L'ACTUALITÉ TAURINE
(Avril 2001)

LE MIRACLE DE SAINT SEBASTIEN

    1er Avril : Soyons clairs. Aujourd’hui, nous pourrions parler de la mort d’un torero. Heureusement, le sort n’en a pas voulu ainsi et tous les saints aficionados du paradis « echaron un capote », faisant le quite à Juan José Padilla, pendu par le cou aux cornes d’un Victorino Martin, un 31 mars 2001, sur le coup de 18h40, en plaza d’Illumbe, à SanSebastian.

      Les clarines venaient de retentir, annonçant la sortie du troisième Victorino, du nom de « Buscador » - 523 kgs – Au milieu d’une rumeur d’anxiété, d’admiration et de joie mêlées, Juan Jose Padilla, comme tant de fois, traversa le ruedo en direction de la porte du toril. Un sourire, à trente secondes de la plus folle des bravades,  déclencha une telle ovation que le diestro dut saluer, montera en main, avant de s’agenouiller. Un fait unique.
La camera nous montre, à l’intérieur du couloir, le premier élan du toro, en vrai bolide. Madre mia ! Padilla voit arriver le toro, comme un obus. Il lance sa cape, peut-être un poil trop tôt, mais déjà le toro est sur lui, ne lui laissant que le temps de se pencher légèrement sur la gauche. L’impact est affreux. La corne prend le torero à la base du cou, le lève comme fétu de paille, le porte un long moment, tirant d’affreux hachazos, pour ce débarrasser de ce poids encombrant. Padilla est ainsi brinquebalé sur vingt mètres, comme un pantin désarticulé. La corne déchire tout, frôle le visage. La cravate noire semble tenir encore, étranglant le torero. L’impression est terrible. Chacun, en un éclair, a la même impression : « il l’a tué ». Aussitôt revient à l’esprit la terrible « mort en direct » de Manolo Montoliu, le 1er mai  1992, en plaza de Sevilla.
    
Le toro vient de rejeter le corps, dans un dernier derrote. Padilla est étendu, puis de relève. Ils se relèvent tous. Portant ses mains à son cou, manquant d’air, le torero confirme par son expression, perdue, la terrible crainte. Du sang macule ses mains. Tout le monde pense : « la jugulaire ». Les cuadrillas se sont précipitées, un jeune homme aussi, en civil, « el Juli ». A l’arrivée au callejon, c’est l’affolement habituel. Padilla s’abandonne. On craint vraiment le pire, tandis que la télévision répète, sous plusieurs angles, le terrible accident. On a tous peur. Le toro a fondu sur le torero agenouillé. La cape, à ce moment, finit son envol, et le toro l’aperçoit, venant directement sur le côté gauche du diestro, quand, de fait, la grande voile jaune aurait du le jeter sur sa droite. Padilla s’incline légèrement sur la gauche, et cet ultime réflexe lui a probablement sauvé la vie. Sinon, il prend la corne en plein visage, ou se fait égorger sur place. En fait, la corne pénètre sous l’épaulière droite, au niveau de la clavicule, et remonte vers le cou. Il y a deux trajectoires d’une dizaine de centimètres, vers le haut et le bas, laissant plusieurs vaisseaux à nu, sans les trancher. Effarant, incroyable, totalement miraculeux.
    
Les images suivantes montrent des homme qui pleurent, à la porte de l’infirmerie. Terribles souvenirs... Paquirri, Yiyo, Montoliu... Des hommes durs, inconsolables ! Et puis les nouvelles arrivent vite : « Il est conscient, il parle. C’est moins grave qu’on ne pensait. On va l’opérer. C’est un véritable miracle ! » Effectivement, quelques instants plus tard, l’opération est en cours et, dans la plaza, tout le monde est rassuré, quoique croyant à peine en de si bonnes nouvelles. Une heure plus tard, des images furtives nous montrent le torero, la tête immobilisée, mais le geste expressif, gigotant sur sa civière, direction l’Hôpital d’Aranzazu. Pour un peu, il réclamerait un wisky et quelques tapas. Incroyable ! « Le miracle de San Sebastian »! A quand, la prochaine portagayola ?
    
Du coup, la corrida de Victorino fera date. Et c’est un autre miracle, car, encore une fois, malgré sa satisfaction, Victorino a déçu. Seul le dernier toro, en véritable Victorino Martin, lui a fait le quite. Toro remarquablement présenté et armé ; très encasté et solide sur ses pattes ; vendant chèrement sa peau, mais chargeant fort sur la muleta de Stéphane Fernandez Meca, qui lui coupa une oreille. Et ça, c’est pas un miracle !
Ruiz Miguel est revenu. On a retrouvé sa facilité d’ «andarles  a los toros », ce don qu’il a de marcher avec eux, de les tromper et les amener où il veut. Après, cela change un peu, et au moment de l’épée, c’est la catastrophe. A la fin de la course, Ruiz Miguel a décidé de continuer. Certes, il peut ainsi donner quelques cours de lidia, et distribuer quelques bajonazos. Enfin ! La nuit porte conseil, dit on...

     31 Mars  - San Sebastian (plaza d’Illumbe) – 2/3 de plaza – corrida télévisée sur Via Digital : Six toros de Victorino Martin, très inégalement présentés  - (510, 502, 523, 517, 575 et 570 kgs) : Le premier « faisait peine à voir », le deuxième se cachait derrière deux pitones engatillados. Par contre, les autres furent corrects, avec deux tios :quatrième et sixième. Pour quatre d’entre eux, la faiblesse fut patente, provoquant des charges courtes, des arrêts au milieu de la suerte, des retours dangereux. Sans cette lacune, la corrida sortait noble, avec le caractère bien particulier du Victorino. Le cinquième, un affreux soso gazapon, se mit à suivre chaque pas de Ruiz Miguel, qui, après deux pinchazos,  s’en débarassa d’un golletazo, que l’on qualifiera d’infâme, même si l’on comprend qu’il fallait en finir au plus tôt.
Ruiz Miguel se retrouva donc en mano a mano. Trois toros : deux ovations au tiers et une grosse division d’opinions. A part à l’épée, le bilan peut se révéler positif. On le vit à l’aise au capote, marchant bien avec le toro, tirant quelques bonnes droitières, donnant trois jolies naturelles au troisième. Mais attention, la faiblesse des deux toros l’a amplement servi, l’a laissé souffler, se replacer à son aise. Qu’aurait il fait devant le sixième ? Que se passera t’il lorsqu’il trouvera un toro qui « le presse » vraiment ? On peut admirer Ruiz Miguel, et lui tirer son chapeau pour sa prestation d’hier. Mais on peut également, avec beaucoup de respect, lui demander de réfléchir...
Stéphane Fernandez Meca a été impeccable. Il n’est pas « torero de dentelles », on le sait. Il est devenu un torero puissant, très technique, super connaisseur du Victorino, sachant imposer sa loi, sachant « laisser cette muleta  toujours devant » (quand on sait combien ça coûte). Mais il a démontré hier qu’il savait aussi donner de la profondeur au muletazo, en plusieurs séries de derechazos au sixième, closes de grands pases de pecho. Superbe et surprenant les spectateurs, face à son premier qu’il devait « obliger » tout en ménageant sa faiblesse. Bien aussi face au quatrième, qu’avait remarquablement banderillé El Chano. Le français se montra vibrant, puissant face à « Pescadero », le fameux sixième. Un grand toro, très encasté, qu’il ne fallait douter à aucun moment. Trois séries de droitières liées, tirées à fond, firent rugir les gradins. La gauche fut malheureusement impossible, mais un retour sur la droite et une très bonne demie épée firent tomber une oreille, que le public aurait demandée dans n’importe quelle plaza. Grande actuacion, limpia, courageuse et technique de Meca, qui est passé, hier, « au ton au-dessus ». Seul petit problème : l’épée qui se refusa, face à ses deux premiers, lui coûtant deux avis. Et puis un petit reproche : Quoiqu’il en coûte, il devait laisser la cuadrilla de Padilla banderiller le sixième. Pero, bueno ! Ovation, ovation et une oreille... Stéphane Fernandez Meca a été remarquable, lors de cette corrida « du miracle ». Mais ce succès, il ne le doit qu’à lui-même. Enhorabuena !

 

« LE » MARIE ETAIT TROP BELLE...

      2 Avril : « Dans le port d’Amsterdam, y’a des marins qui boivent.... », qui braillent des vivas et quelques coquineries au passage d’un couple de jeunes mariés. Lui est fier, elle, rosissante dans sa robe blanche. Histoire d’amour, histoire de toujours...
     Depuis hier, les marins d’Amsterdam vont s’en jeter « un coup de plus » en voyant les nouveaux mariés, machos tous les deux, qui s’embrassent à bouche que veux tu, le tout très légalement, sous le regard attendri des politiciens démago... On marie, aujourd’hui des gens du même sexe. Bueno ! La loi, « l’Egalité », le politiqueo, tout ce que vous voudrez... mais on ne nous empêchera pas de « sursauter »...et de nous éloigner, la tête basse.
     Du coup, l’expression « la Mariée était trop belle » n’a plus raison d’être, et nous voilà bien ennuyés... Plus de titre ! Pourtant, cette expression traduisait à merveille l’espoir  que constitue cette cérémonie magnifique qu’est une alternative. On baptise un nouveau matador de toros. Cela peut choquer, sembler à la limite du « païen », mais ce moment traduit tous les efforts, les espoirs d’un jeune qui part au canon, gaillardement, vêtu d’or, en pleine lumière. « Matador de Toros », un mot qui exprime grandeur, courage, noblesse.
     L’alternative se doit d’être un succès, le nouveau promu faisant étalage de son savoir, de son calme, de son expérience, de sa valeur. En un mot, de son métier, bien appris, auquel il ajoute sa touche personnelle...
     « La mariée était trop belle ! ».... Hier, Javier Castaño a pris l’alternative, et les plus noires craintes se sont, hélas, vérifiées. En deux coups de tête, le toro d’alternative a recalé le jeune prétendant, le blessant légèrement, heureusement, mais lui donnant une « énième rouste », qui confirme, hélas, que toutes les précédentes n’ont servi à rien, et que le torero est toujours aussi courageux, mais toujours aussi « torpe ». Cela dit, Damaso Gonzalez s’est fait prendre huit fois par son toro d’alternative, en plaza d’Alicante, vers 1969. Alors, Castaño, qui suit ses traces, a vraiment de l’espoir.
     « La mariée était trop belle ! »... Jesulin de Ubrique a toréé cinq fois, depuis Olivenza, et n’a plus rien coupé, à part « una orejita, en un pueblo ». Surprenant ! Le retour, avec une nouvelle identité, semble plus ardu que prévu. Séville approche à grands pas, et c’est là que le destin dira si « oui, non , ou peut-être, mais ! »

