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TREIZE A
LA DEMI-DOUZAINE… RECORD OLYMPIQUE BATTU ! !
1er
Octobre : Là-bas, "de l’autre côté" de la terre, des visages se sont illuminés
aux mille feux d’amitié et de joie célébrant les plus beaux jeux
olympiques de l’Histoire. On a « une » médaille de plus que
la dernière fois, ouf ! Cocorico ! On règlera les comptes en
rentrant. Moins loin, et bien plus tragiquement, à Jérusalem, on s’entre-tue sans rémission,
parce que la haine ancestrale demeure et demeurera, encore renforcée par
la terrible image d’un enfant, mort à douze ans, à cause de ses pères.
A deux pas, vers Belgrade, on piétine allègrement le résultat des urnes. Mais chez nous,
tout va bien... alors !
Dans le monde taurin, petite planète d’or et
de lumières, mais aussi de turpitudes, on a battu, hier un record :
A Madrid, le Président a sorti le mouchoir vert à sept reprises,
rentrant des toros invalides, scandaleusement décastés, catastrophiques
de faiblesse et de mansedumbre. La corrida a duré trois heures et demi et
au final, le public est rentré chez lui, abasourdi mais bien sage, alors
qu’en d’autres temps, il aurait brûlé la plaza. Pas à dire, le mot
Aficionado rime de plus en plus avec « maso ».
1er Octobre – Madrid/Las Ventas –
3ème de feria de Otono – ¾ de plaza : La corrida de
Sanchez Ibarguen avait passé le sorteo, entière, en un quart d’heure.
Dans le ruedo, elle a duré trois heures et demi. Au palco, le commissaire
Luis Torrente n’a pas perdu la tête. Devant le spectacle affligeant se
déroulant sous ses yeux, il a renvoyé au corral sept toros, ce qui
s’est fait sans heurts, grâce à Florito et son adresse diabolique à
manier les cabestros. Les toros 1,2,5 et 6 ont été changés. Le 3 a été
remplacé trois fois. Vous suivez ? A la fin se sont lidiés quatre
Ibaguen et deux Albarran. Et pour quel résultat ? Un silence total
pour Bote, Uceda Leal et Davila Miura.
Une vraie catastrophe qui, liée aux bruits de drogue qui circulent
un peu partout, et depuis longtemps, en Espagne et en France, vient
s’ajouter à la longue liste des scandales politico-economico taurins déjà
en cours. Maintenant, on afeite « en plus astifino », et on
file un pétard au toro pour qu’il « dure vingt minutes ».
Cela pourrait nous servir, avant de partir au boulot, ou en d’autre
occasion… plus agréable. « T’en veux ? »
1er octobre, dans les autres plazas :
Caballero, Ordonez et De Mora sont sortis a hombros, coupant deux oreilles
chacun, à des Carlos Nunez, en plaza de Torrijos (Tolède) – Padilla,
qui remplaçait Abellan, coupe la seule oreille à Ubeda. Les toros de
Julio de la Puerta étaient vilains et mauvais – Ils le furent aussi à
Medina del Pomar, où Jose Ignacio Ramos et Ferrera ont sauvé la corrida,
à coup de hargne. Vraiment une mauvaise journée pour Julio de la Puerta,
à moins qu’il soit heureux, tout simplement, « d’avoir vendu
deux lots » – A Mojados (Valladolid) on a gracié un toro de
Garcia Jimenez, anti réglementairement. Manolo Sanchez en a coupé tous
les trophées symboliques, tandis que Fundi et Puerto étaient bien,
devant des Alfonso Navalon – Côté novilladas, un bon succès pour
Fernandez Pineda à Séville – Une nouvelle catastrophe au concours d’Arnedo,
et une grande novillada finale en Algemesi, grâce aux Cebada Gago,
auxquels Angel Gonzalez a coupé deux oreilles – On déplore, en plaza
de Zafra, le blessure, très grave, du cheval « Fusilero » de
Pablo Hermoso de Mendoza. Blessure qui intéresse la cavité abdominale et
la zone du cœur. A priori, pas d’organe vital touché. Pauvre bête !
Formidable Mendoza, mais beaucoup de chevaux touchés, cette année. La
gloire est elle à ce prix ?
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ARNEDO :
ENFIN « CHAUSSURE A SON PIED »…
Dans le monde des toros,
tout finit par s’arranger, et les plus grandes catastrophes, les plus
intenses conflits, se terminent en abrazos et félicitations… en
principe. Arnedo a vécu une feria « du Zapato de Oro 2000 »
catastrophique, non par la dureté du ganado, mais bien parfois, par le
manque d’ambition, de personnalité ou de talent des aspirants au
vedettariat. Et puis, le miracle, le jour qui se lève ! La dernière
novillada donne du jeu, et deux jeunes promesses entrent en réelle compétition,
coupent les oreilles et sauvent la feria. Enhorabuena !Luis Vilches
remporte le trophée, en toute justice, tandis qu’un Salmantino est révélé :
Javier Valverde.
A Séville, Monsieur Eduardito continue ses déclarations
et son veto. Le Festival de ANDEX, risque de se déplacer dans la plaza
voisine de La Algaba. Bien entendu, moins de monde, moins de prestige,
moins de bénéfices pour les enfants cancéreux. Merci « don »
Eduardito ! La Télévision sera là, qui apportera contribution, et
c’est bien ainsi. Date prévue : 22 octobre, en matinée, mano a
mano Curro Romero /Morante, télévisé en direct sur TVE1. Maintenant, si
ces deux toreros ont un peu d’amour propre et de fierté torera, ils
devraient bien donner une petite leçon
à monsieur Canoreita… « Nous, on ne torée pas la
Feria de Abril 2001, on s’en va à la pêche » . Voir alors
comment le « sans cœur » remplit sa plaza... sans Curro et sans
Morante. Mais, ne nous leurrons pas, tout cela finira par des abrazos et félicitations,
une fois de plus.
Pendant ce temps, Jaen présente les cartels de
la dernière feria de la saison. Un feria qui prend de plus en plus
d’importance. Ponce et Puerto y feront doublon, et Antonete, auteur
d’un faenon, l’an passé, dans ce même ruedo, y est annoncé avec
une corrida de Jose Luis Marca. Même si cela nous fait frémir, au regard
de l’âge et des recours physiques, logiquement réduits, du maestro, on
ne peut s’empêcher de dire là, vraiment : Un abrazo et... félicitations !
Feria de Jaen 2000 – Voir dans la
rubrique « Carteles »
2 octobre – Arnedo – Dernière de Feria – casi lleno : Présentation
des novillos de Adelaida Rodriguez. Bravucones et mobiles, ils démontrèrent
force et caste, permettant aux novilleros de s’exprimer. On donna une
vuelta posthume, que certains jugèrent « limite », au quatrième.
En fin du festejo, Fernando Garcia Rodriguez, le ganadero, et son mayoral,
donnèrent la vuelta. Torero sobre et classique, Antonio Bricio fut
ovationné, à la veille de sa prochaine alternative, en son Mexique
natal. Magnifique compétition entre deux novilleros qui pourraient bien
faire « pareja » l’an prochain. On en aurait bien besoin. Un
Sevillan d’Utrera, Luis Vilches, révélé à Madrid, vu chez nous, en
Hagetmau ; et un Salmantino, Javier Valverde, « un artiste et
vaillant », torerisimo, que l’on a pu apprécier, cet été à
Roquefort. Les deux se sont donnés à fond et avec classe. Trois oreilles
chacun, et un vrai triomphe de promesse.
A la fin, bien sûr, il faut un vainqueur :
Luis Vilches remporta le « Zapato de Oro », à 20 voix des 25
membres du Jury. De son côté, Javier Valverde remporta le trophée à la
meilleure estocade. A n’en pas douter, ces deux novilleros viennent de
frapper, ensemble, un grand coup. Le Sévillan a une longueur d’avance,
mais le Salmantino arrive, qui pourrait bien en surprendre plus d’un. En
Attendant, et pour finir en beauté, Luis Vilches va toréer six novillos
le 15 octobre, en sa plaza d’Utrera.
2 octobre : En Bref, dans les autres plazas : Corrida de
la Famille Angel Teruel, en plaza de Las Rozas (Madrid). La corrida est
sortie faible. Oreille a Luis Miguel Encabo et au Colombien Paquito
Perlaza – Bilan de la feria des novilladas de Algemesi (Valencia) :
Un énorme « bof », avec, quand même, un triomphateur :
Rafael de Julia.
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OCTOBRE : UN DERNIER EFFORT ET… LAS MALETAS !
Cela sent l’hiver. « Oh, moi, j’ai rallumé le feu ! ».
En France, on va se calfeutrer. Adieu, claveles et cannotiers ! Tout
au plus, quelques rayons de soleil, grâce aux vidéos et aux tertulias
passionnées, dans les penas. Pourtant, rien ne s’arrête. Les toreros,
figures premières, vont donner un dernier coup de rein, passer un dernier
« mal trago » sous la coupole enchantée de Pignatelli, à
l’ombre protectrice de la Vierge du Pilar, à Zaragoza. Après, un petit tour au milieu des oliviers de Jaen, pour une
dernière douche (la feria est souvent « arrosée »), et on préparera
les maletas, les valises. Voyage pour un autre monde, un autre climat, une
autre tauromachie, pourtant toute aussi dure, toute aussi sérieuse :
Lima, au Pérou – Quito, en Equateur, dans cette plaza où il faut toréer
les toros... et les avions qui se posent à juste à côté – La Colombie :
Cali, Medellin, Manizales, Bogota, sans oublier Armenia, « toute
neuve reconstruite », après le terrible « temblor de tierra »
- Le Mexique, et la démesure, la passion, la musique et les grandes
broncas.
Tel sera le prochain hiver. Nous le vivions, dans
un proche « jadis », par la radio, par la presse, avec souvent
beaucoup de retard. Internet nous aidera à voyager, presque en direct, au
travers des principaux sites taurins que vous allez consulter, tous différents,
tous complémentaires. Toros 2000.com, bien entendu, fera partie du voyage
et continuera son bonhomme de chemin, pour une nouvelle aventure taurine,
mais avant tout humaine. Bienvenue à bord !
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GLOIRE
ET BEAUTE DANS UN MONDE « DE TORDUS »…
3 octobre : Autant le
monde taurin peut faire pleurer d’émotion, par la grandeur d’âme,
le courage et l’humanisme qui s’y manifestent parfois, autant, à
certains moments, s’y produisent des « anecdotes » qui hérissent
l’âme, et donnent envie « d’aller voir ailleurs »,
où, si ça se trouve, ce n’est pas plus « joli, joli ! ».
Deux exemples pour illustrer :
On a rapporté, ces derniers jours, les bons sentiments et le
courage de « Don Eduardito », se vengeant , sur le dos des
enfants malades, de Curro Romero et Morante de la Puebla, de l’avoir lâché
pour la San Miguel. On peut tourner et retourner sa position et ses déclarations
dans tous les sens, une conclusion s’impose : Un tout petit
monsieur !
Et que dire de l’Alcalde
de Alcuescas, qui, président d’un festival, fait gracier un
novillo du Torreon, à la demande et sous les ovations du public, mais
qui, une fois tout le monde rentré à la maison, reprend sa casquette
d’alcalde, et fait abattre le novillo, sous prétexte que l’indulto
est anti réglementaire…
Le festival avait connu un grand succès. Le
novillo, issu d’un étalon da haute note et d’une vache de grande
bravoure, avait donné un jeu excellent. Le public, à grands cris, avait
demandé l’indulto. Le Maire de la bourgade, président du festival,
l’avait accordé. Viva el senor Alcalde ! A la fin du festival,
Cesar Rincon, ganadero proriétaire du Torreon, s’en va aux corrales
pour y entreprendre les opérations de soins et de retour à la
finca du glorieux novillo. C’est alors que le président du festival
« redevient le maire » et fait appliquer le règlement :
« pas d’indulto en festival, ni en plaza de 3ème catégorie,
ni en plaza portative ». Et, accompagné des vétérinaires, de
donner l’ordre à la guardia civil d’abattre le noble animal, à coups
de pistolet.
