais au fond, on ne sait s’ils sont mieux lotis…sur les autre planètes. Alors, « aguantons » ce qui nous vient et « lidions le », avant tout, « con sinceridad », avec sincérité. Pour le reste, laissons faire le destin. Le destin se lit dans les étoiles, ou dans les chiffres, paraît il … Bon ! « Cette année, vous aurez une bonne santé… si vous n’êtes pas malade, et en France, il fera très beau… s’il ne pleut pas. Votre réussite financière sera pleine, mais faites quand même des réserves à l’approche des tiers provisionnels et des assurances à payer ». Dame, après la Tempête, ces grandes firmes qui nous protègent si bien doivent reconstituer leur patrimoine. Rassurant, non ? En politique, rien de nouveau à l’horizon : Petites chamailleries, petites phrases assassines, grosses affaires, à droite, à gauche, au centre, chez les verts, les bleus, les rouges. Un vrai feu d’artifice. Super ! « Le Canard » va se déchaîner… Et, au milieu…nous ! simples mortels, citoyens laborieux, « serfs vidés »… Bon ! n’exagérons pas non plus ! Chacun a son petit royaume, bien à lui. Personne n’en peut avoir la clef, et c’est bien ainsi. Alors, pour 2001, cultivez le bien, ce royaume. Faites qu’il soit, pour vous, plus beau, plus doux et plus riche que jamais. C’est là notre vœu, pour chacun. Côté « Toros »… l’Histoire continue, faite de tradition et de progrès, de classique et de baroque, mais toujours écrite par l’homme. Nos « prédictions » se sont avérées exactes, hier. « Si un toro chargeait, Cali allait découvrir le toreo du Califa. C’est chose faite. Trois oreilles pour son entrée dans le feria colombienne. De même, Juan Bautista ne laisserait pas passer une occasion de briller : Cqfd ! Deux oreilles pour le champagne de nouvelle année. Bien. La feria décolle enfin, et augure d’une deuxième partie très intéressante. 31 décembre - Cali (Colombie) – 5ème corrida de Feria – 14000 spectateurs environ : La plaza ne s’est encore jamais remplie. Cela viendra, notamment avec l’arrivée du Juli. Mais, d’ores et déjà, on note ce changement : Adieu les ferias où tout était résevé, presque depuis février, pour décembre suivant. De souche Parladé, les toros d’Ambalo se sont montrés bien inégaux de volume et de comportement. Deux bons, deux et sixième; troisième et cinquième commencent bien, et vont a menos, finissant aux tablas; premier et quatrième ne commencent rien du tout – Devant ce lot maudit, Cesar Camacho ne put que montrer vaine vaillance. On le respecta, en silence – El Califa se présentait. Il a surpris le public, par ce toreo sec, net, vrai. Bien à la lidia, il coupa une oreille de « Jugador », reçu au centre par pedresinas et séries liées, templées, bien rematées par dessous. Mieux encore, face au cinquième « Cacique ». Droitières et naturelles se succédèrent, alors que le public voyait le toro se réserver tant et plus. Mais la muleta poderosa, se fait aussi douce et convaincante, pour de dernières charges. Califa, torero, alterna les deux mains, se planta en desplantes, vrais, et tua d’une bonne estocade. Deux oreilles et apothéose. Il ne pouvait rêver meilleure présentation – Jean Luc Jalabert a connu, lui aussi une grande après midi. Le président refusa une oreille demandée à son premier, où il alla à mas. Par contre, deux oreilles incontestables tombèrent après une grande faena au bon sixième « Cantaor ». Débuté à l’estribo, le trasteo alterna classique et vibrant, se terminant par un coup d’épée qui, au passage, sabra toutes les bouteilles de champagne de France. Il était minuit juste. Triomphe total pour Jean Luc, qui confirme les espoirs mis en lui, et conforte l’énorme cartel dont il jouit en Colombie. Califa et Bautista, bien sûr, sortirent a hombros, et la fête dût être du genre « épique », après un tel passage à l’an nouveau. Enhorabuena ! |
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2001… ON OUVRE ! 1er Janvier..On ne perd pas de temps, bien sûr. Des deux côtés de l’océan, des plazas vont ouvrir leurs portes, des toros vont sortir, et des toreros vont sentir les premiers frissons du nouveau millénaire taurin. A Mexico, la Monumental va « s’entre ouvrir » pour la onzième course de sa saison. Saison catastrophique au plan économique, et ce n’est pas le cartel de ce jour qui va remplir les caisses. Corrida de huit toros, corrida bricolée au dernier moment, mais, corrida, tout de même. Six toros de « La Mision » et deux de Caranco, pour « El Pana » qui vient, en dernière minute, mettre un peu d’ambiance ; « El Chaval », qui n’en n’est plus un, et deux autres matadors sur lesquels on peut s’attarder : Guillermo Gonzalez « Chilolo » semblait promis à un bel avenir. Sa carrière a été freinée net par une confirmation d’alternative calamiteuse dans cette même plaza, en avril dernier. Nouvelle opportunité pour ce torero qui a encore quelque chose à dire. Le quatrième torero sera … una torera : Mari Paz Vega. Elle s’est déjà présentée, ici, l’an passé, et y a suscité un grand respect. A n’en pas douter, même si l’entrée est maigre, c’est elle qui amènera le public à la plaza. Il faut espérer que ce soit pour elle jour de triomphe. Se lo merece. En Espagne, c’est Malaga qui ouvrira le bal. Toros de Diego Garrido pour trois diestros qui ont « un coup » à jouer. Juan Jose Trujillo joue « chez lui ». Il a été bien à la feria passée, mais, en août, la plupart des cartels sont bouclés. Donc, ce jour, il faudra confirmer, et ouvrir le carnet de quelques empresas. Le Malagueño sera encadré de Fernando Camara et Antonio Ferrera. Deux toreros distincts, deux destins différents. Il fut une promesse de la Génération 90. Plusieurs sorties a hombros de Madrid, de novillero, n’ont pas empêché Fernando Camara de mal vivre le passage au toro, au point de disparaître, de s’expatrier et de faire quelque grosse bêtise. Il sort de geôles du Portugal pour revêtir un costume qu’il n’aurait jamais dû quitter, « por que, torero es ». Suerte ! Antonio Ferrera va « mettre le paquet ». On ne croit toujours pas au renouveau de ce diestro « tous terrains ». On a du mal à le voir, calme, lent, majestueux. Et pourtant, repéré par des taurins, et non des moindres, bien drivé par Luis Alvarez, Antonio Ferrera pourrait bien être celui qui surprend, cette année. Pas de problèmes, côté « valor », une bonne intelligence de la lidia, une cape ralentie a gusto, une muleta qui confirme son temple…restent quelques nerfs à calmer, quelques courses à ralentir. A suivre de très près ses premiers capotazos. Ils peuvent, aujourd’hui, lui ouvrir les portes d’un grand 2001. Ojala ! |
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« SANGRE Y ARENA », POUR LE 1er JANVIER TAURIN… 1er janvier 2001 : La tauromachie est inépuisable, et les ans, les siècles, n’y changeront rien. Ils passent, on change de millénaire, mais au même moment, dans une chambre d’hôtel de Cali, de Mexico ou de Malaga, des hommes s’habillent de lumières, gravement. Tout à l’heure, au soleil ou sous la pluie, devant des milliers d’aficionados, ou « du ciment vide », ils feront le paseo. 2001 n’y fera rien : La peur et la responsabilité seront aussi poignantes que « las ganas ». Toreros de l’an 2001, comme on les admire, à l’heure où le grand sport est de hurler comme des fous, de « se mettre comme un monstre », ou pis encore, de brûler des voitures, comme cela par tradition, par bravade, « pour souligner un mal-être », disent certains… par bêtise, lâcheté, encouragé par l’impunité, pensent beaucoup. Que l’on vous admire, toreros, « de oro o de plata »… En ce premier jour d’une nouvelle temporada, il y a eu de tout : Triomphes, échecs, sourires et larmes. Mais on retiendra surtout, et malheureusement, les blessures de Mari Paz Vega et du « Chaval », en plaza de Mexico. A Malaga, le torero prisonnier est sorti de l’ombre, très dignement. En Colombie, Victor Puerto « a inventé un toro », et Padilla n’a pas percé. 1er Janvier 2001 – Mexico (plaza monumental) - 11ème corrida de la temporada – 10000 personnes : Corrida d’émotion , avec deux toreros au tapis. Corrida de lutte, devant des toros bien présentés, intéressants, mais difficiles, de par la faiblesse qui envahit peu à peu la camada mexicaine. Huit toros dont six de « La Mision », sortis inégaux, souvent mansos avec quelque sentido. Le septième fut correct. Deux toros de Caranco - 3 et 4ème- complétaient le tableau. La corrida se transforma, hélas en une sorte de mano a mano improvisé et sans changer l’ordre de lidia, entre « El Pana » et Chilolo. Le premier lidia 1,2,4 et 5ème, quant à Chilolo, il prit 3, 6, 7 et 8ème. Alors qu’il toréait « Marquito », 2ème toro , manso, de La Mision,, Angel Garcia, « El Chaval » prend une double cornada de 17 et 20 cms, face interne de la cuisse droite. On craint un moment que la fémorale ne soit atteinte. Il n’en n’est rien,semble t’il. Une demi-heure plus tard, Mari Paz Vega s’en va s’agenouiller au centre pour accueillir en portagayola lointaine, le quatrième toro de « Caranco ». Celui-ci a t’il le temps de la voir, et d’ajuster son tir. Impressionnant bouchon, le toro rentrant les pattes en avant. La torera est retirée, sans avoir donné une passe : Fracture du fémur gauche, cinq mois d’inactivité. Adieu la temporada. 2001 débute dans les larmes pour la vaillante malagueña… « El Pana » est un torero d’inspiration, de grands détails et de grandes paniques. C’est plutôt la seconde version qu’il récita ce jour. Deux grands trincherazos ne feront pas oublier ses constantes « danses avec les toros »…Sifflé au premier, il prit les trois avis au toro qui avait blessé El Pana, et essaya de se calmer avec les deux autres – Comme on l’espérait, c’est le « Chilolo » qui a sorti son épingle du jeu, coupant une bonne oreille à « Hortelano », troisième toro de Caranco. On le vit bien aux banderilles, très calme à la muleta, et gros estoqueador en une occasion. Bonne sortie de ce torero, qui craignait Mexico et s’y était préparé, reclus comme un moine, depuis des semaines, dans une finca lointaine . 1er Janvier 2001 - Cali (Colombie) – 6ème corrida de feria – 12000 personnes : Toros de Fuentelapeña, de présence et de jeu bien divers. Seul , le premier permettait vraiment. Le magnifique sixième fut trop piqué. Dans l’ensemble, mansedumbre et charge courte, avec tendance à rajarse et, en plus, une pointe de genio. Triomphe technique, lidiador, en un mot torerisimo de Victor Puerto qui, à force d’intelligence du combat et de courage, a inventé une charge au cinquième toro, et lui a coupé l’oreille de la journée. Muy bien ! – Padilla, le typhon, n’a rien dévasté en Colombie. On pourrait risquer un vilain calembour : L’Aficion colombienne, qui s’y connaît, n’aime pas « la poudre aux yeux » … Palmas après deux avis, et Ovation, après une sonnerie. Echec au « Patillas » ! – Paquito Perlaza a fait face, mais sans mettre le turbo: Avis et silence. Applaudi au beau sixième qu’il laissa trop piquer. Dommage. 1er Janvier 2001 – Colombie : On note une kyrielle de corridas de toros en province, dans des petites plazas, mais qui se remplissent presque. Les toros de Cesar Rincon « Ventas del Espiritu Santo », sont sortis, inégaux, à Silvania, à 100 Kms de Bogota. Les diestros ont donné une bonne tarde, Nelson Segura, Pepe Manrique et Angel Gomez Escorial coupant chacun deux oreilles – Triomphe de Cesar Camacho, à Bochalema, dans le département du Santander, à 800 kms au nord de la capitale. Trois oreilles à des toros de Santa Barbara. El Gino le suivit avec deux trophées au quatrième – Toros de « Maruecos », à Purificacion, dans le Tolima, 300 kms au sud de Bogota (faut suivre !) : Succès de guillermo Perlaruiz qui coupe une oreille à chacun – On peut en déduire une chose : « hay aficion en Colombia ». 1er Janvier 2001 - Malaga – 1/5ème de plaza (misère !): Quatre toros de Diego Garrido et deux de Guillermo Acosta (nouveau nom) , bien présentés, bons les 1,2, 5ème, les autres décevant.