     1er Avril – San Sebastian (Plaza d’Illumbe) – ¾ de plaza (9000 personnes) : Cartel de luxe pour une alternative événement. Enrique Ponce et El Juli, les deux N°1, viennent conférer l’alternative à Javier Castaño, salmantino d’adoption, dont certains disent monts et merveilles tandis que d’autres se grattent discrètement la tête, dubitatifs. Corrida de Santiago Domecq, magnifiquement présentée, sortant brave au cheval, mais faible, faible, à en pleurer... Le premier sera rentré, le sixième puntillé en piste. Les autres passèrent leur temps à « faire de la patinette », fléchissant les antérieurs, tandis que les pattes arrière continuent leur fonction, donnant ainsi le triste spectacle d’un toro « de combat » rabotant le sable du menton, sur dix mètres... A plusieurs reprises, ils firent des efforts pour tenir sur trois derechazos, et s’affalèrent sur le pase de pecho. Una tristeza ! Et pourtant, ils étaient beaux... Le sixième fut remplacé  par un Ana Bohorquez, qui se mit au diapason.
     Javier Castaño a reçu l’alternative devant « Entrador » - N°53 – 562 kgs – de Santiago Domecq. Le seul souvenir positif de la corrida. Inexistant au capote, le jeune matador commença sa faena, stoïque, mais totalement destemplado. Bien entendu, à la première occasion, le toro le fit voltiger et le piétina consciencieusement. Un peu dans le cirage, le garçon revint, donna trois derechazos, la muleta en arrière, et se fit prendre à nouveau, dramatiquement. Fin de faena en toute maladresse, en perpétuel danger, le torero dans un état second. Estocade contraire, en entrant bien, mais qui ne tue pas. Catastrophe au descabello et départ pour l’infirmerie, sous l’ovation. (Traumatisme crânien, petite cornada au niveau du pectoral droit, forte contusion à la jambe et au genou gauche. Des coups partout...). Un mauvais souvenir.
     Enrique Ponce dut prendre trois toros. On le retrouva, technique, esthétique, volontaire et bon tueur. Son premier provoqua un joli batacazo et poussa encore sur la deuxième pique. Le toro débuta sur les genoux, mais se remit d’aplomb en suivant la muleta suave du valenciano. Faena sobre et élegante, clôturée de l’habituel abanico. Bonne estocade un peu contraire, et le toro qui se résiste à la mort... Avis, mais une oreille largement fêtée. Devant les deux autres, Enrique Ponce se montra torero, un peu  froid, très technique devant des toros qui partirent à menos . Il tua vite, écoutant deux ovations.
     Le Juli paraît en forme. Variété, vista, élégance et courage avec la cape : un quite magnifique, au premier de Ponce, beaucoup plus torero que les lopecinas, certes pleines de vibrato, mais très bougées. Aux banderilles, malgré une paire posée sur le côté gauche, Julian fut « très très moyen », palliant des poses à piton pasado, par un jugueteo qui fit passer le tout. De la vista, de la tête et...les jambes ! La muleta fut torera, variée, parfois un peu rapide, sauf en trois naturelles magnifiques au cinquième. Faena très volontaire, intercalant des passes dans le dos et terminant par manoletinas à genoux, dont il sortit le visage couvert du sang du toro, « por arrimarse ». Arrimon « de première », clos par une demie épée, poussée à fond, et un descabello. Un avis et deux oreilles hors de propos dans une telle plaza. Son premier toro avait perdu un sabot à mi faena et, la mort dans l’âme, le Juli avait du en finir là, écoutant une ovation.

     1er Avril, dans les autres plazas : La novillada de Madrid n’a rien donné. Barragan a un peu ennuyé – Sergio Aguilar a donné quelques bonnes passes, au milieu de deux trasteos sans fin et c’est Leandro Marcos qui fit la meilleure impression, avec un toreo d’esthétique et de chispa, faisant penser à celui de David Luguillano. Les novillos de Sorando sont sortis moyennement présentés, un peu faibles et « mansotes con casta »
     A Vista Alegre, le jeune Enrique Peña s’est fait blesser par le sixième Puerto San Lorenzo. La novillera Raquel Sanchez a pris la suite, mais n’a pu estoquer le garbanzo, écoutant les trois avis.
     En plaza de La Roda (Albacete), les toros d’Alcurrucen sont sortis toréables. Manolo Caballero « s’est frisé », coupant trois oreilles – Jesulin de Ubrique semble diviser le public, qui ne le « retrouve pas ». De plus, l’épée ne fonctionne pas bien – Mal servi, Eugenio de Mora ecouta quelques bravos. Il remplaçait Rivera Ordoñez, secoué dans un récent festival.

 

A PORTAGAYOLA...  LES YAMAKASI ARRIVENT !

     3 avril : « Planquez vous, ils arrivent ! Préparez des tonnes de plâtre, de kilomètres de bande velpeau, des milliers de minerves et d’attelles.. ». Aujourd’hui, sur nos écrans, sort le dernier Luc Besson, « les Yamakasi ». Il conte l’histoire d’une bande de copains « multicouleurs » de nos banlieues qui passent leur temps à bondir d’immeuble en immeuble, de sauter depuis les balcons,  de descendre de plusieurs étages sans utiliser l’ascenseur ni les escaliers. Bref, le nouveau sport qui « fait grimper aux rideaux ! ». A n’en pas douter, la mode arrivera sous peu, et les gamins de tous âges vont s’amuser à plagier ces nouveaux « héros de gouttières », avec, sûrement, beaucoup moins de talent. On n’a pas fini de lire certains exploits avortés, dans les pages « faits divers » de nos quotidiens. C’est ainsi !
     Recevoir un toro, agenouillé à la porte du toril, ce n’est pas mal non plus, dans le genre « kamikaze » ou  « conquérant de l’inutile ». Cet exploit, réel coup de poker, s’est dernièrement transformé en un banal sursaut d’adrénaline, en voyant un torero partir bravement se jouer la peau à la sortie du toro. Pour un peu, on pourrait entendre « Quoi ! encore « a portagayola » ? Certes, c’est exagéré, mais dites moi que cela ne vous a jamais effleuré l’esprit, quand, au cours de la même corrida ou novillada, les trois toreros, l’un après l’autre, sont partis au toril.
     Du coup, on a presque banalisé cette suerte devenue une mode et il faut, malheureusement, des accidents comme celui de Padilla, samedi, en plaza d’Illumbe, pour revenir à « la vérité vraie » : Recevoir un toro « a portagayola », à genoux devant le toril, est un véritable exploit, au niveau technique et humain. Se placer à la bonne distance, calculer l’envol du capote après avoir choisi le bon côté, l’instant précis, en fonction de l’arrivée d’un toro « que vous ne connaissez pas » et « qui ne vous a jamais vu »... le tout en quatre secondes, avouez qu’il y a là de quoi « distribuer les légions d’honneur », avec plus de mérite que ce que l’on voit aujourd’hui... 
     Espartaco, Paquirri, entre autres, avaient lancé cette suerte, dans les grandes occasions des années 80. D’autres l’avaient fait auparavant.  Les revues et journaux traduisaient alors le moment terrible, le silence effaré qui le précédait, le « huyyyy ! » et l’immense ovation qui traduisaient la rencontre. Pire qu’un but du Real au Bernabeu ! C’était un moment dans la feria, dans la temporada. Aujourd’hui, « tout le monde y va », presque, et si l’on regarde la feria de Séville 2000, il n’est pas une corrida qui n’ait vu  un torero partir  là bas... Certes Padilla, certes le Tato , Liria et Rivera Ordoñez, mais aussi Abellan, le Juli, et même Pedrito de Portugal... Pour un peu, la musique se mettrait à jouer « Je t’attendrai à la porte du garage », juste hommage taurin à Monsieur Trenet....
     Pourtant non, la larga à genoux « a portagayola » n’a rien de banal. C’est une suerte risquée, au plus haut degré, qu’il faut respecter et saluer comme il se doit. Juan Jose Padilla en a fait « son fond de commerce ». Il a bien failli y perdre la vie, samedi, sur le sable de San Sebastian. Mais le Jerezano est un têtu, à la limite « un peu bourrin »- comme disent, avec quand même beaucoup de respect, nos amis du Sud Ouest – et, du fond de son lit d’hôpital, il ne pense déjà qu’à la prochaine... Elle aura lieu, soit le 14, en plaza d’Alicante, soit le 15 sur le sable d’Arles, avec le Pablo Romero rebaptisés. Ce diable d’homme a du caractère, un orgueil bien placé, « juste un poil » au dessous de la ceinture, des facultés physiques enviables, et une vista qui ne l’est pas moins, à en faire déposer le bilan à Afflelou (bien que celui ci ait repris quelqu’espoir, samedi dernier !).
     Avec ses qualités et ses défauts, avec son toreo de bûcheron, Padilla est un torero qu’il faut saluer, ne serait ce que pour ce moment de roulette russe, jour après jour, plaza après plaza ! Padilla va toréer quelques 60/80 corridas cette année... Combien de « portagayolas » ? Sur 120 /180 toros, plus de la moitié seront probablement accueillis de cette manière, et ça.... cela mérite de s’y arrêter un instant, le temps d’un coup de chapeau.
     « Il » y repartira... à moins que le terrible souvenir d’Illumbe ne reste, à jamais, ancré dans sa mémoire, ce qui serait logique ! Alors, le rictus devenu moins serein, le pas moins assuré, le poignet moins solide, le torero se trouvera de bonnes raisons  et le public, implacable, commencera à murmurer. C’est ainsi, depuis des siècles !
     Après ce week end terrible, les blessés vont mieux : Padilla est encore à San Sebastian, en attente de nouveaux examens, car on craint quelques dégâts vers de côtes qui « flottent un peu trop ». De son côté, moulu, roué de coups, Javier Castaño est reparti vers ses terres, prêt à reprendre la muleta et rester là, sans bouger, en attente de la prochaine... corrida.
     Par contre, c’est un novillero, Juan Mari Lopez, qui donne le plus d’inquiétudes. Dimanche, en plaza madrilène de Vista Alegre, le sixième du Puerto San Lorenzo lui a donné la première « grosse cornada » de l’année : 12 cm en haut de la face interne de la cuisse droite, avec deux trajectoires de 10 et 6 cms, qui dissèquent en la contournant l’artère fémorale, sectionnent le muscle vasto interne et contusionnent le nerf saphène. Cornada, qui arrive jusqu’à l’os, de pronostic grave, provoquant d’intenses douleurs. Cependant, le processus de guérison est déjà bien engagé. Courage !

 

A PART CA, LES TOROS VONT BIEN !

     3 Avril : Une récente étude du « Collège des Vétérinaires de la plaza de Las Ventas »  vient de paraître, sous la forme d’un « Mémoire de la Temporada 2000 à Madrid ». Il y est révélé plusieurs éléments très intéressants, concernant la santé des toros combattus l’an passé, à Las Ventas. En voici quelques uns :
     On souligne « le bon moment », physique et moral, des encastes  Albaserrada, Villamarta et Santa Coloma.
     Côté présentation, 77.86% des 750 toros présentés au « reconocimiento » vétérinaire, ont été approuvés. 22,14% ont été refusés. De ceux qui sont passés à la plaza, 9,76% ont été devueltos , rentrés au corral, pour diverses raisons.
     Une étude sur l’ostéocondrose métacarpienne (lésion liée à la dégénérescence des os des pattes) souligne que 70,82% des 90 cas étudiés, pris au hasard, présentent un haut degré de lésions. C’est énorme. Cependant, ce problème n’est pas statistiquement lié aux nombre des toros  invalides, s’écroulant dans le ruedo pendant la lidia.
     Il se confirme que les toros exposés pendant plusieurs jours à la Venta del Batan, tombent beaucoup moins pendant la course (8%), que ceux directement débarqués dans les corrales de la plaza (22%). L’accoutumance à l’air de Madrid, sans doute...
     Par ailleurs, il est constaté que les cornes « poussent moins » qu’auparavant, après l’âge de trois ans. Longueur moyenne d’un piton, aujourd’hui : entre 44 et 51 centimètres... au repos !
     Enfin, l’étude signale que l’on a pratiqué sur 91 toros, pris au hasard, des examens liés a plusieurs maladies comme brucellose, tuberculose, clamidiase et autres « joyeusetés »... A priori, ils se portent « comme vous et moi »...
     De quoi nous plaignons nous donc ?

 

LES PAQUES DE JEAN BAPTISTE... 

