L'ACTUALITÉ TAURINE 
(Août 2001)

PADILLA... LA LONGUE ROUTE

     1er Août : Premier Août...premier round ! Perdu, aux points ! Entré sous les ovations, Juan José Padilla est sorti d’Azpeitia, hier, sous les lazzis... C’est le début du « long chemin »... 

     Juan Jose Padilla est revenu  aux ruedos , le 28 Juillet, en plaza de Santander. La foule, subjuguée par autant de courage, l’a porté. De son côté, le torero a magnifiquement répondu, sortant épuisé, mais heureux. Cependant, lui qui est ouvert à tout contact avec la Presse, lui qui en a besoin, surtout dans ces circonstances, demanda à ce qu’on le dérangeât pas, au retour à l’hôtel. Pas de coup de fil, pas d’interview.... Surprenant ou logique ? Volonté de fêter seul la victoire sur soi même, ou... total épuisement ?
     L’aficion guette avec une certaine angoisse « le long chemin » du Jerezano vers la date fatidique : 25 Août, Bilbao. La Presse répercute cette grande question : « Peut on laisser Padilla, dans l’état où il est, aller « prendre seul les six Miura de Bilbao ? »
     On sait que, pour cette corrida, la location marche à fond. Ce qui est inquiétant... Combien y vont pour ne pas manquer un événement « taurinement passionnant »? Combien y vont « par morbo » ? Sachant qu’il y a tout risque de voir une corrida dramatique où l’homme a toutes les chances de se faire manger tout cru, ou « d’en prendre une bonne ! ». Eh, oui, cela existe... Combien ne regardent  « que le départ » des grands prix de Formule 1, uniquement parce que c’est à ce moment qu’on risque de voir « de belles embardéees », sinon plus ? C’est ainsi... malheureusement humain...
     Bilbao, le 25 Août... Padilla y arrivera t’il ? Dans quel état ? Peut on l’y laisser aller ? La grande revue internet « Mundotoro.com » n’hésite pas à faire un sondage, un référendum, auprès des Aficionados : « Doit on le laisser aller à Bilbao? Trois cornadas, trois terribles coups de fouet, où le torero a, chaque fois « tutoyé la mort », ne peuvent que laisser de logiques séquelles....  « Six » de Miura, seul, et à Bilbao...Un torero en pleine possession de ses moyens, « se mangerait la tête », depuis un bon moment déjà...
    En attendant, Juan Jose Padilla va courir la route, et, chaque jour, au moment du paseo, dans une de ces « plazas de Dios », la question se posera : « Est il en possession de tous ses moyens ? Doit on le laisser ainsi « forcer la machine », au point de la faire exploser ? Est ce, simplement, honnête, face à des milliers de personnes qui ont payer cher leur entrée ?
   Hier, Azpeitia... Demain, Huelva... Dimanche, Bayonne... On va vite être fixé ! Ou cet homme est une force de la nature, et rien ne peut l’arrêter... ou, malgré sa superbe et son panache, Juan Jose Padilla est un simple humain, et, alors, on ne peut que lui souhaiter, très amicalement et respectueusement, une chose : une fracture de la cheville ... « broutille », à côté de ce qu’il a vécu, mais aussi... obligation de « rester tranquille », et donc en vie, un certain temps... On espère ne pas avoir à souhaiter cela, mais ce serait un moindre mal, sur ce long chemin qui mène un homme à l’hypothétique gloire...  ou à la catastrophe.

     31 Juillet – Azpeitia – 1ère de Feria – Arènes pleines : La corrida de Cebada Gago est sortie magnifique de présentation, variopinta (aux pelages variés). A part le sixième, les toros ont fait preuve de bravoure, à divers degrés, de caste (3 et 5ème), de noblesse(1, 4 et 6èmes). Un peu de faiblesse chez le premier. Dangereux, le 2ème..  – Pepin Liria a donné la seule vuelta de la journée, mais on ne lui vit pas l’engagement habituel. De plus, cette façon de citer, pieds joints, la muleta derrière, va lui jouer, tôt ou tard, un gros sale tour... Les aficionados besques n’ont apprécié que partiellement (Ovation et vuelta) – Juan José Padilla a été accueilli au paseo, par une immense ovation, mais c’est sous la bronca qu’il quitta la plaza. Sifflets au deuxième, toro dangereux ; Bronca au cinquième, toro très encasté qui provoqua deux derribos, et que le jerezano fit assassiner, à la troisième pique, sachant très bien... qu’il n’allait pas « pouvoir », avec ce toro. Attention ! – Francisco Marco montra une grande bonne volonté, mais se révéla « un peu tendre », face à de telles difficultés. On l’applaudit néanmoins (Ovation et Aplausos). Corrida dure, corrida, encore une fois très intéressante de Cebada Gago.... mais corrida, pleine d’enseignements, sinon de conséquences, en ce qui concerne Juan Jose Padilla et... sa « longue route » vers Bilbao...

 

LE GROS CASSE-TETE DU MOIS D’AOUT 2001...

     1er Août : Une vedette, homme de base d’un cartel de luxe, qui se blesse et reste sur la touche durant tout le mois d’août, au moment où les « figuras » torèent presque tous les jours, voilà de quoi donner plus d’un mal de tête aux empresas...
      Par qui remplacer José Tomas ? La lésion de Santander a fait sursauter, dans les despachos, et les factures de téléphone vont s’allonger... Qui, pour remplacer José Tomas, torero mythique, torero polémique, figure incontestable, adorée ou honnie... Qui ?

     Dax vient de se pencher sur le problème, hier soir, et une fumée blanche s’est élevée... « habemus papam ! ». De fait, la meilleure solution pour substituer Jose Tomas, le 14 août, face aux Zalduendo, aux côtés de Finito et Juan Bautista... La solution, pleine de symbolique, s’appelle : Enrique Ponce. Celui qu’on avait presque enterré, celui qu’on disait « en perte de vitesse », celui que José Tomas allait « effacer d’un muletazo », est en train de donner la plus grande temporada de sa vie : Régularité, géniales envolées, comme à Vista Alegre, comme à Badajoz... énorme technicien et torerazo... comme à Mont de Marsan.
     Très aimé à Dax, Enrique Ponce remplacera donc son concurrent... celui qui devait l’envoyer aux oubliettes... celui qui, pourtant, a « explosé en vol » (et l’on ne parle pas ici, de la luxation du coude...). Le destin a de curieux caprices...
     Enrique Ponce fera donc « doblete » pour la Feria de Dax. Certains, certes, feront la moue... d’autres trinqueront, et nous en sommes ! 

 

LES TELEVISEES DU MOIS D'AOUT...

     1er Août : « Fait chaud, non ? » Hombre !  Normal ! on est au mois d’août.... manquerait plus qu’il gêle ! « Oui, mais quand même... fait chaud !  Il est sûr que de continuer ainsi, on va plus risquer sa peau, à s’amonceler sur les gradins, que « là en bas... ». Non, monsieur ! faut quand même pas pousser...
     La télévision espagnole a pensé à ceux qui ne voulaient pas se riquer dans la fournaise... Ainsi , elle télévisera trois corridas, durant ce mois d’août, en direct de trois ferias importantes : La Coruña, San Sebastian et Bilbao.. Curieusement, les caméras ne veulent pas prendre plus de risques : Deux de ces courses seront filmées... depuis des plazas « couvertes »...
     Peu importe. Vous serez dans votre salon, les doigts de pieds en éventail, un wisky à la main... alors, les caméramen méritent bien un peu d’ombre... et une menthe à l’eau !

Trois corridas, donc, diffusées sur les chaînes nationales Espagnoles :

Vendredi 3 Août – Tve 2 – 20h – La Coruña : Manuel Diaz « El Cordobes » - Vicente Barrera – El Califa, devant des toros de Martin Lorca.

Mardi 14 Août – Tve 1 – San Sebastian : Ortega Cano – Victor Puerto – Morante de la Puebla, face à une corrida du Capea.

Jeudi 23 Août  - Tve1 – Bilbao : Enrique Ponce – El Juli – Javier Castaño, devant les Torrealta.
 

EL CALIFA... CE MOIS D’AOUT OU JAMAIS...

     2 Août : Le mois de Juillet n’a pas été celui qu’on espérait pour Jose Pacheco, « El Califa. Certes, «l’éclair télévisé » de Pamplona (les trois intenses dernières minutes de la faena au dernier Marquis de Domecq) peut maintenir l’espoir, mais hélas, à cause de l’épée ou d’un manque de lucidité, le Califa n’a pas coupé de trophées significatifs, attestant d’un grand retour en forme et justifiant les ambitions, sinon prétentions, du début de saison, avec les conséquences que l’on sait.
    
Tout est donc à refaire, et le torero doit reprendre à « presque zéro », avec patience et courage, marquer des points au « goal average » durant ce mois d’août, et ne pas manquer les gros rendez vous que seront : La Coruña (car la corrida est télévisée sur Tve2) – Malaga – Dax (présentation dans le Sud ouest, et la seule occasion de faire oublier la pâle sortie d’Arles) – San Sebastian – Bilbao (les Victorino) et les ferias « autour de Madrid ». Il sera intéressant de suivre ce parcours, le Califa restant un torero qui n’a pas encore donné toute sa mesure, tant sur la plan toréo classique, main basse, très lié (Les quatre naturelles de Pamplona), et le toréo « spectacle », où le « courage folie » peut dresser plus d’un cheveux sur chaque tête final de cette même faena, à la San Fermin) ...

     Le mois d’Août du Califa sera donc le suivant, du moins pour ce qui est des contrats déjà signés :
    
2 Août Azpeitia - 3 La Coruña - 4 Valdepeñas (Ciudad Real)  - 5 Vitoria - 8 Benidorm (Alicante) - 9 Málaga - 11 Dax - 13 San Sebastián - 14 Guardamar del Segura (Alicante) - 15 Málaga - 16 Jàtiva (Valencia) - 21 Cuenca - 22 Bilbao - 23 Benidorm (Alicante) - 25 Arenas de San Pedro (Avila) - 26 Iniesta (Cuenca) - 28 Colmenar Viejo (Madrid) - 29 San Sebastián de los Reyes (Madrid)

 

BAYONNE EN FETES.... ohé, ohé, ohééééééé ! !

     2 Août : La mascleta, la célèbre pétarade, à Valencia, c’est quelque chose !  Mais à Bayonne, je ne vous dis pas !
    
Ben non ! je ne vous dis pas ! Je ne vous dis pas qu’ici, en Pays Basque, on a tendance à « en connaître un rayon » en explosions... Alors forcément, les mascletas qui ouvrent les fêtes de Bayonne sont du genre à faire pâlir de jalousie les plus ardents spécialistes en explosifs, quelle que soient les causes qu’ils défendent... « démocratiquement », comme ils disent... 
    
