L'ACTUALITÉ TAURINE 
(Février 2001)

 

« PRION » POUR NOUS…

     1er Février : On a beau regarder cela d’un air distrait, se voiler la face en pensant que « cela ne peut arriver qu’aux autres », on ne peut s’empêcher de penser, à la lecture de toutes les mesures mises en place pour détecter  « le » mal qui ronge ces pauvres bovidés, que nous allons avoir un problème…

     De l’encéphalopathie spongiforme bovine, on sait tout…et on ne sait rien. A voir les hésitations, les mesures radicales,  les retournements d’opinions économico politiques, on peut ne pas se sentir rassuré. « Pas de vaches folles en Allemagne ! C’est impossible… Achhh ! Ben oui ! sauf que, trois semaines après, on s’aperçoit que les belles bavaroises dansent aussi la gigue et marchent presque au pas de l’oie, ce qui fait désordre. 25 cas repérés. En Espagne, casi lo mismo ! Aujourd’hui, on en est à 12…  Partout le mal apparaît, même aux Acores… Alors, pendant qu’on accuse et que l’on  réglemente en hâte, ce qui fait tout sauf rassurer les masses, les taurins s’affairent, les aficionados se posent questions, et aujourd’hui, sans le dire tout un pan de l’économie espagnole s’inquiète, parce qu’avec le prion, un autre venin va venir s’incruster dans nos cervelles… la politique.

     Les mesures sont draconiennes : Une vache malade repérée, et tout le troupeau est abattu. Cela brise le cœur ! Tout d’abord, celui des agriculteurs éleveurs, pour de multiples raisons, mais aussi le nôtre, parce qu’il n’y a pas plus doux que le regard d’un veau ou d’une génisse, de tout poil. Alors, la bête est exécutée, on retire toutes les parties susceptibles d’abriter le monstre, et arrive le spécialiste, vêtu comme un cosmonaute, avec visière spéciale, doubles gants, combinaison jetable, qui va faire un prélèvement… justement à « l’endroit du descabello », à quelques centimètres près. Test,  analyse ! « La bête » est-elle à l’intérieur de la bête ?

     Dans les ruedos de toute la planète taurine, grand et petits, ronds et ovales, quand ils ne sont pas rectangulaires, comme dans la proche Magescq,  vont débouler des centaines et des centaines de toros, qui vont être lidiés et « matados a estoque ». Sur des centaines de places de village, « on va courir el bou », plus ou moins proprement. Ca fait beaucoup de têtes, beaucoup de doutes aussi…

     Certes, des mesures sont prises, des réglementations s’échafaudent, les unes après les autres : Tous les toros seront incinérés. Un test existe, post mortem. Un autre est en essai qui pourrait repérer la maladie chez la bête, vivante. Pour le moment, tous les toros seront incinérés. Cependant, on laisse au ganadero le choix de décider : Analyse et,en fonction de la réponse, le feu ou la possible consommation. Brr !

     Il est hors de question de lancer les oreilles et à plus forte raison, les queues, dans le public. Ces trophées seront récupérés à la fin de la vuelta et incinérés, de même. Les piques, épées, descabellos, puntillas seront désinfectés après chaque corrida. Beaucoup de mesures, beaucoup de doutes aussi…

     Les matadors vont trimbaler leurs trophée, un rictus aux lèvres, tel Curro Romero, qui, on le sait détestait prendre en main les oreilles ou les queues obtenues. Si cela continue, la solution est simple : oreilles et queue postiches, à la charge de l’alguazil, qui les récupère, après chaque vuelta.

     Les puntilleros vont se transformer en chimistes. Ils seront les plus proches de l’éventuel démon. On va assister à de drôles de scènes si un toro  mal descabellé s’en va remater fort dans la barrière. Eh oui, cela peut arriver…

     Que va t’il se passer ? La panique qui a envahit, peut être logiquement, nos cantines, va t’elle se reproduire dans nos plazas ? Ce serait alors un désastre. Nous ne parlons pas ici de notre dépit aficionado, sinon de l’immense tristesse de voir le plus beau des combattants, mourir sans combattre, et surtout de tous ces familles qui vivent de l’élevage et de la lidia du toro bravo. On parle ici des plus modestes, bien sûr.

     Malheureusement, on va vite être fixés. Imaginez que l’ESB prenne de l’ampleur, que dans quelque ruedo fameux ou quelque place de village lointain retentisse la fatale alerte… Les conséquences seront incalculables.

     Voilà, il faut attendre. Mais, déjà, on questionne, on interpelle. Les Antis vont bouger. Les partis politiques vont trouver là matière à s’opposer. On va comparer bilans, héritages, statistiques… Les statistiques ! Elles mènent le monde, et arrivent même à prouver que tout va bien, y compris à ceux qui crèvent la misère.

     Les statistiques ! Elles font aussi le bonheur, ou le malheur, de ceux qui travaillent et qui peinent… C’est un peu ce que l’on pensait hier, en voyant le show monté à la sortie de la première « Toyota France ». Superbe ! Grosse réussite ! Belle ambiance ! Chronomètre en main, ça avance « mieux qu’au Japon ». Oui  mais, la fête passée, il faudra continuer, sous peine d’être… « saké » !

     Que haya suerte pa todos !
 

A MONSIEUR LE MINISTRE DE L’INTERIEUR : «PODER CON EL TORO ! ».

      2 Février : Monsieur le Ministre de l’Intérieur est il Aficionado ? Cela pourrait lui servir, à l’heure de commenter les interventions des forces de l’ordre, actuellement totalement muselées par les réglementations, les normes et les ordres confus, qui les laissent « tous nus »face à la guerrilla urbaine qui s’installe aux portes de nos villes, ou presque au centre, comme samedi à Paris. Aujourd’hui, cela fait grand bruit  « Les loups sont entrés dans Paris », chanterait Reggiani.

     Ce 2 Février, les autorités vont sortir tous leurs artifices, leurs agréables tournures de phrases, leurs éloquents non dits, envelopper tout cela de fleurs et de guimauve, pour nous faire passer la pilule que tout le monde devine : Totale augmentation de la violence et de l’insécurité.

     La tolérance, cela va un moment… Allez donc en parler « aux heureux propriétaires » de voitures incendiées, à Strasbourg ou ailleurs ; allez donc en parler aux profs poignardés, dans leur classe ; allez donc en parler, Monsieur le Ministre, aux parents des enfants « fusillés dans la rue » ; allez donc en parler aux pompiers qui se font lapider dans l’exercice de leurs fonctions, et qui ne peuvent même pas « lever la main », pour qu’on les protège.. Allez donc nous dire, Monsieur le Ministre « Dormez en paix, je veille ! »

     Monsieur le Ministre est il Aficionado ? Cela lui servirait. Il suffirait seulement de lui raconter, ou lui repasser le video de la faena de Cesar Rincon  au fameux toro « Bastonito » de Baltasar Iban, à  Madrid, le 7 Juin 94. 501 Kilos de rage et de violence pure; 501 Kgs de force aveugle. Un toro qui voulait faire mal, manger le torero. Face à lui, un torero, un torerazo, et surtout, un homme de caractère. Alliant courage et intelligence du combat, Cesar Rincon, ce jour là, devint aussi violent que le violent, aussi fauve que le fauve. Ce soir là, ce fut un véritable combat de géants, dont on ne sait toujours pas qui sortit vainqueur. S’il y eut un vainqueur, ce fut l’honneur. L’honneur d’un torero, qui rendit toute la lumière à son costume d’or ; L’honneur d’un ganadero, qui sortit un terrible toro de combat ; L’honneur de la tauromachie entière, où l’Homme et le fier animal sont confondus dans la même admiration.

     Mais attention…. Cesar Rincon dut vaincre le toro, avec ses propres armes… la caste, la vitesse, la violence. Durant toute la faena, une seule obsession : « Poder con el toro ». Parfois, il y parvint. Parfois il dut plier, rompre, laisser passer la tempête. Alors, le souffle repris, l’homme revint à la charge, pliant la brute, l’écrasant de son courage, de son pundonor. A t’il gagné, a t’il perdu ? Peu importe, il a été monumental, et le public aficionado n’a pu qu’admirer le petit indien géant, qui un soir de Mai, a remis tout en jeu, vie, fortune, réputation…

     Nous sommes Aficionados. Mais nous sommes avant tout citoyens, parents, simples hommes et femmes de ce pays, respectant la loi et la liberté des autres. Autant et peut être plus, nous sommes tolérants, et sans démagogie. Autant et plus, nous aimons notre pays. Nous avons la paix avec nos voisins, mais nous avons la guerre chez nous. N’allez pas nous seriner avec les « Ailleurs, cela se passe plus mal ! ». Pas la peine de nous rabattre les oreilles avec les « En Colombie, ah…quelle horreur ! ». Ne venez pas « noyer le poisson » avec des histoires de portables et d’escroqueries à la carte banquaire, qui seraient la clef à cette augmentation de la fatale statistique

     Nulle part, actuellement, il est dit que des parents ont physiquement peur de leurs enfants. Nulle part il est dit que les profs, souvent admirables, crèvent de peur en entrant dans leur salle de classe. Nulle part, il est dit que les forces « dites de l’ordre », palissent en restant en marge de certains quartiers. Nulle part il est dit que beaucoup baissent les yeux devant le mépris, l’insulte, le menace. Nulle part, il est dit que nous ne sommes plus « à l’aise » dans nos rues, dans nos couloirs, dans nos bus, dans nos trains… Monsieur le Ministre, êtes vous Aficionado ? Connaissez vous l’Histoire de « Rincon et Bastonito ». Il n’y a pas pacifique plus pacifique et plus doux que Cesar Rincon. Mais, ce jour-là, il n’y eut pas plus vaillant et terrible guerrier. A la force, il répondit « force ». A la violence, il répondit « violence ». Au combat, il répondit, magnifiquement, « combat ».

     « Pudo Rincon con el Toro ? » Peut-être oui, peut-être non, mais il essaya de toutes ses forces, et en respectant avec honneur, les règles du combat...

     Monsieur le Ministre, « A ver si puede Ud, con el toro… »
 

VALDEMORILLO : LE DOUTE…MAIS !

     2 février : Des rumeurs ont circulé sur l’éventuelle suspension de la feria de Valdemorillo. En effet, devant la manque à gagner résultant des mesures prises dans le cadre de la lutte contre l’ESB, l’empresario aurait envisagé d’annuler, purement et simplement, une feria vouée à un gros échec économique.

     Toutes les bêtes devant être incinérées, un rapide calcul permet d’envisager, dès le départ, un gros déficit, lié à l’application des décisions, pour chacun des six spectacles. Entre le transport, les frais d’incinération et la perte sèche résultant de l’impossibilité de vendre la viande, on peut évaluer « le handicap de départ » à 6 millions de pesetas. L’Etat, les autonomies, vont ils dédommager les organisateurs qui, d’ores et déjà, refusent de répercuter ces charges sur le prix du billet d’entrée ou sur une réduction des cachets des toreros ?               