     4 avril : Pâques arrive à grands pas... Avec cette fête chrétienne qui, parfois, dans certaine ville d’Espagne, frôle le païen, on aborde la première grosse difficulté  de la temporada. « Domingo de Resureccion » signifie, bien sûr, l’ouverture de Séville et, de notre côté, la feria d’Arles.
     Cette année, la corrida de la Maestranza retiendra toute l’attention du mundillo : José Tomas y fera sa rentrée. Troquant ses cannes à pêche pour cape et muleta, s’étant rasé de près, le mystérieux torero se doit de marquer un gros point, d’entrée. Pour le moment, il a de la chance, puisque la temporada a débuté « en douceur », personne n’ayant fait exploser l’applaudimètre, au point de le condamner à « dix minutes de placard ». Ni Joselito, ni Jesulin, ni Ponce, ni même le Juli ne peuvent faire d’ombre au madrilène. Califa a bien failli , mais on lui a rabaissé son caquet, au point qu’il n’est ni à Séville ni à Madrid, ce qui est, d’ailleurs, une totale injustice, quelles que soient les circonstances qui entourent ces absences .
     José Tomas torée trois fois à Séville. A n’en pas douter, il visera la Porte du Principe. Imaginez un peu ... ouvrir deux fois « La Porte », au cours d’une même feria. Voilà qui aurait de la gueule, qui ne se serait jamais vu, au moins dans les trente cinq dernières années. Voilà qui, d’un coup, remettrait Jose Tomas  au plus haut de l’échelle, lui permettant d’aborder avec sérénité une feria de Madrid aux résultats aléatoires.
     Mais on s’arrêtera aujourd’hui aux « Pâques de Jean Baptiste ». En effet, Juan Bautista aura un week end « apretado », avec quatre corridas en quatre jours, et une pression digne des grandes figuras. Que l’on en juge : du Vendredi Saint au Lundi de Pâques, Jalabert va toréer quatre fois : Arles, Hellin, Las Ventas et Arles.
     Juan Bautista porte le poids de la Feria d’Arles, toréant les Victoriano del Rio, en ouverture, le 13 avril, et clôturant le cycle, la lundi de Pâques, 16  avril, devant les toros del Pilar. Chaque fois entouré de figuras, il devra marquer la feria 2001 de sa présence. Samedi 14 Avril, les toros d’Ana Romero, à Hellin, près d’Albacete, avec Jesulin et le Cordobes. Quand « un de Ana Romero » met le tête, cela finit parfois en indulto... Et pourquoi pas ? Le  deuxième gros challenge de ce week end « de figura » : Madrid – Las Ventas, le 15 Avril, dimanche de Pâques. Jean Baptiste y sera le témoin de l’alternative de Rafael de Julia, présidée par Uceda Leal, devant des Peñajara. Il y aura du monde dans la plaza, pour un cartel digne de San Isidro.
     Quatre corridas en quatre jours. Quatre challenges, quatre opportunités de confirmer talent, ambition et « rang »... Juan Bautista est le meilleur des français, et de très loin. 2000 l’a vu « énorme » en plusieurs occasions. Il lui faut confirmer. En ce début de temporada, Valencia l’a trouvé trop académique, presque sans flamme, mais Castellon lui a fait triomphe. A n’en pas douter, Juan Bautista ne peut passer au travers de ce nouveau pari, dont on sait qu’il sera très difficile à emporter. Qu’il soit de France, de Navarre ou d’ailleurs, le public est versatile. Il aime la nouveauté, et oublie vite les mérites passés. Seules quelques têtes privilégiées résistent... Un poker d’as, dans lequel il faut entrer... Pas facile !
     Pour Jalabert, Pâques 2001 sera primordial. Ou il monopolise la parole des chroniqueurs, et l’on ne parle que de lui, après Arles et Madrid, ou il passe « de puntillas » et les problèmes commenceront. Bien sûr, les sorteos influeront, mais  de toutes façons, « habra que pisar a fondo »... Pas d’inquiétude, de ce côté là. Suerte, matador !

 

MADRID : SAN ISIDRO AVANT LA LETTRE

      Il y a petite division d’opinions autour des cartels de la San Isidro. Bien entendu, certains regrettent très fortement l’absence du Califa, pour des raisons que monsieur Lozano, malgré tous ces accents de sincérité, n’arrivera pas à nous convaincre. Il est triomphateur de l’an passé (et de quelle manière !) et donc, il devait être tête de liste de la feria 2001. Punto !
     De fait, la feria s’est basée sur les paris de deux figures, qui ont obligé les autres à « se bouger un peu ». Joselito et Tomas « prenant du gros », le Juli et Ponce ont du chercher l’événement. A partir de là, l’empresa a eu beau jeu de confectionner des cartels qui, certes, présentent quelque intérêt, mais ne surprennent pas. Par ailleurs, certains toreros ont été oubliés, quand d’autres se voient favorisés. Que Fernandez Meca, qu’Antonio Ferrera, que Viches, entre autres, soient absents de la feria, n’est pas acceptable. Que Jesus Millan n’ait qu’un contrat  ne l’est pas plus... Bien entendu, tout cela est « gazpacho de despacho » et l’aficionado ne peut qu’accepter...
     Tout bien considéré, on peut dire que les deux cartels de Rameaux et de Pâques ont plus d’intérêt, et sont des vrais cartels de feria...
     Dimanche des Rameaux, 8 Avril : Confirmation d’alternative de Jesus Millan, devant des Juan Jose Gonzalez, en présence de Jose Luis Bote et David Luguillano.
     Dimanche de Pâques, 15 avril : Alternative de Rafael de Julia, des mains de Jose Ignacio Uceda Leal, en présence de Juan Bautista, devant des Peñajara.
     Deux cartels qui avaient place dans le grand cycle, parce que présentant, chaque fois, « un aliciente », une possibilité de surprise, un caractère événementiel que ne produisent pas les trois quarts des affiches de la grande Feria. C’est ainsi !

 

JUAN JOSE PADILLA SERA T’IL EN ARLES ?

     4 avril : On revoit avec horreur les images de la cogida de Padilla, samedi dernier en plaza de San Sebastian. Vaya susto ! Vaya milagro ! La cornada évolue bien et le Jerezano est revenu sur ses terres, hier. Aussitôt, il a été pris en charge par le docteur Julio Mendoza, spécialiste en taurotraumatologie, qui a confirmé la très bonne évolution de la cornada. Par contre, il s’est montré très dubitatif quant à l’état des vertèbres cervicales, et a prescrit à Padilla 21 jours de repos absolu. Arles et la corrida de Partido de Resina... c’est le 15 avril au matin.
     On connaît les toreros. Couturés de partout, cassés en deux, ils arrivent au paseo, grimacent un sourire, et s’en vont au charbon, clopin-clopant. « Des vrais fous ! », dira t’on avec respect et admiration. Des êtres « faits d’un autre bois » ! Parmi eux, Padilla est encore plus fou, et il est clair que le « repos absolu »... se transformera vite en séances d’entraînement. Cependant, cela risque quand même d’être « juste », d’autant qu’il y a Séville, derrière. A suivre donc ..

 

ABELLAN PRENDRA LES VICTORINO DE BILBAO.

     4 Avril : Miguel Abellan fera le paseo, aux côtés du Juli, le 22 Août, face a la corrida de Victorino Martin, à Bilbao. On avait aussi murmuré le nom de Ponce, ce même jour. A suivre donc, ce cartel « qui sent la poudre »... Todo un gesto !
     Par ailleurs, les Victorinos seront combattus, lors de la Feria de Santander, en juillet, par Ruiz Miguel, Fernandez Meca et Juan Jose Padilla.

 

SEVILLA  2001... TRIOMPHER A TOUT PRIX ... (Première partie)

     5 Avril : Rarement une feria de Séville aura comporté autant d’enjeux que celle qui va s’ouvrir dans une petite quinzaine. Pour diverses raisons, les figuras sont obligées de « mettre le turbo » dans la Maestranza, donnant ainsi à l’aficion l’espoir d’une grande compétition. Certes, les challenges personnels ne seront pas les mêmes, et certains toreros joueront  « plus décontractés », quoique... D’autres, par contre, devront marquer un maximum de points à la veille d’une San Isidro où ils ont fait de gros paris, sans aucune garantie. Aussi, Séville doit leur faire un « tapis de lauriers et de louanges » sur lequel ils pourront marcher gaillardement au combat madrilène.
     Séville et ses toros ; Séville et son public ; Séville et cette approche très spéciale du Toreo. Curro Romero parti, le public et le presse seront peut-être plus ouverts, voire plus justes. Fini le temps où la valeureuse actuacion d’un Cesar Rincon, par exemple, était totalement gommée par une demie véronique et deux naturelles du pharaon (Feria 1992).  Plus que jamais, Séville est ouverte, en quête d’une nouvelle idole, qui n’atteindra jamais le niveau d’adoration, ni de mauvaise foi, dédiées au « Curro de mi arma ! »... A un moment, on a pensé au fils de Pepe Luis (dans les années 80), puis, dernièrement, on a rêvé avec le Morante, et l’on y pense encore... Cependant, Séville ne se contente plus des éclairs furtifs. Il faut donc lui prouver, cape en mains, que l’on mérite  une place dans son coeur.  Séville et Curro, c’était un mariage d’amour. Avec le prochain, ce sera, avant tout, un mariage de raison.... le « cariño » viendra après.
     En gros, trois groupes de toreros avec des situations et des challenges différents :  Les Figures « en danger » - Les vedettes qui « ne se jouent rien », mais qui doivent être bien – Le jeunes qui doivent confirmer ou entrer définitivement...
     Au premier rang du premier groupe : José Tomas. Il regarde de loin les autres se débattre ; il ne fait pas l’Amérique ; il s’arrange pour ne pas toréer le premières ferias, restant perdu dans ses pensées, et cache ses ambitions derrière une épaisse barbe noire. On sait qu’il torée avec cette personnalité, ce « sello propio » que tout le monde lui envie, et l’on sait aussi que Séville est le première à pouvoir l’apprécier. Tomas fera sa rentrée 2001 à la Maestranza, le dimanche de Pâques. Trois corridas dans la feria, trois chances de faire taire les dubitatifs, à la veille d’une feria de Madrid où il joue gros : les Puerto San Lorenzo  ne sont pas au maximum, et Adolfo Martin ne sortira pas tous les jours un « Malaguéõ II »(le toro qui a fait sa gloire en 2000 – gloire qu’il a, par la suite en partie gâchée par des présentations et des comportements « divers ». Ref :Pamplona.). Tomas doit triompher à Séville quite à y laisser quelques alamares... Alors, on revoie ses débuts 2000 : Castellon, Zaragoza... Les « réglages » de début de saison lui avaient coûté nombre de volteretas et de blessures... Espérons que 2001 partira sur un autre scénario, sur d’autres bases... Réponse, le 15 Avril (avec les Torrealta) ; le 28 (avec les Nuñez del Cuvillo) et le 30 avril (avec les Juan Pedro).
     Joselito connaît l’ivresse de la sortie par la Porte du Prince. Cependant, il n’est pas, et ne sera jamais torero de Séville. 2001 le voit arriver « en point d’interrogation... » après un début de saison où il voulait effacer d’un coup (le « unico espada » de Madrid – Vista Alegre) les doutes et les suspicions. C’est loupé. Il fera le paseo dans une plaza qui a été le témoin de sa plus vilaine débâcle, en 1998, et qui a suivi de loin, sa capricieuse année 2000. On ne lui pardonnera rien. De son côté, le torero est il capable de secouer son auto suffisance, sa hautaine torpeur ? L’homme, qui va être papa, a t’il l’esprit « à 100% » tourné vers le toro ? On va vite le savoir. C’est de son intérêt, parce que Madrid ne lui fera pas de cadeau, et les corridas auxquelles il s’est inscrit (Adolfo Martin et Pablo Romero ) n’offrent que d’aléatoires possibilités. Joselito se doit de remettre, à Séville, les pendules à l’heure.  Réponse, les 28 Avril et 2 Mai, respectivement avec les toros de Nuñez del Cuvillo et Victoriano del Rio.
     Le Juli  n’est pas forcément à l’abri... On sait qu’il « veut la photo » de la sortie par la « Puerta del Principe ». Elle lui a échappé, par deux fois. On le comprend donc, au plus haut point, et sa vibrante jeunesse est un immense atout. Il fera trois paseos et le public le connaît bien, maintenant. Il n’y a donc plus cette fraîcheur, cette spontanéité qui surprennent. Certes, le public chantera son audace, mais beaucoup, également, apporteront « la loupe ». Alors, certains applaudiront les paires de banderilles « musclées », ou les lopecinas « très bougées »... pendant que d’autres, réprobateurs, murmureront : « Eso no es ! ». Trois contrats, plus de surprise. Donc, « El Juli » triomphera à Séville « en torero », et non « en phénomène »...Réponse à Pâques, (devant les Torrealta) : puis les 27 Avril et 3 Mai, avec les Jose Luis Marca, et les Domecq de Parladé.
     Morante de la Puebla n’a pas le droit à l’échec... Séville « veut » avoir pour lui, les yeux de Chimène. L’année 2000 était celle de « la passation d’amour »... Curro sur le départ, on pensait au prince consort, et Morante était celui là. C’était bien parti, jusqu’à la moitié de sa première corrida, en avril : deux oreilles d’admiration et de chauvine tendresse. Puis, on sait la suite : la cornada, terrible, les contrats perdus, le laborieux retour, et la petite escapade lors de la San Miguel, montée en épingle par une empresa avec laquelle il a toujours eu des problèmes, et une certaine presse qui avait quelque compte à régler avec son ex apoderado ami. Total : Tout est à refaire, et Séville l’attend avec espoir, mais « un sourcil froncé ». De son côté, le torero de la Puebla sait que, mieux que quiconque, Séville peut valoriser un détail, un soupir d’inspiration, un éclair artistique... Madrid, non , ou beaucoup moins facilement. Donc, il doit triompher « en restant dans sa ligne », mais en prouvant également qu’il est solide. C’est un dur pari, car il doit beaucoup « reconstruire »...
     Jesulin de Ubrique joue gros. Il revient, fait un boucan terrible, le premier jour, en montrant sa nouvelle image, sa nouvelle conception du toreo. De ce fait, on l’installe en haut de l’affiche. Cependant, depuis, il n’a pas triomphé et le public semble bouder ce nouveau Jesulin, classique, toréant mieux que jamais, mais sans éclair de génie, et tuant mal... Séville ne sera pas facile, mais il doit y marquer son passage à tout prix, d’autant qu’il y aura « la Télé » pour témoin... Rendez vous : le 29 Avril, avec les Pereda ; et le 1er Mai, où il devra beaucoup travailler, avec les Manolo Gonzalez.
     La suite, « mañana »..., avec le deuxième groupe : « Ceux qui se doivent d’être bien, mais qui n’ont pas la même pression ! : Enrique Ponce, Finito de Cordoba, Victor Puerto, Manolo Caballero »

