L'ACTUALITÉ TAURINE 
(Décembre 2001)

EQUATEUR : SOUS LA MOYENNE !

     Guillermo Alban coupe la première oreille de la feria.
     1er Décembre : La première corrida de la Feria du Jesus del Gran Poder a laissé un goût bien amer aux aficionados équatoriens. Toros faibles, sans caste, prenant un picotazo et « rajandose »… Pour arranger le tout, des toreros incapables d’en finir correctement, multipliant sans vergogne pinchazos et descabellos. Encore une fois, monsieur Jose Tomas a joué le cabochard, « picotant » vilainement, une fois, son deuxième toro, avant de lui asséner la bagatelle de dix descabellos. Ya esta bien, hombre ! Un minimum de verguenza, un minimum de « profesionalidad » !  Salamanca en 2000, et Madrid en 2001, n’ont ils pas suffi ? Va t’il falloir, là aussi, changer le règlement ? Una verguenza total ! Un manque de respect au public, au toro, et au costume que l’on porte…

    30 Novembre - Quito (Equateur) – 1ère corrida de Feria – Plus de ¾ de plaza : Catastrophe intégrale signée par quatre toros de Carlos Manuel Cobo (sortis 2,3,4 et 5èmes), faibles, totalement décastés. Seul le troisième voulut bien s’accrocher un peu ; et deux de Cobo Albornoz, (sortis 1 et 6èmes), qui ne valaient guère mieux : Faibles et mansos.

     Le cartel avait présentait un attrait certain, notamment avec la présentation en Equateur de Jose Tomas. Premier échec : Il n’a pas rempli, encore une fois. Deuxième : Il est sorti sous les sifflets. Certes, le ganado ne l’a pas favorisé… mais peu lui a importé. Il a essayé de placer son toreo, et, voyant que cela n’allait rien donner, s’est désintéressé de tout. Division des opinions, avec un avis, face à « Bohemio » (le bien nommé), toro de sa présentation, qui partit vite à querencia. Quatre pinchazos et trois quarts de lame, plus un descabello. Bon ! Le cinquième s’arrêta aussitôt . Tomas ne tenta rien et, après un pinchazo hondo, lui mit dix descabellos. Sérénade.

        Finito de Cordoba fut brillant au capote, mais subit, lui aussi, un demi échec. « Tetenero », son premier ne supporta pas trois séries de derechazos, pourtant peu appuyés, et fila a tablas. Trois quarts d’épée, tendus, et neuf descabellos. Avis et silence. Guère mieux face au quatrième, « Gobernador », devant lequel il fallut vite arrêter les frais. Trois pinchazos et un coup de verduguillo. Silence.
     Le torero de Guayaquil, Guillermo Alban sauva la corrida du désastre. Le troisième, « Gracioso », est du même tonneau que les autres, mais l’équatorien va lui donner confiance, à force de temple, et le convaincre de suivre sa muleta en trois séries de droitières très applaudies. Le vent se mit à souffler, qui coupa l’unité de la faena, mais, après une épée « en haut », qui tua sin puntilla, Guillermo Alban coupa justement, la première oreille de la feria. Il faillit bien rééditer, devant le dernier, face auquel il s’accrocha, au point de se faire déchirer la taleguilla, sans mal. Début al estribo, puis séries droitières, le toro lui imposant sa querencia aux barrières. Grande volonté du torero et appui total du public. Epée un peu de coté, portée « al encuentro » donnant lieu à une forte pétition d’oreille, que la présidence refusa. Deux vueltas pour Guillermo Alban qui sauve la course, et reviendra, le 3 décembre, en compagnie de Joselito et du Juli.

     Ce samedi, deuxième corrida, avec Juan Jose Padilla, Antonio Campana et El Califa, lidiant un lot de Campo Bravo.

 

MEJICO… ON REPROGRAMME !

     1er Décembre : Le retard, annoncé, d’Enrique Ponce, provoque quelque «come cocos ! » aux empresas mexicains, en particulier, a la Monumental, où le valenciano devait faire son premier paseo, le 16 décembre, en compagnie du Zotoluco et d’Eloy Cavazos, ce dernier faisant ses adieux à la capitale, mais, continuant sa fin de carrière, en province. Cavazos, véxé par le traitement que lui inflige l’aficion de la Monumental, depuis deux ans, vient lui dire un « Tchao ! » du style « Allez vous faire voir ! ». Donc, on pense que la corrida risque d’être houleuse. D’où la volonté de monter un grand cartel, officiellement pour valoriser le vétéran, mais en fait, pour le protéger un peu. Ponce absent, il faudra trouver autre chose.
     Il semble donc que l’on avance les adieux « monumentaux » de Cavazos, au 9 Décembre, le faisant défiler avec Pablo Hermoso de Mendoza, plus indiscutable figure que jamais (incroyable bilan, jusqu’à présent : 18 corridas, 54 oreilles et 5 rabos). Ainsi, en voyant les exploits de « Labrit », « Mariachi », « Chicuelo » et autres « Danubio », même si « Cagancho » n’est pas là, on espère que le public, avec Cavazos, se montrera « bon cheval ! ». Le troisième homme pourrait bien être le jeune Jose Daniel Ayala, qui confirmerait alternative .
     Du coup, il faut refondre le cartel du 16 décembre, et l’on murmure que le Juli pourrait bien avancer son premier paseo à Mexico, à cette occasion. On parle de Jorge Gutierrez, Zotoluco et Juli, face à un lot de Bernaldo de Quiros.
     Le 23 Décembre, la confirmation d’alternative d’Antonio Barrera semble planifiée, avec Armillita en tête de cartel.Les toros seront de Rodrigo Aguirre. Bref, tout cela marche « au coup par coup », et a encore le temps de changer.

     Ce qui ne change pas… les souvenirs ! Aaaaah ! quand nous étions jeunes ! Hier, nous étions le 30 novembre ! Eh bien, le 30 novembre 1952, Antonio Ordonez confirmait son alternative à la Mejico, des mains de Silverio Perez, en présence de Jose Maria Martorell. Le toro, de Torrecilla, s’appelait « Cantinero », et le déjà « Maestro de Ronda » lui coupa une oreille. Y olé !

 

PAUVRE CYRANO DE BERGERAC…

     2 Décembre : Décidément, je ne m’y ferai jamais… Pauvre Cyrano ! Pauvre Edmond Rostand !
     Le hasard du zapping a voulu que je tombe hier sur une nouvelle version théâtrale de Monsieur de Bergerac. Malédiction ! Qu’a t’on fait de lui ? Je sais qu’il faut respecter l’art, et la liberté d’expression, mais comment supporter cette affreuse métamorphose ?  Monsieur Weber, qui avait déjà bien écorné le panache du chevalier Cyrano, Savinien–Hercule, de Bergerac, vient de se commettre en une triste « mariconada » où c’est le héros qui joue les mazettes avec des soupirs de vielles dames et des regards langoureux à faire fondre tous les phoques du Nebraska… Ce que Depardieu avait déjà bien amoché, vient de recevoir le  descabello final par Monsieur de Weber qui a oublié, probablement, d’aller faire un tour, encore aujourd’hui, sur nos places de marché, dans le Gers, ou sur quelque stade de rugby, de Bigorre… Il y souffle encore « l’accent » de la terre gasconne, et peut-être y retrouve t’on, même pour y vendre quelque laitue, ce panache qui nous manque tant, aujourd’hui, à la ville comme à la scène.
     Cyrano, tout droit sorti de la « Gaypride », c’est une insulte au théâtre, et une irrémédiable offense à la Gascogne… Daniel Sorano et Coquelin, qui l’ont si bien servi, doivent se retourner dans la tombe…  Même monsieur Jean Piat doit hurler au loup en voyant cette minette oser se dire « de Bergerac ! »
     Le fier cavalier, empanaché de courage et d’esprit ; pétri d’érudition et de grands sentiments, doit se sentir bien seul sur scène, dans un monde où il faut, plus que jamais « avoir du nez » pour se mettre dans le bon coup, se glisser dans la bonne échappée, épouser le bon parti, au bon moment, et « cohabiter », alors que la haine et le mépris déforment les traits en de veules parades…
     Où est il donc le panache ? Sûrement plus au théâtre ! Et, s’il eut existé, Monsieur de Bergerac aurait eu du mal à percer !
     Donc, s’il vous plait, messieurs qu’on nomme « grands », inspirez vous donc un peu « de ce Gascon là », et comme lui, essayez donc, « quel que soit le vent », de donner quelqu’honneur à vos sentiments…
     Politique politicienne… Justice embourbée… Société maculée… Illusions perdues. Une nation qui travestit ses héros, même de théâtre, est une nation qui perd son âme, autant que ses couleurs…
     Pourtant, la vie et belle et les filles jolies… On demande bien peu, en somme : regarder droit, avoir plaisir à saluer celui qu’on respecte, et se repasser sans cesse, de Monsieur de Bergerac, ces mots : « Mon petit, sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles… si c’est dans ton jardin, à toi, que tu les cueilles ! »…
     Coup de gueule du dimanche, attisé par la rage de voir pour la quatrième fois, « cette maudite bécane » lâcher notre équipe, mais aussi inspiré par l’équipe de nos nouveaux mousquetaires, qui viennent de piquer le saladier, au nez des Australiens. En voilà qui ont du panache et qui peuvent, fièrement, de Cyrano emboîter le pas… D’ailleurs, à voir le nez du capitaine, on ne s’y trompe pas. « Souffrez, messieurs, qu’on vous salue… ! La bataille est belle quand l’ennemi est noble. Voilà une Marseillaise qui a enfin bien sonné… Enhorabuena  pour tous les gars de la Coupe Davis.
     Coté toros, on prépare un dimanche où le panache pourrait aussi avoir quelque place : A Lima, Paco Ojeda affronte Jose Tomas, en « une balade du duel » qui risque de faire quelque bruit. A Mexico, c’est le Morante qui devra « pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul »… En effet, son paseo à la Monumental est capital. Jusqu’à présent, sa saison mexicaine est médiocre. Seul un exploit, comparable à celui de la San Isidro, peut le remettre en selle….
     A Quito, un enfant essaiera de rester calme : David Galan, fils de son père, se présente aux Amériques. Espérons qu’il montrera un autre toreo que celui « mal déroulé » cet été, aux non piquées de Dax et Bayonne…
     Hier, Don Pablo a triomphé à Pachuca. (Encore !) et Juan Jose Padilla s’est retrouvé « en chemise », à Quito. Son premier toro l’a méchamment déshabillé, laissant son honneur au grand air. « Tiene huevos, la cosa ! ». Pas trop de mal, heureusement ! Bon succès du Jerezano qui, comme disent les espagnols « cayo de pie, en Quito ! », ce qui revient à dire que, dans les gradins… « se quedaron de culo ! »

     2 Décembre – Quito (Equateur) – 2ème corrida de la Feria du Jesus del Gran Poder – ¾ de plaza : Corrida décevante de Campo Bravo. Toros inégalement présentés qui montrèrent plus de genio que de caste, plus de rage que de bravoure. Seuls les deux et troisième montrèrent quelques qualités.
     Le torero d’Ambato, Antonio Campana,  fut le plus mal servi. Cependant, ses doutes et ses erreurs n’arrangèrent aucunement le panorama. Timoré, face au premier, il ne put rectifier le tir, avec la quatrième qui se donna une vilaine vuelta de campana. Division des opinions, à chaque sortie.
     Juan Jose Padilla se présentait à Quito. Son toro s’appelait « Soplon », et le Typhon de Jerez lui souffla largas et véroniques à genoux, qui mirent le feu aux poudres. Banderille à la volée et faena brindée au  Tortuga, banderillero équatorien qui rejoint la Légende. Faena débutée « de rodillas », et une première série qui promet. Le public marche à fond. Lors de la deuxième bordée de dérechazo, une rafale de vent, bien sournoise, et Padilla se fait vilainement balancer, et déshabiller sur place, se relevant « haché », et « toute artillerie dehors! ». Pas trop de mal, heureusement (en fait, un gros puntazo à la fesse, quand même). On remballe tout, et le valiente continue, jusqu’à l’estocade finale. Oreille, pétition de la seconde et… deux vueltas. Padilla reviendra prendre le cinquième, devant lequel il jouera la carte du spectaculaire. Autre tour de piste, avant de filer vers l’infirmerie.
     El Califa n’a guère brillé. Il faisait également sa présentation, ici, mais les aficionados de Quito furent loin de voir celui qui a donné tant d’espoir, un soir de juin 2000, après ses deux faenas aux Dolores Aguirre de Madrid. Mauvais à la cape, le Califa ouvrit bien sa première faena, en « changeant, dans le dos », mais après, le trasteo se dilua entre coups de vent et valese hésitations. Le sixième se transforma vite en un bloc de marbre. Califa tua mal, mais vite, donnant une vuelta à son premier, et se retirant sous les applaudissements. Cependant, on est loin d’être rassurés.