     Bien entendu, les petites ferias, en début de saison, vont énormément souffrir de ces premier balbutiements réglementaires. Malgré ce, le jeune empresa, Maximino Perez, a démenti toute suspension, et la feria de Valdemorillo débutera bien dimanche, avec trois corridas et trois novilladas, parmi lesquelles celle d’un nouveau nom ganadero, un nom qui sonne : Antonio Chenel Albaladejo… plus connu sous l’apodo de « Antoñete ». On ne sait si les toros du « maestro del mechon blanco », sortiront « luceros »…Que haya suerte, matador !

 

DEUX TOREROS, A L’OMBRE…

     2 Février : Le destin a de drôles de méandres. Les hommes en sont souvent les premiers responsables. On apprend que Raul Aranda, matador aragonais, torero fino, vedette des années 72/73, a été incarcéré pour trafic de drogue. Plus dure sera la chute !

     Par ailleurs, et plus triste, le matador colombien  Alfonso Vasquez Cedeño « Vasquez II » a été enlevé par le forces guerrilleras de la Farc, alors qu’il se rendait dans sa finca, près de Ginebra, dans la vallée du Cauca. Matador qui connut quelques moments de gloire, Alfonso Vasquez est aujourd’hui paisible ganadero de bravo, et proie facile pour ceux dont le rapt et la séquestration sont les sports favoris. C’est cette situation qui a poussé César Rincon à laisser ses terres de Colombie, et sa ganaderia de Las Ventas del Espiritu Santo, pour venir s’installer définitivement en Espagne. « La situation en Colombie n’est pas faite, actuellement, pour pouvoir se balader tranquillement dans le campo… » déclare t’il dans une intéressante interview donnée à Burladero.com.

 

LES 55 ANS DE LA GRANDE DAME

     3 février : Mexico s’apprête à fêter le 55ème anniversaire de sa Plaza Monumental. En effet, le 5 Février  1946, avait lieu l’inauguration de la plus grande plaza du monde, une plaza qui, malgré les diverses péripéties qui ont marqué son histoire, encore tout dernièrement, reste mythique ; une plaza où tout torero rêve de faire, un jour, le paseo.

     Dimanche et lundi vont se dérouler deux corridas monumentales, elles aussi, qui font courir l’aficion mexicaine. Deux cartels « de luxe », pour célébrer dignement l’événement, mais également une augmentation de 12% du prix des entrées. Malgré ce, de longues files attendent aux taquillas. Certains dorment là, pour être les premiers à l’ouverture du guichet. La revente est en train de « faire son beurre », elle qui, toute cette saison, a en vain battu la semelle. On murmure que certaines places de 100 à 200 pesos, se revendent sous le poncho, entre 7 et 800 pesos. Caramba ! L’empresa, respectueuse de l’article 33  de la Loi sur le déroulement des spectacles, « dénonce et fait la chasse »…mais… comme ailleurs ! A signaler que les bénéfices de ces deux grandes courses iront au secours du proche Salvador, récemment dévasté par le tremblement de terre. Hélas, on a vu pire, depuis.  

     Dimanche 4 Février, Andy Cartagena galopera en tête, face à deux toros de La Soledad. A pied, le suivront Eloy Cavazos, de plus en plus discuté par l’Aficion Mejicana, et brocardé par la critique – Miguel Espinosa Armillita, qui cherche tranquillement un bon triomphe pour lancer sa campagne espagnole - Manolo Caballero, qui a toréé deux fois, cette année, a été bien, mais…Les toros seront de Reyes Huerta.

     Lundi 5 Février, jour anniversaire, « un cartelazo » : Huit toros de Xaray, le porte flambeau de la ganaderia mexicaine, pour deux toreros aztèques : le Zotoluco, N°1 actuel, et la promesse, Ignacio Garibay. A leur côté, deux diestros espagnols, et les tout premiers : Enrique Ponce et « El Juli ». Le jeune phénomène fera le paseo  à côté de son illustre aîné, et, à n’en pas douter, il va y avoir « une rude et saine bataille ». Pouvu que les toros chargent.

     Au moment où s’envoleront les notes allègres de cet anniversaire « à 55 bougies », on se souviendra de « la grande inauguration », en 1946. Ce fut un fabuleux événement. Toutes les avenues alentour étaient bloquées, et un des matadors dut faire le dernier kilomètre à pied. Bien entendu, (comme à Eauze ou Aire sur Adour !), on dut repousser le paseo de 20 minutes. Mais là, on pouvait le comprendre ! Firent ce premier paseo Luis Castro « El Soldado », « Manolete » et Luis Procuna, devant des toros de San Mateo. Le toro de l’inauguration s’appelait « Jardinero » - N°33 – cardeno oscuro. Il fut lidié et banderillé par le confiance du Soldado, El Chato Guzman, et reçut le premier puyazo par Jose Noriega « El Cubano ». Luis Castro débuta sa faena par un ayudado por alto, premier muletazo, mais c’est « Manolete » qui coupa la première oreille de l’histoire en cette monumental de Mejico, au deuxième toro «Gavioto ». Souvenirs, souvenirs !

     Imaginez un peu : 41262 places, officiellement, mais, entre 45 et 48000, « quand on se serre un peu » ! La plaza est vraiment « monumental ». Elle s’élève à 35 mètres au dessus du sol, mais s’enfonce à 21 mètres au dessous du niveau de la rue. Un long goulet en pente amène les toreros à un ruedo de 43 mètres de diamètre. Tout autour s’élèvent vers le ciel des rangées de béton, à perte de vue. Impression d’être au fond d’un cratère. Brrrr ! Les gradins sont divisés en trois secteurs : 2270 places de barreras, 3274 places de première file de tendidos. Suit une kyrielle de palcos, balcones, lumbreras. La deuxième tranche compte 12792 places numérotées, et la troisième, 20709, d’entrée générale. Si vous arrivez en retard, une bonne paire de jumelles de marine doit pouvoir vous aider… « Mirauds s’abstenir »! Mais, des fois, du tout dernier rang tombe un cri, en long écho, « afeitadooooooo ! »… Un vicois, peut-être !

     55 ans, la Grande Dame. Son rimmel coule un peu ; des fois, le moral est en baisse ; quelques bouffées de chaleur… C’est de son âge. Cependant, elle a encore de beaux restes, non ? Enhorabuena, Señora !

 

WEEK END « COLOMBIANO »…

     3 Février : Rendez-vous taurin, comme de coutume, en ce début d’année, à Medellin et Bogota. La capitale colombienne présentera « double session », avec deux corridas. Ce samedi 3 février, toros del Aceituno pour Cesar Camacho, Finito de Cordoba qui remplace le Morante, et Manuel Diaz « El Cordobes ». Demain dimanche, six diestros feront le paseo : trois colombiens, Camacho, Dinastia et Paquito Perlaza, face à trois « européens », Finito, Cordobes et Juan Bautista, qui devra convaincre définitivement, après « sa geste » de dimanche dernier. Les toros, pour l’occasion, seront de Rocha Hermanos.

    Ce samedi, Medellin sera centre d’intérêt, puisque le Califa y fera paseo, aux côtés d’Uceda Leal et de Ricardo Gomez . Les toros seront de Ernesto Gonzalez, qui ne sortent pas très bien, cette année. Tout le monde attend les prochaines actuaciones du Califa, véritable triomphateur de la tournée américaine 2000/2001, avec des sorties « a mas », en particulier dans les grandes plazas de Colombie. A suivre.  
 

JOSELITO ET JOSE TOMAS « SE FONT BEAUX » POUR LA TELEVISION

     4 Février : Ca y est ! Il semble que les toreros « sont redevenus » des toreros, et que le fait d’être inscrit aux carteles de la Feria d’Avril de Seville est à nouvaeu considéré comme un honneur, quelles que soient les circonstances. Joselito et José Tomas seront à la Feria 2001. C’est ce qui a été indiqué hier, par leur bureau de presse.

     Joselito va toréer deux corridas : le 28 avril, les Nuñez de Cuvillo, en compagnie de José Tomas et Morante, si les choses s’arrangent ; et le 3 mai, les Victoriano del Rio.

     De son côté, José Tomas sera à la corrida de Pâques, avec Espartaco et Juli, face aux traditionnels Torrealta. Deux autres contrats pour le diestro de Galapagar : 28 avril, avec les Cuvillo, et 30 avril, avec Espartaco et Ponce, face aux Juan Pedro Domecq.

     Les deux diestros vont, par l’intermédiaire de leur apoderado,  Enrique Martin Arranz, négocier les clauses de retransmission de leurs corridas, puisque l’on sait que la Feria sera intégralement télévisée en direct par Via Digital. Une attitude un peu plus responsable et un grand bon point pour l’empresa, qui « redevient » Don Eduardo Canorea …

     Du coup, c’est le Morante qui a intérêt à mettre « un peu d’eau dans son fino », car il ne devient plus le centre d’intérêt, et l'empresa ne va pas se gêner pour le lui faire sentir. « Trois corridas, sinon rien ! », demandait le Morante. « Ce sera ce que je t’offre, sinon, c’est moi qui n’ai pas besoin de toi », risque t’il d’entendre…

     La Feria commence enfin à se décanter, et la suite du feuilleton risque d’être intéressante. Cependant, il n’y a qu’une sortie possible : Morante a besoin d’aller à Séville, et a besoin d’y être bien, car ce n’est pas à Madrid ou à Pamplona qu’il pourra redorer un blason qui, quoique l’on aimerait en dire, est un peu fané. Séville l’aime, Séville veut le voir sortir à hombros, et Morante, en ouvrant la porte, pourrait diluer d’un coup les scepticismes.  Mais en face, vengeur, Canorea  a déjà, inscrits dans ses plaquettes, Juli, Tomas, Joselito, Victor Puerto, Caballero, Espartaco, Ortega Cano, Rivera Ordoñez, Finito, il peut se donner le temps d’un petit chantage…. 

     Par contre, celui qui risque vraiment de payer les pots cassés dans cette longue négociation… c’est Jesulin ! A suivre.

 

DECES DE DON CELESTINO CUADRI VIDES

     Hier est décédé, des suites d’une longue maladie, le célèbre ganadero Don Celestino Cuadri Vides, à Trigueros (Huelva). Il avait 79 ans.

     Don Celestino avait fondé sa ganaderia en 1954, après avoir racheté les toros de José Maria Lancia, « de procédence »  pur Gamero Civico. En 1973, il avait passé la main et confié son élevage à ses trois fils, Fernando, Juan, et Luis, qui les font combattre aujourd’hui sous le noms de « Herederos de Celestino Cuadri ».

 

LES PREMIERES CONSEQUENCES DE L’E.S.B… ANNULATION

     4 Février : Aujourd’hui débute la feria de Valdemorillo. On sait que l’Empresa a du mettre  les choses au point et faire taire, en urgence, les rumeus concernant l’éventuelle suspension de la feria, devant les charges financières inhérentes à la lutte de dépistage de l’ESB, en particulier, l’incinération systématique des toros lidiés et l’impossibilité d’en commercialiser la viande.