Un seul qualificatif : Una cabronada !
De deux choses l’une : Ou on énonce le règlement,
en plein festival, et l’on demande au matador d’estoquer le
novillo ; ou l’on gracie le toro, comme c’est arrivé à maintes
reprises, et on tient sa décision, permettant ainsi à un ganadero de
continuer la marche en avant de son élevage, au bénéfice de la fiesta.
Il semble que « le moment » n’est pas si brillant. Donner
d’une main, reprendre de l’autre a souvent été le fait des
politiques de tous bords. Mais là, cela risque de peser lourd. A
l’heure des élections, apparaîtra peut-être « un video souvenir »…
Cela s’est déjà fait « quelque part »... non, du côté de
quelque "Hôtel de Ville" !
Et que dire de la vente aux enchères, sur Internet,
de divers objets ayant appartenu à des « Famosos », le tout
au profit de Rafael De Paula, dont on sait la délicate situation. Avant,
lorsqu’un torero se trouvait ainsi en danger, suite à une blessure, une
maladie, une catastrophe personnelle le privant de son métier, on
organisait un festival, où les toreros venaient, donnaient le meilleur
d’eux-mêmes, triomphaient devant un public généreux parce que
conquis, et obtenaient un grand résultat économique au profit du
compagnon touché par le noir destin.
On imagine sans peine un festival géant, au
Puerto Santa Maria, avec tous les maestros, accompagnés de leurs « duendes »
personnels, multipliant les arabesques, au son de la guitare gitana…le
tout, en l’honneur de « Rafael »…
Là, non ! Presque en cachette, une vente, par un moyen
qui n’a pas encore conquis tout le monde, d’une cape ayant appartenu
à untel, de la cravate de l’autre, de l’épée d’un troisième…
et pourquoi pas d’une culotte de Madonna ? Triste, sans honneur,
sans grandeur…N’est-ce pas, Eduardito ? Rafael
a fait quelques bêtises au cours de sa carrière et de sa vie…
comme nous tous. Mais l’on sait « la buena persona » et le
torero génial qu’il est, et
« a été ». Peut-être la France pourra t’elle, un jour, dignement
lui rendre hommage, et vraiment lui donner la main ? Et pourquoi pas ?
Grandeur et décadence d’un monde spécifique,
mené par beaucoup « d’Eduarditos… »
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AU
SOUVENIR D’UN « GRAND SEIGNEUR »…
Impeccablement vêtu, torero dans la rue comme dans la plaza, je l’avais
rencontré dans la rue, descendant du phare de Biarritz. C’était en
Septembre 1975. Le jeune aficionado que j’étais s’était approché
timidement, et avait osé saluer le Maestro. Dans son regard, la grandeur
et la bonté, la sérénité et la noblesse. Gentiment, il avait salué le
jeunot, et avait discuté un moment, en toute simplicité, puis avait
poursuivi sa promenade, me laissant fou d’orgueil et de joie. Je venais
de rencontrer « un figuron del Toreo », une page, un tome
entier de l’Histoire de la Tauromachie.. Antonio Bienvenida. Il venait
de toréer un festival, et passait quelques jours à Biarritz, qu’il
avait connue au temps de sa grandeur… Casino Bellevue ! Tablao du
Gitanillo…
Quelques jours plus tard, le jeune aficionado
avait les larmes aux yeux… le 4 Octobre 1975,
Don Antonio, matador de toros dont la trajectoire, professionnelle
et personnelle, avait brillé de mille feux, de mille combats, de mille
prouesses, venait de se faire tuer, bêtement, dans la placita de tienta
de Amelia Perez Tabernero,
non loin del Escorial, par une vaquilla nommée « Curiosa »,
qui l’avait pris par surprise, dans le dos, perce qu’une porte
n’avait pas été fermée… « Lo desnuco » ! L’échine
brisée, paralysé, le maestro s’en était parti vers d’autres
prairies... Cela fait 25 ans, demain. Souvenir de la rencontre de Biarritz,
du regard, du sourire. On ne vous oublie pas, Don Antonio…
Curieusement, le même accident, à quelque différence
près, vient d’arriver à un autre matador, moins prestigieux. Un
accident qui nous rappelle que le toro porte le destin de « quiconque
se met devant »… Le 18 septembre, lors d’une becerrada, à
Casarubios del Monte, près de Tolède, Pedrin Benjumea, ex-torero vedette
des années 66/67, s’est fait prendre, retombant sur la nuque…Il est
aujourd’hui chez lui, ne
pouvant se lever, affecté de vertiges consécutifs au traumatisme crânien
subi.
Curieux, 25 ans après Antonio… Le destin fête
les anniversaires à sa façon…
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VICTOR
PUERTO : L’ATTENTE…
5
octobre : Dieu que cela doit être long… La date fatidique approche :
Samedi 7 octobre – 6 toros, tout seul, à Las Ventas de Madrid… Quelle
idée ! Quelle galère ! Même bien entouré, le maestro doit
passer quelques sales moments… Aux côtés de moments de peur, tout
naturels, il peut y avoir, il doit y avoir, ces instants de doute et de
questionnement intense. D’autres figures ont risqué le « Unico
Espada » en plaza de Madrid. Certains y ont triomphé,
historiquement, donnant de magistrales leçons dans des prestations
intenses, « allant a mas ». Antonio Bienvenida, et plus près
de nous Paco Camino, y ont connu apothéose. D’autres y ont brillé,
tels Capea, Roberto Dominguez, Joselito… Certains, par contre, et non
des moindres, y ont subi de sérieux revers. On se souvient de la
Beneficencia de Paquirri, le 19 juin 80, et plus près de nous, des deux
prestations d’Enrique Ponce. Ouf !
Victor Puerto, auteur d’une temporada complète,
joue « le gros coup ». Si l’on se base sur la technique,
l’intelligence, le courage, les facultés physiques, l’étendue du répertoire
du torero, il est clair que l’on est en présence d’un artiste à qui
« tout sourit » en ce moment. Un torero embalado ! Sa
dernière sortie, en plaza de Séville, le démontre amplement. Il n’y a
pas de meilleur moment pour prendre six toros en unico espada. C’est
clair. Cependant, il n’y a pas, non plus, de pire moment pour tenter ce
pari.
Les « inconnues » sont de trois
ordres : Les toros, le public, les conditions météo. En « partant
à l’envers », il est clair que Las Ventas subissent régulièrement
les attaques du vent dont les dangereuses rafales balaient le ruedo,
faussant totalement la donne. Exemple : La corrida de Victorino
Martin, à la dernière San Isidro, totalement "sabotée", parce qu’il
fallut la toréer à l’abri, et non dans les terrains adéquats. Qu’il
fasse du vent, samedi, et 50% des chances s’envolent.
On connaît le public madrilène. Victor Puerto également,
qui lui doit l’explosion triomphale de 1996, mais également
l’excommunication et la descente aux enfers, après son coup de rogne de
1998. Certes, le public apprécie le geste de s’afficher « seul
contre six », mais il faudra justifier, à tous moments, ce défi.
Frontière très ténue, entre l’ambition et la prétention. Madrid
n’a pas permis à Victor Puerto de couper une oreille au cours de la
dernière San Isidro, alors qu’il y
fut remarquable, avec les Guardiola et les Aguirre. Madrid sera t’elle
donc aussi dure, samedi ? Probablement pas, car, quoiqu’on en dise,
Madrid est juste, et « se rend » devant la sincérité, le
courage et la toreria.
Restent les toros. Il n’y a pas pire moment
pour prendre, seul, six toros, avec quelque chance de triompher
pleinement. Quand on voit l’historique débâcle de dimanche dernier (13
toros sont sortis, au cours de la même tarde, Davila Miura devant
« en recevoir » 7, à lui seul, aussitôt protestés et changés),
on frémit. Prendre six du même
élevage, c’est quand même avoir quelque chance d’en toucher un ou
deux « qui servent », mais c’est également risquer de
provoquer le courroux du public si cela se passe mal, au début. Prendre
six élevages différents, c’est risquer de toucher
« six carnes », mais c’est aussi maintenir l’intérêt
du public : « Le prochain est de Don Untel, ça va changer ».
C’est l’option choisie. La seule chance de Victor Puerto, c’est
d’amener six exemplaires bien présentés, sérieux, et qui tiennent
debout. Alors, cela se passera bien, car le torero « mettra »
le reste...
Soyons clairs : Dans les circonstances
actuelles, Victor Puerto a 60% de chances de se planter, ou d’être
« professionnellement bien » (Despacho la corrida, y en paz !)
. Cependant, l’homme « fait sa chance », et donc, le torero
triomphera. Ce qui est certain, c’est que Victor Puerto mérite un énorme
coup de chapeau, car il pouvait terminer sa temporada, « à la
maison », avec ses pantoufles et un énorme sac de louanges. Il mérite
aussi, un peu de chance au sorteo, un « Eole aficionado », et
un public juste et généreux. « Que haya suerte, Torero ! »
Samedi 7 octobre – Madrid /Las Ventas – 17h30
– Victor Puerto en « unico espada » face à six toros :
Sanchez Ibarguen – Los Eulogios – Guardiola – Los Millares –
Carmen Segovia - Guadalest. La corrida sera télévisée, en direct, sur Via Digital .
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« Y
AHORA QUE, DON EDUARDITO ? »
6
octobre : Comme il fallait s’en douter, il a été très facile à
Curro Romero et Morante de la Puebla, de démolir les arguments de Eduardo
Canorea, au sujet du Festival de ANDEX (voir nos précédents éditos- 27
sept – 1er oct). Vexé du désistement des deux vedettes,
quelles qu’en fussent les raisons, l’empresario de Séville, (qui ne
l’est que « parce qu’il est le fils de son père »), a
montré un grand manque de sensibilité, dans une vengeance qui ne va pas
faire grand mal aux toreros, mais risque bien d’écorner l’image «qu’il
n’avait pas »…
Son refus de prêter la plaza pour le mano a mano
Curro Romero/Morante de la Puebla, au total bénéfice des enfants malades
du cancer, soutenus par l’association ANDEX, relève du manque total de
générosité, d’ouverture d’esprit, de civisme, et de personnalité.
Encore une fois, s’il fallait « se venger » des deux
vedettes, c’est au moment de faire les cartels de la prochaine feria de Avril,
et non sur le dos des enfants malades.
Il y eut, hier, conférence de presse, pour présenter
le festival, qui se déroulera le 22 octobre, à midi, dans la plaza de La
Algaba. Le mano a mano Curro/Morante sera télévisé en direct et, à
n’en pas douter, les deux toreros « vont déboucher tous les
flacons ». Devant sa télé, don Eduardito risque d’en « brouter
sa barbe ».
Curro Romero, en général
peu prolixe en déclarations, n’a pas mâché ses mots, et a
laissé le « petit-grand empresario » comme une carpette,
soulignant, en particulier, que ce festival était prévu depuis le mois
d’Août, et non pour de plates démagogies autour d’un éventuel
« pardon » de l’Aficion sévillane. Son parcours et sa
participation à de multiples actes de charité, vêtu ou non de lumières,
plaident en sa faveur. Morante a, de même, justifié son absence, le 23 septembre, soulignant qu’il aurait très bien pu venir,
tuer la corrida et empocher l’argent… du style « Prends
l’oseille et tire-toi ».
Au retour d’Australie, Don Eduardito risque de
vérifier « l’effet boomerang », et se prépare quelques
sueurs froides pour le montage de la Feria d’Avril. Il est clair que
Curro et Morante ne perdront pas l’occasion de lui rendre monnaie de sa
pièce, au point même de ne pas vouloir toréer la Feria, histoire de
balancer toute l’aficion sur le dos du nouvel homme d’affaire…
A Séville, « le culebron »,
feuilleton de l’hiver, est servi… A suivre ! Mais ne rêvons
pas… Ici, tout se termine par des abrazos… Qui vivra verra !