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« TOREROS », QUELLES QUE SOIENT LES CIRCONSTANCES… 3 Janvier 2001 : Des sacrés bonshommes ! Ils ont la peau tannée de coups, de soleil ou de froid. Vêtus parfois de lumières, ils aussi souvent connu la faim, la solitude, le désespoir. Ils sont « toreros ». Des êtres totalement « à part ». Ici, les bons avocats ne comptent pas; ici, on ne se rachète pas une honorabilité… Ici, on meurt vraiment, par la corne ou par la honte de l’oubli. Ici, le destin des hommes ne se joue pas sous les lambris de quelque ministère, dans quelque bureau capitonné où une ombre souveraine dit « je le veux »…Ils sont « toreros ». Tout ce qu’ils ont, ils le doivent au toro. Tous ce qu’ils n’ont pas, ils le doivent aux hommes. La plupart du temps, ils sont les premiers responsables de leurs débâcles soudaines, ou de leur lente descente aux enfers. Encore faut il qu’ils puissent le rencontrer souvent, ce toro. C’est lui qui les sauvera… lui qui, pourtant, dans ces moments là, se fait le plus rare. Ce début janvier vient de voir deux toreros triompher, l’un à Malaga, Fernando Camara; l’autre, hier à Cali, Diego Gonzalez. Leur histoire est différente. Leur trajet est fait d’ombre, pour l’un, de « soleil vide », pour l’autre. Mais tous deux, dans l’obscur de leurs pensées, ont dû tourner et retourner mille fois leur peine, leurs peurs et leurs espoirs. Prisonnier au fond du calabozo, ou faussement libre dans les rues de Manizales, ils ont tout deux rêvé « pegar dos series y matarlo bien ! ». C’est fait. Fernando Camara, exilé en Colombie, a lentement glissé vers l’inexorable : pour payer ses dettes, on devient « passeur de poudre »… et on se retrouve au fond du trou, au Portugal. On vit la peur, la solitude, la promiscuité avec ceux qui ont vraiment choisi le vice et le crime. On s’en sort comme on peut…. Il lisait et jouait aux échecs, gardant une soif de culture, de savoir et de réflexion, au milieu d’un monde de brutes, plus dangereux que celui du toro. Puis, un jour, on le changea de prison, et avec le soleil, apparut enfin « l’envie de toréer.. ». Sa mère lui apporta une muleta, et il recommença à « soñar en torero ». Ce rêve s’est concrétisé lundi, dans « sa » Malagueta. Oh ! bien sûr, une vuelta, devant une plaza quasiment vide… pas de quoi pavoiser. En fait, probablement la plus belle de sa vie, et, souhaitons-le, la première de nombreuses autres, à venir.
2 Janvier 2001 : Cali (Colombie) – 7ème corrida de feria – Corrida « del Toro » - 12000 spectateurs, environ. Chaque année, depuis 42 ans, six toreros sont inscrits dans cette corrida «gala », affrontant un toro chacun. On dit qu’ils s’y battent peu, parce que pas ou peu payés. Faux. Il y a souvenir de certaines de ces tardes où des figures se battirent comme des chiens pour montrer que « c’est moi, et personne d’autres ! » La corrida d’hier ne marquera l’histoire que par la résurrection d’un torero colombien : Diego Gonzalez. Le reste de la course fut une succession de toros mansos, ternes, tristes et impossibles. Bien présentés, quatre toros de Paisbamba et deux de Guachicono, ont tous eu un comportement de manso, à divers degrés : du toréable, comme celui de Diego, au très dangereux comme le cinquième, du Califa. Le cavalier Fernando Lopez a beaucoup souffert, laissant toucher ses chevaux, peinant au rejon de muerte – Padilla s’est battu avec un gros lourdaud, manso. Palmas – Victor Puerto a été « énorme » devant « Penitente » - 598 Kgs et des cornes « comme ça ! ». Toro manso, auquel il construisit une charge, avec savoir, toréant lentement, tête claire, totale toreria, en professeur. Grosse épée, mais les élèves n’ont pas tout compris : ovation seulement – Califa est tombé sur un assassin dont il fallu esquiver les coups tordus. Tout le monde l’a constaté : « hubo quinto malo, y muy malo », et il s’appelait « Clérigo ». No comment ! - Davila Miura s’accrocha au bronco sixième, mit toute la vapeur, mais tua mal. En troisième, sortit un de Paisbamba, du nom de « Boxeador ». Diego Gonzalez, torero fino, artiste, fut « énorme au capote » en véroniques et une demie, royale. Quite par chicuelinas, après un gros batacazo au picador Rafael Torres, et faena courte, précise, lidiadora, toute emprunte de fine toreria. Savoir, à côté du fondamental, « andar con el toro », marcher, sourire, respirer en torero… Diego Gonzalez a été très bien avec ce toro. Une des meilleures faenas de la feria, « y de muchas ». Arriva le moment de l’épée. Santa Virgen ! Mais, là aussi, là surtout, les efforts payent, et l’estocade, portée avec foi, entra, un poil desprendida. Grosse oreille qui aurait dû être double. Peut-être que le public, avide de quantité, n’a pas tout à fait reconnu l’énorme qualité de la faena. Mais, la deuxième oreille n’est elle pas du fait du seul président ? Peu importe, le triomphe a été clair. Reste à le confirmer, et peut-être, recevoir Diego Gonzalez, le petit colombien, dans nos plazas, en 2001, comme un jour, en 91, nous avons reçu un autre colombiano, pour dix ans d’amitié et d’admiration. |
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LES BLESSES VONT BIEN ! « SONT FOUS, CES TOREROS… »3 Janvier : Que voulez vous qu’on vous disent, ils sont « faits d’un autre bois »! Nous mettons, nous, six mois à récupérer d’une appendicectomie « aux petits oignons ». Eux se font hacher menus par des monstres cornus, et les voilà, au bout de quelques jours, prêts à galoper, presque. Incroyable ! Et ils sont tous comme cela. Admirable ! Lundi 1er Janvier, un toro fait exploser la cuisse du matador mexicain « El Chaval ». Deux trajectoires de 18 et 20 cms, qui laissent la fémorale à nu, mais ne la perce pas. Hospitalisé, opéré, recousu, le torero s’est levé, hier et a fait ses premiers pas. Tout va bien. « Il sort demain »…
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COUPER…SANS CONVAINCRE ! 4 Janvier : La feria de Cali entre dans sa dernière ligne droite. Jusqu’à présent, les triomphateurs en sont le Califa, Juan Bautista, les colombiens Ramiro Cadena et Diego Gonzalez dont on chante la première actuacion, dans l’attente de sa prochaine sortie, le 5, aux côtés du Juli. Julian Lopez est entré hier dans la feria, « como debe ser »… en Figura. Il arrive en fin de feria, remplit la plaza, sait tout ce qui s’est passé auparavant, et « vamos a ver lo que pasa ! ». Bien sûr, son arrivée a créé l’ambiance, jusqu’au moment du sorteo où il y eut moultes palabres entre toreros et autorités, au sujet d’un N°58, « Serranito », de Achurry Viejo, que les responsables voulaient écarter pour manque de trapio et un piton astillado, les toreros menaçant de ne pas toréer si le toro n’entrait pas dans le loto. Il y eut beaucoup de débats, mais force resta à l’Autorité, et le sorteo se termina avec deux heures de retard. Après, les choses se sont déroulées de façon peu souhaitée, et Julian ne put triompher, ce qui n’est que partie remise. Plus inquiétant, le résultat du « Cordobes ». Il a coupé une oreille, la seule de la tarde. Il en est donc le triomphateur. Mais les commentateurs et revisteros qui narrent en direct la corrida à la radio (super !),ont souligné le changement qui s’opère chez Manuel Diaz… De fait, ils confirment ce que nous ressentons tous. Le Cordobes est il en train de brûler ses dernières cartouches ? Il n’y a plus cette spontanéité, ce sourire complice, ce regard malin qui faisaient que, automatiquement, l’intérêt montait d’un cran, quoiqu’il fasse, avec parfois de superbes choses. Manuel Diaz, le sourire forcé, automate, est entré à Cali, sympathique et volontaire à un toro, puis s’est éteint, laissant tomber par la suite, et sombrant dans la grisaille, ce qui est le pire qui puisse lui arriver. A suivre, donc les premiers pas de Manuel Diaz, « version 2001 ». Très châtié lors de la précédente temporada, roué de coups, condamné à la douceur du foyer, le guerrier aspire t’il à quelque repos ? Ce serait tout à la fois humain et très respectable. Mais il faut vite décider, car un danger guette: l’indifférence… 3 Janvier – Cali (Colombie) – 8ème de Feria – Plein (sans pour autant afficher le « No hay boletas » : Corrida très bien présentée de Achurry Viejo, d’encaste Mondoñedo. Corrida en deux parties, la première marquée par la volonté des toreros face au jeu divers des toros. La second moitié sombra dans quelques difficultés que les diestros ne purent ou ne voulurent pas affronter « à fond ». A priori, un encierro « qui méritait plus ». Nelson Segura toucha le mauvais lot, et le public qui n’aime pas les « jeunes vétérans » nationaux, n’a pas été tendre à son égard, fort injustement. Mais on le sait, nul n’est prophète en son pays. Il y eut de tout pendant qu’il se débattait avec deux carnes, et un silence « pas poli » salua ses vains efforts – Manuel Diaz a coupé une oreille de son premier, avec une prestation à « deux facettes » : sérieuse le première, toréant templado, électrique et bondissante, la seconde, avec saut de grenouille et toute la panoplie. Estocade qui tue, et la porte ouverte au futur triomphe. Le cinquième était plus réservé, sans pour autant être un barabas, et le Cordobes laissa vite tomber, dans un murmure surpris et réprobateur – Julian Lopez « El Juli » a mis le feu avec cape et banderilles, débutant bien sa faena, jusqu’à une très forte voltereta qui l’a laissé moulu et les idées en vrac. Deux pinchazos avant d’en finir, et une forte ovation, en attendant le sixième. Malheureusement, ce toro ne permit pas au Juli de se remettre en selle, et la critique censura une forte propension « de mettre le pico », ce qui divisa le public. On sait qu’en Colombie, beaucoup vont aux arènes avec le transistor à l’oreille, et qu’il est arrivé que des commentateurs provoquent triomphe ou désastre, à partir de quelques mots avisés, lâchés en direct sur les ondes. Le Cordobes qui vire au gris, le Juli qui débute en cabriole. Ce fut une mauvaise journée pour les toreros. Aujourd’hui, 4 Janvier, double session : Corrida de Guachicono pour « El Califa », que l’on attend ici avec un immense intérêt, et pour le trophée de la feria ; Miguel Abellan et Paquito Perlaza, les deux, pour diverses raisons, devant « se sortir les tripes » Le soir, festival « de gala » pour Cordobes, Abellan, Juli, Juan Bautista, Paquito Perlaza et Ramiro Cadena. La feria de Cali va vivre une intense avant dernière journée de feria. |