     Hier, la novillada prévue à Jabugo (Huelva) a été annulée, l’empresa ne pouvant faire face à un total de gastos, avoisinant le million de pesetas, pour transport et frais d’incinération. Quand on sait les difficultés à monter les novilladas, et le peu de bénéfice qui en résulte, on peut craindre de voit ce schéma se répéter auprès des petites empresas qui n’ont pas « les reins solides », ce qui aura pour conséquences, la baisse importante des spectacles dits mineurs, la mévente de certain ganado, et l’impossibilité pour les débutants, de pouvoir se faire repérer et parfaire leur mise au point. Grave.

 

« MARSEILLAISE ET GOLONDRINAS… »

      4 Février :  « Je vous dis, en ne vous disant rien, tout ce que j’ai à vous dire »… Hombre ! « Dos orejas pa el Valiente ! ». Hier, on s’est fait marquer un but par les allemands, et notre entraîneur à eu « un peu de mal » à expliquer cette « contre performance ». Il est vrai que là, les statistiques « no Sirven » …  Hum ! Bon, ça ne fait rien, puisqu’à Bercy, les français, grâce à leur habile jeu de mains,  vont en finale !

     Aujourd’hui, sur de nombreuses banquettes, on va brailler la Marseillaise. « Aux aaaaaarmes, citoyeeeeenns ! ». La France battra  t’elle la Suède ? On l’espère, pour un dernier grand cadeau à un grand entraîneur, Daniel Costantini. Au « Grand Stade », tellement grand qu’il en est souvent désert, le quinze va prendre les Ecossais. Le Tournoi commence. Le rugby a bien changé. Le professionnalisme a trop durci le jeu, trop musclé les hommes,  trop vidé les crânes… Le trois quart d’aujourd’hui est un pilier d’hier… Adieu Darrouy, Boniface,  Gachassin… Adieu les envolées… Le duende des passes croisées d’hier, porte aujourd’hui d’autres noms: percution, retour dans le paquet… Les blessures graves ont terriblement augmenté. Jusqu’où ira cette escalade ?  Curieusement, en tauromachie, c’est l’inverse qui se passe : plus on est professionnel, plus on torée lentement, doucement, avec finesse, presque avec délicatesse…

     A Mejico capital, un chant s’envolera au dessus de la Monumental « Las Golondrinas », doux chant d’adieu à 55 ans de bons services… Les festivités commencent aujourd’hui. La plaza va se remplir. Que bueno !

     Hier, tant au Mexique qu’en Colombie, on a toréé. Ponce est en forme; Juli semble avoir « un bache » avec l’épée; Califa continue son parcours de gloire;  Finito a confirmé son alternative à Bogota, où la critique se pose la question « Pero que le pasa al Cordobes ? ». Manuel Diaz ennuie tout le monde, et semble s’ennuyer profondément. Pour le moment, pas trop grave, mais on ne voit pas comment la catastrophique et soporifique saison américaine du chevelu, peut se transformer en euphorique apothéose, « dés les Fallas revenues… ». Quelque chose ne va pas, et on peut craindre la fin proche…fin que l’on subodorait la temporada passée, suite à ces terribles coups de fouets, reçus en chaîne, ce qui a de quoi déstabiliser les plus vaillants.

     3 Février : San Luis Potosi (Mexique) – plaza pleine – Le Juli monte deux  grandes faenas, et gâche tout à l’épée. Il donnera une vuelta de consolation au cinquième – Zotoluco gère ses acquis et prépare Mexico – Ignacio Garibay coupe au troisième, l’oreille du jour. Les toros de los Martinez ont donné bon jeu. Un peu préoccupant, tout de même, ce passage çà vide du Juli, qui a perdu de nombreux trophées, en particulier à la Monumental capitalina, à cause de l’épée. Rachas !

     3 Février : Juriquilla  (Mexique) – Plaza pleine : Les San Martin de Chafik, sont sortis maniables. Gros triomphe d’Enrique Ponce, qui coupe deux oreilles à son premier, et perd un autre trophée « por pinchar » - Armillita Chico fut tranquillement désastreux, se faisant chahuter – Ignacio Garibay se montra volontaire, mais lui aussi, peu adroit avec la rapière.  Ovations.  

     3 Février : Medellin (Colombie) – 5ème corrida – ¾ de plaza : 7500 personnes environ, chantant l’hymne Colombien, debout, la main sur le cœur. Muy lindo ! Dans le ruedo, beaucoup de vent. Les toros de Ernesto Gonzalez Caicedo, (encaste Buendia), sont sortis bien présentés, encastés, compliqués - El Califa jouit d’un grande cote d’amour, et c’est très bien ainsi. Sincère, vaillant, Torero, il a lutté face à deux toros compliqués, et au vent. Difficiles à lidier. Vuelta au cinquième, qui répercute trop peu sa bonne prestation – Uceda Leal flotta élégamment. Ovation et Silence – Le Colombien Ricardo Gomez faillit bien couper l’oreille du sixième, mais l’épée, là aussi…

     3 Février : Bogota (Colombie)  - 3ème de temporada – 7000 personnes environ : Il faisait froid  dans la Santamaria. La corrida s’est déroulée, froidement, et tout le monde s’est un peu ennuyé - Toros del Aceituno, des frères Rocha (encaste Conde de la Corte). Inégaux de présence, ils allèrent au cheval, mais baissèrent par la suite, virant à soso. Seul le premier s’est montré brillant – Finito de Cordoba, qui remplaçait le Morante, a coupé l’oreille de ce premier, « Salmantino », N°184, de 479 Kgs, vilain et astillado, devant lequel il confirma son alternative. Toreo élégant, un peu fade, conclu d’une épée qui tua très lentement. Le cinquième s’arrêta rapidement. Rideau ! – Cesar Camacho tua en silence, d’un bajonazo, le deuxième qui s’en alla percuter la barrière par tois fois. On le vit vaillant devant le cinquième, qu’il tua d’une grande estocade, coupant une oreille – Manuel Diaz a promené son âme en peine toute l’après midi. Grisaille dans le ruedo, grisaille dans les cœurs… Silence partout, et la pluie pour finir ! « Pero que le pasa al Cordobes ? »

 

« NI FU NI FA »… SUR LES TROIS PLANETES…

     5 Février : Pour une fois, l’émotion, la vraie, a surgi dans les dernières minutes de cette finale du mondial de Handball, à Paris. Salut les hommes, salut et mille bravos, monsieur Costantini ! Auparavant, on s’est dit que le rugby à quinze devient vraiment un sport de tranchée, où les joueurs mettent un point d’honneur à aller de plus en plus souvent, brouter le gazon, et savent de moins en moins faire une passe correcte. Dans ce cas, vive le rugby à treize ! Pauvres Boniface, pauvre Darrouy, pauvre Gachassin !

     Côté toros, le dimanche n’a pas tenu ses promesses, ni au Mexique, ni en Colombie, ni dans la proche Espagne. Valdemorillo  a sorti une mansada , mal présentée. Adieu, la légende. A Madrid - Vista Alegre, les nouveaux ont fait les guapos, mais aucun n’est « monté sur le toro ». A Bogota, corrida à six, et ennui partagé. Reste le Mexique. Le public a boudé la première corrida anniversaire de la Mejico. Quelle Insulte ! Cartagena a eu, enfin, sa sortie à hombros, et Cavazos est poussé vers la retraite. Reste le Juli qui a coupé un rabo contesté, à Guadalajara, affinant son épée pour son grand rendez vous, aujourd’hui, a Mexico, pour le vrai anniversaire.

     Pendant ce temps, un vieux ganadero se meurt. Dire « Torrestrella », c’est parfois râler un peu, mais c’est souvent parler du « Señor Toro », burraco guapisimo, qui a fait les délices de tant d’aficionados et de tant de toreros. Dire « Torrestrella », c’est aussitôt voir la fière silhouette du Caballero Andaluz… Don Alvaro Domecq, à nouveau, vient d’avoir un infarctus. Il est hospitalisé en soins intensifs, à Jerez. Son état est grave. Que haya suerte, Don Alvaro, et que vous puissiez voir la prochaine Feria de Abril, à Séville. Aujourd’hui, nouvelle négociation au sujet du Morante de la Puebla. Participera, participera pas ? Pour le moment, une préoccupation de plus : sa blessure de Bogota ne guérit pas bien. « Lo que faltaba… »

     4 Février : Mexico – Plaza Monumental – 16ème corrida de la temporada et première du 55ème anniversaire. Pluie au début de la course. La plaza ne s’emplit qu’à moitié, à peine. Catastrophe ! – Triomphe, enfin, de Andy Cartagena qui, face à deux toros de La Soledad, sans grande race, se montra varié et tua vite. Oreille chaque fois, généreuses dit-on – La corrida de Reyes Huerta, fut correctement présentée et de comportement varié. Mauvais lot pour Caballero et un bon toro chaque fois, pour Cavazos et Armillita – Eloy Cavazos est sorti de la plaza, complétement démoli. Le public qui, hier, se levait  à la moindre de ses virevoltes, au moindre de ses clins d’œil, aujourd’hui le refuse, le chasse. Il fut par deux fois sifflé, est cette corrida pourrait bien être la dernière à la Mejico – Armillita Chico a bien toréé avec le capote et donne une bonne faena, calme, cadencée, bien terminée à l’épée. Il coupe sa deuxième oreille de la saison, ici, tandis que l’on arrastre lentement « Aroma Fino » - 479 Kgs, sous les ovations. Son second était plus compliqué, et le torero « cumplio » - Mauvaise pioche pour Caballero qui touche les deux carnes. Il s’est accroché, a multiplié les cites et arraché des séries vaillantes, mais ses efforts furent vains. Le public l’ovationna cependant, se donnant rendez vous pour ce lundi, pour la « Grande Corrida », avec Zotoluco, Ponce, Juli et Garibay.

     4 Février : Guadalajara – Lleno (13000) : Bonne corrida  de Fernando de la Mora. Alternative de Alberto Espinosa, dont on dit grand bien. El Juli  lui ceda le toro « Don Nacho », en présence de Ignacio Garibay. Le jeune matador toréa bien, mais pincha beaucoup. Vaillant et plus calme, il coupa l’oreille du dernier – Triomphe du Juli, se démena comme un diable toute la tarde. Son premier était soso, mais il fut brillant avec le quatrième, levant le public à plusieurs reprises. L’épée fonctionna bien, cette fois. On lui accorda tous les trophées, mais, devant quelques protestations, le Juli « tira », le rabo – Bon toreo, classique et de gusto de Garibay, qui fit les meilleures choses, tant à la cape, qu’à la muleta. Il coupa les deux oreilles du cinquième.