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AMERICA…AMERICA ! ! !
6 octobre : Pérou,
Equateur, Vénézuela, Colombie, Mexique… c’est parti. Tandis que la
temporada espagnole brûle ses derniers feux à Zaragoza et Jaen,
l’actualité va « traverser l’Atlantique », direction
Lima, au Pérou.
La feria du « Senor de los Milagros »
débutera le 21 octobre, par une non piquée, présentera ensuite deux
novilladas, les 22 octobre et 1er novembre, puis cinq corridas
de toros, le 29 octobre, 5, 12,19,26 novembre, à l’issue desquelles
sera attribué le fameux Scapulaire. Les cartels de la feria ont été présentés
hier, 5 octobre. Les toreros espagnols engagés sont : Ponce, Finito,
Caballero, Morante, Abellan, Davila Miura,Califa et el Cid. Absent :
El Juli. Nous y reviendrons. A voir, d’ores et déjà, le
contexte de la célèbre feria en plaza de Acho, sur le site :www.achotoros.dnet.com.pe.
Voir les Affiches de la feria de Lima 2000
dans la rubrique « carteles »
Du côté de Quito, en équateur, la feria
du « Jesus del Gran Poder », présentera 7 corridas et
3 novilladas, du 30 Novembre au 6 décembre. On y verra, notamment, Finito
de Cordoba (vainqueur, l‘an dernier), Morante et Abellan.
A
voir, dès maintenant, une belle présentation de la Feria sur le site :
www.feriadequito.com
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MADRID : LA GRANDE « DERNIERE LIGNE DROITE »
7 octobre : « Se nos acaba la temporada ».
La saison 2000 se termine. Déjà, les grandes plazas d’Amérique,
centrale et du sud, présentent leurs affiches, règlent les derniers détails
de leurs ferias. En Espagne, l’heure des bilans a sonné. Beaucoup
d’encre va couler… Certains « sont déjà habillés pour
l’hiver »…
Pourtant, on va attendre un petit peu. Ce
week-end est important. A Las Ventas, va se dérouler la deuxième partie
de la Feria d’Automne. Après une première manche désastreuse, en
particulier à cause du ganado, il va forcément « se passer quelque
chose », ce samedi 7 octobre, ou dimanche 8. Aujourd’hui, un
homme, un torero, seul face à six toros de divers élevages, Victor
Puerto. Demain… les Victorino.
Pour ces deux courses, un élément
primordial : La météo. Trop d’événements, trop de corridas de
première importance ont été gâchés, dans ce ruedo, à cause du vent.
Ciel bleu, mais rafales désordonnées, qui mettent les capes de brega à
l’horizontale, désarment les muletas, découvrent les hommes, en un
mot, rendent toute lidia sereine, impossible. Le vent, le plus terrible
des toros…
Le torero doit être maître de ses décisions,
de ses stratégies. Elles conditionneront son triomphe ou son fracaso.
Certes le vent sera une excuse, mais il y aura toujours quelque petit
malin pour suggérer que « malgré le vent, il aurait du être
meilleur… ». On ne coupe pas d’oreille au vent ! On ne sort pas a
hombros, suite à un courant d’air. Le torero a besoin de toute sa
lucidité, et ne peut pas, en plus, avoir à se méfier de « l’invisible
traître ». De même, une corrida du style Victorino exige une lidia
précise, parfaite. Cela implique le choix des terrains, des distances,
des hauteurs de muletas, au moment du cite. On se souvient de la déception
causée par Eole, lors de la dernière corrida de la San Isidro. Madrid
est passée à coté d’une grande victorinada.
A priori, la météo est bonne, pour ces
deux jours, à Madrid : Soleil, 20° en moyenne, vent de 10 kms/h.
Ojala !Ce serait trop beau, mais acceptons-en l’augure. Lundi, on
analysera, on épiloguera.
Triomphe, fracaso, « a medio gas »…
quoiqu’il en soit, beaucoup diront : « Je le savais, je
l’avais prédit ». Tout le monde aura gagné, comme au soir
d’une législative. Contrairement au cirque de nos politiques, qui sont
les seuls, peut-être, à croire en leurs
balivernes, il faut souhaiter, effectivement, qu’au soir de ce week-end
madrilène, tout le monde ait gagné. Ici, on se joue la peau « de
verdad ». Ici, on accepte « le vainqueur moral ». Ici,
on ne doit le triomphe qu’à soi-même, à son courage, à sa technique,
à ses dons artistiques. Ici, en un mot, ce n’est pas…du vent !
Victor Puerto arrivera avec un moral
d’acier. Sa temporada est remarquable de régularité. Pour peu que
chargent les toros, il y aura grand spectacle. La corrida de Victorino
Martin mettra presque fin à une formidable saison du ganadero de
Galapagar. Tous auront en mémoire Valencia, Mont de Marsan, Nîmes,
Castellon, et la corrida « faussée » de Madrid, en juin. Au
programme : Présentation, caste, bravoure, mobilité, en un mot une
réelle personnalité… A n’en pas douter, une grande tarde en
perspective, avec des toreros qui mettront un point d’honneur à
briller…en faisant briller la corrida. Espla revient après le terrible
coup de fouet de la San Isidro. On se souvient de son formidable triomphe,
ici, l’automne passé, face aux Victorinos. Le Zotoluco, mexicain basané,
arrivé en Espagne pour quelques contrats, a fort bien tiré son épingle
du jeu. Son actuacion , face à ces mêmes toros, lors de la corrida épique
de juillet, en plaza de Valencia, lui a valu le respect de tous. Quant à
Jose Luis Moreno, il est celui a réussi de grandes faenas, hélas trop
souvent gâchées par l’épée : Castellon, Madrid, Cordoba,
Valencia où il tomba, grièvement blessé, sont autant de ruedos où
l’on a vécu ses grandes faenas, face aux victorino. Falta « rematar ».
C’est, peut-être pour demain… Bon vent !
En
attendant, cette deuxième mi-temps de la feria d’automne, a débuté,
hier, 6 octobre, par une corrida de rejoneo, qui a vu le succès de
Leonardo Hernandez, coupant une oreille au deuxième, perdant la salida a
hombros, à cause de 7 descabellos, au cinquième. Joao Moura et Fermin
Bohorquez ont été discrets, et la corrida de Benitez Cubero/ Maria
Pallares, fut un désasrtre.
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ZARAGOZA :
DEBUT D’UN PILAR 2000, «TORISTA »
La feria du Pilar a débuté hier, en plaza
de Zaragoza. Feria fameuse, par le passé, Saragosse est aujourd’hui
victime… du calendrier. La plaza, pionnière des arènes couvertes, a
gardé «lustre d’antan », mais ne peut résister aux stratégies
commerciales des principales figures, trop fatiguées de leur saison pour
aller s’envoyer « le toro de Saragosse », à la veille du
repos bien gagné, ou encore de ceux qui ont déjà les valises prêtes
pour l’Amérique, certes moins dorée que par le passé, mais toujours
importante.
Cependant, cette feria du Pilar 2000 est
des plus intéressantes. L’empresa Casas/Paton a voulu lancer
une grande saison. Pour le moment, malgré les trouvailles,
malgré la communication, malgré l’intérêt soulevé au printemps, le
résultat est mitigé. L’empresa a donc parié sur le toro, et monté
une feria, torista, où vont sortir des Victorino, Cebada, Guardiola,
Palha et Murteira, toréés par des « premiers plans ».
C’est déjà un réel exploit. Ne manque que le petit coup de pouce du
destin.
7 corridas, 2 novilladas, une de rejoneo,
et deux « sin picar » composent le cartel de ce Pilar 2000.Les
corridas des 10 et 13 octobre seront télévisées. Toutes les courses débutent
à 17h30.
La feria a débuté hier, en plan « Torista »,
avec une excellente novillada de Vistahermosa ( Souche Santacoloma -
propriété du ganadero aragonais Jose Marcuello). Quatre des six novillos
ont été ovationnés à l’arrastre, le lot démontrant caste et grande
mobilité. De vraies « machines à charger » dont n’ont pas
su profiter Tomas Luna, Anton Cortes et Sarranito, trop conservateurs, ou
trop vert, pour ce qui concerne le dernier qui faisait sa présentation en
piquée.
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MADRID :
VICTOR PUERTO, ANESTHESIE
8 octobre : Il y avait des risques. On
le savait, « il » le savait. Trouver, en septembre, six toros pour un « unico espada » à
Madrid , relevait de la gageure. Donc, le choix a été fait de
lidier six ganaderias différentes, au risque de voir sortir… six
carnes. De fait, il en est sorti neuf, et Victor Puerto s’est laissé
couler doucement, anesthésié par les circonstances, par la tristesse,
par la froideur du public, par le sabotage en règle de ses illusions.
Cependant, le matador devait tout faire, tout tenter, pour « marquer
son passage », y compris la blessure, y compris le scandale, y
compris partir entre deux gendarmes, pour avoir refusé de tuer un toro,
indigne de lui, indigne de son geste. Aujourd’hui, on ne parlerait que
du coup de rogne, superbe, d’un torero fier et protagoniste principal.
Au lieu de cela, Puerto a passé de cape et de muleta une corrida désastreuse,
passant du gris clair au gris foncé, ne laissant aucun souvenir. C’est
le pire qui pouvait lui arriver.
Maintenant reste le problème du
decastamiento total de la ganaderia brava. En deux corridas à Madrid, il
est sorti 22 toros, soient 10 sobreros, pour un résultat totalement désastreux.
Cette feria d’Automne 2000, catastrophique, doit avoir des conséquences.
Conséquences auprès de l’Empresa, des vétérinaires, des veedores. On
frôle aujourd’hui « la grosse escroquerie », dont tout le
monde est complice. Dans peu de temps, il faudra prendre de « vraies
décisions », quand à la sélection, quant à la nourriture, quant
à l’âge, au poids, au trapio des toros. Dans peu de temps, il va
falloir parler « E.P.O ». Dans peu de temps, il va falloir créer,
peut-être, un collège de professionnels compétents, chargés de réguler
tout cela, et de sanctionner, fort. Une ganaderia qui, auparavant,
lidiait 7 corridas dans l’année, ne peut, tout à coup, en
lidier 18. Il n’est jamais autant sorti de toros astifinos. Pourquoi ?
Ne parle t’on pas d’afeiter « avec un taille-crayon » ?
Des rumeurs de plus en plus fortes parlent de « quelque chose »
que l’on donne aux toros « pour qu’ils tiennent 20 minutes ».
Alors, faux, vrai ? Toujours est-il que, de continuer ainsi, nous
verrons la fin des corridas de toros, à la grande satisfaction de
certains. Ou, pire, nous irons voir des courses où, vraiment, on
massacrera des animaux « presque » sans défense. Alors
« ils » auront raison, les antis ! Alors, nous deviendrons complices
d’assassinat. Et ce n’est pas une éventuelle grande corrida de
Victorino, ce dimanche, qui devra gommer le problème. Nous sommes
« au fond » !
7
octobre : Madrid/las Ventas – 5 ème de la feria d’Automne
– presque plein : Victor Puerto, vêtu de bleu et or, a timidement
salué la timide ovation qui l’a accueilli, en fin du paseo. Neuf toros
sont sortis dans l’arène, mais la corrida était déjà morte, après
la lidia du deuxième. Les toros 2,3 et 5 ont été renvoyés au corral,
remplacés par d’autres, presque aussi désastreux. En donner
l’identité ne sert de rien. Dénominateur commun : faiblesse,
total manque de caste. Seul le Guardiola montra quelque nerf, tournant au
sentido, menaçant par trois fois le matador, le touchant à la dernière.
Victor Puerto est resté « en dedans », attendant peut-être
le toro rêvé, qui ne vint pas. Aucune vibration, aucune alegria… un
Victor Puerto totalement annihilé. On attendait du « toreo
champagne ». On eut « une
pâle eau plate », et pendant ce temps, les toros faisaient
« sous-marin ». Tristesse et désastre, que ne sauveront pas
quelques muletazos de mérite, tant debout qu’à genoux. Silence las sur
les gradins, et, dans les « despachos », des mains qui se
frottent : « Le petit Victor va devoir rabaisser son caquet !
la caisse est sauve, pour 2001 ». Que bien !