Bayonne est en fêtes, et cela va faire du bruit. L’espace de cinq jours, la ville va sortir en blanc et rouge... au début !  Puis, cela va plutôt « virer  au rosé... ou au gros rouge qui tâche », c’est selon les goûts!  Toujours est il que chacun y va chercher ce qu’il désire, et qu’un mot essaie de surnager dans cette foule compacte, bruyante et pleine de soleil dans les yeux... le mot: convivialité. Alors, loin des petites plaies et des grosses bosses, on se retrouve dans les rues, au corso, à la magnifique journée des enfants, aux courses de vaches, et, bien sûr, aux arènes...à l’heure de la corrida.
    
Cette année encore, il y aura « double session » : Rejoneo, samedi, et corrida formelle, dimanche. Bien entendu, on attendra, samedi, le voisin de Navarre, le génie d’Estella, Pablo Hermoso de Mendoza, et son fidèle compagnon, cheval torero, le non moins génial « Cagancho ». Les escorteront Leonardo Hernandez et le jeune Alvaro Montes.

     Dimanche 5, il y aura le classique « rendez vous des Cebada » !
    
Depuis plusieurs années, la corrida de Cebada Gago apporte à Bayonne, « Trapio, Casta y, a veces Nobleza », de la présentation qui impose, de la rage au combat, et parfois même, la noblesse qui permet la grande faena. Corrida sérieuse, elle impose aux hommes qui vont la lidier, courage, technique et toreria. Ce qui est certain, la corrida de Cebada est, en général, corrida d’émotion... Donc, cette année, un nouveau rendez vous « entre des taureaux et des hommes »...
    
Au cartel, trois toreros, trois points d’interrogation : Juan Jose Padilla, dont on se demande s’il est totalement remis d’une blessure qui aurait laissé le commun des mortels, sur le flanc, au moins jusqu’à Noël... – Antonio Ferrera, qui essaiera  de nous convaincre, encore une fois, que « oui, j’ai changé ! » - Francisco Marco, navarrais qui a montré quelques bonnes choses, il y a peu, dans le ruedo de Pamplona, ville jumelée avec Bayonne, ce qui, outre un cachet qui doit être relativement réduit, justifie son inscription à l’affiche...
    
Bayonne, dimanche, c’est avant tout, « des toros »... Alors, regardons les sortir, faisons silence au moment des mises en suerte, et guettons leurs moindres qualités, leurs moindre défauts. Alors, en connaissance de cause, apprécions les efforts des toreros, qui, ne l’oublions pas, restent des simples hommes...
    
« Heureuses fêtes ! Ne vous mettez pas « comme des monstres », et... Vive Bayonne ! »

     Voir, « en  cliquant ici », la corrida de Cebada Gago, au campo.

 

PREMIER AOUT.. « A MEDIO GAS » !

     Rien de bien spécial, hier, dans les ruedos d’Espagne : Caballero a triomphé à Azpeitia, et l’on a vu de bonnes choses sous le dôme de La Coruña, où l’on ouvrait feria. Par contre, cette date restera dans la mémoire de Domingo Siro, banderillero de Javier Castaño, pris hier par un toro d’Alcurrucen. Peu grave, heureusement, mais « un gros susto »...

     1er Août : Azpeitia – 2ème de Feria – plein : Corrida d’Alcurrucen, très inégale et de peu de forces. Le niveau a baissé, par rapport aux Cebada de la veille – Finito de Cordoba est passé, en demie teinte (Ovation et ovation) – Très aimé ici, Manolo Caballero a toréé longuement et parfois, très bien (Oreille et oreille) – Javier Castaño a, encore une fois, montré un mélange de courage et de manque de recours (Silence et ovation)
    
Le sixième a pris le banderillero Domingo Siro, lui portant un coup de corne qualifié de léger à la cuisse gauche. Par contre, la chute sur la tête fit craindre « beaucoup plus ». Il n’en est rien, heureusement.

     1er Août – La Coruña – 1ère de Feria – ¼ de plaza : Corrida de Luis Algarra, noble, « tant qu’elle a duré » - Espartaco a été reçu avec amitié et admiration, à l’occasion de ces adieux en cette région (Ovation et une oreille)  - Victor Puerto a réapparu avec succès, après une légère lésion qui lui a fait perdre deux contrats ( Oreille et oreille) – Morante de la Puebla a touché le bon troisième. Il débuta formidablement, mais le toro s’éteint rapidement et la faena, de même (Oreille et ovation, avec un avis).

 

LA CORRIDA, EN ESPAGNE : « SOL Y...MOSCAS ! »

     3 Août : Selon le dicton populaire, la corrida se résume en quelques mots significatifs qui en  illustrent, soit la grandeur et le mystère, comme « Luz y sombra » ; soit la dureté, comme « Sol y moscas »... Ici, on sait que l’on souffre, que l’on sue à grosses gouttes. On sait que la mort rôde, sous le soleil, avec son troupeau de mouches, noires sentinelles affamées. On voit bien le torero, les yeux exorbités, style « affiche de Céret », mettre trente descabellos à un manso tandis que les savants ramassent les morceaux de cervelle à la petite cuiller, afin de savoir « scientifiquement » si le toro était simplement manso, ou s’il était plus fou que toutes les vaches du troupeau.
    
Mais actuellement, on pourrait rapporter le « Sol y moscas » à tout autre chose... En effet, si la péninsule est toujours baignée de ce soleil  que nous lui envions toute l’année (sauf ces derniers jours !), les mouches, elles, vont devenir les principales pensionnaires des tendidos, tant les entrées sont maigres, quelles que soient les ferias, quels que soient les cartels. Hier, 2 Août, moins d’un tiers de plaza pour Joselito, Caballero et Abellan, à La Coruña ; Un quart de plaza à Huelva pour la première des Colombinas ; Un tiers à Alicante, où toréait Espla, Finito et De Mora... On peut se demander ce qui va se passer à Malaga, qui va donner, cette année, la plus longue feria de son histoire.
    
« Muy poca gente en los tendidos ! »...
Par contre, en France, ça va bien, merci ! Mont de Marsan a fait cinq llenazos ; Dax est plein, Bayonne est « full » (ou le contraire, plutôt, ces jours ci !).
    
L’Espagne aurait elle donc perdu l’aficion ? En grande partie, oui. La France serait elle « plus aficionada » ? En partie... oui ! Plus snob, aussi, peut-être. Cela fait « bien », cela fait « in », d’aller suer un bon coup sur le « tindidooo ! »... C’est le dernier lieu où l’on cause, où l’on va se faire voir... Tous y sacrifient, ministres «s’y » compris !. Si vous y ajouttez ceux « qui ont Canal plus », et les trois glandus qui connaissent un peu, qui aiment vraiment, vous avez les plazas pleines, quel que soit le prix du billet. 
    
« Pourvou qué çà doure... » murmure le Ministre des Finances, « grand sachem des impôts », en se frottant les mains ! Mais, quoi ? Qu’est ce ? Sur son crâne, là ? ... une mouche !

     2 Août - La Coruña – 2ème de Feria – Moins d’un tiers de plaza : Bien peu de monde dans la plaza de la Coruña, pourtant couverte, protégée du soleil... La corrida de Zalduendo fut très discutable au plan « présentation » ou « présence ». Meilleur toro, le troisième – Joselito s’est fait prendre par le premier. Pas de bobo. Il se bagarra ferme, coupa l’oreille de ce toro, puis essaya de gagner la partie face au quatrième, bloqué sur place. Le public suivit, mais pas le président, qui refusa l’oreille – Manolo Caballero ne put rien devant deux « moustiques » impossibles. On l’applaudit – Miguel Abellan fut le triomphateur « musclé » de la journée. Bonne faena au bon troisième et grosse estocade en se faisant salement accrocher. Emotion ! Oreille et forte pétition de la seconde, que le président refuse. Véx é, meurtri, Abellan refuse de prendre le trophée et file direct vers l’infirmerie. Il en ressortira pour venir couper l’oreille du sixième, et sortir a hombros. Casta ! « Non, mais des fois ! »

     2 Août - Huelva – 1ère de la Feria des Colombinas – Un quart de plaza : Cinq toros de Concha y Sierra, qui n’avaient rien à voir avec « ce qu’ils ont été ». Bon le 3ème, dangereux le 6ème. Le cinquième était un sobrero de Jose Luis Pereda – Juan Jose Padilla s’est battu (Ovation et Vuelta) . Prochain paseo : Bayonne, dimanche – Davila Miura s’est défendu, mais... (Ovation par deux fois) – Triomphateur de la corrida, Francisco Barroso, le local de l’étape, qui coupe deux oreilles au troisième et se défait dignement du dernier « muy malo ». Bon succèes annuel qui, hélas, ne lui servira pas plus que ça !

     2 Août – Azpeitia – Dernière de Feria – Presque plein : Toros de Manuel Criado, un peu « justes ». Noble , le premier ; encasté, le deuxième ; 3, 4 et 6ème, mansos, la palme revenant au troisième, dangereux – Jesulin de Ubrique est passé, bien discrètement. On l’ovationna...discrètement – Victor Puerto coupe l’oreille du cinquième, en « faisant le zouave », c’est à dire en toréant les gradins, parce que le public n’avait pas perçu sa bonne faena au deuxième. Pas d’oreille et une simple vuelta. Ouhh ! – Le Califa en a bavé, mais s’est battu avec le dangereux troisième, type « alimaña ». Ovation. Bons moments au sixième, et vuelta.

     2 Août – Alicante – 1ère de la mini feria d’Août – Un tiers de plaza (un tout petit tiers !) : Les toros du Puerto San Lorenzo ont fait peine à voir . Mal présentés et mansos au cheval, (sauf le 6ème), ils ont suivi les muletas, sauf les 4 et 5ème qui ont décidé de s’arrêter bien vite – Luis Francisco Espla s’est fait prier aux banderilles (chez tout autre on dit « cinéma ! », pour lui on dit « toreria !»), a donné quelques bonnes naturelles au premier, et s’est montré catastrophique à l’épée (Silence et ovation) – Finito de Cordoba a donné les grands moment de la tarde, sur des muletzaos main droite. Lui également tua mal le cinquième.(Oreille et ovation) – Eugenio de Mora reprenait l’épée, après sa lésion de Pamplona (fracture d’un métacarpe main droite)  On le vit bien, mais tardant un peu à se centrer.C’est qu’en quinze jours, on peut « perdre le sitio », mais cela revient vite... en principe. (Ovation et oreille)
 

NOUVEAU FAENON D’ENRIQUE PONCE...

     4 Août : Le vin se bonifie en vieillissant... les toreros également, en principe. Mais qui donc allait prédire la temporada qu’est en train de réaliser Enrique Ponce.
   
L’an passé, notamment après la mauvaise tarde des Samuel Flores, à San Sebastian,  le sort du torero de Chiva était scellé : Ponce était en perte de vitesse, était « dépassé », battu à plate couture, « effacé » par les nouveaux venus qu’étaient Jose Tomas et Juli, bien décidés à lui ravir le sceptre...
    
Le valenciano laissa dire, laissa passer l’orage... tirant quiand même, ça et là, quelques feux d’artifice, et graciant deux toros...
    