     2 Décembre – Pachuca (Mexique) – Llenazo : Toros de la Estancia, assez lourds et de trapio – Pablo Hermoso de Mendoza coupe quatre oreilles – Eloy Cavazos ne peut rien faire face çà son premier, mais « monte un tabac » devant le quatrième, un toro de grand trapio, dit-on. Deux oreilles et la queue – Malchance pour le Zotoluco : Silence au premier. Son second adversaire ne voit pas. Scandale. Il doit s’en défaire. Le maestro offre le sobrero et triomphe totalement : deux oreilles y rabo… Eh oui ! C’est cela, le panache !

 

“TOREO… CON EL ALMA ! "

     3 Décembre: “Il a toréé de toute son âme…” Enfin!
     Les quelques mots du revistero Leopoldo de la Rosa illustreront, mieux que de belles phrases, les quelques minutes de rêve qu’ont vécues hier les aficionados, avec le Morante de la Puebla, face au toro « Charrito », de Julio Delgado. Un toro offert, en dernier lieu, par le torero sévillan, contrit de n’avoir rien pu tirer de son lot initial de San Mateo. Toro qui sortit noble et brillant, permettant au Morante « de se lâcher », cape en main, et « de se relâcher », avec la muleta. Le public alors, bondit à chaque note de cette symphonie, scandant des olés de joie et d’admiration, que la radio répercuta jusqu’à nos rives. Morante était en train de sauver, aussi, sa saison mexicaine, par un faenon « a la Mejico », comme il l’avait fait, en mai, à Madrid.
     Hélas, il fallut redescendre sur terre… Deux pinchazos hondos firent changer deux oreilles en un avis, mais les mexicains firent grande haie d’honneur au torero de la Puebla, vêtu de dragée vert très pale et or. Grand triomphe, sans trophée, mais à coup sur, un des grands moments de la temporada 2001-2002, à la Monumental de Mexico.

   2 Décembre – Mexico (Plaza Monumental)- 6ème corrida de la Temporada Grande – 10 à 12000 personnes (1/3 de plaza) – Vent gênant : Détestable encierro de San Mateo, bien présenté, mais sans caste aucune,  s’arrêtant dans les suertes, tirant hachazos et derrotes, ne permettant pas le toreo actuel. Par contre, le toro de regalo, offert par le Morante, sauva la tarde.

      Fernando Ochoa eut de très bons détails face au premier, qui s’arrêta vite. Faena a menos, forcément, et grande ovation, saluée au tiers. Le quatrième fut le même, en pire. Bloc de plomb. Palmas.
     Le Morante s’était montré froid et sec, nerveux et distant, devant un premier toro qui ne baissait pas la tête. De plus, il tua « fatal ». Le cinquième se mit à marcher sans cesse, sans but. Deuxième échec du sévillan qui se retira, pour la deuxième fois, dans le silence. A peine le dernier toro entamait son combat, que le Morante faisait annoncer « qu’il offrait le septième ». Sortit alors « Charrito », de Julio Delgado, moins corpulent que les titulaires, mais excellent dans ses charges. Le Morante « mit le menton dans le jabot », lors des magnifiques véroniques de reception. Le public entra en transes, et le diestro ne le lâcha plus. Faena de classe, de gusto, de sabor y sentimiento… l’âme du toreo !  Grandes naturelles qui font hurler les olés de joie, adornos que le torero de La Puebla sait si bien sculpter, ciseler… Euphorie totale dans la plaza que viendront ternir deux pinchazos hondos, le toro tombant tout seul, aussitôt relevé par le matador. Un avis, immense ovation et vuelta la ruedo. Morante de la Puebla est « entré » à la Monumental de Mexico. Enfin.
    Ignacio Garibay n’a rien pu faire, sinon mettre tout son courage, face à un pramier toro dangereux, qu’il abattit d’une trasera. Le dernier, se transforma, lui aussi en statue de sel. Le jeune diestro se montra, là aussi, très décidé, mais en vain. Ovation à chaque fois, qui se renouvela, bien plus forte, lorsqu’en fin de corrida on annonça qu’Ignacio Garibay venait de se voir attribuer « Le Scapulaire d’or » de la Feria 2001 de Lima…

     L’empresa de La Mejico, le Doctor Herrerias a tenu à remercier publiquement les toreros qui ont lui ont donné toutes les facilités de remodeler les cartels, en raison de la rentrée retardée d’Enrique Ponce. Remerciements, en particulier au Juli, qui avance sa présentation à …dimanche prochain, 9 Décembre (il fera aussi les paseos des 13, 27 Janvier et 5 Février), en compagnie du Zotoluco. Coup de chapeau, de même, à Martin Arranz et Pablo Hermoso de Mendoza, qui acceptent de toréer avec Eloy Cavazos, le 16 décembre, le cavalier étant également programmé, le 5 Février, avec le Juli). 

 

LIMA : « CORRIDA DE EXPECTACION… CORRIDA DE … »

     …Déception, comme dit le proverbe. Encore une fois, cela s’est vérifié, à Lima, hier, pour la dernière corrida de la Feria 2001. L’événement était de taille : Mano a Mano entre Paco Ojeda et Jose Tomas… En fait, ce fut une triste soirée, où la plaza fut loin de se remplir (Le Juli a eu du nez !), et le spectacle fut médiocre, en immense partie à cause des toros de San Martin, inégaux de présence, mais surtout très mauvais. Mansada totale, tant au cheval que face au torero. Un véritable concert de toros escarbando, tardeando, ou au contraire gazapeando… Seul, le quatrième, sans forces, permit une longue faena « light » de Jose Tomas, qui reçut deux oreilles pour l’avoir tenu debout. Pouah ! De son coté, Paco Ojeda se mit « à bout portant », essayant de tirer quelques vieux souvenirs, mais en vain. Comme il tua mal… imaginez la suite. Reviendra…Reviendra pas ?

    2 Décembre – Lima (Pérou) – Dernière de la Feria 2001- Moins de ¾ de plaza : La corrida débuta mal, le mano a mano Ojeda - Jose Tomas n’ayant pas réussi à remplir la plaza de Acho. Echec de taille.
     Détestable mansada de Chafik : 2e et 3ème dangereux. Les autres, courts ou arrêtés. Ont tout oublié du mot caste. Faible et noblote, le quatrième. Pour « finir en beauté », le sixième se casse un piton en rematant dans le burladero du 10. Ici, on ne rigole pas avec le règlement… et le toro ne fut pas changé. Tout le monde est rentré chez soi, en maugréant contre la corrida que l’on n’avait pas vue.
     Paco Ojeda s’est montré volontaire, s’arrimant tout près de trois toros bien tristes, et arrêtés. Il essaya de faire son toreo à bout portant, se montra valeureux, mais en vain. De plus, il tua mal. Au bilan : Vuelta, silence et vuelta.
     Jose Tomas a déçu totalement, et ce ne sont pas les deux oreilles généreusement coupées au quatrième qui vont tromper grand monde. On le vit triste et compassé face au deuxième. Le quatrième, du nom de « Mauri », sortit noble mais faible. Toreo de cape, par delantales. Un picotazo. Faena comportant d’innombrables séries de naturelles « despegadillas », sans forcer la machine ni le toro… En fin de trasteo, pourtant, deux séries profondes, tirées à fond, qui marquent enfin la différence. Epée en arrière et un descabello. Deux oreilles « light », pour une faena « light »… Le dernier toro s’en alla percuter un burladero, sortant du choc avec un piton en moins et complètement « descordinado ». Lo que faltaba !
     Gros échec de San Martin… et gros casse tête pour le jury de la Feria : Finito, Tomas, Juli, Garibay ? C’est sur ce dernier que tomba, fort justement le verdict : Le Scapulaire d’Or de la Feria de Lima 2001 est attribué au jeune diestro Mexicain, Ignacio Garibay, pour sa faena du 11 Novembre, face à « Huron, le sixième toro de Manolo Martinez, qui fut honoré d’une vuelta.
     Déjà malade, le Feria de Lima ne remonte pas la pente, principalement à cause du ganado. Malgré les difficultés financières, il semble qu’en 2002, on fera de nouveau appel à du ganado espagnol.

 

MALA NOVILLADA A QUITO…MAIS, PLAZA PLEINE !

     3 Décembre : Quito, siège du congrès des ganaderos… cela ne lui a guère porté chance. Hier, la troisième de feria a vu un défilé de dix novillos « sans rien », qui ont fait suer les hommes, en vain. Triste. Leandro Marcos s’est fait secouer pour rien ; David Galan a voulu remercier le public de l’émouvante minute de silence, dédiée à son père, en fin de paseo. Le seul vainqueur là-dedans… l’Empresa, qui remplit sa plaza, pour une novillada…

     2 Décembre – Quito (Equateur) – 3 eme de la Feria du Jesus del Gran poder – Novillada – Plaza llena : Désolant défilé de novillos de Triana, deux d’entre eux étant remplacés par de « La Vina », aussi tristes… Seul le premier donna quelques espoirs, puis, la corrida partit vers le fond…
     Juan Pablo Diaz faisait ses adieux de novillero. Alternative en fin de feria. Il fut bien, avec le seul potable, lui coupant une juste oreille. Ovation au cinquième – Leandro Marcos eut quelques gestes à la cape et en début de faena. Il se fit prendre sans mal, par son premier. Toreo classique, froid, qui ne put accrocher. Silence partout – Le jeune David Galan fit beaucoup de bruit et s’accrocha fort, mais en vain. Il tua mal. Vuelta et ovation – Diego Ventura, à cheval, se fit bien peur face à un sobrero bien vicieux. No hubo manera… A oublier bien vite.
     Ce lundi, la quatrième de Feria, avec, face à du ganado de Huagrahuasi (à répéter dix fpois, très vite ! (On s’amuse comme on peut !) : Joselito, El Juli et Guillermo Alban. Joselito est bien, et a besoin de confirmer en gagnant quelque trophée ; El Juli vient toujours pour gagner. Guillermo Alban a déjà coupé une oreille, lors de la première corrida. Il voudra faire mieux, et gagner le trophée de « sa » feria.
     Suerte, pues !.. et , à vous aussi… Huagrahuasi, Huagrahuasi, Huagrahuasi… dix fois, et vite !

 

LA « MEJICO » A T’ELLE RELANCE LE MORANTE ?