7 octobre : Au même moment, la
corrida de Samuel Flores faisait triompher le Califa et le Juli, en plaza
de Hellin – A Boadilla del Monte, Ferrera mettait toute la gomme, et
coupait quatre oreilles et un rabo à des toros de Andres Ramos – A
Zaragoza, la deuxième novillada, de Rio Grande, voyait quelques bons détails
du Paulita, tandis que Ricardo Ortiz se montrait anormalement gris.
Pendant ce temps, à Magescq, dans les Landes, on mettait la dernière
main à la corrida de ce dimanche, où, sur le « ruedo rectangulaire
et couvert » de la salle de basket, vont débouler six toros de
Mroz, pour Ricardo Ortiz, triomphateur à Malaga, Regino Ortes et le
Lobo… Et pourquoi pas ? On connaît les Mroz, et au moins,
aujourd’hui… on a quelque chance de « voir le loup »….
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TRIOMPHE D’UN TORERO « AU PAYS DES MALINS »
Il
s’habille à l’ancienne. Son visage poupon commence à se « déplumer ».
Pour peu, on dirait une de ces anciennes estampes de « La Lidia ».
En ce temps-là, les toros étaient d’acier, et les toreros de vrais
guerriers. Hier, en plaza de Las Ventas, un torero a donné une vraie leçon
de pundonor, d’aficion, de professionnalisme et de totale toreria. Il
est picador… Son nom : Efren Acosta. Et tandis que Espla coupait une oreille « de mentirilla »,
à force de démagogie, le piquero recevait la plus grande ovation de la
saison madrilène, serrant des mains en rentrant vers le patio, saluant
modestement un public debout, enfin revenu à la vérité du toreo. Trois
puyazos « d’école », en toréant, vraiment, avec le cheval,
citant le toro de trois quarts face, portant le fer avec un style très
personnel, mesurant le châtiment et libérant le bicho au moment précis,
sans profiter de quelque querencia, de quelque carioca. Magnifique !
Une vraie leçon de toreo et un grand torero qui a rendu le plus bel
hommage à Antonio Bienvenida en ce jour où l’on se souvenait de lui et
de ses batailles pour la vérité. On aurait dû permettre au picador de
saluer au tiers, ou même de donner la vuelta. Les vieux aficionados se
souviendront des triomphes de Raimundo Rodriguez, à Madrid, vers les années
70. Mais aujourd’hui, si le matador ne triomphe pas, on oublie tout ce
qui l’entoure…
On attendait la corrida de Victorino. A
genoux sur un prie-dieu, l’empresa avait brûlé plusieurs cierges, et
priait pour que les toros de Galapagar
lui sauvent la feria. Le public se disait : « Ce
sera peut-être dur, mais au moins, on verra des toros qui tiennent debout ».
Bof ! La corrida est sortie faible, mais la caste lui a permis de se
relever fièrement, pour montrer son caractère, dès le deuxième tiers.
Deux toros ont brillé, l’un par sa bravoure, l’autre par sa noblesse.
Un torero a coupé une oreille, jouant sur les détails, sur l’émotion
du moment, « mentant joliment », et disant sa vérité au
moment du bajonazo tendido. Bravo
Espla ! Muy listo ! C’est peut-être aussi cela, être
torero !
8
octobre – Madrid/Las Ventas – Ultime de la feria d’Automne –
Lleno total : Six toros de Victorino Martin, de « grand volume »
et armés pour la guerre. Le quatrième « Barbero », de 617
Kgs, fut une véritable estampe, sortie des vieux livres. D’autres toros
furent applaudis à leur sortie. Après, les choses se compliquèrent un
peu, car l’ensemble de la corrida manifesta quelque faiblesse inquiétante,
heureusement rectifiée par la caste et la fiereza dès le deuxième
tiers. Seul le premier toro se montra un invalide complet, ce dont profita
Espla pour le liquider illico, avec l’assentiment des gradins. (Les vétérinaires
constatèrent a près que le toro portait un kyste, en général provoqué
par les morsures des chiens au campo ). Il y eut deux grands moments
et un autre, inoubliable : on retiendra la bravoure du deuxième,
« Muchacho », en trois piques impeccables, sa caste et son
excellente corne gauche. On retiendra le mastodonte quatrième qui termina
d’une candeur « de carreton », mais soso et limité. Mais
surtout, on gardera dans « le livre d’or » la formidable leçon
de toréer et de piquer d’Efren Acosta, picador mexicain qui avait déjà
brillé lors de la Victorinada de Valencia, en juillet. Cet homme-là a
sauvé la corrida et la feria.
Luis Francisco Espla a coupé une oreille
en profitant joliment de la béate demie charge du quatrième. On l’a vu
brillant au capote, très inégal aux banderilles, calme et fleuri, en toréant,
passe par passe le mastodonte, qu’il avait brindé à Angel Luis
Bienvenida. Histoire de se mettre complètement le public dans la poche,
l’Alicantino, qui peut décidément tout se permettre à Madrid, tua
d’un bajonazo tendido, laissa là le toro
agonisant debout, et s’en alla loin, chercher au buladero, le frère
de l’illustre maestro, afin de le faire saluer, au moment de lui rendre
la montera. Cela tourna au ridicule, car le toro ne tomba pas, et Espla
dut revenir vers lui, laissant
le digne Angel Luis, à un mètre du grand hommage public. Faire cela
« dans l’ordre », c’est à dire : Une grande
estocade, « dans le haut », une mort magnifique, un retour de
gloire et , le geste de faire sortir le vieux maestro, pour ainsi partager
l’ovation du public debout… ça oui, « cela aurait eu de la
gueule ». Mais là…on est resté » avec une petite
impression de .. « Je sais que j’ai été relativement bien
à la muleta, que j’ai tué « très habilement », et que
donc, je ne vais pas couper. Alors, si je mets un petit coup d’émotion,
je passe pour « un grand »
et ils me donnent une oreille ». Et il avait bien raison.
Enhorabuena !
Zotoluco a montré sa vérité. Même
s’il « n’a pas pu », complètement, même s’il a, peut-être,
« laissé passer » un grand toro, il a donné ce qu’il a pu,
au maximum de ses possibilités. Découvrant la grande corne gauche du
deuxième, le mexicain tira deux séries de longues naturelles. A un
moment, le toro féchit et, se relevant prestement, surprit le diestro qui
croyait avoir le temps de se replacer, tranquillement. Dure voltereta et
longue angoisse tandis qu’au sol, la corne cherche le corps, pointant la
visage, le dos. Aïe !Le mexicain se releva et termina en vaillant,
tuant d’une très bonne lame courte, al encuentro. Petite ovation. Trop
petite ovation. Le cinquième tourna court, après le premier tiers à la
gloire du picador mexicain. Ce fut laborieux et Zotoluco termina sa
saison, en silence.
Jose
Luis Moreno toucha deux alimanas qui se retournaient comme des chats, après
des demie-charges très angoissantes. Il fut torero à la cape et tira un
magnifique muletazo, un seul, au troisième. Après, dudas, hésitations,
et silence compréhensif. La feria se terminait en silence, et l'empresa
souriait, rassurée, tour heureuse qu’on ne lui ait pas brûlé les arènes.
Ouf !
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DIMANCHE DANS LES RUEDOS : MORT D’UN « CHEVAL-TORERO »
8
octobre – Zaragoza – 3ème de feria du Pilar –
Corrida de Rejoneo : On oubliera vite le bon triomphe d’Andy
Cartagena, pour ne garder que la terrible image de la cornada au cheval
« Balancin », par le premier toro de la course. Leonardo
Hernandez ne put prévoir le
sec derrote du toro qui plongea sa corne dans les entrailles du magnifique
cheval. Une heure après, il était mort. C’est ainsi ! Les
Cavaliers n’ont jamais été aussi audacieux, devant les toros. La compétition
exige cela. Il faut bien le payer, parfois. Bien triste.
8 octobre - Fuengirola (Malaga) :
Corrida moyenne, de Guadalest. Morante coupe trois oreilles en toréant
joliment, et tuant magnifiquement le dernier. Mais c’est Victor Puerto
qui démontra, face à deux durs, la force, la vaillance et la variété,
qu’il avait oubliées, la veille, à Madrid. Oreille chaque fois, et
sortie « a hombros », ce qui avive les regrets et provoquera
quelque quolibet.
8 octobre – Caravaca – Toros de
Daniel Ruiz, renforcés d’un Lozano et d’un Carlos Nunez. Gros succès
de Manuel Caballero, qui coupe quatre oreilles, tandis que Pone torée
magnifiquement le quatrième, obtenant deux trophées. De Mora fut plus
discret, avec « une » à chaque toro.
8 octobre – Montoro (Cordoba) –
Canales Rivera provoque le scandale et triomphe. Il a tort et il a raison.
Touchant un toro magnifique de noblesse, de Ana Romero, il le fit briller
au point que le public demanda l’indulto. La grâce fut refusée, comme
le stipule le règlement, dans une plaza de troisième catégorie. Le
torero s’entêta, laissa passer le temps, écoutant les trois avis. Le
toro fut rentré et sous l’ovation, le diestro donna trois vueltas.
8 octobre – Magescq – Bien
peu de monde, et on le comprend, pour une corrida qui ne disait guère,
dans une plaza « qui dit encore moins ». Dommage. Les Toros de
Mroz sont sortis bien armés et de bon comportement, mais faibles. Les
toreros ont fait ce qu’ils devaient, et la générosité fut de mise.
Regino Ortes coupa une oreille à chaque toro, tandis que Ricardo Ortiz,
qui se fit secouer, et le Lobo, durent se contenter d’un appendice.
8 octobre – côté novilladas, on
notera le succès d’Anton Cortes près de Burgos, et surtout la
triomphale présentation, en public, du jeune prodige de Murcia, Manolito
Torralba, en plaza de Llano de las Brujas. 14 ans1/2, dit-on, et
une grande classe, démontrée face à trois anojos de « las
Ramblas ». A suivre…
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TRAVAIL ,
TRAVAIL… ET ENCORE TRAVAIL…
10 octobre : Dans le
monde taurin comme ailleurs, « El que vale, vale ! ».
Qu’il soit matador, subalterne, ganadero, apoderado, même empresa,
celui « qui vaut le coup », finira par sortir son épingle du
jeu, tôt ou tard. Mais ce qui est certain, c’est que celui-là aura
travaillé plus que tout le monde et aura ajouté à des dons, peut-être
naturels, une masse d’efforts personnels,
de sueur et de rage, qui finira bien par ouvrir lui la porte du succès.
Ici, le « c’est pas ma faute » ne vaut pas…Ici, qu’il
soit en haut ou « en tout bas » de l’escalafon, le torero
qui reste torero, même lorsqu’il marche seul dans la rue, va lutter et
finira par gagner, ouvrant d’un coup les portes monumentales de la
gloire, ou profitant de « la » plus petite occasion offerte
pour dire « j’existe ».
Hier, deux toreros
ont confirmé cela. L’un, « El Juli » a gagné une nouvelle
bataille, à la pointe de son épée. Il a toréé partout, et triomphé
presque partout. Aucun hasard. Ici : Caste, Aficion et travail… Un
peu plus loin, un homme s’est habillé de lumières après deux ans de
solitude, de rage mais d’espoir. Il est valenciano. Il fut une promesse :
Manolo Carrion. A l’ombre d’une placita, inventée dans l’arrière-cour
d’un garage, il a travaillé, répété et répété mille fois
les gestes d’un triomphe semblant utopique. Et la lumière fut. Une
opportunité, enfin, dans sa plaza, et le résultat de cette quête
solitaire : deux ans après, il a été « bien ».