 

SEVILLA 2001...TRIOMPHER  A TOUT PRIX... (2ème PARTIE)

     6 Avril : Malgré tous le maux dont on l’accable, tous le mots dont on l’affuble, le monde du toro est presque plus sain que tout ce que constatons par ailleurs. Ici, on a du mal à pré fabriquer une star, comme par exemple, la nouvelle « Miss Brésil » qui arrive à la couronne, après 22 opérations de chirurgie esthétique... Gonflée, la poupée ! Ici, on ne réussit pas en faisant grève et en empêchant tout le monde de vivre, de travailler... (Le droit, la liberté... comment donc ? Ne dit on pas qu’ils commencent ou s’arrêtent ceux des autres ?) Ici, on n’est pas en haut, grâce à des super magouilles « politico economico etc », qui finissent toujours par vous envoyer « au Tapie »...
     Ici, celui qui arrive en haut, même s’il a bénéficié d’appui, de parrains puissants, de « ponedores », même s’il a eu ses entrées partout et qu’il est le « niño  mimado » d’un grande école taurine... celui qui arrive en haut, et qui s’y maintient, c’est parce qu’il a « quelque chose » qu’il ne doit à personne, et qu’il l’a démontré, « tarde après tarde » face au grand juge de paix, au plus terrible jury qui soit : le Toro !
     Difficile de le tromper longtemps, celui là. La sanction, lorsqu’on lui ment, n’est pas une mise en examen dorée, qui ressemble presque à un titre d’honneur (« Quoi, vous n’avez pas été mis en examen ?- Un fallo ! »). La sanction, c’est trente centimètres dans la cuisse, ou ailleurs. C’est en tous cas, une de ces roustes dont on se rappelle... voyez Padilla !. Donc, ici, l’homme n’a qu’une possibilité : « La muleta dans une main, l’épée dans l’autre... et le coeur au milieu ! »
     C’est pour cette raison qu’on les admire tous, même quand on râle après eux.
     La Feria de Séville, on l’a vu hier, sera cruciale pour certains toreros. Cruciale ! Elle sera très importante pour d’autres, mais présentant moins de risques, parce que les circonstances qui les entourent font  qu’ils pourront faire face, très dignement, et pourront se rétablir ailleurs, si cela « coince un peu », dans la Maestranza. Pour diverses raisons, Enrique Ponce, Finito de Cordoba, Victor Puerto et Manolo Caballero se doivent d’être bien.
     Enrique Ponce est « un monstre du toreo »... On lui reproche parfois sa difficile facilité, la légèreté de son toreo... Oui, oui ! Chante, chante ! Il est un torerazo qui a su résoudre la grande équation « technique – esthétique – courage – communication ». Rien que cela. Enrique Ponce est en fin de carrière. Ce n’est pas injure que de dire cela. Séville a toujours été exigeante avec lui, parce qu’elle sait ce qu’elle peut exiger de lui. Certes ses ferias ont toujours été parsemées de grands moments, de gros détails, de gestes de pundonor et de grande honnêteté, face au toro et au public. Mais, il n’y a jamais totalement triomphé . Certes, il a ouvert la Porte du Prince, une fois... mais c’était un soir de septembre, le jour baissait et on supportait presque un petite laine. Rien à voir avec un crépuscule de printemps, quand la giralda carillonne...et que les robes gitanes laissent deviner des formes qui à vous damner un saint.. Ayyy, Sevilla ! Enrique Ponce ne sera pas mal, parce qu’il n’est jamais mal. Mais, Dieu que l’on voudrait le voir avec un grand toro, donner toute sa mesure, toute l’immense dimension du torerazo qu’il est, comme ce soir de Madrid 96, avec le « Lironcito » de Valdefresno... On le lui souhaite. Enrique Ponce sera à l’affiche le 27 Avril (avec les Jose Luis Marca), et le 3 Mai (avec les Parlade).
     Finito de Cordoba est un « pourri de classe » qui s’est un moment laissé allé aux  douces torpeurs de la gloire torera. Le costo volver ! Il en a bavé, mais est revenu au tout premier plan. Séville devrait être « sa » plaza, à lui, le cordouan. Son toreo, tant de capote que de muleta, cadre totalement avec les colonnes de cette plaza inimitable. Grandiose ! L’an passé, il a « frôlé la Porte ». Le loquet était déjà tiré. Le portier préparait son effort pour ouvrir les deux lourds battants. Mais, quelque chose coinça, et le portier, désolé mais content de ne pas avoir cet effort à faire, remit sa casquette et alla « se jeter un fino pour noyer son chagrin ». Finito de Cordoba ouvrira, un jour, la Porte du Prince. Et ce jour là, ce ne sera pas à coup de portagayola, mais parce qu’il aura sculpté sur l’albero magique du Guadalquivir, toute la grandeur du toreo de toujours. Sa saison a bien commencé, à Valencia et Castellon. Mais, s’il a bien fonctionné, on attend de lui, autre chose, une autre profondeur, un autre sentiment... le temps qui s’arrête ! Il se doit d’être bien à Séville, car Madrid, après les déclarations qu’il a faites à son sujet, va l’attendre avec tous les fusils chargés...  Finito de Cordoba sera au cartel, le 29 Avril, (avec les Jose Luis Pereda, qu’il connaît bien), et le 2 Mai, (avec les Victoriano del Rio).
     Victor Puerto est une énigme. Il n’a ni la tête, ni la stature d’un torero artiste. Il éclata un jour, à Madrid, mais deux ans plus tard, le même public lui « mit deux heures de colle », pour mauvais esprit. Il lui en coûta deux ans, pour revenir au tableau d’honneur. On le savait poderoso, technique et courageux. Il coupait des oreilles, mais on avait du mal à se souvenir de ses faenas, en fin de feria. Mais voilà que le torero s’est transformé, l’an dernier, donnant plus de profondeur à son toreo, plus de ralenti à sa verve, plus de fleurs à son inspiration. Les Guardiola et les Dolores Aguirre de Madrid, ont été, en 2000, les premiers témoins de sa toreria retrouvée. Triomphateur de la San Isidro...sans couper une seule oreille. Chapeau ! Grande saison du retour, terminée par « la faena » de l’année, en septembre, à Séville. Victor Puerto arrivera à la feria, avec un crédit ouvert de part en part, quoique... le public de la feria n’est pas celui de septembre, et que, justement parce qu’il a été si bien en septembre, on va « exiger beaucoup de lui, en Avril ». Triomphateur de Valencia, Puerto arrive en force, et peut triompher en finesse (Mais c’est à Madrid qu’il se « consacrera »). Il est magnifiquement placé, sans jouer la facilité,(parce qu’il n’en a pas encore la force) : 25 Avril (avec les Torrestrella) et 4 Mai (devant les Guardiola).
     Manolo Caballero est le triomphateur de la feria de Séville 2000. On le vit pléthorique avec un Torretrella, et deux Torrealta. Il manqua de peu la Grande Porte, le deuxième jour (voir chroniques d’Avril – Temporada 2000). Pourtant, quelque chose manque. Il y a, dans le toreo de l’Albaceteño, une espèce de mécanique bien huilée qui gêne un peu. Caballero ne surprend pas. Poderoso, il assène son toreo, propre, vibrant, mais sans génie, sans « angel »... Le duende est, avec lui, beaucoup plus souvent en grève que la SNCF ! Si, si ! Caballero sera regardé « à la loupe », cette année. Il ne lui sera pas si facile de lever le public. D’ailleurs, les deux premières ferias ont un peu traduit cela. Ayant eu « grande mauvaise chance » passant « en blanc » à Valencia et Castellon, Manolo Caballero doit être bien à Séville et convaincre totalement Madrid, qui ne lui a que moyennement pardonné d’avoir laissé passer deux grands toros, l’an dernier, un d’Adolfo Martin, et un d’Alcurrucen . Gros challenge pour Caballero, même s’il n’est pas vital... Il torée les Alcurrucen, le 26 Avril ; et les Victoriano del Rio, le 2 Mai.
     Demain...les énigmes : Rivera Ordoñez, Ortega Cano, Eugenio de Mora, Pepin Liria ... Ils sont toreros, et, pour diverses raisons, la Feria de Séville sera, pour eux, vitale.

 

SEVILLA 2001...TRIOMPHER A TOUT PRIX  (3ème PARTIE)

     7 Avril : dans une « grosse semaine », la plaza de la Maestranza aura revêtu ses plus beaux atours. Dans la Ville, processions et cérémonies religieuses se seront succédées au son des trompettes, et les pasos, lourdement chargés d’or et de lumières, s’arrêteront dans les ruelles tandis que des saetas tomberont du haut de quelque balcon. Cris et lamentations... Pâques sévillanes. Ferveur et frénésie. Mystère et fanatique beauté. On  regarde, on adore, on vit... la Semana Santa...
    
Puis, au soir de la résurrection, on se presse aux arènes. Pour la première fois depuis tant d’années, Curro n’est pas là. Certes le cartel est magnifique... « pero farta argo ! ». Quatre jours de repos et au soir du 20 avril, la feria s’en ira pour 17 jours d’une autre ferveur, à la fois plus raisonnée, mais tout aussi romantique. Les toreros y auront leurs favoris, les ganaderos viendront, du coin de l’oeil, voir comment sortent les corridas des copains. Dans la plaza, on porte costume et cravate. Au revers du veston, le clavel n’est pas sponsorisé par une grande marque de cigarettes. L’odeur des cigares a du mal à gâcher le parfum sucré de quelque belle andalouse, qui, d’un regard, vous met à dix mètres. Pero, que guapa ! Feria de Sevilla, feria inimitable, feria « de lujo »...
La feria 2001, on l’a vu, sera primordiale, pour de nombreuses vedettes. Certains s’y disputeront le sceptre, et voudront l’avoir bien en main avant la San Isidro de Madrid, toujours incertaine... Et puis il y a d’autres toreros qui ne cherchent pas le N°1, mais dont la race et l’amour propre les poussent à se surpasser, ici, sur l’albero  de la Maestranza...
    