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LA GUERRE DES BOUTONS…4 Janvier : La guerre des boutons des téléviseurs, et des chaînes privées, bien entendu ! L’empresa Toresma, de Madrid, vient de confirmer avoir renouvelé le contrat d’exclusivité pour la retransmission en direct de toute la San Isidro (avec, en plus, probablement, les ferias de La Comunidad et d’Automne) avec VIA DIGITAL. Donc, première manche à l’excellente chaîne satellite, et attente des ripostes qui ne manqueront pas de tourner autour des autres grandes ferias, en particulier Sévilla et Pamplona. Cependant, on peut penser que…celui qui enlevait Madrid ! Maintenant, si vous voulez vous abonner…gymnastique en perspective ! A suivre. |
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« BARRERA SOL » : SUPERBE HOMMAGE A CURRO ROMERO 5 Janvier : Le Pharaon s’est retiré, et le petit duende a encore du mal à sécher ses larmes. Dans le parque Maria Luisa, des vieux sévillans cheminent en ressassant les grande moments du « Curro », dans sa Maestranza. Bien sûr, depuis « ce maudit 22 octobre », ou « ce 22 octobre béni », selon que l’on voit les choses, chaque quotidien, chaque revue taurine, tous les hebdos sont partis dépoussiérer leurs archives, pour sortir un hommage à Curro de Camas, « conocido hasta en el Japon ! » . Il y eut de tout. Mais voilà que c’est de France que sort le plus bel hommage, le plus précieux, le plus richement illustré en images et en signatures… et l’on doit ce remarquable souvenir, à garder dans toutes les bibliothèques aficionadas, à la revue « Barrera Sol », que l’on se résiste toujours à appeler « Toros, Sol y Moscas ». Evoquer cette revue est forcément parler de son responsable. Régis Merchan est un personnage « qui ne laisse pas indifférent ». Haï par la moitié de la planète, encensé par l’autre, il va, il imagine, cherche, bataille, et aficion en bannière, gueule grande ouverte, il tient depuis plusieurs années la plus belle revue taurine française. Tout simplement ! « C’est un bandit » hurlent certains. C’est un malin, diront les autres… et probablement plus sain que certains qui occupent les premières pages de nos journaux, et se retrouvent au violon, malgré cravates et limousines. Certes, on le voit aux portes des plazas, avec bien d’autres, qui risquent beaucoup moins. Certes, il est « en marge », et il a réussi à se mettre à dos pas mal de monde. Bien ! Cada uno sus cosas ! Mais toujours est il qu’il y a, ici, des tonnes d’aficion, des trésors de mémoire taurine, d’archives, de réelle toreria… et c’est tout cela qui transpire à chaque page de cette revue que beaucoup condamnent…et achètent en cachette. « Barrera Sol » vient de sortir, en son N°132, un magnifique « Spécial Curro Romero » : Présentation luxueuse, photographie magnifique où l’on retrouve « la patte » de Guy Dubasque; des éditos « de lujo ! » avec la signature de Jean Marie Magnan, Jacques Durand, de l’ami Escobar; les témoignages empruntés aux grands chroniqueurs espagnols et aux toreros, le tout illustré de photos d’archives venant de Séville ou de Nîmes, de Maurice Berho, entre autres. « Récompilation » ? Certes, mais, avouez que l’article de Jacques Durand a ici, au soleil de la barrera, « une autre gueule » que dans la grisaille parisienne « de Libé ». « Asi que…Las cosas como son ! » Si vous avez envie de croiser, encore dans quelques années, le regard de ce Curro qui vous a tant scandalisé, ou vous a tellement « envoyé haut » que vous n’en êtes pas encore redescendu, n’hésitez pas… pour 35 Frs, « Toros, Sol y moscas », cette revue de Toros… qui chante si bien les Hommes. (Publicité totalement gratuite… C’est peut-être aussi cela, être aficionado !) |
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LE CALIFE D’AMERIQUE…5 Janvier : La feria de Cali se termine. Ce soir, le Juli doit tout faire pour triompher. A ses côtés, Diego Gonzalez va vouloir confirmer l’excellente première sortie, à la corrida du toro. Bilan déjà fort mitigé de cette feria de Cali, avec une constatation : le descastamiento total de la ganaderia colombiana. Les déceptions se suivent, au fur et à mesure de la sortie des meilleurs produits de la terre, qui portent souvent beau, et se dégonflent au premier picotazo. On connaît cela. L’aficion Caleña découvre aussi le toro qui s’étend de tout son long, et la mauvaise humeur gagne… Les mauvaises entrées ne sont pas uniquement dues à la situation économique. Côté toreros, Jean Luc Jalabert, le français, Ramiro Cadena, le colombien et le Califa, brun d’Espagne, qui risque bien de s’ériger en triomphateur de la feria, après trois sorties où le public n’a pu que constater et saluer « la vérité » de ce torero, sérieux, sobre, sec, sans esbroufe aucune. Trois oreilles le premier jour ; respecté face à un barabas, le second, José Pacheco a marqué hier, à Cañaveralejo, un point définitif, coupant une oreille en or massif, et portant, à l’autre toro, l’estocade de la feria. Un triomphe retransmis en direct par la radio Colombienne, chanté par les revisteros, hurlé par le public. Il va falloir suivre le parcours américain du Califa, qui risque de rentrer, gonflé à bloc, et de faire très mal, lors des premières ferias, dans la mère patrie. 4 Janvier – Cali (Colombie) – 9 ème de Feria – media plaza (9000 personne): Ce fut « la corrida des estocades »… Six toros, cinq grands coups d’épée, en particulier celui du Califa au premier toro, qui sortit mort de l’estocade, roulant au sol en six secondes. Monumental volapié. Côté ganado, déception totale. Les toros de Guachicono,( total encaste Domecq), bien présentés, se sont révélés faibles et bajos de casta. Le cinquième, qui semblait le meilleur a été remplacé pour sortir astillado du peto…La plupart ont été sifflés à l’arrastre, par un public fortement remonté contre la Junta organisatrice. Au cartel : Jose Pacheco « El Califa », Miguel Abellan et Paquito Perlaza. Triomphe du Califa qui torée proprement le fade premier, gêné par le vent et les conditions du toro, mais en termine par l’estocade de la feria. Par contre, le diestro va monter « un tabac » face au quatrième, dans une faena « à mas », faite de totale sincérité, liant les passes, toréant hyper serré au fil des cornes. Public hurlant et commentaires enfiévrés : « este torero no tiene respeto por su propia vida ! ». Et pourtant, on est loin du trémendisme à tout prix et de la fausse vaillance gesticulante. En restant dans le terrain où il se met, le Califa va faire du bruit. Final d’apothéose, gâché par un pinchazo. Un oreille forte, pétition de la seconde. La Colombie attend ses prochaines sorties, Manizales, Bogota… L’Europe taurine aussi – Miguel Abellan a débuté fort avec cape et muleta, mais, comme ses toros, « se fue pabajo ». Malchance, petit manque de personnalité. Il tua vite et presque bien, heureusement – Paquito Perlaza jouait gros. Il s’est fait respecter et applaudir. Toros difficiles et, en face, la volonté, le pundonor, et de bons détails. Ses toros le menaçèrent, le firent voler, mais le garçon revint à la charge et donna également un gros coup d’épée au troisième. Ce n’est pas l’apothéose rêvée, mais, son cartel reste intact. Il fera campagne en Espagne et va toréer deux fois à la San Isidro. A ver lo que pasa. 4 Janvier, en nocturne – Cali – Festival au profit de l’école taurine – 12000 personnes environ : A part un Puerta de Hierro à qui l’on donna vuelta posthume, les novillos ont encore déçu. Les résultats « secs » de ce festival débuté à « 20H colombiana » (c’est à dire, ce 5 janvier « à 4 H françaises ») sont les suivants : El Cordobes : deux oreilles – Oreille pour Abellan, Juli et Ramiro Cadena – Ovation pour Jalabert, Paquito Perlaza et le novillero Cristian Restrepo sortant applaudis. |