Travail, travail, et encore travail…
A Toulouse, on proteste, on râle. La
manifestation organisée le 5 octobre, annonçait à grands cris la présence
des « maximas figuras del toreo », pour appuyer le retour des
corridas dans la cité des violettes. Elles ne sont pas venues. Peut-être
a t’on visé un peu haut ? peut-être auraient il fallu inviter les
matadors qui ont brillé, jadis, au « Soleil d’or », qui y
ont déversé leur sueur, et leur talent, et non pas les « jeunes »,
qui ne savent même pas où Toulouse se trouve, sur la carte. Travail,
travail, et encore, travail… « Ceux qui gagnent » ne doivent
rien à personne, et surtout pas à la presse. Elle ne fait que chanter
les efforts personnels, les nuits de veille, les tonnes d’imagination et
de courage… Elle ne fait que valoriser et rehausser le permanent espoir
d’un juste combat, dans quelque domaine que ce soit. Asi que….
9 octobre – Zaragoza – 4ème de feria du Pilar –
plaza couverte, pleine : Les scepticismes et les quolibets n’ont
plus cours : El Juli est un phénomène qui, une fois la surprise
passée, l’an dernier, sort vainqueur de cette temporada 2000, au cours
de laquelle tout le monde l’attendait comme au coin d’un bois. Caste
et travail, aficion et intelligence… El Juli a, encore une fois, démontré
ses qualités, en plaza de Zaragoza, alors que les copains surnageaient
laborieusement. La corrida de Guardiola n’a pas valu triplette, et les
remplaçants de Téofilo Segura (premier) et Garcigrande (deuxième),
encore moins. Corrida que tout le monde attendait : Joselito, Ponce
et le Juli ! Ay, Madre…Joselito a bien débuté, en particulier à
la cape, puis le peu d’illusion qui lui reste s’est dilué dans une
prestation de « pilote automatique », froid, long, ennuyeux
et renfrogné. Le public maugréa en silence.
Le « Joselito 2000 », fit la moue ! Que se passera
t’il en 2001 ? - Ponce est venu, a vu, et a toréé comme il le fait, quand le
sort est contraire. Quelques naturelles au premier, et…« rester
propre ». Le Valenciano entendit une ovation - Julian Lopez a encore
une fois démontré l’entrega, la rage de vaincre, qui l’ont accompagné
toute l’année. Il essaie tout, avec cape, banderilles, muleta. Parfois,
cela sort « de travers »… mais il a essayé, et le public
reconnaît, et salue. Actuacion clôturée par un monumental coup d’épée
qui lui vaut une oreille et l’admiration de tous, encore une fois.
Chapeau !
Aujourd’hui, 10 octobre, la corrida de Camacho
sera Télévisée en direct sur TVE1 – 17h30
9 octobre – Valencia – Moins d’une demi-plaza, pour la corrida
de la Comunidad. Trois toros de Gabriel Rojas et trois de Bohorquez, bien
présentés, mais « inégaux ». « Ont servi », les
1, 4 et 6ème. Matadors locaux, vivant des situations
professionnelles, et personnelles, différentes. Manolo Carrion était une
réelle promesse des années 90… L’alternative, quelques courses en
demi-teinte et… le gouffre, l’oubli. Deux ans sans voir s’ouvrir la
porte d’un paseo. Il en profitera pour finir ses études d’avocat,
sans pour autant abandonner cape et muleta, toréant… « le
vent du levant » . Il a été bien, serein, digne, torero. Vuelta et
oreille, qui doivent, peut-être lui servir pour mars et les Fallas. On
peut rêver ! En attendant, travail, travail, et encore, travail –
Paco Senda a eu également son heure. Touchant le plus mauvais lot, il
n’a pu exprimer ce qui reste en lui, de toreria et d’espoir. Il fallut
rengainer « la illusion »…
- El Renco est un alicantino qui va de l’avant. Deux succès devant le
ciment vide de Las Ventas, cet été, doivent « cimenter » sa
quête de reconnaissance. Il a été bien, à Valencia, coupant une
oreille au sixième, qui doit aussi lui ouvrir les portes des prochaines
Fallas. Ce ne serait que logique. Mais, en attendant…Travail , travail,
et encore travail…
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TELEVISION… ŒIL DU DESTIN
11 octobre : Elle est partout, elle
nous montre tout. Plus elle nous montre, plus elle fait de nous des
voyeurs impénitents, avides d’images fortes, qui nous hérissent le
poil, dans un sens ou dans un autre. « Un enfant de Palestine meurt
en direct...Un juge tombe au pied de la sierra Nevada… » Un monde
de fous… « Ah, que nous sommes bien chez nous… » Démocratie,
liberté, égalité… même si certaines vidéos disent le contraire, même
si, parce que quelques grands viennent discuter, au "Sommet de
Biarritz", de l’avenir mort-né de
l’Europe, l’espace d’une coupe de champagne, les Biarrots ne peuvent
plus se promener librement chez eux. Un monde de fous… Démocraties
« musclées », dictatures « soft »… Oui mais
voilà, elle nous montre que c’est tellement pire ailleurs que…
« Ah, qu’est-ce que l’on est bien chez nous »… surtout
qu’en plus, ici on peut gagner des millions en direct en répondant là,
après mûre réflexion, et avec l’aide du public, à la question
« Quelle était la couleur du cheval blanc d’Henri IV ? ».
Terrible suspens, alimenté par un animateur tellement aimé, tellement
admirable… tellement « pro », tellement perfide…"Blanc...C'est
votre dernier mot?" Aïe!
Oui vraiment, qu’est-ce que
l’on est bien, chez nous ! ».
En tauromachie, la Télé est partout, et nous
en redemandons, bien sûr. « Via Digital », « Canal plus »,
« Tve 1 » se partagent le choix de nous faire vibrer, ou
soupirer d’ennui, au long des grandes ferias. Tour à tour, les toros
sortent et montrent en direct leur magnifique prestance, l’espace de
trois déboulés, avant de se répandre sur le sable, et parfois, de
n’en plus bouger. Cependant, nous sommes là et attendons la prochaine
sortie, aujourd’hui, ou « à la prochaine télévisée ».
Et, pour que nous voyions mieux, la Télévision installera son «œil du
destin » dans les moindres recoins, à la sortie du chiquero, au
pied d’une talenquère mutilée.
A quand la caméra-stylo installée au
bout d’une corne ?… Sûr qu’ils y ont déjà pensé.. Mais…
crainte de détériorer le matériel…Attention au budget !
Imaginez.. Le toro sort et, pour une fois, il remate fort au burladero…
Adieu la caméra ! Deux secondes après, on passe du
rose au rouge vif…trois longues véroniques, et un éclair
d’or, avant une interruption d’image…
cornada… Voyage en direct au pays de fémorales et saphènes. Puis, au
sortir d’un cheval aveugle, « page agricole », le bonjour aux laboureurs, l’espace
d’une vuelta de campana… Il y a tellement à faire…
Cette année, deux matadors ont dit non,
mais pour un mauvais prétexte, pour un caprice de mazette. Ils ont cru
que, tellement grands, tellement incontournables, ils allaient dicter leur
loi … « Pues, el tiro les salio por la culata… ! »
Cette année, la télé a fonctionné à fond, en privé, et nous prépare
sûrement un duel hivernal au sujet de la prochaine saison… « Via
Digital »? « Canal plus » ? Qui gagnera la droit de
fureter partout, l’an prochain ? Et vous.. Où êtes-vous abonné ?
Loto involontaire… Dans cinq minutes vous soupirerez d’aise, ou vous râlerez
en cherchant, dans votre contrat, las conditions de résiliation …
Parce qu’elle est partout, la télé
est, à la fois, réellement bénéfique, et réellement dangereuse…
Trois fois, au moins, cette année, Juan Bautista en fut la victime.
Sevilla, Santander, Zaragoza…Les toros n’ont pas servi ? Non, pas
d’excuse, de ce côté-là. Et quand bien même ? Devant l’Aficion,
confortablement intallée au fond de son salon ou de sa pena, il faut
donner « le do de pecho », montrer que, traverser l’écran...
Au lieu de cela, Jean Luc Jalabert a
paru « traîner en langueur », ennuyant tout le monde, et
perdant autant d’occasions de montrer le bon torero qu’il peut être…
Du coup, la critique lui tombe dessus, à bras raccourcis, et fait de sa
temporada une belle illustration de la « tactique élastique »:
Trois pas en avant, cinq en arrière ! Attention, danger ! Ce
serait tellement bête de passer du rôle de protagoniste, en direct, à
celui de spectateur passif, assis sur sa chaise, au fond de son salon...
à regarder la télé. Attention danger ! Télévision, oeil du destin…
10
octobre – Zaragoza
– 5ème de feria – Corrida télévisée – moins de media
plaza : Œil du destin, la caméra nous a montré un superbe Finito
de Cordoba, l’espace de 8 capotazos, au premier, le temps de douze
muletazos, suaves, abandonnés. Que torero ! Mais comment perdre à
l’épée tout le bénéfice de tant de beauté ? Deux avis, mais
ovation… Que torero ! - Jesus Millan a monté deux facettes :
brouillon dans sa soif de triompher, de tout montrer, devant « la Télé »,
il a probablement laissé passer le seul toro noble et encasté de la
corrida. Mais on l’a vu décidé, tour à tour batailleur
ou suave, en un mot « jeune torero » plein d’illusion face
à l’avenir. Muy bien ! Vuelta et, au sixième, la seule oreille de
la tarde - Juan Bautista … est redevenu Jean luc Jalabert… A nouveau,
certains espagnols rabâcheront : « Il torée bien… mais
comme un français ! ». Sans âme, sans idée, sans cette
personnalité qui fait que, même mal, il capte notre attention. Muy mal,
muy frio ! Quel dommage ! Les toros de Camacho sont sortis bien
présentés, souvent faibles, mais nobles et « aprovechables ».
Juan Bautista a touché le mauvais lot, d’accord. Il fallait alors
« leur monter dessus ». Au lieu de cela… « Interlude »
et « Bonne nuit, les petits »…Au fond, ce retour en arrière
est de mise, au temps des trottinettes et « voitures prototype »,
style 1930… D’un côté, c’est bien, car on a, ainsi, quelque chance
de découvrir quelque belle jambe fuselée, gainée d’un vrai bas de
soie, avec la couture, là, derrière, bien droite… Aïe !! En
attendant, un torero français a pataugé, en direct, et cela, même la météo
ne l’avait pas prévu…
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« ET VOUS, DON EDUARDITO, QUE FAITES-VOUS POUR LES
ENFANTS DE ANDEX ? »
10 octobre : On vient d’annoncer
que, parallèlement au festival, en
mano a mano, de Curro et Morante, le 22, télévisé en direct de la plaza
de La Algaba, au profit des enfants malades, d’autre figuras del toreo
vont donner la main, en jouant des éperons, « a campo abierto »,
pour que l’association ANDEX aide encore mieux ces gosses et leurs
parents. Muy bien ! Muy torero ! Bravo et merci !
Le 14, un grand concours « d’acoso
y derribo » est organisé, au profit de la noble cause, au Rocio, près
de Huelva. Spectaculaire, ce sport attire les amoureux du campo, du cheval
et du toro. A pleins poumons,
les grands et les modestes partagent le grand air, et vibrent ensemble au
galop de la liberté. Beaucoup disent que c’est là, « la verdad
de la Fiesta »…
14 Octobre, des matadors, amoureux du
campo, vivront leur passion, et feront vibrer les « aficionados de
verdad », l’espace d’un beau geste. On attend, entre autres,
Paco Ojeda, Rivera Ordonez, El Juli, El Cordobes, Canales Rivera, Javier
Conde…Monterazo ! Senores Toreros !
Pendant ce temps, dans son bureau …un
« grand empresario », n’entend toujours pas la petite voix
qui lui murmure « Et Vous, Don Eduardito, Que faites-vous, pour les
enfants de ANDEX ? »
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TOUT CA… POUR CA ! ! ! !
Octobre… Il y a du vent
dans les voiles ! Premiers frimas. Collections de Printemps/Eté.