Francisco Rivera Ordoñez
est ici dans la plaza qui a vu son père sourire aux ovations, tandis qu’il sortait par la Porte du Prince; hurler de douleur, tandis que, les deux cuisses affreusement ouvertes (1998), on le portait vers la table d’opération. Paquirri, dans toutes les mémoires. Ce jour là, un de ses secouristes était « todo un maestro »...Il était de Ronda. Il s’appelait Antonio Ordoñez. Il était le grand père de Fran. Alors, depuis 1995, Rivera Ordoñez « se grandit » sur le sable de la Maestranza. Il essaie de clamer son toreo athlétique, de poser ses faenas, de templer sa muleta. C’est à Séville qu’il faut le voir, car après, il parsème sa temporada de coups de rage et de torchon, multipliant les moues dubitatives et les pinchazos. Rivera Ordoñez occuperait il la place qu’il a, s’il n’avait la grâce d’être de haute lignée torera, et en plus, d’être« guapissimo », comme elles disent ? Probablement pas. Cette année, il devra appuyer fort sur l’accélérateur, car cela fait maintenant plusieurs années qu’il fait plus parler de lui par les mondanités qui l’entourent, que par la puissance des ses estocades. Certes, sa vie est, depuis longtemps, résolue, et on ne peut que saluer le geste de ce garçon, lorsqu’il s’en va  s’agenouiller au toril, attendant le destin « a portagayola ». Certains y vont chercher les millions, lui a quelque chances de les y perdre...  Mais cela ne suffit plus. Alors, attendons. « La race » est là, le pundonor aussi. Bon sang ne saurait mentir, et « s’il faut voir » Rivera Ordoñez, c’est à Séville qu’il faut aller. 2001 pour redorer le blason, le 26 Avril, devant les Alcurrucen ; le 1er Mai, face aux Manolo Gonzalez.
    
Pepin Liria
est sur le sable qui a vu ses plus grands exploits. Il aurait pu être, seulement, un torero légionnaire... En fait, Liria a démontré, en cette arène, pouvoir calmer son jeu et relâcher son toreo. Séville a vécu ses plus beaux exploits, a salué ses largas, ses estocades. Elle a vécu ses odyssées, avec les Victorino ou « seul contre six », comme en 97. Elle a également apprécié des faenas plus reposées, sans toutefois se départir d’un total engagement. Séville a adopté le Murciano, dans la rue comme dans la plaza. Torero d’une farouche honnêteté, Liria a connu quelques difficultés en 2000. Les ans et « les rendez vous de guerre » ne passent pas en vain. 2001 est une énigme. Valencia et Castellon ne l’ont pas jugé digne d’elles... Madrid l’attend... sans l’attendre. On sait qu’il mettra tout ce qu’il a... mais on le connaît par coeur. A Séville, ce n’est pas la même chose. On y ajoute le sentiment, et le respect. Liria sait qu’il y joue une carte importante, il va donc y jouer à fond sa première carte. Réponse, les 23 avril (avec les Puerto San Lorenzo), et 5 Mai (devant les Cebada).
    
Eugenio de Mora
va t’il confirmer l’excellente impression causée l’an passé. S’il avait conclu plus vite ses deux mises à mort, et si la corrida s’était déroulée en pleine semaine des Farolillos, il ouvrait la Puerta del Principe. Du coup, voilà le grand tolédan installé sur deux contrats. Il n’est pas encore au cartel de la « grande semaine », mais, toréer aux côté de Caballero et Rivera Ordoñez, avec toutes les chances de leur mettre un bain, c’est quand même appréciable. Alors, « les farolillos » pour l’an prochain ? Eugenio de Mora semble se bonifier avec le temps. Il a encore gagné en profondeur, comme il l’a démontré à Mexico. Le longiligne novillero a fait place à un matador solide, vaillant, mais qui sait également conjuguer les mots « empaque » et « toreria ». Eugenio de Mora  défilera le 24 Avril (face aux toros del Pilar) et le 26 (avec les Alcurrucen). Vu sa prestation de l’an passé, il méritait, au moins, « une » meilleure date.
    
Ortega Cano
est il une énigme ? Oui et non ! Oui, parce que l’on attend les réactions du public qui le recevra, respectueux, mais ne manquera pas sa moindre « cagade ». Non, parce que l’orgueil et le fierté torera de ce maestro « sur le retour » sont tellement immenses, qu’il peut tout à coup « planter les pieds », et mettre tout le monde à genoux. En a t’il encore la force, physique et morale ? De toutes façons, il y aura toujours quelqu’un pour chanter ses louanges. Et s’il n’y a personne, Rocio « en poussera une », et nous resterons tous au garde à vous ! Ortega Cano ne se joue pas grand chose, dans cette feria... « Il a été bon, on le savait. Il a été mauvais... on sourit, mais on peut le comprendre ». Ortega Cano, via son apoderado, empresa de la plaza (ça sert !), se retrouve magnifiquement placé : le 27 Avril, (avec les Marca, Ponce et le Juli) ; le 30 (avec Tomas et Morante, face aux Juan Pedro Domecq)
    
Juan Antonio « Espartaco »
torée sa dernière Feria de Abril. Espérons que ne sera pas « la feria de trop ». Séville respecte trop le torero d’Espartinas pour lui faire mal, et, à n’en pas douter, le « cariño » accompagnera tous ses pas. Mais Espartaco nous fait peur, depuis son retour ; depuis sa lésion ; depuis ces trois ans d’invalidité ; depuis cet effort surhumain, admirable, pour revenir en haut ; depuis Valencia, aux Fallas, l’an passé... La Maestranza a vécu  avec lui d’immenses clameurs, d’incroyables moments. Il serait dommage que tout s’arrête en silence. Torerazo et « exelente persona », Espartaco mérite tout ! Alors, espérons que les toros le respecteront et qu’il lui permettront d’ouvrir, une dernière fois, la Porte d’Avril. Espartaco fera deux paseos : le dimanche de Pâques (avec les Torrealta) et le 3 Mai (avec les Parladé). Puis, le 29 septembre, Séville lui dira « le grand au revoir » et le blond torero savourera, en famille, ce repos si bien gagné. Suerte, Maestro !
    
Manuel Diaz « El Cordobes »
torée le 25 Avril, la corrida de Torrestrella. Une seule corrida, une seule énigme... qui n’en n’est plus une ! Un soubresaut, peut-être ?
    
Demain, la dernière partie : Ils sont jeunes ou plus expérimentés. Venant d’horizons divers, il sont entrés dans la feria et entendent bien y marquer leur passage. De Bautista à Padilla ; de Cepeda à Davila Miura ; d’Abellan à Castaño...  Demain.

 

DE CI ... PAR LA...

     7 Avril : Le Pedrito de Portugal prend six toros de Los Guateles, ce soir, en plaza d’Olivenza. On ne sait pas. Ce torero a tellement soulevé d’espoirs, à un moment... et il en a tellement déçus. Torero cérémonieux, mystique, on a du mal à le voir avec six toros. Mais ce sera intéressant. « Au cas où », il est quand même conseillé aux hommes d’apporter un bon bouquin, et aux femmes, leur tricot. « Non ! Ca c’est trop vache ! ». On ne rigole pas avec une corrida en « unico espada »...on la salue et on souhaite grande bonne chance...à tous.
    
7 Avril : Brihuega nous fait le coup des « trois J » Aaah ! Absolument , les trois J : Joselito, Jesulin, Juli... Ca n’a l’air de rien, mais une course qu’il faudra surveiller. Les deux anciens ont des comptes à régler, maintenant qu’ils toréent dans le même registre. Quant au « petit jeune », il ne va pas se gêner. Les toros seront de Domingo Hernandez.
    
7 Avril : On connaît le « sorteo » de la Corrida de la Prensa, au cours de la Feria San Isidro: Armillita prendra un Peñajara et un Arauz de Robles... Juli : un Victorino et un Alcurrucen ; et Javier Castaño : un Zalduendo et un toro du Pilar.... Tout cela paraît bien réglé... en principe !
    
7 Avril : Nîmes nous prépare une feria « à la Casas »... Elle aura lieu du 31 mai au 4 Juin, et l’on redonnera à la plaza, la grandeur qu’elle mérite. Pour débuter, un gros évènement : Mano a mano Jesulin – El Juli, le 24 Mai, jeudi de l’Ascension, face à des Torrealta. Vaya !
    
7 avril : Les copains de corridas.net relatent le mauvais coup que prétend faire « Monsieur Palha », empresa de Tyrosse, à la Peña « el Ruedo », qui monte, comme chaque année, son spectacle en début mai, avec la bénédiction de la Mairie. La Peña a toujours fait de réels efforts pour faire les choses correctement, et l’Aficion lui doit quelques bons moments. Elle veut monter sa corrida, à sa mesure, et avec toute sa conviction. On ne voit pas en quoi, « Monsieur Palha » (qui n’y était justement pas, à l’époque des vaches maigres) s’opposerait, de vilaine façon, à cette entreprise qui ne peut en rien faire de l’ombre à son auguste personne... Il devrait en outre méditer ce qui suit : La Peña « El Ruedo » de Tyrosse sera encore là, quand lui n’y sera plus...depuis longtemps ! Alors, Señor... un peu de grandeur, de señorio... Aidez-les plutôt !   

 

SEVILLA 2001... TRIOMPHER A TOUT PRIX.... (4ème« surprise »partie !)

     8 Avril : C’est un peu comme le match Angleterre/France... On espérait que... mais au fin fond, on pensait bien que... ! Qu’attendre d’une poignée de « gros biscottos » à qui on a vidé l’imaginative et la superbe ? Que fait on lorsque ce qui arrive n’était pas écrit dans le livre du prof ? Peut on gagner qu’à partir du tableau noir et des gueulantes de "celui qui sait tout"?  Où est donc l’esprit guerrier de Rives, le « fighting spirit », où sont donc passés les « Bravehearts » ? « Trouver des joueurs », disent les uns... « Trouver un patron », disent les autres... Le  rugby à XV est devenu du rugby à XIII, au point que les anglais ont importé les meilleurs spécialistes de ce sport de tranchée... Et curieusement, ne voilà t’il pas que ce sont ceux là qui percent, magnifiques et s’envolent, au milieu des stars, médusées. Aux écrans des télés, l’ovalie pue la pub, le sponsoring, le fric et le business... Mais si l’on regarde « la temporada »... il serait peut-être temps de... changer d’apoderado !
    
Séville sera terrain de guerre pour certains toreros qui devront à tout prix  « marquer leur passage ». Pour les uns, déjà bien en place, ce sera  « confirmer » ou se maintenir.. Pour d’autres, essayer d’ouvrir des portes, entrer dans le carnet d’adresse des empresas... Pour les derniers, enfin, entrer du bon pied « dans le grand bal »
    
Juan Jose Padilla , Davila Miura, Miguel Abellan, Juan Bautista ont déjà un grand standing. Séville les attend... ou ne les attend pas. Mais leur actuacion attire l’intérêt, ou la curiosité 
    
Juan Jose Padilla
tirera derrière lui tout Jerez, et Séville retiendra son souffle : Après San Sebastian, ira t’il à la sortie du toril ? On dit que ce grand canonnier a mis quelque finesse à son paquetage de baroudeur. Pour lui, les Cebada du 5 Mai, et les  Miura du 6... Tout bien considéré, c’est bien au bazooka qu’il faudra y aller !
    
Davila Miura
  a donné grande faena, l’an passé. Vous en souvenez vous ? En a t’il tiré quelque gros avantage ? Sa cote, à la Bourse,  a t’elle monté ? En fait, l’homme n’a guère confirmé, et sa saison c’est soldée par... un changement d’entraîneur. (Tiens !).  Tout à refaire. Il sera bien... on le savait ! Il sera terne ... on le savait ! Deux contrats, résultat du « grand éclair 2000 » : 25 Avril avec les Torrestrella, 4 Mai, avec les Guardiola. Pas à dire, cela sert d’avoir un nom !
    