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QUI, POUR ARRETER EL JULI ? 6 janvier : C’était couru ! Pendant que les copains s’étaient appuyé toute la feria, pestant contre le mauvais sort, rageant contre ces « toros de Cali » qui ne chargent plus, le Juli, tranquillement, attendait son heure, et débarquait en fin de feria. Neuf corridas s’étaient déroulées, dont les résultats pouvaient se voir qualifiés de disparates, et dont le dénominateur commun était : le peu de jeu de toros colombiens, y compris des plus huppés. Côté toreros, il suffit de regarder, jour après jour, les diverses actuaciones , et quelques noms surnageaient fort bien: Califa, Bautista, et, chez les colombiens, Ramiro Cadena et Diego Gonzalez. El Juli est arrivé, le climat a monté d’un ton: Plaza pleine pour sa première sortie, voltereta et vains efforts, demi échec. « N’aime pas cela, le Julian ! ». On attendait donc cette dernière course, avec anxiété et espoir. Anxiété parce qu’après neuf dures journées, qu’allait donc réserver la ganaderia del Paraiso, toute nouvelle promue, puisque sa sortie officielle datait de janvier 2000 ? Anxiété parce que le public est remonté, et menace de déserter la plaza. Faut pas les chatouiller, les colombiens. Fiers comme ils sont, dans les circonstances économiques actuellement vécues, ils exigent la qualité du spectacle, sinon, « Va y a voir du sport »… Les diverses interventions des aficionados, en direct au micro, pendant les corridas, traduisent ce sentiment. A se demander même s’il n’y a pas une certaine cabale montée, tant les témoignages et revendications semblent similaires, sur le fond et dans la forme. Qu’allait il se passer ? anxiété et espoir. Espoir, parce qu’El Juli était au cartel, espoir parce que c’est la dernière chose que l’on perd, en tauromachie aussi. Mais bon ! Et voilà que le miracle arrive, voici que les toros deviennent passionnants, que les toreros font assaut de courage, de toreria, et qu’à la dernière seconde de cette feria, le dernier toro rencontre un énorme torero. Alors, l’ivresse gagna, le toro fut grâcié et le torero hissé a hombros de ses copains matadors, pour une sortie qui marquera une nouvelle page de Cañaveralejo. El Juli a gracié, hier, un toro en plaza de Cali, a remporté le trophée à la meilleure faena, et a sauvé la feria. L’apanage des grandes figures : «La chance est au rendez-vous, parce qu’elle « se » la fabrique, à coup de caste et de talent ». 5 Janvier – Cali (Colombie) – 10ème et dernière corrida de feria – 12000 personnes: Ce fut le gros point noir, et le seul échec du Juli , la plaza fut loin de se remplir. Un élément que certains empresas n’auront pas manqué de noter au coin de leur mémoire, pour les transactions futures. Raisons ? Ras le bol de l’Aficion après une feria « de vaches maigres » ; cabale contre la Junta ?; causes économiques ?, cartel faible ? A voir. Julian Lopez faisait le paseo aux côtés de Diego Gonzalez qui, certes avait triomphé, mais ne portait pas les espoirs de la grande foule. Quant à Davila Miura, personne n’attendait rien de lui, après ses précédentes sorties bien grises . Par ailleurs, peu de repères au sujet des toros « del Paraiso », de Jeronimo Pimentel. On savait que c’était du Domecq, « y poco mas »… Corrida d’émotion, de caste, de bravoure et de mobilité. Corrida triomphale pour le ganadero qui voit un toro gracié, un autre honoré d’un tour de piste et les quatre restants, ovationnés ou applaudis al arrastre. Présentation fort honorable, avec l’originalité de robes multicolores, et surtout, un jeu passionnant, avec en point d’orgue, l’indulto du toro « Buboso », toro presque blanc, N°8, de 452 Kgs. Diego Gonzalez ne s’accorda pas totalement au premier, melocoton, et le pincha trois fois. Avis. On l’applaudit néanmoins. Il voulut recevoir à genoux le beau colorado quatrième. Mal lui en prit. Cogida, sortant vivant, mais moulu. Le toro est brave, soulève le piquero. Diego Gonzalez va bien se reprendre, toréant artiste et profond, notamment sur main gauche. Hélas, descabello après pinchazo et entière caida. Aviso. Adieu l’oreille, mais jolie vuelta, avec rendez vous immédiat à l’infirmerie. Eduardo Davila Miura a enchanté le public dans sa première faena devant le noble « Consentido ». Faena templada, liée, (un peu distante dira la critique de Bogota), qui met le feu, tandis que l’on murmure une demande d’indulto. Grosse estocade et deux oreilles pour Davila, enfin ravi. Il mit tout ce qu’il avait, devant le cinquième qui lui mit le costume en charpie, mais traîna en longueur, écoutant sonner deux avis. Et puis, le Juli ! Oreille face au troisième qui lui infligea une solide raclée, pendant la faena. Julian Lopez sortit la caste et la rage, donnant un premier coup de cymbale « Aqui estoy yo ! ». Sortit alors « Buboso », le dernier toro de la feria. Toro ensabanao, disent certains, jabonero, précisent d’autres. (Bon ! il était beige clair, très clair). Une bombe ! Un toro qui vient et qui répète sa charge, un toro qui permet de rêver le toreo.Ceux qui contestent l’indulto disent qu’il ne fut pratiquement pas piqué. Bien ! mais, après ce qu’avaient vécu les aficionados caleños depuis dix jours, comment leur reprocher ce moment d’euphorie ? Surtout qu’il y avait là un torero qui se chargea de faire briller le toro, exploitant avec grande toreria, son moindre élan. Juli fut « énorme », avec ce toro. Après le quite par lopecinas, après les banderilles, la faena monta en émotion, le torero se laissant aller au « toreo caresse », cadencé, lié, fait à la fois de force et délicatesse, de technique et d’art, de puissance et d’abandon. Faena magique, et l’explosion: la grâce du toro. Deux oreilles symboliques, les copains qui sautent dans le ruedo pour le hisser sur leurs épaules (il y a là le Califa, jean luc Jalabert, plusieurs membres des autres cuadrillas). Final en apothéose, le Juli entraînant dans une folle sortie a hombros, Davila Miura, le collègue, et le Ganadero salvateur, Jeronimo Pimentel. Pas à dire, tout le monde « au Paraiso » ! Mais… qui donc arrêtera « El Juli » ? |
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LES TROPHEES DE LA FERIA DE CALI 6 janvier : Au soir de cette dernière course, magique, le jury et la Junta directrice de la feria de Cali 2000/2001 se sont réunis pour décerner les prix de cette 43ème édition du cycle caleño, en plaza de Cañaveralejo. Le palmarès en est le suivant : Trophée « Cristo de los Cristales », à l’auteur de la meilleure faena: « EL JULI », devant le toro « Buboso », sixième du Paraiso Trophée au triomphateur global de la feria : « EL CALIFA » Trophée au meilleur lot : « EL PARAISO », lidié le 5 janvier, avec un toro gracié) Trophée au meilleur toro : « BUBOSO », del Paraiso, (sorti sixième, le 5 Janvier, et indultado par El Juli) – Toro beige – N°8 – 452 Kgs, provenant de la ganaderia fondée le 7 juin 95 par Jeronimo Pimentel. De devise rouge, verte et blanche, la ganaderia est « puro Domecq », à base de Juan Pedro, Jandilla, Torreon, Martin Arranz et Joselito. Trophée au meilleur piquero : FELIX LOPEZ Trophée au meilleur subalterne, à la brega et banderilles : GUSTAVO GARCIA « JERINGA » Trophée au meilleur novillero : GUERRITA CHICO Il y a « mentions honorables » pour le nouveau matador colombien Ramiro Cadena, et pour le toro « Jugador », de Ambalo, lidié le 31 décembre, par El Califa. Le bilan « qualité » suscitera probablement d’autres commentaires, au sujet de la ganaderia brava colombiana, au sujet de la désaffection du public… De toutes façons, la saison ne fait que commencer, avec, immédiatement, deux corridas à Cartagena, dans une plaza portative (ce qui semble un gag, quand on connaît les deux plazas qui ont trôné dans ce lieu magique), et la Feria de Manizales, qui débute dimanche 7 janvier, pour une novillada et six corridas consécutives. Puis, viendront en alternance, Bogota et Medellin... |
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ON ACHEVE BIEN « LES CYBER-CHEVAUX »…7 Janvier 2001 : Qui pensait y arriver, en 2001 ? Alors qu’un grand titre annonçait pour cette date, l’Odyssée de l’espace, c’est sur la terre qu’il nous faut plus modestement redescendre, et « aguanter » toutes les odyssées que nous réserve le quotidien. Certes, le Monde roule son habituel cortège de drames, de guerres, de pleurs. Mais, bien plus près de nous, à notre petite échelle, avouez qu’on ne fait pas grand chose pour l’humaniser, ce monde. Pour combattre le misère, la crise de 29 avait suscité, aux Etats Unis, les « marathons de danse », si terriblement relatés dans le film « On achève bien les chevaux ». Des couples, officiels ou de circonstance, se débattaient contre la fatigue et le désespoir, en piétinant, enlacés, des heures et des jours durant, au fond d’un bouge, style foirail de nos campagnes, au son d’une mauvaise rengaine. Interdit de s’arrêter de danser. Alors ils marchaient ensemble, tentant de penser à tout sauf à leur douleur. De temps en temps, il y avait une épreuve spéciale, éliminatoire. Beaucoup en sortaient moralement détruits, d’autres gagnaient le droit de continuer leur martyre. A la fin, le couple gagnant empochait de quoi survivre, jusqu’au prochain massacre. A la fois horrible, et admirable. Affreusement humain… 2001 : Les temps ont changé ! C’est une immense salle, aussi humaine et accueillante que celle d’un concours administratif recrutant pour La Poste… Il sont là 2000, 3000 ? Peu leur importe l’accueil, le décor, le confort. Ils ont en face d’eux leur outil de travail, leur trésor, leur passion… un écran et un clavier. Ils participent au championnat des jeux sur ordinateurs… Pendant des heures et des heures, les yeux rivés sur leur écran, le doigt titillant le joystick, le cerveau à mille à l’heure, ils vont abattre des milliers d’ennemis, parcourir des milliards de kilomètres, au point de rendre le Paris Dakar, aussi futile que le trajet entre votre porte et votre boîte aux lettres. Ils vont découvrir des mondes, vaincre des gnomes baveux, les réduire en poussière à coups de laser. Ils sont des héros… Ils sont des champions. Ils ont de 13 à 40 ans… Ils sont… totalement déconnectés ! Dans ce triste monde où l’on tire avant de discuter, où l’on efface un destin d’un clic de souris, est il vraiment souhaitable de vanter de telles entreprises ? Chacun son opinion , bien sûr ! Chacun ses valeurs ! Mais, qu’on n’empêche personne de penser que… dédramatiser ainsi le fait d’appuyer sur une gâchette, surtout quand l’écran, mieux que nature, reproduit le dernier rictus de l’éxécuté, n’apporte guère à l’humanité. Si en plus, on gagne de l’argent, en participant à ces joutes, alors c’est que l’on n’est « pas loin » de 1929 : « 10000 Francs, Cool ! Je gagne plus en quelques heures que celui qui travaille ! » (Sic) … Rien à dire... Oui vraiment, on achève bien les « cyber chevaux ! » Et nous, Aficionados, nous sommes tout