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AFICION,
AFICION…
1er
Novembre: Pouah ! Hiver, premiers frimas, beaucoup d’eau et, dans
l’eau, des poubelles qui déversent mille poudres de perlimpinpin et de
sirops bien gluants, histoire de ne pas nous laisser inactifs, tout au
long de ces longs mois où l’Aficion sommeille. Pourtant, quelques
endroits résistent .
Cela fait 16 ans que Saint Sever
tient sa « semaine taurine ». Toute la petite ville est
mobilisée pour parler, exposer, chanter, vivre la culture hispanique, le
toreo et la musique flamenca. Certes, la Pena « Jeune Aficion »
a pris « de la bouteille », et peut-être, a quelque mal à
imaginer mieux, innover plus... Peu importe, la tradition est là, et
l’activité, en tout bénévolat, est débordante. Du 2 au 12 Novembre,
le cloître des Jacobins résonnera des mille échos de la joie Aficionada
et sera le carrefour des passions. Expos, conférences, soirées cinéma,
théâtre, se succéderont , avec pour repères, passages obligés, la
course landaise, l’encierro, la novillada non piquée du 11 novembre,
qui ferme, réellement, la temporada française, et la fiesta campera du
12, con fino y chuletas de cordero. Olé ! Saint-Sever, et bon vent !
(hum !), pour seize ans , encore.
Saint Sever – Semaine Culturelle Taurine – du
2 au 12 Novembre – Pour tous renseignements : Tel 05 58 76 34 64
1er Novembre: Aficion encore, du côté
de Mejanes, pour un Festival qui a pratiquement rempli l’arène, au
soleil du Midi. Que bien ! Aficion dans les gradins, mais surtout,
dans le ruedo , où les toreros, complices, ont
donné le meilleur de leur spontanéité, face à un lot d’Aldeanueva,
bajito, flojito, mais de qualité. En vedette, Ortega Cano qui se demande
si les trouilles, justifiées par le toro ne valent pas mieux que les
affres de la vie madrilène, entouré comme il est
de « sacrés bichos », sous le regard permanent de « ceux de Gente »… Ortega penserait à
revenir « de lumières », d’autant que les figures actuelles
ont besoin de « telonero », pour ouvrir cartel. Bien le Cano,
à Méjanes, qui coupa deux oreilles, tout comme « El Juli »
et Juan Bautista.
Le premier est un monstruo !… « El
Juli » 18 ans ! Caste, Aficion, talent, force… Un
torero dont les aficionados des années 2058 (aficionados cybernétiques !)
parleront comme nous parlons, nous, de Gallito ! Debout, à genoux,
en tous terrains, le Juli dessine capotazos, banderille (toujours par la
droite, d’accord), temple ses muletazos et estoque « à coups de
canon ». Histoire de s’amuser taurinement, il monte sur le cheval
et joue aussi les picadors. Deux oreilles et un sourire « de là...
à là », sur tous les visages. Sacré bonhomme, ce Juli. La seule
chose dont « no ha sido capaz », comme a dit monsieur Fernando
Fernandez Roman, avec beaucoup d’élégance, au même moment, à
« Tendido Cero », c’est de réussir son permis de conduire,
du premier coup. Faut bien un petit échec, de temps en temps. Le Julian
souriait, malin, et parlait de sa saison, comme un « vieux grognard
du toreo ». 18 ans… Y’a plus d’enfants !
Juan Bautista, plus sobre, plus classique, auréolé
de son presque succès de Mexico, s’est accroché sérieux et a, lui
aussi triomphé « a lo alto » - deux oreilles. Stéphane
Fernandez Meca a donné vuelta, toréant avec alegria, mais terminant sin
suerte - Vicente Barrera est en train de chauffer les moteurs pour un
retour que l’on prévoit « dur dur ». Il fut « lui-même ,
banderilla aussi, et coupa une oreille – même récompense au jeune
Giron qui n’a pas explosé comme il aurait du, en cette première
temporada. A suivre.
En tous cas, ceux de Méjanes « lo pasaron
bomba » et les résultats, espérons-le, seront favorables aux
« Abeilles », institution au profit de laquelle se donnait le
Festival. Aficion et solidarité… encore une fois. Monterazo !
1er Novembre – Lima (Pérou) – Troisième novillada
de feria. Aficion aussi, mais « en entrée réduite » et avec
beaucoup de patience. Le novillos de Roca Rey n’ont pas donné facilité
et les toreros ont fait le possible. La seule oreille de la journée pour
le mexicain Antonio Bricio, aux portes de l’alternative - Rafael de
Julia, a limité la casse et Rafaela Sanchez Pulido, donné une vuelta au
dernier. Novillada à Lima, le 1er Novembre, pas de quoi
relever les morts, même pour tout l’or du Pérou… |
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« IMPRESSIONS » SUR LA TEMPORADA 2000 (suite)
Quatrième et cinquième au classement des
matadores : « Finito de Cordoba » et Miguel Abellan. Un
ancien et un « tout jeune »… Curieusement, mais pour des
raisons distinctes, les deux laissent l’impression d’une saison
inachevée, surtout Abellan. Partis comme des fusées, ils se sont un peu
dilués, par le suite, avec, cependant , de grandes choses à leur actif,
en particulier pour ce qui est du cordouan.
Juan Serrano « FINITO DE CORDOBA »
(85 corridas – 92 oreilles – 1 rabo) est un habitué des parcours
« yoyo ». Tombé très très bas, il y a deux ans, il a senti
« le boulet du canon… » et, fin 99, a donné le grand coup
de rein nécéssaire. Cela s’est passé aux amériques (Equateur et Vénézuela).
Rien de mieux pour relancer le moral.
Alors, le physique suit, et tout à coup arrive la chance. Un début de
saison tonitruant, avec un festival
télévisé, à Cordoue ; un
toro gracié, à Huelva ; une magnifique feria de Séville, avec, en
particulier une grande actuacion devant
le toro de Juan Pedro « Opiparo »; Un énorme triomphe à
Barcelona, grâciant un nouveau toro, cette fois de Torrealta ; Une
bonne prestation à Pamplona. Des triomphes qui prédisent un final de rêve,
confirmé par sa magnifique sortie, durant la feria de Dax, coupant trois
oreilles aux toros du
Marquis. Une « sortie » qui le fait définitivement « entrer
en France ».
Malheureusement, Madrid se refusa, le
rabroua. La San Isidro fut pour lui un parcours du combattant, plein de
hargne et d’incompréhension. C’est le seul gros point noir de la
saison du Finito, qui aurait pu faire quelqu’effort de plus, lors de la
corrida télévisée de Bilbao. La télévision n’est elle pas « la
plus grande plaza du monde ? » Certes, il y eut la faena de San
Sebastian et « le capote de Zaragoza », mais le petit écran
n’a pu entièrement répercuter la qualité, le coulé, la grande esthétique
du toreo de Juan Serrano. Dommage !
L’an prochain, que va t’il se passer ?
Aïe ! ! Reviendra t’il à ses vieux démons ? Continuera
t’il sur la pente ascendante ? On le lui souhaite, on « nous »
le souhaite… Mais… Que se passe t’il, quand un yoyo « est en
haut » ?
MIGUEL ABELLAN (75 corridas – 77
oreilles) : Il fut novillero, « à l’ombre du Juli ».
Ses triomphes madrilènes, avec un toreo de qualité, son alternative
prometteuse, le fait qu’il soit apodéré par des grands, « disaient
tout », en sa faveur.
De fait, la temporada débuta bien… à
l’arraché, mais bien. A hombros, aux Fallas, à grands coups de caste
lors de la corrida de Torrealta, à Séville, Abellan fit surtout « exploser
Madrid », lors de sa corrida-odyssée, face aux toros de Garcigrande.
Cardiaques s’abstenir.. et sortie A hombros.
Mais voilà… Triomphes, à chaque fois
arrachés, volés au toro. Le torero de qualité que l’on pressentait se
transforme en une sorte de « pegabuenospases », mais « pegapases »,
tout de même. Certes, il y eut des choses, des relents de classe. Bayonne
en vit l’ébauche, face à un toro de Chopera. Mais pour le reste, ce
fut du toreo « à la photocopieuse », qui lui valut, certes
des oreilles, certes des triomphes, mais ne confirma pas les espoirs que
l’on mettait en lui. S’il on ajoute à cela quelques passages à vide,
ou coups de blues, comme pour la feria de Bilbao… Conséquence : le
moral en prend un coup, l’effort coûte, chaque fois plus, et on ne
supporte plus la moindre critique, considérée comme totale injustice,
alors que justement, on est au maximum.
Le
grave incident de Logrono sera le gros point noir de la saison, dont on ne
calcule pas encore la portée. Agresser un revistero peut vous suivre
longtemps, et, malgré excuses, malgré toute la grande volonté pour se
faire pardonner, en automne, par la plaza de Madrid, les faits sont là,
comme un boulet. Le corporatisme journalistique fera le reste, et le
public, longtemps, entendra parler
« del Senor Abellan »… Que sera t’il de sa saison
2001 ? Les Chopera, qui sont tout, sauf de poètes, le garderont ils ?
Où pourra t’il reconquérir l’Aficion, et avec quoi ? Deux réponses :
Où ? A Madrid, et seulement Madrid. Avec quoi ? Avec une paire
de c..onvictions qui lui feront gagner à la fois le public et la presse.
« Pero lo tiene dificil ! » |
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LOS CUENTOS (…Y LAS
CUENTAS…) DE « DON EDUARDITO »…
3 Novembre : Don Eduardo Canorea, empresa de
Séville par la grâce de son père, est inconsolable. Vous pensez, lui,
le premier supporter de Curro, lui qui a pleuré des larmes de sang,
lorsque le maestro a décidé sa retirada, l’autre dimanche, aura bien
du mal à nous faire avaler ces couleuvres. Un cuento !
En fait, le Curro lui a fait « un
quite » de première, lui évitant une grosse bagarre à l’heure
de monter sa prochaine feria. Suite à l’algarade liée au festival de
ANDEX, et à l’élégante décision du Canoreita de ne pas prêter la
Maestranza pour le mano a mano Curro/Morante, il fallait bien se douter
que « les négociations d’avril » allaient être serrées et
qu’à la fin, l’aficion Sevillana étant « mas Currista que
nunca », quelqu’un allait perdre la face, derrière sa barbe et
ses lunettes… Vous devinez qui ?
Curro « out », l’empresario
reprend de l’assurance, tout en écrasanrt une dernière larme de
crocodile. Morante n’a qu’à bien se tenir. Attention, Curro parti,
l’Aficion Sevillana va , peut-être, se retrouver sur un autre torero,
et Morante pourrait bien être celui-là, comme digne successeur de Romero.
En attendant, Don Eduardito claironne et décide.
Cuentos y cuentas…Le plus important : le tiroir-caisse. Donc,
l’an prochain, à Séville, plus de « corrida de la resaca »,
le lundi suivant la clôture de la feria d’Avril. Tous les étrangers
sont repartis, et le lundi n’est plus férié à Séville, donc…
« vous irez passer votre gueule de bois, ailleurs ». En fait,
peu d’imagination, peu d’initiative pour monter quelque chose, au
lendemain de la feria, date souvent historique par le passé, en
particulier grâce aux Maria Luisa, qui, traditionnellement, y faisaient
briller quelque torero. Il est vrai que cela avait un peu baissé, depuis
quelque temps. Mais, la corrida étant souvent télévisée, l’empresa
n’allait pas nous faire pleurer, avec sa « demi-plaza ». O
sea… Un cuento !