    4 Décembre : Une hirondelle fait elle le printemps ? Non bien sûr. Cependant, dès que l’on entrevoit la première petite flèche noire, dans le ciel, on se dit que les beaux jours arrivent, et que les fleurs, comme les robes légères, vont vite nous faire voir la vie d’une autre couleur.
     Une faena fait elle une carrière torera ? Non bien sûr. Cependant, des faenas isolées, contribuent à maintenir haut l’intérêt du public, qui accourt voir le torero, en espérant que « ce sera pour aujourd’hui ! »

  C’est souvent arrivé, dans l’histoire, et si l’on fait les comptes, on s’aperçoit que « ces toreros là, ont laissé plus de traces que ceux qui ont traversé les temporadas, triomphant de façon régulière, voir automatique, affichant technique et courage, mais peu de génie… A n’en pas douter, El Gallo, divin chauve, Cagancho, Pepe Luis et, plus prêt de nous, le duo Curro-Paula, ont écrit plus de pages au Cossio que Carlos Arruza, Cesar Giron, Paquirri, Espartaco ou même Ponce… C’est exagéré, mais à peine.
     Le Morante de la Puebla est rentré hier en Espagne tandis qu’à Mexico, retombent à peine les effluves de sa faena, dimanche soir, devant le toro « Charrito », un castaño de 480 Kgs, de Julio Delgado. Faenon qui a obligé les plus durs revisteros à ouvrir le tiroir des superlatifs, et qui a envoûté le public de la Monumental. La plus belle faena sur plusieurs temporadas, disent certains…
     Après Séville, en 1999 et 2000 ; Madrid, en 2001 ; Mexico, à la frontière de 2002, Jose Antonio Morante de la Puebla entre définitivement dans les rangs de ces toreros « de pellizco », fragiles et délicats, qui peuvent en une minute vous emmener au ciel, alors qu’on les a suivis, en maugréant, toute une saison.
     La tauromachie moderne laisse t’elle encore la place à ce genre de toreros. Espérons que oui. Cependant, on peut en douter. La tendance n’est plus au romantisme… Le « van »  ou la camionnette ont pris la place aux grosses limousine  aux galeries surchargées de malles de cuir. Le botijo ne laisse plus couler l’eau fraîche. Place à la bouteille de plastique… Dans les despachos, on aligne les chiffres, on calcule les intérêts, on monte des stratégies… L’heure est à « la rentabilité », comme chez Moulinex… Et c’est ainsi qu’un « pegapases » au joli minois a plus de chance de percer qu’un « évaporé » qui semble flotter dans la plaza, jusqu’au moment ou, sur trois naturelles et une trinchera, il vous fait flotter aussi…
     Qui  aujourd’hui se risquerait à monter un cartel David Luguillano, Morante de la Puebla, Javier Conde ? Combien de monde à la plaza ? Certes, on risque de rien voir du tout… Mais, si tout à coup se lève le vent de l’inspiration… on ne parlera plus du reste. Alors, on préfère les « qui font dans la régularité, ou la quantité… ». Victor Puerto est un des très bons, dans la première catégorie. Dans la seconde, on a inventé des Ferrera, entre autres…
     Pues… yo me quedo con el Morante ! Bien sur, il ne faut pas se voiler la face, et cet animal va nous faire souvent râler… mais, on sait très bien que s’il se retrouve dans « ses conditions, à lui », il nous embarque droit au ciel… et, quoique l’on en dise, le toro n’a que peu à voir, là dedans. Bien entendu, il va préférer le petit toro, noble et pas trop encasté, aussi peu armé que possible. Oui… mais les autres aussi ! Mais, en y regardant bien, les toros de Madrid, à la San Isidro, étaient des tios, et il a été bien, sur ses deux contrats. Par ailleurs, le toro encasté répondra mieux à sa forme de toréer. Mais on ne sait encore si le torero a découvert cela.
     Morante de la Puebla toréant « forcé », c’est 80% de sa qualité en moins… Cependant, pour pouvoir se libérer sur les 20% qui reste, il faut toréer beaucoup, et « se forcer » souvent, sur quatre contrats sur cinq…
     Toute la question est : « Le public aguantera t’il ce rythme ? », « Les Empresas donneront elles l’argent auquel il prétend, ou prétendait ? », « Le torero, lui même, est il prêt à l’effort technique et mental, pour être plus régulier au tableau de marque… ? »
     On va le savoir très vite.

 

QUITO : JOSELITO REJOINT LE RANG DES HOMMES…

    4 Décembre : On le sentait venir… Le visage fermé, renfrogné, s’était soudain entrouvert ; le regard sombre laissait passer quelques douceurs, enfin ; un sourire venait de plus en plus se dessiner sur les lèvres serrées… Coté toreo également, cela souriait plus. 2001 semblait enfin marquer pour Joselito, la sortie d’un désert gris, où le torero errait, malheureux comme les pierres, probablement, cachant sa mélancolie derrière quelques bravades, ou quelques provocations publiques, le tout, protégé par un apoderado « plus qu’apoderado ». Joselito était perdu, et nous en étions tous peinés.

      Puis arriva 2001 : Séville, en maestro. Les Pablo Romero de Madrid, où il fut bien, et tout le monde le constata, à la télévision… Puis Granada, Valencia, Zaragoza, d’autres encore… Tandis que Jose Tomas sombrait dans ses pensées, Joselito faisait surface. Le sitio était revenu, le sourire aussi, dans les yeux.
     Hier, à Quito, Jose Miguel Arroyo a monté une des meilleures faenas de sa vie. Et c’est Lozano, apoderado du Juli qui le dit. Asi que ! Monumental faena du Joselito, seigneurial, lent, templadisismo… Une photo pour chaque passe !
     Un autre détails aussi, et peut-être, surtout : Joselito est avare en brindis, et c’est très bien ainsi… Par ailleurs, il est « compagnon de ses compagnons », mais ce n ‘est pas à grand coups de tapes dans le dos, voire autre part…
     Hier, Jose a pris sa montera, et a brindé son toro a Juan Jose Padilla, El Juli et Leandro Marcos, qui étaient là, au callejon. Franchement, il n’aurait jamais fait cela en 2000…
     On peut donc penser que Joselito est retombé sut terre, « feliz de la vida » et qu’il pourrait bien nous rendre très heureux, à notre tour, l’an prochain. Ainsi soit il !

     3 Décembre : Quito (Equateur)  - 4ème de Feria  - Llenazo (16000 personnes) : La corrida de Huagrahuasi n’a pas donné grand chose. Un grand toro, cependant : le premier à qui l’on donna vuelta posthume. Les autres se réservèrent, partirent en querencia, et les toreros durent batailler ferme pour tirer quelque chose des premiers.
     Joselito a coupé « deux grandes oreilles », et a ouvert la grande porte, a hombros. Le premier toro, du nom de « Picaflor », 482 Kgs, veleto et astifino, termina con alegria et le torero se libéra totalement, faisant un toréo coulé, cadencé, sans aucune brusquerie. Le public, pantois, laissa exploser son admiration. Estocade « coup de canon » et deux oreilles, sans conteste. Vuelta au grand toro. Face au quatrième, aquerenciado en tablas, Joselito fit ce qu’il avait à faire. Mais il tua « de travers ». Ovation
     El Juli se battit comme un chien, capotéa d’abondance, banderilla six fois sur corne droite, essaya de secouer deux toros sans flamme. Race, grande bonne volonté, mais au final, plus de quantité que de qualité : Oreille et ovation. Deuxième contrat, aujourd’hui, pour rectifier le tir, « y llevarse el trofeo »…
     Guillermo Alban fut le plus mal loti. Débutant  à genoux, il s’accrocha et parvint à couper l’oreille de son premier. Face au dernier, ce fut injouable, et le public n’y était plus. Cependant, Alban a laissé « haut », le pavillon équatorien, n’ayant vraiment rien à se reprocher sur cette feria 2001. Deux contrats : oreille, chaque fois. Cumplio.

     Ce 4 Décembre : Toros de Mirafuente (fondée en 98 sur des souches de « El Torreon ») pour Vicente Barrera ; Jose Tomas et El Juli. Attention, Jose Tomas joue gros. Juli va mettre toute la pression, pour le surpasser, et pour prendre le trophée...

 

LA PROCHAINE A MEXICO… PAS SI SIMPLE !

     4 Décembre : Hier, on relatait la grande reconnaissance de l’Empresa de la Monumental Mexicaine, au vu des facilités que lui avaient faites les apoderados du Juli et de Pablo Hermoso de Mendoza, pour reconstruire les cartels des 9 et 16 décembre, en fonction de l’absence forcée de Ponce.
     Tout semblait clair : Juli et Zotoluco, le 9, et Pablo Hermoso de Mendoza, le 16, avec Cavazos. Tope là !
     Oui mais voilà… Pablo Hermoso de Mendoza déclare qu’il n’est pas d’accord du tout pour « glisser » du 9 au 16, car sa programmation tenant compte des voyages imposés à ses chevaux, ceux-ci ne pourraient arriver en de bonnes conditions à Mexico, le 16, après avoir toréé en semaine à Mexicali et près de Guadalajara, à San Francisco del Rincon. « Moi, j’étais prévu le 9, et tout était fait en ce sens ». Sous entendu « Martin Arranz s’est planté ! ».
     Une « division d’opinions » qui fait les choux gras de la presse, de l’autre coté…  En toute « simplicité musclée », l’empresa de la Monumental, Doctor Herrerias, se retire derrière un laconique « moi, j’ai toute la conversation avec Martin Arranz, enregistrée sur magnétophone, alors… ».
      Pablo Hermoso de Mendoza entend respecter les contrats signés, et va discuter, aujourd’hui, avec l’Empresa… Pas fini, tout ça !
     Pour ce qui est de dimanche, rien n’est encore réglé : Sûrs au cartel, devant des toros de Bernaldo de Quiros, Zotoluco et le Juli, que précédera Martin Porras, a cheval. Hier, il y a eu de veines conversations avec Jorge Gutierrez. Pas d’accord. On devrait découvrir le troisième homme, aujourd’hui.
     Voilà qui ne manque pas d’étonner : Quatre jours avant la corrida, on ne connait pas le cartel… Ayyy, Mexiiiiiiico !

 

MEXICO : C'EST LA GUERRE !

    5 Décembre :  Adieu les sourires ! Adieu les félicitations et les abrazos ! Au pays des mariachis, on va entonner le « Deguello », ce solo de trompette, lugubre, qui précéda la dernière charge des troupes de Santa Ana, sur Fort Alamo. A Mexico… C’est la guerre ! 
     En France, les gens sont, soit disant, optimistes… Tu parles ! Tout va tellement bien !  Les gendarmes sont dans la rue, et ils ont raison : Non seulement, pour travailler, ils doivent utiliser leur « propre ordinateur personnel », (comme dirait certain politicien en délicatesse avec la langue française…) ; Non seulement, leur épouse doit leur tricoter un gilet pare balles ! Non seulement, ils se font tirer comme des lapins… mais en plus, ils faudrait qu’ils la ferment ? Voilà un curieux concept de la liberté de s’exprimer… Ah oui ! 

 La Gendarmerie, c’est l’Armée… et l’Armée, c’est la grande muette ! Oui, seulement, la grande Muette a bien le droit, aussi, de crier sa douleur, sa peur, sa rage, en voyant se désorganiser consciencieusement ce qu’elle a mis tant de temps à organiser, pour le bien de tous, même si on râle quand elle nous pique à 100 à l’heure, là où il fallait être à 90.
     Et que dire des hôpitaux où l’on parque des gosses « entrants » dans les couloirs, en attendant que les « sortants » évacuent trop tôt, les salles de soins ? Oh, bien sur, il vaut mieux flatter les jeunes délinquants, avec toute la tolérance qu’on leur doit, parait il… Bien sûr, il vaut mieux inventer des lois qui libèrent le dealer, une heure après son arrestation, ou les gosses de quinze ans qui ont massacré trois policiers, dans un foyer… Evidemment, il vaut mieux parler de l’Afghanistan que de Toulouse…
     L’actualité, pleine des rugissements des bombes, ne laisse d’inquiéter… On se bat, partout, et les morts des rues font autant de peine à voir, qu’ils soient Israéliens  ou Palestiniens. La haine aveugle nous plonge dans l’Histoire, au temps où l’on n’avait pas peur de prononcer le mot : Barbare !   
     Dans quelle sorte de Moyen-Age vivons nous ? Quelle différence avec le temps de Jaquouille ?
     Les princes sont toujours là, mais bien moins nobles. Ministres, ils portent mal le costume ! Grands responsables, ils enveloppent, avec force circonvolutions oratoires, leur laxisme et leur pseudo libéralisme. On décentralise, à grands coups de « c’est comme ça, et pas autrement ! » On « trentecinquhorise », sans se rendre compte que l’on met « un tel souk » que dans un an, il y aura rogne, grogne et… charogne. On part dans le mur, et il se rapproche vite… Même les dirigeants syndicaux s’y mettent, comme ce grand « ya qu’à ! », par ailleurs aficionado, qui tutoie allègrement le Code du Travail, (qu’il devrait défendre, en théorie), au dépends de son propre chauffeur. Que Bueno ! Continuons…
    En attendant… Grève ! Pour n’importe quelle raison : Changement d’heures ! Changement de monnaie ! Changement de coutumes ! Toujours un motif…  Vous devriez essayer, vous aussi. Si vous ne trouvez pas de motifs, demandez donc à la SNCF, ils vont vous en dénicher un… et, s’ils ne trouvent pas, ils se mettront en grève !