heureux de voir que, dans un monde particulier, qui nous est tant reproché pour sa cruauté, son goût pour le sanguinolent, des jeunes hommes combattent le destin avec, encore en 2001, la muleta dans la main gauche, l’épée dans la main droite… et le cœur au milieu. Nous sommes ravis, qu’en 2001, des toreros, fières vedettes, compétiteurs acharnés, aient soudain le cœur, le pundonor et la superbe, de sauter la barrière et aller porter en triomphe celui qui, justement, leur a soufflé le leur… Magnifique geste du Califa, de Jean Luc Jalabert, de Gomez Escorial et des autres toreros qui, à Cali, ont levé au ciel ce Juli, intraitable gladiateur, après son immense actuacion. Ce geste, parmi d’autres, nous laisse encore un peu d’espoir en l’Homme… On en a bien besoin ! Actualité colombienne et mexicaine, ce dimanche 7 janvier. A Cartagena de Indias, les hôtels regorgent de touristes, les plages sont envahies de créatures de rêve. Pourtant, la Colombie misère est là, de l’autre côté de la Popa. Il y avait une magnifique plaza, à Cartagena. Plaza en bois dont le squelette persiste. Elle fut remplacée, dans les années 70, par une autre dont la façade en épis, pointait à l’entrée de la ville, presque au milieu des « tugurios ». Tout cela est tombé, oublié, envahi de tristesse et de mauvaises herbes. Alors, là, sur la plage, on a monté une plaza portative et hier soir, 3000 personnes se sont ennuyées devant cette piètre décadence. Les toros du Socorro (les bien nommés), n’ont pas donné l’espoir du renouveau, et les toreros ont fait leur possible. Cesar Camacho, El Gino et Sebastian Castella… « cumplieron ». Ce soir, deuxième et dernière avec Nelson Segura, Diego Gonzalez et Angel Gomez Escorial, face à du ganado de « Santa Barbara »…Un nouveau feuilleton qui n’ajoutera rien à la gloire passée de Cartagène. Heureusement, demain, on part vers Manizales… A Mejico capital, on prépare « la reconquête »… Avec l’arrivée du Juli, bientôt, et la célébration du 55ème anniversaire de la plaza monumental, « on va voir ce qu’on va voir ! »… Le 5 février, corrida annniversaire et un cartelazo : Cavazos, Zotoluco, Ponce, El Juli, avec des toros de Xajay. A ver si se llena la plaza ! Hombre ! En attendant, aujourd’hui, les aficionados mariachis ne se bousculeront probablement pas pour accueillir Manuel Diaz qui, pour Cordobes qu’il soit, n’a pas le tiron de son « officiel supposé progéniteur ». Manuel Benitez a mis le feu à la Mejico, au prix d’incroyables exploits et d’anecdotes pour le moins croustillantes. Manuel Diaz, pour le moment, n’a perdu que l’avion qui devait l’amener de Cali. Espérons que cette actuacion à la Monumental ne le poussera pas un peu plus…hors du train. Il sera encadré de Rafael Ortega et de Jeronimo, face à des toros de Vistahermosa. Gros double challenge pour le Cordobes : Attirer du monde à la plaza, et marquer les mémoires, « toreando bien, o a lo loco », mais… interdit de laisser le public indifférent ! Et ça, c’est plus fort que « titiller le joystick »… Que haya suerte ! |
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LA FIN DU REVE AMERICAIN8 janvier : « Ah, dans le temps, c’était autre chose ! ». Nous voilà « chocheando »… En fait, et pour rester uniquement dans le monde taurin, il semble bien que « l’Amérique n’est plus ce qu’elle était ».. Par le passé, les toreros y partaient à pieds joints. Après une longue et dure temporada Espagnole, on s’en allait au soleil, ramasser les dollars, toréer des toros et des publics faciles. En un mot, tuer agréablement le temps. Mais peu à peu, les billets verts se sont flétris, les toros se sont mis à réfléchir, et les publics aussi. Faire aujourd’hui les Amériques ne rapporte guère, sinon quelques lauriers dont on ne tient pas compte ici, et quelques mésaventures incontournables du style de celle arrivée hier au matador Angel Gomez Escorial. Faire un si long voyage pour voir annuler la course parce qu’il n’y a personne dans la plaza… Dur, dur. Le Cordobes n’a pas été mieux loti : obligé de faire le zouave devant du ciment vide, il oubliera vite son passage à Mexico et reviendra préparer une temporada qui sera pour lui, cruciale. Non vraiment, l’Amérique n’est plus ce qu’elle était. 7 Janvier 2001 – Mexico (plaza Monumental) – 12ème de la temporada – moins de 10000 spectateurs : Il n’y a pas eu de miracle. Le nom du Cordobes a bien attiré quelques curieux, mais les autres sont restés à la maison. Total, une entrée, encore une fois désastreuse, et un public qui a hué le nom de l'empressa, Rafael Herrerias. Corrida « faiblissime » de Vistahermosa. Désespérant. Le sixième portant une blessure à une patte, fut remplacé par un de ses frères. Pas mieux. Le Cordobes essaya de tirer le maximum de ses deux adversaires, ne récoltant que de pâlas applaudissements. Devant ce bilan désolant, il régala le sobrero, de Julio Delgado, et lui monta un cirque impressionnant, avec saut de grenouille inclus au menu. A un moment, le toro s’affale de tout son long, et Manuel Diaz se couche sur le dos, les bras en croix… Et pourquoi pas ? Malheureusement, le descabello lui joua un mauvais tour et il perdit l’oreille. Vuelta applaudie par les quelques présents – Par contre, gros succès de Rafael Ortega qui coupe une oreille à chaque toro, à force d’alegria et de poder. Bien aux banderilles, il toréa technique, intelligent et vaillant, tuant son premier d’un grand recibir. Bonne saison pour Prtega qui avait déjà coupé une oreille a « la Mejico », le 19 Novembre dernier - Jeronimo fut applaudi au deux et se fit secouer par le troisième. Torero d’esthétique mais fade, il ne « monta pas sur les toros » et aujourd’hui, plus personne ne se souvient qu’il était au paseo. Triste. Pendant ce temps, un jeune blondinet souriant est arrivé au Mexique. On lui donnerait le bon dieu sans confession… « Ne vous y fiez pas, c’est un gladiateur, c’est un tueur… Il s’appelle El Juli… » 7 Janvier – Manizales (Colombie) – Novillada de Feria – 8000 spectateurs : La novillada de Salento est sortie très correctement présentée, débutant bien, pour terminer ses peleas en s’arrêtant vers les barrières. Le meilleur fut le troisième, mais en général, tous « se laissèrent ». Succès de Cristian Restrepo, qui coupe une oreille à chacun, tandis que Cristobal Prado Hoyos obtient le trophée du premier et Rodriguez Silva « Procuna » donne une vuelta. Ouverture satisfaisante d’une feria qui va célébrer cinq corridas dans une ambiance des plus folkloriques, mais aficionada al toreo bueno. Les espagnols engagés ont pour nom : Juan Mora, Manolo Caballero, Finito de Cordoba, Vicente Barrera, Victor Puerto et El Califa, que l’on attend ici avec grand intérêt, après son triomphe de Cali. A suivre aussi, la corrida du Paraiso, le 13, qui devra ratifier son apothéose caleña. 7 Janvier – Colombie : En « province », on note la suspension de la deuxième corrida de Cartagène. Au cartel, Nelson Segura, Diego Gonzalez et l’espagnos Angel Gomez Escorial. A la taquilla… 500 places vendues. Terrible ! Les Toros à Catragena… c’est fini ! A Choachi, dans le Cundinamarca, la ganaderia du Paraiso a connu l’état de grâce, après son triomphe de Cali. Deux toros ont été grâciés, dont un frère du Buboso, indultado par le Juli. Un affaire de famille. Bien présentee, brave et noble, la corrida a laissé sept oreilles, dont quatre symboliques. El Gino a gracié le quatrième et Curro Valencia, le sixième - Sans connaître ce suprême honneur, Alejandro Gaviria a également brillé, au cinquième. Décidément, en quelques jours, la ganaderia du Paraiso va devenir le porte-drapeau d’une cabaña colombienne qui a beaucoup baissé, et préoccupe tout le monde, là-bas. A Duitama, département de Boyacà, dans le plaza « Cesar Rincon », 4500 spectateurs environ, et un gros triomphe de Dinastia, absenrt à Cali. Trois oreilles à un lot de Mondoñedo, bien présenté et intéressant. Vuelta au cinquième - Juan Mora ouvrait cartel, coupant oreille à l’un, donnant vuelta à l’autre – Quand à Joselito Borda, il fut bien au cinquième, obtenant lui aussi, un trophée. |
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STRATEGIES…STRATEGIES ! 9 Janvier : Il est de la tauromachie comme de tout. Dans ce mundillo si vaste, mais pourtant si réduit, si fermé, les luttes d’influence, les coups de bluff, les arnaques et manipulations diverses, les regards en dessous se trouvent presque aussi nombreux que dans la préparation de quelque élection municipale… Quoiqu’on fasse, on va gagner, on est le meilleur, et même si on prend une rouste mémorable, on reste « le vainqueur moral ». Stratégie ! Bien entendu, tout se déroule à coups de millions que l’on a… ou que l’on n’a pas. Ici s’arrête le parallèle, car dans cette arène, on porte aussi cravate et « costume trois pièces », mais on y meurt « de verdad », quel que soit le statut, quel que soit le parti, « la casa », dont on est membre… Stratégie. « On Joue, on perd », comme à Cartagena de Indias. La suspension de la deuxième corrida a fait du bruit. Paraîtrait que l’un des membres de l’organisation se serait envolé avec la taquilla du samedi. Mais, de toutes façons, on ne s’explique pas comment il pouvait y avoir 3000 personnes dans les gradins, quand on avait vendu 800 places… Stratégies. Dimanche soir, cela a fait du vilain ! A l’annonce de la suspension, on parle « d’énergiques protestations »… en Colombie ! Stratégie à Mexico, où les entrées catastrophiques, quel que soit le cartel, font gamberger tous les ténors de l’organistion. Un bon placement pour Upsa… Que faire pour ramener l’Aficion dans la plaza ? Une seule solution : appeler Superman, ou plutôt « Wonderchico ! ». Mèche au vent, sourire radieux, il est arrivé. El