Autre décision : On va « ouvrir »
le panel des ganaderias annoncées à la Feria. On sait que Don Diodoro
montait toujours sa feria sur la base des encastes Domecq, et que souvent,
cela avait provoqué quelques vagues. Eduardo, le fin, a donc beau jeu de
se déclarer plus démocrate, voire plus aficionado que son père. Donc,
l’an prochain, c’est déjà signé, on verra des toros du Pilar, du
Puerto San Lorenzo, de Garcigrande. Mais, par contre, « le Victorino »
restera dans les gradins. Canorea profite t’il déjà de la faiblesse
des deux derniers lots de Galapagar, pour taper en touche ? Ou, sort
il ce cuento, « pa que le salgan las cuentas ?… » On le
saura très vite. Mais, il est certain, d’ores et déjà, que le montage
de la prochaine feria d’avril, en bord de Guadalquivir, va faire couler
beaucoup d’encre, d’autant qu’il veut également élargir l’éventail
des toreros engagés. Bien ! mais, il va falloir que l’Aficion
suive… A part Jose Tomas, qui « de despenaperros parriba »
peut remplir la plaza ? Si, par ailleurs, la feria est télévisée
intégralement (et elle le sera, parce qu’il faut, plus que jamais,
penser au tiroir caisse), Tomas viendra t’il, perdant ainsi la face ?
Combien faudra t’il payer « les têtes de cartels », si on
veut compléter par des autres diestros, tout aussi respectables, mais
moins taquilleros ? Revient alors le problème Morante. Arrive le
problème « Juli », qui, fort de sa saison 2000, va exiger…
Difficile, tout ça, senor ! Il convient de prévoir, dès
maintenant, une « cargaison d’Upsa ».
Grosse
partie d’échecs, en perspective, et cela, ce n’est pas « un
cuento ».
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MEXICO :
VICTOR PUERTO DEBUTE EN FANFARE.
Victor Puerto est un torero qui risque de faire « une sacrée
tournée américaine ». Fort de sa saison espagnole, torero vibrant,
varié, quelquefois très esthétique, Puerto arrive sur le nouveau monde,
en pleine confiance, et le toro « de là-bas », qui dure plus,
risque de lui donner l’occasion de totalement se livrer. A suivre.
Les affaires ont bien débuté pour lui,
puisqu’il vient de triompher à sa première sortie, le 1er
Novembre, en plaza de Tlaxcala, coupant trois oreilles à des toros de
Rancho Seco.
A suivre donc la tournée du Victor, qui va se consoler, au soleil
d’Amérique, du triste automne que lui a réservé Madrid. Aïeee !
Que haya suerte, torero !
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AMERICA…
WEEK END « D’OUVERTURE »…
4 Novembre : Il va y avoir de nombreux spectacles, ces deux
prochains jours, sur la planète taurine « americana ». A
suivre, plus particulièrement, le Mexique, le Pérou, le Venezuela et
l’Equateur.
Au Mexique, week end « Caballero » !
Le torero d’Albacete, triomphateur de la temporada passée à
Mejico, débute aujourd’hui, à Tlaxcala, face à des toros de Reyes
Huertas. Mais le « gros rendez-vous » est pour demain, à la
monumental de Mexico, en mano a mano, à pied, avec Zotoluco, face à des
toros de Xajay. Corrida importante, et ambiance que l’on devine, suite
à la bonne campagne espagnole du Zotoluco.
Au Pérou, demain, deuxième corrida de la
feria de Lima. Cartel totalement Espagnol : Davila Miura (deuxième
sortie), Morante de la Puebla et Miguel Abellan (qui se présentent),
prendront des Sancho Davila, récemment (trop ?) descendus d’avion.
A suivre.
Au Venezuela, Mari Paz Vega torée, ce
samedi, en plaza de Barcelona. Dimanche 5, en cette même plaza, les toros
de Tarapio seront estoqués par Morenito de Maracay, Leonardo Benitez et
Chamon Ortega. Un cartel signé…Luis Alvarez. On va « sérieusement »
fumer le cigare, dans le callejon ! – Toujours dimanche, mais en
plaza de Valencia, El Tato et El Fandi accompagneront Bernardo Valencia,
face à des Tierra Blanca.
En
Equateur, feria de Riobamba, avec la parution, ce samedi, de Gomez
Escorial, face à des Santa Marta
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DIMANCHE MEXICAIN…
5 novembre : Grande journée taurine
en perspective, que ce dimanche à Mexico. Deux mano a mano en feront
l’actualité, dans l’ambiance que l’on devine. L’un à la
Monumental, l’autre à Monterey. A chaque fois, deux matadors et,
devant, histoire de « chauffer les banquettes », un rejoneador.
La plaza monumental de Mejico est,
justement, cela : un monument. Imaginez un peu : 41262 places
payantes ( entre 45 et 48000 personnes quand c’est « comme un
œuf ») Le ruedo est au fond d’un cratère dont les pentes montent
jusqu’au ciel, en gradins réguliers. Les toreros sont à 20 mètres au
dessous du niveau de la rue. D’un diamètre de 43 m, l’arène, vue
d’en haut, paraît aussi imposante…qu’un euro !. De la dernière
andanada, on voit s’agiter, en bas, quelques fourmis qui brillent au
soleil. Au milieu, noire, une plus grosse. Et c’est ainsi depuis
l’inauguration, un 5 février 46, où « El Soldado » eut le
privilège d’estoquer le premier toro, de San Mateo, qui s’appelait
« Jardinero ». Au long des années, la Monumental a acquis ce
statut particulier, lié aux grands événements. Elle est le « Las
Ventas » de l’Amérique Taurine.
Ce dimanche, il y aura foule. Peut-être
un llenazo. « El Zotoluco » revient au pays. On le traitera en
figura del Toreo. Sa campagne espagnole, certes embellie par la presse,
lui vaudra une « standing ovation », au sortir du paseo. Mais
après, il va falloir se justifier, d’autant qu’en face, Manolo
Caballero, triomphateur total, ici, l’an passé, ne s’en laissera pas
compter. Arbitres, les toros de Xaray, et, ouvrant le mano a mano, avec un
toro de Rancho Seco, le cavalier en plaza Ricardo Santos. Corrida « de
gran expectacion ! »… on ne dira pas la suite.
A signaler que Manolo Caballero a débuté
en fanfare, sa tournée mexicaine, en sortant, hier, 4 novembre, a hombros
de la plaza de Tlaxcala, en compagnie de ces deux collègues Rafael Ortega et Federico Pizarro. Corrida de Reyes Huertas,
pas terrible de présence et de forces, mais dont le cinquième fut un
grand toro. Devant une plaza llena (7000 personnes), Caballero lui battit
une faena copieuse, bien terminée à l’épée. Deux oreilles, en apéritif
a « lo de hoy, en la mejico »…
A Monterrey, 12000 personnes suivront avec
passion une énorme bagarre : mano a mano entre Eloy Cavazos et Jorge
Gutierrez, face à une corrida de Fernando de la Mora, lourde (547 Kgs de
moyenne). C’est la revanche de la corrida du 3 septembre, en cette même
arène, où Cavazos avait coupé tous les trophées (quatre oreilles et
deux rabos), mais d’où tout le monde était sorti en parlant de la
faena de Gutierrez au toro
« Mexicano » de Pepe Garfias.
Cavazos, 34 ans d’alternative, un vrai
tourbillon. Quand le toro ne passe pas, c’est lui qui charge, et
« ça fait du bruit… ». Il sera « chez lui », et
donc, bénéficiera d’un avantage. Plus sobre, plus classique, Gutierrez,
qui a également connu quelques belles heures, en Espagne, vers 1980, a
aussi ses fans. Donc, grande ambiance en perspective, d’autant que,
devant, sortira Pablo Hermoso de Mendoza, triomphateur, ici, l’an passé.
Les
corridas débutent à 16 heures, dépêchez-vous, vous avez juste le temps !
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CORRIDAS DE EXPECTACION…CORRIDAS DE… !
5 Novembre : Déception sur presque toute la ligne, en ce
dimanche « américain » qui, pour les aficionados internautes,
aura tourné au « gris-souris ». Au Mexique, le vainqueur du
jour est Pablo Hermoso de Mendoza. Au Pérou, le président de Lima doit
immédiatement faire changer ses lunettes. Au Venezuela, enfin, le
« Fandi » démarre an trombe, et pourrait bien construire là-bas,
sa future saison en Europe.
5
novembre – Mexico – Plaza Monumental – ¾ d’arène :
Malgré ce premier échec, car on aurait pu attendre un lleno total, pour
le mano a mano Zotoluco/Caballero, la corrida débuta fort agréablement.
Le matador mexicain dut saluer, invitant son picador, Efren Acosta, à
l’accompagner sous les ovations. Puis, ce fut Manolo Caballero qui
rejoint le triomphal duo. Le premier toro de Xajay
tint toutes ses promesses et le Zotoluco leva les ovations avec
cape et muleta. Hélas, le matador mexicain fut catastrophique à l’épée,
tuant bas en trois temps, et tout s’envola. En fait, la corrida s’arrêta
là. Les toros de Xajay, correctement présentés mais sans caste, ne
permirent rien, ou si peu. Zotoluco tenta des choses, comme la larga au
troisième, le début de faena, à genoux au centre, face au cinquième,
mais en vain. De plus, il tua vraiment mal. (Bilan final: Silence -
Sifflets, avec deux avis – Silence). Manolo Caballero a été « en
torero », et a lidié avec volonté trois toros sans fond. On lui
vit un grand quite par chicuelinas, et
quelques détails à la muleta, en particulier face à son premier
qu’il tua mal. (Bilan final : Ovation – silence – Silence) . En
début de Corrida, le Rejoneador, Rodrigo Santos fut spectaculaire, mais a
menos (Ovation). A oublier bien vite.
5
novembre – Monterrey (Mexique)
- Plaza pleine: Grosse ambiance pour la deuxième rencontre Cavazos/Jorge
Gutierrez, d’autant que les accompagnait, à cheval, Pablo Hermoso de
Mendoza. De fait, c’est le
rejoneador espagnol qui triompha d’apothéose, multipliant les exploits,
en particulier face à son second adversaire, et coupant trois oreilles.
La Plaza « Lorenzo Garza » attendait Cavazos, « son »
torero. Il fut vibrant, malin, un poil démago et coupa au quatrième,
deux oreilles qui divisèrent un peu. Les meilleures choses de la tarde
sont au crédit de Gutierrez, encore une fois, qui toréa lent et artiste.
Un seule oreille, au troisième. Le dernier ne permit rien, et l’épée
« voyagea » mal.
5
novembre – Lima (Pérou) – Deuxième corrida de Feria – media
plaza : Corrida pour le souvenir, mais
« à l’envers »… Le Lot de Sancho Davila est sorti
bien présenté mais faible et soso. Le sixième se montra brave, mais le
public n’en fit pas grand cas, scandalisé par ce qui s’était passé
au quatrième. Manso et invalide, ce toro fut « soutenu » par
la muleta de Davila Miura, qui dut arrêter sa faena, éberlué. Partie
d’on ne sait où dans la plaza, une pétition d’indulto fit quelque
bruit, et un des seuls à l’entendre fut le président qui, aussitôt,
sortit le mouchoir orange. Toro gracié !