     Où j’en étais ? Ah… Oui ! C’est la guerre, à Mexico ! Oh, celle là est bien mois désespérante, bien plus folklorique, du style « Clochemerle »…
     Pablo Hermoso de Mendoza a fait valoir ses raisons. Du coup, il torée, dimanche, à la Monumental de Mexico. Aussi sec, les apoderados du Zotoluco et du Juli ont dit qu’ils refusaient de toréer avec le rejoneador. Le plus embêté dans l’histoire, c’est l’imprimeur ! quatre jours avant la corrida, il ne sait toujours pas quels noms imprimer sur ses affiches… (Devrait se mettre en grève !)
     Hier, Herrerias est parti déjeuner avec Pablo Hermoso de Mendoza, dans son ranch-QG de San Miguel de Allende. Le cavalier lui a fait entendre ses raisons : Prévu le 9, il a fait reposer ses chevaux, toute la semaine, pour les avoir « au top », dimanche. Par contre, la semaine prochaine, c’est un vrai marathon. De plus, il est déjà engagé, le 16. Rafael Herrerias a bien été obligé de se rendre à ces arguments. Du coup, il confirme Pablo Hermoso de Mendoza, dimanche prochain, à la Mejico. Le cavalier prendra deux toros, de Vistahermosa et Fernando de la Mora.
     Bien entendu, Zotoluco et Juli renâclent, et refusent de toréer avec le navarrais. Ils ont voulu faire un effort ? Voilà comment on les traite ? Pas question !
     A partir de là… c’est la bagarre. Herrerias est gentil, mais faut pas trop lui en faire…Hier soir, dans une interview en direct sur Azteca TV, il a désigné Enrique Martin Arranz, comme auteur de cette série de « malentendus », et finit par le traiter de « mentiroso », devant des milliers de téléspectateurs…
     Tout cela, c’est bien joli… mais, on ne sait toujours pas qui torée dimanche, et qui torée le 16 Décembre. Bien malgré lui, Enrique Ponce a mis la zizanie, et « pèse » sur la temporada mexicaine, tout en restant auprès de sa belle. Pendant ce temps, l’empresa de Mexico, court la campagne en cherchant à rameuter trois bougres, pour toréer avec Mendoza. On murmure que Jéronimo serait l’un d’entre eux…
     Il y aurait bien une solution : Mano a mano Mendoza-Morante… Atypique, certes, mais original et … frappant le fer tant qu’il est chaud. La presse et l’Aficion mexicaines ne cessent de chanter la faena du torero de la Puebla… au point que beaucoup le réclament. Oui, mais voilà… Qui dirige la carrière du Morante, actuellement ? On ne sait vraiment. Mais, ne murmure t’on pas… Enrique Martin Arranz ?
     Pas question de grève ! C’est la guerre ! Suite au prochain communiqué, « en direct du front »

 

QUITO : LEGERE BLESSURE DE JOSE TOMAS

   5 Décembre : Alors qu’il se relâchait, hier, face à son premier toro, Jose Tomas s’est fait prendre, hier, en plaza de Quito, lors de la cinquième corrida de la Feria du Jesus del Gran Poder. Il se releva, grimaçant, la taleguilla en lambeaux, au niveau du ventre, et continua sa faena, par manoletinas. Se sachant blessé, il demeura dans le ruedo, jusqu’à lidier le cinquième, (rappelant en cela Paquirri, à la Feria de Séville 1975), et ce n’est qu’après, qu’il se rendit à l’infirmerie, où il fut opéré d’une cornada de deux trajectoires de 2 et 10 cms, à l’arrière de la cuisse droite. 

      Peu grave, mais, des doutes sur sa présence, samedi à San Luis de Potosi (Mexique), où l’on pense renvoyer la corrida à date ultérieure, si le torero de Galapagar n’est pas remis. Décision jeudi. Quoiqu’il en soit, la saison de Jose Tomas, aux Amériques n’est pas faite pour rassurer le monde : Ni le torero, ni le public, ni les organisateurs… Il ne remplit pas, ne coupe pas, « apunta, pero no dispara nunca ! » Un désastre.

     4 Décembre – Quito (Equateur) – 5ème de Feria – Llenazo –Temps menaçant : Il fait mauvais, comme souvent. Un petit avion s’est écrasé, non loin de là, faisant deux victimes, le professeur et son élève…
     Corrida difficile, mansa de Mirafuente. Trois « moyennement » présentés, et trois plus forts, le cinquième étant armé « descomunal » (On a peine à le croire). Mansos au cheval, avec du sentido le troisième, impossible, et de la méchante caste, le quatrième. Le deuxième fut le plus « aprovechable ».
     Vicente Barrera (Silence – Vuelta, après un avis) a toréé à sa façon, vertical mais pas très sûr de lui. Silence au premier et vuelta après un avis, pour s’être battu sévèrement avec le quatrième, un méchant brutal qui le bouscula deux fois, et faillit bien le faire exploser. « Embromado » fit passer un mauvais moment au Valenciano qui le tua en une entière tendida et quatre descabellos. Un tour d’honneur qui ne doit pas cacher que… Barrera n’y est plus.
     Jose Tomas (Oreille – Silence)  a construit une faena « a mas », face au deuxième. Débutant « léger », distancié, destemplado, le torero, peu à peu serra son jeu et finit par se relâcher. Après une grande série de naturelles, il perdit un instant, sa concentration, et se fit prendre, chercher au sol. Blessé, le diestro se releva, enchaîna quelques manoletinas et tua d’une bonne entière, coupant une oreille, très fêtée. Jose Tomas demeura dans le ruedo, et lidia le cinquième, sans grand succès. Silence, avant de partir vers l’infirmerie.
     El Juli (Ovation – Oreille)  ne prendra pas le trophée. (Joselito est encore dans toutes les mémoires, et il revient demain. A moins d’un coup du Finito, c’est gagné). Mauvais tirage au sort pour Julian Lopez qui, de plus, semble traverser un petit « bache », avec l’épée. Il se battit comme un chien avec le manso pregonado troisième, et aurait pu lui couper une  oreille si …deux pinchazos avant l’épée… Faena plus reposée devant le sixième, qui l’avait mis en danger aux banderilles, le jeune diestro glissant au moment de la réunion. Cherché au sol, sans mal, le Juli partit bravement au combat, mais tua mal, encore une fois, d’un mete y saca et une épée desprendida. Oreille cependant, pour l’ensemble de la prestation, pour la caste et le pundonor de ce « sacré gosse ».

     Ce mercredi 5 Décembre : Novillada de Santa Coloma pour Matias Tejela, David Galan et Diego Rivas, que précédera, à cheval, Diego Ventura. Demain, clôture de la feria.

 

MEXICO : ACCOUCHEMENT AUX FORCEPS…

     6 Décembre : Ouf ! Ca y est ! Suant, crachant, pestant, Rafael Herrerias, empresa de la Mejico, vient de sortir le cartel de la 7ème corrida de la Temporada Grande, à la Monumental, dimanche prochain. Le moins que l’on puisse dire, ce ne fut pas facile.
     Ainsi qu’on le sait, une probable boulette de Martin Arranz avait eu pour conséquence l’inscription au cartel de Pablo Hermoso de Mendoza au cartel du 16 décembre, tandis que Juli et Zotoluco faisaient une fleur à l’empresa en changeant pour le 16. Furieux, Hermoso de Mendoza « ruait dans les brancards » et refusait le 16, arguant qu’il avait tout prévu pour le 9, en particulier un programme de repos pour ses chevaux, et qu’en plus, il toréait ailleurs, le 16.
     Herrerias, on le sait, se rendit aux arguments du cavalier, et le confirma à l’affiche du 9. Ce que voyant, le Juli dit que « deux figures au cartel, c’était une de trop, et qu’il n’avait pas besoin du rejoneador, pour remplir la plaza ». Du coup, il s’en allait, emportant sous le bras les toros de Bernaldo de Quiros, ganaderia… qui lui appartient. Ce que voyant, le Zotoluco décida que, « Puisque l’on change  les toros, je me retire sous ma tente, comme Achille. Non, mais des fois ! »
     Et pendant 48 heures, l’Empresa de Mejico se retrouva tout seul, avec sa grande arène vide et ses idées en vrac. Qui mettre au cartel, dimanche prochain ? Ne lisant pas Toros 2000, il ne pensa pas à un mano a mano Mendoza-Morante… Comme quoi !
     Hier, enfin, la fumée blanche a jailli, à la cheminée de l’hacienda… « Cartel habemus, Alléluia ! ». Bon ! Il n’est pas terrible, et il ne va pas faire trop d’ombre au cavalier navarrais… Cependant, cela peut être un poil dangereux, car on va voir là, la réelle force taquillera de Pablo Hermoso de Mendoza, d’autant que l’on a déjà annoncé que « Cagancho » resterait à l’écurie.
     L’affiche de la 7ème corrida, dimanche à la Monumental de Mejico, est donc la suivante : Le Cavalier Pablo Hermoso de Mendoza (qui prendra deux toros, de Fernando de la Mora et Vistahermosa), qu’accompagneront, à pied : Finito de Cordoba – Jeronimo et Fermin Spinola, qui confirmera l’alternative (ce qui permettra à Mendoza de ne pas passer en premier, ainsi qu’il l’avait aussi exigé). Les toros seront de Rodrigo Aguirre.
     On a été chercher le Finito, auteur d’une bonne faena ici, mais dont le double trophée a été protesté. Malgré sa qualité, le Finito n’est pas taquillero, ici. (D’ailleurs, où l’est il ?) Jeronimo, lui, va convoquer quatre indiens… Quant à Fermin Spinola, il fut brillant novillero qui remporta l’oreille de plata, à la barbe naissante du Juli, il y a quatre ans. Elève de Joselito Huerta, il prit l’alternative des mains de Curro Rivera, mais depuis…bof !
     Vraiment un cartel « à la remorque », qui risque bien d’avoir de dures conséquences dans les prochaines négociations.
      Pour le 16, « on sait qu’on ne sait pas… » On parle de faire reprendre l’avion au Morante, qui est rentré chez lui, tout auréolé des échos du faenon de dimanche dernier. Deux urgences pour lui… affiner cette maudite épée, qui lui a coûté deux oreilles à la Mejico, et surtout… « s’occuper de ses affaires », car il s’est confirmé hier qu’Enrique Martin Arranz ne serait pas son apoderado… ce qui est le second « Alleluia ! » de la journée.
     Le Morante, torero « d’en bas », torero « de pellizco, de chispa, de duende ! » ne cadre pas avec ce provocateur né qu’est Martin Arranz. On en voit un qui serait, peut-être « dans la ligne », Sévillane, du Morante… Cependant, il n’a peut-être pas assez de force. C’est Rafael Moreno ! A la fois sérieux, exigeant, mais aussi, indépendant et soñador du Toreo… Avec le triomphe de Mexico, le Morante a rappelé à tous, qu’il est quelqu’un de spécial, artiste avant tout, qui mérite d’être attendu…. Tout le problème réside dans la réponse à la question : « Combien de temps ? »

 

QUITO : DEUX PAYASADAS DE GALAN… Y  POCO MAS !

     6 Décembre : La fiesta Brava n’a pas gagné grand chose, hier, avec la deuxième novillada de la Feria du Jesus del Gran Poder, à Quito, en Equateur. Le ganado a été manso mais noble, la novillada a duré trois heures vingt, (au cagnard de midi), et ils n’ont rien vu… ou presque. Il a fallu beaucoup toréer à genoux, et puis, plus rien. Seul, David Galan a « étonné », en se couchant de tout son long sur la dépouille encore fumante de son second. Ce desplante, dont on vous laisse apprécier l’esthétique et la toreria, a laissé les équatoriens pantois, ce dont a profité le chenapan pour donner une vuelta… « N’a pas intérêt à faire cela par chez nous, le gamin ! Sinon, une bonne fessée ! »

    5 Décembre – Quito (Equateur) – Deuxième novillada de Feria – Lleno : Six novillos de Santa Coloma, faibles, noblotes et sosotes. Les deux derniers étaient « bien mieux » présentés et armés… Le cavalier Diego Ventura se fit ovationner devant un de Mirafuente, puis eut l’idée d’offrir le huitième. Mal lui en prit , car sortit un de San Luis, tellement manso qu’il sauta au callejon, « après » le rejon de muerte... Vaya susto !
     Matias Tejela dut toréer un premier très lent et très court dans la muleta. Il fut bien à la cape, mais ne put faire mieux. Ovation. Il reçut le quatrième par trois largas, des véroniques et une demie, le tout, à genoux. Toro à la charge irrégulière, pour un trasteo volontaire. Silence.
     Diego Rivas eut tout d’abord un faible qui chuta plusieurs fois. Le torero essaya de ne pas trop le déranger, tout en essayant de briller. Silence. Son second était beaucoup plus sérieux de présence, et chargeait en humiliant. L’équatorien tira quelques bonnes séries, avec la bénédiction de son public. Vuelta.
     David Galan fit beaucoup de bruit, mais « de mas a menos », toréa bien avec le capote, tira deux ou trois bonnes passes, puis s’en alla se réfugier dans un trémendisme au goût parfois douteux…Il toucha un noble et une dernier, très sérieux de présentation, devant lequel il fit quelques diableries, même après l’estocade. Silence avec avis, à l’un ; vuelta, à l’autre. 