     4 Février : Leon – Plaza de la Luz, llena : Gros triomphe de Pablo Hermoso de Mendoza, averc les deux oreilles du cinquième toro de Begoña – A pied, Rafael Ortega fut ovationné, et Oscar San Roman coupa une oreille du dernier.

     4 Février : Bogota (Colombie) – Corrida hommage à l’Association des critiques taurins « Crotaurinos » - ¾ de plaza et beau temps chaud. La Corrida del Toro a déçu. Le premier sort, fait quelques courses et, sans un capotazo, se casse une patte. Il est achevé là. Sortiront trois toros de Achurry Viejo et trois del Aceituno. Armés, mais inégaux de trapio, ils manqueront tous de race et de forces – La seule oreille pour Camacho, face à un gros toro, très sérieux mais faible – Finito commença bien, mais s’endormit avec son toro. Silence – Dinastia esquiva les tornillazos du troisième et tua d’une grande estocade. Silence – El Cordobes monta son show, pour le grand plaisir du petit peuple. Vuelta – Juan Bautista tomba sur le « mas manso », vilain, immobile, en un mot « la » carne. Silence – Le public fut un peu injuste avec Paquito Perlaza qui se la joua vraiment face à un sixième très dangereux, qui le menaça vilainement. Le jeune revint à la charge, chaque fois, démontrant caste et toreria. On passa ses efforts sous silence. La contagion, peut-être… 

     4 Février : Valdemorillo (Madrid) – 1ère de la Feria de la Candelaria – ¾ de Plaza – temps froid et humide – Les temps ont changé. Valdemorillo était une légende, un mythe : dans une placita de rien du tout, sortaient, dès février, des toracos terribles, « encore habillés d’hiver », qui faisaient grelotter tout le monde… et pas de froid ! La corrida d’hier est sortie mansa, mais de plus, très mal présentée. Un comble ! Les toros de German Gervas ont coulé le spectacle, méritant l’incinération que la Comunidad de Madrid a imposée – Une seule oreille pour l’épée-canon  de José Ignacio Ramos, alors que Miguel Martin et Antonio Ferrera pataugeaient en silence. Attendons la suite.

     4 Février : Madrid – Vista Alegre : Novillada Concours – Media plaza : Présentation avec picadors de Cesar Jimenez, (la coqueluche de ces dames, l’an dernier, en non piquées, chez nous !), et de Ivan Garcia – Les novillos de Victoriano del Rio: bons mais faibles, à divers degrés. Chaque torero coupa une oreille : Leandro Marcos, avec un solide bagage ; Ivan Garcia, dont on pourrait entendre parler, et Cesar Jimenez qui démontra du métier et de la personnalité. Par contre, il tua mal, perdant d’autres trophées. Bonne novillada, où l’on regrette cependant le trop grand conformisme des novilleros. Hay que salir a darle todo !

     4 Février : Espagne  - On note une bonne novillada de Los Guateles à Estepona (Malaga). Javier Castaño toréait sa première, depuis longtemps. Oreille. Triomphe de Matias Tejela, avec trois oreilles et de Salvador Vega, qui coupe tous les trophées du dernier – A Lorca s’est déroulé le festival au profit de Juan Flores, cet enfant malade qu’il faut aller opérer aux USA. Très bonne entrée, mais spectacle en demi teinte, à cause du ganado de Teofilo Segura, sans race. Ruiz Miguel et Victor Puerto ont lutté en vain, de même que « Morita ». Padilla a mis le turbo, coupant deux oreilles. Un trophée pour Rafael Osorio, Pepin Jimenez et le novillero « El Rubio ». Ce dernier donna une grande faena, mais cafouilla son estocade. Pepin Jimenez, quant à lui, se fit sévèrement accrocher. Il revint, très vaillant et finit en triomphe, avant de partir vers l’hôpital, où les radios n’ont heureusement révélé aucune fracture aux côtes, comme on le craignait. 
 

LE PRESIDENT…POSITIF A L’ALCOOTEST ! ! !

     6 Février : Certes, on ne fête pas tous les jours le 55ème anniversaire de la Monumental  de Mexico. Il convient, en effet de le célébrer dignement. Mais pas avant la corrida ! Hier, le président, appelé là-bas « Juez de Plaza » est arrivé au palco, passablement éméché, et donc, a mené les affaires « rondement ». Hips !

     Le public s’en est rendu compte, qui a fortement protesté ses décisions, en particulier les deux oreilles du cinquième au Zotoluco, et l’arrastre lent du septième, totalement immérité. Grosse bronca, et la presse qui se déchaîne, à chaud. Qu’est ce que cela va être, quand les principaux cronistas, tel Pepe Mata, vont à leur tour « commenter » l’événement. Déjà fortement contesté, le président Salvador Ochoa risque d’être rapidement destitué.

     5 février : Mexico – Plaza Monumental - Corrida du 55ème anniversaire de la plaza – Grisaille, et pluie au septième toro - Llenazo :  Zotoluco et El Juli sont sortis a hombros de « la grande corrida », tandis que Ponce rageait contre le mauvais sort, et Garibay attendait des jours meilleurs. Corrida événement, corrida « d’expectacion », que faussèrent un peu les décisions quelque peu biscornues d’un président qui « voyait tout en double »…

     8 Toros de Xajay, bien présentés (524 Kgs de moyenne), braves en général, nobles les 3 et 5, plus compliqués le lot de Ponce et le huitième, de Garibay. Le septième permit le succès du Juli, mais le public monta un scandale lorsque le président lui accorda l’arrastre lent, que le toro ne méritait absolument pas. Une bronca qui va avoir de lourdes conséquences « pa el señor Juez ».

     El Zotoluco a triomphé : quatre oreilles au compteur, mais de fait, une accordée à son premier, doublée par le public ; et deux du quatrième, qu’il dut ranger sous les protestations, avant de donner une chaude vuelta. Quel souk ! Cela dit, le Zotoluco a ratifié son rang de N°1 du Toreo mexicain actuel. Engagement total et technique font que le torero réussit à convaincre le toro et le public. Il s’accrocha fort devant le premier, « Buena Suerte » qui fit mentir son nom, se montrant aspero, et le tua d’une épée tombée. Le public lui concéda les deux oreilles, et le président but un petit coup, pour se consoler de s’être fait « doubler ». La faena devant le cinquième « Rebujito » fut plus inégale, mais il le roula d’un gros recibir. Le président « voyant double », lui accorda…deux oreilles. Devant les protestations, le Zotoluco laissa les trophées et savoura son triomphe…très sobrement.

     Enrique Ponce n’a pas eu d’options. Ces deux toros portaient des noms pourtant engageants « Cariñoso » et « Siempre Alegre ». Cependant, ils manifestèrent plus de soseria et de sourdes difficultés, que d’envie de faire triompher le valenciano qui, malgré ses efforts, dut aligner  ses passes en vain, en particulier face au sixième qui avait sauté au callejon et baladait sa tête dans les nuages. Avis et division à son premier ; sifflets au cinquième. Mala suerte !

     El Juli a gagné la partie. D’entrée il se déchaîna avec cape et banderilles, face à « Palmito ». Quite par lopecinas, banderilles a mas ; ovations sur les banquettes. Faena crescendo, mêlant le classique et reposé, au trépidant. Série de naturelles à tour complet, coupée d’un cambio dans le dos, provoquant l’émotion. Oreille après un pinchazo, une entière en arrière et un descabello. Le public réclama la deuxième. On retrouva le torero « prêt à tout », face à « Fandango », le fameux septième. Toro âpre devant lequel le jeune « se la joua », sous la pluie,  se faisant vilainement attraper. Revenant comme un vrai guerrier, le Juli coupa une nouvelle oreille, malgré deux pinchazos. Trophée qu’il ne promena pas, s’étant retiré à l’infirmerie. Heureusement, que des coups, mais rien de grave. Pendant ce temps, le président, euphorique, se dit qu’un hommage au toro ferait bien au bilan, et que «hips !, pourquoi pas à celui là ? » La bronca fut épique.

     Ignacio Garibay n’a pas eu beaucoup de chance, mais a peut-être manqué d’un peu de métier. Son premier se donna une vuelta de campana dont il sortit … comme le Juez. Le torero essaya de le laisser reprendre, mais le « Toronjito » se refusa, partant aux barrières. Garibay y dessina quelques bonnes naturelles, mais tua mal. Ovation. Malgré son nom "Gallito", le huitième démontra un total manque de race, et le jeune diestro, malgré son engagement, ne put rien tirer de positif. On l’applaudit, tandis que Juli et Zotoluco sortaient à hombros.

     Un « bilan total », mitigé, pour ces deux corridas événements. Mauvaise entrée, le dimanche ; des lots inégaux,  neuf oreilles coupées dont beaucoup furent discutables. Succès de Cartagena et Armillita, de Zotoluco et Juli. Par contre, les grands vaincus sont un torero et un président : Eloy Cavazos a été fortement, parfois injustement, chahuté, poussé vers la sortie. On est loin du torero idole de Mexico, qui coupe huit oreilles et une queue en deux dimanches consécutifs. Les ans ne passent pas en vain. Quand au président… Hips !

La presse va se déchaîner, et l’Empresa, passer de bien mauvais moments. Elle les a cherchés !
 

FROID SUR VALDEMORILLO…CA SE RECHAUFFE, A SEVILLE !

     C’est un pléonasme ! La plaza de Valdemorillo s’est remplie, ce 5 février, pour la première novillada de feria, parce que l’entrée était gratuite pour l’aficion locale. La ganaderia de « El Cubo » faisait sa présentation. Un peu de faiblesse chez les deux premiers, puis de bonnes choses en général, à part 3 et 6ème, compliqués. Le meilleur lot pour Curro Sanchez qui ne sut qu’en faire. Silence – Triomphe de Jose Luis Triviño qui coupe une oreille à chaque toro, plus pour sa volonté de triompher que pour le lié de ses passes – Quant à Javier Valverde, qu’il va falloir suivre, il fit face à l’adversité, et affronta comme il put le genio de ses adversaires.

     A Séville, les relations semblent se réchauffer entre l’Empresa et le Morante de la Puebla. Camara et Canorea se sont rencontrés hier soir et ont négocié calmement. Réponse sous 48 heures, et l’espoir de voir le Morante dans sa Maestranza. Ne pas oublier qu’il est triomphateur des trois dernières éditions. Cela pèse.

     Pendant ce temps, Ortega Cano « court » devant des utreros de festival, et sa popularité de « prensa del corazon » risque d’en prendre un coup lorsque sortira  le « señor Toro »… Une partie de la réponse, le 3 mars, à Olivenza. Une partie seulement, car le toro d’Olivenza…

     A Valencia, l’Aficion est scandalisée par l’absence de José Tomas, alors qu’il est à Séville, « malgré » la télévision. Du coup, l’empresa devra s’expliquer, mais essuie déjà de fortes critiques pour ses cartels Falleros, jugés faibles et bâclés. Pas à dire, ça va chauffer sous peu !