Surprise ! On se
regarde, on se frotte les yeux. Dans le ruedo, le matador se pose des
questions… La division enfle et se transforme en énorme bronca, tandis
que le toro est ramené au corral. Il s’appelait « Apartado »
- 495 Kgs, et jamais toro gracié ne fut si mal salué. Pobre !.
Davila fut bien, mais ne passa pas la rampe – Morante a été très bien
avec cape et muleta, tant qu’ont duré ses toros. Mato mal. (Palmas et
division) – Miguel Abellan faillit mettre tout le monde d’accord en
toréant bien le sixième. On lui applaudit une vuelta. Corrida qui va
lever la polémique et une bonne affaire à creuser pour Afflelou :
S’installer au Pérou. Il a déjà un client…
5
novembre – Valencia – (Venezuela) –
1ère corrida de la Feria de la Naranja - 1/3 de plaza :
La corrida de Tierra Blanca est sortie légère, juste de trapio, et
noblota. Le fait du jour : gros triomphe du Fandi , face au sixième
toro, « Cerrerito » - 463 Kgs, qui montra allant et noblesse,
au point qu’il fut gracié. Deux oreilles pour David Fandila, et une
entrée fracassante dans « le nouveau monde » où il pourrait
bien cimenter son « avenir européen » - El Tato fut solide et
tua bien, coupant une oreille, chaque fois – Ouvrant cartel, Bernado
Valencia fut terne, écoutant quelques applaudissements.
5
novembre – Barcelona (Venezuela) : Toros de Tarapio qui donnèrent
du jeu. Bonne sortie de Leonardo Benitez et Chamon Ortega qui, dans des
styles différents, coupèrent chacun les deux oreilles de leur premier
toro. Morenito de Maracay écouta le silence.
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« VA
T’EN …JE REVIENS ! ! ! »
6 novembre : Le retour du Jesulin se confirme. Ce sera
officiel avant la prochaine lune. Prévisible, également, le « come
back » de Jose Ortega Cano. Que pasa ? Le matador s’ennuirait
il au foyer ? il est vrai que toujours marcher « deux pas en
arrière » quand ronflent les caméras et crépitent les flashes de
la presse, à de quoi faire gamberger… au fond, les toros sont moins
dangereux que « los bichos que le rodean…»
Plus surprenant, le retour de Francisco
Ruiz Miguel, pour quelques courses, en particulier de Victorino Martin.
Gusanillo, gusanillo ? Le gaditano avait été bien, face au premier
toro, un victorino « de dulce », en plaza d’Illumbe, pour la
dernière de la Semana Grande de San Sebastian. Bien ! mais c’était
un événement. Revenir, de façon plus officielle, « pour quelques
dollars de plus », ne met il pas le torero devant un danger double ?
Physique, tout d’abord… « Quedan alimanas », chez
Victorino ? et ceux-là demandent « d’autres jambes »…
Par ailleurs, attention aux Aficionados… Ils ont le souvenir d’un Ruiz
Miguel « guerrier farouche », face à des toros terribles. Le
matador ne pourra être « autrement »…, face aux Victorino
2001, et n’aura pas le recours possible de toréer du commercial.
Attention alors ! L’aficionado qui aime bien, châtie bien… Un
retour à méditer, qui va faire couler beaucoup d’encre…
Par ailleurs, on apprend que Miguel
Rodriguez et Jose Antonio Iniesta ne sont plus apodérés par Luis
Alvarez. Rupture en toute amitié, comme de bien entendu. Don Luis a
probablement tout fait pour eux, mais les résultats ne furent pas à la
hauteur. Miguel Rodriguez a baissé de pied, cette année, et Iniesta,
auquel Alvarez croyait dur comme fer, « n’a jamais décollé ».
Est arrivé Antonio Ferrera, et Luis
Alvarez va en faire une vedette. Par ailleurs, les choses marchent bien
pour son cavalier Leonardo Hernandez. Asi que, « Adios, muy buenas ! ».
Un apoderado peut tout faire, sauf triompher dans le ruedo. A suivre avec
attention. Ces indépendants ont toujours des idées, des trouvailles. Il
y sont obligés, pour vivre ou survivre. Dans le cas de Luis Alvarez, qui
connaît le mundillo mieux que sa poche, il y a aussi un mot qui prime:
Aficion . |
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LE
« RAP » DES MENUISIERS…
7 novembre :
Allons-y, faisons nous plaisir ! Dorénavant, on peut,
officiellement, se moquer du monde, fouler aux pieds quelques principes,
voire quelques commandements du genre « Tu ne voleras point »
ou « tu ne mentiras pas », puisque, même la Justice, à
grands effets de manche, clôt ses réquisitoires à coups de « Il
(ou elle) a menti, a volé… mais, pas plus que les autres… ». A
l’heure où se termine le procès de Lille, à l’heure où, dans cette
même ville, un père de 23 ans se fait
assassiner, sous les yeux de sa fille, par des « morpions »
de 16 et 13 ans, la question posée est « Où allons-nous ?
Que faisons-nous ? Qu’attendons-nous ? »
Les assassinats, les violences, le manque de repères
des jeunes commencent par le
manque d’exemples, et par l’absolution complice de toutes les fautes
et corruptions de ceux qu’ils devraient pouvoir admirer. Tel chanteur
est shooté à mort, sur scène, crache et insulte… « Ouais…Cool ! ».
Tel cycliste « à 700000frs par mois » se charge à mort pour
garder son statut de champion. Relaxé ! A quand donc la Légion
d’honneur pour Virenque ?.
Voleurs de rêve. Tueurs de dignité… ils sont
une poignée, et la Société en fait des héros et des nantis. Comment
s’étonner ensuite, que des gamins sans foi ni loi, parce que l’on
fait tout pour, règnent par la force, sur ceux qui, simplement, marchent
dans la rue en disant « Bonjour ! ; s’il vous plaît ! ;
merci… », ces mots tout simples qui traduisent respect et
ouverture aux autres.
Alors, on se fait plaisir. A grands coups de médias,
on dit « Enfin, la vérité ! »… et
encore une fois, au nom de l’on ne sait quel principe, au nom de
quel vice de procédure, on relâche, on libère, on applaudit presque. Et
pour faire passer le tout, on vous « rebalance » à coups de
millions, l’intégralité « du procès historique ». Il ne
faut pas oublier. Jamais ! Mais, quand Justice, la vraie, est passée,
il faut continuer de l’avant, en essayant de ne pas tomber dans les mêmes
trous. Combien aimerions nous, chacun d’entre nous, pouvoir admirer,
applaudir, écouter, suivre peut-être de vrais « chevaliers »,
de vrais « Cyranos », de vrais sincères … qui « se
prennent des roustes », certes, mais qui peuvent marcher la tête
haute, et qu’on a plaisir à saluer ?
Monsieur Virenque signera encore beaucoup d’autographes, gagnera
encore beaucoup de millions, et des enfants diront « Moi, plus tard,
je veux être comme lui ! ». Bel avenir !
« Mais…où il va ? », vous
direz-vous ? Oh, un tout simple coup de rogne, en lisant le compte
rendu de la 25 eme Assemblée
Générale de l’ANDA, et de la distribution des fameux trophées,
« les Egoïnes » et les « Rapes ». Nous y voilà ! Vous
y êtes ?
Chaque année, l’Association des Aficionados
« Ya qu’à » distribue ses prix et allume à tout va. Ils
ont raison, mais pour quel résultat ? Se faire plaisir en criant
tout haut « Hoouuu ! le vilain afeiteur ! », tout à
fait d’accord, mais pour quel résultat ? Le Tour de France 2000 était
« plus chargé » que jamais, dit on… Dans les plazas, d’Espagne
et de France, les toros étaient plus afeités que jamais, dit-on…et
pourtant, plus de monde que jamais dans les tendidos, tandis qu’autorités
et des vétérinaires se retrouvent allègrement à la « bamboche
d’après corrida »…
Alors, « le Rap » des menuisiers… A
quoi sert-il ? Certes, il faut dénoncer, critiquer, mais aussi
construire et convaincre. La corrida va, chaque jour davantage, vers le
« descafeinado », et pour un lot qui sort « de caste »
(même afeité !), combien de « que no han servido » (même
astifinos) ? Il est là, le problème, et personne ne veut le prendre
en main, parce que le « Système » est comme une vis sans
fin… fait d’impératifs économiques qui régissent la vie, et parfois
la survie, de milliers de personnes, « profesionales de eso ! »,
de centaines d’entreprises, de dizaines de communes. Nous, aficionados,
le savons, et nous en sommes
tous complices.
Donc…Faisons-nous plaisir ! Les trophées
2000 de l’ANDA, sont les suivants :
« Egoïne d’or » à Dax, pour la
corrida de Torrestrella qui ouvrait feria, le 12 Août.
« Egoïne d’argent » pour Bayonne,
et sa corrida du Puerto San Lorenzo, le 13 Août
« Rape d’argent » à la corrida de
Juan Pedro Domecq, de Beziers, le 12 Août
Sacré
week end ! On ne peut qu’acquiescer, tout en se disant
que… ailleurs, aussi, bon ! et tout ce que l’on ne sait pas, tout
ce que l’on court voir et applaudir en se disant « Vaya toros ! »,
comme des milliers d’autres aficionados sont allés voir le « Tour
2000 », net, propre et tout et tout…Enfin !
Justice est de dire qu’il y a, aussi, le
palmares des bravos…
Arles reçoit le maillot jaune du meilleur lot
sorti en France, celui de Baltasar Iban, le 22 avril. Céret se voit honoré
de la même distinction, pour ses novillos de Hubert Yonnet, le 17
septembre. Enhorabuena !
Dax est applaudi pour avoir organisé une corrida
concours qui se tenait. Par les temps qui courent, et à cette date,
c’est, en effet, un joli challenge, réussi.
Parentis devient, de plus en plus, l’arène,
(ou la reine) des novilladas.
Abraham Barragan se fait taper sur les doigts
pour avoir fait massacrer un novillo du Palmeral, le 1er
juillet, en Arles. Muy mal !
Et puis, Stéphane Fernandez Meca, qui remporte,
en toute justice le prix Claude Popelin 2000, après une temporada
exemplaire de courage et toreria, de totale gentillesse et d’aficion.
Mais, pour telle récompense, point ne fallait de grands effets de
manches. Le public, ici souverain, avait déjà fait son choix. Certes le
trophée est important, mais, (anecdote !), bien plus importante est
l’ovation spontanée du public bayonnais reconnaissant le torero, au
brindis d’un novillero, le
matin de sa superbe Victorinada 2000, à Lachepaillet. « Este si,
era un premio ! »
La vie continue, la tauromachie aussi. Dans la
rue, on « rape », comme on peut. Dans les ruedos, on va
guetter le moindre souffle d’émotion, pour réchauffer notre Aficion !
Pendant ce temps, les menuisiers vont continuer à manier l’égoïne.
Eux seuls savent à quoi elle sert vraiment. C’est la vie !
Au fait, quand les locations pour Dax et Bayonne
ouvrent t’elles donc ? Après le Tour de France, bien sûr !