L’an 2001 débuta en point d’interrogation, ou plutôt d’exclamation : « Même à Valencia, il ne coupe plus ! ». Les fallas s’étaient mal passées. Les détracteurs jubilaient, les « inchas » se grattaient le crâne. Etait ce vraiment « le début de la fin » ? D’autant que Séville ne voulut pas sourire...
    
Et puis, débuta le festival : Une faena à Talavera, la faena de Jerez, et d’autres encore, bien alignées, comme autant de dates, au tableau d’honneur. Juin vit les « monuments » de Madrid-Vista Alegre, de Badajoz... Nîmes, pour sa part, vit comment « on indulte » un toro de Victoriano del Rio. D’autres grands moments ont constellé les trois derniers mois de Ponce. Sans aller plus loin, Mont de Marsan a bien été obligé de « saluer », il y a quelques jours à peine.
    
Fini Ponce ? On se demande si, au contraire, cela « ne commence pas »...
    
N’ayant plus rien à prouver, laissant la pression aux autres, Enrique Ponce peut se permettre de toréer « a gusto », presque « pour lui », et ainsi, enchanter tout le monde. Un total « Numero Uno ! »
    
Tomas, sur la touche, tant physiquement que moralement ; Juli qui semble reprendre son souffle après son fantastique début de saison (Valencia, Séville, Madrid, Pamplona  et « re » Valencia...), Joselito « qui dit oui, qui dit non »... Qui, derrière ? Finito, dont on arrive pas à croire en la constance ? Victor Puerto qui repart dans ses errances ? Caballero, trop mécanique ? Morante, dont les fabuleux détails ne suffisent pas ? Qui ?
    
Ponce ne se pose pas de questions. Hier encore, en plaza de Huelva, il a « lancé ses caravelles » et marque d’ores et déjà, ce début Août, par sa faena au toro « Habano », un colorado de 509 Kgs de la Dehesilla. A n’en pas douter, le maestro de Chiva a probablement, dans son sac de voyage, d’autres de ces moments magiques où tout s’arrête. Reste à savoir, où, et quand....
    
 A voir la régularité du torero, on peut,sans peine, parier sur... la prochaine sortie.

     3 Août – Huelva – 2ème des Colombinas : Corrida faible de Jose Luis Pereda. On ne put prendre au sérieux les trois premiers toros. Cela se passa mieux par la suite. Les toreros ont mis ce que les toros n’avaient pas.., excepté le bon quatrième, « Habano », brave, d’une grande fijeza, excellent à droite, à qui Enrique Ponce monta un nouveau faenon. Deux oreilles, après avoir écouté une ovation, face au premier – Pepin Liria mit la pression et tua bien, coupant une oreille chaque fois – El Juli a semblé un peu « en dedans ». Une oreille du troisième, palmas au dernier, tandis que les collègues sortaient a hombros.
 

LA CORUNA.... « UN CACHONDEO ! »

     Je sais que l’on n’a pas le droit de dire cela. Des hommes, en bas, jouent leur peau. D’accord, mais, quand même, le lamentable spectacle offert hier par les caméras de la Télé espagnole, ne peut que déservir, réduire à néant les quelques arguments que nous avons de plus en plus de peine à trouver, pour défendre la Fiesta dite « Brava »...
    
Une honte, une calamité de spectacle...un cachondeo ! Les toros de Martin Lorca sont sortis, comme tant d’autres, poussifs, invalides, sans race, sans âme. Et pourtant... c’était des toros. Le comble s’est produit au sixième, changé deux fois : Le titulaire, invalide, chargeait bien, mais à genoux. On le remplaça par un sobrero de la même devise qui se démit quelque chose, à l’arrière, et se coucha au milieu des cabestros venus le chercher. Le toro rentra au corral, mais décida de se coucher à nouveau, dans le couloir du toril, et ne voulut pas se relever, même quand un employé de la plaza venait lui chatouiller les naseaux. Le sobrero « tris » dut, pour sortir, lui passer par dessus... Un cachondeo ! Pour arranger le tout, on apprit que ce remplaçant avait été refusé le matin, parce qu’il avait une cornada...
    
Total : Un super cachondeo, dans une ambiance de « plaza foirail », aux sièges multicolores, qui nous fait penser à « une espèce de Magescq », en plus grand, en plus riche. Les plazas couvertes, c’est « pas terrible » quand ça marche bien. Mais si, en plus, la corrida est un toston, alors là...« apaga y vamonos ! ». Combien de télespectateurs au début ? Combien, à la fin... Ni uno !

     3 Août – La Coruña – 3ème de Feria – Entrée « de pena » - La télé en direct : On fête le dizième anniversaire de la plaza. Vaya ! – Corrida de Martin Lorca. Présentation « en échelle » ; cornes « homogènes »... Les toros auraient peut être voulu charger, mais la faiblesse les empêchait « même d’y penser » - El Cordobes est venu dire bonjour à sa peña (ovation et oreille) – Vicente Barrera, plus triste que jamais, réussit une estocade tendida, très en arrière, très basse et ...très contraire. En un mot , « un bajonazo de l’autre côté ». Faut le faire. Silence et ovation – Le Califa sourit beaucoup, mais, à part deux naturelles au troisième... (Oreille et silence). Bien triste, tout cela.

 

PADILLA DOIT SE REPOSER...

     Sans blague ! Très joli de brûler les étapes et de faire beaucoup de bruit... Réapparaître, en héros, tandis que son apoderado multiplie les déclarations... (« J’essaie de le raisonner, mais je ne peux ! ») c’est bien beau, mais si c’est pour planter les copains et le public, trois jours après, c’est pas très sérieux.
    
Personne ne pouvait croire que Juan Jose Padilla pourrait reprendre si tôt, après une lésion dont le commun des mortels aurait mis un an à se remettre... Alors, Santander, Azpeitia, Huelva et... le logique coup de pompe. Du coup, Padilla doit se reposer, laissant « en blanc », Bayonne, Vitoria et, peut-être, Dax.
    
En conséquence, le cartel de Bayonne se trouve modifié, demain, face aux Cebada Gago : Zotoluco(qui était déjà prévu) ouvrira le paseo, accompagné de Ferrera et Francisco Marco. La corrida  perd en spectaculaire, peut-être, mais l’intérêt portant sur les toros et les lidias qui leur seront données, on gagne presque au change, car, avec le bon et courageux torero mexicain, on pourra voir un « super » piquero, Efren Acosta. 
    
Trop rare, pour perdre cette occasion....

 

BAYONNE : UNE NOUVELLE HISTOIRE D’AMOUR....

      5 Août : Il ne faut jurer de rien, mais on peut penser que Bayonne a vécu, hier, un de ces moments privilégiés où la connexion entre le torero et le public est telle, l’émotion si profonde, que tout à coup, on dépasse le toreo, et l’on rentre dans cette espèce de béatitude où tout n’est que réussite et sourire.

     Bayonne  a jadis connu ces moments avec Carlos Arruza,  Conchita Cintron, et, plus près de nous, avec Cesar Rincon. Elle en a fait ses « chouchous  »
    
Hier, c’est un jeune rejoneador de Jaen qui est entré dans son coeur. Il se nomme Alvaro Montes. Il a dix neuf ans. Au delà des quatre oreilles et du rabo qu’il a coupés, c’est la manière qui a séduit : superbe cavalier, doué d’un grand sens du spectacle, évoluant « con arte », avec la grâce et l’inspiration esthétique des danseurs flamencos, Montes a conquis le public, séduit son coeur, apportant une grande émotion de bonheur à ceux qui, quelques instants auparavant, avaient hurlé de peine et de rage, lorsque sur un moment d’inattention, Leonardo Hernandez avait laissé son cheval « Nilo », sous la corne du terrible quatrième toro.
    
Alvaro Montes avait déjà bien accroché les bayonnais, l’an passé, au cours du spectacle de Tavora. Cette fois, en corrida formelle, entouré d’un grand professionnel comme Leonardo Hernandez, et de ce génie qu’est Pablo Hermoso de Mendoza, le jeune reoneador a mis « le plus » qui fait battre les coeurs, à l’unisson.
    
Grandeur du toreo à cheval, hier, en plaza de Bayonne. Magnifiques montures que le public applaudit, presque autant que leurs cavaliers. Présidence « un peu embrumée » dans la distribution des trophées, et l’accord d’une vuelta au troisième toro, qui ne s’imposait nullement. 
    
Bayonne a connu une grande tarde « en blanc et rouge », avec des moments d’intense silence, tout à fait surprenants lorsqu’on se souvient des outrances de certaines « corridas des fêtes » passées. « Superbe, Bayonne ! Seguir asi ! ».
    
Côté « négatif »... l’espèce « d’hystérie » du cavalier Leonardo Hernandez, d’une part, et surtout de son mozo et ayuda, dans le callejon, qui ont transformé la rage de vaincre, « l’envie de triompher », en une espèce de duel à mort, dont les victimes furent... les chevaux. Le public n’a pas apprécié et il a eu raison...
    
Pablo Hermoso de Mendoza n’a pas eu beaucoup de chance au sorteo, touchant le cinquième, qui vira au « bloc de marbre ». Mais son impact, son génie sont tels qu’il coupa trois oreilles, sans avoir pu montrer le quart de ce qu’il peut faire devant un toro. « Otra vez sera, Torero ! ». Otra vez...peut-être  en mano a mano avec le jeune Alvaro Montes, qui, espérons le, deviendra la nouvelle « coqueluche » de la plaza bayonnaise. Il le mérite... et elle aussi !

     4 Août : Bayonne – Corrida de Rejoneo – Grande entrée – Grande ambiance – Beau temps : Corrida très bien présentée de Benitez Cubero, renforcée d’un quatrième d’Aldeanueva. Toros d’imposant trapio (plusieurs dépassant les 600 kilos) sortant fort, pour s’éteindre un peu, par la suite, le cinquième terminant totalement arrêté. La présidence accorda la vuelta au troisième, qui certes, montra grande collaboration, mais ne fut en rien exceptionnel .
    
Le quatrième, un castaño très violent, surprit Leonardo Hernandez  dans la préparation de son deuxième rejon de castigo. Le hurlement d’effroi du public, l’impuissance du cavalier à dégager sa monture, le cri d’horreur en voyant ce pauvre cheval, le ventre ouvert par la corne, perdant ses tripes, les toreros sautant dans le ruedo pour sauver le cheval, alors que son cavalier, tout à sa rage de vaincre, ne semblait pas s’être aperçu de la blessure... tout cela fut un bien  mauvais moment... qui fait partie, aussi, de la corrida.
    
C’est ce qui « coince un peu » dans le rejoneo. « A pied », quand un torero est pris, voir blessé, c’est lui qui, neuf fois sur dix, a fait une faute. Dans le rejoneo, c’est l’homme qui se trompe, et c’est le cheval qui prend.... Bayonne a vécu ce terrible moment, hier. Le cheval « Nilo » a été opéré sur place, par Jean Michel Gouffrant, chirurgien taurin, et ses magnifiques adjoints... Professionalisme et « cariño », pour un cheval torero, comme pour un homme vêtu de lumières. « Enhorabuena, medico ! Suerte « Nilo », caballo bravo ! ».