Miguel Abellan
méritait probablement mieux, après sa bagarre de l’an passé, face au Juli et aux Torrealta. Mais voilà, les Choperas ne sont plus là et il n’y a pas grand chose à échanger avec le nouveau driver. Alors, on le tolère, le dimanche 29, avec les Pereda. On sait que la saison sera dure pour lui, mais attention... il va attaquer fort et ne reculera pas.
    
Juan Bautista
torée le 24, la corrida du Pilar. A ver si le sale un toro ! On sait la qualité qui est en lui. Ne manquent plus que la possibilité de l’exprimer et la passion à y ajouter. Jusqu’à présent, le sorteo ne l’a pas beaucoup favorisé. A suivre avec intérêt, espoir, la main sur le coeur. A ses côtés, « El Cid » a aussi la grande opportunité de montrer la qualité de son toreo, en espérant que l’épée...
    
Pepe Luis Vazquez, Pedrito de Portugal
et Fernando Cepeda auront une énième opportunité. On attend d’eux quelques capotazos de rêve, quelques naturelles qui arrêtent le temps, mais on sait aussi que « le train est passé », depuis longtemps, et que même les grèves ne les laisseront pas y remonter. On peut en dire autant, mais un ton en dessous, de Vicente Bejarano.
    
Javier Castaño
torée le 4 Mai, les Guardiola, en pleins farolillos. Pas à dire, cela sert d’avoir un apoderado puissant. Certes, il a étonné lors de la novillada toréée l’an passé. Mais, cette « deuxième alternative », après l’échec de San Sebastian (car c’en est un, par delà les voltiges), sera pour lui, déjà, une dernière opportunité : Ou il explose et sort a hombros, de quelque manière que se soit... ou il explose, tout court ! Dur-dur, pour le tout nouveau matador. 
    
Tato, Fundi et Zotoluco
  partiront au canon comme de braves guerriers. Les Cebada Gago permettront peut-être au premier de redorer son blason, le 5 mai. Mais le Tato, qui sait ce qu’est la Puerta du Principe, n’a peut-être plus la tête à ça. A voir !
    
Les Miura du 6 mai n’ont que faire des rancheras, et les « mariachis » ont intérêt à se planquer. Zotoluco, qui a coincé à Valencia, aura du mal, cette année, à maintenir la bougie allumée, surtout si, à côté, souffle le typhon Padilla. Fundi, lui, se battra, en vieux baroudeur, mi superbe, mi truqueur. Pero bueno ! Les trois ont le pundonor bien ancré sous la montera... La Miurada sent la poudre !
    
Novilleros un soir, Matadors le lendemain, Luis Vilches et Fernandez Pineda ont une occasion en or. Grands adieux à l’escalafon novilleril, le 20 Avril, en mano a mano, et avec du Torrealta. Superbe, mais risqué. Puis l’alternative « de luxe », en particulier pour Pineda. Interdit de se planter...
    
Ainsi se présente le panel 2001 de la grande Feria de Abril, en plaza de Séville. Appréciations toutes personnelles qui n’ont pour but que de « vous » poser certains points de réflexion, ou d’intérêt. Mais, bien entendu, chacun  apprécie, évalue, prédit, selon son ressenti et son expérience. C’est pour cela aussi que l’on est Aficionados.
    
Et puis, hors tableau noir, hors stratégies mille fois répétées, hors directives hurlées aux « oreilles assourdies »... le sifflet retentit, et « les british vous partent dans le dos »...

     Et puis sort le toro, permanent mystère caché derrière deux yeux très noirs. Alors...

 

HIER, DANS LES RUEDOS...

     7 Avril - Olivenza (Badajoz) : Une demie arène pour le « unico espada » du Pedrito de Portugal, qui a tourné court. Pris par le premier toro des Guateles, le petit Pierre a péniblement fini sa faena et disparu à l’infirmerie, avec un gros choc dans l’épaule droite. Les cinq autres toros ont été lidiés par le sobresaliente « Saleri », qui coupa une oreille au cinquième. Effectivement... un bon bouquin, ou du tricot !
    
7 Avril - Brihuega
 (Guadalajara): Plaza pleine pour « les trois J ». Corrida tristement présentée et encore moins armée de Domingo Hernandez (carton jaune !). De la caste pourtant, et trois oreilles pour le Juli, qui torée « tout ce qui passe » - Jesulin a toréé avec temple, mais mal tué. Oreille à son premier – Joselito a erré comme une âme en peine... Oreille au quatrième qui fut protestée et le fit rentrer en soupirant. Hombre !
    
7 Avril – Calasparra
(Murcia) : ½ plaza, avec une corrida de Sancho Davila, sortie petite et faiblote, mais pointue. Ponce a tiré des lignes – Rivera Ordoñez a coupé une oreille, mais s’est fait prendre en estoquant, sans mal, heureusement – Et Alfonso Romero, qui s’était fait remarquer à Valdemorillo, a très bien toréé, malgré le vent, coupant trois oreilles. Certes, il était chez lui... mais quand même.
    
7 Avril – Huercal Overa
(Almeria) : ¼ de plaza : La corrida d’Arcadio Albarran est sortie inégale. Triomphe de Davila Miura, avec trois oreilles – Victor Puerto et Antonio Barroso coupent un trophée chacun.
    
7 Avril – Coria
 (Caceres): ½ Plaza : Toros Mercedes Perez Tabernero, muy buenos – Deux oreilles pour Alberto Manuel – Trois pour Manolo Sanchez – Carton plein pour Diego Urdiales : quatre oreilles. Bon pour le moral !

 

DE CI... DE LA... ; PAR CI ...PAR LA !

     8 avril : On dit que Paco Ojeda revient, qu’il a fait un tour chez le sastre, hier, et pas pour prendre le t hé. On dit qu’il reprendrait à Badajoz, pour une trentaine de courses en plazas de seconde, importantes (Malaga, Le Puerto... et la France ! Badajoz... peut-être ! Moi, je verrais bien Nîmes... pas vous ?
    
8 Avril : Abellan est absout et c’est son bon père qui prend tout. Oh, peu de choses : 40 Jours d’arrêt « à domicile »(et sans bracelet !), ou, en remplacement, 80000 pesetas de multa. Tout cela pour avoir secoué Javier Villan, le revistero du « Mundo », l’an passé, dans le hall de l’hôtel, à Logroño. Pas à dire... va falloir faire attention à ce qu’on écrit !
    
8 avril : Encore Miguel Abellan, dont on sait la volonté « de faire des gestes », cette année. Il a demandé les Victorinos de Bilbao, et prendra ceux ...de Bayonne, le 2 septembre.
    
8 Avril : Les Rameaux ! Corrida importante, en plaza de Madrid-Las Ventas : Jesus Millan confirme son alternative. Si les toros de Juan Jose Gonzalez le permettent, cette journée devrait être « un pas de plus » pour le jeune frisé d’Aragon. A ses côtés, Jose Luis Bote et David Luguillano.
    
8 Avril : Corrida de luxe, à Olivenza : Ponce, Morante de la Puebla et le Juli, avec des Juan Pedro. C’est la course qui avait été « refusée » par le public, le 4 mars. Il faisait si mauvais temps que, craignant la suspension « au deuxième », les aficionados avaient empêché le toreros de faire le paseo.

 

UN MAYORAL EST MORT. ENCORE UN !

     On vient d’apprendre la mort de Miguel Montenegro, 47 ans, mayoral de Julio de la Puerta. Cela s’est passé en début de semaine dernière. A son habitude, il était parti faire son travail, au campo. Ne le voyant pas revenir, tous se son mis à chercher. Ce n’est qu’après plusieurs heures que l’on a retrouvé son corps. Il avait reçu plusieurs cornadas au ventre et aux jambes.
    
Terrible fin, solitaire, d’un de ces hommes, qui saluent parfois quelqu’ovation, et qui ont voué toute leur vie, leur amour, au toro bravo. Ils en parlent avec passion, avec respect. Ils savent que cela peut arriver. Miguel Montenegro rejoint les nombreux compagnons qu’un toro a surpris, un jour, au bord d’un arroyo, ou caché dans les hautes herbes. Le destin, noir comme le toro !
    
Que descanse en paz, el buen Mayoral !

 

A ENRIQUE PONCE, « LE RAMEAU D’HONNEUR »...  MAIS LA PALME, A PACO OJEDA !

     9 avril : Nous sommes à quelques jours de Séville et, peu à peu, le grand puzzle se met en place. Ce dimanche des Rameaux avait plusieurs centres d’intérêt : Madrid, bien sûr, avec la confirmation d’alternative de Jesus Millan ; Olivenza, où Ponce, Morante et le Juli allaient se rencontrer ; Mais aussi une placita du côté de Cadiz, Los Barrios, histoire de voir où en étaient Ortega Cano et Espartaco, et si Jesulin était bien « le Jesulin nouveau », attendu comme le Messie.
    
Mais un événement allait venir troubler ce bel agencement : Un festival.
    
Vous direz, « Pfffttt ! un festival. Esta loco ? »  A voir ! Tous les ans, depuis Paquirri, la famille  Rivera monte un joli festival à Zahara de los Atunes, où naquit celui que l’on baptisa « le torero de Barbate ». Cette année, au moment où l’on parle de plus en plus fort de son retour au ruedo, habillé de lumières, Paco Ojeda était au cartel. Une occasion de voir où il en était. On a vu ! Face à un excellent novillo de Jose Luis Marca, Ojeda a été monumental, tant avec le capote que la muleta. Toreo cité de loin, ligado, templadissimo, dans un terrain incroyable. Faenon du torero de Sanlucar qui, de plus, tua bien. Deux oreilles et la queue, ce qui est le moins important. Mais, « en ce jour des Rameaux, mes frères, il semble que Paco Ojeda soit ressuscité ! »
Pour le reste, Ponce a fait la faena du jour, Morante a mis la chair de poule, Juli a hérissé quelques poils. A Madrid, de très beaux toros ont fait du ramping et Millan ne put s’exprimer. Ortega Cano a toréé magnifiquement à la cape et, à Jaen, un  « docteur » a reçu l’alternative. Barcelone a ouvert sa saison avec une non piquée  où les élèves de l’école taurine catalane se sont illustrés devant un bon bétail de Caridad Cobaleda. Du côté de « par chez nous », par contre, cela sentait le roussi, et les avis sont tombés plus fort que les oreilles. A cheval, Andy Cartagena a fait beaucoup de bruit, du côté de Murcia. Cette fois ci, on y est... la temporada est lancée.
    
« Ah, au fait... Vous n’auriez pas vu José Tomas ? »
    
8 Avril – Madrid
(Las Ventas) : 2/3 de plaza pour assister à la confirmation d’alternative de Jesus Millan. Les toros de Juan Jose Gonzalez sont sortis impressionnants, grands et très armés, mais hélas faibles, presque invalides. Seuls les 3 et 4ème ont permis à leurs maestros de d’exprimer. Particulièrement mal servi au sorteo - le premier était un des invalides, et le sixième ne se remit pas d’une voltige dans un burladero – Jesus Millan est passé « en blanc », comme son costume. Certes la volonté, certes de bonnes manières, mais que faire ? Ovation par deux fois. Le toro de la confirmation d’alternative s’appelait : « Extraviado » - N°68 – 511 kgs. Un élément historique de la biographie torera de l’aragonais, mais un toro à oublier très vite. – Jose Luis Bote, à son habitude, a donné quelques bons muletazos au noble quatrième, mais « sin rematar ». De plus, il se fâcha avec un spectateur qui lui reprochait son peu d’engagement. Silence au faible deuxième, et silence au quatrième, qui méritait mieux – David Luguillano eut quelques bons détails devant le troisième, mais il mit beaucoup de pico, et certains le signalèrent. Pour arranger le tout, « mato mal »... Silence partout.
    
8 Avril – Olivenza (Badajoz)
 : Plaza llena et beau temps. Bonne corrida de Juan Pedro Domecq. Caste et beaucoup de mobilité. Ponce touche les deux meilleurs. Grande ambiance et attente jusqu’au troisième. Ponce s’est fait deux fois désarmer par « Ovacion », le grand premier. Echec du valenciano et petite ovation, mais il râle. Morante de la Puebla  ne va pas se casser la tête avec le deuxième, bronco,  trop brutal à son goût. Silence. Arrive le Juli qui va mettre le feu aux poudres, avec le troisième. Engagement total , mais tue mal. Ovation, seulement, mais la corrida est lancée.
    