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« IMPRESSIONS »
SUR LA TEMPORADA 2000 (suite II)
Au sixième et septième
rangs de l’escalafon de matadors, Manolo Caballero et Morante de la
Puebla. Deux toreros dont on attendait mieux, en cette temporada où les
jeunes « devaient enterrer » les plus anciens. Curieusement,
mais pour des raisons diverses, Manolo Caballero et le Morante ont eu une
temporada similaire, parce que se déroulant en deux périodes bien
distinctes, coupées par un événement « déstabilisateur ! ».
Bien sûr, on le niera. Bien sûr, on prouvera
par a+b que « cela n’a rien à voir » et que le torero a été
« muy bien ! ». Certes, les événements en question sont
de nature différente, et peuvent constituer une excuse (les toreros étant,
avant tout, des hommes), mais l’impression est que, pour ces deux
diestros, il y eut le « avant » et le « après ».
Voyons plutôt…
MANOLO CABALLERO - (72 corridas – 99
oreilles – 2 rabos) : L’albaceteno a débuté la temporada en
trombe. Arrivant triomphant du Mexique, Caballero est en plénitude. Il
triomphe aux Fallas, et par deux fois fait vibrer Séville, au début de
sa faena au cinquième Torrestrella et avec le corrida de Torrealta, où
il frôlera Porte du Prince. On se dit qu’on est parti pour une grosse
temporada, où il va tout casser, tout renverser sur son chemin. Madrid
doit confirmer cela, d’autant que tout est fait dans cette perspective.
C’est la plaza de son renouveau, il est apodéré par l’empresa, qui
l’a bien colloqué en quatre corridas (3 dans le Feria, plus la
Bienfaisance). Il a toutes les chances de sortir vainqueur de « sa »
feria. Et c’est là que se
produit « la cassure ». Il ne coupe aucune oreille en trois
courses, bon. Mais surtout, il voit passer plusieurs toros de triomphe, et
fracasse, en particulier avec un grand toro d’Alcurrucen « Ringollano »,
le 31 mai. On le voit professionnel, vibrant, mais « de mas a menos »,
essayant de cacher derrière la quantité, la qualité défaillante de sa
muleta. On avait eu déjà du mal à ne pas râler quand il se trouva face
à « Aviador », un toro vibrant de Adolfo Martin, mais le
torero avait quelques excuses. C’est « une impression » mais
le toro d’Alcurrucen lui a fait mal, car il n’a pas compris pourquoi
« il n’a pas triomphé »… La corrida de Victorino , dans
des conditions météo néfastes, ne lui a pas permis de sauver sa feria .
Restait la Bienfaisance. Elle fut catastrophique, on le sait. Seul le Juli,
à la dernière minute. Mais, il y eut aussi ce premier toro, de
Victoriano del Rio. Un toro qui permettait et venait fort. Une fois de
plus, Caballero « coinça », échangeant pour du silence, les
deux oreilles que lui offrait le bicho.
La cassure était consommée. La temporada de
Caballero changea, à partir de ce début Juin. Celui qui devait, partout,
montrer poder, facilité lidiadora, toreria, en un mot, celui qui devait
être un triomphateur total de la saison 2000 (n’oublions pas que bien
peu pariaient sur le Juli), parcourut la planète toros en « péguant
des passes », parfois
très bonnes, mais sans réellement « cuajar » un toro, de façon
indiscutable, dans une grande occasion. Il coupa beaucoup d’oreille,
certes, mais pour trois raisons : la quantité, le « métrage »
de ses faenas, les bravades et autres desplantes qui enveloppent bien la
marchandise (et séduit la gent féminine), et, surtout, l’efficacité
de son épée. Trasera et tendida, son estocade n’est pas très
orthodoxe, mais elle roule trois toros sur cinq. Alors, les oreilles
tombent. Certes, il y eut de très bonnes choses, en particulier en
septembre (Murcia, Albacete, Salamanca, entre autres) mais…cette régularité-là,
n’est pas la bonne, car en demi teinte, « tapandose »…
Reste le problème des toros choisis. Caballero
est « un musclé », un puissant, presque un laborieux. Le toro
commercial ne lui va pas, car il ne peut pas le soutenir artistiquement.
Il lui faut « poder al toro », le réduire, le vaincre. Là
est son domaine. Que se passera t’il en 2001 ? Rien… Fort de son
« bilan 2000 »,
toujours apodéré par les mêmes, Caballero va toréer les mêmes
ganaderias, couper les oreilles et gagner de l’argent. Mais nous… nous
serons passés à côté d’un grand torero, et nous l’aurons vu !
MORANTE DE LA PUEBLA -
(71 corridas – 38 oreilles – 1 rabo) : Il a été l’espoir de
beaucoup, et, à n’en pas douter, il le reste, après une temporada décevante.
2000 sera pour le Morante, la saison « chunga », où tout est
sorti à l’envers, malgré le jeu qu’il avait en main, au mois de
mars.
Sortant de quatre mois de convalescence, suite
à sa lésion vertébrale de septembre 99, il était un point
d’interrogation pour beaucoup : Allait il « être le même ? »
« Cette lésion n’allait elle pas lui empoisonner la vie, au
moment de « quebrar la cintura ? ». Autant de questions
qui trouvèrent rapide réponse, dès les premières sorties. Sur
« le tapis vert », le Morante avait signé une exclusive
millionnaire avec Diodoro Canorea, empresa de Sévilla et amoureux du
Toreo de Arte. Tout allait donc pour le mieux.
Hélas, le destin, en deux coups, deux seuls,
malmena l’entreprise et transforma ce qui devait être une voix royale,
en un dur chemin de croix. Don Diodoro s’endort pour toujours, le 28
janvier. Son fils prend la suite. On saura, un peu plus tard, qu’il
n’a pas le même « romantisme » que son illustre père (« pas
vrai, Don Eduardito ? »). Le torero et le nouvel homme
d’affaires ne s’entendent pas, et l’exclusive tombe, avec toutes
ses garanties. Peu importe, les cartels de Séville étaient déjà bouclés
et de son côté, le torero commençait la temporada avec une réussite
et une facilité insolentes. De bonnes choses à Valencia et Castellon,
malgré des sorts contraires, mais surtout des moments de grandeur torera
exceptionnels, le diestro voyant les choses et les toros, clairs, dès
les premiers capotazos. Ses premières sorties sont constellées de véroniques
« con duende », de naturelles « con empaque »,
d’estocades recibiendo, et même de poses de banderilles, y compris
« al quiebro ». Sommet de ce début , la faena
au toro « Ingenuo », de Jandilla, le 26 Mars, en plaza
d’Olivenza. Deux oreilles et un rabo. Le torero est totalement « embalado »,
et l’on attend Séville où la Feria est « faite pour lui » :
Trois corridas durant le cycle, plus le dimanche de Pâques. Don Diodoro
avait bien fait les choses.
En fait, c’est sur l’albero de la Maestranza
que va se produire la fameuse rupture, qui va précipiter Jose Antonio
Morante de la Puebla, de l’état de grâce au long et laborieux
parcours qui va suivre la date du 29 Avril.
Ce jour là, il va toucher le ciel, et connaître
l’enfer, en l’espace d’une heure. Toros de Victoriano del Rio, et
deux oreilles de son premier, « Jabaleno », après une faena
où le torero se livre, plus qu’il ne se libère. Une estocade
recibiendo, énorme, et le public de Sevilla font le reste :
Triomphe. A la sortie du sixième bis, « Barbiano », la Porte
du Prince est à demi ouverte. Morante attaque fort et débute sa faena
par la passe du cartucho de pescao. La maestranza vacille, Pepe Luis
sourit. Mais sur le retour du toro, le destin frappe. Pris de plein fouet
en une horrible voltige, le Morante reçoit une blessure très grave qui
frappe de stupeur le mundillo et les aficionados.
Adieu feria, adieu saison triomphale. Que mala suerte…
29Avril, le tournant. Morante « va
tarder à se remettre », retardant son retour. Attention, « tarder »
se rapporte seulement au contexte taurin, car le commun des mortels
mettrait huit mois à se remettre d’un tel choc, et ne voudrait sûrement
plus voir un toro …« ni en foto ! ».
Morante ne mettra pas un mois. L’oreille
coupée à Cordoue semble rassurer tout le monde. Mais Madrid le fera
tomber. Le public n’acceptera pas les bonnes choses faites au toro
« Ballester » et la rupture sera consommée. La corrida de
bienfaisance, où le Morante revêt un costume de velours noir et or,
magnifique, marquera l’enterrement du torero de la « Puebla del
Rio, à Las Ventas.
A partir de là, tout ne sera que demi-teinte et
soubresauts. Adieu duende, adieu quiebros.
Le torero que tout le monde attend et espère, va de feria en
feria, de plaza en plaza, à la recherche de la facilité perdue.
« Tempête sous un crâne »... Et bien entendu, c’est à ce
moment que les tirages au sort « se mettent en grève ».
C’est toujours comme cela. « Un toro lui a quitté le sitio, un
toro le lui rendra… » Oui
, mais quand ? Alors, on attend, on espère. On sursaute à la
moindre demi véronique « abandonnée ». Mais il manque
toujours quelque chose. Pourtant, à chaque fois, tant à la cape qu’à
la muleta, de bonnes choses disent que…patience !
L’oreille , à la télévisée de
Pamplona, fait un bien fou, à tous. Mont de Marsan nous le montre
« presque radieux », mais l’épée se refuse, vilainement.
Puis la grande faena de Vitoria - enfin ! - suivie d’une nocturne
de rêve, au Puerto Santa Maria. Superbe ! Oui, mais Malaga et
Almeria, où il prend une sale voltige, passent en blanc. Elles étaient
ses « bastions 99 ». Bilbao fait la moue. Le torero a de
bonnes choses, mais va toujours de mas a menos. C’est dans la tête que
cela se passe. En France, ça ne veut pas sourire, non plus, et Bayonne
le siffle.
Et puis Palencia. Allez savoir pourquoi,
chaque torero a sa plaza, celle où il se sent bien, où tout sourit. Le
Morante y est sensationnel en début septembre, et de nouveau, on soupire
d’aise. Hélas, vient la blessure d’Albacete, dont il tardera à se
remettre, beaucoup trop, aux dires de Don Eduardito Canorea, qui
ne lui pardonnera pas de le lâcher, la veille de la San Miguel,
en plaza de Séville. Scandale, repris dans le paresse madrilène par un
autre « fils à papa », qui se voit vite remis à la place
qui est sienne, c’est à dire six étages en dessous de « ce que
fut son père ». Morante terminera la saison en triomphant à Zafra,
mais la cause était entendue : 71 corridas, 142 toros
et 38 oreilles, sur les 284 possibles.
La saison est un échec. Cet échec a une
excuse, une date, une raison. Mais attention, la blessure de Séville
n’explique pas tout. Morante de la Puebla est il un torerazo, avec
« un moteur » pour 80 corridas ? Est il un torero
d’inspiration, ce qui implique un nombre raisonnable de courses, mais
surtout pas « un marathon artistique » ?
Morante de la Puebla est il un « torerito de detalles
bonitos », mais court de technique et de cœur ? Voilà toutes
les questions que se posent certains, et qui devront avoir réponse dès
les premiers feux de la saison 2001. En attendant, le torero de la Puebla
est en Amérique du Sud, et on attend sa confirmation d’alternative, un
peu plus haut, à Mexico. Il peut en revenir, radieux, et on efface
tout. Il peut en revenir « en demie teinte » et là, les
choses se compliqueront pour lui, même à Séville. Mais, ce n’est
qu’une impression…
A suivre, l’an prochain, avec beaucoup d’intérêt…et
beaucoup d’espoir.