Juli va toréer le 14 à la Monumental, accompagné de’Oscar San Roman et Ignacio Garibay, face à des Bernaldino de Quiros. Cartel bueno ! Mais, le nom du Juli suffira t’il à « Llenar la plaza » ? Si oui, l’empresa gagnera t’elle, quand même, de l’argent ? Juli a t’il calculé les conséquences s’il ne remplit pas ? Stratégies… Grande Stratégie à Séville. Don Eduardito s’est gratté la tête tout l’hiver, et prépare sa rentrée, le dimanche de Pâques. Hombre, Domingo de Resureccion signifie « Curro ». Oui, mais, « il » n’y est plus. Ah ! Alors, la corrida Sévillane par excellence, suppose la présence du Morante… « Oui, mais, il m’a fait une vacherie en septembre et … » Re « Ah » ! Alors, fin stratège, don Eduardito, va chercher, de derrière quelque fagot rociero, « la » figura qui va lui faire le quite, Ortega Cano. Puis, lui qui aime la jeunesse et travaille pour l’avenir de la fiesta, prend sous son aile Fernandez Pineda, novillero qui fit quelque bruit en 2000, dans la Maestranza. Liez le tout avec la présence du Juli, et vous avez un cartel de luxe pour une alternative « itou » qui, hors feria… ne va pas remplir la plaza. A suivre, tout cela, car tout est affaire de temps, en tauromachie... comme en politique, sauf qu’ici… « Se muere de verdad ! » 8 Janvier - Manizales (Colombie) – Première corrida de Feria – 11000 spectateurs : Huit toros de Dosgutierrez, pour trois matadors et un rejoneador. Corrida intéressante avec un bonne deuxième partie. Cesar Camacho a été très torero au premier, mais catastrophique à l’épée. Avis et ovation. Cela se passa moins bien au quatrième, mieux tué. Silence – Guillermo Perlaruiz se montra brillant au capote, toréant avec sincérité et coupant l’oreille du sixième – Vuelta et oreille du sept pour Dinastia qui mit toute la vapeur et tua recibiendo. On lui reprochera d’être trop « dessus » les toros, les étouffant un peu – Le cavalier Fernando Lopez Diaz fit blesser son cheval « Llameado » (déchirure de 60 cms, peu grave heureusement) – Il fut, par contre, excellent avec le meilleur toro, le huitième, et, grâce notamment à sa yegua « Serranita », mit le feu aux gradins. Bonne entrée en matière pour cette feria qui se poursuit ce jour avec au cartel : Dinastia, Victor Puerto et Califa, face çà des Juan Bernardo Caicedo. |
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DANS TOUS LES SENS…10 janvier : Comme un feu d’artifice disperse mille flammèches incandescentes sous des « hooooo ! » d’admiration, l’actualité taurine, à la veille de la temporada 2001, fait feu de tous bois. On dirait presque un premier Avril ou un Dia de los Inocentes. Qu’y a t’il de sérieux, qu’y a t’il de vrai ? Où est « le bulo » ? Ce qu’avance tel ou tel média est il fait pour donner l’avant première, en exclusive, ou pour fourvoyer les copains ? C’est le jeu de la presse, et dans tous les domaines. Ainsi, un grand quotidien présente t’il aujourd’hui les fondations du futur parti unique de l’Opposition française, qui va réunir tout le monde, dans l’unique objectif de sortir a hombros…de « los capitalistas », aux prochaines rencontres… Que bueno ! « Ensemble, pour le bien des Français ! » Oui, oui, oui… Et on croit que cela marche encore, cette profession de foi ? Faudrait d’abord que « la Ilusion ! » revienne dans les maisons, même si on la fabrique…dans les salons ! Faudrait que l’on puisse croire en quelque chose ou en quelqu’un, sans avoir à se demander toujours « qu’y a t’il la dessous ? »… Faudrait pouvoir penser sereinement sans avoir à soupirer, impuissants, devant les enfants qu’on assassine, les policiers qu’on tire comme des lapins, les voitures que l’on brûle, tandis que quelque grand « Il n’y a qu’à… », bien rempli d’autosuffisance nous serine à la Télé : « Dormez en paix, brave gens, je veille… » Pour en revenir aux « Toros », donc, l’actualité part dans tous les sens…Voyez plutôt : Manolo Camara, nouvel apoderado du Morante de la Puebla : Cela se sentait venir depuis la mi-temporada 2000. Quand un torero est « embalado », il est presque aisé d’être son apoderado : On reste près du téléphone, on attend les appels, on dicte ses volontés, ou exigences, et on veille à ne pas signer deux contrats le même jour. Quand les affaires se corsent un peu, il faut avoir du poids et marcher au canon, avec de sérieuses munitions en poche. L’an dernier, le bel élan du Morante fut tranché net à la Feria de Sevilla. Ensuite, il fallut ramer à contre courant. Pas évident, malgré de grandes choses, à Vitoria, au Puerto, à Palencia. Séville, en septembre, s’est fachée toute rouge, manipulée par son empresario, si peu « fils de son père… ». Aussi, 2001 va t’il être dur à négocier, surtout dans la Maestranza. C’est Manolo Camara qui vient de prendre en charge les affaires du Morante. Apoderado de verdad, à l’ancienne, homme d’affaires, mais homme avant tout, il est probablement celui qui fait le moins de bruit, mais qui joue le mieux, pour l’intérêt de ses toreros. Apoderado de Rivera Ordoñez, Manolo Camara saura peser sur les négociations de l’Avril sévillan, et, d’ores et déjà, Don Eduardito doit faire réserve d’aspirine. Rivera Ordoñez, incontournable dans le ruedo Maestrante, sous peine de fâcher quelque princesse, sera d’un grand secours si l’on veut créer quelque souci au Morante. De son côté, le torero de la Puebla peut apporter avec lui le fils de Paquirri, dans quelque feria où l’on ne comptait pas sur lui. Pourquoi pas ? L’avenir dira, et le toro, surtout, dira… Ruiz Miguel réapparait en mars, à San Sebastian, avec des Victorinos… Ouf ! Cela surprend. Il semble que le cycle des novilladas concours d’Illumbe, qui se déroulera en février, se terminera par une mini feria de trois corridas de toros, dont une de Victorino Martin, devant la quelle Ruiz Miguel et Juan Jose Padilla sertaient déjà « fijos ». Les caméras de Via Digital seraient présentes. Francisco Ruiz Miguel prendrait toutes les victorinadas, télévisées en direct, soit par Via Digital, soit par Canal plus. On parle déjà de Badajoz, Mont de Marsan … Pas mal, sur le plan financier. Mais va falloir assumer. Les bouteilles de champagne, c’est bien… à condition de savoir les ouvrir, sans se prendre le bouchon en pleine figure. Manuel Benitez « El Cordobes », pour de pauvres adieux… « No se merecia esto ! ». Manuel ! Vous devez vous couper la coleta « a lo grande », une glorieuse fois pour toutes. « El Cordobes » veut terminer sa carrière au cours d’une corrida en plaza de Cordoba. Bien ! Corrida dont les bénéfices iront à la Croix Rouge. Muy bien. Mais pour arriver là, il est prévu de toréer en quelques plazas de troisième catégorie, histoire de bien s’ajuster le costume, et cela, ça coince un peu. El Cordobes mérite mieux que de remplir à demi, Moron de la Frontera ou Algimia de Almonacid, avec en plus le risque de « péter une durite ». Pourquoi pas une tournée de « vrais gros festivals bénéfiques de gala », dans les principales plazas d’Espagne, au profit de nobles causes, entouré de grandes figures qui lui rendraient hommage en toréant à ses côtés des gros novillos ou des petits toros.(De toutes façons, c’est ce qu’il va voir, en catimini). Cela aurait de la gueule, cela attirerait du monde, cela aiderait des malades ou des malheureux, et l’image du Benitez en sortirait grandie. Alors, le corte de coleta, par ses enfants, en plaza de Cordoba, vêtu de lumières pour l’unique et dernière fois, serait grandiose et permettrait à tous de dire : « Manolo ! Ud es Historia del Toreo, y lo quedara pa siempre ! ». Luis Vilches prendrait l’alternative à la Feria de Séville : Ben tiens ! Stratégie, stratégie ! L’apoderado du novillero intéressant du moment vient de déclarer que les négociations allaient bon train et que Don Eduardo Canorea en acceptait le projet, avec l’idée de deux contrats. A ver ! Qui fait le quite à qui ? Vilches mérite une alternative « de lujo ». Bien ! Mais, rien ne nous empêchera de penser que Don Eduardito, roi de la bourse plate, est en train de faire réserve de « bas salaires », à la veille de sa feria d’Avril, parce qu’il sait qu’il va devoir faire face à certaines éxigences qui engendront, peut-être, des défections. Alors, on commence à meubler : Trois contrats à Ortega Cano, dont la corrida de Pâques, deux aux jeunes Vilches et Pineda, dans le cadre de leur alternative. Ajoutons y deux à Vicente Bejarano, pour faire la nique au Morante (logique, et bon marché !) . Mine de rien, cela fait déjà neuf postes. Ajoutez des poids moyens, intéressants ou incontournables, comme Eugenio de Mora, Padilla, Davila Miura,… Et on peut continuer ainsi à trouver des contrepoids aux gros salaires qui vont lever le doigt… notamment El Juli, qui devrait être la base de la feria, avec Victor Puerto. C’est alors qu’arrive le duo Morante/Rivera Ordonez… Et pendant ce temps, Curro joue aux dominos, tranquille ! Feria de Pâques, en Arles : D’ores et déjà, absence de Joselito et José Tomas. Par ailleurs, doblete de Juan Bautista. Les cartels qui vont sortir sous peu seraient les suivants, en ce qui concerne les corridas : 13 avril : Ponce, Juli, Bautista avec des Victoriano del Rio 14 Avril : Puerto, Califa, Castella avec des Alcurrucen. 15 Avril : deux corridas, du Partido de Resina et Baltasar Iban, pour Meca, Padilla, Ferrera et trois autres à accommoder en ces deux cartels. 16 Avril au matin : Mano a mano Moura/Cartagena, à caballo. 16 Avril : Toros du Pilar pour Finito, Jean Baptiste et …. Un troisième |