Magnifique ! A force de génie et de millions, de snobisme et de
minauderie, les grands couturiers réussissent à rendre les plus belles
filles, moches et sans aucune féminité. Ils effacent les plus beaux
sourires, éteignent les plus beaux yeux, le cachent derrière des faces de carême
à vous faire fuir très loin. De quoi…retourner sa veste !
D’ailleurs, eux l’ont déjà fait, depuis longtemps ! Tout ça…pour
ça !
A Biarritz, on prépare le « Sommet Européen »,
à 10 cms au-dessus du niveau de la mer ! Sécurité, sécurité !
Interdit de bouger. On vous réquisitionne votre garage, votre rue, en un
mot, votre liberté, pour que les grands puissent, de concert, se gratter
la tête au sujet de cette immense utopie qu’on a baptisée « l’Europe ».
En bord d’Atlantique, on remonté « Fort Alamo », pour une
seule conclusion : « Un pour tous…tous pour moi » !
Tout ça…pour ça !
Un ganadero a sauvé la corporation, cette année.
Qu’on le veuille ou non, Victorino Martin a maintenu, haut levée, la
bannière du toro de combat, grand, pointu, fier et brave. Certes,
d’autres ont eu de bons résultats (Torrealta – Zalduendo), mais sans
arriver à créer l’élément, primordial, qui doit dominer dans une
corrida de toros : l’émotion. Donc, au milieu de cet océan de
toros sans caste, sans forces, sans fiereza, Victorino
surnageait bravement, se permettant, c’est de bonne guerre, de
lancer quelques piques à ses collègues ganaderos « plus huppés ».
Et puis, patatras ! En deux corridas, (Madrid et Zaragoza), les
Victorinos se ramassent à la pelle… Aïe ! Tout ça…pour ça !
Que se passe t’il ? Que va t’il se passer ?
Certes, les Victorinos claudiquent parfois. On l’a vu, mais on n’a pas
voulu le voir. Certes, les Victorinos sortent parfois cornicortos. On
l’a vu, mais on n’a pas voulu le voir. C’étaient…des Victorinos !
De fait, il y a un lac, un Océan Pacifique, entre le Victorino qui
lidiait jadis huit corridas dans des ferias fortes, et celui qui
en « dispache » maintenant treize ou quinze, « là
où on veut », y compris à Algimia de Almonacid. A force, il
fallait bien que quelque chose arrive, du style « funèbre ».
En 48 heures, des Victorinos sont
vilainement tombés, à Las Ventas, et hier, à Zaragoza. Il va falloir
« rectifier le tir », car « on châtie bien ceux
que l’on aime bien » et, à n’en pas douter, Victorino n’a pas
que des amis, chez les grands et dans la presse. Il ne peut donc compter
que sur la fidélité des aficionados, et il est suffisamment lucide pour
relancer la machine, peut-être sur d’autres bases.
11
Octobre – Zaragoza – 6ème de Feria – presque ¾ d’entrée :
Corrida catastrophique de Victorino Martin. Les deux premiers, invalides,
roulèrent au sol, et le président ne voulut pas les changer, malgré la
bronca. Le troisième se montra très faible, mais remonta par la suite,
grâce à quelque relent de caste. Les autres se montrèrent plus solides,
mais bien tristes, le sixième sortant dangereux. La corrida a duré moins
de temps qu’il ne faut pour la raconter : une heure trente-sept.
Les trois toreros sont sortis sous la bronca - Caballero, écœuré par le
premier, n’a pu se secouer, face au quatrième - Moreno fut trop long
face au deuxième, invalide. Il supporta quelques coups bas du cinq –
Uceda Leal donna les quelques bons muletazos de la tarde, face au troisième.
Par contre, il plia bagage devant le dur dernier – Triste, triste
corrida de Victorino, et certains, comptez sur eux,
vont en faire des gorges chaudes. Hier soir, le ganadero avait l’œil
triste. Tout ça… pour ça !
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12
OCTOBRE…DIA DE LA HISPANIDAD, FIESTA DEL PILAR
Date importante dans la
culture Hispanique. Date encore plus importante pour toutes les filles
baptisées Pilar. Bonne fête à
toutes, et un gros bisou ! Tandis que la Vierge d’Aragon va,
aujourd’hui, crouler sous les offrandes de fleurs; tandis que Zaragoza
va retentir des échos de mille jotas, des toreros vont
s’habiller de lumières, et d’autres vont se souvenir…
12 Octobre, il y a 50 ans, deux « monstres »
recevaient, ensemble, l’alternative, en plaza de Valencia…
Aparicio/Litri. Il étaient des idoles, là-bas.
Cette année-là, le feria de julio dans la cité du Turia, n’avait été
composée que de six novilladas. Ils toréaient la sixième, à plaza
llena. La course fut si triomphale, qu’entre deux toros, on annonça,
par haut-parleurs, un mano a mano entre les deux, le lendemain. Et le
lendemain… la plaza se remplit. Souvenirs, souvenirs !
Aujourd’hui, revenons sur terre. Les arènes de
Madrid et Séville ouvriront leurs portes, mais pour quelle entrée ?
A Madrid, « El Cid » va toréer sa dixième corrida de l’année,
dont cinq dans ce même ruedo. A Séville, on va surveiller la présentation
de Canales Rivera. Attention ! Un Rivera peut en cacher un autre…
Pendant ce temps, on apprend un joli geste de
Ponce: sa participation à l’enregistrement d’un disque, au profit des
enfants de l’Unicef. Il y chante une berceuse, et se défend gentiment
de vouloir « grimper dans les hits ». Sympa ! « El
Cordobes » devait aussi chanter. Mais il n’a pas pu…il avait mal
au bras. Logique !
Une
dernière,
pour la route ! Devant la multitude de blessures de chevaux de
Rejoneo, l’ANPBA (Association Nationale pour la Protection et le Bien-être
de Animaux ) exige que soit imposé par le règlement, un peto, un
caparaçon, pour les chevaux d’école et de toreo. Un nouvel avenir pour
la cuadra de Bonijol. Muy bien !
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« EL JULI »… UN VRAI GRAND !
On ne peut prétendre à la Paix, en
lynchant…On ne peut venir fanfaronner à Biarritz en paralysant la
ville, et soupçonnant chacun de ses habitants d’être un dangereux
terroriste. On ne peut marcher au combat … à reculons !
La peur est humaine. Le vrai courage est
de parvenir à la cacher. Tous les toreros ont peur… peur des pitones,
du trapio des toros, peut-être… mais bien plus peur de « montrer
qu’ils ont peur », peur de « ne pas pouvoir ». Mais
eux sont seuls ! Eux ne peuvent jouer les caïds devant un ennemi réduit
à zéro, devant un public emprisonné, devant une presse muselée. Eux
savent ce que veut dire le mot « Pundonor » et c’est pour
cela qu’on les habille de lumières. C’est peut-être aussi pour le
contraire, que tous ces beaux messieurs qui se réunissent « au
sommet », vont habillés de sombre.
Julian Lopez « El Juli » avait
mal vécu sa dernière sortie à Zaragoza. Un président « tacano »
lui avait escamoté un triomphe. La réponse fut celle de l’Honneur, de
l’intelligence, du courage, et elle fut grandiose. Cela s’appelle :
la Classe ! Hier, 12 octobre 2000, El Juli vient de s’emparer
« du trône » en coupant, de façon indiscutable, deux oreilles
et la queue d’un toro , dans une plaza de première catégorie. Le
dernier rabo accordé à Zaragoza remonte à 1978, et c’était Paquirri qui l’avait coupé. Julian Lopez vient d’écrire une nouvelle page à
l’Histoire de la plaza et du Toreo. Et cette page-là, « dans
notre monde », on en parlera probablement plus que des résultats
du « sommet », dans le destin de notre vieille Europe.
12
octobre – Zaragoza – 7ème de Feria – Dia del Pilar
– Lleno : Le public, debout, les yeux embrumés d’émotion,
ovationne un enfant. Rayonnant, il va, porté sur les épaules, en vrai
triomphateur, tandis qu’à deux pas derrière, le sourire radieux, le
fidèle banderillero porte un drôle de trophée… une queue de toro.
Symbole ! Le triomphe d’un torero, le companerismo avec sa
cuadrilla, l’aventure et l’apothéose partagées. Qu’on le veuille
ou non, El Juli termine la
saison 2000 en « vrai Numéro 1 ». Ici, ni Enrique Ponce, vrai
et noble maestro, ni José Tomas, acariâtre génie, ni Joselito et son
foutu caractère, ne peuvent contester.
Hier, jour de l’Hispanité, béni par toutes les vierges du Pilar, El
Juli est définitivement entré
dedans l’Histoire.
Trois toros de Gabriel Rojas, épaulant
trois grands toros de Nunez del Cuvillo. Tous démontrèrent forces et
caste (Ay, Victorino !). Le sixième, « Ropalimpia » fut
extraordinaire, mais le torero qui le fit briller, fut monumental –
Complètement abasourdi, perdu, « El Tato » fut à la dérive,
dans le ruedo qui le vit jouer, à l’époque des culottes courtes. Il
fut sifflé par son public, par ses compatriotes. Voir s’il rectifie le
tir aujourd’hui, en télévisée, face aux Cebadas – Abellan aurait pu
couper une oreille au cinquième, mais l’épée partit dans tous les
sens, et le torero ne pu que constater, les yeux écarquillés, le phénoménal
triomphe de son collègue. Il donna une vuelta – Julian Lopez aurait pu
couper quelque trophée, déjà, au troisième, qu’il toréa au quite,
par chicuelinas à genoux, citées à 20 mètres. Mais il y eut cette épée
souterraine…Par contre, la lidia et la faena du sixième Nunez del
Cuvillo (« Ropalimpia » - 530 Kgs) furent d’apothéose, la
beauté, le lié, la profondeur des suertes levant le public, après un
vibrant tiers de banderilles, et un jugueteo à deux centimètres des
pitons, astifinos. Faena « de monument », avec des naturelles
longues, profondes, citées muleta en avant, la jambe offerte, tirées
suaves, loin derrière. On ne parlera pas du coup d’épée. Il a été
digne de la faena. Alors se déclencha la plus grande euphorie aficionada que l’on puisse rêver…Cette émotion qui fait que tous
ses voisins sont soudain des amis de longtemps, et que même les japonais
vont sortir dans la rue, en toréant « de verdad » . Deux
oreilles et la queue pour « Don Julian », et la vuelta
posthume pour le brave adversaire. Triomphe incontestable,
incontestablement commenté. Là-haut, très loin, Paquirri sourit,
paternellement !
12
Octobre – Jour de l’Hispanité, dans les autres plazas : A Madrid, le froid et moins d’une demi plaza. Les toros de Carmen
Segovia, et le remplaçant de los Eulogios n’ont rien apporté à la
gloire ganadera. Paulob fut, à l’habitude, très brillant à la cape,
puis se dilua par la suite, à l’habitude – « El Renco »
marcha fièrement au combat, en vain – Le sévillan « El Cid »,
bien que non primé, fit encore les meilleures choses, en particulier au
sixième, fort bien reçu de cape.
A Séville,
la corrida de José Ortega est sortie « grande et pointue ».
Violente et parfois arrêtée, elle ne permit pas aux toreros de complètement
s’exprimer. Canales Rivera s’est montré digne, mais…son cousin peut
dormir tranquille – Domingo Triana se montra limité, parce que « trop
peu toréé » - Vicente Bejarano, torero de la Puebla del Rio, coupa
une bonne oreille au cinquième, certains réclamant vainement un second
trophée – Moins d’une demi plaza pour cette corrida, au bénéfice de
la Croix Rouge. Quand Don Eduardito se met à jouer « les
Humanitaires », les résultats sont impressionnants !
A
Calanda,
près de Teruel, la énième corrida de Zalduendo est sortie « a
modo ». Joselito s’est juste amusé, histoire de recevoir deux
ovations – Ponce a mis la vapeur, coupant quatre oreilles, et montrant
que le pundonor existe, même dans les plazas « de tercera » -
Finito a
joliment toréé le sixième, ajoutant deux oreilles à sa récolte
2000.