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JESULIN
ROMPT AVEC LE PASSE…
9
novembre : « Il » va revenir, c’est sûr. Mais il veut
le faire « en figura », et rompre avec le passé. Adieu
« la tortilla », adieu la corridas pour « que des femmes ! ! »,
adieu braguitas ! On range la collection, et on s’y met sérieusement.
Et pour commencer, surprise ! On pensait revoir la même
équipe, même cuadrilla, même apoderado. Morilla lui-même, avait pris
des contacts et des dates pour la réapparition du « petit Jésus de
Ubrique ». Le torero en a décidé autrement, qui est en train de
consulter de « grosses pointures » de l’apoderamiento, et
voir qui serait susceptible de relancer le « Jesulin nouveau ».
Il y a du monde au balcon, et l’on sait que Pepe Luis Segura, Justo
Ojeda, Jose Luis Marca, Emilio Miranda sont sur les rangs. Mais il y a
aussi la casa Balana , avec l’inévitable Matilla, qui pourrait bien
« enlever » le morceau. Et quel morceau !.
Donc, attente et poussée de fièvre, chez
certains. Jesulin de Ubrique revient. Il souhaite le faire « au plus
haut », et aura donc un autre apoderado, à moins que tout cela soit
une grande saga du style « les feux de l’amour », et qu’à
la fin, on arrive à une conférence
de presse « zézaillante »
pour s’entendre dire: « Z’ai cherché, beaucoup consulté.
Z’ai réfléchi, beaucoup réfléchi, et ze suis arrivé à la
conclusion qu’il n’y avait, pour moi, meilleur apoderado que mon ami
Manolo Morilla » .
Vaya corte ! mais aussi « Vaya quite » ! !…
A suivre.
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MANUEL SAN ROMAN VEND TOUT.
9
novembre : On apprend, de Salamanque, que Manuel San Roman vient de
vendre sa ganaderia. Les nouveaux acquéreurs sont José Maria et Manolo
Munoz qui vont lidier sous le nom de « Vellosillo ».
Cepen,dant, cette nouvelle appellation montera au cartel que dans deux
ans, puisqu’il y a, au campo, encore dix corridas au nom de Don Manuel San Roman Valdes.
La ganaderia a une ancienneté datant de 1947.
Manuel San Roman la racheta à Francisco Escudero Muriel, en 1970,
supprima toutes « les racines », et relança le tout
avec « sementales y vacas » de Antonio Arribas, qui est du pur
Domecq. Un deuxième apport de la même souche, eut lieu en 1980 .
Manuel
San Roman a lidié deux toros, cette année, en plazas de première catégorie.
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LUIS ALVAREZ « ENTRE »
A LA MAESTRANZA…
10 novembre : Et pourquoi pas, un jour ?…
Oui mais voilà, il y a, aussi, « une autre » Maestranza…
Pour le moment, celui que tout le monde appelle « Don Luis »
va pouvoir développer ses idées et projets, à la tête de l’Empresa
de la plaza de Maracay, au Venezuela.
On sait le lien qu’a toujours eu Luis Alvarez
avec la tauromachie d’Amérique latine. Il n’est que de
rappeler la grande trajectoire professionnelle menée avec Cesar Rincon
et, plus en arrière, avec Morenito de Maracay, entre autres.
Luis Alvarez, un apoderado indépendant,
que la revue 6toros6 vient de primer comme « le meilleur apoderado
2000 », connaît son affaire sur le bout des doigts. Travailleur,
passionné, aficionado avant tout, excellent communicateur, Don Luis est
un des « personnages » de la tauromachie des années 2000.
Il sera intéressant de suivre sa
trajectoire à la tête de la société qui va gérer la « Maestranza
de Maracay », deuxième plaza du Venezuela, justement en compagnie
de « Nelo », le Morenito de Maracay, en espérant qu’il y
aura là , un tremplin pour, un jour, conquérir d’autres plazas, de par
le monde.
En attendant, il est probable que l’apoderado
pourra utiliser cette « piste d’envol », importante, pour
ses toreros : Leonardo Benitez,
l’explosif venezuelien, et Antonio Ferrera, qu’on ne présente
plus. Manque un troisième qui pourrait « rematar » un grand
cartel banderillero. L’expérience Coelho ayant avorté, don Luis va
continuer à chercher. Il doit déjà avoir « quelqu’as »
dans sa manche... Un torero vibrant, complet et, bien sûr banderillero
« tous terrains », du style… « el Fandi »,
par exemple… A suivre.
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LIMA : REGLEMENT ! REGLEMENT !…
« APARTADO » A ETE PUNTILLE…
10 Novembre : On se souvient de la polémique
soulevée, dimanche dernier, en plaza de Acho, à Lima, par l’indulto du
quatrième toro « Apartado » de Sancho Davila.
Forte division d’opinion dans le monde
aficionado et professionnel, le ganadero soutenant, bien sûr, la valeur
de son toro, qui alla a mas, sous la muleta de Davila Miura. L’éleveur,
lui-même, demanda la grâce en agitant son mouchoir, depuis la barrière.
Bref ! si, non ! si, non !, le toro est gracié, et
l’intention est de le ramener en Espagne, ce qui est logique..
Oui, mais voilà. Réglementation oblige,
gérée par un service du Ministère de l’Agriculture, le Senasa, il a
fallu respecter les normes en
vigueur : « le toro, qui n’a pas subi la quarantaine
obligatoire, sera incinéré, immédiatement après sa lidia et mise à
mort ».
Grâce à une dérogation spéciale, la
corrida de Sancho Davila était arrivée d’Espagne, le lundi précédent
la corrida, et donc, n’avait pas respecté la quarantaine, imposée à
tout ganado, arrivé d’ailleurs. Malheureusement, cette facilité a joué
un bien mauvais tour au ganadero, puisque…gracié, le dimanche, le toro
« Apartado » a été puntillé, dans les corrales, le lundi.
Vraiment… de grâce ! ! !
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« Y’A PAS D’HELICE , HELAS… »
11
novembre : Feu Bourvil et Gérard Oury nous pardonneront de leur
emprunter cette célèbre réplique de « la Grande Vadrouille ».
Mais avouez qu’elle tombe à pic. Là-bas, au large des Bermudes, le célèbre
porte avions, fleuron de la technologie française, porte drapeau
de notre Royale, a perdu un
bout d’hélice, et rentre… à la godille. Pauvre Charles De Gaulle…
« Vous m’avez compris ! ! » .
Plus
près, nous qui sommes habitués à « bouffer de la vache enragée »,
voilà que l’on ne peut plus manger un steack tranquille. Dans les
cantines, les cuisiniers sont habillés en chirurgiens, et réunissent une
« cellule de crise », pour voir « Qu’est-ce que
l’on va bien pouvoir leur donner à manger ? ». Sortez les éprouvettes
et les règles à calculer. Pendant ce temps, les anciens contemplent avec
nostalgie, les photos jaunies de leur époque, vous savez, celle des
batailles de petits pois et de yaourts, au temps des réfectoires. Cela
durait un moment, et tout à coup, sortait une bonne brave cuisinière,
style « Mère Denis », qui poussait un coup de gueule, et
repartait vers ses fourneaux en se grattant la tête, ou le bas du dos...
USA,
mère de toutes les libertés et de toutes les démocraties, déesse du
progrès et de la technologie.. Aïe ! Ils ont des satellites qui
sont capables de lire une plaque d’immatriculation sur la seule voiture
qui roule sur la Place Rouge, mais, ils sont incapables, trois jours après,
de dire qui a gagné la présidentielle, et vous font avaler, très sérieusement,
que le futur patron n’est pas forcément celui qui a rallié le plus
grands nombre de bulletins. Well ! !
Pendant ce temps, Nice prépare un nouveau
« Sommet Européen » et ressort
les anciens plans du « Mur de l’Atlantique » pour préparer
la protection de ses invités. Côté mer, on comptait sur la puissance de
feu du Charles De Gaulle, mais…il sera un peu en retard…, alors on
arme trois pédalos, à la hâte. Biarritz, de loin, compatit, et envoie
un message de solidarité aux
citoyens niçois. Patience, amis, on a connu ça !
Y’a pas à dire, et pour rester dans le
thème marin…« On est
mal barrés ! »
Dans le Mundillo Taurino, on connaît aussi
quelques vagues, parfois une sacrée houle. Mais le cap reste le même et
les devises flottent fièrement au mât: « Celui qui vaut le
coup…vaut le coup ! » et « Le plus de fric en un
minimum de temps »… A partir de là, les conflits ne durent guère,
tranchés à la hache. Des fois, ça gicle un peu, mais tout finit par des
abrazos, et on repart, habillé d’or et de lumières…
On ne croyait pas si bien dire, le 2
novembre, dans nos « impressions de la temporada 2000 » en
faisant le bilan de Miguel Abellan. Hier, a été annoncée sa rupture, en
toute amitié, bien sûr, avec la Casa Chopera… « Non, non, aucun
problème, mais, Gerardo Roa, qui l’accompagnait, va avoir d’autres
choses à faire, alors, vous comprenez… » Au fond, les « impressions »
n’étaient peut-être pas si mauvaises, et surtout… l’Histoire, les
archives de la Grande Maison, avaient déjà prévu ce nouveau chapître.
Triomphe à Madrid, puis une espèce de demie teinte, avec des coups de
blues et des coups de gueule, certains « trop appuyés »…
Stop !, mais, tu reviens quand tu veux… Miguel Abellan, très fier
et sûr de lui, dit « qu’ils sont en train de se battre »
pour prendre la suite. En est il vraiment sûr ?
Du côté de Queretaro, le Senor Martin
Arranz, apoderado du génial cavalier navarrais, Pablo Hermoso de Mendoza,
veut construire la feria et imposer sa loi, même pour ce qui est des
matadors « à pieds ». Ils veulent interdire Andy Cartagena.
Bon, c’est pas « élégant, élégant », mais c’est
presque de bonne guerre ! Mais, de là à
vouloir imposer Jorge Gutierrez et « barrer » deux
jeunes diestros mexicains qui commencent à faire du bruit, il y a une
limite. Pablo Hermoso de Mendoza, ne serait-il pas, par hasard, en train
de perdre « los estribos » ? Y a t’il en Navarre une
nouvelle culture du « Melon » ? On ne sait, mais, l’Empresa
Dorna va trancher dans le vif. Elle veut rester « maître chez elle »,
et le glorieux Navarrais risque d’aller bâtir ses caprices, ailleurs…
A suivre.
Pendant ce temps, Mexico n’arrête pas de
ruminer sur sa gestion du ganado et de la réglementation à monter et
surtout…respecter. La corrida de dimanche, où Eugenio De Mora confirme
son alternative (attention à celui là, là bas) a été changée, et on
apprend que le lot de la Cardenilla,
prévue pour la quatrième corrida de la saison ne pourra être
lidié, suite à plusieurs décrets, mais aussi, à la suite des accords
de 96 : Réciprocité entre Mexique et Espagne/Portugal. Pas de toros
mexicains en Europe, pas de Cardenilla à Mejico ! Claro.