     Quant au cavalier, dont on aura apprécié le classicisme sans génie, on lui demandera un peu plus de sagesse, moins de rage frôlant l’hystérie, qui met ses montures en danger. On demandera aussi à son ayuda d’aller faire un tour chez un psy, ou de moins « fumer la moquette »... Ce sera mieux pour tout le monde ! Leonardo Hernandez fut ovationné au premier, et coupa une oreille du quatrième, après avoir divisé les opinions.
    
Pablo Hermoso de Mendoza a coupé une oreille au premier, transportant le public par ses coups de génie, formidablement secondé par ses chevaux vedettes : « Cagancho », bien sûr, mais aussi le blanc « Danubio » et le doré « Mariachi ». Triomphe « en blanc et or » du cavalier Navarrais. On sera beaucoup plus dubitatif devant les deux oreilles accordées au cinquième. Le toro tourna vite au marmolillo, et Pablo ne put le convaincre de participer à ses pirouettes. Final en posant trois roses « a toro totalement arrêté », suivi du desplante du téléphone, dans les mêmes conditions. La mort fut rapide certes, mais le rejon, « tombé ». La duexième oreille ne s’imposait nullement.. On ne cloue pas « a toro parado ! ».
   Gros impact causé par Alvaro Montes. Surprise du public en le voyant accueillir son premier, avec la garrocha. Comme Moreno Pidal, jadis, ou, plus près de nous, Javier Buendia, Montes ajoute une magnifique touche de toreo campero, recevant le toro avec « la lance », lui faisant suivre le sillon qu’elle dessine en crissant dans le sable, réduisant peu à peu ses cercles et sortant de la suerte, très torero. Superbe ! 
  Toute l’actuacion sera « de surprise », mêlant l’esthétique, les trouvailles, les virevoltes et superbes « caracolades » de son cheval « Alzareño », jaillissant vers le ciel, à l’efficacité torera, préparant, clouant et sortant de la suerte avec précision et toreria. Que bonito ! La jeunesse et « el Arte ! ». Deux oreilles que certains protestèrent  et vuelta au toro. Cependant, le jeune cavalier allait totalement « se lâcher » devant le sixième. 

  A l’unisson du toro, le public totalement conquis, le cavalier joua des virevoltes, préparant ses poses avec le duende d’un danseur flamenco, et  sortant des suertes comme un matador dans un desplante glorieux, après huit naturelles de rêve. Muy torero ! Points culminants, une banderille « al violin », formidable, et quatre courtes, bien enchaînées. Un pinchazo et un rejonazo... Deux oreilles et le public qui « appuie encore », pour le rabo. Ultime concession et vuelta de totale communion, avant la sortie a hombros, en compagnie de Mendoza, « parrain » de son triomphe.
    
Ce 4 Août 2001, un torero est entré dans le coeur de Bayonne ! Il a dix neuf ans, il s’appelle Alvaro Montes. Bienvenu !

 

BEAUCOUP DE TRIOMPHES... BEAUCOUP DE TROPHEES... MAIS... !

     Ce samedi 4 Août a été jour de triomphe dans beaucoup de plazas. On a joué du mouchoir blanc, parfois bien éxagérément. Mais enfin, cela fait du bien, parfois, même si l’on a du mal a séparer l’ivraie du « bon grain torero »...

     4 Août : La Coruña – 4ème de feria – ¾ de plaza : toros de Gerardo Ortega, inégalement présentés, excellents pour le torero, sauf le premier – Ortega Cano : beaucoup plus préoccupé par ses attitudes « cara al publico », qu’à la vérité du toreo (Applaudissements et deux oreilles) – Enrique Ponce fut « énorme », au cinquième, mais porta deux pinchazos « bien vilains » (Deux et une oreille) – Rivera Ordoñez connut une bonne journée, torant largo et tuant bien, enfin.(Deux et une oreille, respectivement). Toreros et ganadero sont sortis à hombros.

     4 Août : Huelva – 3ème de Feria – 2/3 de plaza : Corrida très faible, des frères Tornay. Les trois premiers toros, catastrophiques – Bonne despedida pour Espartaco, qui sauva la corrida en toréant avec douceur, muy templado, le quatrième, qui tenait un peu mieux.(Silence et deux oreilles) – Finito toréa bien le cinquième, mais lui porta une atravesada qui fit « mauvais effet »(Ovation par deux fois) – Morante, pour changer, eut la guigne : Le troisième se cassa une patte, le sobrero refusa de charger. Quant au sixième... « ni un pase ». Morante ne put donner un muletazo digne de ce nom (Silence partout) 

     4 Août – Puerto Santa Maria – Plein (12690 spectateurs) : Grande tarde de toros, mais distribution de trophées, un peu éxagérée. Corrida de Jandilla, bonne, un peu limitée en forces – Joselito a dessiné de jolies suertes, parfois isolées, sur le passage de ses toros. Pas de faena compacte, comme celle de Granada. Tuant bien et vite, il coupe deux oreilles au quatrième – Jesulin torée longuement, au ralenti, le cinquième, un peu soso (Une et deux oreilles) – El Juli a mis la pression, toréant le troisième « a gusto », et s’arrimant comme un perdu, face au dangereux sixième. Oreille chaque fois... chaque fois méritée. Les trois sont sortis « a hombros ».

     4 Août – Santander – Corrida de Bienfaisance – ¾ de Plaza : Bonne corrida de Carriquiri,(sauf le premier toro) – David Luguillano coupe l’oreille du quatrième – Luis Miguel Encabo s’est accroché sans trop de réussite (Ovation et Vuelta) – El Fandi triomphe, avec force, avec vista et culot (oreille chaque fois et sortie a hombros) ..

     4 Août – Estella (Navarre) – Bonne entrée : Toros de Martelilla – Triomphe des toreros : Oreille de chaque pour Vicente Barrera – Antonio Ferrera se fait vilainement percuter et arracher la cravate, par son premier. Gros susto. Le torero reviendra de l’infirmerie et triomphera pleinement devant le cinquième : deux oreilles – Francisco Marco connaît une grande journée dans sa Navarre natale (Deux oreilles et oreille, respectivement). Les trois sortent « a hombros ».

     4 Août – Valdepeñas : Triomphe de Miguel Abellan, qui touche « le bon lot » de la corrida de Los Guateles. (Quatre oreilles, et la queue du sixième) – Pepin Liria coupe un trophé du premier et Califa se fait applaudir.

     4 Août – Pedro Muñoz : Toros de Nuñez del Cuvillo – Triomphe de Caballero (trois oreilles) – Eugenio de Mora et le mexicain Antonio Bricio coupent les deux oreilles de leur second adversaire.

     En France :

     4 Août – Istres : Corrida de Peralta – Bon, le troisième toro – Richard Milian touche le lot compliqué (Ovation et vuelta) – Bon succès de Juan Bautista (Oreille à chacun et sortie en triomphe) – Sebastian Castella coupe une oreile de son premier.

     4 août – Parentis – Première de feria : Novillos de Diego tabernero, un peu justes de forces et nobles – Le jeune mexicain Casasola toréa bien le quatrième, mais, mais c’est au premier qu’il coupa l’oreille – Paulita obtient un trophée du cinquième : moments artistiques et bonne épée – Pas trop de chance au sorteo pour Lescarret, qui obtient une oreille du dernier.

     4 Août – Riscle : Novillos de Garcigrande – El Maripinar coupe un trophée du quatrième - Salvador Vega triomphe (oreille de chaque novillo) -  Cesar Jimenez s’accroche fort : Oreille et vuelta.
    
A signaler des bonnes entrées, partout. Cela devrait se confirmer aujourd’hui à Bayonne, pour la corrida de Cebada, puis dans les novilladas de Soustons, de Parentis, et Hagetmau qui ouvre sa feria. Que haya suerte para todos !

 

BAYONNE : CE NE FUT PAS DES « CEBADA CADEAUX »....

     6 Août : Certes, quand on voit « ce que l’on voit », dans la plupart des plazas d’Espagne, hors grandes ferias, on n’a pas le droit de se plaindre : Des toros « fofos » qui sortent parfois comme des « gros casseurs », font trois petits tours, et « ne cassent plus rien » », quand ils ne se répandent pas lamentablement sur le sable, transformant les lidias en séances de premiers soins, et les toreros en infirmiers du Samu.

     Cependant, quand on dit « Cebada », on pense à « toro toro », et quand on entame la fameuse « route du toro », du côté de Medina Sidonia, et qu’on les voit, en contre bas, on se dit que « Eso no son toros, sino carros de combate ! »... des vrais chars d’assaut !
    
Par ailleurs, « Cebada » signifie, âpreté, dureté, force, et genio. Mais quelquefois, sort un de ces toros qui porte « un cortijo sur chaque corne », et permet au torero de se libérer, donnant plus de force, d’impact à sa faena, de relief à son triomphe. Exemple : le Cebada de Rincon, en 93, à Pamplona, un toro « pero que muy serio ! », mais d’une noblesse totale et ravageuse, auquel le colombien monta un faenon. Plagiant Devos, on pourrait dire : « Cebada, c’est ça ! »
    
Hier, à Bayonne, « ce ne fut pas ça... ». Question « plumage », on peut rester dubitatif. On se dit bien qu’avec ce que l’on incurgite pendant les Fêtes, on voit tout « en double », et cela pouvait servir, mais vraiment, trois des Cebada, en sortant, méritaient plus le « diminutif » de « Cebadita », qu’autre chose : toros réduits, sans profondeur, sans largeur, sans hauteur, sans « cuajo », anovillados ! Lot très disparate, que sauva difficilement un quatrième  plus « señor toro », que vint épauler un cinquième balourd, bien vilain, mal foutu, dont les yeux coquins ou « mal intentionnés » auront repéré qu ‘il n’avait « qu’un testicule »...Vaya ! ou plutôt : Ouille ! Pas étonnant qu’il soit de si mauvaise humeur. Pobre !
    
Quant au « ramage », là, ce fut bien la bataille attendue. Ils ne sont pas tombés, c’est déjà quelque chose. Pour le reste, pas de bravoure, beaucoup de genio, de la brutalité, des regards en coin et des tirs « sous la ceinture », des coups francs directs au corps...du sentido chez le cinquième. Il fallait « les avoir, bien accrochées »... les idées, pour rester quieto devant ces pélerins. Zotoluco ne s’engagea qu’à moitié, Ferrera dut renoncer, glanant au passage deux ou trois upercuts bien douloureux. Quant à Marquitos, on le pensait « un peu tendre », et cela se confirma, malgré une agréable faenita au sixième, le seul potable de la tarde festive.
    
Décidément, les Cebada Gago ne furent pas « des cadeaux », et la Bayonne « blanche et rouge » qui remplissait la plaza sous un ciel « grand bleu » méritait mieux, beaucoup mieux ...
    