 

POURQUOI REVIENNENT-ILS DONC ?

     7 février : La saison 2001 ne manquera pas d’intérêt. Elle se composera de divers « challenges personnels » qui nous garantissent de belles empoignades. Les vedettes en activité lutteront « à mort », mais amicalement, pour le sceptre, et puis d’autres reviendront… Pourquoi les toreros reviennent ils ?

     Année de transition à la tête de l’escalafon majeur. Ce devrait être la définitive passation de pouvoirs entre Ponce et Juli, en tête du peloton. N°1 depuis de nombreuses années, le Valenciano peut aspirer à un juste repos. Il est un figuron del toreo, et le restera, à jamais. Le Juli a la force et l’ambition ; l’intelligence et l’aficion …il ne peut aller qu’en se bonifiant.

     Enfin libérée du carcan qu’ils ont eux-mêmes cadenassé, José Tomas et Joselito vont s’aligner pour gagner, à armes égales, et au vu de tous (lisez : Télévision). Deux toreros, deux personnalités et deux projections différentes. Joselito est un fier et un caractériel. Il a beau claironner que sa saison passée est satisfaisante, il ne trompe personne. Donc, cette année, il risque de vouloir faire du bruit. Ca commence en prenant six toros, tout seul, à Vista Alege, le 4 mars. José Tomas est un caractériel et un grandiose torero. Est il un fier ? Va t’il s’aligner pour le N°1, ou va t’il « faire sa saison » et, dès la douche prise, repartir à la pêche, seul, au bord de ses vagues et de ses pensées ?

     Promesse en pointillés, Morante doit définitivement convaincre. A l’heure présente, il négocie Séville. Peut-être la décision est elle déjà prise ? Six toros pour lui, seul, pendant la feria. Ce serait un sacré coup. En a t’il les épaules ? Avec la ganaderia actuelle, qui peut garantir six toros « pa el triunfo » ? Un sacré coup de dés, mais aussi un sacré coup de torero ! Mais Morante peut multiplier les grands éclairs, c’est à Madrid qu’il faut définitivement sceller son statut de figura.

     « El Califa », au retour d’une triomphale campagne américaine, devra s’adapter au rythme des vedettes : Etre sincère tous les jours, « rester là » tous les jours… Est ce possible ? Tous attendront « ses faenas de Madrid » et Las Ventas, elle-même voudra le retrouver, tel que devant les Dolores de 2000. Attention au Califa, il coulera ou montera tout en haut, mais ne restera pas entre deux eaux. 

     On n’attendra des Caballero, Victor Puerto, que la régularité sans surprise. Ce n’est déjà pas mal. Victor Puerto a fait une saison 2000 de gloire. Mais il est rentré dans les grandes ferias, en remplaçant, avec le statut de celui qui remonte la pente, à la force des poignets. Sympathique ! 2001 lui rendra la place de vedette, tout en haut. Le public, alors, sera plus exigeant… comme il y a 4 ans. Et là… attention la pression ! 

     Des Finito, Eugenio de Mora on vivra, épisodiquement, de grands moments ; Julio Aparicio et Javier Conde lanceront quelques fusées. Rivera Ordoñez continuera de rouler, El Cordobes continuera de couler. Abellan a tout à reconstruire. Chez les légionnaires, Padilla et Liria sont des valeurs sûres, quoique sans surprise. Reste le point d’interrogation Antonio Ferrera. Pour le moment les mèches allumées « en tout début de lever de rideau » ont fait long feu ! Cela ne va pas être facile.

     Chez les Français,  Stéphane Fernandez Meca va « entrer en Espagne », et s’y faire un nom. C’est sûr.  De son côté Juan Bautista  doit mettre « du sel et du piment » dans son toreo. Il a la qualité, le courage et l’intelligence pour…En a t’il l’alegria ? Richard Milian va dire adieu et signer son livre.

     Reste l’autre point d’interrogation de deux novilleros qui vont prendre l’alternative : Javier Castaño et Luis Vilches. Toreros différents, statuts différents : L’un est torero de tête, et l’autre, de tripes. L’un risque de monter haut, vite, et « dans tous les sens du terme », l’autre peut conquérir l’aficion en finesse et classicisme…  Castaño, à la hussarde, comme Damaso ! Vilches, « a lo grande del toreo de siempre ».

     Et puis… il y a ceux qui reviennent… Jesulin, Ortega Cano, Ruiz Miguel…Pourquoi les toreros reviennent ils ? Le « gusanillo », ce ver qui les ronge !  La solitude dorée, mais la solitude quand même ! Ce placard que l’on ouvre de plus en plus souvent, où les costumes, sagement rangés, racontent les fièvres passées. Cette chaleur dans le ventre, quand dans un tentadero, pour s’amuser, on aligne trois naturelles « d’avant ». La poussière, mais aussi la lumière ! La fatigue et la peur, mais aussi les bravos et les regards des femmes, toutes mères, sœurs, amantes. Et puis, l’œil noir du toro, dans lequel on va chercher la réponse… « Est ce que je suis encore capable de ? ». Ils reviennent tous. C’est normal ! Et c’est pour cela que l’on admire ceux qui ont la pudeur de dire : « je ne me retirerai jamais ! »

     Ortega Cano revient…Bueno ! Il est de ceux qui risquent le plus. On affûte un muscle, on prépare un athlète. Mais le cœur, seul, peut il convaincre les jambes de rester en place, quand le cerveau dicte, « tres pasitos patras » ?  Ortega Cano, qui a été figura du toreo, très châtié par les toros, devra oublier bien des choses, pour convaincre le public. On va le savoir très vite. Fin avril au plus tard, on sera fixés.

     Ruiz Miguel, vieux lion dont le fer n’est pas encore rouillé, revient à sa façon : Avec les Victorinos et télévisé en direct. Un sacré challenge ! Admiré des aficionados, Ruiz Miguel n’a pas eu la popularité de ses deux collègues. Son retour inquiète. Les Victorinos sont ce qu’ils sont, « unos para disfrutar, otros para correr ! ». Ruiz Miguel, après tant de guerres et tant de paix, peut il encore « correr » ? Les Aficionados veulent garder l’image du lion, mais il est aussi vrai que tous, nous sommes tristes quand le lion est trop vieux. Le roi de la jungle promène alors son regard fatigué sur tout ceux qu’il ne fait plus trembler… et la lumière s’éteint. Dios dira !

     Jesulin revient. Loin des tortillas et des petites culottes à collectionner, le nouveau Jésus va apparaître. A priori, ses qualités, innées, doivent naturellement resurgir : le temple, la ligazon… Peut il convaincre et triompher « qu’avec cela » ? Oui, si les hystériques et autres harpies le laissent, et nous laissent, en paix. Je Jesulin « des derniers moments » toréait de merveille, mais on ne voulait pas le voir. Alors, la coupure, la paternité désormais plus sereine, une tranquilité retrouvée, un autre apoderado…tout cela plaide en un grand retour, à condition que les vieux démons ne veuillent pas aussi…être du banquet…

    La saison commence. Comme chaque année à la même heure, elle suscite les mêmes espoirs, la même ferveur. Puis s’ouvre le « gran porton », et tout naturellement, l’Histoire s’écrit.  
 

CARNETS « DE BALLES »…

     8 Février : Quelle journée que celle d’hier ! Un inconnu ouvre le feu  devant la Maison Blanche ! Ca commence bien ! Un guerrier gagne des élections de paix. Du coup, on fourbit les armes de chaque côté. C’est bien parti ! Cette paix-là fait trembler.

     A Paris, le « multimilliardaire sans passer par la case Loto » fait la bise à tout le monde, et porte plainte parce qu’on lui a volé son carnet d’adresses…ou son « carnet de balles ». Peu importe, il a l’air en forme et semble avoir bonne mémoire. Certains tremblent déjà de voir leur nom inscrit sur les maudits feuillets. Un chose est sûre… Ni vous, ni moi n’y figurons ! Dormons tranquilles, nous les petits, nous les sans grade, nous les « sans le sou » !

     On parle de ce fils de Président qui, ayant perdu son emploi doré, à touché des millions des Assedic, pendant qu’il en percevait  une charretée d’autres en distribuant ses conseils éclairés à une république africaine, qui ne peut être que…bananière ! Pendant ce temps, les Royales Assedic décident du bout des lèvres, si vous avez assez d’heures travaillées, de vous faire l’obole de quelques sous, en vous disant « soyez nous en reconnaissants ». Il y a des balles qui se perdent..

     A Montpellier, on va juger le « Cartouche » du monde Paysan, le « Mandrin » des cours de fermes. Cartouche et Mandrin ne rendaient ils pas aux pauvres ce qu’ils dérobaient aux nantis ? A force d’être « anti tout », ne devient on pas, soi même, nanti ? Pourtant, le suffrage des « Gens de la Terre » est parfois sans appel ! Une région gérée, une région perdue ! Comme dirait Cyrano « C’est un succès ! ». Serait il plus facile de gérer le monde, qu’une parcelle de notre sol ?  Les médias en ont fait un « bandit d’honneur ». A partir de là, on viole tranquillement la loi et quelques uns des dix commandements… Par contre, si vous brûlez un feu rouge, à « Beauvais » ou ailleurs, Bang ! Ne dit on pas : La loi est la même pour tous ?  La France est elle vraiment  « Egalité, Fraternité, Liberté » ?

     « La corrida est violente ». Oui, mais elle se fait au grand jour, en plein soleil  - « La corrida est cruelle ». Oui, mais beaucoup moins que les méandres des magouilles que l’ont découvre tous les jours et dans tous les domaines, avec un seul mot de base « la  Plata ! »

     « La corrida n’est qu’une affaire d’argent ». Oui, les toreros touchent beaucoup d’argent, du moins certains, mais à n’en pas douter, ils ont sué chacun des millions reçus, de leur peur, de leur doute, de leur courage, de leur talent, de leur…honneur. Alors, voyons les quelques exemples ci dessus et restons humbles, discrets, tout petits, devant ses homme qui, d’or ou d’argent, à pied ou montés sur de méchantes rossinantes, bravent le plus brave, combattent le plus fauve, honorent le plus beau des animaux nés pour la guerre, au soleil, un soir, à Madrid, Séville ou ailleurs. Certes, avant le paseo, les balles sifflent un peu… à coups de déclarations, de communiqués de fax ou d’emails… Mais quand  s’ouvre la porte du toril… regardez-les, les toreros… tous égaux, tous frères, tous libres !