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MANIZALES : BIEN, LES TOREROS…Mieux, en fait que le résultat ne le laisse supposer. Deux oreilles coupées, quand on peut penser que cinq à six eût été « plus logique bilan » . Les toros ont permis, quoiqu’un peu faibles Les toreros ont été brillants, mais les matadors ont cafouillé. Maldita Espada ! 9 janvier - Manizales (Colombie) – 2ème corrida de feria – 8000 personnes : Surprise ! Entrée plus réduite que le jour précédent, pour la corrida de nationaux. (Voir ce qui va se passer aujourd’hui). Six toros de Juan Bernardo Caicedo, bien présentés, un peu faibles, avec tendance « à rajarse » et partir aux barrières. Fond de noblesse, mais manque de moteur. Le deuxième remate fort dans un burladero et se casse un piton. Fuera reglamento, on le change par un Dosgutierrez qui débuta fort, puis serra les freins. Dinastia a encore été très bien. Il noya un peu le premier qu’il tua mal, perdant un trophée, mais toréa « a su distancia » le quatrième, coupant une oreille avec pétition de la seconde. Bien pour le Dinastia, absent de Cali, mais dont les qualités restent intactes - Victor Puerto s’arrima, avec sérieux, technique, et sens du spectacle. Quite de la puertolina au deuxième, puis faena a menos, à cause du bicho. Bonne faena, tirant du cinquième une faena templada, malgré le hésitations du toro. Final aux planches et arrimon de circonstance. Epée contraire, après pinchazo : une oreille sur deux – Le Califa n’a pas coupé, mais a fait un gros effet, en particulier au troisième, toréé longuement, avec cites de loin, droitières liées, templées, puis les mêmes à bout portant. Pero…no lo mato : deux pinchazos, trois descabellos. Ayyy ! Le sixième se montra bien faible et Jose Pacheco essaya d’en tirer le possible, sortant avec ses collègues, sous une grande ovation. Ce 10 janvier : Troisième corrida, de Ernesto Gutierrez Arango , pour Juan Mora, Manolo Caballero et Paquito Perlaza. |
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REGLEMENT…REGLEMENT…11 Janvier : Depuis deux jours, Manizales vit de grands moments. Tarde torera et, hier, apothéose avec l’indulto d’un toro. Mais aussi, deux tardes d’incidents avec deux toros qui se cassent un piton dans le premier burladero où ils ont rematé, et sont changés par le président, par crainte du « follon ». Pendant ce temps, la belle aventure du Paris Dakar tourne à l’empoignade autour du tapis vert, avec dénonciations, délation et règlements de comptes. Bien entendu, tout le monde, bénit le règlement lorsqu’il lui est favorable… Adieu romantisme, adieu noblesse, adieu panache… Adieu Paris Dakar. Sabine est bien mort ! Va bien falloir un jour, éclaircir cette histoire de « changement de toro ». Le règlement dit : « Si un toro sort « intact », il ne sera pas remplacé, quoiqu’il arrive ». Cependant, dans 80% des cas, il se monte une telle émeute que, par peur de l’incident plus que par la juste défense de l’intérêt du spectacle et du spectateur qui paie son entrée, le président sort le mouchoir vert, sautant le règlement « a la torera »… Alors, « règlement en main », les purs et durs râlent, quelquefois après avoir rempoché le mouchoir vert qu’ils avaient apporté, au cas où… « El presidente no tiene huev… ! » Et cela continue, après, dans les tertulias. Total : le toro est souvent changé, et le règlement… mis au placard. Alors, puisque cet article est inapplicable, changeons-le. « Un toro qui, pour diverses raisons, durant le seul premier tiers, se montrera dans l’incapacité de combattre en toute capacité de ses moyens, pourra être changé, à l’évaluation du Président ». Le résultat sera le même, le président pourra juger de la situation, et le spectateur, à condition de raison garder, ne s’énervera pas sur ce problème. Ce qui n’empêchera pas, bien entendu, de voir défiler 13 toros, à Madrid, dans une seule corrida. Mais, Madrid « es mucho Madrid » ! En attendant, hier, à Manizales, on a encore « tutoyé » le règlement, et le résultat en a été… l’indulto du sobrero. 10 Janvier – Manizales (Colombie) – 3ème corrida de feria – 12000 spectateurs : Trois quarts de plaza et une grande corrida ayant pour ciment le lot de Don Ernesto Gutierrez Arango . Six toros bien présentés, braves et mobiles. Toros avec beaucoup de fijeza dans les leurres, répétant la charge mais terminant aux barrières, pour trois d’entre eux. Troisième et sixième furent très bons, le dernier frôlant aussi la grâce. Le cinquième se cassa la corne en rematant dans un burladero. Le président le changea. Sortit alors le sobrero « Aguafiestas » - N°218 – 464 Kgs, que l’on avait écarté, le matin, parce que très agressif. Toro avec un moteur de formule 1, qui entra fort au cheval, et répéta sans cesse dans la muleta de Manolo Caballero, qui fut superbe. Longue faena, longues séries, mains basses, à gusto. A mi-faena, le public se leva et réclama l’indulto. Apothéose finale, estocade simulée, et celui qui devait « gâcher la fête », comme le disait son nom, est rentré glorieux au toril. Manolo Caballero, qui avait déjà coupé une oreille à son premier, en promena deux autres, « simbolicas », au cours d’une vuelta « super chaude », malgré le mauvais temps (Manizales connaît aussi le sirimiri bilbaino !) – Bonne prestation, toute de langueur et d’élégance, de Juan Mora, un des toreros préférés de l’aficion païsa. Grande ovation et une oreille (l’épée n’a pas trop bien fonctionné) – Bonnes, très bonnes choses de Paquito Perlaza, qui se montra poderoso face à son premier, coupant une oreille (avec pétition « pour plus »), et toréa magnifiquement le noble sixième, au point que le public pensa un moment à l’indulto, là aussi. Hélas, cela se termina très mal, le matador n’étant pas à la hauteur du torero… « Pincho, atraveso y, con el descabello, la armo… Sept ! » Ayyy ! Grosse déception pour Perlaza, mais peu à peu, une personnalité torera qui se dégage. A suivre, en Espagne. – Final en triomphe pour Manolo Caballero qui sort à hombros de la Monumental, en compagnie du fils du ganadero. Ce 11 janvier : Grand festival, en nocturne. On retrouve les toros de Gutierrez Arango pour : Juan Mora, Manolo Caballero, Vicente Barrera, Victor Puerto, El Califa et Guillermo Perlaruiz, qu’accompagnera à cheval, Fernando Lopez . |
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LE BON DIEU SANS CONFESSION… 12 Janvier : Les pôôôvres ! Se voir ainsi accusés, malmenés, vilipendés, diffamés, eux qui sont la fine fleur de… De quoi, au juste ? Pour un peu, ils nous feraient peine. Mais pour autant, ce sont eux qui occupent toujours l’écran, les unes de journaux et de l’actualité. Curieux, non ? Jamais on ne verra en première page, l’histoire du gars, amoureux de sa femme, qui bosse comme un âne, pour trois sous, s’occupe de ses enfants, dit bonjour au voisin et s’arrête au feu rouge… Le monde serait il si mal fait ? Certes non, puisqu’à celui là, on va lui faire « l’obole » de l’argent qu’on lui a piqué auparavant, tandis que par ailleurs, on paie, à grand émoi, « la rançon » à la Justice… Non, non… le monde est bien fait, et l’on devra le crier très haut, un bulletin de vote à la main. A Mexico aussi, le monde est bien fait. Sur huit des douze corridas sorties à la Monumental Mejico, les examens post mortem on révélé que plus de la moitié des toros n’avaient pas l’âge d’être lidiés en corrida formelle. Cela va loin puisque, par exemple, un toro de Rancho Seco, du nom de « Jabato », toréé le 29 octobre, et annoncé « 4 ans et 4 mois », faisait, de fait, 2 ans et 10 mois. Que fait la Police ? Les autorités et les vétérinaires peuvent ils, à ce point, se laisser berner ? « Il fait un peu jeune, ce toro ! – Oui, mais vous savez, les dents, les cornes, ça veut rien dire ! Et puis, allez-y voir, avant ! – D’accord, mais, avant qu’il ne sorte, vous lui enlèverez quand même sa couche culotte, « avec le petit élastique là ! »… Bueno ! Du coup, l’Empresa , qui n’en n’est pas à une débandade près, va « jeter la maison par la fenêtre », et mettre tout ce qu’il reste de petits plats et de tuperware, dans la balance. Peut-être, cette dernière manœuvre bénéficiera t’elle enfin aux aficionados mariachis, qui, jusqu’à présent, font la sieste, au lieu d’aller à la plaza. Huit corridas supplémentaires, avec de gros cartels sont en train de voir le jour. Ainsi, par exemple, Ramos, Manolo Caballero et Rafael Ortega, le 21 janvier ; Cavazos, Juli et Bricio, le 28 ; Ainsi le double événement, 4 et 5 février, pour le 55ème anniversaire de la plaza : Deux corridas de huit toros., avec des cartelazos ; Le Cordobes reviendra, le 11 février (bof !) ; Finito et Morante seront ensemble à l’affiche, avec deux mexicains, le 18 février… Pas à dire, le Doctor Herrerias tente une grande campagne de reconquête… Au fond, il pourrait bien venir se présenter aux municipales ! Il a l’âge, lui… 11 Janvier – Manizales (Colombie) : Festival, en nocturne – près de 15000 spectateurs : Ambiance morose, au départ. A Medellin, à sept heures du soir, c’est dire l’affluence, un « coche bomba » a fait explosion, près d’un centre commercial. Un mort, cinquante blessés, 260 voitures détruites ou abîmées. On pourrait presque parler de chance. Ayyy, Colombia ! Les toros de Gutierrez Arango ont encore fait tabac. On a donné vuelta posthume aux 4 et 5ème. Fijeza, mobilité, grande noblesse. Les autres ont eu tendance à baisser le pied et filer aux barrières, en particulier les deux premiers. Juan Mora a lidié, Perlaruiz, de même. Applaudissements à la maîtrise. Caballero, sur la lancée d’hier, coupe une oreille – Vicente Barrera, qui entre aujourd’hui, dans la feria, fit de même – Grosse sortie de Victor Puerto qui enchante le public et reçoit deux oreilles – Le Califa met le vibrato face au sixième, noblote. Une oreille avec forte pétition - Sous les étoiles enfin revenues, le cavalier Fernando Lopez coupe deux oreilles, et Manizales s’endort en paix. La vie continue. La vie continue, la feria aussi : Ce 12 Janvier, toros de Cerrobermejo, pour Juan Mora, Cesar Camacho et Vicente Barrera. |