Cebada a confirmé sa mauvaise année, et Bayonne a terminé ses fêtes sur un ultime « Ay ay ay aayyyyy ! Canta y no llores ! » repris en choeur  par ses invités mexicains, tandis qu’Antonio Ferrera  s’en allait sous d’autres cieux, en se demandant bien ce qu’il allait faire de la planche de surf que des jeunes eurent la coquine et sympathique idée de lui offrir, pour s’être bien battu contre « les oleadas », les « noires déferlantes » venues de basse Andalousie.

     5 Août  - Bayonne – Corrida des Fêtes – Plaza pratiquement pleine – Lumière magnifique, entre blanc, rouge et ciel bleu – Grande ambiance, malgré quelques interventions dissonnantes... : Décevante corrida de Cebada Gago, d’abord au plan présentation :  lot sans trapio, sans volume, à part le quatrième, toro serio, armé bizco, court de carrosserie, mais guapo. Le public ne s’y trompa guère, qui l’applaudit à la sortie. Le cinquième fut un mastodonte mal foutu. Se sauva le troisième, un castaño bien « enmorillé », qui mit la Navarre en déroute.
    
Au plan « moral », les Cebadas se sont défendus, plus qu’ils n’ont attaqué, chargeant fort avec quelque regard sournois, dans les capes, prenant des piques avec violence et bien désordonnées, sans réelle bravoure, « remontant » dans les muletas, pour peu que celles ci soient un peu hésitantes. Un toro impossible, partant directement « al bulto », le cinquième « unicouillu », feisimo et de muy mala leche ! Le lot de Zotoluco méritait peut-être mieux. A voir. Marquitos, quant à lui, fut dépassé par le troisième, et  murmura une agréable faena au sixième, le seul potable de la tarde. Cependant, l’impression de fragilité se confirma, épée en main !
    
Zotoluco remplaçait Padilla. Le mexicain donna une perpétuelle impression de « je veux, puis je laisse tomber... mais, voyez, je pourrais.... ! », ce qui indisposa les gradins. Inexistant au capote, à part une jolie demi véronique, le triomphateur de Pamplona ne trouva pas la solution, ou ne s’y engagea pas totalement. Trois naturelles ne sauvèrent pas son premier trasteo, le toro terminant « très court ». Pinchazo « recibiendo », (tiens!), un autre bien vilain et une entière bien desprendida, perdant la muleta, sortant par devant. Nada.. Silence dans les rangs.  Le quatrième, toro sérieux portait le nom de « Golfillo »... Malin et vrai toro de combat, il fut piqué par Efren Acosta qui ne s’y cassa pas les dents, mais  par contre, y brisa une de ses piques personnelles, sortant ovationné, après trois rencontres bien dosées, mais peut être insuffisantes, le toro remontant fort, dès les banderilles. Zotoluco débuta sans montrer d’entrée « qui était le patron », insistant peu sur les doblones, terminant par le haut ses premières séries. Pas fou, le toro commença à regarder lourdement, à peser sur le corps et le moral du torero. Celui ci fit quelqu’effort, plusieurs fois dans la faena, alternant les moments de volonté, puis d’abandon. Deux vilains pinchazos à toro parado et un bajonazo prévisible firent sonner « pitos y flautas, c’est à dire une courte bronca accompagnée d’un avis.
    
Antonio Ferrera venait pour triompher, c’est clair. Joli quite, bien envolé, au premier de la tarde. Son premier « moustique » ou « loustic » fut accueilli magnifique au capote, par delantales et un triple remate où le toro déclara déjà que « petit mais musclé ! ». Ferrera s’en rendra compte immédiatement, se faisant vilainement prendre en mettant l’animal en suerte. Gardant le toro « cru », le diestro partit aux banderilles en grimaçant : Trois paires « a mas », spectaculaires, sortant du dernier quiebrto par un jugueteo très spectaculaire qui ferait rougir d’envie Hermoso de Mendoza  lui même. Enorme ovation. Faena, débutant fort, avec un toro qui derrote sec. Un peu de brouillon, mais engagement et vibrato, le torero se plantant soudain pour trois derechazos reposés, templados, hélas terminés en méchante poursuite, du style « tu n’es pas là pour faire le beau ». Sur un ultime et dangereux derrote, Ferrera doit couper le faena, mais se lance pour une grosse estocade « avec le coeur » qui roule le bicho. Une grosse oreille et vuelta joyeuse, malgré une cuisse douloureuse. Le cinquième sera un autre client qui tournera vite « à l’impossible », s’arrêtant vilainement dans le muletazo, regardant lourdement les dorures, virant sec des deux côtés. Qu’on vienne de Finlande ou du Japon... que l’on soit parvenu à se hisser difficilement du fond du petit Bayonne, telle une outre pleine de bière, on ne put que percevoir le réel danger. « Imposible, el toro ! ». Malgré sa volonté de triomphe, Ferrera ne put que se résoudre à en terminer, en trois temps, avec ce spadassin qu’il avait gentiment brindé à Loulou Lamarque, figure locale, aficionado practico, qui sait ce qu’est lidier et prendre des coups. Antonio avait banderillé avec brillo, sur un cuarteo, un poder a poder en faisant « la moto » et une troisième paire « por dentro », très intelligente et pleine de bravoure. Bonne sortie du jeune torero qui ne triomphe pas, mais n’a rien à se reprocher.
    
Francisco Marco baffouilla quelques capotazos devant le troisième, « Capuchino »... Le toro prit trois grosses rations de fer, qui le saignèrent littéralement. Court et violent, il mit en déroute le fragile torero qui ne sut par quel bout le prendre. Cela se termina mal avec l’épée, et la bronca fut courte, mais sévère. Le Navarrais, par contre, eut de jolis gestes face au dernier de la corrida, le seul qui permettait de se libérer vraiment. Dans le callejon , les copains devaient rager. Faena enlevée, séries principalement droitières, plusieurs muletazos accompagnés « avec le corps », d’une réelle qualité esthétique, en série terminées par de bons pechos. L’oreille pointait pour « la Navarre », mais hélas, l’épée piqua trois fois, et la Navarre murmura son second « Pobre de mi », en l’espace de vingt jours. Dommage !

 
« SE MURIO EL CABALLO ! »  

     Malheureusement, (et malgré l’imprudente annonce au micro...), le cheval « Nilo », de Leonardo Hernandez est mort, dimanche matin, 5 Août, sur la « table d’opération » de la Royale Accadémie Vétérinaire de Madrid, où il avait été transporté dans la nuit. Le magnifique pur sang, aussi baptisé « Zalduendo » a succombé a une hémorragie interne que les chirurgiens espagnols essayaient de localiser.

 Malgré tous les efforts conjugués des praticiens, à Bayonne et Madrid, le pauvre cheval torero est parti vers d’autres plaines, rejoindre tous ceux qu’une corne de toro blessa à mort, ou que la méchanceté des hommes brûla à jamais... comme les six des frères Domecq. Une tristeza !

 

UN WANADOO BIEN PEU AFICIONADO...

     Vous connaissez cela ? Ca rame, ça rame... Même Ben Hur se désespérerait et « ne parviendrait pas à sauver la galère... ». Wanadoo, bien peu aficionado, ou virus anti taurin ? Que vous dire de plus ? Navigation impossible... Donc, disquette, voiture, pour vous donner Bayonne, et le reste, demain, si les dieux d’internet le veulent bien...
    
On saura que le dimanche a vu la blessure de Diego Urdiales (à Soto del Real)  et de Marc Serrano (à Istres) , pas trop grave, en comparaison de Julio Pedro Saavedra, à La Adrada, près de Madrid . Douloureux, mais les toreros sont hors de danger.
    
De mémoire, « en Fax » : A Madrid, la corrida n’a rien donné – A Barcelone, Armillita a donné de très grands détails – Miguel Abellan a fait un tabac au Puerto Santa Maria (En grande forme !) – La feria de la Coruña s’est terminée très sérieusement, avec une corrida de Sanchez Ibarguen. Juan Bautista a coupé une oreille – Huelva a fait de même avec une corrida de rejoneo, terne – Du côté de Vitoria, on a débuté « la Virgen Blanca ».. Corrida de Cayetano Muñoz, Liria prend plus d’avis que de bravos, Puerto coupe une oreille et le Califa en perd une autre à l’épée – Finito, Cordobes et Rivera Ordoñez se sont régalés, du côté de Marbella, devant des toros des Frères Sampedro – A Pontevedra, tout le monde a triomphé (Ponce, Caballero, Juli) devant une bonne corrida d’Alcurrucen. Mais on gardera dans le (mauvais) souvenir cette erreur dans l’ouverture des portes du chiquero, le toro partant directement dans le callejon, faisant ainsi du grabuge, sur tout le tour de la plaza. Bilan quatre blessés dont un très grave.
    
Côté novilladas, gros triomphe d’Azuquita, en plaza de Séville -  En France, Cesar Jimenez coupe la seule oreille de la première d’Hagetmau, devant des Prieto de la Cal -  A Soustons, Ivan Garcia coupe une oreille  à chacun de ses Valdefresno – Du côté de Parentis, les novillos d’Escolar Gil n’ont permis qu’une vuelta à Jarocho. 

 

ALFONSO NAVALON...LE REVERS DE LA MEDAILLE !