     Il y a eu du grabuge, hier ! Le Président de la Monumental de Mexico a été destitué. Sa conduite « en zig zag », lors de la corrida de dimanche lui a valu toutes les foudres. Mais, grandiose, il avait déclaré auparavant qu’il démissionnait, du style « Ce n’est pas vous qui me jetez, c’est moi qui pars ». Cependant, avant d’aller s’en resservir un petit coup, don Salvador Ochoa a, lui aussi, ouvert son carnet de balles et tiré à boulets rouges sur des toreros espagnols qui jouent les califes, lors de certains sorteos, imposant de toréer tels toros, sinon « on reste à l’Hôtel »… Particulièrement visés Hermosos de Mendoza et Rivera Ordoñez, à Queretaro…

     Grabuge aussi à Valencia ! L’association des Aficionados s’est rangée aux côtés de l’Empresa, pour dénoncer les raisons et la façon, méprisante à l’égard de l’Aficion Valenciana, par lesquelles Joselito et José Tomas ont refusé de toréer aux Fallas, acceptant, quelques jours après, de faire le paseo télévisé à Séville. Le Señor Martin Arranz a du  avoir les oreilles qui sifflaient, hier. C’est mieux que des balles !

     A Séville, on a fait la Paix. Alors… nous aussi ! Mais de cela, il n’en a cure ! Bref, « Don Eduardito » est en train de devenir « Don Eduardo » ! Cela n’empêche cependant pas qu’il aurait pu se fendre d’un chèque pour les enfants de Andex (ce qu’il a peut-être fait, d’ailleurs !)… (voir les chroniques de Octobre 2000). La paix semble s’installer à l’ombre de la Maestranza. L'empresa de Séville, peu à peu, est en train de construire une grande Feria d’Avril. Outre les noms déjà cités, c’est fait : Morante de la Puebla sera au cartel, et Jesulin, probablement.

     L’apoderado du Morante a annoncé hier, que le diestro de la Puebla allait toréer deux corridas, durant la semaine des Farolillos : Le 30 Avril, les Juan Pedro Domecq, sûrement avec José Tomas. (Ce qui, à priori, bouscule un cartel déjà établi). L’autre contrat concernerait la corrida du Pilar, et là, on peut parier que l’un des diestros sera El Juli. Rivera Ordoñez serait le troisième. Apodéré par le même Camara, le fils de Paquirri prendrait les Alcurrucen, dans la semaine de pré Feria.

     A signaler, de même, l’idée d’une novillada « de lujo », le 20 avril, avec des Juan Pedro Domecq : Mano a mano entre Luis Vilches et Antonio Fernandez Pineda. A la veille de leur alternative, pendant la feria, cela ne manque pas de gueule ! Ce n’est pas non plus sans risque ! Mais c’est aussi pour cela qu’ils sont toreros. Pas à dire, la saison commence fort ! 
 

UN AMERICAIN A SEVILLE…

     9 février : V’la autre chose ! Comme si l’Espagne taurine, l’Andalousie «  del cante jondo y del duende torero » n’avaient pas d’artistes susceptibles de donner à la Feria de Séville, tout son rayonnement, toute sa grandiose beauté, comme un soir d’apothéose torera, au moment où s’ouvre la Puerta del Principe et que les cloches de la Giralda sonnent à toute volée… voilà t’il pas que l’on a été chercher un yankee pour faire l’affiche de Séville 2001. A quand un esquimau pour vanter le cassoulet, ou un zaïrois pour la fondue suisse ?  On avait déjà connu, du côté de Nîmes, les outrances pseudo artistiques tapissant tous les murs aficionados, mais là, cela vire au sacrilège. Ozu ! Curro Romero a bien fait de se retirer…

 

     Il s’appelle Larry Rivers. Il est américain, dans la mouvance du « Pop Art », et n’a jamais vu une corrida de sa vie. M’étonne pas ! Cet artiste va apporter une nouvelle profondeur, un nouveau relief  à l’affiche taurine... ah bon ! En effet, il utilise un nouveau matériau, le polespan, qui, couche sur couche, superposées, donne cette impression au visiteur qui, une fois passée la surprise, se dit que « Ma foi, on a déjà vu pire, et ce n’est rien à côté de ce qui reste à voir ! ». On ne nous empêchera pas de penser que la corrida est quelque chose de sérieux, basé sur le traditionnel et le mystique. Des hommes ont peur, se font blesser, meurent parfois. Alors, annoncer leur présence en guirlandes, plumes d’indiens ou « pâtés de peinture », a quelque chose de tristounet, surtout à l’ombre de la Giralda. C’est bien pour cela que l’on reste admiratif devant les affiches de nos plazas du Sud Ouest, qui, même avec les nouvelles techniques, en particulier la photo, restent… muy taurinas ! De même, en ce qui concerne Bilbao. « Pourvou qué ça doure ! »

     Heureusement, Séville, ce n’est pas que l’affiche. Mais il semble bien que ce qui se prépare méritait bien le sourire d’une manola…même en minijupe ! Grande feria sur le papier, dont le puzzle, peu à peu se construit. Don Eduardo Canorea est en train de rentrer dans la cour des grands, et il faut souhaiter que les toros accompagnes ses combinaisons toreras. A ce jour, en croisant toutes les infos glanées « de ci, par là », le corps principal de la feria se présenterait ainsi :

     15 Avril – Corrida de Pâques : Toros de Torrealta pour Espartaco, José Tomas et le Juli .

     Semaine de préferia, qui verrait, entre autres, les Alcurrucen avec Finito et Rivera Ordoñez ; les Torrestrella avec Juan Bautista. On peut aussi imaginer Caballero avec une de ces deux ganaderias.

Puis, on rentre dans les « probables certitudes » :

     28 Avril : Torrealta, pour Joselito, José Tomas  et X

     29 Avril : Jose Luis Pereda, pour Finito, Jesuli et X

     30 Avril : Juan Pedro Domecq, pour Morante, Jose Tomas et X

     1er Mai : El Pilar, pour Rivera Ordoñez, Morante et Juli

     2 Mai : Toros de Parladé, pour Espartaco, Ponce et X

     3 Mai : Victoriano del Rio pour Joselito , X et X

     4 Mai : Guardiola, pour Victor Puerto, Javier Castaño et X

     5 Mai : Cebada Gago pour ? On peut penser Liria

     6 Mai : Miura, pour Padilla, X et X

     Pour le moment, on sait que l’entrée du Morante a bousculé quelques projets, mais tout se tient. Reste à compléter avec « les grosses cylindrées ». On attend la deuxième du Juli, de Ponce, d’Espartaco. Puis bien sûr, les incontournables, en particulier Cordobes, Davila Miura. Bof ! Pour le moment, on ne parle pas du Califa, ni d’Abellan. Muñoz reprendra t’il l’épée, cette année ? Fera t’on la place qu’il mérite à Eugenio de Mora ? Probablement. On ne va pas se fâcher avec les Lozano, et sa prestation de l’an passé, devant les Manolo Gonzalez, mérite amplement une en préferia et une dans les Farolillos.  Chez les gladiateurs, Tato et Liria seront forcément de la fête. Viendront ensuite les « tout jeunes matadors » : Castaño, déjà « coloqué », Fernandez Pineda et Luis Vilches. Ne pas oublier Ortega Cano, qui risque de devenir un poids pour l’Empresa qui pensait en avoir besoin, il y a peu. 

    A suivre, avec de plus en plus d’intérêt.
 

Jos TOMAS : UN CAPRICE DE PLUS !

     9 Février : « A Castellon, des Juan Pedro Domecq, ou rien » - « Désolé, on n’a pas de Juan Pedro Domecq ! » - « Bon, alors c’est rien ! » - « Ben, c’est rien ! » Voilà, en gros ce qui résume les négociations autour de la présence de José Tomas au cartel de la Feria de la Magdalena 2001, à Castellon de la Plana.

     Jose Tomas, une fois de plus, sera absent d’une plaza du Levante, prouvant ainsi qu’outre d’être un sacré cabochard, il n’a pas beaucoup le sens de la stratégie, ou alors, il a pris « un melon » tel que Cavaillon devrait en faire son Citoyen d’honneur. Il avait là une occasion de museler les critiques Valencianas, en triomphant dans la région, au même moment, à deux pas de Fallas. Y viene con caprichitos ! Bien. Cela fait un peu beaucoup pour certains aficionados qui finiront un jour par lui faire payer la note. Ne pas oublier que dans le Toreo, « on descend plus vite qu’on est monté »…

     Même apoderado, mais combat différent. Martin Arranz a négocié pour Joselito, qui sera bien présent à Castellon. Les cartels définitifs seront annoncés officiellement en début de semaine. Mais on les connaîtra, ce week end. Pour le moment, sûr : Fernandez Meca prend les Palha ; Joselito torée ; Le Juli passe le 19 mars ; Ponce, le 23 ; la feria se termine, le 25, par les Victorino. 

 

VALDEMORILLO: PREMIERE GROSSE BLESSURE DE LA SAISON

     Même si elle est de pronostic « réservé », le blessure de Julio Pedro Saavedra, hier, en feria de Valdemorillo, peut être considéré par la première de la probable « longue liste » 2001. Un toro qui s’arrête au milieu d’une naturelle, la corne qui cherche entre les jambes, le corps qui monte et retombe debout. Rien, apparemment. Un achuchon ! Le garçon boite un peu, continue de toréer., puis s’arrête. Quelqu’un lui fait un garrot, rapidement, avec une cravate rayée, et on repart à la charge. Casta ! Après l’estocade, après l’oreille, l’infirmerie mobile, l’opération. Bilan : deux cornadas. L’une de 15 cms au niveau du genoux gauche ; l’autre, de 20 cms, dans le haut arrière de la cuisse gauche. Cela va vite ! Le torero a été rapidement acheminé sur la clinique de la Zarzuela, à Madrid. Saavedra perd son deuxième contrat, aujourd’hui, et sera remplacé par Carlos Garcia Santos, devant les novillos d’Antoñete.

    7 Février : Valdemorillo – 3ème de feria – media plaza  (2500) : Trois Novillos de Jose Miguel Arroyo  et trois de Martin Arranz, présentés « moyen », braves mais faibles. Les novilleros ont trop « récité la leçon », ce qui est un vrai problème, car le toreo, techniquement juste, se transforme alors en une litanie de bonnes passes, qui endort un peu. Oreille pour Julio Pedro Saavedra, blessé par le premier, de Joselito – Pedro Lazaro torée bien à la véronique et donne de bonnes naturelles au cinquième, coupant deux oreilles, sujettes à caution – Ricardo Torres  « se tord » beaucoup, et ne récolte, en trois novillos, qu’ovation, silence et silence.
 

IL SAPPELAIT « ATREVIDO »…

     10 février : Cela faisait plusieurs jours qu’il dormait peu, le vieux maestro. Dans sa tête, des images, des souvenirs, des espoirs. 15 Mai 1966, en plaza de Madrid : Entre deux cigarettes, Antonio Chenel « Antoñete » montait un faenon à un toro blanc d’Osborne, qui allait, à partir de ce jour, accompagner sa vie torera, faire partie de sa moindre biographie : « Antoñete et la faena au toro blanc d’Osborne ». Il s’appelait « Atrevido », et la torero del mechon  écrivit avec lui une page de Tauromachie.