Le quatrième s’appelle « Talador », et face à ce toro de grande classe,  Ponce va bâtir une symphonie. Rythme, empaque, majestueuse lenteur, tout y était. Une faena qu’il faut, dès à présent ranger dans les grands moments de la saison. Deux oreilles et un triomphe d’importance, à la veille de Sévilla – Morante de la Puebla va, à son tour, parsemer sa deuxième prestation de formidables moments. Inspiration dans un quite clos d’une media « de cartel », puis relâchement au cours d’une bonne faena, avec des hauts et des bas, mais dont les naturelles levèrent les ovations. Oreille pour le Morante qui retrouve ses sensations, à l’approche de la Giralda – Le Juli a lancé la course. Il fit tout pour couper, au sixième: deux largas à genoux, la lopecina au quite, tout . Mais il était dit qu’aujourd’hui, c’était pour les copains. Il tua mal, et entendit une grande ovation après un avis. Grande corrida d’émotion artistique
    
8 Avril – Los Barrios
(Cadiz) : ¾ de plaza. Bons toros de Buenavista, en particulier les 4 et 5ème. Ortega Cano s’est fait mettre en boîte par le public. Gros sifflets à la mort du premier, et Cano « tout rouge ». Par contre, il fut monumental au capote, à la réception du quatrième. Un bouquet de véroniques qui aurait levé tous les publics. On le fit saluer après ce grand moment. Faena parsemée de bons détails et deux oreilles pour un Ortega Cano « rouge de plaisir » - Espartaco ne fit rien de notable à son premier, mais retrouva son toreo, coupant deux oreilles au cinquième. On est, en partie, rassurés – Jesulin de Ubrique a confirmé, comme hier à Brihuega, le total renouveau de son toreo. Temple, lenteur, intelligence lidiadora dans la mesure, les terrains choisis. Pas de doute, ce Jesulin nouveau va faire du bruit... et dans pas longtemps. Ne manque plus que la régularité à l’épée. Palmas après un avis, au premier ; deux oreilles au dernier. Les trois diestros sont sortis a hombros.
    
8Avril – Jaen
 : ¼ de plaza. C’est bien peu de monde pour assister à une alternative, celle de Jose Garcia « El Doctor », grand jeune homme qui fit parler de lui par quelques bons muletazos, et surtout une terrible cornada, en plaza de Séville, il y a deux ans. Le toro de la céremonie s’appelait « Dislocao » - N°54 – 590Kgs. Benitez Cubero de Pallares, comme les cinq autres, il  permit quelques détails au nouveau promu. Par contre, on fêta de grands moments à la cape et à la muleta, face au dernier qui  avait été changé. Palmas et vuelta, après un avis, pour le nouveau Docteur « es tauromachie » – Juan Carlos Garcia a touché « le » toro de la corrida. Oreille forte, au quatrième – Davila Miura a entendu deux avis. On l’applaudit un peu au troisième.
    
8 Avril – Saint Martin de Crau
(France) : Corrida très dure, dans un ruedo balayé par le vent. Trois toros de Clairac (1,2,3ème), deux du Palmeral (4 et 5ème) et un sobrero de Sanchez y Sanchez, sorti 6ème, remplaçant un Palmeral, boiteux. Corrida forte, voire très forte. Corrida dure qui a fait suer la gota gorda aux maestros. Le quatrième, du Palmeral, un burraco superbe avec lequel Olivier Martin faisait sa présentation en corrida, était « une estampe ».  Miguel Rodriguez fit preuve de métier. Il s’en sort bien : Vuelta et vuelta, après deux avis.  Angel Gomez Escorial se la joua, parfois inconsidérément. Avis et vuelta, puis silence au 5ème, faible – Marc Serrano fut renvoyé à ses études, par deux toros « à contre style » : deux avis, puis trois avis au dernier, sous la bronca. Huit avis et aucune oreille... Dur-dur !
    
8 Avril  - Dans les autres plazas
 : Anibal Ruiz  a coupé la seule oreille de la journée à La Solana (Ciudad Real), tandis que Antonio Losada et Reina Rincon donnaient une vuelta. Les toros étaient de Castilblanco – A Castro Urdiales, la novillada de Javier Perez Tabernero est sortie « commode en tout », et les jeunes se sont régalés : Trois oreilles pour Ivan Garcia, et deux pour Leandro Marcos et Alberto Guzman. Tout le monde a hombros. Pas de jaloux ! – A Torre Pacheco, près de Murcia, Andy Cartagena à mis le bain à ses collègues rejoneadores : quatre oreilles à des toros de Paco Galache. Saluez !
    
Au festival de Zahara de los Atunes, outre le faenon de Paco Ojeda, on a vu triompher Riverita et Canales Rivera, coupant chacun un rabo, tandis que Fran Rivera Ordoñez obtenait deux trophées. De leur côté, Curro Vazquez et Emilio Muñoz coupaient une oreille. Souvenirs ! Les novillos étaient de Guadalest, Zalduendo, Luis Algarra, Jose Luis Marca, Angel Millares et Juan Pedro Domecq. A la fin... tout les commentaires partaient vers Sanlucar.

 

LES PAQUES DU SUD OUEST

     10 Avril : Pâques ! Ferveur et tradition ! En Espagne, le sacré frôle l’idolâtrie. Les ors, les argents, les cuivres brillent mystérieusement aux éclats de mille flambeaux. Les « encapuchonnés » roulent des yeux terribles, qui font peur aux enfants. Les ruelles sentent l’encens et la sueur. Traditionnel spectacle de la Semana Santa. Espagne de toujours ...
    
Chez nous, les choses se font plus simplement. Certes, la ferveur est la même, tant dans l’affliction que dans la joie, mais on reste plus discrets, et c’est en famille que l’on fête la résurrection, ou le printemps, selon que l’on est pratiquant ou pas.
    
A table, l’agneau pascal. Dans les jardins, au milieu des cris, les enfants cherchent les oeufs de couleur que les parents ont amoureusement cachés. Ca crie, ça piaille... ça vit. Cette année, malheureusement les enfants de la Somme ne pourront chercher, dans les jardins inondés, les rubans multicolores. De l’eau partout, incompréhensiblement ... et une effroyable rumeur. Vaudrait mieux qu’elle ne se vérifie pas, celle-là !  Toujours est il qu’au flot envahissant, viennent s’ajouter des torrents de désespoir, que l’on comprend et que l’on respecte, en voulant pouvoir  « faire quelque chose ! ». Il n’y aura pas de fêtes de Pâques, cette année, dans la Somme.
    
Pâques, c’est aussi, dans « la moitié Sud », la Tauromachie. Traditionnellement, en bord de Rhône, Arles ouvre le feu. Cette année encore  « hay toros y toreros ! ». Ponce, Juli et Juan Bautista lancent la feria, vendredi. Jean Baptiste la fermera, lundi prochain, accompagné de Finito et Caballero. L’espace d’un gros week end, les toros de Victoriano del Rio, Alcurrucen, Partido de Resina, Baltasar Iban et El Pilar auront passé en revue grande partie de l’escalafon. De leur côté, novilleros et cavaliers auront tout loisir de s’affronter. Arles a reconquis son image de grande feria. 
    
Dans le Sud Ouest aussi, on court les toros. Dans le Gers, au pied de son clocher, Aignan est entrée dans la tradition : Novillada non piquée le matin... un bon repas, arrosé comme il se doit, mais pas trop, et tous à la corrida, le soir. La plaza n’est pas des plus commodes, pour les spectateurs, ni pour les lidiadores... mais l’aficion commande, et ça passe. Cette année encore, on pariera sur le toro. Quand on dit « Prieto de la Cal », on dit aussitôt « savon »... Surtout pour la traditionnelle couleur savonneuse de leur pelage (jabonero), mais aussi  pour évoquer la pente sur laquelle ils peuvent vous entraîner. Prieto de la Cal : Cuidado ! En face, Richard Milian viendra, en voisin, taquiner le toro - Pauloba mettra quelques grandes véroniques et naturelles (il est probablement le meilleur, à la cape), mais « coincera » peut-être à l’épée, comme d’habitude, malheureusement - Angel Gomez Escorial donnera tout, y compris le « pas raisonnable » !
     15 avril – Aignan : Toros de Prieto de la Cal pour Richard Milian – Luis de Pauloba – Angel Gomez Escorial. ( Réservation : 05 62 09 20 96 )

     A Mugron, c’est autre chose ! Là, depuis des années, la novillada est montée avec aficion, sentiment, avec le coeur autant que la raison. La jolie plazita en a déjà vécus, d’immenses souvenirs, et bien des figures d’aujourd’hui y ont fait paseo. Certains se souviennent « de Mougronnn ! » Parfois, il pleut un peu, un peu beaucoup. Bon ! Poco importa. Mugron, c’est la première grande retrouvaille de l’Aficion, c’est la convivialité, le sourire dans les coeurs... et dans les gosiers. Jean Mouneu, Olivier Martin et leurs collaborateurs s’activent, une année de plus, pour de grandes joies, ou quelques déceptions. C’est le jeu. Ca arrive. Mais reste la conscience du travail bien fait. Alors, tout est pour le mieux, et on y va en confiance.
    
Cette année, le lundi de Pâques verra la traditionnelle non piquée du matin, sur les coups de 11 heures. Elle sera l’apéritif à la novillada de Pâques 2001, « en Mougronnn! ». Novillada de Jarama, pour Sergio Aguilar qui continuera dans sa ligne de toreo vertical et d’aguante (presque!) – Julien Lescarret, espérons le, touchera enfin un bon novillo qui lui permettra de développer les grands progrès constatés – Cesar Jimenez sera le plus toréé des trois, le plus beau, diront les dames; le plus malin, diront nous ; le plus tout... A suivre !  Joli cartel, avec trois styles, trois personnalités mais un seul but : « Quieren ser (y son !) toreros ! »...
    
16 Avril – Mugron (16h30) : Novillos de Jarama pour Sergio Aguilar – Julien Lescarret et Cesar Jimenez. (Réservation : 05 58 97 99 40).

 

JEREZ DE LA FRONTERA  - LA FERIA DEL CABALLO 2001

     10 Avril : Depuis quelque temps déjà, vous aviez lu dans la rubrique « cartels – prévisionnel Espagne », l’ossature de la feria du cheval, en plaza de Jerez. La casa Balaña et consort a sortis ses cartels, hier soir. Feria de tradition avec quatre corridas, et la sacro sainte course de Rejoneo, qu’il ne faut pas louper. On est en terre de toros. On est en terre de Chevaux. Quand aux femmes, je ne vous dis pas...si belles qu’elles imposent le respect. Jerez, le soleil, le sable jaune, les cheveux des filles, si noirs qu’ils en ont des reflets bleu nuit.
     Jerez, un caballo, una guitarra y una copa ! Rafael de Paula restera sagement à l’abri, Curro est retiré... le petit duende de l’année dernière cherche un parrain... « A ver si le contrata el Morante ! »

     Jerez et sa Feria 2001 se présentent ainsi :

     15 Mai : Toros de Jose Ortega pour Rafael Osorio - El Tato - Davila Miura
    
16 Mai : Rejoneo – Toros de Caridad Cobaleda pour Fermin Bohorquez – les Frères Domecq et Pablo  Hermoso de Mendoza
    
17 Mai : Toros de Juan Pedro Domecq pour Espartaco - Joselito - Jesulin de Ubrique
    
18 Mai : Toros de Torrealta pour Enrique Ponce – Juan Jose Padilla – El Juli
    
19 Mai : Toros de Nuñez del Cuvillo pour Finito de Cordoba – Jose Tomas et Morante de la Puebla.

 

LA FERIA DE SEVILLE...COMME SI VOUS N’Y ETIEZ PAS !

     11 Avril : Elle approche,  elle enfle... non pas la rumeur sur le détournement des eaux de la Seine, mais tout simplement et beaucoup moins dramatiquement, « La Feria de Sevilla ».
    