     7 Août : On ne sait si Sebastian Palomo Linares, Jose Mari Manzanares ou Paco Alcalde sont « branchés » Internet... Ce qui est probable, c’est que, même retirés, ils ont gardé leurs contacts et leurs informateurs. De toutes façons, il aura toujours une bonne âme pour leur passer un coup de fil... « Z’ont du bien rigoler, hier soir, et s’en reverser un petit coup ! »
     Souvenez vous : De 65 à 80, un homme fut pour ces toreros, plus dangereux encore que les plus dangereux toros. Il était (il l’est toujours, d’ailleurs) revistero, critique taurin, à l’époque, des quotidiens madrilènes « Informaciones », puis « Pueblo ». Son nom : Alfonso Navalon ! A côté, le terrible Joaquin Vidal, qui sévit actuellement dans «El Pais », est un enfant de chœur, un écrivain pour midinettes, un chroniqueur « guimauve story »... C’est vous dire !
     Terrible, intraitable, injuste, injurieux ! Certains parlaient de méchanceté pure ; d’autres le traitaient d’ «amargado » et ne voyaient en ses chroniques terribles qu’une seule chose : « afan de protagonismo » (volonté d’être le centre des conversations, d’être la vedette, même celle que l’on hait) .
     Odieux avec Manzanares qu’il traita de « torero aux hanches fleuries », et qu’il provoqua publiquement, en plaza de Valencia, en juillet 79 : Connaissant l’aversion de l’alicantino pour la couleur jaune, Navalon, installé en barrera, emprunta à la femme d’un politique, sa veste jaune, et l’installa devant lui, tel un capote de paseo. Manzanares ayant coupé deux oreilles, « alla lui dire deux mots », au moment de la vuelta. Gros incident.
     Affreux avec Palomo Linares, à qui il ne pardonna jamais, entre autres, « le rabo » de Madrid, en 72. Il y eut, entre eux, plus que de mots, et Palomo, de rage et d’impuissance devant un manso, n’eut d’autre réflexe que de se jetter dans les cornes, de se livrer au toro, un soir de mai 76, tant Madrid avait été conditionnée contre lui, par Navalon.
     Paco Alcalde fut si durement traité, en 1976, avec des qualificatifs « très en dessous de la ceinture » (Ex : « Le torero était vêtu de blanc et or. De fait, il avait tellement la frousse, qu’il aurait du revêtir un costume « color mierda » !), qu’il en explosa littéralement et que sa carrière se termina sur une double cornada par un toro de Victorino, à la San Isidro 79.
     Des incidents, il y en eut à la pelle : On se rappelle de celui avec Antonio Ordoñez, en 68, à Pamplona. Le rondeño s’endormait un peu devant un manso, et Navalon l’invectiva, depuis la barrera. Ordoñez s’approcha, lui tendit épée et muleta... Echec et mat ! Il n’y alla pas, lui qui, aficionado practico, démolissait tout, consciencieusement.
     Mais, ne voilà t’il pas que ce pourfandeur de figuras, ce démolisseur de ganaderos, pour qui tous les toros étaient « des chotos, des ratitas, des borregos », en un mot, des  bestioles imprésentables, se mit dans la tête de devenir éleveur lui même, et de montrer... ce que doit être un toro de combat ! Tout le monde en tremblait d’avance. D’autres rigolaient doucement...
     De fait, le salmantino, plus doué pour la polémique que pour « la cria del toro bravo », « entra dans le moule », fit sortir sans honte des toros informes, décastés et, bien des fois, « sospechisimos de pitones !». En un mot, il appliqua tout ce qu’il avait critiqué pendant des années. Inutile de dire que beaucoup se tordaient de rire, et que d’autres « faisaient le voyage », rien que pour démolir le démolisseur ! C’est ce qui est arrivé, hier, en plaza de Iscar, près de Valladolid où « la corrida de Navalon » est sortie imprésentable ! 
     Dans leur retraite dorée, (pour deux d’entre eux), Palomo, Jose Mari et Paco auront dit « vaya con el hijo... »... Là haut, le grand Antonio aura souri, puis reprenant sa muleta, s’en sera retourné dessiner des naturelles aux nuages éternels...

     6 Août - Iscar (Valladolid) – Arène pleine : « Hubo lleno ! » On ne sait si ce fut à cause de la présence du Juli ou de l’annonce des toros de Navalon. Certains vinrent de loin pour insulter le ganadero. Il faut bien dire que jusqu’à mi corrida, ils se sont régalés, buvant de litres de « petit lait ! ». Cela s’est mieux passé, pour les 4 et 5ème toro ; puis on se déchaîna devant le moustique sorti sixième. Corrida imprésentable, fofa, faible, « sans queue ni tête » disent les plus virulents...Les deux premiers sortirent « moribonds ». Finito de Cordoba regarda le premier d’un air méprisant, puis fit quelque effort face au quatrième. Bonne faena qui lui vaut la seule oreille de la tarde – Juli ne put rien devant l’infect deuxième, et s’arrima au mieux, devant le cinquième. Vuelta – Javier Castaño, quant à lui, sembla « se récupérer un peu », toréant « avec la tête, l’incommode troisième. Il fut applaudi. Au total, un bilan des plus mitigés pour un ganadero qui... « tant de leçons voulait donner »
 

LA SIESTE, A VITORIA... LA BAGARRE, A MALAGA ...

     La feria de la Virgen Blanca s’est poursuivie, à Vitoria Gasteiz... Corrida soporifique où seul, Abellan  a essayé de mettre le turbo. Par contre, du côté de Malaga, il est sorti une novillada d’enfer, et c’est Abraham Barragan qui s’y est distingué.

     6 Août – Vitoria – 2ème de Feria – Media plaza : Une moitié d’arène pour Jesulin, Rivera et Abellan, face à des mari Carment Camacho. Una ruina ! La corrida est mal sortie, le sixième étant le moins triste. Les deux premiers semblaient « servir », mais... Le e cinquième fut remplacé par un Cayetano Muñoz , bien soso – Jesulin endormit tout le monde avec des dizaines de passes qui ne dirent rien. Ovation avec un avis, et Silence – Rivera Ordoñez ne put que « rapidement » constater la tristesse de son lot. Applaudissements et silence – Abellan s’accrocha comme un mort de fin : Cogida en tuant le troisième. Il revient au sixième. Début et fin du trasteo , à genoux. Cela partait bien...pero pincho ! Silence et ovation, avec un avis.

     6 Août – Malaga – Novillada de Feria : Terrible novillada d’Aldeaquemada, avec un  trapio « de corrida de toros »: Kilos y pitones !. Au plan comportement, « dur dur ! », exigeant la tête et ...le coeur !- Abraham Barragan, à un mois de son alternative, s’est montré torero, près à de plus grosses entreprises. Oreille, forte, du quatrième – Sergio aguilar s’est accroché, mais  les espoirs continuent à s’estomper. Vuelta au cinquième – Relevant de blessure, Joselito Ortega fut trop court, tant physiquement que moralement, devant des tels chars d'’ssaut. On le respecta.

 

GRABUGE EN HAGETMAU...

     Alerte à la bombe, la veille... Incident du à un toro devuelto, ce lundi... Hagetmau n’aura guère vécu la gloire passée, pour son édition 2001...

     6 Août – Hagetmau  - 2ème novillada de feria : (De notre correspondante) - Novillada triste et faible de Maria Luisa Dominguez Perez de Vargas. Où sont les Maria Luisa d’antan ? Le mano a mano entre « les deux Julien », n’a rien donné, les toreros ne pouvant que montrer bonne volonté, devant des adversaires éteints, mornes comme la plaine... Le cinquième fut un Prieto de la Cal qui ne permit guère de s’attarder. Julien Lescarret et Julien Miletto ont fait « match nul » à une oreille et à beaucoup d’efforts vains : Silence, oreille et ovation pour le Landais. Oreille, silence et silence pour le gardois !
     On se souviendra cependant d’un incident qui aurait pu tourner au drame : On voulut changer le cinquième novillo, impropre à la lidia. Le bicho refusa toute tentative de le rentrer au corral... et cela dura, dura... En fin de compte, on décida de le lidier, avant de sortir le sobrero, et de le piquer, auparavant . Sortirent les picadores et, dans un arreon, le novillo bascula vilainement  Rafael Sauco, lui infligeant une grosse cornada de 20 cms, à la cuisse droite. Cela aurait pu être bien plus grave.

 

LES « CARNETS DE CAMPO » DE L’HOMME AUX CHEVEUX D'ARGENT....

     8 Août : Qu’il soit ou non « aficionado », tout le monde a, un jour, rencontré  un « torero » de Jean Ducasse...
     Quelque trait bien appuyé  sur la page blanche du cahier de l’Histoire, et s’ouvre le plus beau paseo qu’applaudissent jusqu’aux plus néophytes...

     De Paco Camino au Juli ; d’Ojeda au superbe Ponce, Ducasse, l’homme « aux cheveux d’argent » les a fidèlement suggérés, en a immortalisé la démarche, en a figé le moindre capotazo, le plus brillant des muletazos...  Jamais un visage, jamais un regard...Et pourtant, le torero est là... cette silhouette, cette attitude... On se disait alors: "Pas de doute, c'est bien lui!".. Et d’applaudir encore une fois, Ponce, Ojeda, Mendes...Ducasse.
     De dos, de profil, les toreros s’avançaient ainsi sur la toile, comme sur un immense ruedo de sable blanc, dessinant à jamais les arabesques du « Toreo de toujours... »

   Jean Ducasse était aficionado et torerista. Il l’est toujours, et l’avoue sans détour. Avec son ami Jean Cau, les tertulias devaient valoir « quelques kilos de cacahuètes », sur les mérites et petits travers de tel ou tel maestro. Jean Cau, « muy sevillano », grand copain de Jaime Ostos... L’autre Jean... Ducasse, « Caminista de pro », encore et toujours fidèle au maestro de Camas... Les épithètes devaient voltiger.. admiratifs ou «égratignants ! », jamais méchants...

      1997 vit sa dernière exposition à Dax, dans le Parc Théodore Denis. Chacun se souvient de la caseta où l’on pouvait, à loisirs, revivre quelque grand moment vécu , à la fois fugitif et inoubliable, dans le ruedo tout proche... Ils furent des milliers à y passer, à apprécier. Des milliers, jusqu’aux plus pauvres, jusqu’aux plus punks !  La peinture taurine, ouverte à tous, loin des salons feutrés, loin des snobs « entaurinés »...  L’artiste l’avait voulu ainsi, en gardant de formidables souvenirs, au plan humain, tant qu’à celui des ventes... Ne pas oublier que, pour « produire encore », le peintre « doit vendre »... C’est ainsi ! On ne peut pas « peindre d’amour et d’eau fraîche » !
     Et puis  pfffttt ! Envolé, le Jean ! Disparu, Ducasse ! Maldita sea ! Certes, on retrouvait sa trace, « de l’autre côté »... Des expositions, et pas des moindres, à Sevilla, Madrid, Bilbao, San Sebastian... L’affiche d’Illumbe, en Août dernier... Superbe !
     Ce que l’on savait moins, c’est que Jean Ducasse « se habia vuelto Torista ».... et qu’il était tombé amoureux du Campo ! On y tombe tous !
     Plusieurs mois durant, dans le murmure silencieux de campo andalou, de l’aube au crépuscule, Jean Ducasse, « peintre de Toreros », s’en alla camper sa toile à distance raisonnable des grands toros de combat, dans les plus fameux élevages de la grande route, la plus belle... la nôtre ! « La ruta del Toro ! »
     Aujourd’hui, l’artiste nous revient, avec ses « carnets de campo », comme autant de notes que l’on prend, que l’on griffonne comme ça.... au bord d’une émotion.
     « Le Toro et les Hommes »... On a déjà vu cela quelque part !  Le Toro dieu... le Toro qui vous regarde, hautain. Celui qui veut « qu’on lui foute la paix » et vous tourne le dos, méprisant, sûr que « l’on a compris ». Le toro au campo, image de « la force tranquille » de celui qui, d’une pichenette, pourrait vous casser en deux...
     Dans le petit matin, la garrocha sous le bras, un cavalier s’éloigne. A ses côtés, un chien « muy aficionado »...Là bas, sous les encinas, à demi couchés dans les hautes herbes, les toros attendent l’Eternité... L’artiste aficionado, le peintre torero les ébauche sur son carnet de toile... Peut-être « voit il » déjà, fugaces, la demie véronique  du Morante, à celui-là ; le doblon de Ponce, à celui-ci ; le desplante du Juli, à cet autre, là-bas, le colorado qui mâche son herbe, l’air de rien... Ne pas s’y fier.
     Sur sa toile, l’artiste les esquisse, puis les enveloppe de nature... Les toros sont là... A peine en a t’il vu un qu’il en découvre un autre, plus beau, plus grand, plus « toro »... Alors, sur un coin de la toile, une nouvelle image apparaît, tel un nouveau chapitre au carnet de voyage.
     Bien sûr, il manque les bruits... Bien sûr, il manque les odeurs ! Quoique... Ducasse « y arrive », presque. Clignez les yeux, un moment. Laissez vous aller ! Vous y êtes... Attention, pas trop vite ! vous allez déranger les toros... 