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BON ANNIVERSAIRE, MESDAMES LES PENAS !
Il y a 25 ans, au fond du bar Maïtena, des
copains de toujours créaient « la Pena Taurine Côte Basque ».
Bayonne entendit alors les échos de sa jeune Aficion. Vociférant,
crachant, chantant, « poétisant » et philosophant son aficion,
Claude Pelletier en fit une reine. Peut importe le palais, pourvu qu'on
ait l'aficion. Même le sombre
couloir de la rue Passemillon devint repaire des corsaires aficionados
basques. On y parla Toros, rugby, et les mayorales y furent les invités de
toujours. Puis, les frères, comme d’habitude, se chamaillèrent.
Certains partirent et allèrent deviser ailleurs. « La Pena »
se pelotonna autour de son président. Peu à peu, elle reprit le cours de
la vie. Ce fut parfois hésitant, un peu houleux, mais elle repartit,
forte et conviviale. Aujourd’hui, 25ème anniversaire, et demain, un
nouveau local sera inauguré. Le « grand Claude » l’aurait
aimé, en particulier sa mezzanine, toute sévillane… Partie pour encore
25 ans, la Pena Taurine Côte Basque est terre d’aficion, et d’amitié,
comme toutes et malgré tout…
A
Mont de Marsan, le Cercle Taurin y va de ses trente bougies. Enhorabuena !
Alors, pour fêter « a lo grande », cette longue page de vie,
il organise, dimanche 15 octobre à 16 h, une novillada non piquée.
Olivier Martin envoie quatre erales du Palmeral, qu’il élève avec foi,
amour et « en torero ». A la baguette, avec cape et muleta,
Julien Miletto et Cesar Jimenez chanteront leur « Bon anniversaire ».
L’un est de Nîmes. Il a progressé « un monton », cette année.
L’autre est un surdoué qui, malheureusement, le sait un peu trop. Peu
importe, ce dimanche, et pour 60 Frs, prix unique, le toreo fêtera,
« a lo alto » la trentième temporada du Cercle Taurin
Montois. Felicidades !
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« MONSIEUR LE PRESIDENT, JE VOUS FAIS UNE LETTRE… »
On ne sait si Juan Jose Padilla a des facilités pour écrire…Il ressemble plus à
Curro Jimenez qu’à Boris Vian. On pourrait s’attendre à le
voir, avec un tromblon, rançonner les diligences dans quelques défilés
obscurs du côté de Ronda ou d’ailleurs. Certain revistero Salmantino
en a fait l’expérience, paraît il. Cependant, les regards du torero
envers l’homme de loi, hier, au palco de Zaragoza, en disait long sur la
littérature qu’il aurait pu lui adresser. Et, sans prendre partie,
quant à la forme, on pouvait amplement penser qu’il avait raison, sur
le fond.
Comment, « un senor », bien
habillé, bien coiffé, bien parfumé, peut-il ainsi jouer avec le destin
des hommes qui, en bas, combattent la mort, avec leur courage, leur maigre
technique, un bout de chiffon et une épée en bois ? Un toro, manso
dangereux, a sa lidia, paraît il. C’est écrit dans tous les livres.
Encore faut-il que le Président, première autorité dont dépend le bon
déroulement de la course, ne s’en aille pas saboter le combat en écourtant
les piques, en n’ordonnant pas les banderilles noires. Qui est plus apte
à savoir par quel bout il faut ronger
cet os ? Le « gominé » d’en haut, ou l’ébouriffé
d’en bas ? Qui se joue la peau, et celle de la cuadrilla ? Qui
va devoir s’appuyer une demi tonne de traîtrise ? Bien sûr,
l’erreur est humaine, et un président a, aussi, le droit d’être
daltonien, mais accumuler deux grosses erreurs en deux minutes, relève du
carton rouge, direct. Mais comme il est daltonien… vous devinez la
suite, et l’on continuera à voir « el tal senor » présider
au palco de Zaragoza.
13 octobre – Zaragoza – 8ème de
Feria – Presque plein : Les Cebada Gago impressionnent. Ils sont
différents. Souvent bien présentés et pointus, ils ont cette
personnalité qui fait que, toujours, on sent que « quelque chose va
se passer ». Parfois, l’un d’entre eux sort noble. On a, alors,
une formidable « machine à charger », qui a fait briller plus
d’un torero. Cependant, beaucoup sortent méchants, avec des regards
en-dessous et des uppercut du gauche, très loin de la conception que
l’on a du « noble art ».
La corrida de Zaragoza fut de ce tonneau,
et, à part le troisième, tous manifestèrent du sentido et de la
violence. Toros mansos avec un grand chef de bande, « Junillerito »,
485 Kgs de sournoiserie pure, impossible à piquer. Toro qu’il fallait
banderiller de noir, tordre en bas et tuer, sans se poser de questions. Le
président mit tout le monde en danger, en arrêtant trop tôt le tercio
de piques, et en ne condamnant pas le spadassin aux banderilles de châtiment.
Très mal. Le cinquième se blessa dans la larga a portagayola de Liria.
Sortit alors un Occitania qui, lui aussi, joua les bandits des monts
d’Auvergne.
Face à cette bande de loubards, il faut
tirer un grand coup de chapeau aux diestros. Vaillamment, avec
leurs moyens, avec leur technique du style « on rentre dedans, on réfléchit
après… », Tato, Liria et Padilla ont tout donneé, au point de
friser le gros danger, et voltiger parfois. Corrida très dure, que le
public ne perçut pas complètement, exigeant beaucoup, en particulier du
Tato. Corrida d’honneur, où, poussés par Padilla, au troisième, les
deux autres toreros partirent bravement s’agenouiller à la porte du
toril, Liria s’offrant même le coup double. Tato sauva sa feria, en
s’accrochant, un peu brusque, un peu raide, mais en tuant vite et fort,
en particulier le quatrième. Il coupa une oreille du toro d’ouverture
– Liria s’est battu comme un chien, mais il est temps que la saison
finisse. Deux vueltas au
deuxième, après une entière basse. Un oreille du cinq, brindé à toute
son équipe. Ses deux toros l’accrochèrent, sans mal, heureusement –
Padilla a touché la « bonne brute » et le truand. Vuelta au
troisième, après une prestation musclée mais torera, et déroute compréhensible
face au terrible de service. Il est vrai, que l’on n’est plus habitué
à voir sortir de tels énergumènes, ce quoi peut faire perdre le fil du
débat à plus d’un président
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LE « SOMMET » DES VITRIERS…
Un sommet, mais de quoi? A quoi sert donc de vouloir régenter le monde, quand on est
incapable de régler ses propres affaires, quand on est incapable de régler
proprement la libre circulation des citoyens paisibles dans leurs propres
rues, quand on est incapable d’empêcher une bande de voyous d’aller
casser les vitrines, brûler les voitures, souiller et démolir les
monuments aux morts ? A quoi cela sert il de jouer les grands
« qui feront tout, et plus encore » (ce qui est relativement
« abracadabrantesque », puisque, si on a
vraiment « tout »fait… que peut on faire de plus ?
et, si on fait « plus », c’est que l’on avait pas « tout »
fait…). Mais, déjà, on range les costumes et l’on s’en va parader
ailleurs, vers d’autres sommets, vers d’autres « nous ferons
tout ! »…
A Biarritz, la pluie discontinue efface
les derniers « interdit » et « réservé ». Enfin,
les personnes âgées, les jeunes surfers et les amoureux de tour âges,
pourront reprendre leur ville, leurs vagues, leurs bancs. A Bayonne, un
maire essaiera de décolérer. Il avait prévu, il avait annoncé, dénoncé…
Aujourd’hui, à Bayonne, on balaie les derniers bris de glace, on essaie
d’oublier les derniers cris de haine. Bayonne, la Basque, essaie
d’oublier ces basques qui le sont si peu… A Bayonne et Anglet,
s’ouvre « le Sommet des vitriers » ! Un métier et une
corporation qu’on admire, mais qu’on aimerait voir s’illustrer en de
meilleures occasions.
La planète taurine est tout aussi
replète de « il n’y a qu’à ! » et de «faut
qu’on !». Malgré les règlements édictés, malgré les mesures
émises par quelque fonctionnaire « en mal de cachets ou de coups de
tampons », on
continue à errer dans ce sable mouvant qui laisse tout le monde,
les bras ballants: la faiblesse des toros dits « de combat »,
on continue à afeiter allègrement, et, comme « là-haut »,
on continue à préfabriquer, artificiellement un avenir de dupes.
L’Europe pataugera… et la tauromachie coulera ! Vraiment pas de
quoi "casser les vitres".
14 octobre – Zaragoza – 9ème
de feria – presque plein: Corrida désastreuse de Murteira Grave. La
ganaderia portugaise, en qui beaucoup mettent l’espoir de la caste
sauvegardée, est victime, dit-on, de la réglementation liée à la lutte
contre la maladie de la vache folle. Les toros ne peuvent que depuis peu,
sortir de leur dehesa lusitanienne, mais, de toutes façons, leurs
carcasses défuntes seront incinérées, du côté d’Orense. La corrida
de Murteira est sortie très faible, totalement décastée. Le quatrième
a été remplacé par un « Occitania », manso difficile.
Une corrida qui pose de nouvelles questions, inspire de nouvelles
craintes. Si les Victorinos et les portugais tombent aussi… Quoi ?
– Luis Francisco Espla « s’est mal conduit »: Pitos y
bronca – Eduardo Davila Miura a sorti de bonnes naturelles au cinquième,
liées à de longs pechos. Il perdit, peut-être,
une oreille, à cause de l’acier - Reste un torerito d’honneur,
de feu, assoiffé d’un meilleur demain : Jesus Millan. « Torerito »
de carrure, mais « torerazo » de cœur, le garçon a vraiment
tout fait…(et plus !…) pour triompher de deux adversaires couards
et violents. Il faillit y perdre un œil, « se contentant »
d’une coupure à l’arcade. Il s’est arrimé comme un vrai lion,
arrivant à intercaler de longues passes, templées et galbées. Vuelta au
troisième; « grosse oreille », au sixième, et, malgré
plaies et bosses, le cœur en fête. Grande feria de ce torero à qui,
bientôt, certains vont faire les yeux doux.
La feria se termine aujourd’hui, avec la
corrida de Palha, autre « portugaise » arrivant, précédée
de ses trois sorties « françaises » de Aire, Tyrosse et Nîmes.
Un bilan, à 70% positif, terni par « l’attentat » de
Barcelone. Les Palhas, une sortie à suivre, en espérant qu’ils
puissent, avec l’assentiment de tous, « casser la baraque »…
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LA RONDE
DES ANS…
Inexorable, le temps
poursuit son cours. La pluie, quelquefois salvatrice, emporte la terre, là-bas.
Il faudra reconstruire, oublier. Ici, "à l'intérieur", un ministre repart à zéro pour la énième
fois. Il sera député, à nouveau, interpellera ses collègues à l’Assemblée,
et un jour, redeviendra ministre… La saison taurine entame sa
dernière boucle. Le oliviers de Jaen accueilleront la dernière ligne
droite du peloton. A sa tête, un jeune champion « toutes catégories »,
aujourd’hui au plus haut, « El Juli ». Etoile d’un jour ?
Figura « qui va
commander » pendant des années ? Nul ne le sait encore. Le
cycle de l’histoire taurine répétera les étapes déjà bien connues :
l’ascension vers la gloire, le zénith, la contestation, l’indifférence,
le « presqu’oubli ». Un jour arrivera un nouveau dieu qui
estompera l’ex-poulbot du toreo. Ainsi va le monde, ainsi va le temps,
dans « les toros » comme ailleurs.
A Zaragoza, la grande toile fuit. Couverte en 88,
la plaza a besoin d’un nouveau « préservatif ». Elle fut
pionnière, pour protéger les toreros de la pluie et du vent. De
nouvelles techniques ont « vu le jour », en le cachant aux
trois quarts. Zaragoza devra se refaire une beauté imperméable. La feria
s’est pourtant clôturée sur un rayon de soleil, venu du Portugal,
auquel s’est réchauffé Ricardo Aguin, un « Molinero »
oublié, pourtant capable de triompher totalement, malgré cinq corridas
toréées, cette année. Cela aussi, fait partie de l’histoire des toros,
de la vie des Hommes.