     On attend, aujourd’hui la dernière corrida : Elle devrait couronner Joselito, à moins que Finito ne sorte la classe, ou que le jeune Juan Pablo Diaz, qui prend l’alternative, ne mette le turbo, ce qu’il fera sûrement. Les toros seront de Huagrahuasi et de Triana. Mais, à priori, on se demande comment le trophée « Jesus del Gran Poder 2001 », pourrait échapper à Jose Miguel Arroyo « Joselito »
      Pendant ce temps, Jose Tomas a soigné son gros bobo, et sera samedi , comme prévu, à San Luis Potosi (Mexique). Le Juli, lui, a loupé son avion. Du coup, il a fait une grosse escale à Panama où il a passé la nuit. Arrivée prévue, aujourd’hui, au Mexique, pour se préparer à la course de Querétaro, samedi.

 

PABLO HERMOSO DE MENDOZA : « PAS JOLI-JOLI ! »

     7 Décembre : Trois propositions successives à Pablo Hermoso, et trois refus… Des caprices qui ont fait basculer l’ambiance, autour de la grande Saison à la Mejico. De plus, on murmure que d’autres intérêts que le taurin, ont influé dans l’abrcadabrantesque préparation de la 7ème corrida.
     L’empresa de Mexico, Doctor Rafael Herrerias a encore du mal à avaler toutes les couleuvres qu’on lui a servies, depuis quelques jours. Sa rogne a éclaté, hier, en « termes choisis », et Enrique Martin Arranz, apoderado du trio Mendoza – Joselito - Tomas, a du avoir les oreilles qui sifflaient… Le mexicain est macho et un poil obtus. N’a pas aimé la séance de gymnastique qu’on lui a imposée, et va suivre avec « une attention toute particulière » la prestation du cavalier espagnol.
     Tout Pablo Hermoso de Mendoza qu’il soit, le navarrais n’a pas intérêt à se planter, dimanche. Tout d’abord, et tout en respectant les autres composants du cartel, c’est lui qui fera l’entrée, et s’il ne remplit pas… mal asunto !
      Par ailleurs, il torée deux toros, et devra, là aussi, triompher. On n’est pas en province, et les oreilles ne tombent pas « comme ça », à la Mejico. De ce coté là, pas trop d’inquiétude. Mendoza a les chevaux que l’on sait, et ses poches pleines de trucs bien spectaculaires, qui font effet, même au 120ème rang. Cependant, toucher deux marmolillos, cela peut arriver aussi. Pas à dire, on attend le caballero, au tournant. Par ailleurs, il en est, des « à pied », qui ne seront pas mécontents de voir, par exemple… un « deux tiers de plaza ».
     Donc, terrain miné, dimanche, pour Pablo Hermoso de Mendoza et son administration. A n’en pas douter, le Doctor Herrerias doit avoir quelque chienne qui va bientôt mettre bas, dont plusieurs chiots ont déjà l’étiquette : Réservé !

 

JOSELITO TRIOMPHE EN EQUATEUR.

     7 Décembre : On s’en doutait, Joselito remporte le « Jesus del Gran Poder » de la Feria de Quito 2001. Triomphe total, cimenté par la grande faena du 3 Décembre, conforté par la bonne actuacion d’hier, le madrilène coupant deux nouvelles oreilles et sortant a hombros, en compagnie du nouveau matador équatorien, Juan Pablo Diaz. Triomphe tout à fait légitime, Joselito laissant tout le monde à cent lieues, excepté un… Finito de Cordoba qui, hier, a fait le plus beau toreo de la feria, toréant « de sueño », mais fracassant à l’épée, parce qu’il s’est « passé de faena », en quête d’un possible indulto. Hier, Juan Serrano a été « un torerazo », a bien failli couper trois oreilles, et a loupé de peu le trophée convoité. Tandis que ses compagnons faisaient des ronds sur les épaules de leurs porteurs, Finito de Cordoba, marchait fièrement, droit vers la sortie, aux cris de « Torero ! Torero ! ». Que bueno ! 
     Se acabo la feria ! 5 corridas, deux novilladas, 14 oreilles et quelques bons souvenirs. Coté toros, ce ne fut pas terrible. Chez les hommes, on retiendra les deux cités, la volonté du Juli, la vaillance de Padilla et… Jose Tomas, torero venu d’ailleurs, et qui y est reparti…

     6 Décembre – Quito (Equateur) – Dernière corrida de la Feria du « Jesus del Gran Poder » - Lleno total : Grande ambiance pour cette dernière : Un torero « de chez nous » prend l’alternative. Viva Ecuador ! Et « double viva », puisque Juan Pablo Diaz qui s’était déjà fait remarquer l’an passé, de novillero, est loin d’être manchot. Il a passé l’examen avec mention « bien », et prend au passage, le prix de la meilleure estocade. Pas à dire, le nouveau matador « est une épée » ! (comme on pourrait dire que le novillero qui remporte le Zapato de oro de Arnedo… « est une pointure ! » Oui, bon !)
     Trois toros de Huagrahuasi (1, 4 et 5èmes), et trois de Triana (2, 3 et 6èmes), bien présentés (tiens !) et de jeu très intéressant. Les deux premiers ont faibli, mais le reste à chargé, les cinq et sixième, transmettant beaucoup. Extraordinaire d’allant et de noblesse, le troisième « Gitanito », de Triana, méritait peut-être  plus que la grande ovation reçue à l’arrastre.
     Juan Pablo Diaz a reçu l’alternative des mains de Joselito, et en présence du Finito, face au toro « Emprendedor » - N°89 – 497 kgs, de Huagrahuasi. Le toro était faible, et le diestro se montra digne, coupant une oreille relativement bénévole. Normal !  Par contre, il donna toute sa mesure, face au sixième, un tonton de 570 Kgs, qui bougeait beaucoup. Grand tiers de banderilles, en compagnie de l’inévitable « Tortuga », et faena en deux temps : sérieux et spectaculaire, pour en terminer d’un énorme coup d’épée. Folie dans les gradins, cris de « Ecuador ! Ecuador ! » et sortie « en volandas ».
     Joselito a fait ce qu’il fallait pour confirmer sa toreria, sa maestria. Son premier est faible, lent dans sa charge. Joselito se confie, s’abandonne dans quelques naturelles, et prend une vilaine voltereta. Il revient, rageur, mais le toro ne veut plus rien entendre. Estocade horizontale et une oreille. Face au quatrième, début torerisimo à l’estribo, puis on gagne le centre, « andandole al toro », en marchant « avec » le toro. Faena sur les deux mains, précédant une épée tombée. Autre oreille, sortie à hombros assurée, trophée de la feria, garanti.
     Finito de Cordoba a été monumental devant le troisième, le fameux « Gitanito ». Un revistero a dénombré pas moins de dix séries, sur les deux mains, pleines de profondeur, d’empaque, d’une indéniable expression artistique. Un monument. Finito, a gusto, fit briller le toro au maximum, essayant d’en obtenir la vie sauve. De ce fait, sa faena fut très longue et, malgré les cris réclamant l’indulto, Juan Serrano dut se résoudre à estoquer son noble adversaire. Cela se passa très mal, en quatre entrées à matar et sept descabellos. Et c’est ainsi que Finito de Cordoba « troqua » deux oreilles contre… deux avis et une immense ovation. Cela dit, « Un faenon ! » Le cinquième lui permit un trasteo de qualité moindre, mais démontrant une nouvelle fois la grande classe torera qui est en lui. Il tua vite et coupa une « grande oreille », sortant de la plaza sous les ovations.
     Se acabo la feria ! Joselito remporte le « Jesus del Gran Poder 2001 », sans aucune contestation. C’est bon pour le moral, et cela va peser dans le montage de la saison future. Avant, c’était Jose Tomas « qui tirait » Joselito. L’an prochain… veremeos !

 

TROP TOT… BIEN TROP TOT !

     7 Décembre: L’empresa Cutiño-Dominguez, d’Olivenza, ne perd pas de temps et donne les premiers éléments de sa feria 2002. On le sait, Olivenza, depuis quelques années, fait dans la « corrida rosa », c’est à dire, monte des spectacles évènements qui mettent souvent en scène des toreros « qui reviennent », souvent escortés des feux de la presse du coeur. Ce fut le cas pour Espartaco (et ce fut très émouvant), Jose Ortega Cano (ce le fut beaucoup moins), Jesulin de Ubrique (euphorique)… Une espèce de spécialité, qui en vaut bien d’autres, et qui a l’avantage d’ouvrir la saison. Maintenant, c’est une habitude : « On va voir ce qui va se passer à Olivenza ! »
     Cette année, cela se passera les 2 et 3 mars. Une des corridas devrait voir le retour de Paco Ojeda. On y reviendra. L’autre sera, peut-être, une novillada. David Galan, fils d’Antonio Jose Galan, est déjà engagé. Pour ce qui est des deux autres postes, l’empresa prévoit la présentation avec picadors de Jose Mari Manzanares, (fils de Jose Mari Manzanares) et de Pedro Gutierrez Lorenzo (fils du Capea).
     On  est quand même surpris. Manzanares a beaucoup toréé, c’est sûr. Par contre, le fils du Capea, s’il doit connaître le campo par cœur, n’a qu’un festival à son actif, ce qui peut sembler « un peu court, jeune homme ! » pour une présentation directe « con caballos », et, soit dit en passant, totalement anti réglementaire (mais çà !). Cela voudrait donc dire que les étapes de l’apprentissage ne veulent rien dire, et que les toros, quel que soit leur age, leur puissance, « leurs idées », sont vraiment voués à un rôle de « complices du negocio »…
     On sait bien que « Aux âmes bien nées, la valeur… etc », mais quand même !

 

« GERER LES VANITES… »