L’AVENIR DE LA FIESTA BRAVA : LE LABOUREUR ET LE MINET…13 janvier : Peut-être parce que l’on pense que l’embellie que vit la corrida, depuis quelques années, ne va pas durer… Peut-être que, malgré la présence dans l’escalafon, de grands toreros, certes, les empresas et aficionados n’ont pas « la » grande figure qui domine tout, remplit la plaza, à tous coups, marque la temporada…. El Juli, bien sûr est de ce tonneau. Pour le moment, il est « au dessus », mais n’est pas « le » grand patron, comme le fut Manuel Benitez, à une époque où abondaient les figurones del Toreo. Peut être que parce que le toro et le toreo sont de plus en plus « descafeinados »… on cherche ! Ce qui est préoccupant, c’est l’absence de novillero vedette. Celui qui fait courir l’aficionado. Rarement une époque a montré autant de bons novilleros, toréant mieux que jamais. Rarement, le futur de la toreria a montré si peu de personnalité. Toreros ils sont, mais leur qualité est enveloppée d’une espèce de vernis qu’ils ont du mal à faire craquer. Ils ne sont pas eux-mêmes. Peut être leur a t’on appris le moindre geste, la moindre attitude, jusque dans la façon de faire la paseo, de brinder, de poser pour la photo. Et quand ils coupent une oreille… la vuelta semble un enterrement. Les écoles ont elles fait tant de bien ? On peut se le demander. On peut tout enseigner, placer, répéter mille fois. Jamais on apprendra la spontanéité, la personnalité… Mettez un smoking à dix laboureurs…neuf d’entre eux paraîtront « un peu gauches », ce qui est normal. Mais, allez savoir pourquoi, l’un d’entre eux, par son regard, par un quelque chose d’imperceptible, attirera l’attention, charmera, fera la conquête de tous et toutes. Mettez dix minets des salons et cocktails parisiens, devant une charrue… vous aurez, probablement, et c’est normal, neuf occasions de bien vous marrer. Mais, tout à coup, allez savoir pourquoi, l’un d’entre eux fera avancer l’équipage et tracera le sillon. Bon, les bœufs se dandineront un peu plus, d’accord, mais quand même…. On ne préfabrique pas la personnalité. Crevant de faim, comme le Benitez ; mal foutu, comme Belmonte , ils ont fait feu de toute leur caste, de tout leur pundonor. Ils ont appris le toreo à force de se faire tanner le cuir par les toros et par les vaqueros de la nuit campera. Ils ont couru la chance. Ils se sont faits, à la dure, mais ils étaient nés toreros. La personnalité étaient leur bannière, et « quand ils marchaient au canon », tous les yeux questionnaient le destin. Aujourd’hui, « laboureurs et minets » portent beau, toréent parfait, en mettant la hanche, brillent de tous les miroirs et rétroviseurs dans lesquels ils se regardent. Et dans le gradins… « on applaudit, mais on s’em… ! » Aussi les empresas s’inquiètent elles et, sous prétexte de promouvoir la Fiesta, elles organisent de grands concours, cherchant « la perle ». C’est tout à leur honneur, et c’est doublement bien pensé. Objectif : Satisfaire l’aficionado, en lui donnant l’occasion de suivre une compétition, en le fidélisant. Et puis, chercher désespérément « l’oiseau rare », celui qui remplira, plus tard, les plazas. Où se cache t’il donc ? Où est donc ce Palomo Linares que révéla Carabanchel, dans les années 60 ? Existe t’il , seulement ? Madrid Vista Alegre a terminé son premier concours. Il en prépare un autre. Super ! A San Sebastian, Illumbe va préparer ses lumières pour le quatrième concours mondial des Novilleros. La répercution médiatique et le succès du précédent amènent à penser que l’édition 2001 connaîtra un grand succès. Cinq novilladas, en phases éliminatoires, se succéderont les 17, 24 février, puis 3, 10, 17 mars. Les deux « demi finales » se dérouleront les 24 et 25 mars, avec la grande finale, le 30. Les ganaderias ont été annoncées : Montalvo, La Quinta, San Martin, Mari Carmen Camacho et Cebada pour la première phase. Qualité et caste. Petite inquiétude quand même : Montalvo et San Martin, Mari Carmen et Cebada… pas la même chose ! Chances « égales » ? Pour les demi finales : Martinez Elizondo et Capea. Hombre ! Enfin pour la grande apothéose, le 30 mars : novillada de Fuente Ymbro/ Jandilla. 15 novilleros s’aligneront au départ. Parmi eux Sergio Aguilar, Luis Vital Procuna, Reyes Mendoza, Matias Tejela, El Jalisco, Fabian Barba, deux colombiens et notre français Julien Lescarret,, vite précipité dans le grand bain. De son Côté, Nîmes vient d’annoncer sa Feria de Printemps 2001. Certes, on est loin de la magnifique et historique feria sous la bulle qui fêta si joliment « la Génération 90 », mais la tradition reste et doit porter ses fruits. Les cartels sont les suivants : 23 Février : Novillos de « Maria Luisa », pour Fernandez Pineda, Ricardo Torres et Matias Tejela. (Joli cartel avec deux valeurs confirmées et ce Tejela qui va en surprendre plus d’un, en 2001) 24 Février : Novillada de Yonnet, pour Julio Pedro Saavedra, Luis Vital Procuna et Julien Lescarret. (Les Yonnet « son mucho Yonnet » pour certain landais « que yo me sé » !) 25 février au matin : Novillada sin picar 25 février : Novillos de Fuente Ymbro, pour Julien Miletto, Ivan Garcia Langa et Cesar Jimenez. (Entrée avec chevaux de quelque ténor de la novilleria sin picar 2000 : César Jimenez confirmera t’il ? Est il « celui qui ? ». Laboureur ou minet ? |
AMERICA… Y A DE L’AMBIANCE !La révélation des examens post mortem ayant confirmé que 35 toros sortis dans huit des douze corridas lidiées a la Monumental de Mexico, n’avaient pas l’âge requis, a fait l’effet d’une bombe. Oubliés Pancho Villa et « viva Zapata ». C’est la guerre, en 2001… Les véterinaires sont pris à parti, les ganaderos montent des barricades, la presse s’en mêle, avec un Pepe Mata qui fait feu de toutes ses pièces. Et « ce Navalon des Miarachis » est plus armé que le cuirassé Yamato… Cela part dans tous les sens, avec un mot clef…. Corruption. Eh oui… là-bas aussi ! Les prochaines 48 heures vont être passionnantes, et probablement très dures ! Dures pour l’Empresa de la Mejico, dure pour un jeune torero Espagnol qui va jouer son nom, sa force d’attraction, et va décider du sort de l’Empresa actuelle, tout simplement. El Juli doit remplir la plaza et doit triompher… Rien que cela. Un challenge terrible, à un moment où l’Aficion boude, maugrée, râle, a trois doigts de la révolte ! Julian Lopez débute aujourd’hui à Queretaro, accompagné de Jorge Gutierrez et Jeronimo. Mais, demain sera terrible… Mejico-Plaza Monumental ! On sait que la réservation marche bien, mais que l’Aficion viendra « avec la loupe »… Le Juli est attendu. Certes, son triomphe au festival du « Teleton » lui a ouvert un bon crédit. Cependant, qu’un toro sorte « flojito » ou « astigordo »… qu’un autre semble un peu juste de présentation… et il y a droit ! Le sorteo va être terrible. La tension au moment de s’habiller, sera, probablement, l’une des plus fortes de sa jeune carrière. Mais, ce diable de « gamin fait torero » est de taille, et nul doute qu’il mettra tout ce qu’il a, et même…ce que les autres n’ont pas. Pendant ce temps, en Espagne, une main sur le téléphone, l’autre sur la poignée du coffre fort, les empresas attendront… Mañana va a ser terrible ! Pendant ce temps, Manizales poursuit sa feria. Encore toute émue du festival nocturne qui a vu la plaza parsemée de milliers de chandelles, allumées en l’honneur «de la Virgen », l’Aficion a vécu une corrida en deux parties totalement distinctes: Soporifique la première, euphorique, la seconde. Corrida a mas, avec la finesse de Juan Mora, la puissance de Camacho, et le retour au premier plan de Vicente Barrera. 12 Janvier- Manizales (Colombie) – 4ème corrida de feria – 12000 spectateurs, environ : Corrida de Cerro Bermejo, (présentée en 1997, formée de Santa Coloma, Conde de la Corte et Jandilla). La corrida a présenté deux facettes bien distinctes. Fade, sosa, totalement éteinte la première moitié ; beaucoup plus mobile, la seconde, avec fond de bravoure et race, en particulier chez cinq et sixième. En Général, la corrida a été très bien présentée, mais trop lourde (528, 570 , 494, 526, 474 et 514 Kgs, respectivement. Beaucoup, pour ici !) Juan Mora ne put rien avec le premier, triste sire bloqué, la tête en l’air. Mato mal ! Silence. Il se montra très torero face au quatrième qui se révéla dur à cuire. Faena de poder et d’esthétique, terminée par de longues naturelles et un éventail d’adornos « de luxe ». Estocade tendida après pinchazo, et une oreille – Cesar Camacho ne put que s’accrocher vainement devant le burraco deuxième qui sortit, secoué, d’une vuelta de campana. Silence. Il voulut recevoir le cinquième a portagayola, mais le toro l’ignora. Le colombien se reprit bien au capote, puis, après un fort châtiment, débuta à l’estribo, mit tout sa puissance et finit à genoux. Gros coup d’épée, et oreille forte, avec pétition de la deuxième – Vicente Barrera fit ce qu’il put avec le troisième, manso fuyard, auquel il ne put donner un capotazo. Le toro fut magnifiquement lidié par le Jeringa, au capote, et Felix Lopez, à la pique. Vicente Barrera put enfin, totalement s’exprimer, face au sixième, dans une faena très liée, en peu de terrain, toréant « muy templado », sur les deux mains. Estocade tendue et une oreille. Chez les subalternes, Gustavo Garcia « Jeringa » fut très bien à la brega, et salua aux banderilles, comme le firent Carlos Mora et Ricardo Santana. Chez les piqueros, Felix Lopez, déjà primé à Cali, risque bien d’enlever le trophée de Manizales. Ce Samedi 13 Janvier : Les fameux toros du Paraiso (vainqueurs à Ca |