Du côté de Lima, on prépare la troisième
de Feria : Un cartelazo ! Capea est arrivé avec un corridon
sous le bras. A l’affiche : Finito de Cordoba et Caballero « qui
entrent dans la Feria », et Morante, qui répète, espérons-le,
dans un meilleur climat que dimanche dernier. Lourds, les Murube, de la
« Famille Capea » : 586, 616, 545, 597, 595 et 555 Kgs.
Ca fait beaucoup, pour « là-haut ». A suivre, avec un gros
intérêt. La feria démarre lentement, et il y a mauvaise humeur, parce
qu’aucun torero « de la terre » n’est engagé. Aussi, les
figures vont devoir s’accrocher, à un moment ou un autre. Pourquoi pas
ce dimanche, avec les toros de celui qui a déjà remporté « deux
scapulaires d’or », mais comme matador de toros ? Après le
scandale de dimanche dernier, avec l’indulto « indu » de ce
pauvre « Apartado », (qui le fut, définitivement, 24 heures
plus tard), Lima doit retrouver ses bases et son image. Pour le moment, et
pour rester à flots, disons que…ça rame !
Chez
nous…Bien, merci ! Ce soir, une vague de pirates noirs va déferler
sur Saint-Denis. Quinze, exactement ! Il crient fort, d’un air méchant,
et ils sont aussi lourds « que ceux de Capea »…. Aïe ! !
« Habra que lidiarlos, castigarlos,
doblarse por bajo con ellos… Pero aun asi… Qu’est-ce qu’on
va prendre ! ».
A demain.
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« LE PUNTILLAZO »… A TOUTES LES ILLUSIONS
12 novembre : « Qu’est ce
qu’ils nous ont mis ! ». Les hommes
en noir ont crié
fort, d’un air méchant, et ont déferlé telle une vague de l’Erika
sur la mer bleue. Certes, les marins ont écopé, mais la vague,
insidieuse est quand même passée. Les All Blacks ont battu le quinze
Français, noyant nos illusions. Rien à dire !
A Toulouse, les Verts « s’engueulent »
allègrement, avec des arguments qui frisent parfois la vulgarité et le
scatologique… La presse télévisée, bien sûr,
ne manque pas de répercuter tout cela, à l’heure du
repas…merci bien ! Mais, à coup sûr, la photo finale montrera la
réconciliation et le sourire béât de tous ces « grands
intellectuels » qui, du coin de l’œil, continueront pourtant à
travailler le « Pousse toi de là, que je m’y mette »…
Pitoyable !
Un grand homme est mort. Il avait été un
héros, quand il le fallait. Fidèle à ses idées et à ses amis, il
faisait l’unanimité, dans les rues de Bordeaux. Lui qui avait grimpé,
quatre à quatre, les marches de l’Histoire, est parti
doucement, discrètement, mais forçant l’hommage de tous… y
compris de ceux qui lui avaient donné « la puntilla », en 74.
Au revoir, Monsieur Chaban.
En parlant de « Puntilla », on
est mal.. La crise de la vache folle
fait peur à tous. Aussi, les responsables européens se penchent
ils sur ce problème en multipliant les décrets et
réglementations destinés à prévenir, mais peut-être pas guérir…La
dernière « normativa » touche la tauromachie et va poser un
sacré problème au déroulement de la corrida. On va vers
l’interdiction de la puntilla et du descabello , à partir du 1er
Janvier 2001… But de la manœuvre : éviter tout contact avec
cervelle, rachis cervical, moelle épinière du toro. Certes, tout à fait
dans la logique de ce qui est
appliqué, à tout niveau, pour éviter contact avec la « maldita
ESB »…Cela va poser un certain nombre de problèmes et, en
Espagne, on s’y penche déjà sérieusement, tant du côté Autorités que
de celui des professionnels du Toreo. On parle déjà de puntillas
« jetables », que l’on n’utilise qu’une fois. Mais on a
un problème avec le descabello… Par
ailleurs, que va t’il se passer, si un puyazo ou un pinchazo touchent la
moelle épinière du toro ? Estocada « descordando », qué ?
On n’a pas fini ! En fait, tout ce remue méninges, probablement
justifié, risque bien de porter « le puntillazo »... à nos
illusions d’Aficionados. De quoi devenir enragé !
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« DIMANCHE AMERICAIN »: DE MORA VA
CONFIRMER…
12 novembre : L’actualité du jour
va se concentrer sur deux plazas : Mexico, et Lima, au Pérou, où le
Capea va lidier ses Murube. A n’en pas douter, la présentation sera au
rendez-vous, et le ganadero vient pour remporter le trophée de la feria .
On le lui souhaite, mais on sait déjà qu’il n’y aura pas d’indulto
possible, les toros étant arrivés trop tard pour respecter la
quarantaine obligatoire. Coté toreros, le Morante se doit de marquer son
passage, en plaza de Acho. Une des étapes primordiales, pour préparer la
saison prochaine en Espagne. Finito et Caballero seront dans un autre
registre, mais ils ne laisseront pas passer l’occasion, à coup sûr.
Corrida importante et lleno probable, malgré la cherté des entrées.
A
Mexico, on ramasse les morceaux, on rafistole un règlement, on recolle
des morceaux
de fonctionnement…C’est dans cette ambiance et, probablement,
devant une pauvre entrée, que Eugenio de Mora va
confirmer, ce jour, son alternative, à la monumental de Mejico.
Grand jour, pour tout matador… Le toros de Javier Garfias
remplaceront le lot prévu de San Mateo. Au cartel, un matador un
peu « enveloppé », mais parfois talentueux, Manolo Mejias, et
un jeune qu’il faut suivre, Ignacio Garibay. Ils seront parrain et témoin
de Eugenio de Mora qui pourrait bien surprendre les mexicains, et poser un
problème à quelques empresas espagnoles en 2001… De Mora manque un peu
de personnalité, certes, mais, il a en lui le secret du temple et du
toreo lento, con empaque…Si le toro « dure », on peut
arriver à des sommets. On l’a vu à Madrid. On l’a surtout vu, cette
année à Séville, où il se présenta avec succès, frôlant « la
Porte » et posant un problème à l’empresa qui ne voulut pas le répéter,
fort injustement, sur l’un des remplacements durant les farolillos.
Imaginez qu’il confirme sa prestation face aux
Manolo Gonzalez… Sa temporada aurait été toute autre. Mexico
est une nouvelle opportunité, et le toro mexicain, qui, en principe dure
plus longtemps et va a mas, pourrait bien l’aider à entrer fort dans
« le nouveau monde », avec répercution probable…sur le
vieux continent.
A suivre
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MORANTE ET EUGENIO DE MORA « N’ONT PAS FAIT
SEMBLANT »….
13 Novembre :
Là-bas, aux USA, on fait semblant d’être serein, mais on a de
plus en plus de mal à cacher un des plus grands scandales du siècle. Même
en Corse, les élections sont plus claires. A Toulouse, « les Verts »
ont fait semblant d’être d’accord, mais c’est pas demain qu’on va
s’embrasser sur la bouche. Pouah ! ! Avec tout ce qui traîne,
restons écologique. Au
ministère des armées, on fait semblant de ne pas dramatiser la « croisière »
du Charles de Gaulle. Plouf ! En terre d’ovalie, on est presque
vainqueur moral des blacks. Allons donc ! Les belles paroles ne
suffisent pas, et dans peu de temps, on ne fera plus semblant…
Côté taurin, c’est beaucoup plus clair.
C’est devant le toro que ça se passe, et c’est lui qui met les choses
à leur place. Hier, deux toreros ont triomphé « de verdad »,
dans de lointains ruedos américains.
Morante de la Puebla a entamé « la reconquista » au Pérou,
et Eugenio de Mora, quoique blessé à la main, est entré « du bon
pied » au Mexique. Super !
Pablo Hermosos de Mendoza est plus beau « à cheval »,
que dans les despachos, et c’est ainsi que cela doit être.
De leur côté, des matadors préparent leur retour. Certains font
semblant d’y croire. A n’en pas douter, il y aura des hauts et de bas,
mais au moins, les choses seront claires .
12
Novembre - Mexico – Plaza Monumental – 19000 spectateurs (sur
42000) : Très brillante confirmation d’alternative d’Eugenio
de Mora qui coupe la première oreille de la temporada et donne une vuelta
acclamée à son second adversaire. On disait, hier, que son toreo pouvait
séduire l’Aficion aztèquze. C’est exactement ce qui s’est produit.
Vêtu d’ivoire et or, Eugenio de Mora a confirmé son alternative devant
le toro « Tinterillo » - 515 kgs, de Javier Garfias.
Excellentes chicuelinas à la réception et faena templada, composée de longs
muletazos cadencés et profonds. Bonne estocade et oreille forte. Il fut
encore meilleur face au cinquième, levant le public à plusieurs
reprises. Enorme au capote, il toréa à la perfection mais tua mal.
Grosse vuelta al ruedo, le torero partant à l’infirmerie où il fut
soigné d’une cornada à la main droite nécessitant 14 points de
suture. Manolo Mejia, le parrain, fut contesté toute l’après midi et
Ignacio Garibay ne put que se montrer vaillant. Les toros de Javier
Garfias, furent bien présentés et, à part le 3ème, donnèrent
bon jeu, au point que les 2 et 5ème furent salués « d’un
arrastre lent ». Grande présentation de Eugenio de Mora qui
reviendra en janvier.
12
Novembre – Guadalajara ( Mexique) – Plaza du Nuevo Progreso –
Lleno : Gros triomphe de Pablo Hermosos de Mendoza, qui remplit la
plaza et arma un taco, face à ses deux toros de Montecristo. Echec à la
mort, à son premier, mais rejonazo terrible au second, après une faena
que le public a vécue, debout. Deux oreilles et gros week end du
navarrais, qui avait déjà triomphé la veille à Pachuca - En lidia
normale, Oscar San Roman torea très bien, mais tua mal. Oreille de son
second - El Cuate joua la carte du courage. Grosse voltige au sixième où
il se joua la vie. Grande ovation pour être ressorti de l’infirmerie,
le temps d’un gros coup d’épée.
12
Novembre – Lima (Pérou) -
Troisième corrida de feria - Un
peu plus de 9000 personnes (sur 13700) : Jose Antonio Morante de la
Puebla est sorti a hombros de la plaza de Acho, après un faenon au
sixième toro, estoqué recibiendo. Le sévillan n’avait rien pu faire
face au troisième de la tarde. Par contre, le toro « Culebro »
- 610 kgs - de
Carmen Lorenzo, transmit
beaucoup au gradin et alla a mas. Très importante faena du Morante qui
put totalement s’exprimer, et tira de magnifiques naturelles. Empaque,
toreria et grosse estocade « au recibir ». Deux oreilles sans
contestation. C’est bon pour le moral – On donna la vuelta au toro,
qui fut le seul des Murube de Capea à montrer de la résistance. La
corrida fut bien présentée, en général noble, mais faible. Le cinquième
fut remplacé par un toro de Roberto Puga – Finito de Cordoba n’eut
pas de chance au sorteo, écoutant le silence – Manolo Caballero se
montra sérieux, recueillant deux ovations.
12
novembre - Valencia
(Venezuela)
- ¼ de plaza : Gros succès de Victor Puerto qui ne coupe
qu’une oreille, mais écoute la pétition « pour trois »,
après ses deux faenas face à des toros de Cruz del Hierro, de bon jeu.
Présidence dure avec le diestro espagnol, mais gros succès populaire.