     8 Décembre : « Le travail d’un empresario taurin ne consiste pas à concilier les intérêts, mais à gérer les vanités »…
      Cette docte phrase sort de la bouche du Doctor Rafael Herrerias, empresa de la Monumental de Mejico, qui sort de cette semaine, physiquement crevé. En effet, cet homme de poids a effectué le slalom géant que vous connaissez, parsemé de trous et de bosses, semé d’embûches et de chausse trappes. Il s’en sort à peu près bien… pour le moment.
     De fait, si l’Empresa de la plus grande plaza du monde est dans cette situation, c’est justement parce qu’elle est la plus grande du monde, et que la remplir, dans les circonstances actuelles relèvent d’un exploit comparable à trouver un sourire « franc » dans un congrès des Verts…
     Pour la première fois depuis bien longtemps, et peut-être, « depuis toujours », il n’y a pas un diestro mexicain, capable de remplir la Mejico… C’est que…41200 spectateurs !  Même le Zotoluco, indéniable N°1 actuel, n’a pas la force de « llenar ». Du coup, l’Empresa doit passer par les volontés de messieurs les espagnols, et encore. Aujourd’hui, deux noms sont taquilleros à 100% : El Juli et Pablo Hermoso de Mendoza (A voir même si cela n’aura pas changé, demain… « Cagancho » ne torée pas !).
     Bien entendu, il y a Enrique Ponce. On verra son pouvoir d’attraction, en janvier. Bien entendu, il y a Jose Tomas. Enigme pour le autres autant que pour lui- même, le diestro de Galapagar n’inspire pas confiance, et Rafael Herrerias attend de voir…Sans compter qu’avec Martin Arranz, les choses risques de se compliquer un peu, vus les amabilités des derniers jours…
     « Gérer les vanités de chacun… » Un sacré boulot qui doit provoquer plus d’inimitiés et de regards en dessous, que de franches embrassades. A n’en pas douter, l’Empresa mexicain doit voir arriver la fin de la Temporada Grande, avec un soupir de soulagement.
     En attendant, la bagarre :
     Tout est reglé, pour ce qui est de la corrida de dimanche : Pablo Hermoso de Mendoza, Finito de Cordoba, Jeronimo et Fermin Spinola, devant des Rodrigo Aguirre (pour ce qui est de la corrida formelle)
     Cela commence à se compliquer pour dimanche prochain, 16 décembre. En fait, tout dépendra de la corrida d’aujourd’hui à Queretaro, où Eloy Cavazos se produit, en haute compagnie. Cavazos, on le sait, veut faire ses adieux à la Mejico, où on ne l’aime plus. Mais il veut dire au revoir, dans de bonnes conditions. Pas faire le ridicule…ce sera assez dur comme cela !  En fonction de sa décision, il est probable que l’on fera revenir, pour l’accompagner, face à des toros de Julio Delgado, le Morante de la Puebla, et on complétera par un jeune mexicain (Alfredo Lomeli, Federico Pizarro ou Paco Gonzalez), le tout précédé a caballo, par Martin Gonzalez Porras.
     Une autre version parle d’un cartel : Cavazos - Jorge Gutierrez – Zotoluco - Morante de la Puebla. En voilà un qui aurait de la gueule, et serait digne d’un belle sortie pour Cavazos. Une bonne occasion, également de se faire mettre un bain… Donc, pour le moment, rien n’est fait, mais…on jase !
     Pour la fin d’année, on jouera plus « soft » : Le 23 Décembre, Armillita confirmera l’alternative d’Antonio Barrera. Le 30, on murmure les noms de Chilolo et de Mari Paz Vega, arrivée hier au Mexique. On sait quelle malchance fut la sienne, l’an passé (méchante fracture « d’un an », à la première passe). Aussi l’Empresa veut lui donner sa chance.
     On arrivera ensuite aux « grande manœuvres », avec en prévision un cartel Ponce-Zotoluco-Juli, le 13 Janvier, avec des Bernaldo de Quiros.
     D’autres bruits circulent au sujet d’éventuelles négociations avec Paco Ojeda, après ses deux sorties de Lima. Par ailleurs, sont arrivés à Mexico, le Venezuelien Leonardo Benitez et l’Espagnol Chamon Ortega, qui voudraient bien aussi tenter le paseo à la Monumental…. On en est là ! « Gérer les vanités… »

      En attendant, ce 8 Décembre, c’est en province que cela se passe :
      Queretaro : Cavazos – Jorge Gutierrez – Juli, face à des Bernaldo de Quiros
      San Luis Potosi : Zotoluco – Jose Tomas – Ignacio Garibay devant des toros de Celia Barbosa.

 

CES IDOLES QUE L’ON AIMERAIT SUIVRE

     9 Décembre : En qui croire ? Aux hommes ? Au progrès ? En Dieu ?
     Quel Dieu ? Celui qui permet « les Twins Towers », ou « le vil et le sale » sur des petits enfants ?
     Quel progrès ? Celui qui nous fait baver d’envie, mais nous laisse toujours aussi seuls, aussi malades, aussi désunis ? Le progrès… pour les hommes, ou pour la photo, en première page, de celui ou celle « qui inaugure » ? On vient faire le beau au Téléthon, mais on est incapable d’une vraie politique de recherche, au point que nos vrais savants, s’en vont « chercher ailleurs »… On inaugure le tramway de Nancy avec force bravos et litres de champagne… Cela va tellement faciliter la vie ! Un an après les petits fours… il ne fonctionne toujours pas, et circule « à vide », au nez des Nancéens, « pour essais » ! Non, non, on ne parlera pas du « Charles De Gaulle »
     Quels hommes ? Ceux en qui on voudrait croire, parce que plus sages, plus honnêtes, plus responsables. Ceux que l’on aimerait suivre, parce qu’on les admire, parce que toute meute à besoin d’un chef, toute famille a besoin d’un père, toute entreprise a besoin d’un patron… Ici, qui ? Ici, quoi ? Qui croire, qui suivre… pour qui voter, c’est à dire « derrière s’engager, en connaissance de cause… » ?
     Quels hommes ? Ceux qui sont chargés de notre protection, et qui en ont tellement marre de ne pouvoir le faire, qu’ils descendent, dans la rue, par milliers, mais se font tout petits devant leur « gégène » qui joue les bons papas, mais « qui va les planter, sinon c’est lui qui saute ! ».
     Les gendarmes dans la rue… Les « gens d’armes » dans la rue. Autant dire que l’Armée se révolte… Cela choque, mais on peut les comprendre ! On doit les comprendre. Ils sont des hommes et ils ont droit à toute considération, et respect, comme tout le monde. Et leur famille, de même… Dommage, cependant, que beaucoup de tout cela tourne encore autour de l’argent… Dommage aussi que, revenus au niveau de simples ouvriers manifestants, ils aient trouvé logique de foncer vers les grandes villes, en convoi, toutes sirènes au vent, en empruntant les bandes d’urgence des autoroutes... Ne nous disent ils pas :« Je vous verbalise parce que c’est interdit ! » Quelques petits détails qu’il faut soigner, si l’on veut l’adhésion des gens…
     Quel Dieu ? Quel progrès ? Quels hommes ?
     Tout cela pour en venir à … Paco Ojeda.

     Avant toute chose, soyons clairs! Il n’y a ici aucune idolâtrie, et les aficionados n’ont rien à voir avec les minettes hystériques qui lacèrent leur acné en hurlant « Patriiiiick ! » - (Je parle de Bruel, bien entendu !). Non ! Les aficionados, depuis toujours, sont « de tel torero », ou « de tel autre », même s’ils le nient farouchement en proclamant « Moi ! C’est Le toro avant tout… ». Les aficionados sont des hommes et des femmes, avec leur sensibilité, qui, forcément, provoque en eux des émotions, sur un geste dans la plaza, sur un regard vainqueur ou perdu, sur un sourire dans un hall d’hôtel… Ces choses de la vie qui font que « Celui-là, il me plait ». Si en plus, le torero se met à triompher « a lo grande ! », alors là, c’est le débordement, et on va le suivre, le pousser, le vanter… quoiqu’il fasse. La mauvaise foi des Aficionados n’a probablement qu’une autre comparable : Celle des joueurs de boules, à Marseille ! Mais c’est tellement sympa, parce que tellement humain et sincère…
     De tous temps on a suivi des toreros, comme des « semi dieux »… Los de « Jose y Juan » s’en sont mis des bonnes, avant de se réunir. Puis Manolete, Pepe Luis ; Luis Miguel, Ordonez, Camino, Paquirri…
     Paco Ojeda était bien parti pour avoir l’impact inégalé du Cordobes (du vrai !). Torero d’un incroyable charisme, Manuel Benitez a drainé les foules, des années durant. On a voulu le faire passer pour un produit préfabriqué, histoire de faire mieux passer la pilule du franquisme, mais, de fait, c’est l’homme et le torero que les foules se pressaient à voir, et cela, dans tous les ruedos du monde… Une vraie personnalité ; un vrai torero ; un véritable phénomène… et pas seulement de société…
     Ojeda aurait pu devenir tout cela… Sa personnalité, un véritable charisme et un toreo très personnel ont fait sursauter plus d’un cordobesiste d’antan… Autant le Benitez était virevoltant, autant Paco Ojeda était classique dans son expression baroque et son toreo impavide, à deux centimètres des cornes. Hélas, il a manqué une chose à Paco Ojeda : l’ambition ! Il aurait pu tout renverser, tout bousculer, tout aplatir… il ne l’a pas voulu, et repartait chaque fois rêver dans sa marisma ou au fond de sa finca, au moment où il fallait donner le remate final…
     Les années ont passé, les idoles ont changé ! Jesulin, qui ait un disque et ne torée « que pour les femmes » (il faillit bien se faire écharper, ce jour là), Jose Tomas, qui se trouve « très beau dans son miroir », et le Juli, qui fait feu de tous bois, triomphe partout, mais remet tout en jeu à la prochaine, parce qu’il n’est pas « celui que l’on va suivre, presque aveuglément »… Reste Ponce, sa maestria, sa sagesse et sa modestie…
     Là dessus, le Cordobes, qui nous a tant fait courir, essaie de réapparaître…pour faire ses adieux. Avec moultes déclarations entre deux tours de souplesse dorsale, le cordouan fait de pathétiques efforts pour rester dignes, et amasse les mauvais coups. La sueur trempe les derniers cheveux tout blancs de son ex tignasse, et ses mésaventures font tristement sourire. « Quelle tristesse, monsieur Cordobes, vous méritiez mieux… »
     Voilà qu’aujourd’hui, Paco Ojeda revient, ou veut revenir. Bientôt « cincuenton », la silhouette bien épaissie, il veut réapparaître, et, bien entendu, à son rang. Les aficionados, à leur tour, sont heureux de cette annonce, et veulent le retrouver, bien entendu… à son niveau. Ceux qui l’ont connu en 83/84 rêvent de folles empoignades… Ceux qui en ont entendu parler voudraient bien vérifier…
     Paco Ojeda a réapparu, à Lima. Il n’y a pas fracassé, et y a même été fort bien, devant un grand toro, très noble. Il n’a cependant pas coupé d’oreilles car on peut penser que celui qui n’a pas été un bon tueur au faite de sa carrière, a peu de chance de le devenir, après six ans de « vacance ». Mais peu importe…
     Seulement, des petits détails, glanés ça et là dans les chroniques, nous font penser que… l’on risque de souffrir, en essayant de retrouver le « Paco » qui nous a fait hurler d’admiration, comme ce fameux soir de Nîmes, en septembre 85… Vous souvenez vous ?
     Personne ne tolèrera voir Paco Ojeda « ne pas rester dans son sitio », ne pas rester droit, ne pas rester digne… Et la vuelta qu’il est parti mendier, face au dernier toro de Lima n’est peut-être qu’un détail, mais qui peut en dire long. Espérons qu’elle ne soit pas « sombre présage », d’autant qu’il y en a d’autres…
     Paco Ojeda revient. Alléluia ! oui, mais à condition qu’il revienne « en Paco Ojeda ». Ce serait vraiment trop triste de voir celui qui fut « ce qu’il fut », courir le cacheton et multiplier les clins d’œil racoleurs, histoire de marquer quelques buts… Ce serait vraiment trop triste ! …Et c’est un ojediste qui vous le dit.
     Alors, Paco Ojeda sera t’il celui que l’on aimera suivre, en 2002, ou va t’il, lui aussi, rejoindre « le grand troupeau » qui pose question : Quel Dieu ? Quel progrès ? Quels hommes ? 

 

JULI - JOSE TOMAS: « 2 A 0 », UNE FOIS DE PLUS…

     9 Décembre : Une sacrée date… Non pas celle où les gendarmes fêtent l’accord historique, où tout le monde s’est « déshabillé pour les rhabiller », mais bien parce que le 9 décembre fête quelques anniversaires dont des figurones del toreo furent les grandes vedettes. Voyez plutôt :
     9 Décembre 1926, naît, à Madrid, Luis Miguel Dominguin.
     9 Décembre 1945, Manolete confirme son alternative en plaza del Toreo, de Mexico.
     9 Décembre 1956, C’est Antonio Ordoñez, qui monte un faenon au toro « Cascabel », de San Mateo, en plaza du Toreo, toujours, et lui coupe les deux oreilles et le rabo. Vaya !
     Peut-être « ce » 9 décembre viendra t’il s’ajouter à la liste, inscrivant pour l’éternité, un fabuleux triomphe de Pablo Hermoso de Mendoza… Réponse, cette nuit !

     En attendant, il faut bien parler du 8 ! Et là, encore une fois, on dira que « même à distance », le Juli est capable de mettre la pâtée à Jose Tomas, une fois encore.
     Le Juli remplit Queretaro (de 13000 places) et Jose Tomas fait « demi plaza » à San Luis Potosi (de 7500 places)… Pour arranger le tout, le gamin coupe la seule oreille du jour, dans sa plaza,  et Jose Tomas prend deux avis, écoutant les sifflets de tous les mariachis de la contrée, tandis que les copains coupent et sourient sous l’ovation. Vraiment, y a des jours…

     8 Décembre – Queretaro (Mexique) – Casi lleno total – Vent, au dernier toro : Corrida de Bernaldo de Quiros, qui fut loin de donner le jeu escompté. Seul le premier du Juli permit au torero de se libérer. Pour le cavalier, un Julio Delgado, très correct.
     Martin Gonzalez Porras fit une bonne présentation, pleine d’allant, vite rématée d’un rejon : Une oreille
     A pied, Eloy Cavazos se battit en vain contre deux carnes : Ovations de consolation – Jorge Gutierrez dut abréger devant son premier. Palmas. Par contre, il toréa bien son second, « pero pincho »… Ovation.
     Le Juli remplit la plaza et se dépensa sans compter face à son premier. Brillant dans les trois tiers, Julian Lopez coupa une oreille. Son actuacion valeureuse, face au dernier de la soirée, fut hélas, gâchée par un méchant vent froid qui glaça tout le monde. Chaude ovation, malgré tout.