2001 sera pour Eduardo Canorea, fils de Don Diodoro, l’année du gros challenge ! C’est la première feria qu’il monte de A à Y, (les poussières du Z étant laissées à ses associés.).
    
Lorsqu’il arriva aux affaires, l’an passé, la feria était déjà pratiquement montée, et il ne pouvait qu’appliquer. On a eu l’occasion de fustiger son attitude, par rapport à la presse, sa réaction par trop autoritariste et vengeresse quant au festival de Andex, en octobre. On a été le témoin de quelques sorties un peu « ambitieuses », quant à l’ouverture de la feria aux autres ganaderias que la saga Domecq, quant au trapio des corridas à lidier... Bref, un torrent de paroles maugrées dans sa barbe, du style « Vous allez voir ce que vous allez voir ! »
    
Le problème... c’est qu’on ne va rien voir du tout ! ou beaucoup moins que prévu ! Déjà pris en flagrant délit de mensonge, puis qu’il présente officiellement les cartels, déclarant que toutes les corridas seraient télévisées, sauf celle du dimanche de Pâques, qui ne l’est jamais. De fait, et cela faisait partie de la négociation avec les deux duetistes Joselito et José Tomas : un de leur paseo serait retransmis, l’autre, non ! Ce que voyant, Juli et Ponce disent que... « Y a pas de raisons ! », et à leur tour, ne se laissent téléviser qu’une fois. Et on les comprend !  Souhaitons à tous bonne chance, en particulier à Joselito et Tomas, espérant « en sourdine » qu’ils triomphent à la corrida non télévisée, du style « les deux par la Porte du Prince », et se prennent trois avis, en direct, sous l’oeil des caméras. « Y a pas de raisons...non plus ! »
    
Bref... une première forfaiture d’une empresa qui dit « blanc » devant tous, alors qu’il a déjà signé « noir ! ». Cela peut mettre la puce à l’oreille, mais bon !
    
Ou l’excès d’autorité frise la dictature, c’est ce qui se passe ces jours ci...Monsieur Eduardo Canorea a vigoureusement interdit aux ganaderos  de laisser photographier au campo les lots de toros à lidier pendant la feria. Vous savez, ces photos qui vont, par six, dans nos revues spécialisées, où tous les toros sont pris de profil, la tête tournée vers l’objectif, style « Voyez comme je suis beau ! ». Photos magnifiques, généralement, vantant le trapio, la couleur, l’encornure... en un mot le sérieux et la beauté du toro choisi pour la feria. On a rarement vu une série de photos destinée à dire aux aficionados « Voyez donc comme ils sont laids, pas la peine d’y aller ! » Jamais !
    
Et bien, monsieur Canorea, redevenu tout à coup « Don Eduardito », a décidé qu’il était hors de question de tirer le portrait des toros engagés dans sa feria, sous le prétexte que cette révélation pourrait provoquer des commentaires et des pressions sur les équipes vétérinaires chargées de donner le feu vert à leur lidia ! Elle enfle, la rumeur !La rumeur d’une corrida terciadita, préparée pour une vedette qui n’a pas le droit de se planter,  cette rumeur qui pourrait faire pâlir les vétos, qui du coup, diraient « que nenni ! », et ne bougeraient pas avant de voir au corral un corridon « asi de grande ! »... Pas de photos, pas de rumeur ! Pas de rumeur, pas de mauvaise humeur ! En un mot, comme en mille !
    
Cela ne s’est jamais fait pour la Feria d’Avril. En terre d’Aficion « al toro et al buen toreo », imaginez un peu le boucan que cela fait, d’autant que les journalistes et photographes, carte professionnelle et déontologie en bannière, crient au loup, au nom de la liberté d’expression et du droit à l’information... « Non, mais des fois ! »
    
Les ganaderos sont bien ennuyés. Ils connaissent tous les quelques photographes qui viennent régulièrement  immortaliser leurs produits. La porte leur est ouverte, et cela se termine souvent autour d’un fino ! Les ganaderos sont des seigneurs, en général ! Et c’est presque en s’excusant, qu’aujourd’hui, ils disent à leur visiteur : « Désolé... le señorito ne veut pas ».
    
Certes le meunier est le roi dans son moulin, mais il y a des choses qu’il peut aussi faire avec quelque « élégance »...surtout quand il se dit « fils de son père », héritier d’une longue histoire... de meuniers ! Enfin.

     Pour ce qui est de la Télévision à Séville.... le programme prévu est celui ci :

Retransmises par TVE 1 , la première chaîne nationale, les corridas des 1 et 4 Mai :

     1er Mai : Toros de Manolo Gonzalez pour Jesulin, qui a tout à gagner ; Rivera Ordoñez, qui n’a rien à perdre ; et Morante qui est « chez lui ».
    
4 Mai : Toros de Guardiola pour Victor Puerto, Davila Miura et Javier Castaño, qui, à divers degrés ont tout à gagner de se laisser téléviser, d’autant que le fer choisi valorisera leur actuacion.

     Deux corridas, c’est bien, mais triste à côté des quatre prévues, dont Tomas et Juli étaient les vedettes. Mais, allez donc savoir pourquoi, c’est justement celles là qui ont sauté... C’est bête, non ?

     De son côté, Via Digital retransmettra toute le feria... sauf les deux diffusées sur TVE 1 et les courses des 27 et 28 Avril, qui se dérouleront « en catimini »... 13000 personnes, pas plus ! Quel dommage ! Allez donc voir les cartels de ces deux jours... Nous qui voulions à tout prix voir Ortega Cano, le 27, et ne pas manquer l’alternative de Fernandez Pineda, le 28... Ceinture ! La vie est mal faite, des fois...
    
Mais c’est ainsi : « Pas vu... pas pris ! »

 

JOSE ANTONIO GARDE LE MORAL

     12 avril : A l’aube de cette nouvelle feria d’avril qui, chaque année, nous fait découvrir un nouveau recoin, un nouveau parfum de cette Séville rêvée, il est une plume, une signature qu’il faut absolument saluer ; un regard à la fois velours et acier, un sourire à la fois mélancolique et carnassier, en un mot... une sacrée personnalité qu’il faut rencontrer.
    
Il est critique taurin, écrivain, avant tout aficionado. Bien sûr, il ne plaît pas à tout le monde, tout simplement parce que, comme Cyrano, on le voit souvent « dans les groupes et les ronds, faire sonner les vérités comme des éperons ! » Ses chroniques sont acérées, mais laissent toujours pointer le fond d’humanité indispensable à juger les « choses des hommes ». Amoureux fou de son Espagne, il est à la fois Don Quichotte, Cid Campeador, grand d’Espagne, mais aussi paysan et maletilla... Todo un caballero !
Certes, il a ses défauts. Certes, comme tous, il a « ses têtes, ses toreros ». Mais il a, au sujet de tous, « le » mot, « la »phrase, qui disent quelque vérité que d’autres, par intérêt, convention ou méchanceté, ne disent pas. Avant tout, connaître le toro, le toreo et savoir jauger le torero en fonction de ses qualités humaines et techniques : « Le toro était comme ceci, le torero a agi comme cela... Pas étonnant, parce qu’il est ...comme ci, comme ça ! »
    
Forte personnalité, il a toujours été intéressé par les maestros « de caractère », comme Paquirri, Manzanares, Paco Ojeda, aujourd’hui Ponce. Au savoir et au talent, ajoutez y la fidélité. Par contre, « cuando uno no le gusta... » et que ce « uno » est, ou se prétend « figura », il dira la vérité du triomphe, mais ne manquera pas l’occasion du «pero, no es asi ! »
    
Bien sûr, vous le connaissez tous. Lire ses reseñas est recevoir avec le sourire, un cours de bon espagnol, et d’aficion taurina. Aussi, au cas où vous ne le connaîtriez pas, allez donc visiter ses écrits. Au cas où  le connaîtriez... je n’ai rien à vous dire ! Avec lui, vous garderez toujours l’espoir d’une nouvelle tarde de lumière, même si la corrida a été mauvaise. Il vous suffira, pour cela... d’attendre le prochaine reseña.

     Ah, au fait, je ne vous ai pas dit son nom... Il s’appelle Jose Antonio Del Moral. 

     Chroniques Taurines de Jose Antonio del Moral – Temporadas 1999, 2000, et l’actualité 2001, sur le site : http://www.andalucia.net/jadelmoral/

 

LE TORO DE LA RUE...

     12 Avril : Quand on parle de « Toros », le mot « Fêtes populaires » a souvent un arrière goût de vulgaire, violent, sauvage, barbare... Bien sûr, les sempiternelles images nous reviennent de ce toro lardé de coups de couteaux, tandis qu’on l’a immobilisé à un poteau, sur la place du village. Bien sûr, cet autre, s’écroulant sous les centaines de traits décochés par la populace. Bien sûr encore, ce toro qui illumine la nuit d’un pueblo valenciano, ses cornes portant le feu...
    
On le sait, cela existe... Nous restons cois, mais au fond de nous-mêmes, qui sommes aficionados, nous nous disons « Vaya salvajada ! ». Et on a beau dire, quelquefois, c’en est une !
    
Nous restons cois parce que nous ne connaissons pas ! Bien entendu, la tradition n’excuse pas tout, mais elle l’explique. Après, en conscience, on l’accepte ou pas.
    
C’est pour cela que, depuis plusieurs années, un photographe et journaliste valenciano nous explique par le texte et surtout l’image, la tradition des fêtes populaires de sa région, puis d’Espagne...
    
Son nom : Alberto de Jesus. On le connaît bien, puisqu’en toute amitié aficionada, ce passionné d’Internet envoie ses clichés à de multiples revues, et en particulier...à la nôtre ! Allez donc voir la biographie du Juli et sa saison 2000, en images ! Allez donc voir toutes les photos de Valencia et Castellon 2001. L’image ne dit elle pas plus, et mieux, que cent reseñas ?
    
Alberto de Jesus, qui collabore aux sites de plusieurs grandes plazas, dont Valencia et Castellon, est en train de mettre en place un site totalement consacré à la « Fiesta du toro » ; loin des grandes plazas, loin des grandes ferias... Le toro y est souvent « toro-toro », et les hommes, souvent « très toreros ». Dans très peu de temps, on comprendra mieux ce monde de fureur, de bruit et de poussière. Mais on y découvrira aussi  noblesse, courage, pundonor...
    
Dans votre liste de Favoris, cette nouvelle page web, cette nouvelle image de « la tauromachie de toujours » :
http://www.fiestastaurinas.com

 

ET EN PARLANT DE PHOTOS...

     12 Avril : On a tous essayé de vous conter la tragique rencontre de Juan Jose Padilla avec le Victorino de San Sebastian. Tous ont essayé de dire la vitesse, la violence, la durée, l’horreur de cette cogida. Combien d’entre nous le croyions mort, lorsque le toro l’a lâché, d’un dernier hachazo ?
     Bien sûr, il y a eu plusieurs photos, dans les journaux, sur le web... Mais il en est une, phénoménale, qui dit tout... Découverte dans le N°211 du grand travail d’information de l’équipe à Marc Lavie, « Semana Grande », c’est la photo de Bernard Hiribarren, pour tout le monde, « Bernard », de Biarritz.
     Incroyable moment à jamais fixé sur le papier. Une photo de terreur, de vérité vraie... « La photo »...Vous la verrez partout cet été, aux abords des plazas. Vous la verrez, forcément par là « au détour d’un grand prix »...
     En regardant ce cliché, on se retrouve sidéré et admiratif. Après cela, « Dame Querelle », aura bien du mal à nous chercher des noises en psalmodiant, chez Dechavanne  ou ailleurs, que dans la corrida, chaque moment est truqué...! Vaya truco... Que lo pregunten à Padilla...
     La photo taurine, c’est 20¨% de technique photo, 40% d’Aficion, de connaissance taurine, et 40%... de chance. Appuyer juste « au moment où »... Il faut le connaître, le prévoir, l’anticiper, ce moment. Il faut, au travers de l’objectif. « Toréer avec le torero&n