    En 2001, Antoñete fume toujours autant. Cigarette sur cigarette. Il tue le gusanillo en toréant parfois, de çi, de là, quelque festival, quelque corrida de prestige, faisant peur à tous les siens, à tous ses amis, mais laissant tout le monde pantois d’admiration.

     2001, le maestro est ganadero, et il prenait, hier, 9 février, « son alternative de ganadero ». Présentation officielle, avec une novillada, à la feria de Valdemorillo. Il attendait la sortie du premier, de son premier… Et devinez comment il s’appelait, ce premier toro d’Antoñete ? « Atrevido », bien entendu. Puis, suivirent « Barrabas », « Chulo », « Gondolero », Siestecita » et « Lucero ». 

     Amoureux de l’encaste Murube, Antoñete a mis tout son amour, son savoir et sa force, pour sortir le plus beau, lo mejor. Et la novillada est sortie belle, très bien présentée; elle est sortie bonne, favorable au toreo ; mais elle est aussi, hélas, sortie faible, très faible pour trois d’entre eux. Déjà, dans la presse, circulent quelques bruits. Dans El Pais, Joaquin Vidal, qui n’est pas à un raccourci près, se demande tout haut si cette invalidité des grands toros de combat, n’est pas liée à l’ESB ? Cette image du toro brinquebalant, roulant au sol, regardant les capes d’un air triste, comme se disant « je voudrais y aller, mais je ne peux pas. Qu’est ce qui m’arrive ? Pourquoi ils sifflent ? Qu’on me laisse tranquille, je suis fatigué … » a de quoi faire réfléchir, certes, mais on ne peut avancer sans preuves de telles théories. Trop dangereux. Ne pas oublier que « l’on mange de la viande de ces  toros », depuis des années… Il vaudrait mieux que le remuant revistero n’ait pas une once de raison…

     Aujourd’hui, Antoñete doit être à la fois fier et désolé. Tant d’espoir et tant d’amour a faire bien son nouveau métier, pour voir cela, un toro novillo, fier, beau comme un roi, qui claudique et s’agenouille, vaincu par quelque mal indécelable. Triste, vraiment. Joselito, avant hier, parlait du mauvais temps, de la pluie, de la boue. Certes… mais il y a autre chose, et depuis longtemps. Se nos va la Fiesta Brava…

     9 Février : Valdemorillo (Madrid) – 4 ème de feria – froid – ¾ de plaza : Six novillos d’Antonio Chenel « Antoñete », qui se présentait, de ganadero. Joli trapio, en Murubeño. Bons en général, mais faibles, frôlant l’invalidité, les trois derniers. Le premier « Atrevido » donna grand espoir, permettant au novillero vétéran Carlos Garcia Santos de couper une oreille, alignant capotazos et muletazos, plus vaillants qu’artistiques. Une oreille, la première…la seule. Au fur et à mesure, entre la faiblesse des toros et les hésitations, les maladresses des hommes, la novillada sombra dans le gris. David Cortijo dessina quelques détails, mais manqua d’ambition. Quant à Miguel Cubillo, il montra beaucoup de « verdeur », et s’en fut en silence.

 

DE CI …PAR LA…

     10 Février :  Les choses se décantent de plus en plus, à Séville, à Castellon. La saison a vraiment débuté. 

     Pour la Magdalena, on sait que la corrida de Cuadri sera toréée, le 24 mars, par Espla, Califa et Juan Bautista ; que celle de Victorino, le 25, sera aux mains de Padilla, Uceda Leal et Jose Luis Moreno. La corrida de Palha, en début de feria, sera lidiée par Fernandez Meca, El Tato et , probablement, Soler Lazaro. Face aux Luis Algarra, le 19, El Juli, Alberto Ramirez et un troisième qui ouvrira cartel. Ponce prend les Salvador Domecq, le 23 mars.

     Du côté de la Maestranza, des nouveaux noms viennent remplacer les « X », aux affiches d’hier : Ortega Cano va toréer les Jose Luis Marca, avec Ponce et Juli. Il sera chef de lidia, le 30, avec le Juan Pedro Domecq, accompagnant Tomas et Morante. La corrida de Parlade sera toréée par Espartaco, Ponce, Juli. ; celle de Nuñez del Cuvillo verra l’alternative de Fernandez Pineda, par Joselito et Jose Tomas. Vaya ! On parle de Finito, Jesulin et Abellan, pour les Jose Luis Pereda. Vous suivez ? Actuellement… aucune nouvelle du Califa à Séville…

     José Tomas vient de se faire « des nouveaux copains », du côté du Puerto Santa Maria, terre qui lui est entièrement dévouée. Malgré toutes les garanties qu’il n’y aurait pas de télé, pas d’interview, qu’on lui ménagerait une entrée et sortie discrètes, le diestro n’est pas venu recevoir le trophée de l’importante peña « La Garrocha », au Puerto Santa Maria, où tout le monde l’attendait.  « Pero que le pasa, señor ? Pas la peine de « jouer les Baltasar » en janvier, pour laisser vilainement tomber l’aficion qui vous a mis où vous êtes, et « jouer les Tomas », en février… ». José Tomas vit à « deux heures de coche »… il pouvait se fendre d’une balade nocturne. Lui qui veille à son image… il commence à tout gagner. Certes, il rectifie « muleta en mains » et c’est le principal, direz vous… Peut-être,  peut-être… mais jusqu’à quand ?

     Le Marquis de Domecq  annonce 6 corridas pour 2001 : En France, à Mont de Marsan et Bayonne. En Espagne, à Pamplona, Almeria, au Puerto Santa Maria et une dernière plaza en négociation. Malgré les hauts et les bas qui en jalonnent le parcours, cet élevage est toujours du plus grand intérêt, de par le trapio, la caste et le relief qu’il donne aux faenas toreras. A suivre, une année de plus.

 

« VALDEMORILLO SUR LA MER… »

     Ayyy ! señor Joaquin Vidal, que exagerado ! Ne voilà t’il pas que, pour définir la corrida d’hier à Valdemorillo, le sulfureux chroniqueur de El Pais fait allusion à « une corrida d’été à Valdemorillo sur la mer ». A croire que vraiment, le trapio des toros laissait à désirer, pour se laisser ainsi aller à une telle comparaison. Cependant, les autres chroniques confirment que la présentation du ganado n’avait rien à voir avec « le Valdemorillo d’antan ». Alors, à quand  la plage à Valdemorillo ?

     10 Février : Valdemorillo (Madrid) – 5 ème de Feria – ¾ de plaza – Beau et froid : Sept toros de Antonio San Roman, très inégaux de présentation et de comportement. Beaucoup de faiblesse, le sixième étant remplacé. Imprésentable le premier. Corrida terciada qui permettait aux toreros de « monter dessus »… Ce ne fut pas le cas. Les toreros ont ils encore faim ? Manolo Sanchez veut « remonter dans le train » des figuras. Il faillit l’être ! Ce ne sera pas pour cette fois. Emprunté, engoncé, il chercha en vain l’étincelle. L’échec à l’épée, au quatrième, finit par confirmer l’échec, tout court – Luis de Pauloba, à son habitude, donna les trois véroniques de la tarde, se récréa en deux ou trois bons muletazos sur chaque main, et se perdit dans un lac d’hésitations. Silence partout, après le sempiternel échec à l’épée – C’est l’inconnu du cartel, Alfonso Romero, qui va couper l’oreille du jour, et avec la manière, en plus. « Ganas, saber y buen hacer » face au troisième, toro noble, encasté. Bien avec la cape, on le vit excellent en début de faena, liant trois séries de derechazos, alternant les remates. Bon essai à gauche et estocade al encuentro, citée recibiendo. Il faillit bien réitérer son succès face au sixième bis, plus compliqué. Il y eut de bons détails, mais il cafouilla un peu sa mort, réduisant le succès à une ovation de « bonne sortie ».

     La feria se termine aujourd’hui avec un corrida de Rocio de la Camara, lidiée par  Frascuelo, Pepin Jimenez et Jose Luis Bote. Cartel phare de cette feria 2001 qui, vraiment n’aura passionné personne…surtout pas les touristes

     Le matin, Vista Alegre donnera sa troisième novillada, avec du Ganado de Yerbabuena pour Fernando Cantos, Matias Tejela et Jorge Ibañez. A suivre la présentation de Tejela, aux portes de Madrid.

 

CASTELLON DE LA PLANA : UNE FERIA EQUILIBREE…

     11 Février : « La Magdalena 2001 » a été présentée hier. Elle se déroulera du 18 au 25 Mars, avec six corridas, une novillada, une corrida de rejoneo. Ses cartels en ont été qualifiés « d’équilibrés », par Simon Casas. Ils est vrai que toros et toreros s’en partagent la vedette, mais on cherche en vain le cartel qui fait sursauter, le coup de génie  « marque de la casa ».

     Outre l’absence de José Tomas, qui ne voulait pas venir, on note celles de Miguel Abellan, Morante et Victor Puerto. On comprend la place faite à l’amitié et aux affaires, mais une feria si courte mérite, peut être, un autre impact. A signaler l’inclusion, dans une première grande feria de la saison, de Jesus Millan. Belle récompense pour le petit aragonais, triomphateur à Zaragoza 2000, et une chance à saisir.

Magdalena 2001, à Castellon de la Plana. Les cartels sont les suivants :

     18 Mars : Tors de Jandilla/ Fuente Ymbro pour  Manuel Caballero, Jesulin de Ubrique et Vicente Barrera.
    
19 Mars : Toros de Luis Algarra, pour Finito de Cordoba, El Juli et Alberto Ramirez
    
20 Mars : Novillos de Jandilla pour Javier Castaõ, Cesar Jimenez et Ivan Garcia
    
21 Mars : Corrida de los Espartales pour les cavaliers Fermin Bohorquez, Leonardo Hernandez, Andy Cartagena, Diego Ventura, Gonzalez Porras et Sergio Galan.
    
22 Mars : Toros de Palha, pour  Stéphane Fernandez Meca, El tato et Jesus Millan
    
23 Mars : Toros de « Salvador Domecq « El Torero »*, pour Joselito,  Enrique Ponce et Julito Aparicio
    
24 Mars : Tors de Cuadri pour  Luis Francisco Espla,  El Califa et Juan Bautista
    
25 Mars : Toros de Victorino Martin pour Ignacio Uceda Leal, Juan José Padilla et Jose Luis Moreno  

     *A noter que la ganaderia de Salvador Domecq peut lidier 110 toros, cette année. Le toros de « El torero » sortiront à Castellon, Jerez,  Madrid, Barcelona, San Sebastian, et Zaragoza, pour ce qui est des « grosses » plazas et ferias. Deux lots seront aussi lidiés à Jativa et Cieza, accompagnés d’une novillada à Algemesi.