     Du 10 au 15 Août, dans sa « querencia » du Parc Théodore Denis, Jean Ducasse nous invite à feuilleter ensemble ses carnets de route, ses « carnets de Campo ! ». La caseta est ouverte  à tous les vents, à toutes les sensibilités, à toutes les émotions... Jean Ducasse et sa fidèle compagne vous y attendent, en toute simplicité, en toute amitié... N’oubliez pas d’y arrêter vos pas aficionados...
     Dans un coin de mémoire, un torero et un enfant continuent leur paseo de paix, parmi les couleurs de la Colombie torturée. Cela dure depuis dix ans. Le torero s’appelle Cesar Rincon ; l’enfant devenu homme, se nomme Albeiro Vargas. Le paseo a pour nom « Un Coin de Colombie ».(voir à la rubrique « Toros et Solidarités »). Seule Action Humanitaire « en continu », issue du monde taurin, cette grande marche pour la dignité des « abuelitos des rues » a eu, en Jean Ducasse, son « grand témoin », son plus talentueux  parrain... Ce sont des choses qui ne s’oublient pas !
     Alors, le coeur ouvert à l’homme comme aux grands toros de toile... arrêtez vous donc « au campo de Jean Ducasse »... M’étonnerait que vous le regrettiez !

     « Peintures Taurines de Jean Ducasse – Campo Bravo ». Du 10 au 15 Août, de 10 à 21 heures – Feria de Dax – Caseta taurina , à l’entrée du Parc des Arènes. A ne pas manquer.
 

ENRIQUE PONCE CONTINUE SA « MARCHE TRIOMPHALE »...

     8 Août : C’est bien parti ! Pas de raison que cela s’arrête là. Tandis que les autres pataugent ou peinent un peu, y compris le Juli, Enrique Ponce, « torero embalado », sort « a triunfo por corrida ! ». Cela s’est encore vérifié hier, en plaza de Vitoria. Et ce n’est, probablement qu’un début... Pourvu qu’il nous en garde un peu : Béziers, Bayonne, Dax...

     Vitoria où va réapparaître aujourd’hui Juan Jose Padilla. Espérons qu’il s’y fera pardonner les quelques « mauvaises manières » étalées, il y a peu, dans la placita voisine d’Azpeitia. Padilla réapparaît... Pourquoi ? Jusqu’à quand ?
     Jose Tomas, le bras toujours en écharpe, semble hésiter entre Linares et Alméria, pour réapparaître « en plein soleil ». En tous cas, il ne sera pas remplacé, à la feria de Béziers, ce qui donnera lieu à un mano a mano Ponce/Castella, prometteur, vu la forme actuelle des deux toreros, chacun dans sa dimension, chacun dans son style et son expérience. Samedi 11 Août – Face aux Nuñez del Cuvillo.

     Hier, 7 Août, les chroniques ont rapporté les résultats suivants :

     7 Août – Vitoria – 3ème corrida – Casi lleno : Corrida inégale, faible et mansita de José Luis Marca – Ponce invente une charge au premier et tarde un peu, face au quatrième. Il est « au dessus » de tout... Oreille et oreille, après un avis – Morante touche les moins bons, plaque quelques détails et laisse filer. (Silence et palmas) – Juli se bat comme un beau diable, mais doit forcer la machine. Les heures faciles semblent s’être envolées. Pas bon, ça, au début du mois d’Août. (Oreille avec pétition de la seconde et Ovation.
     Le Banderillero Eustaquio Sierra, du Morante de la Puebla, se fait prendre et cornéer contre les planches,  par le cinquième. Cornada de 8 cms dans le triangle de Scarpa, côté droit. Pas trop grave.

     7 Août – Malaga – 2ème Novillada de Feria : Novillos de « Toros de la Plata », correctement présentés. 1, 4 et 6ème applaudis à l’arrastre – Reyes Mendoza coupe une oreille au premier, Javier Valverde fait de même au cinquième. Joselito Ortega, quant à lui, est plus à l’aise que lundi. Oreille au sixième.

Aujourd’hui, première corrida de Feria, premier « cartel de lujo » : Ponce, Jesulin, Finito, devant des Gabriel Rojas.

    7 Août - Soto del Real  (Madrid) : Toros de Montalvo, mansitos – Succès de David Luguillano (Oreille à chaque toro) – Jesus Millan donne vuelta au cinquième – Bonne faena de Ivan Vicente, qui coupe les deux oreilles du dernier.

     7 Août – Chateaurenard - 2/3 de plaza : Corrida d’Andres Ramos, avec « un peu de tout », surtout de la faiblesse – Fernandez Meca resta « en dedans », dit on (Aplausos et Ovation) – Antonio Ferrera tua mal son premier, donnant vuelta, et coupa les deux et le rabo du cinquième. Bof ! - Fandi mit « une grosse épée » au troisième (oreille), et ne put guère, face au dernier. Ferrera et Fandi ont « mis de l’ambiance », avec les banderilles.

     Ferrera / Fandi : Une « pareja » qui devrait fonctionner, depuis longtemps...

 

ALVARO MONTES...UN CAVALIER « QUI MONTE »... ET QUI MONTE BIEN !

    9 Août : Pour certains, ce fut une surprise. Pour d’autres, férus de Rejoneo, ce le fut beaucoup moins. N’étant pas spécialiste du toreo à cheval, nous nous cantonnons à « ressentir les choses », à vivre les actuaciones des cavaliers, en aficionados « amateurs », admirant les chevaux, leur élégance, leur fierté, essayant de voir dans leurs attitudes ou leur regard, s’ils ont ou non plaisir à être là. Parfois, on le dirait.... Caballos « muy toreros »... Chevaux de beauté et de gloire. Chevaux  qui vivent et meurent la grandeur du Toreo, comme le pauvre « Nilo », samedi dernier, en plaza de Bayonne. Una tristeza !

      Ce 4 Août, à Lachepaillet, un jeune homme a causé grande impression : Alvaro Montes. Son allure torera, son style à la fois enlevé et classique, son sens du spectacle, son charisme, en ont fait le grand triomphateur de la corrida de Rejoneo des fêtes de Bayonne. Déjà, l’an dernier, il avait été la grande révélation de la soirée du « Don Juan » de Tavora, où Javier Conde avait joué une toute autre partition, style « petardo ». Tout le monde parlait du cavalier. L’empresa l’a donc engagé à la « formelle »2001, et elle a pleinement réussi. A elle, maintenant, d’exploiter cette trouvaille, ce grand déclic entre le public Bayonnais et la jeune promesse...
     L’aficionado et le grand public ont besoin de ces regards, de ces visages, de ces « Merci de votre amitié ! Je me sens bien, chez vous ! Cela me donne l’envie de me défoncer, et « un moral d’acier, pour la suite... » Important ! Bayonne, comme d’autres plazas, comme d’autres publics, ont connu cela, avec d’autres toreros, avec d’autres  cavaliers...
     Alvaro Montes est né à Jaen, en plein milieu des oliviers, aux portes de l’Andalousie, le 16 Avril 1982. Ses 19 ans l’ont déjà vu prendre l’alternative, en 98 (il avait alors16 ans !), et avancer sur le long chemin qui monte vers la gloire. Ses parrains furent Pablo Hermoso de Mendoza et Paco Ojeda. Vaya ! On ne pouvait rêver mieux !
     A Bayonne, il a montré des dons indéniables : Devant à tout prix triompher au premier, il sortit « la grosse artillerie » : la garrocha, le cheval sauteur, le par al violin, todo... Y le salio « de p...madre ! ». Au sixième, il se laissa aller ! Plus serein, plus artiste, plus andalou, plus flamenco. Il y eut des moments de « cante grande », des attitudes, des préparations, « des sorties de suertes » de grande inspiration artistique. Un « bailaor », et son fidèle compagnon, lui aussi « danseur étoile ».., le tout, au service d’un rejoneo clair, propre, qui respecte le toro et le cheval... Pas d’hystérie, pas de risques fous.  Que bonito ! A n’en pas douter, Alvaro Montes, qui a encore triomphé, hier, à Châteaurenard,  ne peut que s’envoler vers d’autres cîmes. A suivre
     Au 6 Août, Alvaro Montes est cinquième, à l’escalafon des Rejoneadores, derrière Fermin Bohorquez, Leonardo Hernandez, Andy Cartagena et Joao Moura. A son actif : 23 corridas, 47 oreilles et 4 rabos. On guettera les prochaines sorties... Sergio Galan étant blessé (sept fractures au pied gauche, samedi dernier) cela pourrait bien valoir au jeune cavalier de Jaen, quelques bonnes substitutions....
     Au fait, qui, à Dax, le 15 Août prochain ?
     8 Août – Châteaurenard : Toros d’Atanasio Fernandez – Fermin Bohorquez fait ovation et silence – Alvaro Montes donne vuelta au premier, et coup les deux oreilles du cinquième – Rafi Durand fait, à chacun, un tour de piste.

 

JESULIN, A MALAGA...  PADILLA, A VITORIA...  ET, EN NOCTURNE, CALIFA...

     9 Août : Trois corridas importantes, hier : A Malaga, devant une entrée « à pleurer », les vedettes sont entrées « à cloche pied » dans la feria. Jesulin templa une faena, et Ponce se mit en colère. A Vitoria, Padilla est revenu en fanfare, devant beaucoup de ciment. Mais c’est en nocturne, aux chandelles, à Benidorm, que la plaza se remplit presque et que les toreros ont pu, un peu , s’exprimer... Un peu seulement, car le dénominateur commun de ces trois courses : Faiblesse, soseria, falta de raza....Ayyyyy !

     8 Août – Malaga – 4ème de Feria – 1ère corrida  - Moins de media plaza : Cinq toros de Gabriel Rojas, faibles, manquant de race. Le troisième, invalide est remplacé par un Gerardo Ortega « atacado de kilos » - Enrique Ponce s’endormit un peu en jouant les infirmiers devant le premier. Par contre, il se mit en colère, essayant de « motiver » le quatrième. Il l’attaqua de tous côtés, parvenant à sortir « quelques gouttes, de ce puit vide », mais perdit l’oreille avec l’acier. (Palmas et ovation, après un avis)  - Jesulin de Ubrique arriva fort décidé. Faena très classique et très templée, qu’il répéta, dans de moins bonnes conditions, face au cinquième (Oreille à l’un, petite pétition et ovation, à l’autre) – Finito de Cordoba a un peu « laissé flotter les rubans ». Rien à tirer du Gerardo Ortega, trop lourd. (Silence partout, avec un avis au troisième)
     Ce jeudi 9 – 2ème corrida : Toros de Gerardo Ortega pour Fernando Camara, El Califa et El Fandi.