Cerajilla, le vénézuelien et Davila Miura n’ont rien dit.
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ORTEGA CANO REVIENT…
13 Novembre : On entendait quelques
bruits. Deux festivals brillants, une vie « à l’ombre de sa moitié »,
les péripéties feuilletonesques de sa belle fille… Pobre Jose. Tout ça ne pouvait aboutir qu’à une décision,
et une seule. Ortega Cano va reprendre l’épée et sera mené par l’Empresa
de Séville. Mais oui, vous savez bien … Eduardito, celui qui…. Bueno !
Celui ci venait négocier une novillada pour Séville, et repartit avec un
contrat d’apoderamiento, histoire d’avoir une tête de cartel pour la
prochaine feria de Abril, maintenant que Curro s’est mis en retraite.
Ortega Cano veut toréer une quarantaine de corridas, dans les grandes
ferias. A ver lo que pasa… - De son côté, Ruiz Miguel semble parti
pour prendre toute la camada de Victorino Martin, soit une douzaine de
corridas, dont la plupart seraient télévisées. Dur challenge !
De son côté, Jesulin réflêchit et fait
de sages déclarations : « A 27 ans, je pense avoir des choses
à dire dans le ruedo - Je ne
reviens pas pour l’argent, quoique cela motive – Je ne veux pas toréer
plus de 40/50 corridas. Je voudrais entrer dans les grandes ferias, avec
deux corridas chaque fois – Et puis, reste le problème de Madrid. En 18
tardes, je n’ai pu que donner un tour de piste. Je veux convaincre Las
Ventas ». Hombre ! preguntaselo a Emilio Munoz ! Madrid
est dure lorsque le torero arrive « autrement vêtu » que de
torero. Mais si elle « se rend », alors, elle vous emmène au
ciel…
Pendant
ce temps, Miguel Abellan laisse entendre que plusieurs apoderados sont sur
les rangs, pour diriger sa prochaine temporada. On murmure, « et on
ne fait pas semblant », que Jose Luis Marca tiendrait la corde.
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« LE
GRAND AMOUR… »
14 novembre : Aïïïeeee !
Faut voir comme ils s’aiment... En politique, on les voit. Ils se
sourient, ils s’embrassent, font semblant de s’écouter. « Chut !
Sois sage, on nous regarde… ». Touchant !
Mais, quand ils sortent, ils sont « tout verts ». Dans
le sport, « tres cuartos de lo mismo ! »… Tiens !
au fait, on ne parle plus de Mari Jo ! Pourtant, qu’est-ce qu’on
l’aimait !
Dans les toros, "ça flashe dur", aussi, le temps
d’une valse, le temps « d’un tour de temporada ». Le
dernier coup de foudre réunit Miguel Abellan, récemment divorcé des
Choperas, et Jose Luis Marca, qui rongeait sa solitude, depuis un moment,
après quelque fiancaille avortée. L’ex apoderado de Paco Ojeda, Finito,
Cordobes, Morante, entre autres, vient d’avouer sa flamme pour le madrilène,
et donc, ils s’uniront pour le pire et le meilleur, en 2001.
Non, sérieusement, Marca a déclaré qu’il
connaissait et appréciait Abellan, depuis un bon moment, et qu’ils s’étaient
rapidement mis d’accord. Il est même probable que le torero avait déjà
son nouvel apoderado, avant de rompre avec les précédents. On n’a même
pas eu le temps d’essuyer une larme ! Pas de contrat entre les deux
hommes ! tout est clair, et pour longtemps… « Trente ans et
un jour », dit le torero …On parie ? Mais, pour le moment,
tout le monde est heureux, alors, félicitations au nouveau couple…
Quand à Jesulin, qu’est ce qu’ils
l’aiment… Ils sont tous là, les prétendants. Même les Rois Mages
(qui sont en train de préparer leur temporada) n’ont pas autant de présents
à offrir. Jesulin les reçoit, les écoute, soupèse les offres. A n’en
pas douter, le résultat final sera digne des « Feux de l’Amour »…
C’est pour cette semaine, dit on, et l’heureux élu serait Teodoro
Matilla. Felicidades !
Deux qui ne s’aiment pas, « qui se le
disent et se le prouvent », ce sont Pablo Hermoso de Mendoza et Andy
Cartagena. Bien sûr, ils ont presque les mêmes appâts : Le beau,
le génial, l’émouvant, le passionnant… Alors, cela ne pouvait faire
que des étincelles. Et ça part de tous les côtés, là-bas, au Mexique.
L’un triomphe, l’autre réplique. Le premier veut fermer les portes,
l’autre ouvre toutes les fenêtres. Ca promet, pour la temporada 2001
dans le Rejoneo… A moins que… Les deux ennemis se sentent soudain une
tendresse aussi folle que soudaine, dès le pied posé sur le sol
maternel, et ne veuillent plus se séparer, toréant en pareja, créant la
passion, remplissant les plazas, engrangeant « lo suyo »,
raflant toutes les mises, et laissant les autres… « cocus » !
Cosas del Amor !
Plus
raisonnable, mais plus passionnel encore, l’amour du public. Il est
vrai, même s’il ne dure pas forcément longtemps. Le public se donne à
celui « qui donne tout »… Les derniers « élus »
sont Eugenio de Mora, qui a vraiment conquis les mexicains, et Morante de
la Puebla, qui a enchanté les péruviens. Voilà qui fait plaisir à
voir. Mais, pour une fois, on souhaite quelques infidélités… Le
Morante risque bien, si la réussite s’y met, de conquérir d’autres cœurs,
du côté de Colombie, d’Equateur, du Mexique… Et, pour une fois,
personne ne s’en scandalisera. Veinard, va !
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« IMPRESSIONS »
SUR LA TEMPORADA 2000 (Suite
III)
Il y a toujours eu, dans
l’Escalafon, les figuras,
qui, soient parce qu’elles ont une personnalité, un talent et
une régularité, tels qu’elles peuvent « fonctionner »
tout au long de la saison, soit parce qu’elles sont portées par une
« grande Maison » qui, quel que soit leur rendement, leur
assurera un grand nombre de courses. C’est bien le diable si, sur ce
parcours, elles ne justifient pas ce statut privilégié, sauvant ainsi le
saison , et se replaçant dans les mêmes perspectives pour la prochaines
saison. Puis, il y a les toreros « normaux », propres mais
« sans génie », qui sont un jour arrivés très haut, allez
savoir comment, et qui ont eu les portes grandes ouvertes. Seulement voilà,
le courage, l’intelligence lidiadora sont une chose, le talent, la
personnalité et la toreria en sont une autre. Aussi, ces bons toreros, à
qui il manque cependant quelque chose, rejoindront ils rapidement le
« entre deux eaux », après quelque coup de génie passager,
qui leur aura valu un rang, qui n’était pas forcément le leur. Sans
leur faire injure, et avec un énorme respect, on peut ranger El Tato et
Davila Miura, respectivement huitième et neuvième du classement 2000,
dans cette catégorie.
RAUL GRACIA « EL TATO » –
(68 corridas – 61 oreilles) : Curieusement, « El Tato »,
torero puissant, « musculeux », à l’esthétique un peu
« rurale », a été, durant deux ans, porté aux nues par Séville,
reine du toreo en dentelle. La porte du Prince s’est ouverte pour lui,
et l’aficion, grâce à « Dame Télévision », a pu vivre de
grandes choses, face aux Victorino, sur l’albero de la Maestranza.
Transfiguré, le Tato, triompha pleinement, et avec la manière. Du coup,
la cote s’envola, et l’on attendit partout, ce « Tato-là »,
alliant puissance et « presqu’élégance »…
Un sale virus lui fit perdre le fil du triomphe,
il y a deux ans, et depuis, le torero est revenu au rang qui est le sien.
Cette année 2000 peut encore faire illusion, au vu du classement, mais,
elle est la probable porte d’entrée vers la cave, même si c’est
celle où l’on garde le bon vin. 68 corridas, dont 61% dans des arènes
de troisième catégorie, 61 oreilles coupées en 137 toros, (soient 61
oreilles sur 274 possibles), disent le manque de réussite de
l’aragonais.
Pourtant, il débuta bien, à Castellon, mais après,
passa sans rien dire à Séville, sa plaza, et Madrid, par trois fois,
laissant échapper un bon lot
de Guardiola, à la San Isidro. La temporada coula doucement, avec plus de
gris que de bleu ciel, et ce n’est pas « sa » Zaragoza qui
sauva le tout, malgré une bonne prestation, devant les Cebada. A n’en
pas douter, c’est en France, à Mont de Marsan, que l’aragonais montra
sa meilleure facette, lors de l’inoubliable corrida de Victorino Martin.
Ce jour-là, il fut un grand torero, lidiador serein et courageux,
muletero puissant et formidable estoqueador. A n’en pas douter, une
telle actuacion, dans une feria de première importance, pouvait
totalement relancer sa carrière. Ce grand souvenir laisse donc un espoir,
celui de voir el Tato, convaincre à nouveau Séville ou Madrid. S’il y
passe « à vide », en début 2001, il en sera malheureusement
fini des premiers rangs. Telle est la loi du marché. Il est sans pitié,
et les hommes d’affaires ne font qu’exploiter les goûts du public…
EDUARDO DAVILA MIURA – (66 corridas –
55 oreilles) : Il porte un nom et un prénom qui sonnent fort.
Jusque-là, on pensait que le statut dont il jouissait, leur était dû.
Torero de qualité, certes, baissant beaucoup la main, bon tueur, mais
« uno mas »… Cependant, le « uno mas » entrait
dans les grandes ferias, et arrivait à se justifier, par-çi, par-là…On
souriait, l’air entendu…Hombre, cosas de despacho ! Puis arriva
la 1er mai 2000.
Ce jour-là, la plaza de Séville sursaute devant
l’horrible voltige d’Emilio Munoz. Tous, sur les gradins et devant
leur télé, retiennent leur souffle. On craint l’éventration. Moins
grave, heureusement. Ouf ! !
Alors, dans une ambiance « soleil et pluie », la
corrida de Nunez del Cuvillo va nous donner de quoi passer les tertulias
d’hiver, et la rencontre de Davila Miura avec le sixième «
Cubierto », de quoi remplir les journaux spécialisés. Grosse faena
à un toro très encasté. Magnifique le torero, au beau milieu de la
Maestranza,. Moment rare, estampe taurine. Ce jour-là, Davila Miura,
transfiguré, toucha le ciel. Il avait déjà « été bien »
à Castellon, rectifiant vite la grisaille de Valencia. Séville, « Cubierto »
et la Télé, lui avaient ouvert en grand les portes du succès définitif.
Oui mais voilà : « On est ce qu’on
est » et le diestro reprit sa route, en gris souris, en demi teinte,
en bon laborieux. Le sourire de Séville avait été un éclair dans un
ciel de traîne. 66 corridas, sur la lancée ; 57% en plazas de
troisième catégorie ; 55 oreilles en 135 toros, (soient 55 sur 270
possibles). Pas beaucoup. Certes, le nord, en particulier, salua son honnêteté
(Pamplona, Vitoria, Bilbao). Certes, il eut de bonnes choses à la San
Miguel, à Séville. Mais, cela semble un peu court, aux yeux des
aficionados, et le diestro restera un complément de cartel dont on
n’attend que peu de chose, à moins que, tout à coup,
ne revienne « le sourire du 1er mai 2000 ».