15 octobre – Zaragoza – Dernière corrida de le Feria del Pilar
2000 – ¾ de plaza : La corrida de Palha a sauvé la mise à
beaucoup de monde: Au ganadero, bien sûr, que tous regardaient,
dubitatifs, car la maladie de la vache folle arrangeait bien des gens,
d’autant que la veille, les Murteira étaient sortis « à lo loco » ;
A l’empresa qui sort gagnante, tant sur le bilan « artistique et
taurin », qu’économique ; A l’Aficion qui a, enfin,
retrouvé une corrida de caste; Aux toreros qui ont su, pour deux
d’entre eux, troquer la blouse d’infirmier pour le vrai costume de
lumières…
Corrida bien présentée, sans excès de poids,
elle a eu le dénominateur commun de la bravoure, de la mobilité, de la
transmission. Quatre des toros ont été ovationnés à l’arrastre, seul
le cinquième faisant mentir le proverbe. Meilleur de tous et candidat au
premio de la feria, le deuxième « Barberito ». Sur la lancée
et dans l’euphorie des adieux, on fit sortir à hombros le mayoral de
Palha. Symptomatique ! le public récompensant des toros de combat
qui avaient simplement fait leur devoir: combattre.
Stéphane Fernandez Meca a démontré qu’il est
torero de grandes ferias. Professionnel, lidiador, il fait briller les
toros, et le public lui en sait gré. Son premier s’arrêta trop vite,
mais la vuelta qu’il donna au quatrième doit lui ouvrir de grandes
perspectives pour le « prochain cycle ». (A signaler le saut
au callejon du troisième toro, qui y blesse le banderillero Christophe
Arnaud : vilaine estafilade au front et gros choc) - Oscar Higares continue à faire le « yoyo »
entre le super et le superficiel. Il laissa passer un grand toro, le deuxième,
et tout le monde s’en rendit compte. Ainsi, au fil du temps, Higares
continue ses va et viens, sans se décider, sans poser ses malles… tantôt
en haut, tantôt en bas – El Molinero était oublié. On le savait
torero de qualité, fait pour le toreo « de dulce ». Un des
injustement oubliés dans la ronde du « toreo circus ».Une
corrida, de raccroc, parce que les figures ne sont pas là… face aux
Palha. Alors le torero serre fort les dents et les machos et, presque sans
avoir toréé cette année, « s’est « envoyé » deux
« tios », dont le dernier, un moustique de 476 Kgs de caste
totale, super armé, l’envoya « tutoyer le étoiles »,
presqu’en travers de la bâche. Un vrai triomphe torero pour Ricardo
Aguin, qui coupe « une oreille à chacun », et s’en va, par
la porte grande, accompagner El Juli, triomphateur du cyle. Ce triomphe
lui vaudra t’il quelque considération. Le temps le dira…
15 octobre, dans les autres plazas : Gregorio Alcaniz n’a pu rééditer sa grande présentation
en plaza de Madrid. Cependant, il fut ovationné, devant une novillada de
Navalrrosal, de souche Nunez, menée par l’ex matador Andres Hernando. A
suivre, ce novillero, frère de Miguel Rodriguez, et révélation de la
saison 2000 à Madrid, avec Luis Vilches – Justement, Luis Viches, qui
avait fourbi ses armes pour prendre six novillos en plaza d’Utrera, a dû
changer le tout pour… un parapluie. Novillada suspendue, tout comme fut
renvoyée (au 29 octobre) la non piquée de Mont de Marsan.
Les toreros préparent l’hiver, la chaleur des
Amériques ou la tranquillité du campo. Alors viennent les festivals :
Victor Puerto a coupé tous les trophées à Avila, mais c’est le
traditionnel festival de Chinchon, organisé par Julio Aparicio, au profit
des « Ancianos de San Jose », qui retient toute l’attention .
Depuis longtemps, l’image de cet événement fait la pub pour l’Espagne
toute entière. Hier, au milieu des vieilles pierres et des charrettes,
sous les balcons tendus de couleurs espagnoles, les toreros ont brillé :
Bote, Ponce, Aparicio, le novillero Octavio Chacon, le cavalier Francisco
Benito ont coupé deux trophées. Miguel Abellan est rentré « à
vide », mais cela ne fait rien, la générosité était là,
et quelque part, malgré « la ronde des ans », un abuelito a
souri…
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ZARAGOZA : L’HEURE
DES BILANS ET DES TROPHEES
17 octobre : La Feria du Pilar 2000 a
vécu. Dans les bureaux de l’empresa, on fait les bilans, économique et
artistique. A priori, la Feria sauve
une saison annoncée sous le signe de l’imagination et de la
communication. L’aficion avait agréablement levé le sourcil devant les
cartels préparés au printemps. Hélas, le « toro » avait
causé de grosses déceptions.
Alors, devant l’absence de certaines
figuras (on pense à Jose Tomas), il fut pris le parti de monter un
« Pilar Torista ». Le bilan semble mitigé, car les deux vrais
llenos de la feria vinrent par la présence d’un torero « El Juli ».
Les ganaderias, Victorino inclus, n’ont pas, loin s’en faut, attiré
la grande foule. L’Aficion, même à Zaragoza est « torerista ».
Cependant, on peut penser que, globalement, et en particulier grâce à la
corrida de Cebada, (corrida intense), et celle de Palha (corrida de
bravoure et de caste), l’empresa a gagné son pari. Restent des polémiques
et des questions : La « cabana Portugaise » ?
Que se passe t’il chez Victorino ?
Pendant ce temps, « dans les cercles
et les ronds », comme dirait Cyrano, « on fait sonner les vérités
comme des éperons », et chacun s’en va de son trophée, récompensant
les meilleurs moments de la feria. Les plus importants sont établis comme
suit :
« El Juli » rafle tous les trophées au triomphateur de la
feria, et de plus, ceux à
« El Arte del Toreo » et au
meilleur quite artistique.
Toro le plus complet : « Virtuoso », 476 Kgs, sixième de
Palha, le 15 octobre, lidié par le Molinero
Meilleur toreo de capote : Finito de Cordoba
Meilleure estocade : El Tato
Trophée « Al Valor » : Jesus Millan
Meilleur novillero : Gaspar « Paulita »
A la meilleure brega : Roberto Bermejo
Aux banderilles : Jesus Arruga
Meilleur puyazo : Salvador Herrero, piquero de El Juli.
Mais on récompense également « dans l’autre sens »…
Ainsi les Guardiolas remportent le trophée « Miau », attribué
à la ganaderia la plus mal présentée du cycle. Une espèce de « Prix
Citron » des encornés. Vache !
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« PAROLE , PAROLE, PAROLE… » QUI DONC EST DUPE ?
17 octobre : Ils causent, ils
causent…Ils disent que… Ils signent des papiers. Mais pendant ce
temps, les pierres volent et
les chars prennent position. Des mamans pleurent, et pleureront longtemps
encore, au Moyen Orient.
Ils causent, ils causent… et par téléphone,
en plus ! Le sort et l’avenir de ceux qui ont perdu emploi, et
parfois, dignité, est justement réglé par ceux qui les leur ont fait
perdre. «Accords de l’Unedic ! ! ». Bravo monsieur
le ministre, au revoir, madame la ministre…Continuez
à bien parler, à bien nous «brader »….
Il causent ils causent… Ils ne signent
rien ! Les rues de Bayonne ont retrouvé leur convivialité, mais
d’autres rues, plus au sud, résonnent du cri d’horreur, de rejet
total, de « haine contre la haine ». « ETA, basta
ya ! »… Mais déjà, on arme un autre pistolet, on amorce une
autre bombe… Le monde est compliqué. Le monde est fou.
Dans les toros, malgré les tractations,
les montages, les coups en douce, les mots ne suffisent pas pour arrêter
l’Histoire. Malgré les embûches, les hommes sont encore susceptibles
de pouvoir, un jour, « montrer qui ils sont », à la pointe de
leur épée. Cela prend parfois du temps, mais ici… « El que vale…vale ! »
Il a pris l’alternative « d’une
seule main », ou plutôt d’un seul bras, et il est probablement le
seul qui ne put « lever le coude », pour fêter l’événement.
On l’appelle « El Fandi ». La France l’a découvert
novillero tremendiste, batailleur
vertigineux. On a surveillé sa convalescence, après cette alternative déraisonnable,
mais qui a laissé tout le monde pantois : deux toros, avec un coude
fracturé ! Peu à peu, au long de la saison , on a dressé
l’oreille : des triomphes partout, dans un rodage précis, montant
en puissance. « Ojo !
Este viene fuerte ! ». Ici, les paroles importent peu.
Seuls les actes comptent, et, même dans un vieux costume de location
aux broderies en deuil, le courage est d’or, la toreria, de lumière.
Attention au Fandi ! Il est complet,
spectaculaire, et sait aussi toréer lentement. Il banderille dans toutes
les positions, alliant puissance vista et imagination. Voilà maintenant
qu’il fait la lopesina, plus calme qu’el Juli soi-même… David
Fandila… Ojo con este !
17
octobre : Jaen
– 1ère corrida de feria – un petit tiers de plaza :
La corrida de Marcos Nunez est sortie correctement présentée, mais
« con guasa ». A part le bon sixième, des toros décastés,
durs, regardant par-dessous, faisant semblant et « s’arrêtant au
milieu », vous laissant « tout nu »...Difficile !
Espla l’a vite découvert, qui s’est fait déchirer la chaquetilla,
par un hachazo du premier. Ca, par exemple ! Alors, pour le restant
de la course, on fait jouer « le métier », et on s’en
sort applaudi – Padilla
fit ce qu’il pouvait avec un premier qui ne se livra jamais. Il
se battit comme un fauve, avec le cinq qui le prit vilainement au cours de
la faena. Commotionné, blessé à l’arrière de la cuisse droite,
Padilla revint, tua le bicho, et coupa deux oreilles – David Fandila
« El Fandi » a marqué un « gros bon point » dans
une feria « dont on parle ». Le troisième venait comme un
obus. Il eut le mérite de « rester là », et il lui coupa une
oreille. Le Fandi habituel ! Par contre, les deux trophées du bon
sixième sont dus à une faena templée, cadencée, toréant « gustandose »,
élégante. Surprise sur les banquettes. Les vieux revisteros se frottent
les yeux, les plus jeunes retournent à leur cossio ! Monsieur Zabala
de la Serna
va devoir regarder plus haut que la ceinture. Aaaahhhh ! Du
coup, pas de resena dans ABC ! Bon ! Plaisanterie à part, le
Fandi a marqué un point important, ce 17 octobre, et a bien choisi son
jour pour franchir un pas de plus vers la gloire et la richesse. Le 17
octobre est le jour « du refus de la misère ». Mais là-aussi,
souvent… Parole, parole, parole…
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LES ENFANTS
DE « ANDEX » ONT DEJA SOURI
Dans leurs yeux, la souffrance et parfois, le « pourquoi ? ».
Ils sont malades, très malades. Ils sont courageux, très courageux.
Alors les hommes «d’or et de lumières » vont faire pour eux, ce
qu’ils savent le mieux : toréer. Malgré don Eduardito qui maugréé
sa vengeance dans son petit bureau, Curro et Morante vont toréer
dimanche, à midi, pour les enfants de ANDEX. Le Festival sera télévisé
en direct. La plaza sera moins prestigieuse que la Maestranza… Que
Importa ! La « plaza du cœur » est bien la plus belle…
Déjà, la lutte pour apporter des aides
à cette association a eu de bons résultats, tant sur le plan financier
que celui du cœur, du sourire, du « on est avec vous ». Le
concours d’acoso et derribo de samedi, au Rocio, a remporté un franc
succès. De grands noms de la tauromachie se sont donnés san | |