     8 Décembre – San Luis Potosi (Mexique)  – A peine plus d’une demi plaza (4000 personnes, environ): Incompréhensible ! Un cartel pourtant brillant, et donc, un gros échec pour tous. Toros de Celia Barbabosa, âgés, correctement présentés, mais irréguliers dans leur comportement.
     Zotoluco fut torero toute la tarde. Rien à faire face au premier. Palmas. Bonne faena, technique et reposée, face au quatrième. Oreille – Jose Tomas fut mauvais, sans âme, sans ressort. Palmas devant son premier. Dix pinchazos et cinq descabellos pour en finir avec le cinquième, écoutant deux avis, sous les sifflets – Ignacio Garibay se montra brillant avec le capote et vaillant à la muleta. Oreille. Le sixième le verra très vaillant, mais mal à l’épée. Ovation. 

 

TOUS « CO…RNUS » !

     10 Décembre : Ce week-end sont arrivés sur la table de pointage les résultats de analyses effectuées sur les cornes de toros selon le dispositif édicté par l’Uvtf, au cours de la temporada française 2001 : saisie de deux paires de cornes par corrida dans les sept principales arènes de Fance, que sont Nîmes, Arles, Bayonne, Dax, Mont de Marsan, Béziers et Vic (dans l’ordre que vous souhaitez, bien sûr, selon que vous soyez… de Lille ou de Stasbourg).
      44 corridas, deux paires par corrida et au total 176 pitones, envoyés au labo de Toulouse. Et tout le monde de se gausser… « Vous allez voir ! Les toros d’untel à Mont de Marsan, de tel autre à Dax… »
     Résultat des courses… Moins de ratatouille que prévu, les ingrédients précités n’étant pas au rendez vous… 75% de pitones semblaient scientifiquement conformes à ce qu’ils devaient être, les 25 autres étant fortement soupçonnés d’être malencontreusement tombés sur quelque  râpe à fromage, qui n’avaient rien à faire en une telle recette.
     Plusieurs ganaderias ont eu « une paire » discutable, dont Victorino lui-même, et Dolores Aguirre. Par contre, quatre ont fait « carton plein » : Deux paires de cornes, quatre pitones un poil rectifiés : Adolfo Martin, Cebada Gago, Santiago Domecq et Victoriano del Rio. En quelle corrida, et « où ça ? »… Vous, prendre numéros spéciaux d’« Aplausos » (Vous lui souhaiter 25ème bon anniversaire ! Hugh !)  et « 6Toros6 »… et vous voir ! 
     Mince, alors ! Victorino, Dolores, Cebada, Adolfo ! pas prévu. Les quatre ganadero qui ont eu « les deux paires » contrôlées positif, se voient fermées les portes des plazas françaises pour 2002. Bien entendu, tous protestent de leur surprise et de leur totale innocence… Et le pire de tout, c’est que c’est possible !
     Victoriano del Rio, l’un des vainqueurs de la saison française, avec son toro gracié à Nîmes, fait, bien entendu, la plus grise mine. Les Cebada contestent tout « en bloc », surtout qu’ils sont ceux qui ont le plus lidié : Vic – Bayonne – Béziers – Dax – Nîmes… soient 30 toros lidiés, 60 pitones sur lesquels on en a prélevé 24… Et combien, sur 24 ? Santiago Domecq n’ayant lidié qu’à Béziers ; Adolfo Martin, qu’à Nîmes…
     Total : La formule marche, faute d'être totalement reconnue par les éleveurs espagnols, qui trouveront toujours à redire et jureront leurs grands dieux que « chez moi, jamais ! ». Par ailleurs, il faut attendre quelques années pour évaluer sa réelle valeur « préventive ». De plus, quelle sera la position de l’Espagne, suite aux résultats français ? A suivre…

 

PABLO HERMOSO S’EN SORT TRES BIEN !

     10 Décembre : « Il » a mis 35000 personnes dans la plaza ; « Il » a coupé une oreille ; « Il » s’en sort bien ! Le « il » en question, c’est Pablo Hermoso de Mendoza qui, après les pérégrinations liées au montage de la 7ème corrida à Mexico, était probablement attendu au coin du bois, « avec bien des fusils chargés »…
     De fait, la majorité des spectateurs est venue pour lui, puisque, lidiant les toros 3 et 6, le navarrais a pu voir un grand nombre de spectateurs, quitter la plaza après sa prestation. Coté rejoneo, son actuacion ne semble pas avoir souffert de l’absence de « Cagancho », le torero apportant de nouvelles trouvailles, et créant l’émotion, au galop de ses fidèles destriers, dignes frère du génial cheval torero.
     Pour le reste, la corrida fut décevante, le public ayant l’occasion de découvrir un Finito « sinverguenza », comme on l’a vu à Mont de Marsan, par exemple. Par contre, il a poussé le bouchon un peu loin, laissant son picador massacrer le toro, « jusque z’au centre » de l’arène. Des choses qui ne se font pas, et les mexicains (qu’il ne faut pas prendre pour « des mecs si…) le lui ont fait entendre. A signaler, par ailleurs, le désir constant de briller, affiché par le confirmant Fermin Spinola, qui coupe l’autre oreille de la longue tarde.

    9 Décembre – Mexico (Plaza Monumental) – 7ème corrida de la Temporada Grande - 35000 spectateurs environ – Temps froid et venteux : La corrida reposait sur les épaules de Pablo Hermoso de Mendoza. Contrat rempli : Casi lleno et une oreille. Il reste un roi.
     Le navarrais dut combattre d’abord, « Mayito », de Vistahermosa, devant lequel il se montra royal, chevauchant successivement « Tabasco », « Fusilero », Danubio » et « Mariachi ». Toreo mesuré, mais à la fois enlevé, templant au millimètre la bonne charge du toro, levant le public avec banderilles et cortas. Rejon efficace et une oreilles fortement fêtée. Face au sixième, « Bandolero », de Fernando de la Mora, toro plus réservé, manso, il se montra très volontaire, à dos de « Labrit », « Albaicin », « Chicuelo » et « Danubio », pinchant deux fois, avant le rejon définitif. Ovation. Peu après, grande partie du public quitta la plaza. Pas correct !
     Pour ce qui est du reste : Six toros de Rodrigo Aguirre, inégalement présentés (le premier faisant un peu « moustique ») mais en général, braves au cheval, terminant tardos, ou quedados (« agarrados al suelo » disent les mexicains). En un mot, une corrida, encore une fois, décevante, qui a précipité l’échec des hommes.
     Finito de Cordoba n’a pas voulu voir son premier, appelé « Coloso » et le laissa massacrer par son picador Jose Maria Cruz, qui le charcuta sans discontinuer, jusqu’au centre du ruedo. Le piquero fut sanctionné sur le champ, et le Finito entendit une bronca qui fit même trembler la Mezquita, à Cordoue… Il n’arrêta pas de danser et en termina vilainement de dix pinchazos et quatre descabellos. Deux avis et re-bronca. Le cordouan essaya bien de se racheter, face au cinquième, mais ses bons détails ne purent complètement renverser la tendance. Il se retira sous la division, certains l’applaudissant, d’autres ayant la rancune plus tenace.
     Jeronimo n’eut aucune chance au sorteo : Un premier , invalide ; un deuxième, manso. Qu’allait il faire en cette galère ? Un avis, et quelques bravos, dans une marée de silence et de compassion. No tuvo suerte !

     Bonne surprise: Fermin Spinola, devant le toro de sa confirmation d’alternative, baptise “Travieso”. Ce coquin là lui laissa la possibilité de s’exprimer, avec une totale bonne volonté, que le public sut percevoir et récompenser. Faena sincère, d’émotion, toréant varié, terminant de quatre manoletinas au cordeau. Bonne épée, bonne oreille. Au huitième, le panorama avait changé : il faisait froid et « n’y avait plus grand monde ! ». Le garçon s’accrocha et tua vite, sortant sous une grande ovation des restants.

     Pour dimanche prochain, on murmure qu’Eloy Cavazos ferait bien ses adieux « capitalinos », encadré du Zotoluco et de Jorge Gutierrez. Attention, danger ! Un cartel qui n’est pas encore fait. Trop de risque pour le Zotoluco : Imaginons pour faire un dernier affront à Cavazos, l’Aficion de Mexico boude la corrida, et ne vient « qu’à 12000 »… l’aurait bonne mine, le Zotoluco, « N°1 actuel »… Ce n’est pas encore fait. On a bien jusqu’à… vendredi !

 

CONTESTATION !

     11 Décembre : Il fallait bien s’en douter…. Voyant défiler dans les rues les gendarmes, les policiers; les profs, les internes, les externes; les surveillants, les surveillés; ceux qui avaient des raisons, ceux qui s’en cherchaient une bonne; les grandes compagnies d’assurances qui ne paient rien mais ne peuvent faire face du coup elles vont « nous en mettre une de 15% »… fallait bien se douter que les ganaderos « susvisés » dans les conclusions des analyses des pitones prélevés dans nos grandes plazas, à la demande de l’UVTF, allaient descendre dans la rue et manifester aussi… Ce qui est normal, et à priori, la meilleure façon de gagner quelque chose !
     Pas d’accord, les ganaderos… en particulier Victoriano del Rio qui a fait un cortège à lui tout seul, où, au lieu de brailler n’importe quoi en chantant très fort et très faux, il aligne les arguments clairs, précis, avec un but tout à fait louable pour son image et son honneur : « Si vous désirez faire cela, d’accord, mais faites le correctement, proprement, honnêtement… Et d’égrener certains faits qui ne manquent pas de poser question, comme ces cornes saisies, qui seraient restées plusieurs jours à l’abandon, dans quelque coin sombre d’un abattoir, (à la portée de tout individu porteur d’un aiguise crayon)…
     « Faisons les choses sérieusement ! » Nous, on croyait que les choses étaient faites sérieusement… N’est il pas ?
     Par ailleurs, on peut se poser également la question concernant l’analyse « à charge », de ces cornes… dans un pays où la présomption d’innocence fait tellement loi, que le chenapan est libéré « même avant d’être arrêté ! ». On recherche la fraude, on pointe du doigt…on punit ! Pourquoi pas ? Mais alors, « igual pour tous », et parlons plus des 75% qui sont sortis « limpios » du labo, que des 25% , présumés douteux… Et surtout, faisons que ces arguments soient inattaquables, indubitables, incontestables… Sinon… parlant de cornes, on a l’air « doublement co… » !
     Victoriano del Rio, blessé dans son honneur, demande la révision du processus, et  s’offre à collaborer entièrement à une analyse complète et honnête, sur toute la chaîne des intervenants. Triomphateur de la saison en France (premier toro indultado et grande corrida, en Arles (celle sur laquelle se portent les doutes), le ganadero s’offre à analyse systématique de toutes les cornes de ses toros, lidiés en 2002…à condition que tout soit fait dans les règles…
     Encore une fois, on risque d’effacer et de tout recommencer ! 

 

VICTORINO ET SAN MARTIN ANNONCENT LA COULEUR…

     11 Décembre : Les ganaderos préparent leur saison et annoncent, d’ores et déjà, combien de corridas ils auront, pour 2002, et où ces lots vont être lidiés.
     Victorino, en général, est un des premiers à annoncer la couleur. Pas de surprises, pour le moment : 17 corridas pour l’an prochain, en commençant à Olivenza, comme il est devenu tradition… Après, on imagine Castellon, deux à Madrid, trois ou quatre en France ; Bilbao, San Sebastian, Badajoz, Santander, Murcia… qui paraissent incontournables. Pour le reste, on saura vite.
     San Martin, de Chafik est aussi clair sur ses projets : Sept corridas en 2002, sur lesquelles, une seule reste à déterminer. Les toros de San Martin seront lidiés en France, à Vic et Bayonne. Pour ce qui est de l’Espagne… San Sebastian, Logroño, Azpeitia et la nouvelle plaza d’Azuaga ( ?)