On le lui souhaite…et surtout, on « nous » le souhaite !
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HEUREUX…JESULIN
PREND SON TEMPS.
15 novembre : Ca fait plaisir à voir, un père qui tient son enfant
dans ses bras. Qu’il soit pauvre comme Job, ou riche à millions, un père
a probablement toujours ce sourire-là, lorsqu’il a, contre lui, son bébé…
Alors, imaginez si une caméra, un appareil photo, un micro, passent par là…à
ce moment-là ! Cela ne fait rien. Jesulin de Ubrique, qui a su
lidier, avec succès, des centaines et des centaines de novillos et toros,
« no pudo con el bicho aquel », et ne doit qu’à une
cuadrilla d’avocats, sûrement plus payés qu’au tarif syndical, la
joie de pouvoir enfin profiter de bons moments, en plein air, à côté de
son enfant. Super, pour les deux !
Cependant, les affaires sont les affaires, et le
matador prépare son retour. On espère seulement que ce « come back »,
n’est pas seulement lié à la « milionada » soutirée par
son ex, mais bien par les mots « Aficion » et « soy
torero ! ». Pour le moment, le diestro consulte tout le monde.
A voir qui lui présente le meilleur projet. A n’en pas douter, les
chiffres doivent valser, et avec beaucoup de zéros… On pense que
Matilla tient la corde, mais les Choperitas ont eu rendez-vous, depuis.
Justo Ojeda fera t’il le poids ? Hombre !
A suivre… Matilla tient la corde, mais, si cela
se trouve, il ne lui restera qu’un bout de ficelle…
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« LA BONNE OCCASION DE SE TAIRE »…
15 novembre : Décidément, et comme
par plaisir, Victor Puerto a le don pour casser, d’un coup, les
magnifiques châteaux de cartes qu’il construit avec cape et muleta. On
se rappelle de son coup de tête, en pleine San Isidro 98, du style :
« Vous n’avez rien compris à ce que j’ai fait devant mon
premier, alors, je me cale la montera sur la tête, et je démolis le
second en trois muletazos. Allez vous faire voir… »
Ca lui
a coûté deux ans de purgatoire, mais il est revenu, et tout le monde
l’en félicite. Du coup, grande projection pour 2001 et, bien sûr,
tournée en Amérique du Sud. Tout doit se passer « comme sur des
roulettes » et, effectivement, cela commence bien. Victor Puerto va
confirmer son alternative dimanche, en la plaza Mexico, devant un corrida
de « Los Martinez », qui viennent de passer sans problèmes
l’examen vétérinaire. Tout est donc « OK »
Oui mais voilà : Cela risque de
chauffer dur pour le torero, suite à un incident survenu , il y a quelque
jours, à Valencia, au Venezuela, répercuté par le quotidien « Notitarde ».
Incident qui risque de faire des vagues, car repris par la presse
mexicaine, juste avant le premier paseo de Puerto a la Monumental
Classique : Quelques jours avant la corrida, un « représentant »
du torero arrive à la plaza et découvre la corrida à toréer.
Impressionné par la présence du lot, il « aurait », immédiatement,
contacté le père du torero, et « aurait »
éxigé que l’on afeite les toros en arguant, que « c’était là
une corrida pour Madrid, et dans ce cas, il fallait payer le double, ou
alors… ». Sinon, le diestro ne venait pas.
Les choses s’envenimant, il y eut
quelques échanges verbaux ,
au cours desquels, organisateurs et aficion du Venezuela se firent traiter
« d’indiens », et ça…ils n’ont pas aimé. Victor Puerto
arrive donc a Mexico, dans une ambiance qui sent le souffre. Il a
exactement 48 heures pour rectifier le tir… d’abord dans la presse,
puis, dans la plaza. Il doit faire vite, car on risque de lui faire la vie
impossible, dès le paseo. Tout cela parce que quelqu’un, le représentant,
a perdu une bonne occasion de se taire…
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DAVILA MIURA ET DIEGO ROBLES : LA RUPTURE
15 novembre : « Lorsque les
choses ne vont pas, mieux vaut couper là ». Déclarations de Diego
Robles, hier, officialisant ainsi la rupture « amistosa »,
bien sûr, d’avec Eduardo Davila Miura.
Classique : Le matador reproche à
l’apoderado de n’avoir pas assez valorisé et monnayé son triomphe de
Séville. L’apoderado, reprochera au torero, en sourdine, de n’avoir
pas été à la hauteur, dans les corridas qu’il lui a signées, au
cours de la saison. Et si l’on regarde le classement et les quelques
« impressions » relevées hier dans cette même page, on peut
se dire que… « quelque chose n’a pas fonctionné »,
et, à priori, ce fut le torero. Certes, on peut aussi penser que, déçu
de la maigre amélioration de son statut, suite à l’apothéose sévillane,
le diestro, espérant toréer « meilleur ganado » et « plus
cher payé », en a conçu quelque ressentiment et n’a pas donné
le meilleur de lui-même… Probablement faux.
Diego Robles, on le sait, est un mentor
exigeant, tant sur le plan physique qu’artistique. On connaît sa façon
de préparer les toreros, là-bas, sur la plage de Sanlucar. On sait sa
conception du Toreo, et certains n’ont pas à s’en plaindre. On se
souvient du grand duo Tato-Liria, au cours de la feria de Séville 1996,
qui doit être considéré, un peu, comme « le » triomphe
d’un apoderado…
Si le torero se justifie dans la plaza,
l’apoderado peut se battre, peut exiger. Sinon…
Les regards en coin et les reproches
arrivent alors… Le divorce est consommé, par consentement mutuel
et « en toute amitié », bien entendu.
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TOROS ET SOLIDARITE… GROS CHALLENGE, LE 30 NOVEMBRE,
A MEXICO
15 novembre : Les toreros sont généreux.
Bien sûr, il ne faut pas trop gratter sur les frais souvent présentés,
après un festival « bénéfique »… Mais, outre cela, ils
savent utiliser ces événements pour « asseoir » des stratégies
et travailler leur image. Ca fait souvent mouche, et, au fond, c’est très
bien ainsi. « Les autres n’ont qu’à faire pareil… »
Le 30 Novembre aura lieu dans la Monumental
de Mejico, un festival monstre, au bénéfice du « Téléton »,
mexicain. Au cartel trois diestros mexicains, et non des moindres :
Eloy Cavazos, Curro Rivera et Guillermo Capetillo… et trois espagnols :
Jose Ortega Cano, « El Juli » et, à cheval, Andy Cartagena.
A n’en pas douter, une grande occasion
pour les trois vedettes de vouloir « régler quelques affaires » :
Une apothéose devant la Mejico pleine, peut bien lancer Ortega Cano, à
la veille de son retour. Andy
Cartagena peut trouver là une grande occasion de remplacer, dans le cœur
des mexicains, un navarrais du nom de Pablo Hermoso de Mendoza, « qui
n’arrête pas de l’embêter… ».
Quand au Juli, c’est pour lui, une
occasion de « reconquérir » un public qui l’a porté au
plus haut, mais qui lui a fait quelques misères, l’an passé. Mais là,
le problème est infime, et le diestro, à n’en pas douter, n’aura guère
besoin d’artifices, pour démontrer qu’il est « au top »,
au cours de la courte temporada programmée au Mexique : 14 Janvier :
Mejico – 21 : Guadalajara – 27 : Querétaro – 3 février :
San Luis Potosi – 4 : Guadalajara et 13 février : Morella.
Festival du Teleton, le 30 Novembre, en la
plaza Mejico…Le principal : « que se llene », que les
toros chargent, que chacun s’amuse et que le résultat financier soit « géant » !
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A QUI VONT-ILS FAIRE CROIRE CELA ?
16 Novembre : « Il
n’est plus mon ami »… Au moins, c’est clair. Le
« culebron » de l’hiver, à Paris, promet d’être « musclé »…
Et au RPR, et chez les Verts, et à l’OM…
Mais pourquoi donc faut-il que les toreros
et leurs apoderados se
quittent toujours « en toute amitié » ? S’ils se séparent,
c’est que chacun à quelque chose à reprocher à l’autre. « Pas
assez de contrats », dit le torero qui sue sang et eau, à la limite
de la cassure de son talent et de son courage. « Pas assez payé !
avec tous les efforts que je fais »… et puis « Où a t’il
été chercher ces toros-là ? Et le veedor, qu’est ce qu’il
maquille ? Non mais tu as vu les cornes ?
Astifinisimas ! » …
De l’autre côté du burladero, mâchonnant
son cigare ou son chewing gum (cela dépend des générations), l’apoderado
fait semblant d’être calme « Mais laisse donc cette jambe, avance
la muleta, tu n’y arrives donc plus ? Que veux tu que je négocie ?
Je t’ai fait Madrid, trois fois, Séville, à un bonne date. J’ai pu
te faire entrer en France… pero « ni fu, ni fa ». Et
maintenant, que fait on ? Moi, je n’ai pas que ça à faire..
j’ai découvert un petit jeune « qui est une bombe », qui
avance loin la muleta et qui charge la suerte, et avec l’épée, je ne
te dis pas… Tiens, un peu comme toi, il y a deux ans »…
Alors arrivent les regards en coin, les
repas en silence, au fond de la salle de restaurant. L’apoderado,
« qui était toujours là », passe de plus en plus de temps
dans sa chambre, pendant que le torero s’enivre des derniers abrazos,
dans le hall de l’hôtel. Le ressort est cassé. La fatigue
s’installe. La peur, aussi, peut être. Peur du prochain toro, peur du
lendemain…Et puis un jour, il y a réunion. On prend son courage à deux
mains, comme dans les vieux couples, et on décide d’arrêter là. Des
fois, il y a des cris, mais en général, pas forcément sûr qu’on a
fait le maximum, on se sépare « por las buenas », et le
communiqué de presse fera part de la rupture « en toute amitié ».
Peut-être faut il reposer la question, quelques mois plus tard…
Avant hier, Miguel Abellan ! Hier,
Eduardo Davila Miura ! Aujourd’hui,
c’est Jose Antonio Canales Rivera, qui rompt « en toute amitié »
avec Javier Martinez Chopera. La saison n’a pas été bonne. A qui la
faute ? Non, non ! Posez leur la question dans trois mois, quand
le torero aura trouvé un nouveau mentor, et l’apoderado, une nouvelle
« bombe ».
Pour le moment…« Il est toujours mon ami ! »…
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« DE CI …PAR LA… »
18 Novembre : la Terre ne cesse de tourner.
Chaque jour un peu plus, les USA et
leur pseudo démocratie sombre dans le ridicule, comptant et recomptant
les « boletos de leur triste Sorteo » … Un Président
« à pile ou face »… En France, on range peu à peu les
fleurets mouchetés, et l’on prépare l’artillerie lourde. Dans
quelques temps, les accrochages, au plus haut niveau, feront couler
beaucoup d’encre, et l’expression reine, d’exaspération ou
d’admiration, sera : « la Vache ! » .
La planète
« Toros », elle aussi, poursuit sa route, faite de petites
choses qui font sourire ou dresser le sourcil. Déjà, toreros et empresas
fourbissent leurs armes pour la prochaine temporada et, de temps en temps,
tombe une nouvelle qui étonne ou indigne, rendant à cette douce torpeur
hivernale, tout le sérieux de ce monde à part, où
qu’on le veuille ou non, des hommes jouent leur vie.
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