    8 Août – Vitoria – 4ème de Feria – Moins d’une demi plaza : Toros de Clairac, très sérieux, très lourds, mais faibles. 1 et  5èmemontrant du genio – Oscar Higares resta en deça de ses possibilités (ovation et palmas) – Juan Jose Padilla reprenait l’épée : Deux largas à genoux, le galleo par chicuelinas ; les banderilles, musclées, la faena débutée à genoux... tout y passa, avec  une oreille à la clef. Face au cinquième, début à l’estribo et « tres cuartos de lo mismo ! », mais cela traîna un peu à la mort. Ovation – Jesus Millan toucha le mauvais lot et ne put qu’être « inutilement vaillant » (Silence partout)

     8 Août – Benidorm – Corrida en nocturne – Plus de ¾ de plaza : Toros de Gabriel Rojas qui sortirent fades, sosos – Manuel Diaz « El Cordobes » coupa l’oreille du premier, et entendit une ovation, après pétition, au quatrième – Vaillant et spectaculaire, le Califa. Deux et une oreilles, respectivement – El Juli toucha le mauvais lot et tua mal (applaudissements et ovation). A suivre, cette légère baisse de régime du Juli, depuis quelques jours. Bien entendu, quand c’est « comme cela », la guigne vient encore s’y ajouter, au tirage au sort. Pouah !

 

LE REVE D’ETRE TORERO...

     10 Août : Au bords du Guadalquivir, un enfant, parmi tant d’autres... Il a la peau mate, les cheveux bleus foncé, à force d’être noirs. Comme les autres gamins, il court dans la rue, insaisissable... Mais souvent, il s’arrête. Sur le visage de ses onze ans, une soudaine expression fige ses traits. Dans ses yeux noirs... une flèche d’éternité ! Il s’envole...

     Seul au milieu de la Maestranza de Séville, il cite un toro de Domecq, un burraco, haut, astifino. Le toro accourt au toque... Alors, le bras de l’enfant dessine une naturelle de rêve, dans laquelle s’engouffre le toro magique. Le petit bras tire lentement le toro, qui s’en va tourner loin, derrière sa hanche.
     Pendant qu’il donnait cette passe parfaite, éternelle, l’enfant avait grandi... Le visage exprimait un curieux mélange de crainte, d’abandon et d’amour. La ruelle était devenue plaza , et les mauvaises guenilles, costume de  lumières. Dans le jabot de la chemise torera, le menton s’enfonçait, comme pour immortaliser  la parfaite unité du corps et de l’esprit, l’harmonie du coeur et de la raison. L’enfant est devenu torero, presque d’un coup, sans efforts.
     Et voilà... Les naturelles qu’il a dessinées « au vent », cent fois, mille fois, sont devenues réalité. Bien sûr, la muleta pèse plus lourd ; le Domecq est plus dangereux, sa charge est moins vive, mois rectiligne.. Le rêve est passé. La réalité s’appelle « Escalafon », « Contratos » « Ferias », « Sorteos »... Le quotidien est devenu... « Arrimate ! ». On est loin des rues blanches où l’enfant toréait le vent. On est loin du rêve. Et pourtant, le sourire est parfois le même, lorsque tout à coup charge le toro, court la main, s’abandonne le corps... Pourtant , il se retrouve, comme à onze ans, là bas, à La Puebla del Rio... lorsqu’il s’appelait Jose Antonio Morante Camacho....
     Morante de la Puebla a son site internet... Allez donc le visiter : Un mélange de force et de légèreté... La réalité « toro » y cotoie le rêve d’un moment de paix, toreant le vent, au bord du Guadalquivir.
     Il y a peu, je disais au torero ma tristesse de ne pas le voir aux cartels de France. Les yeux ont souri et d’un air triste, il répondit : « Si, alli no me quieren ! »
     En fait, nous qui nous disons si aficionados... nous avons peut-être oublié nos rêves d’enfants... et, surtout, nous n’avons jamais toréé le vent... Aussi, nous ne comprenons pas qu’aujourd’hui, un torero cherche chaque jour ce « souffle », écho de ses onze ans... Nous ne voulons pas le comprendre, parce qu’un mot a rompu l’harmonie : Professionnel ! Pourtant, lorsqu’il le retrouve, ce vent chaud et léger, même la terrible Madrid se dresse..
     Alors, attendons un peu. Tenez... le vent se lève... Chhttt !  Morante torée...

     Site internet du Morante de la Puebla : www.morantedelapuebla.es (La photo, empruntée au site, est de Pepe Arjona)

 

LE REVE D’ETRE TORERO... (bis)

     10 Août : Lui aussi a les yeux noirs, les cheveux de jeai... Il y a onze ans, la lumière s’ouvrait à lui. Il y a onze ans, il pouvait rêver palaces, mercedes, fincas... jolies demoiselles. Madrid Las Ventas lui avait ouvert ses portes, non pour y rentrer, mais pour en sortir... « a hombros ». Il était de la Génération 90...
     Et puis, le rêve s’est estompé... La mercedes est devenue un « vieux cacharro » ; les palaces sont devenues d’obscurs bouges de Bogota ; pour ce qui est des jolies demoiselles... Le rêve s’est éteint... la lumière aussi.
     Puis un jour, tout a basculé. Les dettes sont devenues si lourdes, les regards si menaçants... De la lumière à l’ombre, pour quelques grammes de poudre transportées... Alors, la lumière s’est éteinte tout à fait, et le fier torero s’est retrouvé « simple matricule », dans un mauvais calabozo...
     Pourtant, son esprit guidait son bras. Le rêve était encore bien ancré dans le corps... Souvent... toujours, il se  levait et dessinait, dans sa cellule ou dans la cour de la prison, la plus grande des faenas... Cela a duré longtemps... Il s’appelait... il s’appelle Fernando Camara.
     Le 1er Janvier, on lui donna une chance, une seule : Se vêtir à nouveau « de torero », pour une corrida, à Malaga. Il n’y fut pas mal, mais, à part un mauvais remplacement, il n’eut guère d’opportunités. Cependant, les jolis détails de Janvier avaient convaincu l’empresa. La feria était longue, (la plus longue de son histoire)... Fernando Camara méritait une autre chance, en plein soleil, cette fois.
     Hier, 9 Août 2001, Fernando Camara a « rejoint la lumière », en coupant deux oreilles et en sortant « a hombros » de la Malagueta, en pleine feria... Allez donc savoir pourquoi, les filles sont, tout à coup, devenues si jolies!

     9 Août – Malaga – 2ème corrida de Feria – plus d’un quart de plaza : corrida de Gerardo Ortega, un peu juste de présence, mais donnant du jeu. Le deuxième fut manso, et le lot du Fandi s’éteint vite. Ensemble noble, toutefois, avec beaucoup de transmission, chez lz cinquième – Triomphe incontestable de Fernando Camara, qui coupe une oreille de chaque toro et srt a hombros. Après son premier combat, il dut se faire soigner d’une coupure à la main gauche, qui lui a valut cinq points de suture. Bien au capote, Camara signa deux faenas de fermeté et de réelle esthétique, confirmant qu’il est un torero totalement « récupérable » - Mauvaise journée pour le Califa, qui touche le mauvais lot, mais aurait du être mieux devant le cinquième qui demandait « de rester là ». (Silence et quelques sifflets) – Le Fandi a mis le feu, tout en toréant parfois très brillamment. Véronique, les deux genoux en terre.. pas donné à tout le monde. Aurait pu aussi sortir sur les épaules, mais « catastropha » la mort du dernier (Oreille et vuelta).
     Ce 10 Août, la corrida est de Cebada Gago, pour Miguel Rodriguez, Juan Jose Trujillo et Curro Vivas.

     9 Août – Vitoria – Novillada finale de la Virgen Blanca – moins d’un tiers de plaza : Novillos de Montalvo qui n’ont guère valu le déplacement. Mansos pour la plupart. 1 et 6ème furent les meilleurs – Leandro Marcos torée sérieux et coupe une oreille du premier. Vuelta  avec un avis, au quatrième – Matias Tejela se bat et coupe l’oreille du cinquième – Javier Lara sera applaudi.

     9 Août – Palma de Mallorca – corrida nocturne – casi lleno : Corrida de Bernardino Piriz, de présentation « normale », qui baissèrent de ton, assez vite – Bonne faena au premier, de Finito de Cordoba qui perd tout à l’épée. Oreille au quatrième – Le Juli met le feu et triomphe totalement : Deux et une oreilles – Miguel Abellan l’accompagnera « a hombros », écoutant une ovation au troisième, et coupant les deux trophées du dernier.

     On apprend par ailleurs que, dans la cuadrilla du Juli, un peon, « Sevillita », veut concrétiser un rêve de gosse : Prendre l’alternative. Cela se ferait en fin de saison, en plaza de los Barrios. Tout en respectant le passé novillero et le rêve du banderillero, on ne peut s’empêcher de penser que se projet relève du « cachondeo », le torero aux volumineuses rouflaquettes n’ayant aucune intention de toréer dans « les rangs supérieurs », et reprenant sa place dans la cuadrilla du Juli, aussitôt le costume d’or bien rangé dans son armoire. Pas sérieux !

 

DESINFORMATION TAURINE...

     10 Août :  On ne sait ce qui s’est passé... On ne sait quels intérêts à défendre.. quelles raisons à cacher... Toujours est il que plusieurs médias ont annoncé que le cheval de Leonardo Hernandez « Nilo », aussi appelé « Zalduendo », cornéé samedi dernier en plaza de Bayonne, avait succombé hier, 9 Août, des suites d’une péritonite.
     Il n’est pas question de polémiquer, bien sûr. Mais, il serait important de savoir pourquoi on a caché ainsi la mort de ce cheval qui, on le sait, a pris la terrible cornada samedi 4 Août , à 19h15 ; a été opéré en urgence dans la plaza ; a été transporté ...à Madrid, à l’Académie royale vétérinaire, où il a été réopéré par deux fois dans la matinée du dimanche 5 août, mourant en cours d’opération vers 10h30.
     A ver ! Que cachondeo es ese ?  Qui devait on protéger ?  Les « royaux vétérinaires » ? Un caballero en plaza qui fait beaucoup toucher ses montures et perd son deuxième cheval en deux ans ? Que pasa, señores ?
     Une autre question se pose : Est on aussi bien « désinformé »...pour tout ?

 

DAX : « OUVREZ, OUVREZ LA CAGE AU TORO... »

     11 Août : Toute l’année il est seul et libre. Il pourrait s’en aller, mais il reste, il se sent bien là. Les gens passent et le regardent, lui sourient. Lui, il baisse la tête, comme pour saluer, gentiment. Un peu plus loin, des cris, des bruits, de l’animation. « Té, carreau ! » Les boulistes de l’année dernière sont toujours là....

     Toute l’année, le toro de bronze noir est seul, à l’entrée du parc des arènes, à Dax. Au milieu des passants, il monte la garde et leur rappelle qu’à deux pas, chaque année, ses copains viennent y combattre, pour la gloire.
    
Pourtant, il ne comprend pas... Au moment de la Feria, alors que tout est fait pour vanter sa beauté, sa bravoure, glorifier sa noblesse, voilà qu’on l’emprisonne. Ca ne manque pas ! Quelques jours avant la feria, d