 

MEXICO…LE CALME, AVANT LA TEMPETE.

     11 Décembre : La fièvre est retombée à El Paso ! A Mexico également… Après les tergiversations empresariales, qui ont illustré toute la semaine dernière, heureusement sanctionnées d’un « casi lleno » et d’une bonne sortie de Pablo Hermoso de Mendoza, les eaux furieuses ont tranquillement regagné le lit de la rivière, avant… la prochaine crue.
     Le cartel de la huitième corrida de la saison, à la Monumental de Mejico, a été officialisé hier. Il est attrayant, mais plein de dangers… voire de vacheries, ce qui est, somme toute, normal, dans ce monde des toros…
      Dimanche 16 Décembre, feront le paseo : Le rejoneador de Jaen, Martin Gonzalez Porras, (qui fera sa présentation, face à un toro de Xajay) précédant Eloy Cavazos, Jorge Gutierrez et « El Zotoluco », face à un lot de Julio Delgado.
     Eloy Cavazos vient consommer son divorce avec l’Aficion de Mexico. Cela sent la poudre. Ou « ils » viennent et lui font la vie impossible, durant toute la corrida… ou « ils » ne viennent pas, et là, c’est le Zotoluco qui en prend un coup. Jorge Gutierrez, lui aussi vétéran, a quelques partisans. Quant au Zotoluco, actuel N° 1 de la toreria mexicaine, il a tout à perdre… Imaginons qu’il n’y ait qu’une pale entrée, que le public soit « de mauvais poil » ; que les toros sortent « comme ci, comme ça ! ». Il sera les seul à supporter ce soufflet, et les empresas se frotteront les mimines !
     Maintenant, on peut imaginer l’inverse… Le Cavazos retourne la plaza comme une crêpe et en prend pour vingt ans de plus ; Jorge Gutierrez et Zotoluco s’envolent devant un grand lot de toros… et tout le monde sort « a hombros ». Oui, oui ! On peut imaginer. Incertitudes de la Tauromachie…

 

ROMERO, IN…UCEDA, OUT !

     11 Décembre: On devrait avoir confirmation, aujourd’hui. Simon Casas sera, l’an prochain, l’apoderado d’Alfonso Romero, ce murciano qui fait grand bruit depuis cet été, notamment, suite à un triomphe madrilène, suivi d’une apothéose en sa plaza de la Condomina, en septembre. Torero fino, né en 76, ayant pris en 99, une alternative confirmée en 2001, Alfonso Romero semble être un torero « artista » qui pourrait bien faire les beaux jours de cartels parfumés aux effluves du duende, avec des Morante et Javier Conde, par exemple… Et pourquoi pas ?
     Mais voilà, si l’un rentre, l’autre sort… Il semble qu’Uceda Leal et Casas annonceront aujourd’hui, la fin de leurs relations professionnelles. Ce n’est pas faute d’avoir donné de grandes opportunités au torero, même si elles étaient souvent ardues. Artiste, Jose Ignacio Uceda Leal s’est vu confiné à des ganaderias  « hard », qui ne l’on pas toujours laisser développer le toreo qu’il porte en lui. Auteur de grands moments, notamment face aux Victorino, Uceda Leal n’a pas eu cette continuité dans l’effort, qui fait d’un bon torero, une figure… Dommage. Le chemin risque d’être plus dur, à moins que...

 

LES « DEUX TEMPORADAS » DU JULI…

     12 Décembre : Incroyable ! Effarant ! Comment nier que les toreros sont des gens,  mentalement et physiquement « à part » ! A peine en ont ils terminé avec une saison européenne, où ils ont du vaincre les toros « et tant d’autres ennemis », que les voilà embarqués pour une autre saison, de l’autre coté du Charco, tout aussi intensive.
     Certes, les toros n’y sont pas les mêmes, et les challenges de moindre importance. Cependant, avouez que tant de tensions accumulées, d’efforts physiques répétés, de risques encourus, entraîneraient la grande majorité des quidams que nous sommes, à une grève immédiate… Et toutes les démagogies gouvernementales, accompagnées de primes à la contestation, n’y pourraient rien.
     El Juli est un phénomène. Géant dans la plaza, il est encore « un gamin » dans la vie (cela dit avec énormément de respect et d’admiration). Sa temporada 2001, de ce coté de l’océan, a été un parcours infernal, où tout le monde l’attendait à chaque tournant. Malgré trois cornadas (Madrid, Malaga, Bilbao), malgré les coups, les terribles tampons, Julian Lopez a triomphé, pratiquement partout, laissant ses plus vils détracteurs, sur le… flanc. De Valencia à Jaen, de Séville à Zaragoza, de Madrid à Salamanca ; de Pamplona à Bilbao, le Juli a mis toute sa caste dans la balance et a triomphé, sans contestation. En France, l’Est lui porte chance, mais l’Ouest se refuse encore (une de ses noires tardes fut celle de Mont de Marsan). Toujours est il que malgré les avatars, le Juli a toréé 88 fois, coupant 163 oreilles et 5 rabos à 178 toros. Cela aurait mérité un petit brake, non !
     « Eh bien, non ! » Le jeune diestro a pris une dernière douche, puis s’est envolé vers les Amériques. Lima et Quito ont « moyennement souri » ! Par contre, le Mexique a ovationné sans retenue un torero qui, dans les trois tiers, fait preuve d’une infaillible volonté. Au bilan de cette première partie américaine : 14 corridas, 23 oreilles, 2 rabos… « Pas mal ! Allez, on rentre !
     Et El Juli est rentré passer les fêtes de Navidad, en famille. A ce sujet, il est possible qu’il ait, dans quelques jours un autre combat à mener… celui, plus dur, contre la rumeur et la médisance… On murmure qu’un ancien apoderado aurait donné en pâture à la presse, une de ces informations bien sales, destinée à noircir un peu le tableau : « Milliardaire, le Juli laisserait sa grand mère, dans la plus profonde misère… » Et allez donc ! Allons-y gaiement ! Il est probable, qu’épargné par les critique, Julian va entendre plus d’un serpent siffler sur sa tête… Au fond, les toros sont moins dangereux que les pseudo journalistes de la Prensa Rosa, ou de « Gente »… Vaut mieux « y retourner ! »
      Et il va y retourner. A peine engloutis les douze grains de raisin, le jeune madrilène chaussera ses bottes de sept lieues, et repartira pour une longue série de corridas, qui l’amèneront « aux portes » de la temporada 2002… Voyez plutôt :
     2,3,4 Janvier : Feria de Cali (Colombie) – Le 5 : Cartagena de Indias et le 7 : Manizales (Toujours, en Colombie) – On s’envole alors vers le Mexique. 12 Janvier : Veracruz – Le 13 Janvier : premier paseo a la Monumental de Mexico – 15 : Moroleon – 19 : (en négociation) – 20 : Guadalajara – 24 Janvier : San Cristobal (Venezuela) – 27 Janvier : deuxième contrat à la Mejico.
     On débute Février, le 2, à San Luis Potosi – le 3 : Mexicali – Le 5 Février : Troisième paseo à la Monumental de Mexico (en compagnie d’Hermoso de Mendoza, Zotoluco et … un troisième (Ponce ?) – 8 Février : Merida (Venezuela) – 9 : Jalostotitlan (Mexique) – 10 et 11 Février : Ameca et Autlan de la Grana (toujours au Mexique) – 12 : A nouveau, Merida – 16 Février, on s’envole vers la Colombie : Medellin – Et on clôture le périple par Bogota, les 17 et 24 Février. Soient, à nouveau 23 corridas, en trois pays : Mexique – Venezuela – Colombie.
     Si on en reste là, (car il peut se faire quelque contrat, comme cela, sur le pouce, histoire de ne pas perdre la main !), le Juli va toréer 37 corridas, qui vont l’amener à fin Février, trois jours avant le début de la saison 2002 en Europe, qu’il débutera, fort probablement… les 2 ou 3 Mars, à Olivenza…
     Avouons que nous sommes un peu courts, nous les râleurs impénitents, « fonctionnaires fonctionnants », grands amateurs de « 35 heures à 28 »… Certes, il gagne de l’argent, mais, je ne suis pas sûr que nous fassions ce périple, même « en enlevant les toros » (c’est à dire, « rien que les voyages ! ») Je n’en suis pas sûr du tout… Il gagne de l’argent, oui ! Mais il se joue la peau… y eso no tiene precio ! Monterazo !

 

LES TROPHEES DE LA GRANDE SEMAINE…

     12 Décembre : Tout aficionado français qui se respecte connaît le « Semana Grande », hebdomadaire taurin monté en 1997 par Marc Lavie. Une vraie mine d’informations et d’archives ; La Temporada, au jour le jour, comme si vous y étiez ! Des éditos faisant appel à la Grande Histoire du Toreo ! Muy bueno ! (La seule chose que l’on ne trouve pas dans « Semana Grande », c’est un petit clin d’œil à « Toro2000.com ». Pero, es igual !)

     Pour sacrifier à la tradition, et c’est bien normal, « Semana Grande » à fait voter ses lecteurs, afin d’attribuer ses « Tableaux d’Honneur 2001 » dans les grandes catégories concernant les Matadors, Novilleros, Rejoneadores et Ganaderos, triomphateurs en France, cette saison. Plus de mille aficionados « s’y sont collés » et leurs votes ont donné les résultats suivants, somme toute, très logiques :
     Meilleur matador 2001 : Enrique Ponce (avec 55% des suffrages), devant le Juli (23% des votes). Il n’y a pas ballottage !
     Meilleur novillero 2001 : Cesar Jimenez et Julien Lescarret, en match nul à 37,2% (le matin ! Il aurait fallu essayer le soir, pour, peut-être, les départager !)
     Meilleur Rejoneador 2001 : Pablo Hermoso de Mendoza (29%), devant Andy Cartagena (27%)… Plus serré !
     Meilleur ganadero : Victorino Martin, avec 45,9% des votes, précédant Miura, à 15,8% (sûrement des Arlésiens !)
     De fait, on retrouve les grandes tendances, avec surtout quelque chose de phénoménal, et quasi unique dans l’Histoire : Malgré les ans d’alternatives et les contrats cumulés ; malgré les jeunes, « qui poussent », les autres figuras qui ne pardonnent rien, Enrique Ponce emporte « haut la main » ce référendum aficionado, toutes tendances confondues. Ca oui, c’est un plébiscite. Certains feraient bien d’en prendre de la graine !
     En attendant, « Semana Grande », toutes les semaines, qu’il pleuve, qu’il vente ! « Abonnez vous ! Rabonnez vous ! » - (55 euros pour 52 numéros. Ca fait… !)
     Renseignements : marc.lavie@wanadoo.fr

 

« FUMEE BLANCHE », A VALENCIA

     13 Décembre : « Empresa habemus ! », ou tout comme. Reste maintenant à la Commission Culturelle de la Diputacion Valenciana à inspecter les travaux finis, que lui présentera don Miguel Tatay, et le 21 Décembre, la plaza de la Calle Jativa aura une nouvelle Empresa, qui portera le nom de : « Ruedo Valenciano S.L ».
     Composée de Jose Cutiño (actuel empresa de Olivenza, Badajoz, Zafra, Almendralejo), Justo Ojeda (Empresa, entre autres, du Puerto) et de… Don Francisco Romero, dit « Curro Romero » soi-même, la nouvelle équipe se voit préférée de très peu (60.20% des voix, contre 59,25%) à Valtauro XXI. S.L », dont le grand capitaine, Emilio Miranda, a fait rendre raison à la Diputacion, pour lui avoir « volé » l’attribution de la plaza, lors du dernier concours. On murmurait que Valencia allait lui faire les yeux doux, de façon à ne pas payer la multa… mais, de fait, cette victoire l’a probablement desservi. (Et puis, de toutes façons, la Diputacion n’est pas prête de payer) Au troisième rang, l’Empresa Sarot, de Jose Felix Rodriguez (43.95% des votes) et, au quatrième seulement, la Société « Servicios Banf 2000 S.L », menée par le duo Casas-Paton (29,40%)
     Ce vote est il lié à la seule recherche de la meilleure équation « Qualité-Prix » ? Bien probablement, non. Toujours est il que le trio  Jose Cutino- Justo Ojeda – Curro Romero, se