 

PACO OJEDA… « REVIENT, REVIENT PAS.. »

     11 Février : Personne ne doute que Paco Ojeda est un torero « hors limites », une personnalité « fuera de lo comun ». Il monta au plus haut, sidéra les publics, hypnotisa les toros, puis, comme fatigué de tout ce tintamarre, s’en fut vers « ses amours-toujours », les chevaux. Il brilla, et finit par entrer dans le quatuor de tête. Paco Ojeda, rejoneador, aurait il eu un tel succès s’il n’avait été auparavant le figuron del toreo ? A voir !

     Toujours est il que Paco Ojeda, matador, rejoneador et éleveur, a rangé ses costumes de lumières, vendu ses chevaux, vendu sa ganaderia…

     Il semble aujourd’hui que le torero de Sanlucar veuille revenir, vêtu de lumières. Il en a fait état, au cours de l’actuelle « 4ème Feria Mondiale du Toro », sorte de salon taurino mondain qui se déroule actuellement à Séville. Paco Ojeda semble confirmer qu’il est prêt au grand retour, et que tout est question « d’arrangement au niveau économique ». Donc, « les moteurs chauffent »… Où le retour ? Nîmes ? Et pourquoi pas ?

     On peut rester dubitatif sur le retour de celui que l’on a adoré ou discuté, mais qui n’a laissé personne indifférent. Paco Ojeda, élevé au statut de torero mythique, doit revenir en figuron. Sa prestation dacquoise, il y a deux ans, n’avait rassuré personne. Et c’était…il y a deux ans. Actuellement, soyons clair, personne ne l’attend. L’escalafon est riche, le toreo a changé et, de son côté, l’homme aussi, probablement. Alors, il vaudrait mieux nous laisser avec les vieux bons souvenirs, et ne pas réduire ce grand retour à une affaire de « Kilos » !

 

AMERICA, AMERICA…

     11 Février : De l’autre côté de l’Océan, la grande saison s’éteint peu à peu. Certes, il y aura des toros toute l’année, au Mexique, au Pérou, en Colombie, mais « la » temporada, celle dont on parle hors des frontières, s’en va doucement… 

     Au Mexique, aujourd’hui, il y aura corrida à la Monumental de Mexico. Après le grand anniversaire, c’est la gueule de bois… surtout pour le président de la plaza, qui a été viré pour les raisons que l’on sait. Hips ! Ce dimanche, il y aura gueule de bois dans les gradins, car, vu les circonstances, le cartel offert a toutes les chances de fournir la plus triste entrée de la saison : Manuel Diaz, « El Cordobes », qui est loin d’avoir l’impact du papa, surtout en ce moment, revient  à la Mejico, accompagné de deux modestes, Alfredo Rios « El Conde » et Fernando Ochoa, face à une corrida de Rodriguez Aguirre, de 488 Kgs de moyenne.

     On parle, pour le 18 Février, de la confirmation de Sebastian Castella à Mexico, en compagnie de Rafael Ortega et El Tato, face à un lot de Santa Fe del Campo. Dans les conditions actuelles, on peut craindre que cet événement ne rassemble pas plus de monde… que la corrida de Magescq, le même jour. Et c’est bien dommage.

      En Colombie, on rêve de Paix, une fois de plus. Le Président et le chef des Farc ont longuement discuté, à terrain découvert, et en toute bonne volonté. Du coup, l’actualité taurine passe au deuxième plan, devant tant d’espoir, et tant de douleurs passées. C’est bien normal. « Suerte, Colombia, por fin ! »

     Hier, la dernière corrida de Medellin n’a rien donné. Seul, Cesar Camacho a pu arracher une oreille au quatrième toro de Garzon, tandis que Dinastia et Ramiro Cadena ramaient à contre courant

     Ce dimanche, corrida de gala en plaza de Bogota. La Santamaria se remplira pour accueillir le Juli et ses deux jeunes collègues, Juan Bautista et Paquito Perlaza. Les toros seront de Rocha Hermanos. Ne pas oublier que ce cartel de jeunes mit le feu, l’an passé, à la plaza  Cañaveralejo de Cali,. Les trois toreros avaient fait assaut de toreria, de courage, en une saine compétition, et étaient sortis a hombros.  Que les vaya bien ! Que haya suerte !

 

HONNEUR A « LA FILLE DU VENT »…

     12 Février : Quel plaisir de voir cette jeune femme, sautiller de joie et d’émotion, contempler tant d’admiration et d’amour, après 94 jours de solitude et d’efforts. « Muy torera », Ellen MacArthur, la seule Anglaise, depuis des siècles, adoptée par le Français !

     Formidable triomphe du rêve et de la passion. Tout comme les toreros qui, à l’aube d’une éventuelle carrière, rêvent de véroniques de soie, de naturelles interminables et d’estocades immédiates,  la petite fille avait, elle aussi, rêvé, en tirant des bords sur sa coque de noix, au milieu d’un lac anglais. Il y a 94 jours, hier, son rêve est devenu réalité. Elle a pris son alternative. La voilà « figure » de la voile, et le public attendra désormais son prochain paseo.

     Honneur à Ellen, la petit fille du vent… et peut-être quelques moments de réflexion pour les joueurs du PSG. Pourquoi cette jeune fille a t’elle tout gagné, même en finissant deuxième ? C’est parce qu’elle avait un but, elle !

     Honneur au Juli, ce tout jeune homme, tout simple, qui n’arrête pas de rêver le Toreo. Enorme, hier, à Bogota. Honneur à ceux qui se sont joué la peau, hier à Mexico, devant du ciment vide. Honneur aux toreros de Valdemorillo, qu, même devant une mansada, dans une presque-démontable, se sont joué la peau, et ont bien failli l’y laisser. Honneur enfin aux novilleros qui rêvent du triomphe, et l’atteignent parfois. Tejela a brillé à Vista Alegre. Une première étape, comme le premier des « ses 94 jours », à lui !

     11 Février : Mexico – Plaza Monumental – 18ème de la temporada – 5000 spectateurs (sur 42000) : Un désastre annoncé. Se jouer la peau devant du béton armé de grise froideur, a de quoi mettre à bas le moral le plus victorieux. El Cordobes « fils » a de quoi se poser quelques questions. Mauvais, à la veille de la saison espagnole. 5000 personnes qui, de plus, gardèrent le silence après chacune de ses sorties, face, il est vrai à des toros peu propices - El Conde, lui, entendit deux ovations, c’est à dire, deux murmures approbateurs, perdus dans l’immensité vide – Fernando Ochoa toréa bien le troisième qui fut le meilleur, mais s’éteint trop vite. Le sixième toros de Rodrigo Aguirre était tellement mal présenté, que l'empresa, elle-même, offrit le sobrero au diestro qui  dessina la faena de l’après midi, et coupa la seule oreille du jour. Décidément, cette saison a la Mejico est un réel désastre. Et ce n’est pas fini.

     11 Février : Bogota (Colombie) – Grand beau temps et « No hay boletas » (14500 spectateurs) : Enorme triomphe du Juli, qui s’est montré torerisimo toute l’après midi, coupant deux oreilles au premier, en manquant une autre au quatrième…por pinchar – Corrida de Achurry Viejo, lourde, bien présentée, mais sans caste, presque sans force. Le deuxième, boiteux, a du être remplacé. Le mayoral de la plaza sortit les cabestros, leur donna deux ordres, et partit se rasseoir. Cela prit trois minutes, et l’ovation fut énorme pour l’homme qui dut saluer (un concurrent pour « Florito ») – El Juli  donna une lidia et une faena, tout en douceur, au premier de la corrida, le meilleur. Temple, ligazon, cadence et profondeur dans sa muleta ; longues naturelles… Molinete à genoux pour allégrer le tout et un énorme coup d’épée. 14500 mouchoirs pour deux oreilles, indiscutables. Il débuta en fanfare, devant le quatrième : Largas de rodillas, véroniques un genoux à terre, jusqu’au centre. Après un léger châtiment, le quite par lopesinas , qui lève le public, et trois paires de banderilles « en un duro », (pardon « en un Euro ! »). C’était parti pour une nouvelle apothéose, mais le toro baissa rapidement de ton et s’arrêta, au point de ne pas « aider » le diestro, au moment de l’estocade. Deux pinchazos, adieu l’oreille, mais une vuelta d’enfer – Juan Bautista entendit deux grandes ovations au cours de la tarde : la première dans un quite virevoltant ; la seconde, la plus grande, lors de son brindis à Cesar Rincon, assis en barrière. Longue ovation, au cri de « Céééésar ! Céééésar ! » pour le plus grand des grands colombiens. Que bueno ! Hélas, il fallut rapidement déchanter, jalabert ne pouvant que faire constater la totale carence de ses deux adversaires. Il donna vuelta à son premier. – Paquito Perlaza lutta contre l’adversité, essaya tout, réussit peu, et tua mal le dernier. Applaudissements et silence attristé, tandis que le Juli partait vers sa nouvelle sortie a hombros. Que Tio !

     11 Février : Valdemorillo (Madrid)  - Dernière de feria – lleno – Corrida mansa et dangereuse de Rocio de la Camara. Ils étaient beaux, de divers pelages, dont un blanc, mais c’est tout. Très courts de charge, regardant beaucoup, tirant des derrotes. Brrrr ! – Frascuelo essaya bien de tirer quelques muletazos du premier, en silence. Le quatrième percuta d’entrée le Gallito de Zafra, lui fracassant la mâchoire au burladero, lui laissant le postérieur à l’air. Par un temps pareil, de quoi attraper un bon rhume.Mais, torero, le Gallito, la tête un peu de travers et  quelques dents, mais très digne, resta dans le ruedo. Muy torero ! Frascuelo se battit avec ce malotru qui, dans un derrote au visage, lui fractura le nez. Ovation pour le vétéran ensanglanté – Pepin Jimenez prit les précautions que lui dictèrent les comportements adverses. Silence et sifflets, mais pas de bobo ! Par contre, son banderillero, le fils du « Formidable », se fit enlever par le cinquième, et reçut deux cornadas superficielles à la cuisse gauche – Bon succès de Jose Luis Bote, dont la volonté et la toreria font plaisir à voir, malgré des faculté physiques très insuffisantes. Bien au capote, d’excellents passages à la muleta et l’oreille du troisième, aussi manso que les autres. Muy bien por « El Bote ».

     11 Février : Vista Alegre  (Madrid) – 3ème Novillada – Media plaza : Gros succès du ganadero Ortega Cano, dont les novillos de Yerba Buena ont donné excellent jeu, en particulier 1, 2, 3 et 6ème. Casta, avec un petit manque de forces. Le Mayoral donna la vuelta, le matador ganadero salua avec effusion – Le sévillan Fernando Cantos eut quelques détails. Il faut attendre – Vuelta au cinquième pour Jorge Ibañez, le fils du ganadero  Nazario Ibañez. Débute très nerveux, puis se calme, avec de bonnes choses en fin de faena – Matias Tejela a triomphé : trois oreilles, la seconde au dernier, un peu généreuse, dit on. L’important est qu’il se soit montré, à tous moments, désireux de toréer, d’essayer, d’être en torero. Il fit de tout, parfois un peu